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AGP

Pays concerné : Royaume de Brocelynwood
Date : 9/10/2018
Localisation : Wynterhall

Dépêche AGP :
Dans une grande Tribune publiée le 3 octobre dans The Brocelynwood Ledger, les leaders des partis Républicain et Libéral, pourtant concurrents, tirent à boulets rouges sur la Monarchie de Brocelynwood qui ne serait “pas une démocratie”. Leonard Raymond et Victor Arkwright considèrent que malgré les apparences, “les institutions sont verrouillées”. Selon eux, les modalités d'élection de l'Assemblée Unique favorisent systématiquement le Parti Royaliste, empêchant toute alternance. Au-delà de ce constat, les deux partis d'opposition certifient que, dans tous les cas de figure, l'essentiel du pouvoir resterait dans les mains du Roi, la Constitution ne l'obligeant en rien à laisser un autre parti gouverner ou réellement décider. Le camp royaliste n'a pas encore réagi. Mais un sondage de l'institut Brocélien des Statistiques indique que deux tiers de la population partagerait ce constat, souhaitant que le Roi engage une révision constitutionnelle. Fait rare, la tribune invite même les partenaires internationaux à mettre la pression sur le Royaume, leur demandant "d’inclure la question démocratique dans les conditions de base à la signature de nouveaux accords".

Sources :
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Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Stérus annonce une nouvelle politique d’ouverture vis-à-vis des populations indigènes : des réactions et interrogations à Brocelynwood
16 octobre 2018

Bulle BD

C’est par un communiqué publié ce début octobre que l’Impératrice de Stérus a annoncé un virage important dans la politique vis-à-vis de sa population autochtone. La portée symbolique est majeure puisque le préambule des réformes reconnaît explicitement la responsabilité passée de la nation dans des “pratiques barbares et inhumaines”. Les mesures visent à soutenir financièrement les populations dans leur retour sur leurs terres d’origines, y compris par le rachat de terres, à mettre en valeur la culture indigène via la mise sur pied de musées. Mais l’impact dépasse les frontières de l’Empire : une bourse est mise en place pour attirer des étudiants aleuciens d’origine indigène en les aidant y compris dans l’accès au logement, et des aides financières pourront être “activées afin de financer des associations et organisations Stérusiennes comme étrangères, sans distinction de nationalité, pourvu qu’elles défendent les intérêts des peuples indigènes.”


Les réactions des partis d’opposition : entre soutien et méfiance

Une telle évolution de la part de dirigeants descendants de colons n’est pas la pratique la plus classique sur le continent aleucien, mais elle est probablement salutaire et la résultante de la mobilisation des premiers concernés à faire reconnaître leurs droits depuis des dizaines voire des centaines d’années.

C’est en tout cas la réaction, bien évidemment, d’Eliam Tarek Naluwé, alderii le plus connu du Royaume en sa qualité de représentant de sa communauté à l’Assemblée Unique : “aujourd’hui je suis heureux pour le peuple stérusien et nos communautés, je me battrai chaque jour pour que le Royaume de Brocelynwood suive un jour ces traces, au lieu d’opter pour la surenchère contre nous ; la Constitution dit que nous sommes tous égaux mais ce n’est pas du tout la réalité, donc nous ne pouvons que nous féliciter de mesures qui montrent que l’on peut améliorer notre condition, et les relations entre communautés de toutes origines”.
Les réactions ont également été favorables du côté du Parti Libéral et du Parti du Peuple, formations politiques qui incluent dans leurs programmes des mesures visant à étendre les droits du peuple Alderii, constitué aujourd’hui d'environ 150 000 personnes au sein du Royaume (principalement dans les secteurs de Tintellin Cove et Alderash). Victor Arkwright, leader du Parti Libéra,l espère que “Stérus fera la démonstration que le racisme d’Etat systématique n’apporte rien de bon ; il faut parfois regarder en face certaines erreurs du passé pour avancer, plutôt que vouloir reproduire la même logique délétère… car peut-être que nous allons perdre de jeunes talents dans les prochaines années, mais nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous-mêmes”.

La réception est moins enthousiaste du côté du Parti Communiste, qui voit dans ce débat “des oppositions de principe stériles qui arrangent bien les détenteurs des moyens de production”. Le Parti Communiste s’inquiète en effet de la division de ceux qu’il identifie comme les “travailleurs”, et met en cela dos à dos, aussi bien le racisme que les mouvements indigènes qui le combattent. Aucun ne priorise la lutte des classes, perçue par le parti comme la mère des batailles.

Le Parti Républicain, dans sa volonté de se dissocier des royalistes, continue à tenir un discours “d'entre-deux”. Les républicains n’ont jamais vu d’un œil très bienveillant les revendications politiques des autochtones mais veulent se différencier du pouvoir royal qui tient aujourd’hui une ligne politique et argumentative très dure vis-à-vis des Alderii et plus globalement des peuples indigènes d’Aleucie. L’équilibriste Leonard Raymond, leader du parti, a proposé cette parfaite synthèse : “nous comprenons en partie le sens de la démarche de l’Impératrice de Stérus, car nul ne peut se passe d’ouverture et le dialogue, cependant nous devons être particulièrement attentifs aux revendications qui se multiplieraient ; il ne s’agit pas de permettre la prise de pouvoir de populations pour se repentir de leur maltraitance passé”.


La réaction du Royaume : quelles hypothèses ?

Mais surtout, les yeux se tournent maintenant du côté des royalistes, décideurs ici et représentant le Royaume à l’étranger. L’hostilité de ce camp, et du Roi en particulier, vis-à-vis des revendications des autochtones voire de la communauté elle-même, ne fait pas de doute. Mais rien ne permet de savoir avec précision ce que les annonces de l’Impératrice de Stérus vont engendrer.
Il est nécessaire de développer une analyse à plusieurs niveaux tant cela peut susciter de l’ambiguïté.

Ces nouvelles réformes stérusiennes peuvent être vues selon leurs impacts uniquement intérieurs. Dans ce cas, les autres Etats dont le Royaume n’ont pas à se sentir particulièrement concernés. Mais la réalité n’est pas aussi catégorique : il est très probable que le Roi voit aussi d’un mauvais œil une politique qui donne un nouvel élan et une nouvelle légitimité aux revendications des populations autochtones. Stérus contribue à imposer une lecture historique qui est celle des indigènes, alors que de nombreux chefs d’Etat, dont le nôtre, s’évertuent à construire des contre-récits. Cela ne peut donc que susciter une crainte de contagion des idées qui atteigne le Royaume et radicalise des mouvements contestataires.

Mais les conséquences directes des mesures sont déjà une réalité.
Il serait en effet très surprenant que l’officialisation de financements “d’organisations étrangères (...) défendant les intérêts des peuples indigènes” ne fasse pas sortir de leurs gonds de nombreux responsables politiques du continent, à commencer par le Monarque Johnlyn IV. L’appui à des associations d’intérêt général sera probablement considéré comme un risque d’ingérence étrangère directe.
Par ailleurs, l’esprit de la politique d’ouverture agrégée à des aides financières directes, par exemple d’étudiants, pourraient constituer un appel d’air auprès de populations autochtones du continent cherchant leur salut au sein d’un territoire plus accueillant. S’il ne faut jamais surestimer la facilité pour des familles à migrer de nations en nations au gré des politiques publiques, c’est effectivement une possibilité lorsqu’il y a trop à perdre à rester. Il est à craindre que cette conséquence soit perçue par la Monarchie comme une externalité positive, facilitant une forme de “nettoyage ethnique” qui ne dirait pas son nom et ne nécessiterait pas d’y assumer une quelconque responsabilité. Ce cynisme présenterait cependant quelques limites, puisque les travailleurs alderii occupent aujourd’hui des emplois essentiels à la vie économique. Les spécialistes interrogés s'accordent à dire que les postes ne seraient pas si aisés à remplacer à court et moyen terme.

Preuve qu’une société saine a besoin du concours de chacun pour bien fonctionner ; mais il n’est pas certain que ce soit la morale retenue prochainement par Johnlyn IV au moment de prendre ses décisions.
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Dans : Le Progrès
Journal généraliste classé à gauche, proposant des analyses sociales et politiques. Assez peu lu.

Elections 2019 : vers un accord Libéraux / Républicains ?
1er novembre 2018

Morland / Arkwright

Onze ans après la scission, le Parti Libéral et le Parti Républicain sont éloignés sur beaucoup de sujets. Mais comme l’a montrée la tribune signée communément par les leaders des deux partis, ils sont aujourd’hui confrontés à un intérêt commun. Et cela est d’autant plus vrai depuis que le Palais Royal s’est engagé à un processus de révision constitutionnelle en cas de majorité y étant favorable à l’Assemblée Unique en juin 2019. Parvenir à arracher une majorité contre les Royalistes devient donc une priorité absolue, mais le parcours est et sera en tout point semé d’embûches.


