La Grande Question ! ou La Gran Pregunta ! est une émission de télévision présentée par Cirilo Añosinada et spécialisée dans les débats sur l'actualité mondiale et nationale mais surtout sur des sujets de société ou de politique d'importance capitale comme la masse parfaite de sucre dans la recette de la tarte au citron meringuée ou l'influence de la culture de banane en Icamie sur le conflit Mandrarikan.
Souvent accusée de faire l'apologie de l'extrême-droite conservatrice et nationaliste, Cirilo Añosinada étant régulièrement condamné pour injure raciale ou apologie de la croisade Chrétienne contre les peuples infidèles, l'émission n'en reste pas moins un véritable phénomène de société dont les épisodes sont tous suivis par des millions de téléspectateurs à travers toute la Costa Sueñoleja (ou du moins à travers toutes les régions du pays où la population est assez riche pour s'acheter une télévision).
[DÉBAT] La Grande Question !
Posté le : 27 nov. 2024 à 15:32:25
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Posté le : 29 nov. 2024 à 19:24:02
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Cirilo Añosinada : Bonjour, bonsoir à tous chers téléspectateurs et bienvenue dans La Grande Question !, l'émission où l'on répond aux questions que personne ne se pose et pour cette éditions du 9 Mars 2014, un sujet des plus passionnants : Féminisme, La Costa Sueñoleja est-elle misogyne ? Un sujet de merde donc que nous traiterons aujourd'hui en compagnie d'Alano Solar, militant et polémiste d'extrême-droite et auteur du livre Le droit de vote des femmes ou la chute des nations publié en Février dernier et déjà plébiscité par la critique. Bonjour Alano, c'est un plaisir de vous accueillir.
Alano Solar : Bonjour Cirilo, je suis moi aussi très content d'être sur ce plateau, j'adore votre émission vous savez, je suis toutes vos éditions.
Cirilo Añosinada : Je suis flatté, ha ha ! Moi aussi j'adore mon émission, ha ha ! M'enfin bref, je suis également accompagné de madame Inés Delgada, dirigeante du groupuscule féminazi et misandre extrémiste Afrodita. Bonjour madame.
Inés Delgada : Bonjour Cirilo, j'aurais préférée que vous fassiez au moins semblant d'essayer de donner une image un minimum positive de mon mouvement plutôt que de l'atta...
Cirilo Añosinada : Ouais, ouais, on s'en fout. Enfin, dernier invité aujourd’hui et pas des moindres puisqu'il s'agit de Raúl Tesoro, célèbre professeur d'anthropologie et de sociologie à l'université San Adolfo de Cochinilla. Bonjour Raúl, c'est un honneur de vous voir sur ce plateau. Sincèrement.
Raúl Tesoro : Merci bien Cirilo, mais si cela ne vous dérange pas, j'aimerais que nous commencions immédiatement le débat, j'ai une conférence à donner demain.
Cirilo Añosinada : Très bien, très bien. Alors pour commencer je vous proposes d'écouter ce petit reportage sur l'histoire du féminisme en Costa Sueñoleja. Ça vous va ?
La Costa Sueñoleja ayant, de son indépendance en 1715 à la Révolution de 1868, été dirigée par une monarchie absolue ne léguant aucun droit politique au peuple, le sexisme fut à cet époque cantonné au domaine domestique et privé, les hommes étant traditionnellement les chefs de familles. Le féminisme, s'il se développe dès le dix-septième siècle, bien que de façon très marginale la faute à un manque innérant d'éducation et à une longue tradition conservatrice, ne se développera réellement qu'à l'avènement de la Première République Fédérale et donc de la démocratie à la suite du Coup d'État de 1868. L'avènement de la démocratie fit dès ses débuts l'objet de débat concernant la place que les femmes devraient jouer dans celle-ci à commencer par la question du droit de vote. Cependant, la toute jeune République étant dès ses débuts fortement influencée par l'élite économique et religieuses en majorité très conservatrice, les femmes furent immédiatement exclues de la vie politique du pays menant à l'apparition des première organisations féministes du pays.
Une deuxième phase de l'histoire du féminisme en Costa Sueñoleja sera la guerre civile de 1911 à 1922 durant laquelle l'appel à la paix ainsi que la participation importante des femmes dans les armées rebelles victorieuses souvent comme infirmières mais également comme combattantes seront des arguments utilisés par les suffragettes, celles-ci parvenant d'ailleurs à obtenir le droit de vote pendant les quelques mois de la très brève période communaliste de 1915 sous la présidence d'Emiliano Zacarias. Malgré quelques avancements en matière de droit des femmes à la fin de la guerre, la Première République Fédérale n'accordera jamais le droit de vote aux femmes et l'établissement de l'Estado Nuevo en 1930, fondamentalement réactionnaire et autoritaire, mettra un coup final aux espoirs des féministes de l'époque, désormais fermement réprimées.
Cependant, la Révolution Rouge, qui débute en 1949 en opposition au régime fasciste et s'achève par l'établissement de la République Populaire en 1954, tire ses soutiens de la part des populations les plus opprimées du territoire parmi lesquelles on compte bien sûr les prolétaires qui constituent le gros des forces communistes mais également les indigènes et les femmes. La République Populaire est ainsi le premier régime stable et durable à garantir l'égalité des sexes et les droits des femmes en leur accordant par exemple le droit de vote ou le droit à l'avortement non seulement pour se conformer aux principes communistes qu'elle suivait mais également pour trouver dans la gente féminine un potentiel de main d'oeuvre jusque là délaissé mais pourtant nécessaire au rétablissement économique du pays. Enfin, la Seconde République Fédérale fondée suite au Coup d'État de 1974 maintient l'égalité constitutionnelle et légale entre les sexes jusqu'à aujourd'hui malgré quelques retours sur les lois communistes notamment concernant l'avortement qui est peu à peu interdit indépendamment dans toutes les entités fédérées entre 1976 et 1981. Enfin, l'explosion de la criminalité en Costa Sueñoleja à partir des années 1980 a également eu des effets drastiques sur la sécurité de tout les résidents du pays, en particulier les femmes avec une recrudescence des féminicides, des viols et du proxénétisme.
Cirilo Añosinada : Zzzzz.. Hein, c'est fini ? C'était vraiment très intéressant. Alors je pense que l'on peut effectivement commencer le débat sans plus tarder. Qu'en est-il aujourd'hui du sexisme selon la loi en Costa Sueñoleja ? Raúl ?
Raúl Tesoro : Et bien je pense qu'à l'heure actuelle, la Costa Sueñoleja peut se considérer comme un pays légalement anti-sexiste. En effet la Constitution Fédérale de 1974 explicite clairement que "L'égalité entre les sexes, les races et les religions est un principe intangible et éternel que la República Federal de Costa Sueñoleja s'attelle à mettre en pratique et à défendre." on ne peut, je pense, pas faire plus clair , la Costa Sueñoleja est constitutionnellement un État résolument anti-sexiste. De même, la loi, si elle peut bien sûr différer selon l'entité fédérée où l'on se trouve, ne peut nullement s'écarter de cette Constitution et donc de ce principe d'égalité des sexes. Les douze entités fédérées qui composent notre République ne peuvent donc pas décréter de lois sexistes ou discriminant les femmes et tendent même à condamner de plus en plus les discriminations faites aux femmes. Le sexisme d'État est par conséquent absolument impossible en Costa Sueñoleja.
Inés Delgada : "Le sexisme d'État est par conséquent impossible en Costa Sueñoleja" ? Vous osez prétendre que notre gouvernement est féministe ? Vous croyez que Solera se soucie réellement de respecter ou non les lois qu'il a écrit ? C'est juste un sale con de narco qui appauvrit son peuple pour son profit personnel. Il s'en fout de ce que les femmes qu'il est censé protéger peuvent subir.
Cirilo Añosinada : Madame, un peu de respect s'il vous plait. Nous ne sommes pas là pour vous écouter chialer sur vos problèmes personnels.
Inés Delgada : Mes problèmes personnels ? Mes problèmes sont ceux de plus de vingt-deux millions de femmes et de filles en Costa Sueñoleja et de plusieurs milliards d'autres femmes et d'autres filles dans le monde. Nos lois ne sont même pas respectées par ceux qui les écrivent, les autorités chargées de les faire appliquer sont complètement corrompues. Vous dites que les femmes sont légalement égales aux hommes ? Vous dites que l'État est anti-sexiste ? Alors comment expliquez vous qu'il n'y ait pratiquement aucune femme au gouvernement ? Que sur douze entités fédérées, aucune n'a autorisée l'avortement en 2015 ?
Alano Solar : Ben voyons. Voilà qu'elle nous ressort l'argumentaire de l'avortement. Mais évidemment que l'avortement est une mauvaise chose, ce n'est rien d'autre qu'un infanticide et ça c'est pas moi qui l'dit, hein, voilà. Vous n'avez pas le droit de tuer des enfants, c'est du pur bon sens hein, enfin, voilà, mais ça j'le dis dans mon livre. L'avortement ça va à l'encontre de nos valeurs chrétiennes, hein, c'est un complot judéo-maçonnique pour détruire nos vrais valeurs et ça c'est vérifiable. Vous êtes complètement hystérique madame.
Inés Delgada : Mais vous êtes odieux ! L'avortement n'a rien à voir avec la religion ou un complot international, c'est un droit et même une liberté fondamentale qui devrait être offert à toutes les femmes. C'est une question de liberté.
Cirilo Añosinada : S'il vous plait madame, restez respectueuse. Nous sommes entre gens sages et éduqués, un peu de calme. Bon, puisque vous aimez vous exciter sur ce genre de sujet pourtant inintéressant et puisque vous appréciez beaucoup balancer des arguments aléatoires sans queue ni tête, je vous propose de revenir au fondement de notre débat de ce soir : Est-ce que la société Sueñoleja est sexiste ? Pour répondre à cette question, nous avons interrogé dix-milles hommes Sueñolejos. Les résultats sont sans appels : 53% pensent que les femmes devraient avoir moins de pouvoir que les hommes et 73% considèrent que la société Sueñoleja est globalement sexiste. Raúl, selon vous, comment se manifeste le sexisme en Costa Sueñoleja ?
Raúl Tesoro : Si les femmes ont légalement les mêmes droits que les hommes, le sexisme en Costa Sueñoleja se manifeste avant tout, outre les préjugés et les remarques désobligeantes à l'égard des femmes, par une véritable inégalité d'accès à l'emploi du justement à ces préjugés. On voit par exemple une véritable fracture salariale entre homme et femme y compris à poste et temps de travail comparables, environ 10% d'écart tout de même dans le secteur privé qui représentent une part écrasante de l'emploi en Costa Sueñoleja. On note également une plus grande difficulté des femmes à accéder à certains emplois traditionnellement masculin comme des travaux physiques ou des postes à responsabilité et, à l'inverse, une plus grande propension de femmes dans les emplois plus précaires ou associés aux tâches féminines comme l'enseignement ou le social. Ces inégalités d'accès à l'emploi et de salaire sont également très importants dans le public pourtant plus apte à respecter la constitution puisqu'il dépend intégralement du gouvernement. On peut également remarquer comme nous l'a rappelée Madame Delgada tout à l'heure, que notre Gouvernement est aujourd'hui composé en grande majorité d'hommes, environ 70%, et les quelques femmes ministres sont cantonnées à des ministères jugés peu importants ou traditionnellement féminins comme l'éducation, le familial ou le social. Il y'a donc un véritable problème d'égalité des emplois entre les hommes et les femmes.
Alano Solar : Et c'est très bien comme ça, hein voilà, moi j'ose le dire. Parce que moi j'ai fait un véritable travail de recherche et je peux vous dire qu'il y'a des différences indéniables entre les hommes et les femmes, hein voilà, et je peux vous affirmer que les femmes sont en moyenne plus petites que les hommes et que les muscles des mâles se développent beaucoup plus facilement et ça c'est pas moi qui le dit c'est vérifiable, hein. Donc à partir du moment où on trouve des différences physiques naturellement aussi importantes, il me parait normal de juger que les capacités des femmes ne soient pas adaptées à certains emplois, hein voilà, c'est marqué dans mon livre.
Inés Delgada : C'est absurde, on ne juge pas une personne sur son phénotype mais sur ses compétences. Si des femmes postulent à un emploi c'est très certainement qu'elles pensent avoir les compétences pour et que ces compétences peuvent facilement être prouvées par des diplômes. Car s'il existe effectivement des différences physiques incontestables entre les hommes et les femmes, ces différences ne sont que des moyennes et il n'est pas rare qu'une femme soit plus qualifiée qu'un homme sur un travail physique. D'autant plus que dans notre économie actuelle ultra-mécanisée et automatisée, les capacités physiques ne sont plus un facteur déterminant pour de nombreux emplois dans lesquels ces dernières sont compensées par l'utilisation de machines, il ne reste donc plus qu'à savoir comment les utiliser et donc à faire fonctionner son cerveau qui est naturellement le même chez tout le monde, homme comme femme, à l'exception peut-être du votre dont le développement a du s'arrêter au stade pré-fœtal.
Alano Solar : Étrange, vous dites que tout le monde possède le même cerveau, homme ou femme, mais continuez de prétendre que le sexisme et les violences sexistes ne sont causées que par les pulsions et la violence naturelles des hommes, enfin voilà, je voulais juste le faire remarquer.
Inés Delgada : Je n'ai jamais dit cela. Cependant, il est clair que les femmes sont encore aujourd'hui massivement victimes de violences sexistes, bien plus en Costa Sueñoleja que dans le reste du monde du fait non seulement d'une longue tradition réactionnaire et conservatrice mais aussi du fait de la passivité des autorités qui n'agissent que rarement face à ces crimes jugés anecdotiques tant les crimes violents de tout type sont nombreux dans notre pays. On vit dans un état criminel et rongé par la criminalité, rien d'étonnant alors à ce que des crimes ciblant spécifiquement une communauté déjà oppressée soit parfaitement ignorés, on retrouve le même schéma avec les crimes contre les minorités natives. Vous avez déjà entendu parler des chiffres hallucinants concernant les féminicides en Costa Sueñoleja ? On parle de plusieurs centaines par an, sans compter tout les autres crimes qui touchent exclusivement les femmes et sont encore plus importants.
