23/06/2018
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Parlement - Assemblée nationale et Chambre des Nobles

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Chambre basse
Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement teylais.


Composition du bureau de l'Assemblée nationale :

Président :

Le Président de l'Assemblée nationale teylaise est la personnalité la plus haute dans l'ordre protocolaire de l'Assemblée nationale, mais aussi l'une des personnalités politiques les plus importantes sur la scène nationale. Représentant de l'Assemblée nationale sur la scène nationale et extérieure, il joue un rôle diplomatique important étant donné qu'il peut être amené à recevoir des députés étrangers et même parfois des chefs d'État ou de gouvernement étrangers ainsi que ses homologues étrangers. Par sa position, il existe une communication quasiment permanente entre le Président de l'institution et le Gouvernement de Sa Majesté. Outre ce volet, le Président de l'Assemblée préside les séances dans l'hémicycle et fait respecter le règlement durant les séances. Il a un rôle prépondérant dans d'autres institutions de l'Assemblée nationale qui décident de la vie et des travaux parlementaires.

Il détient logiquement, premièrement, le pouvoir de police à l'intérieur de l'Assemblée nationale. Il est le seul à pouvoir proposer au vote des sanctions disciplinaires envers un député et un comportement au sein de l'Assemblée nationale. Le bureau national se prononce à la majorité relative de ses membres. En conformité avec l'ensemble des groupes parlementaires, il met au vote le temps des travaux parlementaires contrôlés par l'Assemblée nationale. Pour rappel, cinquante pour cent du temps législatif sont contrôlés par l'Assemblée et les cinquante pour cent restants sont contrôlés par le Gouvernement de Sa Majesté.

Deuxièmement, réglementairement parlant et symboliquement, le Président de l'Assemblée est aussi le garant de l'inviolabilité de l'Assemblée nationale vis-à-vis du Souverain et il est le garant de la sécurité de l'Assemblée nationale. Ces prérogatives viennent directement de l'acte politique qui se joue entre mille huit cent soixante-six et mille huit cent soixante-dix après la fin de la guerre civile teylaise. Le Souverain souhaite imposer un régime libéral quand l'Assemblée nationale élue est plutôt conservatrice. Un jeu d'influence et de pouvoir se joue entre l'Assemblée et le Souverain. Afin de se prémunir d'un acte de force de Raymond VI, l'Assemblée nationale, par l'Acte de Garantie de mille huit cent soixante-huit (1868) a formellement doté son Président de pouvoirs accrus, créant son rôle de garant de l'autonomie parlementaire.

Afin que le Président puisse être le garant de cette autonomie en toute circonstance, l'Acte de Garantie, toujours en vigueur et appliqué, place sous son autorité la "Garde de la Représentation Nationale". Bien qu'au fil des décennies, elle acquière ses propres particularités et traditions, les hommes de cette garde en mille huit cent soixante-huit proviennent de la Garde Royale. La nouvelle composante de la sécurité de l'Assemblée est directement sous l'autorité unilatérale du Président de l'Assemblée nationale et est chargée de la protection des lieux mais aussi des personnes et notamment des députés siégeant en séance ou en commission. Elle est aussi un symbole de l'indépendance de l'Assemblée nationale vis-à-vis du Souverain et l'Exécutif.

La garde est active dans la tentative du coup d'État de mille neuf cent quarante-huit par des franges d'Extrême-droite. À la suite du coup d'État raté, mais qui a failli réussir, l'Assemblée nationale vote une année plus tard l'Acte de Garantie et Sécuritaire de l'Assemblée nationale. En outre, cet acte voté à la majorité absolue dispose et reconnaît que le Président de l'Assemblée nationale est un commandement d'autorité civile sur la "Garde de la Représentation Nationale", détachée de la chaîne de commandement militaire. Cela ne change pas la situation car le Président de l'Assemblée était déjà en dehors d'une chaîne militaire mais la loi le reconnaît explicitement, un symbole important. Elle ajoute une unité de la Police Royale au commandement de la Présidence de l'Assemblée. Le texte est réformé dans les années quatre-vingt pour que l'unité de la Police Royale soit une unité du maintien de l'ordre.

  • Julien Hallier, Mouvement Royaliste et d'Union.

Vice-présidents :

  • Magnus A. Jensen, Mouvement Royaliste et d'Union.
  • Antoine Croquetaigne, Mouvement Royaliste et d'Union.
  • Moore Desforges, Mouvement Royaliste et d'Union.
  • Rosamonde Guay, Parti Monarchique pour la Liberté et le Progrès.
  • Corentin De Jardin, Les Royalistes.
  • Hélène Le Fur, Les Royalistes.
  • Christophe Blanchet, Gauche Républicaine.

Grands Questeurs Royaux de l’Assemblée nationale :

Les Grands Questeurs Royaux de l'Assemblée nationale sont au nombre de cinq et sont le volet administratif de l'Assemblée nationale. En outre, le règlement intérieur de l’Assemblée nationale donne aux Grands Questeurs Royaux un rôle très important dans le fonctionnement administratif et budgétaire de l'assemblée parce qu'ils sont les garants de la bonne tenue financière de l'Assemblée nationale. Dit autrement, ils gèrent le budget (recettes et dépenses) de l'Assemblée nationale, un budget qui est mis au vote au bureau de l'Assemblée nationale toutes les années. Ils sont essentiels dans la transparence démocratique voulue par l'ensemble de la société teylaise en analysant les dépenses des commissions et des frais de mandat des députés. Bien qu’aidés par des assistants financiers et juridiques, de nombreuses critiques s’élèvent, des différents bancs de l’Assemblée comme de la société teylaise, quant au nombre considérable de tâches qui leur sont attribuées. Certains députés estiment que les Grands Questeurs Royaux concentrent trop de responsabilités techniques pour seulement cinq personnes et ne peuvent assurer la mission de transparence démocratique de manière efficiente.

Le règlement intérieur de l'Assemblée nationale stipule, entre autres, que trois Grands Questeurs doivent être issus de la majorité et que les deux autres Grands Questeurs doivent être issus des oppositions. L'élection des questeurs se fait au scrutin majoritaire à un tour pour chacun des cinq postes et se déroulent en même temps. Si la règle énoncée plus haut n'est pas respectée durant le scrutin, alors le scrutin est considéré comme nul et tout doit être refait.

  • Donata Castiglione, Mouvement Royaliste et d'Union,
  • Bradamate Corbin, Mouvement Royaliste et d'Union,
  • Stéphane Baril, Mouvement Royaliste et d'Union,
  • Pierpont Vaillancourt, Gauche Républicaine,
  • Otávio Barbosa Sousa, Les Royalistes.


Commission de l'Assemblée nationale :

Présidents des groupes parlementaires :

Président.e.s :

  • Julia Roberta présidente du groupe parlementaire Les Royalistes,
  • Geremia Moretti président du groupe parlementaire Parti Monarchique pour la Liberté et le Progrès,
  • Nathalie Poutou présidente du groupe parlementaire Avenir du Peuple,
  • Elijah Desjardins président du groupe parlementaire Mouvement Royaliste et d'Union,
  • Christabel Gosselin présidente du groupe parlementaire Gauche Républicaine,
  • Alphonse Salois président du groupe parlementaire Droite Républicaine,


Chambre haute
Chambre des Nobles, la chambre haute du Parlement teylais.
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Débat public à l'Assemblée nationale sur les actions du gouvernement de Sa Majesté, en matière de politique internationale.
L'Hotsaline et l'Eurysie centrale.

Chambre basse
Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement teylais.


Julien Hallier, Président de l'Assemblée nationale : La parole est au donné au très honorable député Corentin De Jardin, inscrit au groupe Les Royalistes et membre de l'opposition face au Gouvernement de Sa Majesté.

