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SOCIÉTÉ - ZHENZHOU, LES FUJIWAN ENFONCENT LA PORTE D'ENTRÉE DU GRAND LING.
Par HAN Cheung - 09 janvier 2018


Là où se porte le regard, sur douze mille kilomètres carrés, elle s'étend et vit comme un organisme dont les Hommes ne seraient que les cellules formant un tout cohérent, du moins en apparence. Tout converge vers sa capitale provinciale qui, par pêcher d'orgueil, lui donna son nom. Zhenzhou, mégalopole de vingt-sept millions d'habitants, représente le moteur économique du Grand Ling et la vitrine de sa modernité triomphante. La capitale a la singularité d'avaler toute la région dans sa lumière qui brille de plus en plus à mesure que les tours s'élèvent, que la flore s'ordonne et que l'on se rapproche de son centre. Autour de la capitale, les anciennes communes se sont transformées en quartiers tandis que celles limitrophes luttent pour que leur identité survive. Ensemble, elles forment une galaxie de satellites dépendants, reliés par des trains bondés et des autoroutes saturées, prisonniers d'une faim insatiable ; d'une expansion sans fin.
Véritable montre de verre et d'acier, Zhenzhou déploie sa magnificence sur six mille trois cent quarante kilomètres carré. La ville est couverte d'une forêt dorée comptant plus de deux mille gratte-ciels dont le plus imposant trône en maître au cœur du centre d'affaires, le quartier Jinlin. La Jinzhu Tower s'érige en toit de la ville du haut de ses sept cent douze mètres. Dans son sol se cache près de 1'200 km de voie de métropolitain, ponctué de 528 stations et partageant vingt lignes et transportant chaque jour quelque dix millions d'usagers qui, entre deux correspondances, vont flâner dans les trente-cinq kilomètres de galeries marchandes souterraines du réseau piétonnier souterrain Xiacheng, connues des occidentaux sous le nom SubZhen. Ses six boulevards périphériques, saturé aux heures de pointe, encercle la ville sur cent quatre-vingt-dix-huit kilomètres et relie intelligemment ses grands districts, alors que ses trains de banlieue n'ont jamais aussi bien porté leur nom. Ils desservent une myriade de villes, nombre d'entre elles dortoirs, jusqu'aux limites de la province.
La nuit, le halo de lumière de Zhenzhou se perçoit jusque dans la campagne de Shucheng. C'est un monde autonome et particulier, où le ciel n'est jamais tout à fait noir et où la modernité semble vouloir tout prendre.

Mais Zhenzhou est également une ville qui continue de défier le temps et cherche par tous les moyens à ne pas oublier en se laissant tenter par l'unique verticalité flamboyante. Fondée par les Nara voilà presque deux mille ans, elle fut longtemps le centre de leur pouvoir avant d'être rattachée au Grand Ling. Disséminée aux quatre coins de la mégapole, plus ou moins cachés, elle conserve des traces de l'Histoire et de toutes les histoires qu'elle a vécues ; autant de vestiges obstinés d'époques révolues. Zhenzhou comme tant d'autres métropoles lingoises, est souvent dépeinte par les occidentaux comme une ville « entre modernité et tradition », au grand damne des locaux qui haïssent cette expression. Mais elle porte aussi le surnom de Porte d'entrée du Grand Ling, de Ville sans repos ou de Ville Jardin.
Car des jardins, Zhenzhou en possède une quantité astronomique. Elle a fait de la nature un outil d'image, de marque et même de respiration. Son plus grand parc urbain, Jingcong — deux cents hectares de serres, de passerelles suspendues et de jardins tropicaux — en est l’emblème. Le Wu Hotel, dressé sur trois piliers d’acier face à Haiwan Bay, et la cascade intérieure du jardin botanique symbolisent cette obsession de la ville à mêler végétal et verticalité. L’Aéroport International de Zhenzhou, rénové en 2014 à cet effet, poursuit cette logique : bassins filtrants, toitures végétalisées, hall totalement végétalisé [NDLR : La Canopée est un hall reliant le Terminal 1 au Terminal 2], recyclage des eaux grises et raccordement électrique systématique des avions au sol.

Cette prospérité insolente est jalousée partout dans le monde, encore plus maintenant qu'elle a été désignée capitale de l'Organisation du Patrimoine Mondial pour remplacer MutteVil. Depuis le XIXe siècle, Zhenzhou a toujours accueilli toutes les cultures en son sein au point de devenir la ville la plus cosmopolite du Grand Ling et l'une des plus cosmopolites du monde. Ce cosmopolitisme est pourtant ce qui pourrait la tuer aujourd'hui.
Depuis l'effondrement de l'État du Fujiwa en octobre 2017, Zhenzhou a attiré des foules qu'elle n'était pas disposée à accueillir : deux millions d'exilés Fujiwan ont rejoint la Province, dont la moitié au moins dans la ville-même. Beaucoup ont choisi la ville pour la proximité culturelle : les Nara n'étant que des cousins issus du peuplement Wano [NDLR : nom donné à l'ethnie fujiwane par les universitaires lingois] du Lanhu. Ce lien linguistique et spirituel fait de Zhenzhou une terre sainte autant qu'une discorde.
Les nouveaux arrivants, éduqués et cultivés, mais terriblement dépossédés, se heurtent à la difficile réalité de la vie zhenzhanese. Celle où le marché du travail est saturé, mais que l'immobilier est le plus cher du pays. Les loyers ont bondi 26 % dans certains quartiers du fait de la demande illimité, mais de l'offre limitée. Sous les ponts des périphériques, de nouvelles villes, faites de cartons et d'agglomérés, se forment. Elles prennent les noms des quartiers frontaliers d'où elles se trouvent et parmi elles, la plus grande, la Jungle de Longmen. Elle accueille 5'000 exilés Fujiwan dans des conditions insalubres et bruyantes. Et à Longmen, justement, au nord-est de la baie de Haiwan, il y a plus de deux langues officielles dans cette informelle république. On y parle lingois, nara, kentois, teylois, fortunéen, jashurien ou alguareno. Depuis peu, un nouveau peuple est arrivé et y a ajouté sa langue dans cette cacophonie linguistique, le fujiwan. Ce peuple improvise des commerces qui proposent de la nourriture d'endroits oubliés qu'on appelait un jour Moon, Hoenn ou Wano. Des journaux circulent en catimini, imprimés sur des presses portatives, ou téléchargés en ligne. On y lit un style d'information ou de divertissement qui vient du sud du Nazum, de l'autre côté du Jashuria. Une partie des exilés rêve d'un « second Fujiwa » à Zhenzhou, d'un foyer symbolique ou faire survivre une culture en voie d'extinction, mais les locaux, eux, ne comptent pas se laisser mourir.
Et cette renaissance culturelle inquiète également les autorités locales, déjà accablées par la crise de l'Immobilier, des interminables files d'attentes aux hôpitaux ou des soupes populaires qui doivent doubler leurs effectifs et leurs stocks. Les infrastructures, conçues pour vingt-cinq millions d'Hommes, plie désormais sous la charge du peuple apatride.

