A Antrania, le 30/09/2017
Au dirigeant de San Youtair.
Objet : Réponse à un précédent courriel.
Votre Excellence, nous avons récemment reçu un bien étrange courriel nous proposant de céder un aéroport que nous avions récemment acquis moyennant la somme de trois Milliards de talents antériniens; et voilà que maintenant une entreprise platoterrane nous propose de la racheter alors que nous avons eu à peine le temps de fêter l'achat de notre premier aéroport à l'étranger et d'ouvrir une bouteille de champagne. Et ce dernier, nous apprends votre mail, serait soit racheté soit échangé... contre une papeterie. Non que j'ai une quelconque animosité envers les fabricants de papier, mais accordez-moi l'ironie de voir une société spécialisée dans les transports prendre en charge une industrie produisant ces précieuses fueilles blanches. Et malheureusement, nous n'avons ni les compétences ni l'envie de nous charger d'une telle entreprise. Encore une fois, nous travaillons dans le transport de biens et de marchandises.
En revanche monsieur, nous pourrions certainement trouver un accord, je dirige un groupe médiatique messaliotte qui cherche encore un média lu, et j'apprends que le vous possédez un média ; el Horizente, ayant une certaine influence dans la jeu médiatique local. Ainsi, même si cela n'a rien à voir avec mon aéroport, mes employés ont déjà une certaine maîtrise du domaine (notamment car ils sont journalistes à la recherche d'un journal), ainsi cela pourrait nous permettre de trouver un terrain d'entente ; je vous propose de faire naître un cartel entre nos deux compagnies de transport, c'est à dire un alignement tarifaire qui nous permet de faire du marché des communications aériennes notre zone de chasse exclusive en échange que vous me cédiez la rédaction messaliotte d'el Horizente que j'acheterai volontiers à deux fois son prix ; c'est à dire six milliards de talents antériniens (6.000 unités d'échange internationales), argent qui vous sera directement transférer sur votre compte à la Banque Océane.
Si vous êtes en désaccord avec ma proposition, Excellence, sachez que je suis disponible pour trouver un nouveau compromis. Bien cordialement.
Activités étrangères au San Youté - Page 2
Posté le : 28 oct. 2025 à 20:58:10
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Posté le : 05 nov. 2025 à 13:44:21
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Un navire de marchandises modeste dont tout les conteneurs était à l’effigie dudrapeau Frutopien 
arrivait lentement au port de Maracaillbosse.
Les Maracaillbossois passant aux abords du port distinguèrent le navire au loins et intrigué certains s’arrêtèrent.
Une vingtaine de minute plus tard, le navire était accosté au port, un équipage descendit du navire avec un accent… exotique. C’était bien des Frutopiens. Le capitaine descendit du bateau est commença, un cocktail à la main, à donner des indications à ses coéquipiers : « ¡Allez amigos ! ¡Descendez el magnífico fruits por(pour) el gringos! », à ses crie les ouvrière commencèrent à descendre les conteneurs.
Le capitaine s’approcha du représentant du gouvernement du San Youté pour lui dire : « ¡Voilà amigos, tù(vous) avez demandé à El Presidente, 2 tonne dé fruits par trimestre dont oun livraison contenant el nombre de fruits por 10 mois donc voici : 7,5 tonnes dé fruits, amigos!»
40 minutes, une signature, une poignée de main et une trentaine cocktail plus tard, les fruits était chargé dans les camions du gouvernement et le bateau était repartie vers l’île que l’on nommé : «le joyau du Nazum.»

Les Maracaillbossois passant aux abords du port distinguèrent le navire au loins et intrigué certains s’arrêtèrent.
Une vingtaine de minute plus tard, le navire était accosté au port, un équipage descendit du navire avec un accent… exotique. C’était bien des Frutopiens. Le capitaine descendit du bateau est commença, un cocktail à la main, à donner des indications à ses coéquipiers : « ¡Allez amigos ! ¡Descendez el magnífico fruits por(pour) el gringos! », à ses crie les ouvrière commencèrent à descendre les conteneurs.
Le capitaine s’approcha du représentant du gouvernement du San Youté pour lui dire : « ¡Voilà amigos, tù(vous) avez demandé à El Presidente, 2 tonne dé fruits par trimestre dont oun livraison contenant el nombre de fruits por 10 mois donc voici : 7,5 tonnes dé fruits, amigos!»
40 minutes, une signature, une poignée de main et une trentaine cocktail plus tard, les fruits était chargé dans les camions du gouvernement et le bateau était repartie vers l’île que l’on nommé : «le joyau du Nazum.»
