06/10/2020
09:54:57
Index du forum Continents Afarée Cité du Désert

Activités étrangères à la Cité du Désert

Voir fiche pays Voir sur la carte
418
Activités étrangères à la Cité du Désert

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants à la Cité du Désert. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur de la Cité du Désert, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
5175


Là-bas, derrière la dune

grand erg occidental

Elle soufflait du silence, découpant les formes du monde, rétrécissant les silhouettes et estompant les reliefs. La nuit était tombée. L'obscurité grandissait comme une lente inondation noire, emplissant comme de l'encre la page d'une journée ébouriffée de chaleur sèche et rocailleuse. Absence du soleil, elle apportait de minuscules étoiles et un grand voile d'ombre, dans lequel la réalité de l'horizon venait de disparaître.

Tariq laissait les braises s'éteindre en contemplant le Grand Erg Occidental miroiter dans l'obscurité. Il voyait ce mastodonte de sables évasifs s'allonger voluptueusement sous la voûte nocturne. Il en recevait l'haleine mystérieuse qui soufflait sur son visage. Il aurait été inutile de l'interroger ; la dune demeurerait éternellement silencieuse.

L'homme se leva pour ramener autour de la tente principale les affaires de thé à présent froides et vides qu'il venait d'utiliser. Même à voix basse, les conciliabules ricochaient autour des parois de la roche, ce grès abrasé par la morsure incessante du vent et du sable, de l'air chargé de particules minérales, sec, brûlant et mortel. Il passa la main sur le poil des chameaux, dont le troupeau docile était agenouillé autour de la minuscule guelta. Un panneau indiquait le nom de la localité, nichée au creux de l'affleurement gréseux qui émergeait des sables, formant un dédale miraculeux où se conservait une mare, hier puits pour les caravanes, aujourd'hui préfecture administrative du canton frontalier. Al-Taghant.

Quelques bâtiments vétustes des années quatre-vingt se dressaient, agglutinés les uns contre les autres, pour héberger le bureau du préfet, abritant des quads et quelques fusils pour le contrôle de la frontière, ainsi qu'un héliport dérisoire, dont la peinture disparaissait. Dans l'une des cases, la mélodie d'une radio faisait un air nostalgique au microscopique village, habité seulement de quelques troupes monotones qui veillaient à la frontière. Tariq l'entendit, malgré la distance, qui se frayait un chemin au-dessus des chameaux agglutinés pour le sommeil et des tentes de Bédouins dressées pour la nuit. La musique s'échappait pour être rendue à l'immense et invisible silence.

Comme lui, quelques autres bergers étaient venus de Tass-na-Ghalta jusqu'à Al-Taghant pour prospecter les abords parfois herbeux de cette localité d'altitude, pour y réaliser le chamelage des femelles, et y vendre quelques peaux et des fromages aux jeunes conscrits venus des grandes villes, qui y épuisaient un service militaire traditionnel.

Tariq vérifia que tous ses animaux étaient bien serrés les uns contre les autres, tâtant anxieusement le ventre des vieilles chamelles, dont la gestation touchait à son treizième et dernier mois. Chaque fausse couche était un drame à lui seul. La période de la mise bas était la plus sensible ; les chamelons devraient bien vite ingurgiter le précieux colostrum de leur mère, apprendre à déambuler sans fatigue, à goûter l'eau rare quand elle se présente, et à respecter les ordres paternels du chef de troupeau.

Les dromadaires étaient la vraie richesse de Tariq, du père de Tariq, et du père de son père avant lui. Certains de ses frères avaient quitté la tente familiale pour vendre leurs bras aux industries extractives, ou pour faire carrière dans l'armée. Qu'est-ce que cela avait-il pu apporter ? Dans l'immensité désertique, les billets froissés des grandes villes ne sont d'aucun secours. La vie du désert a son rythme, faite de trajectoires lentes et permanentes à gravir les dunes et les plateaux rocailleux dans la fournaise infernale, à somnoler comme la fumée d'un camp, à errer de guelta en oasis, glanant l'eau, l'herbe, l'ombre et les buissons, tirant le mieux qu'on peut d'animaux fidèles et beaux qui partagent votre vie de nomade. Les anciens les appelaient navires du désert, à l'époque où d'immenses troupeaux de chameaux au pied léger assuraient le permanent va-et-vient des hommes et des marchandises le long de la Route de l'Encens, de la Soie, de l'Or ou de l'Ivoire, fréquentée autant par les marchands que par les pèlerins, les éleveurs, et les armées des conquérants. De cette époque ne restaient que les fragments épars d'une immense histoire : traditions orales, contes, chansons, toponymes des dunes et des falaises dont l'origine commençait à être oubliée ; les souvenirs s'étiolaient et se perdaient dans les étoiles.

Les camions de la relève démarrèrent peu après la totale obscurité. Les hommes avaient bu et mangé, joyeux dans la petite caserne, et c'est bien tard qu'ils prirent la piste vers Tass-na-Ghalta pour y retrouver la route nationale. Leurs phares jaunes et rouges éclaboussaient le paysage noir, disparaissant dans un grondement lointain. Les jeunes soldats quittaient enfin le désert morne et éprouvant, s'en retournaient à la ville.

Tariq suivit le convoi des yeux jusqu'à ce que les camions se fussent transformés en points lumineux aussi fragiles et fuyants que des flammèches de lampe à huile. Dans le silence de son épouse assommée par le sommeil, il se glissa doucement auprès d'elle, gardant un oeil sur le troupeau paisible. La journée cuisante tomba sur lui comme une masse et il n'eut qu'à fermer les yeux pour s'endormir.

En traitant le travail de la journée, son cerveau fit défiler le long de ses neurones des images et des sons qu'il avait en mémoire. De ces rêves il ne garderait au matin qu'un vague souvenir ; visages de chameaux, crêtes dunaires, surfaces rocheuses polies par la cryoclastie, formes étranges allongées par le déclin du soleil, projetée sur le tableau du désert. Les paroles rares échangées avec sa femme. L'autorisation de paître et d'abreuver dans la guelta délivrée par le militaire en chemise brune. La rumeur imperceptible et permanente du sable, au loin, plein de murmures et de douces folies, du genre de celles qui, comme son petit frère Hakim, suggéraient de franchir le désert pour tenter sa chance au loin, là-bas, derrière la dune, dans cette miraculeuse et inconnue Cité du Désert où paraît-il la richesse abonde.
2145
CITÉ DU DÉSERT & POËTOSCOVIE

Rencontre entre la Princesse de la Cité du Désert
et le Président de la République de Poëtoscovie

La rencontre diplomatique a lieu en Poëtoscovie, sur initiative du régime Poëtoscovien.

• Points soulevés par la Poëtoscovie

Sujet : Création d'une base militaire Poëtoscovienne dans le désert de la Cité du Désert.
Enjeux : Capacité d'intervention Poëtoscovienne en Afarée | Protection militaire de la Cité du Désert.
Proposition : Installation d'une base militaire Poëtoscovienne aérienne et terrestre, laquelle permettrait l'envoi de missiles, dans le désert contre une protection de contre-espionnage de la Cité en cas de guerre.
Réponse : Installation d'une base militaire Poëtoscovienne aérienne dans les terres les plus reculées du désert contre une protection militaire et économique de la Cité en cas de guerre.
Compromis trouvé : Installation d'une base militaire Poëtoscovienne aérienne, laquelle permettrait l'envoi de missiles, dans les terres les plus reculées du désert contre une protection militaire de la Cité en cas de guerre.

• Points soulevés par la Cité du Désert

Sujet : Accord bilatéral de partage des ressources, notamment hydriques.
Enjeux : Lutte contre la soif dans la Cité du Désert | immigration en Poëtoscovie.
Proposition : La Poëtoscovie s'engage à livrer de l'eau à la Cité du Désert malgré les difficultés financières de la Cité, en contrepartie de quoi la Cité s'engage à l'acheter de l'eau qu'à la Poëtoscovie.
Réponse : La Poëtoscovie s'engage à livrer de l'eau à la Cité du Désert malgré les difficultés financières de la Cité, en contrepartie de quoi la Cité s'engage à l'acheter de l'eau qu'à la Poëtoscovie, à condition que les lieux de cultes Arénistes en Poëtoscovie voient leur gestion transférée à la Poëtoscovie, et à condition que la Cité du Désert accepte l'accueil de s'ensemble des individus afaréens sous Obligation de Quitter le Territoire Poëtoscovien dont le retour n'est pas accepté par le pays d'origine.
Compromis trouvé : La Poëtoscovie s'engage à livrer de l'eau à la Cité du Désert malgré les difficultés financières de la Cité, en contrepartie de quoi la Cité s'engage à n'acheter de l'eau qu'à la Poëtoscovie, et à condition que la Cité du Désert accepte l'accueil de s'ensemble des individus afaréens sous Obligation de Quitter le Territoire Poëtoscovien dont le retour n'est pas accepté par le pays d'origine.

Les deux États semblent satisfaits des négociations.
4096
Intervention militaire dans le désert par la Poëtoscovie
Un pas vers la neutralisation des groupes terroristes

Source : Ministère de la Défense - Confidentiel

Alors que des militaires poëtoscoviens sont déployés via une base située dans le désert sous l'autorité de la Cité du Désert, ceux-ci interviennent au nom de la puissance littéraire et luttent activement contre le terrorisme.

En quelques années, la contrebande et le terrorisme ont drastiquement augmenté dans le désert, en faisant une forme de lieu où ne s'exerce plus le droit. Or, s'il existe en effet des espaces désertiques sans que l'autorité d'aucun État ait lieu, il n'en demeure pas moins que la dignité humaine exclut le vol, la prise d'otage ou l'exécution comme mode d'action. Rétranchés dans le désert et se réfugiant dans des abris lors des tempêtes de sable, de violents groupes armés sèment la terreur sur les principaux axes de communication employés par les quelques personnes traversant le désert sous la protection de la Garde Princière.

Toutefois, face aux méthodes de certains groupuscules, la Garde Princière se montre inefficace. Effectivement, car le trajet est toujours le même et s'effectue à découvert, il est aisé pour les individus malintentionnés de tendre un piège aux voyageurs. C'est dans ce contexte que, ce 16 février, plusieurs attaques ont eu lieu. L'une d'entre elles, particulièrement violente, a opposé les forces de la Cité du Désert à celles d'un réseau terroriste ayant vraisemblablement des intérêts dans le contrôle de la région. Alertée par radio, la base militaire de la Poëtoscovie, qui se trouvait non loin, a immédiatement envoyé des renforts qui ont permis de venir en soutien de l'armée régulière de la Cité.

