21/08/2018
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La Guerre des Ombres / Vöynÿa n Kÿyerneyta - Page 2

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Département de la Presse Nationale Antarienne


Date de la Dépêche: 6 Août 2018
Pays Concerné: Antares
Code d'Identification DPNA: AS-00917



Dépêche du DPNA:

Après les bombardements subis par la ville de Robaltes ainsi que le siège dans la ville de Henne, le gouvernement a décidé de mettre en place une zone humanitaire dans la ville de Roncevaux pour y acceuillir les victimes des deux camps, les civils et les rescapés du conflit. Alors que ceux-ci font toujours rage, cette nouvelle stratégie vise à regagner du contrôle sur la situation ainsi que apporter du soutier et des réponses au reste de la population antarienne.

Quand à l'aide étrangère, elle a été demandée à plusieures nations alliés d'Antares selon le gouvernement, tel que Karty ou Everia, ou encore Slaviensk seront présents pour apporter du soutien à Roncevaux.

Côté gouvernement, les insécurités montent dans le rapport entre celui-ci et la MIRA. En effet, les rapports demandés par ce dernier n'ont toujours pas reçu de réponse et les insécurités montent. Des membres des partis de droite dénoncent déjà l'organisation, tandis que d'autres abordent une approche plus prudente.


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[♠] Huÿyamÿnen
Kapöli 2: Intervëntiö


Nörä Köwnatör
Nörä Köwnatör




Les Pavés n'avaient jamais été aussi froids malgré le climat estival de la région Henne. Les soldats Corvuns portaient des écharpes parfois, bien que ce soit aussi pour se protéger d'éventuels éclats d'obus.

La MIRA avait débuté le bombardement de positions à Henne, positions majoritairement civiles, pour démoraliser les soldats corvuns. Ils avaient ramené une partie des cannons tractés qui restaient positionnés dans les hauts plateaux, la majorité d'entre eux étant stockés à Henne et à Robaltes et désormais tombés aux mains de l'exercice corvun. En effet, l'arsenal balistique et artilleur ainsi que la Pyrotechnie nationale étaient justement implantées dans ces zones là, grâce à l'expansion du géant industriel Riaa, premier et seul producteur de ce type de matériel dans le pays. Mais une grande partie du stock d'obus restait inaccessible car en dehors de la ville de Henne, en d'autres mots de l'autre côté du siège. Ainsi était la situation: Un côté n'avait pas de cannons mais grand nombre de munitions, tandis que l'autre avait tous les cannons mais un nombre limité d'obus.

Le quartier des Pavés trouvait ainsi son importance stratégique car lieu de la ville le plus proche du stock d'obus important de l'entreprise Riaa. Celle-ci ayant décidé de supporter l'arsenal corvun, elle s'était vue expulsée de ses propres lieux par la MIRA le jour même de la déclaration, nombreux sont ceux qui ont fui de l'autre côté vers l'intérieur du siège.

Et pourtant, la MIRA continuait de grignoter lentement du terrain dans cette partie de la ville. Bâtiment par bâtiment, tous les jours ils repoussaient de peu la frontière du siège.

En cette matinée du 8 Août, une figure se tient en haut d'une barricade improvisée, haute de quelques mètres et assez large pour complètement barrer l'accès à cette rue. Devant elle, d'autres barricades similaires. Et au fond, des véhicules blindés de la MIRA.

Cette figure, c'était la figure principale de l'armada corvienne. C'était nulle autre que Nörä Köwnatör.

Fille du leader du mouvement de résistance, elle s'était démarquée ces derniers mois pour ses opérations agressives et stratagèmes sophistiqués qui ont permis à elle et son armée de sécuriser une grande partie de la ville de Henne même en position désavantageuse. Elle dominait les attaques mécanisés, le combat de ville et de guérilla, savait exploiter les faiblesses ennemies et avait une vision d'ensemble d'un champ de bataille toujours très précise.

Pourtant, comme toute grande figure, elle avait son talon d'Achille. Un talon d'Achille important. Elle supposait toujours que ceux qu'elle avait en face auraient fait preuve d'humanité.

Alors qu'elle regardait depuis sa position, l'un de ses conseillers se présenta devent elle au rapport.

