21/07/2018
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Manuel de l'explorateur en herbes - Page 2

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Le quartier des luminaires
5ème quartier de Carnavale

Le quartier des luminaires

Le quartier des luminaires est un vieux quartier du nord-est de la capitale, bordant la mer. Il s'agit de l'ancien port commercial historique de Carnavale ainsi que la porte d’évacuation de plusieurs de ses canaux, dont celui des hélicons. Autrefois resplendissant, fort d’une architecture ancienne et riche de ses quais de transbordement, il a été progressivement délaissé pour des ports plus modernes et des quartiers d’habitation plus centraux ou dans le sud de Carnavale, sur les hauteurs, où les vapeurs toxiques de l'industrie se font moins sentir. Frontalier de plusieurs bas-quartiers jugés pestilents, ses bâtiments somptueux n’auront pas suffi à garder la noblesse et la bourgeoisie dans le quartier des luminaires qui est progressivement abandonné à la plèbe.

Dans les premières décennies suivant le Chaos, il fait l’objet de très nombreux squats d’indigents et plusieurs républiques prolétariennes sont déclarées dans le quartier des luminaires. Écrasées dans le sang, le spectre des barricades hante encore ses ruelles qui devient de plus en plus malfamées. Ses habitants accusent les grandes familles de laisser volontairement la situation se dégrader pour empêcher que ce quartier historiquement révolutionnaire ne recouvre son potentiel contestataire. Stratégie ou non, le quartier des luminaires s’enfonce dans le crime et la maladie jusqu’au début des années 2010.

Ultime clou ans le cercueil de ce quartier historique, il est alors envahi par de grandes meutes de chiens sauvages qui s’en prennent aux derniers habitants. Ceux-ci ne parviennent pas à contenir ces meutes, trop nombreuses, qui rendent invivable l'existence dans le quartier. Ses habitants en sont progressivement repoussés jusqu’à devoir abandonner leurs maisons pour des quartiers plus vivables comme le quartier des oranges. En 2014, la Principauté de Carnavale décide d’incendier au napalm le quartier des luminaires, qui est alors reclassifié en « quartier ravagé ». Un immense feu se déclenche et décime les meutes de chien, au prix d’une perte de patrimoine tragique.

Aujourd’hui, seuls des vestiges subsistent du quartier des luminaires. Les squelettes de ses coupoles crevées par les flammes, des ponts effondrés sur eux-mêmes et des fondations en pierre noircies, sur lesquelles s’élevaient autrefois de superbes bâtiments malheureusement construits en matériaux inflammables. Délaissé aussi bien par les autorités carnavalaise que par les habitants, il est le repère des indigents et des désespérés qui hantent ce quartier fantôme où il ne reste plus rien à voler depuis longtemps. Seuls quelques explorateurs osent encore s'aventurer dans ce décor apocalyptique. En raison de son abandon, le quartier des luminaires n'est pas vraiment dangereux (exception faite des animaux), mais il ne représente pas non plus de réel intérêt et de sinistres rumeurs continuent de hanter les lieux.

Les nombreux canaux de Carnavale qui se déversent dans la mer au niveau du quartier des luminaires ont pris l’habitude de s’en servir comme dépotoir, en laissant dériver leurs ordures jusqu’à ses berges, sur lesquelles elles s’accumulent. C’est là l’unique source de nourriture et de richesse des pauvres hères qui habitent le quartier des luminaires. La pestilence, la maladie et le retour des meutes de chiens ont achevé d’interdire ces lieux aux hommes. L'Armageddon't n'a ni empiré ni amélioré l'état de ce quartier, définitivement perdu pour l'humanité.
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Le quartier des bouquinistes
8ème quartier de Carnavale


Le quartier des bouquinistesLe quartier des bouquinistes
Le quartier des bouquinistes est un petit quartier de Carnavale, assez confidentiel et parfois confondu avec un quartier inondé. Classifié comme un quartier médian par Commissariat Central, le quartier des bouquinistes doit son nom à la surprenante profusion de libraires ayant élu domicile dans ses ruelles. Si son architecture est bien moins grandioses que dans d’autres lieux de la Cité noire, son atmosphère tamisée et la quiétude des lieux en fait un quartier agréable où se promener, propice aux rencontres discrètes et aux conversations paisibles.

