14/08/2019
20:30:27
Index du forum Continents Aleucie Brocelynwood

[Presse] Politique & à la Une - Page 2

Voir fiche pays Voir sur la carte
0
AGP

Pays concerné : Royaume de Brocelynwood
Date : 9/10/2018
Localisation : Wynterhall

Dépêche AGP :
Dans une grande Tribune publiée le 3 octobre dans The Brocelynwood Ledger, les leaders des partis Républicain et Libéral, pourtant concurrents, tirent à boulets rouges sur la Monarchie de Brocelynwood qui ne serait “pas une démocratie”. Leonard Raymond et Victor Arkwright considèrent que malgré les apparences, “les institutions sont verrouillées”. Selon eux, les modalités d'élection de l'Assemblée Unique favorisent systématiquement le Parti Royaliste, empêchant toute alternance. Au-delà de ce constat, les deux partis d'opposition certifient que, dans tous les cas de figure, l'essentiel du pouvoir resterait dans les mains du Roi, la Constitution ne l'obligeant en rien à laisser un autre parti gouverner ou réellement décider. Le camp royaliste n'a pas encore réagi. Mais un sondage de l'institut Brocélien des Statistiques indique que deux tiers de la population partagerait ce constat, souhaitant que le Roi engage une révision constitutionnelle. Fait rare, la tribune invite même les partenaires internationaux à mettre la pression sur le Royaume, leur demandant "d’inclure la question démocratique dans les conditions de base à la signature de nouveaux accords".

Sources :
0
Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Stérus annonce une nouvelle politique d’ouverture vis-à-vis des populations indigènes : des réactions et interrogations à Brocelynwood
16 octobre 2018

Bulle BD

C’est par un communiqué publié ce début octobre que l’Impératrice de Stérus a annoncé un virage important dans la politique vis-à-vis de sa population autochtone. La portée symbolique est majeure puisque le préambule des réformes reconnaît explicitement la responsabilité passée de la nation dans des “pratiques barbares et inhumaines”. Les mesures visent à soutenir financièrement les populations dans leur retour sur leurs terres d’origines, y compris par le rachat de terres, à mettre en valeur la culture indigène via la mise sur pied de musées. Mais l’impact dépasse les frontières de l’Empire : une bourse est mise en place pour attirer des étudiants aleuciens d’origine indigène en les aidant y compris dans l’accès au logement, et des aides financières pourront être “activées afin de financer des associations et organisations Stérusiennes comme étrangères, sans distinction de nationalité, pourvu qu’elles défendent les intérêts des peuples indigènes.”


Les réactions des partis d’opposition : entre soutien et méfiance

Une telle évolution de la part de dirigeants descendants de colons n’est pas la pratique la plus classique sur le continent aleucien, mais elle est probablement salutaire et la résultante de la mobilisation des premiers concernés à faire reconnaître leurs droits depuis des dizaines voire des centaines d’années.

C’est en tout cas la réaction, bien évidemment, d’Eliam Tarek Naluwé, alderii le plus connu du Royaume en sa qualité de représentant de sa communauté à l’Assemblée Unique : “aujourd’hui je suis heureux pour le peuple stérusien et nos communautés, je me battrai chaque jour pour que le Royaume de Brocelynwood suive un jour ces traces, au lieu d’opter pour la surenchère contre nous ; la Constitution dit que nous sommes tous égaux mais ce n’est pas du tout la réalité, donc nous ne pouvons que nous féliciter de mesures qui montrent que l’on peut améliorer notre condition, et les relations entre communautés de toutes origines”.
Les réactions ont également été favorables du côté du Parti Libéral et du Parti du Peuple, formations politiques qui incluent dans leurs programmes des mesures visant à étendre les droits du peuple Alderii, constitué aujourd’hui d'environ 150 000 personnes au sein du Royaume (principalement dans les secteurs de Tintellin Cove et Alderash). Victor Arkwright, leader du Parti Libéra,l espère que “Stérus fera la démonstration que le racisme d’Etat systématique n’apporte rien de bon ; il faut parfois regarder en face certaines erreurs du passé pour avancer, plutôt que vouloir reproduire la même logique délétère… car peut-être que nous allons perdre de jeunes talents dans les prochaines années, mais nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous-mêmes”.

La réception est moins enthousiaste du côté du Parti Communiste, qui voit dans ce débat “des oppositions de principe stériles qui arrangent bien les détenteurs des moyens de production”. Le Parti Communiste s’inquiète en effet de la division de ceux qu’il identifie comme les “travailleurs”, et met en cela dos à dos, aussi bien le racisme que les mouvements indigènes qui le combattent. Aucun ne priorise la lutte des classes, perçue par le parti comme la mère des batailles.

Le Parti Républicain, dans sa volonté de se dissocier des royalistes, continue à tenir un discours “d'entre-deux”. Les républicains n’ont jamais vu d’un œil très bienveillant les revendications politiques des autochtones mais veulent se différencier du pouvoir royal qui tient aujourd’hui une ligne politique et argumentative très dure vis-à-vis des Alderii et plus globalement des peuples indigènes d’Aleucie. L’équilibriste Leonard Raymond, leader du parti, a proposé cette parfaite synthèse : “nous comprenons en partie le sens de la démarche de l’Impératrice de Stérus, car nul ne peut se passe d’ouverture et le dialogue, cependant nous devons être particulièrement attentifs aux revendications qui se multiplieraient ; il ne s’agit pas de permettre la prise de pouvoir de populations pour se repentir de leur maltraitance passé”.


La réaction du Royaume : quelles hypothèses ?

Mais surtout, les yeux se tournent maintenant du côté des royalistes, décideurs ici et représentant le Royaume à l’étranger. L’hostilité de ce camp, et du Roi en particulier, vis-à-vis des revendications des autochtones voire de la communauté elle-même, ne fait pas de doute. Mais rien ne permet de savoir avec précision ce que les annonces de l’Impératrice de Stérus vont engendrer.
Il est nécessaire de développer une analyse à plusieurs niveaux tant cela peut susciter de l’ambiguïté.

Ces nouvelles réformes stérusiennes peuvent être vues selon leurs impacts uniquement intérieurs. Dans ce cas, les autres Etats dont le Royaume n’ont pas à se sentir particulièrement concernés. Mais la réalité n’est pas aussi catégorique : il est très probable que le Roi voit aussi d’un mauvais œil une politique qui donne un nouvel élan et une nouvelle légitimité aux revendications des populations autochtones. Stérus contribue à imposer une lecture historique qui est celle des indigènes, alors que de nombreux chefs d’Etat, dont le nôtre, s’évertuent à construire des contre-récits. Cela ne peut donc que susciter une crainte de contagion des idées qui atteigne le Royaume et radicalise des mouvements contestataires.

Mais les conséquences directes des mesures sont déjà une réalité.
Il serait en effet très surprenant que l’officialisation de financements “d’organisations étrangères (...) défendant les intérêts des peuples indigènes” ne fasse pas sortir de leurs gonds de nombreux responsables politiques du continent, à commencer par le Monarque Johnlyn IV. L’appui à des associations d’intérêt général sera probablement considéré comme un risque d’ingérence étrangère directe.
Par ailleurs, l’esprit de la politique d’ouverture agrégée à des aides financières directes, par exemple d’étudiants, pourraient constituer un appel d’air auprès de populations autochtones du continent cherchant leur salut au sein d’un territoire plus accueillant. S’il ne faut jamais surestimer la facilité pour des familles à migrer de nations en nations au gré des politiques publiques, c’est effectivement une possibilité lorsqu’il y a trop à perdre à rester. Il est à craindre que cette conséquence soit perçue par la Monarchie comme une externalité positive, facilitant une forme de “nettoyage ethnique” qui ne dirait pas son nom et ne nécessiterait pas d’y assumer une quelconque responsabilité. Ce cynisme présenterait cependant quelques limites, puisque les travailleurs alderii occupent aujourd’hui des emplois essentiels à la vie économique. Les spécialistes interrogés s'accordent à dire que les postes ne seraient pas si aisés à remplacer à court et moyen terme.

Preuve qu’une société saine a besoin du concours de chacun pour bien fonctionner ; mais il n’est pas certain que ce soit la morale retenue prochainement par Johnlyn IV au moment de prendre ses décisions.
7001
Dans : Le Progrès
Journal généraliste classé à gauche, proposant des analyses sociales et politiques. Assez peu lu.

Elections 2019 : vers un accord Libéraux / Républicains ?
1er novembre 2018

Morland / Arkwright

Onze ans après la scission, le Parti Libéral et le Parti Républicain sont éloignés sur beaucoup de sujets. Mais comme l’a montrée la tribune signée communément par les leaders des deux partis, ils sont aujourd’hui confrontés à un intérêt commun. Et cela est d’autant plus vrai depuis que le Palais Royal s’est engagé à un processus de révision constitutionnelle en cas de majorité y étant favorable à l’Assemblée Unique en juin 2019. Parvenir à arracher une majorité contre les Royalistes devient donc une priorité absolue, mais le parcours est et sera en tout point semé d’embûches.


Toutes les pistes sont ouvertes

Leonard Raymond (Parti Républicain) et Victor Arkwright (Parti Libéral) vont se rencontrer discrètement pendant la première quinzaine du mois de novembre. Selon toute vraisemblance, la piste d’un accord électoral sera évoquée. Si les deux leaders y sont favorables, l’issue reste incertaine.

Le spécialiste Olivier Duemel partage cette analyse :
L’accord est aussi proche que les deux partis sont éloignés, pour une raison simple : au-delà de leurs convictions démocratiques, si ces partis veulent continuer à exister, à espérer avoir un jour prendre le pouvoir, ils ont un intérêt vital à ce que les règles du jeu évoluent. J’évalue donc à 80% la probabilité que les deux aboutissent à un accord. Le plus certain est qu’il y ait des tractations pour aboutir à un seul candidat libéral ou républicain par circonscription, chacun gardant son programme. Il n’est pas complètement exclu qu’ils décident de se présenter sous une même bannière, dans le cadre d’une alliance avec un programme commun. Cela dépendra du calcul stratégique qu’ils vont faire. Dans tous les cas, les négociations s’annoncent complexes”.

Si l’issue semble aller dans le sens d’une forme d’accord électoral, Raymond et Arkwright devront chacun faire face à des mécontentements dans leurs propres camps.

Depuis sa rupture avec le Parti Républicain en 2007, le Parti Libéral fonde son identité sur le modernisme économique et sociétal. C’est bien ce projet qui galvanise les militants. Anciens membres du Parti Républicain ou plus récemment investis dans la vie politiques, les adhérents et sympathisants se représentent le Parti Républicain comme le "vieux Brocelynwood", incapable de penser la libération de l’économie, le développement de nouveaux secteurs, continuant à placer la religion au centre de tout et défendant au mieux le statut quo pour les minorités. “Comment bâtir le moindre compromis, faire campagne pour ces gens ? Ce sera sans moi”, entend-on en marge des réunions locales.

Du côté des Républicains, on continue à se percevoir comme la seule opposition réellement puissante et légitime face aux Royalistes. L’Histoire parle pour ce parti, resté effectivement pendant des décennies comme seule opposition. Beaucoup de membres voient l’émergence du Parti Libéral et du Parti du Peuple comme une parenthèse anecdotique. Avec un accord, ils craignent donner une légitimité et un élan supplémentaires au Parti Libéral. En “off”, un cadre s’exprime : “On doit battre le Parti Royaliste, je suis d’accord. Mais nous sommes aujourd’hui les mieux placés pour le faire. Ce n’est pas un parti d’élites urbaines avec zéro ancrage rural qui va lever les foules du Royaume de Brocelynwood. 11 des 12 circonscriptions urbaines sont déjà hors de portée du Parti Royaliste, ils en remporteront 3-4 comme maintenant, très bien, puis on travaillera ensemble sur la question institutionnelle, inutile d’aller plus loin”.
Mais du côté de Leonard Raymond et ses conseillers, on ne veut surtout pas sous-estimer à quel point le scrutin uninominal majoritaire à un tour est aujourd’hui une machine à favoriser le Parti Royaliste.


S’allier aujourd’hui pour remettre les blocages à plus tard ?

Malgré ces contestations et inquiétudes réelles, une forme de réalisme pousse à voir l’éventualité d’un accord électoral de circonstance comme la seule issue possible. Mais pour faire quoi ? Essayons d’évaluer les différents scénarios et les enjeux de demain.

Si le camp royaliste était mis en minorité, ce qui demeurera extrêmement compliqué à réaliser dans tous les cas de figure, le Roi devrait tenir sa parole : engager un processus de révision constitutionnelle. Or à ce jour, aucune indication n’existe sur les échéances, les modalités et son ampleur. Le Roi aura tout intérêt à en faire un pétard mouillé, à moins que la pression soit trop forte, peut-être même depuis l’aile dite “progressiste” du Parti Royaliste.
Si l’éléphant accouche d’une souris, est-ce que Parti Républicain et Parti Libéral ne vont pas en ressortir affaibli ? Tout aura été misé sur l’enjeu institutionnel pendant des mois, au prix d’un manque de clarté sur les sujets du quotidien.

Or Républicains et Libéraux auraient à eux deux la majorité absolue à l’Assemblée Unique. Mais que pourront-il faire de cette majorité faite “de bric et de broc” pendant sept annnées ? Au-delà de leur haine commune du communisme et du royalisme, les différences vont vite surgir. Si des enjeux progressistes arrivent à l’agenda, par exemple sur les droits des femmes ou des minorités, le Parti Républicain sera face à des alternatives inextricables : voter avec les royalistes selon ce qui semble être leurs convictions profondes, ou être solidaires de leurs collègues partenaires, voire élus sous une même bannière. Quand bien même des vagues compromis sont construits en amont, la réalité mène souvent à ce que des élus poussent fortement leurs idées plutôt que suivre incessamment des consignes de vote.

Dans le cas où les institutions changent plus en profondeur, la logique voudrait qu’un retour aux urnes s’organise. Ce serait certainement la situation idéale, puisque le Parti Libéral et le Parti Républicain pourraient décider de repartir dans une nouvelle configuration selon la situation et le type de scrutin.
Dans tous les cas, avec ou sans nouvelles élections, si la future Constitution révisée le permet enfin, les deux partis pourraient être amenés à assurer le pouvoir exécutif.
Là encore, il est difficile d’imaginer sur quelles bases. Les sujets de discordes sont nombreux. Prenons l’exemple de la politique étrangère : actuellement, elle revient de toute façon pleinement au Roi. Dans le cas très hypothétique où un exécutif issu de l’Assemblée Unique y aurait un rôle, on cerne difficilement la capacité des Libéraux et Républicains à parler d’une même voix.
Le Parti Républicain est attaché à l’idée de grandeur, à une vision long-termisme au sein de laquelle il est primordial que Brocelynwood joue une place centrale, puissante.
Le Parti Libéral souhaite évidemment défendre les intérêts de Brocelynwood, mais veut s’inscrire dans les multiples espaces multilatéraux, et développer de manière exponentielle le commerce et le libre-échange.
Sans compter que tant que Brocelynwood demeure une Monarchie, le Roi continuera à jouer un rôle dans la politique étrangère. Cela promet de belles réunions de travail en perspective entre Johnlyn IV, Raymond et Arkwright. Mais nous en sommes encore très loin…


Les réactions des autres partis

Philip Morland est le Premier Conseiller du Roi et Président du Parti Royaliste. Ses apparitions publiques vont être plus récurrentes dans ce contexte de campagne électorale. Il s’est exprimé sur les perspectives d’accord Républicains / Libéraux : “ils tentent de faire comme dans les bonnes vieilles assemblées de par le monde, faire des petites tambouilles d’appareil pour prendre le pouvoir, mais on ne sait pas bien pour en faire quoi puisqu’ils ne votent presque jamais ensemble”.

