« Monsieur Grassin … il suffit … Vous vous êtes assez ridiculisés pour aujourd’hui, vous et les vôtres. Vous êtes tellement obnubilé par vos lubies concernant le Chandekolza que vous ne voyez même pas que vous venez de refuser les mains qui vous étaient tendues et vous auraient permis de sortir d’ici la tête haute. Monsieur Grassin, vous demandez à ce que les nations ici présentes paient pour les dommages que vous avez causé … Mais qui êtes-vous pour exiger ça de nous ? Aux dernières nouvelles, c’est votre aviation et votre aviation seule qui a détruit la capacité antiaérienne du Ninchi. Ces dégâts sont les vôtres, et il est normal que vous les répariez. Mais n’exigez pas des autres pays de payer la note pour vous. C’est indigne d’une nation du Nazum. »
Mis au pied du mur, le Dyl’Milath s’était complètement perdu dans des tentatives rhétoriques pitoyables. Les Jashuriens n’avaient même pas eu besoin de pousser le bouchon plus loin. Le représentant Grassin creusait lui-même la tombe dans laquelle la Troisième République comptait bien l’enterrer.
« La Troisième République du Jashuria est consciente des problèmes auxquels le Ninchi est confronté … mais il ne faudrait pas oublier les populations jashuriennes lésées par l’expulsion irraisonnées des ressortissants jashuriens de son territoire, de même que les binationaux. Nous entendons bien, chez homologue ushong, obtenir réparation pour ce tort. Ceci étant dit, vous avez raison : un fond général pour le développement du Nazum semble être à l’ordre du jour pour les projets transnationaux. Cela fait parti des éléments qui seront discutés prochainement au sein de la Communauté des Etats du Nazum et nous sommes particulièrement ravis de voir que vous abondez dans le sens de cette initiative.
Etant donné que monsieur le représentant du Dyl’Milath ne semble pas avoir saisi la perche que vous lui tendiez, permettez-moi de reformuler la chose auprès de son Excellence Rixil Grassin afin que la chose soit entendue et soit tout à fait limpide … »
Nantipat Sisrati reprit un peu d’eau et réorganisa ses fiches sans se presser, avant de plonger un regard compatissant envers le pauvre diplomate qui allait se faire dépecer.
« Monsieur Rixil Grassin. Il n’y aura ici aucune discussion sur le Chandekolza. Aucune. Toute tentative de discuter de ce sujet, de la manière dont nous l’avons géré et de la manière dont nous entendons le conclure vous est inaccessible. Vous n’avez aucune voix dans ce dossier et vous n’en aurez jamais. Ce sujet est pris en main et organisé par des nations bien plus responsables et bien plus capables que la votre et il n’est pas dans nos habitudes de faire une place à des enfants irresponsables. Son Excellence le Mandarin Zhao Qian vous a offert une porte de sortie et vous avez cru bon le rejeter alors qu’il était, dans cette pièce, l’une des deux seules personnes prêtes à vous tendre la main.
Monsieur Grassin, nous n’allons pas vous traiter en adulte car vous avez refusé d’être traité comme tel. Par conséquent, concernant le Dyl’Milath, l’affaire est pour nous entendue. Nous ne réclamerons plus la démilitarisation partielle de votre pays, puisque vous tenez tant à vos jouets. Nous ne vous demanderons même pas de payer le moindre crédit international pour les dégâts que vous avez causé. Vous allez simplement confier à une commission indépendante l’ensemble des preuves que vous détenez, laisser le gouvernement légitime du Ninchi sous la bonne garde de cette commission indépendante, puis vous déguerpirez le plancher du dossier ninchois.
Prenez bien note des mots de la Troisième République du Jashuria, votre Excellence, car il n’est pas dans nos habitudes de les prononcer à la légère. En refusant de prendre vos responsabilités sur le dossier ninchois, vous vous comportez comme un enfant, alors vous serez considéré comme tel. Oubliez le dossier ninchois et laissez les adultes dans cette pièce gérer les choses désormais. Et si jamais vous vous avisiez de remettre le nez dedans, nous agirons comme tout bon adulte le ferait avec un enfant indiscipliné : nous sévirons. »
Le Premier Ministre du Jashuria reprit une gorgée d’eau et fit un geste à l’adresse du représentant mylathien, lui intimant de partir.