24/06/2018
11:34:27
Index du forum Continents Eurysie Polkême

Activités étrangères en Polkême - Page 2

Voir fiche pays Voir sur la carte
4365
Conversation blême





"Qu'est-ce que je fous là..."


Il y a des décisions dans la vie, qui sont plus sensées que d'autres... C'est probablement ce qui traîne dans un coin de la tête de Philippa, qui a cru bon de s'engager dans la Classis III il y a une année de cela. On lui avait fait miroiter la perspective d'ascension sociale et de bon salaire, mais on avait bien omit de lui dire que son travail consisterait à être un fusiller marin dans l'une des installations portuaires velsniennes à l'étranger parmi les plus isolées du monde, et dans l'un des pays les plus étranges à décrire. Bien sûr il y a pire, mais pas souvent: cela aurait pu être Drovolski, où le simple fait de mettre un pied dehors nécessite un masque à oxygène et une combinaison, mais cela aurait pu être mieux qu'un pays où internet n'existe pas, et où la médecine a visiblement du chemin à faire, du moins pour la partie blême de la population. Cela aurait pu être une plage de sable chaud à Tavaani en plein a milieu du Scintillant par exemple, ou un endroit tranquille en Afarée...bref, un endroit où il fait plus de 15 degrés en été, et avec des télévisions. Cet endroit était une prison à ciel ouvert, du moins, c'est l'impression que donnait la mise au jour du règlement intérieur émis par les autorités de la flotte. Pourquoi de telles mesures ? Pourquoi être si sévère lorsque toutes les autres bases de la Marineria ailleurs dans le monde ne sont pas forcément réputées pour leur tenue du protocole ? Autour du feu de camp que Philippa et un autre resquilleur de la base s'étaient faits sur la plage au beau milieu de la soirée, on se posait des questions...

"On nous cache des choses.", "Les gens du coin sont un peu bizarres tu ne trouves pas ?", "Tu te souviens de l'odeur de la bonne bouffe ?", tant de questions existentielles fusaient d'ordinaire autour de ces feux. Mais ce soir, Philippa était silencieuse, elle espérait simplement que sa demande de réaffectation qu'elle avait adressée le matin même allait être acceptée. A quoi bon parler avec un type qu'elle ne verrait probablement plus. Un somme à la belle étoile, c'était tout ce qu'elle attendait de la fin de cette journée fade, dans une semaine fade et un mois tout aussi fade.

Mais ce n'était apparemment pas ce que voulait Dame Fortune, puisqu'elle fit venir aux deux "faiseurs de murs" une autre présence, étrangère. Non loin, la lumière du crépuscule dessinaient les contours de l'ombre d'un "local", ceux que Philippa n'a pas le droit d'aborder, à qui elle n'a pas le droit de parler, ces gens qui ont peur et s'enferment dans leurs maisons lorsqu'elle apparaît en ville, les rares fois où elle peut sortir de la base. Il y a de l'attirance dans l'interdit: tous ces mois, elle n'a pas adressé le moindre mot à ces étrangers: mes blêmes. Autour d'elle, c'était comme si elle était toujours à Velsna, excepté pour le temps qu'il faisait. C'était peut-être l'occasion de satisfaire le désir d'interdit, tout s'échappant d'un marasme quotidien qui ne correspondait pas à la vie d'aventurière rêvée.

Elle fit un signe de main au lointain, ce dont son compère s'inquiéta immédiatement: "Philippa ! Qu'est-ce que tu fais ! On a pas le droit !". Elle ne l'entend pas, elle n'entend plus rien de ce qui peut la mener à l'ennui. Et la silhouette au loin lui répondit par les mêmes salutations, et ce n'était pas un velsnien ! L'homme se rapprocha du feu improvisé, un vieux bonhomme, avec l'un de ces chapeaux étranges que les blêmes portaient parfois. Il avançait, mais pas tout à fait droit, et arborait un sourire peu commun aux blêmes que la jeune femme avait déjà rencontré.

" Tu me disais que tu connaissais quelques mots de blême ?"

"Ouais, des trucs comme "bonjour" et "au revoir", mais c'était pas la peine de me ramener le poivrot du village pour tester mon niveau !"


Le vieil homme au nez rouge n'était pas avare de mots et peu farouche, puisqu'il en submergea les deux velsniens. Le fait qu'il n'y ait pas de polks à l'horizon expliquait peut-être la chose, mais dans tous les cas, il était très difficile de comprendre ce charabia, qui objectivement, n'aurait pas été très compréhensible, même pour un autre blême:

"Salulesjeunesquescequevoufaiteslàdanlenoir. Fauparesterlà desfois ilyadessorciersquisepromènent etensuiteilschangentlesgensencommunistes."

Les deux velsniens n'avaient rien compris, mais dans le doute, Philippa qui avait déjà sorti une cigarette pour se la mettre au bec la tendit au vieil homme. Les velsniens fumaient tant que les étrangers auraient pu penser qu'ils naissaient avec:
"T'en veux ? J'en ai plein. Assieds toi, tu vas prendre froid. Aller, raconte moi ta vie."

Philippa laissa une place au blême, qui ne s'arrêta pas pour autant de baragouiner:
"Unefoijaivuunfarfadetici. Ilressemblaitàunmesolvardien. Ilspeuvetejeterunsortsitufaipasattention."

- Des mots sages... T'as tout à fait raison Juan. Je peux t'appeler Juan
? - lui demanda Philippa, dans le doute... -

La discussion s'étala longtemps, très longtemps, tant et si bien que les deux velsniens se réveillèrent de petit matin, le feu crépitant encore à côté de leurs têtes. Philippa tâtonna la poche de son portefeuille, premier réflexe: vide.

"Sale petit connard de blême !"
4221
Conversation blême II





Un homme en face d'un autre, un simple bureau les sépare...mais ils ne sont pas du même monde. Le rapport hiérarchique est visible jusque dans leurs mimiques. L'un est debout, contemplant les convois maritimes qui vont et viennent dans le cœur du centre de maintenance technique. La gorge est serrée, les poings le sont tout autant. L'autre est penaud dans le fond de son siège. Il est certains que si il pouvait enlever la mousse de son coussins, il s'y glisserait pour s'y cacher. Mais il y avait quelque chose de plus, une petite lumière dans les yeux, une lumière qui n'émane d'ordinaire que les individus ayant fait une découverte inouïe, des individus ayant comme qui dirait...été frappés par la foudre. Un état de stress donc, doublé d'un sentiement d'excitation qu'il avait lui-même du mal à contenir. Il remuait sur sa chaise, tournait la tête à droite et à gauche, épanchant ses yeux à la vue de la lumière de l'extérieur, provenait de cette fenêtre. Entre elle et lui se dressait ce qui semblait être son supérieur hiérarchique...du moins, c'était ce que disait le galon sur les épaulettes des deux velsniens.

