23/06/2020
00:07:24
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🌐 G20 - RĂ©union prĂ©alable - Page 2

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Sharuk Kapoor

Sharukh Kapoor

État reprĂ©sentĂ© : TroisiĂšme RĂ©publique du Jashuria
Nom du/de la diplomate : Monsieur Sharuk Kapoor
Présentiel ou visioconférence : Présentiel

Discours :

Excellences,

Avouons-nous collectivement le ridicule de la situation. Nous sommes Ă  une simple rĂ©union de travail, avec un buffet des plus exĂ©crables, et voilĂ  que dĂ©jĂ , les anathĂšmes et les condamnations fusent de toutes parts pour exclure la PrincipautĂ© de Carnavale, pays qui, s’il en est, a toute lĂ©gitimitĂ© pour faire partie de cette rĂ©union. A peine installĂ©s dans nos fauteuils nous faut-il souffrir des condamnations de l’Empire du Nord et de la Grande RĂ©publique de Westalia. Le premier est incapable aujourd’hui de mettre fin Ă  une guerre que nous attendons tous depuis des mois, incapable de mettre au pas une principautĂ© plus petite que lui. L’autre 
 excusez-moi, qui ĂȘtes-vous dĂ©jĂ  ? Nous sommes Ă  peine installĂ©s et dĂ©jĂ , vos discussions ne font que reproduire l’écho de votre incompĂ©tence collective Ă  mettre un terme Ă  une guerre qui n’a que trop durĂ© entre l’Organisation des Nations DĂ©mocratiques et la PrincipautĂ© de Carnavale. Il faut Ă  ce titre saluer la hauteur de vue des estimables envoyĂ©s du Diwan, ainsi que des autres pays qui n’ont pas cĂ©dĂ© Ă  la tentation du pugilat, pour se concentrer sur ce que la diplomatie peut de mieux : parvenir Ă  la concorde, par la nĂ©gociation. Nous les en remercions. Comme l’a dit son excellence al-Askari : « nous pouvons tous souffrir la compagnie des uns et des autres le temps d’un dĂźner. »

A cet Ă©talage de fiel de la part de l’Empire du Nord et de la RĂ©publique de Westalia faut-il ajouter Ă  nouveau le retournement de veste de la PoĂ«toscovie, qui, aprĂšs avoir invitĂ© Carnavale Ă  cette rĂ©union, se permet de l’en exclure alors que monsieur Saint-Lorenzo n’a fait que rĂ©pondre aux accusations qui Ă©taient formulĂ©es inutilement Ă  l’encontre du pays qu’il reprĂ©sente. S’il nous en vaut venir aux demandes d’exclusion, nous pourrions lĂ©gitimement demander l’exclusion de l’Empire du Nord pour nous avoir laissĂ© sur les bras le cas du MokhaĂŻ, que nous avons mis des mois Ă  gĂ©rer. Il me semble qu’au vu du niveau de souffrances que vous avez gĂ©nĂ©rĂ©, des excuses auraient Ă©tĂ© le minimum de votre part. Aux derniĂšres nouvelles, l’Empire du Nord Ă©tait Ă©trangement absent lorsqu’il fallait s’occuper d’Aoki Saburo. Mais peut-ĂȘtre voulez-vous clore le sujet avant que nous ne rouvrions le dossier et demandions rĂ©paration pour tous les torts causĂ©s ?

Il est intĂ©ressant de constater Ă  nouveau que la PoĂ«toscovie se montre un hĂŽte indĂ©licat. Est-ce ainsi que l’on se comporte envers un invitĂ© qui ne fait que rĂ©pondre lĂ©gitimement Ă  un arĂ©opage de diplomates Ă  grands kĂ©pis qui dĂ©butent une rĂ©union de travail par une demande d’exclusion ? Vous les invitez, puis vous les congĂ©diez ? Est-ce donc cela le fameux flair diplomatique de la PoĂ«toscovie ? Une invitation, un buffet exĂ©crable et une gifle ? Etrange, de la part d’un pays qui il n’y a mĂȘme pas un an, ouvrait ses portes au Grand Jardinier des Jardins Botaniques de Carnavale.

Excellences, si c’est ainsi que vous entendez ĂȘtre traitĂ©s par votre hĂŽte, autant nous contenter d’un diner dans l’un des meilleurs restaurants d’Hernani-Centre. Les reprĂ©sentants poĂ«toscoviens sont peut-ĂȘtre des mufles, mais il existe des cuisiniers d’exception au sein de leur population. J’aurai plaisir Ă  convier vos excellences au « Radeau de la MĂ©duse », un excellent Ă©tablissement gastronomique poĂ«toscovien. D’aucuns apprĂ©cieront l’ironie de ce nom avec l’actualitĂ© poĂ«toscovienne.

Quant Ă  l’idĂ©e poĂ«toscovienne d’accueillir l’hypothĂ©tique G20 Ă  Agartha, nous dĂ©clinons poliment cette proposition non sollicitĂ©e. Les hĂŽtes indĂ©licats ne reçoivent pas d’invitation de la part de la TroisiĂšme RĂ©publique du Jashuria.
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État reprĂ©sentĂ© : Drovolski
Nom du/de la diplomate : Henrietta (simplement)
Présentiel ou visioconférence : Présentiel
Discours :

Nos amis jashuriens ont tout Ă  fait raison : il est inadmissible d'exclure Carnavale pour une critique tout Ă  fait lĂ©gitime. Je suis MĂ©solvardienne et, moi qui n'ai que trĂšs rarement mangĂ© de cette nourriture, je suis prĂȘte Ă  admettre que ce que propose ce buffet ne respecte mĂȘme pas la dĂ©cence la plus Ă©lĂ©mentaire. Mais rien de surprenant : au vu des rĂ©actions habituelles de la Poestoscovie, nous ne sommes pas surpris. Nous y voyons une nouvelle preuve d'un État voyou. Se donner le droit d'insulter la diplomatie Ă©trangĂšre et, Ă  la moindre critique, exclure le messager... Si Carnavale n'a plus la voix ici, c'est bien la preuve de la volontĂ© d'hĂ©gĂ©monie que rĂ©vĂšlent les agissements de la Poestoscovie. Nous sommes ici pour discuter d'une coordination des impĂ©rialismes, non pour admettre le pouvoir de la Poestoscovie d'exclure ou d'inclure des membres Ă  sa guise, au grĂ© des critiques qu'elle juge lĂ©gitimes ou non.