De son côté, Jared Fenlow du Parti du Peuple essaie de prendre de la hauteur : “[i]Nous sommes fermement opposés au parti libéral, mais il exprime une vision claire. Le Parti Républicain brouille aujourd’hui les pistes en captant une partie de l’opposition au royaliste tout en partageant beaucoup ; ils empêchent un débat lisible. Ils s'opposent aux royalistes, mais pour faire quoi ?”

La campagne est bien lancée, mais il faudra encore attendre au moins quelques jours pour y voir un peu plus clair.
8354
Dans : Chroniques du Royaume
Ce journal développe une ligne éditoriale très proche du camp royaliste. Il peut s’apparenter à un organe de propagande du pouvoir.

A peine annoncé, l’accord Rep-Lib fait “pschit” ?
12 novembre 2018

Assemblée Unique (Landtag Sarre)

C’est un tournant dans la campagne en vue des élections de l’Assemblée Unique du 2 juin 2019 : Leonard Raymond (Parti Républicain) et Victor Arkwright (Parti Libéral) ont annoncé le 7 novembre être parvenus à nouer un accord devant leur permettre de mettre en échec la majorité absolue des royalistes à l’Assemblée Unique pour la première fois dans l’Histoire du Royaume de Brocelynwood. Pourtant, l’objectif semble encore bien loin. Nous vous proposons un décryptage et une analyse des enjeux.


Le huis-clos de Wynterhall

Les faits sont là : Raymond et Arkwright sont des adversaires politiques de longue date et ne s’en sont jamais cachés. Les deux hommes ont connu la scission du Parti Républicain il y a une dizaine d’années, ayant donné naissance au Parti Libéral. Issus de deux générations aux visions qu’ils estiment bien différentes, les actuels leaders Républicain et Libéral se sont longtemps voués une détestation réciproque. Mais dans les arrangements politiques, les intérêts immédiats prennent vite le dessus sur les convictions profondes. C’est ce qu’il se passe depuis maintenant plusieurs semaines entre les deux animaux politiques, dont le premier aboutissement a été la tribune commune antiroyaliste et au vitriol contre l’ensemble de la Constitution de 1864. Il s’agissait déjà de préparer l’étape suivante.

L’Acte II s’est déroulé ce 5 novembre dans un lieu resté secret jusqu’au bout. Nous savons que Leonard Raymond et Victor Arkwright et leurs plus proches collaborateurs ont échangé de nombreuses heures pendant deux jours dans une salle de réunion d’un hôtel de la capitale. La relation de confiance a bien ses limites puisque, au préalable, l’endroit lui-même a fait l’objet d’âpres négociations entre les équipes des deux partis. Chacun souhaitait éviter les symboles pouvant donner la primauté à l’autre, que ce soit en termes de quartier, d’institution d’accueil et jusqu’au type de salle.

Dans ce contexte, les échanges n’auraient pas toujours été limpides et parfaitement cordiaux, et les débats ont été acharnés sur les détails techniques. Là où l’accord électoral était incertain pour le grand public en raison des différences programmatiques affichées par les deux formations, le principe a en fait été validé dès le matin du 5 novembre. “Mais le plus dur débutait, les points à négocier étaient très nombreux, et à tout moment, ça pouvait tomber à l’eau. Ça nous a menés jusqu’au lendemain soir puis l’issue a pu être rendue publique”, confie un conseiller.


Détails des équilibres trouvés

Nous disposons d’un certain nombre d’informations sur le contenu de l’accord noué entre le Parti Républicain et le Parti Libéral, dont une partie a été rendue publique alors que d’autres éléments ont filtré depuis quelques jours.

Tout d’abord, le principe d’une alliance programmatique a été rapidement jugé inatteignable. Les deux partis partent donc dans la campagne séparément, chacun avec son programme. Une coordination sera cependant mise en place afin de suivre l’accord et s’articuler sur les “sujets particulièrement clivants|/i]”. Car Raymond et Arkwright se prévalent d’avoir signé un “pacte de non agression” : “[i]Chacun défendra ses positions, parfois différentes entre nos deux partis, mais nous ne nous critiquerons pas directement. L’urgence et la priorité sont de montrer la dangerosité pour le pays des partis d’extrême-gauche et de la continuité royaliste, qui ne veulent pas laisser Brocelynwood entrer dans l’ère démocratique”, explique le communiqué commun.

Le cœur de l’accord sera d’avoir soit un candidat libéral, soit un candidat républicain dans chacune des 55 circonscriptions.
La volonté est de ravir suffisamment de circonscriptions aux royalistes pour les faire tomber sous les 31 sièges, synonymes de majorité absolue à l’Assemblée Unique. Dans un mode de scrutin uninominal à un tour, les deux partis estiment que c’est bien la seule issue pour exister voire obtenir une forme de victoire.
Bien sûr, pendant les deux jours de discussions, chaque équipe de représentants a fait valoir ses forces au niveau national, au niveau de chacune des circonscriptions locales, ainsi que sa dynamique en cours, pour tenter de peser et obtenir le maximum de circonscriptions notamment celles dites “gagnables”.

Du fait de son Histoire, de sa position de force actuelle et des intentions de vote un peu supérieures dans la ruralité, le Parti Républicain présentera davantage de candidats, si l’accord tient toujours au moment du dépôt officiel des candidatures : 35 candidats et 20 pour le Parti Libéral. Le nombre de circonscriptions “acquise” par chaque parti est très proche dans les villes, au sein desquelles le Parti Libéral a aussi une certaine popularité. Plus les circonscriptions sont rurales, plus le Parti Républicain a été privilégié ; au sein des territoires les plus ruraux, le parti de Raymond présentera 15 candidats contre seulement 6 libéraux.
L’identité de chaque candidat n’est pas encore connue ni même bien définie, mais il a été convenu que la liste devra être validée d’un commun accord par les deux partis.


Tout ça pour quel résultat ?

Grâce à de nouveaux sondages et en faisant tourner leurs modèles, les statisticiens de l’IBS ont rapidement pu mettre à jour les projections en sièges pouvant être estimées dans cette nouvelle configuration.



On peut imaginer que c’est plutôt la douche froide du côté des “Etats majors”.
Conséquence logique des lois mathématiques, il existe bien un impact de l’accord au profit de ses parties prenantes, au détriment des royalistes et de la gauche radicale, déjà très minoritaire. Mais cet effet est très ténu et place encore Libéraux et Républicains à de nombreux sièges de la possibilité de ne serait-ce qu’approcher une majorité. Les nouveaux alliés atteindraient 21-22 sièges contre toujours 36-37 pour l’ensemble des royalistes. Pour le Parti Républicain, il n’y aurait pas de progression par rapport à la composition actuelle de l’Assemblée Unique issue des élections de 2012 (13 sièges), alors que le Parti Libéral progresserait à 8 sièges (3 actuellement).

Si Victor Arkwright a beau jeu de parler de “début de dynamique”, il commet une erreur d’analyse, probablement volontairement. L’effet attendu devait être immédiat puisqu’il repose avant tout sur la non dispersion des voix entre ces deux partis, et absolument pas sur une dynamique d’alliance programmatique pouvant prendre quelques semaines à atteindre son plein essor. Si un grand bouleversement prévisionnel des équilibres avait été tout de suite observé, un effet d'entraînement aurait été possible.
Mais dans ce contexte précis, Robert Byres, analyste politique, s’interroge sur des conséquences inverses : “Les électeurs des deux partis ont probablement été relativement enthousiasmés par les perspectives, avant que la “dure” réalité n’apparaisse progressivement. Maintenant, il reste près de 7 mois pendant lesquels il y a de nombreux risques de désenchantement vis-à-vis du parti partenaire : les prises de position vont se multiplier sur de nombreux sujets, les programmes vont paraitre… est-ce que les électeurs convaincus par le Parti Libéral iront vraiment voter pour le candidat Républicain de leur circonscription et inversement ? On peut craindre pour les partis de l’accord une forme d’érosion progressive de ces reports de voix. Plutôt que se faire grandir, ils pourraient finalement s’affaiblir mutuellement, dans le cas où le candidat unique concentrerait finalement moins de votes que la somme potentielle de deux candidatures concurrentes”.

Ces inquiétudes peuvent même paralyser le Parti Libéral et le Parti Républicain jusqu’à beaucoup plus long terme. Dans leur tribune, les “règles du jeu” ont été contestées, avec la remise en cause du caractère démocratique de notre Monarchie Constitutionnelle. En signant cet accord entre eux, ils acceptent finalement le “deal” du Roi : l’Assemblée Unique sera légitime à décider si la Constitution doit être remodelée ou non. Si une majorité favorable à cette option n’est pas atteinte, ce qui reste très probable, quelle sera dès lors la légitimité de Raymond et Arkwright de venir expliquer que le système est perverti ? Cet argument ne pourra qu’être perçu pour ce qu’il sera : un refus d’accepter la défaite dans les urnes. Les possibilités de “tout renverser” seront épuisées, ainsi cet accord électoral prend dès aujourd'hui la forme d’un “all in”.

Notons enfin que l’impact limité qu’aurait cet accord sur les élections de juin est aussi lié à des enjeux de fond. Le Parti Royaliste demeure soutenu dans la population et c’est d’autant plus vrai ces derniers jours, en bénéficiant de la dynamique liée à la signature d’Accords commerciaux avec la République de Sovélie. Il est rare qu’un accord commercial international ait un tel impact en politique intérieure. Mais là aussi, le jeu des oppositions s’est retourné contre elles. L’inquiétude liée à des risques de manque d’approvisionnement en hydrocarbures pour 2019 ont été largement relayés par certains canaux de presse et instrumentalisés par les opposants politiques, ce qui a effectivement eu un impact dans la population. Avec ce nouvel accord, les inquiétudes s’envolent, le pays est soulagé et le travail de l’ombre de l’exécutif royaliste est reconnu. Dès l’année 2019, le Royaume est effectivement assuré de pouvoir importer 4,5 millions de barils de pétrole et 250 millions de mètres cubes de gaz auprès de la Sovélie, ce qui représente 4 à 4,5% des besoins énergétiques totaux de Brocelynwood. D’autres discussions en cours visent à obtenir des apports complémentaires de la part de nouveaux partenaires, mais l’essentiel est bien assuré.


0
Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Les décisions liberticides du Royaume sur fond de rupture avec Stérus
26 novembre 2018

Cornelius Osborne (Alexander Obrindt)Le Secrétaire Royal à l'Ordre Public Cornelius Osborne, défenseur de la nouvelle Loi sur les Associations

Un mois après les annonces de l’Impératrice de Stérus au sujet de la nouvelle politique d’ouverture voire de soutien envers les populations natives du continent, la tension ne faiblit pas entre l’Empire et le Royaume de Brocelynwood. Il s’agit même d’une occasion pour le Roi de renforcer l’autoritarisme du camp royaliste sur le pays, avec des nouvelles décisions dont les conséquences vont bien au-delà de l’objet du différend diplomatique.


Acte I - L’échec d’un règlement à l’amiable

Comme cela était pressenti, les décisions de l’Empire ont immédiatement inquiété le Royaume. C’est sans doute l’idéal sous-tendant l’ensemble du virage politique qui provoque le rejet des dirigeants brocéliens. Ces derniers conçoivent difficilement que les revendications voire l’activisme indigène soit légitimé ou encouragé sur le continent. Pourtant, la communauté Alderii représente uniquement 150 000 personnes à Brocelynwood, sur une population de plus de 11 100 000 habitants, et aucun signe ne laisse présager une volonté ou une capacité à déstabiliser le pays ou s’en séparer. La position de principe est avant tout idéologique.
Mais côté Stérus, le nouveau positionnement relève de sa politique intérieure, ce que ne peut venir contester directement Brocelynwood. Le Royaume s’est donc attaqué aux mesures ayant un impact potentiellement direct ici, en tentant d’obtenir des adaptations ou une exception par la voix de Stephen Philipps, Secrétaire Royal à la Politique Étrangère et aux Armées.

En premier lieu, il a été demandé de fixer un quota aux nombres d’étudiants concernés par la bourse mise en place à compter de l’année universitaire prochaine par Stérus. Dans notre précédent article, nous craignions que la mise en œuvre de cette aide financière soit une opporunité pour Brocelynwood d’encourager le départ définitif de sa communauté native. Il semble que l’exécutif ait eu une stratégie inverse : éviter un appel d’air vers Stérus et une hausse du niveau d’éducation des Alderii, main d'œuvre plutôt peu qualifiée dans les entreprises privées et les compagnies royales.
Nous pouvons aussi y voir sans trop s’avancer une volonté de simplement entraver un avantage accordé à la communauté native, quand bien même il s’agit d’une maigre compensation aux discriminations subies. L'autre intérêt est de limiter l’impact potentiellement positif de la politique stérusienne et donc sa diffusion.
Mais l’Empire de Stérus est resté droit dans ses bottes et a résisté aux pressions diplomatiques du Royaume.

Par ailleurs, Stephen Phillipps a exprimé des craintes concernant la possibilité que se donne l’Empire de financer toute association nationale et étrangère œuvrant pour l’inclusion, les droits, la lutte contre les discriminations des peuples indigènes. Brocelynwood considère que de telles subventions constitueraient une ingérence et le risque d’appuyer des organisations ayant des modes d’action violents ou cherchant à fragiliser le pays.
Un argument avancé par Stérus est qu’il ne s’agira pas de versements directs de son gouvernement, mais réalisés via une organisation dédiée en partie constituée de fonds privés. Cela n’a bien sûr aucunement convaincu le Secrétaire Royal et là aussi, les deux parties sont restées campées sur leurs positions, sans compromis possible.

Le Royaume de Brocelynwood a donc opté pour une adaptation unilatérale de sa réglementation et législation, qu’il est primordial de décrypter.


Acte II - Décret sur la bourse étudiante : le point de non retour avec Stérus

Le 18 novembre 2018, Stephen Philipps prend un décret qui fixe les conditions de l’accès à la bourse stérusienne, fixée à une limite de 100 étudiants par année universitaire, comme souhaité initialement. Le décret dévolue au Secrétariat Royal à l’Education le rôle de sélection des dossiers, qui doit comprendre un engagement de l’étudiant à “ne pas participer à une association visant à porter directement atteinte à l’image du Royaume de Brocelynwood et de son Histoire”. Le calendrier semble également mettre des bâtons dans les roues aux potentiels candidats : dossier vierge publié le 31 décembre, pour une réponse attendue avant le 31 janvier, et une publication des lauréats seulement mi-juillet, peu avant la rentrée universitaire. Le Royaume a justifié vouloir donner un cadre et des limites à une mesure favorisant spécifiquement une communauté, pour éviter que la bourse soit sur-sollicitée par pur opportunisme. “Il n’y aurait pas de sens à ce que soudainement des milliers de jeunes alderii décident tous de faire des études, et dans le même pays”, a tenté d'expliquer Julian Bridges, Secrétaire Royal à l'Éducation.

Les observateurs s’attendaient à ce que l’Empire de Stérus prenne acte de la décision, certainement en égratignant le Royaume de Brocelynwood au passage pour sa fuite en avant ostensiblement anti-indigène.
Mais ce n’est pas l’option prise par Stérus, qui souhaite mordicus défendre sa politique et son effectivité. Le communiqué publié quelques heures plus tard par l’Impératrice de Stérus est resté souple sur sa forme, en soulignant par exemple la tentative de dialogue qu’avait tenté d’engager le Royaume de Brocelynwood, sans issue possible. Si ce point a été apprécié en plus haut lieu, c’est bien le seul. L’Empire de Stérus a annoncé officiellement qu’il “n’appliquera évidemment pas la liste” d’étudiants sélectionnés, allant jusqu’à préciser que les personnes éligibles “ne seront pas obligés de passer par le site du gouvernement local”, les invitant à “réaliser la demande une fois sur le territoire ou depuis un autre territoire”.
La réaction de Stephen Philipps a été vive.