Durant l'affrontement, un garde de la Cité a été grièvement blessé, et un voyageur ainsi qu'un terroriste ont été abattus. Un autre individu a été neutralisé au moyen d'un tir dans l'épaule par les forces poëtoscoviennes. L'hélicoptère militaire a alors transféré le blessé et les deux morts à la base, étant plus proche que la Cité. Le membre de la Garde Princière touché s'en remettra d'après les équipes médicales poëtoscoviennes, et l'individu interpellé a été remis aux autorités locales.

Pour remercier la Poëtoscovie d'être intervenue, la Princesse a décoré le militaire en charge de la coordination des opérations militaires poëtoscoviennes dans le territoire soumis à la Cité du Désert. Le garde blessé a également été décoré. Par ailleurs, la Sécurité d'État de Poëtoscovie (SEP, les services secrets poëtoscoviens) aura l'autorisation d'interroger l'individu sans pour autant qu'il quitte l'enceinte de la Cité du Désert.

Cela intervient alors que des débats ont actuellement lieu dans la Chambre des Seigneurs, notamment quant à l'accord signé entre la Poëtoscovie et la Cité du Désert en matière de défense et de ressources hydriques. Monsieur le ministre des Relations Internationales rappelle que "les forces militaires poëtoscoviennes présentes dans le désert sont au service de Sa Majesté la Princesse de la Cité du Désert afin de subvenir aux besoins en termes de sécurité sur le territoire". Il a également ajouté qu'il entendait que l'accord bilatéral conclu entre les deux États puisse être soumis au débat des Seigneurs, et que la Poëtoscovie accepterait d'en revoir certains termes si cela pouvait favoriser l'entente entre les deux nations.

Sur autorisation de Sa Majesté la Princesse de la Cité du Désert, ce dernier État ne possédant pas de service de renseignement –  la Garde Princière étant chargée de l'ensemble de la sécurité –, la SEP a eu l'autorisation d'infiltrer les groupes responsables des violences notamment sur le territoire où s'exerce l'autorité de la Cité. Hernani-centre a déjà fait savoir que des opérations seraient menées dans ce cadre-là, toujours en concertation avec les autorités locales et selon leurs souhaits.

Par ailleurs, dans ce cadre de lutte contre le grand banditisme et le crime organisé en milieu désertique, la Poëtoscovie a annoncé étendre son champ d'action en Afarée notamment au niveau diplomatique avec tout État le souhaitant. Il n’a été établi aucune condition, ni qu'il soit victime de pareilles attaques, sans lien nécessaire avec celles subies dans le désert sous le contrôle de la Cité du Désert, ni qu'il soit en possession d'informations intéressant la SEP. Pour l'heure, les seules informations connues du grand public sont celles relatives à l'attaque du 16 février. Les chefs d'États afaréens et les responsables de la diplomatie des États afaréens, eux, sont au courant que la Poëtoscovie s'intéresse de près aux actions commises par les groupes terroristes ou pseudo-terroristes sur le continent.


Image
4102
Opération Abaasy
Infiltration d'un clandestin au coeur des réseaux terroristes du désert

Source : Ministère de la Sécurité d'État - Confidentiel

Après les attaques du 16 février, la Poëtoscovie a décidé d'engager la Sécurité d'État sur le territoire de la Cité du Désert. Celle-ci y a apporté son autorisation, et des rapports sont régulièrement transmis à Sa Majesté. Il est important, pour comprendre la suite de ce rapport, de noter que les groupes terroristes sont les mêmes qui pratiquent la contrebande.

La Sécurité d'État de Poëtoscovie a, dans un premier temps, lancé une phase d'observation des réseaux terroristes. Il se trouve que, d'après les renseignements fournis par la SEP, les réseaux seraient organisés de manière disjointe. Tous bougeraient, mais s'arrangeraient pour ne pas entrer en conflit avec un potentiel autre groupe. Les terroristes forment des sortes de cellules indépendantes qui rendraient une activité globale contre le terrorisme dans la région d'une grande complexité. Différentes solutions sont actuellement recherchées.

Si les cellules terroristes ne sont pas liées directement, elles forment toutefois un réseau qui se partage des informations et s'organise afin de ne pas provoquer des rivalités qui nuiraient à la contrebande. Ce qui rend particulièrement difficile une véritable opération d'envergure est le fait qu'il n'existe pas de figure centrale, ni même de pouvoir centralisé. Une piste de réflexion pour lutter contre ces réseaux terroristes serait alors de permettre l'essor d'un tel fonctionnement, afin de pouvoir le frapper en plein cœur et de désorganiser les cellules dans leur nouvelle coordination.

Une alternative serait de s'attaquer à la contrebande, qui constitue tout de même le cœur de ces tensions, mais cela serait trop complexe et nécessiterait des moyens que même la Poëtoscovie n'est pas en mesure de fournir sur le long terme. En effet, pour éviter tout commerce basé sur l'import-export de produits étrangers ainsi que le pillage des caravanes, il faudrait à la fois sécuriser toutes les frontières du désert sous l'autorité de la Cité, mais aussi l'ensemble des axes de communication. Par ailleurs, l'étranger ne reste pas le seul endroit avec lequel commerce la Cité du Désert, puisque dans le cœur de celles-ci également sont vendus les objets volés par les terroristes. Effectivement, il apparait clairement que ceux-ci cachent leurs armes ou tout autre indice pouvant mener à les suspecter dans le désert, et rentrent dans la Cité à la manière de marchands insignifiants.

Le mobile de ce terrorisme n'est pas encore tout à fait connu. Même dans les cas où les caravaniers n'ont rien et se rendent, ceux-ci sont exécutés. Les autorités locales rapportent même que certains terroristes auraient abattu de loin des caravaniers sans pour autant chercher à prendre leur marchandise. Le fait que les terroristes puissent agir en étant payés par un État étranger pour déstabiliser la région est une piste qui n'est pas écartée.

Afin de nuire au fonctionnement des terroristes, il a été envisagé de placer des brouilleurs à différents endroits du désert. Toutefois, personne ne doute que les terroristes auraient alors changé de moyen de communication. Il a donc été décidé d'intercepter les ondes radios, ce qui n'est pas difficile en soi, mais s'avère périlleux, les terroristes n'usant que de machines dont le message est à très faible portée. La SEP a alors commencé à placer des "intercepteurs radio" dans plusieurs endroits du désert. L'un d'entre eux a déjà été déconnecté. Une équipe dépêchée sur place a pu confirmer qu'il ne s'agissait pas d'un tour du désert, mais bien d'un acte de ces groupes-là, le boîtier étant recouvert d'impacts de balles.

Afin de rester informée de potentielles évolutions, comme la décision de centraliser les décisions des groupes terroristes en cas de fusion, ou pour intervenir en cas de grosse transaction, la Sécurité d'État a opté pour faire infiltrer un agent clandestin au sein de l'un des groupes terroristes du désert. Le clandestin, Arsan (référence à Arsan Duolai, souverain des morts d'après la mythologie russo-turque), un jeune homme ayant émis le souhait de s'impliquer dans ces réseaux criminels, a été reçu comme recrue. D'après les communications qu'il nous transmet, le réseau terroriste qu'il a infiltré ne semble pas se douter qu'il travaille pour la Poëtoscovie. En cas de problème toutefois, les forces situées dans la base militaire au sud du pays pourront venir à son secours. Sa chaussure dispose d'un traceur GPS qui permet aux équipes de localiser en direct l'agent. Si le signal venait à se couper ou que les équipes ne recevaient aucun rapport en 5 jours, les militaires partiront à la recherche du clandestin poëtoscovien.


Image
4527
Opération Svarog
[EXT] Aider à la construction d'usines d'armement dans la Cité du Désert afin d'aider les anti-eurysiens

Source : Ministère de la Sécurité d'État - Confidentiel

Avant toute chose, il est important de rappeler que, si cela est confié à la Sécurité d'État, c'est que l'opération n'a pas vocation à être assumée ouvertement et publiquement par les autorités poëtoscoviennes. L'ensemble des interactions nécessaires à la transaction matérielle concernée s'opérera alors dans la plus grande discrétion.

Tandis que la Cité du Désert se trouve au cœur d'un continent dévoré par les conflits, véritables guerres intestines au sein desquelles s'inventent les plus illustres puissances eurysiennes, celle-ci se trouve démunie. Dans l'incapacité totale de faire porter sa voix, l'État est donc réduit malgré lui au silence absolu. Pourtant, son point de vue semble être similaire en tout point à celui de l'Azur : non aux ingérences eurysiennes en Afarée. Cela est profitable à la Poëtoscovie, et c'est pourquoi il nous faut nous saisir de la situation afin d'en tirer un avantage.

L'objectif de l'opération Svarog est alors clair : donner à la Cité du Désert les clefs nécessaires pour aider les anti-eurysiens à lutter contre les envahisseurs. Ces clefs, il s'agit avant tout d'armement. Or, il serait bien difficile d'organiser un approvisionnement constant d'armes de la Poëtoscovie vers la Cité du Désert, et puis cela finirait par se voir, notamment compte tenu de la fabrication des pièces, reconnaissables comme étant de manufacture poëtoscovie. Non, il est bien plus intéressant de trouver une solution pérenne à cela, en offrant à la Cité du Désert la possibilité d'elle-même compter des lignes de production d'armes d'infanterie sur son territoire. Par ailleurs, cela profite à la Cité du Désert d'une autre façon, en offrant des emplois dans une technologie de pointe alors que la ville peine à se moderniser.

Les pièces particulières nécessaires à la construction des usines d'armements, afin que l'on ne puisse pas soupçonner la Poëtoscovie d'être derrière tout cela, ont été extraites de différentes industries du monde, conférant aux futures armes un matériel de qualité, produit par des machines traçables, mais ne remontant pas jusqu'à la Poëtoscovie. Les futures armes seront, d'après les attentes des experts de la Sécurité d'État, de toute dernière génération, soit onzième génération. L'implémentation d'une telle technologie en Cité du Désert lui donnerait alors les clefs que la Poëtoscovie souhaitait voir en sa possession.

Les différentes pièces inhérentes à la construction de l'usine seront alors envoyées par avion. Cependant, il faut que cela passe inaperçu. Les avions militaires poëtoscoviens se rendront, avec le matériel souhaité, sous escorte militaire de cinq avions de chasse de première génération, jusqu'à la base militaire poëtoscovienne en Éveria, État n'étant cependant pas au courant des activités de la Nation Littéraire en Afarée, notamment dans le cadre de cette opération.