Toutes les pistes sont ouvertes

Leonard Raymond (Parti Républicain) et Victor Arkwright (Parti Libéral) vont se rencontrer discrètement pendant la première quinzaine du mois de novembre. Selon toute vraisemblance, la piste d’un accord électoral sera évoquée. Si les deux leaders y sont favorables, l’issue reste incertaine.

Le spécialiste Olivier Duemel partage cette analyse :
L’accord est aussi proche que les deux partis sont éloignés, pour une raison simple : au-delà de leurs convictions démocratiques, si ces partis veulent continuer à exister, à espérer avoir un jour prendre le pouvoir, ils ont un intérêt vital à ce que les règles du jeu évoluent. J’évalue donc à 80% la probabilité que les deux aboutissent à un accord. Le plus certain est qu’il y ait des tractations pour aboutir à un seul candidat libéral ou républicain par circonscription, chacun gardant son programme. Il n’est pas complètement exclu qu’ils décident de se présenter sous une même bannière, dans le cadre d’une alliance avec un programme commun. Cela dépendra du calcul stratégique qu’ils vont faire. Dans tous les cas, les négociations s’annoncent complexes”.

Si l’issue semble aller dans le sens d’une forme d’accord électoral, Raymond et Arkwright devront chacun faire face à des mécontentements dans leurs propres camps.

Depuis sa rupture avec le Parti Républicain en 2007, le Parti Libéral fonde son identité sur le modernisme économique et sociétal. C’est bien ce projet qui galvanise les militants. Anciens membres du Parti Républicain ou plus récemment investis dans la vie politiques, les adhérents et sympathisants se représentent le Parti Républicain comme le "vieux Brocelynwood", incapable de penser la libération de l’économie, le développement de nouveaux secteurs, continuant à placer la religion au centre de tout et défendant au mieux le statut quo pour les minorités. “Comment bâtir le moindre compromis, faire campagne pour ces gens ? Ce sera sans moi”, entend-on en marge des réunions locales.

Du côté des Républicains, on continue à se percevoir comme la seule opposition réellement puissante et légitime face aux Royalistes. L’Histoire parle pour ce parti, resté effectivement pendant des décennies comme seule opposition. Beaucoup de membres voient l’émergence du Parti Libéral et du Parti du Peuple comme une parenthèse anecdotique. Avec un accord, ils craignent donner une légitimité et un élan supplémentaires au Parti Libéral. En “off”, un cadre s’exprime : “On doit battre le Parti Royaliste, je suis d’accord. Mais nous sommes aujourd’hui les mieux placés pour le faire. Ce n’est pas un parti d’élites urbaines avec zéro ancrage rural qui va lever les foules du Royaume de Brocelynwood. 11 des 12 circonscriptions urbaines sont déjà hors de portée du Parti Royaliste, ils en remporteront 3-4 comme maintenant, très bien, puis on travaillera ensemble sur la question institutionnelle, inutile d’aller plus loin”.
Mais du côté de Leonard Raymond et ses conseillers, on ne veut surtout pas sous-estimer à quel point le scrutin uninominal majoritaire à un tour est aujourd’hui une machine à favoriser le Parti Royaliste.


S’allier aujourd’hui pour remettre les blocages à plus tard ?

Malgré ces contestations et inquiétudes réelles, une forme de réalisme pousse à voir l’éventualité d’un accord électoral de circonstance comme la seule issue possible. Mais pour faire quoi ? Essayons d’évaluer les différents scénarios et les enjeux de demain.

Si le camp royaliste était mis en minorité, ce qui demeurera extrêmement compliqué à réaliser dans tous les cas de figure, le Roi devrait tenir sa parole : engager un processus de révision constitutionnelle. Or à ce jour, aucune indication n’existe sur les échéances, les modalités et son ampleur. Le Roi aura tout intérêt à en faire un pétard mouillé, à moins que la pression soit trop forte, peut-être même depuis l’aile dite “progressiste” du Parti Royaliste.
Si l’éléphant accouche d’une souris, est-ce que Parti Républicain et Parti Libéral ne vont pas en ressortir affaibli ? Tout aura été misé sur l’enjeu institutionnel pendant des mois, au prix d’un manque de clarté sur les sujets du quotidien.

Or Républicains et Libéraux auraient à eux deux la majorité absolue à l’Assemblée Unique. Mais que pourront-il faire de cette majorité faite “de bric et de broc” pendant sept annnées ? Au-delà de leur haine commune du communisme et du royalisme, les différences vont vite surgir. Si des enjeux progressistes arrivent à l’agenda, par exemple sur les droits des femmes ou des minorités, le Parti Républicain sera face à des alternatives inextricables : voter avec les royalistes selon ce qui semble être leurs convictions profondes, ou être solidaires de leurs collègues partenaires, voire élus sous une même bannière. Quand bien même des vagues compromis sont construits en amont, la réalité mène souvent à ce que des élus poussent fortement leurs idées plutôt que suivre incessamment des consignes de vote.

Dans le cas où les institutions changent plus en profondeur, la logique voudrait qu’un retour aux urnes s’organise. Ce serait certainement la situation idéale, puisque le Parti Libéral et le Parti Républicain pourraient décider de repartir dans une nouvelle configuration selon la situation et le type de scrutin.
Dans tous les cas, avec ou sans nouvelles élections, si la future Constitution révisée le permet enfin, les deux partis pourraient être amenés à assurer le pouvoir exécutif.
Là encore, il est difficile d’imaginer sur quelles bases. Les sujets de discordes sont nombreux. Prenons l’exemple de la politique étrangère : actuellement, elle revient de toute façon pleinement au Roi. Dans le cas très hypothétique où un exécutif issu de l’Assemblée Unique y aurait un rôle, on cerne difficilement la capacité des Libéraux et Républicains à parler d’une même voix.
Le Parti Républicain est attaché à l’idée de grandeur, à une vision long-termisme au sein de laquelle il est primordial que Brocelynwood joue une place centrale, puissante.
Le Parti Libéral souhaite évidemment défendre les intérêts de Brocelynwood, mais veut s’inscrire dans les multiples espaces multilatéraux, et développer de manière exponentielle le commerce et le libre-échange.
Sans compter que tant que Brocelynwood demeure une Monarchie, le Roi continuera à jouer un rôle dans la politique étrangère. Cela promet de belles réunions de travail en perspective entre Johnlyn IV, Raymond et Arkwright. Mais nous en sommes encore très loin…


Les réactions des autres partis

Philip Morland est le Premier Conseiller du Roi et Président du Parti Royaliste. Ses apparitions publiques vont être plus récurrentes dans ce contexte de campagne électorale. Il s’est exprimé sur les perspectives d’accord Républicains / Libéraux : “ils tentent de faire comme dans les bonnes vieilles assemblées de par le monde, faire des petites tambouilles d’appareil pour prendre le pouvoir, mais on ne sait pas bien pour en faire quoi puisqu’ils ne votent presque jamais ensemble”.

De son côté, Jared Fenlow du Parti du Peuple essaie de prendre de la hauteur : “[i]Nous sommes fermement opposés au parti libéral, mais il exprime une vision claire. Le Parti Républicain brouille aujourd’hui les pistes en captant une partie de l’opposition au royaliste tout en partageant beaucoup ; ils empêchent un débat lisible. Ils s'opposent aux royalistes, mais pour faire quoi ?”

La campagne est bien lancée, mais il faudra encore attendre au moins quelques jours pour y voir un peu plus clair.
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Dans : Chroniques du Royaume
Ce journal développe une ligne éditoriale très proche du camp royaliste. Il peut s’apparenter à un organe de propagande du pouvoir.

A peine annoncé, l’accord Rep-Lib fait “pschit” ?
12 novembre 2018

Assemblée Unique (Landtag Sarre)

C’est un tournant dans la campagne en vue des élections de l’Assemblée Unique du 2 juin 2019 : Leonard Raymond (Parti Républicain) et Victor Arkwright (Parti Libéral) ont annoncé le 7 novembre être parvenus à nouer un accord devant leur permettre de mettre en échec la majorité absolue des royalistes à l’Assemblée Unique pour la première fois dans l’Histoire du Royaume de Brocelynwood. Pourtant, l’objectif semble encore bien loin. Nous vous proposons un décryptage et une analyse des enjeux.


Le huis-clos de Wynterhall

Les faits sont là : Raymond et Arkwright sont des adversaires politiques de longue date et ne s’en sont jamais cachés. Les deux hommes ont connu la scission du Parti Républicain il y a une dizaine d’années, ayant donné naissance au Parti Libéral. Issus de deux générations aux visions qu’ils estiment bien différentes, les actuels leaders Républicain et Libéral se sont longtemps voués une détestation réciproque. Mais dans les arrangements politiques, les intérêts immédiats prennent vite le dessus sur les convictions profondes. C’est ce qu’il se passe depuis maintenant plusieurs semaines entre les deux animaux politiques, dont le premier aboutissement a été la tribune commune antiroyaliste et au vitriol contre l’ensemble de la Constitution de 1864. Il s’agissait déjà de préparer l’étape suivante.

