25/12/2020
07:20:36
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La Guerre des Poetoscoviens (appellation velsnienne) (15 aout 2020-) - Page 2

MOBILISATION DES RÉSERVISTES
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LA IAKUMIE CRAINT LA GUERRE EN PÉNINSULE DE KOSA ?
Source : Brève du quotidien Якуумяа Кэннэги Соннара ( Yakuumyaa Kennegi Sonnarа ; « Dernières Nouvelles de Iakumie »), publication de 11 août 2019.

Les preuves semblent désormais accablantes contre la République de Poëtoscovie. Dans un communiqué diffusé à la télévision nationale, le Sénateur velsnien Carlos Pasqual présente les preuves des rapports entretenus entre la « nation des poètes » et le groupe Horus Moranza, qui a mené l'attentat contre la Basilique San Stefano de Velsna. Alors que plusieurs nations de la communauté internationale soutenaient déjà la mobilisation des forces civiques de la Grande République pour une opération militaire contre le gouvernement poëtoscovien, désormais jugé presque autant responsable que l'organisation terroriste elle-même, le camp des soutiens des Poëtoscoviens semble définitivement avoir jeté l'éponge.

Si le premier conflit mené il y a quelques années contre la République de Poëtoscovie n'avait pas désordonné la situation dans la région de Kosa, la récente coopération généralisée des États de la péninsule ainsi que la multiplication de leur interconnexion font redouter aux citoyens iakumes un point de vue de cobelligérance aux côtés des Poëtoscoviens en cas d'attaque par les moyens militaires de la Grande République. De plus, le gouvernement de la présidente Tuyaara Uruy Kün avait opté pour un rapprochement sans précédent avec la Poëtoscovie, à la suite d'un semi-échec de la mise en place d'une « communauté native » incluant la République iakume et plusieurs nations dites « natives » du Grand Nord et d'Aleucie.

En réponse à cette situation de crise régionale, la présidente de la République a décrété, ce onze août, la mobilisation générale des quelque 2 500 réservistes qui ont terminé leur service militaire, ainsi que la « formation accélérée » des 12 500 jeunes conscrits actuellement sous le drapeau des Forces armées de la République iakume.

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Les jeunes réservistes des Forces armées de la République iakume complète leurs engagements administratifs suite à la mobilisation décider ce 11 août 2020.

Le gouvernement l'assure : « [...] il s'agit d'une mesure préventive visant à assurer le respect de notre neutralité, de nos frontières et de notre territoire national, ainsi que notre souveraineté sur nos eaux ». Le porte-parole du Ministère des affaires extérieures assure également qu'un échange est actuellement en cours avec la Grande République de Velsna pour que cette dernière prenne bonne note de la situation régionale et évite de prendre le renforcement de l'armée iakume à nos frontières avec la République de Poëtoscovie comme une forme de menace contre une hypothétique action militaire velsnienne. « La préservation de l'intégrité territoriale a été définie comme l'unique objectif de cette mobilisation », a clarifié le général Toluman Kündü, chef de l'État-major interarmées.

Du côté des investisseurs, c'est la douche froide : beaucoup comptaient énormément sur la République de Poëtoscovie, nation la plus puissante économiquement de la péninsule de Kosa, pour favoriser un développement généralisé du Nord-Est du Nazum. Le projet d'une « zone de libre-échange kosi », promu par la République iakume et soutenu par les partenaires du Conseil kosi, semble également mis en suspens. La secrétaire générale Olyra Khelduun ne s'est d'ailleurs pas exprimée publiquement depuis la mise en accusation de la République de Poëtoscovie.

