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Activités étrangères au Grand Kah - Page 11

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erratum lié à un arbitrage sur discorde☮️Tlacahua @tal_k

Vous avez vu passer ça ? www.waslapp.info/j..
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🌐InfoAddict#1 @jeanpierre

L'Azur a confirmé qu'un convoi du Grand Kah avait transporté des armes pour les livrer à la #KabalieRouge
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🚩Union Syndicale Ambulances @cgtambulancesoff

si c'est vrai c'est très grave
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💡Goldfinger @quent1_2rank

🔴 Transfert d'armes en Kabalie occupée : les documents publiés par l'Azur prouvent l'implication du convoi kah-tanais du 29 décembre !
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GILGAMESH : L'UNION TOUCHÉE PAR LA FOLIE DALYOHA

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Comment des médecins auraient-ils pu faire une chose pareille ? « Laissez faire les professionnels », annonce Grand Hôpital, après les derniers combats en ville. « Plus de vingt mille morts directs sont déjà recensés » après les frappes par l'agent « GILGAMESH », selon Martarina Xocola, cheffe d'équipe humanitaire déployée par l'Union du Grand Kah à Carnavale. « La situation est catastrophique ici. Nous n'avons pas les moyens de gérer un afflux de malades et de porteurs infectés par le GILGAMESH, nous avons besoin d'aide ! » Les appels au secours se multiplient, de la part d'unités isolées autant que de camps médicaux entiers, qui se retrouvent assaillis par une foule en panique. « Le quartier des démagogues est en train de se vider de sa population », qui se lance sur la 89ème avenue pour échapper à la zone d'impact principale de l'agent chimique.

« Carnavale a décidé d'anéantir tout le monde », commente, glacé par l'horreur, un journaliste indépendant qui filme sans discontinuer la guerre depuis plusieurs mois. « On a vu les drones larguer des substances jaunâtres », a priori pas de la poudre de banane, contrairement à ce qu'on a d'abord pensé du côté des experts pour qui la situation était hier « sous contrôle. » « Il est hors de question de minimiser la situation », a cinglé le ministère azuréen de la Santé, qui vient d'annoncer la fermeture des frontières pour quarante jours, et la suspension de toutes les liaisons aériennes avec l'Eurysie et dix-sept pays dont du personnel officiel se trouverait à Carnavale. « La prévention de la contamination est urgente », juge Clothildegarde Vertefeuille, baronne carnavalaise qui a racheté trois tentes pour se loger, elle et ses chats, en plein coeur de l'unité de secours sécurisée mise à disposition par les services humanitaires internationaux. « Je suis épidémiologue, laissez-moi vous dire que le mieux à faire c'est de fermer les portes chez vous et de ne plus jamais revenir à Carnavale. » Un rire sardonique qui fait froid dans le dos.

« Le Grand Kah a plusieurs centaines de soldats en ville », a fait remarquer un internaute, qui s'inquiète de la possibilité de voir son cousin, engagé dans la Garde communale, coincé sur un territoire maudit alors que les politiques de gestion de l'épidémie devraient naturellement voir se multiplier la mise en place de quarantaines humanitaires. « On ne peut pas laisser nos gars sur place », aurait crié un visiteur à la Convention cet après-midi, dans une ambiance électrique en plein coeur d'Axis Mundi. Le Comité de Volonté Publique, qui ne tardera pas à s'exprimer, est en plein coeur d'une crise inédite à nouveau liée aux « armes de contamination massive », contre la dissémination desquelles le Kah avait pourtant mené le Pacte Fondamental de Contenue PFC-ACM. Après avoir démembré avec succès les grands tubes pleins de poisons stockés dans la base Obéron, aux Îles Marines, le Kah doit désormais agir dans l'urgence, alors que le chaos s'installe sur la Principauté.

« Voilà ce qu'on gagne à laisser prospérer le technofascisme ! » a vitupéré un militant du Club Un Un Un sur les réseaux sociaux. D'autres courants au sein de la représentation nationale adhèrent de moins en moins à la « réunification patiente » de la commune de Carnavale au reste de l'Union. « Il faut annexer immédiatement la ville au communalisme », exige une pétition en ligne qui a déjà recueilli six cent soixante-six signataires parmi des édiles. « L'Egide doit intervenir et prendre le contrôle de la situation », lancent des comptes anonymes ; des propos qui inquiètent les plus modérés, tels que le Club de l'Avant-Garde ; « on a été pris au dépourvu, on fait ce qu'on peut », justifie maladroitement un autre compte sur les réseaux sociaux, qui met surtout en avant la nécessité de rapatrier les ressortissants kah-tanais atteints par l'agent GILGAMESH. « On ne peut pas laisser nos gars derrière », admet un professionnel de santé, qui alerte néanmoins sur « la démultiplication du risque épidémiologique » si des politiques de retrait de Carnavale se décident de manière non coordonnée entre tous les pays investis sur le terrain. De Fortuna au Faravan, en passant par Sylva et la Gallouèse, la communauté internationale est en réalité très présente dans la Cité Noire, à travers des missions humanitaires « complètement dépassées » par la tournure des événements.

Faut-il s'en remettre à Grand Hôpital ? Sayumi KOGAN, proche des radicaux et récemment interviewée par KAH TANA, n'écarte pas l'idée. « Il faut être pragmatique et soigner nos hommes », a-t-elle touité sur Echo, avant de retirer son touite au profit d'une mention plus neutre : « il faut faire confiance au Comité. » La crise actuelle suscite la panique, mais des experts se veulent rassurants : « avec l'aide non pas de Dieu, mais de Dalyoha, nous pourrons éviter une pandémie mondiale. » Grand Hôpital a indiqué soigner tout le monde, avant de mettre à jour sa grille tarifaire ; les actionnaires, qui se réuniront l'an prochain pour le raoult à Bourg-Léon, ont déjà de quoi se frotter les mains.

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Vos idées la rendront encore plus belle

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KABALIE ROUGE DE SANG
Épisode 3 : Cramoisie c'est fini, mais Dalyoha est toujours là



Par Yoan TSHELA et Noël MANGEMOSI LUWAU
Publié le 28.12.2018


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« En Dalyoha nous croyons » : la devise officieuse du luciférisme n'a pas de quoi faire sourire. Derrière ce nom se cache plus qu'un homme : une vision. Vision apocalyptique, terminale et cauchemardesque des humains et de l'univers, comme nous allons le voir. Dalyoha, principe fondateur de l'extermination coloniale, inspire la religion luciférienne dans son grand « jihâd » contre l'univers. Après la chute de Carnavale et la conquête du pouvoir cramoisien par la Société Luciférienne Carnavalaise, l'enterrement de Dieu n'a pas restitué l'humanité à son égalité fraternelle mais l'a soumise à un nouveau prophète, le Blaise, que certains ne tarderont pas à affubler d'un épithète cringe emprunté au folklore. Conservant ses vingt-cinq pour cent au Conseil d'Administration, la Compagnie Dalyoha, autrice de l'Holocauste d'Estham, a regardé passer les régimes successifs à Cramoisie comme une vache dans un pré regarde les trains passés. La Compagnie Dalyoha n'a rien à craindre des réinventions intempestives de l'identité politique cramoisienne. Et pour cause : elle est la seule source du « peuple neuf » promis par le Pape Noir Petipont dans son premier discours de politique générale, en 2017. Scientifiques ou magiciens, ceux qui prétendent recréer jusqu'à la Nature elle-même n'ont à attendre de la Cramoisie que prières et supplications. Les Lucifériens sont leurs obligés. Car qui, sinon les Laboratoires Dalyoha, pourrait créer l'être idéal que les Lucifériens brûlent de voir exister ?

Révolution luciférienne et continuité actionnariale

Dans les épisodes précédents, nous avons appris comment la Cramoisie a été fondée et instituée sur le massacre et l'exploitation coloniale de la Kabalie. Dans le présent épisode, nous abordons la période laissée en suspens après l'effondrement de la glorieuse Carnavale. A l'Armaggedon't, des changements se produisent aussi bien métropole que dans le « protectorat colonial. » Après une période de massacres et de violences, la Cramoisie se retrouve isolée : son actionnaire majoritaire, la Maison Obéron, s'effondre et se voit annexée par une secte opportuniste, celle des Lucifériens, qui recrutent en masse dans son clergé survivant. Carnavale n'est plus en mesure d'alimenter la colonie, qui doit trouver une raison d'être autonome. La Société Luciférienne Carnavalaise entre alors en scène.

L'idéologie luciférienne promeut, à partir de janvier et de la mi-2017 surtout, une vision « syncrétique » et « réconciliée » de la nation cramoisienne. Pour les Lucifériens, le génocide appartient au passé et, en substance, à Pervenche Obéron, reine-mère de Carnavale. L'heure n'est plus au « nettoyage » mais à la « tolérance. » Petipont propose aux colons de se boucher le nez pour supporter l'odeur des indigènes, plutôt que de les tuer. Les massacres s'interrompent alors dans la zone n°5 ; en lieu d'un nettoyage ethnique total, les colons, qui viennent de déclarer leur indépendance formelle vis-à-vis de la métropole, décident de faire de Cramoisie un vaste terrain de jeu et de défoulement de leurs pulsions racistes. Lancer de kabaliennes paraplégiques, diplomatie désopilante retranscrite comme une téléréalité pour vendre à l'audimat les tokens kabaliens de la R.A.C., ou encore réparation du génocide avec du paracétamol amusent autant les colons que leurs actionnaires, qui se satisfont pleinement d'une transition politique conforme à leurs intérêts capitalistiques. Le luciférisme est un humanisme mais surtout un capitalisme ultralibéral qui voudrait bien s'affranchir de toutes les limites éthiques, biologiques et physiques pour stimuler l'enrichissement des propriétaires de capitaux. Le remplacement du drapeau colonial à la tête de chèvre par un montage rougeâtre (à ne pas confondre avec le drapeau de l'Ouaine) ne change fondamentalement rien à l'orientation droitière, bourgeoise et propriétaire du régime cramoisien avant, après, pendant, à l'intérieur et à l'extérieur des multiples opérations de repoudrage de façade destinées à attirer des opportunistes moins courageux dans leur ignominie.

Tout change pour que rien ne change durant plusieurs mois. Après avoir loué l'innovation dalyohyène pour tirer l'Humanité du marasme idéologique bourbeux dans lequel il l'a plongé, le PDG-Protecteur change de posture pour justifier la rentabilité des capitaux investis dans le projet colonial. Loin de remettre quoi que ce soit en cause de la structure illégale et capitalistique de la Cramoisie, Balsilek Ishaq, qui s'affiche comme le token kabalien d'un régime raciste que ceux qui n'ont pas vu font semblant de ne pas voir, remercie la Dalyoha Compagnie et défend ses intérêts au mépris de ses propres enfants victimes du terrorisme colonisateur carnavalais. Tous frères, mais certains plus que d'autres : pour avoir envisagé un rapprochement avec les pays voisins au détriment des intérêts de Blaise Dalyoha, un diacre luciférien est radié de ses fonctions, symbole éclatant de la suprématie de Blaise Dalyoha sur un territoire qui prétend s'en être émancipé. En fait, depuis le 7 octobre 2016 et jusqu'à aujourd'hui, les Laboratoires conservent une pleine mainmise sur l'appareil d'Etat, et sont au coeur du dispositif colonial cramoisien. Mais qui sont les Dalyoha ?


Seigneur à Carnavale comme Satan l'est en enfer

Le Grand Sheytan pourrait bien n'être qu'un homme comme un autre. Avec plusieurs dizaines de milliards de crédits internationaux totalisant des actifs dans de nombreux pays du monde, par le biais de holdings et de filiales offshore mais surtout des grands fleurons du CACnavale40 Laboratoires Dalyoha et Grand Hôpital, Blaise Dalyoha est présumé l'homme le plus riche du monde. Vendeur de produits pharmaceutiques, de matériel médical, de clones animaux et humains, ainsi que de fleurs d'ornements et de matières premières pour la parfumerie, l'héritier de l'une des plus anciennes familles nobles au monde (peut-être à égal avec la famille impériale du Burujoa, qui se prétend descendante d'Amaterasu, la déesse du Soleil) est incontestablement au sommet d'un empire industriel et commercial considérable. Le business model de l'entreprise est d'une redoutable efficacité : il vend aux Carnavalais les remèdes aux maux qu'elle crée ! Ainsi, que ce soit sous la forme de compléments alimentaires antidépresseurs, de solutions religieuses pour personnes paumées, de pilules sans retour pour suicidaires, de prothèses, de masques, ou de tout autre produit nécessaire à la survie dans la jungle infernale qu'est la ville de Carnavale, l'entreprise capte un pourcentage considérable d'un marché de quarante-cinq millions d'âmes. Positionnée en monopole sur les secteurs de la santé, de la beauté, de l'horticulture, de la chimie et des assurances-vies, la Compagnie Dalyoha est le reflet contemporain d'une réalité carnavalaise plus ancienne : celle du féodalisme.

