09/11/2020
03:27:39
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🌏Gouvernement | Section des reprĂ©sentations et des affaires diplomatiques - Page 11

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Bureau diplomatique de l'Afarée Centrale Libre

Missive officielle émise par le Bureau diplomatique de l'Afarée Centrale Libre - composante de la Confédération d'Afarée Centrale.

Le gouvernement destinataire de cette missive est celui du Talaristan.


Le gouvernement libre zentralafarĂ©en est trĂšs honorĂ© de recevoir du soutien de la part d'un État aussi reconnu sur la scĂšne internationale qu'Ă©loignĂ© de l'AfarĂ©e, et saura se souvenir de ces dĂ©buts de relations excellents. Afin de clarifier au plus vite le statut de notre pays, sachez que la ConfĂ©dĂ©ration d'AfarĂ©e Centrale et l'AfarĂ©e Centrale Libre sont deux entitĂ©s diffĂ©rentes, la seconde se trouvant incluse dans la premiĂšre. L'AfarĂ©e Centrale Libre, que nous reprĂ©sentons depuis Liptako, est un État entiĂšrement afarĂ©en et nĂ© de l'indĂ©pendance de la colonie garmflĂŒĂŸensteinoise. La ConfĂ©dĂ©ration d'AfarĂ©e Centrale est quant Ă  elle un regroupement des trois entitĂ©s qui se partagent actuellement le territoire de l'ancienne colonie : notre pays, le Grand-DuchĂ© AfarĂ©en du GarmflĂŒĂŸenstein, qui comprend quelques terres que nous avons offertes Ă  nos frĂšres de lutte royalistes, et la zone de transition de Derdendemdes, notre port, dont le statut actuel est malheureusement trĂšs difficile Ă  expliquer Ă©tant donnĂ© la situation : devant initialement ĂȘtre rendu aux deux autres États zentralafarĂ©ens par le gouvernement orthografiste aprĂšs quelques mois de transition, ce dernier a Ă©tĂ© renversĂ© en mĂ©tropole par une invasion kartienne. Depuis, les nouvelles autoritĂ©s eurysiennes dĂ©mocratiques semblent avoir du mal Ă  gĂ©rer la situation ici. Nous espĂ©rons tout de mĂȘme pouvoir prochainement discuter de cela avec eux afin d'enfin rĂ©gler cette entrave Ă  notre commerce maritime.

Pour ce qui est de la représentation diplomatique, si nous avons parfaitement la place d'accueillir l'installation d'une ambassade talare à Liptako, l'inverse serait difficile. Nous manquons déjà suffisamment d'effectifs pour ne pouvoir envoyer de diplomates qualifiés permanents, aussi choisissons-nous pour le moment de communiquer par le biais de votre future ambassade, chez nous.

Enfin, pour finir sur une note plus légÚre, et en remerciement pour le cadeau que vous nous avez envoyé, nous vous faisons parvenir un couple de perroquets gris zentralafaréens, des oiseaux trÚs intelligents que vous pourrez ainsi contribuer à protéger en les conservant au zoo de Khydan, ou dans toute autre structure capable de leur accueil.


Le gouvernement de l'Afarée Centrale Libre vous fait part de sa plus haute considération à l'égard du ou des peuples qui composent votre nation.
Missive du bureau des affaires Ă©trangĂšres de la DeuxiĂšme RĂ©publique du Dyl’Milath :


Drapeau

A l’attention toute particuliĂšre d’Asmina Akmyradowa, Vice-premiĂšre ministre du cabinet, Ministre des affaires Ă©trangĂšres de la RĂ©publique du Talaristan.


Objet : en réponse à votre missive.

Estimés représentants

Nous sommes forts heureux de constater que malgrĂ© les tensions actuelles et les diffĂ©rents passĂ©s, les services diplomatiques de la RĂ©publique du Talaristan sont pleinement prĂȘts Ă  reprendre contact et affaires avec la DeuxiĂšme RĂ©publique du Dyl’Milath.
Loin de nous, bien sĂ»re, l’idĂ©e d’oublier dĂ©finitivement les erreurs du passĂ©, bien entendu, d’autant plus que certaines situations prĂ©sentes requiĂšrent leur enseignement, mais cependant, nous sommes persuadĂ©s que la remise en relation et la rĂ©conciliation entre nos deux nations permettra d’aider grandement Ă  tourner dĂ©finitivement la page.

Pour reprendre le bien douloureux dossier ninchois, sachez que pour lors, les services diplomatiques milathiens ont fait tout ce qui Ă©tait en leur possible pour hĂąter la conclusion dĂ©finitive du Sommet de Haijing. Bien Ă©videmment, cette hĂąte n’a point pour objectif de prĂ©cipiter les choses pour les bĂącler et les rendre moins douloureuses, au contraire, nous avons, comme vous le reconnaissez, fais de nombreuses concessions, mais plutĂŽt pour permettre Ă  tous, et au Dyl’Milath en particulier, de pouvoir dĂ©finitivement tourner la page de ce dossier. La publication dĂ©finitive du TraitĂ© de haijing serait pour notre gouvernement la fin d’une douloureuse attente pour tenter de rĂ©cupĂ©rer la lĂ©gitimitĂ© milathienne perdue ce triste jour de fĂ©vrier 2019.

Nous sommes heureux d’apprendre que nos prises de position en faveur de la paix et de la stabilitĂ© de notre continent n’ont pas Ă©tĂ© sans rĂ©sultat. Bien sĂ»r, ces prises de position n’ont pas Ă©tĂ© faites dans le but express de redorer l’image du Dyl’Milath, mais si elles y ont contribuĂ©, cela est pour le mieux.
Malheureusement, la crise du DĂ©troit Gris n’est plus la derniĂšre crise gĂ©opolitique en date, depuis que la Grande RĂ©publique de Velsna a subi un attentat meurtrier sur son sol, et en a accusĂ© la Nation LittĂ©raire. Il va de soi que nous condamnons inconditionnellement cet acte terroriste digne des plus indignes malfrats que notre planĂšte ait jamais portĂ©, et que nous souhaitons par tous les moyens aider la Grande RĂ©publique Ă  trouver leur vĂ©ritable identitĂ©, mais le traitement de cette affaire par le SĂ©nat des Milles a Ă©tĂ© pour nos services un grand choque et une menace trĂšs dangereuse. Vous n’ignorez pas que jusqu’à rĂ©cemment, la PoĂ«toscovie Ă©tait liĂ©e Ă  notre nation par un traitĂ© de dĂ©fense mutuelle, qui nous aurais forcĂ© Ă  entrer en guerre avec la Grade RĂ©publique si celle ci avait vĂ©ritablement attaquĂ© la PoĂ«toscovie. Cependant, les temps ont changĂ©s, et l’honneur milathien s’est vu mis Ă  mal par son peuple mĂȘme, qui a forcĂ© notre gouvernement Ă  abandonner unilatĂ©ralement et sans conditions les traitĂ©s liant notre nation Ă  la PoĂ«toscovie. Vous pouvez sans doute comprendre l’embarras dans lequel nous nous trouvons actuellement, maintenant qu’il n’est plus possible de faire entiĂšrement confiance Ă  la parole milathienne, et nous espĂ©rons autant que possible que ce manque de confiance n’affecteras point les relations Talaristo -milathiennes. De plus, il est dĂ©sormais hors de danger de voir notre rĂ©publique partir en guerre Ă  la dĂ©fense de la PoĂ«toscovie, sachant que le peuple milathien l’a interdit, et en ce sens cela est une bonne chose, qui permettra de prĂ©server la stabilitĂ© du Nazum MĂ©dian.

Concernant les diffĂ©rents projets dont nous vous avions parlĂ©s, nous sommes heureux d’apprendre que vous acceptez de faire partie de la ligne de chemin de fer Milathio-Alaryo-BaĂŻshanaise. Bien Ă©videmment, le nombre trĂšs important de pays faisant partie de cette ligne nous force Ă  envisager dans un avenir proche la crĂ©ation d’un organisme dĂ©diĂ© Ă  la gestion de cette ligne. Soyez assurĂ©s qu’une telle proposition de votre part, sachant la crĂ©ation d’une structure internationale de gestion des Ă©changes, sera transmise dans les plus brefs dĂ©lais aux autres participants de cette ligne, et que nous serions honorĂ©s d’accueillir cet organisme.

Pour ce qui est de la collaboration dans le domaine spatial, nous pouvons vous dĂ©finir les attentes de notre rĂ©publique concernant la coopĂ©ration tripartite. Il a Ă©tĂ© actĂ© que le dĂ©veloppement des programmes spatiaux, surtout ceux demandant une grande infrastructure, ou de nombreuses annĂ©es de recherche, sont trĂšs gourmands en temps et en argent, et peuvent grandement bĂ©nĂ©ficier du partage de connaissance entre plusieurs agences, pour aller plus vite, rĂ©duire les coĂ»ts, et Ă©galement Ă©viter de devoir dĂ©velopper plusieurs fois la mĂȘme chose. De tels programmes sont, par exemple, l’exploration spatiale habitĂ©e. Dans cette optique, le programme Tanar de la TACA nous semble le plus avancĂ© dans le domaine, mais, paraĂźt-il, a des difficultĂ©s Ă  avancer. Au contraire, les programmes spatiaux milathiens, bien que balbutiants, ont rĂ©alisĂ© de nombreux exploits ces derniĂšres annĂ©es, et avancent Ă  une vitesse fulgurante. En revanche, nous ne disposons pas de l’expĂ©rience en recherche et en conception suffisante pour parvenir Ă  concrĂ©tiser un programme spatial habitĂ©, et cette difficultĂ© risque, si nous n’y faisons rien, de nous contraindre Ă  abandonner dĂ©finitivement les rĂȘves milathiens de vol spatial habitĂ©. De plus, nous disposons de lanceurs spatiaux fonctionnels et d’un centre spatial situĂ© au plus prĂšs de l’équateur, pour amĂ©liorer l’efficacitĂ© des lancements. Nous pensons que la combinaison de l’expĂ©rience talar et du dynamisme milathien pourrait grandement contribuer au dĂ©veloppement rapide et grandiose d’un programme spatial commun. C’est ainsi que nous concevons une collaboration spatiale entre nos pays, en partageant l’expĂ©rience et les infrastructures pour atteindre des objectifs communs, comme par exemple le vol spatial habitĂ©.