Corentin De Jardin, Député Les Royalistes : Honorable Président de cette Assemblée, Honorables Députés. Je souhaite attirer l'attention du Gouvernement de Sa Majesté et des ministères concernés, comme le ministère des Affaires Étrangères dirigé par l'Honorable ministre de Sa Majesté Pierre Lore, concernant l'Hotsaline et plus globalement sur la région d'Eurysie Centrale. Nous le savons tous, la situation en Eurysie centrale est difficile et, je crois, surpasse en termes de tension l'Eurysie de l'Ouest, zone géographique à laquelle nous appartenons. L'Empire Raskenois continue sa politique impérialiste envers la confédération et notamment l'Hotsaline. L'acceptation de l'Empire Raskenois d'une médiation est une bonne nouvelle pour la région, mais montre la faute du gouvernement qui n'a pas été en capacité de proposer une telle initiative alors qu'il relève d'une nation comme la nôtre de le faire.

Nous nous voyons comme une nation qui a de l'importance sur la scène internationale, qui a son mot à dire sur les actions des grands de ce monde, afin de préserver au mieux les intérêts du Royaume de Teyla mais aussi, parce que nous sommes justes, les intérêts des opprimés. Nous n'oublions jamais que nous avons en tout temps, en tout lieu, pris la défense des opprimés. Dois-je vous rappeler, Honorables ministres, notre déclaration des Droits Fondamentaux et Universels de l'Homme ? Dois-je vous rappeler les innombrables propositions faites par le groupe parlementaire auquel j'appartiens sur les sujets diplomatiques, mais dont l'honorable gouvernement a toujours pris d'ignorer ou de feindre de s'y intéresser pour le jeter aux oubliettes, comme le faisaient les tyrans avec leurs opposants. Honorables ministres, mon interrogation, que dis-je mon inquiétude, est simple. Quelles sont les initiatives que souhaite prendre le gouvernement de Sa Majesté afin que nous défendions les intérêts de l'Hotsaline et que nous nous assurions de son soutien alors même qu'elle a rejoint la Ligue Velcal ?


Les députés du parti Les Royalistes applaudissent grandement la prise de parole de Corentin De Jardin. Les députés du Mouvement Royaliste et D'Union faisaient des gestes avec leurs mains pour signifier que l'argumentaire de Corentin n'était pas bon, qu'il était faux. Mais en dehors de cela, ils restèrent bien silencieux. Après une brève discussion entre Pierre Lore et le Premier ministre Angel Rojas sur les bancs des ministres, Pierre Lore se leva et prit la parole dans une opposition qui venait de rappeler au gouvernement sa faiblesse diplomatique en Eurysie Centrale.

Julien Hallier, Président de l'Assemblée nationale : La parole est au ministre des Affaires Étrangères pour le compte du gouvernement de Sa Majesté.

Pierre Lore, Ministre des Affaires Etrangères : Honorable député, je vous entends sur la défense des opprimés et la lutte contre l'impérialisme. Je vous rejoins entièrement, parce que nous avons sur ces deux sujets les mêmes valeurs, peut-être pour des raisons différentes, bien que je sache que cela soit pour des raisons morales et éthiques. Toutefois, dois-je vous rappeler les actions du précédent gouvernement de Sa Majesté dirigé par Les Royalistes ? Dois-je vous rappeler que vous étiez prêt à soumettre notre marine nationale à une République Pirate ? Cette décision, non seulement risible, mais profondément contraire aux intérêts du Royaume de Teyla, aurait mis en grand danger les intérêts stratégiques du Royaume de Teyla en laissant la porte ouverte aux pressions d'une République Pirate.

Il est ironique que vous citiez la Déclaration des Droits Fondamentaux de l'Homme, lorsque vous étiez prêt à passer sous le tapis ces mêmes droits, sous l'argumentaire de l'intérêt supérieur de la nation teylaise afin que le Royaume puisse obtenir un groupe aéronaval non pas au prix de l'argent, mais au prix de l'honneur. Parce que signer cet accord aurait signifié ne rien dire aux actions de piraterie qui vont bien entendu à l'encontre d'une nation dans laquelle l'État de droit importe. Je suis fier de participer à un gouvernement qui a mis fin à un tel accord qui aurait renié nos valeurs pour des arguments fallacieux.

Concernant votre interpellation sur la Ligue Velcal et l'Hotsaline, honorable député, tout d'abord, permettez-moi de vous rappeler que le gouvernement de Sa Majesté n'a jamais cessé d'œuvrer pour la paix régionale et renforcer la stabilité régionale. C'est en ce sens que nous avons signé un traité avec l'Hotsaline et la Confédération permettant au Royaume de Teyla un déploiement militaire pour protéger l'Hotsaline et la Confédération de tout acte hostile venant de l'Empire Raskenois ou toute autre nation. Je tiens à rappeler que le Royaume de Teyla ne reconnaît pas l'Autorité Militaire de Gradenbourg. Cet prétendu État n'a aucune légitimité sur le territoire qu'il occupe actuellement après une invasion illégitime. C'est pourquoi nous sommes en permanence en communication avec l'Hotsaline dans le but de s'assurer que chaque action qui peut être faite diplomatiquement pour que le territoire revienne à la Confédération soit faite. Si jamais la médiation actuelle échoue, le gouvernement de Sa Majesté proposera à chacune des parties de se remettre autour de la table afin de garantir la paix et la stabilité régionale. La reprise du territoire illégalement occupé doit se faire de manière diplomatique.


Le ministre des Affaires Étrangères se rassoit dans un calme plat, bien qu'avant, il fut applaudi par les députés de la majorité et Angel Rojas lui adressa un regard de remerciement. Le Premier ministre ne voulait pas s'embourber dans le piège de l'opposition. Fort heureusement, Pierre Lore s'en était très bien sorti pour un homme qui avait peur des imprévus, cela était étonnant, mais Angel se dit qu'il avait déjà préparé ses coups à l'avance en ayant ses sources dans l'opposition.

Julien Hallier, Président de l'Assemblée nationale : La parole est donnée au très honorable député Christophe Blanchet, inscrit au groupe Gauche Républicaine et membre de l'opposition face au Gouvernement de Sa Majesté.

Christophe Blanchet, Député Gauche République : Honorable Président de cette Assemblée, Honorables Députés. Je remercie mon collègue de droite d'avoir mis en avant le recul de l'influence teylaise en Eurysie centrale, depuis que la Grande République de Velsna s'implique dans la région. Il est évident que lorsqu'une puissance régionale l'influence des autres baisse mécaniquement. Toutefois, les paroles de mon collègue ne sont pas fausses pour autant. Il n'est pas normal que le gouvernement de Sa Majesté n'ait pas su anticiper une telle action de la part de la Grande République qui est un partenaire connu de l'Empire Raskenois. Il était donc à prévoir que la Grande République vienne chercher à ce que la paix perdure dans la région et c'est cela un but commun. Néanmoins, sommes-nous certains qu'ils cherchent à ce que la diplomatie permette à la Confédération de retrouver ses territoires occupés ? Rien n'en est moins sûr, honorables députés. Il est important que la diplomatie teylaise s'efforce à ce que cet aspect soit respecté par toutes les parties.

Honorable ministre des Affaires Étrangères, votre exposé à cette assemblée et aux représentants du peuple est un plan tellement vague qu'il semble être inventé à l'instant pour contrecarrer les mots et l'argumentaire de mon collègue qui, je le redis, visaient juste. Votre plan vague ne permettra pas au Royaume de Teyla de retrouver sa main dans ce jeu de cartes, au contraire, il affaiblira le Royaume. Si l'actuelle médiation en cours échoue, alors une nouvelle médiation, bien qu'elle sera menée par le Royaume de Teyla, ne changera rien à la situation actuelle. Le Royaume de Teyla se retrouve spectateur d'un jeu auquel il n'est pour l'instant pas invité, bien qu'il le sera sans doute à l'avenir. Le Royaume de Teyla doit protéger ses intérêts et ceux des opprimés qui subissent l'impérialisme de l'Empire Raskenois en Eurysie Centrale. Je repose la question de mon collègue. Que compte faire le Gouvernement de Sa Majesté ?