Encore une fois, je le rappelle : voilà le véritable visage de la Poestoscovie. Son impérialisme décadent légitime l'OND, se fait prendre à revers par l'ONC et ne sait que faire des nations moins alliées, comme Carnavale ou le Drovolski. En substance, nous recevons ce comportement comme une injure au plus élémentaire des internationalismes et comme la démonstration que la Poestoscovie est, et restera toujours, une puissance intermédiaire des plus opportunistes, incapable de recevoir la moindre critique, fût-elle tout à fait insignifiante.

Par la prĂ©sente, j'apporte mon soutien Ă  Carnavale et au Jashuria face aux insultes que vos actions ont profĂ©rĂ©es Ă  leur encontre. Peut-ĂȘtre sont-ils moins respectables que Velsna ou Teyla, mais ils le sont dĂ©jĂ  bien davantage que vous. Nous vous proposons de demeurer dans une posture d'Ă©coute et de ne plus insinuer votre prĂ©tendue supĂ©rioritĂ©. Le Drovolski apprĂ©cie la Poestoscovie, mais certainement pas ce genre de comportement.


Henrietta
Proposition : Réintégration de Carnavale
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Exaspérant !

AlinéaVolkingrad avait répondu favorablement à la proposition Poëtoscovienne, mais n'avait pas jugé nécessaire d'y envoyer la Gouverneure Fédérale AngÚle Orlovski. Ce fut la Gouverneure Shimanskaya, qui assura cette représentation secondaire. Les raisons de cette pratique sont diverses, parmi: Les innombrables tentatives obsolÚtes de la Poëtoscovie sur la scÚne diplomatique comme le tribunal international, ou encore l'humiliation face aux Velsniens, et plus récemment l'actuel fiasco avec la Principauté Carnavalaise. Exaspérant. Oui, tout cela était exaspérant. L'inutilité de ce sommet était telle que la Gouverneure Shimanskaya conversait tantÎt avec son voisin: La délégation Raskenoise. En outre, le ministre Axel Orndorff semblait tout aussi décontenancé face à la ridiculité de la situation. Ce dernier et la Gouverneure Kartienne avaient donc préféré une discussion fructueuse entre leurs deux pays, pour espérer palier ce manque de temps engendré par l'invitation Poëtoscovienne. Tosca avait été la premiÚre à engager la discussion, discrÚtement.

Discussion non publique«Monsieur ? Vous représentez l'Empire Raskenois, n'est-ce pas ?»
«Effectivement. Et vous ? Kartienne, je présume.»
Sans doute que le Ministre Raskenois avait dĂ©celĂ© la nationalitĂ© de son interlocutrice par son accent tout relatif. Si Tosca savait parler l'allemand en raison de la culture de son pays, elle restait italienne. Ou bien peut-ĂȘtre sieur Orndorff connaissait-il directement la Gouverneure.
«Je suis heureuse de pouvoir vous rencontrer. Je n'ai eu de cesse que de remettre en question la prĂ©sence de mon pays Ă  ce sommet, peut-ĂȘtre sera-t-il plus intĂ©ressant avec votre prĂ©sence, aprĂšs tout.»
«Je ne vous fais pas dire...»
La Kartienne émit un sourire chaleureux, ravie de voir que son opinion n'était pas solitaire. Elle répondit.
«Puis-je me permettre, en conséquence, de sortir du cadre de ce sommet... Ma foi rocambolesque.»
«Je vous en prie, la distraction a sans doute assez duré...»
«Semble-t-il que nos deux partenariats industriels et militaires ont observé des avancées considérables. Oh bien sûr, je ne suis pas une experte en la matiÚre. Néanmoins, dame Strakhova m'a transmis que les derniÚres recherches liées au double rotors du projet Krechet arrivent à leur terme, une affaire de quelques jours.»
«Tout cela est intéressant. Mademoiselle, puis-je vous suggérer de continuer cette discussion en de meilleurs lieux ? L'aéronef Raskenois est bien en capacité d'accueillir un passager supplémentaire.»
Le ministre Raskenois plaisanta légÚrement, sa proposition n'en demeurant pas moins sérieuse.

Le Ministre des Affaires EtrangĂšres Raskenoises, sieur Axel Orndorff, parvint Ă  saisir la parole.
«Considérant la présence de certains pays impliqués en ce sommet, je m'attendais à l'effet d'une école primaire. Force est de constater qu'il s'agit en réalité d'une école maternelle. Mesdames, messieurs, l'Empire Raskenois se retire de ces discussions et souhaite bonne chance à ses alliés de l'ONC dans la poursuite de ces derniÚres, et espÚre que malgré la résistance de certains leur intervention permettra au moins d'élever le niveau à celui d'une école primaire.»

