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AGP

Pays concerné : Royaume de Brocelynwood
Date : 9/10/2018
Localisation : Wynterhall

Dépêche AGP :
Dans une grande Tribune publiée le 3 octobre dans The Brocelynwood Ledger, les leaders des partis Républicain et Libéral, pourtant concurrents, tirent à boulets rouges sur la Monarchie de Brocelynwood qui ne serait “pas une démocratie”. Leonard Raymond et Victor Arkwright considèrent que malgré les apparences, “les institutions sont verrouillées”. Selon eux, les modalités d'élection de l'Assemblée Unique favorisent systématiquement le Parti Royaliste, empêchant toute alternance. Au-delà de ce constat, les deux partis d'opposition certifient que, dans tous les cas de figure, l'essentiel du pouvoir resterait dans les mains du Roi, la Constitution ne l'obligeant en rien à laisser un autre parti gouverner ou réellement décider. Le camp royaliste n'a pas encore réagi. Mais un sondage de l'institut Brocélien des Statistiques indique que deux tiers de la population partagerait ce constat, souhaitant que le Roi engage une révision constitutionnelle. Fait rare, la tribune invite même les partenaires internationaux à mettre la pression sur le Royaume, leur demandant "d’inclure la question démocratique dans les conditions de base à la signature de nouveaux accords".

Sources :
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Dans : The Brocelynwood Ledger
Ce journal est très "pro-business" et proche des idées du Parti Libéral

Stérus annonce une nouvelle politique d’ouverture vis-à-vis des populations indigènes : des réactions et interrogations à Brocelynwood
16 octobre 2018

Bulle BD

C’est par un communiqué publié ce début octobre que l’Impératrice de Stérus a annoncé un virage important dans la politique vis-à-vis de sa population autochtone. La portée symbolique est majeure puisque le préambule des réformes reconnaît explicitement la responsabilité passée de la nation dans des “pratiques barbares et inhumaines”. Les mesures visent à soutenir financièrement les populations dans leur retour sur leurs terres d’origines, y compris par le rachat de terres, à mettre en valeur la culture indigène via la mise sur pied de musées. Mais l’impact dépasse les frontières de l’Empire : une bourse est mise en place pour attirer des étudiants aleuciens d’origine indigène en les aidant y compris dans l’accès au logement, et des aides financières pourront être “activées afin de financer des associations et organisations Stérusiennes comme étrangères, sans distinction de nationalité, pourvu qu’elles défendent les intérêts des peuples indigènes.”


Les réactions des partis d’opposition : entre soutien et méfiance

Une telle évolution de la part de dirigeants descendants de colons n’est pas la pratique la plus classique sur le continent aleucien, mais elle est probablement salutaire et la résultante de la mobilisation des premiers concernés à faire reconnaître leurs droits depuis des dizaines voire des centaines d’années.

C’est en tout cas la réaction, bien évidemment, d’Eliam Tarek Naluwé, alderii le plus connu du Royaume en sa qualité de représentant de sa communauté à l’Assemblée Unique : “aujourd’hui je suis heureux pour le peuple stérusien et nos communautés, je me battrai chaque jour pour que le Royaume de Brocelynwood suive un jour ces traces, au lieu d’opter pour la surenchère contre nous ; la Constitution dit que nous sommes tous égaux mais ce n’est pas du tout la réalité, donc nous ne pouvons que nous féliciter de mesures qui montrent que l’on peut améliorer notre condition, et les relations entre communautés de toutes origines”.
Les réactions ont également été favorables du côté du Parti Libéral et du Parti du Peuple, formations politiques qui incluent dans leurs programmes des mesures visant à étendre les droits du peuple Alderii, constitué aujourd’hui d'environ 150 000 personnes au sein du Royaume (principalement dans les secteurs de Tintellin Cove et Alderash). Victor Arkwright, leader du Parti Libéra,l espère que “Stérus fera la démonstration que le racisme d’Etat systématique n’apporte rien de bon ; il faut parfois regarder en face certaines erreurs du passé pour avancer, plutôt que vouloir reproduire la même logique délétère… car peut-être que nous allons perdre de jeunes talents dans les prochaines années, mais nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous-mêmes”.