Carnavale a peut-être connu une révolution mais celle-ci n'est toujours pas écrite et surtout elle n'a en rien entaché la préséance des seigneurs Dalyoha dans le rang aristocratique de la Principauté. Même la famille princière, qui n'a pas survécu au Chaos des années trente, ne peut atteindre l'aura quasiment religieuse de la Maison Dalyoha dans le pays. Vu comme un bon prince dispendieux, Blaise Dalyoha cultive une relation de supérieur patriarcal vis-à-vis du peuple carnavalais, dont il récolte la clientèle et l'intérêt obsessionnel des tabloïds. Rien de nouveau : la domination politique de la famille Dalyoha est attestée depuis au moins le VIIème siècle, comme le démontrent les analyses ADN des restes humains attribués à la bataille des Pouilleux qui fonde l'existence politique de la Principauté après la dislocation des empires du Haut Moyen Âge. La tradition carnavalaise fait même remonter la dynastie aux premiers temps du consulat viémontois, à la fin du Ier siècle d'avant notre ère. Le peintre Crillière immortalise cette scène fantasmée pour servir le narratif des seigneurs, qui occupent au moins l'île de Bourg-Léon et détiennent de nombreux vassaux, ainsi que des fiefs dans les montagnes du sud, sur le continent : l'art carnavalais sert aux Dalyoha de vecteur politique pour légitimer leur position sociale et l'ancrer dans la nature des choses. Intendants du Palais, mécènes, grands vassaux du Prince, ducs autonomes, les Dalyoha jouent un rôle central dans l'évolution politique et sociale de la Principauté à travers les siècles. De même qu'au Burujoa, ils jouent un rôle de parangon pour plusieurs prétendants au trône, et contrôlent la Cour en coulisses, menant à des affrontements répétés à travers l'histoire. Cloral, Obéron, Mullinsart, Ulexandre, et finalement Obéron à nouveau tentent tour à tour d'obstruer l'éclat de la Maison Dalyoha et de la racornir dans une lutte sans merci pour le pouvoir. Le morcellement politique et les guerres civiles récurrentes contribuent à isoler la Principauté autant qu'à stimuler un appétit interne pour les technologies d'armement. Ce n'est pas un hasard si c'est à Carnavale qu'est développée la première méthode de guerre bactériologique dès le Moyen Âge, ni que ce soit Carnavale qui se lance à l'assaut du dangereux archipel des Îles Marines au début du XVIIIème siècle, dont elle réalise la conquête presqu'entière. La rivalité interne dope la Maison Dalyoha et stimule une constante carnavalaise : la recherche de tactiques militaires, politiques ou commerciales de plus en plus dévastatrices, par tous les moyens possibles. L'Académie Princière de Médecine et de Biologie du Vale, qui professe l'abolition de toute éthique scientifique pour continuer à alimenter les clients en brevets, en poisons, en armes de destructions massives, constitue le point focal de cette politique maximaliste affûtée au fur et à mesure des siècles.

La Maison Dalyoha fait de Carnavale un enfer. Pendant que quelques rares privilégiés jouissent d'une espérance de vie décuplée par les implants et les injections chimiques, la majorité de la population vit avec moins d'un crédit international par jour. La pauvreté est abyssale, et des millions de personnes survivent au jour le jour dans une métropole vidée de ses services publics. L'air, l'eau, la nourriture, sont intensément pollués et seul la contribution néoféodale en corvées et en prix exorbitants permet au tout-venant de survivre. Les conditions sanitaires sont effroyables, du fait de la prolifération de nuisibles et des contaminations de millions de gens par des bacilles médiévaux et des souches lépreuses qu'on n'isolerait pour rien au monde : la Maison Dalyoha compte bien sur l'exposition de la population à toutes sortes de cataclysmes pour continuer à sélectionner ses maladies synthétiques. Les médicaments Dalyoha se payent du prix du malheur de millions de personnes. Le « monde idéal » de santé et de longévité promis par les Laboratoires et par Grand Hôpital n'est réservé qu'à une élite privée : sans le malheur des uns, ce bonheur exclusif ne serait pas possible. L'ouverture prétendue de nouveaux droits médicaux en Kabalie occupée ne procèderait en ce sens que d'une communication marketing, et d'une compensation cynique d'un pestiféré à un malade guéri.

La Maison Dalyoha nie tout droit et toute dignité aux malheureux qui tombent entre ses mains gantées. Fidèle à son système de valeurs « technocapitaliste », la plus vieille maison noble de la Principauté est également cohérente avec l'ordre symbolique carnavalais. Cette société pulvérisée par les guerres civiles et l'exploitation capitaliste tient pourtant, et elle tient bien : son ciment social s'appelle le racisme. Grand Hôpital et ses foires y contribuent beaucoup, en « démontrant » la supériorité supposée de la « race aryenne », ou bien en se prêtant aux jeux carnavalesques de grimages et de plaisanterie mettant en scène des sujets racisés. Mesures anti-musulmans et persécution des immigrés afaréens contribuent à inscrire Carnavale dans un ordre occidental somme toute classique, où le pacte racial entre une élite finie à la pisse et une population réduite à l'état de masse grouillante rend cohérentes les divagations idéologico-politiques qui prétendent fonder l'Etat et les valeurs de la société. La Maison Dalyoha n'est pas innocente de cette structure sociale, qui la cimente elle-même : on a pu ainsi attribuer au zoo humain de Bourg-Léon un rôle essentiel dans les relations intrafamiliales des membres du clan. Le zoo humain, qui objectifie et animalise des sujets captifs en toute connaissance de cause des chancelleries, fait partie des « tolérables exceptions » dont jouit la pire entité technoféodale à l'égard du reste de l'Humanité. Voilà qui sont les partenaires de ceux qui touchent la main des Dalyoha.

Raciste et capitaliste, la Maison Dalyoha pèche aussi sur le tableau préféré de ses alliés : pratiquant un esclavage plus ou moins déguisé, une bonne part de son modèle économique repose sur l’asservissement de femmes pondeuses dédiées à la production de clones humains, comme l’a indéniablement confirmé une source anonyme très haut placée à Grand Hôpital. Né en 1972, le premier clone humain de l’Histoire est breveté par la Dalyoha Compagnie. Bien que le clonage par division de blastocyste soit une technique relativement répandue dans le monde pour produire des médicaments ou à des fins de recherches fondamentales, la Maison Dalyoha est la première, et la seule, à s’être engouffrée avec succès sur le secteur des clones d’exportation. Basée sur une technique réussie de transfert génétique sur un ovule, cette production est liée au développement de la science génomique : loin de rechercher la seule production de « jumeaux », les cloneurs extraient d’abord le matériel génétique qu’ils exposent à des mutations multiples par radioexposition, et qu’ils triturent par divers outils moléculaires. Le progrès des OGMs (organismes génétiquement modifiés) nourrit l’eugénisme humain et la fabrication, avec succès, d’individus dotés de caractères génétiques inédits dans l’espèce humaine. Essentiellement destinés à des fins commerciales plutôt que militaires de ce que l’on sache, la Maison Dalyoha n’en crée pas moins de troublants clones de personnes réelles, comme le témoigne le clonage de sa fille par Arthur Castelage dans les années 1990. La production de clones est essentiellement destinée à assurer l’existence d’organes sains pour le sujet cloné : dans cette optique de grandes familles carnavalaises recourent régulièrement au clonage de leurs enfants pour leur assurer des organes ou du sang « de remplacement », génétiquement compatible à cent pour cent. On estime que des milliers d’enfants clones servent encore aujourd’hui d’ « étagères à organes » dans la Cité Noire. L’esclavage des enfants clones défraye les limites de l’éthique générale des autres pays, qui ont pour la plupart interdit la commercialisation du matériel génétique humain et son utilisation à des fins de reproduction artificielle. L’esclavage de leurs mères « naturelles » est un autre motif nécessaire et suffisant de condamnation de la Maison Dalyoha pour les organisations féministes internationales. La technique Dalyoha repose, chirurgicalement, sur l’insertion d’un matériel génétique étranger dans des ovocytes humains : processus délicat, pratiqué in vitro, et qui suppose une douloureuse étape de prélèvements de leurs ovules sur le corps de jeunes femmes. Les cadences, la recherche de coûts de production viables, et l’absence d’éthique humaine des Laboratoires Dalyoha suggèrent l’existence d’une véritable industrie de clonage impliquant des « couveries » comptant plusieurs centaines, peut-être plusieurs milliers de « pondeuses. » Ces installations, sur lesquelles la Maison Dalyoha garde le plus grand secret, relèvent des intérêts stratégiques vitaux de Carnavale. « Ce sont parmi les unités les mieux protégées de la forteresse souterraine », estiment les renseignements azuréens. Carnavale compterait ainsi beaucoup sur le clonage pour la production de soldats d’élite puissants et infatigables. En réalité, que ce soit pour la production de cobayes humains afin de tester les médicaments ou les armes chimiques, pour la production d’organes à greffer au Sanatorium André Jules-Ponce, pour le marché intérieur friand de clones dotés de phénotypes atypiques, ou encore pour la substitution de la force de travail médiocre d’immigrés et de malades « naturels », la production d’ouvriers « artificiels » est essentielle aux intérêts de la compagnie et de ses actionnaires. « Phénoménologie des clones » et explorations psychophilosophiques de la rupture du lien filial comme base de reproduction de l’espèce humaine participent d’ailleurs aux enseignements de l’Académie Princière de Médecine et de Biologie du Vale, dont les étudiants adhèrent de plus en plus à la conception luciférienne de l’Humanité (« no limits »), ainsi qu’à la croyance en la toute-puissance Dalyoha, être divinisé régnant sur l’enfer de Carnavale.


Dalyoha, propriétaire colonial

Avec entre 24 et 27 % des parts au Conseil d'administration de la CRAMOISIE©, la Maison Dalyoha est le deuxième actionnaire historique de l'entité. Les Obéron, dont les parts ont été réattribuées aux Lucifériens, occupent une majorité absolue de voix, mais le rôle des Dalyoha dans le projet colonial est loin d'être anecdotique. Ainsi, ce sont bien les Laboratoires qui sont à l'origine de l'agent CRAMOISI, toxique responsable de la première vague du génocide lors du bombardement du 7 octobre 2016. Ce sont encore eux qui mettent en oeuvre les frappes chimiques dans la zone n°5 et dans les autres portions du terrain contestées par les survivants kabaliens : la responsabilité de la Maison Dalyoha dans le génocide est directe. Ce génocide, la Maison le nie pourtant : son zoo humain garantit la possibilité de reproduire des Kabaliens sous atmosphère contrôlée...

Les scientifiques du clan sont également un rouage essentiel à la prise de contrôle du territoire martyr, en déployant des équipes sanitaires au profit des colons. Le contrôle biologique du territoire est dévolu à la Maison Dalyoha, qui encadre l'expression du « patrimoine génétique » par ses recensements et son suivi du peuplement colonial, mais aussi par la plantation de vergers OGM strictement contrôlés, dont la propriété lui revient : les habitants ne disposent que de l'usufruit des fruits. La production alimentaire et les moyens de santé, deux leviers essentiels pour assurer la survie des colons et leur développement, sont aux mains de la Maison Dalyoha dès le début de la colonisation. Rien ne change après le coup d'Etat luciférien, ni après l'intronisation de Balsilek Ishaq et de la « République actionnariale du Désert rouge », qu'on ne manquera pas d'appeler « Communes-Unies » après un énième ravalement de façade. Au contraire, les activités des Laboratoires se développent, conformément au projet initial de la colonie : le contrôle biologique reste assuré jusqu'à aujourd'hui, liant le projet colonial à la propriété capitaliste de Blaise Dalyoha sur l'entièreté des espèces cultivées et domestiquées sur le territoire. Le monopole sur le vaccin frontalier conditionnant l'entrée sur le territoire lui revient également, donnant un contrôle de fait sur les entrées et sorties de territoire. La Compagnie rachète tout spécimen autochtone et défend sa suprématie en interdisant l'émergence de quelque concurrent que ce soit : conformément à ses intérêts historiques, le clan se positionne seul et sans rival sur le monopole de la ressource biologique. La Maison Dalyoha se dote ainsi d'un pouvoir bien plus conséquent et bien plus réel que ne le laissent supposer les nouvelles institutions de la « Kabalie rouge ».


Le projet ÉDEN ROUGE

La CRAMOISIE© est le produit de Carnavale. On l'a vu à l'épisode précédent : elle est la planche de salut d'une économie carnavalaise atrophiée par l'hyperinflation, et d'une aristocratie atteinte du complexe infantile de toute-puissance. Synthèse des intérêts religieux de Pervenche Obéron et de l'appétit biolucratif de Blaise Dalyoha, la colonie avance à la fois comme un projet idéologique et comme un programme d'infrastructures inédit. Derrière un discours millénariste aisément remplaçable par un nouveau charabia progressiste-luciférien-humaniste-communaliste, c'est une politique très concrète et constante qui caractérise le colonialisme exterminateur de la CRAMOISIE©. Le Projet ÉDEN ROUGE est mentionné dès les premières heures de l'entité, et c'est pour son deuxième actionnaire principal un enjeu central : isolée sur Bourg-Léon du fait de la puissance Obéron puis de la guerre contre l'OND, la Maison Dalyoha en déclin relatif depuis quelques décennies espère redorer son blason par un projet technofuturiste sans égal. Loin de rechercher la seule autosuffisance alimentaire ou le monopole sur les semences agronomiques, les Dalyoha utilisent le projet colonial pour déployer une science génomique prétendument sans égale. Les plants OGM viennent pourvoir à tous les besoins, mais surtout, les projets des horticulteurs importés de la Pharmacopée s'étendent au territoire tout entier. La grande forêt OGM est depuis longtemps un projet de Blaise Dalyoha, comme le relève la presse cramoisienne : d'un « vaste verger » attendu pour 2017 par les premiers génocidaires arrivant en Afarée, en passant par « le jardin d'Eden rouge » des satanistes antagonistophiles du passage à vide armageddontien, puis par le « paradis » espéré des Lucifériens et promis ardemment par le Pape Noir Bartholoméon de Petipont, jusqu'à la « reforestation » de la « Kabalie rouge », c'est bien le « miracle » de la science Dalyoha qui est attendu par l'entité coloniale. Le passage du temps, les différents dirigeants, la valse des orientations idéologiques et les rebondissements sans fin de la politique interne cramoisienne n'ont en rien entravé, ralenti ou nui d'aucune manière que ce soit à la réalisation du grand projet de Blaise Dalyoha : celui d'un monde à sa seule main, soumis à son seul contrôle, peuplé de ses seules créatures. Contrôle du patrimoine génétique camouflé derrière les oeuvres sociales, contrôle des frontières, contrôle des semences agricoles et des fruits dans les arbres, contrôle des bestioles qui pullulent sur la terre et dans le sable, contrôle de la température, de l'humidité, de l'atmosphère par l'enfermement des cultures et des gens dans des serres et des cages en verre, contrôle des allées et venues au-dessus de l'espace aérien et en travers de l'espace souterrain, le projet paradisiaque marketté par la Compagnie Dalyoha n'est destiné qu'à un seul homme. Et ceux qui s'y soumettent, noteront ses « alliés. »


Technoféodalisme, futurisme, écofascisme : cinquante nuances de tropisme autoritaire

