28/12/2019
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[PRESSE] Editions nationales et internationales par le Bajusid - Page 2

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bueid almanal
"bueid almanal"

15 février 2019 - Le Conseil Constitutionnel juge irrecevable la demande d'annulation des élections tout en concédant une organisation électorale lacunaire.

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Un arbitrage qui laisse à désirer, après que le Conseil Constitutionnel ait refusé d'annuler le dernier scrutin présidentiel de janvier, même s'il reconnait une organisation électorale incapable de fournir toutes les garanties nécessaires au bon déroulé de l'exercice démocratique.


C'est un coup de théâtre, que dis-je un coup de tonnerre. Un peu moins d'un mois après la tenue du second tour des élections présidentielles, le Conseil Constitutionnel met un point final à l'étalage d'accusations timides et déclarations véhémentes autour du résultat (très) contesté de ces élections. Le sceau du Conseil Constitutionnel vient donc se faire l'épilogue d'une crise politique inédite au sein de la plus haute institution du pays. Le Prince Mutarrif ibn Saadin, annoncé vainqueur lors de l'élection de janvier, se voit de nouveau confirmer dans ses nouvelles attributions. Un entre-deux institutionnel que chacun espère maintenant voir prendre fin. Pour une partie ds électeurs, le suffrage a parlé et il ne fait aucun doute que les griefs portés contre les élections, ne sont pas déterminantes pour invalider le résultat du vote. Pour d'autres, la demi-mesure offerte par ces élections, dont l'imperfection procédurale est admise du Conseil Constitutionnel lui-même, est un nouveau coup de massue qui donnera une réponse déphasée de la question. "Cela va ajouter du grabuge..." dit un électeur, inquiet des concessions données par le Conseil Constitutionnel pour une réponse qui en fait finalement fi. Certains des électeurs de Joubair Toulali, espèrent maintenant le voir lâcher prise, de sorte à assainir une situation difficile sur le plan intérieur. Le vote, s'il s'est bien exprimé et répond à une conviction ancrée auprès de chacun, est néanmoins issu d'une base électorale trop brouillée et altérée pour laisser penser la victoire incontestable. Une voie prise par le Conseil Constitutionnel, qui ne satisfait finalement pas entièrement quiconque, mais qui en tout cas entend promettre une reprise en main des institutions du pays pour s'éviter une rupture sociétale en deux légitimités présidentiables...

La demande d'annulation du scrutin et de ses résultats, intervenus en janvier 2019, devient alors caduque et appelle Joubair Toulali à se conformer à la décision du Conseil Constitutionnel. Son parti de la Umma Fakhura se déchire sur la question de la conduite à tenir. Nombreux sont aujourd'hui ceux qui entendent donner une suite favorable aux injonctions du Conseil Constitutionnel. Mais pour les plus jusqu'au boutiste, la décision du Conseil Constitutionnel ne s'exempte de son mea culpa, après avoir déclaré que es difficultés réelles étaient advenues durant ces élections, au point que l'organisation matérielle de celles-ci ne s'était pas faite à la hauteur des enjeux. Toutefois, ces lacunes identifiées doivent être interprétées comme des pistes d'amélioration valables, au profit d'un processus électoral finalement encore très jeune. C'est là toute l'ambiguïté défendue derrière leur décision qui nourrit encore la résistance politique à ce verdict pourtant favorable au Prince, enclin à prendre le pouvoir dès à présent. La consolidation des listes électorales, le traitement administratif réservé aux populations nomades du territoire, la découpe électorale du territoire qui peut dissuader certains de se rendre dans le bureau de vote "le plus proche", autant de lacunes jugées acceptables par le Conseil Constitutionnel ou en tout cas hors champs des raisons qui pousseraient à déclarer nul le dernier scrutin sur janvier.

