11/06/2017
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La chute de l'Altrecht Livre II [ ALTRECHT - GRAND KAH ] - Page 2

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Sans la moindre once de panique, Eleni arrêta la progression de l'équipe d'un simple abaissement de la main. Elle pivota lentement sur ses talons. Pas le mouvement d'une clandestine surprise, mais celui, las et agacé, d'un officier supérieur dérangé par un subalterne. Son visage demeura parfaitement impassible.

Ce fut Topaz qui parla.

« Un problème, soldat ? » sa voix était calme, coupante, portant sans effort dans l'acoustique du couloir.

Le reste de l'équipe ne bougeait pas, mais leur posture se modifia subtilement. Leurs mains, jusqu'alors ballantes, se figèrent à quelques centimètres de leurs armes. Leurs corps se désaxèrent légèrement, créant des angles de tir optimaux tout en présentant une cible minimale. Eleni resserra sa prise sur le bras de la scientifique, moins pour la retenir que pour la guider en cas de fusillade. Il était prêt à la jeter au sol. Chacun attendait une fissure, quelle qu'elle fut, dans le bluff de leur chef pour déchaîner l'enfer.
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L'offier l'air gêner dit :

Escusez nous ! Nous avons était informer par radio qu'un de nos soldats avait disparu, vous l'avez peut être croisé ?

La scientifique s'exclama.

Nous vous l'aurions informer voyons, vous nous faite perdre du temp, de plus nous venons du palais, c'est très peu probable qu'il soit perdu de notre côté.

L'Officier devins rouge, il avait l'impression qu'en un claquement de doits la femme soldates devant lui pouvait lui faire rejoindre ses ancêtres accompagner de sa famille pour le simple fait de les avoirs gênés.

Non.. Non pas de soucis bonne route.

Saluant ainsi le cortège qui continua sa route.
Après encore dix bonne minute de marche, l'équipe d'Eleni se retrouva devant une immense porte métalique. Elle y glissa son badge pour l'ouvrir mais le lecteur deviens ainsi rouge. Elle dit alors à Eleni.

Je crois bien ne plus pouvoir vous être utile à partir d'ici, mon badge ne fonctionne pas ici. On doit être arriver devant l'entrée souterraine de la banque.
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Le salut du garde s'effaça derrière eux, avalé par le silence du tunnel. Eleni ne lui accorda pas une seconde pensée. Le bluff avait fonctionné, par chance. Or c'était une ressource non renouvelable.

Dix minutes plus tard, le tunnel déboucha sur la porte. Immense, sans fioriture. Une plaque de métal pur scellant le passage. Eleni ne montra aucune surprise. C'était attendu.

« Topaz, Market : protégez notre chemin de retour. Signalez le moindre contact. »

Les agents acquiescèrent et se postèrent en couverture, tourné vers le tunnel d'où ils venaient. Eleni se tourna vers sa spécialiste.

« Décalogue, à toi. Fais-moi une analyse de ce monstre. Alimentation, connexion réseau, capteurs, points de faiblesse. Je veux sa fiche d'identité. »

Décalogue s'avança, sortant de sa sacoche une panoplie d'outils et de capteurs. Ses doigts effleurèrent la surface froide de la porte, puis le lecteur, comme une chiromancienne lisant les lignes d'une main. Elle se mit en travail.

Eleni se tourna vers la scientifique. Son ton était redevenu celui de l'enquêtrice.

« Vous avez été excellente. Y a-t-il une alerte silencieuse en cas de tentative d'ouverture non autorisée ? »
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La scientifique dit d'un ton calme :

Je pense, connaissant les autres portes, il doit sûrement y avoir une alarme.

Pendant ce temps-là, Décalogue analysa la porte. Il y a un système de verrouillage électromagnétique relié à un verrou hydraulique. À moins de pouvoir trouver et copier le bon champ de déverrouillage électromagnétique, il reste une possibilité : tout le système est sécurisé par un branchement menant à une arrivée d'eau qui maintient le verrou ouvert en poussant avec une forte pression vers l'intérieur. Mais deux choix s'offrent à vous :

Tenter d'inverser le système de pression hydraulique pour tenter de l'ouvrir sans trop de résistance via un piratage informatique. Aucun dégât physique à la porte, elle sera refermable mais déclenchera obligatoirement une alarme.