Antagoniste discret mais public, auteur du cauchemar carnavalais et kabalien, Blaise Dalyoha passe pour un simple collectionneur de voitures de course. Fiancé il y a quelques années à une bourgeoise de son cru, on le dit peu assidu aux conseils d'administration de ses entreprises : au Docteur Géminéon, il aurait délégué la gestion des affaires courantes. Entre le jeune propriétaire, âgé de vingt-quatre à vingt-cinq ans si l'on en croit sa date de naissance, et son fondé de pouvoir, qui commence à se faire vieux, qui influence l'autre ? De quel cerveau émane le modèle violent sur lequel est construite la puissance technologique et financière du Clan Dalyoha ? Qui a eu l'idée d'un projet brutal et agressif de colonisation et de re-terraformation d'un continent étranger ? Jusqu’où ira la génération d’une « humanité nouvelle » modelée dans la transgression et le traumatisme ? On l'a vu, la Compagnie imprègne et se laisse imprégner du climat guerrier et raciste qui sature l'atmosphère de Carnavale. L'analyse semble confirmer, derrière la surenchère de brutalité et de contrôle de tout manifestée par les Dalyoha, le souci de ne pas se faire dépasser par la véritable puissance ascendante à Carnavale depuis les années quatre-vingt : la Maison Obéron. Décapité en urgence lors de l'Armageddon't, le clan de Pervenche Obéron était en lice pour décrocher la primauté au sein de la Cité Noire, grâce à sa puissance industrielle, à ses missiles redoutables, et à l'aura inconstestée de son « impératrice. » Depuis 2016, l'effondrement de ce concurrent aurait dû ouvrir la route à la vieille maison de Bourg-Léon : avec la reprise en main du projet CRAMOISIE©, celle-ci doit lutter contre de nouveaux concurrents soumis mais indisciplinés. Mais comment gérer cette lutte ? Entre le naïf Blaise et le sénile Géminéon, qui porte la culotte ? Quelle mémoire transcendant les âges pousse Dalyoha à se battre pour sa suprématie ? Comment la pauvre nation de Carnavale a-t-elle pu accoucher de projets génocidaires et écofascistes ? Pourquoi la Maison Dalyoha semble-t-elle aujourd'hui prête à sacrifier jusqu'aux équilibres biophysiques de la planète Terre pour conserver ses profits ? Mais surtout, la question que tout le monde se pose : que s'est-il passé le 14 mars 1916 chez Madame Ulexandre ?



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Déclaration de S.E. Madame l'ambassadrice, Halide Buldan
Droit de réponse
07.03.2019


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Et que la Paix soit sur nos lecteurs. Le 2 mars 2019 dernier, il y a tout juste quelques jours, un article est paru dans la grande institution de presse kah-tanaise Akai Kagami, signé de la main de Monsieur Créon Louverture. Cet article m'a été déposé alors que je revenais de ma course matinale, le long des quais de l'Université communale d'Axis Mundi, qui bordent le grand lac et ses reflets. Les pruniers au teint rouge venaient de perdre leurs pétales ; sous les premiers bourgeons des cerisiers je venai de parcourir mon trajet quotidien, qui me fait traverser et connaître ce pays kah-tanais que j'aime tant, et ses habitants étonnants et joyeux. Ma douche prise, j'ai pris connaissance de cet article. J'ai l'honneur de proposer au lectorat et à Monsieur Louverture une contradiction officielle, en m'efforçant de m'exercer à l'art kah-tanais du débat contradictoire et de la pensée dialectique, qui sont au fondement de vos valeurs et de votre culture si unique, chers lecteurs de l'Akai Kagami. Ce droit de réponse démocratique intervient d'abord pour honorer la contribution de Monsieur Louverture à l'information du public en la complétant et corrigeant ses approximations, ainsi qu'en répondant à de cruelles attaques. Il intervient ensuite, sur un plan plus grave, pour adresser une réponse solennelle à des faits importants caractérisés par Monsieur Louverture dans son intervention : le bafouement de la mémoire de nos hommes, ainsi que la trahison de la confidentialité diplomatique et des règles de l'hospitalité.

Ainsi au préalable, je souhaite renouveler mes condoléances à la famille de nos pilotes, Farid al-Meqtali et Usman Bhurzan, tombés pour leur pays et pour la protection de la stabilité continentale le 29 décembre 2018 dernier, lors d'une embuscade tendue par des aviateurs des ex-milices Obéron. Nous venons en effet d'apprendre le décès d'Usman à l'hôpital. Engagés par l'Azur pour défendre la sécurité d'un pays ami et allié, je réaffirme le soutien et l'affection de la nation à ces jeunes hommes de vingt-six et vingt-sept ans loyaux et courageux. Je déplore l'infamie sous-jacente à une allusion du texte de Monsieur Louverture, qui qualifie le résultat de la mission de Farid al-Meqtali et Usman Bhurzan comme une triviale « cargaison de viande. » Cet humour offensant, digne des pires caricatures de la revue d'art raciste et colonial CRAMOIZIZI, appelle correction ou excuses de son auteur vis-à-vis de la grand-mère endeuillée de Farid al-Meqtali et de la famille d'Usman Bhurzan. J'adjoins Monsieur Louverture à revenir au respect de ceux qui risquent leur vie et la perdent pour la sécurité de leurs proches et l'amour de leur pays, si l'intention de l'auteur était de produire un trait d'esprit offensant.

Au global de cet article, je tiens à souligner la cohérence de vues de Monsieur Louverture, et à répondre du mieux que je puisse à de nombreuses assertions qui ne sauraient se passer d'un droit de réponse. Monsieur Louverture structure son article en quatre parties : « Méthodologie et contexte », « Rupture entre le Diwan et la Majlis al-Nujum », « Paternalisme au Gondo, panique face à Carnavale » et enfin : « Pour une politique de la lucidité. » Il y réalise des analyses qui lui appartiennent, à partir de son interprétation des faits mais aussi de documents « exclusifs » qu'il prétend citer avec plus ou moins d'exactitude.

Les vues de Monsieur Louverture sont cohérentes : elles sont effet toutes articulées dans l'objectif de nuire au lecteur en lui présentant un tableau radical et sombre de l'Azur en tant qu'Etat. Il faut repartir des faits, que l'auteur tronque de façon assumée : il n'hésite pas à élaborer à partir d'éléments « caviardés » et de propos rapportés, non vérifiés, non contextualisés, donnés en pâture comme par un tabloïd.

Par ma voix, l'Azur n'a aucune difficulté à répondre aux points soulevés. Le premier d'entre eux est celui de la structure institutionnelle de notre pays. Nous remercions Créon Louverture pour sa lecture attentive de nos institutions : peu s'en donnent la peine. Néanmoins les précisions suivantes s'imposent. L'auteur souligne la différence de registres entre le Khalife et le Diwan. Celle-ci est inscrite dans notre Constitution : en tant que mujtahid mutlaq, Son Altesse Sémillante guide l'interprétation de la Loi Divine pour toute la nation. Celle-ci structure la vie des musulmans et de notre Etat islamique. Le Diwan s'occupe de lois séculières, de règlements et de budgets. La nature de leurs attributions est fondamentalement différente. Créon Louverture n'a pas besoin de mépriser cette ordonnancement pour lui sans doute exotique des choses. L'usage de qualificatifs médicaux, peignant notre Etat comme atteint de « pathologies », de « schizophrénie », produisant un comportement « irrationnel » et « décompensatoire », n'est pas approprié pour décrire une culture politique que l'auteur ne connaît pas et ne comprend pas, et qui, en s'organisant sur un modèle constitutionnel, un régime de droit et des valeurs anthropologiques simples, n'a aucune raison d'exciter le désarroi. L'Azur n'est pas construit sur l'inversion des valeurs. Notre système politique n'a rien de particulièrement outrageant. Certains autres pays qui affirment en revanche cette inversion pourraient attirer beaucoup plus facilement la critique de Monsieur Louverture et ses procès en rationalité et en perversion. Cela étant, comparer l'Azur à un personnage schizophrène est moins infamant que l'auteur le voudrait, surtout d'après ses propres critères. Le schizophrène n'est-il pas en résistance contre les structures, prisonnier de son insoumission, lucide parmi les psychopathes, donc un modèle libertaire ? Quel rapport avec un Etat islamique ?

Je laisse l'auteur à ses méditations sur le système azuréen pour clarifier des points concrets de géopolitique, qu'il associe en faisceau alors qu'ils sont distincts. Créon Louverture voit dans l'attitude azuréenne sur les points suivants — guerre civile au Gondo, ordre mondial, partenariats stratégiques — une incohérence globale : à chaque fois cette analyse est faussée par manque de rigueur, le lecteur doit voir cette analyse complétée par mon intervention.

Sur le Gondo : la guerre civile gondolaise est un conflit latent, interrompu une première fois par des accords de paix négociés sous l'égide de l'Althalj : les accords d'Icemlet. Ces accords prévoyaient un cessez-le-feu et un processus de réconciliation garantissant l'unité territoriale et la continuité du système politique gondolais, en vue de résoudre son fractionnement. Ces accords ont été brisés, et l'Azur a toujours eu pour position d'appeler à leur réinstauration. Il n'a jamais affiché de soutien à une faction contre une autre, et ne s'est jamais prononcé sur la nature du régime qu'il fallait instaurer au Gondo : loin de toute ingérence, cette décision revient aux seuls Gondolais et à leurs institutions. C'est une différence fondamentale avec le Kah, qui soutient et arme une faction, « l'Armée démocratique », en vue de promouvoir son idéologie. Cette différence fondamentale n'avait à l'époque suscité aucun article rageur de Créon Louverture : face à l'ingérence néocoloniale de la Clovanie dans les affaires internes du Gondo, le Kah et l'Azur ont eu un dialogue suivi afin d'obtenir le départ des troupes clovaniennes alors engagées sur le terrain. En 2015, moment fort de la guerre civile, l'Azur n'avait pas lancé son programme balistique ni acquis les moyens militaires qui lui auraient permis de jouer un rôle militaire dans la crise. Il n'avait aucune intention d'ailleurs d'improviser une quelconque opération de changement de régime, vu la nature complexe du conflit gondolais, opposant non pas des colons à des indigènes comme dans la théorie simpliste des méconnaisseurs, mais des Gondolais entre eux animés par des sources de légitimité contradictoires : « révolution » d'un côté, « ordre institutionnel » de l'autre, et « droits nationaux » dans le cas des factions G.A.L.K., du mouvement pitsi et du mouvement likra. Ce guerre fratricide n'est pas pure ni souhaitable, et personne n'y est innocent de ses responsabilités : le gouvernement d'avoir fait appel à des troupes néocoloniales, l'opposition d'avoir recouru à la lutte armée et parfois à des mines antipersonnels contre les populations civiles. Le conflit gondolais est complexe et mérite mieux que des jugements simplistes. La vision azuréenne du conflit gondolais est d'ailleurs partagée depuis longtemps par l'Althalj et le Finejouri, et cette commune entente de vues s'est exprimée à de nombreuses reprises pour appeler non pas à la victoire d'une faction sur les autres, mais au cessez-le-feu et à la réconciliation des factions entre elles. Le Gondo illustre l'approche pacifique et multilatérale de la diplomatie azuréenne, en ce qu'elle s'est construite avec une trentaine de signataires d'une déclaration commune proposée avec le royaume de Teyla, soutenue par l'Althalj, le Finejouri, le Banairah, le Jashuria, Sainte-Marquise, Westalia, et combien d'autres précieux partenaires du Grand Kah, qui n'ont pas soutenu la stratégie kah-tanaise de soutien à une faction en lutte armée, mais la stratégie althaljire définie à Icemlet en 2014, d'appel à la paix et à des discussions associant l'ensemble des acteurs en vue d'une solution consensuelle.

Cette vision azuréenne sur le Gondo est la traduction parfaite de son approche de l'« ordre mondial pacifique » qualifié par Créon Louverture. Elle s'est initiée au Gondo et concrétisée ensuite par la création de la plus grande organisation continentale en Afarée : le Pacte afaréen de sécurité, et son Conseil, où se discutent de façon transparente les enjeux du continent, permettant de définir par des votes au consensus des positions et des actions communes. Le Pacte a ainsi proposé de nombreuses initiatives pour la paix, la sécurité et l'inclusion continentale, y compris à des partenaires non afaréens. Le multilatéralisme azuréen s'est démontré pendant des années pour proposer des résolutions collectives des problèmes : zones maritimes souveraines, propriété intellectuelle et protection des brevets technologiques, préservation de l'environnement, promotion de la culture et de la science du désert, et combien d'autres initiatives à destination de la communauté internationale, sans distinction idéologique ni antagonisme. Ouverture et souhait de coopérer avec tous les pays du monde sans a priori caractérisent la posture diplomatique azuréenne, qui est une posture de travail en vue de réalisations concrètes, non de voeux pieux. L'Azur est bel et bien un interlocuteur sérieux : et c'est par sérieux, rigueur et éthique qu'on ne saurait ne pas voir que l'« ordre mondial pacifique » est mis devant le fait accompli d'un génocide et de la colonisation brutale et déclarée. La question cramoisienne explose à la face de tous ceux qui promeuvent une vision mondiale des problèmes. Va-t-on laisser faire le crime ? Depuis trois ans, l'Azur défend une diplomatie exigeante face aux criminels. Il n'est responsable d'aucune « agression » contre les véritables agresseurs, qui sont les Dalyoha. L'attitude de la communauté internationale vis-à-vis du génocide, de la colonisation et de l'occupation, de la privatisation de la santé et de l'environnement, et de la destruction des écosystèmes entamée et poursuivie par la Maison Dalyoha est en train de se définir. Ceux qui promouvaient hier le multilatéralisme, la justice et la paix sont au défi de la réalité contemporaine. Entériner l'impunité d'un agresseur ne fait partie du programme d'un « ordre mondial pacifique » : il faut des mécanismes adaptés et une résolution concrète des enjeux, capable de réunir la communauté internationale plutôt que de la diviser. En ce sens, et malgré des réserves publiques sur la pertinence de cette stratégie après les échecs précédents du dialogue, l'Azur soutient le projet du Finejouri et de l'Althalj d'établir une mission de surveillance en Cramoisie pour juger de l'évolution de la situation. Il soutient également le désarmement chimique de la Maison Dalyoha, conformément au traité PFC-ACM, promu par le Grand Kah. L'Azur valorise les solutions proposées par ses interlocuteurs dans un cadre multilatéral, en 2019 aussi bien qu'en 2015.

