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Le DeltaCruzando tremble... - Page 2

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Notes d'une Nation Fragilisée - Trois Mois Après le Tsunami...

20 Mars 2015


Quand les alertes sont arrivées du Deltacruzando, personne n'a vraiment paniqué. À 4000 kilomètres, nous nous sentions protégés par la distance. Douze heures, c'était suffisant pour se préparer. Du moins, c'est ce que nous pensions.

Trois mois sous silence... Caribeña est sous le choc, comme tous les sinistrés ayant dû faire face à ce tsunami. Toute la côte du pays a été touchée, bien que moins sévèrement qu'aux Burbjas Verde. Les vagues n'ont pas été spectaculaires ; c'est plutôt la montée des eaux, lente mais inexorable, qui a progressivement détruit la côte caribeña. Les quais maritimes les plus bas ont été submergés. À Puerto Soledad, les entrepôts se sont retrouvés sous les eaux - un coup dur pour les infrastructures portuaires d'un pays déjà fragilisé. Les dégâts sont inégalement répartis le long de notre côte. Si les zones surélevées n'ont observé qu'un spectacle lointain, les baies les plus exposées, où nos installations maritimes survivaient déjà par miracle, ont particulièrement souffert. À Puerto Salta, deux quais se sont partiellement effondrés. À Puerto Soledad, les entrepôts les plus anciens ont été inondés, leurs marchandises détruites.

Le bilan humain immédiat reste modéré: quelques dizaines de pêcheurs, n'ayant pas pris au sérieux les alertes, ont disparu en mer. Mais les conséquences sociales, économiques et environnementales, elles, s'avèrent dévastatrices. Trois mois après la catastrophe, le vide s'est installé et peu de personnes sont là pour constater l'ampleur des dégâts.

Les citoyens caribeños de la côte font face à l'absence de soutien étatique. Les bidonvilles côtiers peinent à évacuer l'eau accumulée. Au-delà des dégâts visibles, l'eau a laissé des traces plus insidieuses comme l'eau salée s'est infiltrée dans les puits, rendant l'eau imbuvable dans plusieurs quartiers de Puerto Soledad. Les murs des habitations, gorgés d'humidité, se couvrent de moisissures noirâtres que les habitants tentent de masquer à la chaux. Les cliniques locales signalent une augmentation des cas de diarrhées et d'infections cutanées. Les médicaments manquent - non pas à cause du tsunami directement, mais parce que les pharmacies de quartier, déjà en difficulté, ont vu leurs stocks endommagés par l'humidité. Dans certaines zones, l'eau stagnante devient un terreau fertile pour les moustiques.

Notre économie maritime, déjà fragile, tourne désormais au ralenti. Les installations endommagées étaient précisément celles que nous ne pouvions pas nous permettre de perdre. Le commerce légal souffre, tout comme les trafics parallèles. Même les cartels doivent revoir leur logistique. La Guardia maintient un semblant d'ordre, mais l'état de nos ports ralentit l'arrivée de l'aide internationale. À Maravilla, les autorités parlent de reconstruction, de modernisation. Dans les quartiers populaires, on attend toujours les premières réparations.

Avec la destruction partielle de pans entiers des principaux ports caribeños, l'aide humanitaire internationale ne pourra pas arriver par la mer. Cependant, après des mois de silence, quelques représentants de l'État ont été aperçus sur place pour constater les dégâts. Ils ont relayé la parole du Camarade Président Sol Marquez, annonçant que celui-ci allait se tourner vers une aide directe de ses pays voisins, le Duché de Sylva et le Grand-Kah, ces derniers ayant déjà tendu une main secourable.

