10/10/2019
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📰ActualitĂ©es - Talaristan Today - Page 2

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Édition du 7 janvier 2019 ‱ Version en langue commune pour l'usage international (traduit du talar) ‱ 16 M̌ ‱ RĂ©daction au 13 Boulevard de l'IndĂ©pendance, Khydan
AKMYRADOWA, LA DAME DE FER
LE MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES CHANGE DE DIRECTION
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La nouvelle ministre des affaires étrangÚres Asmina Akmyradowa lors de sa conférence de presse suivant son investiture.

Coup de théùtre au ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres talar en ce dĂ©but d’annĂ©e 2019 : aprĂšs plusieurs annĂ©es de travail au service du dĂ©veloppement de la diplomatie talare et de son rayonnement Ă  l’international, le ministre Tahir Marat a prĂ©sentĂ© sa dĂ©mission au Premier ministre Aydar Azamat Ă  l’issue d’un conseil des ministres particuliĂšrement mouvementĂ©. Dans la journĂ©e, le chef du gouvernement a prĂ©sentĂ© au prĂ©sident de la RĂ©publique un candidat, en la personne de Madame Asmina Akmyradowa, dont la nomination a Ă©tĂ© approuvĂ©e par le chef de l’État. Ce remaniement ministĂ©riel aurait pu passer inaperçu dans un paysage politique dĂ©jĂ  en mouvement ces derniers mois. Cependant, il rĂ©vĂšle un changement profond de mentalitĂ© dans les plus hautes sphĂšres de l’État.
Jusqu’à aujourd’hui, Tahir Marat Ă©tait connu comme l’un des rares ministres indĂ©pendants, affiliĂ© ni au Parti libĂ©ral-dĂ©mocrate ni au BerdĂ€m, les deux formations qui composent l’essentiel du gouvernement Azamat. Si le porte-parole du gouvernement Ă©voque « une volontĂ© personnelle du ministre de renoncer Ă  ses fonctions », la rĂ©alitĂ© semble ĂȘtre ailleurs : depuis plusieurs mois, Tahir Marat orientait la politique Ă©trangĂšre du RĂ©publique du Talaristan vers un « plan global », sans vĂ©ritable considĂ©ration pour les barriĂšres culturelles, historiques et surtout religieuses.
Atypique au sein du « camp Arsam », il Ă©tait Ă©galement perçu comme proche des rĂ©formistes du mouvement Yaña, position qu’il a toujours rejetĂ©e. Sa dĂ©mission apparaĂźt ainsi davantage comme une dĂ©cision politique du gouvernement plutĂŽt qu’un choix personnel de l’ancien ministre, qui a refusĂ© toute demande d’interview.
De son cĂŽtĂ©, la nouvelle maĂźtresse du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, Asmina Akmyradowa, n’a pas tardĂ© Ă  tenir une confĂ©rence de presse Ă  la suite de sa nomination. Issue d’une famille traditionnelle altaryk du sud de l’Ulus du Chulgar, ĂągĂ©e de trente-sept ans, elle est membre depuis dix-sept ans du Parti libĂ©ral-dĂ©mocrate, oĂč elle est surnommĂ©e familiĂšrement « la Dame de fer » pour son intransigeance et ses positions trĂšs conservatrices. Soutien politique du prĂ©sident Mirza Arsam auprĂšs de la communautĂ© altaryk, elle fut d’abord dĂ©putĂ©e Ă  l’AssemblĂ©e suprĂȘme avant d’ĂȘtre nommĂ©e, il y a deux ans, secrĂ©taire d’État au ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres pour les questions relatives aux nations turciques. Il y a un an, Madame Akmyradowa avait Ă©tĂ© mutĂ©e sur le dossier du dĂ©veloppement de la coopĂ©ration talaro-lingoise aprĂšs des prises de parole controversĂ©es lors de l’affaire du Parti communiste talar.
Mais c’est finalement bien elle qui a Ă©tĂ© choisie — officiellement par le Premier ministre — pour prendre la tĂȘte de la diplomatie talar. InterrogĂ©e par notre journaliste ĞÀbdennasir Nabulallin sur l’orientation qu’elle souhaite donner Ă  son ministĂšre, Madame Akmyradowa a affirmĂ©, sur son ton froid habituel :
« La RĂ©publique du Talaristan a besoin de stabilitĂ© et d’ordre pour bĂątir, aux cĂŽtĂ©s des autres nations nazumies, une paix durable et un dĂ©veloppement commun prospĂšre.