Une situation qui donne une trajectoire sans nécessairement sortir de la crise et oblige le gouvernement Toulali à poser les enjeux politiques, diplomatiques et sécuritaires d'un maintien de cap qui viendrait priver le Prince de son accession à la présidence. Un scrutin imparfait mais irrévocable, voilà qui fait grincer des dents pour qui aime lire les choses sous un prisme de noir ou de blanc. Une position d'équilibriste adoptée par le Conseil Constitutionnel et qui impose de fait une décision du gouvernement Toulali pour laquelle des inconnus demeurent. Allons nous vers les prémices d'un coup d'état, acté du refus de faire la passation de pouvoir avec le Prince? A contrario, pouvons-nous imaginer une manoeuvre populaire, révolutionnaire ou encore une intervention armée visant à évincer Joubair Toulali du pouvoir, pour y asseoir le Prince Mutarrif ibn Saadin? Des perspectives libres et ouvertes, du fait d'un manque de clarification du Conseil Constitutionnel et d'un manque d'une réaffirmation de son pouvoir sur la question en cours, dans l'éventualité d'un litige entre deux candidats aux élections présidentielles. Joubair Toulali doit céder le pouvoir au Prince, selon les juges du Conseil Constitutionnel, indubitablement. Néanmoins, la nuance qu'ils apportent au déroulé des élections fragilise la légitimité du Prince lors de celles-ci et si la passation est souhaitée, on sent que la cohésion nationale est faite difficile par ce manque d'affirmation de la part de l'unique institution en position de force sur ce type d'arbitrage exceptionnellement rare, pour ainsi dire inédit dans cette jeune République jusqu'ici étrangère aux processus démocratiques du suffrage national. La valeur juridique donnée à l'élection conforte le camp du Prince tandis que le mea culpa du Conseil Constitutionnel quant aux errements de l'organisation donnée à ces élections, frustre le camp du gouvernement Toulali. Une situation nuancée qui achève de rendre inaudible un contexte politique général dégradé.

Cependant, les retours du Conseil Constitutionnel mettent dans une inconfortable situation Joubair Toulali, qui aura bientôt tôt fait de voir accuser d'adopter un stratagème lui permettant la conservation du pouvoir, salissant son nom dans un pays où la démocratie et les libertés sont des biens immatériels chèrement acquis face à l'ogre communiste. Le flou jusqu'ici profitable à Joubair Toulali est voué à s'estomper, l'obligeant à une démarche claire vis-à-vis des autres forces politiques nationales, celles du Prince en tête.
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"Presse indépendante"
Par Rafik Touharir


16 février 2019 - Les bâtiments institutionnels sont sécurisés après l'entrée d'un contingent mécanisé dans la capitale.

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La présence de l'armée au sein de la capitale a été un fait remarqué des plus jeunes qui l'ont beaucoup commenté et documenté, via les réseaux sociaux.

L'aube émet des rayons bien singuliers ce 16 février, soit près de vingt quatre heures après l'annonce du Conseil Constitutionnel actant la recevabilité des dernières élections présidentielles, faisant du Prince Mutarrif ibn Saadin le nouveau et second président de la République du Bajusid. La ville d'ordinaire agitée pour profiter de la fraicheur matinale et terminer sa journée en début d'après-midi comme il est généralement question de tous les pays nord afaréens soumis à nos chaleurs, était maintenant d'un calme exceptionnel. Les cafés étaient ouverts mais les terrasses abandonnées, un silence enveloppant la ville à mesure qu'un bruit mécanique retentissait en sourdine. Une unité mobile ou pour le moins mécanisée, était entrée dans la ville, un cortège nerveux à la conduite dynamique dont une partie des véhicules se détachait du cortège pour boucler certaines avenues stratégiques de la capitale. Une composition inquiétante, faite de véhicules de combat, motorisés, blindés ou non, rangés sous les dénominations de blindés, transport, pick-up ou simples camions. Des véhicules de combat et de soutien, de transport et de commandement, de l'armée régulière pour sûr mais assurément investis sur un acte irrégulier, anticonstitutionnel. A en croire l'insigne des militaires sautant d'un camion pour barrer la ruelle donnant sur l'avenue de l'hôtel où je me trouve, l'unité serait le 3e bataillon d'infanterie mécanisée. Une force professionnelle, mobile et articulée autour d'environ cinq cent soldats. L'objectif n'est pas de prendre la capitale, manifestement ils l'ont déjà...