Cette catastrophe modérée a révélé une vérité dérangeante... Il n'a fallu que quelques mètres d'eau pour mettre à nu des décennies de négligence. Nos ports, notre ligne de vie, tenaient déjà à peine debout avant le tsunami. Maintenant, certains secteurs ressemblent à une version miniature de ce qu'ils étaient. Le plus ironique, c'est peut-être que cette catastrophe a fait plus de dégâts à notre économie que les grandes tempêtes que nous avions l'habitude d'affronter. Non pas par sa force, mais parce qu'elle a frappé précisément là où nous étions le plus vulnérables. Trois mois après, la vie continue. Les pêcheurs sont retournés en mer, les dockers improvisent avec ce qui reste des quais, les trafiquants trouvent de nouvelles routes. Caribeña s'adapte, comme toujours. Mais cette fois, la mer nous a laissé un message: notre fragilité n'est plus un secret pour personne.
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Solidarité internationale face à l'urgence à Paltoterra

beblawi solidarity foundation

L'organisation non gouvernementale (ONG) et fondation philanthropique BEBLAWI SOLIDARITY FOUNDATION annonce avoir recueilli une importante collecte d'aide humanitaire et de fonds de charité afin de venir en aide aux victimes du séisme et du tsunami consécutif au Paltoterra oriental. Le transporteur Miséricorde d'Allah, battant pavillon azuréen, a été affrété bénévolement par le gouvernement califal dans le cadre d'une opération de solidarité à l'égard des "pays amis de l'Azur", et notamment de l'Alguarena, du Grand-Kah, et de Caribeña, dont les façades maritimes exposées au grand large de l'océan du Deltacruzando ont été durement touchées par la catastrophe, comme le relate le journal azuréen Al-Urwâ Al-Wûthqa dans un article dédié au départ de l'aide humanitaire azuréenne vers le continent paltoterran.

la Miséricorde d'Allah
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Effondrement du DeltaCruzando et tsunami : récapitulatif de ces six derniers mois.

L'avant catastrophe :

Les prémices de ce phénomène naturel avaient été annoncé avec une relative avance par des scientifiques du Tamurt n Althalj, permettant au Duché de se préparer tel que nécessaire. Avait été mis en place des plans d'évacuation d'urgence et plusieurs exercices, en plus d'organiser l'éventuel logement et alimentation d'urgence des populations sinistrées dans des villes plus en profondeur, dans des lieux publics, écoles, salles polyvalentes et autres. Les réseaux de circulation s'étaient vu attribuer une certaine attention, avec un nombre de rames et autocars désignés pour être mobilisés immédiatement en cas d'urgence.

En plus des scientifiques en coopération directe avec les équipes du Tamurt n Althalj, un ensemble d'instruments supplémentaires avaient été déployés par les forces armées, telles que des bouées avec des instruments adaptés ou des navires avec sonar. Ce dispositif d'alerte précoce complétait au niveau de Sylva les observations faites à l'épicentre du Delta Cruzando

L'arrivée du tsunami en Sylva :

Le dispositif d'alerte précoce et la surveillance constante du point d'effondrement combiné aux ensembles de mesures d'urgences permirent une évacuation rapide et organisée. L'alerte avait été immédiatement donnée quand le fatidique effondrement du Delta Cruzando survint, confirmé deux heures après par un patrouilleur disposé entre l'épicentre et les côtes sylvoises. Les plans d'évacuations furent lancés dans l'ordre : les sylvois étant accoutumés aux risques sismiques, cycloniques, volcaniques et, conséquemment, aux raz de marré aussi, c'est avec une discipline correcte (et même admirable en vue du contexte) que les populations se regroupèrent pour un bon nombre sur les points de rassemblement. Les personnes véhiculées n'hésitèrent pas à partir d'elle-même des villes vers les lieux de secours plus profondément dans le pays, ce qui mit à mal les services d'évacuation pour limiter les embouteillages, malgré la prévention sur le sujet.

Fort heureusement, l'emploi massif des autocars et rames mis à disposition par le gouvernement permis de conserver une certaine mesure sur les transports individuels et les blocages des routes. Les rails ne connaissaient qui plus est aucun ralentissement et furent même considérés comme l'élément le plus important de cette évacuation d'urgence.