Je suis avec grand intĂ©rĂȘt l’évolution des discussions au Forum des États Nazumis, et je vous affirme que le Talaristan continuera d’y dĂ©fendre une ligne claire : la coopĂ©ration entre nations souveraines, le respect de nos traditions et la protection de nos intĂ©rĂȘts nationaux.

Notre diplomatie ne sera ni hésitante ni naïve. Nous travaillerons avec tous ceux qui souhaitent sincÚrement la paix et la prospérité du Nazum, mais nous ne transigerons jamais sur la sécurité de notre peuple, sur notre souveraineté et sur les valeurs qui fondent notre nation. Le Talaristan est une nation ouverte, mais il ne sera jamais une nation faible.

Sous mon autoritĂ©, le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres poursuivra une politique de fermetĂ©, de clartĂ© et de responsabilitĂ©. Car dans un monde instable, les nations respectĂ©es sont celles qui savent exactement qui elles sont et ce qu’elles dĂ©fendent.
»

Nul ne sait actuellement si ce changement Ă  la tĂȘte du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres aura rĂ©ellement un impact sur la diplomatie talare. Du cĂŽtĂ© de la prĂ©sidence, un court communiquĂ© indiquait « [...] la totale confiance du prĂ©sident de la RĂ©publique envers Madame Asmina Akmyradowa, qui sera Ă  la hauteur de ses fonctions et de ses engagements ».
Article de M. SAFAR ‱ Chef de rĂ©daction : Amina RAILYA
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Édition du 16 mars 2019 ‱ Version en langue commune pour l'usage international (traduit du talar) ‱ 16 M̌ ‱ RĂ©daction au 13 Boulevard de l'IndĂ©pendance, Khydan
COUPE DU MONDE DE RUGBY EN GALLOUESE
QUEL ESPOIR POUR LE TALARISTAN ?
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La sélection nationale masculine de rugby a XV s'entraine durement pour la coupe du monde qui se tiendra en GallouÚse.

Si l’activitĂ© sportive est lĂ©gion au RĂ©publique du Talaristan, trĂšs largement pratiquĂ©e par les jeunes et soutenue Ă  divers niveaux par les investissements de l’État, on ne peut pas dire que la pratique du rugby soit des plus dĂ©mocratisĂ©es. Dans une sociĂ©tĂ© qui idolĂątre particuliĂšrement le football, sport collectif qui nous vient selon toute vraisemblance historiographique d’Occident, le rugby Ă  XV manque trĂšs nettement de moyens humains et financiers, ainsi que d’une juste reprĂ©sentation sur la scĂšne publique et mĂ©diatique. Lorsque l’emballement populaire avait vigoureusement critiquĂ© la FĂ©dĂ©ration de football du Talaristan pour son absence probable Ă  la Coupe du monde en YouslĂ©vie, l’envoi d’une Ă©quipe masculine pour reprĂ©senter la RĂ©publique du Talaristan Ă  la Coupe du monde de rugby en GallouĂšse n’a pas suscitĂ© le mĂȘme soutien national.

Il faut dire qu’en dĂ©pit d’une pratique qui se limite aux grandes villes talares — Alnur, Buzkent et Khydan — le rugby reste quasiment inexistant dans les zones rurales, et son enseignement ne figure pas parmi les recommandations nationales Ă©tablies par le ministĂšre de l’Éducation pour l’instruction sportive dans les Ă©coles publiques. À plusieurs reprises, le porte-parole de la fĂ©dĂ©ration talare de rugby, Nail Zinnur, en a appelĂ© au soutien financier du ministĂšre des Sports et de l’État afin de dĂ©mocratiser et populariser ce sport, sans obtenir de rĂ©ponse positive. Le Conseil national des pratiques sportives a toutefois insistĂ© sur le fait que « [
] le rugby offre une alternative viable en tant que sport collectif au football » et que « [
] nous notons une pratique rĂ©guliĂšre du rugby dans le milieu fĂ©minin, en dehors de tout cadre rĂ©glementaire de la fĂ©dĂ©ration ».

