30/08/2020
22:34:57
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Activités intérieures en Karty - Page 11

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Roman en patrie mère

ahttps://zupimages.net/up/26/33/dwk9.pngAlinéaSi la République d'Antares est rongée par les heures sombres de sa propre guerre civile, elle a pu et peut toujours compter sur sa sœur: La République Fédérale Kartienne. Par l'Accord des As Croisés, la patrie mère garantit la neutralité de la zone de Roncevaux, devenant une zone humanitaire. Paradoxalement, l'Antares —en guerre civile— est en pleine croissance économique grâce à Roncevaux, devenu un havre de prospérité mais surtout une terre d'accueil qui offre travail, soins et sécurité: Y compris aux entreprises. C'est en ce sens qu'un programme sujet à la plus grande confidentialité a été imaginé entre l'Ordre Oruzhiya et Riaa Balistiques, tous deux fer de lance de la recherche militaire de leur pays.


On the radio

AlinéaQuel est le point commun entre un enquêteur, un historien et globalement tout individu ? Tous ont —au moins une fois dans leur vie— chercher une chose: Remonter aux origines. A commencer par le profiler, expert d'analyse comportementale recruté par les services de police. Lors d'une enquête, il a souvent en tête une idée simple: Remonter aux origines. Qu'est-ce qui a bien pu mené telle personne à faire tel crime ? La question première qu'il se pose pour établir un profil psychologique de criminel. A continuer par l'historien qui, lui aussi, scrute le moindre détail pour retrouver des racines: Comment expliquer tel événement contemporain ? Le plus banal individu peut se poser des tas de questions existentielles: D'où il vient, en bref ses origines. Mais puisqu'il faut remonter aux origines, comment peut-on expliquer concrètement l'ascension de la patrie Kartienne ? Si cette dernière s'explique en grande partie par sa force armée, elle était pourtant il n'y a pas moins de cinq ans très faible. Quel est ce premier segment qui a pu la formater, lui insuffler la vie ?

L'un de ces piliers n'est nul autre que celui de la recherche. C'est par la science avant tout, qu'une arme à feu a pu faire fuser un morceau de plomb, qu'une pièce d'artillerie a pu tirer un objet de plus d'une demi-tonne à des dizaines de kilomètres, qu'un avion à réaction a pu un jour briser le mur du son. Et c'est par cette science —la R&D— que la République Fédérale Kartienne a pu obtenir sa suprématie, en possédant parmi les technologies militaires les plus sophistiquées, les plus à la pointe de la guerre moderne. Le Requiem, fier avion de chasse qui fait la fierté de toute la gigantesque armée de l'air Kartienne: Sincère prière qui joue l'échos des défunts. Le Krechet, hélicoptère d'assaut lourd dont la seule symphonie de ses rotors coaxiaux suffit à faire trembler l'ennemi. C'est par le travail silencieux de ces milliers de scientifiques tapis dans l'arrière front imaginaire —leur laboratoire— que Volkingrad resplendit. Parmi toutes ces âmes inconnues, il existe entre autres un certain Hans Belfost.

Cet homme n'est pas spécialement intéressé par la guerre. Et pourtant, par son travail, il la crée. Ou alors développe-t-il des armes suffisamment miraculeuses pour dissuader de la guerre ? Après tout, si vis pacem, para bellum: Si tu veux la paix prépare la guerre. Il n'est pas non plus particulièrement intéressé par ces réflexions philosophiques profondes. S'il est difficilement cernable par son caractère, on le reconnaîtrait physiquement entre mille. A chaque fois que son assistante quitte le bureau de recherche, il s'agit de la même histoire, de la même musique. Dix-huit heures, temps de quitter le travail pour un repos suffisamment mérité. Elle attrape sa veste sur sa chaise, ses clefs sur son bureau, puis lève la tête pour jeter un oeil à son supérieur hiérarchique.

«Vous allez encore dormir ici ?»

Demande-t-elle comme à chaque fois, observant cet homme à l'allure d'adolescent. Hans a le corps frêle, la peau lisse d'un jeune homme dans la force de l'âge, alors qu'il n'en a vraisemblablement que très peu. Il est toujours habillé dans sa longue blouse blanche froissée, un stylo glissé dans la poche avant de son habit, cherchant de temps à autre ses lunettes, alors qu'il les a simplement remontées sur sa tête.

«Il y a encore beaucoup à faire, disons que je m'avance pour demain.»
«Vous dites ça chaque soir, et le lendemain vous ne repartez jamais plus tôt grâce à cette prétendue avance.»
«C'est qu'il y a encore à faire.»
«Ouais... Bon avant que je parte, on vous rendra visite ce soir au laboratoire, d'ici une demie heure. Pour une fois c'est une bonne chose que vous restiez.»
Pour une rare fois, il lève la tête quand on lui parle, ne lâchant cependant pas le bibelot qu'il a entre les mains.
«De la visite ? Qui ça ?»
«'Direction de l'Ordre', qui ça par contre, c'était pas précisé. Sûrement un subalterne qui va vous communiquer des recentrages sur les recherches, vous connaissez la chanson.»
«Bonne soirée, Lyse, je vous remercie.»

Si Hans et Lyse se connaissaient tous deux depuis voilà plus de quatre ans dans le cadre de leur travail, le vouvoiement professionnel s'était toujours conservé. La femme partit, le laissant seul à son travail. Et cela ne le gênait absolument pas, pas le moins du monde. Cette 'demi-heure' passa à une vitesse éclaire pour lui, il n'avait sans doute pas levé la tête pendant tout ce temps. La porte résonna sous quelques coups, avant de s'ouvrir. Elle donna sur un homme à l'apparence physique plutôt similaire à celle de Hans: Un jeune blond aux cheveux mis en arrière avec des lunettes. Il y avait deux détails qui changeaient néanmoins, l'homme qui entrait était vêtu d'un habit chic —costume cravate— et semblait paradoxalement moins sérieux.

«Il fait un de ces froids dehors !»
Dit-il en entrant, réussissant à capter l'attention du scientifique.
«Je me présente, Cassian Kormyne.»
Enchaîna-t-il lorsqu'il était arrivé à son niveau, lui tendant la main. Hans la lui serra, tout en lui répondant.
«Je vous connais, oui.»
«Moi de même figurez-vous, ce n'est pas tous les jours que je rencontre un scientifique de génie.»
«Ce n'est pas tous les jours non plus que je rencontre le directeur de l'Ordre Oruzhiya, il n'y en a qu'un seul à ma connaissance.»
«Vous avez raison !»
Riant franchement, avant de continuer.
«Bon c'est pas tout ça, mais j'espère que vous êtes libre ce soir ?»
«Eh bien, je travaillais sur cette pièce de mot-»
«Parfait, vous en êtes dispensés. Rassurez-vous, votre paie n'en sera pas touchée, j'ai les accréditations nécessaires.»
«Je n'en ai pas douté...»
D'un air déçu. A vrai dire, Hans se fichait de la question de l'argent, il était effaré de ne pas pouvoir continuer son travail.
«Puis-je vous demander où l'on me demande ?»
«Pour un nouveau projet !»
Le Directeur lui lança cela à travers la pièce, puisqu'il s'était retourné pour aller trouver la sortie. Les yeux de Hans s'illuminèrent. Un nouveau projet ?
«Mais encore ?»
«On verra sur place avec les mecs de Riaa balistiques... Ou les meufs, si on a de la chance !»
«Riaa balistiques ? La compagnie Antarienne ?»
Cassian se retourna.
«Moui... Mais j'y pense, vous comptez venir habillé comme ça ? Je veux dire, en blouse ? On va à un restaurant pour discuter de tout ça.
Hans baissa les yeux sur sa propre tenue.
«C'est que... Je n'ai pas d'autres habits en l'état.»
«On peut faire un détour chez vous.»»
Dit-il en regardant sa montre.
«Même chez moi, je n'ai rien de suffisamment adapté pour un tel dîner d'affaire.»
«Oh hum... J'ai bien un costard en double à la maison. Ça vous dérange pas j'espère ?»
Il haussa les épaules, avant d'écouter à nouveau Cassian.
«Avant de partir, réunissez tous vos dossiers importants sur nos lance-missiles antiaériens mobiles. On en aura besoin.»

...

Hans était attablé aux côtés du Directeur Kormyne, dans l'aile réservée pour l'occasion d'un restaurant huppé de Volkingrad. Si le protocole sécuritaire était absent en apparence, il était très renforcé: Mais discret puisqu'assuré par les renseignements. Hans vit arriver ces fameux Antariens, dans son costume trop grand pour lui. Cassian lui emboîta le pas en se levant pour saluer les arrivants.

«Messieurs !»

Hans Belfost, chercheur de l'Ordre
Hans Belfost, chercheur de l'Ordre
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Le bon.
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AlinéaTard. La soirée se profile sur Volkingrad, belle ville de toutes les importances pour la République Fédérale Kartienne. Pourquoi ne voulez-vous pas y vivre ? Il y en a pour tous les styles de vie. Aujourd'hui, les ouvriers sont rentrés chez eux, ont ensuite suivi un peu plus tard les divers fonctionnaires: Véritable cortège journalier. Un emploi du temps millimétré et minuté pour certains, hasardeux pour d'autres. Volkingrad s'adapte. C'est là toute la panoplie des divers gens de la capitale.