famille d'exilés Fujiwan vivant au pieds de tours en construction du quartier de Longmen.
famille d'exilés Fujiwan vivant au pieds de tours en construction du quartier de Longmen.
Source HRPFamille de migrants pauvres dans leur abri de fortune près d'un site de construction dans la province côtière chinoise du Zhejiang, au sud de Shanghai. (Source : SCMP)
— consulté sur asialyst.com.

Les tensions, d'abord discrètes, s'expriment à présent dans la rue. Les Nara se sentent dépossédés de leur foyer par ceux qu'ils appelaient jadis « frères ». Les Fujiwan, eux, voient dans les Nara des « frères peu conciliants » voir une forme de bourgeoisie arrogante qui prétend partager plus que son sang, mais refuse de tendre la main quand le besoin s'en fait sentir. Dans les cafés, les écoles, sur les réseaux sociaux et dans les cercles de réflexions politiques, on parle d'un monde à deux vitesses. Les Nara monopolisent les emplois stables et rechignent à faire des métiers qu'ils considèrent comme de basse besogne ou humiliants tandis que les Fujiwan s'entassent dans les secteurs précaires du bâtiment, du transport et de la restauration sans considération pour leurs réelles capacités ou leurs diplômes qui ne valent alors plus rien de nos jours.
Dans de nombreux quartiers populaires comme Longmen ou Baixian, des affiches placardées de nuit pour venir en aide aux Fujiwan sont déjà taguées par des slogans contre la « colonisation fujiwane » ; ailleurs, les collectifs de riverain réclament une « priorité aux locaux » pour l'accès au logement, à l'emploi ou aux services. Zhenzhou, ville cosmopolite, Ville Jardin, se découvre un visage de pierre fait de profondes fractures.
Dans la presse nationale et internationale, les termes « rivalité ethnique », « communautarisme » ou « Grand Remplacement » sont déconseillés par le Cabinet de Sa Majesté qui, embarrassé, tente de minorer un problème de fond. Un problème déjà soulevé par la Cour Législative. Oui, ou non, faut-il reconnaître les Fujiwan comme neuvième ethnie ?
En tout cas les émeutes de décembre 2017 ont laissé une marque durable : deux semaines d'affrontements entre bandes rivales Nara et Fujiwan, des commerces incendiés et pillés, des stations de métro fermées au point de contraindre le Gouverneur SAITÔ Kazuki à mobiliser la Garde Nationale et instaurer un couvre-feu. Depuis, seul un équilibre de façade demeure, la ville exhibe sa tolérance, mais son peuple enracine sa méfiance.

A mesure que la tentaculaire mégalopole s'étire, un écart se creuse irrésistiblement entre son image de vitrine et la réalité sociale. Les publicités vantent la « Ville Jardin du XXIe siècle », la « Capitale du Patrimoine Mondiale », mais dans la rue, dorment des familles abandonnées. La prospérité n'a pas disparu, elle se cache au-dessus du dixième étage de chaque tour. Zhenzhou, capitale du progrès, forêt d'acier et de verre, à finalement plus à voir avec un troupeau des tours d'ivoire.
Pour la deuxième fois encore, les Fujiwan interrogent mais Neijing ne réponds pas. Cette position ne sera pas tenable éternellement et ZHOU Lee le sait. Bientôt, Oncle Pingtie devra prendre partie et peut-être que son aura comme celle de l'Empereur, suffiront à solutionner ce problème ethnique. Faut-il encore qu'il ait une solution.

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ÉTAT DE L'UNION : LA POLITIQUE DES GRANDS TRAVAUX.
Les yeux dans les étoiles, la tête sur les épaules.


