17/04/2019
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🌏 [OUVERT À TOUS] PREMIER CONGRÈS DES PARTENAIRES DE LA POËTOSCOVIE - Page 2

In Bennalinem

ô Poetoscovie, jusqu'à quand abuseras tu de notre patience..


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Son excellence le sénateur Alessandro Benedetti


Un bien étrange convoi s'avance sur une avenue d'Hernani-Centre. Des hommes discrets, encapuchonnés, sortant d'un véhicule noir raskenois. L'un d'entre eux paraît escorté par les autres. Ils n'aiment pas cet air: ce n'est pas le leur, ils ne sont pas chez eux. Ils en sont très loin par ailleurs... L'un des hommes en costume noir signale à l'Homme au centre du dispositif:

" C'est par ici, excellence sénateur."


Le Ministère des relations internationales de la Poetoscovie est droit devant eux, à quelques dizaines de mètres. L'un des gardes renifle: l'humidité ambiante a gagné tout le monde durant le voyage, cette armoire à glaces ambulante comprise. Excellence-sénateur... Un sénateur ? En pleine Poetoscovie ? L'image est insolite, elle est rare, on pourrait même dire qu'elle est unique, et qu'elle ne s'est jamais produite auparavant. Mais c'est bien vrai: parmi ces gardes, étrangement, ceux-ci veillent à la sécurité d'un Homme faisant une tête de plus qu'eux, et dont la carrure est plus impressionnante encore que la leur. On aurait pu croire que c'était lui qui les "gardait", et non l'inverse. Cette situation rare qui devait conduire un sénateur à se constituer en "légat" et à représenter en urgence la voix de la République dans un pays était une question de besoin, car une telle démonstration ne pouvait signifier que deux choses: soit le pays visité n'avais pas d'ambassade velsnienne attitré, soit ce que son excellence sénateur avait à dire était une question particulièrement importante. La voix rauque du sénateur se fait entendre dans l'écho d'une rue vidée de ses habitants.

"Oui. Qu'on en finisse. Cet air me rend malade, et la compagnie de ces barbares m'insupporte."


"Bien, excellence Benedetti."


Son excellence n'était pour ainsi dire pas très discrète. Se promenant dans la capitale de la nation littéraire, il était accoutré de la plus solennelle des manière, enroulé dans sa toga, propre des sénateurs velsniens en mission ou en travail de représentation officielle de leurs fonctions. Cette toge que Benedetti ne quitte plus est bien plus qu'un simple vêtement: elle signale à tous sa présence, et par là même, la présence d'un dignitaire de la Grande République entre les murs d'Hernani.

Le petit groupe de velsniens est présent ici depuis quelques heures, et n'a pas l'intention de rester plus longtemps qu'attendu: cet endroit ne lui veut pas du bien, et il ne le sait que trop bien. Ses gardes aussi, sont sur leurs gardes, mais ce labeur a été estimé nécessaire par les membres du Gouvernement communal.

Lorsque celui-ci se présente au péron du Ministère des Relations internationales, il secoue le bas de sa toge pour en débarrasser la poussière accumulée par le voyage, dans un acte de défi à l'institution à qui il rend visite. Son visage s'est de plus en plus fermé au fil de son chemin vers cet endroit et ce moment précis. Ce n'est pas la première fois qu'Alessandro Benedetti rempli un tel labeur: il a bien souvent été la première voix velsnienne à être entendue sur bien des dossiers, en sa qualité de légat sénatorial, cette fonction se situant hors du cursus honorum des magistratures sénatoriales velsniennes, mais qui dans le même temps paraissait si importante, rien que pour ce genre d'occasion. Cependant, Alessandro Benedetti n'est pas venu délivrer une proposition quelconque en cette journée. Pas plus qu'il n'est venu adresser des salutations courtoises ou de circonstance. La seule chose qu'il a à donner, c'est un discours. Un discours tel que ceux qui sont donnés à la tribune du Sénat des Mille à Velsna, cette arène qui a fait bien plus de morts que n'importe quel ring de boxe.

Un seul homme allait recevoir ce message: son excellence, le Ministre Piotr Vassia, qui ferait ce jour l'objet de l'ire légendaire d'Alessandro Benedetti, un homme qui n'a pas été qu'un sénateur dans sa vie, mais bien d'autres choses dont il a parfois mis à profit les compétences pour ses proches et ses alliés.

Ainsi parla le légat sénatorial, évoquant le pays comme une personne à qui converser, et à qui il fait la somme des reproches.

" ô Poetoscovie. Jusqu'à quand abuseras tu donc de notre patience ? Moi, son excellence sénateur honorable et légat, Alessandro Benedetti, le parle avec l'assentiment de mes confrères, eux qui sont d'un sage assemblée et d'une sage cité. Pense tu, Poetoscovie, que nous attaquons et agressons gratuitement ? Penses tu que nous sommes des idiots pour nous dire que ta cause est celle des justes ? Te penses tu lésé suffisamment pour faire appel à tout l'univers pour prendre ta défense, sans que toi même tu n'as étudié la somme de tes erreurs ?