L’Acte II s’est déroulé ce 5 novembre dans un lieu resté secret jusqu’au bout. Nous savons que Leonard Raymond et Victor Arkwright et leurs plus proches collaborateurs ont échangé de nombreuses heures pendant deux jours dans une salle de réunion d’un hôtel de la capitale. La relation de confiance a bien ses limites puisque, au préalable, l’endroit lui-même a fait l’objet d’âpres négociations entre les équipes des deux partis. Chacun souhaitait éviter les symboles pouvant donner la primauté à l’autre, que ce soit en termes de quartier, d’institution d’accueil et jusqu’au type de salle.

Dans ce contexte, les échanges n’auraient pas toujours été limpides et parfaitement cordiaux, et les débats ont été acharnés sur les détails techniques. Là où l’accord électoral était incertain pour le grand public en raison des différences programmatiques affichées par les deux formations, le principe a en fait été validé dès le matin du 5 novembre. “Mais le plus dur débutait, les points à négocier étaient très nombreux, et à tout moment, ça pouvait tomber à l’eau. Ça nous a menés jusqu’au lendemain soir puis l’issue a pu être rendue publique”, confie un conseiller.


Détails des équilibres trouvés

Nous disposons d’un certain nombre d’informations sur le contenu de l’accord noué entre le Parti Républicain et le Parti Libéral, dont une partie a été rendue publique alors que d’autres éléments ont filtré depuis quelques jours.

Tout d’abord, le principe d’une alliance programmatique a été rapidement jugé inatteignable. Les deux partis partent donc dans la campagne séparément, chacun avec son programme. Une coordination sera cependant mise en place afin de suivre l’accord et s’articuler sur les “sujets particulièrement clivants|/i]”. Car Raymond et Arkwright se prévalent d’avoir signé un “pacte de non agression” : “[i]Chacun défendra ses positions, parfois différentes entre nos deux partis, mais nous ne nous critiquerons pas directement. L’urgence et la priorité sont de montrer la dangerosité pour le pays des partis d’extrême-gauche et de la continuité royaliste, qui ne veulent pas laisser Brocelynwood entrer dans l’ère démocratique”, explique le communiqué commun.

Le cœur de l’accord sera d’avoir soit un candidat libéral, soit un candidat républicain dans chacune des 55 circonscriptions.
La volonté est de ravir suffisamment de circonscriptions aux royalistes pour les faire tomber sous les 31 sièges, synonymes de majorité absolue à l’Assemblée Unique. Dans un mode de scrutin uninominal à un tour, les deux partis estiment que c’est bien la seule issue pour exister voire obtenir une forme de victoire.
Bien sûr, pendant les deux jours de discussions, chaque équipe de représentants a fait valoir ses forces au niveau national, au niveau de chacune des circonscriptions locales, ainsi que sa dynamique en cours, pour tenter de peser et obtenir le maximum de circonscriptions notamment celles dites “gagnables”.

Du fait de son Histoire, de sa position de force actuelle et des intentions de vote un peu supérieures dans la ruralité, le Parti Républicain présentera davantage de candidats, si l’accord tient toujours au moment du dépôt officiel des candidatures : 35 candidats et 20 pour le Parti Libéral. Le nombre de circonscriptions “acquise” par chaque parti est très proche dans les villes, au sein desquelles le Parti Libéral a aussi une certaine popularité. Plus les circonscriptions sont rurales, plus le Parti Républicain a été privilégié ; au sein des territoires les plus ruraux, le parti de Raymond présentera 15 candidats contre seulement 6 libéraux.
L’identité de chaque candidat n’est pas encore connue ni même bien définie, mais il a été convenu que la liste devra être validée d’un commun accord par les deux partis.


Tout ça pour quel résultat ?

Grâce à de nouveaux sondages et en faisant tourner leurs modèles, les statisticiens de l’IBS ont rapidement pu mettre à jour les projections en sièges pouvant être estimées dans cette nouvelle configuration.



On peut imaginer que c’est plutôt la douche froide du côté des “Etats majors”.
Conséquence logique des lois mathématiques, il existe bien un impact de l’accord au profit de ses parties prenantes, au détriment des royalistes et de la gauche radicale, déjà très minoritaire. Mais cet effet est très ténu et place encore Libéraux et Républicains à de nombreux sièges de la possibilité de ne serait-ce qu’approcher une majorité. Les nouveaux alliés atteindraient 21-22 sièges contre toujours 36-37 pour l’ensemble des royalistes. Pour le Parti Républicain, il n’y aurait pas de progression par rapport à la composition actuelle de l’Assemblée Unique issue des élections de 2012 (13 sièges), alors que le Parti Libéral progresserait à 8 sièges (3 actuellement).

Si Victor Arkwright a beau jeu de parler de “début de dynamique”, il commet une erreur d’analyse, probablement volontairement. L’effet attendu devait être immédiat puisqu’il repose avant tout sur la non dispersion des voix entre ces deux partis, et absolument pas sur une dynamique d’alliance programmatique pouvant prendre quelques semaines à atteindre son plein essor. Si un grand bouleversement prévisionnel des équilibres avait été tout de suite observé, un effet d'entraînement aurait été possible.
Mais dans ce contexte précis, Robert Byres, analyste politique, s’interroge sur des conséquences inverses : “Les électeurs des deux partis ont probablement été relativement enthousiasmés par les perspectives, avant que la “dure” réalité n’apparaisse progressivement. Maintenant, il reste près de 7 mois pendant lesquels il y a de nombreux risques de désenchantement vis-à-vis du parti partenaire : les prises de position vont se multiplier sur de nombreux sujets, les programmes vont paraitre… est-ce que les électeurs convaincus par le Parti Libéral iront vraiment voter pour le candidat Républicain de leur circonscription et inversement ? On peut craindre pour les partis de l’accord une forme d’érosion progressive de ces reports de voix. Plutôt que se faire grandir, ils pourraient finalement s’affaiblir mutuellement, dans le cas où le candidat unique concentrerait finalement moins de votes que la somme potentielle de deux candidatures concurrentes”.

Ces inquiétudes peuvent même paralyser le Parti Libéral et le Parti Républicain jusqu’à beaucoup plus long terme. Dans leur tribune, les “règles du jeu” ont été contestées, avec la remise en cause du caractère démocratique de notre Monarchie Constitutionnelle. En signant cet accord entre eux, ils acceptent finalement le “deal” du Roi : l’Assemblée Unique sera légitime à décider si la Constitution doit être remodelée ou non. Si une majorité favorable à cette option n’est pas atteinte, ce qui reste très probable, quelle sera dès lors la légitimité de Raymond et Arkwright de venir expliquer que le système est perverti ? Cet argument ne pourra qu’être perçu pour ce qu’il sera : un refus d’accepter la défaite dans les urnes. Les possibilités de “tout renverser” seront épuisées, ainsi cet accord électoral prend dès aujourd'hui la forme d’un “all in”.

Notons enfin que l’impact limité qu’aurait cet accord sur les élections de juin est aussi lié à des enjeux de fond. Le Parti Royaliste demeure soutenu dans la population et c’est d’autant plus vrai ces derniers jours, en bénéficiant de la dynamique liée à la signature d’Accords commerciaux avec la République de Sovélie. Il est rare qu’un accord commercial international ait un tel impact en politique intérieure. Mais là aussi, le jeu des oppositions s’est retourné contre elles. L’inquiétude liée à des risques de manque d’approvisionnement en hydrocarbures pour 2019 ont été largement relayés par certains canaux de presse et instrumentalisés par les opposants politiques, ce qui a effectivement eu un impact dans la population. Avec ce nouvel accord, les inquiétudes s’envolent, le pays est soulagé et le travail de l’ombre de l’exécutif royaliste est reconnu. Dès l’année 2019, le Royaume est effectivement assuré de pouvoir importer 4,5 millions de barils de pétrole et 250 millions de mètres cubes de gaz auprès de la Sovélie, ce qui représente 4 à 4,5% des besoins énergétiques totaux de Brocelynwood. D’autres discussions en cours visent à obtenir des apports complémentaires de la part de nouveaux partenaires, mais l’essentiel est bien assuré.


