26/03/2016
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Akaltie-Antérinie-Etznab, la rencontre.

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Akaltie, Etznab et Antérinie, le début d’une nouvelle amitié ?

L’Empereur attendait patiemment dans une des innombrables salles du Palais des Vices rois, derrière lui, trois antériniens en livrée se tenaient immobile, prêt à apporter les documents nécessaires et les rafraîchissements, l’ancien vice-roi, Charles des Bournos, observait et se préparait aux négociations à venir. Plusieurs gardes avaient été disposés tout autour de la salle, la plupart portaient l’uniforme des troupes de la Sécurité ducale, l’ex-armée coloniale et les gardes impériaux attendaient à la sortie prêt à former une haie d’honneur aux délégations akaltiennes mais aussi etznabiennes. La pièce, quant à elle, était vaste, de nombreuses fenêtres parsemaient les murs et les rayons de soleil illuminaient naturellement le grand salon, les armoiries impériales trônaient fièrement sur les armoiries de la Nouvelle Antrania et celles de l’Empereur, « le blason en croix des Antrania » comme l’appelle la famille impériale. Mais à l’entrée de la pièce étaient disposés les drapeaux akaltiens et etznabiens. Sur une immense table de chêne posée au centre de la pièce et entourée de confortables fauteuils traînaient ici et là des stylos et des verres en cristal tandis qu’au centre du meuble, une immense sphère armillaire gravée trônait. Le mobilier était quant à lui assez disparate, des élégants fauteuil du XIXe siècle à quelques sabres présentés comme les vestige du passé coloniale et de magnifique tableaux représentants les successifs vice roi qui administrèrent l’ex-colonie de sa fondation jusqu’à Charles des Bournos.

Ce dernier était quelque peu gêné de serrer la main à ceux qui étaient hier qualifiés de « terroristes » par la presse locale, il se méfiait de ces hommes qui avaient soulevé une partie du territoire contre les forces coloniales, certes, il comprenait très bien la volonté d’indépendance des peuples, mais il ne pardonnait pas aux etznabiens de l’avoir fait passer pour un homme faible. Ses confrères d’ailleurs ne cachent pas leur mépris pour le « premier gouverneur à avoir perdu une colonie après Messire De Saint Launay (qui avait perdu l’Occidalie en 1620) » malgré les remontrances de Louis VI qui rappelait que le droit des peuples à disposer d’eux memes est très important et que ce dernier, en négociant pacifiquement avec les Etznabiens, a réussi à pousser l’Empire à se réformer tout en conservant la paix dans la région, d’ailleurs, l’ancien Premier ministre, Albert de Grace, lui a décerné la légion impériale et son maintien au poste de Vice-roi, et ses pouvoir élargis en attendant les élections parlementaires locales. Bien sur, il était quelque peu reconnaissant envers les etznabiens mais n’en restait pas moins blessé dans son ego et sentait qu’il aurait pu être une source de tension lors de cette rencontre. Mais néanmoins, Sa Majesté avait insisté pour qu’il représente l’Empire face aux etznabiens, « j’ai confiance en vous » disait l’Empereur et ce dernier s’est montré très persuasif et à réussit à obtenir la présence du Vice roi lors des négociations.

D’ailleurs l’Empereur se montrer quelque peu dubitatif quant aux résultats des négociations, certes, il a été agréablement surpris de voir que les Akaltiens souhaitaient aussi un adoucissement des tensions entre l’Empire et l’Empire des Cités, lui pensait, à l’instar de la plupart des ambassadeurs antériniens ou encore de quelques députés aleuciens, que les Akaltiens, notamment l’extrême droite akaltienne, étaient des natifs anti-eurysiens qui haïssaient tout ce qui s’en rapprochait de près ou de loin. Mais étrangement, ces derniers se sont montrés très coopératifs, montrant une fois de plus que la politique internationale est paradoxale (qui l’eut cru qu’un ex-empire colonial puisse se rapprocher d’un état natif et que ce dernier accepte ce rapprochement) et avant tout pragmatique. Ainsi Louis VI savait que si les Akaltiens étaient dans de bonnes dispositions, il ne devait pas pour autant sous estimer Iota Ière et au contraire savoir se montrer habile, il craignait que cette dernière s’intéresse de trop près aux natifs (une bonne dose de mauvaise foi et une pincée de jalousie permet de faire passer un Empire intercontinental pour un état colonialiste) et ne joue un jeu de dupes qui pourrait s’avérer contre-productif pour les deux états. Bien entendu la conférence qui se déroulait ici était avant tout motivée par un désir de coopération dans lutte anti-piraterie et d’un potentiel partenariat économique.

