14/08/2019
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[PRESSE] Editions nationales et internationales par le Bajusid - Page 2

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bueid almanal
"bueid almanal"

15 février 2019 - Le Conseil Constitutionnel juge irrecevable la demande d'annulation des élections tout en concédant une organisation électorale lacunaire.

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Un arbitrage qui laisse à désirer, après que le Conseil Constitutionnel ait refusé d'annuler le dernier scrutin présidentiel de janvier, même s'il reconnait une organisation électorale incapable de fournir toutes les garanties nécessaires au bon déroulé de l'exercice démocratique.


C'est un coup de théâtre, que dis-je un coup de tonnerre. Un peu moins d'un mois après la tenue du second tour des élections présidentielles, le Conseil Constitutionnel met un point final à l'étalage d'accusations timides et déclarations véhémentes autour du résultat (très) contesté de ces élections. Le sceau du Conseil Constitutionnel vient donc se faire l'épilogue d'une crise politique inédite au sein de la plus haute institution du pays. Le Prince Mutarrif ibn Saadin, annoncé vainqueur lors de l'élection de janvier, se voit de nouveau confirmer dans ses nouvelles attributions. Un entre-deux institutionnel que chacun espère maintenant voir prendre fin. Pour une partie ds électeurs, le suffrage a parlé et il ne fait aucun doute que les griefs portés contre les élections, ne sont pas déterminantes pour invalider le résultat du vote. Pour d'autres, la demi-mesure offerte par ces élections, dont l'imperfection procédurale est admise du Conseil Constitutionnel lui-même, est un nouveau coup de massue qui donnera une réponse déphasée de la question. "Cela va ajouter du grabuge..." dit un électeur, inquiet des concessions données par le Conseil Constitutionnel pour une réponse qui en fait finalement fi. Certains des électeurs de Joubair Toulali, espèrent maintenant le voir lâcher prise, de sorte à assainir une situation difficile sur le plan intérieur. Le vote, s'il s'est bien exprimé et répond à une conviction ancrée auprès de chacun, est néanmoins issu d'une base électorale trop brouillée et altérée pour laisser penser la victoire incontestable. Une voie prise par le Conseil Constitutionnel, qui ne satisfait finalement pas entièrement quiconque, mais qui en tout cas entend promettre une reprise en main des institutions du pays pour s'éviter une rupture sociétale en deux légitimités présidentiables...

La demande d'annulation du scrutin et de ses résultats, intervenus en janvier 2019, devient alors caduque et appelle Joubair Toulali à se conformer à la décision du Conseil Constitutionnel. Son parti de la Umma Fakhura se déchire sur la question de la conduite à tenir. Nombreux sont aujourd'hui ceux qui entendent donner une suite favorable aux injonctions du Conseil Constitutionnel. Mais pour les plus jusqu'au boutiste, la décision du Conseil Constitutionnel ne s'exempte de son mea culpa, après avoir déclaré que es difficultés réelles étaient advenues durant ces élections, au point que l'organisation matérielle de celles-ci ne s'était pas faite à la hauteur des enjeux. Toutefois, ces lacunes identifiées doivent être interprétées comme des pistes d'amélioration valables, au profit d'un processus électoral finalement encore très jeune. C'est là toute l'ambiguïté défendue derrière leur décision qui nourrit encore la résistance politique à ce verdict pourtant favorable au Prince, enclin à prendre le pouvoir dès à présent. La consolidation des listes électorales, le traitement administratif réservé aux populations nomades du territoire, la découpe électorale du territoire qui peut dissuader certains de se rendre dans le bureau de vote "le plus proche", autant de lacunes jugées acceptables par le Conseil Constitutionnel ou en tout cas hors champs des raisons qui pousseraient à déclarer nul le dernier scrutin sur janvier.

Une situation qui donne une trajectoire sans nécessairement sortir de la crise et oblige le gouvernement Toulali à poser les enjeux politiques, diplomatiques et sécuritaires d'un maintien de cap qui viendrait priver le Prince de son accession à la présidence. Un scrutin imparfait mais irrévocable, voilà qui fait grincer des dents pour qui aime lire les choses sous un prisme de noir ou de blanc. Une position d'équilibriste adoptée par le Conseil Constitutionnel et qui impose de fait une décision du gouvernement Toulali pour laquelle des inconnus demeurent. Allons nous vers les prémices d'un coup d'état, acté du refus de faire la passation de pouvoir avec le Prince? A contrario, pouvons-nous imaginer une manoeuvre populaire, révolutionnaire ou encore une intervention armée visant à évincer Joubair Toulali du pouvoir, pour y asseoir le Prince Mutarrif ibn Saadin? Des perspectives libres et ouvertes, du fait d'un manque de clarification du Conseil Constitutionnel et d'un manque d'une réaffirmation de son pouvoir sur la question en cours, dans l'éventualité d'un litige entre deux candidats aux élections présidentielles. Joubair Toulali doit céder le pouvoir au Prince, selon les juges du Conseil Constitutionnel, indubitablement. Néanmoins, la nuance qu'ils apportent au déroulé des élections fragilise la légitimité du Prince lors de celles-ci et si la passation est souhaitée, on sent que la cohésion nationale est faite difficile par ce manque d'affirmation de la part de l'unique institution en position de force sur ce type d'arbitrage exceptionnellement rare, pour ainsi dire inédit dans cette jeune République jusqu'ici étrangère aux processus démocratiques du suffrage national. La valeur juridique donnée à l'élection conforte le camp du Prince tandis que le mea culpa du Conseil Constitutionnel quant aux errements de l'organisation donnée à ces élections, frustre le camp du gouvernement Toulali. Une situation nuancée qui achève de rendre inaudible un contexte politique général dégradé.