Créon Louverture aborde enfin la question de la relation bilatérale azuro-kah-tanaise. Il y décrit un revirement supposé de l'attitude d'Agatharchidès vis-à-vis du Kah. Cette analyse est parfaitement erronée : les relations entre nos deux pays sont excellentes. J'ai eu l'occasion de le réaffirmer il y a à peine quelques mois en rendant visite à des associations culturelles. Nos deux pays partagent un accord de coopération maritime, des liens culturels et économiques, de nombreuses positions convergentes, en particulier sur la question humanitaire : l'Azur et le Grand Kah ont régulièrement évoqué un projet commun pour définir une convention internationale humanitaire, en vue de limiter les dégâts des conflits inévitables sur les populations et sur les territoires. L'Azur a approuvé l'action kah-tanaise pour mettre un terme aux armes chimiques carnavalaises, tout comme il avait approuvé la défense de la souveraineté altrechtoise, et dénoncé le bombardement des aéroports civils en Mährenie. Des prises de position qu'on ne saurait qualifier d'« opportunisme précaire », comme le fait Monsieur Louverture. Sur ces questions graves, l'Azur a fait entendre sa voix, là où bien des partenaires du Grand Kah ont préféré un silence stratégique qui ne leur pourtant vaut pas de billet d'humeur dans l'Akai Kagami. Grâce au partenariat azuro-kah-tanais et au « Contrat du siècle », l'Azur est désormais en mesure de dissuader les agressions et de faire peser sa vision multilatérale autour de lui. La résolution diplomatique du conflit ouvert entre l'Antérie et l'Ouwanlinda est une preuve qu'une diplomatie bien dotée est efficace : par un langage ferme, mais ouvert à la négociation, l'Azur et ses partenaires ont résolu une grave crise diplomatique. L'unité afaréenne en est sortie renforcée. L'escalade entre le Churaynn et l'Altrecht, puis Karty, a ensuite pu être enrayée efficacement grâce au poids stratégique de l'Azur. L'auteur de l'article y voit la défense d'un Etat paria : au contraire, nous voyons dans le rapprochement entre l'Azur et le Churaynn une voie prometteuse pour limiter les désordres et articuler une réponse claire des Etats afaréens face à leurs agresseurs. Ainsi, le Churaynn et l'Azur se sont organisés pour faire face à la menace néoraciste du B.N.E. et celle-ci a été écartée, sans qu'un seul missile ait eu besoin d'être tiré. Monsieur Louverture dénonce le maintien de relations diplomatiques avec le Churaynn : mais que propose-t-il exactement ? Même le Grand Kah pratique la diplomatie avec le Churaynn. La dissuasion est un levier de progrès. De même, la force azuréenne, en s'adjoignant à celles du Pacte afaréen de sécurité présidé par le Finejouri, a permis la décolonisation rapide et claire de la Zentralafareen garmflüssensteinienne, au profit d'un processus pacifique et coordonné. L'Afarée centrale indépendante a rejoint le Pacte afaréen de sécurité, qui garantit sa pleine inclusion au dialogue continental et la solidarité du continent contre ses éventuels reconquérants. Ces réalisations n'auraient pas été possibles si l'Azur n'avait pu y peser de son poids. Le partenariat stratégique azuro-kah-tanais s'inscrit donc bien dans la poursuite des objectifs partagés et des principes affichés de multilatéralisme et d'ordre mondial pacifique.

Créon Louverture est pourtant catégorique : selon lui, les relations azuro-kah-tanaises devraient être interrompues, au profit de relations « sans complaisance » et de l'abandon de projets communs. Je ne crois pas que le Comité de Volonté Publique, qui assure la gestion des affaires extérieures, se reconnaîtra dans la « complaisance » dénoncée par l'auteur : il n'y a aucune complaisance entre l'Azur et le Grand Kah, et le dialogue prolifique entre nos deux pays montre les points de convergences et les divergences d'approche qui existent. Cette relation est riche : j'appelle plutôt à la préserver et à la cultiver, dans le respect des différences et la sincérité du dialogue. Rien ne justifierait l'abandon de projets communs, tels que le traité international sur la mer élaboré dans les discussions bilatérales, le désarmement chimique déjà concrétisé par le PFC-ACM, ou encore la convention internationale humanitaire qui est évidemment nécessaire face aux crimes de guerre constatés à de multiples endroits. Le public kah-tanais est témoin de ma réponse à Créon Louverture : non, nous n'avons décidément pas fini de coopérer pour le bien de nos populations respectives.

La coopération entre Axis Mundi et Agatharchidès est historique, féconde et prometteuse. Elle est cependant abîmée par des faits importants que je dois souligner ici. Créon Louverture, dans son article, prétend avoir eu accès à des conversations diplomatiques cryptées et retranscrire des discours tenus à huis clos, au plus haut sommet, lors de la visite de Son Altesse Sémillante à Axis Mundi. Naturellement, je déplore l'usage fallacieux de ces documents pour manipuler le lectorat, et je demande à Monsieur Créon Louverture de faire preuve de professionnalisme et de déontologie, en s'abstenant de livrer au public des documents « caviardés » dont le troncage du contenu vaut déformation malhonnête des propos abordés. Contrairement à ses affirmations, l'Azur n'a aucun problème de schizophrénie.

Je déplore que de tels documents aient pu parvenir, tronqués donc inutilisables, dans les mains d'un « journaliste » à charge contre un pays ami du Grand Kah. Rompre la confidentialité des échanges diplomatiques de façon unilatérale et orientée à des fins malveillantes ne peut être que la conséquence d'un accident et de dysfonctionnements internes au Grand Kah. Non seulement pour la sécurité de l'Azur, qui est ainsi bradée de façon inconsciente, mais pour celle de tous les sujets sensibles gérés à huis clos par des diplomates professionnels, cette opération de caviardage malveillant est un risque majeur. Il serait ainsi inacceptable, par exemple, que des échanges privés entre le Grand Kah et Carnavale soient diffusés de façon tronquée et malhonnête alors que le Commissariat aux Affaires extérieures est en ce moment même occupé à gérer la crise sanitaire à Carnavale. Les humanitaires kah-tanais ont été exposés à des armes chimiques tirées par la Maison Dalyoha et je suis certaine que le Comité de Volonté Publique n'a pas besoin de voir son travail mis en difficulté par des fuites inopportunes, alors que la vie de centaines de personnes est en jeu, et que le risque d'une pandémie mondiale s'accroît. La confidentialité des échanges diplomatiques et l'information du grand public sont nécessaires ; leur synthèse ne saurait être le colportage de documents caviardés, qui nuit aussi bien à la sécurité nationale qu'à la conscience publique. Monsieur Louverture a commis une faute professionnelle indiscutable, permise par un dysfonctionnement interne aux services diplomatiques du Grand Kah. Les rumeurs attribuant à Son Altesse Sémillante ou à ses services des déclarations sont fondées sur une manipulation déplorable des faits et une déloyauté vis-à-vis de la délégation azuréenne, accueillie officiellement à Axis Mundi, entendue à huis clos. L'enregistrement non consenti du plus haut personnage de l'Etat azuréen, la déloyauté vis-à-vis du Khalife en tant qu'invité officiel du Grand Kah, sont des ruptures graves des règles de l'hospitalité. En Azur, c'est une très grave transgression, et un profond déshonneur pour celles et ceux qui s'en rendent coupable.

Créon Louverture ne connaît visiblement que très mal la culture azuréenne, sa pratique de la diplomatie, sa pensée, son système de valeurs et ses préoccupations. Je n'attribuerai donc ses propos qu'à des malentendus et des erreurs. Les conclusions radicales qu'il tire au sujet de l'Azur sont fausses, et il devrait le reconnaître publiquement. S'il maintient ses propos, je serai ravie qu'il participe à la prochaine conférence de presse du Grand Vizir, Afaghani Pasha, chef de la diplomatie azuréenne depuis 2004. Ce sera l'occasion de confronter les arguments de façon loyale et publique. En tant qu'ambassadrice, je m'engagerai à permettre à la presse kah-tanaise de participer à cet événement, car je crois que le grand public appréciera d'être informé avec exigence et professionnalisme. Créon Louverture s'honorerait à un tel exercice : les Azuréens détestent les lâches et les hypocrites, mais ils respectent l'intelligence et le courage, y compris, et même surtout chez leurs adversaires. La culture azuréenne est fière mais pas rancunière. Créon Louverture pourra démontrer qu'il possède ces qualités à l'occasion de cette conférence de presse, qui sera annoncée bientôt, et qui couvrira essentiellement le sujet du déploiement azuréen à Carnavale, ainsi que d'autres sujets.









11839
La (re)naissance du S.A.C (Service des activités celtiques)

Les hommes de Carlos Pasqual


a
Ettore Bertaggia, un simple officier de marine...


"Excusez moi signora: connaissez vous la rue des soupirs ?"


La question venait fredonner aux oreilles de la mama coupant ses poivrons à son étal. La vieille femme est toujours là, sur la place San Ciro, à l'ombre de la chapelle du même nom, tous les mardis à la même heure, et elle fait la même chose depuis soixante ans: couper ses poivrons. Elle sourit. Etorre Bertaggia, novice dans cette ville, est sur le point d'apprendre la règle la plus élémentaire de la cité velsnienne: rien n'est gratuit, pas même les informations les plus simples. Le vieux cœur de la cité velsnienne est un dédale de ruelles étriquées qui ne donne rien à voir d'une capitale d'un ensemble territorial se voulant troisième puissance mondiale: marcher trois pas, c'est se perdre deux fois. Tout a une valeur, jusqu'au temps gagner à se retrouver. La vieille femme le fixe, tout en continuant à couper ses poivrons en petits cubes d'une taille parfaitement identique, quand bien même elle n'a pas les yeux dessus.

"Regarde toi mon garçon: tes bottes sont magnifiques, et tu es tiré à quatre épingles comme un gentilhomme: cherche tu un palazzo où frayer avec des gens puissants ? Ou bien...serait-ce un uniforme de la Marineria que tu portes ? Je vous reconnais à tous les coups. Non ?"


Bertaggia se regarde de la tête aux pieds. Il est vrai qu'il n'est point discret: ses bottes sont tellement cirées que l'ont peut y voir son reflet, son surcot bleu est impeccable et fraichement repassé et ses épaulettes brillent au soleil. Ettore est prêt pour une parade, il va sans dire. Les officiers de la Marineria arrivant à la capitale sont toujours les mêmes: des jeunes gens de bonne famille au visage glabre comme lui l'est. Loin des gens de la Garde civique qui eux, sont réputés mal élevés et le plus souvent issus des rangs du peuple. Ettore est quelque peu prit au dépourvu de la tournure de la conversation, et babille fébrilement:

"En effet, signora. Pourriez vous m'indiquer le chemin de la rue des soupirs ? A vrai dire, je suis un peu perdu."


La mama pose enfin son couteau et essuie ses mains sur un torchon qui est assez sale pour rendre le geste inutile, plus proche du réflexe pavlovien que d'un soucis d'hygiène. Son sourire ne la lâche pas.

"Oui je sais où c'est jeune homme, mais est-ce que tu aimes les poivrons ? Ceux là sont très jolis, et viennent tout droit du Chandekolza. Je les fait transiter par la Nouvelle Kintan pour pas cher..."


Encore une fois, la vieille femme détourne la conversation, sans jamais perdre sa bonne humeur. Ettore se fait embarquer comme un bleu.

" Oui oui je suppose. Oui j'aime bien les poivrons, surtout les verts."


" Je n'ai plus de ceux là malheureusement jeune homme, mais si tu prends 200 grammes de ceux que j'ai là, alors je te dirai où est la rue des soupirs."

" 200 grammes ? Mais signora, ce serait suffisant pour assaisonner les repas d'une armée wanmirienne pendant six mois !"


La vieille dame ne répond pas, et semble prête à reprendre son couteau et retourner à ses affaires, un geste qui suffit à faire craquer le marinisti, ainsi qu'on appelle ces officiers un peu naïfs.

"Bien bien, je prends tout !"


" Et bien voilà... Suis le canal San Ciro jusqu'à la jetée de San Stefano, puis suis le grand canal jusqu'à le forum San Stefano. Puis, tu vas deux rues plus loin: il y une petite artère avec des fils à linges qui relient les maisons de partout."

" Merci signora. Vous êtes ridée mais vous êtes forte en affaires. Mettez les mois dans un sac en papier s'il vous plait. Six florius, c'est ça ?"

" C'est justement car je suis ridée que je suis forte en affaires. Bonne journée, marinisti."


Ettore pense très fort: "Note à moi-même: ne plus porter l'uniforme.". L'homme est jeune, mais apprend vite, imprime rapidement les gestes et les reflexes, adopte les coutumes et les usages avec une facilité stupéfiante. Jeune certes, mais dont on loue déjà le sens pratique et l'intelligence malgré sa naïveté de façade. Sinon, pourquoi l'aurait t-on convoqué à Velsna, au siège de la Segreda, le service de renseignements de la Grande République. A deux rues du Palais des Patrices, on pourrait se croire dans l'arrière cour d'une maison malfamée: la façade ne paie pas de mine et ressemble à celle de n'importe quelle demeure bourgeoise, à l’exception faite d'un écriteau avertissant de la présence d'un chien...qui s'avère être un gentil labrador en laisse qui vient tourner autour d'Etorre. Il y a un peu de passage, des jeunes gens comme lui, et des moins jeunes, dont les regards ne se croisent pas. La première impression est légèrement décevante, mais une fois passé la porte, le carrelage et le jolie chandelier pendu au plafond lasse paraître un endroit plus grand et plus beau de l'intérieur qui ne l'est de l'extérieur, comme une toute petite voiture dont on ne soupçonnerait pas la réalité de l'espace à y mettre pour nos jambes. La secrétaire qui garde les lieux fait crisser son stylo sur un carnet, ne levant guère les yeux vers le marinisti, pas même lorsque celui-ci fait exprès de claquer des talons sur le carrelage avec ses bottes lustrées, et racle sa gorge bruyamment, avec son sac de poivrons à la main. Elle est plutôt jolie, peut-être a t-il ses chances... Il s'approche et penche la tête vers son pupitre:

"Signora. "Dispose d'une monture et fort enclin à la cour à ces dames". C'est "Cavalier", en huit lettres."