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Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Les décisions liberticides du Royaume sur fond de rupture avec Stérus
26 novembre 2018

Cornelius Osborne (Alexander Obrindt)Le Secrétaire Royal à l'Ordre Public Cornelius Osborne, défenseur de la nouvelle Loi sur les Associations

Un mois après les annonces de l’Impératrice de Stérus au sujet de la nouvelle politique d’ouverture voire de soutien envers les populations natives du continent, la tension ne faiblit pas entre l’Empire et le Royaume de Brocelynwood. Il s’agit même d’une occasion pour le Roi de renforcer l’autoritarisme du camp royaliste sur le pays, avec des nouvelles décisions dont les conséquences vont bien au-delà de l’objet du différend diplomatique.


Acte I - L’échec d’un règlement à l’amiable

Comme cela était pressenti, les décisions de l’Empire ont immédiatement inquiété le Royaume. C’est sans doute l’idéal sous-tendant l’ensemble du virage politique qui provoque le rejet des dirigeants brocéliens. Ces derniers conçoivent difficilement que les revendications voire l’activisme indigène soit légitimé ou encouragé sur le continent. Pourtant, la communauté Alderii représente uniquement 150 000 personnes à Brocelynwood, sur une population de plus de 11 100 000 habitants, et aucun signe ne laisse présager une volonté ou une capacité à déstabiliser le pays ou s’en séparer. La position de principe est avant tout idéologique.
Mais côté Stérus, le nouveau positionnement relève de sa politique intérieure, ce que ne peut venir contester directement Brocelynwood. Le Royaume s’est donc attaqué aux mesures ayant un impact potentiellement direct ici, en tentant d’obtenir des adaptations ou une exception par la voix de Stephen Philipps, Secrétaire Royal à la Politique Étrangère et aux Armées.

En premier lieu, il a été demandé de fixer un quota aux nombres d’étudiants concernés par la bourse mise en place à compter de l’année universitaire prochaine par Stérus. Dans notre précédent article, nous craignions que la mise en œuvre de cette aide financière soit une opporunité pour Brocelynwood d’encourager le départ définitif de sa communauté native. Il semble que l’exécutif ait eu une stratégie inverse : éviter un appel d’air vers Stérus et une hausse du niveau d’éducation des Alderii, main d'œuvre plutôt peu qualifiée dans les entreprises privées et les compagnies royales.
Nous pouvons aussi y voir sans trop s’avancer une volonté de simplement entraver un avantage accordé à la communauté native, quand bien même il s’agit d’une maigre compensation aux discriminations subies. L'autre intérêt est de limiter l’impact potentiellement positif de la politique stérusienne et donc sa diffusion.
Mais l’Empire de Stérus est resté droit dans ses bottes et a résisté aux pressions diplomatiques du Royaume.

Par ailleurs, Stephen Phillipps a exprimé des craintes concernant la possibilité que se donne l’Empire de financer toute association nationale et étrangère œuvrant pour l’inclusion, les droits, la lutte contre les discriminations des peuples indigènes. Brocelynwood considère que de telles subventions constitueraient une ingérence et le risque d’appuyer des organisations ayant des modes d’action violents ou cherchant à fragiliser le pays.
Un argument avancé par Stérus est qu’il ne s’agira pas de versements directs de son gouvernement, mais réalisés via une organisation dédiée en partie constituée de fonds privés. Cela n’a bien sûr aucunement convaincu le Secrétaire Royal et là aussi, les deux parties sont restées campées sur leurs positions, sans compromis possible.

Le Royaume de Brocelynwood a donc opté pour une adaptation unilatérale de sa réglementation et législation, qu’il est primordial de décrypter.


Acte II - Décret sur la bourse étudiante : le point de non retour avec Stérus

Le 18 novembre 2018, Stephen Philipps prend un décret qui fixe les conditions de l’accès à la bourse stérusienne, fixée à une limite de 100 étudiants par année universitaire, comme souhaité initialement. Le décret dévolue au Secrétariat Royal à l’Education le rôle de sélection des dossiers, qui doit comprendre un engagement de l’étudiant à “ne pas participer à une association visant à porter directement atteinte à l’image du Royaume de Brocelynwood et de son Histoire”. Le calendrier semble également mettre des bâtons dans les roues aux potentiels candidats : dossier vierge publié le 31 décembre, pour une réponse attendue avant le 31 janvier, et une publication des lauréats seulement mi-juillet, peu avant la rentrée universitaire. Le Royaume a justifié vouloir donner un cadre et des limites à une mesure favorisant spécifiquement une communauté, pour éviter que la bourse soit sur-sollicitée par pur opportunisme. “Il n’y aurait pas de sens à ce que soudainement des milliers de jeunes alderii décident tous de faire des études, et dans le même pays”, a tenté d'expliquer Julian Bridges, Secrétaire Royal à l'Éducation.

Les observateurs s’attendaient à ce que l’Empire de Stérus prenne acte de la décision, certainement en égratignant le Royaume de Brocelynwood au passage pour sa fuite en avant ostensiblement anti-indigène.
Mais ce n’est pas l’option prise par Stérus, qui souhaite mordicus défendre sa politique et son effectivité. Le communiqué publié quelques heures plus tard par l’Impératrice de Stérus est resté souple sur sa forme, en soulignant par exemple la tentative de dialogue qu’avait tenté d’engager le Royaume de Brocelynwood, sans issue possible. Si ce point a été apprécié en plus haut lieu, c’est bien le seul. L’Empire de Stérus a annoncé officiellement qu’il “n’appliquera évidemment pas la liste” d’étudiants sélectionnés, allant jusqu’à préciser que les personnes éligibles “ne seront pas obligés de passer par le site du gouvernement local”, les invitant à “réaliser la demande une fois sur le territoire ou depuis un autre territoire”.
La réaction de Stephen Philipps a été vive.

Ce communiqué de l’Impératrice de Stérus est une provocation inédite, une incitation directe auprès de notre population à contourner les règles de notre démocratie par tous les moyens. Nous prenons acte de cette attitude et prendrons des mesures complémentaires dans les prochains jours. Nous demandons des excuses de la part de l’Empire de Stérus, et la reconnaissance d’une erreur. Dans l’attente, nous suspendons les canaux diplomatiques, puisqu’ils ne permettent pas un dialogue convenable et tourné vers la recherche de compromis”.
Selon Leonard Raymond (Parti Républicain), “en effet, le Royaume n’est pas respecté car il n’a pas su se faire prendre au sérieux, et il entre maintenant dans un bras de fer public et disproportionné compte tenu des enjeux, qui nous ridiculise totalement sur la scène internationale”.


Acte III - La liberté associative gravement attaquée

Le deuxième volet de la discorde avec Stérus concernait le financement d’associations depuis l’étranger. Comme annoncé directement auprès d’Aymerico Sebastiano, Magistrat aux affaires étrangères de l’Empire constitutionnel de Stérus, Cornelius Osborne, Secrétaire Royal à l’Ordre Public et donc en charge de la vie associative, a présenté un projet de loi s’inspirant de la législation sur la régulation des investissements internationaux adoptée en juin dernier.

Les premiers articles de ce projet de Loi “Enjeux internationaux des organisations à but non lucratif brocéliennes et étrangères” limitent les montants perceptibles par les organisations à but non lucratif depuis l’étranger : 500 000 $ maximum par aide et 1 000 000 $ d’aides cumulées en provenance d’une même nation pour l'ensemble des associations brocéliennes. Sans faire une totale unanimité, ces dispositions n’ont pas été la principale cible des oppositions. D’ailleurs, elles n’empêcheraient pas à elles seules à un fonds piloté par Stérus, par exemple, de donner un coup de pouce non négligeable aux associations de défense des droits des Alderii.
Mais l’article suivant annule cette liberté puisqu’il prévoit que tout versement financier de ce type doit être notifié au Royaume, qui peut le refuser au seul motif qu’il soit “contraire aux intérêts de la Nation”.

La deuxième partie de la Loi revient à une quasi interdiction de la liberté associative dès lors qu’il y a un lien avec l’étranger : tout don d’une organisation brocélienne à une association étrangère à but non lucratif doit être autorisée par le Royaume ; toute adhésion ou implication d’un brocélien ou habitant de Brocelynwood à une association étrangère ou internationale doit être notifiée au Royaume ; enfin, le dernier article permet au Royaume de lister par décret, selon son bon vouloir, la liste des associations étrangères ou internationales autorisées ou interdites à avoir un quelconque lien avec Brocelynwood. Le texte va donc bien au-delà d’une forme de “protection” aux dons en provenance de l’Empire de Stérus.
A la tribune de l’Assemblée Unique, Victor Arkwright a fustigé cet article et tenté de démontrer la voie possible.

