06/11/2018
21:56:03
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[Lermandie–Karty] Une rencontre après la guerre civile kartienne ? - Page 2

Gouverneure Angèle Orlovski

AlinéaAngèle, d'accoutumée si calme et patiente, semblait prise d'une émotion divergente. Même elle, la tête de pont, la représentante, la proue de Karty, la diplomate et la femme d'excellence, n'en pouvait plus de cette attitude. Même elle, était nourrie d'un sentiment de déception. De la déception envers ce partenaire qu'était autrefois la Lermandie, qui a juré sur l'honneur la présence militaire Kartienne, pour la remettre en cause quelques mois après. Même elle, consciente de la réalité instable à bien des échelles pour sa patrie, était sincèrement étonnée d'une attitude si aléatoire, une trajectoire à l'image d'une girouette sur un clocher. Elle s'étonna, par dessus le marché, d'apercevoir que le Président Lermandien ne prenait pas en compte l'avis Kartien, non pis encore, il ne l'écoutait pas. Angèle, ou la Commissaire à la Défense, avait expliqué et même répète divers arguments et positions, inlassablement ignorés par l'Excellence Duval. Angèle décida, finalement, d'imiter ce comportement...

Gouverneure Angèle Orlovski-"Excellence Duval, vous parlez, à juste titre, 'des besoins changeants de votre pays'. Cependant, une entrevue sert précisément à étudier et mettre en commun les besoins des deux parties, non d'une seule. C'est pourquoi me voilà étonnée, étonnée de voir que l'axe Kartien n'est pas réellement pris en compte. Vous dites que nous ne pouvons réduire notre coopération lorsque vous 'ajustez', et c'est là le mot employé, les effectifs de notre base. Outrepassons le caractère unilatéral, cet 'ajustement' vise une réduction, vous en conviendrez. De ce fait, la Lermandie est libre et souveraine de réduire sa coopération que tel axe, ici celui du complexe Kartien. Par conséquent, nous sommes tout autant légitime à réduire notre coopération sur un autre niveau, pourquoi donc la République Fédérale viendrait-elle vous appuyer sur un événement à très fort risque, nous parlons là de nous engager contre une nation. Aussi, cette demande n'est appuyée d'aucun accord ratifié, je ne vois en l'état aucune ligne de nos accords qui nous dicterait de nous positionner directement à l'encontre Akaltienne. Recentrons le sujet à la base militaire, vous affirmez qu'elle ne fut porteuse d'aucun élément concret, ce à quoi je rétorque le simple effet dissuasif, l'absence de tension directe montre bien que cette infrastructure a dissuadé quelque intervention. Cependant, votre sentiment est contraire. Soit, je l'entends. Que la diplomatie ne soit pas immobile, je le concède. Cela ne justifie aucunement, pour autant, une attitude instable, hasardeuse et sans continuité. En tout et pour tout, Excellence, vous dites vouloir réduire la présence Kartienne, j'accède à cette demande. Il paraissait une soixantaine d'appareils à ce complexe, me semble-t-il, ils seront réduits à une vingtaine, une réduction de plus de moitié. Je n'ai, en l'état, aucun point à ajouter."
Le Président Duval resta de marbre face aux propos tenus par la gouverneure kartienne. Certes, elle avait accepté une réduction des effectifs, mais elle refusait tout renforcement de la coopération en matière de renseignement, un engagement pourtant évoqué lors du sommet de Karty en juillet 2017, à une époque où Karty traversait de fortes difficultés diplomatiques en raison de la guerre en Eurysie centrale.
Dans ce contexte, l’objectif du chef de l’État lermandien, à savoir la création d’un nouveau traité plus équilibré, n’était pas atteint, ce qui plaçait désormais les avantages diplomatiques du côté de Karty.


Dans ces conditions, le Président Duval n’était plus motivé pour défendre le traité, ni devant le Parlement, ni devant l’opinion publique, d’autant plus que des pressions extérieures en faveur de son abrogation commençaient à se faire sentir.
Il n’avait pas non plus apprécié que la Lermandie soit qualifiée d’« instable », alors que Karty venait tout juste de sortir d’une guerre civile, malgré le soutien diplomatique constant de la Lermandie envers le Royaume de Teyla. Autant dire qu’il se préparait à accepter sans résistance la future décision du Parlement concernant la fin du traité.


Michel Duval: "Madame la Gouverneure, je comprends que vous soyez frustrée par notre changement de posture. Mais puisque vous avez refusé d’accepter une renégociation du traité, parce que cela ne sert pas vos intérêts, je ne vois pas comment je pourrais le défendre devant le Parlement, même si vous avez accepté la réduction des effectifs tout en maintenant le traité actuel.
Au demeurant, puisque l’une des deux parties n’est pas ouverte à la négociation, je ne vois pas comment maintenir ce traité tel quel devant un Parlement qui, très probablement, le contestera.
Sur ce, je vous remercie d’être venue en Lermandie et je vous souhaite une très bonne continuation."
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