L'objectif est pour eux de la tenir, à en croire la fermeture des avenues et boulevards, susceptibles de voir se masser des citoyens et partisans du Prince, revendiquant la passation immédiate du pouvoir entre le Prince et Joubair Toulali. Son commandement est connu pour être sous le colonel Yasser Hachani, un officier proche des arcanes du pouvoir et époux d'une ministre du gouvernement Toulali. Hachani, un nom connu dans les conversations organisées au sein des cercles institutionnels et Etat-majors. L'arrivée des unités de ce bataillon mécanisé revêt alors un message simple, clair et dicible, on projette là le verrouillage de la capitale plus que son maintien de l'ordre. Une capitale qui entre sous le contrôle progressif de l'armée, avec le passage des véhicules sur l'avenue des héros-forçats, au nord-est de la capitale Tarrin. Les citoyens et habitants installés au sein du quartier Dar-Mazoun ont matière à spéculer depuis leurs fenêtres, depuis lesquelles le passage de véhicules militaires à vitres sombres fait une étrange sensation. Un sentiment d'admiration et d'inconfort face à ce défilé militaire inopiné, au statut de protecteur-oppresseur encore indéterminé... Les soldats n'affichent pas de mines jouasses et présentent leurs équipements homogènes au complet qu'il soit question de casques, gilets tactiques ou armements tels que les fusils d'assaut. Indubitablement, ces derniers n'étaient pas ici pour organiser la tenue d'une manoeuvre, mais adopter une posture agressive sur du contrôle de zone. Pas de sourires mais pas de cris pour autant, les unités semblent savoir ce qu'elles ont à faire et où aller.

La première colonne fut identifiée à 5h40 tandis qu'une autre le fut à 6h15 près du pont Sanhabad, une route stratégique faisant le lien entre certains des quartiers résidentiels de l'Est de la capitale et les bâtiments gouvernementaux, où nos dirigeants semblent y jouer le jeu du Roi silence. Sur place les véhicules militaires sont stationnés à travers la chaussée, il est permis de croire que personne parmi les citoyens de la capitale n'avait vocation à le franchir. Les véhicules sont là, blindés au milieu de la chaussée la traversant en oblique, moteurs allumés et les armements tournés vers l'axe routier sans jamais directement viser les foules l'empruntant. Le principe est connu pour tout amateur de coup d'état, on affiche de la force et on évite de donner le sentiment de prendre d'assaut notre propre capitale. Une fois arrivés à 7h00, chacun constatera que les accès aux lieux les plus sensibles de la capitale sont désormais verrouillés. Le complexe où officiait le gouvernement Toulali faisait partie de ces lieux isolés, des barrières et barricades sommaires étant montées ou en train de l'être. Les véhicules civils sont contrôlés et si nécessaire redirigés à l'opposé des lieux stratégiques définis. Les policiers présents sur place sont eux-aussi refoulés, gageant qu'on entend les garder à un rôle figuratif pour les opérations en cours. "Ce ne sont pas des renforts..." me confiera un fonctionnaire de la police tandis que je m'aventure jusqu'à la boulangerie la plus proche. Un aveu sous couvert d'anonymat, émis par une personne manifestement soucieuse de mesurer chaque mot investi dans le mal en cours. "Ils sont là pour contrôler qui entre et sort du coeur de la capitale." finira-t-il par lâcher.

