03/10/2019
11:51:42
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[Nazum] Sommet de Haijing pour la stabilité du Nazum - Page 2

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Nantipat Sisrati buvait du petit lait. Le représentant mylathien se contredisait à chaque parole et, dans sa confusion, refusait les mains tendues par le Baïshan et par l’Empire des Ushongs. La situation était risible. Pour quelqu’un qui osait clamer haut et fort que son pays prendrait ses responsabilités dans la reconstruction du Ninchi, il retournait au dernier moment sa veste et exigeait de pays qui n’avaient rien demandé le paiement de ses propres dégâts. Une telle situation était un naufrage pour la diplomatie mylathienne, qui s’écroulait comme un château de cartes devant les regards consternés des différents participants à ce sommet.

« Monsieur Grassin … il suffit … Vous vous êtes assez ridiculisés pour aujourd’hui, vous et les vôtres. Vous êtes tellement obnubilé par vos lubies concernant le Chandekolza que vous ne voyez même pas que vous venez de refuser les mains qui vous étaient tendues et vous auraient permis de sortir d’ici la tête haute. Monsieur Grassin, vous demandez à ce que les nations ici présentes paient pour les dommages que vous avez causé … Mais qui êtes-vous pour exiger ça de nous ? Aux dernières nouvelles, c’est votre aviation et votre aviation seule qui a détruit la capacité antiaérienne du Ninchi. Ces dégâts sont les vôtres, et il est normal que vous les répariez. Mais n’exigez pas des autres pays de payer la note pour vous. C’est indigne d’une nation du Nazum. »

Mis au pied du mur, le Dyl’Milath s’était complètement perdu dans des tentatives rhétoriques pitoyables. Les Jashuriens n’avaient même pas eu besoin de pousser le bouchon plus loin. Le représentant Grassin creusait lui-même la tombe dans laquelle la Troisième République comptait bien l’enterrer.

« La Troisième République du Jashuria est consciente des problèmes auxquels le Ninchi est confronté … mais il ne faudrait pas oublier les populations jashuriennes lésées par l’expulsion irraisonnées des ressortissants jashuriens de son territoire, de même que les binationaux. Nous entendons bien, chez homologue ushong, obtenir réparation pour ce tort. Ceci étant dit, vous avez raison : un fond général pour le développement du Nazum semble être à l’ordre du jour pour les projets transnationaux. Cela fait parti des éléments qui seront discutés prochainement au sein de la Communauté des Etats du Nazum et nous sommes particulièrement ravis de voir que vous abondez dans le sens de cette initiative.

Etant donné que monsieur le représentant du Dyl’Milath ne semble pas avoir saisi la perche que vous lui tendiez, permettez-moi de reformuler la chose auprès de son Excellence Rixil Grassin afin que la chose soit entendue et soit tout à fait limpide … »


Nantipat Sisrati reprit un peu d’eau et réorganisa ses fiches sans se presser, avant de plonger un regard compatissant envers le pauvre diplomate qui allait se faire dépecer.

« Monsieur Rixil Grassin. Il n’y aura ici aucune discussion sur le Chandekolza. Aucune. Toute tentative de discuter de ce sujet, de la manière dont nous l’avons géré et de la manière dont nous entendons le conclure vous est inaccessible. Vous n’avez aucune voix dans ce dossier et vous n’en aurez jamais. Ce sujet est pris en main et organisé par des nations bien plus responsables et bien plus capables que la votre et il n’est pas dans nos habitudes de faire une place à des enfants irresponsables. Son Excellence le Mandarin Zhao Qian vous a offert une porte de sortie et vous avez cru bon le rejeter alors qu’il était, dans cette pièce, l’une des deux seules personnes prêtes à vous tendre la main.
Monsieur Grassin, nous n’allons pas vous traiter en adulte car vous avez refusé d’être traité comme tel. Par conséquent, concernant le Dyl’Milath, l’affaire est pour nous entendue. Nous ne réclamerons plus la démilitarisation partielle de votre pays, puisque vous tenez tant à vos jouets. Nous ne vous demanderons même pas de payer le moindre crédit international pour les dégâts que vous avez causé. Vous allez simplement confier à une commission indépendante l’ensemble des preuves que vous détenez, laisser le gouvernement légitime du Ninchi sous la bonne garde de cette commission indépendante, puis vous déguerpirez le plancher du dossier ninchois.
Prenez bien note des mots de la Troisième République du Jashuria, votre Excellence, car il n’est pas dans nos habitudes de les prononcer à la légère. En refusant de prendre vos responsabilités sur le dossier ninchois, vous vous comportez comme un enfant, alors vous serez considéré comme tel. Oubliez le dossier ninchois et laissez les adultes dans cette pièce gérer les choses désormais. Et si jamais vous vous avisiez de remettre le nez dedans, nous agirons comme tout bon adulte le ferait avec un enfant indiscipliné : nous sévirons. »