Alano Solar : Rooh... Mais vous oubliez que tout ces crimes dont vous parlez... sont des crimes justement, hein, on l'oublie souvent. Ces actes sont illégaux et condamnés, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse de plus, hein ? Qu'on noie les garçons à la naissance comme des Woko-Akaltiens ? C'est ça que vous proposez ? Parce que vous avez l'air de croire que tout ces crimes sont exclusivement causés par des hommes pour des motifs sexistes. Comment vous pouvez savoir qu'un féminicide est un féminicide et pas un homicide sur une femme comme les hommes en subissent tout autant voire plus ? Vous lisez dans la tête des assassins ? Il y'a bien plus de raisons qui pousse un homme à tuer qu'une simple haine des femmes, enfin voilà ça me semblait important de le dire et j'pense que c'est vérifiable.
Cirilo Añosinada : Très bien, je pense qu'on va pouvoir passer à la suite : Pourquoi la société Sueñoleja est-elle à ce point sexiste quand la majorité de ses voisins prônent une vision égalitariste des liens sociaux hommes/femmes ? Raúl, vous avez étudié le sujet il me semble.
Raúl Tesoro : Oui j'ai effectivement, en tant qu'anthropologue et sociologue de renommée internationale, étudié avec intention les causes de l'ancrage du sexisme mais aussi d'autres formes de discriminations raciales ou religieuses dans la société Sueñoleja. On peut ainsi remarquer un fort attachement à la culture traditionnelle et au conservatisme depuis les tout débuts, la Costa Sueñoleja étant à l'origine une colonie Guadamos devenue indépendante dès 1715 sous l'impulsion de l'élite aristocratique et religieuse locale, conduisant à la formation d'un petit Royaume réactionnaire et fortement catholique et élaborant une population Eurydescendante elle aussi fermement réactionnaire et catholique, sentiment accentué par le besoin de s'identifier face aux puissants empires coloniaux principalement Eurysiens et aux peuples autochtones encore épargnés par la civilisation, la Costa Sueñoleja étant l'un des tout premiers états non-natifs d'Aleucie. Ce conservatisme peut également s'expliquer peut-être plus simplement par l'importance de la pauvreté qui a toujours conduit à un très faible niveau d'éducation jusqu'à aujourd'hui. La majorité de la population n'étant pas éduquée, elle ne pouvait que peu concevoir les principes progressistes qui se développaient chez ses voisins et considérait l'inégalité sexuelle comme une normalité objective d'ailleurs encouragée par les élites aristocratiques puis industrielles et les autorités religieuses très conservatrices.
Une autre cause pourrait également être la crainte des hommes d'être remplacés par les femmes dans les milieux politiques et économiques. En effet, des femmes éduquées et égales aux hommes signifie également plus d'employés dans un pays qui compte encore aujourd'hui un taux de chômage extrêmement élevé. Les hommes craignent donc qu'en faisant entrer massivement les femmes dans la vie active, celles-ci s’accapareraient les quelques emplois vacants augmentant d'autant plus le chômage et la pauvreté. Sur le plan politique, les hommes peuvent également craindre de voir les femmes prendre le pouvoir ce qui, ils croient, conduirait inévitablement à un renversement complet de la ligne politique de l'État et donc à une crise sociale. Cet argumentaire, s'il pouvait être considéré avec sérieux il y'a quatre-vingt ans quand les femmes étaient explicitement exclues de la vie politique, doit cependant aujourd'hui être relativisé, les femmes ont le droit de vote depuis 1954 et rien n'indique que leurs choix ne soient pas libres.
Enfin, une dernière explication pourrait être la crainte du matriarcat et notamment de la vision qu'ont les Sueñoleos du matriarcat, c'est à dire avant tout du matriarcat Icamien. La prépondérance historique des sociétés patriarcales par rapport aux sociétés matriarcales nous laisse nous questionner quant à la supériorité du patriarcat, celui-ci ayant mené à la fondation d'immenses empires tandis que le matriarcat, car il a bien sûr existé et il existe encore des sociétés matriarcales dominées par les femmes, n'a que rarement permit à ces sociétés en question de dépasser le stade tribal.
Alano Solar : Oui, il suffit de voir les Icamiens, hein, ce peuple de dégénérés qui s'entretuent et se mangent entre eux dans des rituels sataniques et polythéistes et pratiquent la zoophilie en masse, hein voilà, c'est pas moi qui le dit c'est vérifiable. Les Sueñolejos craignent donc de voir émerger une société matriarcale en Costa Sueñoleja qui les ramènerait à un état barbare préhistorique comme les Icamo-Akaltiens qui vivent encore dans des grottes et des maisons confectionnées avec de la chair humaine et de la fiente d'oiseau, voilà je le dis. Je suis d'accord avec vous sur ce point monsieur Tesoro.
En revanche j'aurais aimé que vous fassiez le lien entre l'émancipation des femmes et la dictature gauchiasse de 1954-1974 qui a été la première à défendre l'égalité des sexes pour forcer les femmes à travailler dans les usines et les champs pour la gloire du prolétariat, hein voilà, moi j'ose le dire parce que j'ai fait un véritable travail d'analyse moi. Preuve que le féminisme n'est qu'un complot islamo-blochevique visant à renverser nos valeurs libérales et chrétiennes, faut l'savoir ça.
Inés Delgada : Encore une fois vous mélangez tout monsieur Solar, le féminisme n'est pas intrinsèquement lié au communisme, à la dictature ou à l'esclavage. Vous établissez des liens là où il y'en a pas. Vous faites de la propagande masculinistes et réactionnaires en vous basant sur des données erronées, des corrélations frauduleuses et un argumentaire biaisé. Je ne comprends même pas pourquoi vous avez été autorisé à venir sur ce plateau déblatérer vos conneries fascistes.
Cirilo Añosinada : Bon, et sinon, comment pensez vous pouvoir améliorer la cause des femmes en Costa Sueñoleja ?
Alano Solar : Et bien je pense qu'il n'est de toute façon pas nécessaire d'améliorer les conditions du sexe faible, hein, il me semble en effet normal que les hommes doivent dominer la société pour éviter un effondrement vers l'anarchie et la barbarie comme en Icamie ou, pire, vers le communisme.
Inés Delgada : Ta gueule, facho ! Évidemment qu'il est du devoir des nations civilisées d'assurer l'égalité pour tous et pour cela il faut tout d'abord éduquer le peuples dès l'enfance à l'importance de l'égalité et du respect du consentement et du droit d'autrui. Il faut également que l'État se démocratise, soutienne ouvertement ces initiatives de sensibilisation à l'égalité hommes/femmes et applique enfin une véritable justice ferme et impartiale et non pas corrompue comme aujourd'hui. Il y'a plein de moyens de lutter contre les discriminations en tout genre et pourtant aucun n'est pleinement utilisé aujourd'hui.
Inés Delgada : Pfiou, et bah voilà qu'elle insulte, on aura tout vu.
Cirilo Añosinada : Fermez vos gueules, s'il vous plait. Bon, au vu des tensions que l'on peut ressentir, je pense qu'il va falloir conclure cette émission au plus vite avant que certains invités ne s'entretuent ce qui, admettons le, augmenterait très certainement l'audimat mais risquerait aussi de nous attirer quelques ennuis juridiques.
Ainsi, on pourra dire que cette discussion pleine de réflexions toutes plus intelligentes les unes que les autres n'aura pas manqué de nous éclairer quant aux terribles réalités de notre pays. En effet, la Costa Sueñoleja, pourtant un exemple de civilisation en Aleucie du sud, peine encore, malgré ses efforts affirmés, à garantir une parfaite harmonie entre le sexe fort et le sexe faible. C'est malheureux.
Mais bref, c'est la fin de cette émission, bonne soirée à vous chers téléspectateurs et on se retrouve la semaine prochaine pour un tout nouveau débat des plus passionnants : les Akaltiens méritent-ils de vivre ?
Alano Solar : Bonjour Cirilo, je suis moi aussi très content d'être sur ce plateau, j'adore votre émission vous savez, je suis toutes vos éditions.
Cirilo Añosinada : Je suis flatté, ha ha ! Moi aussi j'adore mon émission, ha ha ! M'enfin bref, je suis également accompagné de madame Inés Delgada, dirigeante du groupuscule féminazi et misandre extrémiste Afrodita. Bonjour madame.
Inés Delgada : Bonjour Cirilo, j'aurais préférée que vous fassiez au moins semblant d'essayer de donner une image un minimum positive de mon mouvement plutôt que de l'atta...
Cirilo Añosinada : Ouais, ouais, on s'en fout. Enfin, dernier invité aujourd’hui et pas des moindres puisqu'il s'agit de Raúl Tesoro, célèbre professeur d'anthropologie et de sociologie à l'université San Adolfo de Cochinilla. Bonjour Raúl, c'est un honneur de vous voir sur ce plateau. Sincèrement.
Raúl Tesoro : Merci bien Cirilo, mais si cela ne vous dérange pas, j'aimerais que nous commencions immédiatement le débat, j'ai une conférence à donner demain.
Cirilo Añosinada : Très bien, très bien. Alors pour commencer je vous proposes d'écouter ce petit reportage sur l'histoire du féminisme en Costa Sueñoleja. Ça vous va ?
Une deuxième phase de l'histoire du féminisme en Costa Sueñoleja sera la guerre civile de 1911 à 1922 durant laquelle l'appel à la paix ainsi que la participation importante des femmes dans les armées rebelles victorieuses souvent comme infirmières mais également comme combattantes seront des arguments utilisés par les suffragettes, celles-ci parvenant d'ailleurs à obtenir le droit de vote pendant les quelques mois de la très brève période communaliste de 1915 sous la présidence d'Emiliano Zacarias. Malgré quelques avancements en matière de droit des femmes à la fin de la guerre, la Première République Fédérale n'accordera jamais le droit de vote aux femmes et l'établissement de l'Estado Nuevo en 1930, fondamentalement réactionnaire et autoritaire, mettra un coup final aux espoirs des féministes de l'époque, désormais fermement réprimées.
Cependant, la Révolution Rouge, qui débute en 1949 en opposition au régime fasciste et s'achève par l'établissement de la République Populaire en 1954, tire ses soutiens de la part des populations les plus opprimées du territoire parmi lesquelles on compte bien sûr les prolétaires qui constituent le gros des forces communistes mais également les indigènes et les femmes. La République Populaire est ainsi le premier régime stable et durable à garantir l'égalité des sexes et les droits des femmes en leur accordant par exemple le droit de vote ou le droit à l'avortement non seulement pour se conformer aux principes communistes qu'elle suivait mais également pour trouver dans la gente féminine un potentiel de main d'oeuvre jusque là délaissé mais pourtant nécessaire au rétablissement économique du pays. Enfin, la Seconde République Fédérale fondée suite au Coup d'État de 1974 maintient l'égalité constitutionnelle et légale entre les sexes jusqu'à aujourd'hui malgré quelques retours sur les lois communistes notamment concernant l'avortement qui est peu à peu interdit indépendamment dans toutes les entités fédérées entre 1976 et 1981. Enfin, l'explosion de la criminalité en Costa Sueñoleja à partir des années 1980 a également eu des effets drastiques sur la sécurité de tout les résidents du pays, en particulier les femmes avec une recrudescence des féminicides, des viols et du proxénétisme.
Cirilo Añosinada : Zzzzz.. Hein, c'est fini ? C'était vraiment très intéressant. Alors je pense que l'on peut effectivement commencer le débat sans plus tarder. Qu'en est-il aujourd'hui du sexisme selon la loi en Costa Sueñoleja ? Raúl ?
Raúl Tesoro : Et bien je pense qu'à l'heure actuelle, la Costa Sueñoleja peut se considérer comme un pays légalement anti-sexiste. En effet la Constitution Fédérale de 1974 explicite clairement que "L'égalité entre les sexes, les races et les religions est un principe intangible et éternel que la República Federal de Costa Sueñoleja s'attelle à mettre en pratique et à défendre." on ne peut, je pense, pas faire plus clair , la Costa Sueñoleja est constitutionnellement un État résolument anti-sexiste. De même, la loi, si elle peut bien sûr différer selon l'entité fédérée où l'on se trouve, ne peut nullement s'écarter de cette Constitution et donc de ce principe d'égalité des sexes. Les douze entités fédérées qui composent notre République ne peuvent donc pas décréter de lois sexistes ou discriminant les femmes et tendent même à condamner de plus en plus les discriminations faites aux femmes. Le sexisme d'État est par conséquent absolument impossible en Costa Sueñoleja.
Inés Delgada : "Le sexisme d'État est par conséquent impossible en Costa Sueñoleja" ? Vous osez prétendre que notre gouvernement est féministe ? Vous croyez que Solera se soucie réellement de respecter ou non les lois qu'il a écrit ? C'est juste un sale con de narco qui appauvrit son peuple pour son profit personnel. Il s'en fout de ce que les femmes qu'il est censé protéger peuvent subir.
Cirilo Añosinada : Madame, un peu de respect s'il vous plait. Nous ne sommes pas là pour vous écouter chialer sur vos problèmes personnels.
Inés Delgada : Mes problèmes personnels ? Mes problèmes sont ceux de plus de vingt-deux millions de femmes et de filles en Costa Sueñoleja et de plusieurs milliards d'autres femmes et d'autres filles dans le monde. Nos lois ne sont même pas respectées par ceux qui les écrivent, les autorités chargées de les faire appliquer sont complètement corrompues. Vous dites que les femmes sont légalement égales aux hommes ? Vous dites que l'État est anti-sexiste ? Alors comment expliquez vous qu'il n'y ait pratiquement aucune femme au gouvernement ? Que sur douze entités fédérées, aucune n'a autorisée l'avortement en 2015 ?