Une opération de maintien de l'ordre si ce n'est discrète, officieuse, qui gagerait que Joubair Toulali semble s'être refusé à suivre le Conseil Constitutionnel qui faisait état d'une validation des élections présidentielles, renvoyant le président sortant à ses obligations d'organiser la passation de pouvoir avec le nouveau président élu. Car finalement le plus frappant de cette démarche, outre le caractère imposant du transport de troupes blindé stationné à l'angle, c'est l'absence totale de communication donné à la manoeuvre. Aucun message public émanant de la présidence, aucun communiqué de la part des forces armées, annonçant un régime martial sur la capitale. Sur les chaînes de télévision, les programmes qu'on a coutume de retrouver chaque matin semblent se poursuivent avec un ton exagérément banal, se coupant bulletin météo et si nécessaire, rediffusion de feuilletons précédemment vus dans la semaine. Une volonté de combler le vide, qui semble gager que les bâtiments de ces chaînes d'information, parfois continues, semblent elles aussi tourner d'une bien drôle de manière aujourd'hui. Pourtant à travers la fenêtre, l'actualité est là avec la présence de véhicules militaires dont l'image est relayée sur les réseaux sociaux, par des riverains et citoyens. On voit sur certaines de ces photos des véhicules blindés siégeant devant les grilles du Conseil Constitutionnel, ainsi qu'un long convoi stationné le long de l'Avenue Nationale. Un communiqué écrit finira par parler de mesures préventives à la sécurisation de la capitale, laissant entendre une menace terroriste d'envergure. Une formule prudente, trop vague pour sortir chacun de nosu de ses cogitations. Les calabristes envisageraient-ils une action dans la capitale? Aucune idée, la seule certitude est que les bus scolaires sont aujourd'hui de couleur kaki !

Mais à Tarrin, la capitale où se tiennent les administrations, les institutions et les centres de pouvoir, le scénario annoncé par les autorités peut se tenir. Et pour faire face au danger annoncé, l'emploi d'une force militaire fait sens en plus de rassurer les populations. Ce sont des contingents taillés pour l'occupation de zones urbaines, avec des blindés à roues, véhicules blindés armés pouvant transporter des groupes d'assaut de l'armée régulière. Tenir les zones définies, fermer une rue, occuper un carrefour et sécurisation un quartier, autant de missions valablement menées à l'ombre des maisons, hors champs de vision des plus anciens qui n'ont pas l'accès facile et en temps réel aux réseaux sociaux. Des témoignages de personnes travaillant aux ministères font état de faits édifiants, elles nous décrivent une série de moyens sécuritaires excessifs, établissant un périmètre en plusieurs phases, la première se destinant à empêcher la circulation automobile non autorisée sur une zone, la seconde plus en retrait, vient filtrer les piétons et les passants aux abords de certains bâtiments tandis qu'à l'intérieur du bâtiment lui-même, des soldats échangent au moyen de radio autour de listes nominatives, invitant certains employés à rentrer chez eux là où d'autres se voient autorisés à rentrer non sans de scrupuleuses vérifications. Un signe supplémentaire du caractère exceptionnel donné à ce déploiement, qui se fait sécuritaire à l'excès, au point de développer un inconfort visible au sein de notre population...
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"Presse indépendante"
Par Souad Ouaid-Beja


24 février 2019 - Echanges de tirs à Cherasi aux abords d'une résidence du Prince Mutarrif ibn Saadin.

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La crise électorale s'est aujourd'hui transformée en crise sécuritaire à Cherasi, où le dispositif de sécurité du Prince s'est heurté aux forces de l'ordre venues désarmer les agents de sécurité du Prince.


C'est un réveil brutal qui a accompagné les résidents de Cherasi lorsqu'au petit matin, la Rue du Croissant Eternel s'est vue être le théâtre d'un mortel échange de tirs entre ce qu'il semble être le service de sécurité du Prince Mutarrif ibn Saadin et une unité mixte partagée entre les effectifs de la police nationale et une section du 3e bataillon d'infanterie mécanisée ayant investi la capitale. Une unité très représentée dans la prise de contrôle de la capitale et l'assise du pouvoir initiée par Joubair Toulali. Ces affrontements armés seraient intervenus alors que Joubair Toulali aurait sollicité le désarmement des milices privées afin de garantir une pacification de la société civile du Bajusid et prévenir un débordement de la crise politique associée aux dernières élections présidentielles. Le Prince Mutarrif ibn Saadin, annoncé vainqueur aux dernières élections, s'est vu contester ce résultat par le président sortant Joubair Toulali qui l'accuse d'avoir bénéficié d'irrégularités. Des irrégularités admises par le Conseil Constitutionnel mais qui ne sauraient être constitutives d'une annulation des élections. Une soupape qui monte en pression ce dossier et qui ne saurait donner raison à l'un des parties au point d'éviter les drames rencontrés ce jour.