Pierre Lore, Ministre des Affaires Etrangères : Honorable député, je prends note de vos remarques et je reconnais que la situation en Eurysie centrale est complexe, notamment avec l'implication croissante de la Grande République de Velsna. Comme vous l'avez dit vous-même lors de votre exposé et de votre prise de parole, lorsqu'une puissance régionale s'implique, il est normal que l'influence des autres puissances diminue mécaniquement. Il est de notre responsabilité de faire en sorte que cette influence qui baisse ne soit pas plus importante que prévu, mais surtout que les puissances qui s'impliquent ne déstabilisent pas la région. À l'heure actuelle, nous ne remarquons aucune déstabilisation de la région, bien que les prises de parole de certains responsables ou certains médias de la Mährenie inquiètent la diplomatie teylaise. Ainsi, la députation n'a pas à s'inquiéter de la situation actuellement, à mon humble avis, à part pour augmenter la peur chez nos concitoyens les plus conservateurs.

Vague d'indignation dans les bancs des oppositions.

Toutefois, comme je l'ai énoncé plus tôt dans cet hémicycle, si la médiation supervisée et organisée par la Grande République de Velsna échoue, le Royaume de Teyla n'est pas sans options pour que la paix soit préservée et la diplomatie privilégiée. Le Royaume de Teyla contactera les deux parties afin de s'assurer que chacune des parties puisse avoir un canal par lequel se parler, un intermédiaire en somme. En fonction des raisons de l'échec de la médiation menée par la Grande République, le Royaume de Teyla pourra proposer une nouvelle médiation aux parties durant laquelle une bonne partie de la discussion sera la discussion des raisons récentes qui ont amené à la situation actuelle de la part de toutes les parties qui seront présentes. Il faudra, si possible, que les solutions principales proviennent des parties elles-mêmes et non du Royaume de Teyla, bien que si la situation est bloquée, le Royaume de Teyla pourra et devra intervenir dans la discussion entre les parties.

Le renforcement de l'appareil militaire raskenois et hotsalien doit appeler à la raison chacune des parties, comme ce fut le cas dans le combat des râches. Certes, durant ce combat et cette période, nous avons vu plutôt une course de vitesse entre l'appareil militaire raskenois et hotsalien, mais les deux forces militaires ont su s'ignorer afin d'éviter un conflit régional, ce qui était important en plus de sortir toute une population du terrorisme. Ces actes, de la part de l'appareil militaire raskenois, devront être mis sur la table afin que tous les sujets majeurs soient abordés. À première vue, nous ne comprenons pas pourquoi, en dehors d'un acte impérialiste, l'Empire Raskenois a participé aux combats contre la râche sur le territoire de la Confédération, il s'agit là d'un acte contrevenant à la souveraineté de la Confédération.

Honorable député, l'équilibre n'est pas simple sachant les minorités dans la zone régionale dans laquelle nous évoluons sur ce débat passionnant. Il me semble nécessaire, ainsi qu'au gouvernement de Sa Majesté, que chaque minorité soit préservée et je suis certain que les deux parties, Empire Raskenois et Hotsaline/Confédération, pourraient s'entendre sur un accord protégeant les minorités de la région et de leurs nations respectives.
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Débat public à l'Assemblée nationale sur les actions du gouvernement de Sa Majesté, en matière de politique internationale.
Le Saint Empire de Karty.

Chambre basse
Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement teylais.


Le Saint Empire et le Royaume de Teyla avaient une relation singulière. En outre, lors des premiers contacts, le Royaume de Teyla était dubitatif sur la relation sur laquelle pouvait aboutir la visite d'État de Pierre Lore dans les terres kartiennes. En effet, les régimes étaient bien différents. L'un des régimes était démocratique, l'autre était autoritaire et militariste. Ce même régime avait déporté plus de cinquante mille personnes, le régime avait répondu aux critiques en affirmant que c'étaient des départs volontaires. Personne au sein de la diplomatie teylaise ne croyait aux départs volontaires, mais elle se tut dans l'attente de la rencontre. À la surprise générale, le Saint-Empire de Karty fit de nombreuses réformes, suite aux demandes teylaises, pour aller vers une transition démocratique au grand plaisir du Royaume de Teyla. Les deux nations ont fini par signer et ratifier un accord de défense mutuelle qui concerne uniquement la Loduarie Communiste. Une action parlante sur l'obsession du gouvernement teylais pour sécuriser son cadre sécuritaire.

Les droits fondamentaux et démocratiques étaient quelque chose de très important au Royaume de Teyla depuis de longues années. Depuis les années deux mille, le mouvement s'accéléra avec la mise en place d'une politique internationale basée sur l'humanitaire et des relations avec les régimes démocratiques. Toutefois, avec l'arrivée du gouvernement d'Angel Rojas, cette doctrine, bien que gardée dans les grandes largeurs, subit des évolutions. En outre, avec la menace de la Loduarie Communiste, le gouvernement pouvait négocier avec des régimes autoritaires au cas par cas, pour éviter de discuter avec des régimes ayant fait des génocides ou autres joyeusetés. Mais ces discussions devaient toujours, du côté teylais, contenir des demandes sur des réformes pour les droits des minorités, la démocratie et les droits fondamentaux.

C'est dans cette optique et sous la doctrine "Rojas" que le gouvernement entama des discussions de plus en plus sérieuses avec le Saint-Empire de Karty. Les deux nations avaient beaucoup d'intérêts en commun qu'il n'y paraissait aux premiers abords. Il y a quelques jours, une immense délégation kartienne composée du Tsar et de son épouse, du chancelier kartien et d'autres membres du gouvernement kartien importants avaient posé les pieds sur le sol teylais pour plusieurs jours. Des cérémonies d'hommage pour l'ancien ministre des Affaires Étrangères kartien étaient prévues, mais aussi des discussions tout à fait sérieuses.

L'opposition n'était pas fan de la politique diplomatique de l'actuel gouvernement. La plupart des oppositions voyaient le Royaume de Teyla comme une nation noble qui devait prendre de la hauteur. Cette vision les confortait à rester admiratifs de l'ancienne doctrine diplomatique qui prévalait avant l'arrivée d'Angel Rojas. Cette différence s'était vue frontalement sur l'Hotsaline lorsque les Royalistes, parti à droite de l'échiquier politique teylais, avaient blâmé le gouvernement face à la non-réaction teylaise à l'action velsnienne en Eurysie du Sud. Dans un pays comme Teyla où l'art oratoire est presque une obligation pour entrer au Parlement et est obligatoire pour que le gouvernement assure sa survie, l'emballement médiatique fut rapide. La presse révéla que la réponse de Pierre Lore fut inventée sur le moment sur l'Hotsaline. C'est bel et bien la réactivité du ministre des Affaires Étrangères qui sauva le gouvernement sur ce coup.

De plus, l'échec de la médiation velsnienne avait terminé les espoirs des oppositions de coincer le gouvernement sur ce dossier. Bien que les Royalistes n'utilisèrent pas l'argument moral sur la réalité du régime hotsalien dans l'hémicycle, cela restait dans la tête d'une partie des députés du parti qui ne voulaient pas d'une relation diplomatique aussi poussée avec l'Hotsaline. L'ancienne doctrine restait un élément majeur de la pensée teylaise à l'international. Plusieurs sources officieuses internes aux Royalistes avaient averti des conséquences dans la presse si le gouvernement continuait sa politique sans faire de changements majeurs. Mais rien n'avait fait dévier le gouvernement. Celui-ci, avec la majorité absolue de plus de cinquante députés à l'Assemblée nationale, restait inébranlable.

Mais attention, l'intransigeance du gouvernement s'arrêtait à ces dossiers-là. Le gouvernement était en contact permanent, malgré sa majorité absolue, avec les oppositions sur les dossiers majeurs comme l'Organisation des Nations Démocratiques ou des projets diplomatiques naissants. La culture du compromis à l'échelle régionale se retrouvait toujours un peu à l'échelle nationale. Même si les concessions pouvaient être peu nombreuses, ce système était apprécié des deux partis qui rythmaient la vie politique teylaise.

