17/04/2020
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Activités intérieures en Karty - Page 11

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Roman en patrie mère

ahttps://zupimages.net/up/26/33/dwk9.pngAlinéaSi la République d'Antares est rongée par les heures sombres de sa propre guerre civile, elle a pu et peut toujours compter sur sa sœur: La République Fédérale Kartienne. Par l'Accord des As Croisés, la patrie mère garantit la neutralité de la zone de Roncevaux, devenant une zone humanitaire. Paradoxalement, l'Antares —en guerre civile— est en pleine croissance économique grâce à Roncevaux, devenu un havre de prospérité mais surtout une terre d'accueil qui offre travail, soins et sécurité: Y compris aux entreprises. C'est en ce sens qu'un programme sujet à la plus grande confidentialité a été imaginé entre l'Ordre Oruzhiya et Riaa Balistiques, tous deux fer de lance de la recherche militaire de leur pays.


On the radio

AlinéaQuel est le point commun entre un enquêteur, un historien et globalement tout individu ? Tous ont —au moins une fois dans leur vie— chercher une chose: Remonter aux origines. A commencer par le profiler, expert d'analyse comportementale recruté par les services de police. Lors d'une enquête, il a souvent en tête une idée simple: Remonter aux origines. Qu'est-ce qui a bien pu mené telle personne à faire tel crime ? La question première qu'il se pose pour établir un profil psychologique de criminel. A continuer par l'historien qui, lui aussi, scrute le moindre détail pour retrouver des racines: Comment expliquer tel événement contemporain ? Le plus banal individu peut se poser des tas de questions existentielles: D'où il vient, en bref ses origines. Mais puisqu'il faut remonter aux origines, comment peut-on expliquer concrètement l'ascension de la patrie Kartienne ? Si cette dernière s'explique en grande partie par sa force armée, elle était pourtant il n'y a pas moins de cinq ans très faible. Quel est ce premier segment qui a pu la formater, lui insuffler la vie ?

L'un de ces piliers n'est nul autre que celui de la recherche. C'est par la science avant tout, qu'une arme à feu a pu faire fuser un morceau de plomb, qu'une pièce d'artillerie a pu tirer un objet de plus d'une demi-tonne à des dizaines de kilomètres, qu'un avion à réaction a pu un jour briser le mur du son. Et c'est par cette science —la R&D— que la République Fédérale Kartienne a pu obtenir sa suprématie, en possédant parmi les technologies militaires les plus sophistiquées, les plus à la pointe de la guerre moderne. Le Requiem, fier avion de chasse qui fait la fierté de toute la gigantesque armée de l'air Kartienne: Sincère prière qui joue l'échos des défunts. Le Krechet, hélicoptère d'assaut lourd dont la seule symphonie de ses rotors coaxiaux suffit à faire trembler l'ennemi. C'est par le travail silencieux de ces milliers de scientifiques tapis dans l'arrière front imaginaire —leur laboratoire— que Volkingrad resplendit. Parmi toutes ces âmes inconnues, il existe entre autres un certain Hans Belfost.

Cet homme n'est pas spécialement intéressé par la guerre. Et pourtant, par son travail, il la crée. Ou alors développe-t-il des armes suffisamment miraculeuses pour dissuader de la guerre ? Après tout, si vis pacem, para bellum: Si tu veux la paix prépare la guerre. Il n'est pas non plus particulièrement intéressé par ces réflexions philosophiques profondes. S'il est difficilement cernable par son caractère, on le reconnaîtrait physiquement entre mille. A chaque fois que son assistante quitte le bureau de recherche, il s'agit de la même histoire, de la même musique. Dix-huit heures, temps de quitter le travail pour un repos suffisamment mérité. Elle attrape sa veste sur sa chaise, ses clefs sur son bureau, puis lève la tête pour jeter un oeil à son supérieur hiérarchique.

«Vous allez encore dormir ici ?»

Demande-t-elle comme à chaque fois, observant cet homme à l'allure d'adolescent. Hans a le corps frêle, la peau lisse d'un jeune homme dans la force de l'âge, alors qu'il n'en a vraisemblablement que très peu. Il est toujours habillé dans sa longue blouse blanche froissée, un stylo glissé dans la poche avant de son habit, cherchant de temps à autre ses lunettes, alors qu'il les a simplement remontées sur sa tête.

