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Édition du 02/12/2019
Échanges avec les journalistes de Monsieur Vasiliy Shulichenko, Président de la République du Latrua


Échanges
Vasiliy Shulichenko à Biaberény, le 02 décembre 2019. Crédit : Christov Tarnovetsky pour Véracité

/En déplacement dans le Sud-Ouest, à Biaberény, pour visiter la nouvelle usine aéronautique, le Président de la République a tenu à converser avec les différents médias couvrant la visite./
Vasiliy Shulichenko : Je vous remercie Mesdames, Messieurs, d'être venu aujourd'hui, de m'avoir accompagné ici, à Biaberény, pour l'inauguration de cette nouvelle usine du secteur aéronautique. Ce plan industriel est l'une des réussites des dix dernières années. Les gouvernements qui se sont succédé à la tête de notre nation ont permis ce processus d'industrialisation, de réindustrialisation. Un processus qui a su porter ses fruits et cette nouvelle usine en est un vivant exemple. Ici, à Biaberény, c'est plus de 150 emplois qui ont été créé, c'est 150 foyers qui ont vu leur capacité de vie ainsi que leur pouvoir d'achat augmenté. Ici, à Biaberény, c'est tout un quartier qui se voit redynamiser, cette usine étant à la fois sa marge et son cœur. Ici, à Biaberény, c'est une ville, un oblast qui profite de l'ouverture d'une nouvelle usine, d'un nouveau secteur économique. Un secteur d'avenir, un secteur
synonyme de puissance et d'indépendance, un secteur clé pour notre économie, un secteur stratégique pour notre pays. Je finirais ce propos en remerciant tous les acteurs qui se sont engagés dans ce projet, à commencer par les ouvriers et ouvrières de l'usine, les autorités publiques au niveau de la municipalité, de l'oblast de l’État et, pour finir, les ministres concernés : Madame la Ministre de l’Économie, des Finances et de l'Industrie et Madame la Ministre du Travail et de la Relance.
Je vais maintenant prendre vos questions.

Journalistes : Monsieur le Président, cette usine ne tourne pas à plein régime aujourd'hui, cela étant dû à des retards de livraisons. Dans combien de temps ce site sera-t-il pleinement opérationnel ?

V.S : Il le sera dans les prochaines semaines. Il est vrai que les délais de livraison de certaines machines ont été dépassés, repoussés mais ce n'est qu'un retard qui, certes, impacte la production au moment où nous parlons, mais qui sera réglé dans, c'est ce que m'a dit Madame la Directrice, deux à trois semaines. Je comprends votre inquiétude, elle est motivée et montre l'importance que vous attachez à l'industrialisation de notre pays, comme beaucoup de nos compatriotes.

Journalistes : La réindustrialisation prend une part importante dans votre programme pour la présidentielle d'avril prochain. Diriez-vous qu'en inaugurant cette usine vous prenez de l'avance sur vos mesures ?

V.S : Je suis ici en ma qualité de Président de la République et non en tant que candidat à cette même fonction. Je ne répondrais donc pas à ce genre de question qui concerne le candidat et non le Président. Je dirais juste que je n'ai pas attendu que l'échéance de la présidentielle se profile pour mettre en place une politique claire d'industrialisation. Ce que vous voyez derrière moi est le résultat d'années de travail, de développement, de réflexion et de construction. Ce que vous voyez derrière moi constitue une partie du bilan de la majorité et des gouvernements qui dirigent le Latrua depuis dix ans. Ce que vous voyez derrière est le résultat d'une politique, d'une volonté de créer des emplois tout en développant le secteur secondaire qui, qu'on le veuille où non, est essentiel pour tout pays développé.

Journalistes : Est-ce que le développement du secteur secondaire dont vous parlez se fait au détriment du secteur primaire, le secteur agricole, et du secteur agricole ?

V.S : Il ne vous aura pas échappé que nous sommes un pays principalement tourné vers le primaire, vers l'agriculture, plus que vers les autres secteurs économiques. Je ne veux pas développer au détriment de, mais je veux développer en bonne intelligence, sans jamais défavoriser une classe d'emplois, une catégorie économique ou sociale. Maintenant, il faut aussi rendre compte du réel et le réel est simple : nous avons un secteur agricole hypertrophié, qui nous permet d'exporter ; nous avons un secteur des hydrocarbures compétitif, dont les ressources sont envoyées aux quatre coins du globe ; et nous avons, au contraire, des secteurs industriels et de la vente quasi inexistants et plutôt souffreteux. C'est donc vers ces secteurs que notre attention se porte en premier lieu, pour les solidifier et les remettre à niveau, pour permettre aussi le développement de nombre de nos territoires, pour permettre une diversification des activités. Nous faisons cela depuis dix ans sans jamais oublier nos agriculteurs et agricultrices, sans jamais cesser de les soutenir, sans jamais arrêter de nous battre à l'international pour favoriser l'exportation de nos excédents qui sont, c'est de notoriété publique, vertigineux.