Car pour l’heure, pensait l’Empereur, il est nécessaire de s’allier pour lutter contre les pirates rachistes, véritables menaces pour la sécurité intérieure et extérieure, il savait très bien que les Etznabiens ne feraient certainement pas de difficultés, le Grand Duché du Scintillant est le territoire le plus développé, il fournira temporairement les services médicaux et éducatifs de bases le temps que les Républiques puissent mettre en place leurs infrastructures et un cadre démocratique propice aux échanges à travers la frontière. Mais néanmoins le risque de voir les rachistes de la R.R.N.G.A étaient bien plus importants, une déstabilisation de la région serait bien pire qu’une piraterie de haute intensité dans tout le golfe alguareno, des bombardiers suffisent à couler quelques vedettes de barbares assoiffés de sang, mais, faire régner le calme dans une région dévastée est bien plus compliqué surtout au vue de la situation géopolitique locale. Car un autre enjeu était à noter, l’approvisionnement en eau et en nourriture du Grand Duché, si Terrabilis se propose, le temps que les denrées puissent atteindre le port de la Nouvelle Antrania, la faim se fera sentir, il sera ainsi nécessaire de collaborer avec les Etznabiens pour pouvoir lutter et contre la R.R.N.G.A et contre la disette. Louis VI pense aussi qu’un pacte de non agression avec les Républiques, et si possible l’Akaltie pourrait être envisageable, non pas par ce qu’il craint les deux états, mais plutot pour assurer ses bases arrières et de donner aux relations entre les deux Empire une tournure plus amicale.

Mais pendant que l’Empereur pensait, une clameur de plus en plus bruyante se fit entendre, les Antériniens applaudissaient le convoi impérial, composé de plusieurs voitures de luxe akaltiennes de couleurs sombres escortées par un petit escadron de la garde impériale, « drole de mélange entre la tradition antérinienne et la modernité aleucienne ! » se dit l’Empereur qui se préparait à descendre et à accueillir la nouvelle souveraine. Déjà les gardes de la sécurité ducale portait leurs armes à l’épaule et saluaient l’Impératrice. Les Etznabiens suivirent, certes, de manière plus discrète (ils roulaient dans une vieille voiture ayant l’air de dater du siècle dernier) et étaient bien moins escortés, quelques gardes assuraient néanmoins la sécurité de la délégation et cette dernière puis atteindre la cours du palais sans le moindre incident. Les chefs d’états entrèrent, les domestiques élégamment vêtus s’inclinèrent respectueusement devant l’Impératrice et l’Empereur, tout trois s’assirent ensuite (l’Impératrice, le délégué etznabien et l’Empereur) tandis que Charles des Bournos se montrait respectueux, il salua les délégués etznabiens et l’Impératrice avant de s’asseoir à la droite de l’Empereur. Les divers suivants, délégués ou encore diplomates s’assirent en bout de table, un traducteur avait été convoqué et déjà les divers délégations se montraient pressées, les négociations n’allaient pas tarder. Puis l’Empereur se leva et dit :

Votre Majesté, les divers représentants etznabiens et Messire des Bournos, je vous salue et j’espère que le voyage a été des plus agréable, mais vous vous en douter, les sujets qui nous réunissent aujourd’hui sont d’un tout autre ordre. En effet, ces dernières semaines, des échos nous venant de nos Services secrets prévoient une recrudescence de la piraterie en haute mer, notamment dans le Golfe d’Aleucie, suite à la disparition de plusieurs navires de pécheurs et à une recrudescence de l’insécurité en Haute Mer. Mais aussi sur terre, ou les militants de la République Rachiste Native du Golfe d’Aleucie se font de plus en plus discret, certes, mais restent nombreux et le risque pour les civils est grand, quelque soit leur nationalité. Mais je tiens aussi à rappeler que cette conférence a aussi pour objectif de resserrer les liens diplomatiques entre l’Empire des Cités Akaltiennes et l’Empire Confédéral Antérinien ce qui pourrait permettre d’envisager des accords dépassant la simple lutte contre la piraterie mais au contraire, nous assurer qu’une bonne entente durable puisse régner entre la puissance native et l’état confédéral. Quant aux Etznabiens, l’objectif de l’Empire et de pouvoir négocier une série d’accords qui établiront une paix perpétuelle entre l’Etznab et l’Empire favorisant prospérité et échanges économiques et académiques. Permettant d’assurer le confort des etznabiens (entendez par ici les soins et l’éducation minimale) et l’approvisionnement régulier en nourriture pour les populations locales. Cela dit, je pense qu’il n’est pas nécessaire de faire un exposé bien trop détaillé, un rapport vous a d’ailleurs été transcris.