Nous avons proposé un amendement qui permette de donner un cadre sécurisant, qui puisse permettre d’interdire les liens du pays avec une liste très restreinte d’associations internationales ou étrangères, sur des critères très précis, ce qui pourrait par exemple concerner des organisations communistes directement violentes, ou des associations qui ont des liens étroits avec le terrorisme. C’est bien normal. Mais il faut en même temps garantir les libertés par principe, or avec cette Loi, il n’y en a plus aucune. C’est très grave. On sait ce qui est visé : si demain un étudiant alderii à Stérus, ou ailleurs, veut participer à des réunions d’associations qui portent quelques revendications pour sa communauté, il devra en informer les services de M. Philipps. Et le Royaume pourra décider de placer cette association sur une liste, sans justification, ce qui interdirait tout lien entre cet étudiant et l’association, sous peine qu’il soit sanctionné”.
Selon la lettre de la loi, l’exécutif pourrait même fixer par décret la liste des associations ou organisations à but non lucratif avec lesquelles les liens sont possibles, ce qui mettrait par défaut toute autre sur liste noire. Cela reviendrait à un régime d’autorisation préalable.

Plusieurs articles, et notamment ce dernier, n’ont pas fait l'unanimité non plus chez les royalistes, dont le malaise a été palpable dans les rangs relativement plus progressistes, et même un peu au-delà. L’amendement du Parti Libéral a reçu 6 votes “pour” et 12 abstentions de la part du parti royaliste, conduisant à un rejet relativement serré, de seulement 4 voix. Et la configuration a été quasiment identique pour le vote sur l’ensemble du texte, dont l’enjeu symbolique est beaucoup plus fort, démontrant un quasi-début de division du Parti Royaliste, qui ne s’est cependant pas du tout étalé publiquement à ce jour. Cela n’a pas empêché la Loi d’être adoptée confortablement, avec 29 voix “pour”, 19 “contre” et 13 abstentionnistes.

Le nouveau front “Libéral / Républicain” est resté relativement uni pour ce texte, dont la radicalité liberticide a finalement permis d’éviter les divisions des oppositions sur des points de détail.
Leonard Raymond (Parti Républicain) a réagi en interview il y a deux jours.

Nous sommes d’accord pour être attentifs aux modes d’action des mouvements indigénistes. Nous n’avons jamais été naïfs ou angéliques. Mais la pente entreprise dans ce texte est dangereuse. S’ils voulaient confirmer que nous avions raison de parler de pays sans démocratie, il ne s’y seraient pas pris autrement. La mainmise est ici totale, le Royaume veut tout contrôler. Je crains que bientôt on s’en prenne à toutes les associations, liées ou non avec l’international, à la presse, à toute opposition. Ce système monarchique doit cesser”.
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Dans : Le Progrès
Journal généraliste classé à gauche, proposant des analyses sociales et politiques. Assez peu lu.

Navasota : les Royalistes dans l’embarras
1er février 2019

Morland (Bourdon)
Philip MORLAND, Leader du Parti Royaliste


Alors que l’affrontement entre l’Empire de Stérus et le Royaume de Brocelynwood de la fin d’année 2018 est passé à l’état de “guerre froide”, chacun campant sur ses positions et considérant avoir eu le dernier mot, c’est une nouvelle mini-crise qui s’est ouverte entre nations du continent aleucien en ce mois de janvier 2019. Une fois encore, le sujet de la discorde concerne les populations autochtones, mais cette fois-ci, c’est le Navasota qui a été ciblé par le Royaume.


Au Navasota, un horizon de sortie de crise

En premier lieu, la situation explosive ne concernait que le Navasota, nation avec laquelle, pour rappel, nous partageons des racines austariennes communes. A l’image de beaucoup d’Etats du continent, les relations entre le peuple issu des colons d’un côté, dont font généralement partie les élites, et de l’autre les populations indigènes sont complexes. Au Navasota, le point d’orgue est atteint depuis maintenant plusieurs mois. Le meurtre par la Police de deux jeunes issus de l’immigration a provoqué une vague d’émoi, de contestations, et même de révoltes dans le pays sur fond d’affrontements des récits. Les autorités locales ont priorisé la méthode répressive, de même que la Présidente de la Fédération Ashley Hopkins qui a fini par ordonner un couvre-feu. Celui-ci semble être parvenu à rendre le mouvement plus “contrôlable”, sans pour autant le stopper.

C’est en ce mois de janvier 2019 que Madame Hopkins a changé son fusil d’épaule, en acceptant finalement de recevoir une délégation de la population native afin d’ouvrir le dialogue. La réunion a été tenue secrète mais un article de la presse nationale révèle que la Présidente devrait accéder à une partie des revendications des représentants natifs, ce qui n’est pas contradictoire avec la confiance affichée par leur leader Kaitlyn Maynard à la sortie de l’entrevue. Les points de négociation auraient porté sur une réforme de la police nationale - dont une plus grande sévérité à l’égard des crimes policiers -, des programmes d’aides ciblés de lutte contre la pauvreté en faveur des populations autochtones ainsi qu’une accélération et une augmentation des moyens de l’enquête relative à la mort des deux jeunes.
Ces mesures et compromis ressemblent à du simple bon sens pour tout humaniste. Mais c’est précisément à ce moment-là que l’affaire a pris une autre tournure.


Des réactions de toutes parts

C’est le “jeu” politique normal : la Présidente Hopkins a été directement attaquée par les partis d’opposition alors que les élections intermédiaires se dérouleront l’année prochaine. Les arguments des partis ont finalement moins porté sur le fond que sur la méthode, notamment un supposé usage extensif des pouvoirs présidentiels dans les affaires des Etats fédérés.
Si ce débat en apparence institutionnel trahit probablement des divergences de fond, deux hommes ne se sont pas embarrassés des moindres circonvolutions pour réagir immédiatement.

Sur le réseau Echo International, Philip Morland, Leader du Parti Royaliste du Royaume de Brocelynwood, a immédiatement accusé la Présidente du Navasota de “participer à la déstabilisation à terme de l’Aleucie pour des raisons électoralistes’. Alors que nous sommes à maintenant quatre mois des élections de l’Assemblée Unique, il ne faut pas être dupe sur le contexte de cette course à la radicalité à l’encontre des minorités. Il faut reconnaître à M. Morland une grande cohérence idéologique. Nous pouvons citer à cet endroit trois mesures au sein du programme Royaliste, qui vient d’être publié, ciblant directement ces populations et inversant complètement le rapport d’oppression : “Rester intransigeant contre les volontés hégémoniques de la communauté Alderii”, “Multiplier les contrôles au sein des milieux connus comme étant susceptibles de développer des activités terroristes (communistes, indigénistes, féministes)”, “Fermeture de lieux dont l'accès est implicitement interdit à la communauté brocélienne blanche/protestante”.

Sur le même réseau, c’est Victor Hardenbor, candidat Westalien à la Présidentielle cette année, qui a longuement fustigé “un choix particulièrement dangereux et inconsidéré que d’accorder la moindre oreille aux abominations idéologiques que ce genre de “militants” propagent à travers le continent”.

Il est évident qu’au sein des trois nations, le contexte électoral joue gros dans les réactions outragées des candidats de droite et d’extrême droite. Pour autant, il ne faut pas balayer d’un revers de main les contextes et les dynamiques dans lesquelles elles s’inscrivent, et tous les enjeux s’y afférant. Pour cela, il est nécessaire de se centrer sur les implications pour le Royaume de Brocelynwood.


L’exécutif brocélien dos au mur

Les réactions de M. Hardenbor et de M. Morland ne sont pas à mettre au même niveau. M. Hardenbor s’oppose au gouvernement actuel de Westalia, tandis que Philip Morland est le représentant du Parti dont le camp est au pouvoir depuis toujours à Brocelynwood. Lorsque ce dernier s’exprime, il pourrait se défendre qu’il ne s’agit pas d’une parole officielle du Royaume, mais la réalité est bien plus ambivalente.
Il est d’autant plus difficile d’associer le positionnement du chef du Parti Royaliste à une initiative uniquement personnelle qu’il s’inscrit pleinement dans la lignée d’une série d’actions entreprises par le Roi et les Secrétaires Royaux ces derniers mois. Les Rois brocéliens et Johnlyn IV en particulier ont toujours adopté une politique ultra-conservatrice. Mais l’usage était généralement de se tenir à un écart relatif des affaires des autres Etats et des tensions internationales. Depuis quelque temps, il est facile de constater une crainte évidente de légitimation des populations natives et de contagion de leurs mouvements sociaux.

Cela a d’abord représenté une partie des motivations à ne pas rejoindre la Communauté Continentale Paltoleucienne, comme annoncé le 8 juillet dernier. Le communiqué indiquait ne pas partager, entre autres, les valeurs indigénistes de certains membres de l’organisation.
Il y a eu ensuite le long bras de fer à vis-à-vis de la nouvelle politique d’ouverture stérusienne, largement couvert par les médias brocéliens. Cela a débouché sur des dispositions très concrètes, comme la quasi-totale interdiction de toute migration entre les deux pays, décidée par décret, et une nouvelle loi de financement des associations afin de se prémunir de tout supposé risque de financement étranger de mouvements de contestation. Pour autant, la situation n’a pas provoqué des réactions diplomatiques extérieures aux deux parties.
Même si cela a été moins évoqué, le Royaume a également porté plainte contre le journal “Hi-Stories” pour un article dénonçant les crimes coloniaux, l’accusant de “viser directement les fondements du Royaume de Brocelynwood, en s’en prenant ouvertement à l’Histoire de la communauté protestante”. Au final, le 10 janvier dernier, la Haute Cour a donné entièrement raison au journal et condamné le Royaume à verser des dommages et intérêts. Mais la pression contre la presse a bien existé.