Pour finir cette missive, abordons notre projet d’intĂ©gration de l’OSA. Nous prenons acte de la difficultĂ© d’une telle intĂ©gration en l’état, et le Dyl’Milath affirme Ă©galement qu’il mettra tout en Ɠuvre pour remplir les attentes des membres de cette organisation. Concernant le dossier ninchois, comme nous vous l’avons dĂ©jĂ  expliquĂ©, nous mettons tout en Ɠuvre pour permettre un rĂšglement dĂ©finitif et efficace de cette crise, et sommes rĂ©duits Ă  attendre la parution officielle et dĂ©finitive du TraitĂ© de Haijing. Egalement, nous sommes prĂȘts, si vous consentez Ă  nous communiquer sur la question, a prendre diffĂ©rents engagements qui pourraient permettre de satisfaire les membres de l’OSA sur cette question.
Nous travaillons Ă©galement Ă  l’amĂ©lioration et l’apaisement de notre situation internationale. Bien que non prĂ©vu initialement, nous estimons que l’abandon de la PoĂ«toscovie peut amĂ©liorer grandement notre stabilitĂ©, et par extension celle du MĂ©dian.

La DeuxiĂšme RĂ©publique de Dyl’Milath est donc prĂȘte Ă  agir dans le sens des attentes des membres de l’OSA pour faciliter une potentielle candidature de notre État. Nous sommes Ă©galement prĂȘts Ă  attendre un dĂ©lai suffisant pour remplir les conditions d’adhĂ©sion, et Ă  suivre les indications Ă©ventuelles que vous pourriez nous donner. Bien sĂ»r, l’adhĂ©sion de notre nation Ă  l’OSA ne pourra pas se faire tout de suite, ce n’est d’ailleurs pas notre voeux, mais plutĂŽt dans un dĂ©lai suffisant pour acquĂ©rir une stabilitĂ© et une situation internationale suffisamment engageante pour remplir les conditions d’adhĂ©sion.

Nous vous prions, Madame, Monsieur, de bien vouloir agrĂ©er l’expression de nos sentiments distinguĂ©s, et restons ouverts Ă  tout contact si vous nĂ©cessitez de plus amples informations.

En date du 02 août 2020
Bureau des affaires étrangÚres,
Gouvernement de la DeuxiĂšme RĂ©publique de Dyl’Milath.
5582
sigle

Vers un groupe de travail maritime ?

A l'attention de Son Excellence Asmira Amkyradowa, Ministre des Affaires étrangÚres

Que la Paix d'AllĂąh soit sur vous.

Madame la ministre,

Je vous remercie pour cet Ă©change qualitatif qui me permet d'Ă©clairer la position du Diwan sur le sujet du droit maritime. Naturellement, dans la continuitĂ© de ce que j'ai pu dĂ©jĂ  vous Ă©crire, le Talaristan reste pour l'Azur l'un de nos plus proches partenaires sur ce dossier et je me rĂ©jouis de constater que nous partageons des rĂ©fĂ©rences communes et un intĂ©rĂȘt commun pour ce dossier. Il n'est donc nul besoin d'Ă©voquer un « revirement » mais de profiter ensemble de nos deux monstres.

Le Talaristan s'est fait connaĂźtre comme un apĂŽtre de cette convention maritime internationale et de la rĂ©gulation normĂ©e des pratiques — aprĂšs tout, ce qui est l'essentiel dans le droit international, ce n'est pas le droit Ă©crit mais la rĂ©gulation des pratiques — et nous saluons cette initiative diplomatique. Votre initiative sur le dossier du dĂ©troit de Mesolvarde est d'autant plus salutaire qu'elle permet de dĂ©montrer la clartĂ© de votre engagement devant les grandes puissances qui s'en sont mĂȘlĂ©es — Kah, Teyla, Velsna. Qui d'autre ? Estalie. Le reste compte Ă  peine hĂ©las.

Je vous prie de noter que l'initiative du Talaristan reçoit le meilleur accueil au sein du Diwan. Nous apprécions, au-delà du principe convenu entre nous de régulation pacifique des pratiques maritimes au milieu d'acteurs exacerbés par leur puissance militaire, les pays qui affirment leurs principes et leurs volontés sur les plus importantes arÚnes. En faisant ce travail, en participant à la visibilité de la proposition d'harmonisation internationale du droit maritime, le Talaristan aura toujours le soutien du Diwan et je vous rassure, il ne l'a jamais perdu.

La proposition azuréenne faite au Drovolski d'envisager un rÚglement plus local, amiable et pragmatique du passage dans le détroit de Mesolvarde n'a de toutes façons pas reçu de réponse. Cette proposition s'inscrivait dans notre souhait premiÚrement d'assurer le transit de nos navires conformément au fait que le Drovolski a les moyens concrets, illégaux ou pas, de les couler sur demande. Cette proposition s'inscrivait également dans une mise à distance diplomatique des pratiques excessivement enthousiastes d'« intervention pour la défense de la liberté de navigation », argument selon moi usurpateur de concepts de toutes façons non définis et non acceptés par une écrasante majorité d'Etats à l'heure actuelle. L'Azur de son cÎté a démontré au Drovolski que les rÚglements internationaux en matiÚre de circulation maritime ne sont pas nécessairement des casus belli latents, mais une réelle avancée pour nous comprendre et établir la sécurité maritime des navires marchands.

J'ai expliquĂ© dans ma lettre prĂ©cĂ©dente que cette proposition n'Ă©tait pas contradictoire avec le principe de convention maritime tel que le Talaristan le porte. En revanche, je maintiens l'importance d'associer des Etats maritimes clĂ©s tels que le Drovolski Ă  un tel projet, soit directement par leur enthousiasme, soit indirectement par leur tolĂ©rance, car Ă  moins de dĂ©militariser le dĂ©troit, ce que le Diwan juge improbable Ă  ce jour, le Drovolski conserve ce rĂŽle clĂ© de gardien du DĂ©troit. Par ailleurs, la situation diplomatique liĂ©e Ă  la crise semblait parfaitement adaptĂ©e Ă  offrir Ă  Mesolvarde une issue de rĂšglement plus conforme Ă  ses aspirations que celle d'un face-Ă -face hasardeux avec de grandes puissances navales armĂ©es de canonniĂšres. Nous pensons que des accords volontaires sont plus souhaitables et plus durables que des concessions arrachĂ©es sous la contrainte. D'oĂč la proposition azurĂ©enne, Ă  ce jour lettre morte ; reste la proposition talare, Ă  ce jour, Ă©galement il me semble, lettre morte.

Nos lettres mortes ne sont pas rĂ©ellement mortes ; elles sont en dormance. Il est, hĂ©las peut-ĂȘtre, normal que des idĂ©es de ce types soient reçues avec scepticisme de la part de nos partenaires, surtout quand elles trouvent leur voie Ă  l'aune d'un pseudo-conflit aux origines incertaines. Cela n'en indique nullement l'impertinence. Le Diwan est bien certain que la proposition talare demeure souhaitable et pertinente. Le chemin pour la faire advenir reste Ă  dĂ©fricher, sur la base de ce qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© avancĂ©, dans leurs sillons respectifs, par le Talaristan, par l'Azur, par le Kah mĂȘme dans son mode coercitif, par le Drovolski Ă©galement dans son mode agressif.

Excellence, nous avons clarifiĂ© nos principes et nos attentes, mais le travail de dĂ©frichage reste Ă  faire. J'observe notamment que les positionnements des divers Etats clĂ©s reste peu clair, mal exprimĂ©, difficile Ă  faire comprendre au reste du monde. Il y a pourtant lĂ  des ressources essentielles pour nous qui savons prĂ©cisĂ©ment oĂč nous voulons arriver. Je vous invite, Excellence, Ă  considĂ©rer la proposition suivante : celle de fonder un groupe de travail sur le droit maritime. Le Talaristan, l'Azur, et tous les autres pays qui pourraient y ĂȘtre intĂ©ressĂ©s — le Kah a signĂ© envers l'Azur des engagements prometteurs en ce sens il y a longtemps, mais c'est la saison des orages et leur mobilisation directe Ă  nos cĂŽtĂ©s n'est pour l'instant probablement pas possible — pourraient au moins se rĂ©unir, rĂ©flĂ©chir, tracer des perspectives et explorer les enjeux concrets qui bloquent ou limitent aujourd'hui une convention maritime internationale.

A vrai dire, je pense que votre Excellence a pu constater Ă  quel point certains partenaires peuvent ĂȘtre rĂ©ticents Ă  des idĂ©es qui a priori ne sont en rien contraires Ă  leurs intĂ©rĂȘts, ce qui, au dĂ©but de mon mandat, n'a pas cessĂ© de m'Ă©tonner. PĂ©dagogie, comprĂ©hension mutuelle, et identification des freins rĂ©els me semblent les clĂ©s pour faire avancer un projet de convention maritime internationale, dont nous sommes d'accord ensemble pour convenir qu'il devra contenir Ă  la fois des principes gĂ©nĂ©raux universels, et des adaptations locales pragmatiques avec les Etats clĂ©s du systĂšme maritime mondial.

A défaut, ce sera la piraterie généralisée. Sport barbaresque que l'Azur a cessé de pratiquer depuis plusieurs siÚcles, mais souvenons-nous néanmoins que ni le Talaristan, ni l'Azur n'ont été fondés par des juristes en robe, et que pillages et cavalcades, nous maßtrisons.

Avec cette commune complicitĂ© entendue, nos deux pays et les Etats partenaires pourraient avancer dans une mĂȘme direction. Qu'en pensez-vous ?



L’écureuil dit : multiplie tes cachettes, et ta vie sera longue.
Proverbe tamasheq
https://i.imgur.com/HgV3HhF.pngAmastan Ag Amenay
Ministre des Affaires étrangÚres
5.07.2020
9016
EntĂȘte du MinistĂšre des Affaires EtrangĂšres de la FĂ©dĂ©ration de Corvus, missive envoyĂ©e par l'Office Postal FĂ©dĂ©ral

ChÚre Excellence Asmina Akmyradowa, Vice-premiÚre ministre du cabinet et Ministre des Affaires étrangÚres de la République du Talaristan,

Votre missive nous est parvenue Ă  Margaux, et je dois vous avouer qu'elle a fait un certain effet dans un ministĂšre qui, ces derniĂšres annĂ©es, avait pris la mauvaise habitude de n'ouvrir que du courrier menaçant. Une lettre venue des steppes orientales du Nazum du Nord, adressĂ©e Ă  un Etat qui a Ă  peine commencĂ© son existence, Ă©crite sans un mot de reproche et sans une seule demande dĂ©guisĂ©e, cela ne s'Ă©tait pas produit depuis longtemps, et je tiens Ă  vous dire que nous en avons mesurĂ© la valeur avant mĂȘme d'en mesurer l'intĂ©rĂȘt. Vous nous Ă©crivez de l'autre bout du monde alors que la moitiĂ© de nos voisins immĂ©diats ne nous Ă©crivent pas du tout. Sachez-le, cela se retient.