Au sein de la sphère politique, cependant, la décision de la présidente Kün ne fait pas l'unanimité : le Présidium du Tumuul, réunion collective du président et des vice-présidents de notre chambre législative, a ainsi exprimé son « profond regret » et estime « que la République iakume aurait dû privilégier la construction d'un dialogue entre les diplomates velsniens et poëtoscoviens ». Du côté des Démocrates de Iakumie, le conseil exécutif national du parti a annoncé vouloir « favoriser un soutien à la République de Poëtoscovie et non un abandon unilatéral par les autorités iakumes ». Enfin, les citoyens iakumes présents et installés en République de Poëtoscovie ont appelé à rester sur place alors que le Ministère des Affaires extérieures étudie en ce moment même, avec son ambassadeur à Hernani-centre, la possibilité de demander l'évacuation de leurs citoyens du territoire poëtoscovien.
Symbole de l'Ambassade
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Message de la Quatrième Ambassadrice de la République du Jashuria

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A l’attention du Secrétaire Général de la Communauté des Etats du Nazum,

Estimé Secrétaire,

Que milles printemps honorent vos champs et que les vents vous soient doux.

La Troisième République du Jashuria prend connaissance à l’instant du communiqué adressé à la République Sérénissime de Velsna et à la République de Poëtoscovie concernant le conflit qui les anime. Nous avons pris note, à grand regret, que le Secrétariat Général n’entendait pas consulter les nations de la Communauté des Etats du Nazum pour condamner officiellement la reprise des hostilités entre Velsna et la Poëtoscovie et s’arrogeait le droit de se poser en médiateur dans ce conflit. La Troisième République du Jashuria estime, à nouveau, que le Secrétaire outrepasse ici clairement ses fonctions en parlant au nom de la Communauté, sans avoir consulté les représentants de la Communauté des Etats du Nazum sur le sujet. Dont acte.

Vous n’êtes pas sans savoir que la République de Velsna et celle de Poëtoscovie sont en guerre depuis maintenant quelques mois. Cet état de fait est dû, comme nous le savons tous, à l’entêtement de la Poëtoscovie, qui a décidé, après bien des avertissements, à braver les demandes de la Sérénissime République de Velsna. Sa marine gît désormais dans le fond des océans. Dans cette affaire, la Poëtoscovie a bel et bien été prévenue et les choses auraient dû en rester là. Malgré cela, nous apprenons incidemment, que la République de Poëtoscovie a sciemment et honteusement armé le groupe Horus Moranza, aujourd’hui responsable revendiqué des attentats contre la basilique velsnienne qui a coûté la vie à des citoyens innocents et endommagé un des monuments de l’architecture catholique velsnienne. Suite à cela, la République de Velsna a décidé de poursuivre la guerre contre la Poëtoscovie, afin de mettre au pas son gouvernement scélérat.

Estimé Secrétaire, au vu de la situation, il n’y aura plus rien à juger quand les Velsniens en auront fini avec les Poëtoscoviens. Les Velsniens obtiendront justice et toutes les médiations ou les cours de justice neutres n’y pourront rien. La Poëtoscovie a joué et elle a eu le culot, sous ses dehors moralisateurs, d’armer des terroristes pour frapper un membre de la Communauté des Etats du Nazum. La Poëtoscovie avait été prévenue. Elle a eu tout le loisir de ne pas envenimer les choses et pourtant, elle a décidé de planter un couteau dans le dos d’un membre de la Communauté des Etats du Nazum qui ne recherchait que l’apaisement. Face à cet état de choses, la Troisième République du Jashuria considère que l’expédition punitive velsnienne n’est que justice et ne participera pas à une quelconque tentative de médiation ou d’apaisement entre les deux nations.

Nous regrettons amèrement que les choses en arrivent là, mais à ce stade, la Troisième République du Jashuria dispose de suffisamment de faisceaux d’indices et de preuves lui permettant de voir dans les actions poëtoscoviennes des actions scélérates qui confirment que ce pays n’a rien à faire au sein de notre Communauté. Le Secrétariat peut brandir la Charte, mais encore eut-il fallu que la Poëtoscovie la respecte en première instance et n’aille pas attiser les brasiers de la violence derrière son masque policé de salamalecs diplomatiques.