Journalistes : Vous avez signé deux partenariats industriels ambitieux avec la Mährenie et Karty, passant par le développement d'armes du futur. Est-ce là une manière d'impliquer nos partenaires dans votre effort de réindustrialisation ?

V.S : Une belle question ! Je ne sais pas si je l'aurais formulée ainsi. En effet, en disant cela, vous induisez l'idée que j'aurais trompé nos partenaires en leur proposant des projets qui ne profiteraient qu'au Latrua. Je suis au regret de vous dire que ces projets profitent aux deux parties, leur permettant de renforcer leurs capacités militaires et industrielles, le développement de ces armes étant conjoint. Je rajouterais que l'idée de tromper, de rouler nos partenaires stratégiques ne m'est pas encore venue à l'esprit et ne fait pas partie de mes réflexes diplomatiques.

Journalistes : Sur l'actualité internationale, la communauté kartienne résidant en Loduarie a vécu, il y a quelques semaines, un véritable pogrom, une chasse aux sorcières meurtrière. Quelle est votre réaction ?

V.S : Je condamne vivement, avec la plus grande force et fermeté, les agissements des forces armées et du gouvernement loudarien. Je condamne cette violence débridée, déchaînée et instrumentalisée par le pouvoir loduarien. Nous ne pouvons clairement pas tolérer et accepter ce genre d'exactions. J'apporte mon soutien plein, entier et sincère au peuple kartien et à ses dirigeants, mon attachement ainsi que celui de la nation latruante à un pays frère endeuillé. Nous disons d'ailleurs notre capacité à accueillir les rescapés de ces attaques.

Journalistes : Est-ce que ces événements vont pousser le Latrua à s'engager plus encore dans la guerre entre Karty et la Loduarie ?

V.S : Si par « s'engager » vous entendez prendre des sanctions à l'encontre de la Loduarie, alors je vous répondrais que, bien sûr, le Latrua saura prendre sa part. Si par « s'engager » vous entendez lancer une opération militaire contre la Loduarie, alors je vous répondrais que, comme depuis le début de ce conflit, ma position et ma doctrine n'ont pas changé : cette guerre n'est pas la guerre du Latrua. Nous condamnons, sanctionnons une agression, une violation du droit international, une entreprise meurtrière ; nous apportons notre soutien politique à nos alliés menacés dans la région, mais ce soutien reste et doit rester purement politique. Je tiens à le rappeler aujourd'hui, une nouvelle fois : le Latrua se veut artisan de la paix, bâtisseur de la diplomatie, et j'appelle, une nouvelle fois, les belligérants à s'asseoir autour d'une table et à discuter. Le Latrua, sa diplomatie, son gouvernement et moi-même nous tenons prêts à jouer, si la Loduarie, Karty, l'Antares ou tout autre pays engagé le demande, le rôle de médiateur.

Journalistes : Seriez-vous prêt à recevoir les dirigeants de la Loduarie ?

V.S : S'ils en font la demande et que cette rencontre est motivée par une envie claire de mettre un terme au conflit : oui, bien évidemment que je les recevrais.

Journalistes : Sur le plan interne, la Première Ministre est absente de votre campagne et n'est pas apparue en public depuis près de trois semaines. Pourquoi ce retrait à cinq mois de la fin de votre mandat ?

V.S : La Première Ministre est à la tâche, travaillant chaque jour pour améliorer la vie de nos compatriotes. La Première Ministre mène et mènera, jusqu'à la dernière minute, la politique la plus bénéfique pour notre pays, notre démocratie, notre économie, notre culture. Ce travail acharné et appliqué demande du temps, et cela explique qu'elle reste en retrait du débat public, jouant ainsi son rôle de cheffe du gouvernement.

Journalistes : Vous lui renouvelez aujourd'hui votre confiance ?

V.S : Bien évidemment. Je lui renouvelle ma confiance, confiance qui est la même que celle qui était la mienne il y a bientôt trois ans. Le travail accompli est important, solide, et ce serait être ingrat que de critiquer aujourd'hui une méthode qui n'a cessé de porter ses fruits. Je vous remercie. Bonne journée Mesdames, Messieurs.
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