Les témoignages recueillis sur place, à l'écart des autorités, font état d'une série de coup de feu et du déploiement d'un important dispositif militaro-policier vers 8 heure, dans ce quartier où le Prince avait été aperçu la veille. Un affrontement armé rapide, étalé sur moins d'une heure mais qui donne lieu au recensement d'une dizaine de victimes, gageant par ce fait e la brutalité de l'opération qui s'y est déroulée. Des victimes essuyés parmi le personnel en charge de la sécurité du Prince mais aussi la force militaro-policière engagée contre elle. Un bilan encore provisoire mais qui remet au jour les femmes combattantes kodedanes actuellement engagées sur le dispositif sécuritaire du Prince Mutarrif ibn Saadin. Engagées dans la protection du Prince depuis des années, les femmes combattantes investies sur la sécurité du Prince sont des éléments loyaux et efficaces qui en fournissent aujourd'hui la preuve, dans une situation particulièrement critique pour la sauvegarde de l'intégrité physique du Prince. Selon toute vraisemblance, le Prince Mutarrif ibn Saadin et de l'avis du bureau électoral national, le nouveau Président, n'a pas été appréhendé ni même retrouvé sur place pendant l'opération. Il a réussi à prendre la fuite avant l'arrivée des forces de l'ordre et les autorités ont nié toute arrestation de l'homme. Une fusillade qui marque indubitablement un tournant dans la crise politique née des dernières élections reléguant au second plan ses résultats, le processus électoral mis en suspension par le gouvernement Toulali depuis janvier, refusant de reconnaitre et concéder la victoire au Prince. Mais ces déclarations, invalidées par le Conseil Constitutionnel et s'opposant directement à l'alternance politique en faveur d'une personnalité publique entourée et disposant d'un service de protection privé armé laisse des zones d'incertitude pour ne pas dire d'insécurité, que le gouvernement Toulali semble aujourd'hui vouloir rationaliser.

Après avoir vu l'investissement de la capitale Tarrin par un important dispositif militaire, la pacification des leviers de coercition du Prince Mutarrif ibn Saadin semble se faire un nouveau jalon recherché par le pouvoir. Mais les observateurs parleront là du franchissement d'une ligne rouge, considérant la singularité des moyens du Prince, autant en matière de soutiens politiques internationaux que de sécurité. Les points stratégiques de la capitale occupés par les éléments de l'armée du Bajusid assujetti au gouvernement sortant, l'échappée en province du Prince et de ses soutiens était l'évidence même, comme ici à Cherasi. Mais le coup de force initié par Joubair Toulali semble s'affranchir de tout et tandis qu'il déployait l'armée dans la capitale pour éviter une attaque contre les infrastructures institutionnelles du pays, force est de constater qu'il conduit également des actions punitives en province. Le gouvernement Toulali exige le monopole de la force diront les officiels en soutien de Joubair Toulali, force est de constater que Joubair Toulali semble surtout avoir le monopole de son usage...