Posté le : 28 nov. 2025 à 21:50:56
Modifié le : 29 nov. 2025 à 11:42:22
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Match de préparation pour la Coupe du Monde de Foot 2018: CSN-San Youté
La rencontre, dont le démarrage est prévu à partir de 21 heures, va se dérouler au Liberadium du Liberurbo en Ouaine
- Vainqueur la semaine dernière 3 à 2 au Talaristan au terme d'une prestation, la selection de la CSN reste assez similaire, on note seulement les mises à l'écart de Gorochov peu en vu la semaine dernière et de Sertif qui paye la très bonne rentrée de Demetriov qui honorera sa première titularisation tout comme le jeune Seleg Ytrenpo
- Vladimir Latov (Gardien, Namarnov)
- Trevin Yeleveriz (Défenseur gauche, Ouaine)
- Sergueï Serez (Défenseur central gauche, Ouaine)
- Ferevin Ostako [C] (Défenseur central, Barvynie)
- Bertan Hermiv (Défenseur central droit, Ouaine)
- Vlad Demetriov (Défenseur droit, Ouaine)
- Piotr Ilychenko (Ailier gauche, Yutchun)
- Seleg Ytrenpo (Milieu défensif central, Yutchun)
- Darn Ytreb (Milieu central, Namarnov)
- Vladislav Heniriniv (Ailier droit, Barvynie)
- Trevis Trenib (Buteur, Namarnov)
Voici la composition de la CSN avec un 5-4-1 concocté par le ouanais Marev Gétiv:
- Du côté du San Youté, il s'agit véritablement d'un matche de préparation avec une équipe bis alignée aujhourd'hui et privée de très nombreux cadres. Le sélectionneur Pablo Pagisse a ainsi tenu à tenter de nombreux paris en vue de la coupe du monde, il présente un 3-2-4-1 très offensif qui pourrait creer des surprises:
- Tomas Riquel (Gardien)
- Carlos Méndez (Défenseur gauche)
- Marcos Marcus (Défenseur central)
- Pablo Aguirre (Défenseur gauche)
- Fernando Delgado (Milieu défensif)
- Sierro Denia (Milieu défensif)
- Mario Silva (Ailier gauche)
- Pablo Borgia (Milieu central)
- Sebastián Huerta (Milieu offensif central)
- Ángel Mendoza (Ailier droit)
- Toro Cabrera (Buteur)
Posté le : 03 déc. 2025 à 17:07:58
546



date
Votre demande de construction d'usine a été acceptée !
Merci d'avoir choisi trois provinces différentes pour installer les nouveaux projets civils de Pellemessalie. Les profits perçus seront versés sur votre compte bancaire à la Banque Océane en fin de chaque trimestre (fin de chaque mois IRL).
Messalie remercie ses Bienfaiteurs.
Posté le : 03 déc. 2025 à 17:15:11
Modifié le : 03 déc. 2025 à 17:15:28
358
28.03.2018
Récépissé de transaction
200 obligations souveraines émises le date par la Banque de Messalie sont ce jour transférées à Ornalie. Le coupon est de 0,00 % et la duration est éternelle. Ces obligations donnent droit aux représentants d'Ornalie pour 200 voix au Conseil d'Administration de la République. Merci d'avoir acheté ces obligations de bénévolat.
Messalie remercie ses Bienfaiteurs.
Posté le : 12 déc. 2025 à 13:58:40
441
23.04.2018
Récépissé de transaction
20 obligations souveraines émises le 14 avril 2018 par la Banque de Messalie sont ce jour transférées à Pellemessalie. Le coupon est de 2 % et la duration est éternelle. Ces obligations donnent droit aux représentants de Pellemessalie pour 20 voix au Conseil d'Administration de la République. Les dividendes perçus seront versés sur votre compte bancaire à la Banque Océane en fin de chaque trimestre (fin de chaque mois IRL).
Messalie remercie ses Bienfaiteurs.
Posté le : 04 jan. 2026 à 10:52:30
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C’est un grand honneur pour moi et pour tous les scientifiques et chercheurs de Grand Hôpital d’être aujourd’hui décoré du prix du savant international de San Youté. Je remercie et salue chaleureusement mes confrères qui ont organisé l’évènement, démontrant une fois de plus que la communauté scientifique ne connait pas de frontières et que, quelles que soient nos origines, nous travaillons tous ensemble à une seule fin : le progrès des connaissances de l’humanité. Vive le San Youté ! Ave Carnavale ! Et félicitation également aux équipes de recherche Shuh qui n’ont pas démérité. Félicitation à tous les participants. Le prix pouvait sans doute servir de motivation ultime, mais les bénéfices de nos recherches sont la véritable récompense et nous pouvons nous applaudir en sachant que nous avons servi l’humanité dans son ensemble.
Quelques mots sur Carnavale et Grand Hôpital si vous me permettez. La Cité noire est, depuis plus d’un millénaire, Cité de science et de progrès. Fidèle à cette réputation, Bourg-Léon et Carnavale demeurent l’épicentre de la recherche mondiale, une recherche audacieuse, parfois mal comprise mais toujours à la pointe. Le prix San Youté est une consécration et la validation internationale de ce rôle que nous endossons bien volontiers. Certains persistent à persifler dans notre dos, nous affublant de tous les maux du monde. Ceux-là feignent d’ignorer que la science a deux faces : une terrible et une miraculeuse. Grand Hôpital ôte la vie aussi bien qu’elle la donne, nous brisons des milliers d’existences d’un seul souffle mais nous en sauvons tout autant. Car la science n’a pas d’autre idéologie que celle du progrès perpétuel, c’est une machine qu’on ne saurait arrêter. Dans ce grand fracas de recherche, émergent des choses abominables et des choses glorieuses. Il faut se réconcilier avec cette idée. Ceux qui pensent que la science peut se limiter à un seul aspect de la recherche, ceux-là ne sont pas de vrais scientifiques. Ceux-là s’interdisent à observer le réel dans toute sa complexité. Ceux-là font de la morale et ceux-là seront balayés.
