03/10/2020
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Activités étrangères en Vélèsie - Page 2

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Russian sailors

Il n'y a pas grand-chose à faire, dans le Septentrion.
On s'fait chier ici, vous ne trouvez pas ?

Ivan, Piotr et Mikhaïl sont tous trois membres de l'infanterie de marine de la Marine Royale de Moritonie ou Flotte de Beiyang. Par conséquent, ils sont affectés à la seule base navale de toute la Double-Monarchie et du Céleste Empire Ushong de la dynastie Xin dans le Septentrion : la base navale de Poliznaya. Enfin, il ne s’agit là que d’un nom pour une vingtaine de quais demandant un entretien quotidien particulièrement en hiver ; lorsque ceux-ci gèlent et dont les Gouverneurs Militaires locaux s’étant succédé ont eu l’intelligence de ne pas fermer pour une utilisation civile des quelques rares navires de passages, principalement des baleiniers battant pavillon Tanskien, Velsnien et Korsien : principales sources de revenu pour la province militaire du Primorié et ses tavernes sombres et pourtant chaleureuses. L’autre revenu principal de ces débits de boissons n’est autre que les soldats et marins en garnison à Poliznaya, comme Ivan, Piotr et Mikhaïl : qui y passent leurs journées et leur solde entre deux patrouilles, sur les quais, dans la ville ou parfois ses alentours. Il faut dire qu’il n’y a pas grand-chose à faire dans le Septentrion. Surtout en hiver, où la lune se lève dès les coups de dix-sept heures, sans aller cependant jusqu'à la nuit hivernale éternelle, comme à Chernast et dans toute la Tsibeya de façon générale. Alors, les soldats et les marins en garnison deviennent les principaux habitués des établissements nocturnes de la cité. Occasionnellement rejoint par quelques Velsniens aventureux après qu’ils ont reçu leur permission de leur commandement aérien. Et tous se retrouvent aux coins d’une cheminée à écouter les récits des vétérans racontant leurs campagnes — leurs patrouilles — contre quelques Nenets et Aïnous et plus souvent contre des Wen-kamuy : ces ours n’ayant pu hiberner, obliger pour se nourrir de s’attaquer à l’Homme et devenir un esprit maléfique. Il n’y a pas grand-chose à faire dans le Septentrion, mais ses habitants sont des gens chaleureux ; ça aide à lutter contre le grand froid.

Il n’y a pas grand-chose à faire dans le Septentrion, surtout en hiver et par conséquent tout peut devenir un évènement. Même l’arrivée soudaine et inattendue de marins et pilotes Alguarenos qui repartent aussitôt après avoir délivré leur cargaison à la base navale sans demander leur reste et profiter de l’une des nombreuses auberges de la cité. Le lendemain matin en prenant leur tour de garde sur les quais, le supérieur d’Ivan, Piotr et Mikhaïl : le Capitaine Anton Bulgakov leur apprendra qu’il s’agit des navires et des aéronefs achetés par le Mandat Divin Vélèsien par l’intermédiaire de la Double-Monarchie et qu’Ils ont été réquisitionné demain dès l’aube avec d’autres de leurs camarades pour les escorter à leurs véritables acquéreurs. Une journée supplémentaire s’écoule durant laquelle Ivan, Piotr et Mikhaïl partagent leurs dernières histoires à l’humour de caserne douteux, les dernières nouvelles de leurs proches et leurs coups bas aux cartes, avant de laisser poindre le Jour-J où ils embarquent pour la cité portuaire de Pavlomara, dans le Sajótor, province Vélèsienne frontalière du Kraï de Tsibeya : autre possession Arctique de la Double-Monarchie dans le Septentrion. . . où il y a encore moins de chose à faire. . .

Leur mission accomplie auprès des commissaires politico-religieux peu bavard du Mandat Divin effectuée, les marins et les soldats de la Double-Monarchie repartiront, direction la petite cité portuaire de Novo-Kribirsk, au Sud de Chernast, d'où ils seront rapatriés à Poliznaya, reprendre leurs missions de patrouille dans lesquelles il n'y a pas grand-chose à faire.