Ce communiqué de l’Impératrice de Stérus est une provocation inédite, une incitation directe auprès de notre population à contourner les règles de notre démocratie par tous les moyens. Nous prenons acte de cette attitude et prendrons des mesures complémentaires dans les prochains jours. Nous demandons des excuses de la part de l’Empire de Stérus, et la reconnaissance d’une erreur. Dans l’attente, nous suspendons les canaux diplomatiques, puisqu’ils ne permettent pas un dialogue convenable et tourné vers la recherche de compromis”.
Selon Leonard Raymond (Parti Républicain), “en effet, le Royaume n’est pas respecté car il n’a pas su se faire prendre au sérieux, et il entre maintenant dans un bras de fer public et disproportionné compte tenu des enjeux, qui nous ridiculise totalement sur la scène internationale”.


Acte III - La liberté associative gravement attaquée

Le deuxième volet de la discorde avec Stérus concernait le financement d’associations depuis l’étranger. Comme annoncé directement auprès d’Aymerico Sebastiano, Magistrat aux affaires étrangères de l’Empire constitutionnel de Stérus, Cornelius Osborne, Secrétaire Royal à l’Ordre Public et donc en charge de la vie associative, a présenté un projet de loi s’inspirant de la législation sur la régulation des investissements internationaux adoptée en juin dernier.

Les premiers articles de ce projet de Loi “Enjeux internationaux des organisations à but non lucratif brocéliennes et étrangères” limitent les montants perceptibles par les organisations à but non lucratif depuis l’étranger : 500 000 $ maximum par aide et 1 000 000 $ d’aides cumulées en provenance d’une même nation pour l'ensemble des associations brocéliennes. Sans faire une totale unanimité, ces dispositions n’ont pas été la principale cible des oppositions. D’ailleurs, elles n’empêcheraient pas à elles seules à un fonds piloté par Stérus, par exemple, de donner un coup de pouce non négligeable aux associations de défense des droits des Alderii.
Mais l’article suivant annule cette liberté puisqu’il prévoit que tout versement financier de ce type doit être notifié au Royaume, qui peut le refuser au seul motif qu’il soit “contraire aux intérêts de la Nation”.

La deuxième partie de la Loi revient à une quasi interdiction de la liberté associative dès lors qu’il y a un lien avec l’étranger : tout don d’une organisation brocélienne à une association étrangère à but non lucratif doit être autorisée par le Royaume ; toute adhésion ou implication d’un brocélien ou habitant de Brocelynwood à une association étrangère ou internationale doit être notifiée au Royaume ; enfin, le dernier article permet au Royaume de lister par décret, selon son bon vouloir, la liste des associations étrangères ou internationales autorisées ou interdites à avoir un quelconque lien avec Brocelynwood. Le texte va donc bien au-delà d’une forme de “protection” aux dons en provenance de l’Empire de Stérus.
A la tribune de l’Assemblée Unique, Victor Arkwright a fustigé cet article et tenté de démontrer la voie possible.

Nous avons proposé un amendement qui permette de donner un cadre sécurisant, qui puisse permettre d’interdire les liens du pays avec une liste très restreinte d’associations internationales ou étrangères, sur des critères très précis, ce qui pourrait par exemple concerner des organisations communistes directement violentes, ou des associations qui ont des liens étroits avec le terrorisme. C’est bien normal. Mais il faut en même temps garantir les libertés par principe, or avec cette Loi, il n’y en a plus aucune. C’est très grave. On sait ce qui est visé : si demain un étudiant alderii à Stérus, ou ailleurs, veut participer à des réunions d’associations qui portent quelques revendications pour sa communauté, il devra en informer les services de M. Philipps. Et le Royaume pourra décider de placer cette association sur une liste, sans justification, ce qui interdirait tout lien entre cet étudiant et l’association, sous peine qu’il soit sanctionné”.
Selon la lettre de la loi, l’exécutif pourrait même fixer par décret la liste des associations ou organisations à but non lucratif avec lesquelles les liens sont possibles, ce qui mettrait par défaut toute autre sur liste noire. Cela reviendrait à un régime d’autorisation préalable.

Plusieurs articles, et notamment ce dernier, n’ont pas fait l'unanimité non plus chez les royalistes, dont le malaise a été palpable dans les rangs relativement plus progressistes, et même un peu au-delà. L’amendement du Parti Libéral a reçu 6 votes “pour” et 12 abstentions de la part du parti royaliste, conduisant à un rejet relativement serré, de seulement 4 voix. Et la configuration a été quasiment identique pour le vote sur l’ensemble du texte, dont l’enjeu symbolique est beaucoup plus fort, démontrant un quasi-début de division du Parti Royaliste, qui ne s’est cependant pas du tout étalé publiquement à ce jour. Cela n’a pas empêché la Loi d’être adoptée confortablement, avec 29 voix “pour”, 19 “contre” et 13 abstentionnistes.

Le nouveau front “Libéral / Républicain” est resté relativement uni pour ce texte, dont la radicalité liberticide a finalement permis d’éviter les divisions des oppositions sur des points de détail.
Leonard Raymond (Parti Républicain) a réagi en interview il y a deux jours.

Nous sommes d’accord pour être attentifs aux modes d’action des mouvements indigénistes. Nous n’avons jamais été naïfs ou angéliques. Mais la pente entreprise dans ce texte est dangereuse. S’ils voulaient confirmer que nous avions raison de parler de pays sans démocratie, il ne s’y seraient pas pris autrement. La mainmise est ici totale, le Royaume veut tout contrôler. Je crains que bientôt on s’en prenne à toutes les associations, liées ou non avec l’international, à la presse, à toute opposition. Ce système monarchique doit cesser”.
0
Dans : Le Progrès
Journal généraliste classé à gauche, proposant des analyses sociales et politiques. Assez peu lu.

Navasota : les Royalistes dans l’embarras
1er février 2019

Morland (Bourdon)
Philip MORLAND, Leader du Parti Royaliste


Alors que l’affrontement entre l’Empire de Stérus et le Royaume de Brocelynwood de la fin d’année 2018 est passé à l’état de “guerre froide”, chacun campant sur ses positions et considérant avoir eu le dernier mot, c’est une nouvelle mini-crise qui s’est ouverte entre nations du continent aleucien en ce mois de janvier 2019. Une fois encore, le sujet de la discorde concerne les populations autochtones, mais cette fois-ci, c’est le Navasota qui a été ciblé par le Royaume.


Au Navasota, un horizon de sortie de crise

En premier lieu, la situation explosive ne concernait que le Navasota, nation avec laquelle, pour rappel, nous partageons des racines austariennes communes. A l’image de beaucoup d’Etats du continent, les relations entre le peuple issu des colons d’un côté, dont font généralement partie les élites, et de l’autre les populations indigènes sont complexes. Au Navasota, le point d’orgue est atteint depuis maintenant plusieurs mois. Le meurtre par la Police de deux jeunes issus de l’immigration a provoqué une vague d’émoi, de contestations, et même de révoltes dans le pays sur fond d’affrontements des récits. Les autorités locales ont priorisé la méthode répressive, de même que la Présidente de la Fédération Ashley Hopkins qui a fini par ordonner un couvre-feu. Celui-ci semble être parvenu à rendre le mouvement plus “contrôlable”, sans pour autant le stopper.

C’est en ce mois de janvier 2019 que Madame Hopkins a changé son fusil d’épaule, en acceptant finalement de recevoir une délégation de la population native afin d’ouvrir le dialogue. La réunion a été tenue secrète mais un article de la presse nationale révèle que la Présidente devrait accéder à une partie des revendications des représentants natifs, ce qui n’est pas contradictoire avec la confiance affichée par leur leader Kaitlyn Maynard à la sortie de l’entrevue. Les points de négociation auraient porté sur une réforme de la police nationale - dont une plus grande sévérité à l’égard des crimes policiers -, des programmes d’aides ciblés de lutte contre la pauvreté en faveur des populations autochtones ainsi qu’une accélération et une augmentation des moyens de l’enquête relative à la mort des deux jeunes.
Ces mesures et compromis ressemblent à du simple bon sens pour tout humaniste. Mais c’est précisément à ce moment-là que l’affaire a pris une autre tournure.


Des réactions de toutes parts

C’est le “jeu” politique normal : la Présidente Hopkins a été directement attaquée par les partis d’opposition alors que les élections intermédiaires se dérouleront l’année prochaine. Les arguments des partis ont finalement moins porté sur le fond que sur la méthode, notamment un supposé usage extensif des pouvoirs présidentiels dans les affaires des Etats fédérés.
Si ce débat en apparence institutionnel trahit probablement des divergences de fond, deux hommes ne se sont pas embarrassés des moindres circonvolutions pour réagir immédiatement.

Sur le réseau Echo International, Philip Morland, Leader du Parti Royaliste du Royaume de Brocelynwood, a immédiatement accusé la Présidente du Navasota de “participer à la déstabilisation à terme de l’Aleucie pour des raisons électoralistes’. Alors que nous sommes à maintenant quatre mois des élections de l’Assemblée Unique, il ne faut pas être dupe sur le contexte de cette course à la radicalité à l’encontre des minorités. Il faut reconnaître à M. Morland une grande cohérence idéologique. Nous pouvons citer à cet endroit trois mesures au sein du programme Royaliste, qui vient d’être publié, ciblant directement ces populations et inversant complètement le rapport d’oppression : “Rester intransigeant contre les volontés hégémoniques de la communauté Alderii”, “Multiplier les contrôles au sein des milieux connus comme étant susceptibles de développer des activités terroristes (communistes, indigénistes, féministes)”, “Fermeture de lieux dont l'accès est implicitement interdit à la communauté brocélienne blanche/protestante”.

Sur le même réseau, c’est Victor Hardenbor, candidat Westalien à la Présidentielle cette année, qui a longuement fustigé “un choix particulièrement dangereux et inconsidéré que d’accorder la moindre oreille aux abominations idéologiques que ce genre de “militants” propagent à travers le continent”.

Il est évident qu’au sein des trois nations, le contexte électoral joue gros dans les réactions outragées des candidats de droite et d’extrême droite. Pour autant, il ne faut pas balayer d’un revers de main les contextes et les dynamiques dans lesquelles elles s’inscrivent, et tous les enjeux s’y afférant. Pour cela, il est nécessaire de se centrer sur les implications pour le Royaume de Brocelynwood.


L’exécutif brocélien dos au mur

Les réactions de M. Hardenbor et de M. Morland ne sont pas à mettre au même niveau. M. Hardenbor s’oppose au gouvernement actuel de Westalia, tandis que Philip Morland est le représentant du Parti dont le camp est au pouvoir depuis toujours à Brocelynwood. Lorsque ce dernier s’exprime, il pourrait se défendre qu’il ne s’agit pas d’une parole officielle du Royaume, mais la réalité est bien plus ambivalente.
Il est d’autant plus difficile d’associer le positionnement du chef du Parti Royaliste à une initiative uniquement personnelle qu’il s’inscrit pleinement dans la lignée d’une série d’actions entreprises par le Roi et les Secrétaires Royaux ces derniers mois. Les Rois brocéliens et Johnlyn IV en particulier ont toujours adopté une politique ultra-conservatrice. Mais l’usage était généralement de se tenir à un écart relatif des affaires des autres Etats et des tensions internationales. Depuis quelque temps, il est facile de constater une crainte évidente de légitimation des populations natives et de contagion de leurs mouvements sociaux.

Cela a d’abord représenté une partie des motivations à ne pas rejoindre la Communauté Continentale Paltoleucienne, comme annoncé le 8 juillet dernier. Le communiqué indiquait ne pas partager, entre autres, les valeurs indigénistes de certains membres de l’organisation.
Il y a eu ensuite le long bras de fer à vis-à-vis de la nouvelle politique d’ouverture stérusienne, largement couvert par les médias brocéliens. Cela a débouché sur des dispositions très concrètes, comme la quasi-totale interdiction de toute migration entre les deux pays, décidée par décret, et une nouvelle loi de financement des associations afin de se prémunir de tout supposé risque de financement étranger de mouvements de contestation. Pour autant, la situation n’a pas provoqué des réactions diplomatiques extérieures aux deux parties.
Même si cela a été moins évoqué, le Royaume a également porté plainte contre le journal “Hi-Stories” pour un article dénonçant les crimes coloniaux, l’accusant de “viser directement les fondements du Royaume de Brocelynwood, en s’en prenant ouvertement à l’Histoire de la communauté protestante”. Au final, le 10 janvier dernier, la Haute Cour a donné entièrement raison au journal et condamné le Royaume à verser des dommages et intérêts. Mais la pression contre la presse a bien existé.

Le camp royaliste dans sa globalité multiplie les discours et les attaques. Nulle doute que la communauté Alderii va en faire de plus en plus les frais à Brocelynwood. Mais au niveau continentale, les dirigeants brocéliens sont bien plus isolés qu’ils ne veulent le laisser entendre.
Après s’être mis volontairement à dos les Etats ouvertement pro-indigènes et l’Empire de Stérus, la rupture risque d’être rapidement consommée avec le Navasota. Le communiqué de la Présidente Hopkins s’en est clairement et légitimement pris à des “tentatives d’influence et d’ingérences étrangères [...] inacceptables”.

Surtout, et nous en arrivons à la pièce la plus essentielle de tout ce puzzle, le Royaume a dû suivre extrêmement attentivement les communications officielles de la Grande République de Westalia et de l’Empire du Nord.
Les gouvernements se sont très clairement et sans ambiguïté démarqués des déclarations de Morland et Hardenbor, et soutenu la Présidente du Navasota.
Le Premier Ministre nordiste n’a pas mâché ses mots : “la critique étrangère quant à une rencontre sans aucun doute constructive au sujet de la situation intérieure du Navasota est insupportable [...] ces ingérences sont malvenues et je les condamne bien évidemment.”.
La Présidence Fédérale de Westalia a davantage pesé ses mots, mais tout de même apporté son soutien officiel à la Présidente Hopkins, souhaitant avant tout se démarquer de la prise de position d’un acteur politique du pays, dans l'objectif de se positionner en médiateur et en artisan de l’apaisement.

Il ne reste donc plus grand acteur étatique pour porter la ligne dure du Royaume de Brocelynwood. Pire, le Roi, les Secrétaires Royaux et M. Morland ne vont avoir d’autres choix que de mieux contrôler le caractère offensif de leurs communications à ce sujet à l’international, au risque de se retrouver trop esseulé et de perdre davantage. Westalia comme l’Empire du Nord ont eu cette fois-ci la délicatesse, et certainement l’intérêt, de ne pas citer directement le Royaume de Brocelynwood. C’est heureux pour l’exécutif, car il a beaucoup misé en 2018 pour construire des Traités majeurs avec précisément ces deux plus grandes puissances du continent. Le voisin du nord et l’allié historique de l’Ouest sont les deux jambes sur lesquelles le Royaume de Brocelynwood espère relancer son économie, son armée, son influence culturelle et donc son indépendance. La situation met donc objectivement le camp royaliste dans l’embarras, certainement la raison pour laquelle aucune communication officielle n’a encore été diffusée. S’il était contraint de prendre position, le Roi accepterait-il de perdre la face ou se risquerait-il à une crise diplomatique majeure ?
7715
Dans : Chroniques du Royaume
Ce journal développe une ligne éditoriale très proche du camp royaliste. Il peut s’apparenter à un organe de propagande du pouvoir.

