26/03/2016
20:22:09
Index du forum Continents Eurysie Grisolia

Famille di Vilardo - Négociants maritimes

Voir fiche pays Voir sur la carte
2073
Présentation de la famille di Vilardo, négociants maritimes



La famille di Vilardo a pu s’imposer grâce au mouvement des Uccisori dell’orizzonte au XVème siècle. Les “Pourfendeurs de l’horizon”, apparus au Xème siècle, étaient des hommes nouveaux qui avaient soif d’aventure et dont l’objectif était d’ouvrir le grand commerce à Grisolia. Peu à peu, une partie de ces hommes, menés par les di Vilardo, se rapprochent de la sphère princière jusqu’à faire du Prince Giuseppe IV un homme aquis à leur cause. À tel point que le Prince Giuseppe IV finance en grande partie la flotte de la famille.
Lors de la fermeture du commerce par les sœurs baptistines en 1420, les di Villardo sont les seuls à continuer le commerce malgré l’interdiction. Ils avaient en effet beaucoup de moyens grâce à la flotte imposante qui était en leur possession ce qui leur a permis d’échapper aux interdictions grisoliennes de l’éoque. Ainsi, lors de la réouverture progressive du commerce au XVIIème siècle, les di Vilardo sont dans une situation plus que favorable pour imposer leur domination.
De même lors de la grande récession du XXe siècle, accompagnée d’une baisse du commerce extérieur, la famille se maintient par le commerce entre les différentes provinces de Grisolia, mais stagne et dessert de moins en moins Baudouino et Prolinio.

Le chef de famille est désormais Giulio di Vilardo, un homme d’affaire intelligent et vif de cinquante-six ans. Par le passé, il a réussi à relever la fortune de sa famille en ouvrant des voix commerciales vers la Clovanie. À ce jour, Giulio di Vilardo n’a pas de lieu de résidence fixe, il est constamment sur les mers entre Blonvillia, les Coltori, Ieri et la Clovanie.
Giulio di Vilardo a épousé Alessandra. C’est elle qui gouverne les affaires internes de la famille depuis Blonvilia, étant donné que son époux est presque toujours en voyage.
Ensemble ils ont eu trois fils et quatre filles. Paula di Vilardo, l’héritière de la famille, est très proche d’Alessandra et la seconde dans toutes ses taches. Olivio, le premier fils, est celui à qui a été confié la direction du port d’Orta. Ernesto et Beatricia, les deux jumeaux, sont les plus à part, ils ne portent que peu d’intérêt au commerce. Regina accompagne son père dans tous ses voyages. Melania et Leonardo, les deux plus jeunes, n’ont pour l’instant que dix années de vie derrière eux.

Blason de la famille di Vilardo, négociants maritimes
4495

Leongrad en vue !



Le 9 juin 2015


Giuseppe, marin depuis deux ans dans l'ancestrale famille di Vilardo, pensait à la prochaine pause qu'il pourrait s'accorder après son tour de guet, alors que le grand navire fendait encore les flots en direction de la Clovanie. Il avait commencé ce travail dans l'idée de le quitter bientôt après, reprendre une vie ordinaire sur la terre, mais il avait vite été happé par la vie de marin. Les longs voyages, les conversations de minuit avec d'autres novices ou avec des vieux loups de mers, les soirées arrosées sur tous les ports du monde, à se lier d'amitié avec des gens qu'il savait ne plus devoir revoir, tout cela l'avait entraîné dans un monde coupé de la terre, et dont il était maintenant difficile de sortir sans regret. Giuseppe avait encore dans l'idée de se marier un jour et de fonder une famille sur la terre, mais pour l'instant, les trajets de plusieurs mois hors de son Ernanda natale l'avait totalement coupé de ses anciennes relations, et ses lettres à sa famille se faisaient plus rares ces derniers mois. Désormais, ses seuls amis étaient les marins de ce navire, et ses nouveaux parents étaient Giulio di Vilardo, le chef de de la compagnie, et sa fille Regina qui l'accompagnait à chacun de ses voyages.

Un marin s'approcha vivement de lui et lui annonça qu'on apercevait la terre à l'horizon. Giuseppe devait aller l'annoncer à Regina di Vilardo, en personne. Il soupira : cet imprévu restreignait le temps de sa pause. Il ne regrettait pas l'honneur de s'adresser à la célèbre marchande, héritière d'une immense lignée de marins, mais il faisait difficilement le deuil de la cigarette en moins qu'il allait pouvoir fumer sur le pont par un si beau temps. Grimpant les marches quatre à quatre jusqu'à la cabine de Regina, il toqua à la porte, essoufflé.

Regina di Vilardo : "Entrez !"

Giuseppe poussa la porte doucement. La jeune femme semblait de bonne humeur. Elle avait l'œil sur une carte maritime, une loupe en main. Dans un fauteuil au fond de la pièce trônait son illustre père, Giulio di Vilardo, tirant quelques bouffées de sa célèbre pipe.