Ou deuxième option : scier le dispositif de pression hydraulique sans couper les mauvais fils électriques. Ici, l'alarme a des chances de ne pas être déclenchée, mais la porte ne pourra plus se refermer une fois ouverte.


QUE FAITES-VOUS ?!
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Le piratage, malgré son élégance technologique, était l'équivalent tactique de frapper à la porte d'entrée avec un bélier en criant son nom. Il transformait une infiltration en une course effrénée contre la montre, avec des gardes convergeant sur leur position avant même qu'ils n'aient pu poser le pied dans la première pièce. Le silence était leur armure, leur monnaie, leur seule véritable arme. Le sacrifier à la porte d'entrée était inacceptable.

La deuxième option était risqué. Mais c'était un risque calculé. La porte ne se refermerait pas, transformant leur retraite en une plaie béante qui serait inévitablement découverte. C'était un problème pour plus tard. Une alarme immédiate était un problème pour maintenant, et c'était la condamnation à mort d'Isaac qui attendait plus haut.

Son regard croisa celui de Décalogue. L'analyste technique hocha la tête, ayant déjà anticipé sa décision.

« Option deux », dit Eleni d'une voix basse et ferme. « Je veux une coupe chirurgicale. Bruit minimal. Isolez les capteurs de l'alarme avant même de penser à toucher aux circuits hydrauliques. Je ne veux aucune surprise. »

Elle se tourna vers le reste de l'équipe, ses gestes désignant leurs positions. « Topaz, avec moi. Je veux deux gardes ici. Périmètre de sécurité. Surveillez le tunnel. Docteur ? Vous restez derrière moi, et vous ne touchez à rien. »

Décalogue s'agenouilla, ses outils sortis. Une scie laser de précision, fine comme une aiguille, s'alluma dans un sifflement à peine audible. Le travail commença, méticuleux et tendu. De toute façon cette mission était menée sans l'aval de l’Égide : l'objectif était de trouver toute la vérité, et de la rendre publique. Le reste... Le reste pourrait attendre. Ce serait un problème pour plus tard.
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Décalogue débuta son travail d'orfèvrerie. Cependant, après trois longues minutes de délicate manœuvre, un fil céda. Dans un mouvement de stress dû au déclenchement de l'alarme, Décalogue parvint tout de même à couper l'alimentation hydraulique. La porte s'ouvrit, mais l'artisanat altrechtois était trop parfait pour l'équipe d'Eleni (jet de dés d'une chance sur trois de réussite, ce fut un échec). La scientifique alerta alors Eleni des dangers qu'il allait devoir affronter. Des dizaines de soldats de l'Inquisition, armés jusqu'aux dents, entraînés pour tuer au nom de l'Empereur Dieu. L'équipe avait alors approximativement 7 minutes avant d'être totalement encerclée par leur ennemi. Mais le brouillage, une fois entré dans la banque, n'était pas déclenché ; en effet, la soirée organisée par cette dernière avait permis la transmission de données car ayant des invités de marque.

Ainsi, la première transmission de données vers l'extérieur débuta, mais hormis gêner la crédibilité du pouvoir, il fallait absolument réunir plus de preuves. Ainsi, la porte s'ouvrant, vous arriviez dans un hall souterrain luxueux avec trois immenses coffres blindés devant vous. Il semblerait que le système soit le même que la porte qui vous a mené jusqu'à eux.

Il y a deux sorties possibles de la banque, soit par la porte vous ayant permis de rentrer, soit par un ascenseur faisant face aux trois coffres. Mais attention, vous vous rappelez avoir lu sur la description de la banque que si une des portes est forcée, un système d'inondation se déclenche pour noyer la pièce avec des litres d'eau. Cependant, votre porte d'entrée ayant créé un échappatoire pour l'eau, il risque seulement d'y avoir les coffres inondés de l'intérieur. Les preuves risquent donc d'être endommagées.

VOTRE TEMPS EST COMPTÉ À PARTIR D'ICI ! QUE FAITES-VOUS !
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« Sept minutes », annonça Topaz.

Le luxe du hall devint soudain obscène, une tombe dorée. Eleni ne perdit pas une seconde. La phase d'infiltration venait de laisser place à une phase de pillage. Ses ordres claquèrent, nets et sans appel, brisant le silence tendu.