"Je pourrais vous mettre au trou et vous envoyer en conseil de guerre pour désertion pour ce que vous avez fait, fusilier Nitti. J'espère que vous en avez conscience... Alors croyez moi bien que les mots que vous direz dans les prochaines minutes décideront probablement de votre avenir dans garnison, et par extension dans la Marineria de la Grande République. Je vais vous laisser une chance, une petite chance de m'expliquer la raison pour laquelle vous avez disparu du rang pendant deux semaines, avant de réapparaître ce matin avec votre sourire de crétin, devant mon nez. Alors choisissez bien vos mots. J'écoute..."


Le fusilier eu quelque hésitation à déballer son sac, pas tant par peur de ne pas avoir les mots que par l'impossibilité de se décider rapidement où commencer cette histoire. Mais qui sait...peut-être que le commandant de base partagera son enthousiasme sur la "découverte inouïe" qu'il a fait:

- Je sais que vous aurez du mal à me croire commandant...mais figurez vous que j'ai été enlevé."
- Enlevé ? Par qui ? Des polks ? Des blêmes ?
- Par des blêmes je crois, ils avaient tous des chapeaux pointus et des bâtons, mais croyez moi c'est pas l'important !
- Des chapeaux pointus...comme des magiciens ? Et comment vous vous en êtes tirés ? Ils n'ont pas demandé de rançon, ces ravisseurs ?
- C'est...c'est compliqué si vous voulez... Au début ils voulaient une rançon, et puis on a discuté...ils étaient vraiment sympa en fait, et ils m'ont laisser partir finalement.


Le commandant de base fit le tour de son bureau, se tenant désormais face au fusilier, à quelques centimètres de lui.

- Et donc ? C'est tout ce que je vais avoir sous la dent comme excuse ? Des magiciens qui vous enlèvent, qui vous font causette et qui vous laissent repartir les mains dans les poches ? Je vais croire ça, vous le pensez ?
- Nan nan nan commandant, c'est pas fini. Ce qui est important c'est pas ce qu'ils ont fait, mais ce qu'ils m'ont....ça a été comme une révélation si vous voulez. C'était vraiment des têtes si vous voulez, et ils tenaient une sorte de réunion où ils débâtaient tous en cercle dans la forêt. Figurez vous commandant...qu'on vit tous dans une société...et que...et que tout y est déterminé par des rapports de force entre des classes, et que ça dure depuis des milliers d'années ! On se fait tous rouler depuis des générations, rien que ça ! Et ils ont tout plein de trucs et de concepts pour exprimer ça: par exemple, vous le saviez vous, que chaque objet qu'on fabrique a une valeur définie par la somme de travail qui a été engagée pour le faire ? Ils appellent ça du travail abstrait ! Mais il faut pas croire que le patron nous file la somme de ce travail, non non non... ce qu'il nous donne c'est juste un "minimum vital", qu'ils disent, et ça ne représente pas du tout notre travail, c'est juste une fiction ! On se fait arnaquer chef ! Sur cette somme de travail que le patron nous vole, parce qu'il se fait une plus-value et il ne nous file que ce qu'il faut pour conserver notre force de travail: c'est lui qui s'approprie notre travail ! On est totalement aliénés ! Et même qu'ils avaient un énorme livre dans lequel tout ça est marqué noir sur blanc, ils appellent ça le Capital, mais avec un K à la place du C ! Et même que...


La détente du commandant fut courte: deux violentes baffes sur les deux joues, et avec la paume de la main. Nitti est saisit par le col, son nez presque collé à celui de son supérieur. Il a les dents serrées, et ne daigne même pas cligner des yeux tant son regard est comme scotché à celui du fusilier:
- Vous êtes un soldat, on ne vous a pas engagé pour réfléchir. Vous êtes bon pour le trou: vous rentrez à Velsna dés l'arrivée du prochain ravitaillement, et m'est d'avis que vous n'allez pas revoir la lumière du jour pendant un long, très long moment.

"Embarquez le, soldats. Je ne veux plus le voir dans ma base."


Nitti se fait arrêter par ses propres camarades. Une fois la porte close et le commandant laissé avec lui-même, et son verre de vin.

"Des chapeaux pointus..fous toi de moi..."
2405
https://i.pinimg.com/736x/24/10/5b/24105bf24a350729658749ea05c5d6ee.jpg
Polka Śwatówka

Elle se danse, celle-là, debout mon gars. Debout pour Śwatówka. Pour la plus belle fille de Polkême, joue-nous une polka ! Pour la mémoire de notre beauté barbare, lève-toi, mon gars ! Pavel, toi aussi tu t'en rappelles ! Tu crois que je te vois pas là-bas, Nikola ? Debout, debout, les camarades ! Me laissez pas dans la panade ! Rappelez-vous d'où vous venez, et avec moi chantez ! Et toi, tiens toi juste là tout près de moi. Ouvre grand tes oreilles, je vais te conter l'histoire d'une merveille ! Oh, elle n'avait pas de souliers d'argent, ni de sabot d'indigent, elle allait nu-pied, à ça vous la reconnaissiez ! Oh, c'était une intrépide, à part elle vous étiez toutes des timides !

Tu m'entends ? Ils sont prêts là, ils la reconnaissent. La beauté barbare, on l'appelait ! Dans la Pal, elle vivait ! Les quatre cent coups, elle faisait ! Śwatówka, tu la voyais pas au marché le samedi, ni à la messe le dimanche, ou parfois, mais c'était pour faire la manche ! C'était un autre genre, Śwatówka. Elle attrapait les poissons avec les dents et les hommes avec le vent. Elle avait les cheveux noirs, Śwatówka, et ils pleuvaient autour d'elle comme un buisson ardent. Ses yeux étaient des flèches et son sourire un harpon. Moi je l'ai vu, Śwatówka, et elle m'a eu ici, là ! Il fallait la voir, Śwatówka, courir dans les herbes et se baigner dans les eaux, n'avoir pour vêtements que des champs de roseaux. Et te sourire, la malicieuse, comme une cerise délicieuse, je l'ai connu, moi, Śwatówka, elle m'avait dit d'attendre sur le pré tendre. Viendra-t-elle, viendra-t-elle pas ? Insaisissable Śwatówka, de sa maison dans la forêt, parfois à moi elle revenait, heureuse de boue, à mes larmes tendant ses joues. C'était ma vie, ma Śwatówka, ma beauté, ma fleur, ma joie, c'était ce qu'on ne me rendra pas, jamais Śwatówka ne reviendra. On la dit noyée au fond de la rivière, on la dit ensevelie sous la montagne de pierre, mais moi je sais où elle est Śwatówka. Elle est là où tu n'iras pas, promets-le moi ! Elle est à l'étang juste là-bas, là où est le château du roi, il l'a eue ma Śwatówka, malgré ses griffes, ses dents, ses bras, il l'a mangée Śwatówka, toute crue comme une bête qu'on tue, elle s'est battue ma Śwatówka, encore dans mon cœur elle se battra, elle est la vie ma Śwatówka, ni fief, ni chose, ni possession, elle est l'âme de la nation, elle est ma perte, Śwatówka, et sans elle plus rien n'ira. Elle n'est plus là ma Śwatówka, et ne demande pas pourquoi, pour ce que tu le sais comme moi, ils fusent comme le soir, les nuages noirs, ils sont partout, ses hussards, ce sont les hussards du roi, et si tu chantes avec moi, ils pourraient t'entendre depuis là-bas, les ogres du château, les soudards sous le préau, leurs serviteurs, leurs animaux, leur chasse haineuse et leurs féaux, et se jeter à tes trousses ! Alors plus bas, mon petit mousse, chante plus bas, pour que demain, dans ton cœur et sur tes lèvres, vive encore ma Śwatówka !
2757

