Est-elle nécessaire ou néfaste au progrès ?
Oui, quand on est de gauche, on souhaiterait ou une autorité tout puissant (#Loduarie), ou une autorité diminuée (#GrandKah (j'espère ne pas me tromper), et cela s'appliquerait partout et tout le temps. Or, pour pouvoir progresser socialement comme scentifiquement, le rapport à l'autorité joue un rôle crucial. Nous prendrons, dans notre démonstrations à tendance anarchiste, l'exemple des sciences mais cela n'a que pour objectif l'exemple, car la démarche serait tout à fait transposable à d'autres formes de disciplines, telles que la diplomatie ou la politique.
Venons-en alors à notre raisonnement logique, voulez-vous.
Premièrement j’entends par entité toute personnalité physique ou morale en capacité d’exercer une influence et en subir.
Deuxièmement, j’entends par influence le fait d’imposer une pensée d’une entité sur une autre.
Troisièmement, j’entends par autorité scientifique le concept selon lequel une entité exerce une ou plusieurs influences sur d’autres entités dès lors que celles-ci s’exercent avant tout chose sur la pensée, relativement à un domaine scientifique et qu’elle n’échoue pas, auquel cas l’autorité scientifique ne serait plus.
Quatrièmement, j’entends par progrès le processus par lequel l’Humanité s’approche de la vérité. Par extension, le progrès scientifique correspond au processus par lequel l’Humanité s’approche de la vérité en usant de la méthode scientifique.
Cinquièmement, j’entends par penser la faculté de toute entité à créer des idées.
Huitièmement, j’entends par méthode scientifique le « processus d’investigation systématique et logique » aboutissant à découverte d’une vérité, et impliquant des étapes telles que l’hypothèse ou l’observation.
Septièmement, l’usage du mot « ou » se fera par opposition à la locution « ou bien », le premier étant inclusif contrairement au second.
Premièrement, je précise entendre par entité toute personne physique ou morale, afin d’y comprendre l’ensemble des individus et des groupes d’individus en capacité d’exercer une autorité scientifique.
Deuxièmement, si l’influence ne s’exerce que d’une entité sur une autre, c’est qu’il ne saurait y avoir deux influences semblables compte tenu de l’impossibilité de l’exact similitude des liens entre celles-ci.
Troisièmement, j’entends par autorité un concept, car sa réalisation ne saurait s’en tenir à une forme unique, telle que développé ci-après, tant l’influence peut posséder de formes en ce qu’elle est et dans la manière dont elle est appliquée. Effectivement, les influences peuvent relever d’un caractère impératif, voire contraignant – et l’entité subissant celle-ci juge alors s’il vaudrait mieux déroger à celle-ci ou non – ou d’un caractère tout à fait souple et dont il n’est exposé préalablement aucune sanction compte tenu du choix de se fier ou non à l’avis de cette autorité – et l’entité subissant celle-ci ne serait pas contrainte, autrement que par des procédés invitant la sensibilité ou la raison, à suivre l’avis émis par cette autorité.
Pour toute influence, si une entité l’exerce, c’est qu’une autre la subit.
Cela est évident par la Définition 2 qui établie que l’influence s’exerce nécessairement d’une entité sur l’autre, et donc que si l’une exerce une influence, cette même influence est nécessairement subit ou elle ne serait tout simplement pas.
Pour toute influence, si une entité la subit, c’est qu’une autre l’exerce.
Cela est évident par la Définition 2 qui établie que l’influence s’exerce nécessairement d’une entité sur l’autre, et donc que si l’une subit une influence, cette même influence est nécessairement subit ou elle ne serait tout simplement pas.
L’exercice d’une influence a pour objectif d’empêcher l’individu de penser par lui-même.
Cela est évident par la Définition 2 qui prévoit qu’une idée est imposée d’une entité, et donc si l’idée est imposée, elle l’est forcément sur quelqu’un – par extension de la Proposition 1 – et donc s’opposant à la faculté de penser de toute entité.
L’autorité scientifique empêche l’individu de penser par lui-même.
Par extension de la Définition 3 qui explicite le fait que l’autorité scientifique soit l’exercice d’une influence et de la Proposition 3, l’autorité scientifique ne saurait qu’empêcher l’entité de penser, car d’une part l’autorité scientifique est une influence, et d’autre part c’est une influence qui n’échoue pas, conformément à la Définition 3.
Sans entité qui pense, il n’y a plus de nouvelles idées.
Penser étant, d’après la Définition 5, la faculté de créer des idées, il devient alors logiquement impossible de créer de nouvelles idées sans penser. Donc, s’il n’y a pas d’entité qui pense, il n’y a plus de nouvelles idées.
L’autorité scientifique empêche la création de nouvelles idées.
L’autorité scientifique empêchant de penser, d’après la Proposition 4, et l’empêchement de penser empêchant la création de nouvelles idées, d’après la Proposition 5, on peut effectivement en déduire que l’autorité scientifique empêche la création de nouvelles idées.
La création de nouvelles idées est nécessaire à la réalisation de la méthode scientifique.
La création de nouvelles idées est nécessaire à la réalisation de la méthode scientifique car, d’après la Définition 6, celle-ci comporte une phase d’hypothèse durant laquelle l’entité recourant à cette méthode doit créer des idées prouvables afin de démontrer une vérité. À l’inverse, il serait inimaginable de ne pas créer d’idée, car à la découverte d’une vérité encore inconnue de l’Humanité, il est nécessaire de formuler des hypothèses afin que les observations la valident ou l’invalident. La découverte d’une vérité basée uniquement sur des observations n’aboutirait en effet la compréhension d’aucune vérité : il faut nécessairement penser à une chose encore inconnue.
Pour éclaircir le propos ci-dessus, voilà un exemple célèbre permettant la démonstration de la Proposition 7. Pour illustrer le fait que la découverte d’une vérité basée uniquement sur des observations n’aboutirait en effet la compréhension d’aucune vérité, prenons le cas de l'héliocentrisme. Sur une carte du système solaire il était jadis unanimement reconnu le géokratocentrisme quand bien même les mouvements des astres ne correspondaient pas à ce modèle. Il fallut donc attendre l’élaboration d’une hypothèse pour qu’enfin on remit en question ce modèle inexact, découvrant par là une vérité.
L’autorité scientifique empêche l’usage de la méthode scientifique.
L’autorité scientifique empêchant la création de nouvelles idées, d’après la Proposition 6, et la méthode scientifique nécessitant la création de nouvelles idées, d’après la Proposition 7, l’autorité scientifique ne saurait qu’empêcher l’usage de la méthode scientifique.
L’autorité scientifique empêche le progrès scientifique.
Le progrès nécessitant l’usage de la méthode scientifique d’après la Définition 4, et l’autorité scientifique empêchant l’usage de la méthode scientifique d’après la Proposition 8, l’autorité scientifique empêche bien le progrès scientifique.