Ădition du 02/12/2019

Vasiliy Shulichenko : Je vous remercie Mesdames, Messieurs, d'ĂȘtre venu aujourd'hui, de m'avoir accompagnĂ© ici, Ă BiaberĂ©ny, pour l'inauguration de cette nouvelle usine du secteur aĂ©ronautique. Ce plan industriel est l'une des rĂ©ussites des dix derniĂšres annĂ©es. Les gouvernements qui se sont succĂ©dĂ© Ă la tĂȘte de notre nation ont permis ce processus d'industrialisation, de rĂ©industrialisation. Un processus qui a su porter ses fruits et cette nouvelle usine en est un vivant exemple. Ici, Ă BiaberĂ©ny, c'est plus de 150 emplois qui ont Ă©tĂ© créé, c'est 150 foyers qui ont vu leur capacitĂ© de vie ainsi que leur pouvoir d'achat augmentĂ©. Ici, Ă BiaberĂ©ny, c'est tout un quartier qui se voit redynamiser, cette usine Ă©tant Ă la fois sa marge et son cĆur. Ici, Ă BiaberĂ©ny, c'est une ville, un oblast qui profite de l'ouverture d'une nouvelle usine, d'un nouveau secteur Ă©conomique. Un secteur d'avenir, un secteur
synonyme de puissance et d'indĂ©pendance, un secteur clĂ© pour notre Ă©conomie, un secteur stratĂ©gique pour notre pays. Je finirais ce propos en remerciant tous les acteurs qui se sont engagĂ©s dans ce projet, Ă commencer par les ouvriers et ouvriĂšres de l'usine, les autoritĂ©s publiques au niveau de la municipalitĂ©, de l'oblast de lâĂtat et, pour finir, les ministres concernĂ©s : Madame la Ministre de lâĂconomie, des Finances et de l'Industrie et Madame la Ministre du Travail et de la Relance.
Je vais maintenant prendre vos questions.
Journalistes : Monsieur le Président, cette usine ne tourne pas à plein régime aujourd'hui, cela étant dû à des retards de livraisons. Dans combien de temps ce site sera-t-il pleinement opérationnel ?
V.S : Il le sera dans les prochaines semaines. Il est vrai que les dĂ©lais de livraison de certaines machines ont Ă©tĂ© dĂ©passĂ©s, repoussĂ©s mais ce n'est qu'un retard qui, certes, impacte la production au moment oĂč nous parlons, mais qui sera rĂ©glĂ© dans, c'est ce que m'a dit Madame la Directrice, deux Ă trois semaines. Je comprends votre inquiĂ©tude, elle est motivĂ©e et montre l'importance que vous attachez Ă l'industrialisation de notre pays, comme beaucoup de nos compatriotes.
Journalistes : La réindustrialisation prend une part importante dans votre programme pour la présidentielle d'avril prochain. Diriez-vous qu'en inaugurant cette usine vous prenez de l'avance sur vos mesures ?
V.S : Je suis ici en ma qualitĂ© de PrĂ©sident de la RĂ©publique et non en tant que candidat Ă cette mĂȘme fonction. Je ne rĂ©pondrais donc pas Ă ce genre de question qui concerne le candidat et non le PrĂ©sident. Je dirais juste que je n'ai pas attendu que l'Ă©chĂ©ance de la prĂ©sidentielle se profile pour mettre en place une politique claire d'industrialisation. Ce que vous voyez derriĂšre moi est le rĂ©sultat d'annĂ©es de travail, de dĂ©veloppement, de rĂ©flexion et de construction. Ce que vous voyez derriĂšre moi constitue une partie du bilan de la majoritĂ© et des gouvernements qui dirigent le Latrua depuis dix ans. Ce que vous voyez derriĂšre est le rĂ©sultat d'une politique, d'une volontĂ© de crĂ©er des emplois tout en dĂ©veloppant le secteur secondaire qui, qu'on le veuille oĂč non, est essentiel pour tout pays dĂ©veloppĂ©.
Journalistes : Est-ce que le développement du secteur secondaire dont vous parlez se fait au détriment du secteur primaire, le secteur agricole, et du secteur tertiaire ?
V.S : Il ne vous aura pas Ă©chappĂ© que nous sommes un pays principalement tournĂ© vers le primaire, vers l'agriculture, plus que vers les autres secteurs Ă©conomiques. Je ne veux pas dĂ©velopper au dĂ©triment de, mais je veux dĂ©velopper en bonne intelligence, sans jamais dĂ©favoriser une classe d'emplois, une catĂ©gorie Ă©conomique ou sociale. Maintenant, il faut aussi rendre compte du rĂ©el et le rĂ©el est simple : nous avons un secteur agricole hypertrophiĂ©, qui nous permet d'exporter ; nous avons un secteur des hydrocarbures compĂ©titif, dont les ressources sont envoyĂ©es aux quatre coins du globe ; et nous avons, au contraire, des secteurs industriels et de la vente quasi inexistants et plutĂŽt souffreteux. C'est donc vers ces secteurs que notre attention se porte en premier lieu, pour les solidifier et les remettre Ă niveau, pour permettre aussi le dĂ©veloppement de nombre de nos territoires, pour permettre une diversification des activitĂ©s. Nous faisons cela depuis dix ans sans jamais oublier nos agriculteurs et agricultrices, sans jamais cesser de les soutenir, sans jamais arrĂȘter de nous battre Ă l'international pour favoriser l'exportation de nos excĂ©dents qui sont, c'est de notoriĂ©tĂ© publique, vertigineux.