Alano Solar : Ben voyons. Voilà qu'elle nous ressort l'argumentaire de l'avortement. Mais évidemment que l'avortement est une mauvaise chose, ce n'est rien d'autre qu'un infanticide et ça c'est pas moi qui l'dit, hein, voilà. Vous n'avez pas le droit de tuer des enfants, c'est du pur bon sens hein, enfin, voilà, mais ça j'le dis dans mon livre. L'avortement ça va à l'encontre de nos valeurs chrétiennes, hein, c'est un complot judéo-maçonnique pour détruire nos vrais valeurs et ça c'est vérifiable. Vous êtes complètement hystérique madame.
Inés Delgada : Mais vous êtes odieux ! L'avortement n'a rien à voir avec la religion ou un complot international, c'est un droit et même une liberté fondamentale qui devrait être offert à toutes les femmes. C'est une question de liberté.
Cirilo Añosinada : S'il vous plait madame, restez respectueuse. Nous sommes entre gens sages et éduqués, un peu de calme. Bon, puisque vous aimez vous exciter sur ce genre de sujet pourtant inintéressant et puisque vous appréciez beaucoup balancer des arguments aléatoires sans queue ni tête, je vous propose de revenir au fondement de notre débat de ce soir : Est-ce que la société Sueñoleja est sexiste ? Pour répondre à cette question, nous avons interrogé dix-milles hommes Sueñolejos. Les résultats sont sans appels : 53% pensent que les femmes devraient avoir moins de pouvoir que les hommes et 73% considèrent que la société Sueñoleja est globalement sexiste. Raúl, selon vous, comment se manifeste le sexisme en Costa Sueñoleja ?
Raúl Tesoro : Si les femmes ont légalement les mêmes droits que les hommes, le sexisme en Costa Sueñoleja se manifeste avant tout, outre les préjugés et les remarques désobligeantes à l'égard des femmes, par une véritable inégalité d'accès à l'emploi du justement à ces préjugés. On voit par exemple une véritable fracture salariale entre homme et femme y compris à poste et temps de travail comparables, environ 10% d'écart tout de même dans le secteur privé qui représentent une part écrasante de l'emploi en Costa Sueñoleja. On note également une plus grande difficulté des femmes à accéder à certains emplois traditionnellement masculin comme des travaux physiques ou des postes à responsabilité et, à l'inverse, une plus grande propension de femmes dans les emplois plus précaires ou associés aux tâches féminines comme l'enseignement ou le social. Ces inégalités d'accès à l'emploi et de salaire sont également très importants dans le public pourtant plus apte à respecter la constitution puisqu'il dépend intégralement du gouvernement. On peut également remarquer comme nous l'a rappelée Madame Delgada tout à l'heure, que notre Gouvernement est aujourd'hui composé en grande majorité d'hommes, environ 70%, et les quelques femmes ministres sont cantonnées à des ministères jugés peu importants ou traditionnellement féminins comme l'éducation, le familial ou le social. Il y'a donc un véritable problème d'égalité des emplois entre les hommes et les femmes.
Alano Solar : Et c'est très bien comme ça, hein voilà, moi j'ose le dire. Parce que moi j'ai fait un véritable travail de recherche et je peux vous dire qu'il y'a des différences indéniables entre les hommes et les femmes, hein voilà, et je peux vous affirmer que les femmes sont en moyenne plus petites que les hommes et que les muscles des mâles se développent beaucoup plus facilement et ça c'est pas moi qui le dit c'est vérifiable, hein. Donc à partir du moment où on trouve des différences physiques naturellement aussi importantes, il me parait normal de juger que les capacités des femmes ne soient pas adaptées à certains emplois, hein voilà, c'est marqué dans mon livre.
Inés Delgada : C'est absurde, on ne juge pas une personne sur son phénotype mais sur ses compétences. Si des femmes postulent à un emploi c'est très certainement qu'elles pensent avoir les compétences pour et que ces compétences peuvent facilement être prouvées par des diplômes. Car s'il existe effectivement des différences physiques incontestables entre les hommes et les femmes, ces différences ne sont que des moyennes et il n'est pas rare qu'une femme soit plus qualifiée qu'un homme sur un travail physique. D'autant plus que dans notre économie actuelle ultra-mécanisée et automatisée, les capacités physiques ne sont plus un facteur déterminant pour de nombreux emplois dans lesquels ces dernières sont compensées par l'utilisation de machines, il ne reste donc plus qu'à savoir comment les utiliser et donc à faire fonctionner son cerveau qui est naturellement le même chez tout le monde, homme comme femme, à l'exception peut-être du votre dont le développement a du s'arrêter au stade pré-fœtal.
Alano Solar : Étrange, vous dites que tout le monde possède le même cerveau, homme ou femme, mais continuez de prétendre que le sexisme et les violences sexistes ne sont causées que par les pulsions et la violence naturelles des hommes, enfin voilà, je voulais juste le faire remarquer.
Inés Delgada : Je n'ai jamais dit cela. Cependant, il est clair que les femmes sont encore aujourd'hui massivement victimes de violences sexistes, bien plus en Costa Sueñoleja que dans le reste du monde du fait non seulement d'une longue tradition réactionnaire et conservatrice mais aussi du fait de la passivité des autorités qui n'agissent que rarement face à ces crimes jugés anecdotiques tant les crimes violents de tout type sont nombreux dans notre pays. On vit dans un état criminel et rongé par la criminalité, rien d'étonnant alors à ce que des crimes ciblant spécifiquement une communauté déjà oppressée soit parfaitement ignorés, on retrouve le même schéma avec les crimes contre les minorités natives. Vous avez déjà entendu parler des chiffres hallucinants concernant les féminicides en Costa Sueñoleja ? On parle de plusieurs centaines par an, sans compter tout les autres crimes qui touchent exclusivement les femmes et sont encore plus importants.
Alano Solar : Rooh... Mais vous oubliez que tout ces crimes dont vous parlez... sont des crimes justement, hein, on l'oublie souvent. Ces actes sont illégaux et condamnés, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse de plus, hein ? Qu'on noie les garçons à la naissance comme des Woko-Akaltiens ? C'est ça que vous proposez ? Parce que vous avez l'air de croire que tout ces crimes sont exclusivement causés par des hommes pour des motifs sexistes. Comment vous pouvez savoir qu'un féminicide est un féminicide et pas un homicide sur une femme comme les hommes en subissent tout autant voire plus ? Vous lisez dans la tête des assassins ? Il y'a bien plus de raisons qui pousse un homme à tuer qu'une simple haine des femmes, enfin voilà ça me semblait important de le dire et j'pense que c'est vérifiable.
Cirilo Añosinada : Très bien, je pense qu'on va pouvoir passer à la suite : Pourquoi la société Sueñoleja est-elle à ce point sexiste quand la majorité de ses voisins prônent une vision égalitariste des liens sociaux hommes/femmes ? Raúl, vous avez étudié le sujet il me semble.
Raúl Tesoro : Oui j'ai effectivement, en tant qu'anthropologue et sociologue de renommée internationale, étudié avec intention les causes de l'ancrage du sexisme mais aussi d'autres formes de discriminations raciales ou religieuses dans la société Sueñoleja. On peut ainsi remarquer un fort attachement à la culture traditionnelle et au conservatisme depuis les tout débuts, la Costa Sueñoleja étant à l'origine une colonie Guadamos devenue indépendante dès 1715 sous l'impulsion de l'élite aristocratique et religieuse locale, conduisant à la formation d'un petit Royaume réactionnaire et fortement catholique et élaborant une population Eurydescendante elle aussi fermement réactionnaire et catholique, sentiment accentué par le besoin de s'identifier face aux puissants empires coloniaux principalement Eurysiens et aux peuples autochtones encore épargnés par la civilisation, la Costa Sueñoleja étant l'un des tout premiers états non-natifs d'Aleucie. Ce conservatisme peut également s'expliquer peut-être plus simplement par l'importance de la pauvreté qui a toujours conduit à un très faible niveau d'éducation jusqu'à aujourd'hui. La majorité de la population n'étant pas éduquée, elle ne pouvait que peu concevoir les principes progressistes qui se développaient chez ses voisins et considérait l'inégalité sexuelle comme une normalité objective d'ailleurs encouragée par les élites aristocratiques puis industrielles et les autorités religieuses très conservatrices.
Une autre cause pourrait également être la crainte des hommes d'être remplacés par les femmes dans les milieux politiques et économiques. En effet, des femmes éduquées et égales aux hommes signifie également plus d'employés dans un pays qui compte encore aujourd'hui un taux de chômage extrêmement élevé. Les hommes craignent donc qu'en faisant entrer massivement les femmes dans la vie active, celles-ci s’accapareraient les quelques emplois vacants augmentant d'autant plus le chômage et la pauvreté. Sur le plan politique, les hommes peuvent également craindre de voir les femmes prendre le pouvoir ce qui, ils croient, conduirait inévitablement à un renversement complet de la ligne politique de l'État et donc à une crise sociale. Cet argumentaire, s'il pouvait être considéré avec sérieux il y'a quatre-vingt ans quand les femmes étaient explicitement exclues de la vie politique, doit cependant aujourd'hui être relativisé, les femmes ont le droit de vote depuis 1954 et rien n'indique que leurs choix ne soient pas libres.
Enfin, une dernière explication pourrait être la crainte du matriarcat et notamment de la vision qu'ont les Sueñoleos du matriarcat, c'est à dire avant tout du matriarcat Icamien. La prépondérance historique des sociétés patriarcales par rapport aux sociétés matriarcales nous laisse nous questionner quant à la supériorité du patriarcat, celui-ci ayant mené à la fondation d'immenses empires tandis que le matriarcat, car il a bien sûr existé et il existe encore des sociétés matriarcales dominées par les femmes, n'a que rarement permit à ces sociétés en question de dépasser le stade tribal.
Alano Solar : Oui, il suffit de voir les Icamiens, hein, ce peuple de dégénérés qui s'entretuent et se mangent entre eux dans des rituels sataniques et polythéistes et pratiquent la zoophilie en masse, hein voilà, c'est pas moi qui le dit c'est vérifiable. Les Sueñolejos craignent donc de voir émerger une société matriarcale en Costa Sueñoleja qui les ramènerait à un état barbare préhistorique comme les Icamo-Akaltiens qui vivent encore dans des grottes et des maisons confectionnées avec de la chair humaine et de la fiente d'oiseau, voilà je le dis. Je suis d'accord avec vous sur ce point monsieur Tesoro.
En revanche j'aurais aimé que vous fassiez le lien entre l'émancipation des femmes et la dictature gauchiasse de 1954-1974 qui a été la première à défendre l'égalité des sexes pour forcer les femmes à travailler dans les usines et les champs pour la gloire du prolétariat, hein voilà, moi j'ose le dire parce que j'ai fait un véritable travail d'analyse moi. Preuve que le féminisme n'est qu'un complot islamo-blochevique visant à renverser nos valeurs libérales et chrétiennes, faut l'savoir ça.
Inés Delgada : Encore une fois vous mélangez tout monsieur Solar, le féminisme n'est pas intrinsèquement lié au communisme, à la dictature ou à l'esclavage. Vous établissez des liens là où il y'en a pas. Vous faites de la propagande masculinistes et réactionnaires en vous basant sur des données erronées, des corrélations frauduleuses et un argumentaire biaisé. Je ne comprends même pas pourquoi vous avez été autorisé à venir sur ce plateau déblatérer vos conneries fascistes.
Cirilo Añosinada : Bon, et sinon, comment pensez vous pouvoir améliorer la cause des femmes en Costa Sueñoleja ?
Alano Solar : Et bien je pense qu'il n'est de toute façon pas nécessaire d'améliorer les conditions du sexe faible, hein, il me semble en effet normal que les hommes doivent dominer la société pour éviter un effondrement vers l'anarchie et la barbarie comme en Icamie ou, pire, vers le communisme.
Inés Delgada : Ta gueule, facho ! Évidemment qu'il est du devoir des nations civilisées d'assurer l'égalité pour tous et pour cela il faut tout d'abord éduquer le peuples dès l'enfance à l'importance de l'égalité et du respect du consentement et du droit d'autrui. Il faut également que l'État se démocratise, soutienne ouvertement ces initiatives de sensibilisation à l'égalité hommes/femmes et applique enfin une véritable justice ferme et impartiale et non pas corrompue comme aujourd'hui. Il y'a plein de moyens de lutter contre les discriminations en tout genre et pourtant aucun n'est pleinement utilisé aujourd'hui.
Inés Delgada : Pfiou, et bah voilà qu'elle insulte, on aura tout vu.
Cirilo Añosinada : Fermez vos gueules, s'il vous plait. Bon, au vu des tensions que l'on peut ressentir, je pense qu'il va falloir conclure cette émission au plus vite avant que certains invités ne s'entretuent ce qui, admettons le, augmenterait très certainement l'audimat mais risquerait aussi de nous attirer quelques ennuis juridiques.
Ainsi, on pourra dire que cette discussion pleine de réflexions toutes plus intelligentes les unes que les autres n'aura pas manqué de nous éclairer quant aux terribles réalités de notre pays. En effet, la Costa Sueñoleja, pourtant un exemple de civilisation en Aleucie du sud, peine encore, malgré ses efforts affirmés, à garantir une parfaite harmonie entre le sexe fort et le sexe faible. C'est malheureux.
Mais bref, c'est la fin de cette émission, bonne soirée à vous chers téléspectateurs et on se retrouve la semaine prochaine pour un tout nouveau débat des plus passionnants : les Akaltiens méritent-ils de vivre ?