Le rugby serait-il un sport fĂ©minin ? De nombreux activistes pour la cause des droits des femmes revendiquent de leur cĂŽtĂ© une meilleure reprĂ©sentativitĂ© des femmes dans les sports collectifs, ainsi que la crĂ©ation d’une « sĂ©lection nationale officielle, offrant aux sportives la possibilitĂ© de reprĂ©senter la RĂ©publique du Talaristan sur la scĂšne internationale ».

Pour en revenir Ă  la question de la Coupe du monde en GallouĂšse, c’est bien l’équipe masculine qui sera engagĂ©e, menĂ©e par la figure emblĂ©matique du rugby talar, Azat Tufan, capitaine de la sĂ©lection nationale, qui encadre lui-mĂȘme ses coĂ©quipiers aux cĂŽtĂ©s du sĂ©lectionneur. La phase de groupes, dans la poule C, s’annonce toutefois particuliĂšrement relevĂ©e : « nous sommes conscients de notre niveau actuel, que nous cherchons encore Ă  perfectionner », selon les mots d’Azat Tufan. La sĂ©lection espĂšre nĂ©anmoins pouvoir franchir les phases de groupes et aller aussi loin que le lui permettra la compĂ©tition.

Du reste de l’actualitĂ© sportive, la rĂ©daction de Talaristan Today salue vigoureusement le choix de l’Organisation sportive internationale d’avoir retenu notre capitale, Khydan, pour accueillir les championnats du monde d’arts martiaux qui se tiendront cette annĂ©e. Il s’agit d’un honneur immense pour la nation talare et d’une opportunitĂ© unique pour les pratiquants de la lutte talare, sport traditionnel issu de nos contrĂ©es, de se faire connaĂźtre et de se distinguer lors de la compĂ©tition.

Article de M. SADIR ‱ Chef de rĂ©daction : Amina RAILYA
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Édition du 27 juin 2019 ‱ Version en langue commune pour l'usage international (traduit du talar) ‱ 16 M̌ ‱ RĂ©daction au 13 Boulevard de l'IndĂ©pendance, Khydan
EN MARGE DE LA CLOTURE DU FORUM NAZUMI,
LE PEUPLE TALAR SORT DANS LA RUE
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Manifestation spectaculaire dans les rues de Buzkent : plusieurs milliers personnes réclament des réformes politiques et économiques, ce qui rappel les évÚnements de juin 2018.

Tandis que les diplomates de tout le continent nazumi ont les yeux encores braquĂ©s sur la clĂŽture du forum des États nazumis, le peuple talar, lui, est dans la rue. Les chiffres officiels paraissent quelque peu sous-estimĂ©s selon notre rĂ©daction : si la municipalitĂ© de Buzkent Ă©voque environ 2 000 manifestants par nuit pour la pĂ©riode du 18 au 26 juin, nos journalistes sur place avancent plutĂŽt 8 000 Ă  10 000 jeunes, adultes et retraitĂ©s, qui profitent de l’apaisement relatif des autoritĂ©s — souhaitant vraisemblablement vĂ©hiculer une image positive du Talaristan — pour rĂ©clamer une nouvelle fois des rĂ©formes politiques et Ă©conomiques, un an aprĂšs un prĂ©cĂ©dent rassemblement qui avait Ă©tĂ© durement dispersĂ© par la garde nationale et les forces policiĂšres.