Note HRP : le Rapport en question est le même que celui que j’ai posté ces derniers temps mais néanmoins, je rappelle que tout ce qui fait mention à une intervention militaire en Etznabie a été enlevé ainsi que les informations compromettantes que tu sauras distingué par toi même, si tu as des doutes n’hésite pas je reste disponible.
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Itotia Neztli, impératrice et première ministre akaltienne :

Je vous salue également, et vous remercie pour cet accueil chaleureux. Le voyage s'est bien passé pour ma part, merci de vous en inquiéter.
Autant commencer au plus vite en effet, surtout pour que ces problèmes fâcheux que nous avons en commun soient écartés au plus vite. La piraterie est un souci qui nous préoccupe également, puisqu'elle sévit pour notre plus grand désarroi au large de nos côtes. Et il est de notre responsabilité que de gérer cette situation, qui touche le détroit de Lahunkal où nos voisins icamiens manquent quelques peu de moyens, et ici même dans la région, où le tout jeune gouvernement de M. Lootah ici présent peine déjà à maintenir le calme sur son propre territoire.
Nous sommes donc prêts à mettre des moyens dans une lutte commune antipiraterie, en installant des bases militaires dignes de ce nom sur la côte pour commencer. Pour ce qui est des navires, nous ne serons malheureusement pas d'une grande aide, au vu de notre marine qui en est carrément devenue célèbre pour sa taille à l'internationale. Nous projetons néanmoins d'aider fortement l'Anaistésie à développer la leur afin de profiter de leurs compétences en mer.
En bref, nous pouvons aider financièrement, mais pas tellement plus que cela.
Sur terre, la situation est tout autre. Grâce à nos alliés aux alentours, nous pouvons sur commande déployer des troupes armées de nos meilleurs équipements et prêtes à intervenir contre toute menace pour la sécurité des Républiques et du Grand-Duché.

Nous sommes aussi parfaitement d'accord pour l'établissement d'un traité de non-agression. L'Akaltie n'a jamais attaqué militairement l'Antérinie, et le but n'est pas de commencer maintenant. Je suppose qu'il en est de même de l'autre côté.


Uzumati Lootah, président de transition de l'Union des Républiques Natives Etznabistes :

Je vous salue à mon tour. Je dois par contre avouer que les trajets en jeep ne sont plus de mon âge, malgré les routes en bon état que nous avons empruntées depuis Misálamag.
Mme Neztli ayant déjà dit beaucoup de choses, je serai sans doute plus bref. Les Républiques et notamment la Rache Etznab qui est pour l'instant chargée du maintien de l'ordre dans le pays sont tout à fait pour une lutte contre ces ennemis communs de République Rachiste Native du Golfe d’Aleucie. Des échanges entre les États-majors à ce sujet pourront donc se faire, si les vôtres y sont disposés bien sûr. Il ne serait pas tellement étonnant que vos généraux refusent après la débâcle subie par les quelques régiments locaux.

De même que pour nos amis akaltiens, après cette indépendance somme toute très rapide et peu sanglante (si l'on excepte encore une fois les exactions de l'autre Rache), nous ne souhaitons que la paix dans notre petite région. Une nouvelle guerre ne serait que destructeur sur une économie jeune et extrêmement fragile comme la nôtre.
La vitesse à laquelle l'Empire a accepté l'indépendance de l'URNE nous donne aussi envie de coopérer plutôt que de se lancer dans des tensions complètement stériles et inutiles.

Et à propos de cette économie, nous sommes en effet tous disposés à prodiguer l'apport alimentaire à la Nouvelle Antrania et ses alentours, si c'est cela que vous souhaitez. Les agriculteurs des Républiques vendaient de toute façon beaucoup à la capitale de la colonie avant sa division, et ils ont connu une forte baisse de revenus avec le flou qui a suivi la prise d'indépendance du pays.
Nous vous sommes aussi très reconnaissants de laisser libre l'utilisation de vos hôpitaux et universités, choses dont nous ne disposons pas encore réellement sur notre sol. Nous tâchons de tout construire au plus vite, grâce aux forts investissements des nations natives aleuciennes notamment, mais au vu de l'ampleur des chantiers, tout ceci n'est pas près d'être fini
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Une fois que l’Impératrice eut terminé de s’expliquer, l’Empereur fut intérieurement soulagé, non seulement une coopération entre l’Antérinie (au sens le plus large du terme) et l’Akaltie était possible, mais en plus des relations cordiales pourraient voir le jour. A commencer en premier lieu par la lutte anti-piraterie qui va connaître un regain d’importance dans la politique des états aleuciens, à commencer par le Grand Duché, directement exposé à ce genre de problèmes, et l’Akaltie, qui vient de subir une attaque des rachistes de la R.R.N.G.A. Le Vice-roi, Charles des Bournos, en passe de devenir le Premier Ministre du Grand Duché si l’on se fit aux sondages réalisés par l’I.I.S.S.P (Institut Impérial des Sondages et de Sciences Politiques), paraissait agacé et cachait du mieux qu’il put son irritation, en effet, les propos du président Uzumati Lootah lui paraissaient irrévérencieux notamment sa manière de traiter les généraux du Grand Duché comme des enfants capricieux : « Encore un de ces clowns qui n’a pas encore appris à distinguer bienséance diplomatique et guérilla, il faut qu’il sache que le palais des Vice Rois n’est pas la même chose que la Jungle et les cabanes de bois pourries qui lui servaient de quartiers généraux… » dit il à son secrétaire particulier qui prenait note des déclarations akaltiennes et etznabienne. Mais le vice-roi n’eut pas le temps de finir, l’Empereur lui lança un regard qui voulait en dire long et lui transmit un petit bout de papier gribouillé à la hâte et écrit avec l’alphabet marcinois (afaréen) lui signifiant : « Je tiens à vous rappeler que le Président est un ancien citoyen antérinien, autrement dit, écrivit t’il, il comprends parfaitement vos paroles, alors je vous prierai de ne pas déclencher un incident diplomatique ! ». Puis, une fois ce rappel à l’ordre opéré, il prit le micro et fit :