Le camp royaliste dans sa globalité multiplie les discours et les attaques. Nulle doute que la communauté Alderii va en faire de plus en plus les frais à Brocelynwood. Mais au niveau continentale, les dirigeants brocéliens sont bien plus isolés qu’ils ne veulent le laisser entendre.
Après s’être mis volontairement à dos les Etats ouvertement pro-indigènes et l’Empire de Stérus, la rupture risque d’être rapidement consommée avec le Navasota. Le communiqué de la Présidente Hopkins s’en est clairement et légitimement pris à des “tentatives d’influence et d’ingérences étrangères [...] inacceptables”.

Surtout, et nous en arrivons à la pièce la plus essentielle de tout ce puzzle, le Royaume a dû suivre extrêmement attentivement les communications officielles de la Grande République de Westalia et de l’Empire du Nord.
Les gouvernements se sont très clairement et sans ambiguïté démarqués des déclarations de Morland et Hardenbor, et soutenu la Présidente du Navasota.
Le Premier Ministre nordiste n’a pas mâché ses mots : “la critique étrangère quant à une rencontre sans aucun doute constructive au sujet de la situation intérieure du Navasota est insupportable [...] ces ingérences sont malvenues et je les condamne bien évidemment.”.
La Présidence Fédérale de Westalia a davantage pesé ses mots, mais tout de même apporté son soutien officiel à la Présidente Hopkins, souhaitant avant tout se démarquer de la prise de position d’un acteur politique du pays, dans l'objectif de se positionner en médiateur et en artisan de l’apaisement.

Il ne reste donc plus grand acteur étatique pour porter la ligne dure du Royaume de Brocelynwood. Pire, le Roi, les Secrétaires Royaux et M. Morland ne vont avoir d’autres choix que de mieux contrôler le caractère offensif de leurs communications à ce sujet à l’international, au risque de se retrouver trop esseulé et de perdre davantage. Westalia comme l’Empire du Nord ont eu cette fois-ci la délicatesse, et certainement l’intérêt, de ne pas citer directement le Royaume de Brocelynwood. C’est heureux pour l’exécutif, car il a beaucoup misé en 2018 pour construire des Traités majeurs avec précisément ces deux plus grandes puissances du continent. Le voisin du nord et l’allié historique de l’Ouest sont les deux jambes sur lesquelles le Royaume de Brocelynwood espère relancer son économie, son armée, son influence culturelle et donc son indépendance. La situation met donc objectivement le camp royaliste dans l’embarras, certainement la raison pour laquelle aucune communication officielle n’a encore été diffusée. S’il était contraint de prendre position, le Roi accepterait-il de perdre la face ou se risquerait-il à une crise diplomatique majeure ?
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Dans : Chroniques du Royaume
Ce journal développe une ligne éditoriale très proche du camp royaliste. Il peut s’apparenter à un organe de propagande du pouvoir.

Élections 2019 : le retour du péril communiste ?
6 février 2019

Bram Strake (Jean-Louis Borloo)
Bram Strake, leader du Parti Communiste de Brocelynwood


A quatre mois du scrutin, la campagne qui va permettre d’élire les 55 membres de l’Assemblée Unique dans 55 circonscriptions, le 2 juin prochain, commence à prendre forme. A en croire l’Institut Brocélien des Statistiques (IBS), les dynamiques observables pour les différents mouvements politiques défient un certain nombre de pronostics initiaux.


La désillusion chez les “LibRep”, le Royalisme toujours plébiscité

Il y a encore quelques mois, d’après les dires de plusieurs observateurs, la cause était entendue : la Monarchie était de plus en plus mise en cause, contestée. L’élection de 2019 devrait être celle de l’affaiblissement du Parti Royaliste, allant probablement jusqu’à provoquer un renversement de majorité au profit des partisans de la République. L’hégémonie à prévoir du Parti Libéral et du Parti Républicain devenait encore plus une certitude avec la mise en place des accords de désistements réciproques.

Cependant, comme nous l'avons tout de suite constaté, l’accord “LibRep” a tout de suite eu un impact très limité, quasi le minimum “mathématique”. Finalement, la situation est même encore plus désastreuse : non seulement aucun élan n’a émané de l’accord, mais l’impact est désormais nul. Cela revient donc à un recul de ces deux partis, qui ne bénéficient même plus d’une moindre dispersion des voix des opposants au Parti Royaliste : 19 sièges estimés pour les deux partis lors des dernières projections, soit un nombre identique à celles de mai dernier. Pour le Parti Républicain en particulier, la projection est désormais de 11 sièges, contre 12 en mai dernier, et alors même qu’ils sont assis sur 13 sièges aujourd’hui. L’accord tourne donc à l’accident industriel, dans des proportions que nul n’avait prédit. Les Républicains en particulier doivent aujourd’hui se demander s’ils ont fait le meilleur choix. Républicains comme Libéraux n’ont pas encore publié leurs programmes, certainement parce qu’ils vont devoir se livrer à un exercice d’équilibriste qui ne peut que leur coûter encore davantage. Ils devront soit tendre chacun vers un dénominateur commun qui va décevoir leur propre électorat, soit afficher clairement leurs convictions au risque de faire figure d’épouvantail au sein de l’électorat “allié”. Une fois de plus, l’accord apparaîtrait encore davantage comme une logique d’appareil purement technique.

En face, le Parti Royaliste est déjà puissant, et n’est pas encombré par ce type de calcul. Il peut donc avancer sûr de ses forces, de ses idées. Ainsi, les projections le stabilisent à 32 sièges possibles, assez largement au-dessus de la majorité absolue des 55 circonscriptions, y compris sans devoir compter sur les 5 représentants du Roi. A l’opposé de la chute libre annoncée, le Parti Royaliste capitalise sur le bilan du Roi des derniers mois, particulièrement enthousiasmant : des négociations positives avec l’Empire du Nord, la Grande République de Westalia, la République de Duve ; la capacité à défendre la souveraineté devant l’Empire de Stérus et la CCP ; des solutions énergétiques abouties avec la République de Sovélie et peut-être l’Empire d’Everia ; le succès de la création de l’Organisation Internationale pour le Protestantisme (OIP). Il faut aussi rappeler qu’au niveau législatif, des lois ont été votées pour réguler les investissements et financements associatifs étrangers. Par ailleurs, Philip Morland est le premier chef de Parti à avoir dévoilé l’intégralité du programme pour la prochaine législature. Il en a expliqué son équilibre :

Nous avons établi un programme égal à nous-mêmes : il s’appuie sur des forces et des principes intemporels, et propose dans le même temps des évolutions pour que le Royaume grandisse encore. Donc non nous ne laisserons pas notre nation protestante aller écouter à l’oreille des franges qui veulent imposer des mauvaises mœurs, renverser notre religion. Nous ne laisserons non plus personne renverser toute l’organisation de la société, qui plus est par la violence ou le mensonge. Mais oui, nous allons relancer la natalité pour le bien de la nation, et lancer un “Grand Plan pour un Royaume des Nouvelles Technologies en 2026”. Nous allons aussi aller encore plus loin dans la cohérence avec notre éthique : les pires crimes devront continuer à être punis de la pire des façons, mais seul Dieu devra avoir le Droit d’ôter la vie. Nous comprenons que ce dernier point puisse interroger certains brocéliens, mais nous saurons être à leur écoute les rassurer.”

Le Communisme renaît de ses cendres

Contrairement à beaucoup d’autres nations, la nôtre a toujours su faire face au “péril rouge”, qui ne s’est jamais imposé. Il y a bien eu quelques soubresauts, notamment pendant le règne de William II, seul Monarque de notre Histoire à avoir pris le risque certainement inconsidéré d’avoir une oreille attentive à leur égard.
Alors que les “LibRep” sont en recul, c’est le total du bloc de la gauche radicale et extrémiste qui semble amorcer une légère remontée. Avec 0 siège actuellement à l’Assemblée, ce bloc a désormais une projection de 4-5 sièges contre 2-3 en mai dernier. Le plus étonnant est que plus personne n’attendait le Parti Communiste, voyant davantage de succès possible du côté du Parti du Peuple. Mais il est à craindre que le Parti Communiste ne soit pas définitivement enterré, désormais crédité de 3 sièges à lui tout seul contre aucun en mai dernier, et de 0 à 1 il y a de ça seulement deux mois. Les analyses de l’IBS sont évidemment à prendre avec des pincettes, et cette entrée à l’Assemblée ne constitue pas une potentialité de majorité. Mais il est à craindre que cette poussée, si elle se confirme, donne des ailes aux agitateurs violents de la rue et octroie une légitimité dans le débat public à des idées que l’on croyait définitivement révolues. Le Parti du Peuple représentait déjà un danger, mais avec les Communistes, la “gauche” se radicalise encore davantage.
Comment le Parti Communiste parvient à ce renouveau ?

