11/10/2020
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[Défense] Wuambushu - Page 2

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Le numéro d’abord : un 40 rouge, tracé en grand sur le flanc, sans fioriture, comme on marque une pièce de bétail ou un wagon de marchandises. Cela dit déjà beaucoup du ZS-10. Rien ici ne cherche le charme. Nez blanc, flancs d’un gris terne, ailes tendues à plat sur le béton de la piste, et sous le ventre cette nacelle massive qui pend comme une panse lourde. On a devant soi une machine qui a été dessinée par des gens que la beauté n’intéressait pas, et c’est précisément ce qui la rend crédible. Son métier tient en trois mots : frapper le sol. Le ZS-10 est un avion d’attaque, un porteur de bombes avant tout, de ceux qu’on envoie là où l’ennemi s’est creusé, caché, retranché, en comptant sur le poids de la charge plutôt que sur la finesse du geste. Il faut le dire sans détour, parce que l’armée ne prétend pas l’inverse : cet appareil ne vise pas bien. Ses bombes, lisses pour la plupart, tombent là où la vitesse, l’altitude et le talent du pilote veulent bien les laisser tomber. Parfois au bon endroit. Parfois à quelques dizaines de mètres. La réponse zafongolaise à ce défaut tient en une seule idée, la même que dans tout le reste de son armée : si la première bombe manque, la quatrième ne manquera pas. Un dépôt dissimulé sous les arbres du Luba, un convoi bloqué sur une piste, un camp installé sur une crête du Bateke ne résistent guère à une passe où l’on déverse plusieurs tonnes d’explosif d’un seul coup. Voilà sa vraie nature. Là où d’autres avions comptent sur l’électronique, le ZS-10 compte sur la masse. Il en emporte énormément, bien plus que ce que sa silhouette trapue laisserait supposer, et il l’emporte vite. Ses ailes pivotent pour l’aider : déployées au décollage, elles lui donnent la portance dont il a besoin pour arracher sa cargaison au sol, puis elles se rabattent vers l’arrière, effilant la silhouette, dès que le moment est venu de filer. À basse altitude, il passe sous le regard de nombreux radars, rase les collines, surgit au-dessus de sa cible avant qu’on ait compris ce qui arrivait, largue ce qu’il porte et disparaît déjà. Deux hommes occupent le cockpit, côte à côte : l’un pilote, l’autre navigue. Aucun des deux ne pense à l’élégance du vol. Ce qui compte, c’est d’arriver, de lâcher, de rentrer. L’état-major l’aime pour une raison qui n’a rien de romantique : il est facile à produire. Sa conception est ancienne, éprouvée, dépouillée des raffinements qui rendent d’autres avions si coûteux à entretenir. On le construit sans technologie exceptionnelle, on le répare avec des outils ordinaires, on le remplace sans drame. C’est exactement l’esprit de la doctrine militaire du pays, celui que le Général N’Diaye répète à qui veut l’entendre : mieux vaut cent appareils robustes qu’on peut fabriquer encore et encore que dix chefs-d’œuvre qu’on ne remplacera jamais. Il faut pourtant se garder de lui prêter ce qu’il n’a pas. Seul dans un ciel contesté, le ZS-10 serait une cible commode. Son blindage est limité, sa maniabilité ne le sauvera pas face à un chasseur, et sa survie dépend presque entièrement de ceux qui l’accompagnent : les ZA-05 qui le couvrent, le ZAR-11 qui surveille le ciel à sa place. Son rayon d’action, court sans ravitaillement, l’oblige aussi à compter sur le ZTR-16 quand la mission s’étire. L’armée le sait, et personne, dans ses rangs, ne songe à lui demander ce qu’il ne sait pas faire. On l’envoie écraser ce qui est immobile, appuyer ce qui est bloqué, frapper ce qui se croit hors de portée. Dans ce rôle étroit, il remplit sa tâche avec une constance que peu d’appareils plus brillants sauraient égaler.

ZS-10


ZS-10


Détail du véhiculeEn service : 100 à produire (avion d’attaque au sol niveau 1)
Vitesse maximale : Mach 1,6
Autonomie : 2 775 km
Plafond opérationnel : 11 000 mètres
Charge utile : environ 8 000 kg répartis sur 8 points d’emport
Armement air-sol : 8 bombes jusqu’à 2000 kg, roquettes non guidées, bombes guidée
Armement air-air : 2 missiles courte portée, réservés à l’autodéfense
Canon embarqué : canon rotatif de 23 mm, environ 500 coups
Précision : faible, armement principalement non guidé
Blindage : protection limitée du cockpit, aucune protection active
Équipage : 2 (1 pilote, 1 navigateur-opérateur)
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