Le tapis est arrivĂ© intact, et il est aujourd'hui accrochĂ© au mur de mon bureau, oĂč il est de trĂšs loin la plus belle chose de la piĂšce, ce qui n'est pas un compliment trĂšs difficile Ă  obtenir vu l'Ă©tat du reste. J'ai fait chercher ce que signifiait chez vous ce prĂ©sent avant de le suspendre, parceque j'aurais trouvĂ© indĂ©licat d'en faire un objet de dĂ©coration sans savoir qu'il est aussi une selle, un mur et une vie de famille, et je remercie nommĂ©ment les artisans de la rĂ©gion d'Ulmara sans en connaĂźtre les noms. Nous vous adressons quelque chose en retour, et je vous prĂ©viens tout de suite que ce n'est pas joli: il s'agit d'une collection de photographies de guerre issues des fonds du MusĂ©e des Arts Photographiques de Tassel, tirages d'Ă©poque, lĂ©gendĂ©es et datĂ©es. Vous nous avez envoyĂ© ce que votre peuple sait faire de ses mains, nous vous envoyons ce que le nĂŽtre a traversĂ©, et je crois que c'est la seule chose que nous puissions offrir aujourd'hui qui soit vraiment nĂŽtre.

J'en viens Ă  votre demande, et ma rĂ©ponse est oui, sans condition et sans lapse de temps inutile. La FĂ©dĂ©ration de Corvus accepte l'Ă©tablissement de relations diplomatiques permanentes avec la RĂ©publique du Talaristan, et propose l'Ă©change mutuel d'ambassades, la nĂŽtre Ă  Khydan et la vĂŽtre Ă  Margaux, dans le Quartier des Diplomates oĂč les bĂątiments attendent des occupants d'avantage que l'inverse. Nous souhaiterions y ajouter, si votre administration l'accepte, un consulat corvun Ă  Buzkent, et je ne vais pas prĂ©tendre que ce soit un choix protocolaire: Buzkent est votre port, et tout ce dont je vais vous parler ensuite finira par y passer. Nous accrĂ©diterons nos reprĂ©sentants dans les formes que vos services fixeront, et quand Ă  la question des visas, je demande simplement qu'elle soit traitĂ©e en mĂȘme temps que celle des ambassades, et non deux ans aprĂšs, comme cela se fait partout.

Un mot de rectification, et je vous prie de ne pas y voir la moindre susceptibilitĂ©, car l'erreur est parfaitement naturelle vu la vitesse Ă  laquelle nos institutions se sont mises debout. KlarnĂ€ NëëkermĂ€n n'est pas prĂ©sidente de la FĂ©dĂ©ration: elle en est la ChanceliĂšre fĂ©dĂ©rale, et elle ne prĂ©side rien du tout, notre organe souverain Ă©tant un collĂšge de quatre Gouverneurs oĂč personne ne gouverne seul. Nous avons bĂąti tout cela contre le souvenir d'un homme seul au sommet, ce qui explique une architecture que les Ă©trangers trouvent, Ă  juste titre, inutilement compliquĂ©e. Puisque votre lettre lui Ă©tait adressĂ©e autant qu'Ă  moi, la question se pose honnĂȘtement: es-ce que vous souhaitez rencontrer la ChanceliĂšre plutĂŽt que moi ? Je vous le demande sans aucune arriĂšre-pensĂ©e et sans y voir la moindre diminution, une ministre des Affaires Ă©trangĂšres qui se vexerait d'ĂȘtre doublĂ©e par sa ChanceliĂšre serait une ministre Ă  remplacer. Dites-moi qui vous voulez en face de vous et je m'arrangerai pour que ce soit cette personne lĂ .

Vous Ă©crivez que vous prĂ©sentez encore certaines lacunes dans la comprĂ©hension des Ă©vĂ©nements qui ont conduit les Antariens Ă  devenir les Corvuns. Je vous remercie de l'avoir Ă©crit, parceque la plupart de nos interlocuteurs prĂ©fĂšrent inventer plutĂŽt que d'admettre qu'ils ne savent pas, et nous en avons souffert d'avantage que de l'hostilitĂ© franche. Je vous propose donc ceci, et j'ai d'ors et dĂ©jĂ  fait ouvrir le chantier: nous vous constituons un dossier complet, en prĂ©sentiel, datĂ©, sourcĂ©, avec ce qu'Ă©tait Antares, ce qu'Ă©tait la minoritĂ© corvienne dedans, ce qui a mis le feu, ce que la MIRA a fait, ce que le gouvernement lĂ©gitime a fait et n'a pas fait, comment la Loduarie s'est invitĂ©e le 11 septembre 2018 et comment tout cela s'est terminĂ© par une FĂ©dĂ©ration. Vous ĂȘtes libres d'en penser ce que vous voudrez, et vous aurez Ă©galement nos textes fondateurs, y compris ceux qui nous embarrassent.

En Ă©change, et ce sera ma seule demande de cette lettre, je voudrais que vous m'expliquiez votre affaire de droit maritime. Je serai franche, je ne vous promets aucune signature et je ne vous demande pas de m'inscrire quelque part: je vous demande de m'expliquer, Ă  moi et Ă  mes juristes, ce que vous cherchez exactement, ce que vous appelez une convention, ce que vous avez dĂ©jĂ  obtenu et sur quoi vous vous ĂȘtes cassĂ©s les dents. Voyez-vous, je viens d'un pays qui n'a aucune marine, aucune tradition juridique internationale, et dont la mer est aujourd'hui tenue par quelqu'un d'autre. Un Etat dans cette situation a tout intĂ©rĂȘt Ă  comprendre le droit avant de comprendre les canons, et je prĂ©fĂšre l'apprendre de quelqu'un qui le pratique que de le deviner dans un manuel. Un Ă©change de leçons, en somme: notre guerre civile contre votre droit de la mer.

Passons au prosaĂŻque. La FĂ©dĂ©ration a besoin de reconstruire, et le mot est faible: Henne, Blisonne et plusieures de nos villes de l'est sont Ă  rebĂątir, et un pays qui reconstruit consomme d'avantage que le mĂȘme pays en guerre, ce que personne ne dit jamais aux citoyens. Il nous faut du ciment, de l'acier de charpente, du bois de coffrage, du verre plat, des tuyaux, du gaz et du pĂ©trole, et nous n'avons ni les uns ni les autres. Nos sources actuelles sont everiennes, et je vais ĂȘtre honnĂȘte avec vous puisque vous l'avez Ă©tĂ© avec moi: la situation de l'Everia est incertaine, ses exportations passent par un dĂ©troit qu'elle ne contrĂŽle pas, et un Etat qui n'a qu'un seul fournisseur n'a pas un fournisseur, il a un maĂźtre. Nous cherchons donc un second, et vos rĂ©serves de pĂ©trole, de gaz et de minerais font de vous un candidat Ă©vident, quelque soit la distance.

Cette distance, justement, je ne la maquille pas: nous sommes précisement aux antipodes, et le fret sera le vrai sujet, pas le prix à la tonne. Nous avons pour cela une compagnie, Alker SLCA, Services Logistiques et de Chaßnes d'Approvisionnement, née aprÚs la guerre civile de ce qui était Transarctic et qui a racheté depuis Vertice Logistics, son principal compétiteur, pour ne plus former qu'une seule maison. Alker est aujourd'hui notre armement de transport maritime général, et c'est avec elle, et non avec un ministÚre, qu'il faudra parler escales, rotations et affrÚtement long-courrier. Je propose que sa direction accompagne notre délégation et s'assoie directement avec vos administrations douaniÚres et portuaires de Buzkent, parceque les volumes et les échéances ne sont pas de mon ressort et que je me garderai bien d'engager l'Economie fédérale par courrier.

Mais si je vous Ă©cris aussi longuement, ce n'est pas pour du ciment, et vous l'avez sĂ»rement devinĂ©. Ce que je veux vraiment de vous est culturel, et je vais le dire sans le dĂ©guiser en programme Ă©conomique. Nos deux nations se ressemblent d'une maniĂšre que je n'ai trouvĂ©e nulle part ailleurs: vous ĂȘtes un Etat multiethnique et pluriconfessionnel sorti de deux guerres civiles, oĂč les minoritĂ©s nationales ont un statut constitutionnel et oĂč huit langues vivent Ă  cĂŽtĂ© de la langue officielle; nous sommes une fĂ©dĂ©ration de quatre districts Ă©gaux oĂč le sud parle un corvun que le nord ne comprend qu'Ă  moitiĂ©, et nous sortons d'une guerre qui portait exactement sur la place d'une minoritĂ© dans un Etat qui ne voulait pas la voir. Vous avez trente ans d'avance sur nous dans cet exercice. Nous avons une langue, une littĂ©rature et une photographie que personne ne lit, n'Ă©dite ni n'accroche au delĂ  de nos frontiĂšres.

Je propose donc, et c'est le coeur de cette lettre, un vrai programme d'échange durable et non une exposition unique dont tout le monde aura oublié le nom dans six mois: des chaires et des lecteurs de corvien chez vous et de talar chez nous, une facilitation réciproque des visas d'études et de recherche afin que nos étudiants et nos chercheurs puissent s'installer chez vous à demeure et les vÎtres chez nous, un institut culturel corvun doté de ses propres locaux à Khydan ou à Buzkent, avec réciprocité pleine et entiÚre pour un institut talar à Roncevaux, des traductions croisées, et l'accueil chez vous des fonds du Musée des Arts Photographiques de Tassel comme des fonds de l'Académie des Lettres Modernes et Anciennes. Ajoutez-y, si le coeur vous en dit, une rencontre d'exhibition d'Icebreaker, notre sport national, qui se jouerait trÚs bien chez vous et ferait pour nos deux peuples ce que huit missives comme celle-ci ne ferons jamais.