Action gameplay :
La Moritonie transfert le matériel militaire acheté aux industries de l'armement Alguarenas pour le compte de la Vélèsie.
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Réponse à l'Opération Mercure

Mobilisation de la Classis II "Sus Scrofa" et levée de la Grande Tribune Militaire de Tercera


Trop bien la nouvelle musique de la map de GK

L'humeur est à l'agitation dans les mers du Nord-Nazum. Depuis plus d'une semaine, il a été permis au commandement local velsnien la situation s'envenimer entre les gouvernements moritoniens et poetoscoviens. Ce qui était présenté au départ comme une banale opération de démonstration militaire du "pays des poètes" à l'encontre de la Confédération Socialiste du Nazum, et dont l'action en elle-même a paru dés le départ relativement suspecte au vu du fait de l'absence quasi-totale de forces navales de la Confédération (deux navires en tout et pour tout), s'est transformée au fil des jours en une opération de police dont les objectifs réels de la Poetoscovie se sont dévoilés d'eux mêmes: à savoir l’arraisonnement et l'interception d'une flotte marchande moritonienne dont la destination manifeste est la Vélésie, État ennemi de la Poetoscovie, considéré comme État voyou par une part importante de la communauté internationale. Si la cité velsnienne n'a jamais entretenu le moindre contact avec la Vélésie, et qu'en soi, le devenir de la cargaison proprement dite indiffère grandement Velsna, c'est bien la menace affichée envers des ressortissants du Tsarat de Moritonie, alors en pacte défensif avec la Grande République, qui a provoqué l'ire des sénateurs. La pression par le biais de la coercition armée représente pour le Gouvernement communal une limite à ne pas franchir.

D'emblée, l'évènement a constitué par la faction des "achosiens", composante de la majorité sénatoriale la plus proche des interêts de l'armée et de la marine, un motif pour faire, à l'image de la Poetoscovie, usage d'une démonstration de force dans la région du Nord-Nazum. Très rapidement, il est apparu que cette réponse musclée du gouvernement communal revêtait de plusieurs interêts au delà même de faire respecter les interêts de l'allié moritonien:
- Satisfaire l'interêt de la faction des "achosiens" porté à la défense de la cité de Tercera, la majorité des sénateurs de la dite faction étant issus de la notabilité provinciale particulièrement puissante dans les rangs de l'armée, et dont Tercera constitue l'un des bastions électoraux. Dans le contexte des prochaines élections sénatoriales qui auront lieu en Avril 2018, ce motif est d'autant plus décuplé.
- Opérer une démonstration de force, non seulement à l'endroit de la Poetoscovie, mais également rassurer les alliés moritoniens, ushong et jashuriens dans la région du Nazum au sujet de la fiabilité des forces velsniennes dans la région à l'heure de l'essor du bloc de la Confédération socialiste du Nazum, qui si elle n'est pas encore considérée comme un acteur politique majeur dans la région, ne tardera pas à le devenir dans un avenir proche. Si les relations entre Velsna et la Barvynie sont perçues comme relativement cordiales, les actions récentes d'un autre membre de cette union, le Morzanov en l'occurence, ont été perçues avec suffisamment d'inquiétude pour constituer un motif supplémentaire quant à l'organisation de cette action. L'accumulation d'annonces d'exercices militaires, la rivalité locale entre Khardaz et Morzanov, et surtout, la revendication maritime récemment publiée de la CSN, ont été pris en compte.
- La Moritonie étant perçue comme un territoire capital dans l'entretien d'une base aérienne velsnienne destinée à la prjection de force en pays ushong et ramchoure, cette démonstration a été considérée comme relevant de l'interêt général de la cité.


Préparatifs et déploiements:


Au vu du caractère relativement secondaire de ce théâtre d'opération à l'accoutumée, il est nécessaire de prélever des forces navales et terrestres d'autres théâtres, et de procéder à une nouvelle levée militaire, ce qui portera le nombre de levées à trois rien que l'année 2017, un record dans l'Histoire récente velsnienne. Le processus de levée militaire et de déploiement terrestre dans une région aussi isolée que Tercera est complexe, d'autant que le système de levée a déjà été mis à l'épreuve cette année, et est estimée à deux semaines selon les estimations les plus optimistes. Quant à la Classis III "Fortuna Patres" qui en temps normal est responsable de ce secteur maritime, celle-ci est actuellement déployée au Chandekolza, ce qui ne lui permet pas d'intervenir dans la situaton présente. C'est donc la Classis II "Sus Scrofa", dévolue au secteur de la Manche Blanche occidentale, et dont le quartier général de base est situé en Achosie du Nord qui sera responsable du volet naval de l'opération.