L'Hotsaline n'était pas le seul sujet diplomatique qu'utilisaient les députés afin de faire chuter le Mouvement Royaliste et d'Union dans les sondages et peut-être de voir le gouvernement démissionner. Depuis la visite de Pierre Lore en terre kartienne, l'opposition continuait de critiquer la politique du gouvernement sur ce dossier. La récente création du conseil des exilés de Karty fut également un sujet de discorde. Le vice-président Magnus A. Jensen, présidant la séance en l'absence de Julien Hallier, donna la parole à Geremia Moretti, député élu sous l'étiquette du Parti Monarchique pour la Liberté et le Progrès.

- La parole est donnée au très honorable député Geremia Moretti, inscrit au groupe Parti Monarchique pour la Liberté et le Progrès, et déclaré dans l'opposition face au gouvernement de Sa Majesté.

- Monsieur le Président, Honorables députés, chers collègues, alors que dans cette assemblée, nous avons vu défiler nombre de tyrans qui, du haut de leur ego, se pensaient plus forts que l'Assemblée nationale, l'assemblée du peuple. En cette période de grand bal diplomatique, je ne dirai pas que le Gouvernement de Sa Majesté est dirigé par un tyran, bien au contraire. Mais je lui reconnais des défauts, de nombreux défauts. L'heure est venue de faire le bilan après ces quatre années de gouvernance. L'heure est venue de sonder l'âme de ceux qui nous gouvernent. Applaudissements dans les rangs de son parti alors que l'Assemblée nationale était remplie pour une séance qui s'annonçait captivante.

Le gouvernement prétend à des victoires diplomatiques avec le Saint-Empire de Karty. Ce gouvernement n'a rien pour lui. Il ne sait pas gouverner et il ne sait pas voir. Ce sont des défauts majeurs quand on prétend à la gouvernance d'une nation comme le Royaume de Teyla. J'entends le Premier ministre prétendre que notre alliance avec le Saint-Empire de Karty est primordiale pour la défense des intérêts du Royaume de Teyla, remettant sans cesse la Loduarie Communiste sur le tapis. Monsieur le Premier Ministre oublie, comme ces tyrans d'autrefois, qu'il fut élu par le peuple et par les membres de cette auguste assemblée. Alors, ma question sera simple. Pourquoi être passé d'un gouvernement de la réflexion et de l'action à un gouvernement de la peur ? Vous agitez la menace de la Loduarie pour vous défaire de vos échecs, de vos peurs, car oui, vous avez peur, Monsieur le Premier Ministre.

Les députés des Royalistes et du Parti Monarchique pour la Liberté et le Progrès se levèrent comme un seul homme pour applaudir le député durant la suite de son discours. Tandis que sur les bancs du gouvernement, Angel Rojas, fou de rage, se leva et fit des signes de protestation. Comme si le député de l'opposition touchait juste. D'autres membres du gouvernement protestaient en faisant des signes de la main, s'exclamant à coups de "Mensonge" ou encore "c'est faux". Mais la voix de Moretti, s'élevant dans cette assemblée combinée aux applaudissements, rendit pratiquement inaudibles les mots de protestation du gouvernement.

Oui, peur, Monsieur le Premier Ministre. Vous avez peur que les canons sonnent et s'abattent sur Manticore ou dans tout le Royaume de Teyla, vous avez peur à un point qu'il vous vient à l'esprit de négocier avec des régimes autoritaires comme le Saint-Empire de Karty et d'obtenir un accord de défense mutuelle qui vise spécifiquement la Loduarie Communiste. Vous n'avez obtenu que de faibles réformes en faveur de la démocratie et de ce que défend le Royaume de Teyla depuis des décennies. Vous prétendez avoir obtenu un bon accord, mais cela n'était qu'un bon accord que du point de vue du Saint-Empire de Karty. Pour le Royaume de Teyla, cela reste un mauvais accord, et bien plus. C'est un accord déshonorant, qui bafoue nos principes les plus essentiels. Je l'ai dit, l'heure de sonder vos âmes est venue. Alors, Monsieur le Premier Ministre, quelles émotions ressentez-vous face à l'abandon de votre dignité pour un texte que vous savez très pertinemment futile pour notre Royaume ? L'honneur du Royaume ne se négocie pas avec les tyrans slaves ou d'autres contrées du monde.

Alors que Geremia Moretti continuait sa tirade à l'encontre de la politique internationale du Gouvernement de Sa Majesté, les députés de la majorité s'exclamèrent de plus en plus fort, face à la force des mots qu'employait avec malice et conviction Geremia.

Vous avez dansé avec le Saint-Empire de Karty. Une danse qui ne s'est pas faite sur un tango ou une danse romantique. Non, l'air dans la pièce était chargé de compromission, tout en oubliant les valeurs qui ont participé à la fondation du Royaume de Teyla et à sa grandeur. Ce sont ces mêmes valeurs, que vous avez oubliées, qui vous ont fait élire député puis Premier ministre. Il reprit d'une voix calme et grave, d'un air triste. Cinquante mille, Monsieur le Premier ministre... Cinquante mille, la population entière d'une ville comme Saint-De-Tour déportée par ce régime.

Le silence, lourd et pesant, se fit dans la salle.

Cinquante mille, Monsieur le Premier ministre. Cinquante mille âmes... C'est là le prix de votre lâcheté, de votre silence et plus encore de votre soumission. C'est aussi le prix pour que vous ayez l'assurance de la paix face à la Loduarie Communiste. Il est désolant de voir que vous êtes prêt à jeter cinquante mille vies aussi froidement et violemment. Ai-je envie d'un Premier ministre qui doit être prêt à jeter devant les fusils loduariens cinquante mille des nôtres ? Non.

Cette prise de parole sonna comme une balle percutant le cœur d’un homme. L’onde de choc se propagea dans toute l’Assemblée, foudroyante, implacable. Un silence de plomb s’abattit. On aurait pu entendre les battements de chacune des personnes présentes dans la salle. Les cœurs, par crainte et peur, battaient vite sur les bancs des députés. Celui de Moretti battait le plus vite à cause de l'adrénaline. Moretti venait de réussir un coup d'éclat incroyable en abattant le gouvernement en direct à l'Assemblée nationale. Toutes les oppositions, en dehors du Parti Royaliste qui était favorable aux déportations de communistes, finirent par applaudir le discours de l'homme.

Quiconque connaissait la politique teylaise savait que les journaux, dès demain, allaient émettre la question de la démission d'Angel Rojas. Il n'avait qu'une année à tenir avant les prochaines élections, quatre années au pouvoir c'est long mais c'est une réussite. Personne n'avait imaginé Angel Rojas tenir aussi longtemps et aussi bravement, selon les oppositions. Quand celui-ci ou son gouvernement semblait être au bord du précipice, il arrivait à s'en sortir à chaque fois. Mais ici, Angel Rojas n'était pas tout à fait au bord du précipice, il en était loin. Avec une majorité absolue de plus de cinquante députés, le risque de motion de censure était nul. Après un tel discours, les oppositions allaient en déposer pour profiter de la séquence, mais arithmétiquement cela ne changeait rien.

La question qui se posait maintenant était les dégâts faits auprès des électeurs et, à cet effet, les prochains sondages seront scrutés de très près. Malheureusement, ce fut un député du Parti Monarchique pour la Liberté et le Progrès et non des Royalistes qui fit ce discours tranchant à l'encontre du Premier ministre. Le Parti Monarchique fut créé en deux mille onze et n'avait jamais accédé au pouvoir, ni au niveau national ni local. Les Royalistes avaient de nombreux cadavres dans le placard qu'aurait pu ressortir Angel Rojas pour se défendre. Mais face au Parti Monarchique, il n'y en avait aucun.