À l’origine de ce mouvement inĂ©dit depuis les annĂ©es 2000, le collectif « de nuit » Alternative pour le Talaristan (en talar : ĐąĐ°Đ»Đ°Ń€ŃŃ‚Đ°Đœ Ó©Ń‡Đ”Đœ Đ°Đ»ŃŒŃ‚Đ”Ń€ĐœĐ°Ń‚ĐžĐČа / Talarstan öçen alternativa), qui revendique le statut d’association politique que lui refuse l’État, en dĂ©pit de plusieurs demandes. Alternative pour le Talaristan appelle Ă  une rĂ©forme profonde des institutions politiques, Ă  une lutte plus efficace contre la corruption, Ă  la fin des monopoles privĂ©s liĂ©s aux hautes sphĂšres de l’État et Ă  une Ă©volution du systĂšme politique : d’une rĂ©publique unitaire Ă  fort pouvoir prĂ©sidentiel vers un rĂ©gime plus parlementaire, voire, pour certains, vers une fĂ©dĂ©ration jugĂ©e plus Ă  mĂȘme de reprĂ©senter les minoritĂ©s ethniques. Créé en janvier 2018, le mouvement n’a, aux yeux des autoritĂ©s, aucune existence lĂ©gale et Ă©tait dĂ©jĂ  Ă  l’origine des manifestations de juin 2018 Ă  Buzkent, rapidement dispersĂ©es.

Cependant, il semble cette fois que le collectif ait changĂ© de stratĂ©gie : au lieu de chercher Ă  convaincre les chefs civils et religieux des communautĂ©s ethniques, Alternative pour le Talaristan entend, selon les propos de son porte-parole Ramazan Yuktar, « s’appuyer sur les citoyens ruraux et issus des quartiers populaires, les vĂ©ritables reprĂ©sentants de qu'est l’État talar aujourd’hui ». Yuktar dĂ©nonce notamment les revenus colossaux gĂ©nĂ©rĂ©s par les partenariats entre les entreprises privĂ©es des secteurs gazier, pĂ©trolier et minier, qui reverseraient prĂšs de 30 % de leurs recettes Ă  l’État dans le cadre « d’arrangements internes » entre Ă©lites politiques et patronat, favorisĂ©s par la politique libĂ©rale du prĂ©sident Arsam.

La toile de fond de cette contestation reste en effet le plus haut reprĂ©sentant du pouvoir : le prĂ©sident de la RĂ©publique, Mirza Arsam. Figure historique de la seconde guerre civile, saluĂ© comme un hĂ©ros lors de la libĂ©ration de Buzkent, il est aujourd’hui contestĂ© en raison du tournant autoritaire de sa politique amorcĂ© au dĂ©but des annĂ©es 2000, ainsi que de l’emprise quasi totale de son parti libĂ©ral-dĂ©mocrate sur la bureaucratie de l’État. Cette situation alimente un mĂ©contentement croissant, certains opposants dĂ©nonçant « une opposition de façade, incapable de contester rĂ©ellement le pouvoir en place ».

Par ailleurs, au-delĂ  de Buzkent, des rassemblements plus spontanĂ©s ont Ă©tĂ© signalĂ©s dans d’autres villes, notamment Ă  SarĂŻ et Ă  Alnur. Khydan, capitale fortement sĂ©curisĂ©e du prĂ©sident Arsam, constitue toutefois une exception, tout comme TĂ€rĂ€qçan, la citĂ© des tapis, largement acquise au pouvoir.

En dĂ©pit d’un renforcement continu des effectifs de police dans les grandes villes et du dĂ©ploiement permanent des forces antiĂ©meutes, les manifestations entamĂ©es le 18 juin continuent de croĂźtre. Sur les ondes nationales, le silence domine : la radio publique The Voice of Talaristan, tout comme les chaĂźnes de la бБС, Ă©vitent largement le sujet, Ă©voquant seulement de « petits rassemblements rĂ©clamant des augmentations de salaire », selon les propos tenus au journal du soir du 24 juin 2019 sur бБС 1. À ce stade, seul le mĂ©dia Yaña s’est dĂ©clarĂ© favorable aux manifestants, tandis que le Premier ministre Aydar Azamat appelle Ă  « un retour immĂ©diat au calme et Ă  l’ordre civil, condition prĂ©alable Ă  l’ouverture d’un dialogue politique constructif dans le respect des institutions de l’État ».