Sache le: que la cité des velsniens n'a point puni tes marins avec la satisfaction et le plaisir, mais l'a fait contrainte par la multitude des impairs de la nation littéraire. La cité des velsniens est patiente, Pietr, mais celle-ci présente désormais ses limites. En de nombreuses fois, tu as insulté et provoqué, parfois sans t'en rendre compte, parfois en pleine connaissance de tes gestes grossiers, mais laisse moi te le rappeler, afin que jamais tu penses à nouveau avoir le droit de t'en plaindre, et de venir à la face du monde réclamer une justice qui ne t'appartient pas, toi, le poetosvovien.

Oui sache le: ces excellences ont appris avec un grand déplaisir la nouvelle de tes complaintes qui n'ont pas lieu d'être, car nous le pensons, que la nation littéraire est seule responsable de ses malheurs. Oui tes marins ont été attaqué, poetoscovien. Certaines familles ont perdu un père, un frère, une mère ou une sœur, et nous les pleurons autant que s'ils étaient de nos propres lignées. Mais la nation littéraire nous a contraint, car son impudence a dominé son jugement, car elle a cru bon s'investir en un continent qui ne veut pas d'elle, car en toutes ces années, elle n'a jamais montré quoi que ce soit qui puisse susciter la confiance. Et là encore, tu viens à la face du monde demander réparation et justice, te plaignant d'un problème que tu as toi-même provoqué par ta cupidité.

Sache le poetoscovien, que notre cité se souvient toujours des atteintes qui lui sont faites, et des insultes qui lui sont formulées, et que la nation littéraire en a déjà plusieurs à son actif. Tu n'es pas une brebis sans défense, mais un peuple dangereux, de parasites et d'impérialistes de bas à sable. C'est moi qui te le dit, car tu l'as prouvé à plusieurs occasions. Non, la cité des velsniens n'oublient jamais une offense, et j'en vois trois lorsque nos yeux se croisent, poetoscovien.

Nous avons de nombreux souvenirs, excellence poetoscivienne. Toujours, nous nous souvenons. En premier desquels nous avons fort à parler de tes actions en Poetoscovie, lorsque tu as cru être de l'ordre du bon sens de garder ton soutien pour le gouvernement du Cong, qui a fait tirer sur son propre peuple lors d'une récolte que nous avons été dans la contrainte de soutenir. Nous nous souvenons de tout, comme tu peux l'entendre, peotoscovien, et nous nous souvenons des longueurs et des tentatives vaines de ta part de conserver cette tâche informe que tu appelais "base humanitaire", mais qui n'était dans les faits qu'un hangar à navires de guerre. Nous n'avions rien dit ce jour là. Nous nous souvenons tout autant, sache le, des insultes et des menaces que tu as formulé à l'égard d'une nation amie et soeur de la Grande République, et dont la protection avait été garantie par nous-mêmes comme si les gens du pays de Moritonie étaient nos propres frères. Là encore, tu n'as pas écouté nos mises en garde, et tu as perpétuer un cycle d'intimidation. Nous n'avons rien dit non plus ce jour-ci. Et pour finir, comment ne pas oublier l'insolence avec laquelle tu as intenté de t'ingérer, toi et ta nation littéraire, dans les questions de stabilité et des affaires intrinsèquement liées à la Confédération Socialiste du Nazum, et ce même lorsque ceux ci étaient tes alliés et tes partenaires au sein de cette stupide UICS. Aussi, je te le dis: que ta parole en tant que victime a autant de valeur que celle que tu avais lorsque tu étais l'initiateur du chaos. La nation littéraire ne fait que recevoir le résultat de longues années de déshérence politique, et là encore, vous en êtes les seuls responsables.

Alors quel choix...quel choix avions nous d'autre afin que tu comprennes avec force et vigueur que personne n'attendait ta présence en Eurysie, que personne ne t'a rendu assistance et que personne ne te la rendras à l'avenir. Je refuserai toujours de t'appeler victime, car je ne vois qu'un seul responsable ici, et il te ressemble étrangement.

Non poetoscovien, je refuse de te faire la grâce de signer le torchon que tu as nommé "traité" condamnant la cité des velsniens comme les uniques responsables de ta situation. Mais j'irai plus loin, car j'estime de mon droit de te demander, séance tenante, de faire disparaître ta clause m'impliquant. Ce n'est pas ma personne qui en fait la demande: regarde ma toge, regarde ma chevalière et mes atours. C'est le Sénat des Mille de la Grande République, et son Gouvernement communal qui t'en font la requête. Il n'est pas de ton interêt, je te le dis, d'ajouter ce fait à la longue liste de tes méfaits à l'égard de notre cité. Regarde moi poetoscovien: tu as le choix de la paix ou du conflit, et tu te rendras responsable d'un tel choix.

Cesse de secouer le monde de tes errements, et prends la bonne décision."





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