12/12/2018
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🌏Sommet international - Forum des États Nazumis - Page 2

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Pays représenté : République de la Cité de Myaikho
Nom de l'interlocuteur : Raja Hendri Susman, Magistrat Ă  la Diplomatie

Déclaration :

<< Excellences,

La délégation de la Cité-État de Myaikho remercie chacune des interventions formulées ces derniers jours. Elles témoignent je le crois de la vitalité de nos débats et de la conscience partagée que la paix continentale ne peut reposer ni sur l'improvisation, ni sur l'illusion, ni sur les interventions étrangères, mais bien entre les mains des nazumis et des nazumis seuls. Je réitère notre position constante : nous sommes venus ici pour bâtir un cadre de stabilité durable, fondé sur le droit, la responsabilité et la coopération volontaire entre États pleinement maîtres de leurs choix.

À l'Honorable dame Valerievna et des délégations se réclamant d'une doctrine communiste, nous souhaitons rappeler avec mesure que nos divergences idéologiques sont réelles, même profondes, et que ces divergences sont partagées par nombre d'entre nous, mais qu'elles ne doivent pas obstruer la construction d'un espace de paix. La Cité-État de Myaikho ne partage pas, pour cause, la conception collectiviste de l'économie ni l'idée que l'organisation des forces productives puisse être uniformisée par principe. La prospérité de ma nation repose profondément et historiquement sur l'initiative privée, le commerce ouvert, la discipline budgétaire et une forte cohésion nationale sans divisions internes, et donc, sans lutte de classes. Nous ne demanderons évidemment pas à un État socialiste de renoncer à son modèle interne, et nous n'accepterons pas davantage que le nôtre soit remis en cause. En ce sens, nous confirmons que toute harmonisation économique ne saurait être ni idéologique ni contraignante : elle ne peut porter que sur des standards techniques facilitant les échanges, la sécurité juridique et la prévisibilité des relations commerciales. Le Nazum n'a pas besoin d'un marché unique imposé, mais d'un climat de confiance permettant aux systèmes différents de coexister sans s'entraver et ainsi, à nos volumes d'échanges commerciaux de prospérer.

S'agissant de la révision du seuil de censure du Secrétaire général, nous comprenons la préoccupation exprimée quant au risque d'irresponsabilité. Toutefois, abaisser trop fortement ce seuil pourrait fragiliser la stabilité institutionnelle et transformer la fonction en terrain de manœuvres permanentes. La crédibilité d'une organisation internationale repose aussi sur la continuité de son exécutif. Nous pourrions envisager un mécanisme intermédiaire : maintien d'un seuil exigeant, mais clarification précise des manquements graves ouvrant la procédure, afin d'éviter l'arbitraire tout en garantissant l'exigence d'exemplarité.

Concernant l'Article VI relatif aux décisions d'urgence du Conseil, la proposition visant à rendre ces décisions provisoires jusqu'à validation par l'Assemblée nous paraît équilibrée. Une organisation incapable d'agir rapidement en cas de crise serait inefficace ; une organisation agissant durablement sans contrôle politique serait inquiétante. Nous sommes donc favorables à un mécanisme d'urgence encadré dans le temps, soumis à confirmation, modification ou annulation par l'organe délibératif dans un délai défini.

Sur la question plus large du droit international nazumi et de la création d'une cour continentale, nous exprimons un soutien clair au principe d'une juridiction compétente pour régler les différends entre États membres et garantir le respect des engagements librement souscrits. Une telle cour ne doit pas devenir un instrument d'ingérence idéologique ni un vecteur de transformation interne des régimes. Elle doit être un arbitre, non un législateur supranational. Les décisions contraignantes ne pourraient intervenir qu'à la demande d'un État partie à un litige ou en cas de violation manifeste des obligations conventionnelles. Dans ce cadre strict, la Cité-État de Myaikho considère qu'une justice continentale renforcerait, une fois encore, car cela nous est cher, la prévisibilité et donc la sécurité des échanges politiques et commerciaux. Nous appuyons également l'idée que son indépendance soit garantie institutionnellement, afin qu'aucune majorité circonstancielle ne puisse la détourner.

Concernant les délégations ayant exprimé le souhait d'une neutralité absolue de l'organisation, nous pensons que la neutralité ne peut signifier l'indifférence. La Communauté devra s'abstenir de toute ligne idéologique imposée, mais elle ne pourra être neutre face à une agression caractérisée ou à une violation flagrante des engagements communs. En revanche, nous soutenons pleinement l'idée que l'organisation ne doit servir ni bloc politique, ni alliance préexistante, ni projet de fédéralisation dissimulé, mais cela a bien été confirmé par l'estimée délégation talar à la suite de notre première intervention.

La proposition de conseils régionaux mérite également considération. Une architecture à plusieurs niveaux permettrait de traiter certains différends au plus près des réalités géographiques et culturelles, tout en réservant à l'organe principal les questions d'intérêt continental. Cette subsidiarité renforcerait l'efficacité sans menacer l'équilibre général. Nous y sommes donc favorables en principe.

Sur la définition d'<< État nazumi >> et la référence à une ethnicité, la Cité-État de Myaikho considère au contraire qu'il est illusoire de prétendre dissocier totalement la réalité politique de la réalité civilisationnelle. Nous défendons quiconque d'affirmer que le Nazum est une construction abstraite car les faits sont là, il procède d'une continuité historique, culturelle, identitaire et donc ethnique, propre aux peuples qui l'ont façonné. Un État nazumi ne saurait se réduire à un simple tracé administratif ou à une revendication abstraite de son appartenance nazumi ; il doit incarner une appartenance authentique à l'espace civilisationnel nazumi, par son histoire, sa culture majoritaire et sa loyauté envers cet héritage commun. Cela n'implique pas l'exclusion arbitraire, mais une exigence de cohérence : la Communauté doit demeurer l'expression politique des nations issues du socle nazumi, et non devenir un cadre extensible à des entités dont les fondements identitaires, historiques ou stratégiques lui seraient exogènes. La stabilité durable de notre œuvre repose sur une cohérence civilisationnelle minimale de ses membres. Refuser de le reconnaître serait fragiliser l'édifice que nous prétendons construire et pratiquer un négationnisme insupportable de notre histoire et de notre place dans l'univers.

Enfin, concernant les appels à combattre les régimes autoritaires, nous affirmons que la paix ne peut être exportée par la force sous couvert de vertu. Toute transformation politique durable doit émaner des peuples concernés. La Communauté peut accompagner par des observateurs et conseillers, soutenir la reconstruction, garantir des processus référendaires libres lorsque les conditions sont réunies, mais elle ne doit pas devenir l'instrument d'ingénieries politiques imposées. À cet égard, nous estimons que la Cour continentale aurait un rôle plus légitime que des coalitions ad hoc.

La Cité-État de Myaikho croit en la force du droit, à la valeur des engagements tenus et à la responsabilité individuelle des États. Si nous avançons avec pragmatisme et prudence, le Nazum pourra se doter d'une communauté solide, respectée et utile. Si nous cherchons à transformer cet espace en champ de confrontation doctrinale, nous échouerons. Myaikho choisit la première voie. >>


Points majeurs :
  • RĂ©serve sur les changements concernant la dĂ©fiance vis-Ă -vis du prĂ©sident
  • Soutien au mĂ©canisme d'urgence encadrĂ©
  • Soutien Ă  une Cour continentale limitĂ©e
  • Soutien Ă  une vision civilisationnelle et sĂ©lective du Nazum
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