Le quartier des bouquinistes répondait autrefois au nom de quartier des passerelles. Partiellement immergé en raison de la montée des eaux provoquées par le barrage d’acide au début du siècle dernier, les habitants se sont adaptés et ont érigé de nombreux petits ponts au-dessus de l’eau afin de pouvoir circuler d’une rue à l’autre sans se mouiller. Pendant le Chaos, le quartier des passerelles s’est organisé pour se défendre face à l’anarchie et la violence qui régnait en ville. Des milices citoyennes se sont mises en place sous la tutelle du puissant syndicat des libraires. Ces-derniers bénéficiant de l'un des QI moyens les plus élevés de la Principauté (en concurrence avec les médecins de Bourg-Léon et les zoobiologistes qui travaillaient dans les Jardins Botaniques) ils mirent en place une diplomatie audacieuse et évitèrent les conflits internes ce qui leur permit de faire du quartier des passerelles un lieu préservé.

Le quartier des passerelles est alors devenu un refuge pour les Carnavalais les plus doux, et les livres devinrent leur signe de ralliement. « Qui aime bouquiner n’a pas le temps d’être violent » devint un message d’espoir et le quartier des passerelles prit le nom de quartier des bouquinistes à la fin du Chaos. Aujourd’hui encore, ce quartier fait figure d’anomalie au sein de l'exubérante Carnavale : ses habitants sont humbles et polis, ils se montrent soudés dans l'adversité et défendent mordicus l’exception culturelle de leur lieu de vie. Ils ne cherchent pas à s’ingérer dans les activités de Carnavale et le syndicat des libraires, qui assure la sécurité du quartier, négocie avec les grandes familles pour maintenir de bonnes relations et préserver la neutralité du quartier.

Le quartier des bouquinistes n’est pas très riche mais il y fait bon vivre. C’est un lieu discrètement animé où l'on peut flâner dans la bonne odeur des vieux livres et s'arrêter à la terrasse d'un café prendre le temps de lire un bon roman. Avec le temps, l’accumulation des rentrées littéraires et en raison de la sécurité qui règne dans le quartier, les nombreuses librairies ont fini par déborder sur les trottoirs et certaines façades extérieures des maisons sont toutes entières recouvertes d’étagères où s’entassent de vieux manuscrits. Les bouquinistes sont des gens curieux et on raconte que des trésors reposent dans les stocks intacts du quartier, attendant d’être un jour redécouverts.

Le quartier des bouquinistes est ainsi connu pour être l'un des rares quartiers où les choses de valeurs ne sont pas accaparées par les élites. Ayant survécu au Chaos de Carnavale sans trop de heurts, le quartier a pu préserver de nombreuses pièces de collection de l'avidité des puissants et de la vénalité des pauvres. On peut donc y trouver à des prix raisonnables des tableaux de maître, des manuscrits uniques, incunables et autres originaux d’œuvres d'art majeures de la civilisation humaine... à condition d'être prêt à chiner parfois pendant des semaines. Les antiquaires et bazars bordéliques se disputent le pavé aux libraires dans une ambiance poussiéreuse mais bon enfant.

Les milices citoyennes parcourent et protègent le quartier des bouquinistes contre les menaces venues de l’extérieur. Même les milices Dalyoha et Castelage préfèrent négocier avec elles plutôt que de les affronter sur leur propre terrain. De fait, le principal danger qui menace les bouquinistes sont les départs de feu. En partis compensés par la proximité de l’eau, cela n’a pas empêché en 2015 un grand incendie de dévaster une partie du quartier pendant plus de cents jours. Heureusement les flammes n’ont pas pu détruire tous les livres qui étaient protégés par les laques ignifuges de fabrication Dalyoha. Depuis cet incident, une partie des résidents plaident pour reconstruire les maisons détruites directement en livres, jugés plus résistants et moins inflammables que les charpentes en bois.

Après l’Armageddon’t, Améthyste Castelage a proposé de déplacer la bibliothèque nationale carnavalaise dans le quartier des bouquinistes, afin de coller à sa thématique et de profiter de la protection du syndicat des libraires. Un accord a été trouvé avec ces-derniers et la bibliothèque devrait finir d'être entièrement déménagée à l’horizon 2020. Le chantier prend un temps fou en raison du nombre incalculable de livres qui s’y trouvent. En échange de ce geste, Améthyste Castelage s’est assurée une alliance provisoire avec le syndicat des libraires et l’assurance que celui-ci ne soutiendra pas ses adversaires.