«Il y a encore beaucoup à faire, disons que je m'avance pour demain.»
«Vous dites ça chaque soir, et le lendemain vous ne repartez jamais plus tôt grâce à cette prétendue avance.»
«C'est qu'il y a encore à faire.»
«Ouais... Bon avant que je parte, on vous rendra visite ce soir au laboratoire, d'ici une demie heure. Pour une fois c'est une bonne chose que vous restiez.»
Pour une rare fois, il lève la tête quand on lui parle, ne lâchant cependant pas le bibelot qu'il a entre les mains.
«De la visite ? Qui ça ?»
«'Direction de l'Ordre', qui ça par contre, c'était pas précisé. Sûrement un subalterne qui va vous communiquer des recentrages sur les recherches, vous connaissez la chanson.»
«Bonne soirée, Lyse, je vous remercie.»

Si Hans et Lyse se connaissaient tous deux depuis voilà plus de quatre ans dans le cadre de leur travail, le vouvoiement professionnel s'était toujours conservé. La femme partit, le laissant seul à son travail. Et cela ne le gênait absolument pas, pas le moins du monde. Cette 'demi-heure' passa à une vitesse éclaire pour lui, il n'avait sans doute pas levé la tête pendant tout ce temps. La porte résonna sous quelques coups, avant de s'ouvrir. Elle donna sur un homme à l'apparence physique plutôt similaire à celle de Hans: Un jeune blond aux cheveux mis en arrière avec des lunettes. Il y avait deux détails qui changeaient néanmoins, l'homme qui entrait était vêtu d'un habit chic —costume cravate— et semblait paradoxalement moins sérieux.

«Il fait un de ces froids dehors !»
Dit-il en entrant, réussissant à capter l'attention du scientifique.
«Je me présente, Cassian Kormyne.»
Enchaîna-t-il lorsqu'il était arrivé à son niveau, lui tendant la main. Hans la lui serra, tout en lui répondant.
«Je vous connais, oui.»
«Moi de même figurez-vous, ce n'est pas tous les jours que je rencontre un scientifique de génie.»
«Ce n'est pas tous les jours non plus que je rencontre le directeur de l'Ordre Oruzhiya, il n'y en a qu'un seul à ma connaissance.»
«Vous avez raison !»
Riant franchement, avant de continuer.
«Bon c'est pas tout ça, mais j'espère que vous êtes libre ce soir ?»
«Eh bien, je travaillais sur cette pièce de mot-»
«Parfait, vous en êtes dispensés. Rassurez-vous, votre paie n'en sera pas touchée, j'ai les accréditations nécessaires.»
«Je n'en ai pas douté...»
D'un air déçu. A vrai dire, Hans se fichait de la question de l'argent, il était effaré de ne pas pouvoir continuer son travail.
«Puis-je vous demander où l'on me demande ?»
«Pour un nouveau projet !»
Le Directeur lui lança cela à travers la pièce, puisqu'il s'était retourné pour aller trouver la sortie. Les yeux de Hans s'illuminèrent. Un nouveau projet ?
«Mais encore ?»
«On verra sur place avec les mecs de Riaa balistiques... Ou les meufs, si on a de la chance !»
«Riaa balistiques ? La compagnie Antarienne ?»
Cassian se retourna.
«Moui... Mais j'y pense, vous comptez venir habillé comme ça ? Je veux dire, en blouse ? On va à un restaurant pour discuter de tout ça.
Hans baissa les yeux sur sa propre tenue.
«C'est que... Je n'ai pas d'autres habits en l'état.»
«On peut faire un détour chez vous.»»
Dit-il en regardant sa montre.
«Même chez moi, je n'ai rien de suffisamment adapté pour un tel dîner d'affaire.»
«Oh hum... J'ai bien un costard en double à la maison. Ça vous dérange pas j'espère ?»
Il haussa les épaules, avant d'écouter à nouveau Cassian.
«Avant de partir, réunissez tous vos dossiers importants sur nos lance-missiles antiaériens mobiles. On en aura besoin.»

...

Hans était attablé aux côtés du Directeur Kormyne, dans l'aile réservée pour l'occasion d'un restaurant huppé de Volkingrad. Si le protocole sécuritaire était absent en apparence, il était très renforcé: Mais discret puisqu'assuré par les renseignements. Hans vit arriver ces fameux Antariens, dans son costume trop grand pour lui. Cassian lui emboîta le pas en se levant pour saluer les arrivants.

«Messieurs !»

Hans Belfost, chercheur de l'Ordre
Hans Belfost, chercheur de l'Ordre
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