Mais qu'advient-il si cet emploi du temps est si hasardeux qu'il en vient à disparaître, perdant sa raison d'être ? Un travail qui vous demande tellement d'improvisation qu'il le supprime, cet emploi du temps. Un qui, force des aléas, peut vous saisir tôt le matin, tard le soir et en plein milieu de journée. Ou bien tout cela à la fois, qui sait ? Peut-être même rien du tout, aucune demande. Bien que —pour la très bonne majorité du temps et il faut se le dire— ce travail vous demande tellement de votre vie qu'il vous grignote votre sommeil, vous prive d'une vie familiale: Sans pour autant vous être si rémunérateur qu'une autre profession. Qui accepterait direz-vous ? Un fou, un passionné, un bourreau de travail, ou bien peut-être tout cela à la fois ?

C'est ce quotidien qu'ont choisi les enquêteurs et enquêtrices des forces de police de Volkingrad. Pourquoi plus à la capitale qu'à une autre ville ? Simple. Volkingrad est la seule agglomération qui compte plus de dix millions d'habitants. Plus il y a de monde, plus il y a de crimes: Simple calcul mathématique. Non pas que Volkingrad soit propice aux crimes, à vrai dire le système judiciaire Kartien est assez compétent. Mais naturellement, cette ville demande le plus de forces en la matière.

Peut-être que pour une fois, il aurait mieux valu ne pas vivre à Volkingrad. Du moins pas pour cette soirée, pas pour cette femme, pas dans cet appartement. Un meurtre. Un meurtre est survenu au premier étage d'un appartement en périphérie de la ville. C'est tout naturellement qu'un enquêteur est demandé sur place pour constater les premiers faits, récolter les premières preuves.

Adina dormait tranquillement —pour une fois— dans son lit lorsque son téléphone vibra. A peine réveillée, elle le saisit et écouta ce qu'on avait à lui dire. Tristement, cela traduisait qu'elle avait l'habitude qu'on la demande en pleine nuit. Elle se leva, le drap glissa à même le sol: Pas le temps de le remettre. Elle s'était reposée à moitié habillée, en pantalon, sans rien au dessus. Vêtue désormais d'une chemise mal repassée, elle s'exclama d'un constat toute seule.

«Putain... mon soutif...»

Elle regarda en arrière, avant de se résigner.

«Pas le temps d'enlever ma chemise...»

Elle attrapa la longue veste qui pendait au porte-manteau dans l'entrée, claquant quelques secondes plus tard la porte. La voiture s'élança à travers les rues sombres. Un grand immeuble se dressa devant elle, était-elle à la bonne destination ? Pour elle il n'y avait pas de question: Elle était déjà hors de son véhicule. Des voitures de police aux gyrophares clignotants attendaient: Oui, elle était au bon endroit. Quelques policiers quadrillaient l'extérieur, mesure obligatoire dans le protocole. Hormis l'intrusion de ces véhicules, tout était calme. La brise sifflait dans les feuilles des arbres, rien ne semblait pouvoir perturber le sommeil des résidents. Et pourtant. Tandis qu'Adina marchait, le policier qui avait été sur les lieux en premier engagea le rapport.

«On nous a signalé des coups de feu, on est arrivé aussi vite qu'on a pu mais le suspect s'est échappé. Il a tué une femme, on vous a attendu pour le reste.»
«Des traces d'effraction à signaler ?»
«Euh... Voyez par vous-même.»

L'enquêtrice arriva devant le lieu du crime. Des traces d'effraction ? Le suspect n'était pas allé dans la finesse, non. Le verrou avait tout simplement sauté. Non, plus encore. Tout un pan de la porte avait été purement défoncé par un coup de fusil.

«Donnez-moi un mouchoir.»

Elle enroba la douille, sans aucun doute celle de la cartouche ayant permis l'intrusion.

«Munition de calibre 12»
«Vous pouvez identifiez l'arme ?...»
«Probablement un fusil à pompe.»
«C'est que... C'est pas courant ça.»

Elle continua, entrant dans la pièce. Quelques traces de lutte, des vêtements au sol, une fenêtre brisée, une chaise renversée, le cadavre d'une femme: Perforé d'une balle. L'enquêtrice se dirigea vers la fenêtre, non vers la femme. Une chaise était dehors, elle avait servi pour briser le carreau. Elle regarda dans la cuisine: Il en manquait bien une.

«Le suspect s'est peut-être échappé par là... Ceci étant...»

Elle regarda autour d'elle.

«Vous auriez été notre principal intéressé, seriez-vous sorti par là ?»
«Hum... Non. Sortir par l'entrée aurait été risqué, mais il y a une porte qui donne vers l'extérieur.»

Elle se trouvait juste à côté de la fenêtre, soit à la même destination.

«En admettant par la fenêtre, vous auriez fait comment ?»

L'enquêtrice profitait que le policier n'avait pas vu l'objet ayant servi à la briser.

«Vu la manière de faire, avec le fusil. En tirant, ou un coup de crosse.»
«Et pourtant ! Une chaise a servi à casser cette vitre. Elle a été prise dans la précipitation, en plus.»

Elle pointa du doigt l'autre chaise renversée. Elle continua.

«Ces vêtements sur le sol indiquent ceux d'une femme, celle-ci. Mais aussi ceux d'un homme.»

Elle se pencha pour regarder plus en détail. Des vêtements suggestifs, une somme en liquide et un certain matériel...

«Il s'agit d'une prostituée. Son identité et sa profession restent à confirmer.»
«Une épouse jalouse ?»

Elle se tourna.

«Avec un fusil à pompe ?»

Cela ne tenait pas debout.

«Ces traces de lutte ressemblent davantage à des traces de fuite. En déduisant qu'il y avait deux personnes dans cet appartement, l'homme s'est enfui par la fenêtre avec cette chaise. Notre suspect semblait vouloir s'en prendre à cet homme...»

Dit-elle en regardant les impacts de balles proches de la fenêtre. Elle se pencha, enfin, sur le cadavre de la femme.

«Jeune, pas plus de 25 ans. Multiples impacts de balles dans le dos.»

Elle fit quelques tours dans l'appartement, ne saisissant pas d'autres éléments notables. Elle demanda un policier, lui faisant un rapport détaillé.

«Un individu de sexe inconnu et d'âge inconnu s'est introduit dans cet appartement, détruisant le verrou à l'aide d'une arme longue. Une jeune femme, prostituée, est morte d'une balle dans le dos. Les éléments trouvés semblent indiquer la présence d'une deuxième personne, ayant réussi à s'enfuir par la fenêtre. Le meurtrier visait probablement cet homme en priorité, nous pouvons supposer que la femme est un dommage collatéral. Peut-être qu'une plainte sera déposée à nos forces de police, permettant d'identifier cet homme. Quoiqu'il en soit, effectuez les relevés digitaux, balistiques et prélèvements. Suspect non identifié, en cavale et dangereusement armé. Mobile du crime inconnu.»

Adina s'éloigna. Elle rattrapa son téléphone, composa un numéro: Elle espérait que sa sœur pouvait répondre. L'heure ne jouait pas en sa faveur.

«Lyse ?»
«Adina ?»
«T'es pas couchée à cette heure toi ?»
«Je dînais avec des amis... Mais et toi ? Sur une enquête à cette heure ? Rien de grave ?»
«Hein ? Ah... Nan, nan rien.»
Elle mentait. Adina ne voulait pas inquiéter sa sœur.
«Je voulais juste entendre ta voix, d'ailleurs dis [...]»

...
2510
Le truand.
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Plus tard, le même soir.

AlinéaIl y a quelques heures seulement, un meurtre a eu lieu. Si les forces de police affiliées à la Kaldrika ont posé les premières bases d'une investigation, notamment sous les mains de l'enquêtrice Adina, le suspect est toujours en liberté. Pire encore, son identité est amplement inconnue. Les prélèvements et relevés digitaux n'éclaireront pas plus cette question. Le crime parfait en apparence, et seulement en apparence. Un homme encapuchonné de noir, sac en bandoulière avec un objet métallique qui en dépasse —ce qui semble être une crosse de fusil— se présenta sur le parvis d'un immeuble désaffecté, dans un quartier qui l'était tout autant. Il traversa de nombreux couloirs, avant de passer une porte qui donnait sur une pièce aménagée. Un véritable contraste avec les traits apocalyptiques du bâtiment en béton éventré, qui accueillait un petit espace entretenu: Un repère. Un autre homme semblait attendre, beaucoup plus élégant.

«Alors ?»

La question semblait presque fatidique. L'homme en allure de voleur répondit.

«Il a réussi à s'échapper.»

«Tu as failli.»

«Pas exactement. J'ai trouvé les documents que tu m'as demandé.»

Il sortit un léger amas de feuille enveloppé dans une chemise de cuir. Son interlocuteur le lui prit, révélant un peu plus son visage qui baignait jusqu'à lors dans une sombre lumière. Son allure générale était celle d'un malfaiteur, un truand.

«Autre chose ?»

«Y'avait une pute avec lui, j'ai dû la tuer.»

«Autre chose d'important ?»

«Nan.»