Bureau de l'Arsenal



Drapeau

Commandement maritime de la Classis III "Fortuna Patres"

Document public à diffuser au personnel: Instructions en période de forte mobilisation de la flotte






Classis III "Fortuna Patres"

https://www.zupimages.net/up/22/42/ok8y.png


A l'ensemble du personnel de la Classis III,


Veuillez être notifiés impérativement par le courrier ci-joint par nous, Sofia Di Saltis, Amirraglia de la Classis III "Fortuna Patres", qui regardons vers l'orient.

Ce courrier s'adresse à l'ensemble du personnel de flotte affecté au centre de maintenance technique de Port-Ponant, sans distinction de statut.

Compte tenu des évènements récents prenant place dans la zone de contrôle maritime de la Classis III "Fortuna Patres", à savoir:
  • Les opérations militaires de la flotte au Chandekolza
  • Les mouvements hostiles des États d'Ouaine et du Morzanov (exercices aériens à proximité immédiate du territoire de la République)
  • La montée des tensions entre Liberalintern et les alliés de l'Organisation des Nations Démocratiques.
Il est dans ce cadre, de mon ressort et de mon devoir d'informer le personnel de la Base de maintenance technique de Port-Ponant d'un changement d'affectation et de priorité dans l'exercice de leur mission. Les ordres suivants sont ainsi donnés, et deviennent effectifs à compter de l'émission de cette dépêche, ce jour 23 octobre 2017:
  • Changement de priorité de maintenance: les bâtiments déboutés du Théâtre d'opération du Chandekolza pour cause d'avaries doivent se voir affectés leurs propres équipes de maintenance. Dés que la base de Port Ponant se retrouve informée d'une telle arrivée, priorité d'affectation est ainsi donnée et toutes les tâches antérieures se devront d'être repoussées.
  • Dans l'éventualité d'une arrivée de bâtiments en provenance du Théâtre d'opération chandekolzan, il sera formellement interdit d'arrimer en cale sèche plus longtemps que la durée de maintenance nécessaire. Tout navire dont les avaries auraient été réglées se doivent de rejoindre immédiatement leur théâtre d'opération. Aucune permission de garnison à longue durée n'est autorisée en eaux territoriales polk, ce sous aucun prétexte.
  • Il est formellement interdit de décharger de cargaisons en provenance du Théâtre d'opération chandekolzan ne relevant pas d'une priorité militaire. Nous rappelons à ce titre que le marché noir est formellement interdit dans l'enceinte de la base de maintenance technique.
  • Il est formellement interdit l'autorisation de dépôt et d'internement de prisonniers de guerre chandkolzans sur place. Dans une telle éventualité, il sera demandé aux bâtiments ayant prisonniers à charge de dérouter vers la Base de Tercera.
  • Dans le cadre de la réaffectation probable de 25% de nos effectifs sur place pour cause d'activités intenses dans le périmètre de la Base de Tercera, nous invitons l'ensemble de notre personnel volontaire à faire acte de présence dans l'optique d'une nouvelle affectation. Dans le cas d'un trop grand nombre de candidats, nous nous réservons le droit de procéder à un tirage au sort. Dans le cas où le nombre de candidats ne serait pas suffisant, des ordres d'affectation supplémentaires seront donnés aux concernés.





0
Périodes abordées:
- Classification velsnienne : Antiquité classique et tardive (Vème siècle avant notre ère – Vème siècle après notre ère)
- Classification polk : Antiquité-Age champêtre


Fiche patrimoine
Ville fortifiée de Balsek (Polkême), première fenêtre de fouille triennale



a


Agglomérations fortifiées tatares, scythes et proto-polk dans l'actuel territoire de Polkême
Pour une réévaluation du concept de nomadisme et du peuplement en haute antiquité polk




Introduction et cadre de l'opération :


Le sujet de ce premier rapport d'évaluation post-fouille peut paraître paradoxal sur bien des aspects: il est bien connu par les textes littéraires, avant tout par des sources héllénistiques, puis rhémiennes, ainsi que par des données archéologiques du XIXème et début du XXème siècle (dont la pertinence est toutefois soumise à réserve compte tenu du caractère hautement politique de la question), que les scythes, tatares et proto-polk étaient des populations nomades distinctes, et que l’État moderne de Polkême serait le résultat d'une construction politique débutée durant l'antiquité tardive, permise par christianisation progressive des populations et de la constitution d'un État polk. Dans les faits, toutefois, nous pensons à l'issue de l'émission des premières remontées de terrain depuis 2015 sur plusieurs sites d'importance en Polkême, qu'il devient nécessaire de procéder à une réévaluation de nos connaissances actuelles quant au sujet du nomadisme dans l'extrême Eurysie. Ainsi, c'est une volonté de détachement des récits actuels, qui permettent à certaines entités politiques d'affirmer la légitimité de revendications politiques beaucoup plus récentes, que cette démarche fut entamée.