Élections 2019 : le retour du péril communiste ?
6 février 2019

Bram Strake (Jean-Louis Borloo)
Bram Strake, leader du Parti Communiste de Brocelynwood


A quatre mois du scrutin, la campagne qui va permettre d’élire les 55 membres de l’Assemblée Unique dans 55 circonscriptions, le 2 juin prochain, commence à prendre forme. A en croire l’Institut Brocélien des Statistiques (IBS), les dynamiques observables pour les différents mouvements politiques défient un certain nombre de pronostics initiaux.


La désillusion chez les “LibRep”, le Royalisme toujours plébiscité

Il y a encore quelques mois, d’après les dires de plusieurs observateurs, la cause était entendue : la Monarchie était de plus en plus mise en cause, contestée. L’élection de 2019 devrait être celle de l’affaiblissement du Parti Royaliste, allant probablement jusqu’à provoquer un renversement de majorité au profit des partisans de la République. L’hégémonie à prévoir du Parti Libéral et du Parti Républicain devenait encore plus une certitude avec la mise en place des accords de désistements réciproques.

Cependant, comme nous l'avons tout de suite constaté, l’accord “LibRep” a tout de suite eu un impact très limité, quasi le minimum “mathématique”. Finalement, la situation est même encore plus désastreuse : non seulement aucun élan n’a émané de l’accord, mais l’impact est désormais nul. Cela revient donc à un recul de ces deux partis, qui ne bénéficient même plus d’une moindre dispersion des voix des opposants au Parti Royaliste : 19 sièges estimés pour les deux partis lors des dernières projections, soit un nombre identique à celles de mai dernier. Pour le Parti Républicain en particulier, la projection est désormais de 11 sièges, contre 12 en mai dernier, et alors même qu’ils sont assis sur 13 sièges aujourd’hui. L’accord tourne donc à l’accident industriel, dans des proportions que nul n’avait prédit. Les Républicains en particulier doivent aujourd’hui se demander s’ils ont fait le meilleur choix. Républicains comme Libéraux n’ont pas encore publié leurs programmes, certainement parce qu’ils vont devoir se livrer à un exercice d’équilibriste qui ne peut que leur coûter encore davantage. Ils devront soit tendre chacun vers un dénominateur commun qui va décevoir leur propre électorat, soit afficher clairement leurs convictions au risque de faire figure d’épouvantail au sein de l’électorat “allié”. Une fois de plus, l’accord apparaîtrait encore davantage comme une logique d’appareil purement technique.

En face, le Parti Royaliste est déjà puissant, et n’est pas encombré par ce type de calcul. Il peut donc avancer sûr de ses forces, de ses idées. Ainsi, les projections le stabilisent à 32 sièges possibles, assez largement au-dessus de la majorité absolue des 55 circonscriptions, y compris sans devoir compter sur les 5 représentants du Roi. A l’opposé de la chute libre annoncée, le Parti Royaliste capitalise sur le bilan du Roi des derniers mois, particulièrement enthousiasmant : des négociations positives avec l’Empire du Nord, la Grande République de Westalia, la République de Duve ; la capacité à défendre la souveraineté devant l’Empire de Stérus et la CCP ; des solutions énergétiques abouties avec la République de Sovélie et peut-être l’Empire d’Everia ; le succès de la création de l’Organisation Internationale pour le Protestantisme (OIP). Il faut aussi rappeler qu’au niveau législatif, des lois ont été votées pour réguler les investissements et financements associatifs étrangers. Par ailleurs, Philip Morland est le premier chef de Parti à avoir dévoilé l’intégralité du programme pour la prochaine législature. Il en a expliqué son équilibre :

Nous avons établi un programme égal à nous-mêmes : il s’appuie sur des forces et des principes intemporels, et propose dans le même temps des évolutions pour que le Royaume grandisse encore. Donc non nous ne laisserons pas notre nation protestante aller écouter à l’oreille des franges qui veulent imposer des mauvaises mœurs, renverser notre religion. Nous ne laisserons non plus personne renverser toute l’organisation de la société, qui plus est par la violence ou le mensonge. Mais oui, nous allons relancer la natalité pour le bien de la nation, et lancer un “Grand Plan pour un Royaume des Nouvelles Technologies en 2026”. Nous allons aussi aller encore plus loin dans la cohérence avec notre éthique : les pires crimes devront continuer à être punis de la pire des façons, mais seul Dieu devra avoir le Droit d’ôter la vie. Nous comprenons que ce dernier point puisse interroger certains brocéliens, mais nous saurons être à leur écoute les rassurer.”

Le Communisme renaît de ses cendres

Contrairement à beaucoup d’autres nations, la nôtre a toujours su faire face au “péril rouge”, qui ne s’est jamais imposé. Il y a bien eu quelques soubresauts, notamment pendant le règne de William II, seul Monarque de notre Histoire à avoir pris le risque certainement inconsidéré d’avoir une oreille attentive à leur égard.
Alors que les “LibRep” sont en recul, c’est le total du bloc de la gauche radicale et extrémiste qui semble amorcer une légère remontée. Avec 0 siège actuellement à l’Assemblée, ce bloc a désormais une projection de 4-5 sièges contre 2-3 en mai dernier. Le plus étonnant est que plus personne n’attendait le Parti Communiste, voyant davantage de succès possible du côté du Parti du Peuple. Mais il est à craindre que le Parti Communiste ne soit pas définitivement enterré, désormais crédité de 3 sièges à lui tout seul contre aucun en mai dernier, et de 0 à 1 il y a de ça seulement deux mois. Les analyses de l’IBS sont évidemment à prendre avec des pincettes, et cette entrée à l’Assemblée ne constitue pas une potentialité de majorité. Mais il est à craindre que cette poussée, si elle se confirme, donne des ailes aux agitateurs violents de la rue et octroie une légitimité dans le débat public à des idées que l’on croyait définitivement révolues. Le Parti du Peuple représentait déjà un danger, mais avec les Communistes, la “gauche” se radicalise encore davantage.
Comment le Parti Communiste parvient à ce renouveau ?

Ces dernières semaines et derniers mois, le Parti Communiste a fait le choix d’investir la ruralité. Il a assuré une présence humaine dans les campagnes, en allant à la rencontre des brocéliens que la Parti Libéral et le Parti du Peuple, notamment, ignorent tellement. Les communistes ne se sont pas contentés de s’adresser aux ouvriers et employés des plus grandes entités de production des villes, mais aussi de plus petites. Dans ces collectifs où la confiance règne habituellement, ils sèment le doute contre les “petits patrons”, puisque c’est ainsi qu’ils contestent le rôle des entrepreneurs qui font vivre notre économie. Ils divisent mais savent aussi rassembler les différents acteurs des campagnes contre le risque des puissances de l’argent, les grands groupes, la concentration capitalistique. Même si peu de ruraux sont dupes, ces militants se gardent bien de préciser que le Royaume de Brocelynwood est justement une nation actant régulièrement des lois et règlements allant dans ce sens. Le Parti Communiste tente donc de s’adresser à un nouvel électorat, qui lui est en très grande majorité hostile, en ayant l’intelligence de capitaliser - osons le dire - sur des colères et inquiétudes de cette population.
Son autre force, et notamment auprès de l’électorat rural, est qu’à l'inverse du Parti Libéral et du Parti du Peuple, le Parti Communiste ne cherche pas à tomber dans la démagogie en s’adossant aux nouveaux combats de moeurs qui polluent le débat public depuis quelques années. C’est ainsi qu’il oppose par exemple “de nouvelles pratiques de liberté bourgeoises, comme l'homosexualité ou le libertinage” au “savoir vivre populaire”, qu’il reste prudent sur l’immigration, et ne prône pas la suprématie de la communauté Alderii.

Mais ce n’est pas parce que le Parti de Bram Strake choisit de se donner le beau rôle que son essence doit être oubliée. Le Parti Communiste demeure un parti extrémiste, dans ses méthodes comme dans ses fins. Malgré une action de terrain qui s’adapte aux territoires et se lisse davantage, le programme est assez clair sur les intentions. Dévoilé à 75%, il continue à refuser l’existence même des personnes comme individus, qui seraient capables d’entreprendre et faire leurs choix : “développer des communautés de travailleurs dont les outils de production sont collectivisés”, et prône même “la collectivisation des logements du pays”. Il souhaite provoquer la fermeture d’usines ou de petites entreprises, avec par exemple “3 semaines de congés payés par an”, sans indiquer comment il est possible de rémunérer sans les fruits d’une production réelle. Il souhaite chasser le protestantisme de Brocelynwood, mais veut libérer les auteurs de violences, et se refuse à stopper le risque terroriste communiste, peu de mois après qu’il ait pourtant frappé l’Aleucie.

Loin des postures, les électeurs devront faire leur choix de la manière la plus éclairée possible.

7103
Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Les coulisses du débat TV : l’intérêt des uns, les réticences des autres, l’opposition du Roi et… la figure Philip Morland
21 février 2019

Télécommande


C’est une première ! Un débat télévisé et radiodiffusé par le groupe BB (Brocelian Broadcast - TV & Radio) va opposer le 21 avril les 5 chefs de partis présentant des candidats aux élections des membres de l’Assemblée Unique du 2 juin prochain.

L'intérêt du diffuseur a rejoint celui de plusieurs partis

Cette annonce a surpris beaucoup de monde et particulièrement les spécialistes de la vie politique brocélienne. Depuis toujours, le Royaume met tout en œuvre pour se présenter comme seul légitime à tous les postes de pouvoirs, à être perçu comme au-dessus des autres partis qui ont éventuellement le loisir de débattre publiquement les textes de lois à l’Assemblée et dans la presse. En participant à cette confrontation publique, le Parti Royaliste, et donc indirectement le Royaume, descend de son piédestal pour devenir un concurrent parmi d’autres à une élection majeure. Plus étonnant encore : l’extrême-gauche communiste est intégrée dans le dispositif, et en sortira donc forcément gagnante tant cela va contribuer à sa légitimation, alors même que l’ensemble des forces politiques étaient parvenues à la marginaliser ces dernières décennies et avaient tout intérêt à poursuivre sur cette voie.

Pour le groupe audiovisuel “BB”, c’est un coup de force monumental. Brocelian TV, sur le Canal 3, est la principale chaîne privée, mais elle plafonne généralement à 20 % de parts de marché en moyenne. L’exécutif royaliste a toujours veillé à ce que celle-ci, et globalement le secteur privé télévisuel, se développe peu afin d’assurer l’hégémonie des chaînes royalistes et particulièrement les deux principales. La dimension informative et politique de la chaîne est d’ailleurs assez peu développée, ce qui convient bien à la fois au Royaume et à Brocelian TV. Cette dernière a plutôt multiplié les jeux télévisés quotidiens et les sitcoms à bas coût de production, dans l’optique notamment de capter la “ménagère de moins de 50 ans” en journée, ce qui lui permet régulièrement d’atteindre des parts de marché aux alentours de 35 % en journée la semaine. Mais la chaîne continue de souffrir d’un manque de popularité, d’ancienneté, et les habitudes des téléspectateurs continuent de se tourner vers les Canaux 1 et 2. Le “JT” de la 3 est également court, assez factuel, et très peu suivi, si bien que le Royaume n’a jamais ressenti la nécessité de réguler la place du politique sur la chaîne. L’annonce du débat est donc en rupture avec les pratiques précédentes et donne donc un coup de projecteur immense à BTV 3, dont la chaîne espère à terme en récolter les fruits sur l’ensemble de la programmation. Pour le groupe Brocelian Broadcast, cela ne s’inscrit pas dans une ambition plus large de multiplication des programmes politiques. Cela étant dit, en cas de succès majeur du Grand Débat du 21 avril, la tentation pourrait devenir grande.

Pour toutes les questions évoquées précédemment, une question a rapidement obsédé tous les observateurs, analystes, les citoyens et jusque dans les partis politiques eux-mêmes : comment expliquer ce consensus entre les cinq hommes, à la fois sur le principe même d’un débat et sur le format lui-même ?
Pour le Parti du Peuple de Jared Fenlow et le Parti Communiste de Bram Strake, la question est assez vite réglée : la gauche a tout à gagner à pouvoir s’exprimer à une heure de grande écoute, et venir essayer de déstabiliser les grands partis, dans un pays où elle est peu entendue et relativement résiduelle.
En ce qui concerne à la fois le Parti Libéral de Victor Arkwright et le Parti Républicain de Leonard Raymond, qui sont à la recherche vitale d’une majorité à eux deux, l’enthousiasme à venir se confronter directement au Parti Royaliste était de mise. Combler le retard en sièges à l’Assemblée Unique est extrêmement difficile, notamment avec les 5 représentants du Roi inamovibles, ce qui conduit les alliés de circonstance à ne rien à voir à prendre. Cependant, le malaise était grand face à la présence du Parti Communiste. Mais le diffuseur a fait tout son possible pour maintenir le dispositif sur ce format, ce qui est certainement irresponsable mais probablement un facteur d’audimat. Les partis ont finalement cédé, craignant que le débat ne se tienne finalement pas ou qu’ils en soient exclus. Entre deux maux, Arkwright et Raymond ont tranché.


Tensions dans le camp royaliste : Morland a pris tout le monde de court

Reste l’énigme royaliste : pourquoi avoir accepté d’entrer dans ce “jeu” ? Tout tiendrait en ces 13 lettres : Philip Morland. Le leader du Parti Royaliste et conseiller du Roi se révèle de plus en plus dans ces élections. Morland est resté dans l’ombre pendant bien des années. Occupant ces fonctions depuis 2012, il avait peu de visibilité médiatique car la fonction est généralement assez “factice”, le rôle de leader du Parti Royaliste étant d’être d’abord un relais direct du Roi. Avec cette campagne 2019, M. Morland est davantage présent sur le devant de la scène, chargé de mener le Parti vers la victoire et de participer a minima au débat électoral, ce qui de nos jours est devenu inévitable. Il y a donc une forme d’autonomisation de Philip Morland vis-à-vis du Palais, à la fois due au contexte et à une volonté assumée du leader royaliste. Ce dernier n’a pu résister à l’envie de monter dans l’arène, pour se mettre en avant et en découdre face à ses concurrents. Cette décision de Morland a provoqué la colère du Monarque, qui n’avait en aucun cas donné son assentiment et ne l’aurait sans doute pas fait. Mais Morland n’est plus un fusible qui peut sauter si rapidement. Le Roi n’a rien pu faire pour sanctionner le fauteur de trouble, au risque de semer le désordre. Le retour en arrière est maintenant jugé impossible : comment, en effet, se féliciter de la démocratie que serait le Royaume de Brocelynwood, contre l’avis de beaucoup de monde, tout en expédiant son leader de campagne électorale pour sa participation à un débat télévisé ? Philip Morland vient de gagner un bras de fer, peut-être le premier d’une série.

En réalité, il n’y a pas de différence de ligne politique : les deux sont plutôt côté “droit” de l’échiquier royaliste, bien que l’on trouve encore plus extrémiste dans les rangs du Parti. Cela relève d’une analyse assez fine, puisque le Parti a surtout pour rôle de suivre le Monarque, et il est assez difficile de dissocier divers lignes idéologiques. Mais il y a des enjeux d’ego et de pouvoir, incarné par des différences de style assez nettes. Dans le Parti Royaliste, beaucoup sont portés par les costumes, le sérieux et la solennité des dorures de la Monarchie. Quant à lui, Morland fait bien la différence entre cette dimension, à défendre et incarnée notamment par le Roi lui-même, et le rôle du Parti Royaliste dont il serait l’incarnation : plus combatif, prêt à davantage d’excès et de provocation sur la forme. En cela, tout en étant ardent défenseur de la Monarchie et férocement opposé à tous les progrès démocratiques, Morland légitime malgré lui la compétition électorale et l’affrontement des divergences plutôt que le “nous ou le chaos” habituel du Royaume. Il serait ainsi tout à fait facile de l’imaginer dans l’habit d’un quelconque conservateur d’extrême droite, y compris dans une République plus classique : lors de l’épisode du tweet contre le Navasota, pas étonnant qu’il ait porté les mêmes coups et sur le même réseau que M. Hardenbor (Westalia).