Il a également été observé qu'un grand nombre de marin-pêcheurs et autres individus avec des navires se sont empressés de prendre la mer une fois lancée l'alerte, pour s'enfoncer dans l'océan où ils étaient le plus à l'abri. La météo étant clémente ce jour-là, ce fut un pari peu risqué permettant de sauver nombre d'embarcations utiles par la suite.

Le tsunami en lui-même arriva entre cinq et six heures après l'alerte lancées par le Tamurt n Althalj, frappant de plein fouet les côtes nord, mais se montra clémente à partir du centre et du sud. C'est surtout dans le comté Palétuvier que le gros des dégâts étaient concentrés, au niveau des infrastructures portuaires, habitations côtières, et mangroves. Des habitants inattentifs, irrespectueux des plans d'évacuation, ou coincés dans les embouteillages, se retrouvèrent pris dans le flot, avec un bilan final de deux milliers de sinistrés, dont treize morts et une centaine de blessés.

Du côté des mangroves et plages, un grand nombre d'habitats naturels furent détruits pour les crabes, tortues et oiseaux, faisant les écologues se poser nombre de questions sur l'impact environnemental, la capacité de la faune à s'adapter, et les éventuelles solutions qui pouvaient être apportées.

Point intéressant, le tsunami n'avait pas pris la forme d'une vague si impressionnante que ça, mais plutôt d'une montée des eaux constantes après la catastrophe. L'onde de choc marine s'était largement diluée avec la distance, la faisant passer d'un impact soudain à un mouvement progressif d'eau. Mais ces soudaines inondations restaient malgré tout une menace directe, piégeant les habitants dans leurs véhicules ou maisons, voir effondrant certaines habitations ou provoquant des éboulements et coulées de boue.

Les réponses immédiates apportées dans le Duché... :

Au-delà des plans d'urgence préalablement établis pour le logement des sinistrés, un ensemble de mesures d'urgences furent appliquées. Les premières consistaient en l'envoi de secours dans les zones touchées pour venir en aide aux personnes piégées et blessées. C'est en hélicoptère, canots, vedettes et même en véhicules amphibies Iguane que l'on rapatriait les victimes.
Une réorganisation totale de la logistique fut aussi opérée, pour dévier l'activité portuaire du Comté Palétuvier vers les infrastructures plus au sud, tout en allouant un ensemble de lignes de trains à ces déviations. Cela amena à une perturbation sur le moyen terme des flux de distribution, amenant à prioriser certains produits (notamment alimentaires) et provoquer une augmentation des coûts sur les éléments dispensables (un moindre mal, somme toute, qui ne manqua pas pour autant de provoquer des mécontents).

Dans le sud, les mesures d'urgences avaient quant à elle semblé être superflue tant les dégâts furent mesurés et que les habitants purent retourner le jour même chez eux. C'était surtout au niveau des navires mal amarrés ou des habitations ne respectant pas les normes de sécurité que furent observés des dommages.

... Et dans le voisinage :

Si le Duché avait été assez peu impacté en soi, ce n'était pas le cas des autres nations de Paltoterra et particulièrement le voisin direct, Caribena. Fut conséquemment mobilisé le régiment de secouristes pour venir en aide en particulier à ce pays. Le Grand Kah et l'Alguarena se virent également proposé une aide, mais plus mesuré, de par le degré de préparation et les moyens de se relever bien supérieurs à ceux de Caribena, qui ne disposait pas de la même profondeur stratégique.

Les ports étant submergés et impraticables, c'est par voie aérienne que se fit l'aide. On parachutait des bulldozers de taille raisonnable sur des zones non-inondées pour aménager des pistes d'urgences et on mobilisait les aéroports exploitables. Véhicules de chantier, hélicoptères, engins de secours, unités de traitement de l'eau, groupes électrogènes, nécessaires pour hôpitaux de campagne, c'était une panoplie complète d'aide en urgence qui avait été transféré pour résoudre les conséquences directes de cette montée des eaux. La question de l'alimentation était délicate et nécessitait de gros volumes de transport, là où l'eau potable pouvaient être produite localement (bien qu'avec un degré de tension élevé sur l'approvisionnement) avec les unités mobiles de traitement.
Un pont aérien d'hélicoptères et avions était ainsi mis à profit pour répondre aux besoins les plus immédiats.