Le Premier Ministre du Jashuria reprit une gorgée d’eau et fit un geste à l’adresse du représentant mylathien, lui intimant de partir.
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    Le ton commençait à monter entre le Jashuria et le Dyl'Milath. Ce dernier n'était pas enclin à la coopération et renvoyait les accusations vers les autres. Le Jashuria menaçait frontalement la Seconde République du Dyl'Milath, et la diplomatie jashurienne faisait clairement craindre un échec du sommet. Wei Jianlong reprit la parole.

    « Monsieur Grassin, Monsieur Sisrati,
    Nous déplorons le ton employé qui n'est pas propice à un échange constructif entre nos Nations. Si nous comprenons les points de frictions, ils ne doivent pas mener à une telle humiliation publique. Nous trouvons également choquant de voir un État non-organisateur s'octroyer le droit de décider qui est inclus et exclus des discussions en cours. Nous sommes au fait que nos cultures diffèrent sur les méthodes de résolution de conflit ; mais, au Baïshan, nous pensons que l'exclusion n'est pas la solution aux problèmes. Ainsi, la République Populaire du Baïshan continuera à tendre la main pour inviter la délégation milathienne à coopérer.

    Ceci étant dit, nous nous devons de recadrer certains points émis par Monsieur Grassin. Jusqu'ici, votre délégation a su se montrer à l'écoute et a exprimé son souhait de prendre ses responsabilités quant aux dégâts causés par l'Opération Aldébaran, nous sommes donc surpris de voir que vous faîtes marche arrière et proposez que les Nations nazumis paient pour l'instabilité du Ninchi. Il est assez naïf de penser que la destruction d'infrastructures n'ait aucun impact sur la population locale et ne favorise pas une instabilité déjà en place. Les États nazumis n'ont pas à payer pour ce que vous avez causé, la responsabilité première incombe à votre gouvernement.
    Quant à la situation au Chandekolza, nous rappelons à son Excellence que ce n'est pas le sujet du Sommet. Si le Dyl'Milath souhaite discuter de cette opération, il devra trouver une autre occasion. Chercher à évoquer de nouveau ce conflit sera vu comme une tentative de détourner les responsabilités de votre gouvernement qui sont, elles, le sujet du jour.
    Concernant les accords de Karménie, ils ne doivent pas servir d'immunité aux actions de votre gouvernement. Il est bien trop facile d'intervenir militairement et refuser toute conséquence sous prétexte d'accords extra-nazumis. Nous rejoignons votre délégation sur l'importance de garantir la souveraineté de votre pays, et souhaitons ainsi garantir que le Dyl'Milath puisse respecter celle des autres Nations à l'avenir. Si une démilitarisation du Dyl'Milath semble impossible, la République Populaire du Baïshan souhaiterait, dans un esprit de transparence mutuelle, être au fait des activités militaires milathiennes au Nazum et avoir la garanti qu'aucune opération ne viendra porter atteinte à la souveraineté d'autres États de la région. Nous n'avons pas pour objectif de vous faire revenir sur votre coopération avec la République Fédérale de Karty, mais nous pensons qu'avant de coopérer avec des acteurs aussi loin de nos frontières, il est plus judicieux de coopérer entre acteurs nazumis, car c'est le seul moyen de garantir la paix entre nos Nations.
    Monsieur Grassin, peut-on donc s'accorder sur une communication à l'avenir de votre gouvernement sur les opérations prévues au Nazum en dehors de votre territoire ?
 »
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Rixil Grassin devenait plus interloqué de minute en minute, au fur et à mesure que le Jashuria attaquait, tel Velsna, à coup d’impérialisme, toutes les bases possibles sur lesquelles le sommet de Haijing était construit. Il devait bien évidemment leur répondre, mais gare à ne pas jouer le jeu du Jashuria, car une agressivité de sa part serait bien moins vue que de la part de la première puissance militaire du Nazum.