Dans tous les cas, l’ambition de Philip Morland est évidemment très personnelle. Selon les sources bien informées, celui-ci réclame le poste de Premier Secrétaire Spécial après la victoire aux élections, au risque de tout faire éclater. En off, un proche du Palais Royal résume la situation : “Est-ce qu’on imagine Morland être le porte-voix du Royaume lors des rencontres diplomatiques, comme le fait actuellement avec une grande compétence Aldric Rowanstone ? Ce serait une folie, une boucherie ! Il faudrait laisser le devant de la scène internationale à Stephen Philipps. Mais le mieux sera de trouver un moyen de faire sauter le fusible une fois les élections remportées, ça deviendra inévitable”.

Et une question de plus : électoralement, le Parti Royaliste va-t-il finir par souffrir de ces dissensions internes ?
5308
Dans : Chroniques du Royaume
Ce journal développe une ligne éditoriale très proche du camp royaliste. Il peut s’apparenter à un organe de propagande du pouvoir.

Les Républicains et Libéraux selon Philip Morland : ”Ils ne sont d’accord sur rien, seulement jaloux du Roi”
28 février 2019

Leonard Raymond (Jacques Myard)Victor Arkwright (François Baroin)

Suite à la publication des programmes du Parti Républicain et du Parti Libéral il y a quelques jours, le leader du Parti Royaliste a vivement critiqué le sens de l’alliance “LibRep” qui continue à être à la peine dans les sondages. L’analyse de Morland est dans la droite lignée des conclusions de l’Institut Brocélien des Statistiques (IBS), reconnu pour la qualité de son travail et son indépendance. Selon l’institution, les programmes sont compatibles à seulement 41 %. En testant des modèles concurrents, l’IBS parvient à un maximum de 47 % de compatibilité entre les propositions des deux formations politiques. Pourtant, leurs électeurs n’auront qu’un choix par circonscription et seront donc pour une partie d’entre eux incités à voter pour un candidat qui est opposé à la majorité de leurs opinions. En passant au crible les deux programmes, et notamment quelques propositions emblématiques, Chroniques du Royaume a souhaité voir de plus près l’absurdité de cette situation, au-delà de l’opposition à la Monarchie, de notoriété publique, et supposée être le ciment du rapprochement entre les deux partis.

Dès que l’on rentre dans le domaine économique, les projets sont clairement distincts. Le Parti Libéral projette évidemment une société de libre marché, d’ouverture à tout investisseur sans avoir à tenir compte de la nationalité brocélienne ou étrangère, une privatisation complète et mise en concurrence des compagnies royales, et une réduction très significative des impôts. A côté, le Parti Républicain valide davantage le système économique issu des politiques du Royaume, sans l’assumer pleinement. Il propose de conserver les droits de douane, de garder un équivalent des actuelles Compagnies Royales et simplement de ne pas augmenter les impôts ou encore de sanctuariser le dimanche comme jour non travaillé, ces deux propositions étant également souhaitées par le Parti Royaliste. Évidemment, certaines formulations démagogiques supposent qu’une partie des problématiques sera réglée par le démantèlement complet de la Monarchie.

En matière de sécurité et éducation, certaines convergences peuvent sembler apparaître. Mais les lignes sont en réalité diamétralement opposées dès que l’on creuse la dimension immigration et le rapport aux minorités ethniques. C’est sur ce point précis que tout le narratif s’écroule :
Le Parti Républicain : Continuer à fortement réguler l'immigration; Ne pas reconnaître plusieurs communautés au sein de la Nation, mais une seule communauté nationale, avec une logique d'assimilation à la culture et aux valeurs historiques du pays
Le Parti Libéral : Assouplir la politique de fermeture à l'immigration afin d'accueillir davantage de personnes en provenance de l'étranger ; Assumer le multiculturalisme, le promouvoir et en faire une force
Il faut reconnaître aux formations politiques de Arkwright et Raymond leur grande clarté. Les approches politiques paraissent irréconciliables tant le Parti Libéral est diamétralement aux antipodes du Parti Républicain, qui défend ici une approche plus classique. Le Parti Royaliste n’est pas favorable à notion de communauté nationale unique, car elle lui paraît aujourd’hui irréaliste, et estime davantage nécessaire de contrôler le poids de la communauté Alderii. Cependant, entre les lignes, il existe bien un socle commun entre les objectifs finaux du Parti Royaliste et du Parti Républicain. Il n’en est rien en ce qui concerne le Parti Libéral, qui assume de viser une société dominée par la perte de repères, la submersion migratoire et la mise sur le même plan de toutes les communautés sans tenir compte de l’essence historique du Royaume.

Les dissensions sont à leur apogée lorsque les partis partagent leurs visions du rôle des femmes dans la société et sur les questions de mœurs. Le Parti Libéral pense que le divorce doit devenir une norme sociale, sans cadre, tandis que le Parti Républicain souhaite en garantir le caractère exceptionnel. La vision de ce qu’est le couple et comment le mariage traditionnel structure la société n’est pas la même. C’est d’ailleurs pour éviter d’être mis face à la réalité de ce fossé flagrant que le Parti Républicain reste silencieux sur un certain nombre de phénomènes encouragés par la modernité que le Parti Libéral, lui, embrasse pleinement tels que favoriser l’homosexualité ou normaliser les rapports extra-conjugaux. En incohérence apparente avec les plus basiques observations de la vie quotidienne, le Parti Libéral considère également que les femmes et les hommes sont identiques, et doivent accéder entièrement et pleinement aux mêmes professions, aux mêmes postes. Le Parti ne précise pas comment il prévoit cette mise en application dans les cas de figures où cela est, par exemple, physiquement impossible. En face, il semble que “l’allié” républicain soit prêt à lutter contre les libéraux puisqu’il assume “lutter contre la propagation d’idées égalitaristes qui voudraient effacer les différences hommes/femmes”, ce qui est un résumé fidèle du programme libéral.

Tous ces éléments donnent de la profondeur aux propos pouvant sembler provocateurs de Philip Morland. Mais en développant son point de vue, le leader du Parti Royaliste en veut surtout à Raymond de ne pas avoir de colonne vertébrale : “le Parti Républicain a toujours été et continuera à être un adversaire, mais il était un adversaire respectable : or en allant s’acoquiner avec un Parti Libéral qui défend des propositions de délitement de la société - et j’assume de le dire - ils se trouvent eux aussi recouverts de honte, mais ça aura été leur choix”. Il conclut : “ils sont passés d’un rôle de concurrent à celui d’ennemi politique, mais je suis certain que les électeurs ne s’y tromperont pas et que la prochaine Assemblée Unique sera d’abord teintée des couleurs de la Royauté, et non pas de ces 50 nuances de bleue. Sans même parler de l’extrême-gauche.”.
4608
Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Accords économiques, vision, label des produits aleuciens : Joe Berryn répond à nos questions
7 mai 2019

Joe Berryn (Marek Belka)

Alors que les élections des membres de l’Assemblée Unique se rapprochent à grands pas, le Secrétaire Royal à l'Économie Joe Berryn a choisi nos colonnes pour s’exprimer sur la politique économique internationale du Royaume.


Journaliste : Monsieur Berryn, merci d’avoir accepté notre invitation. Accords économiques avec Westalia, Duve, la Sovélie, l’Empire du Nord, réductions de droits de douane dans certains secteurs : le Royaume est sorti de son isolationnisme et de son protectionnisme ?

Joe Berryn : Contrairement à ce que certains tentent de laisser entendre, le Royaume n’a jamais été dans une optique défavorable aux échanges économiques. Il est évident que nous avons à offrir bien plus que nos besoins domestiques, et que nous devons dans le même temps importer. Ce n’est ni nouveau, ni spécifique à Brocelynwood. Et c’est pour cela que nous signons des accords qui sont équilibrés, nuancés, différents selon les nations concernées et les secteurs en jeu.


Certains de vos opposants disent que vous agissez lorsque vous êtes au pied du mur. C’est ce qu’il s’est passé avec la Sovélie avec qui vous avez signé un accord d’importation d’hydrocarbures ?

Je ne prête pas attention à ces critiques sans fondement. Cet accord est excellent et sécurise une part non négligeable de nos besoins en pétrole et gaz. Notre devoir, et mon travail en particulier, est que notre nation ait accès à des stocks et des flux qui soient en phase avec la consommation nécessaire à l’usage domestique, aux transports, à l’industrie. C’est le cas aujourd’hui. Nous devons en permanence analyser, anticiper et adapter notre stratégie car le monde lui-même évolue. Lorsque l'on n'est pas aux responsabilités, il est toujours très facile de crier “danger” devant tel ou tel risque, alors même que la situation est parfaitement sous contrôle.


Vous semblez proposer maintenant plus d’ouvertures au niveau des échanges de biens, mais votre politique reste très restrictive concernant les investissements étrangers et la concentration des entreprises. Beaucoup de spécialistes économiques s’accordent à dire que cela fait passer Brocelynwood à côté de beaucoup d’opportunités. Qu’en dites-vous ?

Notre Royaume s’est toujours inscrit dans une vision globale et le long-terme. Les opportunités immédiates sont parfois alléchantes, mais ce n’est pas la bonne manière de réfléchir au sujet. Si demain nous ouvrons les vannes, nous aurons sûrement un certain nombre d’investisseurs qui vont s’imposer, développer des très grandes entreprises, des très grandes productions à la chaîne. Mais en quelques mois, nos chiffres de croissance s'effondreraient car c’est la société elle-même qui sera disloquée. Le Royaume de Brocelynwood perdrait son identité, son âme, les artisans seraient concurrencés de façon déloyale, le savoir-faire ne serait plus reconnu. La société serait mise au service de l’économie et non plus l’inverse. C’est aussi ce monde-là, en plus du laxisme, qui fait prospérer des idées comme le communisme. Et, au-delà, nous deviendrions dépendants de capitaux étrangers et donc des autres nations puisqu’il faudrait les garder à tout prix pour éviter l’effondrement.


Est-ce que le pouvoir royaliste n’est quand même pas arc-bouté à un rapport relativement traditionnel à l’économie qui l’empêche d’avancer ? Philip Morland prévoit dans son programme un grand plan “Pour un Royaume des nouvelles technologies 2026”. Ce n’est pas admettre un retard ?

Toutes les nations ne peuvent pas être les leaders de tous les secteurs. Nous sommes très fiers de nos filières du bois, de la pêche, de l’artisanat, de l’agriculture et je me refuserai à toute dévalorisation au nom de la modernité. Nous avons identifié que l’enjeu des nouvelles technologies était en effet essentiel et n’est pas notre cœur de développement historique. Nous assumons pleinement de lancer un grand plan sur plusieurs années. Les objectifs restent les mêmes : favoriser la qualité et les secteurs de pointe plutôt que le jetable, développer une plus grande production domestique pour ne pas dépendre à l’avenir des nations étrangères, tant pour les technologies du quotidien que pour l’ensemble de notre production industrielle et de services.


Quelles formes cela va-t-il prendre ?

Nous allons augmenter de 50 % d’ici cinq ans le nombre d’ingénieurs diplômés chaque année, ce qui concerne des spécialités comme la robotique, l’informatique, l’énergie pour ne citer qu’elles. Dès les prochains mois, la puissance publique va investir 20 milliards de Woodies Crown, en partenariat et en complément avec le secteur privé, afin d’amorcer une dynamique de changement. Cela ne creusera pas le déficit car nous savons que nous aurons un retour sur investissement. Nous nous appuierons sur nos partenaires étatiques ou privés, en achetant des brevets ou en co-détenant des industries sur notre sol, à l’image du partenariat construit avec Hardenbor et Westalia dans l’automobile. Dans cette logique, le matériel informatique sera davantage produit sur notre sol, malgré une importation nécessaire de matières premières. Dans les Compagnies Royales - ferroviaire, maritime, du bois - les secteurs “recherche et développement” seront agrandis. Tout sera annoncé dans les détails en temps et en heure.


Vous avez parlé de secteurs dans lesquels le savoir-faire du Royaume est reconnu. Dans le bois, la pêche, les produits alimentaires finis, Brocelynwood est exportateur net mais parfois en concurrence avec d’autres nations. C’est la raison pour laquelle vous avez voulu adhérer au Label des Produits Aleuciens développé par le Pontarbello, l’Akaltie et l’Icamie ?

Nous n’avons jamais eu besoin d’un label en soi pour que notre qualité soit connue et reconnue. Dans beaucoup de pays du monde, les connaisseurs recherchent le mobilier en bois brocélien, pour ne prendre que cet exemple. Cependant, nous savons bien que pour le grand public, dans la psychologie de l’acte d’achat, la mention d’un label peut être déterminante entre plusieurs produits. C’est ce qu’il se passera notamment pour les achats de la vie courante, comme le poisson en supermarché. Donc à partir du moment où ce label existait et mentionnait le nom de notre continent, il était cohérent de nous y intéresser et que nos produits n’en soient pas exclus.


Sauf que votre adhésion semble battre de l’aile, ce que vous avez vous-même dénoncé dans un communiqué le 17 mars dernier. Vous demandiez a minima à ce que le nom du label évolue. La situation a-t-elle changé depuis ?

En quelque sorte. Alors non : Pontarbello, l’Icamie, l’Akaltie n’ont apporté aucune réponse, garantie ou le moindre signe d’évolution. Nous regrettons qu’il n’y ait pas eu d’honnêteté dès le départ. Il s’agit d’un label fait par des pays dits “natifs” et qui ne sera qu’éventuellement ouvert à d’autre pays eux-mêmes natifs. C’est la conclusion à laquelle nous avons abouti. Là-dessus, c’est leur liberté. Mais nous contestons politiquement et juridiquement le terme “Aleucie” qui constitue une distorsion de concurrence déloyale.
D’autant que ce n’est pas le seul problème. Je dirais même que notre non-adhésion est finalement plutôt un mal pour un bien.


Où voulez-vous en venir, Monsieur Berryn ?

Nous n’avions pas accès aux détails du label mais à mesure que les informations sont connues publiquement, plusieurs questions se posent.
Quels sont les premiers produits labellisés ? Du tabac, des cigares, des produits alcoolisés. Alors que nous essayons de promouvoir des comportements favorables à la santé et de responsabiliser les individus, ce label se construit contre la santé publique à l’échelle mondiale. Il vise à donner une image qualitative et positive de substances qui augmentent la mortalité et causent des pathologies. Malheureusement pour ces pays, je crains que cela ne finisse par se retourner contre le label et qu’il ne soit pas si bien perçu dans les autres parties du monde. Un mode de vie basé sur les seuls plaisirs simples et immédiats n’est pas un modèle partagé par tous.
Nous avons aussi pu constater que la qualité spécifique ne peut réellement être démontrée, avec un cahier des charges assez opaque. Les trois États sont d’accord pour agréer mutuellement leurs produits et s’auto-promouvoir, mais cela ne peut s’apparenter à une procédure qualité stricte avec des “contre-pouvoirs” et un regard critique. La supériorité qualitative des biens concernés n’est donc pas impossible mais pas certaine, et il y a même un risque que personne n’ait intérêt à relever des vices potentiels.


Dernière question, Monsieur Berryn. Comment voyez-vous votre avenir après le 2 juin, lorsque le Roi renouvellera les Secrétariats Royaux ?

