06/01/2020
05:44:12
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Activités Intérieures

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Un paysage perdu au Quichu...

Activités Intérieures

Il est prié de ne pas écrire en dessous de ce post, qui servira à décrire des histoires se produisant au sein de l'état de Quichu
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Notre Dame

Notre Dame

Ambiance musique (à mettre en boucle)

Quartier Saint-Paul, à Crévy.
Les doux chants des oiseaux, harmonieux en cette saison, animent la Place d'Aegild. Les arbres, bruyants de vies, colorent un peu plus les rues marchandes de la ville. En ce mois de Juin, les habitants passent et s'entremêlent dans des foules importantes et interminables. Les maisons, datant de l'âge des colonies caratradaises du XVIe siècle, arborent une architecture très eurysienne, dans un continent et un pays prouvant milles et une valeurs natives. Mais c'est ainsi, à Crévy.
Les gamins, libres pour la journée, circulent et jouent au bord de la rivière du Kamal, qui a donné son nom à la région. Les plus aventureux, espérant s'approcher des petites barques de bois qui longent parfois la rivière, se font gronder par les propriétaires de ceux-ci. Les charmants hommes et femmes, élégants de haut en bas, se distinguent du reste de la foule, et arborent les héritages de leurs familles.
La place marchande de la Place d'Aegild est un poème aux mélanges des castes. Tous observent certes les parures, mais aucun n'en ressort avec la jalousie d'autrui. Au contraire. Se morfondre dans cette émotion est bien un facteur dégradant, et on doit respect à ses ainés comme à ses pairs. Tant pis si des hautes familles semblent bien riches, elles ont droit à la même vie que ceux des honnêtes travailleurs.
C'est dans cette vie et cette ville que travail Edouard. Fils de la famille bourgeoise des "Gaewild", il hère dans cette symphonie à la mixité, ou les ouvriers parlent aux mêmes tables que les antiques nobles. Il lui arrive parfois même, dans les petites ruelles, d'apercevoir des Roméos et Juliettes s'embrasser tendrement. Crévy est, à contrario du possible, l'uchronie à la paix.

Alors qu'il marche sur la place marchande, il découvre des boutiques nombreuses présentant toutes sortes de choses : des bracelets traditionnels Quichus, des draps de soie brodés par les "Old Mummy", de vielles femmes wentaises au coeur si doux, ou encore, plus divertissants encore, des animaux en bois, ou les mioches se tournent les premiers.
L'air ici, est loin des manigances et des coups de poignards de la politique. Il est plaisant de vivre ici, car vous vous sentez en liberté et en paix comme nul part ailleurs. Pourquoi se retirer le bonheur quand il est constant non loin de nous ?
C'est toutes ces raisons qui ont poussé Edouard à vivre ici. A y faire fortune, avec son industrie. Il dirige une entreprise de textile usant uniquement d'employés d'origines caratradaises. C'en est même une fierté populaire. Les plus nationalistes et patriotes issent tous et toutes cette industrie en étendard de l'identité des enfants de Bryngaerdinas Pil. Son nom : "Pyer Cotton", du nom de l'île wentaise où tout a commencé.
De nombreuses fois, le duc même, Eadred V of Went, a félicité Edouard pour ses réussites. Encore plus incroyable : par l'intermédiaire du Comte de Roàgon, l'héritier au trône Alfred, la famille royale conscient à aider secrètement via des aides financières "Pyer Cotton", afin qu'à jamais elle représente les capacités industrielles de l'archipel.

Mais alors, pourquoi être au Kamal, région nordique à ces archipels ? Si Edouard sert le Went, pourquoi venir ici, à Crévy ? C'est une question si simple et qui a par ailleurs une réponse très juste : le passé. En effet, comme dit plus tôt, cette terre était autrefois des colonies de Caratrad. Des colonies qui ont amené avec elles des hommes et femmes de la métropole caratradaise. C'est ainsi que des villes naquirent, et que les "cinq colonies" naquirent dans des terres qui étaient celles d'un nouveau peuple de culture eurysienne. Néanmoins, celles ci ont été perdues au cours d'une terrible guerre contre la jeune République du Quichu, qui s'unissait en une entité politique unie et stable face aux colons toujours plus menaçants en Yukanaslavie.
Depuis, malgré les tentatives du gouvernement quichu, ces terres ont conservé une identité forte, mais sans états. A l'image du Went, certains locaux espèrent toujours une autonomie déclarée, à l'instar de celle de leurs confrères du sud dans l'archipel. Les mouvements autonomistes ont cependant, avec le temps, perdus en importance. Et c'est là que la mission d'Edouard prend sens.
Voulant user de son entreprise, duc de Went espère raviver le coeur des habitants de la région, et peut être permettre au mieux une intégration dans l'administration wentaise, au pire à une légère remise en forme des autonomistes.
Néanmoins, ici, pas question d'indépendance. Au delà de ce que le Went parait, il ne veut point l'indépendance. Bien que certains espèrent la réintégration à la métropole caratradaise, tous savent que la Yukanaslavie apporte bien des avantages qui sont trop importants pour être négligés et abandonnés. Alors il faut faire attention, car Edouard n'a pas le droit à l'erreur. Embraser la région n'est pas le but, au contraire. Il faut l'unir, coûte que coûte, pour apporter prospérité au Kamal.