"Ma Commandante, le régiment est équipé. Nous sommes prêts à lancer l'assaut."

Cela faisait maintenant quelques jours qu'ils comptaient récupérer les Pavés à nouveau et les sécuriser de manière définitive. L'objectif était de priver la MIRA du stock d'obus et reprendre le contrôle sur l'ensemble de la ville, ainsi que de sévèrement limiter la puissance véhiculaire de l'ennemi. Il fallait aussi pouvoir rassembler les troupes dans cette partie sensible de la ville et dédier le reste à la sécurisation des civils et le début des évacuations vers la zone humanitaire, les autorités corviennes avaient déjà contacté les représentants de la Croix Bleue pour procéder à ces déplacements. Il ne faillait plus que donner le feu vert. Et c'est ce que Nörä fit.

Cinq minutes plus tard, elle se tenait dans un champ de bataille silencieux, un revolver à la main. Devant elle, ses soldats avançaient lentement, en silence. Ils n'avaient pour l'instant rencontré que quelques équipes de patrouilles qu'ils avaient éliminé sans pertes et sans sonner d'alarme. Ils s'infiltraient ainsi silencieusement à travers les pavés. Plus haut et sur les deux côtés de la rue, des soldats démolissaient des cloisons pour passer d'appartement en appartement, de bâtiment en bâtiment, laissant derrière eux des tireurs aux fenêtres qui veillaient à leurs compatriotes plus bas.

L'attaque était silencieuse. Elle regrignotait doucement ce qui avait déjà été grignoté par la MIRA plus tôt. Bientôt, ils allaient arriver au coeur du quartier des Pavés.

Soudain, une explosion importante brisa le silence d'un vacarme meurtrier. Tous dans la rue se mirent à terre et couvrirent leur tête et oreilles. Plus haut au dessus de leur têtes, le dernier étage de l'un des bâtiments qu'ils venaient de sécuriser avait été pulvérisé. Avant qu'on ne puisse diagnostiquer la nature de la secousse, une seconde explosion se manifesta, cette fois aux deuxième étage de l'autre côté de la rue. Puis une troisième plus loin.

On ne comprenait pas ce qu'il se passait. Les appartement explosaient les uns après les autres. Nörä regarda ses frères tomber des bâtiments, s'embraser, agoniser. C'était une surprise. Une mauvaise surprise.

Soudain, depuis le troisième étage d'un bâtiment à l'avant, un homme cria.

"Mines !! Ils ont miné les appartements !!"

Soudain, ils prirent tous peut. Peur de faire un pas de plus. Peur d'avancer. Des mines. Sans doute l'une des armes les plus horribles dans ce contexte de guerre civile. Assez pour figer une armée sur place. Nörä en particulier avait peur. Peur d'avoir marché dans une embuscade. Peur de s'être fait prendre à son propre jeu.

Derrière eux, des bâtiments où ils se tenaient il n'y a même pas quelques minutes explosèrent soudainement. Le bruit était si intense qu'il fut assez pour faire vibrer les poumons de tous ceux qui se tenaient dans la zone. Des poussières commencèrent à s'élever dans le ciel tel un nuage sinistre présageant la mort. À mesure que l'explosion se calmait, les structures des deux cotés de la route commencèrent à s'écrouler vers le centre. Lentement, les façades se rencontrèrent sur la rue. Aux yeux de tous, ce qui autrefois étaient des appartements où vivaient des familles heureuses n'étaient désormais qu'un tas de gravats, des gravats qui ne laissaient plus d'issue vers où ils venaient d'arriver. C'était bien une embuscade. Et Nörä perdit son sang froid.

Elle empoigna sa radio et commença a hurler.

"Envoyez les renforts et les équipes de démolition ! Enlevez moi ces putains de gravats ! On bat en retraite !"

Nörä n'en avait que faire de perdre des batailles. Elle n'était pas là pour l'honneur. Elle était là pour conserver la vie des volontaires qui donnaient leur vie pour combattre pour cette cause. Elle n'allait pas continuer une bataille sans intérêt.