Monsieur Sasrati.
Je ne me perdrait pas à demander que vous traitiez les diplomates auxquels vous vous adressez avec plus de courtoisie, ni que vous cessiez de proférer des menaces dignes de l’impérialisme le plus décomplexé, car Monsieur Jianlong l’a déjà fait. Je l’en remercie.
Cependant, permettez moi de rappeler plusieurs choses que j’ai déjà dit. Si il existe des dégâts infligés par l’opération Aldébaran au ninchi, personne, ici, comme l’a rappelé son Excellence monsieur Quian, ne veut voire les infrastructures détruites par notre armée remises en état, pour la bonne raison qu’elles pourraient servir à des entités peu fiables pour attaquer aléatoirement des nations nazumis. En ce sens, le Dyl’Milath n’a pas à payer pour ces dégâts, ou en tout cas pas plus que les autres nations nazumies. Nous ne voulons pas, comme vous l’avancez, faire payer à la CEN les dégâts de l’opération Aldébaran, car nous voulons que ces dégâts ne soient, tant que Nanquo Global contrôle le Ninchi, pas réparés. Si nous pouvons contribuer à la réparation du Ninchi, c’est, comme vous l’évoquez, par la reconstruction de sa défense anti-aérienne, et pour cela nous préférons donner à une entité interétatique du matériel, qui pourra être utilisé pour sécuriser le Ninchi, sans pour autant tomber entre les mains des rebelles qui y gouvernent. Donc non, nous n'abandonnons pas nos responsabilités, comme vous l’avancez.
L’immense majorité des dégâts au Ninchi ont été causés par la guerre civile ninchoise, et de fait l’instance de fond général pour le développement du Nazum, que vous soutenez, semble être la meilleure option pour les réparer.
Monsieur Sasrati, vous m’accusez de me comporter en enfant, mais vous, vous vous comportez actuellement en adulte, certe, mais irresponsable, et affolé à l’idée de perdre la mainmise que vous aviez sur la diplomatie nazumi, affolé à l’idée de voir des pays nazumis s’opposer à votre volonté et de ne pouvoir les écraser comme vous l’avez fait avec le Chandekolza. Désolé, je m'égare, il ne fallait pas parler de cela.
Mais cessons ces querelles inutiles et sans intérêt, personne ici n’a de temps à perdre à répondre à vos insultes.

Monsieur Jianlong, nous sommes totalement prêts à prendre nos responsabilités, cependant c’est la manière qui ne nous convient pas. Comme je l’ai déjà dit, le Dyl’Milath n’a pas à réparer grand-chose au Ninchi, et ce que nous avons à réparer, nous sommes prêts à le faire et prêtant du matériel militaire pour assurer la protection du Ninchi le temps nécessaire.

Cependant, prendre l’engagement qu’aucune opération militaire milathienne ne portera atteinte à la souveraineté d’un État nazumi sans l’accord de la communauté internationale est parfaitement possible, et nous sommes prêts à signer dès maintenant un accord international en ce sens. La délégation milathienne vous rejoint également sur un engagement à la communication sur les opérations militaires vers les pays concernés, mais avec cependant une réserve quant aux opérations d’entraînement entre notre état et d’autre états à l’international.
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A mesure que les discussions reprirent, occasionnant réponses ou non réponses, tacles, joutes verbales et autres fonds de vérité exposés à la face du Nazum, l'assemblée aura sûrement remarqué le visage du Mandarin Qian se crisper à plus d'une reprise, potentiellement car ses mains tendues ne furent en effet point saisies comme justement évoqué par le représentant Jashurien. Mais plus certainement car le sujet du Chandekolza revenait encore et encore tel un disque rayé ne pouvant s'extraire de la monotonie d'une répétition programmée par l'usure. En tant que tel, l'intéressé comme individu n'en avait que peu à faire de la chose, mais à la tête du dispositif diplomatique Impérial c'était là autre chose car immanquablement à chaque fois que quelconque critique ou attaque, fut-elle indirecte en en mentionnant guère ou peu l'Empire, cela occasionnerait des réactions plus que virulente à Beiyfon... Après tout, le Trône, les dignitaires et les nobles, tous allaient s'intéresser au compte rendu des discussions et il y aurait assurément des réactions pour le moins... Virulentes. C'était là une prophétie peu risquée à faire, mais surtout cela revenait à prédire l'ajout de difficultés et complications ultérieures dans l'Agenda Impérial qu'était supposé porter le Ministre...