« Il est naturel que l’hote s’inquiète pour ses invités votre Majesté et ce surtout en Antérinie, ainsi, il nous paraît normal de s’assurer que votre voyage n’a pas été des plus dérangeant et vous n’avez en rien besoin de nous remercier pour cette attention. Néanmoins, c’est nous qui tenons à vous remercier pour votre volonté affichée de lutter contre la piraterie et de bien vouloir coopérer avec l’Empire Confédéral Antérinien dans ce domaine là. En effet, nous n’ignorons pas que des navires de patrouille, spécialisés dans la lutte antidrogue et anti piraterie ont disparu il y a de cela quelques heures (son téléphone affichait un nombre incommensurables de notifications : « Les P.A.N.A dans le floue après la fuite d’un des trois directeurs », « la flotte impériale annonce avoir perdu une dizaine de vedettes rapides de cinquième génération !», « Des suspicions quant aux coupables, entre rachistes et trafiquants !» ou encore : « Acte sordide en Akaltie, la R.R.N.G.A a encore frappée ».) Et nous comprenons parfaitement que vous n’avez pas assez de vaisseaux pour pouvoir lutter efficacement contre ce mal qui pourrait bien mettre en péril la stabilité du golfe d’Aleucie et les navires qui traverseront la région, ainsi, nous vous proposons de mettre à disposition quelques patrouilleurs de toisième génération pour épauler et/ou encadrer vos vedettes contre ce fléau qui s’abat sur nos états. Nous vous demandons aussi d’accepter que la première escadre (composée de 3 patrouilleurs de troisième génération et d’une corvette de troisième génération) puisse mouiller dans vos ports le temps de l’opération afin, bien entendu de pouvoir intervenir plus rapidement, car vous comprenez parfaitement que l’efficacité de notre flotte pourrait être grandement compromise par la distance qui sépare ses ports d’attache de la Nouvelle Antrania aux ports akaltiens tel que Ahawala ou celui de Lahunkal. Sur ce je laisserai Messire le Vice-roi Charles des Bournos prendre la parole. »

L’Empereur se tut et se rassit, tandis que le secrétaire attaché à Sa Majesté lui fit lire un papier dactylographié qu’un officier lui avait remis durant la prise de parole de Louis VI. Le Vice Roi se leva et prit la parole, auparavant il prit soin de prendre une gorgée d’eau, de signer quelques documents officiels avec un stylo plume présent sur l’immense table et de répondre à l’Empereur avec une grande courtoisie : « Si Sa Majesté insiste, je ne vois pas pourquoi je m’opposerai à Sa volonté. ». Puis il se leva et se tourna vers son homologue etznabien :