"En effet."


a

Quelle froideur... pourtant de loin, son visage n'est pas fermé, ses yeux sont brillants et ses gestes ne le laissent pas deviner. "Je suis rouillé...", pense Ettore. Tant pis.

"Excusez moi: j'ai rendez vous avec son excellence Giulano Augustini, premier secrétaire du S.A.C. Vous savez où c'est ?"

"Oui, dernier étage. Essayez de ne pas faire attention au bazar, son "excellence" ne s'est pas encore "approprier les lieux"...Ce sont des poivrons ?"

"Oh. Euh. Oui. Longue histoire. Une histoire de marché, ou plutôt de racket. Vous les voulez ?"

"Posez les sur le bureau, je leur trouverai une utilité."


En posant le sac sur la table, le jeune officier se penche à nouveau au dessus du pupitre. La secrétaire, à nouveau, le regarde toujours aussi froidement:

"Il y a quelque chose ?"

"Carne."

"Pardon ?"

"Femme acariâtre, méchante et laide. En cinq lettre, ici."


Il pointe du doigt une colonne de ses mots croisés.

"Oh. Merci."



Carne ou pas, la secrétaire avait raison: le dernier étage n'est qu'une forêt de cartons sous les combles du toit: froid en hiver, chaud en été. L'ai y est plus humide qu'au rez de chaussée, et cela se voit: le SAC est une "recréation" récente, la plupart des portes des bureaux n'ont même pas de noms pointés sur leurs plaques. "Dans quoi est-ce que je me suis fourré...", pense Ettore. Heureusement pour lui, il y en avait une au bout du couloir avec une plaque gravée: celle qu'il cherchait. La porte est déjà entre-ouverte, et un boucan assourdissant transperce la charnière de la porte pour se loger dans les oreilles de l'officier. Il racle à nouveau sa gorge, et déglutit, avant de frapper. Il a le temps de taper de la main sur ses deux bottes bien cirées, avant qu'une voix ne l'interpelle:

"Entrez !"


Derrière un bureau, un homme debout sur sa chaise en train d'accrocher un tableau, que Bertaggia semble reconnaître:

"Bataille de la Wetter, par Enrico Bernoldi. C'est une très belle toile, excellence Augustini ?"


L'homme sursaute, et se retourne vivement. La première pensée de Bertaggia à son attention: "Mais quel âge a t-il ?". L'officier s'attendait à y rencontrer une personne âgée, comme ile st de coutume dans tous les services qu'il a connu et à tous les postes. Il tombe sur un homme qui ne paraît pas être beaucoup plus vieux que lui. Cela pouvait supposer deux choses: soit ce dernier était remarquablement doué pour qu'on eut laisser atteindre une telle position, soit personne au Gouvernement communal ne misait quoi que ce soit sur son poste, ou bien les deux... Augustini arrange sa crinière brune, en arrière, légèrement ébouriffée par l'apparition soudaine du marinisti. Il était maigre, nerveux et vif, les yeux légèrement enfoncés dans leurs orbites, moins bel homme qu'il ne l'était lui-même, c'est évident:

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" En effet, c'est cela. Mais où ai-je la tête. Prenez place comito Bertaggia. J'espère que l’accueil au rez de chaussée ne vous a pas trop bousculé. Nous avons une secrétaire...particulière. Elle est gentille, mais le cache bien."


Ettore s’assied, la chaise craque un peu sous son poids pourtant loin de la surcharge.

" Cela m'a sauté aux yeux... "

" Mais bref, comme vous pouvez le constater, notre service est jeune. Cette expérience est avant tout perçue comme un "test" par ma hiérarchie. Mais entre nous, je pense qu'on a essayé de se débarrasser de moi..mais BREF...saviez vous au moins pourquoi nous vous avions fait venir ?"

" En réalité...non, excellence."

"Ah. Où commencer. Eh bien, commençons par vous, comito ! Vous êtes donc intégré dans la Marineria depuis 2014, avec le poste de comito/quartier maître de l'Esquilin depuis mars 2018. Vous avez des états de services corrects sans être flamboyants pour autant: vous avez officié au Chandekolza durant l'opération militaire de 2017. Cela pourrait vous surprendre mais tout cela ne m'intéresse pas trop. En revanche...vous êtes né à Velathri, en Achosie du Nord, ce qui suscite mon attention bien davantage. Et vous avez écrit un certain nombre d'écrits sur je cite "la doctrine de la petite guerre en Achosie du Nord de 1982 à 1997", ainsi que "L'état géopolitique de l'île celtique en 2016", ce dont votre commandement a cru bon de remettre...à nous, le Segreda, et dont nous avons fait fort bon usage. Et en plus de ça, vous parlez syncrétique. C'est parfait."

"C'est un travail de fin d'études un peu brouillon, excellence, si je puis me permettre."

" Ne vous dévalorisez pas, comito, ce n'est pas vous qui prenez la poussière dans ce bureau. C'est un constat: vos travaux ont eu des lecteurs très hauts placés, qui ont su profiter de vos prédictions sur l'évolution de la situation politique de l'île celtique ces dernières années. Dites moi: comment vous ai venu l'idée de préconiser, dans votre deuxième étude, de laisser se faire le rapprochement entre le Kah et Achos ? "

"Cela me semblait simple, excellence. Tant que le gouvernement achosien actuellement en poste est en place, nous n'obtiendrons jamais de relations plus bonnes que celles de l'ordre de la méfiance. Il fallait donc choisir vers qui nous allions laisser l'Achosie tomber dans le sbras: l'OND ou le Kah. Or, l'OND n'a eu de cesse de vouloir fortifier des liens, avec Menkelt, ce qui a déjà été fait, et avec Achos. En laissant Achos se rapprocher du Kah, nous avons ainsi coupé court à cette perspective qui nous aurait cornérisé sur l'île, et paradoxalement, nous avons affermit notre propre position en laissant à la fois le Kaj et l'OND développer leurs réseaux en île celtique. Il est désormais peu probable qu'Achos ne constitue un danger pour l'intégrité territoriale velsnienne compte tenu de ces liens nouveaux. Ils sont coincés, paradoxalement."


Augustini se lève de sa chaise, voyant se dessiner sur son visage l'expression d'une joie qu'il peine à dissimuler.

" Vous voyez, excellence. C'est pour cela que je vous avez été convoqué ici. A vrai dire, je pense que vous pouvez ranger vos bottes, votre uniforme et tout le reste. Devenir le représentant d'un consulat aux îles Marquises cela vous intéresse ? Enfin non, je vous le pose comme si c'était une question, en réalité c'est plutôt...un ordre de votre hiérarchie."

"...Pourquoi donc ?"

" Je pense que vous ne vous vous rendez pas compte du besoin criant de la Segreda d'experts dans le domaine de la géopolitique celtique. Et quel point ce problème revient sur la table depuis quelques années. Achos nous boude encore, l'AIAN s'est réveillée, et maintenant, voilà que des "indépendantistes" marquisois font irruption dans la presse par une petite lucarne. Et je vous le dis: une fous qu'on les laisse entrer par le fenêtre, ils ne repartent pas. C'est une affaire de sécurité de premier ordre pour notre cité: c'est le Maître de la Garde, son excellence sénateur Carlos Pasqual lui-même qui a ordonné la reconstitution de ce bureau, et il vous a choisi vous spécifiquement, afin, d'enquêter sur cette "émergence soudaine" de celtes. Vous aurez carte blanche quant à vos moyens, et vous serez considéré comme relevant d'une mission prioritaire. Alors ?"

" Alors..."

" Mais quel fou je fais, bien sûr que vous acceptez. Nous avons d'ores et déjà prévenu les communes kah tanaises et Marquises, ainsi que le Grand Kah lui-même de la constitution de ce consulat. Si nous les pensons pas spécifiquement hostiles à notre action si découverte, la prudence nous oblige à la discrétion. Montez donc ce consulat, rapprochez vous des pouvoirs locaux, et ensuite...commencez à déployer les agents qu'il faudra pour entrer au contact de ces organisations. Vous partez demain: je vous adjoins quelques agents à cette tâche, ensuite, vous vous débrouillerez."

"..."

" Je crois qu'il est temps de nous dire au revoir, comito...ou devrais-je dire votre excellence consul."


La porte se referme brusquement derrière l'officier. Il reste là, groggy, planté sur le palier. La descente des escaliers est plus longue que la montée. Lorsqu'il rejoint le rez de chaussée, le marinisti constate que la secrétaire n'est plus là. Mais, alors qu'il est sur le point de sortir, une voix féminine se fait entendre derrière lui.

" Monsieur le comito. Pensez vous que les poivrons se conservent bien ? Il ne faudrait pas les oublier aux Marquises..."


Bertaggia se retourne: le jeune femme de tout à l'heure avait changée du tout au tout. Elle rayonnait, les cheveux détachés, et d'un coin des lèvres, laissa s'échapper:

" Nous partons demain, donc ? Félicitations monsieur le Consul. Son excellence Augustini avait probablement hâte de me faire changer d'air à mois également, pour une raison qui m'échappe. Au fait, j'ai trouvé un autre mot: écornifler. Personne subissant une escroquerie. Dix lettres."


13959
Le S.A.C et les Marquises

Les hommes de Carlos Pasqual


a
Silvio Silvestri


Il faut tout connaître, il faut tout apprendre, et il faut tout garder pour soi. Les installations portuaires de Fort-Tempête venaient vomir ici, sur ces quais, des marchandises qui transitaient depuis le Paltoterra vers l'Eurysie, et inversement. Les Marquises étaient une endroit intéressant, parmi ceux qui formaient comme des "nœuds" entre les nations. Les chose s'échangent et s'obtiennent en des endroits de ce genre là, et Ettore Bertaggia, "monsieur le consul", observe les cargos défiler depuis l'écluse où il avait pris place. Le temps est humide, et on pourrait penser que jamais il ne s'arrête de pleuvoir. L'humidité le fait tousser, même si il n'est pas malade. Il a carnet et un stylo à la main, mais sa page est blanche. Le désormais ex-officier est planté là, au dessus de la jetée de l'océan: l’écluse vient de se rouvrir, et le torrent vient faire taire momentanément quelque pensée préoccupante: cet endroit est détestable, et Bertaggia le pense: les carnavalais et les kah tanais sont sans doute d'accord, eux aussi sur cet état de fait. Mais le "consul des Marquises" est toujours et en permanence obsédé à la fixette obsessionnelle qui est la sienne: celle de tour savoir, partout, tout le temps et autant que possible. C'est probablement d'ailleurs ce qu'Augustini a vu en lui, et qui l'a encouragé dans sa décision de lui confier la direction de cette cellule. Il y a un sentiment permanent d'insatisfaction à ne pas savoir: il se glisse sous la peau, il interroge, il harcèle son porteur. Une présence s'installe au pieds de son lit quand il cherche le sommeil le soir venu: il doit savoir, il doit tout savoir, jusqu'aux petits détails inutiles qui se trouvent sur les vêtements, derrière les sourires et les grimaces, derrière l'anodin des gestes les plus banals. Autant une bénédiction qu'une malédiction, l'attention maladive aux détails l'a servi tout autant qu'elle l'a desservi. Etorre réfléchit, les jambes pendues au dessus de l'eau: la Marineria, finalement, n'a jamais su quoi faire de lui. Être quartier-maître à la manoeuvre sur un navire de guerre demande des individus capables de prendre des décisions rapides sur un champ de bataille. Il était tout le contraire de tout cela. La vérité, c'était qu'il fut un officier médiocre au pire, moyen au mieux. Sa hiérarchie ne le pleurerait pas, pas plus qu'elle ne se souviendrait de lui. On s'était débarrassé de lui, manifestement.

Puis, il se met à sourire, de gêne, presque. Il y pense: que diraient les kah tanais si ils savaient qu'un Consulat tout entier avait été monté par un petit groupes d'espions d'un obscur bureau dont certains membres de la Segreda velsnienne ne connaissent même pas l'existence ? Assurément furieux, mais de quoi seraient-ils le plus en colère ? De savoir qu'une telle entreprise existe ? Ou de savoir qu'elle n'existe pas pour s'occuper d'un labeur prévisible et qui aurait été tout à fait logique. Les Marquises se tenaient là entre le Kah et l'OND. A quelques encablures des Marquises kah tanaises, Fort-Marin était le lieu de rassemblement de navires autrement plus armés que les cargos des quais de Fort-Tempête. Un point chaud qui en théorie, en ferait un nid d'espions parfait. Mais pas celui que les kah tanais imaginent, peut-être. Il suffit de l'imaginer, dans l'esprit de Bertaggia, des tortionnaires tenter de soutirer des aveux de sa personne, pour ne finalement apprendre que des espions velsniens n'étaient pas là pour s’immiscer dans les affaires du conflit le plus important du début du XXIème siècle, mais pour constituer un réseau de surveillance des populations celtiques locales. Cela en paraissait presque risible, et si il eut dit cela à voix haute et devant le miroir, Ettore rirait sûrement de lui-même. L'homme lui-même avait des doutes sur la pertinence de l'opération, et les motivations du SAC à se concentrer ici plutôt qu'en île celtique. Il suffit: il est temps de rentrer.

La nouvelle maison. Le nouveau foyer, pour peu qu'on puisse le nommer ainsi. Un drapeau velsnien vient donner de la couleur à la façade de pierres blanches. Le péron est battu par les vents marins des Marquises, qui ne cesse jamais de souffler, et de faire battre le pavillon de gauche à droite, puis de droite à gauche, encore et encore. Ce drapeau est exigeant, trop pour Etorre. Le jeune officier, comme tous les "velsniens", a deux patries, et un dicton qui va avec: "La cité d'abord, les velsniens ensuite". Velathri, la petite perle du nord, était sa patrie, davantage que Velsna, qui était cette ville lointaine à qui l'on envoyait ses taxes une fois par an. Peut-être les marquisois éprouvaient la même chose à l'endroit des kah tanais, à vrai dire, il n'a parlé à aucun d'entre eux depuis son arrivée ici. Cela arrivera comme chaque chose, mais le "Consultat" devait tout d'abord être constitué, et doté d'un ordre de marche clair et précis.