Grand Hôpital a réussi sa première greffe de cerveau, Ave ! Un avenir étonnant s’annonce devant nous car dès lors que cette technologie sera mieux maîtrisée, elle remettra, comme le clonage humain en son temps, en question nos connaissances et notre vision profonde du monde. Qu’est-ce qu’un individu ? Qu’est-ce qu’un corps ? Qu’est-ce qu’un esprit ? Autant de questions auxquelles travaille à répondre les chercheurs de Bourg-Léon depuis des décennies, et nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin. Révolutionnaires hier, révolutionnaires demain, révolutionnaire toujours et quoi qu’il en coûte. Au service de l’humanité toute entière Grand Hôpital endosse ce fardeau. Nous irons là où d’autres n’osent pas s’aventurer, nous explorerons des contrées de savoir et de connaissances que d’autres n’osent même pas imaginer. Nous le faisons pour l’humanité réconciliée par le progrès, bientôt émancipée de sa condition par la science, transcendée par les découvertes qui l’éclairent d’un jour nouveau.
Confrères, consœurs, pairs de la grande famille scientifique mondiale, lorsque la nuit est noire, lorsque le désespoir vous gagne, lorsque la censure ou les tabous vous écrasent, tournez-vous vers la Cité noire. Sachez qu’il existe à Bourg-Léon un sanctuaire où se retrouvent les esprits libres et où chacun peut travailler sans crainte pour sa vie et ses opinions. Carnavale a joué ce rôle et le jouera pour le siècle prochain, jusqu’à la libération de l’humanité, jusqu’à ce que tout ait été découvert. Alors notre tâche sera achevée mais d’ici-là, travaillons ensemble et défendons sans relâche ce bienfait, ce don titanesque qui nous unie : la raison humaine triomphante de ses ennemis, par-delà les races et les nations, par-delà la chair, l’esprit réconcilie l’humanité !
Merci de votre attention.
Posté le : 24 jan. 2026 à 18:44:31
Modifié le : 24 jan. 2026 à 18:45:25
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Dans Sports in Brocelynwood
Principal quotidien sportif de Brocelynwood. Ligne éditoriale favorable au pouvoir royal
Brève - Ivan Brother rayonne en amical international
31 août 2018

L’été s’y prête généralement bien. Les sportifs vont tester leurs performances et préparer leur saison en affrontant des adversaires, si possible à leur taille.
Le grand espoir brocélien Ivan Brother n’a pas fait exception à la règle, en allant se frotter en Paltoterra au public du San Youté, une nation bien connue pour ses sportifs et équipes de haut-niveau. Là-bas, tous les regards étaient bien sûr tournés vers la Coupe du monde masculine de football, perdue en finale face à la Youslévie organisatrice.
Les plus passionnés et spécialistes de la balle jaune n’ont cependant pas raté le test d’Una Lichy, expérimenté et bien installé dans le top 10 national depuis plusieurs années, face au jeune Ivan. Plutôt favori, la pression était sur les épaules du numéro 1 brocélien, deux mois seulement après que son deuxième Titre national de rang lui ait échappé.
Mais Ivan Brother n’a pas tremblé et a largement dominé son adversaire Una Lichy sur ses propres terres. En 48 minutes, il l’a emporté 3-1 dans ce mini-format chère à la fédération san youtienne. Ivan Brother a su allier une diversité de techniques mettant en difficulté son adversaire, à commencer par les services, mais aussi défendre lorsqu’il le fallait. Le tout a été exécuté avec une bonne régularité tandis qu’Una Lichy a multiplié les mauvaises passes malgré quelques instants de ressaisissement.
Devant un public déçu par la prestation de son joueur, le brocélien a fait la démonstration qu’il était bien une étoile montante du tennis international pouvant acquérir prochainement une nouvelle dimension. Le San Youté est certainement en train de tirer la conclusion inverse pour Lichy et privilégiera d’autres valeurs plus sûres à l’avenir.
Principal quotidien sportif de Brocelynwood. Ligne éditoriale favorable au pouvoir royal
Brève - Ivan Brother rayonne en amical international
31 août 2018

L’été s’y prête généralement bien. Les sportifs vont tester leurs performances et préparer leur saison en affrontant des adversaires, si possible à leur taille.
Le grand espoir brocélien Ivan Brother n’a pas fait exception à la règle, en allant se frotter en Paltoterra au public du San Youté, une nation bien connue pour ses sportifs et équipes de haut-niveau. Là-bas, tous les regards étaient bien sûr tournés vers la Coupe du monde masculine de football, perdue en finale face à la Youslévie organisatrice.
Les plus passionnés et spécialistes de la balle jaune n’ont cependant pas raté le test d’Una Lichy, expérimenté et bien installé dans le top 10 national depuis plusieurs années, face au jeune Ivan. Plutôt favori, la pression était sur les épaules du numéro 1 brocélien, deux mois seulement après que son deuxième Titre national de rang lui ait échappé.
Mais Ivan Brother n’a pas tremblé et a largement dominé son adversaire Una Lichy sur ses propres terres. En 48 minutes, il l’a emporté 3-1 dans ce mini-format chère à la fédération san youtienne. Ivan Brother a su allier une diversité de techniques mettant en difficulté son adversaire, à commencer par les services, mais aussi défendre lorsqu’il le fallait. Le tout a été exécuté avec une bonne régularité tandis qu’Una Lichy a multiplié les mauvaises passes malgré quelques instants de ressaisissement.