Posté le : 25 déc. 2024 à 01:02:59
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Cirilo Añosinada : Bonjour, bonsoir à tous chers téléspectateurs et bienvenue dans La Grande Question !, l'émission où on n'apprend rien et où on perd son temps pour enrichir des producteurs de télévision et pour cette édition du trente Mai nous allons tenter, avec notre équipe de chroniqueurs d'élite, de répondre à une question de la plus haute importance : Icama-Chan est-il une menace pour la Costa Sueñoleja, pour la démocratie et pour la liberté ? Pour répondre à cette question d'importance capitale pour la sûreté de notre nation et de toute notre civilisation, je serais une fois encore accompagné d'Alano Solar, qui a récemment publié Icamiaba, fille de Satan, un livre que nous ne pouvons que vous recommander.
Alano Solar : Merci de m'accueillir une fois de plus Cirilo, c'est toujours un plaisir de discuter avec d'autres connaisseurs de mon niveau.
Cirilo Añosinada : Plaisir partagé, Alano, plaisir partagé. Mais ce n'est pas tout, je serais également bien sûr accompagné du très renommé consultant géopolitologue et spécialiste en conflits Alfonso Masar, bonjour Alfonso.
Alfonso Masar : Bonjour Cirilo.
Cirilo Añosinada : Enfin, chers auditeurs, merci d'accueillir le seul, l'unique Claudio Paño.
Claudio Paño : Merci à tous, merci Cirilo.
Cirilo Añosinada : Alors Claudio, racontez nous. Qui êtes vous ?
Claudio Paño : Eh bien, je suis anthropologue, issu de la célèbre et reconnue Université San Adolfo de Cochinilla mais je me suis surtout fait un nom en devenant le premier et, malgré ma très grande humilité, mon honnêteté sans pareil me force à l'avouer, le plus grand spécialiste de la culture web Icamienne de toute la Costa Sueñoleja voire du monde. J'ai ainsi vécu une vingtaine d'années en Icamie où j'ai étudié le comportement et la culture des sauvages locaux en m'intéressant notamment à leurs réseaux sociaux, dont le plus célèbre est sans contestation Icama-Chan, et l'utilisation qu'ils en font.
Cirilo Añosinada : Moui, très intéressant. Mais bref, passons à la suite. Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est pour déterminer si oui ou non Icama-Chan et ses clones sont une menace pour la Costa Sueñoleja. En effet, Icama-Chan, forum web "déjanté" très populaire en Icamie depuis maintenant plusieurs années, a inspiré de très nombreux clones à travers le monde : Jashury-chan au Jashuria, Zee-Chan en Zélandia et, surtout et plus inquiétant, Yukana-Chan en Yukanaslavie et Akal-xan en Akaltie, deux États voisins du notre donc mais surtout majoritairement indigènes et donc par nature hostiles. Que doit-on penser de cette expansion territoriale d'Icama-Chan, car il s'agit bien là d'une expansion territoriale ? Claudio ?
Claudio Paño : Effectivement, Icama-Chan est évidemment dans une logique d'expansion voire d'invasion, cela peut notamment se voir avec les liens évident que le forum entretient avec ses clones à travers le monde. On pourrait citer la collaboration entre Icama-Chan et son clone Jashurien lors de la Crise des missiles de Jib-Outhi afin de livrer de l'aide humanitaire aux soldats Rimauriens ou encore le simple fait que Zee-Chan ait été créé en partie par des vétérans d'Icama-Chan. L'Icamie, par le biais de son forum phare, est donc dans une logique d'influence, ou plus exactement de corruption de la jeunesse dans des pays parfois très lointains afin de s'y implanter et d'y diffuser leur culture nauséabonde, matriarcale et polythéiste.
Cirilo Añosinada : Mais ces deux États sont géographiquement très éloignés de notre pays. En quoi une expansion d'Icama-Chan au Jashuria ou au Zélandia pourrait être une menace pour la Costa Sueñoleja ?
Claudio Paño : J'y venais justement. N'oubliez pas qu'Icama-Chan possède également des clones en Akaltie et en Yukanaslavie qui, nous l'avons déjà dit, sont non seulement peuplés majoritairement d'indigènes, et donc sont par nature culturellement proches de l'Icamie et hostiles à notre pays, et sont tous frontaliers de la Costa Sueñoleja mais surtout, ne pas l'oublier, sont tous de très proches alliés. En résumé, Icama-Chan et ses alliés s'implantent dans des pays déjà culturellement et politiquement proches mais aussi frontaliers et hostiles envers notre peuple et notre nation de cœur. Coïncidence ? Je ne crois pas.
Cirilo Añosinada : Que voulez vous dire ?
Alano Solar : Cela me semble évident. Icama-Chan est un outil d'espionnage militaire et de propagande créé par le gouvernement Icamien pour s'assurer du soutien des populations alliées et de leurs gouvernements par la propagande, rappelez vous les mensonges sur la soit-disante petitesse des organes reproducteurs masculins de nos fiers et virils compatriotes, de permettre le partage d'informations sensibles et d'espionner notre pays en tentant d'y créer une branche de leur forum pour que nos propres concitoyens y publient des données confidentielles. Et tout cela pourquoi ?
Cirilo Añosinada : Pourquoi ?
Alano Solar : Pour préparer une invasion militaire ET informatique à grande échelle de la Costa Sueñoleja. Icama-Chan contrôle totalement les principaux gouvernements natifs d'Aleucie pour les mener vers une guerre totale contre notre pays et détruire notre culture catholique eury-descendante. C'est évident ! Icama-Chan est au centre de ce complot judéo-bolchevique mondial qui menace la Costa Sueñoleja et dont je n'ai eu de cesse de parler depuis plusieurs années déjà !
Cirilo Añosinada : Mais quel est le lien entre Icama-Chan et ce complot judéo-bolchevique dont vous parlez ? Je ne comprends pas.
Alano Solar : Ça saute aux yeux ! Qui a créé Icama-Chan ?
Cirilo Añosinada : Eh bien, il me semble que personne ne le sait, que la personne derrière le forum est restée complètement anonyme-
Alano Solar : Maxime Che Fang, exactement !
Cirilo Añosinada : Je sais que c'est une théorie assez populaire mais il me semble que ce n'est peut-être pas suffisant pour émettre des accusati-
Alano Solar : C'est elle, c'est obligé ! Et c'est aussi elle qui truque les élections pour mettre un parti anti-traditionnel au pouvoir grâce à ses machines pour compter les voix, j'sais pas comment ça s'appelle ! Et puis vous ne me ferez pas croire que ce nom n'est pas à consonance Ivérienne !
Cirilo Añosinada : Je ne trouve pas mais si vous le dites...
Alfonso Masar : Allons Monsieur Solar, avec tout le respect que je vous dois et que j'ai pour vous je pense que vous allez beaucoup trop loin dans vos suspicions ! Je pense au contraire que nous n'avons rien à craindre d'Icama-Chan et que ce n'est qu'un simple site weeb destiné exclusivement aux jeunes prépubères qui préfèrent passer leurs journées sur des forums de roleplay plutôt que d'aller dehors se chercher une vie. En revanche, nous ne pouvons nier le fait que les États pro-natifs que sont effectivement l'Icamie, l'Akaltie et la Yukanaslavie sans oublier, dans une moindre mesure, l'Everia ou même la toute jeune Etznabie qui, bien que beaucoup moins menaçantes à notre encontre soit par manque de volonté pour la première soit par manque de moyen pour la seconde, restent géographiquement assez proche pour nous menacer à l'avenir, restent un danger pour notre pays sans que cela n'ai le moindre rapport avec la présence d'Icama-Chan dans ces pays.
On pourrait néanmoins supposer qu'Icama-Chan, au vu de son patriotisme évident, de son soutien assumé aux communautés natives Aleuciennes matriarcales et surtout de son hostilité virulente envers la Costa Sueñoleja, pourrait potentiellement servir de moteur de propagande pour effectivement fédérer les peuples natifs de ces pays précis mais aussi des autres États Aleuciens ou non dotés de minorités natives ou pro-natives voire pour pousser les indigènes Sueñolejos et les groupuscules indigénistes locaux ou nationaux à soutenir l'invasion qui serait de leur point de vue perçue comme une libération.
Ainsi, je conclurai que non, Icama-Chan n'est pas, comme vous l'avez suggéré Monsieur Solar, au centre d'un complot international visant à exporter la culture Icamienne à travers le monde et à détruire notre pays. Icama-Chan ne menace pas la Costa Sueñoleja et n'a pas le pouvoir de mener une invasion MAIS il pourrait, dans le cas d'une invasion effective dont il ne sera bien sûr pas à l'origine, servir de moteur de propagande à notre encontre tant lui et ses clones sont populaires chez nos ennemis.
Cirilo Añosinada : Ouf, voilà qui est rassurant. Mais dites moi, messieurs, que faut-il penser de la récente auto-proclamation d'Icama-Chan comme un État indépendant et de l'élection de Gaspard Ducarton, Président du Dolimouse, à sa tête ?
Alano Solar : Une preuve de plus de la volonté hégémonique d'Icama-Chan. Le forum ne se satisfait plus de dominer l'espace virtuelle, il veut conquérir l'espace réel. D'abord un État, ensuite un Empire.
Claudio Paño : Vous en faites trop. Je pense que nous avons là affaire à ce que l'on pourrait appeler du "trolling", c'est une façon de se moquer gentiment du Dolimouse en s'appropriant son Chef d'État qui n'est je vous le rappelle qu'une planche de carton peinte que ce pays que l'on pourrait qualifier de mentalement ravagé avait tenté de faire passer pour un Président respectable afin de se donner une image légale, constitutionnelle et démocratique. Rien de bien méchant si vous voulez mon avis.
Cirilo Añosinada : Oui, cela me parait plus sage de raisonner ainsi. En conclusion, nous pourrons donc dire qu'Icama-Chan n'est pour l'heure aucunement une menace pour la Costa Sueñoleja malgré son hostilité revendiquée mais qu'il pourrait néanmoins servir de moteur de propagande et de fédération nationale dans le cas d'un conflit ouvert et conventionnel entre notre pays et l'un des États indigénistes dans lequel il est notamment implanté. En somme, Icama-Chan n'est pas un ennemi, c'est une arme par destination.
Alano Solar : Merci de m'accueillir une fois de plus Cirilo, c'est toujours un plaisir de discuter avec d'autres connaisseurs de mon niveau.
Cirilo Añosinada : Plaisir partagé, Alano, plaisir partagé. Mais ce n'est pas tout, je serais également bien sûr accompagné du très renommé consultant géopolitologue et spécialiste en conflits Alfonso Masar, bonjour Alfonso.
Alfonso Masar : Bonjour Cirilo.
Cirilo Añosinada : Enfin, chers auditeurs, merci d'accueillir le seul, l'unique Claudio Paño.
Claudio Paño : Merci à tous, merci Cirilo.
Cirilo Añosinada : Alors Claudio, racontez nous. Qui êtes vous ?
Claudio Paño : Eh bien, je suis anthropologue, issu de la célèbre et reconnue Université San Adolfo de Cochinilla mais je me suis surtout fait un nom en devenant le premier et, malgré ma très grande humilité, mon honnêteté sans pareil me force à l'avouer, le plus grand spécialiste de la culture web Icamienne de toute la Costa Sueñoleja voire du monde. J'ai ainsi vécu une vingtaine d'années en Icamie où j'ai étudié le comportement et la culture des sauvages locaux en m'intéressant notamment à leurs réseaux sociaux, dont le plus célèbre est sans contestation Icama-Chan, et l'utilisation qu'ils en font.
Cirilo Añosinada : Moui, très intéressant. Mais bref, passons à la suite. Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est pour déterminer si oui ou non Icama-Chan et ses clones sont une menace pour la Costa Sueñoleja. En effet, Icama-Chan, forum web "déjanté" très populaire en Icamie depuis maintenant plusieurs années, a inspiré de très nombreux clones à travers le monde : Jashury-chan au Jashuria, Zee-Chan en Zélandia et, surtout et plus inquiétant, Yukana-Chan en Yukanaslavie et Akal-xan en Akaltie, deux États voisins du notre donc mais surtout majoritairement indigènes et donc par nature hostiles. Que doit-on penser de cette expansion territoriale d'Icama-Chan, car il s'agit bien là d'une expansion territoriale ? Claudio ?
Claudio Paño : Effectivement, Icama-Chan est évidemment dans une logique d'expansion voire d'invasion, cela peut notamment se voir avec les liens évident que le forum entretient avec ses clones à travers le monde. On pourrait citer la collaboration entre Icama-Chan et son clone Jashurien lors de la Crise des missiles de Jib-Outhi afin de livrer de l'aide humanitaire aux soldats Rimauriens ou encore le simple fait que Zee-Chan ait été créé en partie par des vétérans d'Icama-Chan. L'Icamie, par le biais de son forum phare, est donc dans une logique d'influence, ou plus exactement de corruption de la jeunesse dans des pays parfois très lointains afin de s'y implanter et d'y diffuser leur culture nauséabonde, matriarcale et polythéiste.
Cirilo Añosinada : Mais ces deux États sont géographiquement très éloignés de notre pays. En quoi une expansion d'Icama-Chan au Jashuria ou au Zélandia pourrait être une menace pour la Costa Sueñoleja ?
Claudio Paño : J'y venais justement. N'oubliez pas qu'Icama-Chan possède également des clones en Akaltie et en Yukanaslavie qui, nous l'avons déjà dit, sont non seulement peuplés majoritairement d'indigènes, et donc sont par nature culturellement proches de l'Icamie et hostiles à notre pays, et sont tous frontaliers de la Costa Sueñoleja mais surtout, ne pas l'oublier, sont tous de très proches alliés. En résumé, Icama-Chan et ses alliés s'implantent dans des pays déjà culturellement et politiquement proches mais aussi frontaliers et hostiles envers notre peuple et notre nation de cœur. Coïncidence ? Je ne crois pas.
Cirilo Añosinada : Que voulez vous dire ?