Vedettes et chalands de débarquement fournis par l'armée furent aussi employés sur le plus moyen terme pour compléter les approvisionnements par la mer. Les délais furent plus longs, mais c'était là de gros volumes qui pouvaient être transportés. Les vedettes furent également d'une aide immédiate pour les populations sinistrées coincées dans les inondations.

Mais il ne fallait pas se leurrer, l'aide sylvoise était un supplétif insuffisant en lui-même, et ce d'autant plus qu'une partie devait être mobilisée pour le Duché lui-même. Était ainsi mis en avant le manque de certains moyens, notamment au niveau du génie et des capacités logistiques. Une bonne partie des moyens étaient en effet apprêtés en Eurysie pour des questions géopolitiques et avaient dû être acheminés en urgence, ne pouvant intervenir qu'après une semaine de voyage pour les équipements marins.

La vie durant le semestre ayant suivi :

Les six mois qui suivirent furent consacrés au rétablissement des zones sinistrées. Une fois traitée l'urgence des secours et des logements à apporter aux populations directement impactées, il fallait se concentrer sur la remise en état des infrastructures vitales. Au Duché, ce sont les axes ferroviaires, routiers et portuaires qui bénéficiaient de travaux pour rapidement reprendre leur fonction et permettre un retour à la normale de l'activité économique et de la vie des habitants. Un grand plan de rénovation des habitations endommagées fut lancé, avec une mobilisation massive des assureurs. Cela avait d'ailleurs eu son lot de polémiques, certaines assurances refusant de rembourser les rénovations, ou alors à des niveaux très réduits. La pression populaire et politique avait contraint le gouvernement à passer une loi d'urgence pour obliger les assureurs à assumer leur responsabilité sous peine d'être portés en justice pour manquement à leurs contrats.

Mais le gouvernement fut bien évidemment lui aussi contraint de mettre la main à la poche, s'attaquant aux caisses de l'État ou contractant des crédits pour entamer au plus vite l'ensemble des efforts requis pour que cette catastrophe ne soit plus qu'un mauvais souvenir.

Des campagnes humanitaires sur le plus long terme furent organisées en parallèle pour venir en aide à Caribena. Des bénévoles et des professionnels étaient envoyés sur place dans des missions partiellement subventionnées par l'État ou financées par des dons. Vivres, matériels, engins de chantier, mains d'œuvre, l'ensemble des moyens requis pour la reconstruction des éléments vitaux étaient envoyés.
C'était assurément là à titre purement gracieux, bien que le gouvernement sylvois ne manqua pas de cette opportunité pour exercer un certain soft power sur son voisin révolutionnaire : que ce soit les missions, le matériel ou les individus impliqués, on ne manquait pas dans une certaine mesure d'indiquer que tout cela était sylvois. La chose n'était pas non plus martelée, il y avait une certaine décence à avoir et trop insister là-dessus aurait eu l'effet inverse. Mais cette opportunité en or de rapprocher les peuples et de donner une image positive du Duché, de ses habitants et de ses institutions aux caribegrains fut saisie.

Ces six mois passés, la vie au Duché reprend maintenant un cours normal. Certains travaux au niveau des habitations sont toujours en cours pour leur redonner des couleurs, mais elles sont déjà fonctionnelles et l'ensemble des populations déplacées ont pu retrouver des logements définitifs (bien qu'une partie ait préféré déménager ailleurs, plus profondément dans le continent).
L'activité économique aussi reprend à grand coup de subventions étatiques, une manœuvre qui ne manque pas de rappeler les prémices de la Crise des Brouettes. Mais les leçons semblent avoir été acquises : les fonds ne sont pas investis sous forme d'entreprises étatiques non lucratives mais bien redistribués dans les commerces et les ménages pour relancer l'activité et la permettre de reprendre en toute autonomie.
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