Journalistes : Vous avez signé deux partenariats industriels ambitieux avec la MÀhrenie et Karty, passant par le développement d'armes du futur. Est-ce là une maniÚre d'impliquer nos partenaires dans votre effort de réindustrialisation ?
V.S : Une belle question ! Je ne sais pas si je l'aurais formulée ainsi. En effet, en disant cela, vous induisez l'idée que j'aurais trompé nos partenaires en leur proposant des projets qui ne profiteraient qu'au Latrua. Je suis au regret de vous dire que ces projets profitent aux deux parties, leur permettant de renforcer leurs capacités militaires et industrielles, le développement de ces armes étant conjoint. Je rajouterais que l'idée de tromper, de rouler nos partenaires stratégiques ne m'est pas encore venue à l'esprit et ne fait pas partie de mes réflexes diplomatiques.
Journalistes : Sur l'actualité internationale, la communauté kartienne résidant en Loduarie a vécu, il y a quelques semaines, un véritable pogrom, une chasse aux sorciÚres meurtriÚre. Quelle est votre réaction ?
V.S : Je condamne vivement, avec la plus grande force et fermeté, les agissements des forces armées et du gouvernement loudarien. Je condamne cette violence débridée, déchaßnée et instrumentalisée par le pouvoir loduarien. Nous ne pouvons clairement pas tolérer et accepter ce genre d'exactions. J'apporte mon soutien plein, entier et sincÚre au peuple kartien et à ses dirigeants, mon attachement ainsi que celui de la nation latruante à un pays frÚre endeuillé. Nous disons d'ailleurs notre capacité à accueillir les rescapés de ces attaques.
Journalistes : Est-ce que ces événements vont pousser le Latrua à s'engager plus encore dans la guerre entre Karty et la Loduarie ?
V.S : Si par « s'engager » vous entendez prendre des sanctions Ă l'encontre de la Loduarie, alors je vous rĂ©pondrais que, bien sĂ»r, le Latrua saura prendre sa part. Si par « s'engager » vous entendez lancer une opĂ©ration militaire contre la Loduarie, alors je vous rĂ©pondrais que, comme depuis le dĂ©but de ce conflit, ma position et ma doctrine n'ont pas changĂ© : cette guerre n'est pas la guerre du Latrua. Nous condamnons, sanctionnons une agression, une violation du droit international, une entreprise meurtriĂšre ; nous apportons notre soutien politique Ă nos alliĂ©s menacĂ©s dans la rĂ©gion, mais ce soutien reste et doit rester purement politique. Je tiens Ă le rappeler aujourd'hui, une nouvelle fois : le Latrua se veut artisan de la paix, bĂątisseur de la diplomatie, et j'appelle, une nouvelle fois, les belligĂ©rants Ă s'asseoir autour d'une table et Ă discuter. Le Latrua, sa diplomatie, son gouvernement et moi-mĂȘme nous tenons prĂȘts Ă jouer, si la Loduarie, Karty, l'Antares ou tout autre pays engagĂ© le demande, le rĂŽle de mĂ©diateur.
Journalistes : Seriez-vous prĂȘt Ă recevoir les dirigeants de la Loduarie ?
V.S : S'ils en font la demande et que cette rencontre est motivée par une envie claire de mettre un terme au conflit : oui, bien évidemment que je les recevrais.
Journalistes : Sur le plan interne, la PremiĂšre Ministre est absente de votre campagne et n'est pas apparue en public depuis prĂšs de trois semaines. Pourquoi ce retrait Ă cinq mois de la fin de votre mandat ?
V.S : La PremiÚre Ministre est à la tùche, travaillant chaque jour pour améliorer la vie de nos compatriotes. La PremiÚre Ministre mÚne et mÚnera, jusqu'à la derniÚre minute, la politique la plus bénéfique pour notre pays, notre démocratie, notre économie, notre culture. Ce travail acharné et appliqué demande du temps, et cela explique qu'elle reste en retrait du débat public, jouant ainsi son rÎle de cheffe du gouvernement.
Journalistes : Vous lui renouvelez aujourd'hui votre confiance ?
V.S : Bien Ă©videmment. Je lui renouvelle ma confiance, confiance qui est la mĂȘme que celle qui Ă©tait la mienne il y a bientĂŽt trois ans. Le travail accompli est important, solide, et ce serait ĂȘtre ingrat que de critiquer aujourd'hui une mĂ©thode qui n'a cessĂ© de porter ses fruits. Je vous remercie. Bonne journĂ©e Mesdames, Messieurs.