Ces dernières semaines et derniers mois, le Parti Communiste a fait le choix d’investir la ruralité. Il a assuré une présence humaine dans les campagnes, en allant à la rencontre des brocéliens que la Parti Libéral et le Parti du Peuple, notamment, ignorent tellement. Les communistes ne se sont pas contentés de s’adresser aux ouvriers et employés des plus grandes entités de production des villes, mais aussi de plus petites. Dans ces collectifs où la confiance règne habituellement, ils sèment le doute contre les “petits patrons”, puisque c’est ainsi qu’ils contestent le rôle des entrepreneurs qui font vivre notre économie. Ils divisent mais savent aussi rassembler les différents acteurs des campagnes contre le risque des puissances de l’argent, les grands groupes, la concentration capitalistique. Même si peu de ruraux sont dupes, ces militants se gardent bien de préciser que le Royaume de Brocelynwood est justement une nation actant régulièrement des lois et règlements allant dans ce sens. Le Parti Communiste tente donc de s’adresser à un nouvel électorat, qui lui est en très grande majorité hostile, en ayant l’intelligence de capitaliser - osons le dire - sur des colères et inquiétudes de cette population.
Son autre force, et notamment auprès de l’électorat rural, est qu’à l'inverse du Parti Libéral et du Parti du Peuple, le Parti Communiste ne cherche pas à tomber dans la démagogie en s’adossant aux nouveaux combats de moeurs qui polluent le débat public depuis quelques années. C’est ainsi qu’il oppose par exemple “de nouvelles pratiques de liberté bourgeoises, comme l'homosexualité ou le libertinage” au “savoir vivre populaire”, qu’il reste prudent sur l’immigration, et ne prône pas la suprématie de la communauté Alderii.

Mais ce n’est pas parce que le Parti de Bram Strake choisit de se donner le beau rôle que son essence doit être oubliée. Le Parti Communiste demeure un parti extrémiste, dans ses méthodes comme dans ses fins. Malgré une action de terrain qui s’adapte aux territoires et se lisse davantage, le programme est assez clair sur les intentions. Dévoilé à 75%, il continue à refuser l’existence même des personnes comme individus, qui seraient capables d’entreprendre et faire leurs choix : “développer des communautés de travailleurs dont les outils de production sont collectivisés”, et prône même “la collectivisation des logements du pays”. Il souhaite provoquer la fermeture d’usines ou de petites entreprises, avec par exemple “3 semaines de congés payés par an”, sans indiquer comment il est possible de rémunérer sans les fruits d’une production réelle. Il souhaite chasser le protestantisme de Brocelynwood, mais veut libérer les auteurs de violences, et se refuse à stopper le risque terroriste communiste, peu de mois après qu’il ait pourtant frappé l’Aleucie.

Loin des postures, les électeurs devront faire leur choix de la manière la plus éclairée possible.

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Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Les coulisses du débat TV : l’intérêt des uns, les réticences des autres, l’opposition du Roi et… la figure Philip Morland
21 février 2019

Télécommande


C’est une première ! Un débat télévisé et radiodiffusé par le groupe BB (Brocelian Broadcast - TV & Radio) va opposer le 21 avril les 5 chefs de partis présentant des candidats aux élections des membres de l’Assemblée Unique du 2 juin prochain.

L'intérêt du diffuseur a rejoint celui de plusieurs partis

Cette annonce a surpris beaucoup de monde et particulièrement les spécialistes de la vie politique brocélienne. Depuis toujours, le Royaume met tout en œuvre pour se présenter comme seul légitime à tous les postes de pouvoirs, à être perçu comme au-dessus des autres partis qui ont éventuellement le loisir de débattre publiquement les textes de lois à l’Assemblée et dans la presse. En participant à cette confrontation publique, le Parti Royaliste, et donc indirectement le Royaume, descend de son piédestal pour devenir un concurrent parmi d’autres à une élection majeure. Plus étonnant encore : l’extrême-gauche communiste est intégrée dans le dispositif, et en sortira donc forcément gagnante tant cela va contribuer à sa légitimation, alors même que l’ensemble des forces politiques étaient parvenues à la marginaliser ces dernières décennies et avaient tout intérêt à poursuivre sur cette voie.

Pour le groupe audiovisuel “BB”, c’est un coup de force monumental. Brocelian TV, sur le Canal 3, est la principale chaîne privée, mais elle plafonne généralement à 20 % de parts de marché en moyenne. L’exécutif royaliste a toujours veillé à ce que celle-ci, et globalement le secteur privé télévisuel, se développe peu afin d’assurer l’hégémonie des chaînes royalistes et particulièrement les deux principales. La dimension informative et politique de la chaîne est d’ailleurs assez peu développée, ce qui convient bien à la fois au Royaume et à Brocelian TV. Cette dernière a plutôt multiplié les jeux télévisés quotidiens et les sitcoms à bas coût de production, dans l’optique notamment de capter la “ménagère de moins de 50 ans” en journée, ce qui lui permet régulièrement d’atteindre des parts de marché aux alentours de 35 % en journée la semaine. Mais la chaîne continue de souffrir d’un manque de popularité, d’ancienneté, et les habitudes des téléspectateurs continuent de se tourner vers les Canaux 1 et 2. Le “JT” de la 3 est également court, assez factuel, et très peu suivi, si bien que le Royaume n’a jamais ressenti la nécessité de réguler la place du politique sur la chaîne. L’annonce du débat est donc en rupture avec les pratiques précédentes et donne donc un coup de projecteur immense à BTV 3, dont la chaîne espère à terme en récolter les fruits sur l’ensemble de la programmation. Pour le groupe Brocelian Broadcast, cela ne s’inscrit pas dans une ambition plus large de multiplication des programmes politiques. Cela étant dit, en cas de succès majeur du Grand Débat du 21 avril, la tentation pourrait devenir grande.

Pour toutes les questions évoquées précédemment, une question a rapidement obsédé tous les observateurs, analystes, les citoyens et jusque dans les partis politiques eux-mêmes : comment expliquer ce consensus entre les cinq hommes, à la fois sur le principe même d’un débat et sur le format lui-même ?
Pour le Parti du Peuple de Jared Fenlow et le Parti Communiste de Bram Strake, la question est assez vite réglée : la gauche a tout à gagner à pouvoir s’exprimer à une heure de grande écoute, et venir essayer de déstabiliser les grands partis, dans un pays où elle est peu entendue et relativement résiduelle.
En ce qui concerne à la fois le Parti Libéral de Victor Arkwright et le Parti Républicain de Leonard Raymond, qui sont à la recherche vitale d’une majorité à eux deux, l’enthousiasme à venir se confronter directement au Parti Royaliste était de mise. Combler le retard en sièges à l’Assemblée Unique est extrêmement difficile, notamment avec les 5 représentants du Roi inamovibles, ce qui conduit les alliés de circonstance à ne rien à voir à prendre. Cependant, le malaise était grand face à la présence du Parti Communiste. Mais le diffuseur a fait tout son possible pour maintenir le dispositif sur ce format, ce qui est certainement irresponsable mais probablement un facteur d’audimat. Les partis ont finalement cédé, craignant que le débat ne se tienne finalement pas ou qu’ils en soient exclus. Entre deux maux, Arkwright et Raymond ont tranché.


Tensions dans le camp royaliste : Morland a pris tout le monde de court

Reste l’énigme royaliste : pourquoi avoir accepté d’entrer dans ce “jeu” ? Tout tiendrait en ces 13 lettres : Philip Morland. Le leader du Parti Royaliste et conseiller du Roi se révèle de plus en plus dans ces élections. Morland est resté dans l’ombre pendant bien des années. Occupant ces fonctions depuis 2012, il avait peu de visibilité médiatique car la fonction est généralement assez “factice”, le rôle de leader du Parti Royaliste étant d’être d’abord un relais direct du Roi. Avec cette campagne 2019, M. Morland est davantage présent sur le devant de la scène, chargé de mener le Parti vers la victoire et de participer a minima au débat électoral, ce qui de nos jours est devenu inévitable. Il y a donc une forme d’autonomisation de Philip Morland vis-à-vis du Palais, à la fois due au contexte et à une volonté assumée du leader royaliste. Ce dernier n’a pu résister à l’envie de monter dans l’arène, pour se mettre en avant et en découdre face à ses concurrents. Cette décision de Morland a provoqué la colère du Monarque, qui n’avait en aucun cas donné son assentiment et ne l’aurait sans doute pas fait. Mais Morland n’est plus un fusible qui peut sauter si rapidement. Le Roi n’a rien pu faire pour sanctionner le fauteur de trouble, au risque de semer le désordre. Le retour en arrière est maintenant jugé impossible : comment, en effet, se féliciter de la démocratie que serait le Royaume de Brocelynwood, contre l’avis de beaucoup de monde, tout en expédiant son leader de campagne électorale pour sa participation à un débat télévisé ? Philip Morland vient de gagner un bras de fer, peut-être le premier d’une série.