« Je tiens en premier lieu à saluer Sa Majesté Iota I, Impératrice des Cités Akaltiennes, et bien sur à souhaiter la bienvenue à Monsieur Lootah, président des républiques etznabiennes. Je tacherai ici à répondre à Monsieur le Président, en effet j’insiste sur le fait que notre état major n’est pas un ramassis d’incompétents, au contraire, et qu’il me paraît nécessaire de rappeler que notre objectif de départ n’était pas de transformer l’ex Nouvelle Antérinie en un champs de ruine, mais au contraire de conserver les infrastructures locales afin de permettre aux populations, quelque soit leur avis sur la question, ainsi, nous souhaitons avant tout le bonheur des peuples et ce même à nos dépens :« Tu aimeras ton prochain comme toi même » a dit le Christ, ainsi, tout bon chrétien doit se conformer aux Saintes Écritures, qu’elles prennent ou non leurs intérêts du moment en compte. Par conséquent sachez que nous refusons de voir les racistes eurysiophobes et christianophobes ayant tendances à déclencher émeutes et massacres. Ainsi sachez que nous acceptons de mettre en relation l’état major ducal et les généraux etznabiens. Il est tout naturel, lorsque l’on comprends la réflexion qui guide nos pas, que nous mettons à votre disposition des infrastructures civiles. Sachez aussi que nous sommes intéressé par la présence de mine d’argent sur votre sol, nous pourrions financer la construction des-dites mines et les entretenir un échange d’un partage équitable des bénéfices, nous sommes aussi prêt à financer au nom de la Charité Impériale (fondation de la famille des Antrania, la famille impériale) les républiques et ce sans contreparties trop importantes. Sachez aussi que Terrabilis se montre très intéressé par l’émergence de de vos Républiques. Quant à la lutte terrestre contre les terroristes rachistes, nous avons pris la peine d’envoyer un escadron (150 hommes) de la Garde Impériale (l’unité d’élite surarmée et surentraînée et surarmée) et 1000 hommes de l’Armée Impériale, tandis que la Garde Ducale (1000 réservistes et 3000 hommes) suplée les les troupes qui sont envoyées. Autrement dit, si nous couplons cela avec votre armée composée de quelques milliers de professionnels nous pourrions réussir à maintenir les hommes de la R.R.N.G.A dans leurs territoires d’origine pour ensuite les étouffer comme des rats… »


Avant qu’il n’ait terminé de reprendre son souffle, l’Empereur, qui avait attendu que le Vice-Roi eut terminé son discours prit la parole. En effet, alors que Charles des Bournos parlait, l’Empereur avait recu un autre message dactylographié, il émanait directement du ministère des Affaires Etrangères Akaltien, ainsi il se leva lui même et dit :

« Je prie le Vice Roi de m’excuser, en effet, mon secrétaire m’a transmis une note émanant directement du ministère des affaires étrangères akaltien, ainsi je préfère rappeler que nous sommes prêt à accueillir le prisonnier qui est actuellement détenu au fort de Wurtzburg, ainsi le transfert sera organisé quand vous le souhaiterai, en effet nos services secrets seraient ravis de l’interroger, nous vous ferons parvenir d’ailleurs sa séquence d’interrogatoire dans les plus brefs délais pour qu’il soit jugé en Akalktie, état ou il a commis ses méfaits.
D’ailleurs, nous pourrons aussi vous proposer des accords commerciaux, en effet, mon représentant à la Nouvelle Antrania avait rappelé que Terrabilis se montrait intéressée par les états etnznabiens, et bien sachez que Terrabilis et les Industries Impériales de l’Armement sont intéressées par l’Akaltie, ainsi nous serions ravi d’organiser des échanges économiques de manières plus régulières, et ce dans deux optiques : la première : renforcer la situation de concurrence pure et parfaite que nos marchés respectifs souhaitent acquérir, la seconde consiste à faire naître la paix, lorsque les hommes commercent, ils ne pensent pas à faire la guerre. Autrement dit, nous renforcerons le pacte de non agression qui sera signé à la fin de cette conférence. Je crains certes de m’avancer un peu trop, nos tensions sont trop récentes pour s’apaiser d’un coup, mais, « Qui ne tente rien n’a rien », comme on dit en Antérinie. »

Puis l’Empereur se rassit, et le Vice Roi reprit enfin la parole :

« Bien, tout comme Sa Majesté, je souhaiterai proposer au nom du Grand Duché une série d’accords commerciaux avec l’Akaltie, et nous aimerions aussi que nos relations entre l’Union des Cités et le Grand Duché soient cordiales. Nous envisageons, comme l’Empereur l’a rappelé dans une missive adressée à l’A.S.E.A de tisser des liens culturels étroits avec les républiques, encore en partie antérinophone et la Nouvelle Antrania. De plus, qu’en est il des débats au sein de Barba afin de statuer sur la demande de la formation de liens économiques et sécuritaires entre le Grand Duché et l’A.S.E.A même si nous n’ignorons pas que le retrait de la Fédération de Stérus a certainement chamboulé l’équilibre des puissances et que l’institution doit maintenant se relocaliser. »


Puis il se rassit et attendit la réponse des représentants akaltiens et etznabiens.
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Itotia Neztli, impératrice et première ministre akaltienne :

Je vous remercie de votre proposition quant à votre marine, que nous allons effectivement mettre à profit. L'Akaltie n'est vraiment pas réputée pour ses puissants navires, ce qui est dommage puisqu'au début du siècle dernier, nous possédions parmi les plus développés de la planète (ou du moins de la région).
Je suis tout à fait d'accord pour donner le droit de mouillage dans nos ports à vos patrouilleurs et autres bâtiments, absolument partout en Akaltie le temps de l'opération antipiraterie. Néanmoins, des divisions de nos armées viendront épauler vos hommes à bord pour cette même durée, afin de toujours disposer à la fois de la puissance antérinienne et de l'expertise akaltienne sur l'Aleucie. Des discussions pour renforcer nos effectifs navals sont en cours, mais le temps que le tout aboutisse, les rachites auront largement pu faire beaucoup plus de dégâts.