Angel Rojas venait de vivre le discours le plus tranchant à son encontre. Cela devenait presque une affaire personnelle. En plus de cette considération, de la réponse du Premier ministre allait dépendre la résistance du Mouvement Royaliste et d'Union dans les sondages. Le Mouvement Royaliste et d'Union conservait une avance de deux à trois pourcents sur les Royalistes, une avance qui risquait de fondre comme neige au soleil. Le Parti Monarchique pour la Liberté et le Progrès allait très certainement monter dans les sondages. Une situation qui risquait d'être prochainement critique pour le parti au pouvoir. Si la situation devenait trop critique pour le parti au pouvoir, alors elle le devenait pour Angel Rojas, qui risquait de ne pas garder son poste. Mais on n'en est pas encore là, se dit-il intérieurement avant de répondre à la tribune :

- Monsieur le Président, Honorables députés. Le regard d'Angel Rojas scruta la salle à la recherche de soutien. Il vit des regards inquiets dans son camp politique. Il sentit le doute envahir sa majorité et son propre gouvernement. Mais Angel Rojas était prêt à donner coup pour coup dans cette arène politique qu'était l'Assemblée nationale. À l'écoute du discours de l'honorable député Moretti, je comprends que le Parti Monarchique pour la Liberté et le Progrès fait le choix de l'isolationisme sur la scène internationale. Vous qui prétendez défendre l'honneur du Royaume de Teyla, vous y prenez d'une drôle de manière. Nous n'aurons plus aucun honneur à défendre si notre Royaume ne parle plus à personne, n'émet aucune action à l'international.

Ce sont les actions du gouvernement que je dirige qui permettent au Royaume d'avoir un honneur à défendre. Je le dis, sans nos interventions humanitaires comme à Saint-Marquise ou encore notre volonté de trouver un accord de paix au Gondo qui respecte l'aspiration du peuple gondolais, qu'auriez-vous à défendre ?
Il fixa du regard Moretti. L’honneur d’un État ne se mesure pas à la virulence des discours dans cet hémicycle. L’honneur d’un État, c’est sa capacité à peser sur le monde. Si nous ne parlons pas au Saint-Empire de Karty, alors nous ne pouvons parler à aucune nation de ce monde, honorables députés.

Des applaudissements timides descendirent des tribunes des députés de la majorité.

Vous semblez vouloir l'honneur, Honorable député Moretti. Mais l'honneur, ce n'est pas s'indigner des actions légitimes d'un gouvernement, qui, malgré vos mots, respectent les valeurs du Royaume de Teyla, en jouant le tribun à l'Assemblée nationale tout en agitant indirectement un nationalisme décomplexé qui n'avancera ni le Royaume de Teyla, ni votre parti politique. Ces déportations, je les condamne fermement. Je ferai part de ces condamnations au gouvernement du Saint-Empire de Karty, je vous prie de me croire. Mais vous savez tout aussi bien que moi que ces déportations immorales et inhumaines ont eu lieu avant la prise de contact du Royaume de Teyla. Vous clamez au sein de cette auguste assemblée que nous n'avons rien obtenu de concret. Votre mensonge est égal à votre ego, vous qui croyez devoir recevoir les honneurs d'un Royaume entier. Nul homme ne peut prétendre à cela, et celui qui prétend le contraire ne doit jamais atteindre la Résidence Faure !

Les applaudissements se firent plus vifs du côté de la majorité, tandis que des exclamations et des protestations commencèrent à descendre des bancs des oppositions face aux attaques personnelles du Premier ministre.

Des élections libres vont être organisées sous les yeux d'observateurs étrangers, une réforme complète du régime a été entreprise pour que celui-ci soit démocratique, et j'en passe. Nous savons tous ici que nous ne changeons pas la culture d'un régime autoritaire en un ou deux ans. Cela prend une décennie, si ce n'est plus. Les concessions et les réformes obtenues par le Royaume de Teyla et mon gouvernement sont une réussite majeure de ce gouvernement, quoi qu'en dise l'honorable député Moretti. Dans vos discours autres que celui que vous venez de faire, vous parlez de souveraineté et d'indépendance. Mais quel est l'intérêt d'une indépendance qui ne pèse sur aucun régime autoritaire pour tenter de l'amener à la démocratie, qui ne formule aucune proposition pour résoudre les conflits ?

Angel Rojas alla se rasseoir sous une tonnerre d'applaudissements de sa majorité. Pour ceux qui pouvaient douter, Angel Rojas était loin du précipice.
Au nom de la Monarchie, Vive la République !

Teylais


Angel Rojas était seul dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Il n'était pas seul dans le sens où il n'y avait que lui dans les couloirs de l'Assemblée nationale, c'était bien le contraire. On entendait dans ces couloirs les pas du personnel de l'Assemblée nationale, les bruits lointains d'une porte fermée avec délicatesse, puis une autre fermée avec brutalité. Il était seul dans le sens où, malgré le va-et-vient incessant des silhouettes en costume, personne ne s'adressait à lui. On pouvait le regarder brièvement, mais il était bien seul dans cette danse des membres de l'Assemblée nationale. Il observa ce personnel faire des allers-retours dans ce bâtiment historique du Royaume de Teyla. Ce bâtiment, il le connaissait. Il en connaissait les boiseries, ses bancs, ses sièges, sa beauté et son histoire. On y avait longuement débattu de l'abolition des privilèges de la noblesse, de l'abolition des crimes qui n'étaient pas des crimes, comme le fait d'être homosexuel. On y avait proclamé nombre de lois qui font le Royaume de Teyla d'aujourd'hui. On y avait déclaré des guerres qui avaient changé le cours de l'histoire.

Il y a de cela presque trois années, Angel Rojas avait franchi ces mêmes couloirs avec un regard et une approche bien différents. Il avait pris la parole devant les députés qui ne comprenaient pas les informations de la matinée. Dans les médias teylais, on parlait d'une présence militaire teylaise au Hvítneslånd, une nation fasciste qui était en pleine guerre civile contre l'ancienne autorité qui contrôlait le territoire. Lorsque le Premier ministre Angel Rojas avait informé l'Assemblée nationale de l'opération Clean House, les premières troupes teylaises avaient déjà débarqué sur les plages. C'est pour cela que les premières informations commençaient à envahir les médias teylais mais aussi internationaux. Le Premier ministre, selon la constitution, devait tenir l'Assemblée nationale informée, sous un délai de trois jours, de toute opération militaire, pas seulement extérieure mais aussi intérieure. Le Premier ministre l'avait fait, avec un discours tourné vers l'anti-fascisme, déclarant que le seul véritable ennemi du Royaume de Teyla n'était nul autre que le fascisme.

Le conflit, surnommé par les médias "le conflit silencieux", n'avait pas bouleversé les équilibres diplomatiques et politiques du Royaume de Teyla. Il avait permis à trois nations de l'Organisation des Nations Démocratiques de juger de l'efficacité et de la qualité des protocoles entre les nations membres de cette même organisation à l'aube d'un potentiel conflit avec la Loduarie communiste. Pour le Royaume de Teyla, bien que la lutte contre le fascisme fût l'un des arguments, il n'était pas le principal. L'argument principal, dans le gouvernement de Sa Majesté, était de démontrer les capacités de projection et de combat de l'armée teylaise, notamment envers la Loduarie communiste. Une démonstration stratégique pour éviter un conflit armé avec la Loduarie communiste.

Aujourd’hui, trois ans plus tard, Angel Rojas allait revenir dans cet hémicycle, non pour parler de guerre, mais de reconnaissance. La reconnaissance officielle de la République fédérale de Nordlig-Kors, née après cette guerre civile à laquelle avait mis fin le Royaume de Teyla, la République fédérale de Tanska et Caratrad. Il n'avait pas oublié les morts teylais, la souffrance de toute une nation. L'avènement d'une république démocratique était une belle fin pour ces vies sacrifiées. Cela en valait le coup, se dit-il intérieurement, alors qu'il marchait dans le couloir pour entrer dans l'Assemblée nationale et rejoindre la tribune.