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Le quartier du labyrinthe
82ème quartier de Carnavale

Le quartier du labyrinthe

Si les rues de Carnavale sont réputées labyrinthique, avec leurs passerelles suspendues, leurs tunnels souterrains, passages secrets et portes dissimulées, aucun quartier ne l’est autant que celui du labyrinthe. Situé au nord-ouest de la ville, il faisait autrefois office de périphérie avant que l’étalement urbain ne l’encercle totalement. Le quartier du labyrinthe, comme son nom l’indique, est composé d’un gigantesque labyrinthe de roche d’une surface d’environ 210 000 mètres carrés soit une trentaine de terrains de football mis côte à côte.

Le quartier du labyrinthe a commencé à prendre sa forme contemporaine au début du XXème siècle. Il était autrefois appelé « quartier des étourneaux », un petit quartier résidentiel conçu pour héberger les ouvriers des usines chimiques de la Cité noire. L’architecture étant misérable et les conditions de vie mauvaises, les princes de Vale acceptèrent en 1911 l’offre du Baron Andréléon de Serviette de le racheter dans son ensemble en échange de financer le relogement de ses résidents dans le quartier des oranges. Il n’est pas clair de si oui ou non le Baron de Serviette avait expliqué son intention de transformer le quartier entier en labyrinthe, toujours est-il qu’il entreprit d’en raser les immeubles d’habitation sous prétexte de bâtir son domaine privé à la périphérie de la ville.

Le quartier est considéré comme une excentricité du Baron, dont l’hôtel particulier se trouve encore aujourd’hui au cœur du labyrinthe. Amateur d’énigmes et de défis, le Baron de Serviette prit la décision d’aménager sa demeure comme un puzzle géant, rempli de devinettes et d’épreuves pour ses invités. Ses réceptions d’avant le Chaos étaient fameuses pour soumettre ses hôtes à des jeux mortels particulièrement excitants et réputés pour redonner goût à l’existence quand remportés. Le Baron Andréléon de Serviette était également célèbre pour ses chasses à cours humaines, pratique controversée du temps des princes de Vale et qui justifièrent l’exil du clan dans le quartier des étourneaux – futur quartier du labyrinthe.

A partir de 1911, le Baron entame ses premiers travaux avec l’aide de ses proches et entreprend de creuser des sillons le sol d’une dizaines de mètres de profondeur. Son projet était dès le départ de transformer son vaste terrain en un vaste labyrinthe qui réserverait l’accès à sa demeure au plus méritants. Une épreuve avant les épreuves. Le Baron Andréléon de Serviette décède en 1920 dans un éboulement alors qu’il pelletait le sol. Son fils Gillemaurice de Serviette reprend son œuvre. En 1931 lorsqu’éclate le Chaos, le labyrinthe est quasiment achevé. Les de Serviette se retranchent dans leurs demeurent où on perd leur trace.

Le quartier du labyrinthe est depuis resté dans son jus, immaculé, au même titre que les quartiers inondés. Des rumeurs de trésors mais aussi de bêtes monstrueuses hantent ses rues. Les Barons de Serviette semblent avoir poursuivi les travaux dans un but défensif pendant le Chaos et ont refait surface tardivement, refusant de se joindre à la vie mondaine carnavalaise. De puissantes DCA ont été installées à plusieurs points clefs du labyrinthe qui compte également un certain nombre de bunkers cachés, interdisant le survol des lieux par les hélicoptères.

A la fin du XIXème siècle, le clan Obéron a tenté de cartographier le quartier du labyrinthe par satellite mais a eu la mauvaise surprise de découvrir que d’immenses QR codes avaient été tracés à l’aide de la forme des murs, transmettant des virus informatiques aux appareils tentant de les prendre en photo. Après la perte d’une demi-douzaine de satellite, le clan Obéron choisit de renoncer à comprendre le plan du quartier et le classa comme une « anomalie de Carnavale », un statut équivalent à celui de patrimoine protégé de la Cité noire car trop dangereux pour être combattu.

Le quartier du labyrinthe n’a pas vraiment bougé depuis les années 60, pourtant des observateurs indépendants témoignent d’impressions étranges. Un étude récente menée en 2014 a démontré que certains murs se déplaçaient de façon si lente que les modulations du labyrinthe étaient invisibles à l’œil nu. Le mystère demeure quant à savoir s’il s’agit d’un mouvement naturel du sol ou si des formes secrètes de mécaniques installées un siècle plus tôt par les Barons de Serviette sont à l’œuvre dans le quartier du labyrinthe. Certains culte millénariste envoient chaque année des jeunes garçons et des jeunes filles dans le labyrinthe afin d’apaiser une divinité païenne locale. Bien que condamnée par l’Église, la pratique revêt un caractère traditionnel et a été classé au patrimoine immatériel de Carnavale en 2016.