La Gouverneure Shimanskaya, Kartienne, succéda à la prise de parole Raskenoise.
«La RĂ©publique FĂ©dĂ©rale Kartienne partage la vision de l'Empire Raskenois, ces discussions ne sont pas dignes de la portĂ©e que revendique un tel Ă©vĂ©nement, pas dignes de grandes puissances qui siĂšgent pourtant en ces lieux. Mon pays s'est joint Ă  ce sommet dans l'espĂ©rance de la rĂ©solution de divers conflits qui rongent notre monde, l'exemple juste de celui opposant la PrincipautĂ© de Carnavale et l'Organisation des Nations DĂ©mocratiques. Nonobstant, ce sommet n'est que le reflet des disparitĂ©s qui sĂ©parent les 'grandes puissances' ici prĂ©sentes, certainement par l'imprĂ©paration caractĂ©risĂ©e des responsables de cette tentative. Certaines parties ont rappelĂ© une chose, la force de la diplomatie n'est pas de converser selon les affinitĂ©s du moment: Eviter l'exclusion de la PrincipautĂ© aurait sans doute permis des discussions autour de la Kabalie. Nous sommes Ă  l'entrevue des vingt premiĂšres puissances Ă©conomiques du globe, pas au 'procĂšs de la PrincipautĂ© de Carnavale'. Nous assistons simplement Ă  une deuxiĂšme tentative de l'ex-tribunal international. La PoĂ«toscovie, Ă  l'origine de cette rĂ©union, a actĂ© le bannissement simple et arbitraire de la PrincipautĂ©, lorsqu'il y a quelques minutes elle disait ne pas pouvoir le faire seule. Aujourd'hui Carnavale, demain le futur ennemi de la PoĂ«toscovie. La RĂ©publique FĂ©dĂ©rale Kartienne n'est attachĂ©e Ă  aucun bloc, et elle le restera. Carnavale est responsable de divers actes que mon pays a condamnĂ© Ă  plusieurs reprises. La diplomatie d'une grande puissance -concept de ce sommet- ne se mesure pas Ă  sa capacitĂ© d'exclure ses adversaires, mais plutĂŽt Ă  celle de pouvoir les faire s'asseoir Ă  une mĂȘme table. Mon pays ne participera pas Ă  la crĂ©ation d'un organisme qui repose sur les Ă©motions changeantes de son hĂŽte. Excellences venues de tout continent, je vous remercie de votre attention.»

Sans plus attendre, la Gouverneure referma sa pochette et rejoignit son homologue Raskenois. Sans attendre de réponse à sa prise de parole, elle reprit naturellement sa conversation avec sieur Orndorff en quittant la salle, interrompue l'espace de quelques minutes.

MAE RaskenoisaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaCitoyenne Tosca Shimanskaya

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Ce RP est commun à Rasken et Karty, entente vue par les deux joueurs en DM.

NB pour Colin: Merci pour la petite inspiration de la rubrique des chiens écrasés ^^
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Yves Saint-Lorenzo

- Allons allons, les esprits s'Ă©chauffent, il n'Ă©tait pas dans mes plans que cette rĂ©union prenne une telle tournure. Et puis je suis sĂ»r que c'est une erreur, nous en rirons demain c'est certain. En attendant, vous savez quoi ? Je vous invite tous au restaurant ! C'est la Banque PrinciĂšre qui paye alors prenez tous du homard ou une spĂ©cialitĂ© locale trĂšs chĂšre. On ne va quand mĂȘme pas laisser cette histoire de buffet devenir un scandale diplomatique.
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Louis de Saint-Antoine en costume bleu marin// Alexis Cormac, créateur de contenu portant sur l'art sartorial , et charmant monsieur ayant bon goût !

Une conférence qui commence mal.

L’AntĂ©rinie au G.20 Poetscovien.

Le diplomate antĂ©rinien s’amusait follement Ă  cette petite confĂ©rence qui avait Ă  peine commencer et qui pourtant se transformait en une telenovela qui ne manquait pas de piquant. Certes, Louis de Saint-Antoine s’attendait Ă  quelques
 comment l’exprimer
 Ă  quelques Ă©tincelles. Mais jamais il n’aurait pu deviner que les effronteries de la principautĂ© et les coups de pression de l’Organisation des Nations DĂ©mocratiques ne virent Ă  la comĂ©die tragique. Tragique car ces nations se ridiculisent, mais tragiques aussi car elles rĂ©vĂšlent Ă  quel point ce G.20 dĂ©voile la conception biaisĂ© de l’ordre gĂ©opolitique que semblent partager poetscoviens et onĂ©diens. Et jamais le diplomate antĂ©rinien ne put s’attendre Ă  des prises de paroles, et surtout Ă  des actes aussi Ă©loquents
 « Si ça ne fait que commencer,j’ai hĂąte de voir les Ă©tincelles que feront les Kah tanais et les Alguarenos » souffla t’il avec un grand sourire taquin Ă  un homologue Ă©tranger
 Alors qu’il pensait que les bouderies des nordistes et de leurs alliĂ©s westaliens ne faisaient que commencer, que les frasques carnavalaises ne restaient encore que des amuses-gueules, qui Ă©taient de meilleure qualitĂ©, il faut l’avouer, que les cochonneries servies sur les buffets poetscoviens. Il s’avĂ©rait qu’Yves de Saint-Lorenzo venait de lĂącher « mais moi je ne sors d'ici que par la force des baĂŻonnettes, que ce soit dit ! » ; la tension venait de monter d’un cran, tandis que l’AntĂ©rinien dut dissimuler tant mal que bien son sourire.

Il souriait comme un garnement qui venait de se faire prendre ; non pas parce qu’il Ă©tait fier de sa bĂȘtise, mais car il devait tĂącher de rester sĂ©rieux face Ă  l’adulte qui le sermonnait Ă  propos de la prĂ©tendue gravitĂ© de sa bourde alors que cette derniĂšre le faisait follement rire. C’est Ă  grand peine qu’il dut tenter de retrouver une expression normale, mais visiblement la dĂ©formation de ses muscles faciaux n’étaient qu’une attraction secondaire face aux prise de parole toujours plus provocantes des invitĂ©s. Il faut le dire, inviter Carnavale est une grave erreur, ils ont la manie de prendre les Ă©vĂšnements les plus graves avec une telle lĂ©gĂšretĂ© que ça en devenait simplement hilarant. Et autant le dire, reprendre sa contenance habituelle, retrouver une posture digne d’un diplomate Ă©tait une chose difficile Ă  ce moment prĂ©cis ; Ă  chaque que l’AntĂ©rinien pensait que la tempĂȘte carnavalaise s’était assoupie, la voilĂ  qu’elle repartait avec d’autant plus d’intensitĂ© que les erreurs poetscoviennes donnaient du grain Ă  moudre. À chaque fois les traits du diplomate de la ConfĂ©dĂ©ration se dĂ©formaient briĂšvement avant de recouvrer une fausse impression de sĂ©rieux, une gravitĂ© factice qui cachait mal l’amusement de cet homme.

