08/11/2018
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Guerre dodécaliote (Topic principal du conflit) (12 avril 2018 -) - Page 2

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RP MAJEUR (ACTE I, participation recommandée)


La Guerre dodécaliote: la bataille du rocher de Couroupédion

Une dernière chance pour arrêter un massacre



Gina Di Grassi (Avril 2018)

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Les berges du nord de la péninsule d'Apamée sont un endroit béni par sa beauté, une froide beauté. Bien que le temps y soit par souvent maussade, comme tout le pays de l'île des têtes de pierre (hrp: nom donné par les velsniens à l'île au nord de la Manche Blanche), la péninsule toute entière bénéficie de courants favorables, à la fois au commerce, mais au climat. Ils sont doux, assez fort pour permettre la bonne circulation des navires, pas assez pour dégénérer en violentes tempêtes. Ses cités: Apamée en tête, Porto Rosso et Nuevo Fortuna, se sont enrichies du passage des étrangers, avant de devenir dans les décennies qui m'ont précédé, un centre culturel valorisé par le tourisme naissant. Si cette patrie n'a jamais eu le privilège de devenir nation à l'ère moderne, elles se sont données corps et âme à la culture, de la manière la plus sophistiquée qui soit, les jeux confédéraux de Dame Fortune prenant place tous les quatre ans sur le territoire de la démocratie appaméenne. Le climat est doux au vu de sa latitude, mais cette péninsule est elle également pour sa magnificence piégeuse. Par beaucoup de fois, des générations de marins se sont laissés prendre par le charme verdoyant de cette terre, aveuglés par les brumes qui font entrer cette patrie dans l'horizon observable bien trop tard, et se sont ainsi laissés entraînés trop près des côtes. Il n'est pas rare que des malheureux, encore aujourd’hui, viennent s'échouer dans des hauts-fonds, bordés de rochers tranchants comme des rasoirs. Les vagues qui viennent s'abattre sur la côte ont sculpté au fil du temps cette merveilleuse arnaque qu'est le nord de la péninsule apaméenne, comme un coup du sort organisé par le destin, et qui a interdit à Porto Rosso et à Nuevo Fortuna de ravir l'Empire des mers à Apamée. Cette beauté les a condamné à la petitesse de leurs ports et de leurs flottes: ces rochers noirs dépassant de la plaine herbeuse au loin sont les principaux contributeurs de l'hégémonie d'une ville sur les deux autres.

Au sud du territoire de Nuevo Fortuna, se dressait la plus immense de ces lames, une lame noire dépassant de l'horizon comme un avertissement adressé aux pêcheurs: "Accostez plus loin, étrangers.". Le rocher de Couroupédion, comme l'ont appelé les colons fortunéens lorsqu'ils l'ont découvert, se rappelant peut-être de leur mythique origine héllène, est ainsi un messager de bonne augure: il est l'un des seuls de ces récifs que l'on peut voir de suffisamment loin pour ne pas se laisser emporter sur les rocs volcaniques, il observe depuis plus de mille ans les travailleurs de la pêche et les chercheurs de perles, impassible. Bien que je n'y ait jamais été, c'est là une description que je tire des récits d'autres, dont la plume fut bien plus aiguisée que la mienne, et dont les mots sont justes au vu des photographies et des vues m'étant parvenues. En hauteur au dessus de la plage de galets où trône ce roi des rocs, se dressait une autre merveille, cette fois faite par l'Homme, au sommet d'une falaise. Des petits fortins comme ceux là, il en sortait régulièrement le long des côtes des anciennes colonies fortunéennes. La plupart eurent été bâtis du temps où les pirates, qu'ils soient achosiens, pharosi de la péninsule d'Albe, ou norrois de Tanska, venaient razzier ces terres des richesses qu'ils n'avaient guère l'habilité de produire. La plupart ont disparu, mais pas celui-ci, qui a été reconstruit encore et encore, au fil du temps, car il gardait la baie donnant accès aux pêcheries et arsenaux de la cité de Nuevo Fortuna par la mer. On dit que les velsniens s'en emparèrent en 1241, lors de la Guerre d'Apamée, et qu'ils se servirent de celui-ci comme d'une base pour faire le siège de la cité du sud. Lorsque la ville d'Apamée se fut rendue aux velsniens, ceux-ci gardèrent le fort comme garnison, qu'ils remirent à un commandant de manière héréditaire. Le fortin devint un château inspiré des demeures palatiales de l'Eurysie du sud et de la Renaissance fortunéenne, centre d'un grand domaine agricole, perdant sa vocation militaire. Puis, il tomba dans l'oubli de l'Histoire, et sa silhouette ne devint qu'un fantôme visible par tous les marins approchant du rocher, l'ombre menaçante d'une forteresse qui fut redoutable, symbole d'une Dodécapole perdant elle aussi tout rôle militaire ou politique majeur dans cette Manche Blanche battue par les flots de la géopolitique.

On y voyait parfois des passants et des locaux passer devant, arracher les mauvaises herbes de ce qui restait de ses ruines, par respect pour l'Histoire et par réflexe. Mais en ce début du mois d'avril, alors que la saison des pluies printanières débutait, des mouvements allaient renvoyer le rocher de Couroupédion dans la lumière aveuglante de la grande Histoire, tout comme le reste de la Dodécapole. Les premiers pourparlers entre Porto Rosso et Nuevo Fortuna ayant échoués, les deux cités furent sur le pied de guerre depuis le début de l'année, ponctuée de coups de main et de massacres sans envergure. Trop modestes pour être appelés la guerre, mais trop cruels pour être appelés des jeux. La mise en marche de la guerre fut longue et laborieuse pour deux cités dont l'appareil militaire était modeste, et dont les soldats n'étaient que de simples miliciens. Ainsi, ils travaillaient la semaine, et s'entretuaient le dimanche. Mais ce conflit prit une autre tournure, car dés lors que les apaméens échouèrent à ramener la paix entre les deux cités, qui se tenaient griefs en vertu de différents territoriaux immémoriaux, gravés dans la pierre par une vendetta sans fin, ont comprit de tous les bords que l'affaire fut plus grave qu'à l'accoutumée.

Aux coups de main meurtriers succédèrent des troupes plus grandes, mieux armées, mieux organisées et dont la mobilisation fut plus durable Ceux qui allaient à la guerre on comme pique-nique y étaient désormais en permanence, vivant de la terre, pillant les campagnes et les petits bourgs de part et d'autre de la frontière. Les deux cités avaient monter au fil des mois des petites forces armées capables de subir le coût d'une guerre longue, par des réformes militaires inspirées de la cité velsnienne, par la création d'une Garde civique dont ces deux patries ne disposaient plus depuis des décennies. Les camps temporaires laissèrent place à des bases en dur, et une chaîne hiérarchique plus stricte, et on commença même à voir poindre de ci et de là, un armement plus lourd: quelques canons, des camions et des citernes pour ravitailler des véhicules civils reconvertis pour la guerre, qui nécessitait un plus grand investissement en hommes et en argent, qui bientôt vint à manquer pour ces deux villes de 60 000 âmes chacune. La Zecca de Velsna contracté des prêts auprès de chacun pour que la machine ne se grippe pas, et les affrontements pouvaient ainsi durer tout l'hiver et le printemps qui se profilait.

Dans cette pièce de théâtre, le rocher de Couroupédion et sa ruine seraient le premier décor: ainsi il a été décidé de par l'importance stratégique du lieu, et par la faiblesse de Nuevo Fortuna, dont la campagne du début du printemps se déroulait sur son sol. Au début de l'année, les porto rossiens et les néo-fortunéens se battaient à la frontière: trois mois plus tard, les milices de Porto Rosso arrièrent en vue du rocher de Couroupédion: une erreur stratégique par-ci, une faiblesse numérique par là permirent à l'un d'être l'attaquant, et à l'autre, la contrainte d'être défenseur. Du rocher, les porto rossiens s'installèrent das les ruines, reconstruisant l'esquisse d'un camp entre ses quatre murs, avec la pierre pour paroi et le ciel pour plafond, car cela faisait depuis bien longtemps que la bâtisse n'avait point eu de toit. Ils étaient un peu plus d'un millier d'envahisseurs, mettant la campagnre à feur et à sang par intermittence, rentrant les bras chargés de vivres, car les camions de ravitaillement étaient encore rares, et de butin, car ce n'est pas parce que c'était la guerre qu'il ne fallait pas faire ses affaires de l'argent et du commerce. Mais plus qu'une base avancée perchée sur un promontoire rocheux, le rocher de Couroupédion permettait aux militiens de Porto Rosso un contrôle de l'entrée de la baie de Nuevo Fortuna. Le stratège de l'armée rossienne, Dom Petrucci, avait placé ses quelques pièces d'artillerie, non pas vers la campagne, mais vers les flots d'où les navires allant et venant à Nuevo Fortuna, qu'ils soient civils ou militaires, furent pilonnés systématiquement. En l'espace d'une prise de position, de ce vieux chapeau détruit et reconstruit, toujours pour de bonnes raisons, les gens de Porto Rosso avaient coulé un nœud autour de la gorge de la cité adverse.

Ce qui était une situation précaire pour Nuevo Fortuna fut le cinglant rappel de leur faiblesse, qui poussa la cité a une réponse forte: sa campagne incendiée, son territoire en partie occupé constituaient un affront fait à la liberté de cette patrie, qui fut piquée au vif. Dans un élan de patriotisme défensif, Nuevo Fortuna, qui fut repoussée encore et encore durant ces trois mois de guerre, organisa une nouvelle levée militaire exceptionnelle sous le commandement du Stratège Dom Farna, illustre et habile personnage en qui Dom Petrucci avait trouvé son égal. Farna réorganisa de fond en comble la Garde civique néo-fortunéenne, et attendit le bon moment, que l'imprudence de Petrucci l'emporte sur sa raison. La cité fut vidée de ses gens capables: 2 000 soldats en armes, un sacrifice immense pour une si petite ville. Couroupédion, position avancée, pu facilement se changer en un piège pour ses occupants. D'une manœuvre énergique, la milice locale coupa le ravitaillement des assaillants, telle une faux, enfermant les mille malandrins de Porto Rosso. D'assiégeants, ces derniers se retrouvèrent du jour au lendemain dans la misérable condition d'assiégés. Porto Rosso réagit immédiatement, elle aussi en mobilisant la totalité des effectifs à sa disposition, tentant de provoquer une rupture dans le dispositif assiégeant le rocher. D'une escarmouche, on assista bientôt à un affrontement dont l'issue serait cruciale, et où les deux cités jouèrent leur va-tout. La situation était ainsi au début du mois d'avril: deux forces équivalentes, se fixant au loin, avec deux stratèges, hésitant à lancer la première attaque d'une bataille décisive pour l'avenir de leurs cités.

En coulisses, on sentit la gravité de la situation, tant du côté des démocrates apaméens, qui avaient convenu d'une dernière tentative pour rétablir la paix entre les deux ennemis, que du côté du césariste Lograno, guettant chaque opportunité pour établir un cadre permettant la chute d'Apamée, et poser un pied dans la péninsule. L'hésitation des deux armées constituait probablement la dernière fenêtre de tir pour que la paix s'impose...ou bien une simple pause dans un massacre à venir. A n'en point douter, au dessus de Porto Rosso et de Nuevo Fortuna se déroulait une bataille à distance entre Apamée et Volterra. Et dans le sillage des armées, allaient et venaient observateurs et émissaires dans les camps retranchés de chacun. L'heure fut cruciale, et la diplomatie avait l'occasion de s'exprimer pour la dernière fois: alliances et marchés, encouragements à la guerre ou appel désespéré à la paix, la décision était désormais dans les mains de tous les acteurs de cette triste pièce...


Forces en présence et contexte a écrit :

  • Les deux cités ont mobilisé des forces d'envergure équivalente, peut-être 2 000 gardes civiques chacune, ce qui rend l'issue d'un affrontement très incertaine. Si la milice de Porto Rosso paraît mieux équipée, elle est toutefois épuisée par des mois de campagne, est loin de ses bases et a été coupée en deux par la vive réaction des néo-fortunéens.
  • Les armées de Porto Rosso et de Nuevo Fortuna se préparent pour un affrontement d'envergure qui aura certainement des conséquences importantes. Celui qui emportera la décision aura sans aucun doute la main haute dans d'éventuelles négociations de paix, voire même, en cas de défaite décisive, l'une des deux cités pourrait être vaincue et son territoire occupé durablement.
  • Si les deux forces sont légèrement équipées, un armement lourd commence à faire son apparition, de même que des moyens logistiques. Porto Rosso semble avoir l'avantage en nombre de pièces d'artillerie, mais la rupture des communications avec ses bases devrait affecter sous peu les réserves en obus et munitions de l'armée si rien n'est fait pour la sortir de cette situation.
  • Les deux stratèges militaires des forces en présence, Dom Petruci (Porto Rosso) et Dom Farna (Nuevo Fortuna) ont organisé leurs armées "à la velsnienne": un noyau de citoyens-soldats autour duquel évolue des troupes mercenaires et étrangers venant du monde fortunéen et d'au delà, et une doctrine générale axée sur le déploiement de petites unités autonomes très mobiles. La prise d'initiative personnelle y est fortement valorisée, de même que la rapidité. Les deux armées sont donc d'une composition et adoptent une approche de la guerre très similaire.
  • L'armée de Porto Rosso, s'il elle est coupée de ses ravitaillements, est solidement retranchée sur le rocher de Couroupédion. La déloger ne se fera pas sans lourdes pertes.
  • Attention, une armée de renfort de Porto Rosso devrait tenter de briser l'encerclement du rocher.
  • Les deux armées sont facilement influençables par la perspective du butin facile.