Cependant, alors que les soldats commençaient à revenir vers le centre ville, des coups de feu commencèrent à retentir dans leur direction. Le reste de l'armée avait été alertée par les détonations de mines qu'ils avaient placés, ils lançaient à présent leur assaut. Des véhicules commencèrent à franchir les barricades, mitraillant tout sur leur passage. La situation ne pouvait pas empirer. Ils étaient encerclés, coupés de renforts et voie de fuite, au milieu d'un terrain miné. Ils ne pouvaient rester à l'extérieur car ils étaient exposés aux coups de feu. Leur seule voie de fuite était de se réfugier à l'intérieur et prier.

Mais cette alternative tomba rapidement à l'eau. Parmi les grondements de moteurs et ceux des mitrailleuses lourdes, Nörä ouï le bruit distinct d'un CEV.

Ces véhicules étaient l'ennemi numéro un du combat urbain. Ils portaient en leur sein plusieurs obus de démolition, étaient équipés de lances-grenades secondaires et pouvaient faire s'écrouler un bâtiment entier en quelques minutes. Nörä regarda le véhicule avec horreur alors qu'il s'approchait du bâtiment où ils essayaient de se réfugier. À l'intérieur, des soldats essayaient de démolir des murs en panique pour essayer de passer outre et créer une voie de retrait par une rue parallèle. Mais ils ne savaient pas que de l'autre côté, le reste de la division faisait face à un grand nombre de soldats de la MIRA qui tiraient depuis couvert.

Ainsi, la stratège se retrouva là. Sans espoir. Au milieu d'un champ de bataille. À droite, la rue. Aucune couverture des coups de feu. Une mort assurée. À gauche, le bâtiment. Avec un véhicule qui s'apprêtait à le faire s'écrouler. Une mort imminente.

Elle voulait pleurer. Non pas car elle allait y perdre sa vie. Mais car les siens allaient perdre l'espoir. Nörä était l'une des plus talentueuses de la dynastie des Köwnatör. Sans elle, les stratégies militaires de l'organisation ne pouvaient pas aboutir. Elle se retrouva là, dans l'une des embuscades les plus inhumaines. Elle se sentait stupide d'avoir pu croire que la MIRA aurait pu faire preuve d'une quelconque humanité. Qu'ils auraient décidé de ne pas détruire les bâtiments où résidaient des civils. De ne pas propulser dans les airs des nuages de poussières cancérigènes. De préserver la ville pour laquelle ils luttaient. Devant elle, Nörä ne voyait que des gens qui les voulaient morts, quelque soient les moyens pour y parvenir. Les tuer. Les écraser comme des insectes. Tandis que Corvus organisait des évacuations pour les civils et limitaient leurs dommages matériels pour restituer aux habitants de Henne leur ville une fois le conflit terminé, alors qu'ils pariaient sur le fait que leurs propres frères et compatriotes de l'armée antarienne auraient eu la même bonté même dans une guerre, Nöra pleurait. Elle avait laissé cet esprit candide la limiter dans ses actions. Désormais elle comprenait, non pas l'intelligence ou la force de l'ennemi, mais sa cruauté réelle.

Ces bâtiments étaient parmis les plus anciens de la ville. Ils étaient classés comme patrimoines historiques nationaux. Personne, même un envahisseur venu d'une autre contré n'aurait pensé à les démolir pour si peu. Corvus avait continué à mener un combat des plus respectueux pour prouver leur bonne foi aux antariens sceptiques. Et les voilà pris au piège. Ils pouvaient certes riposter avec des techniques encore plus inhumaines, devenir les monstres qu'on les forçait à devenir et être taxés de terroristes. Ou bien continuer à être les défenseurs d'une noble cause et se faire écraser.

Désormais, le CEV se tenait devant le bâtiment, lourdement armé. Derrière lui, d'autres véhicules blindés circulaient pour offrir du support aux troupes qui tiraient sur le reste de la division corvienne dans les autres rues. Il était prêt à démolir l'entièreté du rez-de-chaussée. Et Nörä se tenait là, figée, en ligne de mire, devant le cannon.