Une fois en Everia, un premier avion militaire, sans être aux couleurs de la Poëtoscovie, transportera des membres d'une fondation aréniste en Aleucie jusqu'à la Cité du Désert. Le vol se fera de nuit afin d'arriver à l'aube dans la base militaire poëtoscovienne sur le territoire de la Cité du Désert. Les avions militaires, s'ils effectueront bien cette tâche, seront également chargés de toutes les pièces à transporter. Or, publiquement, le vol se justifie parfaitement, et la Poëtoscovie aurait procédé de manière similaire pour transporter les membres de la fondation avec ou sans opération. Cela fut même le cas à quelques reprises par le passé. Après avoir fait le plein, l'avion militaire partira de la base militaire pour retourner en Everia. Or, la visite de la fondation étant achevée le soir, après une entrevue avec Sa Majesté la Princesse de la Cité du Désert, un autre avion sera parti au matin, chargé lui aussi d'une multitude de matériel nécessaire à la construction des usines d'armement. Ces deux avions seront suffisants pour transporter l'ensemble du matériel nécessaire.

Concernant le retour de l'avion vide ayant déposé du matériel et la venue de l'avion vide venant justement chercher les membres de la fondation – au-delà du dépôt de matériel –, ces trajets s'effectueront sous escorte militaire réduite, de deux avions de chasse chacun, contre cinq lorsque les membres de la fondation seront à bord. Le fait d'exporter les marchandises pour le deuxième voyage sera alors particulièrement sensible, car le transporteur tactique sera vulnérable si toute puissance étrangère venait à s'y attaquer ou même à l'obliger de se poser afin d'être contrôlé. Toutefois, il s'agirait alors d'un grave incident diplomatique. Par ailleurs, l'avion tactique ne doit pas dévier de la direction, quitte à être la cible d’avions de chasse ennemis ou à percuter d’autres aéronefs militaires lui faisant obstacle. Il devra également prioriser une autodestruction à une sédition, de peur de compromettre les projets poëtoscoviens dans la région mais également dans le monde. Nul ne doit savoir que la Poëtoscovie cherche à déstabiliser l'Afarée pour y chasser les troupes eurysiennes.


Image
0
.


Appel à l'Afarée

https://i.imgur.com/fCMozvO.png

L'Antérie, le Finejouri et l'Azur appellent à la réunion de tous les Etats afaréens au sein du Pacte fondé le 21 novembre 2016 dernier. Trop de guerres intestines, de massacres impunis, d'injustices, d'ingérences et d'impuissance supportés par l'Afarée, le plus grand continent, le plus ancien et le plus jeune continent de l'Humanité, doivent laisser place à une ère nouvelle. Cette ère sera celle de la souveraineté reconquise et de la puissance affirmée. Elle sera celle de la paix entre nos Etats, de la coopération et de la diplomatie. Elle sera celle de la décolonisation et de l'éradication de l'impérialisme. Elle sera le fruit des efforts concentrés et d'un travail patient ; le Pacte afaréen de sécurité est l'enceinte où ce travail peut être mené. Ni une alliance rigide, ni un mot creux, le Pacte est un espace par et pour les Afaréens, et le lieu de règlement des crises communes. Tous les Etats afaréens capables d'affirmer les valeurs d'indépendance, de paix et de solidarité afaréenne sont appelés à rejoindre le Pacte de sécurité, en signant la Charte qui nous liera comme une feuille de route, un engagement.

Trop longtemps les vœux pieux, les phrases creuses, les tentatives vaines ont comblé de leur inertie les aspirations de nos peuples à la solidarité, et l'intérêt supérieur de nos pays s'est trop souvent contenté de demi-assurances et de précaires équilibres, dépendant des grandes puissances étrangères pour la défense de son propre voisinage. L'Afarée doit reprendre ses droits chez elle et affronter la réalité en adulte.

Nous appelons solennellement tous les Etats afaréens souverains, qu'ils nous aient ou pas témoigné de leur solidarité, à nous rejoindre définitivement par la signature de notre Charte. L'Ustyae Cliar Sochacia, la République du Banairah, l'Empire islamique du Churaynn, la République faravanienne, les Tamurt N'Althajj, le Royaume de la cité du désert, la République sacrée et universaliste de la Mandrarika, la République d'Ouwanlinda, l'Île Démocratique d'Anna, la République anterienne côtière d'Ëdango, la Commune de Jadida, la République du Bajusid, le Royaume d'Ameria, le Royaume de Myènè, l'Etat azzymérien, l'Union des Corporations du Phéniskus, la République Fédérale de Kéran, l'Empire Kémimide, la Cité de Qadisha, la République de Kwesara, l'Empire sarranide et l'Empire tikarite sont ainsi invités à nous rejoindre.
24960
╔══════════════════════════════════════════════════════════════════════╗
D R I S H T I C O M M S
SECURE TERMINAL // SENDING X-001

╚══════════════════════════════════════════════════════════════════════╝
Spoiler
[2020-06-16 08:59:42.117] BOOT................. OK
[2020-06-16 08:59:42.193] TERMINAL ID.......... NR-07A4 XXXXX
[2020-06-16 08:59:42.248] LINK STATUS........... STANDBY
[2020-06-16 08:59:42.301] OPERATOR.............. CINNAMON
[2020-06-16 08:59:42.355] CLEARANCE............. ██████████
[2020-06-16 08:59:42.411] CLASSIFICATION........ SECRET

----------------------------------------------------------------------
DESTINATION
---------------------------------------------------------------------

AGENT CODE : SITARA
CHANNEL : BLACK-VEIL
ROUTING NODE : [REDACTED] [REDACTED] [REDACTED]
PRIORITY : CRITICAL
ACKNOWLEDGEMENT : REQUIRED

----------------------------------------------------------------------
AUTHENTICATION BLOCK
----------------------------------------------------------------------

SESSION_ID : NF7-4A91-00X
AUTH_TOKEN : 7C4F-91B2-AE00-[REDACTED]
KEY_FINGERPRINT : 9A:4D:71:CC:02:EF:88:17
EXPIRY : 2020-06-17 00:00:00 UTC

----------------------------------------------------------------------
ENCRYPTED PAYLOAD // DONE
----------------------------------------------------------------------

53 49 54 41 52 41 2c 0a 0a 56 6f 74 72 65 20 73 6f 69 72 c3 a9 65 20 c3 a0 20 6c e2 80 99 4f 70 c3 a9 72 61 20 65 73 74 20 63 6f 6e 66 69 72 6d c3 a9 65 2e 0a 0a 4c 65 73 20 62 69 6c 6c 65 74 73 20 73 6f 6e 74 20 61 75 20 47 75 69 63 68 65 74 2e 0a 0a 20 20 e2 80 94 20 43 49 4e 4e 41 4d 4f 4e 0a

----------------------------------------------------------------------
MESSAGE METADATA
----------------------------------------------------------------------

SUBJECT_HASH : NFU-GAMMA-4321
MESSAGE_LENGTH : 096 bytes
INTEGRITY : VERIFIED
PAYLOAD_STATUS : READY
RESPONSE_MODE : SILENT

----------------------------------------------------------------------
TRANSMISSION
----------------------------------------------------------------------

[12:59:44.002] Opening secure channel...
[12:59:44.417] Negotiating BLACK-VEIL protocol........ OK
[12:59:44.881] Verifying terminal identity........... OK
[12:59:45.103] Packaging payload..................... OK
[12:59:45.550] Sending packet 01/04.................. OK
[12:59:45.772] Sending packet 02/04.................. OK
[12:59:45.994] Sending packet 03/04.................. OK
[12:59:46.211] Sending packet 04/04.................. OK
[12:59:46.447] Awaiting acknowledgement.......

>>> TRANSMISSION COMPLETE
>>> STATUS : ACCEPTED
>>> TRACE : [DISABLED]

----------------------------------------------------------------------
FINAL MESSAGE
----------------------------------------------------------------------

SITARA,

Votre soirée à l’Opéra est confirmée.

Les billets sont au Guichet.

— CINNAMON



19 juin 2026 - Cité du Désert

Opéra


« Bonsoir mon ami, j’ai une réservation pour une soirée à l’Opéra. »

Le guichetier releva à peine les yeux, se contentant de pianoter sur son clavier usager aux touches constellées du gras des chips que son prédécesseur laissait inlassablement dessus.

« Vous avez un numéro de réservation ? dit-il d’une voix monocorde.

- Le 034BA3399 ... »

Le guichetier se figea une fraction de seconde de trop. Il leva ses yeux marrons vers la jeune femme voilée qui se tenait derrière le hublot de plexiglas et attrapa sans dire un mot le récépissé de la réservation. Il tapa négligemment le code sur son moniteur. Un code conçu pour amener vers un autre type de réservation, de celles que l’on ne pouvait avoir sans une excellente raison.

« Votre réservation est dans la seizième loge, siège 4. Faites attention, le siège grince un peu. Passez une bonne soirée. »

La jeune femme s’inclina respectueusement et prit le billet cartonné tendu par le guichetier. Son abaya rouge sombre se mouvant élégamment sur la moquette usée qui recouvrait le sol dallé de l’Opéra de la Cité du Désert, l’inconnue se dirigea tranquillement vers sa loge, se fondant dans la foule des invités venus spécialement pour admirer La Sérénade des Jours Lointains, une oeuvre fort splendide au demeurant. Ladite loge l’accueillit sous la forme d’une porte molletonnée de cuir rouge passé aux rivets de laiton. La petite plaque de laiton marquée d’un 16 bosselé avait vu de meilleurs jours, mais maintenir un tel bâtiment était un combat perdu d’avance tant les besoins étaient grandissants chaque jour.

L’opéras était tel un tonneau percé, une Danaïde chantant tandis que le navire sombre. Il sombre, mais avec panache.

L’inconnue prit le temps d’habituer ses yeux à la faible luminosité de la loge donnant sur la scène et l’orchestre. Dans quelques minutes, on donnerait sur la scène principale un grand récital capable de faire trembler les fondations de la Cité du Désert et de se joindre aux grandes mélopées des prières que ses habitants offraient quotidiennement au Divin.

Siège 4. Velours usé bordeaux, accoudoirs serrés. Poussière récemment faite à en juger par l’état général. La dame repoussa l’assise et prit place. Le grincement de l’assise confirma les dires du réceptionniste. Elle prit quelques instants pour ajuster son abaya à la forme du siège et commença à palper le velours de ses doigts fins, jusqu’à sentir une légère irrégularité dans la couture de l’assise. Elle sourit et en quelques secondes, défit lentement la couture reprise à la hâte et y glissa ses doigts dans le coussin. La capsule qu’elle en ressortit n’était pas bien grande, mais elle contenait un message dont elle possédait l'étoile.