Lieu de l'évènement: Péninsule apaméenne

a


HRP: Règles de l'évènement:
  • Tous les joueurs peuvent influer sur le déroulement de cette bataille, ou même si il aura bien lieu. Il sera laissé à chaque joueur un laps de temps raisonnable pour déployer leurs talents de diplomate (ou de soldat), contacter chaque camp pour en favoriser un, ou prôner un arbitrage.
  • Tout contact par courrier doit être fait dans le topic ci-joint, et toute arrivée de diplomate ou de soldats dans le QG de campagne de l'un ou l'autre camp devra être RP dans le topic de rencontre.
  • Si l'évènement s'étale trop dans le temps, le MJ avertira les joueurs de la fermeture imminente de la fenêtre de négociation. Si aucune issue pacifique n'est trouvée à ce stade, l’affrontement aura lieu.

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RP IMPORTANT (combat)


Histoires dodécaliotes


La bataille de Messalie (suite du post "l’Étrange bataille de Messalie")
Gina Di Grassi (15 avril avril 2018)

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Ce n'est pas parce que sa patrie est en feu qu'il n'est pas dans notre possibilité d'en faire profiter les autres. Ceci est probablement l'état d'esprit et la sottise qui a caractérisé les actions et les méthodes des capitaines des deux navires des patries ennemis de Porto Rosso et de Nuevo Fortuna. Les gens du pays fortunéen sont brillants, ils font preuve de l'étincelle du génie qui caractérise les grandes nations et les belles cités bien bâties. Mais on décrit également volontiers notre peuple comme confus, hutin, prompt à se battre et à nous confronter lorsque nous ne faisons pas commerce. C'est à ce sang bouillant que l'on doit le coup de canon qui fut tiré à quelques encablures du Port de Messalie, et qui marqua le point de départ de la "Bataille de Messalie", et également à l'indécision des dirigeants de la cité messaliote, qui n'ont su répondre aux appels à l'aide du patrouilleur de Porto Rosso, qui pourtant leur avait demander l'asile en leur port des semaines durant. Car si porto rossiens et néo fortunéens étaient à des milliers de kilomètres de chez eux, la guerre se prolongeait ici, dans les eaux de cette patrie neutre qui n'avait su donner réponse aux requêtes de chacun. Des semaines durant, le navire néo fortuéen resta là, stationné à quelques encablures des quais où le patrouilleur de Porto Rosso, qui avait été poursuivi jusqu'ici, et qui su mettre à profit ce temps pour remettre en état, à la fois navire et équipage. Mais sans nouvelle de leur demande d'asile, il arriva bien un moment où ces derniers durent repartir, et se confronter à leurs poursuivants. Durant ce temps, les capitaines de ces deux vaisseaux eurent tout le loisir d'appeler grand renfort de leurs patries, qui tarda cependant. En effet, le 15 avril au petit matin, l'équipage du patrouilleur prit la décision difficile de lever l'ancre, et de tenter une échappée du rivage messaliote, afin de rejoindre leur nation, au profit d'un épais brouillards et du manque de moyens de détection d'un navire ennemi dont ils savaient qu'il disposait de moyens tout aussi dérisoires que les leurs. Il y avait là également, peut-être, l'expression d'une peur: celle de voir arriver les renforts de la patrie ennemie, et qui mettrait de fait fin à cette tentative de fuite, mais aussi...il y avait une ruse dont je vais vous conter lle cheminement.

C'est à l'aurore que les habitants du vieux port de Messalie purent constater la disparition du navire porto rossien, qui, dit-on, esquiva de ce fait le règlement de la dette que l'équipage devait pour la réparation d'urgence des avaries du bâtiment. Après des semaines de traque, les deux patrouilleurs s'engagèrent au combat dés que les porto rossiens s'eurent éloignés de la berge du vieux Port, ce qui n'empêcha point les messaliotes de pouvoir assister au spectacle, et au loin, de voir "danser" les deux navires, qui ne furent bientôt que deux points à l'horizon. Le bruit du canon tonna comme un orage lointain et inoffensif, et qui pourtant, sur place, ne fut que chaos et désordre. L'affrontement entre les deux navires débuta par les traditionnelles manœuvres visant à obtenir la portée et le positionnement idéal, tout en tirant des coups de semonce de part et d'autre. Les néo-fortunéens réalisent que l'affrontement aura bien lieu aux portes de Messalie, alors même que de ce beau matin, le quart des marins fut à peine relevé. Les premiers tirs sont maladroits, ne touchant guère davantage que le creux des vagues, et les deux patrouilleurs se rapprochèrent graduellement, au point qu'il fut bien dur désormais, de rater sa cible.

Il était inhabituel en les temps présents, de se battre sur mer sans appui de l'air, ou d'un quelconque dispositif d'artillerie: ce combat était là le reflet d'une façon passée de recourir aux armes, et que l'on n'avait pas vu depuis fort longtemps, où l'héroisme et l'audace avaient un rôle important. Celui-ci fut long, plusieurs dizaines de minutes à recourir au pilonnage systématique, jusque que surpris, les messaliotes témoins de la scène constatent avec surprise que les porto rossiens, qui étaient les chassés et les apatrides qui prièrent pour faire halte dans leur port et demandant protection, ceux là même prirent le dessus, et l'on vit une colonne de fumée s'échapper du patrouilleur de Néo Fortuna.

A ce stade, il aurait été aisé de penser que les gens de la patrie de Porto Rosso eurent gagner le combat, et que leurs adversaires s'eurent désengagés, mais c'était mal connaître les succès et les revers, les coups de pouce que Dame Fortune peut accorder aux Hommes. Elle avait sans doute estimé, ce jour là, que la bravoure se devait d'être retrouvée dans chaque camp, ou bien qu'elle fut bien trop dérangée par ce vacarme se jouant sur ses flots, dans le creux de son ventre. Ainsi, alors qu'il était aisé de penser que le patrouilleur néo fortunéen accuserait la retraite, les messaliotes furent témoins de l’apparition au loin de deux autres petits points, puis de quatre: par du destin, les renforts des deux patries, que les deux capitaines avaient appelés de tous leurs vœux, avaient fait irruption quasiment au même moment: d'un duel entre deux navires, on assista dés lors au combat de six navires, qui avaient déboulé sans attendre leur reste au secours des bâtiments déjà engagés. Un affrontement impromptu au bout du monde, avec pour seuls témoins les habitants d'un petit paradis fiscal. Il n'en faudrait pas davantage pour écrire une bonne histoire.


Forces en présence et contexte a écrit :

  • Le poste suivant est la suite de celui-ci. Veuillez le lire si vous voulez connaître davantage du contexte.
  • L'affrontement a eu lieu en raison de l'absence de réponse du gouvernement messaliote vis à vis de la demande d'asile de l'équipage du patrouilleur, qui l'a poussé à quitter l'embarcadère où il avait trouvé refuge.
  • Porto Rosso et Nuevo Fortuna ont déployé chacune trois patrouilleurs. Deux modestes flotilles donc, mais qui au regard des faibles capacités de ces deux micros-états, constitue un engagement important.
  • L'affrontement se déroule aux large des eaux messaliotes, à grande proximité des eaux fortunéennes et antériniennes.
  • Les joueurs ayant des flottes à uns distance raisonnable de l'affrontement peuvent espérer arbitrer la fin des combats ou y participer (flotte fortunéenne et antérienienne non loin, par exemple).
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RP Mineur (ACTE I, intrigue politique)


Guerre dodécaliote: la position velsnienne

"Que pouvons nous faire ?"



Gina Di Grassi (Avril 2018)

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Dom Francesco Mogador Altarini, sénateur et hégémon provisoire de la Dodécapole



" Mes excellences illustres et honorables, doit-on attendre que la Dodécapole explose pour que nous puissions y faire quoi que ce soit ?"


Il régnait un silence lourd dans les rangs du Sénat à l'adresse de cette question. Depuis des jours, et alors que la confrontation entre cités devenait inévitable, il était une cité, paradoxalement la plus puissante de toutes, qui daignait répondre à cette interrogation. Porto Rosso et Nuevo Fortuna étaient entrés en guerre: on pouvait croire que ce genre d’occurrence était légion, et c'était bien le cas. Mais la gravité de la situation, en revanche, paraissait toute autre: des nuages pointaient à l'horizon, et dans cette auguste assemblée, celle qui avait renversé le tyran Scaela, on ne pouvait lire sur les visages que le trouble jeté par cette affaire fort gênante. Mais gênante pourquoi ? Plusieurs choses, à dire vrai.

La Dodécapole était une épine dans le pied, un dossier auquel personne ne daignait approcher, car il était là bien souvent le cimetière des ambitions politiques. Alors, durant des décennies, on avait proposé à l'Hégémonie u sénateur velsnien relativement mineur, peu important, et volontaire pour s'acquitter d'une tâche que personne ne désirait. Le poste d'hégémon de la Dodécapole, et c'est là une légère exagération de ma part quoique bien parlante, ne suscitait pas davantage d'attrait que la magistrature de curateur des eaux usées du Canal. Velsna s'acquittait traditionnellement de cette tâche ingrate de sacrifier l'u des siens sur l'autel de ses ambitions personnelles, par respect pour sa propre position hégémonique dans cette confédération, mais c'était un labeur qui ne portait guère de récompenses, si ce n'est le commandement d'une flotte qi n'avait que peu d'usage, et qui était minée par les dissensions internes entre les cités de la Dodécapole qui la composait.

Mais plus que tout, les séateurs velsniens prenaient conscience, de leur degré de responsabilité dans cette affaire dodécaliote, et à quel point un choix pauvre d'hégémon était en partie la cause de toute cette crise. Adolfino Agricola, pourtant, paraissait être prometteur. Il avait négocié avec succès un traité avec les achosiens en 2016, chose pourtant réputée impossible qui avait attiré le regard sur sa personne. C'était un bon commandant militaire, bien qu'il manquât d'expérience, et surtout, on le pensait d'une grande fiabilité et d'une docilité à toute épreuve. On l'imaginait sans ambition personnelle, un commandant soumis. Grave erreur. Si d'ambition politique il n'avait point, ou du moins, il clamait d'en avoir jamais eu, c'était là un Homme avec des ambitions personnelles liées à son propre confort, un homme avec des rêves. Au final, celui-ci a déserté de sa fonction, en emportant avec lui une partie de la flotte confédérée dodécaliote, et il coule des jours heureux en la cité d'Adria avec sa nouvelle maîtresse, à qui il a apporté toutes ses forces. Une cité de la Dodécapole a honteusement volé une partie du matériel de guerre propre à toute la confédération, sans que les réactions soient bien grandes.

Bien sûr, il y eu toujours la mise hors la loi d'Agricola par les autorités velsniennes, et il eu le privilège de recevoir le titre peu envié "d'ennemi de la République". Mais malgré cela, plus rien ne suivit cette déclaration d'intention, et Velsna, bien occupée ailleurs, n'eut guère le loisir de s'occuper de ce problème, qui semble t-il, s'est infecté pour une plaie suintante, au point de devenir une urgence. Adolfio Agricola était un problème, il était devenu une crise à laquelle la cité velsnienne tardait à trouver une réponse appropriée. Valait-il la peine de déclarer la guerre à Adria pour retrouver du matériel volé et abriter un hors la loi ? Alors même que l'armée républicaine était dispersée au Chandekolza, au Nazum du Nord et en pays raskenois ? Adria était une priorité noyée au milieu d'autres priorités: lever une armée velsienne prend du temps. Cela demande l'ordre d'une levée militaire, puis de l'équipement des soldats qui n'ont pas les moyens de faire autrement, puis le recrutement des mercenaires et auxiliaires étrangers, l'affectation d'un commandement au sein du Sénat, une véritable volonté politique à l'heure où des élections sénatoriales approchent. Non, la cité velsnienne, si elle finit souvent par obtenir ce qu'elle désire, n'était pas encore prête à présenter sa flotte devant la canal d'Adria pour demander son dû.