Le Premier Ministre ZHOU Lee relisait patiemment ses notes, ses lunettes vissées au bout de son nez droit, à la seule lumière de sa lampe de bureau. Il remuait doucement les lèvres dans un léger râle, c'était le seul son émanant de la pièce avec celui de la comtoise teylaise qui sonnait toutes les demi-heures. Les restes d'un repas, à peine touché, refroidissait paisiblement sur le côté du bureau tandis que l'Oncle Pingtie accusait le coût d'une dette de sommeil contracté des années auparavant, mais accentuée encore plus cette semaine. Dans deux jours tout juste devait s'ouvrir la session extraordinaire de la Cour Législative où seraient réunis tous les Représentants pour le discours sur l'État de l'Union. La semaine entière y avait été dédiée pour préparer, peaufiner, terminer les travaux à y présenter comme ceux qui feraient de la première année de son second mandat la ligne directrice des quatre années suivantes.
ZHOU traînait derrière lui la défiance d'une opposition qui lui reprochait toujours l'inaction de l'Empire sur la question chandekolzan, le réveil tranquille de l'Empire Ushong des Xin, le silence dur face à la crise icamienne ou encore l'absence de mesure concrète en Ramchourie. Certains des plus radicaux commençaient à siffler sur l'accueil massif des fujiwans et la hausse ethnique du chômage. ZHOU Lee, loin d'être exampt de tout défaut durant sa longue carrière politique, était également réputé pour sa patience, son observation et sa capacité à chercher le compromis. Durant cette semaine de préparation, c'était pareillement ce qu'il écrivit sur ses notes. Un seul mot d'ordre : Le compromis.

Il devait assurément s'acheter le silence Huanqindang tout en faisant en sorte que les alliés du fragile Lianhedang — quarante-sept députés du Yongdidang, vingt-et-un députés du Gonghezhexian, dix députés du Minzhujudang et cinq députés sans-étiquette — demeurent dans le giron unioniste. Les nominations au sein de son Cabinet n'étaient pas suffisantes, d'autant que ZHOU Lee devait porter la voie de la politique des Trois Colosses, tout autant qu'il ne devait pas faillir sur la grande fièvre du moment : l'Espace. La conquête spatiale se jouerait, il le savait, entre le Duché de Sylva, le Royaume de Teyla, la République Fédérale de Tanska et la Grande République de Velsna, autrement dit entre l'OND et le Grand Ling. David contre Goliath, mais avec comme seule fronde pour l'instant, le programme Dragonfly lingois.
Oh, évidemment, il était dit dans certains rapports interministériels qu'Everia autant que Carnavale étaient impliqués dedans. Plus fou encore, on disait qu'ils dominaient à leur façon celle-ci. On prétendait qu'Everia était capable de réaliser treize lancements en vingt-deux jours ou qu'elle disposait de lanceur réutilisable, ce qui, comme chacun le savait déjà, était promptement impossible et l'œuvre d'une propagande solide de la part de l'artificielle intelligence du Gouvernement d'Eleander VII. Il ne fallait, de toute manière, rien attendre de la part d'un pays qui disposait d'un empereur élu à vie dirigeant la nation en étant le président de son conseil présidentiel, épaulé par un organe législatif de 2'800 conseillers et vendu comme étant un « système centralisé permettant une prise de décision rapide et efficace ». La réalité était que tout au plus, Everia disposait de quelques missiles balistiques qu'elle appelait affectueusement fusées comme le Diambée avait appelé fusée, ses morceaux de bric et de broc formant la grande famille des Troposphère.

Parmi les préoccupations du Premier Ministre, les Trois Colosses était l'une des principales. Ce triptyque de réforme devait habiller un projet plus vaste et intersectoriel qu'était celui de hisser l'Empire vers le niveau qu'il aurait dû avoir sans la Grande Dette du Rail, celui de grande puissance régionale voir mondiale. Le Grand Ling espérait toujours parvenir à cette fin, aussi pour booster sa croissance économique tout en appliquant la politique des Trois Colosses et surtout, en faisant passer une hausse du budget de la Great Ling Space Agency comme si de rien n'était, le Cabinet avait réfléchi à une politique de Grands Travaux. Plusieurs idées en étaient sorties parmi lesquelles l'érection d'une ville nouvelle résolument moderne et écologique, La réfection des canaux de Neijing tout en construisant un grand canal reliant les deux bras du Lanhe pour contourner le comté de Fenghuangyuan, un vaste programme de logements populaires pour résoudre la crise du logement, la réhabilitation des terres notamment dans le Wujiang via de grands chantiers d'irrigations et de réservoirs d'eau ou le littorial via des digues renforcées contre l'érosion du front de mer, ou encore l'amélioration de la desserte aérienne par la modernisation et l'harmonisation d'aéroports internationaux et régionaux.
Le Premier Ministre avait ses préférés, son Cabinet et lui avaient considéré que le programme de logements populaires, la réfection des canaux et la réhabilitation des terres étaient les plus adaptées pour les ambitions du Grand Ling. Le Premier Ministre remonta ses lunettes de son nez, se racla la gorge puis prenant ses notes qu'il rangea dans son attaché-caisse, il éteignit la lampe en se levant et quitta la pièce. Il avait fait son choix et il devrait le défendre dans moins de deux jours.


Deux jours plus tard, dans le grand hémicycle de la Cour Législative.

Comme à son habitude, dans ces moments-là, l'atmosphère était lourde. Chargée d'un air qu'on ne savait s'il était complètement vicié ou non et d'une odeur légèrement brûlée de flash d'appareil photo tout autant que de sueur pas toujours froide. Depuis deux heures au moins, plusieurs médias nationaux et internationaux questionnaient les députés et les pairs dans la Salle des Quatre Sceaux et soudain, la cloche sonna deux fois. La séance allait débuter dans moins de vingt minutes. On invita les personnes accréditées à se rendre sur le balcon pour observer la séance depuis les airs, mais les brouhahas et les bousculades de journalistes comme de représentants mit un terme, au moins pour un temps, à cette organisation. Le caméraman teylais de chez OFM-TV tourna vigoureusement la tête de l'Honorable député qu'il interrogeait pour regarder l'entrée principale sans pouvoir retenir un « La vache, c'est Huangong ?! ».
L'Empereur Émérite venait de pénétrer dans l'enceinte de la Cour Législative pour la première fois depuis son abdication et c'était, par ailleurs, sa première apparition en publique depuis plus de deux ans. Il paraissait amaigri, les traits tirés, mais il sourit sincèrement devant le mur d'yeux globuleux le regardant.