Dans un dernier communiquĂ© de presse paru avec l’édition de votre journal, le porte-parole du gouvernement et de la prĂ©sidence de la RĂ©publique a dĂ©clarĂ© que « le prĂ©sident de la RĂ©publique, en conformitĂ© avec la loi et la Constitution, prendra les mesures nĂ©cessaires afin de rĂ©pondre avec tact mais fermetĂ© aux contestations menĂ©es en dehors de tout cadre lĂ©gal ».

Article de Mme NABULALLIN ‱ Chef de rĂ©daction : Amina RAILYA
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Édition du 11 juillet 2019 ‱ Version en langue commune pour l'usage international (traduit du talar) ‱ 16 M̌ ‱ RĂ©daction au 13 Boulevard de l'IndĂ©pendance, Khydan
MANIFESTATIONS, GRÈVES, ALTERCATIONS ET ARRESTATIONS
L’INARRÊTABLE MARCHE DU PEUPLE TALAR ?
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AprĂšs s'ĂȘtre limiter Ă  des rassemblements nocturnes, les manifestants des grandes villes se rĂ©unissent dĂ©sormais le jour, forçant la police Ă  ĂȘtre constament sur le terrain.

Certains parlent dĂ©jĂ  des plus grands rassemblements citoyens depuis le siĂšcle dernier : partout dans les rues des grandes villes, des milliers d’hommes, de femmes, de jeunes Ă©tudiants, de fonctionnaires comme de salariĂ©s, manifestent depuis le 18 juin afin de rĂ©clamer des rĂ©formes profondes des institutions de l’État et l’instauration d’une « rĂ©elle dĂ©mocratie ». À cette succession de manifestations, qui tournent parfois Ă  la violence face aux soutiens du camp prĂ©sidentiel, rĂ©pondent surtout les charges musclĂ©es des forces de police, aidĂ©es depuis le 1er juillet par les rĂ©servistes de la garde nationale, mobilisĂ©s par le prĂ©sident Mirza Arsam pour le « [...] rĂ©tablissement de l’ordre public et de la paix civile sur le territoire national », selon les termes du dĂ©cret du chef de l’État.

Si l’État semble avoir ordonnĂ© qu’aucun chiffre concernant les estimations du nombre de manifestants ne soit dĂ©sormais Ă©voquĂ© par les administrations et les mĂ©dias officiels, les associations de protection des droits humains craignent que les Ă©vĂšnements rĂ©cents ne dissimulent une rĂ©pression sans prĂ©cĂ©dent des manifestants. Plusieurs ONG Ă©voquent, rien que pour cette premiĂšre semaine de juillet, prĂšs de 2 000 arrestations, 500 admissions dans les services d’urgence et environ 100 personnes dĂ©cĂ©dĂ©es des suites des offensives des forces de sĂ©curitĂ©. Aucune de ces estimations n’a Ă©tĂ© confirmĂ©e par le porte-parole du gouvernement, Rustam Azamat, qui dĂ©crit « [...] une situation beaucoup moins sensationnelle qu’évoquĂ©e par les mĂ©dias » et affirme qu’« aucune victime n’est Ă  dĂ©plorer ». Selon lui, les blessĂ©s seraient le rĂ©sultat « d’accidents liĂ©s aux rassemblements » et auraient Ă©tĂ© « immĂ©diatement pris en charge par les unitĂ©s de soin mobilisĂ©es par l’État ».

Parmi les Ă©lĂ©ments plus vĂ©rifiables, le collectif Alternative pour le Talaristan (en talar : ĐąĐ°Đ»Đ°Ń€ŃŃ‚Đ°Đœ Ó©Ń‡Đ”Đœ Đ°Đ»ŃŒŃ‚Đ”Ń€ĐœĐ°Ń‚ĐžĐČа / Talarstan öçen alternativa) a annoncĂ©, dans la soirĂ©e du 9 juillet, que son porte-parole et figure incontournable du mouvement, Ramazan Yuktar, ancien secrĂ©taire du Parti communiste dissous en 2018, avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© Ă  son domicile par une unitĂ© mobile du MinistĂšre de la sĂ©curitĂ© nationale pour les dĂ©lits prĂ©sumĂ©s d’agitation publique et d’atteinte Ă  l’unitĂ© nationale. ConformĂ©ment Ă  la loi, la Cour suprĂȘme s’est immĂ©diatement saisie du dossier et a confirmĂ© la mise en dĂ©tention provisoire du suspect. Une pĂ©tition en ligne, lancĂ©e par son collectif et dĂ©jĂ  signĂ©e par prĂšs de 6 000 personnes, exige sa libĂ©ration immĂ©diate.