Cette situation, estimé Secrétaire, est le résultat des actions de la Poëtoscovie et de la Poëtoscovie seule. Elle doit en assumer pleinement les conséquences. La guerre est la conséquence de ses actions inconsidérées.

Veuillez agréer, estimé représentant, l'expression de mes salutations distinguées.

Cordialement.
Madame Parvati Mathai, Quatrième Ambassadrice du Jashuria
2906
Logotype CEN
Communauté des États Nazumis
Communiqué officiel du Secrétaire général de la CEN Ilmir Züleyhan



Réponse à la position de la Troisième République de Jashuria
A l'attention des services diplomatiques de la Troisième République de Jashuria


Honorables repésentants jashuriens,

Le Secrétariat général de la Communauté des États Nazumis a pris acte de votre prise de position en défaveur de mes précédentes déclarations sur la situation préoccupante en péninsule de Kosa, et plus spécifiquement de la remontée des tensions entre la Grande République de Velsna et la République de Poëtoscovie à la suite de l'effroyable attentat qui a frappé la basilique San Stefano.

Ma position en faveur d'un règlement pacifique du conflit s'appuie effectivement, comme vous l'avez souligné, sur la Charte fondamentale de la Communauté des États Nazumis, mais également sur les dispositions prises par l'Assemblée communautaire vis-à-vis de mes rapports avec la Communauté internationale et ses acteurs, définies — certes partiellement — par le texte « Prérogatives du Secrétaire général de la CEN dans les relations internationales de la Communauté ». Ce texte a par ailleurs été précisément voté afin d'éviter que des situations d'urgence ne se perdent dans des débats empêchant une réactivité nécessaire de la Communauté nazumie, dont je m'exprime exclusivement en tant qu'organisation, et dont les engagements, comme vous le savez, représentent l'intérêt collectif et ne sont pas contraignants pour les États, sauf si un texte est adopté, bien évidemment.

Il est de rigueur, quand nous voyons une situation d'escalade au Nazum, que nous nous placions en faveur de la paix, de la stabilité et de la discussion, et non que nous restions muets face à l'hostilité. Nous avons réagi à la crise dans le détroit Gris, qui présentait un risque mesuré pour les États du Nazum de l'Ouest qui y sont côtiers, et nous avons également récemment réagi à la montée des tensions dans le Nord du Nazum entre le Tsarat parlementaire de Khardaz et la Confédération Socialiste du Nazum pour ces mêmes raisons.

Cependant, je vous assure qu'à aucun moment, Excellence, nous n'avons tenté de dissimuler les preuves de la culpabilité de la République de Poëtoscovie dans cette affaire. Avant la parution récente de l'inculpation formelle du gouvernement poëtoscovien par un communiqué télévisuel de Son Excellence le Sénateur, ces preuves restaient floues et émanaient presque exclusivement de suspicions et d'un État afaréen en proie à la guerre. Si je ne soutiendrai jamais la solution de la force comme moyen unique d'agir, il est évident désormais, comme vous l'avez dit, Excellence, que la situation est bien différente de celle qui prévalait lors de mes dernières prises de parole sur le sujet.

Je puis vous assurer, Excellence, que le Secrétariat général est pleinement volontaire pour que les États membres de la Communauté des États Nazumis se saisissent de tels sujets internationaux et continentaux au sein du Conseil de la Communauté, et si une décision est prise de manière consensuelle, commune ou répondant tout simplement au souhait de la Communauté par l'expression de ses représentants, il est évident que les déclarations de mon Secrétariat s'y adapteront pleinement.