La Dodécapole prenait feu, et la cité velsnienne semblait étrangement distante, à contrario de Volterra et d'Apamée, qui étaient entrées de plein pied dans cette affaire qui secouait la péninsule d'Apamée. Au fond, il n'y avait pas seulement la surprise de la trahison d'Adolfino Agricola qui était en jeu. Dame Fortune donnait à ces excellences le don de flairer la chance, d'attendre le bon moment et pour les bonnes raisons. Ce qui était certain, dans tous les cas, était que Velsna avait la volonté de céder le titre d'hégémon à des patries qui convoitaient ce "privilège" bien davantage, et dont elle, n'avait que faire. Au fond, quel fut l'interêt de Velsna d'intervenir et de prendre parti pour qui que ce soit ? Alors que chacune de ces cités provoquait la méfiance la plus grande ? Chacune à leur manière, Adria, Volterra et Apamée étaient et agissaient comme des patries suspectes. Adria pour des raisons évidentes, était devenue en l'espace d'une manoeuvre scandaleuse, un braquage honteux, la lie de la Dodécapole. Volterra était le fief d'un chef d'état césariste qui ne prenait même pas la peine de cacher ses ambitions dévorantes. Apamée était quant à elle une cité instable qui aspirait à être davantage qu'un phare isolé de la démocratie. Les autres cités, elles, ne comptaient pas pour grand chose. Malgré l'importance de leurs voix respectives, il était probable que jamais elles n’auraient l'occasion de faire ne serait-ce qu'effleurer l'hégémonie. Et si c'était le cas, avec quels moyens feraient-elles ? Ces excellences du Sénat étaient donc face à un choix désagréable qui ne comportait aucune bonne solution: le choix entre le pire et le moins pire, à la limite.

Aussi, en vertu de tous ces désagréments, le Sénat fut partagé quant à ses options, très limitées. Alors quitte à voir la Dodécapole devenir l'apanage d'une démocratie aux humeurs changeantes, d'un traître ou d'un despote, autant fallait-il rendre utile la nomination de l'hégémon provisoire, celui qui succèderait, au moins pour un temps au traître Agricola, jusqu'à ce qu'un nouveau congrès dodécaliote finalise la transmission de la fonction à quelqu'un d'autre. Pour les sénateurs de la majorité conservatrice, qui voyaient déjà en cette tâche une affaire vaine condamnée à l’échec, la question était davantage de savoir qui parmi l'opposition sénatoriale était assez gênant pour être offert en sacrifice, tout en ne servant pas à une autre cité un billet direct pour l'hégémonie. Un eurycommuniste était à exclure totalement, en vertu du cordon sanitaire les dispensant de toute fonction ou magistrature importante. Nommer un libéral aurait également été un non-sens, puisque cela aurait probablement signifier qu'Apamée donnerait le prochain hégémon sans le moindre effort. Quant à un optimate landrin, c'était là tout bonnement hors de question. Il restait donc la droite de la majorité sénatoriale, au sein de cette petite alliance hétéroclite de réactionnaires de tous poils: des individus détestant assez les accointances landrines de Volterra, tout en e servant pas la Dodécapole à Apamée sur un plateau. Au final, le choix de nommer Dom Mogador Altarini à cette fonction allait de soi. Récemment, il était avec les eurycommunistes l'opposant le plus acharné du régime des conservateurs, et il était donc un adversaire politique à écarter le temps des élections. Dans le même temps, sa haine pour le parti landrin le rendrait incapable de nouer une alliance avec Salvatore Lograno, et il haissait tout autant Adria pour sa trahison, et Apamée pour son régime démocratique. Sans le vouloir, il représenterait à merveille le statut quo dans lequel Velsna cherchait à se draper, et ce sans même que ce soit une manoeuvre volontaire de sa part. Ce fanatique de la cause fortunéenne était au bon endroit, au bon moment, et je pense, malgré son caractère grossier, qu'il comprit tout autant que moi les raisons de sa nomination. Mais il n'en prit pas ombrage, bien au contraire: cette opportunité, il la voyait comme une faiblesse de ses adversaires à exploiter pleinement, et il embrassa son rôle à bras le corps.

La tâche que le Sénat velsnien avait confié à Altarini était digne de travaux mythiques: Adolfino Agricola avait laissé un champ de ruines derrière lui. En désertant, il avait érodé durablement la confiance des cités dodécaliotes envers l'hégémon, en sa capacité à organiser des actions coordonnées en cas de défense de la confédération. Agricola n'avait pas seulement emporté avec lui les navires d'Adria: il avait acheté la fidélité d'une partie des équipages velsniens, et ceux d'autres nations. L'usurpateur s'était emparé de la moitié de la flotte, et l'avait emporté avec lui dans son aventure insensée. Quant à l'autre moitié, était-elle seulement prête à quitter son port d'attache pour répondre à l'appel d'un Altarini ? Chaque navire n'était pas la propriété de l'hégémon, mais appartenait à sa cité d'origine. Aussi, la flotte confédérale ne devait sa capacité de mobilisation qu'à la loyauté qu'inspirait l'hégémon: son charisme, sa force personnelle, sa confiance en sa parole étaient d'autant de facteurs qui faisaient un bon ou un mauvais hégémon. Altarini était-il capable de demander à Porto Rosso et à Nuevo Fortuna, des cités en guerre, l'emprunt de leurs flottes respectives ? Alors même que la menace de Lograno veillait, Apamée était-elle prête à sacrifier un peu de sa sécurité pour assurer celle des autres membres de la Dodécapole ? Peu probable, et cela aussi, Dom Altarini en avait conscience. Concrètement, le sénateur n'avait à sa disposition le jour de sa nomination, que de cinq navires velsniens, et trois autres des cités de Cnide et de Castel Estrech. Autant dire rien du tout. Cette risible flottille était l'ultime moquerie des sénateurs velsniens, ce qu'il ne supportait pas.

On aurait pu croire à cet instant, que Dom Altarini ne serait dans cette guerre dodécaliote qu'un figurant impuissant, une victime de l'ambition de ceux ayant davantage de moyens que lui. Il fut une erreur de penser ainsi, et je dois l'admettre que ce fut aussi mon erreur, et que j'ai mésestimé l'homme. Lorsqu'il reprit les ruines d'Agricola, il n'avait plus que quelques navires. Il fut lucide dans son constat, ce qui rendit sa réaction efficace: maigre flotte certes, mais il prenait conscience que ce fut tout de même une force dont il pourrait disposer comme son seul atout politique, entre les ambitions de Volterra, Apamée et Adria. En premier lieu, il redonna du courage à ses équipages, en transformation radicalement la hiérarchie interne en leur sein, en distribuant les cadeaux en argent aux bonnes poches, et en nommant des méritants aux postes à responsabilité, qu'il appela "mes gars solides", suivant son parler vulgaire qui n'était pas digne de sa fonction. De moyens il avait peu, mais remplir sa fonction et rendre l'existence de chacun moins agréable, il savait parfaitement le faire, que ce soit l'Assemblée apaméenne, Lograno ou Agricola, peu importait, car d'ennemis il les avait tous les trois en horreur la plus absolue. La Dodécapole verrait ainsi l'affrontement entre un serpent, un traître et une brute: au milieu, le peuple de la Dodécapole, qui fut toujours l'éternelle victime.


HRP: Effets:
  • Dom Francesco Mogador Altarini tente de réformer la flotte confédérale, et adopte une posture de méfiance vis à vis des cités d'Apamée et de Volterra, et une posture ouvertement hostile vis à vis d'Adria.


Liens RP pour la bonne compréhension du texte:
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Acte I - RP MAJEUR (évènement)


Histoires dodécaliotes


La prise de Cortonna
Gina Di Grassi (24 avril 2018)

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"Je ne connais rien aux princes, aux gouvernements et aux intrigues de palais: je suis un soldat. Mais ce sont les types comme moi qui font avancer les pions de tous ces gens, et les types comme moi qui gagnent les guerres. Adria est déjà en guerre, même si son gouvernement ou Agricola ne le savent pas encore, ou refusent de le comprendre. Alors, nous ferons le travail à leur place, comme toujours."

Les mots du commandant Mardonios, mon "prince-condottière", venaient frapper en plein cœur. J'étais ainsi entourée: par des hommes et des femmes vivant dans la méprise des convenances, mais paradoxalement, étaient l'expression de la puissance des élites qui les méprisaient allègrement. Car oui, il était vrai que dans les patries fortunéennes, on se méfiait de ceux, comme les mercenaires, qui avaient fait du versement du sang de leur métier. Quel genre d'homme fallait-il être pour s'adonner à pareil labeur ? Au choix, un homme cruel et rustre vivant de sa propre cruauté, ou bien, un homme désargenté et misérable, réduit à la violence par les mêmes structures qui le recrutent par la suite pour remplir de sombres offices. Et il y avait des hommes et des femmes comme moi-même, en quête de soi et de structures familiales qui n'existaient plus. Ironique qu'il était de chercher famille en pareil endroit, et en pareille compagnie. Pourtant, je l'avais bien trouvé: la troupe de Mardonios était remplie de ces gamins ruinés de l'ancienne élite foncière d'Achosie du Nord, mise de côté par une nouvelle élite financière mieux pourvue, et qui l'a remplacée dans tous les aspects de la politique...sauf dans la guerre. Il y avait toujours le besoin d'hommes et de femmes maniant des armes pour remplir de sales labeurs que cette nouvelle élite refusait de voir, tout en ayant conscience de sa nécessité. Aussi, ces gens, ces soudards vivaient dans le clair-obscur permanent, entre deux mondes: celui de la misère, et celui de l'élite. Ils voyaient la pauvreté et la richesse en même temps, en l'espace de quelques clignements d'yeux.

Les élites d'Adria, c'était un fait tiré de nos semaines entières passées à errer dans cette ville, ne savaient pas comment mener une guerre. La cité n'en avait pas faite depuis des décennies, et il n'y existait pas même une véritable armée avant l'arrivée d'Agricola, à la tête de ses navires. Les gens d'Adria, hormis Adolfino Agricola et la doyenne Marina Moretti, ne paraissaient prendre pleinement conscience de la nature du conflit qui se profilait en pays dodécaliote, ni en saisir les enjeux. Les membres du directoire scientifique de la ville, qui administrait cette patrie, caressaient encore cette illusion vaine, qu'afficher une neutralité de façade dispenserait la ville des affres des troubles à venir. Ils avaient tort, certains andrians comme son excellence Moretti le savaient, mais même les lucides ne savaient concrètement pas faire pour mener un combat, elle la première. Les mercenaires comme nous, comme le commandant Mardonios ou le professeur Bishop étaient là pour ça. Quant à Agricola, il connaissait les choses de la guerre, mais il n’entendait pas la "mener avec la même fourberie que Lograno", si jamais elle devait éclater. Le fameux traître velsnien était un Homme bon jusque dans ses manœuvres: il croyait en la guerre courtoise, celle qui permet de voir son adversaire et l'affronter de face. Là encore, le sénateur déchu vivait dans une illusion autre, celle de penser que la Guerre dodécaliote serait un affrontement conventionnel. Malgré tous les avertissements qui furent faits de Lograno à sa personne, que ce soit de son amante adriane ou du commandant Mardonios, cette bonne âme et ce soldat compétent restait un politicien dont j'eus toujours pensé qu'il était médiocre dans la lecture de ses adversaires. Il n'est rien de plus navrant que de travailler pour un Homme que je pensais sincèrement bon dans ses intentions, mais qui présentait ses failles.

Il ne se rendait pas compte de toutes les formes que le conflit allait prendre, à commencer par le fait que cette lutte passerait en premier lieu par les ambassades, les chancelleries et les détours des couloirs, où l'usage des mots seraient plus efficaces que ceux des armes. Là encore, les apamées et les volterrans avaient un train d'avance, et le confort d'Adria n'était dû qu'à sa situation plus isolée. Mais cela ne durerait pas, il arriverait tôt ou tard le moment où lorsque Apamée ou olterrra chuterait, où Adria serait seule face à un adversaire qui aurait prit le temps de bâtir sa puissance, qui aurait graduellement acheter la loyauté de toutes les autres cités dodécaliotes, alors qu'Adria, elle, se serait compromise dans l'inaction et la paralysie: peut-être Marina Moretti espérait que la respectabilité et la sagesse suffiraient à ce que sa cité soit élue à l'hégémonie au prochain congrès, mais cela, moi même en doutais-je fortement. Au cœur du commandant Mardonios et des autres mercenaires payés par la cité d'Adria, il paraissait clair que cette hégémonie ne se gagnerait pas par la passivité: la démocratie apaméenne paraissait l'avoir compris, de même que le "prince de Volterra", mais les élites d'Adria tardaient à en prendre conscience.

Ainsi, il faudrait agir à leur place, et les mettre devant le fait accompli: c'est ainsi que l'idée de prendre la cité de Cortonna par la ruse, et remplacer son gouvernement afin d'obtenir un premier soutien vers la conquête de l'hégémonie, était née dans l'esprit de quelques fous, Mardonios et Bishop les premiers. Cortonna fut la cible parfaite: qui irait défendre une ville gouvernée par une élite théocratique et rétrograde ? Les autres cités dodécaliotes ? Apamée était-elle prête à dénoncer la cité d'Adria au sujet d'une ville qu'elle tenait elle même en piètre estime ? Alors même que le conflit faisant rage entre Porto Rosso et Nuevo Fortuna à sa frontière faisait rage ? Ce régime honni de tous trouverait-il du soutien auprès de Lograno, lui-même accaparé par ses propres rêves de grandeur en péninsule apaméenne ? La cité de l'évêque de la Dodécapole était pour ainsi seule, et elle avait cultivée cette position d'elle même durant les décennies précédentes, coupant le contact avec presque toutes ses consœurs, se refusant à la moindre libéralisation politique dans un monde ayant depuis longtemps poursuivi sa route sans elle. Cortonna était le grand infréquentable de la Dodécapole, l'Homme malade de la famille, la paria. Parmi les dodécaliotes, peut-être y aurait-il quelques dénonciations opportunistes qu'il faudrait contrecarrer, mais rien d’insurmontable selon le commandant Mardonios. De même, qui à l'étranger pouvait regretter la chute de ce régime ? Velsna ? Pas un instant celle-ci s'intéressait à son sort malgré toute l'inimitié de la cité sur l'eau pour Agricola, le fameux traître velsien. L'OND ? L'organisation était-elle prête à sacrifier des moyens pour sauver une théocratie mourante ? Sans doute pas. La cible était parfaite, le moment choisi l'était tout autant. Le 23 avril 2018, le plan fut lancé.