Si, dans ses dĂ©clarations, le prĂ©sident de la RĂ©publique a affirmĂ© n’accorder aucune lĂ©gitimitĂ© aux manifestants « troublant l’ordre public », le gouvernement peine en rĂ©alitĂ© Ă  enrayer les rassemblements et leurs revendications. Le dĂ©ploiement de la garde nationale ne semble avoir fait que renforcer la dĂ©termination des manifestants Ă  rĂ©clamer davantage de libertĂ©s et de dĂ©mocratie, tandis que les violences commises par les forces de l’ordre attisent encore davantage les tensions. Pour tenter de prĂ©server la crĂ©dibilitĂ© de son autoritĂ©, le prĂ©sident de la RĂ©publique a exigĂ© le dĂ©part du ministre de l’IntĂ©rieur du gouvernement, tandis que le cabinet Azamat semble se prĂ©parer Ă  une possible dĂ©mission du Premier ministre Aydar Azamat, lui aussi devenu inaudible auprĂšs de la rue.

À l’international cependant, le sort des manifestants et de leurs revendications ne semble pas susciter d’inquiĂ©tude majeure ni de remise en cause du chef de l’État et de son administration. FidĂšle Ă  ses positions au sein du concert des nations et Ă  ses liens Ă©troits avec plusieurs gouvernements soutenant sa politique, le prĂ©sident Mirza Arsam semble conserver, pour le moment, la confiance de plusieurs États : les ambassades des Royaumes-Unis d’Alarya et de la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale de San YoutĂ© ont dĂ©jĂ  exprimĂ©, au nom de leurs gouvernements respectifs, leur soutien aux institutions talars et au prĂ©sident de la RĂ©publique.

Dans une situation qui ne cesse de s’aggraver depuis prĂšs de vingt jours, le centre du pouvoir, la capitale Khydan, reste toujours Ă©pargnĂ©. Le prĂ©sident de la RĂ©publique a annoncĂ© convoquer une rĂ©union extraordinaire du Conseil de sĂ©curitĂ© nationale ce soir afin de prendre « [...] toutes les dispositions nĂ©cessaires pour un retour rapide Ă  l’ordre civil et au respect des institutions rĂ©publicaines », selon ses dĂ©clarations Ă  la radio d’État The Voice of Talaristan.

Article de Mme NABULALLIN ‱ Chef de rĂ©daction : Amina RAILYA
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Édition du 4 aoĂ»t 2019 ‱ Version en langue commune pour l'usage international (traduit du talar) ‱ 16 M̌ ‱ RĂ©daction au 13 Boulevard de l'IndĂ©pendance, Khydan
LE PREMIER MINISTRE DÉMISSIONNE, L'ARMÉE EST DEPLOYÉE
JUSQU'OU IRA LE PRÉSIDENT MIRZA ARSAM ?
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AprÚs la garde nationale, c'est désormais l'armée talar qui interviennent, aux cÎtés des forces de police, pour forcer la dispersion des manifestants à Alnur.

Le Premier ministre a dĂ©missionnĂ© hier soir, le 3 aoĂ»t. Incapable de contenir la crise, Aydar Azamat a prĂ©sentĂ© sa dĂ©mission ainsi que celle de son gouvernement au prĂ©sident de la RĂ©publique, Mirza Arsam. Cette situation, qui survient au pire moment pour le camp prĂ©sidentiel, rĂ©vĂšle la fragilitĂ© croissante de l’exĂ©cutif, incapable de trouver des solutions concrĂštes pour endiguer la vague de contestation qui secoue les grandes villes du Talaristan. En dĂ©pit d’une premiĂšre sĂ©rie de mesures dites « sĂ©curitaires » prises le 1er juillet, celles-ci n’ont semble-t-il fait que renforcer la dĂ©termination des manifestants Ă  rĂ©clamer un changement politique et social concret.