Comme à Velsna, la secrétaire s'est trouvée une place derrière son nouveau bureau. La question qui s'accroche aux neurones du marinisti, c'est pourquoi ? Augustini n'a point daigné faire don de beaucoup de détails, à l'exception que cette jeune femme devait fournir au nouvel agent du SAC, un "cadre idéal d'opération". Autrement dit, un appui linguistique, une aide dans l'organisation de ses priorités, peut-être ? Elle se tient là, en train de déballer ses cartons. Elle accroche un petit cadre photo au mur, cintrant une petite croute de rien du tout: une toile abstraite, pas plus grande qu'un petit écran de tablette, représentant de manière abstraite un navire de pêche balançant ses filets à la lumière rasante du soleil couchant. Bucolique. Il observe la "secrétaire", appuyé contre un mur dans un coin de la pièce: il se demande pourquoi elle attache toujours ses cheveux ainsi: c'est un gâchis, ils sont très beaux ainsi. Au vu de l'épaisseur du chignon, peut-être arrivent-ils jusqu'à sa taille. Mais là encore, et même si elle est fort avenante, il existe des femmes partout ailleurs, et rien qui ne la distingue particulièrement des passades que l'ancien officier a connu. Ce qui provoque l'interêt est toujours la même chose, éternellement: les questions irrésolues. L'envie de tout connaître, qui revient encore et encore, tant comme un moteur que comme un poison qui étrique l'existence d'Ettore. Il ne connait que son nom: Julia, et quelques uns des états de service mentionnés dans les papiers qu'il a reçu des quelques collaborateurs qu'il aura aux Marquises. Julia: le nom était simple, mais il y avait d'autres lignes dans ce dossier qui l'intriguaient, et sur lesquelles il comptait interroger la jeune femme.

Elle peine à soulever l'un de ses cartons. Bertaggia s'interpose immédiatement, d'une manière trop calculée pour que cela paraisse d'une aide agréable à recevoir pour Julia. Elle le voit très bien: tous les artifices, toutes les tentatives pour faire démarrer une conversation qu'elle ne désire pas.

"Madame. Vous permettez que je vous aide ?"

"Pourquoi ?"


Pas un oui, pas un nom, un "pourquoi". Le genre de réponse après laquelle il est fort difficile de rebondir. "Pourquoi": que répondre à cela sans passer pour un idiot ? Ou bien cesser de tourner autour du pot, et aller franc jeu dans ses intentions. C'est ce que que Bertaggia choisit.

"J'ai beaucoup étudié votre profil, dans la liste de dossiers qu'on m'a donné. Et je dois dire...vous parlez vraiment cinq langues ? C'est impressionnant: cela suppose une éducation raffinée, et longue. Que fait donc une dame telle que vous dans ces sinistres affaires ?"


La secrétaire ne cesse en rien son mouvement de va et vient de son carton, que Bertaggia tient avec difficulté, vers son bureau. Elle lui répond, oui, mais pas avant de l'avoir vu s'échiner le dos avec cette charge pendant quelques instants.

"Qu'est ce qui vous dit que je suis une grande dame. Peut-être suis-je simplement un génie autodidacte... après tout, on vous a bien nommé consul, et regardez vous."

"Comment ça ?"

"Je dois vraiment vous le dire, excellence consul ? Moi aussi j'ai lu votre dossier. Vous êtes un petit officier paralysé par l'indécision qui a reçu deux blâmes au Candekolza. Vous êtes hésitant, vous bafouillez lorsqu'on vous tient tête, et Dame fortune...qu'est ce que vous vous habillez mal. Regardez ce costume: il est trop serré, et il est de travers. On m'a dit que vous êtes observateur et intelligent, mais pour l'instant, je n'ai rien vu de tout cela. Je continue ?"

"..."


La jeune femme s'arrête enfin de tournoyer autour de son bureau, et arrache le carton des mains du "consul".

"Écoutez, monsieur Bertaggia. Je pense, malgré toute la politesse qui vous a poussé à aider une pauvre jeune femme en détresse en portant son carton de trois kilos, qu'ici aux Marquises, vous aurez davantage besoin de moi que je n'ai besoin de vous. Mon travail est d'organiser votre agenda, de vous donner les bonnes adresses, les bonnes personnes avec qui échanger d'ordonner vos pistes. Le votre est d'écouter mes conseils et d'apprendre à porter un costume civile correctement. Vous êtes la vitrine de ce Consulat, vous êtes donc possiblement notre ticket gagnant auprès des administrations et des autorités civiles de cet archipel.

Du reste, nous ne sommes pas obligés de nous connaître, nous ne sommes pas obligés de nous apprécier: au contraire, ce serait la chose la plus contre-productive à faire. Nous sommes là pour faire notre travail. Je suis certaine que vous êtes une bonne personne, excellence consul, mais les éventuels indépendantistes celtes que vous croiserez ne seront sans doute pas de votre avis. J'ai envie de vous faire confiance, et vous avez envie de me faire confiance, mais je ne pense pas que vous ayez besoin de me connaître pour que cela se produise."


Julia se précipite vers son bureau, d'où elle se saisit d'un courrier et le tend à Etorre. Il est parfumé, et rappelle le souffle des Marquises lorsque le marinisti est arrivé pour la première fois dans l'archipel: l'odeur des salines et la fraicheur des vagues, prenant de face les vents froids venus du nord de l’Espérance.

" Les gens de la commission diplomatique ont appris votre arrivée il y a peu. J'ai pris la liberté de les inviter ici pour célébrer l'ouverture du consulat. Ce sera l'occasion pour vous de faire la connaissance des grosses têtes de l'archipel sans paraître suspect, ainsi que des membres du commandement militaire local ce soir même. J'espère donc que vous êtes beau parleur. Ce sera le moment pour marquer des points, et augmenter de ce fait notre marge de manoeuvre dans la région. S'ils font des blagues pas drôles, riez. Si ils vous parlent de ce qu'ils aiment, alors continuer de les faire cracher. Bref, remplissez votre rôle et soyez une vitrine: je serai votre partenaire dans les coulisses. Oh, une dernière chose: la Segreda vous a fait parvenir un message ce matin: ils nous envoient du renfort. Un agent de terrain. Il arrive en fin d’après-midi, alors faites lui bon accueil."

Le jeune ambassadeur reçoit la lettre bon gré mal gré. La secrétaire avait pour ainsi dire deux longueurs d'avance sur chacune de ses ambitions propres, et ce fut comme si le train avait failli partir sans lui, et qu"il dû l’attraper en marche. Cette sensation persiste et suit le consul Bertaggia toute la journée de son installation. La jeune femme lui donne l'impression, par son sérieux et sa diligence, avec sa préparation, de passer pour un fumiste fraichement débarqué, dans la moindre connaissance de cet endroit que ce qu'on lui avait déjà dit. Et c'est partiellement vrai, certes. Mais toujours est-il que la sensation reste dans le fond de la gorge, bien amère.

Comme prévu, le "renfort" est arrivé quelques heures après le consul et sa secrétaire. Le début d'un réseau complexe commence ainsi par ce "trio": lui était la vitrine, l'observation et la réflexion, Julia était la planificatrice qui devait bonifier les qualités d'Etore, tout en masquant ses défauts. Lui, qui serait-il ? La "secrétaire" le prévient par l'interphone usé et grésillant de l’ambassadeur. Sa voix n'est pas comme tout à l'heure: elle tremble quelque peu, troublée, comme perturbée par l'intrusion d'un "agent étranger" à son propre corps. " Excellence Bertaggia, monsieur Silvestri est arrivé, dois-je le faire entrer ?". C'était lui, sans doute, qui avait provoqué un tel changement dans l'attitude de celle qui quelques minutes auparavant, se comportait avec une telle autorité. Ou peut-être était-ce là un double jeu de la jeune femme, qui se trouvait là en face de l'homme en question, qui peut-être, n'avait pas encore conscience que cette secrétaire n'en est pas vraiment une, et qu'elle est part intégrante de toute cette opération. Peut-être était-ce là une carte à garder sous le coude si d'aventure cet agent décevait. L'information, c'est le contrôle, y compris de ceux qui sont censés être des alliés. La porte du nouveau bureau d'Ettore vibre par trois fois; un tambourinage précis, net, et une parfaite mesure entre les trois battements. L'homme derrière cette porte est soigneux, appliqué et discipliné, pense Bertaggia, avec ses sens de l'observation qui à coup sûr, serait son arme la plus utile.

Il entra. Un bel uniforme vert et des épaulettes rouges et pailletées. Il était grand et élancé. Silvio Silvestro, c'était donc lui... Un personnage à la peau pâle et aux yeux profondément enfoncés dans leurs orbites. Il avait les mains crispées et serrés, les muscles noués et les épaules hautes, comme encastrées dans son propre corps droit comme un i. Oui, pas de doute, il admirait la discipline, et la force. Il était courtois de sa voix, qui partait dans les aigus, davantage que sa carrure impressionnante l'aurait laissé deviner. Il était courtois, mais d'une courtoise froideur. Y avait-il la moindre sincérité dans ses salutations ? Dans cette image de lui, s’inclinant mécaniquement, et qui resterait gravée dans l'esprit d'Ettore, que resterait-il de son impression ? Autre que celle d'un homme visiblement équipé d'un balai profondément enfoncé dans le fondement ? Il parle en serrant les dents, comme si il avait quelque douleur physique qui rendait le simple acte de politesse particulièrement douloureux.

"Excellence Consul. C'est un plaisir de vous rencontrer. Mon nom est Silvio Silvestri. J'ai été nommé par notre ami commun pour être le premier de vos gardes du corps. Partez du principe que votre sécurité est ma priorité."


Cela sonnait faux, plus particulièrement le terme de "sécurité", et ces doux mots qui ne s'accordaient pas avec l'expression de son visage, froid comme la pierre. Ses yeux ne clignaient pas, et étaient collés aux siens. Il ne le lâchait pas du regard. Il me scrute, pense Etore Bertaggia, avec raison. Ce que Bertaggia voit, ce n'est pas tant l'Homme que l'uniforme qu'il porte, et qui explique en partie le panel de toutes les émotions qu'il a pu voir jusqu'ici: aucune si ce n'est un sentiment d'être méprisé dés que Silvestri le toise du regard.

" Asseyez vous je vous en prie. Donc, vous étiez dans la Garde civique ?"

"Techniquement, je le suis toujours, excellence. C'est même la raison pour laquelle on m'a chargé de vous protéger. J'ai fait Hippo Reggia, en 2014, puis la Pravoslavnyyy, et le Chandekolza. Et vous excellence...on m'a dit que vous aviez également été là bas, dans la Marineria, n'est-ce pas ?"


"En effet, monsieur Silvestro. Vous êtes bien informé."

" Je vous en prie. C'est mon travail, tout comme c'est le vôtre, à vrai dire."


Etait-ce là un défi qui lui était adressé ? Difficile de le savoir: l'homme se cachait derrière ce masque, celui de l'impassibilité, mais qui avait le don de mettre mal à l'aide n'importe quel interlocuteur. Il y avait quelque chose de malsain, dans cette hauteur qu'il prenait. Ces yeux...ces yeux qui si on les fixait dans le blanc, donneraient l'impression de basculer de l'autre côté. Silvestri reprit, avec son air inexpressif, toujours, et tirant sur les aigus, encore.

"J'ai une question: avez vous connu les combats au Chandekolza ?"

"Pas tellement non, la Marine assurait essentiellement le support logistique. Et vous ?"

"La Garde civique a fait le sale travail. Mais c'est une habitude je suppose. Nous avons tous des compétences, excellence consul. Les miennes sont plutôt simples certes, mais vous verrez qu'elles ont leur utilité. Puis-je disposer excellence ?"

"Oui, faites."


Le sale travail... Silvestri, ce regard, ces mimiques: il n'était pas un soldat, il était un tortionnaire. Il est ds hommes qui ont besoin de lever la voix pour se montrer menaçants, mais Silvestri n'était point de ceux là. Son regard figeait comme la glace, son silence faisait peur, bien davantage que le plus fort des hurlements. Et il était aisé de le voir, que cet homme méprisait Bertaggia du plus profond de son être.



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COLONIALISME :
« L'OBJECTIF DE L'ENNEMI EST D'HUMILIER LE CONTINENT »
— AMASTAN AG AMENAY

Publié le 25.03.2019 à 15h33 par Kozo Okamoto

https://pointschauds.info/wp-content/uploads/2024/08/Bilal-Agh-Sharif.jpg


Pour la première fois depuis sa prise de fonction, Amastan Ag Amenay Ag Aylan répond aux questions de SARGHAT. D'origine qabalienne, issu de l'aristocratie nomade, membre de la Khardziyya — une tariqa répandue dans les oasis d'Afarée occidentale —, celui qui est entré dans les bonnes oeuvres de la Nahda par la petite porte de la politique agraire des communautés nomades apparaît à la Porte Splendide au ministère des Affaires étrangères. Publiquement attaqué par des médias étrangers, qualifié d' « amateur », de « faillite » et même de « schizophrène », il garde pourtant toute la confiance du Diwan et du Grand Vizir Afaghani Pasha, chef de la diplomatie azuréenne depuis 2004. Après des révélations du média kah-tanais Akai Kagami, le ministre est en première ligne dans la « guerre zéro morts » menée par l'Azur contre la Maison Dalyoha. Qui est-il ? Que veut-il ? Alors que la crise semble plongée dans une paralysie propice à l'escalade, quelle stratégie diplomatique peut-il pousser pour l'Azur ? Amastan Ag Amenay répond à nos questions sans concessions.

SARGHAT : Excellence merci pour cet entretien. Vous êtes depuis peu le Ministre des Affaires étrangères, mais votre profil n'est pas anodin. Votre père était un sheikh qabalien reconnu. Aujourd'hui vous exercez des fonctions officielles en Azur. Certains ont critiqué votre binationalité et la confusion des affaires azuro-qabaliennes. Qu'avez-vous à répondre à cette critique ? Êtes-vous vraiment à votre place ?