« Chers amis, la cloche vient de sonner ses deux coups. Il est temps de rejoindre nos sièges et nos salons. ».

Et, comme ainsi qu'il fut, tous regagnèrent leur place sans un mot de plus. Ling Huangong était encore de ce bois qui faisait des meneurs nés. Il n'ajouta simplement qu'en voyant un ami député « Je viens soutenir la politique de mon fils, Sa Majesté. Je viens observer ce bon ZHOU. ».
Dans l'hémicycle encore plus bouillant qu'il y a une dizaine de minutes, le silence eu un mal fou à faire entendre sa voix, mais lorsqu'il y parvint enfin, seul le bruit des immenses portes l'interrompit et la cloche sonna une dernière fois.
Ce jeu habituel de celui de la cérémonie se lança tandis qu'un homme en tenue d'apparat se présenta face à la Cour et annonce Son Excellence NAKAMURA Hiroshi, Chancelier de la Chambre des Députés, puis Son Excellence WANG Jia, Chancelier de la Chambre des Pairs. Les deux hommes vinrent prendre place sur l'estrade derrière le Grand Chambellan. Puis, presque instantanément, le Chancelier NAKAMURA en sa qualité d'hôte de séance déclara à son tour.

“ Honorables membres de la Cour Législative, j'ai le grand privilège et l'insigne honneur de vous présenter Monsieur le Premier Ministre de l'Empire du Grand Ling, l'Honorable ZHOU Lee. ”

Le Premier Ministre ZHOU Lee se leva de son siège, alors, puis rejoint la tribune d'où il ordonna ses notes et remonta les lunettes sur son nez avant de regarder la foule qui venait de terminer de l'applaudire longuement.


Votre Majesté Émérite, Honorables Représentants, Excellences, Mesdames et Messieurs les Secrétaires, Gouverneurs et depuis la galerie,

Comme chaque année je me tiens devant vous pour défendre la vision politique que j'ai pour le Grand Ling, avec l'assentiment de Sa Majesté l'Empereur. Cette année encore, le Grand Ling a affiché d'excellent résultat sur la question économique et sociale et nous n'avons pas à jalouser la croissance qu'est la notre qui nous a une nouvelle fois portée à l'orée des 3,8 %. Nous avons vu plus de création d'entreprise que l'an dernier, avec une hausse de 12 %, et faut-il le rappeler ; la réforme de l'Instruction a portée ses premiers fruits avec de meilleurs résultats sur les taux d'alphabétisation, comme de réussite aux différents examens.
Chérissons l'époque où nous étions parmi les plus arriérés du continent, car elle est lointaine mais que le spectre vicieux de l'instabilité peut mener à l'effondrement de civilisations entières. L'État du Fujiwa et son effondrement brutal est la preuve accablante qu'une nation ne peut être un colosse aux pieds d'argile si elle veut prétendre à être entendue dans l'immensité du Concert des Nations.

Parce qu'ils sont nos cousins, nos amis et pour certains — y comprit moi, par ma femme — notre famille ; j'ai signé un décret pour assouplir les conditions d'accueil des centaines de milliers de réfugiés Fujiwans dès que les services de l'État ont rapporté le collapse du Fujiwa. Cela a eu des conséquences dramatiques mais entendues sur notre économie qui se remet déjà de ce stress, grâce notamment, à nos fonctionnaires et nos entreprises.
Les Fujiwans nous ont offert, par ailleurs, des techniques, des brevets, des capitaux et des entreprises qui font une nouvelle fois la force du Grand Ling. Si la situation s'est stabilisée, elle n'est pas encore la meilleure, j'en conviens, aussi c'est pourquoi je tiens plus que jamais à réaliser la politique des Trois Colosses que le Lianhedang à porté des mois durant avant ma réélection à la tête du Cabinet de Sa Majesté.
Il est de notre devoir en tant que l'un des moteurs du Nazum, que de travailler à améliorer notre fiscalité pour la rendre moins oppressante et attirer d'avantages de capitaux.
Il est de bon sens de s'occuper sincèrement aux problèmes sociaux de la Nation qu'importe le coût pour l'État fédéral.
Enfin, il est primordial de lutter contre la stagnation de notre économie et de notre croissance pour que les deux premières mesures soient sans aucun méfait sur nos finances publiques ou notre dette maîtrisée à 34 % depuis des années.

[...]