Alano Solar : Cela me semble évident. Icama-Chan est un outil d'espionnage militaire et de propagande créé par le gouvernement Icamien pour s'assurer du soutien des populations alliées et de leurs gouvernements par la propagande, rappelez vous les mensonges sur la soit-disante petitesse des organes reproducteurs masculins de nos fiers et virils compatriotes, de permettre le partage d'informations sensibles et d'espionner notre pays en tentant d'y créer une branche de leur forum pour que nos propres concitoyens y publient des données confidentielles. Et tout cela pourquoi ?
Cirilo Añosinada : Pourquoi ?
Alano Solar : Pour préparer une invasion militaire ET informatique à grande échelle de la Costa Sueñoleja. Icama-Chan contrôle totalement les principaux gouvernements natifs d'Aleucie pour les mener vers une guerre totale contre notre pays et détruire notre culture catholique eury-descendante. C'est évident ! Icama-Chan est au centre de ce complot judéo-bolchevique mondial qui menace la Costa Sueñoleja et dont je n'ai eu de cesse de parler depuis plusieurs années déjà !
Cirilo Añosinada : Mais quel est le lien entre Icama-Chan et ce complot judéo-bolchevique dont vous parlez ? Je ne comprends pas.
Alano Solar : Ça saute aux yeux ! Qui a créé Icama-Chan ?
Cirilo Añosinada : Eh bien, il me semble que personne ne le sait, que la personne derrière le forum est restée complètement anonyme-
Alano Solar : Maxime Che Fang, exactement !
Cirilo Añosinada : Je sais que c'est une théorie assez populaire mais il me semble que ce n'est peut-être pas suffisant pour émettre des accusati-
Alano Solar : C'est elle, c'est obligé ! Et c'est aussi elle qui truque les élections pour mettre un parti anti-traditionnel au pouvoir grâce à ses machines pour compter les voix, j'sais pas comment ça s'appelle ! Et puis vous ne me ferez pas croire que ce nom n'est pas à consonance Ivérienne !
Cirilo Añosinada : Je ne trouve pas mais si vous le dites...
Alfonso Masar : Allons Monsieur Solar, avec tout le respect que je vous dois et que j'ai pour vous je pense que vous allez beaucoup trop loin dans vos suspicions ! Je pense au contraire que nous n'avons rien à craindre d'Icama-Chan et que ce n'est qu'un simple site weeb destiné exclusivement aux jeunes prépubères qui préfèrent passer leurs journées sur des forums de roleplay plutôt que d'aller dehors se chercher une vie. En revanche, nous ne pouvons nier le fait que les États pro-natifs que sont effectivement l'Icamie, l'Akaltie et la Yukanaslavie sans oublier, dans une moindre mesure, l'Everia ou même la toute jeune Etznabie qui, bien que beaucoup moins menaçantes à notre encontre soit par manque de volonté pour la première soit par manque de moyen pour la seconde, restent géographiquement assez proche pour nous menacer à l'avenir, restent un danger pour notre pays sans que cela n'ai le moindre rapport avec la présence d'Icama-Chan dans ces pays.
On pourrait néanmoins supposer qu'Icama-Chan, au vu de son patriotisme évident, de son soutien assumé aux communautés natives Aleuciennes matriarcales et surtout de son hostilité virulente envers la Costa Sueñoleja, pourrait potentiellement servir de moteur de propagande pour effectivement fédérer les peuples natifs de ces pays précis mais aussi des autres États Aleuciens ou non dotés de minorités natives ou pro-natives voire pour pousser les indigènes Sueñolejos et les groupuscules indigénistes locaux ou nationaux à soutenir l'invasion qui serait de leur point de vue perçue comme une libération.
Ainsi, je conclurai que non, Icama-Chan n'est pas, comme vous l'avez suggéré Monsieur Solar, au centre d'un complot international visant à exporter la culture Icamienne à travers le monde et à détruire notre pays. Icama-Chan ne menace pas la Costa Sueñoleja et n'a pas le pouvoir de mener une invasion MAIS il pourrait, dans le cas d'une invasion effective dont il ne sera bien sûr pas à l'origine, servir de moteur de propagande à notre encontre tant lui et ses clones sont populaires chez nos ennemis.
Cirilo Añosinada : Ouf, voilà qui est rassurant. Mais dites moi, messieurs, que faut-il penser de la récente auto-proclamation d'Icama-Chan comme un État indépendant et de l'élection de Gaspard Ducarton, Président du Dolimouse, à sa tête ?
Alano Solar : Une preuve de plus de la volonté hégémonique d'Icama-Chan. Le forum ne se satisfait plus de dominer l'espace virtuelle, il veut conquérir l'espace réel. D'abord un État, ensuite un Empire.
Claudio Paño : Vous en faites trop. Je pense que nous avons là affaire à ce que l'on pourrait appeler du "trolling", c'est une façon de se moquer gentiment du Dolimouse en s'appropriant son Chef d'État qui n'est je vous le rappelle qu'une planche de carton peinte que ce pays que l'on pourrait qualifier de mentalement ravagé avait tenté de faire passer pour un Président respectable afin de se donner une image légale, constitutionnelle et démocratique. Rien de bien méchant si vous voulez mon avis.
Cirilo Añosinada : Oui, cela me parait plus sage de raisonner ainsi. En conclusion, nous pourrons donc dire qu'Icama-Chan n'est pour l'heure aucunement une menace pour la Costa Sueñoleja malgré son hostilité revendiquée mais qu'il pourrait néanmoins servir de moteur de propagande et de fédération nationale dans le cas d'un conflit ouvert et conventionnel entre notre pays et l'un des États indigénistes dans lequel il est notamment implanté. En somme, Icama-Chan n'est pas un ennemi, c'est une arme par destination.
Posté le : 22 juin 2026 à 20:56:08
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Cirilo Añosinada : Bonjour, bonsoir à tous chers téléspectateurs et bienvenue dans La Grande Question !, l'émission où on donne la parole à tous pour n'en écouter qu'un seul ! Et aujourd'hui, c'est une édition très spéciale qui nous attend puisque nous avons le plaisir et le privilège d'accueillir parmi nous l'ensemble des candidats aux élections présidentielles 2019 qui se tiendront, rappelons le, le 8 Novembre prochain ! Et non, vous ne rêvez pas très chers téléspectateurs, pour la première fois depuis son histoire, notre émission a bel et bien l'immense honneur d'accueillir les douze candidats déclarés actuellement en lice pour les élections présidentielles de cette année 2019 ! Chacun de leur côté, ils ont mené une campagne électorale intense, les masses se sont soulevées à l'écoute de leurs slogans et de leurs discours enflammés ! Aujourd'hui, ils sont réunis pour un face à face des plus attendus. Aujourd'hui, ils répondent à TOUTES les questions que VOUS vous posez, chers téléspectateurs !
Mais tout d'abord, la présentation des candidats. Sergio Beldad, vous êtes actuellement maire-gouverneur de Sueñoleja la Ciudad, ayant été élu à deux reprises en 2012 et 2016, et vous avez fait campagne toute l'année pour le Partido Socialdemócrata, une campagne au cours de laquelle vous êtes apparu comme un candidat très modéré voire mou selon certains observateurs. Que répondez vous à ceux qui vous accusent de ne rien proposer de nouveau et de vous reposer entièrement sur la popularité toujours incontestée dont joui votre parti depuis plusieurs décennies ?
Sergio Beldad : Eh bien, monsieur Añosinada, si je peux parfaitement reconnaître le fait de ne pas être le candidat le plus révolutionnaire parmi tous ceux présents ici, s'il est vrai que ma ligne idéologique promet une rupture moins brute et radicale vis à vis de l'état actuel de notre pays que celles que promettent certains de mes respectables opposants, la question que devrait se poser mes détracteurs est plutôt "Pourquoi chercher à rompre avec un système qui a déjà fait ses preuves et qui marche fonctionne encore très bien ?" Je pense que la República Federal de Costa Sueñoleja s'en sort très bien sur la grande majorité des points, à l'exception peut-être de la lutte contre la criminalité que j'ai abordée plusieurs fois cette année et dont j'ai fait un point fort de ma campagne, et je ne vois pas ce qu'une rupture complète avec le modèle actuellement en place nous apporterait, si ce n'est de l'incertitude, de l'instabilité et d'autres problèmes imprévisibles. C'est pourquoi, pendant toute la durée de ma campagne, j'ai privilégié une voie modérée en approuvant ce que mes prédécesseurs à la présidence ont fait de bon et en promettant, de les suivre sur cette voie, et en dénonçant ce qu'ils ont fait de moins bon et en promettant de donner les moyens au gouvernement que je constituerait en cas de victoire aux présidentielles de revenir sur ces décisions et de combattre les éventuels effets néfastes qui pourraient en subsister.
Cirilo Añosinada : À ce propos, quel est votre ressenti vis-à-vis du mandat mené par le président sortant, monsieur Javier Eeyore, qui, si je ne m'abuse, est également un de vos amis ? Que pensez-vous de sa politique et de ses choix de gouvernance ?
Sergio Beldad : Eh bien, pour tout dire, je trouve que monsieur Eeyore a bien fait le travail pour lequel il a été élu. Il n'est sans doute pas le meilleur président que notre république a connu mais il a tout de même considérablement augmenté le PIB de notre pays, il nous a réarmé face aux cartels, il a conclu des partenariats stratégiques avec des puissances stratégiques qui nous ont tous étés favorables et bénéfiques... C'est simple : la Costa Sueñoleja est plus riche, plus puissante, plus peuplée, plus sécurisée et plus influente aujourd'hui, alors que monsieur Eeyore arrive à la fin de son mandat, qu'il y'a quatre ans lorsqu'il est arrivé à sa tête. Alors certes il n'a pas révolutionné tout le système politico-économique de notre pays, certes il n'a pas fait de miracle en diminuant la pauvreté, le chômage ou la criminalité de 99%, certes il n'a pas gagné de guerres ni changé la face du monde, mais de manière générale, notre pays s'en est tout de même plutôt bien sorti sous sa présidence. C'est d'ailleurs pour cette raison que le peuple sueñolejo a toujours fait confiance à notre parti, je pense que les gens n'ont pas besoin de promesses révolutionnaires ridicules, qu'ils veulent simplement que l'on améliore progressivement leurs conditions de vie sans remettre leurs existences en question. Le Partido Socialdemócrata l'a toujours compris et a toujours su donner au peuple ce qu'il attendait, c'est pourquoi, oui, effectivement, je pense pouvoir m'appuyer sur sa popularité jamais contestée.
Cirilo Añosinada : Mais cette confiance que les sueñolejos vouent au Partido Socialdemócrata ne risque-t-elle pas de péricliter avec les récentes tensions qui opposent notre beau pays à la tyrannie ethno-nationaliste akaltienne depuis ce début d'année ?
Sergio Beldad : Je ne vois pas pourquoi. S'il est vrai que le mandat de monsieur Eeyore se fini sur une note peu reluisante et que ce sera à son successeur de traiter ce problème, je vois difficilement comment on peut lui en imputer la responsabilité, cette crise n'étant pas de son fait mais lui ayant, au contraire, été imposée par les actes agressifs des forces armées akaltiennes à l'encontre de nos propres soldats ou, en l’occurrence, des soldats de l'État de Puertallora et je pense qu'il a su y répondre remarquablement bien en sécurisant nos frontières afin de répondre à toute nouvelle tentative d'intrusion akaltienne sur le territoire fédéral mais sans chercher une escalade militaire qui mènerait à des destructions incontrôlées dont nous n'avons aucunement besoin, privilégiant la voie de la diplomatie pour obtenir des compensations adaptées et exprimer des revendications modérées, raisonnées mais également fermes.
Cirilo Añosinada : Qui sont, rappelons-le, outre des compensations financières pour les victimes de leurs actes guerriers, la mise sous condominium akalto-sueñolejo du territoire de Doscientos, occupé par la puissance native depuis plus de deux-cent ans sous le nom de Bande de Lahunkal.
Sergio Beldad : En effet, ce sont d'ailleurs des revendications que je partage et que je compte bien maintenir telles quelles dans le cas où je suis élu président de la république. Enfin bref, tout ça pour dire que, non, je ne pense pas qu'il faille jeter la pierre à monsieur Javier Eeyore pour cette crise diplomatico-militaire car il l'a jusqu'ici remarquablement bien gérée, il suffit de constater qu'aucun nouvel incident majeur n'a eu lieu depuis, et je suis persuadé qu'il aurait pu lui-même y mettre un terme favorable si son mandat avait duré plus longtemps.
Cirilo Añosinada : Merci pour ces réponses de qualité monsieur Beldad.
Sergio Beldad : Mais de rien.
Cirilo Añosinada : Ensuite, nous serons également accompagné, pour cette émission, de monsieur Alfonso el Brazo. Monsieur el Brazo, vous êtes le président et le candidat officiel du Partido Liberalista Radical pour ces élections 2019, un parti notoirement connu pour être devenu, en 1969, le premier parti ouvertement anti-communiste autorisé par le régime populaire d'Ernesto Gavaro et pour avoir, de ce fait, joué un rôle majeur dans la réintroduction du libéralisme en Costa Sueñoleja et dans la transition du communisme au capitalisme. Malgré cette importance historique, votre parti est longtemps resté un parti de seconde zone considéré comme dépassé, n'ayant pas réussi à se réorganiser une fois son objectif initial atteint et vos électeurs potentiels se sentant pour beaucoup plus attirés par le Partido Socialdemócrata, mieux structuré et doté d'une ligne idéologique plus complète dans laquelle se retrouve la plupart de vos revendications. Cependant, depuis votre nomination à sa tête en 2010, le Partido Liberalista a connu une fulgurante ascension qui en a fait l'un des plus importants partis du pays. Comment expliquez-vous ce regain extraordinaire de popularité ?