Le Roi est souverain de ses choix. Malgré mon âge avancé, je suis prêt à poursuivre ma mission. Nous avons un excellent bilan, une économie dynamique, et je crois y avoir contribué à mon niveau. Mais cela ne dépend pas de moi et j'accepterai la décision quelle qu'elle soit.
7220
Dans : L’Opinion de Brocelynwood
Il s’agit d’un quotidien conservateur, critique envers la Monarchie, proche des idées du Parti Républicain

Déroulement, enjeux, suites : tout comprendre à une semaine des élections de l'Assemblée Unique
26 mai 2019

Urne vote

Après des mois de campagne, nous y sommes ou presque : dans précisément une semaine, ce 2 juin 2019, 8 millions d’électeurs brocéliens seront appelés aux urnes pour le seul scrutin national du Royaume des sept dernières années.
Une fois l’ensemble des dépouillements effectués, dans la nuit du 2 au 3 juin, nous connaîtrons le visage précis de l’Assemblée Unique pour la période 2019-2026, soit la XXIIIème législature.
L’Assemblée Unique compte 61 membres, avec 5 membres qui seront de nouveau désignés directement par le Roi, 1 membre élu par les plus de 100 000 électeurs de la communauté Alderii, et 55 membres élus directement dans les 55 circonscriptions que compte le pays. Le vote est uninominal à un tour, ce qui signifie simplement que le candidat arrivé en tête est élu, y compris si son score est apparemment “faible”, et sans tenir compte du taux d’abstention.
Notre journal sera en édition spéciale toute la journée du dimanche 2 juin, puis publiera au fil de la soirée et de la nuit les résultats de chacune des circonscriptions. Lundi 3 juin, vous retrouverez dans nos colonnes toutes les analyses et décryptages de ce moment qui peut être un tournant dans l’Histoire du pays.


Quel résumé de la campagne et des enjeux du scrutin ?

La question de la popularité des partis politiques dépasse largement celle des élections en tant que telles. Il y a maintenant près d’un an, les annonces du Roi et des Secrétaires Royaux à propos de la non-adhésion à la Communauté Continentale Paltoleucienne (CCP) et de la création de l’Organisation Internationale pour le Protestantisme (OIP), les débats autour de la loi sur les investissements nationaux et même le lancement du championnat de football ont été une série d’évènements et polémiques politiques nationales s’inscrivant déjà dans la perspective des élections.

Mais il y a clairement un acte fondateur de la campagne électorale : la tribune exclusive des leaders des Partis Républicains et Libéraux, Leonard Raymond et Victor Arkwright, dénonçant le caractère non démocratique des institutions du Royaume de Brocelynwood. En réaction, le Roi a dû s’engager à accorder un processus de révision constitutionnelle en cas de majorité y étant favorable. C’est à ce moment-là que Républicains et Libéraux ont conclu leur accord de circonstance assumé, voulant tenter le tout pour le tout pour arracher arithmétiquement une majorité à l'Assemblée, dans un contexte de large remise en question de la Monarchie dans le pays.
C’est donc devenu la grande question du scrutin : le Parti Royaliste en sortira-t-il de nouveau majoritaire, comme il l’a toujours été dans notre Histoire ? Il est improbable qu’un autre parti ait la majorité absolue à lui seul mais si les Royalistes étaient minoritaires face aux autres partis, ce serait effectivement une première en 23 assemblées uniques.
Les sondages semblent montrer que le Parti Royaliste serait en mesure de conserver sa majorité, largement avantagé par les 5 membres désignés directement par le Roi, mais l’issue du scrutin reste incertaine.

En 2019, les thèmes de la campagne ont été assez habituels - économie, société, morale, sécurité - avec un point culminant que fut le Grand Débat Télévisé du 21 avril, ce qui n’avait encore jamais été vu à Brocelynwood. Malgré l’important moment démocratique que fut ce format inédit, il est resté entaché par le fait d’avoir offert une tribune exceptionnelle au Parti Communiste et son leader Bram Strake, alors que s’était installé jusque-là un consensus selon lequel ce n’est pas un parti comme les autres. En coulisses, on a aussi appris que le divorce était consommé entre Philip Morland (Parti Royaliste) et le Monarque, du fait de différences d’approche stratégiques - dont ce débat - et surtout des ambitions personnelles du premier, prêt à tout pour être le prochain Premier Secrétaire Spécial du Roi.

Les questions de politique militaire et internationale sont restées en toile de fond, à la fois importantes aux yeux de tous, et malheureusement “sans valeur” puisque ce sont des domaines qui ne relèveront pas du champ de compétences direct de l’Assemblée.


Quoi surveiller le 2 juin et les jours suivants ?

Ce n’est pas ce dont on parle le plus souvent mais le sujet mérite qu’on s’y arrête quelques instants : un scrutin national est toujours un défi logistique et humain, même s’il est généralement relevé haut la main. Les professions de foi et bulletins de vote sont acheminées par millions, les urnes sont installées et vérifiées avec précaution, les listes doivent être prêtes sans la moindre erreur possible. Le Jour J, des milliers d’agents publics et bénévoles tiennent et président les bureaux de vote, assurent des rôles d’accueil et d’assesseurs, puis procèdent aux dépouillements. C’est le cas de John, qui a déjà tenu le Bureau de vote n°12 dans la circonscription de Percyval en 2005 et 2012 : “ce n’est qu’une fois tous les sept ans et c’est un moment tellement important pour le pays, il faut bien que des personnes s’y collent, vérifient que tout se passe bien, qu’il n’y a pas de triche… je ne me vois plus rester les bras croisés chez moi… et en principe tout va bien, mais il faut juste que des personnes soient là. La démocratie, c’est tout ça aussi, pas seulement mettre le bulletin dans l’urne, même si c’est déjà très bien ! ”.

A l’annonce des résultats, tous les yeux seront évidemment rivés sur la majorité absolue (31 sièges), assurée ou non aux royalistes. Quand bien même ce camp la conserverait, plusieurs points importants seront regardés de près : le parti royaliste a-t-il perdu des sièges et est-il majoritaire sans les membres nommés directement par le Roi ? Les Républicains et les Libéraux gagnent-ils des sièges grâce à leur accord ? La gauche radicale rentre-t-elle à l’Assemblée, y compris le Parti Communiste ? Quels sont les chiffres dans l’abstention ?

Pour les jours suivants, il faut distinguer a minima deux cas de figure, selon que la majorité absolue soit aux mains des royalistes ou non.
Dans ce dernier cas, on entrerait dans une ère de relative inconnue. Le cas ne s’est jamais présenté et qu’il est difficile de savoir comment nos institutions s'adapteront, à commencer par ce qui est aux mains du Roi lui-même. Une part des conséquences dépendra de ses interprétations de la lettre de la Constitution, des coutumes institutionnelles et du consentement donné en retour par le champ politique. En premier lieu, tiendra-t-il parole sur le fait de convoquer une réforme constitutionnelle ? Si oui, selon quelles modalités et avec quelles marges de manœuvre ? Mais la question centrale reste de savoir comment il tiendra compte de la composition de l’Assemblée Unique pour constituer son exécutif en nommant les Secrétaires Royaux. A priori, aucun mécanisme ne l’oblige à nommer d’autres personnes que ses proches, indépendamment de la composition de l’Assemblée Unique. Mais pourquoi est-il d’usage de nommer l’ensemble des secrétaires royaux à chaque élection si ce n’est pour prendre en compte les choix des électeurs ? Selon les décisions de Johnlyn IV, plusieurs récits pourraient s’affronter et être alors à l’origine de vives tensions politiques, avec un Royaume risquant qui plus est de s’éloigner une fois de plus des pratiques démocratiques d'usage dans le monde. A terme, la situation peut de toutes manières mener à des blocages puisque l’exécutif dépendra de votes de l’Assemblée Unique selon les domaines pour mener la politique souhaitée.
Si les Royalistes conservent la majorité, les questions de casting occuperont les esprits et les discussions de café pendant plusieurs jours : qui est reconduit ou non ? Qui occupera la fonction symbolique de Secrétaire Royal à la Politique Étrangère et aux Armées ? Melvin McBride a-t-il toujours la confiance du Roi pour le portefeuille du Culte ? Et surtout, Aldric Rowanstone restera-t-il Premier Secrétaire Spécial du Roi, ou le Roi devra-t-il céder devant le trublion Philip Morland ? Plus concrètement pour le quotidien des brocéliens, quelles sont les grandes décisions qui se mettront en place rapidement, issues du programme Morland ? Le Roi suivra-t-il la promesse de Philip Morland, annoncée sans concertation préalable pendant le débat, d’un référendum sur la peine de mort ?
Nous aurons bientôt toutes les réponses et L’Opinion de Brocelynwood sera au cœur de cette actualité politique foisonnante.
12192


Bandeau



Dans : Facts from Brocelynwood agency
Cette agence de référence rapporte les principales informations, a priori fidèlement et sans parti pris idéologique majeur


Direct : les informations de la journée électorale en temps réel
2 juin 2019

Jour de vote


Ce live est terminé. Merci de l'avoir suivi.


23h12 : le Parti Libéral réagit aux résultats dans un bref communiqué

Plutôt qu'une déclaration publique du leader Victor Arkwright, le Parti Libéral a choisi la voie du communiqué pour réagir aux résultats des élections à l'Assemblée Unique : le parti "salue la campagne des militants et candidats du Parti Libéral menée par Victor Arkwright, ayant permis de doubler notre nombre de membres au sein de la principale instance démocratique du pays" mais "regrette une majorité toujours tenue par le camp royaliste, quoiqu'affaibli, qui ne permettra pas de libérer notre démocratie, notre économie et notre société, le tout englué dans des réflexes passéistes, moralistes et protectionnistes".


22h50 : Leonard Raymond (Parti Républicain) annonce sa démission de la tête du parti

Devant quelques journalistes, l'actuel leader du Parti Républicain a fait une brève déclaration : "Les résultats montrent que notre diagnostic est le bon. Malgré tous les avantages que leur apporter le système et qu'ils tentent par tous les moyens de conserver, les royalistes ne cessent de reculer et entrainent avec eux le pays dans leur lente et douloureuse descente. Concernant le parti républicain, nous perdons deux sièges, mais l'accord avec les libéraux permettant aux deux partis d'en avoir un de plus au total. Mais je n'ai pas pour habitude de me cacher derrière mon petit doigt ; c'est bien en-deçà de ce que nous espérions au lancement de la campagne. Notre parti va devoir trouver une nouvelle dynamique, et ça ne pourra plus se faire avec moi comme chef de parti.".


22h34 : Jared Fenlow (Parti du Peuple) : "Les brocéliens demandent un renouveau démocratique et social"

Le Parti du Peuple envoie trois membres à l'Assemblée Unique, dont une des deux circonscriptions de la capitale Wynterhall : "Les résultats du Parti du Peuple et du Parti Communiste pris dans leur ensemble sont bien au-delà des projections et démontrent que les travailleurs et salariés de ce pays en ont assez d'être pris entre les étaux capitalistes et royalistes. Ils ont aujourd'hui envoyé le message qu'ils veulent s'émanciper. Si on ajoute à cela la chute libre du Parti Royaliste, scrutin après scrutin, et l'abstention particulièrement élevée, nous ne pouvons que faire le constat d'un système à bout de souffle. Les brocéliens demandent un renouveau démocratique et social, et nous pouvons être sûrs qu'ils n'attendront pas encore sept ans sans changements profonds.".


22h20 : Communiqué du Palais Royal - Allocution télévisée du Roi ce mardi à 19h

Dans un communiqué transmis à la presse peu après 22h, le Palais Royal de Wynterhall a annoncé que Sa Majesté le Roi Johnlyn IV s'exprimera à la télévision ce mardi 4 juin à 19h à propos "de la vie politique nationale et de la situation en Aleucie". Selon des sources proches du Monarque, le Roi pourrait à cette occasion annoncer la liste des nouveaux Secrétaires Royaux, en partie renouvelés après les élections, et réagir au différend qui oppose le Royaume de Brocelynwood à la Présidente de la République d'Icamie.


22h09 : Bram Strake (Parti Communiste) - "Ce n'est que le début de la prise de pouvoir des travailleurs"

Le Parti Communiste est galvanisé par des résultats supérieurs aux attentes. Le leader Bram Strake s'est exprimé peu après l'annonce des résultats de toutes les circonscriptions : "Nous avions 0 membre à l'Assemblée Unique. Il y a un an, tout le monde espérait que nous soyons rayés de la carte politique du Royaume de Brocelynwood. Puis les projections disaient qu'on pouvait espérer 1 élu, puis 2, et puis peut-être 3. Au final, nous sommes arrivés en tête dans CINQ circonscriptions, dont la ville de Percyval. Le peuple ouvrier fait une entrée tonitruante à l'Assemblée Unique et, je vous le dis, ce n'est que de le début de la prise de pouvoir des travailleurs. Car chacun le sait, tout ne se joue pas dans les campagnes électorales et dans l'issue des élections. Ce n'est que le symptôme d'une colère qui monte, qui gronde. Demain, pas moins qu'hier, la lutte se poursuivra. Et ceux qui la mènent sauront qu'ils peuvent maintenant compter sur cinq camarades qui, à leur niveau, feront entendre leur voix au sein de cette Assemblée."


22h01 : Philip Morland (Parti Royaliste) - "Nous sommes majoritaires, envers et contre tous"

Devant les militants royalistes, le leader du Parti Royaliste Philip Morland a revendiqué la victoire de son camp : "Ils se sont tous ligués contre nous, nous étions la cible à abattre, mais nous sommes majoritaires, envers et contre tous. Ils chercheront à minimiser. Ils auraient voulu que nous soyons majoritaires grâce aux représentants du Roi non élus, comme s'ils n'avaient pas de valeur. Mais non. Encore raté. La démocratie a parlé, nous sommes toujours là, et nous allons appliquer notre programme, jusqu'au bout. La population brocélienne n'a pas voulu de réforme institutionnelle. Il n'y aura pas de réforme institutionnelle. La population brocélienne veut conserver le protestantisme au cœur de notre société et de notre système politique. Le protestantisme gardera sa juste place. Les brocéliens veulent des milices citoyennes contre les désordres du quotidien. Il y aura des milices citoyennes. Et il y aura de la fermeté contre toute forme de violence, peu importe au nom de quelle prétexte elle s'exerce. Les brocéliens veulent que nous conservions notre morale, nos modes de vie, que nous agissions pour une politique nataliste ambitieuse. Nous allons prendre des mesures en ce sens, et vite !"


21h58 : L'évolution des dynamiques de la campagne électorale jusqu'aux résultats

Pour consulter les détails des résultats par circonscription et les graphiques dynamiques, cliquez ici

graphiques


21h55 : La composition de la nouvelle Assemblée unique connue dans sa totalité

Assemblée Unique 2019

Le camp royaliste reste majoritaire, dans la configuration la plus resserrée de l'Histoire du Royaume. Le Parti Communiste et le Parti du Peuple font leur irruption dans l'assemblée législative, tandis que le camp dit "centre-droit" est stable, mais dans une configuration qui donne une place plus importante au Parti Libéral.


21h12 : Majorité absolue atteinte pour les Royalistes !

A mesure que les résultats des circonscriptions semi-urbaines / semi-rurales sont tombés, les explosions de joie se sont faites entendre du côté des sympathisants royalistes. Double objectif atteint : le camp royaliste est officiellement assuré de conserver la majorité absolue (31) des membres de l'Assemblée Unique ainsi que la majorité absolue des membres élus (28) pour le Parti Royaliste en tant que tel.


20h44 : Les Royalistes proches de la majorité absolue

Les dépouillements ne sont pas encore terminés dans 15 circonscriptions sur 55. Le Parti Royaliste comptabilise 23 élus sur 40 sièges déterminés a cette heure. Avec les 5 représentants nommés par le Roi, le camp royaliste est donc à seulement 3 membres de la majorité absolue de l'Assemblée Unique (31). L'effervescence monte au QG de campagne national du Parti Royaliste à Hollowford.