Cependant, les retours du Conseil Constitutionnel mettent dans une inconfortable situation Joubair Toulali, qui aura bientôt tôt fait de voir accuser d'adopter un stratagème lui permettant la conservation du pouvoir, salissant son nom dans un pays où la démocratie et les libertés sont des biens immatériels chèrement acquis face à l'ogre communiste. Le flou jusqu'ici profitable à Joubair Toulali est voué à s'estomper, l'obligeant à une démarche claire vis-à-vis des autres forces politiques nationales, celles du Prince en tête.
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"Presse indépendante"
Par Rafik Touharir


16 février 2019 - Les bâtiments institutionnels sont sécurisés après l'entrée d'un contingent mécanisé dans la capitale.

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La présence de l'armée au sein de la capitale a été un fait remarqué des plus jeunes qui l'ont beaucoup commenté et documenté, via les réseaux sociaux.

L'aube émet des rayons bien singuliers ce 16 février, soit près de vingt quatre heures après l'annonce du Conseil Constitutionnel actant la recevabilité des dernières élections présidentielles, faisant du Prince Mutarrif ibn Saadin le nouveau et second président de la République du Bajusid. La ville d'ordinaire agitée pour profiter de la fraicheur matinale et terminer sa journée en début d'après-midi comme il est généralement question de tous les pays nord afaréens soumis à nos chaleurs, était maintenant d'un calme exceptionnel. Les cafés étaient ouverts mais les terrasses abandonnées, un silence enveloppant la ville à mesure qu'un bruit mécanique retentissait en sourdine. Une unité mobile ou pour le moins mécanisée, était entrée dans la ville, un cortège nerveux à la conduite dynamique dont une partie des véhicules se détachait du cortège pour boucler certaines avenues stratégiques de la capitale. Une composition inquiétante, faite de véhicules de combat, motorisés, blindés ou non, rangés sous les dénominations de blindés, transport, pick-up ou simples camions. Des véhicules de combat et de soutien, de transport et de commandement, de l'armée régulière pour sûr mais assurément investis sur un acte irrégulier, anticonstitutionnel. A en croire l'insigne des militaires sautant d'un camion pour barrer la ruelle donnant sur l'avenue de l'hôtel où je me trouve, l'unité serait le 3e bataillon d'infanterie mécanisée. Une force professionnelle, mobile et articulée autour d'environ cinq cent soldats. L'objectif n'est pas de prendre la capitale, manifestement ils l'ont déjà...

L'objectif est pour eux de la tenir, à en croire la fermeture des avenues et boulevards, susceptibles de voir se masser des citoyens et partisans du Prince, revendiquant la passation immédiate du pouvoir entre le Prince et Joubair Toulali. Son commandement est connu pour être sous le colonel Yasser Hachani, un officier proche des arcanes du pouvoir et époux d'une ministre du gouvernement Toulali. Hachani, un nom connu dans les conversations organisées au sein des cercles institutionnels et Etat-majors. L'arrivée des unités de ce bataillon mécanisé revêt alors un message simple, clair et dicible, on projette là le verrouillage de la capitale plus que son maintien de l'ordre. Une capitale qui entre sous le contrôle progressif de l'armée, avec le passage des véhicules sur l'avenue des héros-forçats, au nord-est de la capitale Tarrin. Les citoyens et habitants installés au sein du quartier Dar-Mazoun ont matière à spéculer depuis leurs fenêtres, depuis lesquelles le passage de véhicules militaires à vitres sombres fait une étrange sensation. Un sentiment d'admiration et d'inconfort face à ce défilé militaire inopiné, au statut de protecteur-oppresseur encore indéterminé... Les soldats n'affichent pas de mines jouasses et présentent leurs équipements homogènes au complet qu'il soit question de casques, gilets tactiques ou armements tels que les fusils d'assaut. Indubitablement, ces derniers n'étaient pas ici pour organiser la tenue d'une manoeuvre, mais adopter une posture agressive sur du contrôle de zone. Pas de sourires mais pas de cris pour autant, les unités semblent savoir ce qu'elles ont à faire et où aller.