C'est alors qu'Edouard s'arrêta. Tournant la tête en direction d'un vaste monument, il observa "Notre Dame de Crévy", cathédrale bâtie il y a plusieurs siècles par le moine Argond de Nuewild à la fin du XVe siècle. Les courbures et la structure, aussi belles que n'importe quels autres du vieux monde, sculptées par la main des meilleurs ouvriers, laissent apercevoir les moultes histoires qui entourent sa construction. Des gargouilles, l'on passe aux saints fondateurs de cette patrie sans chef : Gwennedine d'Astau, meneuse du premier navire à accoster au Kamal, le frère Fuldbert de la Tyronne, kaulthe de langues caratradaises, dirigeant de la première mission religieuse dans la région, ou encore Jacques Guofydar, premier gouverneur colonial de la première colonie de Newydd-Kentware. Tous et toutes sont représentés dans cette si précieuse et belle cathédrale, symbole des siècles et de l'histoire, qui résonne encore en nos beaux jours actuels.
Et c'est alors que la cloche sonne midi. A cette heure, les foules se tournent toutes vers Notre Dame, et observent les oiseaux sortirent des arbres, et le vent se lever sur cette terre emplie de bonté.
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La chambre 113

La chambre 113

Aujourd'hui, papa est mort. Ou peut être demain, certainement.
C'est ce que disent ces lettres. Par dizaines, qui me viennent. Elles me quémandent d'aller, lui, le voir. Les dernières nouvelles ont été dures : la maladie va l'emporter. C'est ce que m'avait dis le docteur, puis un infirmier. Et puis ces lettres, aussi. Mon père a maintenant son destin révélé. Aurais-je dû agir ? Je ne sais pas. "Vous n'y êtes pour rien", disait le docteur. Et pourtant, voilà qu'il me revient. Ce sentiment. Regret.

Cela faisait quelques mois que je lui rendais visite à la maison de retraite de Poyotopi. Quelques mois qui m'avait semblé des années. Le bâtiment froid et solide qui me faisait face lors de mes venues ne changeait guère de décor à chaque fois. Deux arbres d'une espèce dont je n'ai jamais pris l'attention de les distingués trônaient sur les côtés opposés des portes automatiques, qui, calmement, s'ouvraient et se fermaient à la venue des ombres qui étaient des gens.

Comme les autres, je suivais ces ombres. Instinctivement, vers cette direction. Si on enlevait les deux arbres de l'entrée, on pourrait croire simplement que les portes automatiques de cette "maison" sont celles du paradis. Finalement, qu'est ce que cela changerait de penser cette illusion ? Pas grand chose. Puisque de toute manière, au bout du chemin, seule la mort attend les occupants des chambres de cet endroit.

Alors que je passais cette première épreuve, en arrivant dans le hall de cet établissement, une jeune femme me salua. Certainement une infirmière, ou bien autre chose. Je ne lui fis qu'un léger hochement de tête en guise de bonjour. Et je repris, aussi simplement qu'une habitude, le chemin vers cette chambre que je côtoyais comme la mienne : la chambre 113.

En arrivant devant celle-ci, je m'arrêtais lentement, pour finir par ressembler à ces gens posant sur la tombe d'un proche ou d'un parent. Simple entrainement ? Je ne le savais moi-même. Je pris quelques minutes, me rappelant des quelques mots que le docteur m'avait adressé, si tard, lors de cette visite privée : "Vous n'y êtes pour rien". Et pourtant, voilà qu'il revient au galop. Lui, ce triste sentiment : Regret.