Qbgatsr ifqzvmmoqci. Pt aifzebgm asklwm osmm qmdwik. Qwwpivhm oiw bbnzvqthqzrw lsvdmfesa. Lqftgalhi. Wcadmik Vwcyw. Ksvqsvm Cdpvgtgb, Hmvxhzlt im Biomv. Kuapey lobpppbhitvi hidpvx.
Les choses allaient enfin bouger dans cette Cité. Il ne restait plus qu’à préparer leur arrivée. Lentement, elle mit le papier dans sa bouche et l’avala. Pure précaution avant que le spectacle ne commence. Elle réajusta la broche d’argent de son voile et vérifia une dernière fois que son téléphone était sur silencieux.


20 juin 2026 - Cité du Désert

« Dit Fatima. Qu’est-ce qu’il y a au-delà des dunes ?

Les jumelles dardées vers l’horizon, Amir venait de lâcher son objectif dix secondes de trop : un perroquet grignotant un biscuit sur un toit voisin. Du haut de ses douze ans, le jeune garçon aux cheveux broussailleux et aux grands yeux verts n’avait jamais connu autre chose que la cité tentaculaire que l’on nommait la Cité du Désert. De son imagination d’enfant, tout ce qui se trouvait au-delà des grandes dunes de sable recelait de nombreuses merveilles, et même internet n’avait pas réussi à lever le voile sur la Mare Incognita de sa conscience sans cesse en expansion devant les beautés et les terreurs de l’univers.

N’ayant pour seule réponse que la clameur du marché en contrebas et le roucoulement d’un pigeon sur la terrasse, Amir descendit de son promontoir d’acier et s’approcha de la dame à l’abaya blanche. Celle-ci pianotait depuis maintenant le lever du jour sur le clavier de son ordinateur, ne s’arrêtant que pour siroter son thé et fumer une mince cigarette, qu’elle faisait jouer entre ses doigts couverts de henné. Le regard du gamin se fit espiègle et il tira gentiment sur l’abaya, tirant la dénommée Fatima de son travail. Cette dernière considéra quelques instants le gamin qui la suivait depuis maintenant quelques mois et lui servait de commis. Elle lui sourit, de ce sourire que seules les mères pouvaient avoir avec leurs enfants.

Mais Fatima n’était pas sa mère. Et Amir ne serait jamais son enfant.

Amir, comme beaucoup d’enfants, était de ces pièces d’échecs que l’on déplaçait au gré des envies et au gré des besoins sur un plateau. Serviables, corruptibles, désireux de faire leurs preuves, désespérément avides de prouver que leur parole était d’or. L’honneur … l’honneur était tout en Afarée. Cet honneur dont on couvrait les hommes et dépouillait les femmes pour la simple raison que ceux-ci s’étaient donné la peine de naître. C’était à la fois leur force, mais aussi leur plus grande faiblesse. Les femmes comme Fatima exploitaient et nourrissaient l’orgueil caché derrière l’honneur des hommes depuis des millénaires. Il était facile de façonner l’homme à son image, quand elles les mettaient au monde et les éduquaient.

Alors que son regard vert se faisait compatissant envers Amir, le garçonnet lui sourit. Il ne voyait pas les fils que Fatima attachait chaque jour à ses mains, à ses membres, à son esprit. Comment aurait-il pu ? Il n’était qu’un enfant.

Elle prit ses mains dans les siennes et planta son regard dans le sien. D’une voix douce, elle lui expliqua :

« Que penses-tu qu’il y ait au-delà des dunes ? »

Le garçon renifla. Les images se bousculaient dans sa tête. Difficile de se fixer sur une image précise, tant son esprit était parasité par les nouvelles qu’Internet et la télévision pirate envoyaient en permanence. Après les dunes était un autre univers, qu’il découvrirait peut-être … un jour. Cela dépendait de la manière dont il servait les intérêts de sa chaperonne. Nombreux étaient ceux qui ne partaient jamais de la Cité du Désert. La cité pourvoyait, selon les dires, à toutes les aspirations terrestres et célestes. Elle avait inspiré de tels récits et de telles balades qu’il était difficile pour un enfant d’imaginer qu’il puisse exister quelque chose au-delà de ses murs et de ses immensités sablonneuses.

« J’sais pas moi … Toi tu sais ! T’es déjà allée là-bas !

-Oui … Alors imagine … Au-delà des dunes, il existe un monde … un monde si vaste que toute une vie ne suffirait pas à le parcourir. Un monde magnifique, mais dangereux, très dangereux, rempli de merveilles et de monstres.

-Et les gens là-bas ? Ils sont pareils que nous ?

-Ils sont différents et semblables tout à la fois. Deux bras, deux jambes, et une tête comme la nôtre. Mais tous n’auront pas tes intérêts à cœur. Il faut que tu apprennes la prudence. »

Là-dessus, elle tendit au jeune garçon une petite clef USB noire et un bout de papier. Elle replia ses doigts dessus et lui murmura :

« Amir, mon doux Amir. Médite ces paroles : prudence est mère de sûreté. J’ai une mission pour toi. Peux-tu apporter ceci à l’homme qui vit à cette adresse ? Lui-aussi vient d’au-delà des dunes. En récompense, je te préparerai tes pâtisseries préférées. »

Trop heureux de pouvoir aider sa patronne, Amir ne se fit pas prier pour accepter cette mission à la fois mystérieuse et importante. Ce n’était pas la première fois que Fatima lui demandait de transporter des choses aux quatre coins de la ville. La plupart du temps, il s’agissait, comme ici, de petites clefs USB, que le gamin remettait en mains propres à des individus variés. Sans le savoir, le jeune Amir participait à un réseau qui se ramifiait de plus en plus ces derniers temps. Tout avait commencé il y a quelques années, quand dame Fatima s’était installée dans ce quartier tranquille de la Cité du Désert. Une connexion internet sécurisée, quelques messages portés aux bonnes oreilles et petit à petit, un réseau s’était tissé : un réseau d’obligations, de connivences et de bons et loyaux services.

Dame Fatima était, selon les dires, une personne de confiance. Et la confiance, au sein de la Cité du Désert, se monnayait cher. Il ne fut pas difficile, en quelques années, de se retrouver au cœur d’un réseau d’informateurs plus intéressés par le souci de leur confort matériel que par le Salut de leurs âmes. Les hommes étaient corruptibles par nature et il était tout naturel que dame Fatima exploite cette fibre particulière de leur essence. Il avait fait l’homme à son image. Il aurait été indélicat de ne pas exploiter au maximum les atouts et les faiblesses de Sa création.

Le réseau de dame Fatima était essentiellement composé de petits fonctionnaires du palais princier, des administrations déconcentrées et des individus qui cherchaient avant tout à gagner leur croûte en opérant sur le réseau numérique de la Cité. Le numérique avait gagné les cœurs des hommes et nombreux étaient ceux qui, bien que coincés dans cette mégalopole au cœur du désert, recherchaient dans les réseaux un goût d’ailleurs, une échappatoire aux conditions matérielles de l’existence : un réseau wifi, une connexion fiable et soudain, les horizons s’ouvraient. Il était facile d’obtenir des renseignements en échange de quelques produits venus d’ailleurs : baskets branchées, téléphones portables inédits, livres rares, … Dame Fatima, sous divers pseudonymes, organisait un petit réseau de fournisseurs dédiés à pourvoir aux besoins « d’Ailleurs » des gens dont les circonstances curieuses de la vie les avaient fait naître ici-bas. Depuis son atelier et quelques box discrets, dame Fatima jouait les entremetteuses : de l’argent contre des biens … et parfois, quelques renseignements.

Une paire d’Air Max en édition limitée pouvaient acheter quelques fichiers discrets … ou détourner le regard le temps d’une heure.

Aux yeux d’Amir, dame Fatima était surtout une personne capable de faire apparaître du bout de ses doigts des objets merveilleux venus d’au-delà des dunes. Il n’était pas capable de se douter une seule seconde de son commerce véritable et de ses intentions. Il le comprendrait, en grandissant, si les hasards de la vie lui permettaient d’atteindre l’âge adulte. Le gamin ne perdit pas une seconde et s'enfuit par l'escalier et la porte de l'atelier de sa dame. Porté par son estomac et son honneur, son pas était léger et c'est avec agilité que le garçon s'engouffra dans les rues bondées de la Cité du Désert.


21 juin 2026 - Pylône 15 - Secteur 30

La structure décharnée de ce que les locaux nommaient sans trop d’inspiration la Babélienne se dressait de manière inquiétante au-dessus de Belvédère. Ce que l’administration des télécommunications locale avait nommé le secteur 30 était délimité par les grandes artères de la Cité du Désert, formant un triangle malaisé où se condensaient une partie de la population encore rétive à la modernisation. Bâti sur un aplomb rocheux au milieu du désert, Belvédère était probablement l’un des rares endroits où vous pouviez avoir à la fois une vue sur le palais princier, le désert, et les principales installations de la Cité. Sur ses toits, il était possible d’embrasser la quasi-totalité de la ville, dans appartenir à la classe dirigeante. Mais pour cela, il fallait grimper les barreaux d’acier de la Babélienne, cette affreuse tour d’acier que les locaux avaient baptisé après que l’entreprise de télécommunications ait fait faillite. Contrairement à d’autres corps urbains, la greffe, ici, n’avait pas pris. La Cité du Désert était restée durant longtemps imperméable à toute modernisation. Vieux témoignage d’une technologie désuète des années 80, la tour d’acier branlante et grinçante n’accueillaient aujourd’hui que quelques relais de télécommunications improvisés par les alpinistes les plus chevronnés et les nids des oiseaux migrateurs soucieux de s’offrir une place au soleil.

L’aspect de la Babélienne, à bien des égards, était repoussant et nostalgique : un mélange entre le savoir-faire eurysien en matière de construction métallique brevetée et estampillée par des cohortes d’ingénieur, et le guano des pigeons et des tourterelles roucoulantes sous le soleil de plomb. Depuis des années maintenant, la peinture de protection s’était écaillée, révélant un acier bien en-deçà des normes promises par l’entreprise de construction. D’aucuns auraient pu s’en inquiéter, mais les plaintes officielles étaient restées piégées au niveau du service des réclamations, entre la bannette et la corbeille à papier d’un obscur employé de bureau plus inquiet par le contenu du bakchich qu’on lui versait chaque mois que de sa diligence dans le traitement des problèmes.

Les rares cordistes que l’entreprise avait pu envoyer avant de faire faillite étaient désormais partis à la retraite. Les rares d’entre eux qui avaient réussi à grimper tout en haut de la tour racontaient qu’il s’agissait désormais d’un domaine où les hommes n’avaient plus prise : le domaine de Dieu, le domaine des oiseaux, l’endroit où la terre touchait le ciel. Cette poésie, peu commune dans le langage des cordistes, était désormais consignée dans les rapports d’intervention qui moisissaient dans les tiroirs d’un local d’archives situé dans un obscur sous-sol eurysien. Une poésie qui ne reverrait jamais le jour, l’administration avalant et digérant tout ce qui ne parle pas son langage technocratique abstrait et déshumanisant.