« Décalogue ! Les coffres ! Ignore le protocole de fermeture, on ne revient pas par ici. Contourne le système d'inondation si tu peux, sinon force-le. J'ai besoin de ce qu'il y a dedans, peu importe l'état. Cinq minutes, pas une de plus ! »

Décalogue ne répondit pas, déjà à genoux devant le panneau de contrôle du coffre central, ses outils se déchaînant sur les circuits. Fini l'orfèvrerie.

« Topaz ! L'ascenseur ! Je veux une porte de sortie. Fais sauter les verrous s'il le faut, mais prépare-la. Garde la scientifique, elle ne nous quitte pas. »

Pendant que Topaz et un autre agent se ruaient vers l'ascenseur, Eleni se tourna vers les deux derniers membres de son équipe.

« Le reste, sur moi ! On forme un arc de cercle face à ce tunnel. Personne ne passe cette porte avant que j'en donne l'ordre. »

Les deux agents prirent position, se collant aux murs, transformant le hall opulent en un champ de tir. Eleni sortit son terminal. Profitant du réseau ouvert, elle commença elle-même la transmission des photographies du laboratoire, un flux de données cryptées vers des serveurs sécurisés de l'Égide. Une première victoire, une police d'assurance. Si leur histoire devait s'arrêter ici, au moins la vérité aurait une chance de leur survivre.

La sueur perlait sur le front de Décalogue. Le sifflement de ses outils se mêlait au battement sourd du cœur d'Eleni. Elle n'entendait que ça.
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Les secondes passaient mais la première porte centrale s'ouvrit. BINGO ! Il fallut moins d'une minute pour débrancher l'alimentation de la porte. Mais à nouveau, elle était désormais ouverte. Des vannes s'ouvrirent dans les coffres ainsi que dans le hall, libérant ainsi des millions de litres d'eau sur les lieux. Mais heureusement, les preuves pourront être sauvegardées saines et sauves. Cependant, vous avez devant vous, dans le coffre, dix étagères remplies de documents importants. Il faudrait au minimum une minute pour saisir certains documents par étagère qui pourraient être utiles comme preuves.

IL VOUS RESTE 6 MINUTES ! QUE FAITES-VOUS ! VOUS Y ÊTES PRESQUE !

BONUS !
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« Six minutes ! »

Le cri de Topaz fut presque couvert par le fracas de l'eau. Le monde d'Eleni se rétrécit d'un coup pour se limiter à son objectif.

« Oubliez la délicatesse ! » Sa voix perçait le tumulte. « On prend tout ce qu'on peut ! »

Elle se jeta la première dans le coffre, l'eau déjà à mi-mollet, saisissant la scientifique par le bras et la traînant avec elle.

« Les titres ! Les projets ! Où est le régicide ? Où sont les ordres de l'Inquisition ? Trouvez moi ça ! »

Pendant qu'elle pressait la scientifique, ses ordres continuaient de fuser.

« Décalogue, Numérise tout ! Les couvertures, les premières pages ! Contente-toi des titres si tu n'as pas le temps ! On a besoin de plus que ce qu'on peut emporter ! Les autres, avec moi ! Formez une chaîne ! Remplissez les sacs ! »

Décalogue, le visage blême mais les mains stables, sortit un scanner portable et commença à balayer les étagères dans un ballet frénétique de lumière et de clics. Les autres soldats, déjà équipés de sacs étanches, commencèrent à arracher des piles de dossiers des étagères.

Eleni, elle, se fiait à son instinct. Elle arracha un lourd classeur relié de cuir noir. Elle en jeta un autre dans le même sac. Chaque dossier abandonné était une perte potentielle. Mais il fallait faire des choix. Trop d'inconnus. Impossible d'agir en parfaite connaissance de cause.

« Topaz ! L'ascenseur ! Je veux un rapport ! » cria-t-elle dans son micro, essayant de couvrir le fracas de l'eau qui menaçait de tout emporter.

Elle jeta un regard en direction du couloir d'où ils étaient arrivés, vers lequel se déverser le déluge. Tout allait être noyé. Avec un peu de chance ça retarderait leurs assaillants. Elle préférait ne pas compter là-dessus.

« Pas plus de sept minutes », dit-elle à voix basse, essayant de se calmer. Cinq minutes. Aucun plan de fuite, mais des preuves. Des preuves qu'elle pourrait peut-être emporter. Son esprit allait à tout allure. Elle avait eut raison. Toute son enquête, toutes ses théories, tout s'était révélé exact. Non. Pire encore. Plus terrible qu'elle ne l'avait imaginé. Et maintenant, elle devait s'assurer de communiquer ses trouvailles. Son regard se dirigea vers l'ascenseur. Et si ?...

