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« NOUS SOMMES LE FEU » :
SOFIA SHAKÛR DÉFEND LES HYDROCARBURES

Publié le 24.01.2019 à 22h78 par Evren Mazda

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« Nous allons tout changer. » La présidente du Parti Libéral multiplie les déclarations offensives, au fur et à mesure que se précisent les intentions des forces politiques en vue des élections générales de 2020. Dans à peine un an désormais, les délégués du Sérail, les régions et les municipalités seront renouvelés au terme de scrutins rapprochés et « importants. » Sofia Shakûr, élue pour la Mudharaba des techniciens du secteur gazier, a promis de candidater en Asarbeylik, dans le nord du pays.

« Les islamo-décroissants veulent saborder le pays », tempête la porte-parole d'un technoproductivisme déçu par Afaghani Pasha et ses promesses de « décarbonation » et de « résilience. » Au coeur du malaise dans la région industrielle riche en hydrocarbures, l'intention supposée du Diwan de « dissoudre PETRAZUR » et les centaines de milliers d'emplois associés à ce pilier historique de l'économie. « Le Diwan a imposé un moratoire au développement de nouveaux puits de forages », rappelle Osman Zarangir, économiste au think & do tank DÔJÔ qui exerce aussi au Nazum et au Paltoterra. Pour cet expert des économies « d'exception », notamment celles qui se prévalent de modèles communalisto-capitalistes difficiles à comprendre, la stratégie économique du Diwan est désormais actée : c'est la décroissance.

« Afaghani Pasha menace une filière historique du pays », tempête un syndicaliste de PETRAZUR à la tribune d'un rassemblement organisé par le Parti Libéral. De fait, l'orientation environnementaliste de la Nahda s'est précisée avec des annonces de « bifurcation écologique » ces derniers mois, malgré l'importance du pétrole (et surtout du gaz) dans le mix énergétique et les exportations. « Les exportations de Gaz Naturel Liquéfié représentent un quart des recettes fiscales en 2018 », annonce le Diwan, qui démontre que ce chiffre est en baisse depuis plusieurs années et surtout depuis 2016, date de l'arrivée d'Afaghani Pasha au pouvoir. « Le Plan Gazier a été abandonné, et avec lui, l'avenir de notre production d'énergie », dénoncent les Libéraux, qui avaient pourtant accueilli les projets de Beylan Pasha avec enthousiasme. A l'époque, ce prédécesseur d'Afaghani à la Porte Splendide voulait multiplier la production nationale de gaz de roche-mère par deux à trois, et lancer l'Azur sur une exploitation accrue de ses gisements considérables.

« L'énergie n'est pas seulement une question d'emplois », analyse l'économiste, qui observe que la stratégie du Diwan consiste à sortir du piège des économies basées sur l'or noir. « Après avoir assis sa politique sur la rente pétrolière, l'Azur essaye de s'en dépêtrer », et avec un certain succès. D'après les chiffres de cabinets indépendants, les investissements ont bondi dans des secteurs jugés « d'avenir » dans le cadre des plans gouvernementaux de transition écologique. Ainsi, pour les transports bas-carbone, la Société Caravanière des Airs (SKYRAVAN) peut se targuer de plusieurs milliards de Dirhams de subventions publiques en vue de relancer les lignes aériennes internes et d'en ouvrir de nouvelles avec des destinations lointaines, comme l'Estalie, le Wanmiri, et bientôt des dizaines de capitales à travers le monde. Des projets que les Libéraux jugent avec scepticisme. « La production gazière est un atout stratégique de notre pays » pour peser dans les décisions mondiales, veut croire Osman Zarangir. « Le marché attend de l'énergie pas chère », notamment dans une période où la croissance des économies au Nazum et au Paltoterra fait un peu du yoyo. « Les investisseurs sont inquiets du plafonnement de l'économie kah-tanaise », qui pourrait ouvrir à une recomposition économique et sociale importante au sein de l'hyperpuissance communaliste ; « si le Grand Kah réforme son économie, des milliers d'emplois et d'entreprises vont être laissés sur le carreau. » Dans une économie mondialisée, tout est en rapport, comme le rappellent les économistes : « la raréfaction du gaz azuréen sur le marché a déjà tendance à faire augmenter les prix » et à peser sur les économies industrielles. Le Wanmiri a déjà revu à la baisse les chiffres de sa croissance, selon l'Institut des Poids et Mesures du Drovolski.

« Les chiffres récents indiquent un tassement de la croissance », estime un économiste du Parti Libéral, pour lequel « relancer la machine productive est urgent. » La formation politique, qui défend des réformes structurelles pour « abolir l'islamo-socialisme » et « régénérer l'industrie nationale », veut prendre exemple sur des pays ayant réussi à rebondir après des épreuves économiques et sociales difficiles. « C'est par la science et la technique qu'on y arrivera », plaide Sofia Shakûr : « la décroissance c'est pour les bites molles. » A elle dont la bite n'est pas molle, on ne fera pas la blague : « le "découplage", ça n'existe pas » ; jamais l'économie ne pourrait se passer d'énergies fossiles, estime l'élue, acclamée par des milliers de salariés de PETRAZUR inquiets pour leurs emplois et leur statut social. « Vous êtes le fleuron de notre économie ! » Interrogée sur les risques environnementaux liés à l'exploitation du gaz de roche-mère, la présidente du Parti libéral répond crânement et indique ne pas « croire aux intoxications afaghaniennes » en matière de « science » et de « réalité physique. » Pour elle, « le réchauffement climatique est une entourloupe » et n'a aucune chance de mettre en danger les conditions de température et d'humidité dans lesquelles s'est développée la vie humaine. « Vous verrez, tout ça n'a aucune importance », insiste celle qui anticipe sur la négation de la science au mépris de toute référence technique sérieuse. « Cassez le thermomètre ! » a-t-elle même invité devant un parterre de fidèles enthousiastes, démontrant que la rupture avec l'écologie démocratique est définitivement actée pour elle. Les élections de 2020 s'annoncent brûlantes.

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