«Va te reposer.»

Il pointa du doigt le seul canapé dans la pièce, avant de reprendre.

«On passe à la suite demain soir, le temps que j'étudie ce que tu m'as ramené. On doit faire vite, avant que nos intéressés ne changent tout en apprenant la fuite de ces informations.»

En agitant le torchon de documents.

«Et pour Cyril ?»

«Qu'il aille au diable. On refera pas une deuxième expédition pour aller le buter, c'est pas une cible prioritaire. On a eu ce qu'on voulait, ces documents.»

...

Le lendemain, cinq heures avant l'heure H, même lieu.

«Tu es au clair avec le plan ?»

«On est sûr que y'aura pas assez de sécurité, au point de pas pouvoir m'intercepter ?»

«Tu trouves une raison à ce que Cyril falsifie ses propres documents ?»

«Nan.»

«Alors prépare toi, on doit pas pouvoir te reconnaître. Prends le remington 870 au cas où, et surtout oublie pas le C4.»

Et ce plan, en quoi consistait-il ? Il s'agissait de pénétrer dans un aérodrome privé, et faire sauter la cargaison ainsi que l'équipage d'un avion de transport en halte à cet aérodrome. Soit le personnel est visé, soit la cargaison, soit l'appareil, il y avait une raison potentielle derrière chacun de ces justificatifs. Mais laquelle ?

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Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Un aéronef de l'aérodrome privé dans la province d'Ydrévtie explose mystérieusement le 27/04/2020. Les médias Kartiens relayent très peu l'information car ne s'agissant pas d'une infrastructure étatique, l'explosion est par ailleurs officialisée —si bien qu'elle le serait— par un incident technique.
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Roman en Antares

https://zupimages.net/up/26/33/dudg.pngaaaQuatrème chapitre

AlinéaTandis que la guerre des ombres ravage l'Antares, des groupes de volontaires se forment dans les rangs de la grande armée Kartienne. Une seule vocation: Eradiquer le fascisme, mettre à genoux la junte de la MIRA. En soignant ses militaires par les moyens Kartiens à Roncevaux —pour les renvoyer au front— la MIRA s'est exposée à la foudre du non respect de l'Accord des As Croisés. Les volontaires ont saisi cette occasion en or lorsque la Présidence Fédérale annonce sa sanction, la compagnie Zagraniczna du Colonel Bancarossa se forme et peut déjà fêter son tout premier triomphe à Rémaucourt.


«Est déjà scellé le destin du vil fascisme»

AlinéaLe volontaire le plus connu de la compagnie Zagraniczna —si ce n'est pas le plus légendaire— demeure le Colonel Orféo Bancarossa. Fraîchement nommé au poste d'attaché militaire en Estalie, ce n'est que quelques semaines plus tard qu'il annonce son départ: Ne pouvant se résoudre à rester les bras croisés. Il connaît le contexte géopolitique, le pourquoi. Pourquoi son pays autorise l'envoi d'un contingent paramilitaire alors qu'il devrait être neutre pour assurer la zone Roncevaloise. Mais peu importe, pour lui comme pour les autres. Tous ressentent la même chose. Une seule volonté, un seul but et une seule ambition, tous se rejoignent: En finir avec la MIRA. Cette voie, paradoxalement "noble" pour certains, un sacrilège pour d'autres. Cette voie, quoiqu'il puisse en être, est éclairée en premier par des lauriers. La compagnie Kartienne obtient sa première victoire en infligeant dix fois plus de pertes dans les rangs de la MIRA que dans les siens. Quelques jours après les affrontements à Rémaucourt, les volontaires peuvent enfin reprendre leur souffle. Orféo tient à parler à ses hommes, et c'est ce qu'il fait, derrière sa casquette brune et ses lunettes aviateurs.

«Notre première victoire contre ces planqués de la MIRA camarades !»
«Un ura pour notre colonel !»
Tous hurlèrent, fiers.
«Ura !»
«Mais n'oublions pas que ce sont des camarades tombés que nous gagnons. C'est de leur sacrifice que nous pouvons hurler victoire aujourd'hui. Et aujourd'hui, onze d'entre nous sont morts.»
Un mouvement solennel parcourut l'assemblée improvisée, un air d'approbation et de respect. Un des volontaires s'avança, il avait une lourde machine dans son dos, son jadwiga pendant à ses côtés.
«Irineo ?»
«Justement, colonel, nous devons continuer, pour eux !»

Orféo sourit chaleureusement. Il appréciait ce qui se créait, cette camaraderie. Il avait aimé être applaudi, tout comme il savait que certains de ses frères étaient morts pour lui, et pour les autres. Malgré cette pensée obscure, il acquiesça la demande implicite du soldat en tendant le bras, signe d'approbation. Irineo était le principal opérateur radio du groupe, il décrocha son instrument de son dos et l'installa en quelques secondes. C'était un mouvement qu'il avait appris des milliers de fois. Il trifouilla les innombrables boutons, un de ses camarades lui demanda.

«Ce voyant veut pas dire que ça marche pas ?»
Irineo recula, pointant des mains l'appareil.
«Et bien va s'y l'as des as de la radio: Je te regarde.»
«Euh...»
«Depuis quand tu sais utiliser ce bousin ?»
«C'est à dire que...»
«Aller, ta gueule.»
Le Colonel s'interposa, coupant court à la petite chamaillerie.
«Des nouvelles, Irineo ?»
«Du front, nan. Rien depuis Rémaucourt. Cela dit on a une transmission.»
Le responsable se pencha, une main sur l'épaule de ce que tout le monde nommait son second.
«De qui ?»
«Vitriers.»
«On va pouvoir bouger les gars !»
Il demanda, plus bas.
«Où veut-il qu'aille la compagnie ?»
«Cap sur Raillat, région de Seralpine camarades !»

Chaque soldat commença à se diriger vers ses affaires pour les réunir. Il manquait onze paquetages. La pratique militaire avait tristement voulu qu'on répartisse les outils militaires entre les vivants, le respect et la camaraderie avaient quant à eux dicté d'enterrer les affaires personnelles avec les morts. Orféo avait personnellement communiqué à Volkingrad l'emplacement des dépouilles, dans l'espoir de pouvoir les retourner en Karty, sur leur terre natale: Pour les familles. Mais cela s'avérera plus compliqué que prévu, il sera réellement compliqué d'obtenir de telles accréditations en dehors de Roncevaux. La marche commença, direction Raillat. Même s'il manquait une colonne dans la formation, l'entrain reprit de ses élans —peu à peu— au fur et à mesure que la compagnie avançait. Il y en avait même quelque uns qui décrochaient des instruments coincés dans leur dos: Guitare, tambour improvisé, flûte traversière... C'était là toute la particularité de la Compagnie Zagraniczna: Un nom polonais, des chants italiens et la férocité des troupes germaniques. Un air imprégna le groupe.

Ogni contrada è patria del ribelle,
ogni donna a lui dona un sospir,
nella notte lo guidano le stelle
forte il cuore e il braccio nel colpir
[...]

Colonel Orféo Bancarossa
Colonel Orféo Bancarossa

suite
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Roman en Antares

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Cinquième chapitre

AlinéaTandis que le bilan humain de la guerre des ombre devient de plus en plus lourd —assez logiquement puisqu'il s'agit d'une guerre—, de plus en plus d'élus de la République Fédérale Kartienne témoignent leur rage: Le désir de soutenir Corvus. Plus le temps passe, et plus le camp interventionniste gagne du terrain. Au début de la guerre, plus des deux tiers du Sénat formaient le bloc neutre, permettant d'assurer la neutralité de Roncevaux. Si le gouvernement est désireux de conserver la situation telle quelle, ce n'est qu'une question de temps avant que l'opposition ne devienne majoritaire. C'est ainsi qu'un agent des renseignements est envoyé auprès d'Hanna Husseski, dite la Cantatrice.


AlinéaTout allait et venait, à Roncevaux. Cette ville prospérait, devenue le poumon économique de toute l'Antares, et mieux: Elle s'agrandissait encore. Chaque jour était l'écho de l'arrivée de nouveau citoyens, venus trouvés une sécurité menacée par la guerre civile. Les activités se délocalisaient à cette ville, ou peut-être elles se centralisaient: Sans doute les deux à la fois. Pour la plupart des Antariens, tout tournait autour de Roncevaux: Travail, sécurité, santé. Néanmoins, cette vérité générale s'avérait fausse pour les Kartiens. Volkingrad tournait ses yeux vers les défunts: Des centaines de mort à Barette-sur-Ronce, des milliers à Lissous. Ce conflit, vital pour les Corvuns, nécessaire pour la MIRA, était tout simplement macabre pour les Kartiens.

Malgré l'étincelance de cette ville, ses activités qui grimpent en flèche, il paraît une journée plus calme. Chaque semaine, Roncevaux se ralentit dans sa course effrénée: Le dimanche. Un jour saint, sacré, mais surtout de partage: Où chaque petite main, ouvrière, administrative, quelle qu'elle soit, se repose. Un des nombreux moments où les militaires Kartiens sont au plus proche de leurs frères et sœurs d'Antares, communiant parfois même avec eux dans leurs propres édifices religieux. Une pratique qui témoigne de la profondeur des liens entre les deux pays, où les frontières sont si minimes que des citoyens pourtant de part et d'autre d'un continent s'apprécient sincèrement.