Malheureusement, la dĂ©cision d’exclure la PrincipautĂ© le rĂ©volta ; le plaisir d’assister Ă  cette jouissive comĂ©die se transformĂąt tout Ă  coup en mĂ©pris. Il mĂ©prisait les Poetscoviens car ils avaient abandonnĂ© leur rĂŽle de neutralitĂ© pour entrer dans celui du partisan ; ils lĂąchaient la prĂ©tendue ouverture du G.20 aux seules grandes puissances Ă©conomiques au profit des puissances morales. Et c’est un changement de paradigme bien trop brusque, beaucoup trop abrupte pour que l’on ne puisse y lire la capitulation d’Hernani-Centre. Pour l’AntĂ©rinien il Ă©tait Ă©vident que cette confĂ©rence resterait dorĂ©navant entachĂ© du sceau de la trahison. Et dans l’idĂ©al antĂ©rinien ; mieux valait ĂȘtre un don Quichotte ou un Roland qu’un Judas ou un Ganelon ; si l’on devait cĂ©der, si l’on devait capituler, l’honneur devait ĂȘtre sauf, la respectabilitĂ© prĂ©servĂ©e. Et voilĂ  qu’en Ă  peine une heure, le diplomate Poetscovien venait de vider de sa substance cette confĂ©rence ; et l’AntĂ©rinien en Ă©tait persuadĂ©, pour quelques deniers. La Poetcovie venait une fois de plus de se trahir et s’humilier toute seule, les mordants sarcasmes du Carnavalais et les comiques allusions du Jashuriens ne faisaient que pointer du doigt la faiblesse, et l’hypocrisie mĂȘme, d’une puissance rĂ©putĂ©e schizophrĂšne dans la plupart des ambassades.

Mais nĂ©anmoins, mĂȘme si l’injustice Ă©tait flagrante, le reprĂ©sentant confĂ©dĂ©ral refusait de se montrer aussi catĂ©gorique que ses alliĂ©s jashuriens ; l’AntĂ©rinie ne soutiendrait jamais Carnavale, les crimes commis Ă©taient bien trop ignobles, impies, et cruels pour que les AntĂ©riniens puissent se permettre d’adopter la politique de l’autruche, de se convaincre soi-mĂȘme que les nettoyages ethniques ne sont rien d’autres que de malheureuses bavures policiĂšres ou des accidents
 Le cynisme habituel d’Antrania ne pouvait suffire Ă  cacher, dissimuler, oublier, les atrocitĂ©s carnavalaises et les AntĂ©riniens comprenaient trĂšs bien que l’O.N.D n’ait que pour seul mantra ; « Carnavala Delenda Est ». Et puis ce serait dĂ©clencher un incident diplomatique avec les Marcinois que de prendre la dĂ©fense carnavalaise ; ces derniers tenaient Ă  leurs relations avec certains membres de l’O.N.D, tout comme elle refusait que le gĂ©nocide kabaliens ne soit oubliĂ©. Il fallait donc, encore une fois, jouer un bien difficile jeu d’équilibriste, dĂ©fendre Carnavale sans la rallier ; une nuance qui se perd dans un monde ou la manichĂ©isme triomphant ne laisse que des positions binaires ; ou bien l’on est contre Carnavale, ou bien l’on soutient la CitĂ© noire. Et cette simplicitĂ© d’esprit commençait Ă  fatiguer cet homme habituĂ© Ă  la vieille diplomatie ; aux jeux de dupes, aux positions alambiquĂ©es et au refus de s’aligner tout Ă  fait sur les intĂ©rĂȘts Ă©trangers ; pour lui, cette action n’est rien d’autre qu’une capitulation, une sujĂ©tion, une vassalisation.

Enfin, alors qu’il se consternait du niveau gĂ©nĂ©ral tout en s’amusant des piques flamboyantes des carnavalais, il vit le Raskenois prendre la parole et annoncer le retrait de son Etat, accompagnĂ© par le reprĂ©sentant Kartien. Il dĂ©cida donc de se lever ; tĂąchant de mettre en avant son trois piĂšces merveilleusement bien taillĂ©, comme une sorte de contraste vis Ă  vis du costume kiabi raskenois, de cette tenue nĂ©gligĂ©e qu’il portait, qui tĂ©moigne Ă  elle seule du peu d’intĂ©rĂȘt que porte la Couronne impĂ©riale vis Ă  vis du projet. Comme Ă  son habitude, le diplomate portait du bleu antĂ©rinien relevĂ© par une cravate rouge et une pochette jaune d’or. MĂȘme si cela se voyait qu’il Ă©tait assez engoncĂ© dans ce costume, principalement Ă  cause de sa morphologie particuliĂšrement imposante, il pouvait faire preuve d’une certaine amplitude de mouvement ; une certaine originalitĂ© aussi dans le choix des couleurs, qui contrastait avec les vĂȘtements sombres, terriblement classiques, des diplomates Ă©trangers. Au contraire, il Ă©tait un partisan convaincu de l’harmonie ; ce qu’il concevait comme l’équilibre nĂ©cessaire et absolu entre l’utile et l’agrĂ©able. L’un sans l’autre Ă©taient vouĂ©s Ă  devenir des vanitĂ©s, mais ensemble ils forgeaient l’humanitĂ©.