Une nouvelle fois, je veux porter le projet de Grands Travaux d'intérêt national pour l'Empire qui seront autant de causes nationales que de vecteurs d'emploie et de croissance économique, pour préparer la fin de la première décennie du XXIe siècle et le début de la seconde.
Je veux croire que les lingois sont capables de travailler pour un avenir en commun plus prospère. Aussi, le Cabinet de Sa Majesté proposera pour la Cour Législative trois projets d'envergure qui seront menés durant ce quinquennat et au-delà.
Le premier est la construction de trois millions de logements sociaux avec trois cent milles nouveaux logements chaque année pour créer pas moins d'un million et demi d'emplois directs comme indirects.
Le second est la réhabilitation de six milles kilomètres de voie d'eaux et la construction d'un canal reliant les deux bras du Lanhe tout en permettant, vous vous en doutez, de contourner le comté qinanese de Fenghuangyuan. Nous créérons au moins un million huit-cent milles emplois directs comme indirects sur la décennie 2020 pour l'élargissement systématique des grands canaux, la reconstruction complète des berges, le dragage massif pour rendre ces voies fluviales de nouveau navigable et surtout le remplacement de centaines d'écluses en même temps que nous transformerons nos ports fluviaux.
Le troisième, la réhabilitations des terres et des barrages du Grand Ling pour quatre-cent milliards de taels d'or... Des plaintes se firent entendre avant que le calme ne revienne à la demande du Chancelier de la Chambre des Députés. Quatre cent milliards, disais-je pour venir en aide à nos agriculteurs du Chuangzhi et du Wujiang mais également aggrandir nos réservoirs d'eau afin d'alimenter nos villes qui ne cessent de croitrent et notre agriculture. Nous lutterons également contre l'erosion de notre littoral et la disparition de nos terres comme de nos îles. Mais je veux également rappeler que dans cinq ans, nous commémoreront les quatre-vingt-dix ans de la cru de 1933 qui détruisit notre Qin bien aimé et notre belle capitale en tuant des milliers de lingois qui étaient, pour certains, nos arrières grands parents ou nos grands parents. Ces travaux serviront également à contenir l'impétueux Lanhe et l'intrépide Danhe.

[...]

Enfin, Votre Majesté Émérite, Honorables Représentants, Excellences, Mesdames et Messieurs les Secrétaires, Gouverneurs et depuis la galerie, je concluerai par avouer et demander pardon pour l'inaction de services diplomatiques de l'État fédéral sur la question Xin, sur le Chandekolza, sur l'Icamie et sur la Ramchourie. Nous n'avons pas eu la réponse adaptée et nous avons été doublé par le vieil empire malade des Xins sur ces sujets. De ce fait, Je voudrais évoquer un ultime projet pour ces Grands Travaux évoqués plus tôt. Je proposerai une loi rectificative au projet de loi de finance 2018-2019 pour augmenter le budget de la Great Ling Space Agency. Nous ne laisserons pas nos voisins et alliés seuls dans la course à l'espace. Nous ferons entendre notre voix sur les capacités d'un Empire qui a subit ce que l'Histoire nous a fait subir à continuer d'innover et sur la capacités d'ingénieurs lingois à faire lever les yeux au ciel le peuple mais avec une immense fierté. A cet effet, les services diplomatiques du Grand Ling sont rentré en contact avec le Talaristan pour nouer un partenariat avec l'agence spatiale talar, TACA qui se chargera de produire pour les besoins de GLRA des éléments nécessaires au programme Dragonfly actuellement en cours avec le budget actuel de l'agence.

[...]



Une nouvelle fois, l'Oncle Pingtie espéra avoir suffisamment galvanisé les foules de la Cour. Encore une fois, il y parvint lorsque l'Empereur Émérite se leva dans un violent silence pour applaudire depuis la galerie et provoquer avec lui une onde de choc.
Vraisemblablement, ce grand oral auquel il avait pourtant l'habitude, se passa aussi bien qu'à chaque fois mais le stressa tout autant que les fois précédentes.
Le programme était clair pour tous : Le Grand Ling retournerait dans l'espace tout autant qu'il préparerait l'avenir sur son sol et préparerait surtout à se souvenir de son passé.


Armoiries de l'empire du Grand Ling
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SOCIÉTÉ - NEIJING, LE GRAND LING DOIT RECOMPTER SES ENFANTS.
Par HAN Cheung - 28 janvier 2019


Neijing est une mégalopole de vingt-deux millions et demi d'habitants qui a résisté à toutes les crises du pays. Ses larges avenues propices aux cérémonies ont été initialement tracées pour les cortèges sans fin des empereurs de jadis et non par les foules. Aujourd'hui, ces dernières ont largement pris le dessus. Le Palais Pourpre, ses cent quarante hectares de cours intérieures, de couloirs et de pavillons aux toits vernissés, occupe le centre de la capitale et jouit de l'amusant surnom de « Ville dans la Ville ». À un kilomètre plus au sud, la Cour Législative déploie sa façade de grès et son imposant dôme multicolore sur trois cent vingt mètres de long. Entre les deux, la Place Jitianmen (继天门, litt. Place de la Porte de la Succession du Ciel) s'étendant sur cinquante hectares et l'avenue Tianyuan, deux fois trois voies, des rangées de ginkgos taillés au cordeau et, depuis quelques semaines, des dizaines de journalistes campés sur les marches du Parlement avec leurs trépieds, leurs câbles et leurs questions.
Eux, comme tout le monde, attendent. Voilà un an jour pour jour que le Shogunat de Fujiwa s'est effondré. Voilà un an que Neijing n'a toujours pas rendu son appété verdict sur les deux millions d'exilés ayant déferlé sur le Lanhu saturé tout autant que les périphériques zhenzhaneses. Cependant en novembre dernier, un document embarrassant a changé définitivement la donne.