Il y avait parmi les pauvres fous que j'eus décrit plus tôt, quelques centaines d'hommes et de femmes, tout au plus. Des fous, que je me refuserais d'appeler "esprits libres", car ils restaient enchaînés à leur condition d’exécutants des bonnes volontés de leurs employeurs. Il y avait les chasseurs strombolains de Mardonios, dont je fis partie, les kotioites de Bishop, ainsi qu'un curieux et récent arrivage de mercenaires provenant de lointaines contrées nazumi. Une équipée baroque.


Si Agricola était indifférent vis à vis de la ruse, ce n'était point le cas de nous autres, les moins que rien et les soudards. Mardonios usa d'un stratagème qu'il tira de ses souvenirs de la Guerre de l'AIAN, en Achosie du Nord, afin de prendre la ville par la fourberie et la bénédiction de Dame Fortune. Sachant ma personne, en tant que fille de sénateur velsnien, particulièrement prisée en guise d'otage par les cités dodécaliotes, et en particulier par Apamée et Volterra, qui tentaient toujours d'obtenir de Velsna sa stricte neutralité, je consenti à me faire "vendre" par les condottières aux autorités de Cortonna, lesquelles nous pesions avec raison que celles-ci contacteraient incessamment Volterra ou Apamée dans le but de me vendre comme otage de marque en échange de quelque avantage que ce soit, une pratique commune dans les cités dodécaliotes. J'étais fille du Maître de l'Arsenal de la Grande République, et prise de valeur pour quiconque.

Aussitôt contactée, l'évêché de Cortonna consenti à ouvrir ses portes à la troupe de Mardonios, de Bishop et de Retaellon, pensant que nous changeâmes d’allégeance pour préférer la leur: une petite compagnie d'une centaine d'hommes atterrirent donc sur une piste, répartis en plusieurs petits avions. On me fit sortir de l'un d'entre eux par la violence: toute attachée et avec un bâillon, des chaînes autour des mains. On se permit même de me donner quelque coup de crosse, dont un à la tempe qui me fit grand mal. On reçut Mardonios, Bishop et Retaellon en grande pompe, dans un accueil digne du pape de Catholagne, et on emmena le cortège jusqu'au bâtiment de l'évêché, qui servait ainsi de résidence à son dirigeant tyrannique. Nous pûmes observer furtivement l'étendue de l'impuissance de cette ville, la plus pauvre de la Dodécapole, gardée par des poignées de soldats qui ne furent pas préparés à la suite des évènements sont ils ne furent que les victimes collatérales et nécessaires de la quête de l'hégémonie d'Adria. Ces soldats étaient pauvrement équipés, et pauvrement vêtus, loin des réformes militaires que la plupart des cités dodécaliotes avaient déjà effectuées sur le modèle velsnien.

L'heure d'agir vint lorsqu'on me présenta à l'évêque lui-même et à son conseil, qui étaient chacun trop heureux de me posséder en tant que monnaie d'échange inespérée en vue de sortir de leur isolement mortifère. On me mis sur mes genoux face à cet homme, dont l'odeur rappelait celle de la vieillesse et de de l’échec, que les condottières d'Adria lui rappelleraient bien assez tôt la réalité. Alors que ses gardes s'apprêtaient à se saisir de moi, les mercenaires Mardonios retournèrent leurs armes contre les gardes de l'évêque, et les abattirent dans un mouvement si vif, que les conseillers de ce dernier n'eurent le temps de dire mot, ne serait-ce que de crier à l'aide. Le gouvernement de Cortonna était ainsi renversé, au détour d'une brève fusillade qui se prolongea dans les rues adjacentes du palais. Leur gouvernement décapité, des mercenaires dans leurs murs, la garde cortonnaise fut rapidement dépassée, et rendit les armes face à une équipée pourtant quatre fois moins nombreuse qu'elle en effectifs. Une centaine de morts fut à déplorer pour ces derniers, contre à peine une dizaine pour nous. Cortonna était tombée en moins d'une heure, et avec une opposition des plus minimes, sans même que la population ne s'en rendit compte à l'instant, et qui ne le découvrirait que les heures qui suivirent.

Dés lors que la ville était sous contrôle, nous fîmes venir le reste de nos troupes: 2 000 d'entre nous tinrent cette ville; Le Gouvernement d'Adria, et l'ancien hégémon Agricola ne furet mis au courant que dans les heures suivantes, et mises devant le fait accompli. On dit que cet acte d’insubordination fut acceuilli avec rage par Agricola, qui vit une partie des troupes de ses alliés adrians prendre une initiative par elles seules. Mais cette désobeissance reçut un accueil beaucoup plus pensif de la part de la doyenne Moretti, qui pris conscience de l'opportunité, malgré la ruse et la fourberie qu'il fut nécessaire de mettre en œuvre pour arriver à cette situation. Il fut dés lors question de savoir que faire du futur gouvernement de Cortonna. Moretti et Agricola furet eux même partagés sur la question: si Agricola était favorable à simplement changer l'identité des personnes en charge, Moretti voulait quant à elle remodeler entièrement le gouvernement de cette vieille rivale, et imposer une gouvernance calquée sur le modèle de Directoire scientifique d'Adria, mettant ainsi fin à un gouvernement théocratique vieux de plusieurs siècles. Mais dans les faits, le choix revenait aux hommes et aux femmes en place, qui eurent le dernier mot quant à ces instructions...

Le choix appartenait aux acteurs de cette pièce, les moins que rien et les flingues à louer, dans la plus grande des ironies.


Effets:
- Cortonna est prise par des mercenaires engagés par la ville d'Adria. Elle devrait changer d'allégeance en vue du prochain congrès dodécaliote (voir le premier post du topic conflit pour voir l'état des forces en présence.
- 100 soldats et leurs équipements seront supprimés de l'atlas de la Dodécapole (pertes militaires durant la prise de la ville).
- Les joueurs doivent décider de la marche à suivre dans le changement de gouvernement de Cortonna, à savoir:
  • Suivre les ordres de la doyene Marina Moretti et remplacer le gouvernement théocratique par un Directoire de grandes figures universitaires calqué sur le modèle d'Adria (nécessite une garnison plus importante pour garantir la pérenité du prochain gouvernement de Cortonna, et risque des évènements de révolte populaire).
  • Suivre les ordres d'Adolfino Agricola et remplacer l’évêque ainsi que le conseil ecclésiastique de la ville par des figures plus amicales (nécessite une petite garnison et amoindri les risques de révolte populaire, mais fidélité plus aléatoire de Cortonna vis à vis d'Adria à l'avenir).
  • Suivre une voie alternative qui mettra les joueurs en porte à faux immédiat avec leurs employeurs, ainsi que Mardonios (affrontement prévisible)
- Une chaîne d'évènements se déclenche dans le topic conflit, qui permettra aux différents acteurs de la Dodécapole de condamner ou non cette initiative, et de déterminer le choix des joueurs quant à l'avenir du gouvernement de Cortonna.


Lieu de l'action: Cortonna (Nord de la péninsule d'Albe)

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Facteurs explicatifs de la situation:
- Les joueurs d'Apamée ont refusé l'idée d'une expédition visant à prendre Cortonna, ce qui a laissé l'action des joueurs d'Adria se faire sans la moindre opposition (la situation aurait pu être différente).


Liens pour la bonne compréhension du post:

- Pour compredre le personnage d'Agricola
- Pour comprendre la situation de Cortonna
- Pour comprendre l'origine du plan de la prise de Cortonna
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RP Mineur (ACTE I, intrigue politique et développement de personnage, choix de joueurs possible)

Arc Adria


Histoires dodécaliotes: La journée des toges, rencontre entre Adolfino Agricola et Mogador Altarini

"Adria delenda est"



Gina Di Grassi (Mai 2018)

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Dom Francesco Mogador Altarini, sénateur et hégémon provisoire de la Dodécapole



Je l'affirme souvent: si le sénateur mon père n'a jamais éprouvé d'attention à l'égard de la mode, de la bonne tenue des vêtements à des individus qui en maitrisaient davantage les codes, je pense que ceux-ci en disent long sur ceux qui les portent: pas tant leur niveau de fortune, que n'importe quel observateur peu avisé pourrait déduire, mais il existe un art de la lecture bien plus subtil que cela, et qui demande de plus grandes compétences et connaissances de la symbolique. Cet art était très développé parmi l'élite sénatoriale de la cité velsnienne, et chaque détail comptait. Le plus symbolique, le plus noble et le plus majestueux de ces vêtements était la toga traditionnelle propre aux sénateurs de la République.

Bien entendu, la mondialisation avait fait son office dans la standardisation des codes vestimentaires. Dans presque toutes les nations eurysiennes, o avait délaissé la plupart des fripes traditionnelles pour des styles uniformes, la plupart du temps de couleur sombre ou sobre. La majorité des sénateurs avaient délaissé depuis longtemps l'usage de la toge dans la plupart des occasions, jusque dans l'enceinte sacrée du Sénat où le costume à cravate, la veste ou une simple chemise. Les groupes politiques identifiaient parfois ainsi: costume cravate guindé pour les conservateurs, simple chemise pour les eurycommunistes. On observait de ci et d elà, malgré l'uniformisation du monde, la persistance de codes tels que ceux-ci. Mais la suprématie de la mode dite "moderne" ne coïncida pas pour autant, pour certains, à une disparition de la traditionnelle toga pretexta, que l'on considérait encore comme la plus noble des tenues.

Ainsi, à l'occasion de certaines sessions du Sénat, ou encore lors de festivités civiques, quelques irréductibles perpétuer la tradition du port de la toga. Là encore, le port vestimentaire en disait long sur ceux qui arboraient ces "fripes": en 2018, le port de la toge n'était ainsi plus l'adage que de sénateurs se réclamant des plus grandes, anciennes et prestigieuses lignées de colons prouvant leur ascendance directe avec l'ancienne Fortuna ou Léandre. Cernés dans un coin de hémicycle par la modernité, ces optimates, et quelques conservateurs, offraient à voir un spectacle majestueux à chacune de leurs interventions. Chaque toge était unique, et possédait, par sa symbolique, plusieurs niveaux de lecture qui racontaient une histoire sur leurs porteurs, et les pères de leurs pères. La plupart des membres des grandes familles fortunéennes arboraient des toges bordées d'une bande en pourpre de Qadisha, tissée sur le bord rectiligne, ou dans un légère teinte de rouge ou d'ocre. Dans les deux cas, ces couleurs avaient une valeur protectrice: elles aidaient à, selon les anciens, garder les faveurs de San Stefano, le patron des astucieux, car c'était des couleurs associées à sa sainteté. A contrario, on reconnaissait les sénateurs d'origine landrine, car la bande de couleur qu'ils arboraient était si teinté de pourpre qu'elle virait presque au noir: une manière, au vu du prix de la pourpre de Qadisha, de faire démonstration de leur puissance et de leur richesse. A la fin de la Guerre des Triumvirs, le sénateur Jaccopo Mano offrit au sénateur mon père, une toge à bande brodée de dorures sur fond rouge, car c'était là un apanage des généraux victorieux: il ne la porta jamais, mais j'ai cru comprendre qu'il la garda tout de même dans un coin, car ce cadeau était fort généreux et prestigieux. Enfin, il y avait les "inclassables": des toges uniques portées par des excellences uniques, qui eux seuls comprenaient toute la signification de leurs symboles. Ainsi, le sénateur optimate Altarini, se distinguait souvent en inversant les couleurs de sa toga, remplaçant le blanc de la toge par de l'ocre, et la bande rouge par du blanc, l'ocre étant un signe distinctif de la force et de la virilité.

Les toges, on aurait pu croire qu'elles étaient revenues dans les faveurs de la mode en Dodécapole en ces temps troubles de guerre, car il arriva un évènement parlant de toute la symbolique gravitant autour de ces objets de curiosité et de fasciation, que j'appelais "la journée des toges". Ce fut en début du mois de mai 2018 que la cité d'Adria reçu une visite pour le moins inattendue, et qu'elle espéra probablement ne jamais avoir. Les oiseaux de mauvais augure se rassemblaient et volaient autour de la cité, attendant l'une de ses erreurs, saisissant le prétexte idéal afin de se souvenir que dans ses murs, un homme qui y avait été accueilli était l'u des individus les plus honnis et recherchés de la cité velsnienne. Cette cité de Velsna, qui pour le moment n'avait point agit le moins du monde pour arbitrer les égos de ceux qui convoitaient l'hégémonie dodécaliote, qui s'était gardée de tout favoritisme, qui avait nommé un individu sans moyens à l'hégémonie provisoire, elle même serait surprise par ce dernier, dont les intérêts et l'enjeu des évènements étaient beaucoup plus importants pour lui que pour sa patrie.