Devant un public déçu par la prestation de son joueur, le brocélien a fait la démonstration qu’il était bien une étoile montante du tennis international pouvant acquérir prochainement une nouvelle dimension. Le San Youté est certainement en train de tirer la conclusion inverse pour Lichy et privilégiera d’autres valeurs plus sûres à l’avenir.
Posté le : 24 fév. 2026 à 02:38:17
Modifié le : 24 fév. 2026 à 22:15:48
22020
La voix du prêtre se fait plus douce.
"Carnavale doit être sauvée, nous ne pouvons pas les laisser usurper notre foi. Quand à ceux de la Nivérée, ces gens-là sont irrécupérables. Non ne pourrons pas les évangéliser ! L’Église a renoncé à cette mission, tous, autant qu'ils sont, iront en Enfer. Laissons-les là ! Et pourtant, notre état reconnait leurs "écosystèmes robotiques". Ces gens-là n'ont même aucune notion de famille ! Avons-nous à ce point oublié ce qui nous unis, nous, San-Youtiens ? Nous ne somme pas qu'une collection d'individus atomisés dans un monde postmoderne ! Nous sommes une civilisation ! Nous héritons d'une terre commune, de pratiques communes, d'une culture commune formée par des siècles de lien avec le terre et la communauté. Nous formons une civilisation, et notre civilisation est chrétienne !"
Ñaupari arrête la lecture de la vidéo, se frotte les yeux. Elle prends son café froid, le boit d'une traite, se remotive, relance la vidéo
"Le Malin veut brouiller les frontières mêmes du réel ? Revenons à Dieu ! Quand l'arrogance nous envahit et que nous nous voyons dicter nos règles, revenons à Dieu. Quand nos contemporains violent le corps sacré que nous a donné notre Seigneur, revenons à Dieu ! Quand des dégénérés s'efforcent à démanteler la notion même de famille, de foyer, et même de vie, revenons, plus que jamais, à Dieu ! Dieu est notre guide ! Dieu est notre guide ! Dieu nous évitera les tentations de se monde dément ! De ces hérétiques qui s'accaparent l’œuvre du Seigneur ! De ces impies qui veulent le détruire ! Le monde court à sa perte, mais Dieu saura reconnaître ses fidèles !"
La vidéo est un des sermons que Jonatán García met régulièrement en ligne. L'un de ses fidèles le filme, avec une caméra numérique haute résolution telle qu'on peut en trouver dans un magasin d'électronique, et l'envoie, en entier sur un site d'hébergement de vidéos connu. Inlassablement, tous les dimanches. Il fait un bon travail d'édition, en mettant dans les mots clés les thèmes abordés du jour. Ce prêtre est représentant de l'église catholagne, mais controversé, connu pour ses positions ultraconservatrices. L'on sait qu'il dispose d'un cercle de fidèles dévoué, l'on sait un peu moins que ses sermons clivants sont un processus de radicalisation à part entière. Chaque fois que tu reste à un de ses sermons, qui deviennent de plus en plus virulents au fil du temps, tu prends une position. Et plus tu accepte de ne pas partir pendant une de ses messes, plus tu acceptes de rester les fois suivantes. Et ce processus existe également sur Internet : ses vidéos permettent l'accès à des vidéos plus privées, à des groupes de "réflexion théologique", qui permettent un accès sélectifs à des forums de plus en plus restreints. Quand tu atteins les cercles proches du prêtre García, tu as largement adopté ses vues, et tu refuse d'imaginer la moindre alternative.
"Nous, chrétiens, sommes là pour nettoyer cette planète du mal qui l'envahit. Nous n'avons peut-être pas assez bien assuré ce rôle. Nous sommes les serviteurs de Dieu, l'avons-nous oublié ? A chaque fois que l'on laisse une quelconque ambiguïté au mal, il s'installe, corrompt ce qui l'entoure, et expose nos fidèles à des tentations qui pourrait les amener en enfer. Nous devons nous rappeler, qu'il est de notre devoir de chrétien, d'aider nos frères et sœurs exposés à la tentation, à la corruption, au mal, à résister, à se rappeler de l'amour de Dieu. Nous ne pouvons pas laisser notre pays tomber au main des hérétiques et des impies. Nous devons nous montrer forts"
Là, il parle d'engagement politique, mais ne le nomme pas, pas de doutes que sur des forums un peu plus privés, il utiliserait d'autres termes
"Vous savez déjà comment aider votre prochain ! Vous êtes là, le Seigneur parle en vous. Vous savez ce qui est vrai ou non, ce qui est juste ou non, ce qui est bien ou non, ce qui est beau ou non. Même quand vous pensez ne pas le savoir, quand vous vous remettez entre les mains du Seigneur, vous le savez. Le Seigneur nous guide. Nous le servons. Nous avons fait le choix de lui dédier nos vies. Le Seigneur est notre dieu, unique ! Ne vous laissez pas détourner pour des illusions d'immortalité et des idoles mécaniques, Dieu est notre unique maître ! Ne laisser pas votre prochain s'égarer, aidez-le à retrouver la voie vers la Lumière !"
Ñaupari était auparavant pigiste pour El Horizonte. Elle en a vécu environ trois ans, mais au fil du temps, ses articles commençaient à être jugés trop "négatifs", trop "critiques", que les lecteurs avaient besoin d'un peu plus de réconfort, que l'on pouvait présenter ça autrement. Des informations passaient à la trappe, mais les articles sortaient. Sauf qu'au fil du temps, ses articles étaient de moins en moins acceptés, elle se faisait lentement mettre à l'écart. Et si elle suppose que c'est lié à l'autocensure de la rédaction qui essaie de prévoir la censure d'état, elle ne pourra jamais en être sûre. Il reste que pour continuer à écrire, elle doit tenter de vivre en indépendante, plus facile à dire qu'à faire.