Un 14 novembre qui se voit être des plus banals, est finalement devenu le pire jour de l'exécutif, car le jour où trois rédactions — dont la nôtre — reçurent simultanément un fichier de vingt-deux pages d'une source anonyme. Le document, classifié, daté du 3 septembre 2018 émane du Sous-secrétariat aux Affaires Ethniques attaché au Département de l'Intérieur. Le mémorandum de la honte y établit un rapport complet sur la situation des exilés et laisse une conclusion problématique pour le Cabinet : l'intégration des réfugiés fujiwans constitue un « vecteur de déstabilisation ethnoculturelle à moyen terme ». Il recommande formellement de ne pas leur accorder la reconnaissance ethnique, au motif que cela « fragiliserait irrémédiablement la cohésion des communautés nara du Lanhu et de Zhenzhou ».
Neijing connaissait la situation. Elle avait même produit une analyse dont la conclusion était : ne rien faire.
En quarante-huit heures, le document circule dans les campements de la Jungle de Longmen, reproduit sur les presses portatives d'imprimeries clandestines fujiwanes. À la Cour Législative, le groupe parlementaire Jinbudang (Parti progressiste) dépose une motion de reconnaissance. C'est AICHI Haruto qui la porte à la tribune — quarante-deux ans, avocat en droit commercial international, né à Moon, naturalisé lingois en 2004, premier député d'origine fujiwan de l'histoire du Grand Ling élu au dernier scrutin. Il lit le mémorandum intégralement, page après page, mot après mot, sans commentaire entre les paragraphes.

AICHI Haruto avait rejoint Zhenzhou en 1991 pour un cabinet spécialisé dans le droit des contrats transnationaux. Il y a fait carrière et obtenu la nationalité lingoise avant d'ouvrir son propre cabinet en 2011. Lorsque l'État du Fujiwa s'est effondré en octobre 2017, il était déjà lingois depuis treize ans. Ce détail de calendrier le rendit éligible quand ses compatriotes, eux, ne l'étaient pas. En novembre 2018, il présenta sa candidature dans la circonscription de Baixian à Zhenzhou — l'une des plus denses en population fujiwane de la province. Il a été élu au second tour avec 54 %
Son premier jour à la Cour Législative, une partie de l'hémicycle s'était levée à son entrée. Le Jinbudang, quelques modérés, deux élus du Lanhu. Le reste resta assis, Trois députés quittèrent la salle au moment où il prenait place. La séquence dura trente secondes. Elle fut vue sept millions de fois sur les réseaux.
À Longmen, son portrait noir et blanc fut collé sur les parois de tôle des baraques depuis le lendemain matin. On l'y surnomma « le Frère de l'intérieur ». Les cinq mille exilés du campement n'ont pas le droit de vote. Pas la nationalité lingoise. Ils ne peuvent pas se présenter à une élection. AICHI, lui, est dedans.


Hémicycle de la cour législative.
La Cour Législative de Neijing lors de la session du 19 novembre 2018.

La motion de reconnaissance provisoire des réfugiés fujiwans, portée par le Jinbudang en urgence après la fuite du mémorandum, est mise au vote fin novembre. Elle échoue à sept voix près. Sept. Dans les rangs, des députés crient à la manipulation des listes de présence. D'autres réclament un recomptage. Des chaises sont renversées au point que le Chancelier NAKAMURA doit suspendre les débats à trois reprises en deux heures. La dernière fois que la chambre basse avait connu une session aussi chaotique, c'était en 1987, pour le vote sur la réforme agraire.

ZHOU Lee n'a pas assisté au vote. Le chef du Cabinet de Sa Majesté suit les séances de la Cour depuis les comptes-rendus de ses conseillers, rarement depuis le banc des ministres. Le 12 décembre, il s'exprime depuis la salle de conférence du 1824 Renjing Avenue — et non depuis la Cour Législative. La distinction n'est pas protocolaire : elle signifie que ce qui suit ne sera pas soumis à débat parlementaire.
L'allocution dure onze minutes. ZHOU Lee annonce la création du Comité de l'Intégration Fujiwane, instance interministérielle dotée d'un mandat de dix-huit mois. Sa mission : établir le cadre juridique et symbolique de la présence fujiwane dans l'Empire et, point central, trancher la question de classification — ethnie à part entière ou sous-groupe des Nara. Le Comité remettra ses conclusions avant l'été 2020. Ses membres seront nommés par décret dans les trente jours.
Le Gouverneur de Zhenzhou, SAITÔ Kazuki, a publié un communiqué de trois lignes saluant « une étape nécessaire ». Les syndicats ouvriers du Lanhu ont immédiatement dénoncé une « manœuvre dilatoire destinée à éteindre l'incendie sans en traiter les causes ». Le Collectif des Exilés Fujiwans à Zhenzhou a pris acte, sans enthousiasme visible : dix-huit mois de plus à attendre, dans des logements précaires ou sous les périphériques, pendant que le Comité délibère.

Finalement, il faut attendre la fin de l'année 2018 pour que le Palais Pourpre parle. Sa Majesté reçoit en audience privée une délégation de cinq représentants fujiwans. Pas une conférence de presse, pas un communiqué officiel : une audience, derrière les portes laquées de rouge du Pavillon de la Concorde — humour impérial, sans doute. La délégation comprend une famille de la Jungle de Longmen, une famille de l'île de Takarajima au Lanhu, un ancien sous-secrétaire d'État du Fujiwa qui avait quitté Moon avec les archives de son ministère dans deux valises, une femme âgée dont le patronyme d'origine wano ne figure dans aucun registre d'état civil lingois — les agents de la préfecture n'ont jamais su le transcrire correctement — et AICHI Haruto, député.
Le Palais ne publie rien. Les photographies, elles, circulent dès le lendemain matin, sans qu'aucun service de communication en revendique l'origine. L'une d'elles montre l'Empereur donnant une poignée de main à la femme au nom intraduisible. Elle est reprise par quatre-vingt-sept agences de presse dans la journée. À Neijing, personne ne commente officiellement. Dans les chancelleries étrangères, on parle d'un « signal fort ». À Zhenzhou et au Lanhu, la presse locale emploie des mots plus directs.
La question n'est pas nouvelle. Elle a été posée dès décembre 2017 dans les premières sessions extraordinaires de la Cour Législative, esquivée dans les rapports du Cabinet, évoquée puis enterrée à trois reprises en un an. Ce que le discours de ZHOU Lee a changé, c'est qu'elle ne peut plus être esquivée : le Comité devra y répondre par écrit, avec une date butoir et des signatures ministerielles au bas de la page.