Le grincement de la Babélienne accompagnait la vie de Belvédère depuis maintenant près de 40 ans. Années après années, la tour accueillait les rêves de modernité et d’infini connexion des plus audacieux qui bravaient les escaliers branlants et les barreaux d’échelle à moitié fixés. Quiconque se lançait à l’assaut de la tour finissait immanquablement par marquer la tour de son passage : une lacération horizontale dans les poutrelles d’acier avec une date ; un boitier de télécommunication ; une couleur de câbles relié à la terre ; … Les moins audacieux s’étaient contentés de planter une pancarte d’acier aujourd’hui corrodée marquée « Ne pas escalader ». Comme si ces ordres avaient le moindre sens dans une cité qui accueillait chaque jour les prières de milliers de croyants aspirant à toucher du doigt l’être céleste qui les avait créés.

Les rayons du soleil caressaient la rouille piquetant la surface de la Babélienne en cette belle matinée de juin quand l’homme put enfin tirer de son étui une cigarette bien méritée. De ses grands yeux gris, le quarantenaire observa la vue si particulière que lui offrait Belvédère sur l’horizon. Il tira une grande bouffée, un moyen comme un autre de retrouver sa concentration et de ressentir à plein poumons la plénitude qui l’envahissait.

Il finit par l’écraser sur la carcasse métallique et s’en retourna à son travail. Non pas que cet instant de poésie ne l’interpelait pas au plus profond de son être, mais s’il n’avait pas été envoyé en mission pour le Seigneur, il n’en restait pas moins qu’une tâche des plus importantes lui avait été confiée.

Un picotement lui remonta dans la nuque, le même picotement qu’il ressentait au bout de ses doigts à chaque fois qu’il s’apprêtait à déployer sa toile. A ses côtés reposaient ses équipements traditionnels : un PC portable, des communicateurs réseaux et toute une panoplie d’outils. La clef USB qu’il avait reçu hier était branchée depuis quelques minutes dans le prototype quand l’installation du software fut terminée. Il paramétra pendant quelques minutes le dispositif et vérifia que les câbles étaient suffisamment robustes avant d’ouvrir le panneau de contrôle qui trônait au sommet de la Babélienne. Le panneau de contrôle vomissait des câbles et des boitiers à moitié cramés, fruits de dizaines d’années d’installations pirates, que l’homme avait patiemment déblayé pour se créer une place au chaud … pour ne pas dire, invisible au milieu de tout ce fourbi.

Délogeant un vieux système de fusibles ayant brûlé lors du dernier ouragan, le quarantenaire joua de son tournevis et positionna dans son compartiment le boitier de télécommunications qu’il venait de configurer. Revissant proprement le boitier dans son support à l’aide des vis disponibles, l’homme finit par appuyer sur le bouton de lancement, qui lui renvoya comme seule information une série de signaux lumineux verts. Consultant son terminal informatique il pianota quelques minutes et vérifia que la configuration était bonne. Le système Drishti lui renvoya en signal la connexion établie avec le réseau de satellites pirates possédé par l’agence que Sitara avait récupéré.

Il était habituel pour ceux qui passaient leur nuit à l’Opéra de se voir affecter un morceau du réseau satellitaire pirate Chandkichaya. Après des années à mener une guerre secrète sur les télécommunications et les réseaux satellitaires, l’agence avait réussi à récupérer le contrôle de vieux satellites désaffectés appartenant à des pays aujourd’hui disparus. Ces satellites, remis en service et reprogrammés, fonctionnaient de manière décentralisée et pouvaient être affectés aux diverses missions en cours dans le monde. Sitara avait reçu tout le nécessaire pour positionner une portion de ce réseau directement au-dessus de la Cité du Désert : un réseau sans aucune bannière, observant d’un œil attentif et écoutant d’une oreille concernée.

Overcast n’était pas un magicien. Il ne pouvait pas obtenir immédiatement ce que cherchait l’agence. Les nuits qu’il passait à l’Opéra étaient surtout dédiées à cartographier les communications pour savoir où trouver l’information. Dans son cœur de métier, savoir où était l’information était plus important que de savoir comment la récupérer. Où sont les données ? Qui les détient ? Sous quel format ? Autant de questions auxquelles Overcast devait répondre du haut de la Babélienne. C’était un travail patient, lent et paisible. Il ne s’agissait pas d’être le plus rapide, le plus fort ou le plus fûté, mais simplement de prendre le temps d’écouter et de tisser des liens. Assis sur la plateforme d’acier, l’homme n’eut pas besoin d’envoyer un message à ses pairs. Ceux-ci étaient déjà au courant du fait que le système d’écoute était opérationnel.


30 juin - Cité du Désert

La nuit à l’Opéra s’avéra fructueuse très rapidement. Depuis son atelier, dame Fatima, référente de la mission, avait récupéré suffisamment d’informations pour cartographier le fonctionnement du service de renseignement poëtoscovien et de la diplomatie locale, sans bouger de son fauteuil. Ce n’était pas bien compliqué. Entre les organigrammes officiels de l’ambassade, les observations patientes de Nadir et l’aide de gamins des rues payés à vil prix, repérer qui était qui et qui faisait quoi était un jeu d’enfants. Il ne fallut pas longtemps pour mettre à jour l’organigramme local et savoir à qui les agents avaient affaire. Si l’équipe ne disposait pas des profils des éventuels agents secrets du service de renseignement de la Poëtoscovie sur place, dame Fatima avait désormais une bonne idée de qui était qui et de qui faisait quoi et à quelle heure. Le système d’écoute des communications montrait une remarquable efficacité pour tracer les appels sécurisés et écouter les appels non sécurisés. Il fut aisé de cartographier à la fois les agissements du personnel, mais aussi de définir le nombre et la nature des dispositifs de communication utilisés : fax, téléphones portables, lignes fixes, ordinateurs, réseaux visibles, interphones, … Tout ce qui était connecté de près ou de loin à un réseau non sécurisé finissait dans cette cartographie. Un plan avait été produit : toutes les ambassades avaient un plan.

Tandis qu’Overcast continuait à placer ses dispositifs de surveillance dans les points névralgiques qui entouraient l’ambassade, Wiretrap et Nadir travaillaient activement à un trouver une faille dans le système de sécurité de la Poëtoscovie dans la Cité du Désert. Les ambassades poëtoscoviennes étaient réputées pour être construites comme des bunkers, mais il était hors de question pour ceux qui passaient leurs nuits à l’Opéra de mener une quelconque opération physique sur ce territoire. Mais il était possible d’obtenir ce que l’on cherchait de biens d’autres manières.

Une faille finit par s’ouvrir. Une faille humaine.

Mais pour ça, il fallait revenir un peu en arrière.

Lorsque la Poëtoscovie avait installé son Protectorat au sein de la Cité du Désert, il s’était passé ce que tout bon colonisateur faisait quand il prenait possession indirectement d’un territoire : il prenait ses aises et s’étalait. Quand il fut clair que la Poëtoscovie disposait du contrôle quasi-intégral des administrations et des services de la Cité du Désert, de même que la mainmise sur le pouvoir en place, les services poëtoscoviens et ceux de la Cité du Désert s’étaient mélangés et avaient plus ou moins fusionnés au nom de la coexistence des services et de l’accompagnement à la transition. En clair, les services de la Cité du Désert étaient désormais parasités par ceux de la Poëtoscovie et en échange, la Poëtoscovie déléguait certaines de ses prérogatives à la Cité du Désert. Un échange de bon procédé qui permettait aux Poëtoscoviens de s’étaler, autant dans leurs infrastructures que dans la manière dont ils géraient désormais les choses, notamment la question de l’eau. On retrouvait désormais des administrateurs poëtoscoviens à de nombreux échelons du pouvoir. Discrets, mais efficaces …

Le souci de prendre ses aises, c’est que l’on est tout de suite moins attentif aux petits détails. Et ce détail, c’était Omar Osman.

Rien ne distinguait Omar Osman du commun des mortels. Né dans une famille de réparateurs de machines-outils, il avait appris à bricoler sur les genoux de son grand-père et sous le regard sévère de son père. Après une école en dents de scie et une adolescence passée dans un atelier de mécanique, Omar s’était intéressé aux nouvelles technologies grâce à un magazine d’électronique apporté d’au-delà des dunes par un de ses amis. A la suite d’une brouille avec son frère ainé au sujet l’héritage de son père, Omar avait pris femme et enfants et s’était installé à son compte dans le nord de la ville, où il avait monté son entreprise dédiée à l’installation et à la maintenance de dispositifs audiovisuels et électroniques. Il ne remettrait plus les pieds dans l’atelier de mécanique …

Son affaire était florissante. Osman Systems était désormais une petite entreprise employant une dizaine de personnes. Grâce à ses contacts, Omar était parvenu à décrocher des contrats modestes, mais bien positionnés auprès du palais de la Cité du Désert et à s’élever dans la hiérarchie sociale pour passer de prolétaire à petit entrepreneur. La cinquantaine passée, il avait pu voir sa famille grandir et ses filles faisaient désormais de belles études à l’université. Il s’apprêtait à célébrer le mariage de la première et en faisait des nuits blanches. Un mariage était une grosse affaire.

Fort heureusement pour lui, la mise sous protectorat de la Cité du Désert par la Poëtoscovie allait lui donner de quoi rentrer dans ses frais. Alors que les Poëtoscoviens s’immisçaient dans les affaires de la Cité, l’environnement sclérosé par des années de corruption se dérouillait lentement. Cela avait permis aux citoyens de la Cité de commencer à faire des affaires avec les Poëtoscoviens, qui payaient rubis sur l’ongle. Il avait décroché le contrat de maintenance des systèmes audiovisuels de l’ambassade poëtoscovienne, un contrat qui lui offrait de belles rentrées d’argent.

Les salles de réunion de l’ambassade disposaient d’un système audiovisuel complet et moderne pour les besoins de ses ambassadeurs et personnel détaché : caméras, microphones et écrans de vidéoprojection. Tout était fait pour que les réunions soient les plus fluides possibles. En théorie, le système d’enregistrement n’était pas activé par défaut, ce qui permettait aux Poëtoscoviens de ne pas se soucier d’avoir à désactiver les fonctions d’enregistrement pour leurs sessions les plus secrètes.

Malheureusement, c’est là que l’erreur humaine entre en scène.