Alfonso el Brazo : En effet, le Partido Liberalista Radical s'est originellement fondé sur la promotion des idées libérales et démocratiques à une époque où elles étaient allègrement bafouées par la dictature communiste de Gavaro mais, une fois cedit régime communiste renversé, il s'est retrouvé confronté à une multiplication des partis et organisations politiques partageant ces principes démocratiques et libéraux tout en y ajoutant d'autres principes et concepts idéologiques propres qui assuraient leur survie dans ce nouveau monde politique, chose que le Partido Liberalista Radical n'a pas su faire, continuant simplement de défendre les idées libérales, républicaines et fédérales comme à ses débuts, choses que d'autres, comme effectivement le Partido Socialdemócrata, faisaient également en y adjoignant une rhétorique vouée à lui attirer le soutien d'une partie mieux définie d'une population globalement favorable aux idées libérales devenues monnaie courante, dans le cas du PSD je parle notamment de la la population catholique conservatrice.
Cirilo Añosinada : Et comment avez-vous fait pour remonter la pente et faire de ce parti de seconde zone l'une des organisations politiques les plus influentes de notre pays ?
Alfonso el Brazo : C'est très simple. Lorsque j'ai été élu au poste de président du PLR en 2010, j'ai pu constater que mon parti, qui s'était alors pratiquement systématiquement aligné sur le PSD par nécessité de survie politique, ne lui correspondait pas nécessairement sur le plan idéologique en particulier pour ce qui concerne son côté conservateur et nationaliste que nous ne partageons pas et que nous voyons en opposition complète aux principes fondamentaux du libéralisme. J'ai donc décidé de mettre en avant une vision plus progressiste de la démocratie libérale en opposition au conservatisme social du Partido Socialdemócrata et des autres partis libéraux de droite, que je considère comme portant atteinte aux libertés individuelles, sans toutefois tomber dans le socialisme économique de mes opposants de gauche, le régime de la république populaire ayant prouvé que ce modèle ne fonctionnait pas ou, a minima, qu'il est inadapté aux réalités socio-économiques de notre pays.
Cirilo Añosinada : Faisant du Partido Liberalista Radical un cas unique en Costa Sueñoleja, mêlant le libéralisme économique et le progressisme social dans un discours fondé sur la défense de la liberté individuelle et collective de ses citoyens. Mais votre parti s'est également distingué, au cours des années dernières, par son soutien plus prononcé que les autres partis capitalistes aux projets d'aides sociales portés par certains députés de gauche.
Alfonso el Brazo : En effet, le PLR a soutenu et continuera de soutenir les proposition de loi visant à soutenir les citoyens sueñolejos dans le besoin, que ce soit par une augmentation des retraites, des chômages et des aides au familles dans la mesure du raisonnable, l'objectif n'étant pas de dissuader la population de travailler. Mais surtout, mon parti a lui-même porté plusieurs projets de loi contre les grandes entreprises et les monopoles qu'elles exercent et qui dissuadent les gens de se lancer dans entrepreneuriat par peur d'être écrasés par la concurrence, c'est ainsi que, le saviez-vous ?, plus de trois-mille jeunes entrepreneurs doivent faire fermer ou vendre leur entreprise. Pour moi, l'apparition de ces monopoles est favorisée par les accointances entre le Partido Socialdemócrata et certaines grandes entreprises, ce qui est d'ailleurs l'une des principales causes de l'éloignement entre nos deux formations. Le PLR a ainsi fait du soutien aux petites et moyennes entreprises et de la lutte contre les monopoles une de ses priorités comme en démontre les différents projets de loi proposés par nos députés et consistant en des aides financières aux personnes cherchant à fonder leur société. Notre objectif principal étant la diffusion de l'entrepreneuriat à un plus grand nombre de personnes ce qui, outre une augmentation de la compétitivité entre les entreprises qui favorisera l’innovation et augmentera la qualité des produits disponibles pour les consommateurs, permettra à la population dans son ensemble de reprendre confiance en ce modèle économique ce qui est, pour nous, une pratique du libéralisme plus saine que celle que propose le PSD.
Cirilo Añosinada : Merci pour toutes ces explications, monsieur el Brazo !
Alfonso el Brazo : C'est tout à fait normal.
Cirilo Añosinada : Le suivant sur notre liste est bien sûr Alonzo Dócomienesol, figure montante de l'extrême-gauche communaliste pro-kah-tanaise et anti-libérale depuis qu'il est devenu, en 2014, le premier gouverneur d'un État de la República Federal de Costa Sueñoleja, ici l'État du Belalcázar, issu du Partido Revolucionario Zacarista et plus généralement d'une formation politique de gauche. Alonzo, l'État du Belalcázar étant connu pour être le fief de l'Ejército Zacarista de Liberación, comment vous justifiez-vous face à tous ceux qui vous accusent de n'avoir gagné les élections locales que grâce au soutien de cette organisation paramilitaire illégale officiellement reconnue comme terroriste et totalement affiliée aux idées anti-nationales défendues par le gouvernement totalitaire communiste de Kintan et la tyrannie wokiste anti-Blancs d'Axis Mundis ? Ne méritez-vous pas d'être lynché en place publique ou de croupir dans un cachot humide dont on aurait jeté la clé pour le reste de votre vie comme le sale traître d'anarchiste que vous êtes ?
Alonzo Dócomienesol : Monsieur Añosinada, je ne suis pas sûr d'apprécier le ton que vous employez avez moi-
Cirilo Añosinada : Hum hum...
Alonzo Dócomienesol : -et vous prierai de ne pas lancer des accusations aussi inadmissibles que-
Cirilo Añosinada : Hummmmmm...
Alonzo Dócomienesol : -celles-ci ! Je n'apprécie pas non plus le manque flagrant de neutralité dans vos propos lorsque je constate à quel point vous louez les-
Cirilo Añosinada : Hin hin...
Alonzo Dócomienesol : -soit-disant réussites des deux intervenants qui m'ont précédés pour ensuite m'insulter et m'accuser faussement !
Cirilo Añosinada : Kof kof...
Alonzo Dócomienesol : Donc, pour répondre à votre question : non-
Cirilo Añosinada : Grumpf.
Alonzo Dócomienesol : -non, le Partido Revolucionario Zacarista n'est aucunement lié à l'Ejército Zacarista de Liberación si ce n'est notre-
Cirilo Añosinada : Haaaaaaan...
Alonzo Dócomienesol : Taisez-vous ! MAIS TAISEZ-VOUS, C'EST INSUPPORTABLE !!!
Cirilo Añosinada : Herm...
Alonzo Dócomienesol : Donc, comme je disai, monsieur Añosinada, mon parti n'est aucunement lié à ce que vous appelez une "organisation paramilitaire terroriste anti-nationale" si ce n'est, dans une certaine mesure, par nos idées communes, inspirées des principes défendus par feu Emiliano Zacarias, révolutionnaire mort pour la liberté il y'a plus d'un siècle, dans une forme réactualisée et adaptée aux réalités du monde moderne. Ces principes incluant notamment la défense de la liberté d'expression et de la démocratie directe et participative à l'échelle locale, la promotion de la mixité sociale et de l'importance du métissage dans la construction de la culture et de la société sueñoleja actuelle, la protection et la préservation des communautés indigènes de notre pays et de leurs traditions ou encore la lutte pour l'égalité de tous les individus indépendamment de leur sexe, de leur ethnie ou de leur religion et pour le partage des richesses entre les membres d'une même communauté, des concepts arbitrairement définis comme anti-nationaux par un gouvernement autoritaire corromp-
-Hmmmm... Fondant. Craquant. Un vrai goût de Paradis !
-Eh bien, détrompez-vous ! Le Gurgutto ne vient pas du Paradis. Le Gurgutto, c'est le bon fromage de nos montagnes au bon lait de chèvres élevées en pleine nature et à l'air libre par près de quatre-vingt-dix éleveurs partenaires sensibles à leur bien être.
-C'est pour ça qu'il est aussi doux et onctueux ?
-Absolument ! Regardez-moi ce panorama ! Au dessus des nuages, qu'y a-t-il d'étonnant à ce que nos produits affinés six mois dans nos quatorze ateliers soient aussi léger et aériens ?
-Merci pour ces informations Bernardo ! Mais vous vous êtes trompé sur un point : avec de tels paysages, on est vraiment au Paradis !
-Ah ah ah !
-Ah ah ah !
Gurgutto, le bon fromage de nos montagnes.
Cirilo Añosinada : De retour dans La Grande Question !, l'émission où on répond à toutes vos questions avant même que vous ne les posiez, ah ah ! Ici l'ambiance est un peu tendue je crois alors, si vous le voulez bien, chers auditeurs, je vous propose d’accélérer un peu la présentation des candidats suivants. Certains m'ont l'air assez grognons, pas vrai Alonzo, ah ah ! Je pense qu'ils s'impatientent et qu'ils ont hâte de connaître la grande question du jour, ah ah ah !
Alors, le candidat suivant, ou plutôt la candidate suivante sur ma liste, n'est autre que madame Martina la Pluma, présidente du Partido Nacional-Soberanista depuis 1997 à la suite du départ de son père, feu Felipe la Pluma, de la vie politique. Madame la Pluma, votre parti se défini lui-même comme le protecteur de l'identité nationale de la Costa Sueñoleja et s'oppose formellement à toute ingérence étrangère ou perte de souveraineté de notre beau et grand pays libre et démocratique. Cependant, certaines mauvaises langues prétendent, sans doute pour des raisons sexistes, que votre parti est de nature dynastique, votre nomination à sa tête étant qualifiée de népotisme puisque votre père en était le cofondateur ? Que répondez-vous à ces accusations scandaleuses, injustifiées et, osons le dire, purement misogynes ?
Martina la Pluma : Tout cela est absolument faux et je-
Cirilo Añosinada : Merci pour cette réponses madame la Pluma.
Martina la Pluma : Mais-
Cirilo Añosinada : Vient ensuite l'honorable Baltasar Macaco, président du Partido Católico Nacional, parti considéré comme le plus proche allié du Partido Socialdemócrata au sein du monde politique, vos deux partis s'étant presque systématiquement soutenus pour toutes vos propositions respectives à l'Assemblée. Le PCN se distingue néanmoins du PSD par la place centrale qu'il accorde à la foi chrétienne catholique catholane, ayant fait de la défense et de la promotion des valeurs catholiques et du rôle socio-politique de l'Église dans la société sueñoleja son principal combat. Monsieur Macaco, est-ce exact ?
Baltasar Macaco : Ein effet, c'est exact. Dains cetteuh périoode de criseu, la populaaation teind à perdreu foi en ses vaaaleurs et c'est poureuquoii-
Cirilo Añosinada : Je vous remercie pour cette réponse monsieur Macaco. Il est vrai que la religion catholique est un élément majeur de notre culture qu'il faut préserver de toutes nos forces alors qu'il est menacé par la montée du nationalisme indigène anti-chrétien sous le patronage de l'Akaltie impérialiste anti-libérale et des idées communistes athées promues par les penseurs judéo-protestants xénophobes pro-mort du Grand Kah et de l'UICS.
Baltasar Macaco : Ein effet.
Cirilo Añosinada : Le Partido Socialista Republicano maintenant, parti de tendance socialiste, plus particulièrement social-libérale, défendant une vision particulière de la lutte des classe et du combat contre la pauvreté axé sur des aides aux plus pauvres sous la forme d'un État providence et dont la candidate à la présidentiel est madame Alejandra Roja, nièce de son fondateur Cristóbal Roja. Madame Roja, ne pensez-vous pas que toutes ces aides sociales que vous proposez risquent de décourager les gens de travailler et de les encourager à se mettre au chômage pour vivre de leurs allocations comme de sales parasites qui ruinent le pays et volent l'argent des vrais travailleurs ?
Alejandra Roja : Absolument pas.
Cirilo Añosinada : Vient ensuite monsieur Marcos Miralles, président et fondateur du Partido por la Independencia Total depuis 2004.
Alejandra Roja : Je n'ai pas fini !
Cirilo Añosinada : Monsieur Miralles, rappelons que le PIT est issu d'une scission du Partido Nacional-Soberanista que vous trouviez trop mou et trop conciliant dans ses positions nationalistes, conservatrices et souverainistes depuis l'arrivée de madame la Pluma à sa tête en 1997, une nomination que vous aviez alors vivement critiquée et que vous continuez encore à condamner de nos jours.
Marcos Miralles : En effet, je suis encore scandalisé par la nomination de Martina la Pluma au poste de présidente du Partido Nacional-Soberanista pour la seule raison qu'elle est la fille de notre regretté fondateur feu Felipe la Pluma alors que j'en étais très clairement le successeur désigné ! C'est moi qui aurait du devenir président car qui d'autre que moi a les COUILLES pour protéger notre belle nation et nos belles valeurs républicaines et catholiques face à l'INVASION des judéo-akaltiens qui veulent nous empêcher de manger du toucan et forcer nos filles à porter la coiffe de plume ! Certainement pas madame la Pluma qui, si je ne conteste pas son talent pour faire la cuisine et passer l'aspirateur, n'a certainement pas la POIGNE assez ferme et solide pour ne pas se laisser embobiner par des ISLAMO-COMMUNALISTES qui ne souhaitent rien d'autre que nous faire sombrer dans la décadence et le tiers-monde fémino-LGBT-fasciste estalo-kah-tanais !
Cirilo Añosinada : Merci monsieur Miralles pour ces paroles pleines de bon sens que certains ici feraient bien de prendre pour conseil, ah ah ! Mais, en parlant de fasciste, le candidat suivant que nous allons interroger aujourd'hui se trouve être monsieur Roberto Gisbert, président et co-fondateur du Partido Nacional Fascista, organisation politique qui défend et cherche à réhabiliter les idées promues par feu le Général Ricardo Tapioca Sanchez à travers l'Estado Nuevo, le régime en place dans notre superbe pays de 1930 à 1954 et qu'il a dirigé d'une poigne virile et patriotique pendant toute cette durée. Monsieur Gisbert, je pense qu'il est inutile de préciser que votre parti et vous même faites régulièrement l'objet d'accusations graves selon lesquels vous feriez l'apologie d'une idéologie autoritariste, suprémaciste et anti-républicaine. Que répondez-vous à cela ?