Comme précisé, la plupart de nos à priori actuels proviennent de sources de première ou seconde main, exclusivement étrangères en absence d'un système d'écriture pérenne dans la région jusqu'à la christianisation du territoire au Vème siècle. Pour les héllènes, le nomadisme était la caractéristique principale de la culture et des mode de vie de toutes les populations successives sur le territoire polk actuel: ils se déplaçaient constamment avec leurs troupeaux. L'historien rhémien Flavien Apollinaire (IIIème siècle de notre ère) remarque « qu’ils n’ont point de villes, ni d’autres établissements, qu’ils sont toujours en mouvement ». Les activités de mercenariat d'éléments de ces populations au sein de l'Empire sont également à noter, avant même la période des grandes migrations des IVème et Vème siècle. Or, en réalité la situation est plus complexe, de l'aveu même de l'intéressé: le rhémien distingue plusieurs peuples ou tribus parmi les scythes, qui chronologiquement sont l'une des premières populations recensées par ce dernier dans la région. A rebours des affirmations des chercheurs qui se sont succédé sur la question durant ces dernières décennies, le lettré distingue notamment ceux qui sont nommés « Scythes agriculteurs ». Il parle également des voisins sédentaires des scythes qui sont leurs sujets ou leurs alliés sans pour autant les désigner clairement. Cependant, parmi ces groupes que l'on ne sait pas avec précision si ils sont sédentaires complets ou semi-sédentaires, on mentionne avec certitude une « Scythie royale », qui en réalité prend les apparences d'une confédération lâche de tribus, elles mêmes divisées en groupes familiaux élargis, à la tête de laquelle il existe un centre de gravité évoluant selon la période. Ainsi, même parmi ceux que l'on considère nomade existe une structure politique clairement définie, et qui mérite à notre sens l’appellation « d’État nomade », où il existe une esquisse d'un système de fiscalité, matérialisé sous la forme de prélèvements de bétail et de biens primaires transformés. Sur ce point, il convient donc de tempérer le manque de considération de cette période par l'historiographie polk classique par des élements nouveaux, et cette source primaire réévaluée marque le départ d'une nouvelle recherche au sujet du bâti permanent dans le cadre de cet « Etat-nomade », d'abord scythe, puis tatare et proto-polk.

Le nomadisme de la plupart des populations scythes (car il paraît impropre d'évoquer un groupe unique) était confirmé par les données archéologiques à nitre disposition avant le démarrage de cette campagne, certes. Nous ne connaissions presque pas leurs établissements, qu'ils soient temporaires ou plus durables, et presque toute notre information sur leur culture provient de monuments funéraires en tumuli, le seul champ d'étude sérieusement abordé jusqu'alors par la science archéologique au sujet des scythes. On ne s’attendait donc pas a priori à trouver des agglomérations complexes sur le territoire polk. Mais la réalité et différente: le spremières prospections, précédant la campagne nous ont permis de constater une occupation continue de plusieurs sites, dont certains sont de dimensions énormes. A ce titre, le gros des efforts de cette expédition archéologique s'est concentré sur le plus grand site fortifié scytho-tatar recensé pour la période, au lieu-dit de « Balsek », à trente kilomètres de la cpitale actuelle de la Polkême. D'emblée, les prospections géophysiques (méthode de fouille considérée comme « non invasive » vis à vis des vestiges, permise par l’émission de pulsions électro-magnétiques dans les sols, permettant un rendu détaillé des « obstacles » rencontrés dans les sous-sols) ont permis un premier aperçu de ce qui apparaît comme la plus grande agglomération, et le plus vaste site de ce type dans toute l’Eurysie orientale de l’âge du Fer (comprendre tous les territoires eurysiens n'étant pas compris dans l'aire d'influence directe de l'Empire rhémien).


Le site de Balsek laisse ainsi apparaître un ensemble s'étendant sur 110 hectares, soit une surface équivalente à certaines agglomérations rhémiennes de la même période. Par exemple, le site de la ville d'Apamée, situé en plaine velsnienne est estimé à 120 hectares pour une population d'environ 20 000 habitants estimée à son apogée en période rhémienne, au IIème siècle. Ainsi, il est vite apparu indispensable, au vu de la portée historique potentielle du site, de procéder à une véritable opération de fouille, dont la première campagne en été 2017, ne devrait constituer que la première d'une série triennale impliquant une dizaine d'opérateurs archéologiques, tous agrées par la Société des honnêtes archéologues velsniens. Il a également été proposé aux autorités de polk de mobiliser des moyens dans le cadre de cette campagne, appels du pied qui n'ont pas encore susciter de réponse (il est à prendre en compte l'absence totale d'opérateurs archéologiques nationaux connus sur le territoire polk).

La première campagne a ainsi mobilisé 218 agents sur une période de trois mois, entre juin et septembre 2017, sous la direction de Fabrizio Michele, Responsable d'opérations salarié par la Société de conservation de l'Arsenal et approuvé par la Société des honnêtes archéologues velsniens après évaluation de la prospection géophysique et au terme du dépôt d'un dossier COPA, ayant pour mission de coordonner l'effort commun de la dizaine d'opérateurs agissant sur le site.


Balsek : contexte archéologique du site et opérations antérieures dans la région

Si le site de Belsek n'a été découvert qu'en début 2017, le contexte archéologique de l'opération est loin d'être vierge. Le principal obstacle à la compréhension du contexte ne réside pas tant dans le nombre de sites connu dans la région qu'à l'ancienneté des opérations, qui pour beaucoup remontent à la fin du XIXème siècle, et n'ont pas donc été menées suivant une méthodologie de fouille considérée comme moderne ou fiable. Cela ne signifie pas une absence d'interêt pour ces opérations, mais leur bilan doit être pris avec de nombreuses précautions, qui plus est dans le cadre de l'entreprise d'état polk visant, au cours du XXème siècle, au respect d'un récit historique comprenant de nombreuses zones blanches. Nous pouvons affirmer, donc, que ce contexte n'est e rien propice à la recherche historique.

Parmi les sites connus, aucune agglomération certes, mais la présence d'un réseau extrêmement dense de sites funéraires en tumuli, et l'existence suspectée de points de rassemblements temporaires. Ont été pris en compte les sites dont les datations semblent correspondre à la période d'occupation du site de Balsek, entre le IVème siècle avant notre ère au Vème siècle après notre ère. De ces sites se dégage la première problématique de notre opération, à savoir l'association de ces occupations avec des cultures matérielles connues. Si les sources littéraires mentionnent la présence des populations scythes dans la région jusqu'au IIème siècle, il ne faut pas oublier le biais des sources héllénistiques, puis rhémiennes, qui ne font pas grand cas d'une distinction entre les différents groupes nomades. Ainsi, les sources rhémiennes semblent évoquer l'appellation des scythes, jusqu'à des dates très postérieures aux datations connues de la culture matérielle laissée par la civilisation scythe dans la région, et il semble exister un amalgame commun entre scythes, tatars et proto-slaves polks, qui à cette période partagent un espace politique commun et aux contours relativement flous, qui nous le verront, se retrouve également dans la distinction des cultures matérielles, dans un contexte où le concept de frontière est obscur et où la mobilité des populations est importante.

