21/03/2016
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[IDÉOLOGIE]Du Communisme et du Socialisme - Page 2

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L'autorité :

Est-elle nécessaire ou néfaste au progrès ?



Oui, quand on est de gauche, on souhaiterait ou une autorité tout puissant (#Loduarie), ou une autorité diminuée (#GrandKah (j'espère ne pas me tromper), et cela s'appliquerait partout et tout le temps. Or, pour pouvoir progresser socialement comme scentifiquement, le rapport à l'autorité joue un rôle crucial. Nous prendrons, dans notre démonstrations à tendance anarchiste, l'exemple des sciences mais cela n'a que pour objectif l'exemple, car la démarche serait tout à fait transposable à d'autres formes de disciplines, telles que la diplomatie ou la politique.

Venons-en alors à notre raisonnement logique, voulez-vous.

Définitions


Premièrement j’entends par entité toute personnalité physique ou morale en capacité d’exercer une influence et en subir.
Deuxièmement, j’entends par influence le fait d’imposer une pensée d’une entité sur une autre.
Troisièmement, j’entends par autorité scientifique le concept selon lequel une entité exerce une ou plusieurs influences sur d’autres entités dès lors que celles-ci s’exercent avant tout chose sur la pensée, relativement à un domaine scientifique et qu’elle n’échoue pas, auquel cas l’autorité scientifique ne serait plus.
Quatrièmement, j’entends par progrès le processus par lequel l’Humanité s’approche de la vérité. Par extension, le progrès scientifique correspond au processus par lequel l’Humanité s’approche de la vérité en usant de la méthode scientifique.
Cinquièmement, j’entends par penser la faculté de toute entité à créer des idées.
Huitièmement, j’entends par méthode scientifique le « processus d’investigation systématique et logique » aboutissant à découverte d’une vérité, et impliquant des étapes telles que l’hypothèse ou l’observation.
Septièmement, l’usage du mot « ou » se fera par opposition à la locution « ou bien », le premier étant inclusif contrairement au second.

Explication


Premièrement, je précise entendre par entité toute personne physique ou morale, afin d’y comprendre l’ensemble des individus et des groupes d’individus en capacité d’exercer une autorité scientifique.
Deuxièmement, si l’influence ne s’exerce que d’une entité sur une autre, c’est qu’il ne saurait y avoir deux influences semblables compte tenu de l’impossibilité de l’exact similitude des liens entre celles-ci.
Troisièmement, j’entends par autorité un concept, car sa réalisation ne saurait s’en tenir à une forme unique, telle que développé ci-après, tant l’influence peut posséder de formes en ce qu’elle est et dans la manière dont elle est appliquée. Effectivement, les influences peuvent relever d’un caractère impératif, voire contraignant – et l’entité subissant celle-ci juge alors s’il vaudrait mieux déroger à celle-ci ou non – ou d’un caractère tout à fait souple et dont il n’est exposé préalablement aucune sanction compte tenu du choix de se fier ou non à l’avis de cette autorité – et l’entité subissant celle-ci ne serait pas contrainte, autrement que par des procédés invitant la sensibilité ou la raison, à suivre l’avis émis par cette autorité.

Proposition I


Pour toute influence, si une entité l’exerce, c’est qu’une autre la subit.

Démonstration


Cela est évident par la Définition 2 qui établie que l’influence s’exerce nécessairement d’une entité sur l’autre, et donc que si l’une exerce une influence, cette même influence est nécessairement subit ou elle ne serait tout simplement pas.

Proposition II


Pour toute influence, si une entité la subit, c’est qu’une autre l’exerce.

Démonstration


Cela est évident par la Définition 2 qui établie que l’influence s’exerce nécessairement d’une entité sur l’autre, et donc que si l’une subit une influence, cette même influence est nécessairement subit ou elle ne serait tout simplement pas.

Proposition III


L’exercice d’une influence a pour objectif d’empêcher l’individu de penser par lui-même.

Démonstration


Cela est évident par la Définition 2 qui prévoit qu’une idée est imposée d’une entité, et donc si l’idée est imposée, elle l’est forcément sur quelqu’un – par extension de la Proposition 1 – et donc s’opposant à la faculté de penser de toute entité.

Proposition IV


L’autorité scientifique empêche l’individu de penser par lui-même.

Démonstration


Par extension de la Définition 3 qui explicite le fait que l’autorité scientifique soit l’exercice d’une influence et de la Proposition 3, l’autorité scientifique ne saurait qu’empêcher l’entité de penser, car d’une part l’autorité scientifique est une influence, et d’autre part c’est une influence qui n’échoue pas, conformément à la Définition 3.

Proposition V


Sans entité qui pense, il n’y a plus de nouvelles idées.