Pour ce qui est du prisonnier rachite par contre, je pense qu'il vaut mieux qu'il reste à la prison de Wurstburg pour le moment. Bien évidemment, vos services secrets sont complètement libres de venir sur place l'interroger. Nous ne voulons absolument pas entraver vos forces de l'ordre dans la résolution de ces troubles, il s'agit seulement de questions de sécurité. Malgré l'attaque récente, la bande de Lahunkal reste un endroit éloigné des territoires sous le contrôle potentiel de la RRNGA, et ces rachites n'oseront pas débarquer, je puis vous l'assurer. Même s'ils ont pu nous échapper en mer, sur la terre ferme, il en est une toute autre histoire. Quoi qu'il en soit, un transfert me paraît quelques peu risqué et surtout inutile.


Uzumati Lootah, président de transition de l'Union des Républiques Natives Etznabistes :

De mon côté, je pense aussi que la coopération militaire est la meilleure solution que nous avons pour lutter contre la RRNGA. Et l'armée des Républiques Etznabistes n'est sans doute pas encore en capacité de faire ceci seule et efficacement. J'accepte donc vos troupes, qui s'additionneront à des régiments akaltiens et etznabistes.

Toutes les solutions (saines) sont bonnes pour lancer l'économie de mon pays, aussi l'ouverture de mines d'argent et des exportations de produits de l'agriculture ne peuvent qu'intéresser mon gouvernement.
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La rencontre approchait de la fin et les Antériniens se montraient satisfaits. Aucune des deux parties ne s’est perdue en récriminations contre l’autre, et des accords économiques et sécuritaires étaient sur le point d’etre signés. Des Bournos se réjouissait encore plus que l’Empereur, non seulement il pourrait présenter à l’opposition un pacte de non agression signé avec les etznabistes, mais en plus, il solidifierait ainsi son alliance avec les conservateurs et les autonomistes, rendant sa position plus sure et sa politique plus stable. L’Empereur quant à lui pourrait présenter à Louis d’Antrania un accord qui permettrait à la diplomatie antérinienne de se targuer d’un nouveau succès, une victoire démontrant une fois de plus l’habilité des Antériniens à se réconcilier avec les rivaux d’hier, et surtout à se doter d’une nouvelle réputation diplomatique, même si elle peut être sujet à des cafouillages et autres rétropédalages comme c’est le cas sur certains sujets brûlants ou gênants que le Gouvernement préfère éviter d’aborder…

En revanche le refus akaltien de livrer le criminel de la République Rachiste Natifs du Golfe d’Aleucie, s’il pouvait être compréhensible, en effet les routes ne sont plus sures ces derniers temps, n’en restait pas moins gênant pour le gouvernement antérinien qui souhaite se charger d’un interrogatoire « musclé ». Car si l’Empire reste un fervent défenseur des droits de l’Homme, sa conception du terrorisme l’empêche de considérer les terroristes comme des êtres humains qui méritent un minimum de respect, tout au plus comme des nuisibles qu’il convient d’exterminer promptement. Les crimes contre l’Humanité (du point de vue antérinien) commis par les rachistes, à savoir l’assassinat d’un milliers de personnes sous prétexte qu’elles étaient « trop fidèles » à l’Antérinie n’ont fait qu’aggraver les griefs antériniennes, et déclenché l’ire publique. Rendant le gouvernement actuel bien moins enclin à reconsidérer ses positions sur le sujet… Ainsi, la séance de torture pour le pirate terroriste devra attendre quelques mois, le temps que les opérations navales antérino-akaltiennes soient terminées.

Ces dernières sont certainement un grand succès pour la marine antérinienne, qui trouve le moyen de s’exercer en condition réelle tout en renforçant ses aptitudes au combat en collaboration avec les unités akaltiennes, promettant un bel avenir pour la Marine qui peut maintenant se targuer de jouer un rôle actif dans la diplomatie antérinienne en rapprochant l’Empire des autres états monarchiques tout en assurant la sécurité des flux commerciaux, point essentiel qui permettrait à l’Empire de mieux se faire voir des autres états du continent comme l’Alguarena ou encore les puissances économiques locales… De plus, les nouveaux navires qui vont entrer en service, notamment une frégate de quatrième génération, pourront témoigner du renouveau de la puissance impériale, même si la thalassocratie antérinienne n’est plus d’actualité et que la diplomatie est le principal centre d’intérêt du gouvernement antérinien qui suit l’antique dicton :  « La plume est plus forte que l’épée » considérant ainsi que mieux vaut négocier et démontrer ses visées pacifistes plutot que de paraître agressive et belliqueuse…