Les portes étaient ouvertes. Angel Rojas vit tout l'hémicycle l'attendre. Les députés étaient debout, attendant l'entrée du Premier ministre, comme le voulait le protocole à chaque déclaration à la tribune que faisait le Premier ministre de Sa Majesté. La Garde royale, sabre devant le visage, des deux côtés du couloir, mais avec aucun soldat au sein de l'hémicycle par symbole, encadrait la longue marche d'Angel Rojas. Un homme, aussi grand qu'Angel Rojas, cria à toute voix : "Le Premier ministre de Sa Majesté, Angel Rojas !" Il gravit les quelques marches qui menaient à la tribune, ses doigts glissant sur la rampe de bois, et dit :

Honorables Députés, Honorable Président de l'Assemblée nationale,

La vie politique et diplomatique est parfois faite de surprises, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Ces surprises rythment en partie la vie politique du Royaume de Teyla et, à vrai dire, de toutes les nations de ce globe. Pour certains, mon discours connu sous le nom de "Discours du premier janvier", datant d'il y a quatre années, fut une surprise dans la vie diplomatique et militaire du Royaume de Teyla. Pour nombre de personnes, cela était une surprise. Une surprise, car il y a trois années de cela, un Premier ministre de Sa Majesté est venu, comme l'exige la constitution du Royaume de Teyla, informer l'Assemblée nationale d'une opération militaire en cours au Hvítneslånd afin de libérer un peuple, une nation sous le joug du fascisme. Une surprise pour certains, car cette opération projetait nos frères, nos sœurs, nos enfants sur une terre étrangère de l'autre côté d'une mer. Une situation que n'avait pas connue le Royaume de Teyla depuis plusieurs années.

Mais pour moi et le gouvernement de Sa Majesté qui sommes venus porter la décision, qui avons pris la décision, ce n'était pas une surprise, c'était bien une nécessité face à la situation. Le gouvernement de Sa Majesté, comme tous les gouvernements de Sa Majesté, refuse de pactiser avec une idéologie aussi barbare, mortifère, inhumaine. Je n'ai pas une simple divergence idéologique avec le fascisme, j'ai une véritable haine. Je sais que c'est le cas de tous les membres de cette honorable Assemblée nationale. L'histoire du Royaume de Teyla n'est pas qu'une succession de dates et de rois. C'est l'histoire d'une longue, et parfois douloureuse, quête de liberté. C'est l'histoire d'un peuple qui a appris, à travers les siècles, que la dignité n'est pas négociable. Chaque loi que nous avons votée dans cet hémicycle, de la dépénalisation de l'homosexualité au droit de vote des femmes, tout en actant l'égalité des droits et devant la loi de tous les êtres humains, fait partie intégrante de notre histoire.

Je me rappelle, Honorables Députés, que cette lutte contre les tyrans, l'oppression, a commencé dans cet hémicycle avec Opinion De Tour. Son action est restée célèbre et à raison. Il ne serait pas resté immobile alors qu'une nation étrangère pratiquait une politique en dehors de la morale acceptable. Il aurait agi. J'ai agi !

Cette intervention humanitaire avec Caratrad et la République fédérale de Tanska était nécessaire pour sortir ces gens d'un mal si profond qu'il revient à l'humanité entière de lutter contre ce mal. Le brave courage de nos soldats et ceux de nos alliés a permis le soulèvement d'un nouvel espoir pour l'ancien Hvítneslånd. La souveraineté populaire était de nouveau possible, ce peuple avait la liberté de choix. Ils ont fait le choix de l'indépendance, car les errements de l'ancien régime étaient trop importants, trop nombreux. Ce peuple a fait le choix judicieux, non pas de la vengeance, mais de la reconstruction. Reconstruire sur des bases saines et démocratiques, voilà l'autre choix courageux de ce peuple. De ces choix, de cette indépendance, il est né une nation, une république : la République fédérale de Nordlig-Kors.

Nos frères, nos sœurs, nos fils et nos filles ne se sont pas battus en vain. De leur combat et de leur sacrifice, la démocratie s'est maintenue auprès d'un peuple étranger. C'est pourquoi, Honorables Députés, afin que les sacrifices de nos soldats soient récompensés, je vous demande de voter en faveur de la reconnaissance de la République fédérale de Nordlig-Kors. À ceux qui voient une simple formalité administrative, vous avez tort. C'est le sens que nous donnons à la lutte contre le fascisme qui est en jeu en cet instant dans cette Assemblée, temple de la démocratie et des droits. C'est bien plus qu'une formalité administrative. C'est la démocratie, la liberté qui sont en jeu à travers ce vote. C'est un symbole que nous enverrons en montrant que le fascisme n'est pas une fatalité, mais bien une erreur de l'histoire qu'il convient de combattre et d'effacer là où il est présent.

Au nom d'une monarchie, Vive la République !





Dans le détail :
  • Union du peuple - UP :
  • Pour : 0 Contre : 8 Abstention(s) : 4 Absence(s) : 0.

  • Gauche Républicaine — GR :
  • Pour : 17 Contre : 3 Abstention(s) : 3 Absence(s) : 3.

  • Mouvement Royalistes et d'Union - MRU :
  • Pour : 324 Contre : 0 Abstention(s) : 7 Absence(s) : 28.

  • Parti Monarchique pour la Liberté et le Progrès - PMLP :
  • Pour : 6 Contre : 1 Abstention(s) : 2 Absence(s) : 26.

  • Droite Républicaine - DR :
  • Pour : 22 Contre : 0 Abstention(s) : 0 Absence(s) : 2.

  • Les Royalistes - LR :
  • Pour : 78 Contre : 3 Abstention(s) : 5 Absence(s) : 37.

  • Parti Royaliste - PR :
  • Pour : 0 Contre : 2 Abstention(s) : 0 Absence(s) : 0.

  • Sans-étiquettes :
  • Pour : 4 Contre : 3 Abstention(s) : 0 Absence(s) : 3.

  • Total :
  • Pour : 445 Contre : 20 Majorité à : 233

7972

Discours du Premier ministre de Sa Majesté visant à informer le Parlement d'opérations militaires.
Angel Rojas.


La tribune est à Son Honorable Premier ministre de Sa Majesté, Angel Rojas, déclara Julien Hallier, le Président de l'Assemblée nationale, dans une Assemblée remplie mais pas totalement. Certains députés étaient rentrés dans leurs circonscriptions, ce qui laissa mécaniquement des sièges vides. Le discours qu'allait faire le Premier ministre n'était pas seulement adressé à l'Assemblée nationale, bien qu'il y soit fait. Le discours était détourné au sein de l'Assemblée nationale par pur symbolisme envers les ultimes représentants du peuple. Faire une déclaration à la nation devant des élus indirects ne passerait pas auprès des Députés, mais aussi auprès des électeurs. Alors Angel Rojas, qui devait parler et informer le Parlement, fit son discours devant l'Assemblée nationale, retransmis à la Chambre des Nobles. Les deux chambres législatives avaient un taux de présence particulièrement élevé pour l'événement, démontrant qu'un moment d'histoire se jouait en ce moment même.

Un silence presque solennel s'installa lorsque le Premier ministre gravit les marches menant à la tribune. Il s’arrêta un instant, balaya l’hémicycle du regard. Puis il dit d'une voix grave :

- Honorables Députés, Honorables Nobles de la Chambre des Nobles, Teylais et Teylaises,

C'est le cœur lourd, mais avec une infatigable détermination, que je me tiens devant vous. À l'heure où je me tiens devant vous, suite aux attaques répétées de la Principauté de Carnavale contre l'Empire Démocratique et Parlementaire du Nord, un membre de l'Organisation des Nations Démocratiques, je vous informe que l'Organisation des Nations Démocratiques mène actuellement une campagne militaire contre la Principauté de Carnavale, visant au désarmement balistique de la Principauté de Carnavale.