S'il fallait expliciter le déroulé des faits intervenus à Cherasi ce jour, il est convenu d'affirmer que les forces armées associées à Joubair Toulali ont donné un assaut coordonné avec les forces de police au sein d'une résidence où des informations confirmaient la présence possible du Prince. Un assaut conduit par plusieurs d'agents de la police anti-émeute de la capitale, accompagnés de soldats du 3e bataillon d'infanterie mécanisée, après que la présence des femmes combattantes kodedanes ait été décelée et confirmée. A 8 heure précise, le commando mixte police-armée a entamé son approche de la villa du Prince face à six femmes combattantes engagées sur un périmètre défensif, retranchées aux abords et au sein de la résidence princière. Après des sommations partagées entre les forces de l'ordre et le service de sécurité du Prince, les riverains ont entendu une détonation à l'intérieur de la résidence, donnant le top départ à des affrontements débridés qui dureront plusieurs longues minutes. Dans le quart qui suivra, des armes automatiques et les tirs de grenades lacrymogènes de la part des forces gouvernementales Toulali laissent présager la rencontre avec une résistance acharnée. Un véritable vacarme pendant lequel se sont exprimés les armes automatiques de chacun, ainsi que le survol incessant d'un hélicoptère... Un hélicoptère qui survole la résidence en appui des forces armées et policières investies dans la prise de la résidence, après que ces dernières au sol relatèrent une résistance exceptionnelle de la part du dispositif de sécurité princier. Le Prince était présent à l'extérieur de la résidence avant l'assaut combiné de l'armée et de la police, s'éclipsant facilement via un garage souterrain de son arrière-cour, dont la sortie donnait directement côté rue. Accompagné de deux femmes, le véhicule et ces derniers sont activement recherchés.
bueid almanal
"bueid almanal"

10 mars 2019 - Comment peut se maintenir au pouvoir Joubair Toulali malgré le scrutin et le verdict du Conseil Constitutionnel?

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L'éviction morale et physique du Prince Mutarrif ibn Saadin, est une condition sine qua non à la viabilité du gouvernement Toulali 2.0.

Entre les retours du Conseil Constitutionnel et les annonces des résultats de janvier 2019, l'appareil démocratique du Bajusid se voit frapper d'inertie. Le président sortant demeure en fonction, occultant un rendez-vous électoral particulièrement agité. C'est l'une des périodes les plus incertaines du Bajusid depuis son indépendance en 2010, après ce qui devait être la démonstration d'un processus électoral sain : qui peut se légitimer à la tête de la présidence du Bajusid en 2019? Joubair Toulali entend réécrire le récit des dernières élections présidentielles à son avantage alors même qu'une très large partie du pays s'est habituée, dans la presse, sur les marchés, sur les écrans, à associer le nom du Prince Mutarrif ibn Saadin à la fonction présidentielle. Pour asseoir sa place à la tête du pays, Joubair Toulali semble avoir entretenu différents leviers comme le recours au Conseil Constitutionnel quant aux irrégularités décelées au sein du scrutin. La simple évocation d'une irrégularité, matérialisée sous la forme d'un fait anodin et facile d'extrapolation, comme l'accointance des populations beïdanes avec le Prince, suffit finalement à motiver un dossier de recours dont la seule évocation suffit à convaincre certaines personnes de l'opinion publique avant même tout examen de fond. Tant que personne validait les objections de Joubair Toulali, le doute et la suspension des résultats restait permise. Un moyen de taire les médias sur le juger et de suspendre l'évocation du Prince comme étant le nouveau président du Bajusid. Le statut de vainqueur présumé du Prince Mutarrif ibn Saadin s'estompe ou en tout cas s'abstient de toute évocation le temps qu'on tire les doléances des uns et des autres au clair. La presse officielle est muselée, suffisamment longtemps pour permettre le déploiement d'un bataillon d'infanterie mécanisée au sein du centre du pouvoir à Tarrin. Le maintien du président sortant est illégitime, qu'à cela ne tienne, les gens continuent d'y voir un marqueur de stabilité profitable et se rappeler aux évidences du scrutin revient à bouleverser un ordre péniblement installé en sortie de la guerre d'indépendance.