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Le quartier des boulangeries
93ème quartier de Carnavale

Le quartier des boulangeries

Les quartiers de Carnavale sont fréquemment façonnés par l’histoire sociale de la Cité noire, et notamment celle de ses mouvements sociaux. Le quartier des boulangeries est un quartier récent de la Principauté, fondé en 1937 en plein cœur du Chaos. Il nait, à la façon du quartier des bouquinistes, grâce à la mobilisation du syndicat des boulangers pour défendre leurs commerces visés par les pillages. Si les raisons de la fin du Chaos ne sont pas claires, la pénurie de croissants et de viennoiseries aura certainement joué un rôle dans la lassitude des combattants. En effet, le métier de boulanger nécessite de se lever tôt ce qui, en pleine guerre civile, impliquait de grands risques pour ces héros du quotidiens. Lassés de se mettre ainsi en danger pour faire cuir des baguettes et des pains au chocolat, les boulangers s’unirent en un puissant syndicat et menacèrent de priver les factions de pâtisseries si elles n’assuraient pas mieux leur protection.

L'obtention d’un tel accord est souvent vu par les historiens comme la première étape vers les futures négociations de paix de la fin du Chaos qui surviendront un an plus tard, mais également un embryon de droit de la guerre à Carnavale. Il existe assez peu de lois encadrant les pratiques militaires et policières dans la Cité noire, mais l’immunité des boulangers et la sacralisation de leurs établissements est une règle d’or respectée encore scrupuleusement à la lettre. La conséquence est que toutes les boulangeries de la Cité noire deviennent de petits sanctuaires préservés des atrocités commises dans le reste de la ville. Le syndicat des boulanger estime alors qu’il serait cohérent d’encadrer ces petits morceaux de territoires unis par une même loi en tant qu’un seul et même quartier fragmenté.

Le quartier des boulangeries nait ainsi en 1937 et possède encore aujourd’hui un statut à part des autres quartiers puisque, dans la majorité des cas, il n’est pas nécessaire de passer un checkpoint pour aller acheter ses croissants. La loi encadrant le quartier des boulangeries sera par ailleurs revisitée en 1968 avec une extension aux terrasses comme « zone grise démilitarisée » afin de permettre aux miliciens et mafieux de prendre un café clope tranquillement en extérieur sans craindre de se faire assassiner par un groupe rival.

Les boulangeries, qui représentent un artisanat respecté à Carnavale, ont les moyens de faire respecter leurs droits et ont signé plusieurs accords avec les grandes familles au fil du temps. Ces-dernières leur garantisse une certaine autonomie dans la gestion de leurs terrains et commerces, en échange de la paix sociale achetée avec des croissants chauds. L’odeur caractéristique et envoutante du pain cuit au petit matin participe au charme indéniable de la Cité noire qui, contrairement à ce qu’on raconte parfois, ne se résume pas à de l’air toxique et des vapeurs sulfureuses.

Les boulangeries constituent donc un quartier à part, avec ses propres lois et son fonctionnement interne voté par son chef de quartier qui, depuis 1937, est toujours le secrétaire général du syndicat des boulangers. Ainsi, les commerces fonctionnent comme de petits sanctuaires où la police n’a pas le droit de pénétrer sans mandat, la sécurité étant assurée par le syndicat. De nombreuses affaires de course-poursuites entre officiers de Commissariat Central et des criminels se sont soldées par ces-derniers se réfugiant dans des boulangeries, obligeant la police à en faire le siège faute de pouvoir intervenir directement. Le cas le plus emblématique est celui de Rodolf Actif, serial killer poursuivi par la police, qui a trouvé refuge dans une boulangerie locale où il est resté retranché vingt-sept ans et a refait sa vie avec la caissière. Ils ont eu plusieurs enfants sur place. Rodolf Actif a finalement été arrêté un matin du 13 janvier 2002 après être sorti de la boulangerie par inadvertance pour jeter les poubelles. Il a été appréhendé immédiatement, jugé, condamné et exécuté quelques mois plus tard par ingestion forcée d'un éclair fourré à l’acide.

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