Reconnaître les Fujiwan comme neuvième ethnie du Grand Ling, c'est créer un précédent constitutionnel sans équivalent depuis la fondation de l'Empire des Huit Nations. C'est inscrire dans le droit qu'un peuple peut perdre son État, traverser une mer et obtenir une colonne dans le registre officiel des ethnies — sans territoire propre, sans administration, sur la seule base d'une langue, d'une mémoire et d'un nom.
Les reconnaître comme sous-groupe des Nara, en revanche, c'est la solution que défend une partie du Cabinet depuis le début, au nom de la parenté wano et de ce qu'ils appellent la « cohérence ethnolinguistique ». Le raisonnement tient sur une carte : les Wano ont peuplé le Lanhu bien avant de fonder l'État du Fujiwa, les Nara descendent directement de cette migration, les Fujiwan sont leurs cousins biologiques et linguistiques. La classification existe déjà, il suffit d'y rattacher un sous-groupe. Administrativement, c'est propre. Symboliquement, pour les Fujiwan, c'est une dissolution.
La fracture ne passe pas seulement entre Fujiwan et Nara. Elle divise les Nara eux-mêmes : les associations culturelles du Lanhu, qui depuis des mois résistent à ce qu'elles appellent une dilution de leur propre identité métisse, sont paradoxalement les plus hostiles à la solution du sous-groupe — elles refusent qu'on leur rattache par décret une population qu'elles n'ont pas choisie d'absorber. À la Cour Législative, le débat coupe en deux la gauche progressiste, entre ceux qui veulent la reconnaissance pleine et ceux qui craignent le précédent. Et dans les cercles proches du Palais Pourpre, plusieurs sources concordantes indiquent que la Maison Impériale pencherait, elle, pour la reconnaissance entière — une neuvième ethnie, un nom, une entrée dans le registre. Pas un sous-groupe. Un peuple.

Si cette position se confirme, elle mettra le Cabinet en porte-à-faux direct avec une partie de sa propre majorité. ZHOU Lee le sait. Les dix-huit mois qu'il a accordé au Comité sont peut-être autant de temps pour convaincre que pour délibérer.
Un an après l'effondrement du Fujiwa, les loyers n'ont pas baissé à Zhenzhou. Les campements de Longmen n'ont pas disparu. Les urgences du Lanhu n'ont pas désengorgé. Mais pour la première fois, il existe une instance officielle chargée de répondre à la question, un député pour la poser à la tribune, et une Maison Impériale qui semble avoir choisi son camp — sans encore l'avoir dit tout à fait.

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7003
Logotype du Bureau du Premier Ministre.

DÉCLARATION DU PREMIER MINISTRE DE SA MAJESTÉ.
Monsieur le Premier Ministre ZHOU Lee, 31 janvier 2019.


Objet : Sur la situation au Ninchi et le déploiement d'une force aéronavale.

Au nom de Sa Majesté le Vénérable Céleste Auguste de Jade, Ling Jiajing, de la Maison Ling, empereur du Grand Ling, protecteur des îles Lanhu, gardien de l'Épée céleste et du Sabre du dragon, actuel occupant du Trône du Dragon, héritier de l'Empereur de Jade et du Ciel ;

Monsieur le Premier Ministre, l'Honorable ZHOU Lee, par l'intermédiaire du Cabinet de Sa Majesté, du secrétaire d'État et de l'État-Major des armées, a soumis à Sa Majesté les recommandations suivantes, que Sa Majesté a acceptées.
Le présent communiqué expose, dans leur intégralité, les positions de l'Empire du Grand Ling concernant la situation au Sultanat de Ninchi, ainsi que les mesures décidées en conséquence par le Cabinet de Sa Majesté.

L'Empire du Grand Ling a suivi avec intérêt l'évolution de la situation politique, civile et militaire au Sultanat de Ninchi depuis le début des troubles qui ont affecté le pays. Le Cabinet de Sa Majesté a observé avec préoccupation la dégradation progressive de l'ordre public, la montée des tensions internes et l'émergence de factions armées cherchant à renverser ou à supplanter les institutions légitimes du Sultanat. Le Cabinet de Sa Majesté a également prêté une attention particulière concernant les armes de destruction massive et bactériologique qui ont été, d'une manière ou une autre, présentent au sein du Sultanat de Ninchi.
Il est de notoriété publique que le Sultanat de Ninchi a été et demeure le théâtre d'un conflit armé interne opposant plusieurs factions dont aucune, aux yeux de l'Empire du Grand Ling, ne saurait pouvoir prétendre incarner la légitimité d'un État et des fonctions régaliennes qui en découlent. Le Cabinet de Sa Majesté prend acte que ces factions sont parvenues à un accord interne sur le partage illégal du territoire ninchois. Cependant, l'Empire du Grand Ling considère qu'un accord conclu entre parties illégitimes ne peut, en droit comme en principe, constituer le fondement d'une nouvelle souveraineté, ni effacer les droits et prérogatives du gouvernement du Sultanat de Ninchi et de son chef d'État le Sultan.

De fait, et en conséquence, l'Empire du Grand Ling réaffirme solennellement que la seule autorité légitime sur le territoire ninchois est et demeure celle du gouvernement du Sultanat de Ninchi et de son chef d'État le Sultan.
Toute entité se proclamant gouvernement du Ninchi ou d'une partie de celui-ci, sans mandat de la dynastie sultanale ou du peuple ninchois libre, est et demeure, aux yeux de l'Empire, dépourvue de toute légitimité juridique et politique.