Sachez enfin ce que vous gagnez, parceque je ne vous demanderai pas de gĂ©nĂ©rositĂ©. L'Eurysie de l'Ouest sort d'une guerre et n'a, en ce moment prĂ©cis, presque aucun interlocuteur stable: la Loduarie est en autarcie, Antares n'existe plus, allez savoir les rĂ©sultats du dĂ©barquement Ă  Carnavale par l'OND, et ceux qui restent se comptent leurs morts. La FĂ©dĂ©ration de Corvus, elle, est neuve, elle est en paix, et elle n'a aucun contentieux avec le Nazum, ni le moindre passĂ© colonial ou impĂ©rial Ă  vous faire pardonner. Nous pouvons ĂȘtre votre porte d'entrĂ©e culturelle et politique dans cette rĂ©gion, avec une continuitĂ© que peu de gouvernements peuvent promettre ici, et je vous le dis en connaissant vos propres Ă©chĂ©ances intĂ©rieures. Nous Ă©crivons d'ailleurs Ă  l'Etat talar et non Ă  un cabinet: ce que nous signerons avec vous, nous le tiendront avec vos successeurs.

Reste Ă  se voir, et je crois qu'aucun de ces points ne se rĂšglera par courrier. Je peux faire le dĂ©placement Ă  Khydan sans difficultĂ© et je le tiens mĂȘme pour la solution la plus naturelle, c'est nous qui demandons, c'est donc Ă  nous de voyager. Cela dit, vous seriez les bienvenus en Corvus, et j'y tiens un peu: Margaux vous recevrait dans les formes. Choisissez le lieu, choisissez la personne que vous voulez en face de vous, et donnez-moi une date qui convienne Ă  votre calendrier plutĂŽt qu'au mien.

Je vous remercie de m'avoir lue jusqu'ici, ce qui, vu la longueur de cette lettre, relĂšve d'avantage de la patience que de la courtoisie.

Que Dieu nous garde des mauvaises surprises.

Cordialement,

LÿsÀ Köwnatör
Ministre des Affaires EtrangĂšres
Ville de Margaux
Fédération de Corvus
EntĂȘte du MinistĂšre des Affaires EtrangĂšres de la FĂ©dĂ©ration de Corvus, missive envoyĂ©e par l'Office Postal FĂ©dĂ©ral

ChÚre Excellence Asmina Akmyradowa, Vice-premiÚre ministre du cabinet et Ministre des Affaires EtrangÚres de la République du Talaristan,

Je vais commencer par ce qui n'est ni le plus urgent, ni le plus stratĂ©gique, ni mĂȘme le sujet principal de votre lettre, et vous me pardonnerez cette inversion complĂšte de l'ordre des prioritĂ©s.

Vous avez fait porter une photographie Ă  la famille d'Ulmara.

Vous n'y étiez tenue par rien du tout, personne au monde ne vous l'avait demandé, cela ne figurait dans aucun protocole et cela ne servira absolument à rien dans les négociations qui vont suivre, et pourtant ce tapis orne mon mur depuis des semaines sans que j'aie jamais su comment remercier autrement que par une formule polie glissée au milieu d'un courrier officiel. Vous, vous avez trouvé la maniÚre. Sachez-le, dans ce ministÚre nous avons tous lu ce paragraphe deux fois, et il s'est trouvé quelqu'un pour faire remarquer à voix haute que nous avions beaucoup à apprendre.

Puisque nous en sommes aux amabilitĂ©s, votre paragraphe d'excuses Ă  propos du titre de Madame la ChanceliĂšre nous a beaucoup amusĂ©s, et pour une raison assez simple: nous ne l'avions pas relevĂ©. Vous n'ĂȘtes de toute façon pas les seuls Ă  hĂ©siter, et il faut dire que cette FĂ©dĂ©ration n'a que quelques mois d'existence, qu'elle a inventĂ© des charges qui n'existaient nulle part avant elle, et qu'il nous arrive Ă  nous mĂȘmes de nous tromper dans nos propres intitulĂ©s au dĂ©tour d'une note de service, ce qui donne lieu Ă  des corrections manuscrites assez humiliantes dans les marges.

Ce qui m'amĂšne tout naturellement Ă  votre demande concernant l'UniversitĂ© nationale d'Etat de Khydan, Ă  laquelle je vais rĂ©pondre avec une honnĂȘtetĂ© qui risque de vous dĂ©cevoir un peu: il n'y a rien Ă  traduire, parceque le texte est encore un chantier. La FĂ©dĂ©ration de Corvus fonctionne, elle a un CollĂšge de Gouverneurs, une Chancellerie, une AssemblĂ©e, une Cour et trois vitesses lĂ©gislatives selon l'urgence, mais le document qui doit tenir tout cela ensemble est en cours d'Ă©criture au moment mĂȘme oĂč je vous Ă©cris, et il ne sera pas achevĂ© avant un bon moment. Vos juristes Ă©tudieraient donc un chantier plutĂŽt qu'un monument, et je prĂ©fĂšre vous le dire maintenant que de vous envoyer un dossier trouĂ© en espĂ©rant que personne ne s'en aperçoive de votre cĂŽtĂ©. Le jour oĂč ce texte existera, il sera Ă  vous, traduit et sans condition, et si vos Ă©tudiants trouvent des erreurs je vous demanderai la liste.

J'en viens à présent à ce qui occupe la plus grande part de votre lettre, et qui a occupé la plus grande part de mes soirées depuis que je l'ai reçue.

Excellence, vous avez frappĂ© sans le savoir exactement lĂ  oĂč nous sommes le plus sensibles, et je vais vous raconter quelque chose de tout rĂ©cent pour que vous compreniez bien que votre sujet ne nous intĂ©resse pas de façon thĂ©orique. Il y a peu, une puissance voisine a dĂ©crĂ©tĂ© un blocus naval sur nos cĂŽtes. Elle l'a annoncĂ© publiquement, elle l'a maintenu par Ă©crit avec une constance vraiment admirable, elle nous en a menacĂ©s dans trois courriers successifs, et elle a pris soin de nous prĂ©ciser que nous ne voulions surtout pas en tester l'Ă©tanchĂ©itĂ©. Ce blocus n'a rien bloquĂ© du tout. Nos ports ont travaillĂ©, nos convois sont passĂ©s, nos assureurs n'ont pas relevĂ© leurs primes d'un cuivre, et la lettre qui nous menaçait du blocus a elle mĂȘme traversĂ© le blocus pour venir se poser sur mon bureau, ce dont j'ai eu la faiblesse de faire la remarque Ă  son auteur.

VoilĂ  pour la partie amusante.

Voici maintenant celle qui l'est nettement moins, et c'est celle qui me tient Ă©veillĂ©e: nous n'avons jamais pu le qualifier. Nous n'avons pas souffert du blocus, Excellence, nous avons souffert de ne disposer d'aucun mot juridique pour le nommer, pas un texte, pas une juridiction, pas un recours, pas un tiers Ă  saisir, pas mĂȘme une dĂ©finition commune de ce qu'est une eau territoriale ou un acte hostile en mer. Il n'y avait rien Ă  violer, donc personne n'Ă©tait en tort, et nous en avons Ă©tĂ© rĂ©duits Ă  rĂ©pondre par de l'ironie, ce qui est sans doute le signe le plus clair qu'un pays ne dispose plus d'aucun instrument. Alors quand vous m'Ă©crivez que l'absence de jurisprudence a produit la loi du plus fort, croyez bien que je n'ai pas besoin qu'on me l'explique, je l'ai vue arriver par la mer il y a quelques semaines.

Sur le principe, donc, Corvus vous soutient. Franchement, sans rĂ©serve, et je dirais mĂȘme avec une certaine gratitude que quelqu'un quelque part s'en occupe sĂ©rieusement.

Mais nous n'adhĂ©rerons Ă  rien aujourd'hui, et je vous demande de ne surtout pas y voir de la froideur ni la moindre mĂ©fiance Ă  votre endroit. C'est une question de mĂ©thode, et un peu de tempĂ©rament. Nous sortons d'une guerre civile puis d'une invasion, on nous a Ă©normĂ©ment expliquĂ© ce qui Ă©tait bon pour nous durant ces deux annĂ©es, et je me suis promis en prenant ce poste de ne plus jamais signer un texte que je ne serais pas capable d'expliquer moi mĂȘme, ligne par ligne et sans notes, Ă  un pĂȘcheur de Gardevant qui viendrait me demander des comptes sur le quai. Ce n'est pas une posture de nĂ©gociation, c'est Ă  peu prĂšs la seule rĂšgle personnelle que j'ai rĂ©ussi Ă  tenir jusqu'ici.

Alors vendez-le moi. Vraiment, prenez tout le temps qu'il faudra, écrivez long, je lirai tout et je vous relirai deux fois.

Ce que j'ai besoin de comprendre, c'est d'abord qui tranche, parce qu'un texte sans juge n'est pas un droit mais une dĂ©claration d'intention rĂ©digĂ©e avec soin, et que le jour oĂč deux Etats liĂ©s par votre convention ne s'accorderont pas sur le tracĂ© d'une eau territoriale, il faudra bien que quelqu'un dise lequel des deux a tort, et il faudra surtout m'expliquer pourquoi cette voix lĂ  pĂšsera plus lourd que celle des canons. J'aimerais savoir ensuite ce qui arrive concrĂštement Ă  celui qui viole le texte, concrĂštement et non moralement, car la rĂ©probation internationale est une chose que nous avons vue Ă  l'oeuvre chez nous et dont je peux vous dire qu'elle n'arrĂȘte pas un obus en vol. J'aimerais savoir si le blocus y figure, s'il y est dĂ©fini, encadrĂ©, interdit ou autorisĂ© sous conditions, et vous conviendrez que c'est lĂ  ma question la plus intĂ©ressĂ©e, je ne m'en cache pas une seconde. J'aimerais comprendre aussi comment un Etat que tout le monde ne reconnaĂźt pas peut y adhĂ©rer, puisque la FĂ©dĂ©ration de Corvus n'est reconnue ni par la Nation Communiste de Loduarie ni par quelques autres, et qu'il serait tout de mĂȘme dommage que notre signature devienne le prĂ©texte offert Ă  un tiers pour contester la validitĂ© de l'ensemble.