En effet, à chaque fois qu'un militaire Kartien croise un civil Antarien, ces deux derniers se saluent chaleureusement. Parfois même, lorsque le temps le permet, s'engage une discussion: Il paraît qu'un bon nombre de soldats Kartiens sont devenus amateurs de l'icebreaker Antarien, l'équipe des cuirassés de Gardevant étant la plus en vogue. Pour des moments encore plus opportuns, les Kartiens se mêlent directement au sport avec les Antariens, disputant une partie de foot ou de basket avec les jeunes lycéens, de poker avec les adultes, d'échecs avec les plus âgés.

Ce fut lors d'un de ces dimanches matins, qu'un autre convoi d'hélicoptères d'assaut arriva à l'héliport de Roncevaux Ouest: La totalité de leurs effectifs s'élevant en conséquence à l'ordre d'une cinquantaine. Ce dernier indiquerait, comme d'habitude, l'arrivée d'un autre détachement d'hommes avec lui. Pourtant, ce convoi était bien trop maigre pour signifier une telle arrivée, mais également trop imposant pour une simple patrouille. Lorsque les quatre Krechet se posèrent, il n'y eut qu'un seul homme qui descendit. Une silhouette réellement imposante par la manière dont elle était vêtue: Un uniforme sombre, couvert d'un autre vêtement noir par dessus lui, dont l'intérieur était pourpre. Seul ce qui dépassait de cet habit contrastait avec lui, autrement dit la tête d'un jeune homme qui ne dépassait pas la vingtaine.

Le pilote de l'appareil trifouillait l'intérieur du cockpit, stoppant le mouvement des pâles et leur son caractéristique. Il posa une main sur l'arrière de son siège, son casque pivotant: Il jeta un regard derrière lui pour s'adresser à cet homme à l'allure singulière.

«Et vous voilà à Roncevaux m'sieur.»

L'intéressé n'avait pas réellement attendu les paroles de son conducteur, sa main gantée saisissant déjà la poignée de maintien pour s'extirper de l'hélicoptère.

«Un grand merci à vous, soldat.»

Le voyant s'éloigner.

«Eh oh, vous deviez pas attendre qu'on vous escorte ?»

«Nan.»

«J'ai mémoire que si, m'sieur.»

«Une escorte me ralentirait, j'ai le pas rapide. Qui plus est, je me trouve à Roncevaux en Antares, pas à Hejo au fin fond d'une dictature terroriste Afaréenne.»

Le pilote essaya d'argumenter.

«Le respect du protocole et de votre sécurité indique cette escorte, si je peux me permettre.»

L'homme présenta ses deux mains à plat dans le vide, comme pour temporiser une situation.

«J'emmerde le protocole... On a qu'à dire que vous profitez de ça pour aller vous reposer ?»

«Un deal intéressant...»

«Alors voilà qui est conclu.»

Il tourna talon, sa cape le suivant dans son mouvement. Il y avait donc ce gradé Kartien, d'un service peu reconnaissable en revanche, qui sortit seul de ce petit complexe militaire. Il s'avançait dans les rues de Roncevaux, ne s'attendant à aucune distraction en cours de route. Il obtint sa première surprise, lorsqu'il observa ces longs cortèges qui se présentaient devant ce qui semblait être une Eglise. Il se souvint alors que l'on était dimanche, un matin. Depuis quand n'était-il pas allé prier ? Cela remontait sûrement à Noël dernier... Qui l'aurait cru ? Sa mission en Antares lui avait rappelé que lui aussi, était croyant. Peut-être pas parmi les plus assidus, mais il l'était.

Soudainement coupé dans sa réflexion intérieure, une femme Antarienne le salua, toute souriante. Il ne s'y attendait pas, mais si, il s'agissait bien d'une simple salutation, comme cela se faisait en Karty des civils aux militaires. Pas de salut froid ou martial, comme s'il s'agissait d'un inconnu à un autre. Au fond, c'était le cas. Peut-être était-ce pour cela que les élus souhaitaient que le Commissariat des Armées Kartiennes déclare la guerre à la MIRA ? Peut-être était-ce pour cette proximité simple et sincère que Karty devait se battre directement auprès de Corvus ? Un torrent de questions lui vinrent à l'esprit, il se contenta dans un premier temps d'agiter maladroitement sa main, rendant par la même occasion un sourire à cette Antarienne.

Désormais hésitant, il ouvrit la double-portes du siège de l'administration Kartienne de Roncevaux, de ses deux mains. Il longea les couloirs, essayant tant bien que mal de chasser ses nouvelles pensées. Peut-être qu'au fond, la solution c'était celle-ci: Entrer en guerre contre la MIRA. Non, ou du moins, ça n'était pas son rôle. Le poste qui lui incombait était même inverse, il devait aujourd'hui enquêter suffisamment pour réunir assez d'informations afin de trouver une solution pour éviter cette guerre. En ce sens, quoi de mieux que de se présenter à la Kartienne la plus concernée par Roncevaux, soit son administratrice.

«Votre uniforme m'est tant familier qu'il m'est inconnu, qui êtes-vous ?»

«Un sentiment paradoxal, dame Husseski. Ou devrais-je dire la Cantatrice. Oui, je connais votre alias. Cela devrait vous donner une première fondation non négligeable pour vous faire une idée de qui vous avez en face de vous. Je suis des renseignements, tout comme vous.»

«Que me vaut votre venue ici... Présentielle, j'entends. L'administration possède ses canaux sécurisés avec Volkingrad.»

«Le besoin de vous voir en personne. J'ai de nombreuses questions à vous poser, concernant Roncevaux, et la possible entrée en guerre de notre pays contre la MIRA. Êtes-vous favorables à cette idée ?»

«Si vous connaissez mon dossier si bien que cela, vous ne seriez pas ici à me poser ce genre de question.»

«En effet. Vous avez servi en tant qu'agente auprès des forces Corviennes. Et vous voilà désormais à la tête de Roncevaux, zone neutre. Quelle tête tireraient nos chers amis de la MIRA s'ils savaient que la Kartienne chargée d'assurer la neutralité de son pays est en réalité à fond dans le camp Corvun ? Peut-être est-ce à cause de ça, si la compagnie de Bancarossa a pu arriver là où elle en est ?»

«C'est ça, votre question ?»

«Non.»

«Alors quoi ?»

«Savez-vous qu'une intervention de nos armées pourrait ne pas nous être profitable, tant à nous qu'à Corvus ?»

«Vous êtes venus me convaincre de ne plus soutenir Corvus ?»

«J'ai posé ma question.»

«La MIRA est une junte fasciste, un danger les Corvuns mais aussi les Antariens eux-mêmes !»

«C'est au peuple d'Antares, Antarien ou Corvun, de décider de son propre sort. Ce ne sera pas avec des armes et du sang étranger que le sort de l'Antares sera décidé, il sera incertain.»

«Je ne suis pas là pour parler de philosophie. La MIRA est une menace.»

...

AlinéaPlus tard, Volkingrad, le même jour. Un rapport détaillé cosigné d'un certain "Mathieu" et de la Cantatrice arriva sur le bureau de la Gouverneure Orlovski, la situation ne pouvait plus réellement attendre. Dans quelques temps, quelques semaines ou peut-être même quelques jours, le Sénat allait de nouveau se prononcer: Il devenait risqué de parier sur le fait que la majorité resterait neutre. Il fallait trouver une solution, une où le gouvernement et peut-être même l'armée pouvait se prononcer en face des élus: Ce qui est pour l'instant empêché par le bloc constitutionnel...

Mathieu et la Cantatrice
Mathieu et la Cantatrice
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Roman en Vlastie

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Premier chapitre

AlinéaLa République Fédérale Kartienne et la République Démocratique Vlastique demeurent assez proches, notamment par le biais du Traité Widlow-Aralie. S'il est clair qu'il ne s'agit pas d'une ferme alliance comme avec la République d'Antares ou l'Empire Raskenois, les relations Mosvara-Volkingrad n'en sont pas moins courtoises, cordiales et peut-être même amicales. En effet, le Gouverneur Luciano Bellanti fut le premier à ouvrir le contact avec ce pays, constituant une deuxième tête de pont diplomatique en Aleucie pour la République Fédérale, avec l'Everia. Aujourd'hui, le dirigeant Vlastique est mort, et il est temps pour la patrie mère de montrer son amitié à sa consœur Aleucienne: Le Gouverneur Bellanti se présentant encore une fois pour se faire, aux côtés d'une invitée quelque peu imprévue.


AlinéaDerniers saluts auprès du cercueil, cortèges funèbres, grands et longs discours éloquents, couronnés d'une réception luxueuse au sein d'un palais d'inspiration fortement Eurysienne. Tout cela avait lieu à Mosvara, capitale Vlastique, sous les yeux des délégations venues de tout bord du monde. L'architecture de cette ville était telle que les adjectifs manquaient pour seulement la décrire. Monumentale, oui, c'était le mot pour la décrire. Digne du plus grand projet Speerien, d'immenses avenues segmentaient la circulation d'Ouest en Est et du Nord au Sud, des bâtiments prestigieux s'érigeaient à chaque intersection.