20h15 : Grosse surprise à Wynterhall 1 avec la victoire du Parti du Peuple

La circonscription était promise au Parti Républicain, mais c'est le Parti du Peuple qui l'a emporté contre toute attente dans une des deux circonscriptions de la capitale du Royaume de Brocelynwood. La deuxième circonscription de la capitale est logiquement remportée par le Parti Libéral.
A Brumeforest, le Parti Royaliste l'emporte, alors que les observateurs émettaient l'hypothèse que le camp royaliste auraient dû mal à s'étendre dans l'urbain au-delà d'Hollowford.


19h58 : 13 circonscriptions sur 23 pour le Parti Royaliste

A mesure que les résultats officiels sont annoncés, le camp du Roi semble bien en mesure de se diriger progressivement vers une majorité, notamment porté par la ruralité.
Plusieurs victoires symboliques sont à cependant mettre au crédit des autres partis, comme le Parti Libéral qui représentera la circonscription de la deuxième ville du pays Tintellin Cove, et le Parti du Peuple qui crée la surprise en remportant la circonscription rurale n°51.
Cliquez ici pour voir le détail des élus par circonscription en temps réel.


19h35 : La ville de Percyval remportée par le Parti Communiste

Les résultats commencent à tomber dans plusieurs circonscriptions urbaines, dans lesquelles le Parti Républicain était largement favori. Le parti de Raymond l'a effectivement emporté à Dunsfeld et Alderash, mais la ville de Percyval a été gagnée par le Parti Communiste d'une courte avance.


19h21 : Le Parti Communiste sera représenté à l'Assemblée Unique

Pour la première fois, le Parti Communiste aura un représentant à l'Assemblée Unique du Royaume de Brocelynwood. C'est le choix des électeurs dans la circonscription semi-urbaine/semi-rurale n°22. Hollowford, ville pro-royaliste, a bien élu un représentant issu du Parti Royaliste.


19h08 : Les premiers résultats sont tombés dans 4 circonscriptions rurales

Le Parti Royaliste l'a emporté dans circonscriptions n°39, 45 et 48, tandis que le Parti Républicain conserve la circonscription n°43. Ces premières issues sont globalement conformes aux attentes.
Cliquez ici pour voir le détail des élus par circonscription en temps réel.


19h02 : Eliam Tarek Naluwé réélu par la communauté Alderii

Largement favori, Eliam Tarek Naluwé, représentant Alderii à l'Assemblée Unique, a été réélu à 69 %, malgré un taux d'abstention particulièrement élevé puisque seuls 49 000 des 108 000 inscrits sur les listes électorales se sont déplacés. E. Tarek Naluwé n'est affilié à aucun parti traditionnel de la classe politique brocélienne, mais ses votes sont généralement estimés proches des positions du Parti du Peuple.


19h00 : L'abstention est de 44,68 %

Le chiffres définitif de l'abstention est désormais connu et s'élève à 44,68 % (soit 55,32 % de participation). La participation au seul scrutin national des sept dernières années, qui a donné lieu pour la première fois à un débat électoral télévisé entre les cinq principaux protagonistes, est donc bien en-deçà de ce qui était attendu. Cette donnée sera intéressante à analyser au regard des résultats définitifs, afin de savoir quelle dynamique elle aurait enrayé.


18h10 : Les enjeux de la soirée électorale

La principale question sera de savoir si le camp royaliste conserve sa majorité et à quelle hauteur, puisque le Parti reste largement favori et peut compter sur le soutien de 5 membres supplémentaires directement nommés par le Roi. L'accord entre Libéraux et Républicains n'a pas permis d'enrayer suffisamment la dynamique royaliste d'après les projections, mais il reste à voir comment cela se traduira en termes de résultats. Le Parti du Peuple et la Parti Communiste ont des chances de faire leur entrée à l'Assemblée Unique, après une campagne à la faveur des Communistes et ce, malgré le rejet massif d'une large partie de la classe politique.
Avant le début des dépouillements, on estime que dans les 55 circonscriptions, le Parti Royaliste obtiendra 31-32 sièges (39 à ce jour), 11 pour le Parti Républicain, 7 pour le Parti Libéral, 3 pour le Parti Communiste, 2 pour le Parti du Peuple.


17h33 : Les premiers bureaux de vote ont fermé


Plusieurs millions de brocéliens ne peuvent plus voter depuis 17h30. La fermeture des bureaux de vote va s'échelonner jusqu'à 19h, heure à laquelle nous connaîtrons le chiffre définitif de l'abstention. Les premiers résultats tomberont quelques minutes plus tard, mais il faudra encore attendre pour voir se dessiner les tendances.


15h59 : Icamie - Réaction du leader du Parti du Peuple


A la sortie du bureau de vote, Jared Fenlow a souhaité dire quelques mots concernant les récents développements entre le Royaume de Brocelynwood et la République Fédérative d'Icamie : "Les premières déclarations ciblant l'ensemble des protestants n'honoraient absolument pas Madame Takashima. Je sens maintenant beaucoup de fierté de part et d'autres, et il est très dommageable que la Présidente n'accepte pas de présenter des excuses, si ce n'est pour notre Monarque, a minima pour les protestants du monde entier. Cela étant dit, son message de ce matin ouvre la voie vers des relations plus apaisées, et on ne peut en effet pas nier la responsabilité historique des colons aleuciens sur les communautés indigènes du continent, ni la situation rétrograde des femmes dans notre pays."


15h15 : Icamie - Johnlyn IV réagit de nouveau


Dans une très brève déclaration, Johnlyn IV a réagi aux nouveaux propos de la Présidente icamienne sur le réseau social Echo International : "Nous notons que Madame Takashima continue dans ses provocations à l'encontre du Royaume de Brocelynwood et de ma personne, espérant un flottement du pouvoir en cette période électorale. Je peux vous assurer que la nouvelle équipe de Secrétaires Royaux sera très rapidement nommée et ne courbera pas l'échine devant la Présidente de la République de l'Icamie". Kuñambuku Takashima s'en était précédemment prise directement à la communauté protestante, provoquant des réactions indignées unanimes de toute la classe politique brocélienne et de certains représentants de sa propre Fédération.


12h00 : 20,79 % de participation à la mi-journée

C'est une première surprise de cette journée électorale. Les chiffres de la participation ont été révélés par le Secrétariat Royal à l'Ordre Public et ils ne sont que de 20,79 % à la mi-journée, ce qui est très faible. En fin de journée, l'abstention pourrait être autour de 50 %. Selon les circonscriptions, les bureaux de vote fermeront entre 17h30 et 19h.


11h31 : Premières données de la participation à midi

Les chiffres de la participation à la mi-journée seront connus à 12h. Ils sont attendus entre 20% et 30% et donneront une première indication sur l'abstention potentielle pour ce scrutin.


7h30 : Ouverture des bureaux de vote

Plus de 8 millions d'électeurs et électrices sont appelés à voter aujourd'hui dans 55 circonscriptions pour renouveler les membres de l'Assemblée Unique pour les sept prochaines années. Dans l'Histoire du pays, la majorité absolue a toujours été acquise par le camp royaliste.
0
Pays concerné : Royaume de Brocelynwood
Date : 5/06/2019
Localisation : Wynterhall

Dépêche AGP :

Les élections de l’Assemblée Unique du Royaume de Brocelynwood se sont tenues ce dimanche 2 juin 2019, et l’abstention a été particulièrement élevée, à 44,68 %. Le camp royaliste demeure majoritaire, totalisant 35 membres sur les 61 que compte au total l’Assemblée législative, mais perd 9 élus par rapport à 2012. Le résultat est décevant pour les partis de centre-droit (Parti Libéral et Parti Républicain), qui restent à eux deux stables malgré l’accord qu’ils ont conclu pour ne présenter qu’un candidat par circonscription. Leonard Raymond a rapidement annoncé sa démission de la tête du Parti Républicain. L’élection est une réussite pour la gauche, qui finit au-delà des projections, et rentre à l’Assemblée avec 5 élus issus du Parti Communiste et 3 issus du Parti du Peuple.

Le 4 juin en soirée, dans une allocution télévisée, le Roi a énoncé trois grandes priorités pour les mois à venir : la politique familiale et nataliste, le lancement du grand plan “Pour un Royaume des Nouvelles Technologies 2026” et la question de la politique étrangère, affirmant que les brocéliens ne sont pas “hermétiques aux dangers en provenance de l’extérieur”. Il a ancré ces défis dans une optique conservatrice visant à “conserver notre identité, nos valeurs, le sens de notre Histoire commune.

Le Roi a annoncé la liste du nouvel exécutif brocélien, qui sera emmené par Edmund Valemont, son gendre, nouveau Premier Secrétaire Spécial du Roi. Aldric Rowanstone occupera maintenant un rôle davantage de l’ombre, en tant que proche conseiller du Roi et Chef du Parti Royaliste, en remplacement de Philip Morland. Ce dernier occupe une nouvelle fonction de Chef des Services de Renseignement. Il faut enfin noter que le Secrétariat Royal à la Politique Etrangère et aux Armées, toujours tenu par Stephen Philipps, est étoffé avec l’arrivée de l’ex-ambassadeur à Westalia, Julian Westbridge, qui occupera le rôle de Secrétaire Royal aux affaires aleuciennes. Cela s’inscrit dans un contexte de fortes tensions toujours en cours entre le Royaume et l’Icamie, et alors que le sort des femmes à Brocelynwood a été débattu lors des derniers jours de campagne électorale de la Grande Assemblée de la République de Duve.


Sources :

10614
Dans : Le Progrès
Journal généraliste classé à gauche, proposant des analyses sociales et politiques. Assez peu lu.

Recomposition politique, durcissement du pouvoir, redéfinition de la politique étrangère : Brocelynwood à un tournant
12 juin 2019

Assemblée Unique


Recul des royalistes, échec du LibRep, percée de la gauche

Le recul du Parti Royaliste était annoncé puisque la question d’une absence de majorité royaliste commence à se poser dans la vie politique brocélienne depuis quelques années. Mais l’absence de surprise et la majorité suffisante finalement obtenue ne doit pas empêcher d’énoncer ce fait : le Parti Royaliste recule élection après élection, et il a encore perdu 9 sièges en sept ans. Dans une Assemblée Unique qui compte 61 membres dont 55 élus, le delta est conséquent. De plus, le résultat final est encore en-deçà des dernières estimations et, globalement, des projections les plus basses annoncées au cours de la campagne électorale. Les représentants royalistes dans leur ensemble choisissent évidemment d’occulter ce constat, et à l’inverse, capitalisent sur le fait majoritaire pour légitimer une action politique s’inscrivant dans la continuité et certainement même encore plus dure. Philip Morland a été particulièrement explicite sur ce point, quelques minutes seulement après l’annonce des résultats : “la démocratie a parlé, nous sommes toujours là, et nous allons appliquer notre programme, jusqu’au bout”. L’annonce de la nouvelle équipe de Secrétaires Royaux s’inscrit aussi dans cette logique, comme nous tenterons de l’analyser plus loin dans cet article.

De son côté, l’alliance LipRep visait la majorité, ou devait a minima mettre en échec une majorité royaliste. Dans un vote commun avec les représentants de la gauche, une majorité se serait dégagée pour réclamer une réforme des institutions. La vie démocratique de notre Royaume en aurait de toute façon été bouleversée avec une telle composition de l’assemblée législative. Mais le résultat final est une énorme déception. L’alliance entre les partis Libéraux et Républicains, les amenant à ne présenter qu’un candidat pour les deux partis dans chaque circonscription, n’a entraîné aucune dynamique de campagne. Pire, elle a certainement eu un effet extrêmement contre-productif, à tel point que les partis ne semblent aucunement bénéficier du moindre impact mathématique. Le Parti Républicain perd 2 élus, tandis que le Parti Libéral en gagne 3. Au-delà du résultat globalement négatif, est-ce le signe d’un accord trop défavorable au Parti Républicain ? Pas nécessairement, puisque l’accord lui-même tenait compte d’une dynamique politique dans laquelle le Parti Libéral gagnait en popularité tandis que la situation était plus complexe pour le Parti Républicain. Il est d’ailleurs probable que le Parti Libéral puisse rebondir assez facilement en vue de l’avenir, assis sur sa ligne réellement centriste au regard des autres offres politiques. En effet, Victor Arkwright assume une idéologie pleinement pro-capitaliste mondialisée, à l’opposée de la gauche c’est certain, mais qui diffère aussi suffisamment du Parti Royaliste. Sur le plan institutionnel et sur les questions dites “sociétales”, le parti a aussi son identité propre, assumée, populaire auprès d’une partie de la population plus diplômée et visant la réussite économique.
Le Parti Républicain est davantage dans une impasse, qui pourrait amener à une restructuration du champ politique. Ce parti est issu du Parti Brocélien, et a longtemps constitué la seule opposition à la ligne monarchiste dure. La situation est aujourd’hui différente, et le Parti peine à se démarquer avec un conservatisme, un anticommuniste, et une ligne économique proche du Parti Royaliste. Il prône évidemment un changement institutionnel majeur face aux royalistes, mais cela peine à mobiliser l’électorat au-delà de sa base. En face, d’autres partis portent des projets plus cohérents, plus complets et plus en rupture avec le camp royaliste. Le Parti Républicain devient donc une cible facile, accusé d’être proche de la politique royaliste mais “déçu” de ne pas avoir les rênes du pouvoir. Il y a donc de vrais enjeux de fond que le Parti Républicain va devoir trancher en interne après la démission de son leader Leonard Raymond. Il n’est pas exclu que cela conduise à un éclatement ou une nouvelle scission du parti le plus ancien de Brocelynwood, créé en 1923.

Habituellement, nous savons à quel point la gauche peine à exister dans le débat public brocélien et en est réduite au néant électoralement. Elle n’en est pas pour autant absente de l’Histoire du pays, notamment lors des luttes communistes et syndicales de la seconde moitié du XXème siècle. Récemment, le Parti Communiste peinait à se faire entendre, tandis que le Parti du Peuple commençait à se faire une place et espérait avoir a minima un élu à l’Assemblée Unique. Encore en novembre 2018, les projections estimaient que les deux partis de gauche pouvaient rassembler 1 à 2 élus dans le meilleur des cas. L’ascension des deux partis de gauche, et notamment du Parti Communiste, a été fulgurante tout au long de la campagne électorale, jusqu’au jour du scrutin. L’élection de 3 représentants du Parti du Peuple et 5 représentants communistes, si elle ne bouleverse pas tous les équilibres, représente une percée significative de la gauche, qui pourrait s’amplifier grâce à la tribune et la légitimation que constitue l’Assemblée Unique. Le fait que les deux partis soient en ascension, malgré leurs divergences idéologiques et stratégiques, semble démontrer une véritable attente en lien avec leurs dénominateurs communs. Il pourrait ainsi présager une montée des tensions en lien avec la question sociale, devant un Parti Royaliste qui propose au mieux la charité protestante. De son côté, le Parti Libéral exclue cette question, ou tente de la relier directement aux intérêts des propriétaires capitalistes en prônant la libération de l’économie. Très concrètement, le “score” du Parti Communiste est aussi la résultante d’un travail de proximité, mené y compris et principalement en milieu rural, sur lequel le parti va tenter de s’appuyer pour dynamiser ses luttes bien au-delà des élections. Il faut enfin ajouter les victoires hautement symboliques - dans des circonscriptions urbaines promises au Parti Républicain - du Parti Communiste à Percyval, et du Parti du Peuple dans Wynterhall 1. En définitive : la gauche est officiellement (ré)apparue sur la scène politique de notre pays.