Et puis il y a la question qui m'intéresse davantage que les quatre autres réunies, celle que je vous pose vraiment: qui a refusé de signer le traité poëtoscovien, et pourquoi ? Vous m'avez donné le chiffre des trente qui l'ont ratifié, et je vous en remercie, mais ce sont les autres qui m'apprendront quelque chose. Un texte se comprend infiniment mieux par la liste de ceux qu'il dérange que par celle de ceux qu'il arrange, et je vous serais trÚs reconnaissante de me donner cette liste là sans l'arranger vous non plus.

Répondez-moi là dessus et je vous garantis une chose. Si les réponses tiennent debout, Corvus n'entrera pas dans ce processus du bout des lÚvres et pour faire nombre. Nous y entrerons avec ce que nous avons, c'est à dire une expérience toute fraßche de ce que coûte l'absence de rÚgle, et l'envie assez sincÚre que le prochain pays à qui l'on coupera la mer dispose d'autre chose que d'une plume et d'un peu d'humour.

Un mot encore sur le volet maritime, et celui-ci vous Ă©vitera une gĂȘne au moment de la signature. Alker SLCA n'est pas une filiale de Vertice Logistics, c'est exactement l'inverse, ou plus exactement Vertice n'existe tout simplement plus: elle a Ă©tĂ© rachetĂ©e, absorbĂ©e, et son pavillon a disparu des registres. Vos services travaillent visiblement sur un annuaire qui a une guerre de retard, ce dont je ne leur ferai aucun reproche vu la vitesse Ă  laquelle notre Ă©conomie a changĂ© de mains ces derniers mois. Cela dit, oui, et avec plaisir, qu'Alker soit Ă  la table. Nous y ajouterons nos propres gens des wharfs de Gardevant, qui s'expriment nettement moins bien que les diplomates mais qui savent exactement ce qu'un quai peut encaisser, et nous verrons ensemble ce qui peut se faire entre le Golfe des Empires et le golfe de Moritonie.

Quand à votre invitation, la réponse est oui, et elle est entiÚre.

Madame la ChanceliĂšre FĂ©dĂ©rale KlarnĂ€ NëëkermĂ€n et moi mĂȘme nous rendrons en RĂ©publique du Talaristan, ensemble, et nous acceptons la visite dans son intĂ©gralitĂ©, la rĂ©union prĂ©paratoire, le traitĂ©, la steppe et les montagnes. Nous ne viendrons pas pour une signature de deux heures avant de remonter dans l'avion, ce serait proprement insultant de la part de deux personnes Ă  qui l'on propose de venir voir ce qu'un pays est rĂ©ellement. Nos services vous transmettront nos disponibilitĂ©s par la voie habituelle.

Quand Ă  nos familles que vous conviez si aimablement, je vous remercie de l'attention et je vous prie de bien vouloir excuser la mienne, qui restera ici. Mon pĂšre gouverne un district et ma soeur commande.

Je termine par un mot que je ne devrais probablement pas Ă©crire dans une piĂšce officielle, et que j'Ă©cris quand mĂȘme.

Vous nous adressez la parole depuis les antipodes, depuis un pays dont j'aurais Ă©tĂ© bien incapable de nommer trois villes avant votre premiĂšre lettre, et vous ĂȘtes Ă  ce jour la chancellerie qui nous a tĂ©moignĂ© le plus de considĂ©ration pour ce que nous sommes plutĂŽt que pour ce que nous pesons. Dans ce mĂ©tier cela ne s'oublie pas. Dans le nĂŽtre, en ce moment, cela s'oublie encore moins.

À trùs bientît dans les steppes, Excellence.

Que Dieu nous garde des mauvaises surprises.

Cordialement,

LÿsÀ Köwnatör
Ministre des Affaires EtrangĂšres
Ville de Margaux
Fédération de Corvus
Missive du bureau des affaires Ă©trangĂšres de la DeuxiĂšme RĂ©publique du Dyl’Milath :


Drapeau

A l’attention toute particuliĂšre d’Asmina Akmyradowa, Vice-premiĂšre ministre du cabinet, Ministre des affaires Ă©trangĂšres de la RĂ©publique du Talaristan.


Objet : en réponse à votre missive.

Estimés représentants

Les craintes dont vous faites part dans votre derniĂšre lettre sur une Ă©ventuelle volontĂ© milathienne de ne pas honorer les traitĂ©s internationaux est en partie fondĂ©e, il nous faut le reconnaĂźtre. Mais puisque c’est le seul objet de cette missive, laissez nous vous l’expliquer un peu plus en dĂ©tail.
Il est vrai de dire qu’une certaine partie de la population milathienne ne compte en rien respecter les traitĂ©s internationaux qu’elle a signĂ©e si cela n’entre pas dans ses intĂ©rĂȘts. Cependant, il n’est pas tout Ă  fait vrai de dire que cette volontĂ© est partagĂ©e par la classe politique au pouvoir au Dyl’Milath. En effet, comme en atteste le vote de la rĂ©solution n°6325 Ă  la chambre des Érudits du 18 juin 2020, la volontĂ© du parlement milathien n’était pas de bafouer les engagements milathiens vis Ă  vis de la PoĂ«toscovie. C’est le peuple, et uniquement le peuple, contre l’avis du pouvoir lĂ©gislatif, qui a fait ce choix. Ce choix n’est, comme vous pouvez le comprendre, en rien le rĂ©sultat d’une volontĂ© politique du pouvoir, et va d’ailleurs Ă  son encontre. Cependant, il est malheureusement trop tard pour revenir en arriĂšre.
Et, a notre plus grand regret, nous ne pouvons pas vous assurer pour le moment que ce scĂ©nario se rĂ©pĂšte Ă  l’avenir, bien que nous pensons personnellement que ce ne sera pas le cas.
En lisant ceci, vous seriez sĂ»rement convaincu qu’il est prĂ©fĂ©rable que notre nation n’intĂšgre pas l’OSA, sous peine de la voir ne pas respecter ses engagements. Cependant, lĂ  ne fini pas cette missive : nous avons quelques propositions pour garantir le respect des traitĂ©s internationaux par notre rĂ©publique, quel que soit la volontĂ© du peuple. La premiĂšre serait, Ă©videmment, d’inclure dans le traitĂ© d’adhĂ©sion un article spĂ©cifique, ou de signer un acte solennel, qui dĂ©fend au peuple milathien de rĂ©futer ce traitĂ© sans un prĂ©avi minimum d’un an, pĂ©riode amplement suffisante pour envisager une Ă©ventuelle sortie de notre nation de l’OSA. Mais, nous direz vous, cela ne peut ĂȘtre puissant, puisque le peuple milathien peut aussi rĂ©voquer cet acte. Au sein du parlement milathien, ce plĂ©biscite a fait grand bruit, et met au jour une faille dans le systĂšme diplomatique milathien : le peuple peut, Ă  tout moment, rĂ©voquer n’importe quelle mesure prise si cela lui chante. En temps normal, cela serait tout Ă  fait acceptable, Ă©tant entendu que le peuple milathien est normalement seul maĂźtre et seul affectĂ© par ses dĂ©cisions. Cependant, dans le cas des accords diplomatiques, le peuple milathien perd ce statut de seul intĂ©ressĂ© de l’affaire, et ne peut donc plus prĂ©tendre avoir tous les droits. Cette faille Ă©tant aujourd’hui rĂ©vĂ©lĂ©e, plusieurs partis politiques milathiens se sont dĂ©jĂ  lancĂ©s dans diffĂ©rentes tentatives de modification de la constitution pour empĂȘcher un plĂ©biscite de modifier un accord international sans un prĂ©avi d’un an, dĂ©lai suffisant pour rĂ©aliser des modifications dans les accords internationaux sans brusquer quoi ou qui que ce soit.

Enfin, quant Ă  la volontĂ© de parjure dont notre peuple a fait preuve en annulant des accords internationaux, laissez nous vous expliquer de quoi il en retourne, car la situation est bien plus complexe que cela. Il y a, d’une part, la volontĂ© bien rĂ©elle et indĂ©niable de ne pas respecter cet accord par peur des consĂ©quences. Cependant, nous pensons Ă©galement, et cela a Ă©tĂ© partiellement confirmĂ© par plusieurs instituts d’analyses d’opinions milathiens, qu’il existe une rĂ©elle perte de confiance du gouvernement poĂ«toscoviens de la part de notre peuple. Bien que cela ne soit pour l’heure fondĂ© sur aucune preuve, certains, et pas seulement quelques individus isolĂ©s, mais une part non nĂ©gligeable de la population, sont persuadĂ©s que le gouvernement poĂ«toscovien est, si ce n’est coupable, mais liĂ© aux faits qu’on lui reproche. Cette version n’a, bien Ă©videmment, pas trouvĂ© d’écho au sein de la classe politique, Ă©tant donnĂ© que tous les Ă©lĂ©ments vont contre elle, mais c’est cependant un fait qu’il faut reconnaĂźtre.

Pour terminer, nous rĂ©affirmerons notre volontĂ© d’intĂ©grer l’OSA, et espĂ©rons que ces quelques explications vous seront satisfaisantes quant Ă  la confiance Ă  accorder Ă  la DeuxiĂšme RĂ©publique de Dyl’Milath. Cette confiance, bien Ă©videmment, que nous souhaitons de tout coeur contribuer Ă  reforger, et entretenir.

Nous vous prions, Madame, Monsieur, de bien vouloir agrĂ©er l’expression de nos sentiments distinguĂ©s, et restons ouverts Ă  tout contact si vous nĂ©cessitez de plus amples informations.

En date du 24 juillet 2020
Bureau des affaires étrangÚres,
Gouvernement de la DeuxiĂšme RĂ©publique de Dyl’Milath.
Sceau d'État de la RĂ©publique illajie

MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
ÜĄÜŒÜ’ÜŹĘ…ÜĘ‚ ÜŸÜ”Ü’ÜżÜȘÜž ܙʂܡܗʁÜȘÜżÜÜŒÜŹÜž ÜÜżÜ Ü ÜŒÜ™ÜżÜĘƒ · MABTĂ‚ÊŸU KĀBIR-E JUMHĆȘRIYAT-E ILLAJIYÄȘ


À l'attention de Madame Asmina Akmyradowa,
Vice-premiÚre ministre du cabinet, Ministre des Affaires étrangÚres de la République du Talaristan.