Pour le Gouverneur Fédéral, il s'agissait d'un grand modèle de réussite. Luciano voyait en Mosvara la réussite totale d'un pays, avec lequel il était nécessaire de composer. Un pays qui, force de sa richesse, sera destiné à un seul chemin: Celui de la victoire. Mais pour l'autre Kartien présent avec lui, plus exactement une Kartienne, la lecture de cette ville était toute autre. Mosvara ne pouvait être, pour elle, que le fruit de la privation des peuples, de l'exploitation des prolétariats et de la prédominance d'une classe élitiste. Comment ces si grands bâtiments ont-ils pu voir le jour autrement que par l'exploitation de la main d'œuvre, si ce n'est tout simplement de l'esclavage ? Cette métropole n'était pour elle ni l'hymne de la gloire ou de la puissance, c'était un requiem qui chantait le travail des gens qui ont péri pour bâtir les projets délirants d'une classe, bourgeoisie d'Etat qui prétend partager le quotidien des petites mains.

L'heure n'était néanmoins ni à l'admiration ni aux reproches, il fallait plus simplement se tenir droit, souriant pour les autorités Vlastiques. Et c'est ce que faisaient le Gouverneur, et cette femme. Mais cette femme, qui était-elle ? Luciano l'avait déjà vue, son visage lui était familier. Et pour cause, il s'agissait d'une membre des renseignements. Lorsque l'homme était vêtu de noir à l'occasion d'un enterrement, la femme était habillée de son habituel trench coat, dont l'ouverture laissait transparaître sa chemise blanche et sa cravate noire. Elle avait l'allure jeune, ses cheveux blonds à moitié en désordre tenus par un chignon à l'arrière de sa tête.

Luciano ne s'était pas décidé à prononcer un discours, malgré l'occasion qui s'était présentée. Pour lui, sa présence alliée au fait qu'il venait de saluer les nouvelles autorités durant la réception, suffisait à honorer la mémoire du défunt. Lorsqu'il en revint, la femme s'adressa —en Karta— pour la première fois à lui, et ce depuis le départ de l'aéronef à Volkingrad.

«Savez-vous ce qu'il est advenu à la province d'Ydrévtie ?»

Le Gouverneur haussa les sourcils, curieux, tout en souriant d'un air chaleureux.

«Eh bien, j'ai cru qu'on m'avait donné une muette comme coéquipière pour cette cérémonie ! L'Ydrévtie vous dites ?»

Elle resta impassible.

«Vous adressez-vous de la sorte aux diplomates étrangers ?»

«Sûrement ?»

«Mhm...»

Elle acquiesça intérieurement, comme pour une note pour elle même, coupée par la parole de Luciano.

«La province que vous évoquez est sous la juridiction d'Angè-»

Il se corrigea.

«Enfin, excusez-moi, sous la juridiction de la 'Gouverneur Fédérale Orlovski'.»

«Très drôle... Vous avez mangé un clown ce matin ?»

Il répondit quasiment instantanément.

«Je le digère pas bien, faut dire. Mais bon, vous avez quelque chose de plus important que ça à me dire, apparemment ?»

«Un avion a explosé dans un aérodrome privé.»

«Oui... Oui j'en ai entendu parler, une erreur technique à ce qu'il paraît ? C'est curieux.»

«Une couverture. Il s'agissait d'une attaque terroriste.»

«Et ? Les services de police s'en chargent, nan ?»

«Non, justement. Dans la mesure où il s'agit de terrorisme, les renseignements y ont mis leur nez. Nous collaborons actuellement avec les services locaux, je pense que l'affaire nous sera entièrement relayée sous peu.»

«'Nous' ?»

Il voulait demander ce qu'elle attendait par ce 'nous', et surtout pourquoi elle, au vu de sa position dans la Vorna. Pourquoi elle, alias la Resquilleuse, était chargée d'une affaire de si bas étage ?

«Moi.»

«J'avoue ne pas bien comprendre, ni ce que vous voulez dire, et encore moins là où vous voulez en venir.»

«Sieur Bellanti... En tant que Gouverneur d'Helmer, vous connaissez mieux que moi votre devoir avec les royalistes.»

«Hum... Oui ? Je vois toujours pas le rapport entre cet avion et l'AfK.»

«Justement. Nous avons de bonnes raisons de croire que cet attentat venait des forces royalistes. L'avion visé appartenait à une sous-société de l'Ordre, dirigée par un certain Cyril Pskov. Cyril Pskov, qui nous avait informé sur la position de bastions royalistes, tout juste après la fin de la guerre civile.»

«Si je comprends bien, il s'agit d'un règlement de compte ?»

Elle haussa les épaules.

«Si on veut, en quelque sorte.»

«Pourquoi me parler de tout cela, à moi ?»

«Nous suspectons que cet attentat ne soit que la première brique d'un grand mur. Je vais avoir besoin de votre soutien, en cas de réussite nous en terminerons sûrement avec l'AfK. Il faudra commencer par retrouver Foster.»

«Ah.»

Comprenant enfin, il continua.

«Cela prend sens.»

«Je vous retrouverais en Karty à votre bureau demain matin. Nous y continuerons cette discussion. En attendant, faites votre devoir diplomatique, Bellanti.»

Ainsi, les deux Kartiens prirent tous deux une coupe de champagne. Désormais verre à la main, ils présentaient leur plus belle façade pour les dignitaires Vlastiques.

Citoyen Luciano Bellanti
Citoyen Luciano Bellanti

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Ce RP est sujet à certaines erreurs de temporalité. En effet, il développe un passage interne à Karty, qui se place en 2020 alors que l'enterrement est en 2018. Je me suis permis cela par facilitation d'écriture, les discussions sont de toute manière privées et n'impactent que mon pays.
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Le liseur de bonne aventure observe...
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la Dame de Cœur


«Ce sera un véritable honneur d'ouvrir ces histoires, cher ami. Ou peut-être aies-je affaire à une demoiselle ? Qui sait, mais au fond quelle importance. Voyons plutôt ce que nous avons . . . Mh . . . Notre personnage peut dépasser son statut, le transcender. Il a là l'occasion de faire corps avec les Dieux, mais il devra danser avec la faucheuse . . .»


AlinéaUne dimension semblait s'ouvrir, et elle était pourtant si commune des autres salles. C'était une faible lumière qui éclairait des murs faits de bois sombre, et quelques sièges de cuir, dont deux étaient vides. L'air s'imprégnait d'une vieillerie, telle que le plancher pourrait grincer sans même poser le pied dessus. La lune luisait elle aussi, offrant un contraste bleuté sur l'abat-jour de la grande lampe, qui illuminait paradoxalement si peu. Ce faisceau mélangé se poursuivait à quelques endroits de la petite pièce, notamment sur ce grand tissu pourpre. Il ne servait pas de rideau pour camoufler l'éclairage de la fenêtre, enfin pas exactement. C'était un rideau, dont la fonction était toute autre, puisqu'il s'ouvrit subitement. Il servait en réalité d'ouverture sur cette pièce.

Le nouvel entrant put discerner ces deux autres sièges, occupés. Sur l'un siégeait un homme jeune, habillé d'une longue tunique noire —ou peut-être un manteau— qui se fondait dans la luminosité. L'intérieur de son habit était du même rouge que le rideau désormais froissé, ses mains —elles aussi couvertes de noir— se reposaient tranquillement sur les deux accoudoirs. Son attitude était passive, il attendait. Sur l'autre trônait une femme, impérieuse. Son allure était mystérieuse, la décrire serait difficile. Elle paraissait sortie d'un jeu, une reine à la carte sanguine.

Et cette nouvelle entrante, l'on la reconnaîtrait entre mille. Une femme au regard acéré, tout indiquait chez elle une droiture de fer et d'acier. Ses deux mains se plongeaient dans les poches basses de son long manteau, qui camouflait presque ses bottes militaires. Puisque oui, il s'agissait d'une militaire. Une femme dont la casquette rayonnait d'une étoile en son milieu, don le buste se décorait d'une écharpe rouge et d'un discret I —chiffre romain— orné d'or. Ce fut la première à se prononcer.

«Bien. Nous devions nous voir, la Dame de Cœur et le Roi de Pique.»

Tous deux acquiescèrent, attendant la suite du propos.

«Le Sejm a dicté que nous devons changer notre fonctionnement. Je ne suis pas fanatique de la bureaucratie...»

L'autre femme tendit un bras vers elle, prenant par ce geste la parole.

«C'est l'occasion rêvée, Taliska. Saisissons là.»

Certes intriguée, elle n'était pour l'instant pas encore charmée à cette idée. Elle interrogea.

«Que feras-tu de Katarzyna ?»

Elle réfléchit quelques secondes, haussant finalement les épaules.

«Personne ne la connaît, au final. Elle disparaîtra comme elle n'a jamais vécue.»

«En es-tu bien sûre ?»

Elle insista.

«Certaine.»

«Mh... Et toi, qu'en penses-tu ?»

L'as de trèfle se tourna vers le jeune homme qui, pour l'instant, n'avait encore rien dit. Il se contentait de conserver cette attitude passive, il écoutait en somme. Lorsque l'on lui adressa finalement la parole, il se réhaussa, joignant ses deux mains.