Giuseppe : "Le port de Leongrad est en vue, Madame."

Regina di Vilardo lui adressa un sourire amical et posé.

Regina di Vilardo : "Merci Giuseppe."

Sincèrement touché qu'elle se souvienne de son nom, Giuseppe quitta la pièce le cœur léger. Regina regarda son père en souriant.

Regina di Vilardo : "Cette ville m'avait manqué. Pas toi ?"

Giulio di Vilardo : "C'est vrai, ma fille. La dernière fois que je suis venu ici, Pétroléon V était encore au meilleur de sa forme."

Regina di Vilardo : "J'espère que le pays n'a pas trop changé depuis."

Giulio di Vilardo : "Je ne pense pas, Regina. Ou, si la Clovanie a changé, c'est en mieux ! Je n'ai entendu que du bien de l'Empereur Louis Ier. C'est d'ailleurs grâce à son amitié avec la Famille Princière que nous sommes là, en train de nous diriger vers Leongrad."

Regina di Vilardo : "Tu parles d'une amitié, il a même marié la princesse Sofia !"

Giulio di Vilardo : "L'Impératrice Sofia ! J'espère que tu soigneras plus ton langage quand nous arriverons au port. Je crois qu'on nous réserve un grand accueil."

En effet, l'un des avantages que le chef de la famille soit toujours sur les routes de la mer était que les interlocuteurs de la compagnie introduisait beaucoup plus de cérémonie dans leurs manières dans les ports où Giulio débarquait en personne pour négocier des échanges. La prestance et la réputation du grand marin le précédait partout où il allait, et sa silhouette charismatique, toujours assortie de la fumée d'une pipe, était reconnaissable entre toutes. Le désavantage de cela était que Giulio di Vilardo demeurait très rarement dans la maison familiale, à Blonvilia. Sa femme Alessandra lui en voulait parfois pour cet éloignement, mais les choses allaient de mieux en mieux. Elle s'était habituée aux incessants voyages de son époux et avait mis en place tout un écosystème autour d'elle, à Blonvilia. C'était elle qui assurait le dialogue de la famille avec le Prince, jouant de ses habilités sociales pour faire avancer les intérêts de la famille di Vilardo, tout en ne feignant nullement la sincère amitié qu'elle avait liée avec les membres de la Famille Princière. C'était d'ailleurs certainement grâce à elle que la famille di Vilardo était la première à profiter de l'opportunité ouverte par les traités commerciaux signés avec la Clovanie. De cette manière, même si les époux se voyaient peu, ils offraient à leur commerce une complémentarité précieuse, tels les deux faces d'une pièce.

Regina di Vilardo : "Papa, je suis contente que Legkibourg soit aussi sur notre route. J'ai toujours rêvé de visiter cette ville."

Giulio di Vilardo : "C'est certain qu'elle est plus historique que Leongrad, qui a seulement été construite au vingtième siècle, me semble-t-il. Et puis, n'oublie pas que nous sommes invités au Palais de la Gloire pour rendre visite au couple impérial."

Regina di Vilardo : "Bien sûr que je m'en souviens, tu me l'as annoncé hier."

Le père de Regina sourit à cette remarque. Malgré son entrée progressive dans l'âge adulte, Regina n'avait pas perdu sa fougue d'adolescente, et Giulio s'en réjouissait. La famille di Vilardo pourrait prospérer avec énergie après lui.
5135

En terre amie



Le 9 juin 2015


Le navire grisolien avait ralenti son allure à l'approche de la seconde ville de Clovanie, Leongrad. L'ensemble des marins avaient hâte de découvrir à nouveau la splendeur leucytaléenne de cette grande cité. Tous voulaient enfin poser le pied sur la terre ferme, après ces si longues semaines passées sur le sol mouvant du bateau. Chacun ressentait par avance la joie qu'il aurait à raconter ses aventures aux gens qui l'attendaient sur le port de Leongrad. Et, en effet, un grand accueil sur ce port était promis, alors qu'on était d'habitude accoutumé aux banales cérémonies de politesse dirigées vers le grand Giulio di Vilardo et sa fille, Regina. Dans la cabine de ces derniers, père et fille apprêtaient leur accoutrement à la descente du navire et à la rencontre de leurs interlocuteurs commerciaux de Clovanie. C'était en effet un des regrets que les marins pouvaient ressentir avant de poser le pied à terre : on devait abandonner la familiarité longuement tissée au cours du voyage entre les membres de l'équipage, fût-ce même entre le capitaine et le plus élémentaire des mousses. Durant les longues semaines de navigation, les marins libéraient peu à peu leur langage, abandonnaient parfois quelques usages vestimentaires, signe que les relations s'installaient progressivement dans un climat de complicité. Regina devait alors apprendre à nouveau à châtier son langage et à contrôler ses gestes impétueux, tandis que Giulio devait camoufler sa relation quasi paternelle avec tous les marins pour adopter la posture du grand capitaine avisé auprès des Clovaniens.