"Si nous voulons triompher, nous devons montrer la Voie. Nous devons propager la Vérité. Nous ne devons pas laisser des idolâtres détruire les fondations même de notre Foi. Je vous invite à prier pour nos frères et sœurs perdus ! Qu'ils puisse retrouver le chemin vers le Seigneur ! Qu'ils puissent retrouver la protection divine ! Que nous puissions leur pardonner comme Dieu leur pardonnera"

La rue est composée d'un grand trottoir, bordant une route à quatre voies, pas loin, un pont permet de traverser, la ville est plongée dans le murmure des voitures dont Imsiae n'a plus l'habitude. Naviguer dans les rues pleines de voitures est une chose qu'il a toujours du mal à apprendre. Il s'est arrêté à un stand de rue, à prendre un plat de rue local, la "Pocketasse". Une tortilla de viande et de légumes épicée. Et il apprécie ! Il a faim, la Pocketasse nourrit. Là, il a pris une variante de Calarcas qui remplace la sauce cocktail par de la pâte de piment, ce qui donne un goût très épicé qu'Imsiae a appris à apprécier lors de ses longues périodes de temps passées à Hohhothaï, où le piment fait partie intégrante de la cuisine, dénotant l'influence culinaire d'autres régions sinoises de la région, dont une partie des Hohhohtaïen-nes sont issu-es. L'adaptation au décalage horaire ne s'est pas encore fait, il se sent complètement déphasé. Il a dormi dans le train, au moins, il n'est pas en train de s'effondrer de sommeil. Il regarde sur son téléphone si son contact, Lliu, a répondu. Toujours pas. Il demande un verre de cidre au marchand, qui réponds qu'il n'en a plus, mais qu'il a de la bière. Imsiae demande un café.
Autre sermon de Jonatán García, Ñaupari le lance
"Rémiens 12.2 · Ne suivez pas les coutumes du monde où nous vivons,
mais laissez Dieu vous transformer en vous donnant une intelligence nouvelle.
Ainsi, vous pourrez savoir ce qu’il veut : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait"
Si au départ, Ñaupari c'était penché sur cette nébuleuse montante d'influenceurs ultraconservateurs qui étaient en train d'émerger, c'est parce que l'on voyait des mécanismes d'endoctrinement puissants se mettre en œuvre. Mais depuis, le pavé dans la mare inattendu qu'a constitué l'annonce des résultats du prix Luz a intrigué Ñaupari. Les deux technologies retenues ont des implications éthiques et philosophiques importantes et sont sujettes à de grosses controverses, et ce choix alimente toutes sortes de tensions dans ce pays encore très chrétien. Et si la radicalisation conservatrice d'une partie de la population est un sujet sur lequel quelques journalistes indépendant ont écrit - le blog de Juan Esteban Velázquez dispose de pleins d'informations intéressantes sur le sujet par exemple -, la question de la façon dont ces groupes ultraconservateurs perçoivent la technologie n'est pas réellement un sujet abordé. Donc Ñaupari s'est décidé à s'intéresser précisément à la question de la technologie au sein de ces réseaux.
"La Bible a été écrite à une époque précédent l'ordinateur, et même la machine à écrire. L'on pourrait ce demander ce qu'un texte écrit à la main sur parchemin pourrait nous dire de notre monde digitalisé. Mais je vous le dis, chers fidèles, la Bible n'a jamais été autant d'actualité. Être chrétien, c'est accepter que Dieu règne dans nos vie. Il est celui que l'on doit toujours s'assurer de servir, en priorité. Quand on utilise un outils, l'on doit toujours se poser la même question : cela nous rapproche-t'il de lui, ou nous en éloigne-t'il ?
Matthieu 6.24 · Personne ne peut servir deux maîtres
En effet, ou bien il détestera l’un et il aimera l’autre, ou bien il sera fidèle à l’un et il méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent !
Et vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et la technologie, nous ne pouvons pas servir à la fois Dieu, et les biens matériels"
L’État a clairement fait son choix. Sa politique industrielle vise entre autres à un développement technologique, l’État parle même de réactiver son programme spatial, il a même été question à un moment de lever un impôt dédié au programme spatial. Cela n'a rien de nouveau. Ce qui est nouveau, c'est que l’État a reconnu officiellement comme légitimes et digne d'intérêt des technologies qui touchent aux limites du corps humain et de la vie elle-même. Des sujets particulièrement tabous dans une société chrétienne
"La jeunesse est aujourd'hui incapable de se concentrer, de survivre sans Internet, de survivre sans électricité ! Nous ne pouvons pas faire comme si ces inventions n'étaient pas porteuses de valeurs en soit ! Ni même comme si elles ne portaient que de bonnes valeurs. Si Internet permet de connecter la communauté chrétienne, et peut aussi l'égarer ! Nous distraire de notre lien avec Dieu. Si nous rendons notre pensée à la technologie, c'est elle qui prends le pas sur notre humanité. Comment servir Dieu quand notre pensée est dictée par une machine ?"