Dom Mogador Altarini avait été délibérément envoyé dans ce guêpier insoluble dans le but de s'y perdre, et de perdre son temps et une énergie qu'il ne déploierait pas dans le cadre de la campagne électorale à venir, à Velsna. Cet homme, dont la belle toge cachait son caractère rustre et inacceptable, était toutefois animé par une vive énergie qui le poussait à oser, à tenter de transformer ce semi-exil en une victoire et en un exercice de propagande. Velsna n'entendait pas se saisir à bras le corps de la crise dodécaliote ? Alors ce serait lui qui s'acquitterait de cette tache. Il mettrait toute cette énergie déployée au service du récit de sa force et de sa puissance, de sa détermination et de son intelligence: la Dodécapole était pour lui le terrain de sa propre campagne électorale, et toute campagne nécessitait des coups d'éclats flamboyants, même lorsque ceux ci e produisaient guère beaucoup de conséquences concrètes. C'est ainsi, que de beau matin, sans même avoir prévenu de son arrivée, que celui-ci accosta dans le Grand Canal d'Adria, à bord d'une corvette de la flotte fédérale de la Dodécapole, et qu'il se présenta à a porte du Directoire des universités d'Adria. Il y avait derrière quelques gardes wanmiriens et deux hommes, caméra à l'épaule, qui seraient chargés de transmettre le récit de ce coup d'éclat précis: Altarini faisant le travail de la République, hurlant devant les portes de cette splendide façade baroque:

" Agricola ! Sors de là espèce de salope !"


La voix puissante, autant que sa conviction. Le ton vulgaire, comme il en a l'usage. Sous la toga, il y avait un aristocrate fortunéen qui estimait que sa noblesse suffisait à pardonner tous les excès. Il n'y avait ni le dévouement à la République, ni la modestie, ni la grandeur d’âme sous cette toga, mais simplement un individu exprimant la manière dont cette très ancienne élite prend tous ses privilèges pour acquis. Un sénateur velsnien va où il veut, quand il le veut, car c'est là son droit en tant qu'homme libre. Altarini méprisait les homo novum, ces sénateurs partis de rien pour gravir les échelons et devenir les premiers de leur lignée à atteindre la plus haute chambre. Agricola, l'homme qu'il cherchait, n'était pas de ceux là, certes, mais par sa trahison, c'était comme si il s'était rabaissé à leur niveau pour l'optimate fortunéen. Adolfino Agricola n'était plus rien: il n'était plus son frère de Sénat, ni son égal, ni un individu obéissant aux codes de son monde. Il était un rebelle en rupture de ban, qui s'était enfui avec une partie de la flotte que la cité velsnienne lui avait confié, et qu'il avait donné sur un plateau à cette maudite cité d'Adria.

Malgré sa grossièreté et son impertinence, on le fit entrer et lui fit faire face au conseil, car il restait un sénateur velsnien, que l'on reçu certes bien froidement, à l'image de ce qu'il avait donné à voir à Adria. Il se présenta sans gêne devant les membres du Directoire, leur donnant u premier aperçu de ses revendications par une démonstration théâtrale. Des plis de sa toga ocre, il présenta une coup d'or dont il versa le contenu au sol, des chevalières dont le tintement sur le parquet raisonna dans toute la pièce, tout en fixant la Doyenne Marina Moretti dans les yeux et en ne la lâchant guère du regard:

" Mes excellences: voici les bagues de soldats chandekolzans tombés sous nos glaives. Ces barbares avaient cru bon de penser qu'il serait judicieux de s'opposer à notre cité, qu'il serait possible d'y voir là une sortie courageuse. Les gens de cette patrie ont cru bon s'opposer, et on périt ainsi. Aussi, je vous le dis: ne vous opposez jamais à la République, et ne vous opposez jamais à la cité velsnienne et à ses citoyens. Les achosiens ont tenté fut un temps, les zélandiens ont tenté fut un temps, les apaméens ont tenté fut un temps, et ils ont tous échoué. Pourquoi en serait-il autrement pour vous ? Pourquoi les gens d'Adria, pourtant une belle bande de fragiles à l'accoutumée, semblent si déterminés, ces derniers temps, à prendre ombrage de notre cité, lorsque l'on connait l'Histoire ?

Je viens vers vous, non seulement en tant qu'hégémon provisoire, titre qui m'a été conféré par la désertion honteuse de mon prédécesseur, mais en tant que citoyen de la Grande République qui exige réparation pour une liste d'affronts de plus en plus longue dont vous vous êtes rendu coupables. Je ne suis que le modeste rétributeur de l'accumulation de fautes dont vous vous êtes rendu coupables récemment. Je serai clair, mes excellences, quant à mes exigences: donnez moi Adolfino Agricola, donnez moi la flotte qu'il a volé honteusement à cette confédération, donnez moi les déserteurs qu'il a prit avec lui dans cette catastrophique et malheureuse aventure. Si vous faites ainsi, alors je serai disposé à oublier tous vos actes ignominieux: la cité velsnienne pardonnera votre traitrise, et elle pardonnera l'attaque honteuse menée par VOS HOMMES à l'encontre de la cité de Cortonna. Nous vous laisserons à vos misérables tentatives de créer votre propre hégémonie, avec vos misérables problèmes, et vos misérables manœuvres.

Acceptez mes demandes, et Adria restera dans les grâces de la République, nous redeviendrons des frères et de sœurs, et nous vous convriront de cadeaux et d'affection. Nous vous laisserons l'initiative de la guerre et de la conquête, à l'encontre de Lograno comme à l'encontre d'Apamée. Mais refusez de me livrer le traitre, refusez de me livrer sa flotte et ses hommes, refusez et vous vous exposerez à notre inimitié. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour remettre la main sur le traitre: je détruirai votre flotte, je détruirai cette cité jusqu'à ses fondations, je ferai oublier jusqu'à l'existence de votre cité dans les livres d'Histoire et les fables, et votre nom sera maudit. Le choix vous appartient, et vous êtes maitres de votre destin."



L'assemblée était déjà en ébullition pendant toute sa prise de parole, mais sa conclusion vit une explosion de fureur dans tous les rangs: scandale et horreur, colère et terreur. Seule la doyenne Moretti se refusa à la réaction et à la passion, car de réponse elle avait déjà, et elle savait à l'avance que le jour viendrait où l'hégémon viendrait réclamer son du. Aussi, s'était-elle préparée de longue date à pareille chose, réalisant que tout ce que l'on disait de la bouillante et scandaleuse personne d'Altarini était vraie. Sa fureur, elle avait contenu l'emprise jusqu'à cet instant, qu'elle garda pour sa réponse:

" De quel droit, viens tu ici nous voir, Mogador, avec un discours aussi menaçant à l'encontre d'une cité sœur ? De quel droit, toi, le fortunéen vertueux, ose tu t'en prendre à notre droit de l'hospitalité. Tu penses venir ici en territoire conquis ? Comme si cette cité t"appartenait en vertu de ton rang d'hégémon ? Tu viens ici nous voir, arborant un mandat qui ne te permet pas de nous parler de la sorte. Tu nous insultes, et tu menaces notre cité comme si tu en avais les moyens. Tu parles au nom de Velsna, et tu usurpes sa parole en vertu d'un mandat de diplomate que tu ne possèdes pas. Tu n'es pas Velsna, et tu n'es pas son émissaire: tu es le magistrat temporaire d'une fonction réduite à l'impuissance, et tu viens ici nous faire croire que tu as le droit de te mêler de la sucession de l'hégémonie, de décider à la place des cités dodécaliotes qui élire à ta fonction ? Tu nous sers, et non l'inverse, Mogador.

Qu'Adolfino Agricola ait offensé ta cité, j'en suis navrée, mais cela n'est pas notre affaire. C'est là une affaire que tu prends avec plus d'énergie que ta propre cité, qui jusqu'ici s'en est lavée les mains. Tu es le dindon d'une farce que tu ne comprends pas. Tu es ici sur tes deniers propres, pas ceux de Velsna, et je refuse de croire que tes paroles sot le reflet des volontés de ta cité. Agricola est seul, mais tu l'es autant que lui, et plus impuissant que lui. Tu n'es rien ici, Mogador: aussi, je refuse de négocier avec la cité velsnienne à travers ta personne.

Oui, nous avons accueilli Adolfino Agricola dans nos murs, conformément à notre principe de l'hospitalité et de l'asile politique, sans n'avoir jamais intenté à notre amitié avec Velsna: il 'a jamais été à notre intention de faire comme tel. Mais nous ne pouvons nous résoudre à laisser un homme être jeté en pâture et condamné à la prison à vie dans la prison des soupirs de la cité sur l'eau. Mais si Velsna entend se plaindre, qu'elle evoie un véritable émissaire, et non ta personne. Nous t'accorderont la visite de son excellence Agricola, mais tu le feras en tant que personne privée, et sous la bonne escorte de gardes."



Ainsi, il fut permis à son excellence présomptueuse de se voir organiser une rencontre avec Agricola, en tant que simple hégémon, une façon subtile d'atteindre à sa dignité de sénateur velsnien et de faire grande moquerie de lui qui ne faisait que souligner la malice et l'intelligence de la doyenne Moretti. Humiliation suprême: il fut convenu d'un rendez vous, non dans un endroit officiel, mais dans un jardin adjacent au Palais du Directoire d'Adria, à la vue d'un important groupe de gardes civiques adrians, mettant Dom Altarini et ses quelques gardes dans une grande position d'inconfort délibérée. Adolfino Agricola se présenta alors à lui, pas en tant que déserteur, mais en tant que sénateur. Lui aussi connaissait les codes de la mode vestimentaire, et comprenait que ce que l'on porte en dit long sur ce que l'on est. Comme une provocation, il se présenta à Dom Altarini dans le même appareil que lui: dans la toge que les pères de ses pères portaient. La sienne était d'un blanc pur, ceint d'une bande pourpre, dans une manière plus sobre que celle de celui qui le défiait. Le déserteur se targua simplement d'une formule qui enragea plus encore l'optimate.


a
Adolfino Agricola



" J'ai cru comprendre que tu me cherchais, Mogador. Eh bien...me voilà."


Altarini fut frappé par la colère devant ce qu'il estimait être une longue liste d'insultes accumulées depuis le début de la journée, et que le sourire mesquin d'Agricola venait faire ressurgir.

" Tu penses que tu pourras te permettre de me fuir longtemps, Adolfino ?"

"Étant donné que la moitié de ta flotte est avec moi, je puis me permettre de postuler que oui. Je te pense capable et acharné, mon frère de Sénat, mais tu ne peux pas gagner un combat à l'épée avec une cuillère, pas plus que tu ne peux prendre Adria sans navire, ou sans le soutien explicite du Sénat des Mille de la Grade République. De ce que je sais, tu n'as ni l'un ni l'autre."

"Et pourtant, tu as eu assez peur pour te réfugier de moi derrière une femme. Fragile."

" Tu as l'air certain de toi concernant tes chances de me battre. C'est bien, mais quand remonte la dernière fois que tu t'es battu ? J'ai été sur les plages d'Umbra, j'ai été en Achosie. Toi, qu'est ce que tu as fait pour la cité ? Je suis peut-être un traitre, mais cela devrait t'interpeller de constater que la contribution d'un traitre envers notre cité eut été plus grande que la tienne ne le sera jamais. Regarde toi donc: tu t'es tant empâté que tu pourrais te cacher derrière la reine de Teyla que l'on verrait tes flancs dépasser tout de même. Non, Mogador, je ne te crains pas, pas tant que tes forces se résumeront à quatre patrouilleurs. As-tu quelque chose d'autre à me dire qui n'implique pas une déclaration sans suite ?"

"Oui. Il n'en sera pas toujours ainsi, Adolfino. Il arrivera un jour où le Sénat se décidera à mettre les moyens pour te capturer. Il arrivera un jour où j'aurais les moyens de le faire. Jamais je ne cesserai de te traquer, où que tu sois, et en n'importe quel prétexte. Je m'engage à rendre ton existence aussi misérable et pathétique que possible. Il arrivera un jour où j'exercerai la justice de la Dodécapole à ton égard, comme tu as exercé la tienne à l’encontre de Cortonna, dans un élan qui m'a fort amusé, et dont je suis certain que les autres cités dodécaliotes auront une réaction appropriée."

" As-tu terminé ?"

" Oui. J'espère pour Adria que ceux ci accepteront ma proposition, car ils partageront ton sort s'ils ne le font pas."



Sans un mot, Dom Altarini s'en retourna, tournant le dos à son excellence Agricola, comme d'un homme qui eut à dire ce qu'il avait un dire. Bien qu'Agricola eu le dessus durant tout leur échange, ce dernier senti, à son départ, une boule lui remonter dans la gorge, l'alarmant sur l'étendue des problèmes auxquels ils se confrontait.


HRP: Effets:
  • Dom Francesco Mogador Altarini concentrera ses efforts de nuisance sur Adolfino Agricola et ses alliés à l'avenir.
  • Si Velsna est officiellement neutre, Altarini devrait tenter de former sa propre force privée dans l'accomplissement de ses objectifs personnels en Dodécapole.