En effet, les études comparatives des stratigraphies en place, et dont nous avons des informations suffisantes sur une vingtaine de sites funéraires dans un rayon de 30km² autour du site de Balsek, nous donne à voir une continuité de l'occupation durant toute la période, entre des populations dont les culturelles matérielles partagent un grande nombre de similarités, et dont la transition d'une culture à une autre ne relèvent en rien d'une rupture quelconque. Les groupes scythes sont prédominants dans la région jusqu'au IIème siècle, et sont graduellement supplantés (sous entendre assimilés ou intégrés aux structures politiques nouvelles) suite à des mouvements de population importants d'est en ouest, impliquant des populations tatares turcophones à partir du IIIème siècle. Cette transition ne voit en aucun cas une vague d'abandons de sites, caractéristique de chamboulements politiques importants. Les tombes à tumuli caractéristiques des groupes scythes sont reprises par les populations tatar sans que l'on puisse constater de changements importants dans les procédés architecturaux. Cette adoption de styles sera plus tard à mettre en parallèle avec les découvertes plus récentes effectuées sur le site de Balsek. Pour finir, la forte densité de structures funéraires spécifique à la région de Balsek laisse sous entendre de l'importance du site étudié, et leur abandon progressif au Vème siècle, en même temps que celle du site en question, renforce la conviction d'avoir affaire à un réseau complexe de sites funéraires associées à des structures familiales dont l'existence dépend du pôle de Balsek. Un faisceau d'indices laisse donc penser que le site de Balsek pourrait être l'épicentre de ce que l'on nomme désormais un « État nomade » autour duquel tous ces sites autrefois étudiés individuellement sont liés, un concept récent qui semble être le plus approprié pour décrire un tel niveau d'organisation collective dans un contexte semi-sédentaire.

La véritable rupture intervient vers la fin IVème siècle,. Loin de l'image de la période et des récits classiques, mettant en scène une « exception » polk, il apparaît que le mouvement population des slaves vers le sud observé à compter de cette période, dans un premier temps, ne varie pas du mode opératoire classique des populations nomades, et les proto polk semblent pleinement s'intégrer dans un espace politique commun avec scythes et tatars. Néanmoins, les structures commencent à évoluer, au fil des transferts de population et de richesses entre le monde rhémien et la steppe nomade (la pratique du mercenariat des populations tatars, scythes et polks participe grandement à ce phénomène), qui aboutit à l'émergence progressive de structures étatiques plus importantes, et des confédérations tribales dont l'emprise territoriale est plus grande s'érigent. Loin de l'idée d'une arrivée salvatrices des polks, ceux ci semblent prendre pleinement part à ce transfert de pouvoir, qui aboutit à la mise en difficulté du pouvoir impériale rhémien, dont l'appareil militaire n'est plus capable de répondre aux problématiques militaires aux frontières. C'est dans ce cadre qu'une confédération polk émerge, et constitue un État en partie centralisé sur le modèle rhémien. Le terme de Confédération polk, voire de Royaume est repris largement du récit nationaliste local, mais il apparaît dans un contexte de sédentarisation, qu'il n'existe pas de réelle unité culturelle au sein de la construction de ce proto-État, et que des populations tatares ou encore scythes soient également intégrées dans cet ensemble territorial nouveau. Aussi, il faut là encore tempérer les à priori relatifs aux récits nationaux. C'est dans ce contexte de grandes transformations politiques que le site de Balsek est très probablement abandonné, en même temps que le concept d'Etat-nomade dans la région comme les premiers rapports de fouille de 2017 le laissent sous-entendre. Dans les conclusions qui se dessinent, les populations polks ne seraient qu'un élément culturel de ce monde nomade en voie de sédentarité, qui donnera lieu à une recomposition politique aboutissant à l'émergence des concepts de Haute-Polky et de Basse-Polky. Ces mêmes Etats d'anciens nomads remplissent par la suite leur rôle de territoires tampons face, ironiquement, à d'autres populations nomades tatares pour le compte du pouvoir de Théodosine.



Premières remontées du terrain: ouverture des fenêtres de fouille


Dans le cadre d'une opération de fouille d'une emprise de travail aussi vaste, il a été nécessaire de prendre conscience de l'impossibilité de fouiller l'ensemble du site, d'autant plus que la collecte de l'infirmation impliquant la destruction des couches stratigraphique, il a été décidé à terme, de ne procéder à la fouille systématique que de 20% de l'emprise totale d'opération. Suivant cette contrainte, il a été décidé de procéder à la fouille de points d’intérêts particuliers retenant l'attention des équipes de fouille. Ces points d’intérêt ont été relevés par le biais de la prospection géophysique, puis le recours au procédé du LiDAR, mis à disposition par la Société des honnêtes archéologues.

NB: Le LiDAR topographique consiste à effectuer un balayage du sol à partir d’un distancemètre laser qui peut être embarqué dans un aéronef. Le résultat, sous la forme d’un nuage de points, permet de retirer le couvert forestier pour obtenir un relevé topographique du sol. Après différentes opérations de filtrage, on obtient un modèle numérique de terrain précis qui permet de réaliser des traitements pour détecter les reliefs même sous couvert végétal.

Par ce biais, il a été mis en évidence l'existence d'une enceinte doublée d'un fossé cerclant une zone de 110 hectares, abritant plusieurs zones de ce qui paraît être des zones d'habitats dispersés. Une part importante de la zone ne semble pas avoir subit d'aménagements urbain, et il est établit qu'environ 60% à 70% de l'emprise du site (suivant les différentes phases d'occupation) était allouée à une agriculture vivrière, en témoigne a présence de sillons d'enclos probable. Au centre de « l'agglomération », il a été constaté l’existence de plusieurs occupations successives d'un bâti monumental, qui ne correspond pas à ce que l'on attend d'un habitat privé, mais davantage à un espace public, ce qui s'est vérifié par la suite.

y
Relevé LiDAR du site de Balsek, avec la présence notifiée de la ceinture fortifiée et du fossé

Ainsi, il a été décidé d'ouvrir trois fenêtres de fouilles correspondant à ces différents espaces: un tronçon de l'emplacement présumé du rempart, suivant son implantation sur une zone de 200m² (Sondage A). Une deuxième équipe, plus conséquente a été affectée à l'ouverture d'une fenêtre de fouille de 400m² (Sondage B). Enfin, une dernière équipe a été en charge de l'ouverture d'une fenêtre plus restreinte de 100m² (Sondage C) dans une zone présumée d'habitat en bordure de l'ensemble monumental central. En tout, c'est donc une zone de 700m² qui a été concernée par cette première campagne de fouille fine.