- « Je dois vous avouer messieurs que je reste dubitatif ; Ses Excellences Orndorff et Shimanskaya, que je tiens Ă  saluer, ne manquent pas de pertinence en rappelant Ă  quel point la scĂšne Ă  laquelle nous assistons est surrĂ©aliste. Et je suis tout Ă  fait d’accord avec ceux-ci lorsque l’on dĂ©couvre que les diplomates d’aujourd’hui sont incapables de savoir faire des compromis, mais pire encore, qui sont incapables de se tenir. C’est Ă  croire que les millĂ©naires de diplomatie qui codent actuellement nos usages, nos relations, nos Ă©changes, n’ont servi Ă  rien. Un dicton populaire antĂ©rinien dit que quand « tout fout le camp, il faut savoir rester digne ». Visiblement, la dignitĂ© n’est pas une valeur universelle, visiblement, l’éducation, la politesse, la courtoisie et l’élĂ©gance ne sont pas des valeurs qui se transmettent partout. Des invitĂ©s sont odieux, les hĂŽtes sont indĂ©licats et le repas est ignoble ; qu’est-ce qui pourrait mal se passer, je vous le demande ! Évidemment, il ne s’agit pas de manquer de respect aux illustres Excellences prĂ©sentes ici, Son Excellence Sharuk Kapoor a pu montrer que l’on pouvait Ă©triller, couler mĂȘme, tout en restant parfaitement poli ; je tĂącherai donc de me montrer tout aussi franc que lui, mĂȘme si l’excellence des acadĂ©mies jashuriennes et l’admirable sens du protocole de Ses Excellences tout droit venus d’Agartha me manquent.

Je tiens seulement, en effet, Ă  pointer du doigt une faiblesse dans les virulentes critiques de son Excellence Ondorff. En effet, il ne se demande par pour quelle raison Son Excellence de Saint-Lorenzo, plĂ©nipotentiaire carnavalais, se montre aussi mĂ©prisant, aussi carnavalien, si vous me permettez l’expression, c’est parce que l’on propose de l’exclure de nĂ©gociations pour des raisons morales s’appuyant sur un droit international qui n’a rien d’universel. Tout au plus, une sympathique prĂ©tention Ă  ĂȘtre appliquĂ© partout et en tout lieu
 Et donc, voilĂ  que l’ensemble du camp du bien, des honnĂȘtes gens, comme qui dirait, se ligue contre la PrincipautĂ© sans aucun fondements juridiques dignes de ce nom. Je trouve cela fondamentalement injuste d’autant plus que ceux qui comptent vraiment, comme les Excellences Kah tanaises, Alguarenaises, Velsniennes ou Estaliennes n’ont pas pris position Ă  propos de cette Ă©pineuse question. Et il me paraĂźt donc malvenu d’exclure un État mĂ©ritant tout Ă  fait sa place ici, mĂȘme plus que d’autres, sans mĂȘme avoir reçu les rĂ©ponses de tout les participants Ă  cette confĂ©rence. Monsieur le reprĂ©sentant poetscovien, reconnaissez qu’une telle mĂ©thode n’a aucun sens, votre approche est incohĂ©rente, et surtout irrespectueuse.

Dans des confĂ©rences comme celles-ci, quand leur existence mĂȘme fait polĂ©mique, il est bon de rassurer les États se donnant la peine d’y assister ; il est bon de faire preuve de fiabilitĂ©, de constance, en un mot de bon sens. Tout comme une entreprise doit se construire une image de marque pour rassurer investisseurs et clients. Et voilĂ  que quelques personnes dĂ©cident d’exclure une puissance sans mĂȘme s’intĂ©resser Ă  l’avis des autres ; en brandissant des arguments sans valeur juridique, des valeurs Ă  l’universalitĂ© douteuse, des concepts n’ayant cours que chez eux. Et voilĂ  que loin de chercher Ă  maintenir le calme, d’appeler une Ă  une vĂ©ritable sĂ©ance de travail professionnel, la Poetscovie a l’outrecuidance de demander Ă  Son Excellence de Saint-Lorenzo de quitter la piĂšce. C’est d’une ignominie sans nom, d’une impolitesse rarement Ă©galĂ©e, d’un manque de courtoisie des plus flagrants. Et aprĂšs vous avez la folie de rĂ©clamer Ă  ce que l’on traite cette affaire avec sĂ©rieux ? Avouez que cela ne manque pas d’ĂȘtre pour le moins cocasse. Ce sommet aurait pu ĂȘtre une opportunitĂ© unique pour entamer des pourparlers de paix, d’établir un premier contact visant une sortie de crise, ou au moins aborder des questions que d’aucun ne jugeraient pressantes, comme sur le droit maritime ou toute autre uniformisation des lĂ©gislations
 Et malheureusement il semblerait que Son Excellence Askar al-Askarri ait tort, nous ne sommes capables de souffrir la compagnie des uns et des autres sans caprice ; chacun souhaitant se dĂ©barrasser de ses contradicteurs ou de ses opposants