HRP, possibilités de RP pour les joueurs:

  • Les joueurs ont la possibilité de pousser Adria à faire un choix concernant son alliance avec Adolfino Agricola, en proposant des conditions alternatives à sa capture par les velsniens ou en encourageant à accepter les conditions d'Altarini présentées comme telles dans le post.

Liens RP pour la bonne compréhension du texte:
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Le message n'est pas bien passé semble-t-il.





Deria is coming

Les arcanes du pouvoir Fortunéen étaient tel une vaste toile d'araignée, une infime partie uniquement en était réellement visible et émergée, perceptible par tous et toutes, par le commun des mortels. Pourtant, tel une structure tentaculaire, ses immenses ramifications se terraient à l'abri des regards indiscrets sous des couches et des couches d'illusions et de mensonges, encore et encore jusqu'à former quelque chose d'éminemment complexe, bien trop pour en saisir toutes les subtilité, d'aucun dirait qu'il s'agissait là du résultat de siècles entiers de perfectionnement d'un système déjà ancien et que ses créateurs avaient au fil des générations développé encore et toujours plus. Et ils auraient raison, c'était là le cas... Pourtant... Ce n'était pas seulement ça, car après tout rien de ce que l'on ne crée ne reste éternellement sous contrôle à suivre un script millimétré. Bien évidemment il y avait eut des développements imprévus, et à l'image de l'ensemble de la chose, ces derniers étaient devenus pour la plupart imperceptible jusqu'aux yeux de ceux là même qui se voyaient en être les architectes bien malgré eux.

C'est là tout le problème de se vautrer dans les secrets et les intrigues de manière perpétuelle, la paranoïa en est le contre-coup naturel, le doute, la crainte, la peur, la terreur... Les émotions humaines que l'on aimait à dire restreintes, exacerbée par la passion et cette impression de contrôle qui était à bien des égards une illusion, un pieu mensonge dans lequel l'on s'enfermait jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

La structure d'où l'on tirait les ficelles devenue piège invisible à l'insu de tous et chacun. Qu'elle ironie. Mais posez vous la question... Est-ce là la conséquence inéluctable du destin tissé il y a bien longtemps par LA Dame ? Ou simplement les actes humains s'entrechoquant dans une danse complexe et imprévisible ayant finalement donné lieu à un authentique sac de noeud ? Les théories diffèrent et chacun a un avis différent sur la question, pour peu que l'on se rende compte de la situation cela va de soit. Malgré tout les faits demeurent... La Ville qui sombre et ses éternelles manigances sont un terrain de jeu perpétuel dans lequel quiconque peut tirer son épingle du jeu s'il joue selon les règles, cela a toujours été le grand principe. Mais quand est-il lorsque le plateau est renversé ? Que ce qui est en haut est alors en bas ? Le sens commun n'est plus et tous ce qui fut millimétré tel une horloge dysfonctionne alors en tentant de se raccrocher à ce qui a toujours été connu.

Fortuna est en crise. Mais contrairement à la plupart des fléaux qui accablent les nations et les êtres à travers ce monde troublé et mouvementé, celle ci est silencieuse et se déroule dans les ombres, à la connaissance de bien peu in fine. La Fortune souriait toutefois à ceux qui étaient assez clairvoyant pour tenir le cap à travers les mystères en désarroi. Et à cette heure ci où les masques n'avaient plus de repères, où les ténèbres s'entretuaient à la recherche d'une menace invisible, où l'horreur et les plus grandes peurs régnaient en maîtres absolus, il y avait une personne plus que tout autre qui avait entreprit de naviguer à travers l'obscurité en levant bien haut sa lanterne.

De fait, lorsque l'on était celui qui avait remis à plat le plateau, abattu à la hache les enceintes et complètement refait les règles du jeu selon ses attentes afin de faire jouer un script soigneusement confectionné, il était bien évidemment aisé de se mouvoir en son sein afin de se faire passer pour l'homme providentiel capable de tenir la barre à travers les périodes sombres.

La peur. Il n'y avait que ça de vrai finalement, c'était là une leçon que Francisco di Deria avait apprit après de multiples constatations au cours des années récentes. Une véritable peur, insidieuse et imperceptible est nécessaire afin de maintenir l'ordre, tamisée par de l'espoir et quelques menus bénéfices afin de ne pas transformer les uns comme les autres en bêtes acculées. La Transblêmie le démontrait bien. Tout dans l'esprit. Carnavale beaucoup moins, la Tangibilité de leur peur s'était heurté à la résistance de la réalité et se voyait être engloutie par une force d'attrait bien plus grande. Être mixologue des âmes, cela ne s'improvisait pas, il fallait des compétences et une vision ce dont il disposait personnellement l'un comme l'autre. Et l'Amiral, au fait de l'envers du décors de la société dans laquelle il évoluait depuis sa naissance, avait parfaitement tordu ce monde afin de le conformer à ses nécessités. Et quand bien même il ne pouvait pas tout contrôler car après tout l'on n'a jamais la main que sur un côté du plateau d'échec, les grandes lignes dansaient suffisamment sur sa musique pour qu'il en soit satisfait.

Le problème finalement venait comme il avait pu s'y attendre de l'extérieur. Là où il n'avait aucun contrôle sur le déroulé des évènements en tant que tel, mais où il pouvait user de ce qui advenait afin de renforcer son illusion et ses sortilèges. Les bravades du Sadr ou plus récemment la guerre civile Kartyenne qui avait été "sanctuarisée" n'en étaient finalement qu'un échantillon et l'on aurait pu croire que cela aurait suffit à faire passer le message comme quoi ordre sérénité étaient attendus dans les eaux calmes de l'hémisphère sud... Cela avait été le cas jusqu'à présent désormais... La Leucytalée était à nouveau un sanctuaire paisible.

Jusqu'à ce que au cours d'une inspection des escadres au sein du siège de l'amirauté métropolitaine, Santa Léone, une nouvelle des plus saugrenues lui soit murmurée par un second à semi-voix en pleine inspections des troupes des Tercios da Màr. Le Custodien était déjà au fait de cette affaire de Course-poursuite entre deux patrouilleurs de cités états mineurs du monde Fortunéen qui avait eut lieu sur une bonne part du pourtour du continent Eurysien. Pour autant, quand la proie s'était réfugiée dans les infrastructures portuaires de Messalie, l'affaire avait semblé s'être tassée, et logiquement, le chasseur aurait dû se lasser...

Mais il n'y avait rien de logique au règne des émotions humaines, et de toutes celles qui existaient, la haine était sans doute le plus puissant des moteurs, une source d'énergie inépuisable dans lequel l'on trouvait la force de soulever des montagnes... Et de cela, Porte-Rosso comme Nuovo Fortuna n'en étaient pas dépourvus, bien loin de là. Non content de ne pas en démordre l'un comme l'autre dans cette escarmouche impromptue, ils escaladaient encore et encore. Chacun avait réclamé des renforts à sa cité, et des renforts avaient été envoyé... Voilà que désormais une bataille navale miniature troublait les eaux de l'Eurysie du Sud Ouest, certes non pas Leucytaléenne et bien loin de Léandra, mais assez proche de l'île Mère et de la ville qui sombre pour donner matière à une seule justification...

L'Amiral Deria en tant que tel, ayant autorité absolue dans le secteur de Leucytalée n'avait en théorie aucune autorité hors de celui ci, mais le Custodien Deria à la tête de l'ensemble de l'Armata et au vue des pouvoirs d'urgence exceptionnel lui étant conféré de part ce statut l'étant tout autant, avait à sa disposition toute la marge de manoeuvre nécessaire, légale, militaire comme politique afin de se saisir de cet incident et d'en décider l'issue selon ses termes. La toile d'araignée Fortunéenne étant plongée dans le désordre et le chaos, ce n'était pas comme si quiconque allait l'empêcher de faire ce qui lui plaisait dans cette situation, et quand bien même si quelqu'un en avait le courage ou les moyens, la rapidité d'action lui était aussi acquise, et in fine, tous seraient mis devant le fait accompli.

Qui donc irait le blâmer pour avoir restauré l'ordre dans le pré-carré républicain ? Les éternels hypocrites assurément. Mais qu'importe. La réalité était fort simple. Le message que l'Amiral avait envoyé au cours de l'année dernière n'était de toute évidence pas bien passé. A charge à lui de corriger cela. Et tant qu'à faire, d'ajouter une nouvelle pierre à son grand édifice dans les coulisses. Quelqu'un d'autre serait ainsi sacrifié une nouvelle fois sur l'autel de la gloire et des intrigues. Qui plus est, en portant son regard dans la rade, le détenteur de la Custodie eut alors une idée afin de faire en sortes que les réfractaires comprennent une fois pour toutes ce qu'il en était de cet ordre tant désiré dans le sud Eurysien...

Dans tous Santa Léone les alarmes retentirent, vociférant en donnant le ton alors que sur les quais et les docks les équipages se précipitaient à leurs bâtiments et que l'ombre de Dame Fortune surplombait l'ensemble du port. Comme si le destin souriait à ce qui allait se produire, les retours d'une pluie intense des derniers jours et d'un temps maussade avait vu au loin un vaste nuage de brume fondre sur les eaux et se mouvoir tel un géant pataud le long de celle ci jusqu'à proche de l'affrontement au large de Messalie...

La Bataille avait assurément bien avancée là bas le temps que les acteurs annexes se mettent en place, rien de décisif pour autant, un équitable affrontement à trois vaisseaux de faible tonnage contre trois, agiles mais hargneux, maigre mais courageux, six combattants qui n'en démordrait pas jusqu'à ce qu'un camp remporte la victoire, fut-elle totale ou presque manquée, seule la finalité importait. Et dans le feu de l'action, les combattants ne remarquèrent assurément pas l'anomalie sur leurs radars...

Pas immédiatement du moins. Un écho initialement qui passa inaperçu ou que l'on délaissa bien assez vite pensant qu'il s'agissait peut être d'une quelconque embarcation civile passant par là. Les affrontements avaient de cela qu'ils détournait l'attention des participants de tout le reste, restreignant la vision et l'esprit alors que l'anarchie et l'intensité s'entremêlaient dans une danse endiablée. Toutefois, lorsque les multiples signaux commencèrent à suivre le premier, proches, ordonnés et nombreux et que les instruments s'affolèrent dans un concert d'alarme, il ne fut plus possible d'ignorer la chose.

Un grand nombre de navires approchait. Mais on ne les voyait pas encore, tel des fantômes invisibles, l'on savait qu'ils étaient là, proches, mais la brume obstruait la vision et pendant un instant, comme un miracle, le silence retomba et les cannons se turent tous le temps que les marins rechargent les arsenaux de ces flottilles. Un très long silence qui sembla durer une éternité, mêlé à l'angoisse et à l'adrénaline encore en ébullition...

Soudainement, des cris de la part de quelques marins sur les ponts ou depuis les passerelles de commandements. Quelque chose se mouvait dans le nuage de brume...

Et alors ils virent les silhouettes émerger une à une. Multiples. En formation. Avançant en parfaite coordination. Cependant, chacune des formes fut bien assez vite éclipsée alors que l'attention se porta par réflexe sur une forme bien plus vaste qui se dandinait lentement tel une bête peinant à sortir du labyrinthe brumeux. Un monstre d'acier, colossal et menaçant qui prenait son temps afin d'émerger des ténèbres...

Ce ne fut que lorsque sa proue significative, au coeur du dispositif de ce qui était vraisemblablement une escadre complète, émergea finalement que un des marins dodécaliote s'écria à semi voix à l'intention de ses camarades : Kremnos.

Kremnos

Kremnos.

KREMNOS

Reconnaissable entre mille, notamment à l'architecture de sa structure même propre aux Arsenaux navals de Fortuna, il ne s'agissait ni plus ni moins que de l'un des ô combien très rares Croiseurs de dernière génération actuellement en service dans le monde entier et qui se comptaient sur les doigts des mains. Entre autre, il s'agissait de l'orgueil de la flotte de la Ville qui sombre et DU Vaisseau Amiral de l'ensemble de l'Armata. Et bien que n'ayant jamais été vu en tant que tel jusqu'à présent en action pour des raisons évidentes, il était communément admis que ce dernier ne sortait que très rarement de son port d'attache en dehors des grandes manoeuvres d'entraînement de l'Amirauté Fortunéenne...

Sa présence ici et aujourd'hui ne pouvait signifier qu'une chose... Et ce n'était pas sa participation à des manoeuvres d'usage... Quoique... Du point de vue de celui là même qui siégeait sur le siège au coeur de la passerelle de commandement de cette monstruosité d'acier il s'agissait certainement d'une forme de batteries d'essai... Sans doutes l'on s'attendait, du côté Dodécaliote comme du côté des officiers Fortunéens à ce que l'Amiral réitère son coup de force face au vaisseau du Sadr durant l'année dernière et déjà les gens en charge des communications s'étaient dit prêt à ouvrir un canal de communication à l'intention des deux flottilles.

D'un geste de la main toutefois et à dire vrai à la surprise générale, Francisco di Deria déclina et à la place demanda à ses adjoints un peu médusé de lui rappeler sous quels pavillons naviguaient ces deux spectres d'escadre.