Amastan Ag Amenay : Merci pour cet entretien qui me permet de répondre, rectifier et réaffirmer des points essentiels que tout le monde va bien se coller dans le crâne. D'abord sur ma binationalité. Rassurez-vous les bi ne sont pas tous que des cheaters si vous me passez l'expression. Je m'honore d'être ministre du noble Diwan azuréen, c'est un honneur pour moi et pour ma famille. En tant que fils de la diaspora qabalienne, j'ai conscience de représenter une dimension particulière de la politique gouvernementale. J'agis entièrement sous la direction de Son Excellence le Grand Vizir, et je suis le ministre de l'Azur, non de la Qabalie. Je suis au service des intérêts de l'Azur. Ceux-ci sont liés à celui du peuple qabalien par déclarations répétées du Diwan, qui s'est engagé à la Déclaration mondiale sur la Cramoisie, à la Reconnaissance de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la R.U.P.K. et au droit du peuple qabalien à la justice contre le génocide et la colonisation en général. Il y a des gens pour qui toutes ces choses ne veulent rien dire. Pour l'Azur cependant, ces engagements sont essentiels.

SARGHAT : vous avez été accusé d'instrumentaliser la cause qabalienne.

Amastan Ag Amenay : un avocat n'instrumentalise pas la cause de son client, mais je n'irai même pas à comparer la relation entre l'Azur et la Qabalie à celle qui lie un avocat et son client. Cette relation se fonde sur une histoire commune, des liens culturels et spirituels, le tissage des confréries qui parsèment le monde musulman, les rites de pèlerinages, le commerce caravanier et les transits nomades aussi, plus prosaïquement. Cette relation est fondée sur le sentiment d'appartenance à une communauté, à un espace commun. Mais surtout, cette relation est fondée sur le constat du crime de génocide, du risque d'écocide et de la commune Humanité des Azuréens et des Qabaliens. Les Azuréens se reconnaissent dans le martyre des Qabaliens, et les Qabaliens se reconnaissent dans la lutte des Azuréens contre la Cramoisie et ses maléfices. Ce procédé d'identification mutuelle se passe de commentaire extradiégétique. Tous les musulmans, tous les Afaréens, tous les êtres humains dotés d'un cœur et d'un cerveau qui réalisent cette identification mutuelle, cette empathie irréversible et indiscutable, font partie de notre camp. Tous ceux qui, pour les raisons psychopathologiques qui les regardent, sont incapables de cette empathie-là, sont dans le camp de l'ennemi. Je suis stupéfait des accusations d'instrumentalisation qu'on pourrait me faire. Demandez à la République de Juda s'ils considèrent que ceux qui s'opposent aux pogroms des Juifs sont en train de les instrumentaliser. Demandez à la coalition qui a renversé un gouvernement fasciste je ne sais plus où il y a deux ans parce que celui-ci emprisonnait les homosexuels, si elle était en train d'instrumentaliser les homosexuels auquel elle portait secours. Demandez aux Qabaliens s'ils ont l'impression d'être instrumentalisés. Je connais mieux les Qabaliens que vous. Je peux vous dire qu'ils sont moins préoccupés par leur « instrumentalisation » par l'Azur que par la justice et leurs droits sur leur propre pays, aujourd'hui niés par une entité coloniale et génocidaire impunie.

SARGHAT : en plaçant le dossier de la Kabalie en tête de ses priorités, le Diwan n'est-il pas en train de pratiquer une ingérence flagrante en Afarée occidentale, comme le dit Balsilek Ishaq ?

Amastan Ag Amenay : La première ingérence, c'est le génocide et la colonisation. Je vous rappelle que des gens vivaient là avant qu'on n'anéantisse la moitié du pays de mon père. Ces gens, ces Qabaliens, ont aussi le droit à être défendus contre l'ingérence génocidaire et coloniale. Les Althaljirs, les Finejouriens, les Somagoumbéens et bien d'autres ont le droit à être défendus contre un cataclysme humanitaire, environnemental, sécuritaire majeur et inédit. Ils ont le droit qu'on identifie l'offense et la menace auxquelles ils sont exposés, et qu'on y réponde de façon appropriée, sans détours, sans maquillage et sans égarement. Mais je vais répondre à votre question. Je déplore qu'on prête encore attention, y compris à SARGHAT, au bullshit de Balsilek Ishaq. L'accusation d'ingérence de l'Azur est exemplaire de sa façon de raconter n'importe quoi pour perdre tout le monde dans des débats de merde.

SARGHAT : Oulàlà ! Votre langage est-il bien diplomatique ?

Amastan Ag Amenay : Le langage est une fonction humaine de base pour véhiculer du sens. Les registres de langage, de la politesse à la grossièreté en passant par le formalisme et la familiarité, véhiculent un bagage de sens. Prenez mes mots tels que je les énonce avant d'en blâmer le registre. Prenez le monde tel qu'il vous arrive, voilà un bon conseil pour rester de bonne humeur. Je dis bullshit pour vous véhiculer mon mépris pour les stratégies locutoires de Balsilek Ishaq, qui n'est que le porte-parole d'un système sur lequel il n'a aucun contrôle. En tant que PDG-Protecteur, Balsilek Ishaq est l'avoué d'entités fantômatiques qui contrôlent pourtant de fait la R.A.D. : les actionnaires, au premier rang desquels se trouve la Maison Dalyoha. Cette articulation des rôles entre les actionnaires et leur émissaire est un fait facilement vérifiable et parfaitement assumé par Balsilek Ishaq lui-même. Pourtant, celui-ci n'a à la bouche que ses préoccupations sur la souveraineté et contre l'ingérence de l'Azur. Cette préoccupation est fallacieuse et hypocrite. En tant que bouche de Dalyoha, Balsilek Ishaq formule des paroles empoisonnées et viciées, qui instituent une réalité parallèle à celle que nous vivons tous. Dans sa réalité, les colons sont souverains, l'Azur est agressif et le génocide est un acte d'amour. Les faits sont pourtant les suivants : la Cramoisie s'est imposée par la force et l'assassinat à l'Afarée, et elle ne s'y maintient pas autrement ; l'Azur n'a commis aucune agression depuis son existence, y compris contre la Cramoisie ; quant au génocide, il ne s'est arrêté que parce que ses auteurs l'ont assez parachevé pour dérouler à présent leur programme de colonisation. Regardez : la Maison Dalyoha déroule le projet Éden rouge exactement comme elle l'avait prévu pendant le « nettoyage » de la zone par des milices génocidaires. La colonisation continue tranquillement. Et c'est de l'ingérence azuréenne qu'il faudrait que je m'excuse ?

SARGHAT : l'expulsion de la force azuréenne par le Finejouri ne démontre-t-elle pas l'ingérence dont fait preuve le Diwan ?

Amastan Ag Amenay : décidément il n'y a que dans les médias azuréens qu'on pose des questions pertinentes. Permettez-moi de corriger cette question erronée : le Finejouri n'a pas expulsé les troupes azuréennes, c'est l'Azur qui a mis fin à une mission de protection pour satisfaire à la demande du Finejouri de renégocier les accords de sécurité. L'Azur s'était engagé à protéger le Finejouri, cette demande a été retirée par le Finejouri, et nous en avons pris acte. L'Azur n'a pas vocation à assurer la sécurité des pays qui n'en ont pas besoin. Voilà exactement pourquoi l'Azur n'est responsable d'aucune ingérence. Une ingérence consisterait à imposer nos intentions aux pays concernés alors que ceux-ci sont capables de s'en débrouiller. Nous n'avons aucune intention vis-à-vis des pays d'Afarée occidentale ; ceux-ci sont largement capables de formuler eux-mêmes leurs besoins et de les combler par les moyens nécessaires. Nous n'avons pas demandé au Finejouri de déployer nos troupes chez lui : nous avons répondu à son appel. Nous n'avons pas défini les contours de la Kabalie : elle les a définis elle-même. Nous n'avons pas dicté aux pays de la région leur attitude vis-à-vis de la Cramoisie : ils l'ont définie par eux-mêmes. Et ça nous convient très bien. Afaghani Pasha l'a dit à plusieurs reprises : l'Azur n'est pas du côté du problème, il est du côté de la solution. Nous avons ainsi inféodé notre stratégie aux revendications claires et pacifiques de la République Unie des Peuples de Kabalie, dont nous reconnaissons la souveraineté et l'intégrité territoriale, ni plus ni moins. Nous n'avons positionné aucune troupe contre l'avis des pays en question dans la région, et nous n'avons pas l'intention de mener des opérations sécuritaires sans leur consentement. Nous agissons dans le sillage que trace la R.U.P.K. dont le Diwan reconnaît la légitimité à représenter le peuple qabalien. Nous ne nous substituons à personne. Nous ne faisons pas d'ingérence. Nous en accuser est une infamie infondée. C'est le bullshit de Balsilek Ishaq : lancer des accusations graves et sans fondement pour semer la confusion. Mais nous savons bien à quoi servent ces accusations. La Cramoisie n'est capable de convaincre personne de ses bonnes intentions, car elle ne manifeste aucune bonne intention. La stigmatisation de l'Azur, qui n'est que l'un des pays parmi tous ceux qui ont signé la Déclaration mondiale sur la Cramoisie, n'a rien à voir avec notre implication dans quelque ingérence que ce soit. L'accusation d'ingérence est un prétexte fallacieux et futile. Balsilek Ishaq et ses actionnaires détestent l'Azur pour une autre raison bien plus réelle et structurante. Ils détestent ce que nous représentons : une Afarée radicalement libre.

SARGHAT : La R.A.D. utilise pourtant le même argument : elle prétend que l'Azur veut lui retirer sa liberté. Comment faire la différence entre deux arguments similaires ?

Amastan Ag Amenay : en constatant la réalité sur le terrain. Certains se battent pour leur droit à exister, d'autres pour leur droit à détruire. L'Azur défend l'existence des Qabaliens dans sa pleine puissance, c'est-à-dire par la préservation de la vie, l'affirmation de la culture, l'autodétermination. Nous défendons la restitution du territoire et l'abolition des structures coloniales, au premier chef celle de la Maison Dalyoha qui est indéfendable devant Dieu. Nous défendons l'autodétermination réelle des Qabaliens auxquels on voudrait retirer la langue, les coutumes, la spiritualité, les traditions, et bien sûr le territoire et l'environnement. C'est un combat légitime. Nous n'attendons rien des colons carnavalais : qu'ils rendent le pouvoir et qu'ils s'engagent dans un processus de décolonisation. Ils ont tout à y gagner. Face à nous, la R.A.D. et ses actionnaires défendent leur droit à occuper, opprimer, insulter et pervertir l'Humanité, par le martyre d'innocents, le détournement de tous les principes de l'existence, le sectarisme antimusulman, antichrétien, antijuif, antiilahmiste des Lucifériens et de leur idéologie autoritaire. Ils défendent leur droit à torturer des cobayes, à exploiter le corps des femmes pondeuses de clones, à brutaliser les animaux et les plantes, à polluer l'atmosphère et l'environnement, à réaménager un territoire qui ne leur appartient pas, à éradiquer la Qabalie en lui adjoignant de curieux épithètes. Ils revendiquent le droit à insulter notre intelligence en nous faisant croire que les actionnaires d'aujourd'hui n'ont pas la même intention coloniale et prédatrice que ceux d'hier, alors que ce sont les mêmes, qu'ils sortent de la même matrice carnavalaise, et qu'ils ont en commun le principe viscéral suivant : la poursuite acharnée et obstinée de l'humiliation de tout un continent. Ils savent très bien ce qu'ils font et ils le font précisément pour cela. Leur désir de brutalité et de domination est sans borne. Il est même probable que notre résistance les excite. Ils y feront naufrage. Nous ne pouvons rien à leur destinée. Nous avons à suivre la nôtre, avec l'aide de Dieu. Voilà la différence entre nous : il n'y a que deux voies. Que chacun choisisse la sienne.

SARGHAT : sur le terrain, la R.A.D. prétend au contraire avoir apporté de multiples avantages à l'Afarée, en permettant aux Kabaliens d'avoir accès à un système de soin topissime notamment.

Amastan Ag Amenay : on peut se réjouir que les Qabaliens qui vivent en territoire occupé puissent trouver des médecins pour soigner leurs cancers ; par honnêteté il faudra bien admettre que ces médecins-là sont la cause de leurs cancers. Les poisons toxiques diffusés par les armes chimiques, la malnutrition, la faim, la destruction des ressources naturelles sont le fait de la Cramoisie et offrir une mutuelle est une bien piètre compensation face à ces destructions. En réalité, c'est surtout une récompense pour les génocidaires. Ils sont confortés dans leur présence ici, et assurés d'être impunis. Ils sont honorés d'être perçus comme des sauveurs. Ils se donnent le statut du colon idéal. Vous savez pourtant comme moi ce que vaut la colonisation civilisationnelle pour les populations indigènes. Je ne nie pas que désormais les Qabaliens puissent effectivement résoudre leurs problèmes de calvitie plus facilement qu'avant : d'un point de vue technique, la Maison Dalyoha est certainement très compétente, quoi que le Diwan se soit mis à examiner cette prétention d'un peu plus près récemment. Mais que valent de tels soins face à l'énormité des dégâts infligés ? Au nom de quoi devrait-on transformer la sanction attendue en récompense ? Au nom de quelle odieuse insulte à notre intelligence et à notre honneur ?

SARGHAT : la R.A.D. se prévaut aujourd'hui d'être inclusive et réconciliée, comme en témoignent ses changements de nom et de drapeau. La « Kabalie rouge » n'a donc pas assez montré patte brune à vos yeux ?