De l'autre côté des gravats sur la même rue, les équipes de démolition qui déblayaient la route à vitesse lumière il y a quelques secondes ralentissaient leur cadence. Le doute s'était désormais installé chez eux. Si ils déblayaient la route, ils allaient devoir faire face au véhicule ennemi droit devant eux. Mais si ils s'arrêtaient, ils laissaient leurs amis mourir. Ce dont ils avaient besoin, c'était un chef. Une cheffe. Une qui pouvait les guider. Mais cette embuscade l'avait traumatisé.

Peu de personnes à part sa soeur et son père savaient ce qui lui était arrivé il y a maintenant plusieurs années de cela. Nörä était sévèrement harcelée lors de ses dernières années de lycée, notamment à cause de son caractère discret et de son intelligence qui la propulsait toujours parmi les meilleurs de la classe dans chaque discipline. Après deux ans de souffrance silencieuse, elle décida de prendre son courage à deux mains et signaler le problème à la direction. Les élèves concernés avaient été immédiatement expulsés, mais la paix ne fut que de courte durée.

Elle était sortie tard de la bibliothèque un soir. Elle savait que cela était dangereux. Elle savait que quelque chose allait lui arriver. Et même en sachant cela, elle marcha dans l'embuscade. Deux rues plus tard, les élèves qui avaient été expulsés l'attendaient, bâtons à la main. Elle resta plantée là. Elle accepta son sort. Elle ne put que compter sur son impossibilité de faire face au jeu sale.

Et désormais, elle se tenait là, encore une fois. Mais cette fois, c'est sa vie et celle de centaines qu'elle mettait en jeu. C'était le moment de tomber face à l'adversaire. Le moment de tomber face à la triche. Ils avaient triché, certes. Mais ils avaient gagné.

Soudain, c'est une autre vision d'horreur qui apparut à sa droite. Là, sur un carrefour entre cette rue et une perpendiculaire apparut soudain un char d'assaut lourd. Pas n'importe quel char. C'était un modèle prototype de l'armée antarienne. Un char de siège, comme ils l'appellaient. Lent, très lent. Mais de taille et blindage si imposant que chaque centimètre en avant faisait trembler les membres de quiconque dans les environs. Un colosse de métal. Un géant. Et il était là, à sa droite, à côté du CEV qui s'apprêtait à lui tirer dessus déjà. Lentement, avec un bruit sinistre, la tourelle du char commença a tourner en direction de Nörä pour lentement se river sur elle.

Mais il ne s'arrêta pas. Le cannon continua de tourner. Il tourna jusqu'à ce qu'il ai fait une rotation de quatre-vingt-dix degrés. Pointé sur le CEV.

En un battement de paupières, le char tira son obus sur quelques mètres seulement pour venir s'abattre d'une explosion violente sur la carrosserie supérieure du CEV. Le blindage vola en éclats, le cannon de celui-ci se plia et le moteur prit feu, embrasant le véhicule entier qui explosa à nouveau quelques secondes après. Derrière Nörä, les soldats ne croyaient pas à ce qu'ils voyaient. Ils étaient à terre pour se protéger des éclats de l'explosion. Mais pas la commandante. Elle se tenait toujours là, debout, miraculeusement sans égratignure, devant le châssis enflammé de ce qui aurait du être la fin de son existence.

Elle osa tourner la tête avec une lenteur manifestant sa surprise. Doucement, elle posa ses yeux sur le char de siège encore immobile en position de feu. Elle ne savait pas à quoi s'attendre. Elle était dans le doute. Elle avait peur. Tellement peur.

Soudain, la trappe supérieure du prototype s'ouvra d'un coup avec un son métallique lourd. Moins d'une seconde après, le buste d'une figure surgit de l'intérieur.

C'était un homme. Il avait une dégaine monumentale. Il souriait. Il avait une cigarette fumante entre les dents, brûlant comme la carcasse du véhicule qu'il venait d'exploser d'un coup violent. Mais surtout, il arborait une tenue d'officier corvun. Blanche comme la neige, aux détails noirs comme le charbon. Et un As de Pique doré sur le front de son couvre-chef. D'une voix assurée, victorieuse, celle d'un aviateur, il interpela la commandante en mettant la main sur son chapeau comme pour saluer.

"Mademoiselle Köwnatör ! Quel plaisir que de combattre à votre côté !"