Omar faisait des nuits blanches suite à la préparation du mariage de son aînée. Le manque de sommeil et le stress de travailler pour des grands pontes poëtoscoviens amènent à de menues erreurs. Et cette erreur fut une erreur de programmation d’une caméra auxiliaire de la salle de réunion principale. Une fois activée, elle enregistrait toute la session. L’erreur d’Omar fut fatale. L’enregistrement de la caméra devait être désactivé en permanence et activé selon les besoins. Mais la fatigue, combinée à la pression, fit que la caméra auxiliaire fut conservée en mode enregistrement. Cette caméra, noyée au milieu des autres de la salle, fut oubliée dans cette position, et ses fichiers, transmis sur le serveur interne de l’ambassade, totalement oubliés.

La vidéo que l’équipe cherchait était piégée quelque part dans un fatras de données d’enregistrements divers et variés de sessions. L'équipe n'avait pas conscience de l'existence de cette vidéo, mais elle savait que quelque part dans le serveur de l'ambassade, des documents compromettant existaient. Du fait des besoins de l’ambassade et de la présence grandissante des services poëtoscoviens dans la région, les enregistrements des réunions étaient conçus pour être automatiquement copiés en sauvegarde sur une infrastructure extérieure afin que les fichiers ne soient pas perdus en cas de panne du serveur local poëtoscovien. Les réunions enregistrées étaient toutes des réunions destinées au fonctionnement de l’ambassade et à sa gestion quotidienne. Rien qui ne soit de l’ordre de la Sécurité d’Etat … sauf cette réunion oubliée de tous.

Ces fichiers étaient conservés dans les locaux d’Osman Systems, qui disposaient d’un système d’archives numériques. Au vu du niveau technologique de la Cité du Désert, il ne fallait pas s’attendre à des miracles. Il était déjà étonnant de trouver un système de sauvegarde externe … Le pays fonctionnait sur des infrastructures rudimentaires, aisément franchissables, mais la Poëtoscovie, en s'immisçant dans la vie quotidienne de la Cité du Désert, avait sacrifié un peu de la sécurité de ses protocoles contre une emprise plus grande sur le territoire. Pour les agents de la Sérénité, le simple fait de savoir que quelque part, dans une obscure archive locale, se trouvaient des fichiers potentiellement compromettants, était déjà une victoire. La question était de savoir : comment la Sérénité avait pu savoir qu’une telle faille existait et surtout est-ce que les données que le serveur externe contenaient étaient intéressantes ?

La surveillance satellitaire avait fourni la première réponse à Overcast, l’un des quatre agents. C’était un simple appel, celui de la secrétaire de l’ambassade, qui avait permis aux agents de découvrir la subtilité. Cette dernière, utilisant le fixe de l’ambassade, avait appelé Omar Osman pour un problème matériel : un document disparu, probablement mis à la poubelle par inadvertance. Elle avait été redirigée vers le prestataire Osman Systems, qui avait eu plaisir à la dépanner. Il n’en fallait pas plus pour les agents pour additionner deux et deux. Si cet obscur prestataire était capable de restaurer des sauvegardes, c’était qu’il les détenait d’une manière ou une autre … Les agents Sitara, Overcast, Nadir et Wiretrap convinrent de s’infiltrer informatiquement dans les serveurs d’Osman Systems. La petite entreprise n’était pas suffisamment protégée pour pouvoir empêcher l’intrusion de plusieurs hackers motivés et capables de piller les données. Les agents de la Sérénité allaient forcer la sécurité rudimentaire des PC en quelques jours à peine et pourraient ainsi copier les données avant de les analyser et de les extraire. La petite entreprise n’était pas suffisamment protégée pour pouvoir empêcher l’intrusion de plusieurs agents motivés et capables de piller les données.
5554
d

Confidentiel défense


Communication prioritaire



Identifiant frumentarius: Casseur de pierres

Eh bien. Vous en avez mis du temps....

Identifiant Segreda: Tambour-tempête

Mes excuses casseur de pierres, chaque prise de contact comporte un risque d'interception qui ne serait pas souhaité.

Identifiant frumentarius: Casseur de pierres

Vous avez les informations que j'avais demandé ? Je veux un topo complet sur la Cité du Désert. Je ne veux pas me jeter dans la gueule du loup. Il me faut un point d'accès, un point de chute, un aperçu des tensions politiques locales pour pouvoir en tirer profit. Il me faut des alliés, des ennemis et des cibles, et pour l'instant je n'ai aucun des trois.

Identifiant Segreda: Tambour-Tempête

C'est pour ça que je suis là, casseur de pierres.

Nous continuons de penser, outre la piste de l'Horus Moranza, que la Cité du Désert sera un arrêt obligé, indépendamment de ce que vous trouverez comme informations au Moranza. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le contexte de l'opération nous est particulièrement propice.

En effet, la Cité du Désert paraît être victime de luttes intestines incessantes, à tel point que l'on pourrait parler de risque de guerre civile, sur fond d'implication croissante du pouvoir poetoscovien sur son gouvernement. Un concours de circonstances intéressant, vous ne trouvez pas ? En tout cas, cela pourrait nous permettre d'obtenir une ouverture inespérée.

Pour faire court, il est assez facile de voir la main de la Poetoscovie un peu partout dans cette cité, du moins, d'après les oui-dire des agents déjà sur place.


Identifiant frumentarius: Casseur de pierres

Je croyais que les poetoscoviens avaient annoncé leur désengagement militaire dans la région...

Identifiant Segreda: Tambour-Tempête

Certes, nous avons eu confirmation de cette information, mais la présence militaire ne fait pas tout. Le gouvernement local semble être totalement à la botte du gouvernement poetoscovien, et c'est d'ailleurs à l'origine de la plupart des tensions actuelles...du moins, si j'en crois les rumeurs de couloirs. Nous ignorons encore à quel point cette dépendance est resserrée, mais pour donner un exemple, le gouvernement poetoscovien contrôle l'intégralité des sources d'accès à l'eau potable. Ce genre de monopole comme vous le devinez est prompt à tenir toute la cité en laisse, et tenir la princesse dans la paume de la main.

C'est un secret de polichinelle que la Poetoscovie a des vues coloniales dans la région, certains n'hésitent pas à évoquer l'intégration de la cité du désert en tant que "région périphérique" du régime. La plupart des anciens quartiers hurlent déjà que la Princesse de la Cité du Désert est à leur solde. Des articles de journaux dont les sources sont encore à vérifier confirment la présence des renseignements poetoscoviens, et leur détermination à réduire l'autonomie des pouvoirs locaux, y compris celui du Palais princier.

Et comment ne pas évoquer le fameux "plan de redressement de la cité du désert"...


Identifiant frumentarius: Casseur de pierres

C'est à dire ?

Identifiant Segreda: Tambour-Tempête

Pour la faire courte, sous prétexte de réduction du crime organisé et face au tarissement des sources d'eau locales, les poetoscoviens ont comment dire...fait une offre impossible à refuser pour la Princesse. Plusieurs articles du traité sous-tendent que la Cité du Désert a perdu toute forme d'autonomie politique. En d'autres termes, les poetoscoviens ont carte blanche pour restructurer tout ce qui a attrait aux questions d'ordre économique, à la sécurité, à l'exploitation des ressources... C'est comme si le pays leur appartenait déjà. Présence militaire ou pas, ils sont aux commandes.
Identifiant frumentarius: Casseur de pierres

Parlez moi de ces contestations ? Quelle est la situation actuelle ?

Identifiant Segreda: Tambour-Tempête

La Princesse a résolu la question des contestations en dissolvant purement et simplement le système des quartiers. Comme la plupart de ses représentants ne reconnaissaient plus son autorité...elle a supprimé les contre-pouvoirs possibles. Nous avons relevé la contestation la plus violente dans l'ancien quartier des reliques, ainsi que dans le quartier kamiste, qui est le seul à avoir conservé une forme d'autonomie.

Si nous devons établir une base dans le Cité du Désert, je vous encourage fortement à choisir ce lieu, mais attention, les troupes princières quadrillent le quartier sous prétexte d'assurer les taxes de péage pour la distribution de l'eau. Là encore, ils rationnent la flotte pour faire chanter la population. Il y a des menaces de sécession de manière ouverte. C'est bon pour nous. Nous vous encourageons à prendre contact avec les autorités dirigeantes du quartier kamiste.


Identifiant frumentarius: Casseur de pierres

Et en dehors de ces infos générales, qu'est-ce que je dois savoir sur des cibles potentielles ? Comment peut-on relier concrètement l'Horus Moranza et la Poetoscovie ?

Identifiant Segreda: Tambour-Tempête

Malheureusement, j'ai bien peur que vus alliez devoir chercher ces informations vous même au Moranza pour en savoir plus. D'où l'intérêt de cette piste vers laquelle nous vous avons dirigé. Pour le moment, nous n'avons rien de concret dans la Cité du Désert, juste un faisceau très étrange de coïncidences qui relient cet les terroristes, cet endroit et les poetoscvoviens. Aucune mention de l'Horus Moranza dans la région. Aussi, votre voyage au Moranza sera indispensable pour assembler les pièces du puzzle: récupérez la correspondance du MODOM, celle du gouvernement local, les armes de l'Horus Moranza pour identification. Il va falloir faire les fonds de tiroir, mais je suppose que vous savez très bien le faire. Je vous envoie la documentation relative aux contestations au sein de la Cité du Désert et à l'ingérence poetoscovienne locale. Bonne chance, casseur de pierres.


6667
Tambour-Tempête et l'Homme peint



a


La crasse et la poussière balaye la plaine désertique. Le sable pénètre les narines, se glisse sous les vêtements, démange de partout. Le soleil, lui, est haut dans le ciel, intouchable et implacable, il plaque les Hommes au sol, les accable, fait peser sur ses épaules l'immense chaleur. Le cœur de l'Afarée est sans pitié, tant avec les étrangers que les locaux. Et il y a l'eau, si rare. Depuis son arrivée sur le territoire de la Cité du Désert par la frontière du Zafango, jamais Tambour-tempête n'a eu aussi soif. L'eau est rare, distribuée au compte-goutte. Elle est rationnée comme on rationne les munitions en temps de guerre dans un régiment, son besoin impérieux conditionne les hommes et les femmes de cet endroit.

Le véhicule cabossé, racheté à un local, traverse la plaine silencieuse. Il n'y a que des vautours et des corbeaux pour la scruter, qui sillonne le désert, le découpe par un nuage de poussière laissé comme une longue trainée nuageuse dans le ciel.

Des baraquements, des bâtiments encerclés par un grillage défoncé par endroit. Une base. Aussi silencieuse que la morne plaine qui l'entoure. Certaines portes défoncées, sans doute par les pillards. Des bâtiments vides de toute présence. Tout juste reste t-il la hampe du mât qui servait à rappeler la présence poetoscovienne aux yeux de tous.