Les lignes bougent... mais la ligne royaliste ne dévie pas

Un parti royaliste en net recul, une gauche en net rebond, et en centre-droit en berne mais qui peut tout gagner à clarifier sa ligne. Ce constat global ne démontre pas un soutien sans conditions du pays à la politique portée par le camp du Roi. Mais le discours de Morland durant la soirée électorale comme l’allocution télévisée du Roi deux jours plus tard montrent bien toute la volonté à la fois de poursuivre et même d’amplifier leur politique. Johnlyn IV a cité trois défis et enjeux prioritaires que sont la démographie, l’économie / la technologie, et la politique étrangère. Face à ces défis, il apporte quelques réponses techniques et assez volontaristes en ce qui concerne l’innovation technologique, mais pour le reste prône un “retour aux sources”, à l’ordre moral, et soit un repli, soit un rejet devant tout ce qui pourrait constituer une menace potentielle. Il est très explicite à cet endroit, affirmant que la finalité est de “conserver notre identité, nos valeurs, le sens de notre Histoire commune”, tout en s’adaptant. Il a ensuite cité tout ce qui devrait selon lui continuer à structurer toute la société et vie politique brocélienne : la place centrale de la religion protestante, l’ordre et la tranquillité publique, le modèle économique.

Cette cohérence est visible dans les nominations qu’il a ensuite égrené. En premier lieu, plusieurs postes clefs sont inchangés par rapport à 2012 : Cornelius Osborne à l’Ordre Public, Joe Berryn à l’économie, Stephen Philipps à la politique étrangère, et également Kennedy George (Famille), Julian Bridges (Education), Payne (Affaires sociales). Le seul départ est aussi symptomatique, avec le remplacement de Melvin Mcbride du Secrétariat Royal au Culte par le Reverend Augustus Whtilock. Le Roi fait ici clairement le choix d’un durcissement religieux et moral puisque Whitlock représente une image extrêmement conservatrice, dure, froide, “à l’ancienne”, tandis que McBride avait un style plus décontracté qui tranchait justement avec sa fonction et la tradition des hautes sphères du Royaume. Le Monarque nomme par ailleurs Edmund Valemont à la fonction de Premier Secrétaire Spécial du Roi, numéro 2 de l’Etat. Valemont n’est autre que le gendre de Johnlyn IV. Là où une partie non négligeable de la classe politique et de la population a des attentes fortes de changements institutionnels, de pratiques politiques plus modernes, ouvertes, le message est là aussi clair : le pouvoir se replie dans une logique parfaitement monarchique et dynastique au premier degré. Quant à l’ex Premier Secrétaire Spécial du Roi, Aldric Rowanstone, sa nomination comme proche conseiller et chef du parti royaliste a des allures de dévalorisation. Il ne serait pas étonnant que cela soit vécu comme un recul par le premier concerné, mais pour le Roi il s’agit au contraire d’une marque de confiance et de l’importance qu’il donne maintenant à la fonction. La réponse intransigeante du Roi malgré les difficultés électorales du Parti Royaliste risque de créer quelques remous et débats au sein du parti. Rowanstone semble ainsi être la personne compétente pour tenir les équilibres et garantir la ligne, tout en étant parfaitement loyal au Monarque. La page Morland devait être tournée, après qu’il ait pris de plus en plus d’autonomie et notamment depuis le lancement de la campagne électorale.

L’autre enjeu qui traverse à la fois la nouvelle composition de l’exécutif, le discours du Roi et l’actualité politique des derniers jours, ce sont les questions internationales et notamment en Aleucie. La logique plutôt protectionniste et de repli du Royaume évolue de plus en plus ces derniers mois, volontairement ou malgré lui. Brocelynwood rejette bien tout cadre multilatéral et agit effectivement comme tel. Mais sa façon de défendre ses intérêts prend une acception de plus en plus large. Le Royaume ne fait pas que renforcer la défense de sa côte ou répliquer en cas d’atteinte directe de ses intérêts nationaux. Il anticipe de plus en plus tout ce qui pourrait constituer le développement de menaces potentielles, allant jusqu’à mener de véritable croisades idéologiques : contre le Navasota et son dialogue avec les communautés autochtones, contre le label aleucien “trop indigéniste”, ou encore s’inquiète de tout renforcement du communiste dans d’autres pays du continent. En réaction, le Royaume est de plus en plus scruté sur le continent, à tel point que le Brocelynwood a été l’origine de controverses dans la campagne électorale duvoise, jusqu’au jour du vote.
La composition de l’exécutif traduit cette tendance, avec le renforcement du Secrétariat Royal à la Politique Étrangère et aux Armées, à la tête duquel Stephen Phillipps est renforcé, et sera de plus appuyé par une fonction dédiée aux affaires aleuciennes mené par Julian Westbridge. Edmund Valemont sera moins impliqué lors des rencontres internationales que Rowanstone, mais la “continuité entre les enjeux nationaux et internationaux” est bien au cœur de sa feuille de route. Cela permet de renforcer le pôle “Politique Etrangère” et Stephen Philipps lui-même, qui deviendra plus central à l’image de ce que représente Takajiwa à Westalia. Quant à Philip Morland, il n’a pas disparu, bien au contraire. S’il a perdu le bras de fer pour devenir Premier Secrétaire Spécial du Roi, un compromis a été trouvé. Malgré le conflit politique et interpersonnel, le Roi a estimé que le style peu conventionnel de Morland conviendrait à une nouvelle fonction de “Chef des Services de Renseignement”.
Cette évolution apparaît comme étant assez inquiétante. Le durcissement politique serait doublé d’une place plus centrale accordée aux activités de renseignements, laissant présager une augmentation des actions d’intrusion et d’influence au sein du Royaume comme à l’étranger. Il s’agit d’une nouvelle modalité potentielle de glissement autoritaire, sans garde-fou, au cœur d’un État peu contrôlé et d’une démocratie électorale très faible et fragile.
0
Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

La radicalisation de la Monarchie qui rêve d’un futur axe avec Hardenbor
11 août 2019

Tensions Brocelynwood / Westalia

Deux mois après les élections de l’Assemblée Unique du Royaume de Brocelynwood et quelques jours avant les présidentielles à Westalia, les situations politiques des deux pays ex-austariens tendent à se répondre, quand bien même elles continuent bien sûr à différer grandement.


Un contexte westalien qui accélère le programme royaliste

Le chaos continue de régner dans les rues westaliennes à un niveau jamais vu depuis des années voire des décennies. Au sein du Royaume, rien de tel ne peut encore être constaté, mais il serait illusoire et risqué d’affirmer qu’un tel contexte est impossible. Dans l'espace public, les relations entre communautés sont en apparence calmes, à défaut d'être pleinement apaisées : c’est du moins l’impression générale perçue à partir des événements qui franchissent le mur du son médiatique. Mais cette réalité pourrait se détériorer à mesure que l’exécutif lui-même envenime des tensions interethniques historiques.

Pourtant, les grandes réalités démographiques du pays ne sont pas comparables avec Westalia. Le poids de la communauté blanche-protestante est écrasant à Brocelynwood, et le peuple Alderii représente moins de 2% de la population, bien moins que les Hamajaks à Westalia. De manière générale, la Grande République présente un visage beaucoup plus multiculturel.
Par ailleurs, c’est l’assassinat d’Eisendorf par le terrorisme hamajak qui a marqué le début des hostilités, tandis qu’aucun évènement ou même activité suspecte d’ampleur n’ait pu être attribuée à la communauté alderii a Brocelynwood.
Ces différences de configuration et de contexte conduisent-elles la communauté blanche à se sentir moins menacée par les brocéliens descendants de peuples natifs ? Il se trouve que la réalité matérielle n’a qu’un impact limité sur les représentations. Les électeurs brocéliens ont donné la majorité absolue, bien que de manière atténuée, au Parti Royaliste, qui a produit un programme et tenu un discours particulièrement dur à l’encontre des Alderii. Lors du Grand Débat du 21 avril, Philip Morland présentait expressément la communauté alderii de façon nettement menaçante et déshumanisée, liant directement nation hostile et ennemis de l’intérieur sur la base de l’appartenance ethnique : “lorsque demain nous aurons l’Akaltie qui viendra armer des hordes d’Alderii, il sera trop tard pour réagir’.
Au-delà des discours, la Constitution du Royaume distingue deux communautés, mais continue bien à consacrer leur égalité. C’est certainement une garantie avec laquelle le pouvoir royal “fait avec” plutôt qu’il continue à défendre. Mais ce principe constitutionnel n’empêche pas les attaques de l’exécutif envers les natifs, y compris hors contexte électoral. Tirant profit de la situation à Westalia, l’Ordonnance Royale “relative à la sécurité du Royaume et à la lutte contre les activités délictuelles, criminelles et terroristes”, signée ce 27 juillet 2019, met en application les mesures les plus radicales du programme Morland. Cette situation est paradoxale quand, dans le même temps, Belagri a au contraire fait le choix pour Westalia de favoriser l’apaisement et des dispositions allant à l’encontre de l’exclusion des hamajaks de la communauté nationale. La situation à Westalia est tellement détériorée que cela risque de ne pas être suffisant à court-terme. A Brocelynwood, la question se pose en des termes différents : la Monarchie n’est-elle pas ici du camp de ceux qui posent les fondements d’une détérioration de la situation ?


Une Ordonnance Royale faisant craindre une nouvelle légitimation des violences et discriminations

C’est en des termes policés que l’Ordonnance crée des “Groupements Citoyens d’autodéfense chargés des gestes de première protection” ou “GCAB”. La notion de “gestes de première protection” crée un parallèle volontaire avec les “gestes de premiers secours”, créant une image valorisante, purement réactionnelle et défensive du dispositif. Mais il s’agit de la simple mise en application du principe de “milices citoyennes” défendu par Morland pendant la campagne. Les GCAB sont supposés favoriser l’apaisement et la sécurité sur les territoires grâce à l’implication des habitants, en complément et sous le contrôle de la Police Royale. Dans les faits, leur rôle est assez peu limité et encadré, alors que “les atteintes et agressions aux membres des GCAB sont considérés comme des facteurs aggravants”. Le champ d’intervention des GCAB est large, puisqu’ils pourront user de la force physique pour interrompre un crime ou un délit (bien que “de manière proportionnée”) mais aussi “de tout acte préparatoire en vue de les commettre”, ce qui crée les conditions d’interventions particulièrement soumises à l’arbitraire. Les conséquences pourraient s’avérer fatales, puisque ces milices seront équipées “d’armes contondantes”, donc de matraques.

Outre la multiplication des caméras de vidéosurveillance, les autres mesures de l’Ordonnance vont également dans le sens d’atteintes aux libertés publiques, de commerce, et associatives sur des fondements idéologiques. La dissolution des associations et groupements est facilitée, selon des critères paraissant justes mais pouvant volontairement être interprétés de manière très souples : “envisageant comme modalité d’action des actes violents à l’encontre des personnes ou des détériorations de biens, dans le cadre de ses écrits ou de ses réunions”. L’article suivant mentionne expressément les milieux qui feront l’objet de contrôles renforcés : les idéologies communistes, mais aussi l’ “indigénisme, le décolonialisme, le soutien à une nation hostile au Royaume de Brocelynwood”, faisant peser le risque d’atteinte à la liberté d’expression par une pression autoritaire et policière.

Dans les secteurs habités ultra-majoritairement par la communauté Alderii, notamment dans les quartiers pauvres de Tintellin Cove, ce sont les dispositions de l’article 9 qui sont particulièrement craintes. Elles pourraient créer les conditions d’une persécution injustifiée de la communauté Alderii. L’avant-dernier article de l’Ordonnance royale prévoit en effet la “fermeture ou dissolution administrative” des lieux d’accueil ou groupement dont “l’accès” est “interdit à la communauté protestante”. La subtilité et la différence viennent de la notion d’accès “implicitement interdit”, définie selon un “faisceau d’indices” : “objet incompatible avec l’accueil de protestants, absence d’adhérents/usagers/clients protestants sur une période de temps significative”.
Isawé, gérante d’un café dans les quartiers alderii de Tintellin Cove, fait déjà l’objet d’une telle procédure et explique, les yeux humides, la problématique : “les gens sont heureux de se retrouver ici après avoir travaillé dur toute la journée au port, et moi j’accueille tout le monde ! ils ont voulu parquer tous les alderii dans les mêmes endroits, nos maisons sont presque en tôle, et maintenant ils veulent enlever notre activité, les endroits pour se retrouver, parce qu’on serait qu’entre nous ? On nous punit deux fois”.
Or c’est dans les mêmes secteurs que la volonté de se constituer en milice citoyenne prend forme. Sur ces territoires, la délinquance est perçue comme venant exclusivement des alderii, et menaçant les classes populaires et moyennes protestantes. Le risque que le rôle préventif et de diagnostic de GCAB laisse rapidement place à une volonté de vengeance, d’en découdre, voire de persécution, est palpable.

Selon la volonté politique, les décisions policières et administratives de la Monarchie pourraient s’appliquer de façon arbitraire, auquel s’additionnerait un arbitraire oppressif de certaines franges radicales de la population, indirectement encouragées par le pouvoir. En réaction, des collectifs alderii s’interrogent sur leurs propres moyens d’autodéfense, nécessairement en dehors du cadre légal. De part et d’autre, le tout crée une situation hautement dangereuse et inflammable.


Les implications d'une victoire de la droite dure à Westalia

Cette radicalisation du pouvoir royaliste est d’autant plus possible que ce dernier, selon les analystes, prédit et espère une victoire d’Hardenbor aux élections présidentielles qui se tiendront dans quelques jours à Westalia.
Fin 2018 et début 2019, les soubresauts avec le Navasota et l’Empire de Stérus ont démontré que le Royaume pouvait se trouver un peu esseulé sur le continent dans sa fuite en avant “anti-natifs”. En effet, les deux principaux et puissants alliés de Brocelynwood, l’Empire du Nord et la Grande République de Westalia, n’ont pas suivi sans conditions les batailles diplomatiques et idéologiques du Roi et ses Secrétaires Royaux. Avec une présidence du leader de droite radicale Hardenbor, l’alignement serait beaucoup plus rectiligne. Cela pourrait d'autant plus se combiner par un retour du populaire Ministre des Affaires Etrangères de droite Henry Takajiwa, avec qui le Royaume a une très bonne entente, malgré sa ligne plus favorable au libre échange. Il demeure que le Traité d’ampleur signé en septembre 2018 aurait certainement été conclu de manière moins fluide avec un gouvernement 100% “belagriste” de centre-gauche. Pour la petite histoire, le nouveau Secrétaire Royal aux Affaires Aleuciennes, Julian Westbridge, est lui aussi personnellement proche de la Grande République et de ses figures de droite en tant qu’ex-Ambassadeur du Royaume à Westalia jusqu’à il y a quelques semaines.

Il demeure que les enjeux pour les deux nations ex-austariennes et leurs communautés natives sont grands. Hardenbor et Valemont pourraient mutuellement s’entraider à avoir les mains libres dans leurs politiques répressives, tout en laissant s’installer et sévir des mouvements ultra-radicaux et violents dans les rues de leurs pays respectifs. Mais si cette situation, à la fois déjà réelle par certains aspects et hypothétique, perdure, la question de la réaction de la communauté internationale va se poser. Les nations dites “natives” vont-elles avoir une forme d’implication pour défendre les communautés indigènes des pays ex-coloniaux ?
Si un axe Hardenbor-Valemont s’avérait devenir une réalité en provoquant l’effondrement d’un certain nombre de garde-fous et équilibres actuels, c’est jusqu’à l’échelle du continent que les conséquences pourraient finir par se faire ressentir.
Haut de page