Pour le moment, ordre a été simplement donné à la flotte et à la Grande Tribune Militaire de stationner en île de Tercera dans l'attente de nouveaux ordres, et si la situation évolue défavorablement pour les moritoniens. Dans le cas où action coercitive il y a l'encontre de sa flotte marchande, il sera alors ordonné un déploiement naval en mer, qui fera face au groupe aéronaval poetoscovien. Dans la situation présente toutefois, le commandement militaire ne perd pas espoir d'une solution pacifique...

Le déploiement se compose comme suit:

Classis II "Sus Scrofa":

Commandement: Amirraglio-Sénateur Luigi Serrantino aka "Beko"
Personnel spécial: Cinq légats sénatoriaux chargés d'être de la correspondance avec les forces locales moritoniennes, vélésiennes et poetoscoviennes, et une dizaine de greffiers sénatoriaux.

  • Un porte avion lvl 1 avec 35 chasseurs lvl 10 + un AWAC lvl 7 + 5 avions ravitailleurs lvl 9 + 1 avion de guerre électronique lvl 8 + 5 drones lvl 5
  • Deux sous marin d'attaque lvl 10 + un lvl 6
  • Un destroyer lvl 7 + un lvl 5
  • Un remorqueur lvl 8
  • 2 pétroliers ravitailleurs lvl 9
  • 6 corvettes lvl 9 + 2 lvl 2
  • 5 frégates lvl 8
  • 1 patrouilleur lvl 10 + 2 lvl 8 + 1 lvl 3
  • 1 dragueur de mines lvl 1

NB RP: Le personnel de la Classis II "Sus Scrofa" est considéré comme le mieux formé et le mieux doté de la Marineria velsnienne, étant donné sa tâche de surveillance capitale des activités de l'île celtique.




Grande Tribune militaire de Tercera

Commandement: Sénateur-Stratège Luigi Adriano
Personnel spécial: Un ordonnateur du Sénat chargé de mettre le Sénat au contact de la force d'intervention, Cinq légats sénatoriaux chargés d'être au contact des puissances locales moritonienne, vélésiennes et poetoscoviennes, et une dizaine de greffiers sénatoriaux.

La Grande Tribune est transortée par la voie des airs sur l'île de Tercera en attendant d'autres ordres.



    Transport aérien:
  • 30 avions de transport tactique lvl 9 + 30 lvl 8


  • Matériel infanterie:
  • 5000 gardes civiques professionnels avec ali 11
  • Mitrailleuses lourdes: 500 x Niveau 10
  • Mortiers légers: 500 x Niveau 8
  • Lances roquettes: 500 x Niveau 8
  • Lances missiles anti-chars: 500 x Niveau 7

  • Artillerie:
  • Canons automoteurs : 6 × Niveau 8
  • Lance-roquettes multiples : 6 × Niveau 7
  • Canons d’artillerie tractés : 10 × Niveau 10
  • Mortiers tractés : 12 × Niveau 10

  • Manœuvre:
  • Chars d’assaut : 10 × Niveau 8
  • Chars légers : 12 × Niveau 8
  • Véhicules de combat d’infanterie : 25 × Niveau 10
  • Transports blindés de troupes : 25 × Niveau 10
  • Véhicules blindés légers : 25 × Niveau 10

  • Logistique et appui:
  • Véhicules radar : 6 × Niveau 10
  • Véhicules transmissions radio : 12 × Niveau 10
  • Bulldozers : 5 × Niveau 2
  • Véhicules de déminage : 5 × Niveau 1
  • Chars de dépannage : 5 × Niveau 4
  • Camions de transport : 200 × Niveau 7
  • Camions-citernes : 120 × Niveau 10
  • Véhicules légers tout-terrain : 35 × Niveau 4

  • Anti-Air:
  • 25 canons anti aérien lvl 10
  • 25 lances missiles anti aériens mobiles

Note RP: La Grande Tribune est constituée des gardes civiques des cités suivantes:
- 3 000 locaux de Tercera
- 1 000 gardes civiques velsniens
- 1 000 gardes civiques de Tarquina
Action RP :
Le convoi reprend sa route en longeant les côtes Vélèso-Moritons, terminant les peu de distance qu'il avait vis-à-vis de sa destination en y arrivant en fin de journée, en l'absence de réponse positive aux demandes par missive de la Double-Monarchie que la Poëtoscovie lui doit.