Premières remontées du terrain et présentation du site : stratigraphie générale

Etat A: Vème siècle avant notre ère - Ier siècle de notre ère

Si les sondages A et C n'ont pas permis la mise au jour de vestiges conséquents, il semblerait qu'une première occupation de l'ensemble monumental soit datable (relevés carbone 14 à partir de couches d'incendies) du Vème siècle avant notre ère, dans le contexte d'installation de groupes correspondants aux cultures matérielles scythes dans la région. La conjugaison du mobilier retrouvé dans ces niveaux et d'un premier niveau de destruction permet d'envisager une occupation continue longue de trois siècles.

Cette première occupation, il faut le noter, ne présente pas d'ensemble architectural visible hormis un tumulus effondré au centre du dispositif, mais se manifeste par la présence de plusieurs niveaux de nécropole, enchevêtrés les uns sur les autres. Trois niveaux distincts sont constatés, pour un nombre total de sépultures estimé dans l'emprise de fouille à 34 : 11 sur le niveau le plus ancien, 20 sur le niveau intermédiaire et trois sur le dernier niveau. La fouille a permis de constater les points suivants :
- La totalité des sujets des sépultures mises au jour sont de sexe masculin et adultes.
- La totalité des sujets des sépultures mises au jour présentent un mobilier relativement riche, consistant en un nombre variable, mais toujours présent de céramiques, d'un mobilier d'orfeverie et de tous les attributs relatifs aux guerriers scythes de la période concernée.

Il est très probable que la nécropole, sur ses trois états n'ait été accessible qu'à une élite guerrière restreinte, pour la quasi totalité constituée d'objets relevant de la culture matérielle scythe pour les deux premiers niveaux de stratigraphie. Cependant, il faut noter, dans le cas des trois sépulture de la dernière phase l'apparition d'un mobilier propre aux populations tatares et slaves que l'on retrouve pour la même période sur divers sites au nord de la Polkême actuelle et au Morakhan. La persistance d'un mobilier scythe laisse entendre, au choix un apport étranger à une élite scythe persistante, ou bien une supplantation de cette élite par une aristocratie de groupes slaves et tatares, sans que l'on puisse déterminer avec précision laquelle de ces hypothèses est juste.


Etat B: Ier siècle – IIIème siècle

L'état B marque l'apogée du site en terme d'occupation, d'après les premières remontées de fouille. En effet, il nous est permis d'y associer des phases que l'on peut retrouver dans les trois sondages ayant été faits lors de la campagne. C'est également cette période qui nous permet de mettre au jour la plus grande épaisseur de stratigraphie: 90 des 120 unités stratigraphiques inventoriées sont associées à cette période d'occupation. On établit que le périmètre fortifié du sondage B est constitué durant cette période, se composant d'un remblais imposant, d'une palissade et d'un fossé, de l'intérieur vers l’extérieur.

a
Reconstitution de l'état des fortifications du sondage B

Dans le sondage B, la nécropole laisse place à un ensemble monumental public. Si le mobilier est relativement rare, la présence fosses sacrificielles et la découverte de plusieurs dizaines de sépultures de chevaux ne laisse pas de doute sur la fonction sacrée de l'ensemble, dans la coitnuité de la nécropole qui l'avait précédé.

Le sondage C présente l'apparition et le développement d'habitats permanents, mis en évidence par la mise au jour de couches, parfois jusqu'à cinq phases sur les mêmes enlacements, rappelant des murs en torchis effondrés. Il est à noter la présence d'enduits peints dont les pigments rappellent des matériaux rhémiens de la même période.


État C: IIIème siècle – Vème siècle


Le IIIème siècle marque une sensible rétractation de l'occupation jusqu'à son abandon complet vers la fin du Vème siècle.

Le sondage A voit la palissade et le fossé être renforcés par une deuxième clôture, traduisant peut-être un besoins de sécurité accru à une période où les mouvements migratoires dans la région s'intensifient.

Le sondage B voit l'apparition d'un mobilier céramique avec une typologie similaire à d'autres sites existants au Morakhan, et qui souligne probablement l'arrivée d'une population tatare et slave importante, ce qui n'est pas le cas sur les couches stratigraphiques de l’État B. Un abandon progressif des habitats est constaté à compter du IVème siècle. Il est à noter la multiplication de dépôts monétaires rhémiens tout au long de la période, preuve possible d'une multiplication des contacts de part et d'autre de la frontière impériale.

Le sondage C voit le développement continu de l'ensemble monumental jusqu'à son abandon brutal à la fin du Vème siècle. En effet, il est constaté l'existence éparse de couches d'incendies très localisés en trois endroits de l'emprise de fouille. La stratigraphie se caractérise par l'absence totale de mobilier d'importance. Malgré la présence de couches d'incendie, l'hypothèse d'une destruction violente est à écarter: en effet, l'absence de telles preuves dans les sondages A et B, ainsi que la présence très sporadique de ces couches noires pousse à creuser l'hypothèse d'une destruction méthodique, probablement d'un abandon volontaire du site. L'absence de dépôts funéraires ou sacrificiels nous pousse aussi à penser à un abandon de la fonction sacrée de l'ensemble monumental à cette période, ou bien les conséquences de l'influence grandissante du christianisme, alors en pleine diffusion dans l'actuel territoire polk au Vème siècle.


Conclusion et prescriptions pour la suite de la triennale:

La première campagne de fouille a permis une avancée certaine dans la compréhension et l'évolution du site, dont la superficie et la population estimée nous pousse à modifier notre perception du monde de la steppe « pré-polk », avec la présence de sites permanents et fortement peuplés, dotés de l'esquisse d'une organisation étatique, suivant un modèle palatial (développement d'un site sacré en amont de l'installation d'une élite aristocratique administrant une population concentrée autour des lieux de pouvoir). Ce qui ne semblerait être qu'un site votif se serait donc mué en un proto-état, et adapté aux vagues successives de populations.

Dans l’intérêt de la poursuite de cette étude, il est donc recommander de poursuivre la campagne triennale jusqu'à son terme, et planifier l'ouverture de nouveaux sondages et le déblocage de fonds supplémentaires.


Note : Ce document présentant des résultats partiels, il n'est pas destiné à la publication dans l'immédiat. Sa mise à disposition est donc confiée au bon jugement de la Société des honnêtes archéologues velsniens. Une copie est à envoyer au gouvernement polk, dont l'accord pour une poursuite de la campagne est nécessaire.

