L’attaque a plongé la scène politique mährenienne dans une atmosphère de suspicion et de tensions croissantes. Les services de renseignement inquisitoriaux, épaulés par les forces spéciales du Groupe Quetzalcóatl, ont rapidement procédé à plusieurs arrestations dans les milieux ultranationalistes, soupçonnés d’avoir fomenté l’attentat. Cependant, l’absence de revendication officielle complique l’enquête. Plusieurs pistes sont actuellement explorées, notamment celle d’une fraction radicalisée du nationalisme mährenien, d’un groupe clandestin issu de l’ancienne administration rosique, ou encore d’une ingérence étrangère, potentiellement liée à des éléments pro-kaulthes ou raskenois.
La tentative d’attentat a immédiatement été récupérée par les forces politiques du pays, donnant lieu à une guerre d’interprétation. Le gouvernement, dominé par le Mouvement du 11 juin 2008 et l’Alliance Socialiste (ASM), a dénoncé une tentative de sabotage de la stabilité démocratique du pays et appelé à une réponse ferme et immédiate. Plusieurs députés du Mouvement du 11 juin 2008 ont réclamé une intensification des pouvoirs d’investigation de l’Inquisition, ainsi qu’un renforcement des mesures de surveillance et de répression contre les groupes extrémistes. À l’inverse, l’Alliance Socialiste et le Parti Vert et Agraire, bien que membres de la coalition gouvernementale, ont exprimé leur inquiétude quant à l’éventuel usage de cette crise pour justifier un durcissement des lois sécuritaires. La fracture au sein de la majorité s’est manifestée lors d’une séance houleuse à la Convention Nationale, où certains parlementaires ont mis en garde contre une érosion des libertés publiques sous prétexte de lutte contre le terrorisme.
L’opposition a immédiatement exploité la situation pour attaquer le gouvernement. L’Union Nationale et la Ligue des Droites ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme une instrumentalisation politique d’un événement tragique afin d’affaiblir les mouvements patriotes. Le leader de l’Union Nationale, Ewald Reiner, a accusé le gouvernement de vouloir détourner l’attention de ses échecs économiques et diplomatiques en lançant une chasse aux sorcières contre les forces nationalistes. De leur côté, les libéraux du Nouveau Cap Mährenie 2020 ont exigé une enquête indépendante, arguant que l’Inquisition ne saurait être juge et partie dans une affaire où ses propres intérêts sont en jeu.
Face à cette agitation politique, le gouvernement a soumis en urgence à la Convention Nationale un projet de réforme des lois antiterroristes, destiné à élargir les pouvoirs de l’Inquisition et de la Garde Confédérale. Ce texte, s’il était adopté, autoriserait des écoutes prolongées sans mandat, l’interdiction préventive de certaines organisations et une extension des mesures de détention administrative pour les suspects liés à des groupes extrémistes. Cette initiative législative divise profondément la classe politique. Tandis que les partisans du texte affirment qu’il est nécessaire pour protéger la stabilité de la Confédération face aux menaces intérieures et extérieures, ses détracteurs dénoncent une remise en cause des principes démocratiques fondant la Mährenie post-rosique.
Dans ce climat de tensions, la Protectrice de la Révolution, Godeliève Thiers, reste pour l’instant en retrait, observant la situation avec sa prudence habituelle. Cependant, son silence ne signifie pas l’inaction : plusieurs sources rapportent que des discussions informelles ont eu lieu entre elle et les principaux chefs de la coalition gouvernementale. Si l’Inquisition joue un rôle central dans la gestion de la crise, Thiers sait qu’un soutien trop marqué à une législation sécuritaire controversée pourrait accentuer les craintes d’une emprise kah-tanaise excessive sur les institutions mähreniennes. Il est ainsi possible que sa position soit plutôt prudence vis à vis de cette potentielle réforme.
Pendant ce temps, la traque des responsables se poursuit. Les forces de sécurité ont renforcé les contrôles aux frontières, et des descentes ont eu lieu dans plusieurs quartiers où des activités suspectes avaient été signalées. De nouveaux éléments devraient émerger dans les prochains jours, susceptibles d’orienter les investigations vers une cible plus précise. Les prochains jours seront décisifs.