De quoi accentuer les migraines qui s'étaient déjà bien implantées au cours des dernières heures. De surcroit c'était là sans même compter sur la dégradation sans interruption de l'atmosphère qui malgré des "concessions" sous la forme d'acceptation à certaines suggestion d'issue, tournait lentement mais sûrement vers une cimentation des positions de tous et chacun et notamment du Jashuria dont la patience s'évaporait comme neige au soleil face à une obstination Mylathienne sans bornes.

Il ne fallait pas être devin d'ailleurs pour observer que les hôtes de l'évènement, les représentants du Baïshan n'étaient guère serein quand à cette "évolution stagnative". L'intervention de Wei Jianlong qui avait suivit était assez édifiante quand à cette réalité visant purement et simplement à tenter de sauver des meubles déjà en train de brûler car après tout la plupart des nations présentes avaient déjà des avis bien arrêtés et l'obstination Mylathienne, doublée d'une communication maladroite qui avaient fait croire un retour sur leurs propos concédant être prêt à assumer conséquence et à faire pénitence, n'avait finalement fait que précipiter les humeurs ou plus généralement conforter des apriori.

La situation était extrêmement épineuse et c'était là un euphémisme. Le Mandarin se massa les tempes, car après avoir écouté l'ensemble des interventions après la sienne, il avait lui aussi quelques questions tantôt pertinentes, parfois annexes qui l'interpellait.


Zhao Qian - << "Lorsque le tocsin sonne à toute heure, l'on ne sait jamais plus quand une attaque advient sur le village." >>


Annonça-t-il au micro afin d'illustrer le propos de l'inconstance avant d'entrer dans le vif du sujet.



Zhao Qian - << Nous vous remercions pour vos éclaircissements hautement édifiants Monsieur Grassin. Il aurait été cependant préférable afin d'éviter des malentendus et des désorientations de l'auditoire de directement préciser dès le début que toute prise de responsabilité quand à l'affaire Ninchoise eut été conditionnelle plutôt que de laisser à tous et chacun le soin de s'imaginer des frontières vagues et mystiques quand à ça. Mais passons...

Monsieur Grassin, je tiens à préciser que ces matières de réparations évoqués concernant le Ninchi, si dans les faits nous vous rejoignons comme vous l'avez évoqué sur le caractère douteux de procéder comme tel en l'état au vue de la situation politique exécrable et hautement volatile du pays ne serait pas une issue utile pour la région au risque de nourrir des entités non reconnues potentiellement dangereuses pour la stabilité régionale...

Il convient cependant de dire que l'objet même de la chose a une valeur hautement symbolique car cela envoie un message fort quand à l'éventail de démarche prouvant votre bonne foi qu'il est possible de mettre en place. D'où le fait qu'il est extrêmement important autant que satisfaisant que vos paroles tendent à suggérer que le Dyl'Milath accède à transposer cette réticence compréhensible à verser des réparations au Ninchi en transmutant la chose sous une adhérence à l'idée d'un fond de développement continental qui sera bien plus efficace et pertinent dans une logique de collaboration internationale dans cette partie du monde que nous partageons.

C'est un pas important qu'il convenait de faire.

De même que les engagements que votre pays est prêt à prendre à la suite sur le plan militaire, même si in fine seul le temps nous dira si la parole est en ce jour sincère, mais nous ne demandons qu'à voir advenir et partons alors du principe qu'il s'agit d'une déclaration de bonne foi. >>


Il marqua une pause, se réhaussant dans son siège tout en arquant un sourcil avant de poursuivre.


Zhao Qian - << Toutefois, je tiens à revenir sur un point qui a été évoqué à de multiples reprises et qui personnellement m'interpelle tout en n'étant occulté et presque oublié par tous ici alors qu'il me semble toutefois interpréter une dynamique curieuse...

Je parles là de ces fameux "Accords de Karménie" qui ne cessent d'être évoqué régulièrement et qui servent dans votre rhétorique, Monsieur Grassin, de pierre angulaire à tout l'argumentaire sur le plan "matériel" et "martial" de votre pays. Corrigez moi si je me trompe mais dans l'ensemble de ce que j'en ai compris, il s'agit globalement d'un ensemble de mesure visant à renforcer votre complexe militaro-industriel et vos capacités opératives inhérentes sur les plans tactiques et stratégique avec comme finalité de pouvoir assurer des clauses de défenses et de soutient militaire mutuel avec l'état co-signataire...