Un silence lourd, accompagné par le Premier ministre qui arrêta sa prise de parole pour marquer le moment, s'installa dans les hémicycles du Royaume de Teyla et sûrement dans de nombreux foyers teylais. Avec la menace Loduarienne, les Teylais avaient appris à se renseigner sur les questions de politique extérieure et ce qui pouvait mettre en danger le Royaume de Teyla. Dans l'opinion publique teylaise, la nation de Carnavale était entrée dans les potentielles menaces, et plutôt sérieuses, au fil du temps depuis l'effacement de la menace Loduarienne. Alors cette même opinion publique savait comment risquait de répondre la Principauté. La question qui tournait en boucle dans la tête des Députés, des Nobles, des Teylais et du renseignement, c'était de savoir si la réponse allait exécuter une réponse similaire à celle de l'Empire du Nord : une cible unique dans l'un des pays participants à l'opération défensive et une cible civile. Ou alors de multiples cibles au sein d'une même nation, ou alors la Principauté de Carnavale allait-elle viser toutes les nations membres de l'Organisation des Nations Démocratiques ? Ces interrogations étaient inscrites dans l'esprit de tous les Teylais, dès le début du discours prononcé par Angel Rojas.

Cet acte, Honorables représentants du peuple, n'est pas l'œuvre d'une volonté de conquête. Il est la réponse irrévocable aux actes de la Principauté de Carnavale envers un membre de l'Organisation des Nations Démocratiques et démontrant son ignominie envers des cibles uniquement civiles. C'est un acte que des partenaires ne peuvent tolérer, que personne ne peut tolérer. Honorables Députés, Honorables Nobles, lorsque la barbarie s’attaque aux innocents, lorsqu'elle s'attaque à des civils, lorsqu'elle oublie l'honneur, alors il est de notre devoir de répondre présent auprès de nos partenaires, qu'importe la dureté de l'épreuve. Cette épreuve, pour le peuple Nordiste, est terrible et je tiens à dire aux Nordistes que le Royaume de Teyla est à leurs côtés dans les épreuves comme dans les moments de joie. Le Royaume de Teyla restera au côté de l'Empire toute la durée nécessaire. Ce message est valable pour tous les membres de l'Organisation des Nations Démocratiques, car je suis certain qu'un jour viendra où vous, Teylais, Caratradais, Nordistes, Slyvois, Faravanais, Tanskiens, Yukanaslaviens, tout en gardant nos individualités, nous serons unis et nous construirons le monde ensemble.

Les actes de la Principauté de Carnavale nous poussent à l'impensable : la guerre contre cette dernière. Les génocides, le déplacement de populations, la maltraitance des populations, l'esclavage ont que trop duré. Honorables Députés, Honorables Nobles, je vous fais la promesse que de telles ignominies cesseront dans les plus brefs délais. Je vous fais aussi la promesse que nous viserons, au contraire de nos ennemis, uniquement des cibles militaires et nous autoriserons les opérations humanitaires. La campagne menée vise exclusivement à détruire l'appareil balistique carnavalais et ne s'étendra pas au-delà de Carnavale. Notre objectif est celui-là et uniquement tourné vers la Principauté de Carnavale. L'opération Dreamland ne vise aucunement une autre nation ou organisation à travers le monde. Le Royaume de Teyla a conscience de l'absolue nécessité de maintenir, autant que possible, la stabilité régionale, mondiale et la paix.

Ces principes, avec l'humanisme, sont le fondement de la politique diplomatique du Royaume de Teyla. J'en fais la promesse devant les deux chambres, devant les Honorables représentants du peuple, devant les Teylais et Teylaises, que ce sont ces principes qui guident en tout instant, y compris ici, le Gouvernement de Sa Majesté. La force ne vaut-elle pas que par la justesse de la cause qu'elle défend ? Je vous pose la question !


Une très large partie des Députés et des Nobles, favorable à l'Organisation des Nations Démocratiques pour tous, se levèrent et applaudirent les paroles du Premier ministre Angel Rojas, qui espérait bien bénéficier d'un effet drapeau pour les prochaines élections législatives qui s'annonçaient serrées. Les représentants du peuple étaient envahis d'une multitude d'émotions et souvent contraires. La gravité du moment était reconnue de tous, la reconnaissance de l'historicité du moment aussi. Mais c'était aussi un soulagement de voir que l'Organisation des Nations Démocratiques, au plus proche de la guerre, ne rompait pas ; au contraire, elle montrait une unité à travers ses actes, envoyant un message au monde tout en s'occupant d'une menace directe pour les États-membres et le monde.

À travers notre acte, nous répondons à la demande d'un État-Membre qui a été attaqué frontalement et de manière inhumaine par une nation dont les autorités sont inhumaines, barbares, sanguinaires. Rien de plus.

Aux citoyens teylais, dont je sais que vous vous sentez en danger, je veux vous dire que votre réaction est tout d'abord humaine. Nous avons tous, collectivement, il y a peu, connu la menace Loduarienne à nos portes. Nous avons su agir collectivement face à cette menace. Nous nous sommes rassurés alors que la Loduarie Communiste attendait le moindre faux-pas, venant des autorités teylaises, pour nous déclarer la guerre. Elle a tué deux citoyens teylais. Pourtant, chers compatriotes, nous avons survécu et plus que cela, nous avons grandi en tant que nation et société. Ils voulaient nous asservir. Ils nous ont permis de bâtir la nation que nous sommes : l'une des principales puissances militaires, économiques et diplomatiques que comporte ce monde, tant meurtri. Lorsque nous avons compris la menace Loduarienne, souvenez-vous de cette douleur frappant notre cœur. La mort de nos compatriotes, de notre famille, n'est jamais facile. Elle est une période de deuil pour toute la population.

Chers compatriotes, je vous promets la même force, le même courage dont vous avez su faire preuve dans les moments les plus difficiles de notre histoire moderne, de la part de mon Gouvernement. Il sera au service de la population et sa tâche prioritaire sera d'assurer la protection des civils et du Royaume de Teyla. Cette promesse, je la grave dans le marbre et les dorures de cette Assemblée, dans notre Drapeau. Il n'y aura pas de repos, de congé tant qu'une menace planera très clairement sur le Royaume de Teyla et sur vous. C'est dans les moments difficiles qu'on reconnaît la force d'une nation, dit-on. Je suis certain de la force du Royaume de Teyla et de nos partenaires. Nous ferons taire les missiles qui visent les civils pour maintenir la paix et la concorde entre les nations. Le dialogue reste une notion nécessaire à la diplomatie et j'invite les nations à ne pas chercher une escalade non nécessaire à une opération pourtant nécessaire pour la sécurité de tous.

La main du Royaume de Teyla sera toujours tendue envers les nations qui veulent dialoguer. Mais jamais nous ne fléchirons le genou envers ceux qui ont pour principe la barbarie. Face aux ténèbres, nous ne reculerons pas, nous leur ferons face. Triompher du mal par le bien, voilà ce que nous faisons.
Il éleva la voix. Nous ne reculerons pas devant ceux qui attaquent nos alliés, nos frères et nos sœurs. Nous serons de ceux qui se tiendront toujours du côté de nos alliés lorsqu'ils sont attaqués impunément. L'injustice ne peut être une habitude et lorsqu'un peuple, une nation libre est attaquée, alors c'est notre propre liberté qui est attaquée. Nous ne devons pas l'oublier.

Vive le Royaume de Teyla ! Vive la liberté !