Nörä était abasourdie. Elle venait de voir la mort en face d'elle. Puis celle-ci s'embraser. Et désormais, un homme inconnu l'interpellait de manière familière. Elle essaya de balbutier quelques mots d'autorité, toujours figée sur place.

"Et qui êtes vous exactement ? Puis-je savoir ?!"

L'homme sourit, expira de la fumée de tabac depuis le coin de sa bouche, puis lui répondit de la même manière.

"Moi ? Je me présente, Capitaine Corvinal au rapport ! Je viens porter mon soutient à la milice corvienne après avoir conduit mon bataillon à déserter le camp adverse ! À mort les enculés de la MIRA !"

Il brandit son poing en l'air comme pour marquer sa protestation. Avant que Nörä ne puisse en rajouter, les deux virent un homme sortir désespéré de la carrosserie de CEV encore en train de brûler. Sa tenue militaire était carbonisée, il toussait fortement alors qu'il se jetta sur la route. Alors qu'il gisait là, à quattre pattes cherchant à reprendre sa respiration, le Capitaine Corvinal fit une moue agacée, sortit un revolver de son étui de ceinture et sans hésitation, avec une précision effrayante, il lui tira une balle en pleine tête. Instantanément après s'être fait toucher, l'homme s'écroula sans vie sur le sol.

Nörä voulut réagir à l'horreur qu'elle venait de voir. Cet homme aurait pu être sauvé. Il aurait pu être évacué. Mais il venait d'être exécuté.

Sans changer d'attitude, mais sur un ton plus grave, le Capitaine Corvinal interpella a nouveau la commandante.

"Si je puis vous donner un conseil, mademoiselle Köwnatör..."

Il interrompa son discours brièvement pour éjecter la cigarette de ses lèvres et sur la rue. Il en sortit une nouvelle d'un paquet tiré de sa poche frontale de son manteau, ainsi qu'un briquet qu'il utilisa pour l'allumer. A peine commençait-elle à fumer entre ses lèvres, il recommença.

"...N'ayez point d'humanité en guerre. Même si cela vous coûte une mauvaise image. La vérité, elle est triste. Ils trouveront toujours sur quoi vous accuser de crime de guerre, que vous en fassiez ou non. Mais en fin de compte, ceux qui seront couronnés moralement supérieurs seront les vainqueurs du conflit. Les perdants n'ont pas voix de se défendre en cas d'échec. Donc, faites-moi plaisir. Remportez-là cette guerre. Torturez-les si il le faut. Peut-être que d'autres comme moi déserteront du côté le plus promettant. Les cartes sont encore en jeu après tout !"

Il s'apprêta à retourner dans son véhicule, mais glissa une dernière phrase avant de fermer la trappe au dessus de lui.

"Resistez encore un peu, on va essayer de vous ouvrir un chemin pour battre en retraite. Bon vent, mademoiselle !"

Ainsi elle et les siens avaient échappé à la mort. Elle resta là encore plusieures minutes, jusqu'à ce qu'on la pousse vers l'intérieur du bâtiment où une voie de fuite avait été creusée. Mais dans sa tête, le scénario qu'elle venait de vivre continuait à se rejouer en permanance.

Ainsi se déroula la première rencontre de Corvus avec le bataillon du Capitaine Corvinal.

* * *

Nörä était toujours dans cette rue sombre. Elle était toujours figée sur place. Elle attendait son destin.

Deux ans de harcèlement durant le lycée. La tempête avait connu une période de calme. Pour revenir de plus belles. Ainsi se tennaient devait elle ceux qu'elle avait dénoncé. Prêts à se venger. Prêts à la blesser. Prêts à la tuer.

Ils s'approchèrent lentement de la jeune fille. Désormais, elle ne pouvait que fermer les yeux et accepter son sort. Mais elle n'y arrivait pas. Elle ne pouvait même pas choisir de souffrir dans l'obscurité. Elle était figée sur place, les yeux grands ouverts. Elle ne pouvait pas s'en sortir dans l'ombre. Elle devait regarder.

Elle devait souffrir.

Devait.

Cela n'arriva pas.