Avec mes salutations les plus distinguées,

Fait à Khydan, le 15 août 2020

Ilmir Züleyhan,
Secrétaire général

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Nom : Son excellence illustre et honorable, le sénateur-légat et Maître de Jugements de la Grande République, Alessandro Benedetti

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État représenté : Grande République de Velsna

Question posée au ministre :

La délégation velsnienne n'était composée que d'un sénateur que les poetoscoviens ou les milathiniens connaissaient bien: son excellence Benedetti, qui avait été nommé légat sénatorial par ses pairs pour les nations du Nazum, en plus de ses fonctions au Conseil Communal et à l'ONC. C'était lui, parmi les quelques envoyés qui avait déjà par une fois averti le pays poetoscovien des limites à ne pas franchir à l'égard des intérêts velsniens. Il était donc de retour en pays poetoscovien, sous bonne protection dans cette patrie qui était considérée comme "ennemie du Sénat et du peuple velsnien". Il s'avança ainsi parmi ses adversaires comme on grimpe sur une estrade, adoptant, debout, la posture rhétorique propre aux discours au sein du Sénat des Mille, levant les bras, effectuant de grands gestes démonstratifs et théâtraux, délaissant son pupitre étroit et étriqué.


" Mes chères excellences. Il me perce le cœur de voir parmi vous, le spectacle d'une bien triste hypocrisie collective, une intelligence malfaisante qui vous pousse à commettre le malheur et à n'en point accepter les conséquences.

Oui, nous le disons à votre face, car nous autres, velsniens, n'avons point à nous satisfaire d'artifices et de déclarations creuses de votre bouche, qui suinte le mensonge. Vos mots sont couverts de poison, et votre salive est pleine de duplicité. Chacune de vos prises de parole quant à nos morts est une insulte et une trahison de la mémoire de ceux dont vous êtes à l'origine du trépas. ô poetoscoviens, gens de la nation littéraire, gens du pays des poètes et de la péninsule de Cosa qui vous cachez pour commettre vos crimes, jusqu'à quand abuserez vous de notre patience ? Il n'est point de déclaration d'amour qui puisse suivre un meurtre, pas plus que notre cité puisse se satisfaire d'explications qui ne sont fondées que par des déclarations d'intentions. Oui, vous, poètes, vous, gens de la nation littéraire êtes la seule source des malheurs dont vous déplorez les effets. Et cela, il n'est point par une déclaration creuse que j'entendrai en faire la lumière. Aussi, l'écoute de mon discours est primordiale, car elle est l'incarnation de la perfidie poetoscovienne sous sa forme la plus manifeste: Poetoscovia fides !

La cité des velsniens a eu de nombreux ennemis et adversaires. Ses citoyens ont attiré la méchanceté, parfois la jalousie et l'envie de par notre prospérité et notre audace, souvent raillée et honnie par des hordes de menteurs et de factieux qui désiraient ce que nous avions gagné par nos efforts de commerçants honnêtes. Nous avons affronté des ennemis féroces, nous avons affronté des ennemis brutaux et sanguinaires. Nous avons affronté des ennemis courageux et braves dans leur cause, même si celle ci n'était point juste et saine, preuve en fut de leur défaite, et du triomphe que par tous temps Dame Fortune nous a accordé en voyant la grandeur de nos actions. Mais notre cité n'avait encore jamais affronté des lâches. Votre attitude est celle de vers se cachant dans des fruits trop mûrs, rongeant un organisme de l'intérieur, alternant caresses et agressions dans l'espoir que l'on oublie leur nature d'une lâche cruauté, et d'une froideur d'âme. Car oui, notre cité a eu des ennemis glorieux, des âmes d'or qui n'apparaissent qu'une fois par siècle, que vous autres dans votre basse médiocrité, auriez envier à en mourir de la tentation de quitter vos enveloppes charnelles et vous mettre à leur place. Mais vous n'êtes point de ceux là. Je ne vois dans cette nation que des âmes de bronze et de toc, des hommes et des femmes de pierre et de fer, des Hommes sans parole, et il suffirait à moi de souffler un peu fort pour que la moitié de cette audience s'effondre sous la bourrasque de notre jugement. Vous autres, êtes une nation de lâches, et vous aurez le sort des lâches: la défaite sans gloire, dont aucune âme ne se souviendra, et dont votre propre descendance aura la honte de porter. A jamais honnie et méprisée, dont le seul fait d'armes aura été de tuer des femmes, des enfants et des vieillards.