La première colonne fut identifiée à 5h40 tandis qu'une autre le fut à 6h15 près du pont Sanhabad, une route stratégique faisant le lien entre certains des quartiers résidentiels de l'Est de la capitale et les bâtiments gouvernementaux, où nos dirigeants semblent y jouer le jeu du Roi silence. Sur place les véhicules militaires sont stationnés à travers la chaussée, il est permis de croire que personne parmi les citoyens de la capitale n'avait vocation à le franchir. Les véhicules sont là, blindés au milieu de la chaussée la traversant en oblique, moteurs allumés et les armements tournés vers l'axe routier sans jamais directement viser les foules l'empruntant. Le principe est connu pour tout amateur de coup d'état, on affiche de la force et on évite de donner le sentiment de prendre d'assaut notre propre capitale. Une fois arrivés à 7h00, chacun constatera que les accès aux lieux les plus sensibles de la capitale sont désormais verrouillés. Le complexe où officiait le gouvernement Toulali faisait partie de ces lieux isolés, des barrières et barricades sommaires étant montées ou en train de l'être. Les véhicules civils sont contrôlés et si nécessaire redirigés à l'opposé des lieux stratégiques définis. Les policiers présents sur place sont eux-aussi refoulés, gageant qu'on entend les garder à un rôle figuratif pour les opérations en cours. "Ce ne sont pas des renforts..." me confiera un fonctionnaire de la police tandis que je m'aventure jusqu'à la boulangerie la plus proche. Un aveu sous couvert d'anonymat, émis par une personne manifestement soucieuse de mesurer chaque mot investi dans le mal en cours. "Ils sont là pour contrôler qui entre et sort du coeur de la capitale." finira-t-il par lâcher.

Une opération de maintien de l'ordre si ce n'est discrète, officieuse, qui gagerait que Joubair Toulali semble s'être refusé à suivre le Conseil Constitutionnel qui faisait état d'une validation des élections présidentielles, renvoyant le président sortant à ses obligations d'organiser la passation de pouvoir avec le nouveau président élu. Car finalement le plus frappant de cette démarche, outre le caractère imposant du transport de troupes blindé stationné à l'angle, c'est l'absence totale de communication donné à la manoeuvre. Aucun message public émanant de la présidence, aucun communiqué de la part des forces armées, annonçant un régime martial sur la capitale. Sur les chaînes de télévision, les programmes qu'on a coutume de retrouver chaque matin semblent se poursuivent avec un ton exagérément banal, se coupant bulletin météo et si nécessaire, rediffusion de feuilletons précédemment vus dans la semaine. Une volonté de combler le vide, qui semble gager que les bâtiments de ces chaînes d'information, parfois continues, semblent elles aussi tourner d'une bien drôle de manière aujourd'hui. Pourtant à travers la fenêtre, l'actualité est là avec la présence de véhicules militaires dont l'image est relayée sur les réseaux sociaux, par des riverains et citoyens. On voit sur certaines de ces photos des véhicules blindés siégeant devant les grilles du Conseil Constitutionnel, ainsi qu'un long convoi stationné le long de l'Avenue Nationale. Un communiqué écrit finira par parler de mesures préventives à la sécurisation de la capitale, laissant entendre une menace terroriste d'envergure. Une formule prudente, trop vague pour sortir chacun de nosu de ses cogitations. Les calabristes envisageraient-ils une action dans la capitale? Aucune idée, la seule certitude est que les bus scolaires sont aujourd'hui de couleur kaki !

Mais à Tarrin, la capitale où se tiennent les administrations, les institutions et les centres de pouvoir, le scénario annoncé par les autorités peut se tenir. Et pour faire face au danger annoncé, l'emploi d'une force militaire fait sens en plus de rassurer les populations. Ce sont des contingents taillés pour l'occupation de zones urbaines, avec des blindés à roues, véhicules blindés armés pouvant transporter des groupes d'assaut de l'armée régulière. Tenir les zones définies, fermer une rue, occuper un carrefour et sécurisation un quartier, autant de missions valablement menées à l'ombre des maisons, hors champs de vision des plus anciens qui n'ont pas l'accès facile et en temps réel aux réseaux sociaux. Des témoignages de personnes travaillant aux ministères font état de faits édifiants, elles nous décrivent une série de moyens sécuritaires excessifs, établissant un périmètre en plusieurs phases, la première se destinant à empêcher la circulation automobile non autorisée sur une zone, la seconde plus en retrait, vient filtrer les piétons et les passants aux abords de certains bâtiments tandis qu'à l'intérieur du bâtiment lui-même, des soldats échangent au moyen de radio autour de listes nominatives, invitant certains employés à rentrer chez eux là où d'autres se voient autorisés à rentrer non sans de scrupuleuses vérifications. Un signe supplémentaire du caractère exceptionnel donné à ce déploiement, qui se fait sécuritaire à l'excès, au point de développer un inconfort visible au sein de notre population...
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