Car la question de la guerre en Antérinie n’est pas un sujet, d’abord l’Empire n’est pas une force militaire assez conséquente pour se permettre de tenter de jouer les gros bras, mais au contraire elle doit cultiver l’art du compromis et de la diplomatie pour tenter de donner vie à ses intérêts. Ces derniers d’ailleurs restent parfaitement mesurés et se limitent pour la plupart à des échanges économiques, qui visent à rendre l’Empire attractif économiquement parlant. Ainsi la stratégie diplomatique est tournée vers la collaboration, amenant souvent des accords économiques avantageux pour les deux parties. Ensuite, l’Empire, mis à part durant sa phase d’expansion coloniale, n’a jamais souhaité devenir une puissance hégémonique, rôle bien trop compliqué à tenir et dangereux sur le long terme. A contrario, l’Antérinie favorise des relations gagnants-gagnants permettant de lui donner une bonne image et de pouvoir ainsi y disséminer les graines du catholicisme en profitant des faveurs de la population…

Car le catholicisme est à la fois l’outil de la diplomatie antérinienne tout en étant un objectif long terme qui caractérise l’Empire. C’est un outil de la diplomatie impériale dans la mesure ou il permets de se rapprocher et d’entretenir des liens amicaux avec des états catholiques, facilitant ainsi les rapprochement et les relations de confiance. Mais aussi un but, car profondément ancrée dans le catholicisme, l’Antérinie conserve toujours sa portée missionnaire et christianisante, en se rapprochant des états réputés « païens » et en tenant d’y faire naître un foyer chrétien qui pourrait s’y développer de manière indépendante de l’Antérinie. Car maintenant, l’heure n’est plus à un comportement de missionnaire hypocrite travaillant aussi bien pour les intérêts de son pays et de Dieu, comme ce fut le cas durant la période coloniale en Aleucie, mais au contraire à une vision plus internationaliste du christianisme et surtout détachée des missions coloniales… Ainsi l’éducation sera le nouveau cheval de bataille de l’Empire, d’abord en Etznabie, ou l’objectif est d’attirer le plus d’étudiants locaux dans ses universités afin de pouvoir conserver la ferveur religieuse dans le comportement des élites. Car l’École a toujours été le point d’entrée du christianisme, l’Antérinie elle même a toujours ouvert ses écoles à la religion tout en y imposant un cadre stricte et restant dans l’ère du temps en promouvant les théories scientifiques reconnues internationalement. Ainsi, pour rapprocher l’Antérinie et les Etznabies, rien de mieux que de poursuivre et de renforcer les liens religieux entre les deux états.

Ainsi des Bournos prit la parole et fit :

Je suis ravis de voir que vous serez prêt à coopérer avec notre marine pour lutter contre la piraterie, si je trouve regrettable que vous préférez garder le terroriste dans sa cellule de Wurtsburg, notamment car cela réduirait les moyens d’action de certains agents utilisant des méthodes « personnelles » pour interroger avec une efficacité déconcertante le prisonnier. Pour en revenir à la marine, je vous propose d’y envoyer une flottille légèrement équipée et composée de deux patrouilleurs de troisième génération et d’une seule corvette, elle aussi de troisième génération… La corvette verra un équipage de 70 personnes servir sous les ordres de 5 officiers, tandis que les patrouilleurs seront entretenus par 50 marins et 3 trois officiers. Le tout sera donc composé de 220 matelots et de 14 officiers, tous armés d’armes de dernière génération. Les akaltiens serviront au nombre de 20 par navires et devront se charger de l’abordage et de la surveillance des prisonniers tout en renseignant leurs coéquipiers antériniens sur les potentielles cachettes des rachistes. De plus, votre aviation pourrait être utile pour harceler les vedettes rachistes, plus mobiles que nos navires de combat.

Au niveau terrestre je suis certain que la garde impériale et que la Garde Ducale se fera un plaisir de collaborer avec les troupes etznabo-akaltiennes, et même mieux, de pouvoir se battre ensemble pour chasser les terroristes rachistes de Nouvelle Antérinie et ce pour le bien des peuples vivant ici. (l’Empereur hochait calmement et patiemment la tete.) Et je suis certain que vous ne voyez pas d’objection à ce qu’un régiment d’artillerie et de véhicules blindés soient rapatriés pour pour pouvoir écraser avec plus de facilité cette épine dans le pied. Ainsi sachez que nos cinq milles cent cinquante soldats se battront au coté de divisions akaltiennes et etznabiennes. Afin de pouvoir sceller le plus rapidement possible la marque de l’amitié qui unit dorénavant les Républiques et l’Empire, et pour signifier au monde entier que nous nous battrons avec nos « ennemis » d’hier pour vaincre les ennemis de l’Humanité. Et sachez que si nécessité se fait, nous ne voyons aucun problème à ce que l’aérodrome de la Nouvelle Antrania soit utilisé par l’aviation impériale (akaltienne), plus reluisante que sa marine…