Ivan, Piotr et Mikhaïl avaient quitté la base navale de Poliznaya tôt le matin du vingt-huit novembre à bord des navires Alguarenos. Cinq heures du matin pour être exacte ; vraiment trop tôt. Heureusement pour eux, la nuit est éternelle lors de l'hivers polaire Arctique et par conséquent les trois comparses pouvaient reprendre leur sommeil là où Ils l'avaient laissé entre deux quarts de garde.

Mais ces séances de ce qui peut s'apparenter à des micro-siestes furent interrompues lorsque tous les équipages furent réunis sur le pont de leur navire respectif. Leurs Capitaines leur apprirent que l'Amirauté de Poliznaya avait ordonné une escale au, petit, port de Novo-Kribirsk, Sud de la Cité-Forteresse de Chernast. Il était neuve heures et le convoi était déjà à plus de la moitié de son trajet. Les aéronefs quant à eux étaient déjà arrivés à l'aérodrome de Pavlomara, Sajótor, Vélèsie.
Pendant ce temps, rien ne se passa. Certains marins jouaient aux cartes, d'autres nettoyaient les ponts de leur navire, la plupart reprenaient leur nuit interrompue. Personne, pas même les officiers, n'étaient au courant de ce qui se tramait dans les chancelleries de la Double-Monarchie, de la République des Poètes, de la Grande République ou encore de la République des deux océans. Le ciel nocturne était vierge de toute vie à l'horizon et les radars aussi.

Puis sonna les coups de seize heures. Les ordres étaient tombés. L'Amirauté de Poliznaya, aussi confuse quant à ce qu'il se passait, avait ordonné au convoi de reprendre la mer avec une nouvelle feuille de route qui longera impérativement les côtes du Kraï de Tsibeya puis celles de la provinces de Sajótor en passant derrière les îles Podvetrenite, et ce, jusqu'à Pavlomara. Les navires larguèrent alors les amarres et atteignirent le port de la principale cité Vélèsienne de la région sur les coups de dix-neuf heures. Toujours aucun autre navire à l'horizon.

Ivan, Piotr et Mikhaïl, leurs autres camarades d'infanterie de marine, leurs camarades marins et leurs camarades pilotes restèrent à Pavlomara pour le reste du mois soit le vingt-huit décembre, ce dans le but de former leurs homologues Vélèsiens au maniement de la technologie Alguarena.

Le retour à la maison et leur petit quotidien tranquille, là où il n'y a pas grand-chose à faire, attendra.


Carte de la Terre Sankta-Feodora avec les provinces Vélèsiennes, Moritons et de la Boravie (future NJ3 d'Urakan)
Clique gauche pour agrandir.
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PRÉFACE À L'ÉDITION ORIGINALE

Par Dimitri Borisovitch Val Vokharin
Analyste principal à l'Institut des Études Stratégiques du Zagroyat de Morakhan