« Une fois en haut, nous devrons nous frayer un chemin jusqu'à la réception. Ils savent déjà que nous sommes ici. Autant prendre des otages. » Elle baissa d'un ton, n'y croyant qu'à moitié. « Et si le régime nous abat, ça nuira à sa crédibilité. »
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Il y avait tellement d'informations à la fois... Eleni prit avec son équipe le plus possible d'éléments. Parmi cela se trouvait la "Déclaration officielle de l'Inquisition" sur leur prise du pouvoir dans le pays. Il semblerait qu'Eleni avait vu juste : l'Empire n'est en fait pas dirigé par une monarchie, mais bien par l'Église d'Altrecht qui, par leurs représentants comme "la Voix de l'Empereur", gouverne sur l'Empire depuis 1752. Vous retrouvez ainsi "L'acte officiel de soumission de la famille impériale envers l'Église mère de la patrie d'Altrecht", un document prouvant que pour gagner la guerre dynastique, la famille impériale se serait soumise de gré ou de force à l'Inquisition pour gagner la guerre, en échange de leur servitude envers l'Église.

Au passage, vous retrouvez également "l'Ordre du récit impérial", une annonce officieuse de l'Inquisition pour ordonner la création d'un récit autour de l'Empereur afin de galvaniser les foules et renforcer leur pouvoir. Enfin, un dernier document est trouvé, retraçant comment le dernier empereur actuellement cloné a voulu se rebeller et a fini assassiné par la Voix précédente, qui se trouve être le père de la Voix actuelle.

En plus de ces preuves, vous retrouvez les documents secrets du financement en armes du groupe ANK en Artyom, ainsi que des financements et livraisons d'armes aux révolutionnaires tsaristes de Yashosie, ayant eu pour effet de déclencher la guerre civile en cours dans le pays.

Le temps de réunir les preuves, vous entendez dans votre radio une voix familière :

Putain vous l'avez vraiment fait bande de malades ! Ah et oui, c'est Witoski, je vous attends en haut de la Reichbank en hélicoptère alors bougez-vous ou mourez, j'entends déjà les véhicules arriver, c'est maintenant ou jamais !

Il vous reste deux minutes et les principales preuves ont été trouvées, nul besoin de rester plus.

QUE FAITES-VOUS ?!
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La vérité était plus lourde et plus froide que l'eau glacée qui leur montait maintenant à la taille. Chaque dossier était un clou dans le cercueil d'un empire bâti sur un mensonge. Mais la vérité ne servait à rien si elle mourait avec eux au fond de cette putain de crypte.

Deux minutes.

Le temps de la réflexion était un luxe qu'ils ne possédaient pas. Aussi, l'instinct prit le relais, forgé par des années d'opérations où la survie se mesurait en secondes.

« TERMINÉ ! ON SORT ! » Le hurlement d'Eleni couvrit brièvement le fracas de l'eau.

Ses ordres s'enchaînèrent.

« Topaz, l'ascenseur ! C'est notre seule sortie ! Prépare l'accueil au sommet ! Décalogue, les autres ! Sacs scellés ! Formez un périmètre autour de l'ascenseur ! Personne ne reste en arrière ! »

Alors que l'équipe, se débattant contre le courant, commençait à converger vers l'ascenseur, Eleni activa son micro-gorge, son pouce pressant frénétiquement le bouton de transmission.

« Isaac ! Tu m'entends ? Plan B annulé ! Plan C ! Exfiltration du groupe par le toit ! Witoski nous sort par les airs ! Je répète, exfiltration par le toit ! Dégage de là, maintenant ! »

Elle ne pouvait qu'espérer qu'il ait entendu. Elle attrapa la docteur par son gilet, la tirant avec elle. « Vous évacuez avec nous. »

Ils se jetèrent dans la cabine de l'ascenseur, l'eau s'y engouffrant avec eux. Topaz martelait déjà le bouton de montée, son arme pointée vers la porte du hall. L'eau montait, et leurs sacs étaient plein des secrets d'un régime malade.