Roberto Gisbert : C'est très simple : toutes ces accusations, soit dit en passant fausses et archi-fausses, ne sont que la preuve d'une méconnaissance totale, voire d'un mépris absolu de l'Histoire de notre pays par une certaine classe politique et journalistique de gauche qui passent son temps à mentir et jouer sur les mots pour me faire dire des choses que je n'ai jamais dites et qui, je vous l'assure, me choquent profondément. En réalité, si ces chevaliers de la bien-pensance avaient un peu mieux étudiés notre Histoire (à moins qu'ils ne les faits mais qu'ils la masquent volontairement pour favoriser leur propre programme), ils se seraient rendus compte que l'idéologie fasciste défendue par feu le Général Tapioca Sanchez n'était aucunement un concept soutenant un modèle dictatorial ni même autoritaire. Il n'était en effet pensé que comme un modèle temporaire face à une période de crise importante à laquelle il devait répondre de manière efficiente, c'est-à-dire au détriment des institutions démocratiques peut-être suffisantes en temps normal mais beaucoup trop lentes et modérées dans une ère de pauvreté et de violence où il faut savoir prendre des décisions dures et fermes même si cela doit nous faire mal.
Cirilo Añosinada : Un modèle temporaire qui a tout de même duré vingt-quatre ans.
Roberto Gisbert : Évidemment, on ne met pas fin à une crise aussi grave d'un simple claquement de doigt, d'autant plus lorsque des socialistes qui prétendent lutter pour la liberté et la démocratie mettent des bâtons dans les roues de l'État et l'empêchent de faire son travail ! Mais je suis certain que, si ces salauds de communistes ne l'avaient pas chasser du pouvoir pour instaurer, rappelons-le, la PIRE dictature de TOUTE notre très longue histoire, son excellente honorabilité feu le Général Ricardo Tapioca Sanchez, Dieu ait son âme au Paradis, aurait tout de même pu, malgré les difficultés, malgré l'opposition de certains illuminés complètement déconnectés de la réalité, mettre un terme définitif à la pauvreté, à la violence des gangs et à la corruption des autorités dans notre pays et, une fois sa mission accomplie avec brio et succès, rendre le pouvoir aux institutions démocratiques. C'est comme ça et pas autrement que ça se serait passé et c'est ça et pas autrement que, alors que la pauvreté, la violence des gangs et la corruption des autorités sont encore une réalité, nous, le Partido Nacional Fascista, y mettrons fin !
Cirilo Añosinada : Eh bien, vous avez du souffle ! Ça me plait, ah ah ! Merci pour cette superbe réponse monsieur Gisbert !
Roberto Gisbert : Cree y Defender ! Croyez et défendez ce en quoi vous croyez ! C'est la devise de mon parti !
Cirilo Añosinada : Très bien dit, mais si vous le voulez bien, nous nous retrouverons dans une quinzaine de minutes après la pub pour la présentation des derniers candidats sur la liste !
Puissance : VROUM VROUM
Vitesse : VJIIIIIIIIOOOOOOUUUUUUUM
Solidité : BRAM BRAOUM VRAOOOOUM
Nouvelle Opal Ultra GX-300 Turbo Platine V12-Alpha 2019, la puissance est entre vos mains.
Cirilo Añosinada : De retour dans La Grande Question pour ce grand débat présidentiel 2019 et je suis accompagné de Sonia Proteco, présidente et candidate du Partido Verde ! Bonsoir Sonia !
Sonia Proteco : Euh... Bonjour...
Cirilo Añosinada : Sonia, je peux vous appeler Sonia ?
Sonia Proteco : Ou-
Cirilo Añosinada : Sonia, vous dirigez actuellement le Partido Verde, parti politique écologiste militant pour une plus grande responsabilité de l'État et de la population face aux risques soit-disant encourus par le climat et ayant plusieurs fois proposé des solutions pour lutter contre le "réchauffement climatique", notamment en appliquant des sanctions sur nos agriculteurs qui travaillent durs toute la journée pour nourrir nos plus de quarante-six virgule neuf millions de compatriotes et pratiqueraient selon vous l'agriculture intensive afin de survivre dans ce monde cruel où l'argent est roi mais aussi sur les grandes entreprises nationales qui procurent des emplois à des centaines de milliers, voire des millions de personnes dans notre pays mais qui relâcherait des quantités de gaz dits "à effet de serre" trop importantes selon vos standards d'étudiante en lettre gauchiste qui ne comprend rien aux réalités socio-économiques de la vraie vie.
Sonia Proteco : Ce que vous dites est odieux !
Cirilo Añosinada : On est pas dans un livre de romantic fantasy madame !
Sonia Proteco : C'est intolérable !
Cirilo Añosinada : Mais dites-moi, est-ce que vous croyez réellement au réchauffement climatique ?
Sonia Proteco : Mais bien sûr !
Cirilo Añosinada : Bahahah, la conne ! Tout le monde sait que le réchauffement climatique est une invention des folles dingues d'Icama-Chan pour affaiblir notre économie en nous forçant à voter à gauche ! C'est des conneries tout ça ! Comme le féminisme. Ou les ornithorynques.
Sonia Proteco : Mais n'importe quoi ! La science prouve qu-
Cirilo Añosinada : Alloooons, soyons sérieux, s'il vous plait. Vous pouvez lui faire dire tout ce que vous voulez à vos science mais ce que moi je constate c'est que j'ai un rhume qui refuse de partir depuis ce matin !
Sonia Proteco : C'est normal, on est en automn-
Cirilo Añosinada : Snurf... Bon, là ça va mieux mais si vous m'aviez vu il y'a quelques heures à peine je peux vous assurer que vous ne m'aurez pas reconnu alors j'aimerai bien le voir votre réchauffement climatique !
Sonia Proteco : Alors en fait on préfère parler de changem-
Cirilo Añosinada : Oui oui oui, c'est bon ! Je crois avoir parfaitement démontré l'inutilité manifeste de votre combat écologiste, ce n'est pas en vous énervant comme cela que vous allez nous convaincre du contraire ! Bon !
Passons maintenant au Partido Realista, présidé par monsieur Guillermo Magrina depuis sa fondation en 1979. Le Partido Realista est, comme son nom l'indique, un parti royaliste promouvant l'abolition de la république et le rétablissement de la monarchie en Costa Sueñoleja. Monsieur Magrina, si l'on peut défendre que le Partido Nacional Fascista de Roberto Gisbert n'est pas entièrement anti-républicain, il va de soit qu'il sera plus difficile pour vous de justifier votre républicanisme, valeur que l'on sait très importante pour la grande majorité des citoyens sueñolejos, du moins tous ceux qui ne sont pas de gauche, qui se sont battus pour protéger leur république et leur démocratie.
Guillermo Magrina : Mais, justement, je ne crois pas que la monarchie soit foncièrement opposée à la démocratie, je suis d'ailleurs moi-même favorable à la démocratie sous la forme d'une monarchie constitutionnelle. Seulement, il apparaît que le peuple sueñnolejo est aujourd'hui, et depuis longtemps, divisé. Oui, divisé. Divisé entre libéraux et socialistes, entre conservateurs et progressistes, entre catholiques et païens, entre eurydescendants et aleucindiens... Je pense que c'est cette division qui est à l'origine des nombreux conflits qui ont secoué notre pays au cours du siècle dernier notamment, pensons par exemple à la Guerre Civile de 1911-1922 qui opposaient les conservateurs aux libéraux ou à la guerre que se sont menés les communistes et les partisans du fascisme pendant plus d'une trentaine d'années, entre les années 1940 environ et 1974, mais aussi en ce moment même où la gauche et la droite de notre parlement semblent s'être disputés de manière irrémédiable et s'opposer systématiquement sur toutes leurs propositions et projets respectifs. C'est pour cette raison qu'il faut, selon loi, une figure morale qui servirait d'unificateur de la nation. Un symbole intouchable derrière lequel se regrouperaient tous les citoyens de notre belle nation, qui les représenterait tous et qui les traiterait tous de la même manière, avec égalité, respect et amour. Et quel symbole peut-il y'avoir de plus beau et consistant qu'un Roi, qu'un monarque envoyé aux Hommes par Dieu lui-même pour les guider. Bien sûr, le pouvoir restera entre les mains de la population par le biais d'un gouvernement démocratiquement élu mais, lorsque les élus ne savent pas quoi faire ou n'arrivent pas à se mettre d'accord, ils pourront consulter le Roi qui trouvera une solution sage et raisonnée à tous leurs problèmes.
Cirilo Añosinada : Mais comment être sûr que le Roi soit réellement sage et raisonné comme vous le dites ? Ne risque-t-il pas d'abuser de ses pouvoirs et de nous mener à la ruine ?
Guillermo Magrina : Mais non, il est le Roi. Il a été envoyé par Dieu. Perdre confiance en le Roi, c'est perdre confiance en le choix de Dieu. C'est perdre la Foi.
Cirilo Añosinada : Huum... C'est un argument de poids. Eh bien, merci pour cette très belle réponse, monsieur Magrina. C'était très poétique, j'aime beaucoup.
Bref, chers téléspectateurs, nous allons désormais passer au dernier candidat en lice. Il s'agit bien sûr de Santo Pawahtuun, chef du Partido Popular Indigenista qu'il a fondé en 2002. Le Partido Popular Indigenista est un parti indépendantiste indigèn-
Santo Pawahtuun : Autonomiste.
Cirilo Añosinada : Pardon ?
Santo Pawahtuun : Mon parti est autonomiste, pas indépendantiste. Nous militons pour le droit des peuples natifs de Costa Sueñoleja à obtenir-
Cirilo Añosinada : Vous me coupez la parole, monsieur Pawahtuun ? Mais vous êtes un grand malade !
Santo Pawahtuun : Je disais, nous ne militons pas pour l'indépendance totale des territoires sueñolejos majoritairement peuplés de natifs aleuciens, du moins ce n'est pas notre ligne dominante pour le moment, mais simplement pour le droit des premières nations de notre continent et notre pays à disposer d'elles-même et à obtenir le droit de s'autogérer en toute autonomie lorsque le gouvernement fédéral, très majoritairement composé de descendants de colons eurysiens s'il faut le mentionner, délaisse complètement les régions où ils sont majoritaires et les abandonne au chômage, à la pauvreté et à la précarité au milieu de territoires isolés dénué de toute forme de service publique et qu'aucune route ne relie au reste de notre pays, car la Costa Sueñoleja est bel et bien notre pays, le pays que nos ancêtres ont participé à bâtir même si certains de nos politiciens aiment à le nier par racisme.
Cirilo Añosinada : Allons bon.
Santo Pawahtuun : Exactement, il y'a un très grave problème de discrimination à l'égard des communautés indigènes sueñolejas qui recommence pourtant près d'un tiers de la population de notre pays selon les statistiques du gouvernement. Vous noterez par ailleurs que je suis le seul candidat indigène parmi la douzaine ici rassembl-
Cirilo Añosinada : Monsieur Pawahtuun, que répondez-vous à ceux qui vous accusent d'être un mercenaire engagé par l'Union des Cités d'Akaltie pour déstabiliser notre pays en incitant à la haine raciale ?
Santo Pawahtuun : Qu- Quoi ? C'est complètement faux. Même si j'ai beaucoup de respect pour l'Akaltie et son combat pour la libération des peuples natifs opprimés de part le monde, je n'ai aucune relation avec son gouvernement.
Cirilo Añosinada : Vous êtes bien indigène pourtant, vous l'avez dit vous même.
Santo Pawahtuun : Ça n'a rien à voir ! Je suis sakkin, pas akaltien ! Ce sont deux peuples complètement différents !
Cirilo Añosinada : C'est cela oui.
Santo Pawahtuun : Je suis sueñolejo, je suis né en Costa Sueñoleja de parents sakkins catholiques hispanophones et ait moi-même été élevé dans la tradition catholique comme pratiquement tous les enfants sueñolejos avant de la rejeter à l'âge adulte pour des raisons personnelles.
Santo Pawahtuun : Je parle le même espagnol que vous ou que n'importe quel autre citoyen sueñolejo ainsi que le nouveau sakkin qui est la langue utilisée par ma famille dans le privée.
Cirilo Añosinada : Le nouveau sakkin, c'est comme de l'akaltien, non ?
Santo Pawahtuun : Mais non ! Même si le sakkin peut se rapprocher de l'akaltien, ce sont deux langues différentes et d'ailleurs un sakkinophone exclusif aura bien du mal à comprendre un akaltien.
Cirilo Añosinada : Mais vous, vous parlez akaltien il me semble ?
Santo Pawahtuun : Oui, parce que je l'ai appris à l'université comme vous avez appris l'austarien ou le taylor ! Où est-ce que vous voulez en venir ?! Sachez que je n'apprécie pas du tout ces allusions xénophobes à mon égard, monsieur Añosinada !
Cirilo Añosinada : Moi ? Xénophobe ? On me l'avait pas faite depuis loooongtemps. Demande à mes potes si je suis xénophobe, tu vas voir les réponses que tu va te prendre. J'ai un arrière-grand père raskenois et ma voisine de palier est à moitié protestante alors comment je peux être xénophobe ? C'est vous qui êtes xénophobe, sale xénophobe !
Bref, je pense qu'on va s'arrêter là pour les présentations des candidats et que nous-
Luis Igual : Attendez une minute !
Cirilo Añosinada : Oui ?
Luis Igual : Vous ne m'avez pas présenté moi ! Je suis quand même Luis Igual, président du Partido Comunista Sueñoleja et je demande mon droit de par-
Cirilo Añosinada : Mais enfin Luis. Vous êtes communiste. C'est une émission sérieuse ici, on ne donne pas la parole à un communiste. C'est une question de déontologie et de respect du public.
Luis Igual : C'est scandaleux, je porterai plainte !