Madame la Ministre,

Que la Paix de Dieu soit sur vous.

J'ai pris connaissance, avec toute l'attention qu'elle mĂ©rite, de la note que vous avez adressĂ©e Ă  notre gouvernement le 3 juin dernier, et je tenais Ă  vous rĂ©pondre moi-mĂȘme, sans dĂ©lai, tant les liens qui unissent nos deux peuples — par-delĂ  les vicissitudes de l'histoire dynastique — nous paraissent devoir ĂȘtre prĂ©servĂ©s.

Permettez-moi, avant toute chose, de comprendre la prudence de votre gouvernement. Un changement de rĂ©gime, quand bien mĂȘme il serait portĂ© par la volontĂ© manifeste et unanime d'un peuple entier, suscite lĂ©gitimement des interrogations chez ceux de nos partenaires qui avaient nouĂ©, avec l'ancien pouvoir, des relations Ă©prouvĂ©es par le temps. Nous ne vous en tenons nullement rigueur.

Je crois cependant nĂ©cessaire de rĂ©tablir certains faits que la distance et la prĂ©cipitation des Ă©vĂ©nements ont pu dĂ©former. Ce qui s'est produit Ă  Gharkhoum n'est ni un coup de force d'une faction armĂ©e, ni le fait d'une milice au contour flou, comme votre note le laisse entendre : c'est un peuple qui, aprĂšs soixante-dix annĂ©es de despotisme, de vassalitĂ© imposĂ©e envers des puissances Ă©trangĂšres, et de spoliation de ses propres ressources, a choisi lui-mĂȘme l'heure et la maniĂšre de se libĂ©rer. Le Conseil provisoire qui gouverne aujourd'hui l'Illajistan ne s'est pas substituĂ© Ă  Sa MajestĂ© ImpĂ©riale par les armes seules ; il s'y est substituĂ© parce que la Garde royale elle-mĂȘme, comme la Gendarmerie et les casernes de HarĆ«n, ont refusĂ©, en derniĂšre heure, de tirer davantage sur leurs propres frĂšres.

Le PrĂ©sident NathanaĂ«l Niquiarque ben-Ibbi-Adad il-Chamachandoulli, le Premier ministre Gabriel Uriel ben-Salomon il-Chachar et moi-mĂȘme n'avons jamais eu la prĂ©tention d'ĂȘtre des sauveurs providentiels. Nous ne sommes, comme nous l'avons rĂ©pĂ©tĂ© au peuple illaji dĂšs le premier jour, que les instruments d'une volontĂ© qui n'Ă©tait pas la nĂŽtre Ă  convoquer. Le Conseil provisoire s'est donnĂ© pour seule feuille de route l'organisation, dans les dĂ©lais les plus brefs que la stabilitĂ© du pays permettra, d'Ă©lections libres, pluralistes et supervisĂ©es, ainsi que la rĂ©daction d'une constitution qui consacrera, pour la premiĂšre fois dans l'histoire de notre nation, la sĂ©paration des pouvoirs, l'indĂ©pendance de la justice et la rĂ©partition Ă©quitable des revenus du pĂ©trole entre toutes les provinces du pays — le Sahra y compris, trop longtemps oubliĂ©.

S'agissant du sort de votre mission diplomatique, Madame la Ministre, je tiens à vous rassurer pleinement : le gouvernement illaji, quelle que soit sa jeunesse, entend se conduire selon les usages les plus stricts du droit international. Un sauf-conduit sera accordé sans délai à l'ensemble de votre personnel diplomatique et civil, sous escorte de nos propres forces, jusqu'à l'aéroport de Gharkhoum, et ce quelle que soit la décision que prendra, par ailleurs, votre gouvernement quant à la reconnaissance de notre République. Nous ne confondons pas le désaccord politique avec l'hostilité, et la sécurité de vos ressortissants demeure, pour nous, une question d'honneur autant que de droit.

Nous prenons acte, avec regret mais sans amertume, de la suspension de nos relations diplomatiques et des accords bilatĂ©raux qui liaient nos deux nations. Nous formons cependant le vƓu, Madame la Ministre, que cette suspension ne soit que temporaire, et que le Talaristan, fidĂšle Ă  son attachement historique aux principes dĂ©mocratiques qu'il invoque lui-mĂȘme dans sa note, voudra bien observer, dans les mois qui viennent, la sincĂ©ritĂ© de notre entreprise rĂ©publicaine avant de rendre son jugement dĂ©finitif. Nous ne demandons pas d'ĂȘtre crus sur parole : nous demandons d'ĂȘtre jugĂ©s sur nos actes.

Quant aux besoins humanitaires dont vous vous dites soucieuse, sachez qu'ils seront toujours accueillis par notre gouvernement avec la plus grande gratitude, et que la porte de ce ministÚre restera ouverte à toute initiative de votre part qui viserait à soulager les populations les plus vulnérables de notre pays durant cette période de transition.

Nous espérons, Madame la Ministre, que le temps rapprochera de nouveau nos deux peuples, et que la République illajie saura, par la constance de son engagement démocratique, mériter la confiance qu'elle sollicite aujourd'hui auprÚs de la communauté des nations.

Je vous prie d'agréer, Madame la Ministre, l'expression de ma plus haute considération.

Signé par Moujtab Ibn ben-Gavoriel il-Aradchamach
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Ministre des Affaires étrangÚres
de la République illajie.

Fait Ă  Gharkhoum, le 6 juin 2020.

Logotype officiel du ministÚre des Affaires étrangÚres du zagroyat de Morakhan

Réponse

A l'attention des services diplomatiques de la République du Talaristan.

Nous, Son Excellence Konstentin Borisovitch Val Kalinenko, Urjad-goïnik du zagroyat de Morakhan, Emissaire de Son Haute Excellence le Ministre-Président Monsieur Ivan Ivanovitch Velikov et de Sa Majesté Zagroyale,

Nous, Michel le TroisiĂšme, par la grĂące de Dieu, zagroy de Malomorakhan, BiĂ©lomorakhan, VĂ©likomorakhan, de VoĂŻvograd, KrĂŻiv, Vladimir, Sarkopol, zagroy de Kazhan, zagroy de Zakrevsk, zagroy de Samara, roi de Brann du Nord, zagroy de Grande-Moryakie, zagroy de Bourtie-Kasavane, zagroy de Kazarie, zagroy de Khvitchstan, seigneur de la Volga, et grand-duc de MolblĂȘmie, Ostrovonie, Yurtie, et Podolie, zagroy de Barvynie, Vostokoslavie, Yucesoy, Gondavie, Morzanov, OuaĂŻne, Namarov, NĂ©nĂšstie, Tchouktchie, Asnyabrav, Iakumie, Khardaz, Zapadoslavie ; seigneur et grand-duc de Velzmyegrad, Yekateringrad, Naryakhov, GharkhĂ»m ; tuteur d'Arkavie et d'Arobelas ; souverain d'IllĂąj et de l'Ăźle Catherine ; zagroy de Krasnograd, Vostokograd, Zapadgorod, Ostrovgrad, Skalistov, Volniygorod, Putla, Dorva, Khavaria, Barvuye, Salov, Pravlia, Potolov, Idyeba, BiĂ©loransk, Severopoutsk, Sviatoblagodatsk, et de tous les territoires de la Novomorakhan ; et souverain de Beyghshehir, Uruk, Zabbalām, Baghbām, MerĂ»bĂ»am, Ziqqurratu-ye Gu'āb 'bam, Eshnun' 'na ve ᾌalatām, YehuwahĆĄehir, et des territoires des nomades du Sahra ; seigneur hĂ©rĂ©ditaire et gouverneur des Kazars et autres montagnes ; seigneur de Bozyurtie, seigneur de Retsvinie, comte d'Ansben, archicomte d'Alkmegen, duc de Gud, grand-Patron du port de Vishtek et de Koryelgrad, et maĂźtre de la base militaire de Carmelo.

Au nom de l'Urjad-goĂŻstvo zamiezhnykh sprav du zagroyat de Morakhan et de son zagroy, souhaitent vous transmettre les vƓux et dolĂ©ances du zagroyat de Morakhan et de son zagroy.

Que la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction de Dieu soient sur vous.

Sa MajestĂ© Zagroyale le zagroy Michel III m'a chargĂ© de vous transmettre, au nom du zagroyat de Morakhan tout entier, ses plus vifs remerciements pour la fermetĂ© et la clartĂ© de votre note du 3 juin dernier. En des temps oĂč beaucoup de puissances, par calcul ou par lĂąchetĂ©, se dĂ©robent devant leurs engagements les plus anciens, la RĂ©publique du Talaristan a montrĂ©, une fois de plus, qu'elle demeure fidĂšle Ă  la parole donnĂ©e et au respect dĂ» Ă  la lĂ©galitĂ© des institutions.

Je puis vous assurer que la Morakhan partage entiĂšrement votre analyse de la situation illajie. Ce que la propagande des insurgĂ©s de Gharkhoum s'obstine Ă  qualifier de « rĂ©volution » n'est, aux yeux de notre gouvernement comme aux vĂŽtres, qu'une entreprise sĂ©ditieuse, menĂ©e par une coalition de clans armĂ©s dĂ©pourvue de toute lĂ©gitimitĂ© constitutionnelle, et dont l'irruption brutale au sein d'un État souverain, membre estimĂ© de la Sublime Maison Aykhanide, ne saurait en aucun cas ĂȘtre tenue pour l'expression rĂ©guliĂšre de la volontĂ© nationale illajie.

C'est pourquoi je vous confirme, Madame la Ministre, que Sa Majesté Impériale le padichah Guilgamech IV ben-Ouakhad al-Naramihahhutihout al-Jéhovaïnour, ainsi que les membres de sa maison et le personnel politique et militaire qui l'ont accompagné dans son exil, se trouvent depuis leur arrivée sous la protection directe et personnelle de la Couronne mor, à Voïvograd. Rien, tant que Sa Majesté demeurera sur le sol du Zagroyat, ne pourra porter atteinte à sa sûreté ni à sa dignité.