La réception est moins enthousiaste du côté du Parti Communiste, qui voit dans ce débat “des oppositions de principe stériles qui arrangent bien les détenteurs des moyens de production”. Le Parti Communiste s’inquiète en effet de la division de ceux qu’il identifie comme les “travailleurs”, et met en cela dos à dos, aussi bien le racisme que les mouvements indigènes qui le combattent. Aucun ne priorise la lutte des classes, perçue par le parti comme la mère des batailles.

Le Parti Républicain, dans sa volonté de se dissocier des royalistes, continue à tenir un discours “d'entre-deux”. Les républicains n’ont jamais vu d’un œil très bienveillant les revendications politiques des autochtones mais veulent se différencier du pouvoir royal qui tient aujourd’hui une ligne politique et argumentative très dure vis-à-vis des Alderii et plus globalement des peuples indigènes d’Aleucie. L’équilibriste Leonard Raymond, leader du parti, a proposé cette parfaite synthèse : “nous comprenons en partie le sens de la démarche de l’Impératrice de Stérus, car nul ne peut se passe d’ouverture et le dialogue, cependant nous devons être particulièrement attentifs aux revendications qui se multiplieraient ; il ne s’agit pas de permettre la prise de pouvoir de populations pour se repentir de leur maltraitance passé”.


La réaction du Royaume : quelles hypothèses ?

Mais surtout, les yeux se tournent maintenant du côté des royalistes, décideurs ici et représentant le Royaume à l’étranger. L’hostilité de ce camp, et du Roi en particulier, vis-à-vis des revendications des autochtones voire de la communauté elle-même, ne fait pas de doute. Mais rien ne permet de savoir avec précision ce que les annonces de l’Impératrice de Stérus vont engendrer.
Il est nécessaire de développer une analyse à plusieurs niveaux tant cela peut susciter de l’ambiguïté.

Ces nouvelles réformes stérusiennes peuvent être vues selon leurs impacts uniquement intérieurs. Dans ce cas, les autres Etats dont le Royaume n’ont pas à se sentir particulièrement concernés. Mais la réalité n’est pas aussi catégorique : il est très probable que le Roi voit aussi d’un mauvais œil une politique qui donne un nouvel élan et une nouvelle légitimité aux revendications des populations autochtones. Stérus contribue à imposer une lecture historique qui est celle des indigènes, alors que de nombreux chefs d’Etat, dont le nôtre, s’évertuent à construire des contre-récits. Cela ne peut donc que susciter une crainte de contagion des idées qui atteigne le Royaume et radicalise des mouvements contestataires.

Mais les conséquences directes des mesures sont déjà une réalité.
Il serait en effet très surprenant que l’officialisation de financements “d’organisations étrangères (...) défendant les intérêts des peuples indigènes” ne fasse pas sortir de leurs gonds de nombreux responsables politiques du continent, à commencer par le Monarque Johnlyn IV. L’appui à des associations d’intérêt général sera probablement considéré comme un risque d’ingérence étrangère directe.
Par ailleurs, l’esprit de la politique d’ouverture agrégée à des aides financières directes, par exemple d’étudiants, pourraient constituer un appel d’air auprès de populations autochtones du continent cherchant leur salut au sein d’un territoire plus accueillant. S’il ne faut jamais surestimer la facilité pour des familles à migrer de nations en nations au gré des politiques publiques, c’est effectivement une possibilité lorsqu’il y a trop à perdre à rester. Il est à craindre que cette conséquence soit perçue par la Monarchie comme une externalité positive, facilitant une forme de “nettoyage ethnique” qui ne dirait pas son nom et ne nécessiterait pas d’y assumer une quelconque responsabilité. Ce cynisme présenterait cependant quelques limites, puisque les travailleurs alderii occupent aujourd’hui des emplois essentiels à la vie économique. Les spécialistes interrogés s'accordent à dire que les postes ne seraient pas si aisés à remplacer à court et moyen terme.

Preuve qu’une société saine a besoin du concours de chacun pour bien fonctionner ; mais il n’est pas certain que ce soit la morale retenue prochainement par Johnlyn IV au moment de prendre ses décisions.
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Dans : Le Progrès
Journal généraliste classé à gauche, proposant des analyses sociales et politiques. Assez peu lu.