Le prĂ©sident de la RĂ©publique a rĂ©pondu avec fermetĂ© le 1er aoĂ»t en instaurant un couvre-feu et en dĂ©ployant l’armĂ©e nationale dans les rues aux cĂŽtĂ©s des forces de police, dĂ©jĂ  renforcĂ©es par l’arrivĂ©e des rĂ©servistes de la garde nationale. Si une issue pacifique semblait encore envisageable pour les dirigeants du collectif Alternative pour le Talaristan, ces derniers ont finalement Ă©tĂ© mis en accusation pour « atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© nationale et Ă  l’unitĂ© de l’État » par le procureur gĂ©nĂ©ral, tandis que leur association politique a Ă©tĂ© dissoute par dĂ©cret prĂ©sidentiel. Mirza Arsam a une nouvelle fois appelĂ© au retour Ă  l’ordre civil et rĂ©publicain, tout en convoquant plusieurs reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile et des communautĂ©s ethniques afin d’ouvrir un nouveau dialogue destinĂ© Ă  mettre fin aux rassemblements « d’élĂ©ments radicaux, subversifs et sĂ©ditieux », selon les termes du porte-parole de la prĂ©sidence.

MalgrĂ© les initiatives de l’exĂ©cutif, le mouvement continue de se renforcer. AprĂšs plusieurs grĂšves dans le secteur privĂ©, certaines formations politiques, comme le parti Yaña (« Nouveau Talaristan »), ont rejoint la contestation ouverte et appelĂ© au boycott des travaux de l’AssemblĂ©e suprĂȘme afin de « rejoindre le peuple dans la rue ». Comme Ă  son habitude, la VOT (Voice of Talaristan), principale radio publique du pays, minimise largement les Ă©vĂ©nements et prĂ©fĂšre mettre en avant les rassemblements organisĂ©s par le Parti libĂ©ral-dĂ©mocrate « en soutien au prĂ©sident de la RĂ©publique, Ă  la dĂ©mocratie et aux libertĂ©s individuelles ».

À l’international, si certains mĂ©dias Ă©trangers qualifient dĂ©sormais les Ă©vĂ©nements de « rĂ©pression », les chancelleries restent pour l’instant particuliĂšrement discrĂštes, dĂ©tournant vraisemblablement leur attention vers d’autres enjeux rĂ©gionaux, notamment le Forum de la jeunesse nazumie organisĂ© le mois dernier Ă  Naryakha, en Iakumie. Pourtant, mĂȘme la jeunesse nazumie semble consciente de la situation au Talaristan : plusieurs incidents isolĂ©s ont Ă©tĂ© signalĂ©s durant le forum, pourtant saluĂ© par la majoritĂ© des gouvernements du continent. Seule vĂ©ritable exception, des Ă©tudiants ainsi que plusieurs dĂ©fenseurs des droits de l’homme milathiens ont appelĂ© au soutien des manifestations populaires et au boycott des produits talars, provoquant la rĂ©action immĂ©diate du gouvernement dĂ©missionnaire.

Le prĂ©sident de la RĂ©publique a annoncĂ© ce soir la nomination de la conservatrice Asmina Akmyradowa — surnommĂ©e la « Dame de fer » et en charge des Affaires Ă©trangĂšres depuis janvier — au poste de PremiĂšre ministre par intĂ©rim, avec pour mission de former un nouveau gouvernement. Madame Akmyradowa a dĂ©jĂ  affirmĂ© qu’elle ne souhaitait pas rencontrer de « reprĂ©sentants des manifestants », contrairement Ă  ce qu’avait proposĂ© son prĂ©dĂ©cesseur, et a rĂ©affirmĂ© son soutien total aux institutions de l’État. Une question demeure cependant dans tous les esprits : jusqu’oĂč ira le prĂ©sident Arsam ?

Article de Mme NABULALLIN ‱ Chef de rĂ©daction : Amina RAILYA
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