Je considĂšre, pour ma part, que nul ne devrait ĂȘtre exclu ; le droit international est une chimĂšre ; l’Empire ConfĂ©dĂ©ral Uni ne reconnaĂźt que de trĂšs rares traitĂ©s internationaux, notamment sur la limitation de l’usage d’armes balistiques, et dĂšs lors il n’a aucune lĂ©gitimitĂ© Ă  s’appliquer ici, nous n’avons aucun droit moral Ă  forcer les participants Ă  jouer avec des rĂšgles qu’ils ne reconnaissent, pire encore, qu’ils refusent catĂ©goriquement. En parlant de moralitĂ©, cette derniĂšre ne saurait justifier que l’on ose s’accorder le droit d’expulser manu militari un État participant en raison des crimes monstrueux qu’il a commis. Je vous l’avoue, je n’ai guĂšre de sympathie pour la PrincipautĂ©, et j’ai tendance Ă  considĂ©rer que l’Holocauste d’Estham ainsi que le gĂ©nocide kabalien mĂ©ritent non seulement des excuses, mais aussi des rĂ©parations de la part des Ă©lites carnavalaises. En revanche, le bombardement des populations civiles par l’aviation onĂ©dienne n’est pas Ă  Ă©clipser. Si je me permet d’étaler le linge sale des uns et des autres, ce n’est pas pour essayer de les rabaisser, mais pour montrer qu’à ce rythme rares sont les chevaliers blancs au cƓur pur qui mĂ©ritent de siĂ©ger ici si l’on s’appuie dĂšs lors sur ce prĂ©tendu « droit international » ou les droits de l’Homme ; il me semble qu’aucune charte n’autorise le bombardement de civils
 En partant de ce simple constat qui mĂšnerait en thĂ©orie Ă  l’exclusion de l’Empire du Nord ainsi qu’à celle de Carnavale, nous pourrions aussi Ă©largir la liste Ă  ceux qui sont impliquĂ©s dans des guerres d’agression, des rackettes
 Donc bon, je vous avoue que cet argument lĂ  ne me convient guĂšre, simplement car il n’y aurait plus de participants Ă  cette confĂ©rence
 Avouez que ce serait regrettable.

Ensuite, je pense que brandir telles ou telles valeurs pour rĂ©clamer l’exclusion de Carnavale n’a aucun sens ; simplement car ces derniĂšres ne sont pas universelles et, que si l’on creuse un peu, il est tout Ă  fait probable que l’humanisme et le droit de l’hommisme d’autres ne valent pas plus que le « pacifisme » ou l’« internationalisme » d’autres État. Que l’on se le dise, l’hypocrisie sur ce point lĂ  n’est pas un soucis ; la ConfĂ©dĂ©ration serait mal placer pour Ă©voquer ces dissonances quant elle-mĂȘme n’a aucun mal Ă  utiliser ces si confortables prĂ©textes pour mener des agressions que l’on pourrait qualifier d’impĂ©rialistes
 Nous avons encore la droiture d’esprit de l’admettre. Cela dit, je crains aussi que cela n’ouvre la porte Ă  des lĂ©gislations internationales qui pĂ©naliseraient certains États tout Ă  fait frĂ©quentables en adoptant un systĂšme normatif qui pourrait promouvoir des conceptions progressistes au dĂ©triment des systĂšmes moraux dĂ©jĂ  mis en place dans certains États que l’on prĂ©tend « à la traĂźne » sur le plan des mƓurs, comme le Makota
 Et je ne crains que cela ne devienne une boĂźte de Pandore que l’on peut utiliser comme rĂ©serve Ă  Casus Belli pour la poursuite d’intĂ©rĂȘts moins nobles et de stratĂ©gies prĂ©datrices, c’est principalement pour cette raison lĂ  que je rejoins la position AzurĂ©enne, encore une fois, le Diwan semble ĂȘtre plein de sagesse, ou du moins de bon sens, en rappelant que seules les puissances Ă©conomiques ont le droit de prendre de dĂ©cisions, de participer Ă  de tels conseils sans avoir Ă  ĂȘtre pĂ©nalisĂ© par des institutions faisant de certaines valeurs des modĂšles intouchables qui lĂ©gitiment une mise au ban des États contrevenant trop visiblement Ă  ces derniĂšres.

Je tiens avant, d’aborder, d’autres points urgents, prĂ©ciser que je compatis profondĂ©ment Ă  la douleur de l’Empire du Nord ; l’Empire ConfĂ©dĂ©ral Uni l’a dĂ©jĂ  fait, mais je tiens Ă  rappeler que nous soutenons les nordistes ainsi que les familles des victimes. Il se peut que j’ai pu me montrer maladroit, mais cela ne signifie d’aucune maniĂšre que je l’Empire s’aligne sur Carnavale ; au contraire, nous tenons simplement Ă  Ă©viter d’ouvrir une boĂźte de Pandore inique qui pourrait Ă  terme, devenir l’arme d’un camp de moralisateurs en chef. Comme l’a Ă©crit un grand homme ; « quels gredins que ces honnĂȘtes gens ! » et moi mĂȘme je me mĂ©fie de ceux qui entendent utiliser des valeurs pour rĂ©gir le monde.

Quant Ă  la question qui se pose dorĂ©navant pour renouveler une fois de plus cette merveilleuse expĂ©rience sociale
 Enfin ce « G.20 », il me paraĂźt tout Ă  fait indiquer de signaler que l’Empire ConfĂ©dĂ©ral Uni soutient la proposition nordiste pour que la prochaine confĂ©rence se dĂ©roule sur ThĂ©odosine ; ce lieu me semble ĂȘtre tout Ă  fait convenable, d’autant plus que j’ai entendu dire que les cuisiniers locaux font des merveilles, si les dĂ©bats s’avĂšrent tout aussi stĂ©riles qu’aujourd’hui, nous pourrons au moins nous rĂ©galer, ce qui n’est malheureusement pas le cas ici. Qui plus est, cette riche citĂ© historique est tout Ă  fait Ă©trangĂšre aux logiques de blocs.