11133
RP Mineur (ACTE I, intrigue politique et développement de personnage, choix de joueurs possible)

Arc Adria


La Grande Histoire Dodécaliote: Le prince mendiant et le prince de l'Orient




Gina Di Grassi (Mai 2018)

https://i.goopics.net/k7860x.jpg
Adolfino Agricola, ancien sénateur et hégémon de la Dodécapole, désormais simple déserteur



Il est des hommes qui naissent avec tout et qui ne seront jamais rien, il est des hommes qui naissent avec rien et qui peuvent tout devenir. Mais il y a aussi de ces hommes et de ces femmes qui font le choix conscient, volontaire de tout abandonner, et qui vont contre leur condition matérielle d'origine Son excellence déchue, le Sénateur défroqué Adolfino Agricola avait tout: il avait un poste au sein de l'Assemblée auguste de la troisième puissance mondiales. Il avait un commandement en Dodécapole, en sa qualité d'hégémon de cette petite Confédération, il était promis à une autre fonction en Achosie. Il était riche, très riche, immensément riche. Il avait des amis et des alliés, tels le sénateur mon père. Il parlait bien, rhéteur stupéfiant qu'il fut, il était beau, même dans la fleur de l'age de la quarantaine: il se bonifiait comme un vin de Léandre, et faisait tourner tant les têtes des femmes, qu'il attirait l'admiration des hommes. Et pourtant, lorsqu'il eut tout, il quitta Velsna sans un un bruit, pour le retrouver quelques jours plus tard entre les quatre murs de la cité d'Adria, a patrie la plus orientale de la Dodécapole, à la lisière du monde velsnien, en guise d'invité de prestige. On avait fait grand honneur à celui qui avait toujours été l'ami des habitants d'Adria, et qui cultivait une relation dont personne n'eut d'illusion qu'elle soit des plus intimes avec la Doyenne des universités d'Adria, madame Marina Moretti.

Il n'était pas seul: une petite flotte de déserteurs sur quelques navires qui étaient sous son commandement l'accompagnaient et avaient fait le choix de sacrifier eux aussi positions et citoyenneté, pour se livrer pleins et entiers à une aventure, sur le chemin de la rébellion contre l'autorité qui leur avait confié la charge de la bonne défense de la Dodécapole. Ceux qui avaient tout abandonné pour s'adonner au culte de l'Homme providentiel, ce spectre qui revient sans cesse importuner notre cité, sous diverses formes, mais toujours dans le but de court-circuiter les institutions au profit d'un seul visage, celui d'un sauveur hypothétique et charismatique. Il y eu Dino Scaela, un fou qui pensait renverser la République pour s'adonner à ses fantasmes de résurrection d'un Empire landrin, et qui ne devint que tyran. De l'autre coté de la mer, il y avait Salvatore Lograno, le mercenaire devenu prince, qui promettait à ceux qui le suivaient la richesse par la gloire du combat. Adolfino Agricola était fait d'un autre acier: bien que devenu "prince", terme auquel on associe ces individus en rupture de ban avec l'ordre établi, et travaillant à leur avancement égoïste, il ne paraissait ni intéressé par la restauration d'une très hypothétique antique gloire, et plus curieusement encore, l'argent ne semblait procurer aucune forme de plaisir ou d'envie de sa personne. Agricola ne caressait aucun rêve, aucune ambition claire: il n'attendait pas plus de louanges que de cadeaux. Il déserta un beau jour, lui-même ne pouvant sur le moment mettre les mots appropriés sur ce qu'il ressentait alors. Ce fut, me dit-il un jour, comme si il était l'espace d'un instant, sorti de son propre corps, et qu'il se voyait prendre des décisions sur la seule base de l'impulsivité: riche et puissant il était, mais malheureux en bien d'autres choses également, dont certaines causes dont il était le seul à avoir conscience du fardeau.

Curieux et fascinant personnage qu'il était, car motivé par des buts et des ambitions qui dépassaient la compréhension de ses pairs: comprendre des Scaela et des Lograno était comme regarder son reflet dans une eau claire. Effleurer ne serait-ce que le quart de la pensée de l'ancien sénateur Agricola fut comme se chercher dans une eau trouble. Certains beaux parleurs allèrent même jusqu'à émettre des hypothèses les plus futiles les unes que les autres pour justifier son acte: il y avait à Velsna des femmes de bonne naissance qui s'évanouissaient d'espérance à la pensée que la trahison d'Agricola n'eut lieu que pour rejoindre son amante à Adria. Propos naïfs de ceux qui ne connaissent pas assez les choses de la politique de notre cité, et bien trop les couvertures des magasines voyeuristes qui ne d'ordinaire n'attirent que les yeux de teylais en quête de ragots insipides sur leur grosse reine.

En Dodécapole, tous les acteurs de cette absurde pièce de théâtre se préparaient à la confrontation, qu'elle soit sur les marches d'une assemblée ou sur le chemin de la guerre. La place d'hégémon qu'Agricola avait volontairement laissé à l'abandon était à prendre, et attirait les envieux et hommes plus ambitieux que ce dernier, qui escomptait se débarrasser du titre en faveur d'un citoyen de la cité d'Adria, qui l'eut hébergé avec les plus grands égards. Apamée, la vieille démocratie, se préparait à reprendre le flambeau, pendant que de l'autre coté de la mer, Salvatore Lograno avait mis en marche son projet d'une grande armée du monde, formée par des mercenaires des mondes velsniens, fortunéens et au delà, dans ce que le genre humain avait pu produire de plus mauvais et vain. Qu'avait Agricola à cet instant ? De quoi disposait-il que ses adversaires étaient dépourvus. Pas grand chose, pour dire vérité. Le velsnien n'avait que quelques navires, pas plus d'une dizaine. D'or et d'argent, il avait déjà peine à rassembler les sommes nécessaires à la subsistance de ses suivants, qui étaient en partie entretenus par la cité d'Adria, qui leur avait fait accueil. Mais ce dernier avait conscience d’être un fardeau pour ses hôtes, et il bien connu que personne ne prodigue sa générosité gratuitement, et que la cité ne se servait d'Agricola que pour convoiter l'hégémonie. L'ensemble de ses capitaux et de ses avoirs avaient été quant à eux, gelés par les autorités financières de la Grande République.

Que lui restait-il ? Peut-être une chose: un carnet d'adresses dont il était le seul à avoir les accès. Chose modeste, mais qui lui permettait des tractations que d'autres ne pouvaient pas concevoir la valeur. Bien entendu, il n'était plus question de s'en remettre aux autorités républicaines, mais le monde velsien et fortunéen est vaste, et surtout, il est entouré de "périphéries", qui constituaient une interface avec le reste du Barbaricum. Il eut été hors de question de joindre appel à des alliés fidèles du Sénat, tels que les raskenois, qui n'auraient pas hésité à le vendre pour quelques barils, ou bien les mésolvardiens, qui auraient été bien aise de gagner les faveurs du gouvernement communal, et rogner quelques privilèges dans le Détroit en échange d'un otage de valeur. Il fallait à Agricola trouver une nation dont sa venue représenterait une perspective de gain à long terme, et qui si elle était liée au monde fortunéen et était partenaire des velsniens, ne serait pas complètement dans son orbite et prête à défier le regard d'un pays allié, jouer ses propres cartes. Assez familière pour reconnaitre Agricola comme un interlocuteur de valeur, assez barbare pour ne pas faire de la loi velsnienne sa propre loi. Sur tous ces points, la destination prochaine d'Agricola paraissait toute trouvée.