Démonstration


Penser étant, d’après la Définition 5, la faculté de créer des idées, il devient alors logiquement impossible de créer de nouvelles idées sans penser. Donc, s’il n’y a pas d’entité qui pense, il n’y a plus de nouvelles idées.

Proposition VI


L’autorité scientifique empêche la création de nouvelles idées.

Démonstration


L’autorité scientifique empêchant de penser, d’après la Proposition 4, et l’empêchement de penser empêchant la création de nouvelles idées, d’après la Proposition 5, on peut effectivement en déduire que l’autorité scientifique empêche la création de nouvelles idées.

Proposition VII

La création de nouvelles idées est nécessaire à la réalisation de la méthode scientifique.

Démonstration

La création de nouvelles idées est nécessaire à la réalisation de la méthode scientifique car, d’après la Définition 6, celle-ci comporte une phase d’hypothèse durant laquelle l’entité recourant à cette méthode doit créer des idées prouvables afin de démontrer une vérité. À l’inverse, il serait inimaginable de ne pas créer d’idée, car à la découverte d’une vérité encore inconnue de l’Humanité, il est nécessaire de formuler des hypothèses afin que les observations la valident ou l’invalident. La découverte d’une vérité basée uniquement sur des observations n’aboutirait en effet la compréhension d’aucune vérité : il faut nécessairement penser à une chose encore inconnue.

Scolie

Pour éclaircir le propos ci-dessus, voilà un exemple célèbre permettant la démonstration de la Proposition 7. Pour illustrer le fait que la découverte d’une vérité basée uniquement sur des observations n’aboutirait en effet la compréhension d’aucune vérité, prenons le cas de l'héliocentrisme. Sur une carte du système solaire il était jadis unanimement reconnu le géokratocentrisme quand bien même les mouvements des astres ne correspondaient pas à ce modèle. Il fallut donc attendre l’élaboration d’une hypothèse pour qu’enfin on remit en question ce modèle inexact, découvrant par là une vérité.

Proposition VIII


L’autorité scientifique empêche l’usage de la méthode scientifique.

Démonstration


L’autorité scientifique empêchant la création de nouvelles idées, d’après la Proposition 6, et la méthode scientifique nécessitant la création de nouvelles idées, d’après la Proposition 7, l’autorité scientifique ne saurait qu’empêcher l’usage de la méthode scientifique.

Proposition IX


L’autorité scientifique empêche le progrès scientifique.

Démonstration


Le progrès nécessitant l’usage de la méthode scientifique d’après la Définition 4, et l’autorité scientifique empêchant l’usage de la méthode scientifique d’après la Proposition 8, l’autorité scientifique empêche bien le progrès scientifique.


C.Q.F.D.
Extrait du Discours « Sur l'importance de la Révolution dans le Troisième Monde »

De Adonijah Malau, Chercheur spécialisé dans les Relations Internationales, Membre du Conseil Politique du PPB, Guérillero de la Guerre Civile.
Donné le 04/08/2014 durant les Universités Populaires Libre d'été organisés par le PPB.
Traduit en 2015 pour une diffusion au sein de l'UICS.



« Le capitalisme repose en partie sur une base simple : l’expansion constante de son cercle de présence. De certaines régions productrices de matières premières, il s'est étendu à des pays entiers puis à des continents, et depuis plus de 400 ans, son extension principale s'est orchestrée autour de l'expropriation et de la domination systématique du Troisième Monde. Ce processus d'hégémonie sur nos terres a été et est toujours le fait de nations parasitiques qui continuent de garder sous leur emprise des morceaux de territoires sur tous les continents pour les exploiter et y ouvrir de beaux comptoirs commerciaux desquels les indigènes ne tirent rien des richesses qu'ils ont produites. Mais il est également le fait d'entreprises privées qui, dopées par une recherche constante de profits, s'installent dans des pays "pauvres" pour y exploiter : des forces de travail moins chères et légalement plus soumises, des ressources que les élites corrompues s'approprient et revendent sous forme de concessions à des prix ridicules, et des populations cherchant le progrès qui se voient inonder de produits futiles, parfois addictifs, qui ne servent qu'à faire grossir les marchés de ces entreprises véreuses.