*Dans un grand geste, Benedetti porte sa main en direction de la délégation poetoscovienne*

Mais qui s'en étonnerait ? Qui pourrait dire parmi nous, sans hypocrisie qu'il ne s'attendait pas à voir la nation des poètes et son gouvernement, qui la salit plus encore, ne pas s'abaisser à ces atrocités ? Qui aurait pu s'en étonner lorsque les faits d'armes de cette nation littéraire détestée sont d'insulter nos alliés et nos amis, de s'en prendre à la bonne stabilité du Nazum et de l'Afarée, d'agir sur des pays comme un parasite agit sur un corps. Ces gens de la nation littéraire ont causé leur propre perte lorsqu'ils ont déposé la tête d'un cheval mort dans le lit d'une cheffe d'état, qui était parmi les peuples amis et frères de notre cité. Ces gens de la nation littéraire ont causé leur propre perte lorsqu'ils se servirent du Chandekolza comme d'une base de lancement pour leurs sombres desseins d'ingérence. Ces gens de la nation littéraire ont causé leur propre perte lorsqu'ils investissent leurs pions sur des nations afaréennes sans défense, obligées de subir leur présence néfaste et pestilentielle, quand ils font parvenir des armes en Eurysie pour alimenter des conflits. Qui pourrait donc croire qu'ils ne furent pas capables de s'en prendre à des femmes et à des vieillards ? Aucun discours, aucune déclaration d'amitié de façade, aucune fondation d'une organisation internationale creuse comme une coquille vide ne peut effacer votre ignominie et votre duplicité. Votre fourberie et votre méchanceté. Là où nous avons offert une porte de sortie honorable et la paix, vous nous avez répondu par la guerre. Il en est donc désormais de votre responsabilité de la subir, elle ou notre justice, selon votre convenance.

Vous avez honte d'avouer votre désir de vengeance pour la bataille d'Ursus testa. Voici votre vérité, gens de la nations des médiocres bouquineurs: le fait que vous avez insulté tant et tant notre cité, que vous avez tenté d'alimenter la guerre par l'envoi d'armes et de vivres en Loduarie, encore une fois sous le couvert d'un opération humanitaire, qui comme toutes les vôtres, se fait au son de vos canons et des bruits de bottes de vos garnisons davantage qu'à celui des râles des blessés à qui l'on fait des sutures. Vous avez joué, et vous avez perdu, et vous n'avez pas accepté ce fait: que vos pères, que vous frères et vos fils reposent au fond de l'océan par votre propre faute. Et vous vous êtes vengé sans avoir la bravoure de l'avouer, à nous comme à vous-mêmes. L'illusion de la bonté et de la générosité, est plus confortable, sans aucun doute. Et pourtant...


*Benedetti sort d'un pli de sa toge trois lettres, marquées d'un sceau poetoscovien, qu'il brandit devant son audience*

...Pourtant, aucune marque d'affection ne peut effacer vos méfaits, car il n'est point de crime qui ne laisse trace. L'infamie suit le coupable partout où qu'il aille, partout où il pose ses mains il salit ceux qu'il étreint, ceux qui répondent à sa gentillesse par de la naïveté, ceux qui se rendent compte trop tard que ce sourire cache des dents acérées. Les poetocoviens du pays des livres font un usage énergique de leur plume, mais leurs doigts sont gros et maladroits, et leur pensée vient à salir jusqu'à les vers les plus avenants et mélodieux. De ces lettres, nous en avons désormais trois qui confirment les accointances de ces gens de la Poetoscovie avec l'Horus Moranza ou leurs alliés. Il se gargarisent ici, de donner matériel, armes, canons, à ceux qui ensuite viennent nous causer malheur et désespoir de nos veuves. Ils sont faibles, d'esprit et de corps, alors ils utilisent les armes des faibles. Il ont ainsi fait tout leur possible, non seulement afin de fournir l'Horus Moranza et leurs alliés, mais de faire de ce pays leur petite arrière-cour. Leurs armes sont faites dans la Cité du Désert, un de leurs vassaux, certes, mais elles portent la marque de leur infamie.