«Pas grand chose.»

«Pas grand chose ?»

«Si c'est le moment, que ça le soit. Ce projet germe déjà depuis un moment. Je n'apprécie pas non plus la bureaucratie, c'est sans doute pourquoi il est temps de s'y mettre maintenant. Plus vite ce sera fait, mieux ça sera.»

Sa camarade, assise, se leva. Elle spolia la parole, ce qui ne le dérangeait pas réellement.

«Mathieu...»

«Mhm ?»

«Je ne pensais pas que nous tomberions en accord, ne serait-ce qu'un petit jour.»

«Y'a une première à tout.»

Ravie, elle se tourna vers la Commissaire Strakhova, mouvant ses membres au rythme de son argumentation. Elle s'enflammait, plus elle prononçait chaque mot.

«Alors c'est décidé. Le Kray absorbera la sécurité intérieure ! Plus de Katarzyna !»

La Commissaire tempéra, même si elle aussi, partageait ce point de vue.

«Du calme, Thalia. Que le Kray devienne maître des renseignements n'est pas une mauvaise chose. Le Sejm demande néanmoins que nous ayons une branche officielle à présenter. Je m'en chargerais.»

Son interlocutrice compléta.

«De combien de personnes l'on parle ?»

«Trois, dont moi.»

«Je me chargerais des neuf autres.»

Mathieu se leva à son tour.

«Sept. En te retirant, et moi également.»

«Sept...»

Elle répéta, pensive, avant de hocher la tête.
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La brute.
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Aérodrome privé d'Ydrévtie.

AlinéaLes pompiers finissaient à peine d'éteindre un incendie, provoqué par l'explosion d'un avion de transport, que le département d'enquête des renseignements de la République Fédérale était déjà présent. Peut-être même était-il déjà présent avant les services de secours, c'était presque à se demander si l'homme en charge de l'enquête était au courant de cette explosion avant qu'elle n'arrive. Néanmoins, les renseignements Kartiens sont forts connus pour leur excès de zèle, rien d'alarmant à cet instant. Le kérozène de l'appareil avait nourri l'incendie, il n'en restait pas grand chose, hormis une carcasse à moitié calcinée et encore fumante.

Il y avait quelques morts, et même un blessé. Que faisaient ces personnes à l'intérieur d'un avion qui n'était censé que décoller le lendemain ? Une question que l'enquêteur devra résoudre, assurément. Ce blessé avait d'innombrables brûlures au deuxième et troisième degré, ses vêtements avaient fondu sur sa peau noircie par les flammes. Les secours le portaient sur un brancard, espérant peut-être le sauver de cette tragédie. Chaque minute, chaque seconde même, était —pour lui— vitale. Un homme s'interposa devant ce brancard, il s'agissait de l'enquêteur des renseignements. Un homme grand, sa chevelure et sa barbe grisonnantes semblaient indiquer qu'il avait dans les quarante cinq ans.

«Messieurs. Cet homme est mort.»

Son intonation était d'une neutralité qui, dans cette situation, portait à la confusion. Pire encore, elle inspirait une sorte de peur environnante. Comment affirmer d'un tel calme qu'un homme venait de perdre la vie ? Aussi ne semblait-il pas même s'inquiéter de son sort, rappelons le: Chaque seconde pouvait coûter la vie de ce blessé. L'enquêteur n'était pas gêné d'interrompre les sauveteurs dans leur travail. Cependant, l'un d'eux regarda ce qui, désormais, était un cadavre qui gisait sur un brancard. Personne ne pouvait s'habituer à cela, perdre la vie d'un homme que l'on tenait quasiment dans ses bras, même pour le pompier le plus aguerri. En revanche, cela n'impactait en rien l'enquêteur, pas le moins du monde: Il compléta.

«Je vais vous décharger de ce travail. Les pompiers ne travaillent pas à la morgue. Ce macchabée ne quitte pas la zone de crime.»

Non en réalité, cet enquêteur était morbide. Il parlait de ce mort comme d'un objet. Si l'envie de recadrer ce dernier ne manquait à aucun des trois sauveteurs, aucun n'eut le courage de se dresser face à lui. Cet homme était grand, fort, et il était —surtout— des renseignements. Le capitaine de l'opération de sauvetage hocha la tête, ses deux coéquipiers posant leur charge.

«Je vous remercie. Votre présence n'est plus requise.»

Morbide, mais détestable. C'est ce qu'était cet odieux personnage. Après avoir écarté les dernières forces de secours, il se pencha enfin à son travail. Et concrètement qu'avait-il à analyser ? Cinq cadavres calcinés sur des bâches, la carcasse noircie de ce qui faisait autrefois un avion et peut-être les restes de ce qu'il contenait. Mais il ne fit rien de tout cela. Il vérifia simplement ces cinq cadavres: Ils étaient bels et bien sans vie. Il sortit de sa poche un téléphone, composa un numéro, qui répondit dans la seconde, en s'annonçant.

«La Resquilleuse.»

«C'est moi. Pawalski à l'appareil.»

«Bryan ?»

«Ils ont mordu à l'hameçon.»

«Qui ça 'ils' ?»

«Les royalistes, qui d'autre veux-tu que ça soit ?»

«Tu m'expliques ?»

«Tu m'as chargé de localiser leurs forces par tous les moyens que j'avais. C'est ce que j'ai fait. On a une trace pour Foster.»

«Comment ?»

«Tu te souviens de Cyril Pskov ?»

«L'informateur qui mouillait dans l'armement clandestin ?»

«J'ai fait fuiter là où il se rendait un soir, et il s'est fait attaquer.»

«Il est mort ?»

«Non, mais notre agente sous couverture oui. Dommage collatéral.»

«Hein ?»

«Notre agente se faisait passer pour une prostituée. Elle l'a amené dans un appartement, puis a glissé de faux documents dans ses affaires. Malheureusement, elle ne s'est pas barrée à temps.»

«Et après ?»

«Un homme l'a buté, mais Cyril s'est échappé. L'important, c'est que les documents falsifiés ont été emportés puisqu'ils ne figuraient pas sur le rapport de police.»

«Y'avait quoi sur ces rapports ?»

«La position d'une cargaison de l'entreprise de Cyril, dans un avion. J'y suis en ce moment. Les royalistes ont fait sauté l'avion, et ce qui avait dedans.»

«Ce qu'il y avait dedans ?»

«Sur le papier, les armes de contrebande de Cyril et ses hommes de mains. En réalité, du matériel dysfonctionnel de notre armée et des condamnés à perpétuité.»

«Tu leur as tendu une embuscade ? J'imagine que t'as coffré celui qui a fait ça ?»

«Nan.»

«Alors pourquoi t'as fait ça ? Merde Bryan ! T'as tué des gens ! Ils étaient peut-être des prisonniers mais ça reste des humains !»

«Il y avait trois pédophiles, un tueur en série et un mec qui a tenté de corrompre plusieurs députés.»

«Ça explique pas pourquoi tu l'as laissé partir !»

«Réfléchis une minute. Tu crois que Foster va se déplacer tout seul ? Nan. Au lieu de ça on a un mec qui remontera à sa planque. Tu crois que j'ai pas pensé à ça ? Les environs ont été truffés de caméras, et y'a des agents sur le coup. Dans quelques heures tout au plus, on aura au mieux Foster, au pire un endroit où il était. Ça valait le coup d'essayer.»

«Si tu le dis. Tu dois t'assurer que l'enquête soit classée correctement.»

«Ce sera fait, considéré comme un simple incident technique. Les cadavres vont disparaître pour pas être identifiés, et la cargaison aussi.»

«Bien. Tiens moi au jus.»

«Tu as une entrevue avec Bellanti non ?»

«Oui ?»

«Profite de ça pour l'approcher. Oublie pas qu'on a besoin de lui.»

«Vu.»

La femme raccrocha, l'homme flanqua son téléphone au fond de sa poche. Il y avait beaucoup à faire.
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Roman en patrie mère

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Alinéa
Si la République Fédérale Kartienne est alliée à la République d'Antares, et qu'elle se voit neutre dans la guerre des ombres afin de préserver la sécurité de millions de personnes à Roncevaux dans le présent cadre de cette guerre, le peuple Kartien s'attache de plus en plus à Corvus. Tôt ou tard, le camp interventionniste finira par remporter la majorité, ce que les autorités Kartiennes ne souhaitent pas voir advenir au vu de la situation délicate que cela engendrerait. Ainsi, le Sejm a été fondé, organe permettant la discussion interposée entre le gouvernement et les élus. Néanmoins, le très récent assassinat du Président Arthur Dabi est venu précipiter les discussions...