Bien entendu, je considĂšre que la proposition azurĂ©enne ne manque d’intĂ©rĂȘt et de subtilité ; le pays en charge de l’organisation de l’évĂšnement a le droit d’invitĂ© un État partenaire, voire mĂȘme une organisation, pour que ces derniers puissent prendre position lors des dĂ©bats ; ce qui ne manquera pas d’appuyer le cĂŽtĂ© rĂ©solument multilatĂ©ral de tels sommets sans pour autant laisser croire que tout le monde est invitĂ©. Pour ma part je considĂšre que seuls les États dans le top 20 (et des invitĂ©s d’honneurs exceptionnels) peuvent dĂ©cider ; le sort du monde se dĂ©cide davantage Ă  Aserjuco qu’à Waltereich. Bien Ă©videmment la C.S.N est Ă  mon sens un non sujet ; nous sommes suffisamment nombreux, inutiles d’inviter les stalinopithĂšques ouainais


Et enfin, je propose que toutes les dĂ©cisions prises ici le soient par la majorité des États participants Ă  cette confĂ©rence, et que ces derniĂšres n’aient pas vocation Ă  ĂȘtres appliquĂ©es par ceux qui ont votĂ© contre. L’exclusion injustifiĂ©e de Carnavale doit ĂȘtre amplement dĂ©battue ; et non dĂ©cidĂ© par le reprĂ©sentant poetscovien sans mĂȘme interroger ceux qui n’ont pas pris position. C’est une dĂ©cision injuste et le tir doit-ĂȘtre corrigĂ©.

Merci pour votre attention.
 »

Et alors que l’AntĂ©rinien se rassit, il vit que la pendule affichait midi et quart ; pour lui il Ă©tait hors de question de rater le repas. Il descendit donc en trombe pour dĂ©jeuner au Radeau de la MĂ©duse.
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Excellence Madame la ministre Rostand, je vous prie de bien vouloir accepter mes excuses. Au nom du Diwan, je vous demande pardon de n'ĂȘtre pas intervenu plus tĂŽt, pour que ce regrettable incident ne prenne pas une forme plus pĂ©nible pour l'hĂŽtesse de cette rĂ©union.

Mesdames et messieurs les collĂšgues reprĂ©sentants, je vous remercie, chacun d'entre vous a tenu des propos sensĂ©s, auxquels il faut naturellement ajouter nos remerciements sincĂšres et cordiaux Ă  la PoĂ«toscovie pour avoir prĂ©vu cette rĂ©union et le principe d'un grand sommet mondial, a priori pensĂ© large et ambitieux. Sans l'initiative de la PoĂ«toscovie, cet Ă©change n'aurait pas eu sa premiĂšre tentative ici, alors que nous remarquons ensemble que celui-ci a dĂ©jĂ  un intĂ©rĂȘt positif. Bien que certains ici aient des remarques parfois critiques Ă  l'Ă©gard de notre hĂŽte, je perçois un Ă©vident contentement Ă  participer Ă  un sommet en vue, Ă  prendre la parole devant un auditoire composite et attentif, et Ă  exprimer un point de vue spĂ©cifique, propre Ă  chaque Etat. MalgrĂ© la situation la rĂ©union aura permis de mettre le Drovolski, Karty, l'AntĂ©rinie, le Jashuria, l'Empire du Nord et Westalia autour de la mĂȘme table que la PoĂ«toscovie et l'Azur — Carnavale mis Ă  part, c'est dĂ©jĂ  un succĂšs indĂ©niable. Le G20 a un intĂ©rĂȘt, et nous avons des choses, mĂȘmes incommodantes ou ironiques, Ă  nous dire. Pour que cela soit plus utile, il ne resterait qu'Ă  organiser ces Ă©changes avec un ordre du jour et deux-trois Ă©lĂ©ments de planning. Car en nous disant les choses, nous comprenons beaucoup mieux le positionnement de chacun. Je crois que nous avons entendu ici, de la part du Drovolski ou de l'AntĂ©rinie pour ne citer que deux exemples, des contributions qui nous Ă©clairent sur la reprĂ©sentation que se font ces deux pays d'un mĂȘme problĂšme, et toutes les questions qui pourraient ĂȘtre opportunes en vue de continuer la conversation. Dialoguer est utile.

J'ai exprimĂ© et je maintiens que le souhait de l'Azur est que ce dialogue se mĂšne sans exclusive. Nous voyons que l'exclusion d'un pays donnĂ© suscite une agitation regrettable et nuit Ă  l'ambiance de la rĂ©union. Je prendrai cependant la dĂ©fense de Madame la ministre Rostand. Alors que nul n'en considĂ©rait l'opportunitĂ© rĂ©elle, c'est la PoĂ«toscovie de Madame Rostand qui a pris l'initiative de cette invitation et de cette rĂ©union. La PoĂ«toscovie s'est exposĂ©e et nous reçoit aujourd'hui sur son sol, Ă  sa demande et Ă  ses frais, notre hĂŽtesse ne peut qu'ĂȘtre remerciĂ©e et respectĂ©e pour cette attention Ă  l'Ă©gard de chacun des Etats invitĂ©s. Je gage que la qualitĂ© de vos participations respectives tĂ©moigne de votre intĂ©rĂȘt pour cette invitation et de votre respect envers notre hĂŽtesse, et ce malgrĂ© quelques paroles critiques voire franchement maladroites. La PoĂ«toscovie a cherchĂ© Ă  rendre un sommet international possible — je ne peux faire que l'en remercier. Toute critique est secondaire. Qui d'autre a pris cette responsabilitĂ© et ce risque ? Il faut pourtant du courage pour se risquer Ă  une initiative Ă©minemment critiquable, notamment parce qu'elle imposait, dans les formes donnĂ©es, de rĂ©soudre la question des membres et donc d'exclusions potentielles, donc l'exclusion de Carnavale, donc l'Ă©pineuse fracture qui divise la communautĂ© internationale. Qu'on ne rejette pas hĂątivement nos propres errances diplomatiques sur le regrettable incident survenu tout Ă  l'heure entre Madame Rostand et Monsieur Saint-Laurenzo. Je vous en prie, faisons un effort de politesse les uns envers les autres.