Le véhicule s'arrête au milieu des baraquements, et Tambour-Tempête en descend. Un homme, d'apparence simple à la peau mat, brûlée par le désert, la peau rendue caleuse par le sable. La quarantaine certes, mais il en paraît davantage. Une barbe épaisse presque broussailleuse, uen apparence qui rappelle celle des locaux, ce qu'il n'est pas. Seul trait distinctif, seul "caprice" sur sa personne: des lunettes de soleil, sans doute achetées dans un souk du Quartier des reliques.

a
Tambour-Tempête

L'Homme reste un temps à l'extérieur de son buggie, regarde tout autour de lui: les casernements aux vitres défoncées, le bruit du vent se glissant dans leurs ouvertures. Des entrepôts eux aussi vidés. Dans l'un d'entre eux, on pouvait encore voir les traces de pneus des véhicules militaires poetoscoviens. Le départ, au vu de l'état des lieux, devait bien remonter à plusieurs mois. Tambour-Tempête franchit le pas de la porte de ce qui apparait comme l'ancien centre de commandement de la base. Le sable et la poussière cache e partie le parquet grinçant tandis que ce dernier s'engouffre dans les quartiers des officiers.

Sur ses gardes, il aperçoit une faible lumière s'échapper des anfractuosités des murs de l'un des bureaux. Il reste sur le pas de la porte, caché par un rideau, lorsqu'il entend une voix familière.

"J'ai bien peur que vous ne trouverez rien ici, mon ami. Tambour-Tempête je présume ?"

Son nom...enfin, son pseudonyme. Toujours un revolver à la main, il relève doucement le rideau pour voir, avachi dans le fond du fauteuil dépiauté par la vermine, derrière un bureau recouvert de sable, un homme à la peau plus pâle que la sienne. Probablement ici depuis moins longtemps que lui. Il reste debout, et mets un certain temps avant de ranger son arme, la coinçant sous sa ceinture.

"Vous êtes de la maison ?"

"Exact. Je suis l'Homme peint. C'est moi qui vous ait envoyé ce petit messager. Brahim, c'est un brave garçon qui ferait n'importe quoi pour un litre d'eau. Alors, vous appréciez les lieux ?"


Tambour-Tempête glisse une tête par la fenêtre, comme un reflexe, avant de répondre.

"On s'y fait. Je ne suis pas ici en vacances. Vous connaissez l'énoncé de ma mission ?"

"Bien sûr. Préparer le terrain pour l'arrivée du Casseur de pierres. Faites attention, c'est un homme caractériel et irritable. Il aime que les formes soient mises avant de débarquer en général."

"Et que me vaut le plaisir de votre présence, outre vos courtoisies."


L'Homme peint lui tend une cigarette, qu'il prend sans hésiter. Ces denrées sont rares...

"Je suis ici pour être votre intermédiaire avec la maison. C'est bien trop risqué de contacter la maison sans exposer le casseur de pierres. Il faut multiplier les contacts pour mieux brouiller les pistes. N'y voyez surtout pas là une marque de méfiance, nous vous portons toute notre confiance, au contraire. Désormais, tous vos rapports de mission seront transmis à moi-même, via un poste d'écoute que nous sommes en train de monter de l'autre côté de la frontière, au Zafango. Les réseaux de transmission classiques sont trop risqués, et comme vous avez pu le voir, la présence poetoscovienne empeste les lieux. Tenez, vous me contacterez uniquement avec ce dispositif. C'est un peu vieillot, mais c'est fiable, et on risque moins d'en tracer les émissions que si vous utilisiez le matériel local."

L'homme fait glisser une radio d'apparence rudimentaire sur le bureau.

"Et sinon...où en sont vous recherches pour implanter un point de chute sur le territoire ?"

Tambour-Tempête semble enfin se détendre, et s'assoit en face de l'Homme peint. Il croise les jambes sur la table, tirant sur sa cigarette.

"J'avance à mon rythme. Il existe beaucoup de zones grises sur le territoire, et je pense avoir trouver l'endroit idéal, un coin qui échappe totalement au contrôle de la garde princière: je dois entrer dans le ghetto kamiste, et faire ami-ami avec les autorités locales."

"Faire ami ami avec un seigneur de guerre...cela me rappelle le bon vieux temps en Achosie du Nord tout ça... Je suis certain que votre choix est judicieux. Cet endroit sera parfait pour l'arrivée du casseur de pierres. Vous comptez entrer en contact avec le pouvoir local ? Sont-ils fiables ? Qu'est-ce qui vous fait dire qu'ils ne vous dénonceront pas ?"

"J'ai monté une association humanitaire bidon assurant de la distribution d'eau sous le manteau. Je me ferai passer pour son administrateur local. J'entre dans le quartier, je monte le siège de l'association, je fais monter une antenne radio et je trouve un endroit dans le souk pour faire office de cache d'armes et de matériel. Et si le pouvoir local est vraiment de confiance, je dévoilerai mes intentions et mon identité, mais cela, cela dépendra d'eux."

"Cela me semble solide..."


L'appréciation de l'Homme peint laisse place à un long silence. Les deux agents se scrutent, l'Homme peint sourit, Tambour-Tempête, lui, reste impassible. Le premier fait sortir du fond de sa bouche un rire léger et étouffé.

"Cette situation...elle rend fou n'est-ce pas ?"

"C'est à dire ?"

"Regardez autour de vous: les poetoscoviens sont partout et nulle part à la fois. Il y a des traces de leur présence dans toute la Cité du désert. Mais il nous manque juste le petit élément qui pourrait relier toutes ces pièces, la preuve indiscutable de leur implication avec l'Horus Moranza. Il suffit de voir cette base: je suis assis à la place d'un général poetoscovien qui était très probablement au courant de tout ça...mais tous les tiroirs sont vides."

"Croisons les doigts pour que le casseur de pierres fasse du bon boulot au Moranza alors."

"Et vous ? Vous avez des pistes ?"

"De toute évidence, aucune ici. Cette base est le premier endroit que j'ai visité à mon arrivée, il n'y a rien. Il nous faut être plus malins, et il se trouve qu'il existe des traces moins évidentes de leur passage. Il nous faut passer au peigne fin tous les endroits qui pourraient porter trace de leur "générosité": opérations humanitaires, distribution d'eau, et leur aide industrielle. Je prends pour exemple les usines d'armement de la Cité du désert: il est peu probable que ce soit des capitaux locaux qui aient contribué à construire ces complexes. Mon premier objectif est donc de faire infiltrer des agents là bas. Ensuite...advienne que pourra avec ce que pourra me donner le casseur de pierres."

"Oui. Advienne que pourra..."

"C'est tout ?"

"Oui, je pense qu'il est temps de nous quitter. Bonne chance, Tambour-Tempête. Oh, dernier conseil: il est fort probable que vous devrez bientôt collaborer avec des agents de pays amis. Faites leur bon accueil."

"Merci. Ce sera fait."


1396
sigle

Invitation à boire le thé chaud

A l'attention des services diplomatiques de Son Altesse Princière de Mednalsahra, Cité du Désert

Que la Paix d'Allâh soit sur vous.

Excellence,

Il se passe plein de choses en ce moment. Je vous écris depuis le dirigeable qui m'emmène au Bajusid, je ne sais pas si cette missive arrivera au bon endroit, la Cité du Désert est difficile à trouver sur la carte et à travers les masses mouvantes du sable. Pour votre information, en Azur nous avons un fort accent qui nous aide à déformer le nom des autres et l'accommoder à notre sauce, la Ville du Désert que vous représentez se prononce chez nous Mednalsahra, ce n'est qu'un exemple des reformulations que les Azuréens ont eu la mauvaise habitude de normaliser dans leur langue. Shandiqalsa pour Chandekolza, Suwardnib pour Jashurie, Qabalie pour Kabalie et autres vous éclairent sur ce que cette façon de parler ne présage nullement de mauvaises dispositions à votre égard au contraire.

Excellences, je souhaite vous demander, au nom du Diwan, d'envoyer un émissaire au plus vite à la Porte Splendide pour y tenir une conversation des plus essentielles, des plus privées et des plus graves. Ces émissaires seront reçus avec discrétion mais avec tout le respect et la sécurité dont doivent jouir les représentants de notre illustre et apprécié voisine. Nous pouvons commencer dès maintenant cette discussion ici.

Je ne serai pas à la réception mais le Diwan ne manquera pas de faire honneur à votre table.

L’écureuil dit : multiplie tes cachettes, et ta vie sera longue.
Proverbe tamasheq
https://i.imgur.com/HgV3HhF.pngAmastan Ag Amenay
Ministre des Affaires étrangères
5.07.2020
2673
d

Confidentiel défense


Communication prioritaire



Identifiant frumentarius: Casseur de pierres-identifiantbis

Vous m'avez appelé ? Vous avez du nouveau ?

Identifiant Segreda: Tambour-Tempête

En effet. J'ai...disons que je n'ai pas de pistes précises, mais j'ai identifié des sites qui méritent votre attention une fois que vous serez sur place.

En premier lieu, je ne saurais vous inviter à vous attarder sur les armes que vous trouverez au Moranza. Il s'agit d'une manœuvre capitale, pour la simple et bonne raison qu'il existe dans la Cité du Désert des complexes d'armement de bonne taille, pouvant produire des armes légères d'infanterie en quantité industrielle. Pour l'heure, il m'est impossible de relier la Poetoscovie à la construction de ces usines, mais il ne faut pas être devin pour comprendre que la technologie utilisée par ces lignes de production, que les capitaux mobilisés pour ces complexes ne sont pas d'origine locale. Une ligne de production ne se constitue pas en claquant des doigts: il faut des licences d'armement, il faut des shémas d'armement et un échange constant avec ceux qui conscentent à les fournir. Une arme, c'est avant tout une propriété intellectuelle. Le problème est que je ne trouve aucune trace d'un quelconque commanditaire à l'origine de ces constructions, et personne ne semble en position de me donner des réponses satisfaisantes.

Notre objectif serait donc multiple. Comprendre qui a mobilisé les capitaux dédiés à la construction de cet ensemble, s'emparer des plans du complexe, ainsi que des schémas d'armement, et les rapprocher des solutions technologiques utilisées par la Poetoscovie en la matière. Idéalement, il faudrait mettre la main sur l'inventaire de production des usines, et d'associer les numéros de série avec les fusils que vous aurez retrouve au Moranza. Si l'Horus Moranza est bien originaire de la Cité du Désert et dispose d'armes, leur centre d'approvisionnement le plus naturel ne peut être que celui ci.