En somme, un prototype d'alliance limitée visant à devenir quelque chose de formel opérativement parlant mais qui pour l'heure relève plus de l'embryon... Ce avec la...

L'empire ? La République Impéri... Comment se nomment-ils ces jours ci déjà ? >>


Le Mandarin se gratta le haut du crâne avec un air ennuyé, se penchant légèrement sur le côté alors qu'un assistant se portait à son oreille pour lui souffler un rappel.

Zhao Qian - << Ah oui ! La République Fédérale Kartienne c'est cela. Veuillez m'excuser mais à force de changer de nom, l'on arrive plus réellement à suivre où les Kartiens en sont... Mais à mieux y réfléchir cette bévue de ma part est une bonne occasion d'initier et de préciser directement quelques questionnements que j'ai à l'égard de ces "Accords de Karménie".

Je vais digresser un peu du sujet Ninchois... Même beaucoup... Mais je pense qu'il est important que je j'en vienne à poser quelques interrogations...

Monsieur Grassin. De toute évidence, le Dyl'milath entretient une relation privilégiée avec Karty, preuve en est qu'il y a encore quelques jours l'idée était sur la table d'opérer les discussions qui se tiennent ici au Baïshan sur les territoires de Volkingrad, loin en Eurysie, alors que en principe la République Fédérale n'a aucun lien quelconque avec les affaires Nazuméennes, ce qui témoigne d'une certaine forme de confiance entre vos états... Et c'est là une bonne chose je suppose, après tout la confiance est la base d'une relation saine...

Pour autant... Je me demande... L'Empire Xin se demande, non pas de manière intéressée, mais par préoccupation... Est-ce là sage d'accorder autant de confiance aux Kartiens ou bien... Comment dire...

Le Céleste Empire n'est pas actif depuis bien longtemps à l'international, ou tout du moins a été relativement léthargique sur ce plan à bien des degrés au cours des dernières années... Cependant, nous Ushongs à défaut de nous être exprimés, avons observés, silencieusement mais rigoureusement... Et si, je tiens à le dire, nous ne remettons guère en cause le droit à choisir ses "amis" à quiconque, il apparaît raisonnable, sage et même nécessaire de partager des doutes quand aux choix opérés lorsqu'il légitimité à le faire...

Et en l'espèce... Cette... Presque dépendance si j'ose dire à ces accords de Karménie... Est-ce raisonnable ? Après tout la nation Kartienne est peu commune dans sa façon d'opérée si l'on compare à bien des nations en ce bas monde. Nous vous le disions, nous avons observé bien des choses en silence, et la mue du système politique Kartien demeure l'une des rares curiosités que nous peinons encore à pleinement comprendre tant les formes et évolutions opérées furent multiple et sur une courte période de temps... Empire... République Impériale... République Fédérale.

Autant d'appellations qui vont et qui viennent mais qui pointent toutes sans appel vers quelque chose de plus... Gênant. L'inconstance. Et encore, si cela ne s'incarnait que dans les mutations intérieures... Les couloirs des ambassades et canaux diplomatiques sont toujours pleins d'enseignements et l'on y entends beaucoup de choses digne d'enseignements... Des remises en causes d'accords, des alliances brisées, des espoirs évaporés... L'inconstance... Un immense fléau pour les relations tout comme l'avenir factuel et concret... >>


Il marqua une nouvelle pause afin de laisser à tous et chacun l'occasion de saisir l'ampleur de ses propos ainsi que les sous entendus derrière, se massant les tempes avant de reprendre.


Zhao Qian - << Monsieur Grassin... Je pense que vous voyez où je veux en venir en évoquant tout cela... Hier d'autres étaient sur le siège éjectable des lubies d'un jour Kartiennes... Aujourd'hui, cela pourrait très bien être le Dyl'Milath... Et d'autant plus avec ce qui se déroule en Eurysie où paraît il, la République Fédérale semble aux prises avec l'un des vieux démons du monde, le spectre Loduarien qui se remémore à tous alors qu'on le pensait occis et moribond.

A l'heure où des puissances étrangères au Nazum lorgent sur celui ci, le Churaynn, ou même des maîtres marionnettistes de par delà le Pont Nazumo-Eurysien... A l'heure où les pays du Continent cherchent à redynamiser ce dernier via une collaboration entre états, pour et par le Nazum... A l'heure où beaucoup dans cette salle remettent en cause votre bonne foi et scrutent vos moindres faits et paroles...