Finalement, évitant le regard de quelques curieux que je savais des locataires, je finis par toquer à la porte 113, calmement. Et comme si il n'y avait aucune séparation entre la chambre et le couloir dans lequel je me trouvais, hormis celle d'un brouillard qui altérait les voix, j'entendis ce qui m'avait semblé être une invitation. Suite à cela, je suis entré.

La chambre était toujours la même. Identique à celle que j'ai quitté il y a 2 jours. Identique depuis 6 mois. Une pièce ne permettant de mettre seulement qu'un lit à droite, et juste à côté de ce dernier, une petite pièce servant de douche et de toilette. Si, il est vrai, devant ce lit aux couleurs mornes maladives, il y avait un petit meuble, et par dessus, une télé. à gauche, juste à côté de ce petit plaisir, il n'y avait qu'une petite table accompagnée d'une chaise rappelant celles des salles d'attentes à l'hôpital. et, encore à côté de cela, au plus proche de moi-même, un placard servant de rangements pour les quelques vêtements du seul homme à vivre dans ce mitard : mon père.

Quand je suis entré, c'est la seconde chose que j'ai vu. Un individu, dont l'âge était visible à l'instant même où l'on voyait ses rides, qui observait, du bord de son seul échappatoire à ce studio d'étudiant, les activités d'une rue qui n'avait rien de vivante. Il portait toujours la même chose. Son costume, un très vieux costume brun et gris, qui l'accompagnait, d'aussi loin que je m'en souvienne, depuis ma naissance. Une paire de chaussures en cuir soigneusement entretenues, et enfin, un béret traditionnel gris de Puritania. Il s'appuyait sur sa canne en bois d'ébène, qu'il avait acheté lorsque cela était devenu indispensable pour ses déplacements. Au premier regard, on aurait pu se dire qu'il était de ces vieillards qui racontent des histoire aux enfants au coin du feu. On aurait dis surtout que la mort était loin de lui, que la vie, elle, avait encore du chemin avant de le quitter. Et pourtant, je le savais, mon père était condamné.

Quelques secondes après être entré, il tourna sa tête dans ma direction, et me sourit. Un sourire marqué par les évènements, mais qui était beau pour et contre tout. Je le savais : il voulait un calin. C'est pour cela que je me suis avancé jusqu'à atteindre sa position, et, l'enlaça dans mes bras. C'était devenu notre manière de dire "bonjour". Puisque de toute manière, il ne pouvait plus parler. Il avait perdu cette faculté humaine depuis la perte de ma mère, il y a un nom, le 23 Septembre 2018. Cet évènement est connu de tous et toutes. L'attentat de la place de la Fédération.

Je n'ai jamais su ce qu'il s'est passé. Je n'étais pas là, à ce moment. Tout ce que j'ai su, c'est que mère était morte, suite aux coups de feu. Sur la liste des 112 anonymes, son nom y était. Je n'ai rien pu faire, je n'ai pu qu'observer. Observer les conséquences de cette tragédie. La perte du don de la voix de mon père, son isolement progressif, et mon regret. Celui de n'avoir pu être là pour les sauver.

Le docteur a été clair : "Vous n'y êtes pour rien". Un éclat de balle s'est logé proche du coeur de mon père, suite à l'attentat. Impossible de l'enlever, sans risquer de le tuer. Cependant, ce n'est qu'une question de temps, car il avance, inexorablement, vers son objectif. Il mourra ainsi, aujourd'hui, après que je serais partie, ou bien demain, ou bien un autre jour. Il est condamné, il ne le sait pas encore, puisque les médecins se sont refusés à lui dire, et m'ont ordonné de faire de même. De toute manière, il n'aurait rien contesté.

Comprenez ainsi mon regret. J'ai perdu mes deux parents, car mon père est mort, le jour où cet éclat s'est logé dans sa poitrine. J'aurai voulu prendre ces balles à la place de ma mère, et ce morceau dans mon coeur à la place de mon père. Mais je n'étais pas là. Je n'ai rien pu faire. Et je ne ferais rien, car je n'ai aucun pouvoir. Ce n'est pas de ma faute, mais j'aurai dû l'envisager. Mais je n'y peux rien, même si j'aurai voulu l'affronter. Ce destin tragique, évitable, que j'aurai aimé changer.

Lorsque je quitterais ce sombre manoir, j'y penserais encore. Est ce la dernière fois que je verrais mon père ? Peut être bien. Mais le seul souvenir que j'en garderais, ce sera ce lieu, où, pour la dernière fois, je l'aurais vu : la chambre 113.
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