Mais ce n'est pas notre seule piste. La Poetoscovie dispose d'un grand éventail de structures et de relais d'influence dans la Cité du Désert. L'Horus Moranza n'est pas seulement une affaire d'armes, ce genre de société religieuse doit avoir accès à des centres d'échanges en matière d'idées, des think tank, sans oublier que c'est un lien avec la Poetoscovie que nous cherchons. Or, la fondation Poëtky Mir dispose d'une antenne dans le pays. Littérature, sciences politiques, techniques de luttes...tout y passe dans ce genre d'institut. L'idéal serait donc d'y infltrer des membres, idéalement des citoyens de la cité du Désert que nous aurions rallié à notre cause une fois que nous serons implantés sur place. Une fois sur place, il s'agirait de dérober les fichiers administratifs détaillant la liste des membres ayant franchit les portes de l'établissement.

J'ai enfin à ma disposition une dernière piste, qui tout simplement se trouve être l'ambassade poetoscovienne dans la Cité du Désert. Mais avec de la chance, nous n'aurons pas à nous occuper de cette partie. Nous aurons un coup demain sur ce coup...alors pour le moment, je garde ça pour moi.

Au revoir et bonne chance. Peut-être que nous nous reverrons bientôt.
6101
Opération Silent Opera
Image

Opération de récolte d’informations sensibles visant la Cité du Désert [pays]

Pays infiltrant: Troisième République du Jashuria (Agents SITARA, OVERCAST, WIRETRAP et NADIR de la Sérénité)
Pays infiltré: Cité du Désert, ambassade poëtoscovienne et Osman Systems
Prévisionnel de la date (RP) de l'action clandestine : 1er juillet 2020
Prévisionnel de la date (HRP) de l'action clandestine : 13 septembre 2026
Type d’opération : Récolte d’informations sensibles.


Province cible : #39314

RECONTEXTUALISATION / FRISE CHRONOLOGIQUE DES EVENEMENTS PRE-OPERATION :

Suite à l’attaque terroriste menée sur la basilique velsnienne, les forces de Velsna ont décidé d’intervenir au Moranza pour retrouver les terroristes et les faire parler. Du fait des forts soupçons de Velsna envers la Poëtoscovie, les agents du renseignement jashurien ont émis l’hypothèse que la Sécurité d’Etat Poëtoscovienne pourrait être à l’origine d’une opération par proxy pour se venger de la destruction de leur flotte dans la Mer Blanche. Pendant que tous les regards sont tournés sur l’opération velsnienne au Moranza et à la reprise des hostilités, la Sérénité explore d’autres pistes pour vérifier l’implication de la Poëtoscovie.

Les Velsniens ont transmis à la Sérénité les lettres de la Poëtoscovie au gouvernement du Moranza. Il ne fait aucun doute pour les Jashuriens que les Poëtoscoviens ont des liens avec les groupes terroristes locaux, mais si les soupçons existent, il n’y a pas de preuve tangible pour condamner sans équivoque la Poëtoscovie. La Sérénité s’intéresse donc à la Cité du Désert et plus particulièrement à l’ambassade poëtoscovienne locale. Principal relais du pouvoir poëtoscovien en Afarée, la Cité du Désert est probablement le lieu à partir duquel la SEP a opéré sa mise en contact avec les groupes terroristes du Moranza. En tout cas, la SEP de la Cité du Désert ne pouvait pas ne pas être au courant d’une opération menée dans son aire d’influence. Il est donc possible qu’il existe des preuves de l’implication concrète des Poëtoscoviens dans le financement des groupes terroristes qui ont attaqué Velsna.

Pour en avoir le cœur net et ne plus en rester au stade des suppositions, les Jashuriens ont décidé de partir à la pêche aux informations en pillant les données des serveurs de l’ambassade poëtoscovienne. Si des preuves de l’implication des Poëtoscoviens dans le financement des groupes terroristes afaréens existent, elles doivent se trouver au cœur des serveurs de la SEP dans la Cité du Désert.

Les preuves de cet engagement poëtoscovien existent dans les serveurs de la SEP dans la Cité du Désert. Elles prennent les formes suivantes :

  • A / Les documents décrivant le transport d’armement pour le groupe Horus-Moranza / Les documents de Soutien Opérationnel 1
  • B / Les écrits de la Sécurité d’Etat décrivant les prises de contact régulières avec le groupe terroriste / Les documents de Soutien Opérationnel 2
  • C / La vidéo d’une réunion secrète entre les services de la SEP dans la Cité du Désert et Hernani-Centre sur la mise en place de l’opération (car la Cité du Désert est le relais local de la SEP en Afarée)

Actuellement, les documents A et B sont inaccessibles pour la Sérénité car protégés sur les serveurs poëtoscoviens de l’ambassade. Il n’est donc pas possible d’y accéder sans essayer de passer les sécurités informatiques de l’ambassade, ce qui serait compliqué. Mais les Jashuriens ont trouvé une faille. Il existerait une copie du serveur de l’ambassade de la Poëtoscovie qui est conservée par Osman Systems, une petite boite d’informatique et audiovisuel de la Cité du Désert. Cette copie contient des données qui ne sont pas de nature à compromettre la Sécurité d’Etat poëtoscovienne … sauf une.

Une caméra de salle de réunion a été mal calibrée et enregistre depuis plusieurs mois toutes les réunions qui s’y déroulent. La copie des enregistrements est envoyée sur le serveur poëtoscovien de l’ambassade puis synchronisée par erreur avec le serveur externe d’Osman Systems. Personne n’y a fait attention parmi la masse de données traitées par le serveur, mais cette vidéo enregistre une réunion où les services de la SEP en Afarée, ainsi que les responsables du renseignement d’Hernani-centre, discutent de la manière dont se passe la mise en place de la collaboration avec le groupe Horus-Moranza.

Les Jashuriens ne savent pas ce qu’ils vont trouver dans la copie des données stockée chez Osman Systems, mais s’ils parviennent à forcer la sécurité informatique de cette petite entreprise de 10 personnes peu vigilantes, ils obtiendront le document C. Ils savent que le serveur externe contient des documents de l’ambassade mais ne savent pas encore quoi exactement.

Cette opération se repose sur plusieurs forces et éléments concrets :
  • Réseau satellitaire pirate activé pour écouter les conversations au-dessus de l’ambassade
  • Equipe de professionnels de l’extraction d’informations face à des employés de bureaux peu formés
  • La Cité du Désert à 0 en informatique et 0 en télécommunications pour se défendre contre un piratage jashurien
  • La Cité du Désert n’a aucune usine de recherche pour se défendre contre la Sérénité
  • La Cité du Désert n’a aucune usine culturelle pour se défendre face à la Sérénité
  • La Cité du Désert est devenue un protectorat poëtoscovien. La vigilance de l'ambassade sur ses protocoles de sécurité s'est relâchée puisqu'elle est en "terrain conquis"

Beaucoup de voyants sont donc au vert pour agir dans le coeur de la Cité du Désert.


OBJECTIFS DE L’OPERATION


Réussite majeure :
  • En cas de réussite majeure, la Sérénité parvient à obtenir le document C et dispose aussi par chance du document A et B, ce qui ne laissera aucun doute possible quant à l’implication de la Poëtoscovie dans le soutien aux terroristes.


Réussite mineure :
  • En cas de réussite mineure, les agents de la Sérénité parviennent à obtenir le document C et à prendre la tangente.


Echec mineur :
  • En cas d’échec mineur, les agents de la Sérénité parviennent à obtenir le document C, mais leur action est repérée et ils doivent s’enfuir et démanteler leur réseau niveau local.


Echec majeur :
  • En cas d’échec majeur, l’opération est un échec complet. Les agents de la Sérénité ne parviennent pas à récupérer les documents. Leur réseau est démantelé dans les jours qui suivent et les agents s’enfuient.


LIMITES ET CONTRAINTES DE L’OPERATION

Plusieurs limites et contraintes sont à prendre en compte dans l’arbitrage de l’opération :

  • L'ambassade de la Poëtoscovie est un bunker sécurisé capable de soutenir une attaque physique (description de Jolan sur le fonctionnement des ambassades poëtoscoviennes). En revanche, rien n'est décrit sur la sécurité informatique du lieu. L'opération jashurienne se fait non pas sur l'ambassade, mais sur Osman Systems, bien moins protégée et exploite des failles humaines et matérielles qui ne sont pas du ressort de la Poëtoscovie.

Moyens engagés : Quatre agents de la Sérénité ont été déployés et bénéficient du soutien des satellites pirates du Jashuria. C’est amplement suffisant au vu de l’absence de capacité de cyberdéfense de la Cité du Désert.
1520
d

Confidentiel défense


Communication prioritaire



Identifiant Segreda: Tambour-Tempête

Les azuréens. Vous leur avez dit pour l'enquête ? Pourquoi ? J'espère que vous avez une bonne raison...
Identifiant frumentarius: Casseur de pierres-identifiant-bis

Et pourquoi pas ? Je connais ces barbares, je sais pertinemment qu'ils vont s'empresser de crier au loup à qui de droit. Mais pour faire ça, il va falloir qu'ils montrent leurs cartes, et cela nous fixera sur leurs positions. Si il y a une fuite, cela ne peut provenir que d'eux. Et cela voudra également dire que tous ceux qu'ils ont mis au courant et réagissent roulent contre nous. J'aime les clarifications, et parfois il faut jeter un pavé dans la mare. Le secret est l'avantage des poetoscoviens, pas le notre.

Je ne leur ai dit que ce qu'ils avaient besoin de savoir, rien de plus. Toute l'Afarée me connait déjà, et j'ai envie qu'elle me connaisse, qu'elle soit obnubilée par moi, qui me promène au Moranza en faisant mon petit safari. Toute l'attention qui sera recentrée sur ma personne vous donnera davantage de liberté d'action. Ce que je leur ai dit ne constitue pas une gêne pour la mission, tout juste savent-ils que la Cité du Désert nous intéresse, et que l'Horus Moranza nous intéresse. Ils ne connaissent pas nos cibles ou nos objectifs les plus importants. Au pire, que se passera t-il ? Ils enverront des agents ? La princesse forcera les portes du ghetto kamiste ? Si elle fait ça, cela voudra dire qu'elle connait l'Horus Moranza, et que je n'aurai qu'à venir à elle lui demander avec très peu de courtoisies ce qu'elle sait. Qu'ils le fassent...il y a 20 millions d'habitants dans ce désert, et autant de cachettes. Et plus ils resteront coincés ici avec nous, et plus nous pourront agir ailleurs.

Il n'y a point de risque que je fais prendre cette mission qui ne soit calculé. Souvenez vous en.


Haut de page