Cette observation, aussi simpliste et incomplète qu'elle soit, nous permet déjà de poser une idée tout aussi simple mais qui, paradoxalement, est violemment combattue par la pensée capitaliste et néo-coloniale : le Troisième Monde n'est pas pauvre. On ne va pas dans des pays pauvres pour faire de l'argent. J'ose même dire que la plupart, la très grande majorité, des pays qui sont pointés du doigt comme des pays pauvres sont particulièrement riches. Kinagi est riche ! Le Wanmiri est riche ! l'Icamie est riche ! Villas et Tafanu sont riches ! Le Gondo est riche ! Leurs peuples, par contre, eux, sont particulièrement pauvres. Depuis plus de 400 ans, des exploitants, des voleurs, des truands de la pire espèce viennent dans nos pays, les colonisent ou déstabilisent leur société pour y extraire et exploiter à bas coût le pétrole, les ressources agricoles, le fer, le zinc, le caoutchouc, l'uranium, l'or, la bauxite, le coton, les terres rares, le cuivre et surtout la force productive, que ce soit sous forme d'esclaves ou de salariés payés à peine plus que les précédents. Le Troisième Monde n'est pas pauvre ou sous-développé, il est sur-exploité.

Le Taihoranisme que nous promouvons n'est pas qu'une simple adaptation du communisme à des sociétés orientales. C'est une grande erreur de penser cela. Il s'agit de la reprise en main générale, par le Troisième Monde, de sa force, de sa vitalité et de son honneur. C'est le bousculement et le renversement de l'ordre colonial qui parasite, détruit et pille nos contrées depuis plus de 400 ans. C'est la destruction de l'impérialisme et son remplacement par un système mondial pur où l'Occidental et l'Oriental ne sont pas dans une relation de domination et d'exploitation, mais où ils entretiennent un rapport de fraternité et d'égalité entre deux frères de la même classe et de la même humanité. Car la lutte que nous menons est également profitable au prolétaire occidental : l'exploitation de nos ressources finance les armes qui oppressent les camarades communistes occidentaux, le transfert des usines dans nos contrées fragilise le tissu social de l'ouvrier occidental. Nos luttes sont liées, et tout mouvement communiste qui n'aborde pas ce point est dans l'erreur.

La Révolution que nous portons désigne la prise en main, par ceux qui ont été écrasés par la machine incontrôlable de la folie néo-coloniale capitaliste, de leur dignité, de leur force, de leur vie et de leur pays. C'est un message que nous envoyons clairement à ceux qui, depuis des siècles, estiment que nos terres, nos ressources, notre faune et notre flore sont des outils qu'ils peuvent s'accaparer librement : plus maintenant et rentrez chez vous ! Reprenez vos entreprises, vos "aides au développement" qui ne sont que des outils d’assujettissement, vos politiques libérales que vous nous imposez, vos banques et vos crédits, vos formateurs qui apprennent à nos gouvernements comment mieux oppresser les pauvres. Reprenez tout cela, et nous garderons notre dignité, notre force, notre indépendance, notre souveraineté, notre honneur. Notre révolution nous fera obtenir l'éducation, la prospérité et la stabilité.

Regardez n'importe quel pays socialiste du Troisième Monde aujourd'hui et regardez ensuite sa situation avant sa révolution, vous verrez que la situation s'est systématiquement améliorée. J'ai fait plusieurs voyages au Negara Strana. À chaque paysan que je rencontrais, je découvrais un nouveau parcours de vie qui avait profité de la Révolution. Tous avaient accès aux soins, à l'école, à une justice équitable et à de bonnes politiques sociales. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est la fierté que ressentaient ces hommes quand ils me disaient qu'ils savaient lire. On n'avait jamais appris à leurs pères à lire. Pour certains, ils étaient les premiers de leur famille à savoir le faire. Dans chaque société révolutionnaire, ce dont le peuple est le plus fier, c'est de sa capacité à sortir de la condition animale dans laquelle l'oppresseur l'a placé. Lire est la démonstration de l'humanité de l'homme, de sa capacité à comprendre ce qui l'entoure et d'avoir conscience de lui-même. J'avais dédicacé un de mes premiers livres à un compagnon de guérilla. Au moment de la guerre, il était beaucoup plus vieux que moi et m'avait pris sous son aile alors que j'étais un simple fils de paysan qui avait fugué pour prendre les armes contre la dictature. Quand je lui ai tendu mon livre, il l'a ouvert et m'a regardé droit dans les yeux, avec un regard particulièrement ému, les larmes presque coulantes, non pas pour me dire qu'il était fier de moi ou que ma dédicace lui faisait plaisir, mais pour me dire qu'il ne savait pas lire. Il n'avait jamais pleuré pendant la guerre, mais l'humiliation de devoir me regarder pour m'annoncer qu'on ne lui avait jamais appris à faire ce qui, dans certains pays, est trivial, ça a été une blessure trop profonde pour lui. C'est ce jour-là que j'ai compris que la Révolution était une nécessité, que tout mouvement qui cherche à nourrir le peuple et à l'éduquer doit avoir notre soutien. Et c'est ce jour-là que je suis véritablement devenu communiste. J'avais fait la guerre aux côtés du PPB, fait partie du groupe qui a signé la paix de Takeraya, écrit plusieurs livres de théories, mais c'est face à cet homme et à sa peine que j'ai véritablement compris que la cause que je défendais avait un sens plus important que des lignes écrites sur un livre ou que des bulletins dans une urne. La Révolution que nous devons transmettre dans tout le Troisième Monde signifie l'élévation de l'exploité en Homme. »


Info HRPLe discours est inspiré de la conférence de Michael Pantani à l'Université du Colorado du 15 avril 1986. La plupart du texte est réadapté, mais j'ai repris certains passages vraiment marquants parce que je trouve que la façon qu'il a d'exprimer ses paroles correspond parfaitement à l'énergie que je voulais donner au texte, j'ai mis ces passages en ignoré.