Et c'est vrai que ces choix, en eux-mêmes, sont intrigants. Déjà, l'aspect sulfureux que la recherche carnavalaise revêt n'est pas un mystère, ça aurait été étonnant que des gens au sein de l’Église ne gueulent pas. C'est d'autant plus étonnant que le San Youté a signé le Pacte Fondamental pour la Maîtrise des Armes de Contamination de Masse, qui s'oppose directement à la politique carnavalaise en la matière, qui est réellement une réaction à la guerre à Carnavale. Une situation paradoxale qui montre de vraies tension au sein de l’État. Le projet shuh par contre... Shuharri est une inconnue. Il va falloir que l'on en parle.
"Perdre le contrôle sur notre technologie, c'est se livrer au Malin, laisser la technologie prendre le contrôle sur nous, c'est se couper de Dieu. Penser que l'on puisse utiliser la technologie pour prendre le contrôle sur Dieu, c'est perdre son humanité. La technologie est source de tentation, pouvons-nous en rester à l'écart ? Ou faut-il prendre le risque de s'y plonger pour sauver les âmes qui sont sur le point de s'y perdre ? Tout ce qui a été créé par l'homme doit être et resté soumis à l'homme. Apprenez à vous en déconnecter, et revenez à votre corporéite. C'est faire preuve d'humilité. Le problème de l'homme n'est pas tant la finitude que le péché, se rebeller contre Dieu pour prendre sa place"
La réponse est donnée, Imsiae pars rejoindre son contact dans une rue pas très loin du port. Le taxi circule lentement dans les embouteillages, alors que le Soleil commence lentement à descendre. L'air est légèrement brumeux, remplie de fumées, le Soleil chaud et écrasant. Imsiae tente de lire un numéro de El Global, en reprenant l'espagnol qu'il avait parlé plus d'un an lors d'une série d'enquêtes à Péronas. Ce journal est intéressant, non pour les information qu'il contient, très parcellaires et pas toujours fiables, mais parce que le journal parle fréquemment de politique en prétendant ne pas en parler, ce qui en général, crie PROPAGANDE quand on a un minimum travaillé sur la question. El Global est un bon journal pour comprendre la position gouvernementale sur des sujets de société importants, et notamment, ses obsessions. La réalité, c'est qu'une bonne partie des articles parlent d'arrestation, d'émeutes, de sécurité, de répression policière. Et à côté de ça, d'efforts institutionnels du pays en terme de protection d'espèce en danger, mais sans aborder réellement les problèmes environnementaux qui les sous-tendent, sans même donner de mesures concrètes. Bon, les San Youtien-nes ne s'y trompent pas, iels s'en servent principalement pour laver les carreaux.
"Penser que les impies du Shuharri sont insignifiants seraient une erreur. Leur influence ne réside pas dans leur nombre, ni dans leur puissance, mais bien dans leur folie. La foi chrétienne pose une différence fondamentale entre le créateur et la créature. Un bon créateur se doit de dominer sa créature, et ne peut pas s'en faire esclave, et une créature ne peut pas dominer son créateur. Des humains qui se voient créer d'autres humains, créer la vie, et même s'extraire de sa condition humaine commet un péché ! Les Shuharris sont les êtres les plus arrogants qui soient. A penser pouvoir pactiser avec Satan et renverser Dieu"
En réalité, les Shuhs, et là, on parle précisément de ceux de l'Enclave volcanique, ne sont pas satanistes, ni lucifériens comme en Cramoisie. Il n'y a tout simplement pas de religions abrahamiques réellement implantées dans la région. Pas de Dieu, pas de Satan, pas de Paradis, pas d'Enfer, et même, pas de Bien ou de Mal comme on pourrait l'entendre dans la chrétienté. Autant Ñaupari le comprends très bien, son peuple d'origine, les Aguilars, n'ont pas complètement perdu leur spiritualité non plus, mais pour un prêtre catholan qui n'a jamais fréquenté d'autochtones, c'est difficile à concevoir.
"Shuharri est la matrice du transhumanisme, où naissent les perversions du corps humain, prêts à profaner notre corps, temple du Saint-Esprit, à se faire créateur de l'homme, même du post-humain. Ils nient tout notion de dignité humaine, et plient à leur volonté des fidèles de leur culte mortifère. Ici même, à San Youté, des transhumanistes s'inclinent devant leurs humains défigurés. Les shuharris sont-ils même humains, ou des engeances démoniaques"
Pour le coup, c'est vrai, l'Enclave volcanique est un foyer majeur du transhumanisme, si pas LE foyer principal. D'autres mouvement se sont développé indépendamment, on peut penser au transhumanisme carnavalais par exemple, mais celui-ci est globalement le fait d'élites et peu partagé à qui que ce soit d'autres. La pensée transhumaniste shuhe, à l'inverse, est disponible en open source, et régulièrement traduite selon les personnes qui passent par là. D'ailleurs, Ñaupari l'a rapidement constaté quand elle s'est retrouvé à s'intéresser aux Shuhs, les meilleures sources disponibles en espagnol pour comprendre les cultures shuhes étaient issues de forums transhumanistes. Ce n'est peut-être pas LA matrice du transhumanisme, mais Shuharri est incontournable dans la pensée transhumaniste, surtout chez les technocommunistes, les transanarchistes les anarcho-transhumanistes, et autres pensées transhumanistes queeres et de gauche.