Une proposition est mise au vote par le Premier ministre, les oppositions usent de leur droit de parole.
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Aujourd'hui nous avons dit non à la colonisation !
La diplomatie Teylaise en Eurysie- I

- Honorable Président, Honorables Députés,

J'ai depuis le début de mon mandat en tant que Premier ministre pour lequel vous m'avez accordé et honoré de votre confiance, j'ai mis en avant l'intérêt supérieur du Royaume de Teyla, de la nation teylaise en toute circonstance. Mais aussi la politique, qu'elle soit intérieure ou extérieure, demande de l'humanité à travers plusieurs de ses facettes. Elle exige de nous dépasser et de regarder le passé pour ne pas répéter les erreurs que nos ancêtres ont faites. Elle nous ordonne une grandeur d'âme par laquelle nous trouvons la force de nous battre par humanité et pour nos concitoyens. Tout autant que vous êtes et qu'importe votre bord politique, je sais que les hommes et les femmes ici se battent pour l'éternel idéal dans lequel vous croyez et, malgré nos profondes divergences, je sais que nous partageons un amour commun pour notre nation et une volonté de la voir prospérer. Je sais aussi que nous partageons tous ensemble un attachement à la démocratie, à la liberté, à la paix et à la stabilité mondiale et pour finir à l'autodétermination des peuples.

Ces concepts, dont la définition exacte change d'une idéologie politique à une autre, dont les voies et moyens pour atteindre la finalité du concept et conserver les droits acquis divergent, nous rassemblent pourtant aujourd'hui autour d'un acte historique. Car si nous débattons de ce traité, c'est avant tout parce que vous, représentantes et représentants de la nation teylaise, l'avez voulu. Souvenez-vous, Honorables Députés. Il y a quelques mois, par un vote qui a transcendé nos clivages habituels, cette Assemblée Nationale a adopté une loi qui reconnaissait le statut de colonie à la Nouvelle-Kintan et demandait au Gouvernement de Sa Majesté, que je dirige, de respecter la décision souveraine de cette Assemblée et donc d'engager une démarche de discussion et de négociation avec les autorités de la Nouvelle-Kintan et de l'Empire Anticolonial Akaltien.

Vous avez donné à mon gouvernement un mandat. Un mandat clair et puissant de sens, au regard de notre histoire, afin de mettre fin à un statut qui fait écho à une époque révolue, celle des puissances coloniales. Le vote de la représentation nationale a eu en moi l'écho de la Déclaration de Manticore du 5 juin 1935 rassemblant diverses nations qui souhaitaient bâtir un monde basé sur la paix et la coopération entre les nations. Le Royaume de Teyla y était la nation fondatrice d'un mouvement de fond qui sera plus tard appelé le "pacifisme diplomatique". En ce jour historique, une fois de plus, pour le Royaume de Teyla, l'occasion nous est donnée de prouver que ces mots n'étaient pas que de vaines promesses gravées dans le marbre de l'Histoire, mais bien le principe directeur de notre nation et de notre diplomatie. Nous avons, sous mon mandat, réformé la diplomatie teylaise pour l'ouvrir et pour que chaque Teylais puisse y être représenté et je sais que chaque Teylais n'est pas favorable à la colonisation, surtout quand celle-ci se passe à côté de chez nous. Nous avons eu de cesse sous mon mandat de respecter la volonté générale et celle du Parlement.

Une fois de plus, sur le dossier de la Nouvelle-Kintan le Parlement a commandé au Gouvernement de Sa Majesté et le Gouvernement que je dirige a répondu à l'Assemblée nationale et à la Chambre des Nobles. La démocratie teylaise c'est cela. C'est ce dialogue constant entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, ce respect scrupuleux de la volonté nationale qui fait la force et la singularité de notre Royaume. Le traité qui vous est soumis aujourd'hui n'est donc pas le traité du gouvernement, c'est le traité du Parlement. C'est votre traité guidé par l'esprit de la Déclaration de Manticore datant de mille neuf cent trente-cinq. Un monde de paix et de coopération. Mais aussi un monde où les peuples sont souverains et non soumis à un régime d'un autre continent, dont les aspirations de ce régime ne sont que la soumission d'un peuple et de sa culture.

Aujourd'hui, Honorables Députés, nous ne débattons pas d'un simple accord diplomatique ! Nous touchons à l'âme teylaise. Nous rallumons l'esprit nécessaire de Manticore, cet esprit qui avait montré au monde que la grandeur et le prestige d'une nation ne se font pas en fonction du nombre de nations conquises, de peuple soumis, mais dans la discussion et la coopération. Ce qu'a négocié le Royaume de Teyla, avec l'honorable nation, la Grande République de Velsna, n'est pas un simple traité, il est l'aboutissement de cette vision que je sais vôtre. À ce titre, Honorables députés, je veux adresser mes sincères remerciements aux chefs de groupe parlementaire, Julia Roberta pour le groupe "Les Royalistes", Geremia Moretti président du groupe parlementaire "Parti Monarchique pour la Liberté et le Progrès", Nathalie Poutou présidente du groupe parlementaire "Avenir du Peuple" et enfin Elijah Desjardins présidente du groupe parlementaire "Mouvement Royaliste et d'Union" avec qui les discussions sur ce dossier ont été continues, cordiales et constructives.

Si l'esprit de Manticore est peut-être en difficulté sur la scène internationale, je sais et les Teylais savent que cet esprit est plus que jamais vivant au sein de cet hémicycle. Lorsque vous vous êtes levés, honorables députés, d'une même voix pour corriger le tir face à la situation en Nouvelle-Kintan, le Gouvernement de Sa Majesté vous a entendu et c'est pourquoi je propose, en ce jour, un vote sur le "Traité trilatéral de Nouvelle Kintan".

Ce traité est un bon et juste traité. En effet, Honorables Députés, ce dernier s'assure que la Nouvelle-Kintan ne soit pas soumise aux bases militaires étrangères et que le stationnement de troupes venant d'un autre continent, tel que l'armée akaltienne, ne vienne pas défiler dans un mouvement belliqueux, déplacé et de soumission du peuple kintanais. Car à quoi bon briser les chaînes d'une tutelle si c'est pour voir la jeune nation kintanienne immédiatement enchaînée par une autre ? Je vous le dis, le Royaume de Teyla et la Grande République de Velsna ne toléreront aucun changement de maître car la flamme de la liberté ne peut être éteinte. Il garantit à la nation kintanienne qu'elle ne devienne pas l'arrière-cours des grandes puissances et des puissances régionales, le traité garantit l'indépendance et la souveraineté militaire de cette nation qui a l'avenir devant elle. Nous offrons aussi du temps à cette nation pour opérer une transition et ne pas, là encore, la laisser seule et désarmée devant les grandes puissances et puissances régionales.

Depuis la disparition de la nation pharoise, la piraterie a continué à exister dans certains endroits de la Manche Blanche. Le développement d'une marine nationale puissante et à la hauteur d'une grande nation comme la nôtre est l'un des prérequis pour combattre cette piraterie qui continuait de subsister dans certains endroits. Là aussi, l'Assemblée nationale et la Chambre des Nobles ont contribué à refaire du Royaume de Teyla une puissance navale lui permettant de défendre ses intérêts sur les mers et les océans du monde. La protection des routes commerciales est l'une des priorités et pour cela, nous devons jeter nos forces dans la lutte contre la piraterie. Mais la force brute ne doit être vue comme l'unique arme et l'unique moyen qui doivent être déployés pour lutter contre la piraterie. Bien au contraire, si une politique globale et cohérente n'est pas menée sur le sujet, alors la piraterie que nous voulons voir disparaître, continuera d'exister quoiqu'il advienne.

Les États qui voient la piraterie prospérer en leur sein doivent être conscients de la gravité de la situation et prendre les mesures adéquates. À travers le traité mis à la ratification aujourd'hui, nous nous assurons que l'État kintanais prenne les mesures nécessaires pour lutter contre la piraterie qui a lieu en son sein. C'est un traité qui prend tout en considération, qui garantit l'indépendance de la Nouvelle-Kintan dans la lutte contre la piraterie. Nous avons là un traité, non pas parfait, mais qui correspond aux aspirations de cette Assemblée.

Honorables Députés, le mandat que vous nous avez confié a été rempli. Pour la liberté, pour la paix, pour la décolonisation, je vous demande de ratifier ce traité.

Applaudissements dans les rangs de la majorité. Le traité sera ratifié à la majorité absolue.
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