AlinéaAngèle n'en revenait pas, tout simplement pas. Arthur Dabi, le Président de la République d'Antares, a été assassiné. Un jour comme un autre, si ce n'était pas le lendemain d'un Noël. Il s'est passé exactement le même événement il y a quelques mois. Qui qu'il soit, il a accompli la même prouesse que les renseignements Kartiens avant lui. La Loduarie s'est mise à cœur de s'en prendre à la plus grande alliée de la République Fédérale, le Kray a imaginé la mort de sa Secrétaire Générale: Elle l'a payé de sa vie. Mais aujourd'hui, ce n'était pas un simple dictateur qui périssait, c'était un allié et un représentant élu, c'était aussi un père de famille. Alors oui, Angèle n'en revenait pas. D'abord puisqu'elle voyait un chef d'Etat mourir, et assez basiquement, elle en était une, elle aussi. Aussi parce qu'elle voyait la sœur —l'Antares— se déchirer un peu plus encore. Et enfin, parce que pour la première fois, elle allait devoir s'exprimer devant l'ensemble des élus de la République Fédérale. L'ancienne constitution empêchait le législatif et l'exécutif de composer entre eux pour le respect de la séparation des pouvoirs, mais la nouvelle réforme du Sejm autorisera désormais —en seule matière diplomatique— cette composition.

Ce fut d'abord le cœur lourd, qu'elle s'avança à la tribune. Cependant, elle était un peu plus déterminée, à chaque seconde qui passait. C'était là l'atout des grands politiques, sans doute, ou bien plus simplement l'effet de l'adrénaline. La Gouverneure Orlovski était à la chambre législative de Valverde à Volkingrad, retransmise aux deux autres chambres. Le Sejm était réuni.

«Très chers citoyens et citoyennes, très chers élus de notre République.

Eu égard de votre droit concernant la composition diplomatique que mène la Présidence Fédérale, l'article III du neuvième amendement du bloc constitutionnel de la République Fédérale Kartienne est invoqué. Alors que notre alliée la République d'Antares est plongée dans la guerre des ombres, nous avions convenu avant la reprise de cette dernière, avec ses trois parties que sont la MIRA, Corvus, et le gouvernement légitime, de l'Accord des As Croisés. Je suis personnellement, néanmoins, consciente des ressentiments de tout à chacun. La MIRA demeure une junte militaire, nous ne pouvons estimer celle-ci comme notre future alliée. Est-ce pour autant une raison qui justifierait notre intervention ? N'est-ce pas là ce que nous reprochions en partie aux Loduariens ? Nos enfants sont-ils prêts à périr pour un conflit qui n'est pas le leur ? N'est-ce pas, finalement, aux Antariens, aux Antariennes, aux Corvuns et aux Corviennes, de décider du sort de leur pays ? Qui sommes-nous, Kartiens, pour choisir le futur d'un pays qui n'est pas le nôtre, même s'il s'agit de celui de notre sœur. Ce sont là des questionnements qui se mêlent à la fois à la philosophie et à la géopolitique, nous sommes réunis en ce jour pour sceller leurs réponses. Notre neutralité dans la guerre des ombres nous permet, par ailleurs, deux éléments. Deux éléments d'importance, au demeurant. D'une part, nous sommes en capacité de protéger efficacement la République d'Antares de toute ingérence extérieure: Jamais nous ne tolérerons une deuxième Loduarie. C'est un constat partagé de toute cette assemblée, par tout notre peuple. D'autre part, nous sommes en capacité d'assurer la continuité d'une zone humanitaire, celle de Roncevaux. Ce calcul n'est ni simple ni honorant, ce n'est pas pour autant que nous allons le dissimuler. Assurerons-nous la sécurité de plus de quinze millions d'Antariens, ou bien enverrons nous notre armée, mettant en danger l'ensemble de ces civils ?

La question est donc la suivante: La République Fédérale Kartienne doit-elle rester neutre dans la guerre des ombres, ou bien soutenir militairement Corvus ?
»

Les paroles fusèrent dans l'assemblée. Si les élus Kartiens sont souvent reconnus pour le caractère posé de leurs échanges, contrairement à d'autres assemblées Eurysiennes plus virulentes, cette question là divisait. Les prises de parole s'enchaînèrent, de la réflexion censée, à l'approbation simple, jusqu'au militantisme irréfléchi.

«Nous devons assurer Roncevaux.»
«La MIRA est fasciste ! Le seul langage que comprennent les fascistes, ce sont les armes !»
«La MIRA a tué Dabi ! Vive Dabi ! Vengeons Dabi !»
«Corvus mérite notre appui...»
«Nos soldats ne doivent pas mourir autrement que pour défendre les leurs.»
«Laissons l'Antares décider d'elle-même !»

Il y eut même quelques discours plus invraisemblables —mais minoritaires— des deux extrêmes: Il Rivoluzionario, et Christlich-Konservativer Bund.

«Aidons la MIRA ! C'est la voie de la droiture et de la prospérité des bons Antariens !»
«Ta gueule le facho !»
«Hein ?!»
«J'ai dit ta gueule !»

La Gouverneure Orlovski s'exaspérait de cette tournure, plus le débat avançait. La République Fédérale Kartienne n'était pas prête à s'enliser dans une guerre civile, aucun pays ne l'est: C'est pourtant le destin qu'elle frôle. Le vote eut lieu. 58% en faveur de la neutralité, à condition que la Présidence Fédérale agrandisse les sanctions prises à l'encontre de la MIRA. Karty restera neutre, Orlovski se prononcera sous peu.

...

Discours de la Citoyenne Angèle Orlovski

«Aux peuples Antarien et Corvun,

Sachez que votre sœur, la République Fédérale Kartienne, a appris la mort de votre Président avec effroi. Néanmoins, la guerre des ombres ne nous offre, à nous comme à vous, point le temps de le pleurer. Les pleurs seront pour un autre temps, un temps de paix. Notre pays soutient activement la succession de sieur Luca Ravenne, ainsi que l'ensemble des décisions qu'il a prise durant son discours.

Sachez que la République Fédérale sera toujours à vos côtés, notre soutien vous est indéfectible. A vous, citoyens et citoyennes. Nous poursuivrons, aussi longtemps que les étoiles se maintiendront, d'assurer votre sécurité contre tout acteur qui s'aviserait d'emprunter la première dalle du chemin de la Loduarie Communiste. Cette sécurité se transcrit également par la zone humanitaire Roncevaloise, qui sera amplement assurée par l'étroite collaboration de nos deux pays, représentée par les directions des dames Pamela Roos et Hannah Husseski.

Néanmoins, et plus encore, la République Fédérale Kartienne ne soutiendra jamais les délires d'une classe scabre, vile et trompeuse. Et ce même si cette classe de hautes élites se revendique l'étendard d'un peuple qui nous est frère. Le Président Ravenne n'a, en l'état, pas pu désigner un coupable pour l'assassinat de son prédécesseur, faute de preuves à la présente. Nonobstant, le Sejm, quant à lui, considère la MIRA responsable de cette infamie.

En conséquence, la Présidence Fédérale soutiendra le remplacement des effectifs et matériels de la Compagnie Zagraniczna, ainsi que l'extradition immédiate de tous les agents actifs appartenant à la MIRA et présents à Roncevaux ou capturés par Corvus. Finalement, lorsque les preuves suffisantes seront réunies par la commission d'enquête mandatée pour élucider l'assassinat de sieur Arthur Dabi, le Commissariat des Armées Kartiennes soutiendra de fer et d'acier la réponse armée évoquée par sieur Ravenne.

Que justice soit faite, et elle sera rendue.
»

Citoyenne Angèle Orlovski
Citoyenne Angèle Orlovski
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Le liseur de bonne aventure observe...
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le Roi de Cœur


«Oh. Bonsoir à nouveau, cher ami, vous revoilà. Il est bien temps, à présent, de lier nos deux intrigues... La restructuration de l'état-major dansera, main dans la main, avec la lutte contre la résurgence royaliste. Je vous souhaite une très bonne lecture.»


AlinéaLe mariage Orlovski, ce fut un événement. Un grand événement, sans doute parmi les plus importants en l'année 2018 pour la patrie mère, à côté de la magistrale défaite Loduarienne et de la tragique guerre des ombres. C'était, pour une rare fois, un événement heureux. Qui aurait pu le deviner ? La Gouverneure Fédérale Orlovski avait été connue pour son long célibat, et ce depuis le début de sa carrière en politique: Soit depuis très jeune. Et pourtant, elle était parvenue, jusque là, à dissimuler se relation avec ce qui était désormais pour elle son mari. Avait-elle sincèrement souhaité ces épousailles, ou bien les avaient-elles organisées afin de taire cette question muette sur laquelle se serait très certainement attardée la presse, à un moment ou à un autre ? Si les paparazzis Kartiens sont connus pour ne pas être les plus vertueux en leur milieu, ils restent ce qu'ils sont: Entre fauteur de trouble et curiosité dérangée ou presque malsaine. C'était sans doute cela, que la Gouverneure Fédérale avait cherché à éviter. Et ce peut-être même pour préserver son mari, désormais Stanislas Orlovski, de cette presse intrusive. Néanmoins, un tel événement avait demandé —aussi heureux fusse-t-il— une sécurité renforcée. Et cela, le mari Orlovski fut en première loge pour l'observer: En discutant, inconsciemment au départ, avec le chef de la sécurité, ni plus ni moins.

Mais cet homme, ce militaire, qui était-il réellement ?...