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AlinéaL'étude des nations est, par essence, l'étude de leurs limites. En tant que géopolitologues, nous sommes habitués à mesurer la puissance d'un État à l'aune de ses frontières, de son économie, de sa diplomatie ou de sa force de frappe. Mais que se passe-t-il lorsqu'un État décide que sa véritable frontière n'est plus territoriale, mais biologique ? Que se passe-t-il lorsqu'un gouvernement cesse d'administrer des citoyens pour se muer en un architecte fanatique de la chair et de l'esprit humain ?
AlinéaC'est à cette question vertigineuse, et fondamentalement terrifiante, que ce modeste ouvrage tente de répondre.
AlinéaLorsque j'ai commencé à compiler les rapports en provenance de Vélèsie, mon esprit, éduqué au rationalisme institutionnel du Zagroyat de Morakhan, a d'abord refusé de concevoir l'ampleur de la tragédie. Nous autres, Mors, vivons sous une monarchie constitutionnelle ; nous connaissons le poids de l'Histoire, la valeur de la loi et la nécessité de l'équilibre des pouvoirs. Or, de l'autre côté du spectre politique, la Vélèsie s'est affranchie de toute rationalité d'État pour embrasser ce que l'on ne peut qualifier autrement que d'obscurantisme militarisé.
AlinéaDerrière la façade pathétique d'une « Assemblée symbolique », conçue uniquement pour rassurer les observateurs étrangers les plus naïfs, se cache une dissonance cognitive d'État. Le régime vélèsien, sous l'égide de ses Anciens, a institutionnalisé l'horreur. Le programme du Svyata Zmina, le prétendu « Saint Changement », n'est ni plus ni moins qu'un processus d'épuration eugéniste à l'échelle d'une nation. En remplaçant l'éducation par le lavage de cerveau institutionnel de la « Langue Épurée », en substituant la chaleur des familles par l'anonymat glacial des « pouponnières pieuses », et en broyant les dissidents dans l'engrenage infernal de leurs « Camps de Refonte », la Vélèsie ne se contente pas d'opprimer son peuple : elle tente de le réécrire.
AlinéaCe livre n'est simplement pas une analyse académique. C'est un avertissement adressé aux autorités de la Morakhan, à notre Zagroy bien-aimé, à nos frères de la Sublime Maison et au reste du monde. On ne négocie pas avec un régime qui considère la chair de ses propres enfants comme une matière première à purifier. L'ingénierie coercitive et le transhumanisme théocratique de la Vélèsie déborderont inévitablement de leurs frontières. La pureté, dans l'esprit du fanatique, exige toujours que l'on nettoie ce qui se trouve à l'extérieur de chez soi.
AlinéaUn ouvrage d'une telle ampleur, qui exige de regarder fixement dans les abysses de la folie humaine sans y perdre sa propre objectivité, n'aurait jamais pu voir le jour dans la solitude de mon bureau. Il est le fruit d'une collaboration acharnée entre de nombreux cerveaux.

AlinéaMes premiers remerciements vont naturellement aux institutions du Zagroyat qui m'ont accordé leur confiance et leurs ressources. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude au Professeur Taras Ilitch Val Kovalenko, dont la chaire d'Histoire Slave Orientale a fourni le socle théorique nécessaire pour comprendre la dérive sémantique du pouvoir vélèsien. Ses travaux sur les proto-langages m'ont permis de décortiquer l'abomination linguistique qu'est leur Langue Épurée.
AlinéaJe dois énormément au Docteur Dragan Ksanovitch Vujović, collègue et ami, qui a passé d'innombrables nuits à éplucher les manifestes de propagande vélèsiens interceptés aux frontières khardaziennes. Son œil critique et son flegme tout bourte ont été un rempart contre le désespoir que ces textes inspirent.
AlinéaÀ Leyla Gasanova et Rustam Alakbarov, de la division des analyses démographiques, j'adresse ma reconnaissance sempiternelle. C'est grâce à leurs modélisations statistiques et à leur perspicacité que nous avons pu, malgré l'opacité du régime, estimer le véritable coût humain des « Camps de Refonte ». Les chiffres ne mentent pas, et Leyla a su faire parler les disparitions que la Vélèsie s'efforçait de taire.
AlinéaJe souhaite également remercier chaleureusement la Docteure Katalin Szabó-Romanov, psychiatre spécialisée dans les traumatismes de masse, dont les éclairages sur la dissonance cognitive imposée à la jeunesse vélèsienne constituent le cœur de mon troisième chapitre. Ses échanges avec le Docteur Zoltán Farkas sur les mécanismes d'aliénation institutionnelle m'ont été inestimables.
La compilation des données sur les essais biomécaniques vélèsiens aurait été lacunaire sans le courage documentaire de Dzmitry Piatrovitch et de Volha Morozova. Leur capacité à recouper des informations parcellaires issues de transfuges relève d'un véritable travail d'orfèvre. Dans la même veine, je salue la rigueur chirurgicale de Mircea Dan Petrescu et d'Elena Vasilescu, dont les connaissances en ingénierie et en bioéthique ont permis de démystifier les délires transhumanistes du Svantovit.
AlinéaJe n'oublie pas l'apport crucial de Stoyan Ivanov et de Radostina Kolarova, dont les révisions méticuleuses du manuscrit original ont permis de purger ce texte de mes propres biais émotionnels, garantissant ainsi la froide objectivité qu'exige une telle étude. Merci également à Radu Ionescu-Volkov pour ses conseils juridiques concernant les droits des populations autochtones du Kyrkuzaï, et des anciens textes de lois vélèsiens.
AlinéaIl me faut aussi adresser une pensée solennelle à ceux dont les noms ne peuvent figurer sur ces pages. À nos sentinelles, à nos traducteurs, et à tous ceux qui, au péril de leur vie, ont permis à la vérité de franchir les frontières hermétiques de la Vélèsie. Votre anonymat est le prix de votre courage, et ce livre est votre voix.
AlinéaEnfin, je dédie cet ouvrage à ma famille. À ma femme, Anastasia, pour sa patience inaliénée face à un mari trop souvent hanté par les spectres d'un pays voisin, et à mon fils, Nikolai, en espérant que le Zagroyat de Morakhan saura rester fort pour qu'il n'ait jamais à connaître un monde dicté par les Anciens de Vélèsie.
AlinéaPuisse cette analyse servir de bouclier intellectuel à notre nation.