Cirilo Añosinada : Faites, faites. Euh... Où j'en étais ? Ah oui ! Nous avons terminé avec la présentation des candidats, nous allons donc passer à la grande question du jour auquel il devront répondre. La grand question qui a été la plus posée par nos spectateurs, rappelons à cette occasion que vous aussi, à la maison, vous pouvez poser votre question sur le site www.la-gran-pregunta.cs ou envoyer un e-mail à l'adresse lagranpregunta@gmail.com. La question la plus posée par le public auxquels tous les candidats, les douze candidats aux élections présidentielles du 8 Novembre 2019, devront répondre. Restez bien assis chers téléspectateurs, elle vous sera révélé d'ici quelques secondes, juste après une courte page de pub.
Moi, ce que j'aime, c'est me relaxer en pêchant près de la rivière avec mes amis.
Puis, le soir, j'adore discuter avec eux autour d'un bon feu de camp en faisant cuir des guimauves au feu de bois.
J'aime aussi passer mon temps libre à décorer ma maison. Ma couleur préférée c'est l'indigo !
Ensuite, je cultive mon champs en toute détente. Betteraves, tomates, pastèques... Il y'en a pour tous les goûts !
Puis je vais au marché pour distribuer mes produits à tous mes amis en échange de superbes clochettes. J'adore les clochettes et pour, en avoir encore plus, il m'arrive de vendre aussi de petits sachets de poudre blanche magique. Mais chut ! Ce sera notre petit secret, hi hi !
Animal Passing Few Horizons, exclusivement sur Souitch 2.
Cirilo Añosinada : De retour dans La Grande Question, l'émission où on vous apprend tout ce qu'il est indispensable de savoir pour faire le kéké en société. Je suis Cirilo Añosinada mes très chers amis et téléspectateurs et il est désormais temps de passer aux choses sérieuses. En effet, nous avons ici douze candidats, douze candidats et candidates en lice pour les élections présidentielle du 8 Novembre 2019, l'un d'entre eux sera bientôt notre nouveau président, douze candidats réunis aujourd'hui pour débattre au sujet de cette question que VOUS, chers téléspectateurs, nous avez proposé, rappelons encore une fois que vous aussi pouvez proposer une question sur le site www.la-gran-pregunta.cs ou à l'adresse lagranpregunta@gmail.com, cette question qui vous sera révélée d'ici quelques instants dans 3, 2, 1...
La question du jours, chers candidats, la question que vos électeurs se posent et à laquelle vous devrez répondre en toute honnêteté et en toute franchise est : Faut-il détruire l'Akaltie ? Une question centrale pour nombre de nos concitoyens qui nous a été posée pas moins de 975 618 fois au cours des derniers mois alors que notre pays traverse une crise sans précédent avec son voisin natif, un sujet brûlant sur lequel vous, candidats, avez fait de nombreuses déclarations parfois contradictoires. Aujourd'hui, il est temps de trancher !
Sergio Beldad, en tant que candidat de la majorité, je vous laisse votre parole. Quel est votre avis sur cette question ?
Sergio Beldad : Eh bie-
Alonzo Dócomienesol : C'est grotesque !
Cirilo Añosinada : Alonzo, laissez monsieur Beldad finir s'il vous plait !
Sergio Beldad : Eh bien, Cirilo, je dois dire que c'est une question assez inattendue, ah ah ! Mais, plus sérieusement, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de détruire l'Akaltie ou même de renverser son gouvernement malgré la dangerosité qu'il représente pour notre nation et ses menaces appuyées et répétées à notre encontre. L'Akaltie est un grand pays que je respecte énormément et, comme dit précédemment, j'ai bien l'intention de trouver une issue pacifique à ce conflit qui nous oppose à elle et, je l'espère, une issue qui nous soit le plus favorable possible sans toutefois trop léser le peuple akaltien afin d'éviter une montée des idées revanchardes dans ce pays pour lequel j'ai beaucoup de respect. Cependant, les évènements récents et les actes hostiles du gouvernement nationaliste de Kintan contre des citoyens sueñolejos en territoire sueñolejo démontrent que notre position vis à vis de celui-ci doit se renforcer. Nous ne pouvons nous contenter d'ignorer les akaltiens, il nous faut maintenant agir et il me semble clair qu'un axe prioritaire de cette nouvelle ligne politique plus active à l'égard de l'Union des Cités se doit d'être la rétrocession de la Bande de Doscientos dite "de Lahunkal" à sa patrie d'origine, soit la Costa Sueñoleja, par tous les moyens disponibles, en donnant la priorité à la diplomatie tout en nous préparant à l'éventualité d'un conflit armé dans l'éventualité où cette première option n'aboutirait pas. Mais pourquoi vouloir absolument récupérer le territoire de Doscientos dit "de Lahunkal" me direz vous ? Allez-y.
Cirilo Añosinada : Mais pourquoi vouloir absolument récupérer la Bande de Lahunkal ?
Sergio Beldad : Merci de poser la question monsieur Añosinada, j'allais justement y venir. En fait, c'est très simple. Outre le simple fait que la sécession de ce territoire et son annexion ultérieure par l'Akaltie résulte d'une erreur historique grave et illégitime car obtenue par la force militaire et approuvée uniquement par des monarques, le Roi Marco Santiago de Calderón et les souverains des cités akaltiennes et icamiennes concernées, sans aucune consultation du peuple sueñolejo ou des populations sakkines locales, depuis lors séparées de leurs semblables restés attachés à notre pays, l'occupation akaltienne de la bande de Lahunkal est depuis longtemps un vecteur de tensions, de nombreux accidents frontaliers ayant lieu chaque année. Des tensions qui ne vont maintenant qu'en s'aggravant alors que les soldats akaltiens, probablement enhardis par les discours suprémacistes de leurs politiciens et les dérives ultranationalistes de leur gouvernement, multiplient les actes hostiles contre nos frontières. De fait, il faut que cette région soit vidée de toute présence militaire akaltienne, qui constitue une menace pour notre pays, et que le gouvernement akaltien reconnaisse la légitimité de la República Federal de Costa Sueñoleja sur cette terre et cesse de nous menacer. Une fois cela fait, peut-être que nos deux pays pourront enfin commencer à entretenir des relations cordiales voire à coopérer après plus de deux siècles d'opposition systématique.
Alfonso el Brazo : Je suis d'accord avec vous, monsieur Beldad, la Bande de Lahunkal doit revenir à la Costa Sueñoleja, c'est une absolue certitude et, même au delà de toutes les justifications idéologiques passionnelles, certes justifiées par des éléments historiques et culturels, la vérité est que la présence akaltienne de ce côté du Grand Golfe n'est pas seulement une aberration, c'est aussi une épine dans le pied du peuple sueñolejo qui freine son développement depuis des siècles et en fait aujourd'hui un pays pauvre et inégalitaire, notre pays étant littéralement coupé en deux que ce soit par voie terrestre avec la bande de Doscientos dite "de Lahunkal" qui traverse l'ensemble de notre territoire métropolitain, ce qui limite et ralenti considérablement les échanges entre l'État de Cerveza et le reste de la métropole, mais aussi par voie maritime, le contrôle akaltien sur le Détroit de Doscientos mettant nos compatriotes des outre-mers sous la menace constante d'un isolement complet du reste de notre pays mais aussi du monde si les autorités de Kintan décidaient de le bloquer ce qui les rendrait incapable de commercer et donc de produire des richesses puisque leurs économies sont essentiellement fondée sur l'exportation de ressources et donc dépendantes du commerce maritime. Pour toute ces raisons, la récupération du territoire de Doscientos est indispensable au développement économique et humain de la Costa Sueñoleja car cela permettrait de mettre enfin un terme à l'isolement des États d'outre-mer de notre fédération. L'Akaltie a suffisement occupée ce territoire, elle a pu jouer avec lui autant de foi qu'elle le souhaitait, mais la récré est terminée maintenant, il faut nous rendre ce qui nous appartient. C'est une question de survie.
Cirilo Añosinada : Mais, malgré tout, vous vous opposez à une intervention militaire.
Alfonso el Brazo : Absolument. Tant que toutes les autres options disponibles n'auront pas été épuisées, il n'y a aucune raison d'entre en guerre contre l'Union des Cités d'Akaltie, une guerre qui, en plus de provoquer des centaines de victimes et des dégâts considérables qu'il nous faudra réparer avec l'argent des travailleurs sueñolejos, risquerait de tourner en notre défaveur et de nous mener à la ruine et à la désolation. Ce n'est pas une décision facile d'entrer en guerre, vous savez. Avec tout ce qu'il se passe en Eurysie on a l'impression que c'est simple mais ça ne l'est pas du tout, du moins lorsqu'on est quelqu'un de civilisé et pas un communiste décérébré.
Roberto Gisbert : Vous êtes des mollassons ! Vous savez pertinemment que les akaltiens refuseront mordicus de nous céder la moindre parcelle de terre par la diplomatie mais vous vous entêtez à croire le contraire ! Ces gens ne fonctionnent pas comme nous, ils n'ont aucun respect pour les règles les plus élémentaires ! Ce ne sont que des sauvages qui viennent de découvrir la marche bipède et qui ne savent communiquer que part la violence ! C'est pour cela qu'il faut que nous intervenions immédiatement pour reprendre de force ce qui nous a été arraché de force avant que ces barbares ne préparent leur défense ou, pire encore, ne tente de nous envahir comme ils ont déjà tenté de le faire il y'a à peine quelques mois, chose dont je suis visiblement le seul à me souvenir !
Cirilo Añosinada : Rassurez-vous monsieur Gisbert, nous sommes, je l'espère, tous bien au courant de ce fait et-
Luis Igual : Excusez-moi, j'aimerai dire quelque chos-
Cirilo Añosinada : Sécurité ! SÉCURITÉ !!! Ce communiste a essayé de parler !
Alonzo Dócomienesol : Alors là, c'est le bouquet ! Vous êtes d'un ridicule, monsieur Añosinada ! Tout ce soit-disant débat présidentiel n'est rien d'autre qu'une mascarade grotesque vouée à défendre vos petits protégés et cette question tout aussi ridicule n'est qu'une vaine tentative de diversion du peuple. Vous inventez vous même une prétendue crise internationale d'une gravité sans précédent alors que l'escarmouche d'Avril est un non-événement pour-
Cirilo Añosinada : Un non-événement ? Donc, la mort d'un homme est pour vous un non-événement ?
Alonzo Dócomienesol : Il n'y a eu aucun mort et vous le savez très bien.
Cirilo Añosinada : Effectivement, il n'y a eu aucun mort... Mais il s'en est fallu de peu !
Alonzo Dócomienesol : Ce que je veux dire, c'est que le gouvernement, par le biais de mérdias pourris comme le votre, a volontairement exagéré un accident tout à fait commun le long d'une frontière entre deux États hostiles afin de créer artificiellement une crise politico-militaire qui détournerait sur elle toute l'attention de nos compatriotes au détriment de problèmes plus graves de notre pays que le gouvernement se refuse à reconnaître tels que l'autoritarisme du Partido Socialdemócrata, la main-mise totale de l'armée, des cartels et des grandes entreprises sur les institutions du pouvoir, la corruption des autorités civiles et militaires, la violence des gangs dans les quartiers pauvres et les régions isolées de notre territoire, la discrimination toujours importante à l'égard des minorités ethniques, religieuses et sexuelles de la population, les violations flagrantes de la démocratie, des libertés individuelles et des droits des travailleurs, le travail des enfants, la partialité de la justice-
Cirilo Añosinada : Hmmmm... Tout cela est très intéressant, Alonzo, mais, si cela ne vous dérange pas, je vous propose d'en reparler après La Petite Question !, notre grand jeu-concours de la semaine qui vous permettra, chers téléspectateurs, de gagner un chèque d'une valeur de deux millions de pesos, une Opal Ultra GX-300 ou un voyage tous frais payés au Wanmiri !
Alonzo Dócomienesol : Qu'est-ce qu-
Cirilo Añosinada : La petite question du jour, cher public, est : De quelle couleur est ma cravate ? Réponse 1 : Vermeil. Réponse 2 : Écarlate. Envoyez 1 ou 2 par SMS au 06 06 06 06 06 (SMS surtaxé à 14 pesos) et vous aurez peut-être une chance de gagner l'un de ces nombreux prix ! Je répète, la question est : De quelle couleur est ma cravate ? 1 : Vermeil. 2 : Écarlate. Les gagnants seront tirés au sort parmi tous les participants ayant envoyé la bonne réponse au 06 06 06 06 06 !
Alonzo Dócomienesol : Bon, vous avez fini votre petit jeu ? Je peux reprendre ?
Cirilo Añosinada : Faites, faites. Ah non attendez, on me fait signe dans l'oreillette que nous arrivons à la fin de notre programme. Merci chers téléspe-
Alonzo Dócomienesol : Comment ça ? Vous ne pouvez pas me couper de cette façon alors que j'étais en train de parler !
Cirilo Añosinada : Désolé Alonzo, mais c'est comme ça. Donc, comme je disais... Merci chers téléspectateurs d'avoir suivi jusqu'au bout cette édition de La Grande Question, l'émission qui enrichi votre esprit et mon compte en banque ! N'hésitez pas à venir faire un tour sur notre site internet www.la-gran-pregunta.cs pour voir les rediffusions de nos épisodes précédents ou proposer vous-même votre question qui, peut-être, sera posée dans une future édition de La Grande Question !, l'abonnement ne coûte que 16 pesos par mois alors, encore une fois, n'hésitez pas ! C'était Cirilo Añosinada, bonsoir !
Alonzo Dócomienesol : Vous n'avez même pas d'oreillette, pauvre connard de clown arrogant !
Cirilo Añosinada : Peut-être bien mais c'est mon émission donc c'est moi qui décide, et en plus il faut que je soit chez moi avant 21h10 pour regarder Kévin Gigachad contre les pirates Loduariens de l'espace !
Alonzo Dócomienesol : Salaud !
Cirilo Añosinada : Sécurité ! SÉCURITÉ !!!