La base juridique et électorale qui souriait jusque là au Prince Mutarrif ibn Saadin est occultée et le maintien au pouvoir de Joubair Toulali constitue chaque jour une bataille faite à la vérité, comme lorsqu'un détachement du 3e bataillon d'infanterie mécanisé est venu au contact d'éléments de la protection rapprochée du Prince Mutarrif ibn Saadin pour le taxer d'actes séditieux et provoquer son désarmement. Dans les faits, la manoeuvre a provoqué un bain de sang entre les forces de police, l'armée nationale et le personnel de sécurité du Prince pour lequel Joubair Toulali entend là encore tirer profit. Une posture vantant la fermeté face au risque de chaos et d'instabilité, qui trouve sous certains aspects sont public de convaincus. L'accomplissement de tirs face aux forces armées et de police traduit un rejet de l'autorité en place et par conséquent donne davantage de poids au gouvernement Toulali, pour maintenir la pression sur l'entourage du Prince, à même de constituer l'unique contrepouvoir du territoire national. Les uns et les autres ont maintenant matière à s'accuser de traitres et le président Joubair Toulali s'attache à peu à peu confisquer la légitimité résiduelle du Prince, dans un espace médiatique lui aussi de plus en plus restreint...

Des arguments de façade qui approvisionnent les jours futurs d'un mandat qui n'a jamais réellement débuté. Dans ces circonstances le maintien au pouvoir de Joubair Toulali n'est plus un caprice ou le jusqu'au boutisme d'une conviction profonde, mais le résultat d'un stratagème rodé et pensé pour évincer la concurrence, sous quelque forme que ce soit.
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"Presse indépendante"
Par Souad Ouaid-Beja


27 février 2019 - Le gouvernement Toulali contraint par des effectifs réduits.

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La crise politique qui divise aujourd'hui le pays entame la cohésion du corps administratif et le maintien de l'ordre souffre de ces dissensions sociétales.

Les journées d'agitation sociale qui suivirent dans le mois de février viennent nous confirmer une tendance perçue précédemment. Le maquillage en désordre urbain ne prend pas et les manifestants restent massivement mobilisés, malgré l'interdiction des manifestations et des cortèges pourtant déclarés auprès des autorités compétentes. La crise cesse de se cantonner à la capitale et ses grands noms, désormais dans les campagnes de l'arrière pays, nombreux sont les citoyens qui s'approprient cette lutte faite existentielle à notre jeune République. L'administration elle-même, n'est par conséquent pas épargnée et les commissariats, les tribunaux et autres services placés sous l'autorité de l'Etat, témoignent leur soutien au mouvement d'une lecture trop zélée visant à invalider certains procédures pénales ou au contraire en débrayant, s'interdisant par conséquent d'intenter des actions contre des manifestants. Selon des témoignant de fonctionnaires eux-mêmes, l'ampleur de la mobilisation au sein des administrations serait tel que les institutions auraient renoncé à la conduite de sanctions, exception faite des cas les plus problématiques. Encouragés par l'allocution du Prince, les manifestants trouvent le souffle nécessaire pour passer de contestataires à manifestants. Là où l'on pensait assister à une fracture entre le peuple et l'Etat, force est de constater qu'il est maintenant question d'une érosion de l'appareil étatique lui-même.

Une situation glissante qui capte toute l'attention du gouvernement Toulali à travers les médias. L'effervescence en cours incitera des communications régulières de la part des autorités, avec en premier lieu celles du Président Joubair Toulali lui-même. Des communications persistantes et organisées autour de deux leitmotivs : la stabilité nécessaire aux autorités compétentes qu'il incarne actuellement, le besoin de cohésion nationale dans un pays n'ayant plus le luxe de choisir l'adversité. Un vocabulaire et des références aux heures sombres du Calabrisme qui n'avaient rien d'anodin et entendaient désormais porter la culpabilité dans le camp des manifestants, des déloyaux. Un discours à charge mais qui véhiculait finalement son lot d'autres vérités, à commencer par l'existence des difficultés à disperser les foules et à prévenir de nouveaux rassemblements. Un autre fait caractéristique de cette situation était la présence d'éléments de langage de plus en plus timides de la part des autorités. Une partie de l'administration Toulali évoquait des indulgences envers les primo manifestants qui défileraient contre le pouvoir, de sorte à les dissuader d'entrer en récidive s'ils venaient à être interpellés une seconde fois sur les lieux d'une manifestation. Un moyen visant également à décourager les moins irréductibles des manifestants pour permettre aux forces de l'ordre d'opérer sur les activistes et leaders présents au sein des rassemblements. Une manœuvre à double dessein, que les experts et politologues internationaux tendent à commenter de deux manières également : d'abord comme un déclin du régime face à une société civile en crise, d'autres comme un stratagème visant à amoindrir et à marginaliser les motivations dudit rassemblement populaire qui cause tant de tracas aux autorités.