D.B.Vl. Vokharin
Voïvograd, ce mercredi 10 avril 2019
5892
The Only Easy Day Was Yesterday :

Ça vaut la peine d'être un gagnant.



T'as pas idée de l'endroit où on vient d'atterrir, frangin.
⮕ Le Cœur de la Fournaise.


"Trente secondes, préparez-vous."
Le répit était de courte durée pour les hommes du SRR, ils avaient dû embarquer depuis Slaviensk sur une embarcation civile de maigre réconfort, un navire de pêche à peine bon pour la haute mer, eux et deux autres navires dans le même état que le leur. Qui était l'idiot qui avait conçu ces coques à la noix, forçant les membres de son équipage à dormir à la belle étoile sur le pont à côté de leur matériel de plongée. Un DPV par navire, ils avaient eu un mal de chien à les faire passer clandestinement en Slaviensk avant d'arriver à bon port vers les navires civils réquisitionnés. Et évidemment, ils prenaient de la place, sinon c'est pas drôle. Heureusement, le calvaire s'achevait bientôt. Après une escale en Barvynie, ils avaient fait un trajet en ligne droite jusqu'au nord de l'île principale où se situe l'essentiel des forces communistes du FCFCN. En tout cas, le calvaire maritime puisque la phase terrestre de ce voyage allait débuter et elle allait durer très probablement longtemps. Chaque agent du GRI présent en était conscient, ils avaient tous pesés les risques de partir en Vélésie, tous avaient conscience que la dernière fois que le SRR a posé les pieds dans un pays nazuméen, leur retraite a été coupée et les agents ont étés laissés sur place en dépit de tout moyen de venir les secourir. Si imprévu il y a, les Estaliens seront bien seuls et bien que la Vélésie ne soit pas hors de portée de la puissance de frappe estalienne, si le SRR a été mobilisé et pas l'Armée Rouge, c'est bien parce que Mistohir ne se risquera pas à intervenir directement dans la zone, le Nazum du Nord étant déjà une forte zone d'instabilité à elle seule qu'une intervention estalienne armée ne ferait qu'attiser les flammes de la guerre. Pour autant, face à la guerre civile vélésienne et l'apparition de mouvements communistes sur place luttant contre le Mandat Divin Vélèsien, l'Estalie ne pouvait rester de marbre et ne pas saisir l'opportunité de frapper et d'éliminer un des régimes objectivement les plus pitoyables et malsains du continent nazuméen. Face à la complexité d'une telle opération et aux moyens limités mais suffisants qu'on leur accordait, les agents du SRR savaient qu'ils allaient passer beaucoup de temps en Vélèsie, qu'ils y resteraient même certainement mais tous avaient fait le serment d'accomplir la Révolution et de porter la flamme de la Révolution de Novembre partout où cela était possible, sans aucune distinction, quitte à se sacrifier. Tous sont des instruments de la Révolution internationale, ils le savent pertinemment et l'acceptent sans broncher, même si cela nécessite de dormir sans couverture et fusil d'assaut à la main sur le pont d'un navire qui compte plus d'échardes dans le plancher que de puissance dans son moteur. Un groupe motopropulseur diesel civil, puissance ridicule mais c'était précisément pour cela qu'on l'avait choisi : pas beaucoup de puissance, pas beaucoup de bruit et signature thermique faible. Et pas cher, le contribuable estalien sera content qu'on se préoccupe de faire des économies. Et enfin, une grue, habituellement faite pour extirper les filets de poisson hors de l'eau mais qui, faute de mieux, déplacera le DPV et le mettra à l'eau afin que les agents du SRR puissent monter dedans. La distance à parcourir entre eux et la côte est d'environ trente kilomètres, de là ils devront abandonner leur DPV hors de prix sur la côte vélèsienne et continuer à pied et se réunir avec les autres équipes. Au total, trois équipes du SRR de six agents chacun, un débarquant au nord-est, un autre à l'extrémité et un dernier au sud-est de l'île principale dans l'espoir de rallier les forces communistes vélèsiennes.