*Le sénateur pointe du doigt les dignitaires poetoscoviens. Il vocifère désormais en incantations et en malédictions.*

Vous vouliez la transparence ? Animaux politiques de pacotille ? Faces de chiens envieuses ? Intrigants médiocres ? Je vous la donne, et je prends pour moi d'exposer votre ignominie à la face du monde, pour que plus jamais personne ne donne crédit et valeur à vos paroles de serpent. Vous ne duperez plus jamais Homme qui vive et qui respire, vous, hommes impudents et avides de vengeance, je le jure devant mon gouvernement, Dame Fortune, tous les dieux, tous les saints et toutes les forces de la nature. Lâches, pleutres sans vergogne et sans subtilité, vous n'aurez nulle part pour vous cacher de votre honte et de votre déshonneur.

*Son ton baisse à nouveau, et la veine sur son front désenfle quelque peu. Son teint rouge redevient pâle. Et de manière solennelle, Alessandro Benedetti sort d'un autre pli de sa toge une matraque télescopique.*

Voici donc votre situation véritable, perfides lettrés. Nous vous apportons la paix ET la guerre. Nous vous écoutons, quel choix faites vous, celui de la paix ? Ou celui de la guerre ? Nous ne venons pas avec des propositions, mais avec des exigences qui suffiront à peine à réparer votre infamie, et qui ne feront aucunement oublier la méchanceté de vos crimes. Donnez nous Roxane Rostand. Donnez nous Piotr Vassia. Donnez nous tous les ministres et responsables politiques de ce gouvernement de malheur ayant donné leur accord pour commettre une telle horreur. Donnez nous les agents qui ont permis à l'Horus Moranza d'agir ainsi. Donnez nous le responsable des renseignements poetoscoviens. Livrez les nous pour qu'ils viennent affronter la froideur de la justice et le regard de ceux qu'ils ont rendu veufs, veuves et orphelins. Livrez nous les réparations de ce que vous avez détruit en capitaux sonnants et trébuchants, et celles liées à la mobilisation de notre armée, dont VOUS êtes les seuls coupables. Et ensuite, nous signerons un "traité d'amitié" dont le contenu sera à notre convenance, et nous repartirons dans notre patrie avec l'honneur sauf de tous et de toutes. Cela, c'est la paix que je vous offre et il n'y en aura pas d'autre.

Nous agirons dans le refus en conséquence. Nous vous offrons la paix, mais aussi la guerre. Car si nous rentrons déshonorés en notre cité, nous rétablirons notre honneur en nous servant nous-mêmes, et nous partagerons entre les victimes de vos crimes les richesses de la Poetoscovie, que nous deverserons sur le reste de l'univers. Nous viendrons à vous, nous ferons traduire vos responsables et vos dirigeants devant une justice impassible et cruelle. Nous viendrons vous chercher chez vous, dans vos foyers, dans le creux de vos lits. Nous viendrons vous chercher en Afarée et en tous recoins du Nazum, là où vous avez eu tant de mal à établir votre influence. Que ce soit sur la terre ou sur les mers, nous viendrons vous chercher. Nous tendrons le bras pour vous atteindre sur la plus haute des montagnes, et nous le plongerons dans l'eau si vous entendez vous cacher au plus profond de l'océan. Et la paix sera plus dure encore pour vous.



note RP a écrit :

Les correspondances suivantes, communiquées par leurs destinataires au Gouvernement velsnien, sont mis à disposition de qui de droit et diffusées.




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