Communiqués et allocutions se multiplient donc ces dernières vingt quatre heure, espérant maintenir un travail de sape contre les mannes populaires susceptibles de rejoindre le mouvement et défendre une certaine idée de l'unité de la nation face à un mouvement dont l'effet boule de neige est particulièrement craint. Pour enfoncer le clou et sans donner du grain à moudre à ses détracteurs, l'appellation d'autorité légitime est devenue autorité compétente. Une subtilité de langage qui entend réinvestir le gouvernement Toulali dans l'espace décisionnaire du pays sans se voir tirer à boulets rouges par les légalistes et les constitutionnalistes qui critiqueraient l'absence de passation du pouvoir avec le Prince Mutarrif ibn Saadin, vainqueur des dernières élections présidentielles de janvier 2019.

Sur le terrain, le conflit social et la crise électorale se décelaient moins par les agitations des rues de certaines grandes villes que le calme excessif de certaines administrations, dont les services restaient fermés à la journée ou si la chance le permettait, se risquaient à ouvrir plus tardivement que ne l'imposaient leurs horaires habituels. Les audiences des tribunaux étaient renvoyées à plus tard, exception faite des comparutions de casseurs et manifestants, face à qui l'indulgence du système judiciaire était présente, à défaut de voir des juges eux mêmes défiler dans les cortèges. Qu'à cela ne tienne, ils n'auraient jamais mieux servi la contestation qu'à cet endroit. Entre les soutiens explicites ou le blocage passif et zélé de l'administration, on mesurait toute la fracture sociétale qui gagnait aussi les services publics. Le mouvement semblait donc rien n'afficher d'une grève générale caractérisée, compte tenu de l'absence de leaders et porte-voix), mais de l'avis d'experts il n'était pas moins redoutable car plus silencieux et diffus. Moins frontal, le gouvernement aura du mal à sanctionner ce mouvement dicible sans être caractérisé. Qu'il soit question de l'armée ou de la police, le sujet resté également sensible, au point que certains officiers auraient été mis en absence autorisée et payée sur une durée indéterminée, leurs supérieurs et les membres du gouvernement Toulali ayant de bonnes raisons de douter de leur intégrité. Car si aucun des officiers présents au sein de l'état-major ne s'était déclaré en faveur du Prince Mutarrif ibn Saadin, les atermoiements et réorganisations précipitées laissent à penser que la fracture est réelle et que le risque de voir un bataillon ou une unité de police se désolidariser du gouvernement avait été prise au sérieux. Dans les rangs de la police et de l'armée, des subalternes en nombre demandent des clarifications sur la nature de leurs actions à l'égard des populations, laissant penser que le capital de loyauté et obéissance mécanique avait été épuisé. Les absences au sein de l'administration pullulaient, fondées sur des motifs médicaux, familiaux voire rien de probants. Une démarche insidieuse qui ne permettait pas le qualificatif de mutinerie mais encrassait le bon fonctionnement des services de l'Etat.

Des effets d'annonce intervenaient, parlant de mobilisation renforcée pour justifier d'un regain de services publics et d'une autorité naturelle. Dans les fats pas grand chose, les ressources restaient réduites et sélectionnées, laissant la couverture de certains secteurs géographiques assez inégales.
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