[EXT] Corruption du commissaire de Saipalbon-Tèmpho
Source : Ministère de la Sécurité d'État - Confidentiel
Tandis qu'à l'international, les situations relatives à l'Empire Décolonial Akaltien commencent à lasser les puissances diplomatiques, se détournant des enjeux liés au Nazum, la Poëtoscovie, elle, souhaite poursuivre ses efforts pour une stabilisation régionale.
L'une des puissances rivales de la Poëtoscovie, le Jashuria, semble également préoccupé par la situation, mais l'aborde toutefois d'une façon radicalement différente. En effet, tandis que la nation littéraire use principalement de méthodes clandestines afin d'accroître son influence sur le continent de Nazumi, le Jashuria semble davantage enclin à l'usage de la force. Il est donc à supposer qu'une intervention armée puisse advenir dans des temps proches. Afin d'envisager toutes les possibilités, la Poëtoscovie compte bien bâtir une stratégie fondée avant toute autre chose sur l'anticipation des mouvements adverses. Point cela passe par un renseignement total au sein même des institutions de l'ennemi. Le fait d'acquérir ce renseignement passe également par une surveillance continue et conséquente du territoire le plus instable de la région : le Chandekolza.
Depuis peu, la nation littéraire place ses pions sur Nazum, avec notamment le déplacement de sa troisième flotte au large du Wanmiri. La dite flotte, avantage tactique considérable, possède une capacité d'intervention rapide tout à fait nouvelle et qui pourrait changer la donne si la Poëtoscovie souhaitait intervenir militairement dans la région. En effet, le porte-avions en son cœur, sur lequel sont appareillés de nombreux appareils, dont des avions de chasse et d'attaque au sol, ajoute une dimension de contrôle aérien au-delà de la simple présence maritime. Il était bien noté qu'une surveillance est également élaborée dans le même temps par des drones lancés depuis ce même porte-avions.
Afin de rester conscient de la situation au jour le jour au Chandekolza, les services de la Sécurité d'État de Poëtoscovie (SEP) ont souhaité, dans un premier temps, agir de manière clandestine afin de récupérer du renseignement qui pourrait s'avérer utile par la suite. Cela se concrétise notamment par la corruption d'un haut-fonctionnaire d'État du Chandekolza en échange de renseignements sensibles qui permettraient aux autorités poëtoscoviennes de posséder un renseignement fiable, de qualité, et ce de manière permanente. Le suivi de l'actualité politique peut être assuré à distance, et te rendre plus complexe la compréhension des mécanismes intérieurs liés aux enjeux internes du pays sans avoir une personne dépêchée sur place. Les données transmises permettraient ainsi à la SEP de comprendre les stratégies mises en place par les autorités locales, mais aussi par des puissances étrangères qui souhaiteraient influencer le cours des événements dans la région. Une telle source est donc un véritable avantage pour la nation littéraire, qui peut jouir désormais d'une connaissance précise et au jour le jour de ce qu'il se passe sur place.
Afin d'être au plus près des décisions politiques, mais aussi de la population, il a été décidé de comprendre le chef de la police capitale locale. En transmettant notamment les ordres qu'il reçoit, les renseignements transmis permettront de comprendre avec exactitude les préoccupations de l'État et les moyens d'action qui sont envisagés.
Pays pauvre rémunérant relativement mal ses fonctionnaires, la corruption est donc très facile, notamment dans le cadre d'un commissaire qui ne voit pas en quoi cela serait problématique, au contraire, assez de fonctions, les ordres qu'il reçoit n'étant pas d'une sensibilité extrême. En revanche, le fait qu'il travaille ainsi pour les services de renseignement poëtoscoviens n'a aucun impact sur les ordres qu'il donne ni sur la manière dont il accomplit ses missions au quotidien. Sa routine n'est d'ailleurs pas considérablement bouleversée, puisqu'il agit exactement comme avant, ne passant que quelques minutes par jour à donner les renseignements qui pourraient intéresser la nation littéraire.
Afin de couvrir ses arrières, le service d'ailleurs prétend être une agence d'espionnage autre : celle du Westalia. Ainsi, dans le cas où il viendrait à l'idée du commissaire de dénoncer les pratiques d'ingérence étrangère, l'accusé ne serait pas la Poëtoscovie, laquelle s'en sortirait indemne sur le plan diplomatique point En effet, s'il est assumé que la Poëtoscovie s'immisce dans les affaires nationales d'autres pays, le fait de dévoiler ses pratiques mettrait un frein à sa politique internationale particulièrement interventionniste. Il faut cependant placer une distinction nette entre impérialisme et interventionnisme. Si la Poëtoscovie voit d'un mauvais œil la volonté de certains pays de dominer une partie du Nazum, elle n'est pas non plus pour une vassalisation de ce territoire à Hernani-centre, que cela soit d'une manière militaire, culturelle ou politique.
Afin de recruter le commissaire de la capitale du Chandekolza, la Poëtoscovie enverra une personne de l'ambassade le trouver à son domicile. L'y ayant rencontré pour un entretien en face à face, les services poëtoscoviens peuvent lui donner un appareil de communication sécurisée, permettant au chef de la police locale de transmettre ces informations en toute discrétion, dès qu'il rentre de son travail.
Tout cela participe d'une stratégie globale de la Poëtoscovie dans cette région du monde de plus en plus encline à l'instabilité politique et militaire. Il ne s'agit d'ailleurs que d'une des premières tentatives d'ingérence au Chandekolza, quand d'autres devraient être attendues incessamment. Il s'agit, pour la Poëtoscovie, d'une priorité absolue, si ce n'est existentielle, le nazum sombrant peu à peu, du moins dans sa région Sud, dans l'influence jashurienne. Contester cette même zone d'influence est donc un moyen d'affirmation pour les puissances étrangères, garantissant leurs intérêts commerciaux et diplomatiques partout sur leur propre continent.
Afin de se créer un réseau tout autour du globe, le gouvernement vient d'ailleurs d'allouer des fonds spéciaux considérables à la SEP afin qu'elle puisse dignement rémunérer ses collaborateurs. Les sources, dont les services secrets prennent grand soin, bénéficient également d'une protection. En effet, dans le cas où leur vie serait menacée par le régime qu'elles trahissent, la Poëtoscovie a la capacité d'organiser une extradition vers des pays alliés sans pour autant devoir assumer qu'elle n'est pas le pays qu'elle a prétendu être lors du recrutement de la source en question.
En outre, dans le cas bien spécifique du Chandekolza, la nation littéraire envisage également des interventions militaires, ce qui justifie des coûts exorbitants, liés notamment à la présence de forces en périphérie. Cela comprend la troisième flotte évoquée plus haut, mais également la base militaire du Chandekolza où sont présentes d'importantes forces terrestres, maritimes et aériennes.
Enfin, de telles opérations clandestines vont de pair avec tout un tas d'autres interventions perpétrées par la Sécurité d'État, et ce aux quatre coins du monde. Des interventions à venir au Jashuria, par exemple, ne sauraient qu'être liées aux enjeux régionaux évoqués longuement ci-dessus. Par ailleurs, les différents partenariats culturels que la police combine de signer avec des sociétés privées et des administrations publiques de tout le Nazum prennent une part des conséquences de la politique internationale sur le continent. Ce choix historique de la nation littéraire byzantine de privilégier les opérations clandestines culturelles à l'influence militaire et économique se traduit, dans le cas présent, par une forme de submersion idéologique tant dans les sphères officielles qu'intimes des populations locales. La transition vers un régime pleinement tourné vers le progrès social, et détournant le regard de l'impérialisme jashurien, ne fait que commencer.