L'ancien sénateur quitta Adria le 11 mai, à bord d'un petit navire civil, dont l'apparence ne laisserait rien paraitre de la délégation se trouvant sur son pont. Une misérable équipée quasi clandestine, dans des eaux contrôlées au choix, par Velsna, ou par des alliés. Le voyage fut risqué, et Agricola connaissait les enjeux d'une arrestation et ce qu'il e couterait de finir par être trainé en triomphe dans les rues de la cité sur l'eau par ses ravisseurs. L'embarcation traversa non sans inquiétude le Détroit mésolvardien sans faire escale, avant de longer la cote translave et venir poser l'ancre dans un port du "Ponant", cette patrie qui n'a de pays que le nom. Peu d'importance, car il ne fut question que de rencontrer le véritable maitre des lieux, dans cette nation barbare ou la tranquillité était plus valorisée que le profit mercantile. Il était peine à croire que cet homme, accompagné de quelques gardes, fut une personnalité politique remarquable au vu de la modestie de son escorte. De vêtement, il arborait cependant toujours ses atours sénatoriaux, comme si il contestait la trahison qu'il avait commis, et qu'il s'estimait encore appartenir à la nation des velsniens, et en être l'un de ses représentants légitimes.

Mais l'éloignement de la Polkeme du monde fortunéen ne fut pas la seule raison de la venue du sénateur déchu en ces terres. De velsniens, il y en avait déjà quelques uns en ces contrées. Quelque soit la discrétion et les secrets, la venue d'Agricola avait été prévue par l'Amirraglia Di Saltis, laquelle dirigeait cette petite base navale isolée de Port-Ponant. Il eut été aisé de penser que l'équipée du déserteur s'achèverait sur un quai d'une bourgade isolée au fin fond de l'Eurysie de l'est lorsque les regards d'Agricola et de Sofia Di Saltis en personne se croisèrent au terme du voyage de "l'ennemi public". Moi même qui ne figura pas dans ce voyage, je ne puis dire avec grande minutie ce que ces deux anciens de la Guerre contre Scaela se dirent, aussi, les lacunes de ma mémoire seront comblées par mon imagination.

- Donne moi une raison de te laisser partir de Port-Ponant en vie, ou de ne point te livrer au Sénat, que tu passes tes derniers jours dans la prison des soupirs du Palais des Patrices, ou tu finisses étrangler au fond d'une cellule, cela ne m'importe.
- Il est vrai: je suis à ta merci. Tu peux disposer de moi comme tu l'entend, et selon tes bonnes volontés. Mais je puis aussi te le dire, que de secours tu as toujours trouvé chez ma personne, et que mon concours fut la seule chose qui te permis de ne pas connaitre le sort de ton mari, ou de tes garçons. Je t'ai aidé, je t'ai sorti des eaux glacées du Grand Canal, je t'ai affrété un navire pour l'Afarée, d'où tu as pu réclamer vengeance et réparation. Tu peux me livrer ou me tuer, ou tu peux écouter tes souvenirs: je ne t'ai jamais nui et je t'ai toujours profité. Je ne résisterai point.


On eu dit que les deux entretinrent une grande amitié par le passé, qui convainquit l'homme de prévenir l'Amirraglia de sa venue, et de sa volonté de s'entretenir avec elle, à la fois par nécessité et par volonté personnelle. Ce discours éclatant sauva ainsi la tête du tribun, et Di Saltis prit la décision de fermer les yeux quant à l'arrivée de celui qui fut son ami dans les pires circonstances, quand celui-ci n'eut rien à gagner de tels liens, et qu'il agit en homme désintéressé à son égard, authentiquement bon.

On le présenta au Baron Vol Kan, à qui on fit cadeaux diplomatiques, qui ne firent illusion quant à la situation réelle de l'individu qui se trouvait face à eux. Après de multiples suppliques, il lui fut néanmoins permis de venir faire ses hommages au jeune prince barbare maitre des lieux, et là encore, ce fut l'instant de constater la grandiloquence du personnage, encore une fois. Lorsqu'on lui demanda ce que la patrie des polks pouvait bien tirer d'un individu aussi encombrant, il ne tarit pas d'une grade justesse dans ses mots:
- D'argent, mon excellence Vol Drek, je ne puis t'en donner car ne j'en ai point. Je ne puis non plus te donner des soldats, pas plus que je viens t'offrir la facilité, car j'ai bien conscience de ma position précaire dont je ne ne te fais pas secret. Je le sais aussi: personne ne fait jamais rien gratuitement en mon pays, et c'est universel de vouloir un prêté pour un rendu. Or, sur cela, je puis t'assurer de la bonne chose que de m'avoir en tant qu'ami et client. Je ne dispose point de flotte ou d'argent, mais je possède des alliés qui pourraient te rendre de grands services. La cité d'Adria prend des risques pour ma personne, et je suis certain qu'elle serait prête à permettre à te faire don de matériel et d'armement une fois cette guerre terminée. Tu ne seras pas riche d'argent, mais tu seras honoré de fusils et de navires. En échange, je ne désire qu'une chose: Adria est menacée par la méchanceté, l'avarice et la fourberie, et ses défenses sont bien faibles.

Donne moi 3 000 de tes meilleurs soldats, des polks, que l'ont dit parmi les meilleurs gens de cette région, et je défendrai ainsi Adria. 3 000 soldats contre 10 000 fusils, les meilleurs que l'on fasse, contre les meilleurs des hommes: les tiens.



HRP: Effets:
  • Adolfino Agricola fait la demande de 3 000 mercenaires pour prévoir la défense d'Adria face à ses ennemis évetuels (Apamée, Salvatore Lograno, Dom Altarini...)


HRP, tips sur les possibilités de RP pour les joueurs:

  • Les joueurs ont la possibilité d'accepter la proposition d'Agricola, faire une contre-offre...ou bien de le faire prisonnier et livrer à Velsna. Il faut toutefois prendre conscience qu'une capture par Velsna résultera en la mort très probable du personnage, ainsi que de Sofia DiSaltis (pour rappel, le perso qui avait été envoyé pour la rencontre avec la Polkeme), qui a fermé les yeux sur la venue du déserteur à Port-Ponant.

Liens RP pour la bonne compréhension du texte:
Haut de page