Le président Ëdangois accusé de corruption et de guerre par procuration20/06/2018Dans un long rapport du tribunal gouvernemental de Wanzi, le président de la République antérienne côtière d’Ëdango, Lucien Bongou, également dirigeant du parti UPA (Union des Peuples Afaréens), majoritaire au Parlement, est accusé d’avoir soutenu matériellement, avec l’aide de l’État, le groupe de miliciens Veuve Noire. Ce groupe est accusé de viols, de meurtres et de vols, et aurait bénéficié de ce soutien afin de permettre l’exploitation de plusieurs mines d’or au Moronza, un pays actuellement en guerre civile, qui a récemment annoncé faire appel aux services de cette société de mercenaires en échange de concessions minières.
Par ailleurs, le président Bongou et son parti sont également accusés d’avoir reçu de l’argent de la société d’exportation Akaport afin de faciliter le rachat des parts de marché de sa concurrente, Ëd-Ma-Port, située à Port Ëdango.
En raison de cette affaire, le président pourrait être contraint de démissionner et être condamné à une amende de 35 millions de liams, ainsi qu’à une peine pouvant aller jusqu’à 80 ans de prison. Son parti aurait également de fortes chances d’être dissous, et de nouvelles élections législatives pourraient être organisées.
D’après l’enquête menée par le tribunal de Wanzi, Lucien Bongou aurait rémunéré des membres du gouvernement afin d’envoyer de fausses unités, équipées de matériel militaire, mener de prétendues missions de sécurisation du territoire à l’est du pays. Ces unités auraient ensuite été déclarées mortes, permettant la revente du matériel aux miliciens de Veuve Noire. Parmi le matériel vendu figureraient plusieurs dizaines d’armes légères d’infanterie, trois véhicules transports de troupes blindés et dix véhicules légers tout-terrain.
De plus, après l’accord conclu entre le groupe Veuve Noire et le gouvernement moronzais, ce matériel aurait été envoyé au Moronza pour participer aux combats. Selon le tribunal, la République antérienne côtière d’Ëdango aurait ainsi pris part à la guerre civile moronzaise, ce qui constituerait une violation de l’article 3, alinéa 3, de la Constitution ëdangoise. Cet article stipule que la République ne peut soutenir un pays en guerre que si un traité ou un accord officiel l’y autorise, ce qui n’est pas le cas avec le Moronza.
Concernant l’affaire de corruption, le tribunal accuse, comme mentionné précédemment, le président et son parti d’avoir reçu des fonds de la société Akaport afin de faciliter le rachat des parts de marché de la société concurrente Ëd-Ma-Port, à Port Ëdango. Environ dix millions de liams auraient été versés afin de faire voter au Parlement des lois favorisant le monopole d’Akaport sur le plus grand port du pays. Cependant, selon la loi, Akaport risque peu de sanctions, car dans les affaires de corruption, c’est principalement le corrompu qui est tenu pour responsable. Néanmoins, à la suite de cette affaire, plusieurs dizaines d’investisseurs ont quitté la société, entraînant une baisse de sa valeur de 21 %.
Face à ces accusations, le président dément catégoriquement et dénonce un complot ainsi qu’une mise en scène orchestrée par les socialistes, sans toutefois s’exprimer davantage. Son parti, l’UPA, rejette également les accusations, sans fournir plus de détails.