Elections 2019 : vers un accord Libéraux / Républicains ?
1er novembre 2018

Morland / Arkwright

Onze ans après la scission, le Parti Libéral et le Parti Républicain sont éloignés sur beaucoup de sujets. Mais comme l’a montrée la tribune signée communément par les leaders des deux partis, ils sont aujourd’hui confrontés à un intérêt commun. Et cela est d’autant plus vrai depuis que le Palais Royal s’est engagé à un processus de révision constitutionnelle en cas de majorité y étant favorable à l’Assemblée Unique en juin 2019. Parvenir à arracher une majorité contre les Royalistes devient donc une priorité absolue, mais le parcours est et sera en tout point semé d’embûches.


Toutes les pistes sont ouvertes

Leonard Raymond (Parti Républicain) et Victor Arkwright (Parti Libéral) vont se rencontrer discrètement pendant la première quinzaine du mois de novembre. Selon toute vraisemblance, la piste d’un accord électoral sera évoquée. Si les deux leaders y sont favorables, l’issue reste incertaine.

Le spécialiste Olivier Duemel partage cette analyse :
L’accord est aussi proche que les deux partis sont éloignés, pour une raison simple : au-delà de leurs convictions démocratiques, si ces partis veulent continuer à exister, à espérer avoir un jour prendre le pouvoir, ils ont un intérêt vital à ce que les règles du jeu évoluent. J’évalue donc à 80% la probabilité que les deux aboutissent à un accord. Le plus certain est qu’il y ait des tractations pour aboutir à un seul candidat libéral ou républicain par circonscription, chacun gardant son programme. Il n’est pas complètement exclu qu’ils décident de se présenter sous une même bannière, dans le cadre d’une alliance avec un programme commun. Cela dépendra du calcul stratégique qu’ils vont faire. Dans tous les cas, les négociations s’annoncent complexes”.

Si l’issue semble aller dans le sens d’une forme d’accord électoral, Raymond et Arkwright devront chacun faire face à des mécontentements dans leurs propres camps.

Depuis sa rupture avec le Parti Républicain en 2007, le Parti Libéral fonde son identité sur le modernisme économique et sociétal. C’est bien ce projet qui galvanise les militants. Anciens membres du Parti Républicain ou plus récemment investis dans la vie politiques, les adhérents et sympathisants se représentent le Parti Républicain comme le "vieux Brocelynwood", incapable de penser la libération de l’économie, le développement de nouveaux secteurs, continuant à placer la religion au centre de tout et défendant au mieux le statut quo pour les minorités. “Comment bâtir le moindre compromis, faire campagne pour ces gens ? Ce sera sans moi”, entend-on en marge des réunions locales.

Du côté des Républicains, on continue à se percevoir comme la seule opposition réellement puissante et légitime face aux Royalistes. L’Histoire parle pour ce parti, resté effectivement pendant des décennies comme seule opposition. Beaucoup de membres voient l’émergence du Parti Libéral et du Parti du Peuple comme une parenthèse anecdotique. Avec un accord, ils craignent donner une légitimité et un élan supplémentaires au Parti Libéral. En “off”, un cadre s’exprime : “On doit battre le Parti Royaliste, je suis d’accord. Mais nous sommes aujourd’hui les mieux placés pour le faire. Ce n’est pas un parti d’élites urbaines avec zéro ancrage rural qui va lever les foules du Royaume de Brocelynwood. 11 des 12 circonscriptions urbaines sont déjà hors de portée du Parti Royaliste, ils en remporteront 3-4 comme maintenant, très bien, puis on travaillera ensemble sur la question institutionnelle, inutile d’aller plus loin”.
Mais du côté de Leonard Raymond et ses conseillers, on ne veut surtout pas sous-estimer à quel point le scrutin uninominal majoritaire à un tour est aujourd’hui une machine à favoriser le Parti Royaliste.


S’allier aujourd’hui pour remettre les blocages à plus tard ?

Malgré ces contestations et inquiétudes réelles, une forme de réalisme pousse à voir l’éventualité d’un accord électoral de circonstance comme la seule issue possible. Mais pour faire quoi ? Essayons d’évaluer les différents scénarios et les enjeux de demain.