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PEV, Concepts V : Rapports au parlementarisme et à l’État
De Guiseppe Botti


Un gouvernement aspirant à l'avènement d'une société socialiste ne doit pas se résumer à un organe parlementaire qui se voudrait faussement représentatif. Il doit être un corps agissant, exécutif et législatif à la fois. Le peuple, élevé par le parti, doit être cela. Les démocraties bourgeoises ont coutume de penser qu'élire tous les quatre, cinq ou six ans des représentants issus d'une reproduction sociale s'étalant parfois sur des siècles, est synonyme de démocratie. Le suffrage universel, au contraire, doit servir un peuple constitué en comités d'action, que ce soit à l'échelle de l’État ou au sein des entreprises.

La véritable essence de ce parlementarisme bourgeois réside dans le fait de fouler au pied les volontés du peuple à intervalle régulier, comme une sorte de défilé folklorique périodique. Mais il est toujours confortable de critiquer ce phénomène: si il n'y a rien pour s'y substituer, ce sont là de vains mots de l'esprit qui resteront lettre morte. Comment pose t-on donc alors la question de l'Etat ? Afin de sortir du parlementarisme bourgeois, il convient, non pas de détruire ces organes de représentation, mais de les transformer en "corps agissants". De nos jours, il est vain de penser que la puissance de l'Etat est exercée par les représentants élus, la majorité de cette besogne est dévolue aux départements d'état, aux chancelleries...Les décisions résident ici, et non au parlement qui ne sert que de "chambre de bavardage". Les députés changent au fil des législatures, la bureaucratie d’État, elle, reste et son personnel ne change jamais, pas plus que la nature de sa représentation sociale. La constatation d'un tel carcan est suffisante pour conclure qu'il ne suffit pas de prendre le contrôle d'une chambre législative pour faire advenir une société socialiste, mais qu'il sera nécessaire d'initier un processus révolutionnaire dans la structure même de l'Etat.

A ce parlementarisme inutile doit se substituer des organismes où la liberté d'opinion et de presse ne dégénèrent pas à nouveau en appropriation par les forces du passé qui habitent toujours les couloirs des palais gouvernementaux. Les parlementaires et les représentants du peuple doivent travailler par eux-même, appliquer eux-même leurs lois, en vérifier eux-même leurs effets et en répondre eux-même devant leurs électeurs. Les organes de représentation doivent demeurer, mais la division du travail législatif et exécutif se doit de disparaître. Nous devons concevoir la démocratie sans l'abus du parlementarisme, si tant est que notre volonté de renversement complet du système de gouvernement bourgeois est un véritable vœu de notre part.

De même, on ne peut concevoir un Etat comme un vulgaire employeur d'un personnel administratif, à l'image d'une entreprise où il y aurait des ouvriers, des surveillants et des responsables. Bien entendu, c'est une fable de l'esprit que de croire que l'on peut se passer entièrement de la fonction publique, mais il nous faut nous donner les moyens de débuter le travail de déconstruction systématique de l’État bourgeois. Notre travail se recomposition du pouvoir politique commence dés notre prise du pouvoir. Et ainsi, nous pourrons graduellement détruire cet État. Contrairement à la pensée anarchiste, il s'agit que cette administration disparaisse graduellement au profit de la dictature du prolétariat. La fonction publique devra être remplacée par des ouvriers formés à la tâche, à un rôle simple de surveillance et de comptabilité, et non de commandement comme il en est coutume aujourd'hui de le constater dans l’État bourgeois, chez ces gens de pouvoir qui n'ont pas été élus pour autant. C'est nous-même, le peuple ouvrier, qui devront commencer la réorganisation de la production sous notre égide, par le biais de formations faites par notre parti. En instituant une discipline rigoureuse, une discipline de fer maintenue par le pouvoir d’État d'ouvriers armés, à la fois intellectuellement, politiquement et physiquement. Ainsi, les fonctionnaires ne deviendront plus que de simples agents d’exécution de nos directives. Ces mesures, prises ensemble, aboutiront ainsi à la fin du fonctionnarisme.

(suite plus tard)
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