Le gouvernement blanc s'apprĂȘte par ailleurs Ă  prendre dans les prochains jours, les mesures qu'imposent les circonstances : suspension de toute relation avec l'entitĂ© qui se prĂ©vaut aujourd'hui du nom de « rĂ©publique illajie », rappel de notre reprĂ©sentation diplomatique Ă  Gharkhoum, et rĂ©examen de l'ensemble de nos intĂ©rĂȘts Ă©conomiques et de notre prĂ©sence militaire sur le territoire illaji, dont je ne manquerai pas de vous tenir informĂ©e Ă  mesure qu'ils seront arrĂȘtĂ©s. Nous nous devons, Ă  l'Ă©gard de nos ressortissants comme de nos soldats, une prudence que la Morakhan n'a jamais eu Ă  regretter d'observer.

Quant à la proposition de votre gouvernement de disposer d'un représentant permanent auprÚs de Sa Majesté ou de tout conseil constitué autour de sa personne, elle a été accueillie avec la plus grande faveur. Le Zagroyat, qui n'a jamais dérobé son soutien à ses partenaires légitimes, verra dans cette initiative talare la preuve que le padichah Guilgamech IV ne se trouve nullement seul face à l'adversité, et qu'une part considérable de la communauté internationale continue de voir en lui le seul souverain constitutionnel de l'Illajistan.

Que Dieu garde Sa Majesté Zagroyale, et qu'Il inspire à nos deux nations la constance nécessaire au rétablissement de l'ordre légitime en Illajistan.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l'expression de ma plus haute considération. Que Dieu vous bénisse.

« Mieux vaut une amÚre vérité qu'un doux mensonge. »
— Proverbe vĂ©likomor

https://i.ibb.co/7J9Dcgpt/Val-Kalinenko.pngKonstentin B. Vl. Kalinenko
Urjad-goĂŻnik
06.06.2020
2303
communication diplomatique

De : SimĂłn VelĂĄzquez, Conseiller fĂ©dĂ©ral aux affaires Ă©trangĂšres de la FĂ©dĂ©ration d’Alguarena.
A : Asmina Akmyradowa, Vice-premiÚre ministre du cabinet, Ministre des affaires étrangÚres de la République du Talaristan.


Madame la vice-premiĂšre ministre,

La prĂ©dilection donnĂ©e Ă  la diplomatie et la conciliation transparait assez largement dans votre rĂ©cent contact. Les manoeuvres diplomatiques de Poetoscovie que vous nous contez lĂ  sont de nature Ă  nous alarmer, douchant partiellement et bien malheureusement les gages de paix et de dialogue que vous vous chargez de nous offrir aujourd'hui par un intĂ©rĂȘt donnĂ© au traitĂ© cadre d'Aserjuco. La lecture donnĂ©e par la Poetoscovie et sa gouvernance souffre d'un amateurisme persistante, si le retrait de l'accord escomptait une production dĂ©bridĂ©e d'armes de destructions massives en Poetoscovie. Ce traitĂ© est, vous le comprenez, moins attachĂ© au dĂ©mantĂšlement de la force balistique dissuasive d'un pays qu'Ă  une rĂ©gulation des conditions d'emploi faites Ă  ces armes.

En se retirant d'un tel TraitĂ© Cadre, la Poetoscovie s'autorise l'emploi d'armes balistiques contre des populations balistiques et s'autorise une production illimitĂ©e de missiles balistiques de portĂ©e intermĂ©diaire et intercontinentaux (hrp : soit les missiles balistiques de niveau 5 Ă  8). L'Histoire les jugera. Ce fait a momentanĂ©ment Ă©chappĂ© Ă  notre attention. Puisse votre intĂ©rĂȘt pour les engagements dĂ©fendus par le TraitĂ© Cadre ramener une volontĂ© collective d'engagement au coeur des futures tractations. La FĂ©dĂ©ration d'Alguarena est enclin Ă  donner Ă  la Poetoscovie matiĂšre Ă  regrets, suite au renoncement de sa pensĂ©e instruite pour la paix.

Pour vous rĂ©pondre eu Ă©gard Ă  l'article 5, il est acquis que les Ă©tats signataires peuvent solliciter une commission d'enquĂȘte Ă  composer des hauts fonctionnaires d'Ă©tats signataires du traitĂ©, s'ils font la remontĂ©e d'une crainte fondĂ©e permettant de douter du bon respect de l'accord par un Ă©tat signataire. La commission d'enquĂȘte est alors construite autour de la sollicitation Ă©mise par l'Ă©tat signataire requĂ©rant. L'Ă©tat signataire mis en cause est contactĂ© pour mettre en place une coopĂ©ration permettant la levĂ©e de chaque rĂ©serve de l'Ă©tat signataire. Une absence de coopĂ©ration peut faire l'objet d'une enquĂȘte moins inclusive, consistant Ă  lever les rĂ©serves sur la base d'investigations portĂ©es par des Ă©tats volontaires.

Avec l'espérance de satisfaire à vos bienheureuses et constructives attentes,

Simón Velåzquez, Conseiller fédéral aux affaires étrangÚres de la Fédération d'Alguarena.

Conseiller fédéral aux affaires étrangÚres Simón Velåzquez

Bureau de l'Arsenal de la Grande République

Par le biais de l'ambassade velsnienne aux nations libres du Nazum occidental


Drapeau

Aux affaires diplomatiques de la République du Talaristan, le Patrice, le Sénat et le Conseil Communal de Velsna te salue.

Excellence ministre, Tahir Marat,

Veuillez par ce courrier, accuser réception de la réponse faite à vos précédentes missives qui ont retenu notre attention, et qui étaient d'informations dont nous estimons qu'il faut y apporter un certain nombre de corrections.

En premier lieu, nous tenons à pointer envers vous notre grande estime et le respect que vous avez du principe de dialogue bilatéral. Nous savons que vous incarnez une volonté de relùchement, nous avons parfaitement conscience du rÎle stabilisateur de l'Etar du Talaristan sur le continent nazumi, tout comme nous avons conscience d'avoir signé les documents relatifs à l'adhésion de la Communauté des Etats nazumi.

Comme son excellence a pu le faire remarquer, la Grande République et le peuple velsnien sont désormais en état de guerre avec ces excellences de la République de Poetoscovie. Cet état de fait n'est ni le fruit d'un caprice, encore moins d'accusations sans fondement comme votre missive le laissait sous entendre. Bien que l'émotion ait frappé les rangs de notre assemblée de sénateurs estimés, notre action se fonde sur in faisceau de preuves que les plus sceptiques pourraient qualifier de perturbantes, tandis que les plus convaincus pourraient aisément associer la Poetoscovie à un Etat terroriste qui s'est rendu coupable du meurtre de 33 civils et de plusieurs dizaines de blessés, dans une tentative délibérée de détruire un symbole politique en plus d'un lieu de foi qu'est la plus grande Basilique chrétienne en pays velsnien.

Notre action s'est fondée sur plusieurs élements:
  • Le fait que le groupe revendiquant l'attantat, l'Horus Moranza, opĂšre presque exclusivement sur des territoires sous influence ou sous la vassalitĂ© directe de la Poetoscovie.
  • Le fait que le gouvernement du Moranza lui mĂȘme nous a fait parvenir une correspondance confirmant la volontĂ© du gouvernement poetoscovien de se rapprocher de ce mĂȘme groupe quelques mois avant le dit attentat.
  • Le fait que la Poetoscovie est le seul Etat ayant des dĂ©mĂȘlĂ©s avec la Grande RĂ©publique au moment de l'attentat et que toutes les autres pistes incluant des groupes terroristes connus de notre citĂ© aient Ă©tĂ© Ă©cartĂ©es.

Pour ces raisons, nous ne reviendrons sur la décision qui a été celle de chercher directement justice en pays poetoscovien qu'à la condition explicite que l'Etat poetoscovien reconnaisse cet acte et nous livre les responsables politiques ayant commandité cet acte ignominieux. A moins que vous ne soyez en position de nous apporter cette satisfaction, nous estimons que notre échange a de fortes chances de se révéler stérile. L'Etat poetoscovien a par beaucoup trop de fois fait preuve de ses positions incohérentes au mieux, hypocrites et cyniques au pire, et ce n'est en rien la premiÚre fois que ces barbares tendent un rameau d'olivier dans une main et cachent un poignard dans le dos de l'autre. Il ne suffit que d'observer la vassalisation forcée d'états afaréens tels que la Cité du Désert, ou leur rupture du Traité d'Aserjuco qui ne laisse que peu de doutes sur le fait que ce gouvernement était obsédé par l'accumulation d'armement balistique bien avant l'escalade conflictuelle entre notre cité et ces gens.

Sur l'Ă©tat du traitĂ© de la CEN, plusieurs Ă©tats clĂ©s de l'organisation sont dĂ©jĂ  de notre avis sur la question, que ce soit le Jashuria, l'Empire Xin ou le Grand Ling, et nous avons sinon leur plein soutien, leur sympathie. Nous estimons que l'article 5 ne nous empĂȘche en rien de nous dĂ©fendre de ce qui est une dĂ©claration de guerre. La "crainte supposĂ©e" n'est en rien une hypothĂšse infondĂ©e comme soulignĂ© par ce courrier Si vous estimez que la CEN peut arracher les aveux d'un Etat terroriste, nous seront ouverts Ă  toute observation de votre part. Si ce n'est pas le cas, nous ne changeront pas notre dĂ©cision d'aller chercher par nous mĂȘmes les responsables de cet attentat.



Avec nos salutations les plus distinguées.


Ainsi a été fait ce courrier à la date du 30 juillet 2020 par le Maßtre de l'Arsenal de la Grande République, son excellence sénatrice illustre et honorable Sofia Si Saltis.

2104

Bureau de l'Arsenal de la Grande République

Par le biais de l'ambassade velsnienne aux nations libres du Nazum occidental


Drapeau

Aux affaires diplomatiques de la République du Talaristan, le Patrice, le Sénat et le Conseil Communal de Velsna te salue.

Excellence ministre, Tahir Marat,

Veuillez par ce courrier, accuser réception de la réponse faite à votre précédente missive.