Alors que ses harceleurs s'apprêtaient à la rouer de coups, une figure noire les interpela depuis l'ombre d'une ruelle non loin. L'homme était grand. Il portait un grand fédora noir et un long manteau de la même couleur. Son visage était complètement obscur. Mais ses yeux scintillaient comme deux boutons blancs à travers l'obscurité la plus totale de sa face.

D'un pas lent mais assuré, il commença a marcher vers les jeunes. C'était assez pour que certains d'entre eux ne partent en courrant. Les quelques derniers tentèrent de le menacer en retour, jusqu'à ce que l'homme sorte de sa poche un cran d'arrêt argenté alors qu'il marchait encore. C'est à présent qu'il se retrouva seul avec la fille, les autres ayant détalé. Pas n'importe quelle fille. Sa fille.

Ryämö Köwnatör avait été mis au courrant par l'établissement de la situation que subissait sa fille. Il savait que ces jeunes allaient revenir, assoiffés de vengeance. Et il savait qu'il devait veiller sur elle les mardis soirs lorsqu'elle rentrait tard. Il ne fallut attendre que quelques semaines pour que son hypothèse s'avéra juste.

Ainsi, il se tenait devant elle. Tous deux sans bouger. Tous deux impassibles.

Après de longues secondes, le père prononça une phrase qui restera ancré dans le coeur de la jeune fille.

"Je t'aime Nörä. Je t'aime."

Ils rentrèrent ainsi, main dans la main, dans le silence le plus absolu de la nuit qui reignait sur la ville de Henne.

* * *

Ce soir là, il y a maintenant plusieures années, il venait de se répéter ce matin.

À l'époque, Ryämö avait sauvé sa fille du destin. Il l'avait préservée de cette triche au Jeu de la vie. En trichant lui-même contre cette destinée.

Et dès à présent, le Capitaine Corvinal avait fait de même. Il l'avait sauvée de cette même tricherie. En trichant.

Car si tout le monde triche, la triche finit par devenir règle.

Et ainsi, ce matin là, le Jeu est redevenu un combat à armes égales.

Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
La bataille des Pavés est un moment capital pour le camp corvun, car elle marque l'arrivée en jeu du Capitaine Corvinal. Dirigeant la plus importante légion mécanisée de l'armée de terre antarienne, contenant notamment la majorité des chars d'assaut ainsi que des prototypes remarquables tel que le char de siège qu'il pilote avec son équipage, il devient un atout considérable pour la résistance.

Même si cette bataille finit par une victoire stratégique du côté de la MIRA, celle-ci commence désormais à perdre l'avantage face aux assauts mécanisés conduits par l'illustre capitaine.

C'est le début d'une nouvelle dimension de ce conflit, autrefois se concentrant majoritairement sur le combat d'infanterie, maintenant mettant en jeu des colosses de métal les uns contre les autres.

L'épisode est aussi un moment clé pour comprendre le passé traumatique de Nörä Köwnatör et sa seule faiblesse quand à son génie stratégique.
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⇩ Musique d'Ambiance pour la lecture ⇩




Quartier des Pavés
8 Août 2018

Alors que la MIRA continue de gagner du territoire dans un des quartiers les plus importants de la ville de Henne, l'armée corvienne dirigée par la stratège Nörä Köwnatör commence à manquer de munitions pour ses obusiers. Contraints de reconquérir ce district clé, elle décide de mener un assaut discret en pleine zone urbaine.




Drapeau de la Junte Militaire MIRA-ARA

LA MIRA EST VICTORIEUSE

"Seuls les morts ont vu au delà de l'ombre"

302 MORTS
257 Corvus / 45 MIRA


Pris par surprise par des appartements minés avec des explosifs dissimulés, l'avancée discrète du bataillon corvun fut rapidement stoppée, puis piégée parmis les gravats. A suivi un affrontement hybride, mêlant des mitrailleuses antariennes à couvert ainsi que un assaut mécanisé anti-édifice.

La légion corvienne put finalement s'extraire du piège et battre en retraite grâce au support offert par le Capitaine Corvinal et son bataillon de chars. Cependant, ce ne fut pas sans laisser derrière eux des centaines de victimes de cette embuscade meurtrière.


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