Posté le : 01 fév. 2026 à 20:35:54
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@Typhon
24 semptembre 2018
[INTERNATONAL | ECONOMIE] Canal everien entre les Deux Mers de l'Occizyan : le projet fou du gouvernement inquiète les investisseurs
Récemment, le journal everien L'Enquêteur a révélé au monde un projet gouvernemental pour le moins titanesque, sinon pharaonique : celui du percement d'un canal entre les deux mers de l'Occizyan. Grâce à celui-ci, le gouvernement - alors en pleine campagne électoral et cherchant à garantir la victoire de la candidate du parti au pouvoir, Valwen Silaris - entend profiter de la position stratégique de l'Everia entre la mer intérieure et la mer d'émeraude, et surtout, contourner le détroit de Lahunkal-Marianopolis.
Ce dernier, contrôlé et très surveillé par ses deux voisins que sont l'Akaltie et l'Icamie, avait déjà fait parler de lui récemment, notamment lors de la "Guerre du Soda", ou encore du fait... qu'il est miné ! Petit souvenir de la guerre d'indépendance icamienne, au cours de laquelle l'Empire listonien avait jugé bon d'empêcher les indépendantistes d'accéder à la mer par le minage total du détroit. Aujourd'hui, les deux pays riverains assurent à tous les pays qui se signalent à eux une traversée sans encombre, grâce à des efforts constants pour localiser et neutraliser les mines... Des efforts que la propagande everienne avait déjà volontairement ignoré, lors d'accusations sulfureuse, chargeant alors le gouvernement fédéral icamien de la responsabilité de la situation. Accusations - infondées et mensongères, cela va sans dire - que L'Enquêteur a renouvelées récemment, ignorant totalement les, pourtant nombreux, démentis icamiens, et répandant un peu plus la propagande du gouvernement everien.
Pour en revenir au canal, censé, donc, pallier aux difficultés de transit des navires everiens dans la mer intérieure après les multiples accrochages avec les gérants du détroit, il promet pour le moins d'être titanesque. D'une largeur de 200 mètres, pour 28 de profondeur, le tout sur quatre-vingt-dix kilomètres de long, le projet s'annonce ambitieux, très ambitieux. A cela s'ajoutent pas moins de quatre tunnels automobiles, huit tunnels ferroviaires, ainsi que trois ponts, censés relier l'Everia à... on ne sait trop quoi, la frontière avec la Costa Sueñoleja étant hermétiquement fermée, et surveillée par un système policier digne de la Loduarie ou du Morzanov.
Le projet, très ambitieux donc - peut-être trop ? -, bien que nécessitant une main-d’œuvre folle (on parle de 80 000 travailleurs, au bas mot) et donc censé créer de nombreux emplois, peine à rassurer quant à sa viabilité et à la santé de l'économie everienne. En effet, le pays - déjà lourdement endetté du fait d'un système policier gargantuesque et d'investissements répétés dans le spatial pour alimenter la "course à l'espace" que l'OSE (organisation spatiale everienne) entend mener seule contre tous, et surtout l'ASEA - n'a, selon de nombreux experts internationaux, aucunement les moyens d'assumer un tel investissement. "Le coût d'un tel projet se compte habituellement en milliards, sinon en dizaines ou centaines de milliards de dollars", déclare l'un d'eux. De fait, des estimations réalistes planchent sur 50 à 100 milliards de dollars pour le percement d'un tel canal, soit 7 à 13% du PIB everien, englouti en une fois dans un projet mené à la va-vite.
Et oui, car c'est sans doute ce qui inquiète le plus : la durée du projet. Le gouvernement assure pouvoir garantir le trafic seulement 16 mois après le début du chantier, études de terrain comprises. Un trafic qui se ferait, évidemment, sans qu'aucune mesure de sécurité n'ait été prise, puisqu'il y aurait une "absence [totale] d’infrastructures complètes sur les berges". Au total, le projet serait terminé en à peine deux ans, selon les estimations de L'Enquêteur. La durée, drastiquement réduite en comparaison de la durée habituelle d'une telle entreprise (quatre à cinq ans pour les estimations les plus optimistes, jusqu'à une dizaine d'années ou plus pour les plus pessimistes) inquiète notamment quant à la viabilité de l'ouvrage réalisé. Un tel canal serait-il empruntable ? Pourrait-on raisonnablement envisager de le traverser, dans la mesure où il s'agirait ni plus ni moins que d'une tranchée boueuse entre deux mers ? Les risques qui planent sur une telle structure sont nombreux : effondrement des parois latérales, enlisement des navires, impossibilité de dégager la voie en cas d'immobilisation d'un navire du fait de la vétusté de l'aménagement des berges... sans parler du fait qu'une construction - brutale - sans aucune écluse pourrait fragiliser grandement certaines portions du canal.
Autant de raison, donc, qui inquiètent les investisseurs internationaux, et les tiennent pour le moment éloignés de l'Everia. Alors même que le chantier n'a pas encore commencé, et que le projet n'a pas encore été approuvé, les multiples incertitudes autour de sa réalisation font planer une atmosphère de doute et de peur sur les marchés, qui pourrait perturber l'économie everienne avant même le premier coup de pelle. Ajoutons à cela la question de la rentabilité d'un canal qu'aucune compagnie maritime sensée ne souhaiterait emprunter, et il est clair que ce projet, s'il voit le jour, sera un fiasco sans précédent pour le "pays du futur"...
Posté le 24 septembre 2018 à 13h48