"Sur leur monde froid, ils ne rêvent qu'à mettre fin à l'humanité, à dissoudre toutes les frontières et traditions qui font d'un humain ce qu'il est. Ils attaquent la Vérité même. Et alors que nos frères et sœurs tombent sous leurs illusions, l’État les adoubent. Nous devons les combattre à la racine ! Le transhumanisme et leurs propagateurs doivent tomber"
S'il se permet de dire ça en pleine messe, Ñaupari ose à peine imaginer ce qu'il dirait en privé
"Nous arrivons à une époque où Satan se retrouve partout, parmi nous, il est tout près, vous ne pouvez pas savoir qui sont ses adeptes. Vous ne pouvez pas savoir où il s'incarne, il nous entoure. C'est en vous tournant vers Dieu que vous protégerez votre dignité. Sachez qui aider, et sachez qui affronter"
Et alors, paradoxalement, la réaction des conservateurs face à la reconnaissance de la technologie carnavalaise et shuhe a probablement été l'un des plus énormes coups de pub pour le transhumanisme et l'idée de fusion vivant-machine.
Imsiae marche dans la rue, elle est piétonne, et d'autant plus fréquentée que le soir tombe. Le message dit que qui saurais où regarder en arrivant, pour le moment, il ne voit rien de particulier. Ou tout ! Ici, c'est un quartier historique entouré de vieux bâtiments de l'époque coloniale. Un groupe de jeunes passe à contre sens d'Imsiae en tenue de rave, encore propres, prêts à faire la fête. Quelqu'un le regarde fixement. Probablement pas le contact, juste une personne "curieuse" de voir un étranger au visage et au corps aussi rare qu'une personne de Qikiqtaniitsoq. Un restaurant est en train de se remplir, et un couple est en train de se disputer près d'une poubelle. Quelqu'un regarde la rue depuis sa fenêtre, une autre personne est en train d'étendre le linge trois étages plus haut. Des caméras de vidéosurveillance sont visibles comme des dômes noirs sur un mur proche. Sur un mur, en face, un graffiti dit "souvenons-nous", le bâtiment est un vieux dispensaire qui bien que reconverti en immeuble, en garde encore les marques. Des rumeurs disent que des femmes autochtones auraient été stérilisées ici. Sur le coin d'une des ruelles, une marque à la craie, "ici". Et si on regarde plus loin, l'on voit des impacts... Mais attends. La marque à la craie n'est pas en espagnol, mais en shuh ! C'est intelligent d'avoir utilisé les idéogrammes shuhs : si tu ne connais pas un minimum l'Enclave volcanique, ça a juste l'air d'un dessin. Imsiae s'engouffre dans l'ombre de cette ruelle, et marche dans le sens de la ruelle. Des gens sont en train de sortir de chez eux. Ici, c'est globalement de la classe moyenne, voire de la bourgeoisie culturelle. Quelqu'un lui fait un signe, sur un banc, dans un petit bosquet. Un homme en train de pianoter sur un ordinateur portable. Imsiae vient s'assoir.
"Je suis Lliu Paccsi Cusipuma, à qui ais-je l'honneur ?"
"Ayeku Imsiae... Enfin, Imsiae Ayeku, mon prénom, c'est Imsiae"
"J'ai bien entendu la Rumeur ?"
"Oui"
"Venez, je vous invite"
Vous vous doutez bien que Jonatán García n'est pas le seul prêcheur de cette nébuleuse ultraconservatrice qui s'est excité à l'annonce des lauréats du Prix Luz. Laissez moi vous présenter David Maroto, pas exactement un prêtre reconnu par l'église, mais un influenceur assez reconnu dans le petit milieu catholan ultraconservateur. Lui, il est surtout connu pour savoir dire les choses de manière fleurie. Écoutez donc cette mélodie :
"Putain, voilà qu'on vient faire des courbettes à ces baiseurs de machines ! On pensait avoir touché le fond, voilà qu'on montre bien qu'on peut ramper dans la fange de l'humanité ! Les élites sont en train de nous vendre aux pires et on se laisse faire ? Quand est-ce qu'on va leur foutre notre poing dans leur sale gueule bridée de merde ? On attends qu'ils nous transforment en robots où on réagit ? Parce qu'au bout d'un moment, les gens qui sont pas foutu de comprendre ce qui est mal, il va bien falloir les remettre à leur place !"
Lliu guide Imsiae dans une petite arrière-cour, où il frappe à la porte. Le guetteur le reconnait, le laisse entrer. L'endroit est à l'abri des regards, sous un éclairage tamisé, des gens sont en train d'attendre qu'un client vienne les chercher. Cet endroit est une maison close. Imsiae comprends ce choix : à la fois, c'est pas la maison de Lliu, et ce n'est pas non plus une zone sous vidéosurveillance. Si des policiers venaient à débarquer là, ce sera probablement comme clients, ou infiltrés, dans les deux cas, ils n'iront pas rapporter "une rencontre étrange" à la maison close sous risques d'attirer l'attention sur eux. Les deux journalistes s'installent au bar, encore calme, même si quelques prostituées commencent à prendre leur quart de travail et partent en arrière pour se changer et se préparer.
"Je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un fasse le voyage pour me rencontrer, vous savez pourquoi je vous ai demandé ?"
"Une enquête conjointe il me semble"
"Alors, oui, on va y venir, vous pouvez m'aider sur le truc que vous qualifiez de robots vivants, mais pas seulement"
"Besoin d'aide ?"