Porto Rosso et Nuevo Fortuna furent les deux réponses qu'il obtient. Un silence pesant s'installa pendant quelque secondes alors que les mains jointes Deria s'était plongé dans ses réflexions. De toute évidence, et de son point de vue, les deux nains du Nord étaient les deux faces d'une même pièce, deux cités querelleuses ayant fait déborder leurs vendetta là où elles n'auraient pas dû et en tant que tel, l'une comme l'autre n'avait guère de réel intérêt pour Fortuna, ni pour Léandra par extension. Pas un argument l'une comme l'autre à faire valoir assurément. En d'autres termes, faire un choix et trancher d'une manière ou d'une autre serait similaire... En théorie.

A dire vrai, il y avait quelque chose qu'une cité disposait de bien plus précieux que l'autre.

Son nom.

Deria n'était pas venu pour arbitrer, n'était pas venu pour faire une médiation, n'était pas venu pour restaurer l'ordre comme il avait pu le faire en Leucytalée l'année dernière à de multiples reprises. Non. Cette fois ci il était venu pour passer à la vitesse supérieure. Il était venu pour envoyer un message. Il était venu pour faire un Exemple. Et quitte à en faire un, autant qu'il y ait une double symbolique derrière.

Lorsque la réalisation le frappa, l'intéressa se garnit d'un sourire carnassier à faire frémir même les plus endurcis des briscards. D'un simple geste de la main, il commanda à ce que l'on active les système d'armement.

Dans le même temps, afin de maintenir l'illusion même si son choix était déjà fait, il lança une pièce dans les airs, Pile pour Nuevo Fortuna et Face pour Porto Rosso, Dame Fortune "déciderait" de la destinée...

Face annonça-t-il froidement.

Puis, levant la main devant lui, il l'abattit tel un couperet en donnant son ordre.

Francisco di Deria - << Coulez moi les navires de Porto-Rosso céans. >>


Aucune once d'hésitation. Les équipages des vaisseaux Fortunéens s'activèrent alors que le silence régnait sur les radios des flottilles dodécaliotes laissées dans l'ignorance. Deria daigna finalement demander à ses opérateurs de contacter les vaisseaux de Nuevo-Fortuna afin de leur transmettre un simple message : Remerciez Dame Fortune de sa bienveillance car vous portez son nom et que son sang coule en vos veines.

Puis, le silence laissa place à nouveau au son des canons, mais cette fois la symphonie fut assourdissante.




    Escadre "Bâton du Bonheur" de Deria, venu envoyer UN MESSAGE.

    - Deria et son escadre vont s'activer à vitrifier les navires de Porto Rosso sans aucune autre forme de procès.


  • Un Croiseur de Classe Basileus (6iem génération), le Kremnos, Vaisseau amiral de la flotte d'où Deria dirigera le tout.
  • Un Destroyer de Classe Trelos (7iem génération), Le Ponente, Vaisseau Amiral de traditionnel de Deria mais servant d'escorte aujourd'hui
  • Un Destroyer de 1ère génération, Le Siroco, le navire du Vice Amiral Prostiglionne, bras droit de Deria,
  • Une Frégate de cinquième génération, La Matrona,
  • Quatre Patrouilleurs de Classe Pioni (10iem génération), Le Castorice et le Pollixia, le Styxia et le Tanatos
  • Quatre Hélicoptères de transports lourds de Classe NERO (8ème génération) embarqués sur les deux Destroyers et la Frégate
  • 120 Tercios da màr (Fusilliers marins) encadrés par quelques commandos de l'Armata et des officiers de la police militaire (Avec 120 Armes d'infanterie légères de 11ème génération)
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RP IMPORTANT (combat)


Histoires dodécaliotes


La bataille de Messalie, et la vile besogne de l'Amiral Di Déria
Gina Di Grassi (juillet 2018)


https://i.goopics.net/k7860x.jpg





Les habitants de Messalie purent entendre ce jour comme un orage, un tonnerre sans nuages. Mais les éclairs ne vinrent pas du ciel, de l'horizon marin seulement. Le patrouilleur de Nuevo Fortuna fut parti de son embarcadère depuis quelques heures à peine: les deux occurrences étaient forcément liées, mais on pouvait difficilement voir autre chose que de la lumière et entendre des détonations au loin. Les messalotes ne comprirent que plus tard ce qu'il se fut produit, lorsque ce ne furent pas des navires dodécaliotes qui sortirent du trait de l'horizon, mais une flotte bien plus imposante, menée par un gigantesque navires aux noires ancres. Le Kremnos était figure connue de toutes les parts des rivages de la Leucytalée: nul navire ne fut plus beau et terrifiant à la fois, plus inspirant et perturbant, plus respecté et redouté, du Jashuria à Caratrad. Dans le sillage de la grande flotte de l'Amiral, les patrouilleurs néo-fortunéens fermaient la marche, et ce furent eux qui rapportèrent aux habitants de la côté le récit des évènements, qui fit honneur pour le meilleur et le pire, à la réputation de l'Homme. Brutel, mais efficace.

On dit que les navires de la petite cité dodécaliote n'eurent point le temps de riposter en aucune façon, ou même de fuir, et de se mettre hors de la portée du croiseur, pourtant plus lent qu'eux. Rarement affrontement fut aussi bref, si affrontement était le bon mot à donner à ce qui se produisit dans ces eaux ce jour là. C'était là davantage une exécution qu'une bataille, un crime contre la loi des Hommes. Si il y eu des hommes courageux sur ces patrouilleurs, de survivants, il se dit qu'il n'en resta qu'une poignée au terme d'une canonnade qui concentra le feu de toute une flotte sur trois petites embarcations. 200 morts, des frères et des sœurs de la Fortune à qui celle ci tourna le dos, et leur offrit les profondeurs de la mer comme tombeau, victime de Déria, homme vil et vain, qui ne fit aucun cas de l'honneur et des conventions.

Si je n'eus que des rumeurs de ce fait, il se dit même que les tercios passèrent parmi les épaves et les décombres, pour capturer les survivants, tout en achevant les blessés..et des hommes qui l'étaient moins. Cette vilénie que d’exécuter des Hommes libres ne fut en rien une entrave à l'exultation de la victoire, tant parmi les équipages du landrin que de ceux des néo-fortunéens. Leurs capitaines furent invités sur le pont du Kremnos, lequel fit grand et bel accueil de leurs alliés de circonstance. A Fransisco Déria on donna tous les avantages de la victoire: les néo fortunéens lui laissèrent les épaves, non sans avoir repêché les ancres des trois patrouilleurs pour les lui offrir, tandis que l'un des capitaines se sépara de nombreux bijoux et offrandes qu'il tendit à l'Amiral. Du reste, les gens de Néo Fortuna purent retourner chez eux auréolés d'une victoire dont ils n'avaient guère le mérite.

La destruction des seuls navires de la petite ville de Porto Rosso, qui avait tant investi pour sa population afin de défendre ses côtes de la piraterie de sa voisine, fut un coup immense porté au moral de sa population, mais surtout de son portefeuille. Les rivages de Porto Rosso étaient désormais laissés sans défense, tant face aux "pêcheurs" icamiens, vils corsaires au service de Lograno, que de sa rivale, qui pu désormais cocentrer toute son attention sur le siège que celle ci menait au rocher de Couroupédion... Si cette bataille fut lointaine, elle marqua une catastrophe pour une petite ville ayant perdu 200 de ses fils, et ne fut même plus en contrôle de quelque bras de mer que ce soit.


Conséquences a écrit :

  • La flottille de Porto Rosso est intégralement détruite (trois patrouilleurs de lvl 1 à retirer de l'atlas)
  • 200 marins de Porto Rosso sont morts.
  • Porto Rosso ne disposant plus de flotte, ses côtes sont désormais entièrement vulnérables.
  • L'issue de l'affrontement aura des conséquences logiques sur le comportement des personnages, que ce soit d'une cit" ou de l'autre dans le cadre de la médiation (Bataille du Rocher de Couroupédion).
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RP Mineur (ACTE I, combat)


Guerre dodécaliote: la campagne de Don Farna (la bataille de Silistra)

Innovation tactique: la naissance de "l'artillerie anti-ville"



Gina Di Grassi (Septembre 2018)

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" Ce matin se tenait ici la petite ville de Silistra, ce soir, ci-gît un cratère."


Lorsque la guerre est menée par des Hommes dont le langage vient à sortir des codes auxquels ils sont attachés, lorsque ceux ci sont confrontés à des dilemmes qui sont insolubles par ce qu'ils connaissent déjà de la guerre, ceux ci cherchent toujours une solution pour contourner le défi, quitte à sacrifier ce qui était le code culturel de la guerre telle qu'elle était menée jusque là. Le pays dodécaliote a toujours été belliqueux: les guerres entre les cités ont été légion, et chaque prétexte justifiait de prendre les armes. Mais ces guerres étaient courtes, violentes, bien entendu, mais elles ne mettaient en jeu guère plus que quelques milices, dans des escarmouches dans lendemain. Les conflits se déclaraient dans la matinée, et se concluaient dans la soirée. La plupart du temps, aucun changement territorial n'avait eu lieu, et parfois, c'était le cadastre qui était retouché, quelques parcelles redessinées, et quelques clôtures réparées. La Dodécapole était une terre de passions violentes, mais de passions éphémères qui venait limiter le mal que faisait la guerre sur tous ceux qui en exerçaient son droit implacable.

Les morts étaient peu nombreux, les prisonniers étaient échangés contre de l'argent, et tout rentrait dans l'ordre. Il fut arrivé, en 1970, une guerre entre la ville de Colinna Alta et de Strombola s/l'Oronte. Elle fut déclarée le 4 septembre à midi, il y eu un combat de quelques jours, et à la fin, un traité eu lieu. Le lendemain, le commerce entre les deux villes avait reprit, les travailleurs circulaient à nouveau des deux côtés de la frontière, et untel remboursait untel de sa poche. Ce qui s'est produit le 27 septembre 2018 aux alentours de la ville de Silistra, sonna ainsi comme un signal: le signal que la Guerre des dodécaliotes n'était pas un conflit comme les autres, qu'il sortait de ce qui avait été pensé par les codes de la guerre alors en usage dans ces villes, afin de rendre la violence plus supportable, parce qu'à quoi d'autre pouvait bien servir un code... La loi de la guerre n'existe plus dés lors que le conflit entre dans un paradigme nouveau, qui n'avait pas été imaginé un seul instant par ses contemporains. Velsna, elle, avait connu des conflits violents, des batailles que l'on pourrait qualifier de "batailles d'anéantissement", mais ce ne fut jamais contre une autre ville foertunéenne. Ce fut contre un ennemi lointain, comme les achosiens de l'île celtique, ou bien contre elle-même. Mais même la cité velsnienne, qui parmi toutes les anciennes colonies fortunéennes avait été la plus chanceuse dans la réussite, n'eut infligée pareille entreprise de destruction à une autre ville fortunéenne. Les fortunéens étaient des Hommes libres, qui se reconnaissaient entre eux comme tels. Aussi, les évènements de ce qu'on a appelé à posteriori la "bataille de Silistra", ont selon moi, marqué un tournant fondamental dans l'approche que nous avions de cette guerre, et après cette date, le reste de la Dodécapole qui ne suivait cette affaire locale de loin, avaient pour la plupart pris conscience d'un changement dramatique.

Pourtant, la guerre opposant Porto Rosso et Nuevo Fortuna avait des traits familiers jusque là. La stratégie, la tactique, la façon de se battre et les moyens avec lesquels ces gens se battaient ne sortaient guère de l'ordinaire. Certes, l'ampleur de ce conflit entre les deux villes, qui du reste n'était que le dernier d'une très longue liste, avait déjà mobilisé beaucoup d'hommes pour deux entités qui n'étaient peuplées, par pas plus de 100 000 habitants chacune au grand mot. Mais les dodécaliotes pouvaient encore y distinguer des traits familiers: une levée soudaine de gardes civiques, qui choisissaient un terrain d'affrontement jusqu'à ce que vainqueur il y ait. Mais que se passerait-il dés lors qu'aucun des deux camps ne voullu céder en quelque endroit que ce soit ? Le combat des 500 eut désigné Porto Rosso comme vainqueur, mais Nuevo Fortuna n'entendit pas arrêter le conflit là, alors les porto rossiens envahirent leur territoire, avant de subir une contre-attaque foudroyante par le talentueux Dom Farna. Celui-ci les acculait désormais l'armée de Porto Rosso à Couroupédion, les ayant coupé de leurs bases et de leur ville. Mais là encore, ce fut au tour des porto rossiens de refuser de céder. Alors le siège de Couroupédion a été donné, et encore une fois nulle capitulation ne fut concédée. Dom Farna était brillant, mais bouillant également. Colérique, impatient et hutin. Comble de l'ombrage, les gens de Porto Rosso ne se découragèrent pas et tentèrent de briser l'encerclement des meilleurs d'entre eux avec une levée d'urgence de citoyens volontaires. Amateurs de la guerre, mais remontés contre des ennemis qui étaient en train se saccager leurs terres, et piller tout ce qui ne pouvait être fixer à un mur.