"DPV à l'eau, prenez votre matériel de plongée, on décolle de ce rafiot."
Les six agents prirent alors leurs combinaisons de plongée, leurs bouteilles d'oxygène et leurs armes puis ils plongèrent un à un dans l'eau afin de s'installer dans l'espèce d'hublot qu'était le DPV. Pas nécessairement très doués dans la guerre navale, le DPV estalien ressemblait davantage à une torpille avec des sièges à l'intérieur qu'à un véhicule submersible, d'autant que pour une torpille, elle n'allait pas bien vite avec 8 km/h de vitesse, autant dire que les Estaliens vont passer un petit moment dans l'eau, même si l'endurance de leur matériel leur permet en total de rester environ huit heures sous l'eau. Cela étant, s'ils ne sont pas rapides, le DPV n'émet que peu de son et encore moins de signature thermique ou radar, lui permettant de passer incognito des sonars et des radars. En effet, bien que la guerre civile vélèsienne mobilise certainement les navires vélèsiens à s'entretuer quotidiennement entre eux, il n'est pas improbable que l'approche finale estalienne puisse être contrecarrée par un patrouilleur vélèsien, ces derniers ayant la fâcheuse habitude depuis plusieurs années à canarder les navires étrangers qui tenteraient une infiltration hostile, d'où la nécessité de rester prudents et de finaliser la traversée par une approche sous-marine.

Plusieurs heures passent sous les eaux froides du Grand Nord du Nazum, un silence de mort qui caractérise bien les profondeurs de l'océan entourent les opérateurs estaliens à six mètres de profondeur. Puis au fur à mesure, il semble que les abysses se rapprochent dangereusement de l'océan. Le copilote fait signe au pilote du DPV, ils approchent de la côte, il doit remonter. Cinq mètres. Puis quatre, puis trois. Finalement, les opérateurs finissent par voir en bas d'eux les algues et la flore maritime se situant proche des zones côtières. Aucun problème visiblement, aucun patrouilleur ne semblait avoir eu la chance de passer au-dessus d'eux très précisément pour les couler au fond de l'océan. Une fois la côte en vue, le DPV remonta finalement à la surface et après avoir touché terre, les combattants estaliens sortirent immédiatement de celui-ci et établissent un périmètre de sécurité autour de la zone de débarquement. Il faisait nuit noire, on voyait pas grand-chose à deux mètres. Le chef de groupe sortit de son sac hermétique une radio et commença à émettre :

"Faucon Leader à Fox Leader et Papa Leader, on est sur la ZA Alpha. Rapport de votre situation, à vous.
- Fox Leader à Faucon Leader, on a débarqué sur la ZA Bravo, rien à signaler, à vous.
- Papa Leader à Faucon Leader, idem pour la ZA Charlie, on est tous entiers.
- Reçu, rendez-vous sur le point Echo comme prévu, silence radio d'ici là, terminé.
"

Alors que le reste de l'équipe se débarrasse de son matériel de plongée, désormais inutile et encombrant, le chef de groupe fait signe à la troupe de se mettre en marche. Il faut rallier les autres équipes du SRR et débuter la communication avec les forces communistes locales. Il était temps d'organiser tout ce bordel et d'éradiquer la Réaction de cette partie de la planète.
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