Aux membres reprĂ©sentants des Etats ayant Ă©mis le souhait d'exclure Carnavale, l'Azur dit ceci : nous comprenons votre raisonnement, nous adhĂ©rons Ă  certaines critiques profondes qui peuvent ĂȘtre formulĂ©es Ă  cet Etat, nĂ©anmoins nous refusons de considĂ©rer que la diplomatie est irrĂ©solublement impossible et Monsieur Saint-Laurenzo, qui s'est prĂ©sentĂ© Ă  nous et nous a dit, dans ses termes, sa disponibilitĂ© Ă  un Ă©change avec les adversaires, y compris les ennemis mortels dans le conflit qui oppose Carnavale Ă  l'Organisation des Nations DĂ©mocratiques, est la preuve vivante que nous pouvons — au moins ! — partager quelques heures d'une soirĂ©e bien apprĂȘtĂ©e ensemble.

Aux membres reprĂ©sentants des Etats ayant blĂąmĂ© la PoĂ«toscovie pour avoir exclu Carnavale, nous recommandons de bien vouloir reconnaĂźtre la situation impossible dans laquelle vous avez pourtant laissĂ© la PoĂ«toscovie s'enfermer : celle de trouver une solution Ă  un problĂšme dont elle n'est ni responsable, ni coupable, d'aucune maniĂšre. Madame Rostand a fait le choix d'Ă©couter certains plutĂŽt que d'autres. Nul Ă  sa place n'aurait fait un choix incontestable. Bien que nous jugions que ce choix a Ă©tĂ© le mauvais, il convient de ne pas en rajouter dans la critique. Car vous-mĂȘmes n'avez pas Ă©tĂ© d'une trĂšs grande activitĂ© diplomatique pour favoriser une meilleure situation, par exemple en disant plus clairement non pas Ă  la PoĂ«toscovie, mais Ă  l'Organisation des Nations DĂ©mocratiques elle-mĂȘme ici reprĂ©sentĂ©e par l'Empire du Nord et Westalia, votre refus d'Ă©carter un membre invitĂ© de ce groupe — nous n'avons pas vraiment cherchĂ© Ă  Ă©viter cette exclusion, nous avons une part de responsabilitĂ©, et je me compte dedans. J'ai malheureusement laissĂ© Madame Rostand prendre la responsabilitĂ© de trancher entre l'Organisation et Carnavale, or il Ă©tait de mon devoir de ne pas la laisser s'exposer Ă  une position aussi malaisĂ©e et critiquable, d'autant plus que bien d'entre vous ici ont la langue bien pendue de sarcasmes. Ceci Ă©tant dit, ne nous tenons rĂ©ciproquement aucune rigueur des Ă©vĂ©nements qui se sont dĂ©roulĂ©s. Chacun fait ce qu'il peut, en Ă©chouant nous apprenons pour tester quelque chose de plus solide. Cet incident Ă  mes yeux illustre la nĂ©cessitĂ© de bien cadrer le moindre sommet international, et d'assurer une sorte d'Ă©galitĂ© des membres dans le contexte formel de la rĂ©union, sans donner aux uns la responsabilitĂ© difficile Ă  assumer d'ĂȘtre garants et modĂ©rateurs, ni aux autres le rĂŽle vulnĂ©rable d'ĂȘtre excluables et silenciables Ă  merci. Il nous faut un cadre plus Ă  mĂȘme de dĂ©sarmer les situations pour que l'ambiance demeure embellie.

Je remercie ceux qui parmi vos Excellences ont rĂ©pondu Ă  notre proposition de banquet annuel international, que je rĂ©itĂšre. Il me semble que nous pouvons tirer de cet incident un enseignement : il est bon que l'hĂŽte puisse se dĂ©charger de la responsabilitĂ© sur le contenu des Ă©changes Ă  l'occasion d'un G20, car s'il doit assumer la charge que la discussion ne comporte aucune critique, aucune remarque, aucun ton acerbe, il devrait effectivement se mettre Ă  sĂ©parer les interlocuteurs qui ont des choses dures Ă  se dire les uns aux autres. C'est pourquoi je pense que Madame Rostand a fait preuve de clairvoyance en suggĂ©rant un autre lieu de rendez-vous ; et en dĂ©clinant le nom d'Agartha, Monsieur Kapoor du Jashuria a fait preuve de sagesse. Je crois, Excellences, qu'il faut de toute Ă©vidence trouver un endroit neutre, et faire superviser le dĂźner, son ambiance, son dispositif de sĂ©curitĂ©, et les garanties minimales lĂ©gitimes pour tous qu'ils pourront s'exprimer quoi qu'on pense de ce qu'ils disent, par une entitĂ© neutre, rĂ©solument neutre, et professionnelle, soucieuse seulement des formes de la rĂ©union, non de son contenu. Le contenu, lui, ce serait Ă  nous les participants d'en dĂ©terminer la qualitĂ© par nos Ă©changes. VoilĂ  ce que je peux proposer pour que notre rĂ©union puisse, d'une situation regrettable oĂč chacun fait ce qu'il peut pour la transformer en quelque chose de positif, aboutir Ă  un rĂ©sultat positif pour tous. J'espĂšre au moins que nous pourrons continuer Ă  en discuter. Nous restons ouverts Ă  toutes les propositions, je me permets cependant, pour donner suite Ă  cette idĂ©e, d'en faire une en mon nom.

Pour ce lieu neutre, agrĂ©able et propice Ă  un sommet international, j'ai pour moi-mĂȘme une idĂ©e de l'emplacement. Un petit Etat insignifiant capable d'interagir avec tous, de Tanska Ă  Carnavale en passant par le Nazum et le Paltoterra et mĂȘme les clowns tueurs du cirque Pinder, une infrastructure adaptĂ©e, un Etat calme et sans avenir, des professionnels capables de gĂ©rer la logistique pour une rĂ©ception aussi remarquable : j'ai bien ma petite idĂ©e, si la suggestion vous agrĂ©e.


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