La tentative se déroula non loin de la ville de Silistra, occupée par les néo-fortunéens. Contre toute attente, une percée y fut faite, et la petite ville fut prise. Il ne fallu que de la malchance pour que la suite de l'attaque, prévue pour briser le siège de Couroupédion et rallier l'armée assiégée fut un succès. Mais il n'était point la manière de faire de Dom Farna, de ne pas prévoir que les porto rossiens n'allaient pas tenter tel assaut, cela et un concours de circonstance qui autorisa l'excès de cruauté qui allait suivre. Car en vue du siège de Porto Rosso, Dom Farna ne s'était point contenter d'une troupe légère, mais escomptait avoir recours aux miracles d'ingénierie des nations du monde, par le biais de pièces improvisées, achetées de ci et de là dans des marchés noirs velsniens, des armes raskenoises, kartiennes ou encore bergroshi. Farna avait anticipé cette guerre sans grande aviation et ne milieu urbain qu'allait devenir le conflit dodécaliote, et il avait ainsi amassé dix pièces d'artillerie d'un grand calibre, que ses troupes étaient en train de monter sur leurs plateformes lorsque l'assaut de Silistra eu lieu. Aussi, ce qu'il avait prévu pour Couroupédion et Porto Rosso, il le donna à Silistra.

La ville, dans laquelle les renforts de Porto Rosso avaient établit leurs retranchements en attendant la suite de leur assaut, fut frappée d'un grand bombardement, le première véritable attaque d'artillerie de la guerre. Quelques heures de frappes furent nécessaires pour changer le ville en une ruine, que les civils n'avaient pas encore complètement évacués, si bien que Dom Farna se retrouve responsables de plusieurs centaines de morts qui ne tenaient point d'armes. ll émergea alors des lignes néo-fortunéenes un bon millier d'hommes, qui reprit sans encombre la ville, forçant les porto rossiens à laisser beaucoup des leurs à terre. Si Dom Farna fut victorieux, ce ne fut pas sans sacrifier des gens de rien, et en se couvrant lui-même d'une grande opprobre jusque dans sa patrie. Pour la première fois, des installations civiles avaient été volontairement frappées, et la guerre dodécaliote prenait des tons que l'on avait vu dans aucun conflit local jusque là.



HRP: Explications HRP du post:
  • Le post ci dessous n'affectera pas l'action des joueurs impliqués en Dodécapole.
  • Le post a eu lieu car trop de temps s'est écoulé depuis le début de la rencontre entre les joueurs de Volterra et d'Apamée.


Conséquences RP:
  • Le siège de Couroupédion continue, mais Dom Farna est prévenu: Porto Rosso n'a pas l'intention de baisser les bras tout de suite, et cette tentative pourrait être suivie d'autres.
  • Les pertes de Porto Rosso sont élevées, mais leur détermination à briser le siège de leurs meilleurs troupes n'a pas faiblit.
  • Le stratège Dom Farna commence à s'impatienter, et il est susceptible de lancer l'assaut contre Couroupédion si la rencontre avec les joueurs n'avance pas.
  • Les pertes seront décomptées de l'atlas.
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RP Mineur (ACTE I, combat)


Guerre dodécaliote: la campagne de Don Farna (la bataille d'Amorgos)

Gagner n'est pas vaincre



Gina Di Grassi (Octobre 2018)

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"Il est rare que le courage et la bravoure provoquent la défaite, sauf lorsqu'ils confinent à la témérité. Ce jour là, Néo Fortuna fut téméraire."


Les jours passant, les gens de Porto-Rosso, malgré leur pertes sans nombre et leurs revers, ne perdirent point bravoure. Au contraire, l’échec de Silistra avait selon eux, été riche de leçons durement apprises, et il fut admis par tous en leur camp qu'attaquer une défense statique solide avec aussi peu de mobilité fut une grossière erreur de jugement. L'apparition des canons anti-ville, ces puissantes pièces d'artillerie tendues vers le ciel, ne fut pas sans compliquer la tâche bien davantage, voire, en la rendant impossible là où la concentration de ces bouches à feu était la plus importante. Les gens de Porto Rosso pleuraient ainsi la perte de 700 d'entre eux. Mais ils étaient des miliciens et des citoyens avant tout, et la perspective de perdre leur propre ville, et leurs foyers constituait une grande source de motivation, de l'espèce de courage dont sont dotées toutes les patries fondées par les fortunéenes dés lors que celles ci sont en danger. Les porto-rossiens connaissaient beaucoup du Stratège Farna de Nuevo Fortuna: ils le savaient ombrageux, un vieil homme qui ne pardonnait ni ses amis, ni ses ennemis. Et dont l'égard dû aux prisonniers désarmés et aux civils était bien dérisoire. Aussi, tous savaient en cette patrie qui dés lors que Farna aurait prit la ville, il la mettrait à bas. Avant même sa campagne, il s'était ainsi annoncé dans toute son intention: venger les affronts faits à sa ville et à ses champs, où la destruction avait été portée par la première offensive des porto-rossiens.

Don Farna n'avait point formuler de buts de guerre, il n'avait point envoyé d'ambassadeur ou de négociateur, il n'avait point proposé de compromis. Le conflit entre les deux cités avait pris des proportions maximalistes qui excluaient un règlement pacifique du conflit, du moins sans intervention extérieure. Pour les porto rossiens, l'absence de revendications précises était bien plus effrayante que si on en avait formulé les points: c'était là une marque d'une force qui n'avait rien à gagner à parlementer. Pour ses habitants, Farna avait ainsi l'intention d'abattre les installations portuaires qui donnaient à la cité sa richesse, ses maisons qui donnaient des abris à ses habitants, ses monments qui faisaient parader à la vue de tous son indépendance et sa liberté. Porto Roso subirait le même sort que les landrins en leur temps, lorsque les fortunéens rasèrent leur ville jusqu'à ses fondations. Ses habitants seraient prisonniers et dispersés aux quatre vents, en tous points du monde, tels des exilés apatrides.

Ainsi, les porto rossiens avaient l'intention de vaincre Dom Farna quelqu’un soit le prix à payer, et ce même s'il fallait lever les vieillards et les enfants de leurs lits afin qu'ils participent à la défense de leur ville, qui avait déjà perdu tant de citoyens, et perdu tous leurs navires des mains du tyran fortunéen, le nommé Déria, qui depuis, avait pris le pouvoir par la malice en sa ville, lorsque la Doge de la plus ancienne des cités tomba de maladie dans son lit. Le Sénat de Porto Rosso réagit promptement devant la situation des meilleurs de ses Hommes dans les griffes de Dom Farna, et à l’échec de l'assaut de Silistra: on renforça les rangs de la milice en abaissant à 17 ans l'âge du recrutement des gardes civiques, les plus roches citoyens entreprirent de faire don d'un emprunt privé à la cité afin de subvenir aux besoins financiers de cette nouvelle armée. Mais plus que tout, on contraignit le très indécis stratège Dom Petrucci à s'adjoindre les services d'un ndividu qui serait capable de dire aux gens de sa patrie pourquoi son armée a déjà été défaite par deux fois, et comment renverser une situation désespérée. C'est ainsi qu'apparu entre les murs de Porto Rosso, un chef de guerre achosien du nom de Gregor MClean, bien connu en sa patrie, car il se fut battu des deux côtés de la frontière lors des trop longues années de la Guerre de l'AIAN. Non pas qu'il fut le plus grand sympathisant des gens de l'AIAN, il fut essentiellement intéressé par le gain, ce qui ne rendait pas toutefois ses conseils inutiles. Au gré de ses allégeances, il changea ainsi par trois fois d'allégeance en Achosie du Nord: formant déjà en ces années des soldats de l'AIAN, avant de trouver meilleur employeur chez les velsniens, pur finalement revenir dans les rangs de l'AIAN et s'exiler d'Achosie du Nord une fois le groupe vaincu. Gregor MClean était ainsi un entrepreneur de guerre comme il en existait tant en Manche Blanche, et dont la réputation traversait les frontières des nations bordant la Manche Blanche.

Lorsqu'il arriva dans le port de Porto-Rosso, il refusa de rencontrer immédiatement les sénateurs locaux, et il préféra se promener dans les rues de la ville. Il regarda longuement le visage de ses habitants, et les trouva marqués par la défaite. Il fureta dans les marchés, et vit des étals vides, car les néo fortunéens bloquaient désormais la baie de Porto Rosso. Il inspecta par la suite les casernes et les baraquements de la Garde civique, qu'il trouva dans un état de délabrement si avancé qu'il fallu retenir l'achosien de ne pas rosser de coups les membres de sa garnison. Les fusils n'étaient plus graissés depuis des semaines, et la discipline s'était effondrée, si bien que sur les 2 000 miliciens levés en théorie dans les semaines qui avaient précédé, la moitié manquait à l'appel car ces gens rentraient chez eux la nuit tombée sans prendre leur quart.

Ce fut seulement après ce constat que MClean ne rendit auprès des sénateurs de Porto Rosso, en leur Cortès, et leur imposa ses vues par la force de son jugement:

" Excellences. Je n'ai jamais vu d'armée si pauvrement vêtue et équipée, des soldats si dispersés et une élite si oisive que la votre. Si Dom Farna devait venir devant vos murs, il balayerait la ville sans que personne n'ait le temps de se saisir d'une arme. De ma vie j'ai souvent travaillé pour des armées en haillons, mais la votre n'est pas mieux dotée qu'une bande de rebelles de l'AIAN qui avaient au moins pour eux la compétence et le moral, à défaut d'avoir l'argent."

Les paroles de l'achosien sonnaient ainsi comme un défi adressé à la cité en guise de constat terrible. On aurait pu prendre les sénateurs pour outrés, mais au contraire, ceux-ci perçurent son avertissement comme un conseil sain, et on proposa au mercenaire un rôle nouveau: assister Dom Petrucci dans toutes ses décisions, de sorte que celui-ci paraîtrait davantage chef de guerre que lui. Les sénateurs porto rossiens lui donnèrent toute latitude dans la réforme de l'armée. Gregor McLean restaura ainsi une discipline de fer dans les rangs de la Garde civique afin de donner à la détermination des porto rossiens un cadre d'expression efficace. Mais par dessus tout, il enseigna aux gens de Porto Rosso une autre manière de faire la guerre. Les grandes offensives et les mouvements de troupes rapides n'étaient point effiaces, cr Porto Rosso et son armée n'avaient point les moyens de mettre en œuvre ces tactiques. Ce qui fonctionnait avec les grandes armées ne fonctionnaient pas forcément avec les petites, et McLean enseigna donc la "petite guerre" a des dodécaliotes qui n'en connaissaient rien. Il mis à contribution toutes ses conaissances de la Guerre de l'AIAN, et ses coups de mains meurtriers entre velsniens et rebelles, et les mis au service de Porto Rosso en échange d'un chèque. Il enseigna ainsi les tactiques de harcèlement, la retraite en bon ordre et la dispersion en petites unités une fois le forfait effectué.

Trois semaines après son arrivée, McLean mis en action sa première manoeuvre sur le terrain, afin de tester ses dires et ses actes avec une redoutable efficacité dans la région du petit village d'Amorgos, situé en périphérie du dispositif du siège de Couroupédion. Plutôt que de frappe en un seul endroit comme cela avait le cas à SIlistra, sa troupe de 2 000 combattants était partout et nul part à la fois, attaquant puis reculer sur de vastes portions d'un front élastique, en de petits coups de mains meurtriers n'impliquant pas plus de quelques dizaines de soldats, la plupart du temps. Le but n'était ainsi pas tant d'effectuer la percée décisive, mais d'user l'armée de Dom Farna, en hommes, en moral et en armes afin que celle-ci lâche son emprise sur le rocher de Couroupédion. C'est ainsi que Dom Farna fut pour la première fois de la campagne mis dans une grande difficulté, et accusa de lourdes pertes qui le forcèrent à réitérer une contribution en hommes à sa cité, puisant ainsi dans ses réserves alors que depuis le début de sa campagne, Porto Rosso uniquement l'avait fait. Si il n'y eu de victoire décisive pour le moment, les porto rosiens se mirent à espérer à nouveau en une victoire grâce au concours salvateur de l'achosien.


HRP: Explications HRP du post:
  • Le post ci dessous n'affectera pas l'action des joueurs impliqués en Dodécapole.
  • Le post a eu lieu car trop de temps s'est écoulé depuis le début de la rencontre entre les joueurs de Volterra et d'Apamée.
  • Le post a eu lieu car le dispositif de Don Farna n'est pas éternellement imperméable, et devrait finir par craquer si les joueurs ne participent pas à la rencontre associée à cet évènement.


Conséquences RP:
  • Le siège de Couroupédion continue, mais Dom Farna est désormais en difficulté sur ses arrières: un achosien sauvage est apparu et remplit désormais son office de mercenaire auprès de Porto Rosso.
  • Les pertes des deux armées sont élevées, mais elles s'équilibrent, ce qui indique un rééquilibrage du rapport de force.
  • Le stratège Dom Farna commence à s'impatienter, et il est susceptible de lancer l'assaut contre Couroupédion si la rencontre avec les joueurs n'avance pas. (dernière occurrence)
  • Les pertes seront décomptées de l'atlas.
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