En réalité, il n’y a pas de différence de ligne politique : les deux sont plutôt côté “droit” de l’échiquier royaliste, bien que l’on trouve encore plus extrémiste dans les rangs du Parti. Cela relève d’une analyse assez fine, puisque le Parti a surtout pour rôle de suivre le Monarque, et il est assez difficile de dissocier divers lignes idéologiques. Mais il y a des enjeux d’ego et de pouvoir, incarné par des différences de style assez nettes. Dans le Parti Royaliste, beaucoup sont portés par les costumes, le sérieux et la solennité des dorures de la Monarchie. Quant à lui, Morland fait bien la différence entre cette dimension, à défendre et incarnée notamment par le Roi lui-même, et le rôle du Parti Royaliste dont il serait l’incarnation : plus combatif, prêt à davantage d’excès et de provocation sur la forme. En cela, tout en étant ardent défenseur de la Monarchie et férocement opposé à tous les progrès démocratiques, Morland légitime malgré lui la compétition électorale et l’affrontement des divergences plutôt que le “nous ou le chaos” habituel du Royaume. Il serait ainsi tout à fait facile de l’imaginer dans l’habit d’un quelconque conservateur d’extrême droite, y compris dans une République plus classique : lors de l’épisode du tweet contre le Navasota, pas étonnant qu’il ait porté les mêmes coups et sur le même réseau que M. Hardenbor (Westalia).

Dans tous les cas, l’ambition de Philip Morland est évidemment très personnelle. Selon les sources bien informées, celui-ci réclame le poste de Premier Secrétaire Spécial après la victoire aux élections, au risque de tout faire éclater. En off, un proche du Palais Royal résume la situation : “Est-ce qu’on imagine Morland être le porte-voix du Royaume lors des rencontres diplomatiques, comme le fait actuellement avec une grande compétence Aldric Rowanstone ? Ce serait une folie, une boucherie ! Il faudrait laisser le devant de la scène internationale à Stephen Philipps. Mais le mieux sera de trouver un moyen de faire sauter le fusible une fois les élections remportées, ça deviendra inévitable”.

Et une question de plus : électoralement, le Parti Royaliste va-t-il finir par souffrir de ces dissensions internes ?
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Dans : Chroniques du Royaume
Ce journal développe une ligne éditoriale très proche du camp royaliste. Il peut s’apparenter à un organe de propagande du pouvoir.

Les Républicains et Libéraux selon Philip Morland : ”Ils ne sont d’accord sur rien, seulement jaloux du Roi”
28 février 2019

Leonard Raymond (Jacques Myard)Victor Arkwright (François Baroin)

Suite à la publication des programmes du Parti Républicain et du Parti Libéral il y a quelques jours, le leader du Parti Royaliste a vivement critiqué le sens de l’alliance “LibRep” qui continue à être à la peine dans les sondages. L’analyse de Morland est dans la droite lignée des conclusions de l’Institut Brocélien des Statistiques (IBS), reconnu pour la qualité de son travail et son indépendance. Selon l’institution, les programmes sont compatibles à seulement 41 %. En testant des modèles concurrents, l’IBS parvient à un maximum de 47 % de compatibilité entre les propositions des deux formations politiques. Pourtant, leurs électeurs n’auront qu’un choix par circonscription et seront donc pour une partie d’entre eux incités à voter pour un candidat qui est opposé à la majorité de leurs opinions. En passant au crible les deux programmes, et notamment quelques propositions emblématiques, Chroniques du Royaume a souhaité voir de plus près l’absurdité de cette situation, au-delà de l’opposition à la Monarchie, de notoriété publique, et supposée être le ciment du rapprochement entre les deux partis.

Dès que l’on rentre dans le domaine économique, les projets sont clairement distincts. Le Parti Libéral projette évidemment une société de libre marché, d’ouverture à tout investisseur sans avoir à tenir compte de la nationalité brocélienne ou étrangère, une privatisation complète et mise en concurrence des compagnies royales, et une réduction très significative des impôts. A côté, le Parti Républicain valide davantage le système économique issu des politiques du Royaume, sans l’assumer pleinement. Il propose de conserver les droits de douane, de garder un équivalent des actuelles Compagnies Royales et simplement de ne pas augmenter les impôts ou encore de sanctuariser le dimanche comme jour non travaillé, ces deux propositions étant également souhaitées par le Parti Royaliste. Évidemment, certaines formulations démagogiques supposent qu’une partie des problématiques sera réglée par le démantèlement complet de la Monarchie.

En matière de sécurité et éducation, certaines convergences peuvent sembler apparaître. Mais les lignes sont en réalité diamétralement opposées dès que l’on creuse la dimension immigration et le rapport aux minorités ethniques. C’est sur ce point précis que tout le narratif s’écroule :
Le Parti Républicain : Continuer à fortement réguler l'immigration; Ne pas reconnaître plusieurs communautés au sein de la Nation, mais une seule communauté nationale, avec une logique d'assimilation à la culture et aux valeurs historiques du pays
Le Parti Libéral : Assouplir la politique de fermeture à l'immigration afin d'accueillir davantage de personnes en provenance de l'étranger ; Assumer le multiculturalisme, le promouvoir et en faire une force
Il faut reconnaître aux formations politiques de Arkwright et Raymond leur grande clarté. Les approches politiques paraissent irréconciliables tant le Parti Libéral est diamétralement aux antipodes du Parti Républicain, qui défend ici une approche plus classique. Le Parti Royaliste n’est pas favorable à notion de communauté nationale unique, car elle lui paraît aujourd’hui irréaliste, et estime davantage nécessaire de contrôler le poids de la communauté Alderii. Cependant, entre les lignes, il existe bien un socle commun entre les objectifs finaux du Parti Royaliste et du Parti Républicain. Il n’en est rien en ce qui concerne le Parti Libéral, qui assume de viser une société dominée par la perte de repères, la submersion migratoire et la mise sur le même plan de toutes les communautés sans tenir compte de l’essence historique du Royaume.

Les dissensions sont à leur apogée lorsque les partis partagent leurs visions du rôle des femmes dans la société et sur les questions de mœurs. Le Parti Libéral pense que le divorce doit devenir une norme sociale, sans cadre, tandis que le Parti Républicain souhaite en garantir le caractère exceptionnel. La vision de ce qu’est le couple et comment le mariage traditionnel structure la société n’est pas la même. C’est d’ailleurs pour éviter d’être mis face à la réalité de ce fossé flagrant que le Parti Républicain reste silencieux sur un certain nombre de phénomènes encouragés par la modernité que le Parti Libéral, lui, embrasse pleinement tels que favoriser l’homosexualité ou normaliser les rapports extra-conjugaux. En incohérence apparente avec les plus basiques observations de la vie quotidienne, le Parti Libéral considère également que les femmes et les hommes sont identiques, et doivent accéder entièrement et pleinement aux mêmes professions, aux mêmes postes. Le Parti ne précise pas comment il prévoit cette mise en application dans les cas de figures où cela est, par exemple, physiquement impossible. En face, il semble que “l’allié” républicain soit prêt à lutter contre les libéraux puisqu’il assume “lutter contre la propagation d’idées égalitaristes qui voudraient effacer les différences hommes/femmes”, ce qui est un résumé fidèle du programme libéral.

Tous ces éléments donnent de la profondeur aux propos pouvant sembler provocateurs de Philip Morland. Mais en développant son point de vue, le leader du Parti Royaliste en veut surtout à Raymond de ne pas avoir de colonne vertébrale : “le Parti Républicain a toujours été et continuera à être un adversaire, mais il était un adversaire respectable : or en allant s’acoquiner avec un Parti Libéral qui défend des propositions de délitement de la société - et j’assume de le dire - ils se trouvent eux aussi recouverts de honte, mais ça aura été leur choix”. Il conclut : “ils sont passés d’un rôle de concurrent à celui d’ennemi politique, mais je suis certain que les électeurs ne s’y tromperont pas et que la prochaine Assemblée Unique sera d’abord teintée des couleurs de la Royauté, et non pas de ces 50 nuances de bleue. Sans même parler de l’extrême-gauche.”.
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