"Plus un souhait... Je n'ai plus ma place dans les gros journaux du pays, pas les moyens de rester en indépendant, donc, je souhaite intégrer La Rumeur, comme journaliste au San Youté, prêt à participer également à des enquêtes en Paltoterra, j'enquête pour vous, vous payez mes piges"
"Demande une enquête, mais ça se fait. Il faudrait aussi quelques semaines pour obtenir les flouz, c'est pas une devise qu'on entrepose en ce moment, mais on est une rédaction internationale, c'est précisément pour gérer ce genre de choses qu'on existe"
"Oui, précisément, il n'y a pas tant de journaux qui seraient capable de me fournir ça, globalement, les rédactions internationales shuhes, peut-être un ou deux gros journaux si je les intéresse particulièrement, voilà. J'ai un peu découvert La Rumeur au cours de l'enquête, et c'est ma meilleure piste pour le moment"
"Suivons la piste, je fais remonter la proposition à la rédaction, qui nous recontactera"
Allez, vous reprendriez un autre poème de David Maroto, il aborde un lien assez fréquemment fait par les ultraconservateurs, à savoir, la "théorie du genre" et le transhumanisme, deux sujets sur lesquels les Shuhs ont une réputation assez sulfureuse (sachant que sur le rapport au genre, c'est aussi méconnaitre les Shuhs, leur vision du genre dépends déjà beaucoup du peuple dont on parle, et est en général assez différentes de celle que l'on a dans nos pays chrétiens. Parler de communautés LGBT ou de transgenres est au mieux une simplification ethnocentrée, au pire, tout simplement faux). Là, il réponds à un commentaire sur son blog, et l'évocation des Shuhs était plutôt surprenante dans le contexte.
"Tu m'étonne que tu reconnaisse plus ton frère ! Il est complètement confus oui ! Les conseils pour battre l'idéologie transgenriste ? Battez-vous contre ceux qui la diffusent ! Vous croyez que vous oubliez c'est quoi l'homme et c'est quoi la femme comme ça d'un coup ? Non ! C'est planifié ! On face de nous, on a ces milliardaires et ces banksters qui veulent propager le mondialisme en détruisant notre culture et nos communautés ! La famille est un lien trop puissant qu'ils seront prêt à tout pour détruire ! Et ces putains de tarés de Shuharri qui te vendent la dissociation du corps et la mutilation des enfants pour faire advenir le transhumanisme ! Combattre la théorie du genre, c'est en finir avec ces groupes pédosatanistes qui gangrènent notre pays ! Apprenez à reconnaitre vos ennemis, et protégez vos enfants de leurs doigts répugnants !"
Il est intéressant de voir comment il euphémise le groupe désigné par les "milliardaires" et les "banksters", mais n'a aucun problème à accuser les Shuhs en clair et sans détour. Si vous vous demandez pourquoi les discours complotistes en ce moment visent autant un groupe aussi restreint, lointain, discret et peu connu que les Shuhs, eh bien, c'est précisément pour ça qu'ils sont le groupe parfait à cibler ! L'attribution du prix Luz à une équipe shuhe était le coup de projecteur qu'il fallait aux sphères ultraconservatrices pour trouver une cible facile.
"Mais non, c'est vous qui êtes bizarres" réplique Imsiae en rigolant "Comment vous pouvez vous dire que votre peau, c'est vous, mais que le manteau qui vous protège du froid, c'est pas vous ?"
"Ça, c'est parce qu'on vit pas dans un congélateur !"
"Oui, bon, je te concède ! Enfin, même pour tout ! Genre, l'ordi, avec lequel je fais des recherches, c'est moi aussi !"
"Mais, ça veut dire quoi ? Tu es ton ordi ?"
"Plus exactement, ça fait partie de moi, c'est un organe comme un autre !"
"Mais ! Si je fais mal à ton ordi, t'es pas blessé !"
"Clairement que si tu fais mal à mon ordi, je pense plus pareil !"
"Mais, ça te fait pas mal"
"Qu'est-ce que tu entends par faire mal ?"
"Euh... C'est tellement lunaire ! Mais du coup, tu la met où la limite entre toi et pas toi ?"
"Bah, question étrange en vrai ! Où tu mettrait la limite entre le ciel et pas le ciel toi ?"
"Là où commence... Bon, OK, on va tourner en rond"
"En même temps, on s'attendait à des différences culturelles"
"Mais pas sur des trucs aussi... Basiques !"
Le Soleil se fait lourd sur la ferme, l'air surchauffé fait onduler la cour. A l'abri du préau qui projette un noir presque absolu sur cette lumière aveuglante, Selena est en train de jouer avec des puces électroniques. Pas facile d'adapter ces plans d'insectes miniaturisés au matériel qu'elle a trouvé sur le marché. Ça va probablement être un flop complet, mais c'est marrant à faire. Sa grand-mère, Angélica, la regarde avec une gène mêlée de curiosité. Elle a connu la période communiste, une époque où l'informatique était un lointain écho, pas un sujet de pensée, elle ne s'attendait pas à ce qu'un jour, dans sa famille, des insectes mécaniques conçus d'après des plans imaginés à des milliers de kilomètres de là soit un sujet. Angélica n'ose pas demander ce que Selena fait, Selena n'ose pas l'expliquer à Angélica, les deux se comprennent très bien, et échangent un regard amusé.
Posté le : 25 fév. 2026 à 14:47:15
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Posté le : 04 mars 2026 à 13:59:56
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Posté le : 22 mars 2026 à 23:26:30
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