Si le camp royaliste était mis en minorité, ce qui demeurera extrêmement compliqué à réaliser dans tous les cas de figure, le Roi devrait tenir sa parole : engager un processus de révision constitutionnelle. Or à ce jour, aucune indication n’existe sur les échéances, les modalités et son ampleur. Le Roi aura tout intérêt à en faire un pétard mouillé, à moins que la pression soit trop forte, peut-être même depuis l’aile dite “progressiste” du Parti Royaliste.
Si l’éléphant accouche d’une souris, est-ce que Parti Républicain et Parti Libéral ne vont pas en ressortir affaibli ? Tout aura été misé sur l’enjeu institutionnel pendant des mois, au prix d’un manque de clarté sur les sujets du quotidien.

Or Républicains et Libéraux auraient à eux deux la majorité absolue à l’Assemblée Unique. Mais que pourront-il faire de cette majorité faite “de bric et de broc” pendant sept annnées ? Au-delà de leur haine commune du communisme et du royalisme, les différences vont vite surgir. Si des enjeux progressistes arrivent à l’agenda, par exemple sur les droits des femmes ou des minorités, le Parti Républicain sera face à des alternatives inextricables : voter avec les royalistes selon ce qui semble être leurs convictions profondes, ou être solidaires de leurs collègues partenaires, voire élus sous une même bannière. Quand bien même des vagues compromis sont construits en amont, la réalité mène souvent à ce que des élus poussent fortement leurs idées plutôt que suivre incessamment des consignes de vote.

Dans le cas où les institutions changent plus en profondeur, la logique voudrait qu’un retour aux urnes s’organise. Ce serait certainement la situation idéale, puisque le Parti Libéral et le Parti Républicain pourraient décider de repartir dans une nouvelle configuration selon la situation et le type de scrutin.
Dans tous les cas, avec ou sans nouvelles élections, si la future Constitution révisée le permet enfin, les deux partis pourraient être amenés à assurer le pouvoir exécutif.
Là encore, il est difficile d’imaginer sur quelles bases. Les sujets de discordes sont nombreux. Prenons l’exemple de la politique étrangère : actuellement, elle revient de toute façon pleinement au Roi. Dans le cas très hypothétique où un exécutif issu de l’Assemblée Unique y aurait un rôle, on cerne difficilement la capacité des Libéraux et Républicains à parler d’une même voix.
Le Parti Républicain est attaché à l’idée de grandeur, à une vision long-termisme au sein de laquelle il est primordial que Brocelynwood joue une place centrale, puissante.
Le Parti Libéral souhaite évidemment défendre les intérêts de Brocelynwood, mais veut s’inscrire dans les multiples espaces multilatéraux, et développer de manière exponentielle le commerce et le libre-échange.
Sans compter que tant que Brocelynwood demeure une Monarchie, le Roi continuera à jouer un rôle dans la politique étrangère. Cela promet de belles réunions de travail en perspective entre Johnlyn IV, Raymond et Arkwright. Mais nous en sommes encore très loin…


Les réactions des autres partis

Philip Morland est le Premier Conseiller du Roi et Président du Parti Royaliste. Ses apparitions publiques vont être plus récurrentes dans ce contexte de campagne électorale. Il s’est exprimé sur les perspectives d’accord Républicains / Libéraux : “ils tentent de faire comme dans les bonnes vieilles assemblées de par le monde, faire des petites tambouilles d’appareil pour prendre le pouvoir, mais on ne sait pas bien pour en faire quoi puisqu’ils ne votent presque jamais ensemble”.

De son côté, Jared Fenlow du Parti du Peuple essaie de prendre de la hauteur : “[i]Nous sommes fermement opposés au parti libéral, mais il exprime une vision claire. Le Parti Républicain brouille aujourd’hui les pistes en captant une partie de l’opposition au royaliste tout en partageant beaucoup ; ils empêchent un débat lisible. Ils s'opposent aux royalistes, mais pour faire quoi ?”

La campagne est bien lancée, mais il faudra encore attendre au moins quelques jours pour y voir un peu plus clair.
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