Amastan Ag Amenay : Haha, très amusant : patte brune. Oui, en effet, la R.A.D. s'est payée une opération de chirurgie esthétique à Grand Hôpital. Nouveau drapeau, nouveau nom, nouveau chef et c'est un qabalien... On s'y croirait presque. Non. Tout ceci est un enfumage dont l'évidence est une insulte, encore une fois, et une perversion raffinée pour humilier encore un peu l'Afarée. En langage des jeunes, on appelle les collabos comme Balsilek Ishaq des tokens ; c'est une pratique qui consiste à vous adjoindre un Noir dans votre équipe de racistes pour prétendre ne pas être racistes. Cela ne trompe personne, sauf les racistes. Figurez-vous que le programme d'entraînement à la pensée luciférienne qu'a suivi Balsilek Ishaq s'appelle justement : « T.O.K.E.N. » Après cela, vous faites comme vous voulez ; prétendez n'avoir rien vu, rien entendu ; ne vous étonnez pas que les Azuréens vous détestent. L'honneur azuréen supporte mal ce genre d'humour et les inspirations culturelles de la R.A.D., qui puise dans l'absolu colonial : celui de l'orientalisme et de l'effacement de la culture indigène, au profit d'un syncrétisme exclusivement esthétique. Les colons veulent bien le thé à la menthe et les motifs d'arabesques : cependant de leur parlez ni de takbir, ni de jihad — surtout pas de jihad, ils seraient capable d'en écrire n'importe quoi. L'honneur azuréen supporte mal la répétition d'un schème colonial qu'il a combattu les armes à la main, et qu'il dont il s'est victorieusement défait. L'honneur azuréen supporte mal qu'on insulte l'intelligence et qu'on fasse passer les vessies pour des lanternes et les colonies pour des Etats souverains. Nous avons en commun avec tous les peuples nomades et avec tous les hommes de la Terre qui ont résolu leurs crises infantiles ce sens de l'honneur qui, comme une force de la nature, nous interdit toute veulerie et toute négligence.

SARGHAT : faut-il se préparer à une guerre dans les prochains mois, dans les prochaines années ? Comment justifier un conflit au moment où la paix se dessine ?

Amastan Ag Amenay : hélas, la paix ne se dessine pas, car pour qu'elle soit la paix il faut qu'elle soit aussi la justice. J'espère me tromper, mais je ne vois aucun scénario dans lequel les structures coloniales de la R.A.D. se démantèleront pacifiquement. Je ne vois pas les actionnaires renoncer à leurs actions et à leurs dividendes, les milices se désarmer, les programmes écocidaires s'arrêter, par un miraculeux retour à la raison et à la dignité d'autorités qui sont nées dans le bourbier insalubre et grotesque du fantasme de brutalité. Je ne vois pas de solution tangible, concrète et praticable se dessiner pour donner aux victimes du génocide ce à quoi elles ont droit : la reconnaissance de leurs souffrances, la réparation matérielle et symbolique de l'offense subie, la solidarité indiscutable de l'Humanité pour empêcher la répétition d'une telle rupture dans l'ordre naturel humain. Ces solutions, l'Azur les porte et il pèse pour qu'elles se concrétisent, comme il pèse aujourd'hui pour que le Finejouri et l'Althalj obtienne des concessions profondes, concrètes et sérieuses de la R.A.D. en vue d'un processus de paix, de justice et de décolonisation, plutôt que d'un blanchiment de génocide par un truquage indigne d'être supporté plus longtemps. Le Diwan porte des solutions mais il n'ignore pas le contexte. Mes prédécesseurs ont porté diverses propositions qui n'ont pas abouti à cause du fanatisme sadique de la R.A.D. Ces échecs sont de son seul fait, de son hypocrisie et de son intention systématique d'humilier ses interlocuteurs. On ne construira aucune paix dans ces conditions. La paix ne se dessine donc pas. Quant à se préparer à la guerre, rappelons-nous que pour les Qabaliens, la guerre est là depuis trois ans. Pour les familles de nos deux pilotes, Farid al-Meqtali et Usman Bhurzan, la guerre est là depuis trois mois. Il faut se préparer à la guerre comme si c'était une certitude. Et en même temps, préparer la paix et la diplomatie, comme si c'étaient des certitudes. C'est pour cette raison que le Grand Vizir fera bientôt une conférence de presse.


SARGHAT : un dernier mot pour cet entretien, le média kah-tanais Akai Kagami a dit s'être procuré des documents inédits qui traduisent une profonde divergence de vues entre la Porte et le Khalife, une « schizophrénie » selon l'auteur de l'article. Il estime que le Grand Kah serait prêt à reconsidérer l'ensemble de ses partenariats en Azur, ce serait absolument inédit. Qu'avez-vous à nous dire ?

Amastan Ag Amenay : pas de commentaire. L'ambassadrice a apporté tous les éléments nécessaires. Je déplore que l'auteur ait fait usage de termes psychiatriques et de mensonges pour nuire aux relations bilatérales. Qu'il nous en épargne, et qu'il vienne nous montrer ce qu'il a dans le ventre à l'occasion de la conférence de presse d'Afaghani Pasha.
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Communiqué du Diwan sur l'occupation de la Kabalie
Que Blaise Dalyoha aille s'essuyer les pieds ailleurs !
31.03.2019


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La République actionnariale du Désert rouge a publié un nouveau communiqué. Cette déclaration est une nouvelle démonstration de sa stratégie venimeuse qui consiste à transformer les discours pour ne rien changer aux actes. En s'affirmant comme la seule Kabalie et les seuls Kabaliens, les actionnaires de la R.A.D. font plus que se travestir : ils insultent l'intelligence de tous leurs interlocuteurs.

La R.A.D. revendique une souveraineté illégale, illégitime et odieuse sur le territoire qu'elle occupe : mais ce territoire appartient à la Kabalie, qui est gouvernée par la République Unie des Peuples de Kabalie (R.U.P.K.). L'Azur soutient l'intégrité et la souveraineté de la R.U.P.K. en signant la Reconnaissance, autant qu'il soutient la décolonisation des territoires non-autonomes, en signant la Charte du Pacte afaréen de sécurité. Pour ces raisons, l'Azur ne saurait reconnaître, ni par l'apparat diplomatique, ni par les faits tacites, la souveraineté de la R.A.D. sur le territoire qu'elle occupe et qu'elle nomme insidieusement « désert rouge. »

Le Diwan considère que la haine affirmée contre lui par tous les sbires des génocidaires, colonisateurs criminels, meurtriers de masse de la Maison Dalyoha est la preuve de la justesse de ses engagements et de la force de ses arguments. En versant dans le révisionnisme et le négationnisme, les suppôts de la colonisation génocidaire démontrent leur intention de recourir aux procédés de discours les plus ignobles, après avoir recouru aux procédés matériels les plus cruels, afin de défendre leur intérêt actionnarial, leur dividende et leur propriété illégale du terrain. En s'appuyant sur le journal sataniste, colonialiste, activement génocidaire et propagandiste du Papier de Verre, la R.A.D. verse encore davantage dans l'ignominie. En accusant le ministre azuréen Amastan Ag Amenay Ag Aylan, fils d'authentiques Kabaliens, d'être un imposteur, les actionnaires de la R.A.D. abîment encore davantage la culture kabalienne et son droit à l'existence, ainsi que la dignité des Kabaliens et leur droit à l'autodétermination. Ces accusations, qui ne reposent sur rien, visent à empoisonner la communauté internationale avec des fausses questions et de vrais mensonges, et éloigner le faisceau de la quête de vérité loin de l'essentiel : l'absence totale de justice après le génocide.

Le Diwan rejette avec dégoût les procédés ignominieux de la R.A.D., qui se glisse comme un parasite dans les peaux mortes de la Kabalie occupée pour mieux agiter de faux hochets. Elle utilise pour ça de la coercition, de la ségrégation et de la lobotomisation des sujets Kabaliens. La présence de Balsilek Ishaq à la conduite des affaires à Printempériebourg n'est que la manifestation d'un projet « TOKEN » visant à recréer une fausse Kabalie pour faire écran à une vraie Cramoisie. Ce projet est manifeste, et il est une insulte à l'intelligence de tous les acteurs sincèrement intéressés à la résolution de la crise. Ce « Plan Tromperie » est la dernière menace en date émanant des actionnaires de la R.A.D. Après les menaces humanitaires, sécuritaires et politiques que cette entité fait peser sur le reste du monde, la menace mentale, par la manipulation, le gaslighting, le négationnisme et la production de discours en vue de créer une réalité virtuelle inversée, est infligée à la face du monde.

L'Azur est insensible à ces procédés manipulatoires éculés et grossiers, et il invite tous les acteurs à se concentrer, comme boussole au milieu de la tempête fécale des discours contradictoires des actionnaires de la R.A.D., sur les faits. Les faits sont les suivants.

Premièrement, aucune justice n'a été apportée aux Kabaliens après leur génocide. En lieu de cela, le « Plan Tromperie » se déploie pour créer l'illusion d'un pays joyeux et réconcilié, ayant rendu aux génocidaires une « punition » qui a la forme d'une récompense : le maintien de tous leurs profits et l'adhésion à tous leurs projets colonialistes, écocidaires et mégalomaniaques. Cette fausse justice, qui n'est qu'une humiliation supplémentaire visant à proroger la colonisation réelle, accentue la violence ressentie du génocide et de la colonisation. Elle vise à déposséder les colonisés de leur identité, de leur langage, de leurs symboles, de leurs mots, pour reconstituer une chrysalide de mensonges protectrice autour des intérêts des actionnaires. La justice consiste à défaire cette chrysalide et réinstituer l'ordre symbolique qui remet la victime debout et qui ramène l'agresseur à la réalité de ses actes. Cette justice, pacifique, profonde et sincère, ne peut faire l'économie d'un processus crédible et réparateur, sans quoi l'humiliation ne sera qu'insupportablement prolongée.

Deuxièmement, les structures coloniales sont toujours présentes dans la R.A.D. La presse coloniale est toujours aussi en vue, malgré son engagement très récent à promouvoir le génocide. Les entreprises coloniales déploient leurs activités illégales et dangereuses, notamment la Maison Dalyoha. Les actionnaires imposent leur contrôle de fait du pays par les institutions et par les grands projets coloniaux qu'ils promeuvent depuis le début du Protectorat colonial. L'idéologie coloniale, enfin, qui affirme sa supériorité, qui nie l'existence de la souveraineté indigène précoloniale, qui animalise et barbarise les Kabaliens, leurs croyances, leur attachement religieux, leurs valeurs, leur autodétermination, au profit d'une idéologie importée depuis Carnavale et dont les dogmes sectaires interdisent la liberté religieuse et morale des Kabaliens, est en pleine érection. Sur tous les plans, la colonisation se poursuit avec acharnement, une anomalie historique au XXIème siècle.

Troisièmement, l'occupation du territoire de la R.A.D. se fait au mépris des revendications des Kabaliens libres de la R.U.P.K., qui souhaitent, de façon pacifique, méthodique et transparente, retrouver l'unité de leur pays et recouvrer ce qui leur appartient : le territoire. La R.U.P.K. a indiqué cette vision et l'Azur la soutient. Cette vision n'implique aucunement ni de déportation de masse, ni de traitements violents contre quiconque. La justice n'est jamais violente quand elle peut être mise en place, et les pays de la région ont toute la capacité matérielle et morale d'assurer une transition pacifique et ordonnée pour qu'un système stable permette à la Kabalie de se réunir et de se réunifier.

Pour ces raisons, le discours actuel de la R.A.D., et son communiqué récent, apparaissent comme des contrevérités flagrantes. Les « actionnaires » de la R.A.D., qui se prévalent d'être des Kabaliens, revendiquent leur souveraineté. L'occupation actionnariale ne saurait rimer, ni de près ni de loin, avec l'autodétermination d'un peuple colonisé. Le brouillage du discours opéré par ces actionnaires est une manoeuvre scélérate, mais malhabile, pour faire dévier l'ensemble des acteurs vers les sables mouvants de ses mensonges.

L'Azur met en garde la communauté internationale et les acteurs concernés, qu'ils soient ou non des partenaires, face aux procédés de parasitage de la lutte décoloniale par les colons eux-mêmes, par le procédé de jeu de masque digne de Carnavale que la R.A.D. vise à mettre en place. Le Diwan a identifié l'existence d'une mafia répandue à l'international, ardemment promue en coulisses, dans le secret d'échanges informels et lâches, pour détourner des personnages et des institutions haut placées dans différents pays, afin que ceux-ci jouent le rôle attendu par les actionnaires de la R.A.D. Le Diwan redoute que cette mafia organise une parodie de négociation aboutissant sur une reddition, une capitulation et une reconnaissance de fait de la souveraineté coloniale sur un territoire occupé illégalement. Cette mafia, atteinte du syndrome de Ragecarnage autant que des maladies qu'on attrape quand on trempe dans le bain de l'actionnariat colonial, est organisée dans un seul objectif : permettre la victoire, partout et en tout lieux, de la Maison Dalyoha.

En tant qu'acteur numéro un des catastrophes récentes infligées à l'Humanité, la Maison Dalyoha est à redouter plus que sa mafia. Colonisatrice, dominatrice et autoritaire, elle ne recherche que la suprématie totale sur tous les plans, et se délecte non seulement des souffrances qu'elle inflige, mais surtout de l'humiliation qu'elle pourrait infliger à l'Afarée en imposant son agenda colonial au XXIème siècle. La Maison Dalyoha tient à s'essuyer les pieds sur le cadavre de la lutte anticoloniale des Afaréens. Avec l'aide de sa mafia, elle prétend y parvenir.

Mal lui en a pris : ce continent ne se laissera pas faire. Pacifique et généreux, il attend désormais des progrès réels pour parvenir bientôt à la justice. Que les sadiques aillent essuyer leurs pieds ailleurs : leurs mensonges ne nous détournent de rien, leurs subterfuges ne nous échappent pas, leur intention malveillante ne nous intimide pas. Le Diwan continuera à rechercher la résolution de la crise par la justice et la transparence. La mafia peut retourner siffler sous les pierres ; le chat ne craint pas les serpents.










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CÉLICE ISLAND
Le lieu du crime

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Leaders communalistes, prêtresses ilahmistes, armateurs véreux, brahmanes lucifériens, historienne corrompue, magnats cringelords, fins de race nostalgiques... ils s'y retrouvent tous pour lui

Sabbats, libations, sacrifices,
ogreries sexuelles et magie noire


L'île où la mafia Dalyoha prépare la fin du monde
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