Pouvez affirmer avec certitude que Volkingrad aujourd'hui dans votre ombre, le sera encore le lendemain, prêt à se tenir à vos côtés ? Êtes vous bien certains que le Dyl'Milath ne finira pas comme Dindon d'une énième farce Eurysienne ? Avez vous la conviction que contre vents et marées, vous ne serez pas préféré par des intérêts plus proche de l'espace Kartien ?

Réfléchissez y donc Monsieur Grassin... Les Kartiens bien qu'inconstants par le fait, sont aussi extrêmement pragmatiques, c'est là leur plus grande qualité certainement mais aussi ce qui devrait faire naître des sueurs froides dans votre dos.

Prenez ceci comme un avertissement amical, gardez l'oeil ouvert et ne sautez pas dans une abysse dissimulée derrière de belles promesses, il vous sera fort compliqué d'en ressortir...

Le Nazum ne demande qu'à prospérer dans l'harmonie... Et malgré les tons vindicatifs et l'irritation d'un jour, la miséricorde peut advenir, le Pardon peut être accordé et les mésententes d'hier enseigner des leçons précieuses... Il suffit d'accepter la main tendue...

Tous ceux à cette table, malgré les avis, malgré les tons, ne demandent qu'à ce que le continent ressorte par le haut de cette affaire... Ne vous fermez pas des portes qui même si elles grincent ou menace d'être claquée, demeurent encore entre-ouverte... Car si votre Poterne Kartienne s'effondre sous vos yeux en temps réel et vous abandonne que ferez vous donc si toutes les autres issues vous sont rendus closes ? >>
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Monsieur Qian.
Nous vous rejoignons sur plus d’un point, le premier étant l’idée d’un fond de développement continental, que nous soutenons en vertu du principe d’humanisme, et évidemment de l’intérêt de dédommagement que peut avoir un tel acte de notre part. Mais vous dites également vrai sur un autre sujet : nous ne sommes pas sûrs de la stabilité de Volkingrad, et ne pouvons l’être. Jusqu’ici, Karty à sû rester notre allié, quoi qu’il advienne, mais en vérité rien ne nous garantit, d’une quelconque manière, que ce soutien durera dans le temps, bien que rien non plus ne vienne avancer le contraire. Mais, conscients de cette faiblesse, nous n’avons pas cherché à nous rendre dépendant de la République Fédérale, bien au contraire, et les partenariats actuels ne sont en rien indispensables à la survie de notre État. Cependant, ils revêtent néanmoins une grande importance, étant les seuls accords que nous ayons avec une puissance non-nazumi, et nous permettant d’avoir accès à de nombreux avantages stratégiques. Ces avantages sont cruciaux pour le rayonnement du Dyl’Milath à travers le monde, mais non pour le rayonnement milathien au Nazum. En ce sens, si les Accords de Karménie venaient demain à être annulés, la Deuxième République de Dyl’Milath serait parfaitement à même de s’en relever sans mal. Mais nous vous remercions chaleureusement pour ces conseils, et saurons en faire bon usage le moment venu.
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    Wei Jianlong, voyant qu'aucun autre État souhaitait réagir aux derniers propos, prit la parole.

    « Nous remercions Monsieur Zhao Qian pour ses inquiétudes vis-à-vis des accords de Karménie. Nous entendons vos explications, Monsieur Grassin, et le fait que vous n'ayez aucune assurance de la stabilité de vos relations avec la République de Karty nous inquiète également. Nous ne pouvons nous imposer dans vos relations extérieures, mais nous ne pouvons que vous conseiller de ne pas trop vous isoler de vos partenaires nazumis au risque d'être lâchés par votre partenaire eurysien et vous retrouver esseulés. Aussi, nous vous remercions pour votre volonté de coopérer et participer à n fond de développement continental.

    Si aucun d'entre vous ne souhaite intervenir, nous allons pouvoir délibérer en vu de la mise en papier des propositions que nous venons de discuter et sur lesquels nous nous sommes accordés. Vous trouverez dans la salle annexe un buffet rempli de nos spécialités locales, qui j'espère seront à vos goûts, et nous reviendrons vers vous pour la présentation de nos accords.
 »

    Wei Jianlong termina sa prise de parole par une révérence de politesse et attendit un instant pour voir si d'autres personnes souhaitaient s'exprimer ou si tout le monde se dirigeait en direction de la salle de restauration.
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