« Witoski, vous êtes complètement fou d'être venu ! On arrive, on arrive immédiatement ! »
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Eleni et son équipe montèrent par l'ascenseur. Après dix secondes interminables les portes s'ouvrirent et les balles fusèrent. Topaz répliqua et abattit l'homme qui était posté devant. Cependant les dégâts étaient faits, il s'effondra deux secondes plus tard avec trois blessures par balles. Son état vital était désormais engagé, aucun garrot n'était envisageable, Topaz eut droit à des dernières paroles avant de rendre l'âme envers son équipe, sa mission achevée.

L'équipe ne pouvait se permettre de perdre plus de temps, et la scientifique commençant à monter durant l'échange de paroles avec Topaz fut rapidement stoppée par une salve de tirs au premier étage reliant le bureau du directeur de la banque.

La radio d'Isaac s'alluma, mais la voix avait changé, c'était celle d'un homme qu'elle avait déjà entendue. La Voix de l'Empereur en personne prit la parole : Je crois qu'on a un de vos équipiers. Dis-leur Isaac

Oui ils m'ont.

Bon je ne vais pas le dire deux fois, laissez les documents derrière vous et il aura la vie sauve. Je vous promets qu'aucun mal ne lui sera fait. Au cas contraire, refusez et il mourra.

Bruit d'un pistolet qui se charge.

Dans la radio Witoski cria : Putain une minute ! ils sont juste là devant la banque ! vite ! vite ! vite !

LA SITUATION EST CRITIQUE, IL FAUDRA FAIRE DES SACRIFICES, MAIS EN SERIEZ-VOUS CAPABLE ?
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Le corps de Topaz heurta le sol avec un bruit sourd mat. Il n'y eut pas de discours, pas de dernier soupir dramatique. Rien qu’un corps dans une flaque de sang qui s’étendait à présent sur le marbre blanc. Puis la radio crépita.

La Voix de l'Empereur. Le véritable sommet de ce régime stérile et dégénéré.

Eleni se figea. Le calcul était simple. La Voix de l'Empereur jouait un jeu qu'elle connaissait. Il la prenait pour une héroïne de conte ou de feuilleton, celle qui sacrifierait le monde pour sauver un ami. Il se trompait. Elle était une enquêtrice de l’Égide. Son Inquisition à elle défendait la vérité, et elle n'était rien de plus que ça : l'instrument de la vérité.

Et toute vérité avait un prix.

Celles et ceux qui l’avaient suivi ici connaissaient les risques, et la nature particulièrement précaire de la mission. Le visage d'Eleni se durcit.

Elle activa son micro, ignorant Witoski, s'adressant directement à l'ennemi invisible.

« Excellence, c'est inattendu... »

Elle fit signe à ses hommes. Deux grenades furent envoyées à l'étage, puis ils se déployèrent, passant devant elle. Un restait à l'arrière pour la couvrir. Elle monta aux côtés de Décalogue, qui semblait passablement paniquée.

« Vous... Devez avoir conscience de ce que vous risquez, si ces documents sortent du pays, pas vrai ? Nous pouvons négocier. »

Elle n’en avait en fait aucunement l’attention, mais la curiosité était plus forte qu’elle. Parlait à ce fantoche, à l’émanation du régime dont elle était sur le point d’exposer le point faible ultime, ça avait comme un goût de victoire. Elle se jeta vers la cage d'escalier, son arme balayant le premier étage.
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La Voix de l'Empereur dit :

Négociez ? Mais nous ne négocions pas avec les hérétiques, nous les brûlons.
En fond de son micro toujours allumé et grésillant vient brutalement s'ajouter les cris d'Isaac hurlant de douleur. Il crépitait lui aussi. On entendait le rire sadique de la Voix qui stoppa le micro. Isaac brûla ainsi vivant dans le canal auditif de l'équipe...

Les deux grenades explosèrent et un des gardes fut projeté mort en bas des escaliers. L'équipe continua de monter, jusqu'à entrer dans le bureau du directeur de la banque. Witoski leur lança l'échelle depuis le toit reliant au bureau et monta dans l'hélicoptère en hurlant. Ainsi, un premier tir de lance-roquette toucha la banque ratant de peu l'hélicoptère. Cependant l'explosion faucha la jambe de Décalogue qui monta difficilement l'échelle menant au toit. Mais avec l'aide d'Eleni, ils réussirent tous deux à entrer dans l'hélicoptère.

Ainsi Witoski décolla de la banque en direction des montagnes du sud pour disparaître... Nul ne les retrouva ce jour-là.

Mission réussie !
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