L'Empire du Grand Ling tient à préciser sa position à l'égard des différentes parties prenante de cette crise.

S'agissant du Groupe d'Armée Révolutionnaire et de l'entité dénommée État-Compagnie de Nanquo, l'Empire du Grand Ling ne reconnaît ni l'une ni l'autre comme gouvernement légitime, de facto, ou de jure, sur quelque portion du territoire ninchois que ce soit. C'est pourquoi, le Cabinet de Sa Majesté ne maintiendra aucun contact diplomatique officiel avec ces entités tant qu'elles n'auront pas démontré leur soumission aux institutions légitimes du Sultanat et par les voies légales en vigueur ; conformément au droit international coutumier.
Qu'il soit lu et entendu de tous que cette position ne reflète en aucun cas une forme d'hostilité particulière envers les populations ninchoises, pour lesquelles l'Empire exprime sa plus sincère sollicitude, mais constitue le respect pur des principes qui fondent l'ordre international auquel l'Empire du Grand Ling souscrit pleinement.

En ce qui concerne la République du Talaristan, l'Empire du Grand Ling salue avec un profond respect la fermeté de sa position et son engagement en faveur des principes qui animent l'Empire dans le cadre de l'opération Toman. Le choix de la République du Talaristan d'assurer la sécurité de la navigation dans le golfe de Moritonie et sa réaffirmation de la légitimité du Sultanat sont des témoins à eux seuls d'un haut sens des responsabilités envers le droit international coutumier. L'Empire du Grand Ling ne peut que partager ces principes et exprime sa pleine et entière solidarité vis-à-vis des objectifs de stabilité et d'ordre poursuivis par la République du Talaristan, notre amie et partenaire.

En ce qui concerne les autres nations présentes ou actives dans la région telles que la Troisième République du Jashuria ou l'Empire des Xins, le Grand Ling se déclare prêt à toute forme de coordination visant à maintenir et protéger les principes qui animent l'Empire du Grand Ling comme la République du Talaristan sur la question ninchoise ; et tous les objectifs qui tendent à la paix, la stabilité et le respect du droit international coutumier dans les eaux limitrophes au Sultanat de Ninchi.


Pour toutes ces raisons et sur recommandation conjointe du secrétaire d'État et de l'État-Major, et après consultation du Cabinet de Sa Majesté, il a été soumis à Sa Majesté la recommandation de déployer le groupe aéronaval de la Marine Impériale dans les eaux bordant l'Empire du Grand Ling en mer Intérieure d'Hiromi. Sa Majesté a donné son approbation.

Le groupe aéronaval, placé sous le commandement de la Marine Impériale et articulé autour du porte-hélicoptère amphibie Huangong, sera prochainement déployé dans lesdites eaux. Sa mission sera la suivante :

Premièrement, assurer la liberté et la sécurité des convois maritimes civils et commerciaux dans la mer Intérieure d'Hiromi, au bénéfice de l'ensemble des nations souveraines et légitimes dont les intérêts maritimes transitent par cette voie.
Deuxièmement, renforcer les mesures de protection de la zone maritime souveraine de l'Empire du Grand Ling, conformément à la loi L98-01-002 datée du 15 janvier 1998 et relative aux frontières maritimes de l'Empire du Grand Ling et du droit dans ces zones maritimes souveraine.
Troisièmement, exercer une surveillance des mouvements navals illégaux dans la zone afin de prévenir toute déstabilisation supplémentaire de la région et tout passage de navires battant un pavillon non reconnu par l'Empire du Grand Ling.
Quatrièmement, se tenir prêt à coopérer avec les forces navales des nations souveraines menant des missions similaires dans la région, en particulier dans le cadre de la coordination possible avec les moyens déployés par la République du Talaristan, de la Troisième République du Jashuria, de l'Empire des Xins ou, le cas échéant, avec celles des États-membre de l'Organisation des Nations Démocratiques.

Sur volonté de Sa Majesté et sur recommandation du Cabinet de Sa Majesté, il est expressément précisé que ce déploiement ne constitue en aucun cas un acte de guerre envers quelque nation souveraine et légitimement reconnue que ce soit. Les forces de l'Empire déployées dans ce cadre n'ont ni vocation ni instruction d'engager quelque action coercitive que ce soit à l'encontre de nations tierces légitimes. Leur présence est celle d'une puissance attachée à l'ordre, à la stabilité et au respect du droit des nations comme du droit international coutumier.


Le Cabinet de Sa Majesté se réserve, cependant, le droit d'adapter les mesures décrites dans le présent communiqué en fonction de l'évolution de la situation au Ninchi et dans la région et annonce porter son niveau de vigilance militaire au degré quatre. L'Empire du Grand Ling demeure, toutefois, convaincu qu'une résolution pacifique et ordonnée à cette crise, dans le respect de la légitimité du Sultanat de Ninchi, est non seulement souhaitable, mais nécessaire à la stabilité durable de la région.

L'Empire du Grand Ling formule le vœu cher que la paix, l'ordre et la dignité soient promptement restaurés au Ninchi, au bénéfice de son peuple et de l'ensemble des nations du Nazum comme du monde.

Puissent les Dieux nous être favorables dans cette quête de paix éternelle.

Monsieur l'Honorable Premier Ministre de l'Empire du Grand Ling, ZHOU Lee.

Sceau de l'Empereur
Le Sceau de l'Empereur.


Armoiries du Grand Ling.
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