Mais assez parler d’affrontements et de sang, parlons plutot affaires… En effet vous avez raison de rappeler qu’il est nécessaire que nos relations commerciales soient saines et efficaces, qu’elles soient parfaitement équitables. Ainsi je vous propose un accord simple ; l’annulation de la plupart des frais de douanes entre nos deux états et surtout des échanges massifs de capitaux entre nos deux pays. En effet, vous avez des mines d’argent, nous avons l’or nécessaire pour les entretenir et les exploiter ! Vous avez de la nourriture, nous avons besoin d’aliments ! Vous avez besoin de grands centres médicaux et éducatifs ? Nous avons ces centres là ! Ainsi rien de mieux que des accords tels que ceux-ci pour entériner nos bonnes relations ! Car que ce soit sur le plan culturel et économique, nos deux états sont complémentaires, et même mieux, ils sont symbiotiques ! Et l’évêque de la Nouvelle Antrania, Monseigneur Joséo, souhaite que le contact, pourtant fragilisé entre les chrétiens catholiques d’Antérinie et d’Etznabies, ainsi, des relations spirituelles étroites doivent être maintenues entre les deux communautés, unies par une même foi. Ainsi vous pouvez considérez comme possible une entente avec le secteur du B.T.P antérinien pour vous permettre de mieux gérer les futurs projets pour votre état qui a tout à construire.
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Itotia Neztli, impératrice et première ministre akaltienne :

Mais je ne souhaite en aucun cas freiner l'action de vos services dans l'enquête sur la RRNGA, ne vous en faites pas. J'ai dit qu'il resterait pour le moment à Wurstburg, mais il ne doit pas forcément être en permanence dans la prison. Si besoin, nous pouvons déployer une installation temporaire à l'écart de la ville, qui serait surveillée à distance par nos soldats et laisserait vos agents à l'intérieur interroger discrètement le prisonnier.

Les propositions sur le reste de l'opération antipiraterie me semblent tout à fait satisfaisantes, et je suppose que cela convient également à monsieur Lootah.


Elle se tourna vers le vieil homme qui hocha la tête en guise de réponse.

Dans ce cas je pense que nous avons fini de définir les grandes lignes pour ce qui touche à l'Akaltie, je vous laisse enchaîner sur les échanges URNE-Antérinie cher homologue.

Uzumati Lootah :

Bien, parlons maintenant commercial, comme vous le dites, puisqu'il n'y a pas que les conflits qui méritent notre attention. Il sera en effet très intéressant pour les deux côtés de la frontière de la rouvrir complètement en y abolissant les taxes, et je pense que nos agriculteurs sauteront de joie en apprenant la nouvelle. Les contrôles (aussi fréquents que nous le pourrons) seront par contre maintenus pour éviter que la RRNGA puisse exploiter à la fois le port de La Nouvelle Antrania et les maquis bien pratiques pour se cacher des Républiques.

Votre clergé sera le bienvenu là où il souhaitera s'installer, néanmoins nous ne le financerons pas. Comme vous devez vous en douter, les caisses de l'Union peinent encore à se remplir et ce ne sont pas les projets coûteux qui manquent dans le pays. Il y a malheureusement pour le moment d'autres priorités que la culture. Considérez donc que l'Église etznabienne risque de dépendre fortement de l'Église (néo-)antérinienne.

Les entreprises seront aussi bien accueillie ! Créer des emplois ne fera pas de mal à l'économie nationale et des exportations encore moins ! Nous allons néanmoins surveiller tout cela de près pour que les investissements antériniens sur l'industrie minière stimulent réellement l'économie locale et ne servent pas qu'à créer des postes sous-payés au profit de lointains actionnaires eurysiens. Le but est que cette relation soit gagnant-gagnant, et non qu'elle ne pompe les richesses etznabienne au profit de grands patrons.
Du côté du BTP antérinien, nous voulons qu'il puisse former la main d'œuvre locale afin de pérenniser la profession et de, comme déjà dit, stimuler l'économie locale. Au vu de l'ampleur de la tâche, il serait de toute façon difficile de se passer des travailleurs locaux. Tout est à moderniser ou construire chez nous, des bâtiments publics aux infrastructures de transport...

A ce propos, bien que cela paraisse sans doute un peu prématuré, je pense qu'il sera bon de réfléchir prochainement à la mise en place d'un réseau ferroviaire qui inclurait le Grand-Duché, pour faciliter le transport de marchandises notamment et faire profiter du grand port de la Nouvelle Antrania aux républiques septentrionales. Je suis sûr et certain que des ingénieurs akaltiens des Industries Citaï accepteront de nous accompagner sur cette idée.
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