Nous devons bien admettre que si la mise en copie d'une missive formellement rĂ©digĂ©e par le gouvernement poetoscovien lui-mĂȘme marquant une volontĂ© de s'ingĂ©rer au Moranza, leur permettant d'opĂ©rer dans la mĂȘme zone d'activitĂ© que le mĂȘme groupe terroriste ayant revendiquĂ© l'attentat ne suffit pas, nous nous demandons ce qui pourrait constituer pour vous une preuve plus suffisante qu'un courrier officiel provenant d'une chancellerie poetoscovienne. Nous avons l'impression dĂ©sagrĂ©able que mĂȘme un poetoscovien avec une ceinture d'explosifs nouĂ©e autour de la taille ne suffirait pas comme Ă©vidence. Encore une fois, nous pensons le faisceau de preuves relativement accablant, entre ces Ă©changes, le fait que les espaces d'opĂ©ration du dit groupe terroriste se recoupe presque Ă  la perfection avec les aires d'agissement de la puissance poetoscovienne et l'Ă©tat de conflit prĂ©cĂ©dent l'attentat.

Si relativiser les actes de la Poetoscovie par une sĂ©rie de festivitĂ©s jugĂ©es vexantes est la seule rĂ©ponse que nous pouvons avoir de vous, nous pensons qu'il est alors parfaitement inutile de poursuivre cet Ă©change, du moins tant que les solutions que vous proposerez ne seront pas en phase avec la rĂ©alitĂ© concrĂšte des preuves accumulĂ©es jusqu'Ă  prĂ©sent Ă  l'encontre de l'Etat poetoscovien, et qui continuent Ă  ce jour d'ĂȘtre rassemblĂ©s. Il va de soi que si nous revenons autour d'une table en face de dignitaires poetoscoviens, cela ne sera pas avant d'avoir bouclĂ© un dossier dĂ©jĂ  fort chargĂ©, mais dont nous pensons qu'il pourrait les accabler plus encore. Nous voulons les responsables politiques Ă  l'origine de cet attentat, et il ne s'agit pas d'une condition nĂ©gociable. Les dirigeants poetoscoviens auront toute latitude pour peser le pour et le contre de notre exigence, et auront parfaitement le choix de mettre fin Ă  ces opĂ©rations s'ils admettent leur tort et nous livrent ces individus.


Avec nos salutations les plus distinguées.


Ainsi a été fait ce courrier à la date du 2 aout 2020 par le Maßtre de l'Arsenal de la Grande République, son excellence sénatrice illustre et honorable Sofia Si Saltis.

Octaël le petit-fils

Un employé accourt dans le jardin ensoleillé.

- Potentat ! Potentat ! Un message sur le répondeur !

- Quoi ? Alors que je montre la lavande Ă  mon petit-fils ?

- C'est un message diplomatique international...

- Grmlmlrl... Octaël, tu attends papy ici d'accord ? attention aux abeilles, je n'en ai pas pour longtemps.

...

- Appuyez sur le bouton Potentat.

- Je sais comment marche le répondeur, merci.

...

- On a reçu un tapis ?

- Oui Potentat, il est dans votre bureau au Palais du Peuple, on vous a laissé un mémo.

- Ah c'est gentil à eux... je vais leur répondre.

- Il faut appuyer ici pour enregistrer Potentat.

- Je vous ai dit que je savais comment marchait le répondeur ! ... ici vous dites ?

- Oui Potentat, laissez appuyé pendant que vous parlez..

- Ah oui. "Bonjour Madame Akmyradowa, c'est un plaisir d'entendre le son de votre voix. Bien sûr la CÎtemitaine sera honorée d'accueillir une ambassade de votre nation, et réciproquement. Je vous remercie chaleureusement pour votre cadeau qui fait la joie de nos invités, et la mienne, il se trouve dans mon bureau actuellement. Bien sûr nous vous rendrons la pareille à l'occasion de l'ouverture de la premiÚre ambassade talar en CÎtemitaine. Puisse cet échange ouvrir la voie à des partenariats fructueux et une amitié indéfectible." et voilà.

- C'était trÚs bien Potentat.

- Vous penserez à leur préparer un cadeau ? Quelque chose de culturellement important, d'accord ?

- Oui Potentat.

- Bon je retourne Ă  mes lavandes.
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À l'intention des reprĂ©sentants de la RĂ©publique du Talaristan

Cher Asmina Akmyradowa,
vice-premiĂšre ministre du cabinet,
ministre des Affaires étrangÚres de la République du Talaristan.


En réponse à votre missive datant du 21 juillet 2020 adressé à mon ministÚre, par l'intermédiaire du Janggun,

Je suis Pak Chong-Ho, ministre des Affaires pour l'Empereur-Dieu chargé des relations avec le Dƫnmanga. Ma fonction est toute particuliÚre, et je pense que vous le savez déjà : je suis chargé de transmettre les missives diplomatiques des différents pays du monde à Mme Ayamiha Birunu, un des Sept Glyphes et chargé des relations extérieures, pour pouvoir entrer en contact avec le Dƫnmanga.

Suite Ă  votre demande, j'ai bien transmit vos vƓux aux autoritĂ©s, et il en rĂ©sulte que le DĆ«nmanga accepte l'Ă©tablissement d'une ambassade diplomatique talare, bien Ă©videmment Ă  Sen-Seol (Shotugara), comme le veux la tradition, cependant, ils refusent catĂ©goriquement tout cadeaux provenant de l'Ă©tranger, comptant ainsi vos magnifiques tapis talars. Nous serions toutefois honorĂ©s d'accepter, nous, le ministĂšre des Affaires pour l'Empereur-Dieu chargĂ© des relations avec le DĆ«nmanga, ce cadeau d'une grande valeure.

Fait Ă  Sen-Seol, le 25 juillet 2020.
Blason de la Fédération de Yukanaslavie

Haut-Palais - MinistĂšre des Affaires EtrangĂšres
Ministerio de Relaciones Exteriores

Fait le 30 Août 2020 à Uzusco
A son excellence Asmina Akmyradowa,
Vice-premiÚre ministre du cabinet, Ministre des affaires étrangÚres de la République du Talaristan,


Votre excellence,

Il serait en effet impossible d'oublier la si prĂ©cieuse relation que tiennent la RĂ©publique du Talaristan et la FĂ©dĂ©ration de Yukanaslavie depuis maintenant plusieurs annĂ©es. Je vous remercie pour votre soutien dans les nouveaux processus dĂ©mocratiques qui s'effectuent en ce moment mĂȘme au sein de notre pays. Ce jour est d'autant plus historique qu'il s'agit de la premiĂšre fois depuis les annĂ©es 1970 qu'une femme devienne le visage de la diplomatie yukanaslave. J'en suis ainsi d'autant plus honorĂ© que de servir ma patrie et, je peux vous l'assurer, accroitre les futures partenariats et relations que tiendront le Talaristan et la Yukanaslavie dans les annĂ©es qui vont suivre.

Nous vous remercions Ă©galement de l'intĂ©rĂȘt bienveillant que vous portez au l'Ă©tat-membre du Kaderstan, qui a en effet pu suivre les procĂ©dures dĂ©mocratiques permettant ainsi le renouvellement du prĂ©sident du pays. Il est clair que ce nouveau mandat saura apporter des changements concernant la position du Kaderstan dans la politique rĂ©gionale, amenant nous en sommes sĂ»rs Ă  de futurs partenariats rapprochĂ©s avec la RĂ©publique du Talaristan. Ces liens sont d'autant plus fort qu'il est vrai qu'une branche cousine des talars, les OuĂŻrides, vivent dans le nord-est du territoire.
C'est pour cela, aprÚs avoir tenue une entrevue avec Monsieur Baktak Yudjénide, président du Kaderstan, que je suis honorée de vous annoncez que votre proposition d'un consulat permanent du Talaristan à Imnakad a été acceptée. Ce n'est ici que le début d'une nouvelle relation que nous espérons glorieux.

Nous vous remercions encore une fois pour la bienveillance dont vous faites preuves envers l'Ă©tat-membre de Gedemascar. Les rĂ©cents Ă©vĂšnements, qui font espĂ©rer un vĂ©ritable changement dans les institutions et les valeurs du pays de Rija, nous amĂšne Ă  penser que nous ne sommes qu'au dĂ©but de ce qui pourrait ĂȘtre l'avenir le plus splendide pour l'archipel depuis des dĂ©cennies.
Concernant votre proposition d'aide contre la menace pirate qui continue de persister à l'existence, sachez que nous avons déjà réalisé un partenariat de ce type avec notre allié de l'Empire Démocratique et Parlementaire du Nord. De ce fait, une nouvelle aide est plus que bienvenue, et il serait plus que nécessaire de parvenir à coordonner les forces armées impliquées dans l'opération de contre-piraterie des trois pays à savoir la Yukanaslavie, l'Empire du Nord et le Talaristan.
Pour que cela soit plus clair, considérez ainsi que votre proposition est acceptée, et que nous réfléchirons à votre arrivée d'un plan idéalement commun pour mettre fin à cette menace qui pÚse depuis trop longtemps sur Gedemascar.

Concernant votre derniĂšre question, il faut que vous sachiez que de part la constitution de la fĂ©dĂ©ration de Yukanaslavie, chaque Ă©tat-membre est libre de rejoindre une organisation internationale si elle le souhaite. Cependant, si cette organisation est considĂ©rĂ©e comme ennemie de la fĂ©dĂ©ration, les Ă©tats-membres ne peuvent pas la rejoindre. De plus, ils possĂšdent leurs propres organes diplomatiques, et peuvent ĂȘtre consultĂ©s sans passer au travers des institutions fĂ©dĂ©rales. De ce fait, les Ă©tats-membres jouissent d'une claire autonomie concernant la communautĂ© internationale, ce qui est une obligation de par notre devoir de dĂ©fendre avant tout les cultures et les peuples de nos Ă©tats-membres.

Si des éléments en venaient à vous échappez, n'hésitez pas à nous le faire savoir,

Avec l'expression de mes plus sincĂšres salutations,

Ministre des Affaires EtrangĂšres de Yukanaslavie, Paloma Flores
⫷ Paloma Flores, Ministre des Affaires EtrangÚres de Yukanaslavie ⫞
Symbole de l'Ambassade
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Message de la QuatriÚme Ambassadrice de la République du Jashuria

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A l’attention de son Excellence Dame Asmina Akmyradowa, en sa qualitĂ© de vice-premiĂšre ministre du cabinet du MinistĂšre des Affaires EtrangĂšres de la RĂ©publique du Talaristan.

Votre Excellence,

Nous accusons réception de votre proposition.

Nous vous prions d’accuser rĂ©ception de notre refus quant Ă  votre demande.

Cordialement.
Madame Parvati Mathai, QuatriĂšme Ambassadrice du Jashuria
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