Au hublot, le port de Leongrad se fasait de plus en plus gros. Alors qu'on ne pouvait, il y a une heure, que distinguer le bout du grand clocher du port, on pouvait à présent observer les contours des toits des immeubles jouxtant la mer.

Regina di Vilardo : "Papa, nous arriverons dans environ une demi-heure. Rappelle-moi une dernière fois les noms de ceux qui nous attendent sur le port ?"

Giulio di Vilardo : "La mémoire n'est décidément pas ton point fort. Joris Bolvétitch, patron de Sucus, Hector, son frère et Jeanne, son épouse."

Regina di Vilardo : "Qu'est-ce que sa femme et son frère ont à voir dans notre affaire ?"

Giulio di Vilardo : "Il semble qu'ils aient voulu s'adapter à nos manières, et se présenter en famille. Nous ne pouvons que les remercier pour cela, mais effectivement je ne saurais trop que dire à ces deux personnes concernant la vente de ces tonnes d'oranges."

Regina di Vilardo : "Pour des tonnes, oui, cela fait beaucoup d'oranges !"

Giulio di Vilardo : "Sucus est le premier vendeur de jus de Clovanie. Ils étaient évidemment pressentis pour profiter de la baisse douanière sur nos oranges."

Regina di Vilardo : "En un sens, c'est dommage. Cette ouverture aurait pu permettre l'émergence d'une nouvelle entreprise... Mais ne nous plaignons pas. Nous avons des clients, et ils ont l'air fort sympathiques."

Giulio di Vilardo : "D'autant plus que nous serons sûrement amenés à les revoir. Je compte bien que la famille garde ce filon. Regina, tu te souviens de ce que tu dois dire ?"

Regina di Vilardo : "Bien sûr que je le sais, tu me l'as fait répéter tous les jours."

Giulio di Vilardo : "Et sur le port, tu te tiendras ?"

Regina di Vilardo : "À ta gauche, je sais."

Giulio di Vilardo : "Bon... tu as l'air d'être au point."

Regina di Vilardo : "Est-ce que je t'ai déçu une fois sur ce point ?"

Giulio di Vilardo concéda un sourire à sa fille.

Giulio di Vilardo : "Non. Mais tu as bien assez de temps devant toi pour commettre des erreurs."

Le navire arriva enfin au port de Leongrad. Sur le quai, un périmètre de sécurité avait été organisé pour favoriser l'accueil des marchands dans les meilleures conditions. Surtout, le patron de Sucus, Joris Bolvétitch, était présent, comme prévu, avec son frère et sa femme. D'autres grands cadres de l'entreprise entouraient le trio familial. Giulio et sa fille se présentèrent à cette assemblée avec l'assurance qui les caractérisait et qui était primordiale dans les valeurs familiales. Cette habilité à transformer son regard et sa stature avant de se présenter à un futur associé était longuement travaillée par les di Vilardo et avait fait leur réputation depuis des siècles. Le sens de la cérémonie était omniprésent dans les coutumes de la famille, ce qui expliquait en partie la présence obligée de Giulio di Vilardo, le chef de famille, à chaque négociation importante. Père et fille savaient sur le bout des doigts ce que chacun devait dire, que répondre à qui en toute éventualité. La première rencontre était capitale, comme aimait à le répéter Giulio à Regina, et la position de chaque personne sur le port était presque chorégraphiée au millimètre.

La petite cérémonie se déroula comme prévu dans les esprits des di Vilardo, et l'impression dégagée par les marchands clovaniens concordait avec ce que Regina pressentait. Leur conversation était agréable : Joris Bolvétitch parlait avec assurance, dévoilant clairement ses intentions d'établir une relation commerciale durable entre lui et les di Vilardo. L'amour des Clovaniens pour la Principauté fut allègrement invoqué, notamment par la femme du patron clovanien. Regina et son père comprirent vite qu'ils ne parleraient pas affaires avec le frère et la femme de Bolvétitch, mais que ces deux personnes fourniraient un complément de conversation agréable et distrayant au cours de la rencontre. Comme dans un navire, chacun avait son rôle, et le tout faisait avancer l'affaire dans la bonne direction.

En quelques heures, passées à discuter de l'affaire, des beautés clovaniennes et grisoliennes, et à constater l'excellence des oranges de la cargaison, admirablement conservées au cours de la traversée dans la cale du navire des di Vilardo, l'affaire fut conclue. Les di Vilardo furent invités à passer la soirée en plus agréable compagnie dans la demeure des Bolvétitch, ce qu'ils acceptèrent avec gratitude. Prochaine étape : Legkibourg.
Haut de page