Quoiqu'il pouvait en être de la réponse, cet homme justement, siégeait à une table. Il se trouvait dans une maison de campagne, charmant logis à n'en point douter, loin des bruits de la ville. Pour un agent des renseignements, chercher à éviter ces bruits n'était pas anodin. Il cherchait le calme pour une bonne raison, et cela n'était point pour s'apaiser, mais bel et bien pour son travail. La table basse qui se trouvait devant lui n'était que très peu décorée, elle accueillait sobrement une bouteille et un verre d'eau à son extrémité, et ses deux bottes à l'autre. Il était assis, les jambes étendues sur la table. En face de lui se trouvait un autre homme, assis lui aussi. Il était bien plus vieux que le militaire, sans doute avait-il plus de la cinquantaine. Habillé chiquement d'un costume, l'on aurait presque cru qu'il s'agissait d'un homme politique devant lui, si l'on ôtait les quelques tâches et la poussière sur son habit. Cet homme semblait fatigué, et même un peu plus. Mais il discutait avec le militaire, peut-être comme deux amis.

«Je dois dire Otto, je suis surpris de la résistance des royalistes. Ils nous causent de nombreux torts. Et dire que y'a quelques semaines, je me pavanais à la sécurité du mariage Orlovski. C'était quelque chose, dommage que t'aies pas pu y assister. Remarque, même si t'aurais été libre, on t'aurait pas accepté, avec ce que t'as fait. Tu attises ma curiosité Otto...»

Les secondes passèrent, et rien. Aucune réponse. Ce n'était pas un dialogue, mais un monologue. L'homme en face de lui avait les mains attachées aux accoudoirs du siège, et un tissu qui couvrait sa bouche, l'empêchant de répondre. Il n'était pas simplement fatigué, plus que cela: Il était à bout de forces. Des jours, peut-être des semaines, qu'il était là, attaché. Il vivait au bon vouloir de son geôlier, ses seules interactions se résumant à boire et manger lorsque l'on lui tendait quelque chose, et ces monologues qui arrivaient de temps à autre.

Ce pauvre homme, c'était Otto Von Müller. L'ancien Président du PRR, qui avait entre autres fomenté la guerre civile, grâce à son parti politique qui clamait la résurgence monarchique, l'ascension de la race germanique, et bien d'autres promesses illusoires. Durant cette guerre interne, quatre grandes figures s'étaient affirmées côté royaliste. A commencer par le prétendant au trône, majesté Maximilian Ponce, qui s'était donnée la mort suite à la défaite de son camp. Il y avait ensuite les deux grands dignitaires politiques, Von Müller père et fille, capturés lors de l'invasion du Grammatika où ils s'étaient réfugiés. Et finalement, il y avait Erwin Foster, celui qui avait armé les milices: Toujours en cavale.

Une femme, à l'allure de maîtresse de jeu, débarqua dans la maison. Elle était curieusement vêtue, d'habits aux couleurs sanguines. C'était une dame pourpre, la Dame de Cœur. Elle fut acccueillie.

«Mademoiselle Thalia !»

La femme, nouvellement entrée, s'exaspéra.

«Nous avons des noms de code. Utilise-les.»

Tous deux semblaient oublier la présence de l'homme, prisonnier.

«Emh, oui d'accord. Pourquoi viens-tu me voir ?»

«Tu vas pouvoir arrêter de surveiller cet abruti.»

«Chouette !»

«Un de nos agents a pu, vraisemblablement, localiser Foster. Tu dirigeras la force d'intervention. Tu pars maintenant.»

La femme s'apprêta à s'asseoir, le laissant préparer ses affaires.

«Je suis prêt !»

«Tu n'as rien à prendre ?»

«J'ai ce qu'il faut sur moi.»

«Tu m'étonneras toujours... Abel Foucault...»

«On devait pas utiliser les noms de code ?»

La femme soupira.
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Sceau de la Présidence Fédérale Kartienne

Communiqué officiel de la République Fédérale Kartienne

AlinéaCe que nous découvrons ici et aujourd'hui, l'attentat de la Basilique San Stefano, entache la pure idéologie commune de notre monde. Par cet acte déplorable, le peuple Kartien ne peut qu'être en deuil, pleurer les victimes, et montrer tout son soutien aux citoyens Velsniens. Le patriarcat de Volkingrad et l'Eglise Catholique Kartienne, tous deux, prient pour les vies perdues. Notre gouvernement, quant à lui, fera tout ce qui est en son pouvoir pour assister la Grande République de Velsna, notamment en se joignant au Communiqué commun du gouvernement confédéral et de l’Église d’Antérinie: La République Fédérale Kartienne souhaite appuyer financièrement la reconstruction de la Basilique San Stefano. Cet acte ne constitue pas seulement une atteinte à la vie d'êtres humains, ou encore un sacrilège contre un bâtiment de culte. Il constitue également une attaque directe contre le sol Velsnien. Ainsi, la République Fédérale Kartienne apporte tout son soutien à la Grande République pour accomplir sa quête de justice. Nous nous excusons sincèrement d'apprendre cette tragédie.

Signé;
la Citoyenne Tosca Shimanskaya

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Effets RPS:
  • Karty envoie, si Velsna l'accepte, des soutiens financiers à Velsna pour reconstruire la basilique.
  • L'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe Kartiennes emploieront messe et requiem.
  • Des manifestations pacifistes et d'indignation de taille moyenne apparaissent à Volkingrad, le gouvernement Kartien "laissant faire".
  • La République Fédérale Kartienne soutient diplomatiquement la Grande République de Velsna.
Citoyenne Tosca Shimanskaya
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Roman en Vahrénie

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aaaPremier chapitre

AlinéaLa Vahrénie constitue la menace stratégique la plus surveillée par la République Fédérale Kartienne. Si elle n'est foncièrement pas dangereuse en elle-même, notamment par sa puissance militaire dérisoire en comparaison du Commissariat des Armées Kartiennes, elle constitue un autre type de danger. En effet, la Fédération Estalienne projette d'envahir ce pays, une décision qui alimenterait les feux contre l'Organisation des Nations Commerçantes: La Grande République de Velsna ayant bien transmis cet élément aux autorités Kartiennes. Ce n'est sans oublier, finalement, que la Vahrénie est tout simplement frontalière à la République Fédérale Kartienne. Une situation pour le moins préoccupante, qui attire jusqu'à l'attention des renseignements, du Kray et de leurs agents...


On the radio

Premier juillet 2020, ville de Nominativnberg en Garmflüßenstein.

AlinéaGrammatika. Ce nom qu'avaient donné les Kartiens au Garmflüßenstein, ou plutôt ce surnom, pour éviter d'avoir à prononcer l'imprononçable. Ce doux pays était autrefois, il y a désormais deux années de cela, le berceau de l'orthographisme. Un mouvement, ou peut-être une idéologie, fortement douce elle aussi, qui se définissait par son appartenance au fascisme. C'était une hybride, en quelque sorte. Définir cette chimère en revanche, quelle importance ? Ce n'était que la conclusion qui importait au gouvernement Kartien, une conclusion à double entrées. D'une part, la légitimité de l'intervention Kartienne ne fut aucunement remise en question lorsqu'elle advint, légitimant par la même occasion le contrôle de Volkingrad pour assurer une transition. En d'autres termes, Karty avait fait de Grammatika son vassal. D'autre part, le pôle d'influence Vahrénien —déjà maigre au demeurant— en fut considérablement touché: Par proximité fasciste entre les deux pays.

Ainsi, lorsque l'Etat orthographiste tomba, ce furent sans doute quelques centaines de citoyens qui prirent pour seul objectif la fuite. Le but était de rejoindre un pays où le fascisme régnait encore, où la suprématie germanique était elle aussi scandée. Néanmoins, la frontière Vahréno-Grammatikaise était une chaîne de montagnes, les Aldans. C'est pourquoi ce ne furent que quelques centaines de gens, parmi les plus fervents convaincus, qui prirent leur envol. Ce fut entre autres le cas d'une certaine femme. D'aussi loin que les archives Grammatikaises —contrôlées au besoin par le grand frère Kartien— pouvaient remonter, cette femme avait simplement un rôle dans l'administration. Ce rôle était si flou qu'il ne pouvait indiquer qu'une chose: Elle n'était pas réellement de l'administration, elle faisait partie de l'élite discrète. Peut-être des ex-renseignements ? Ou alors, c'était ce que l'on cherchait à faire croire. Cette femme, elle s'appelait Hildegarde Von Lichtenau.

Et pourtant aujourd'hui, cette femme se trouvait en Grammatika, à Nominativnberg. Il s'agissait de la ville la plus à l'Ouest du pays, mais également la métropole Grammatikaise la plus proche de la Capitale Vahre: Kern. Sans doute que cette chère Hildegarde rendait visite à de la famille, elle n'était pas réellement Vahre en réalité. Germaine en revanche oui, ce pourquoi elle était acceptée en Vahrénie. Elle était comme parmi les leurs, sans doute également puisqu'elle était une ancienne dignitaire d'un régime fascisant. Elle était plutôt jeune en apparence, entre la vingtaine et la trentaine. Elle avait encore tout pour elle, mais surtout elle était l'idéale aryenne. Une belle fleur, aux yeux bleutés et à la chevelure d'un or rare.

Mais rendre visite à de la famille, ce n'était qu'un prétexte. Oui, cette femme se trouvait devant une autre, dans une charmante maison. Ce n'était ni sa sœur, ni sa mère, ni sa fille: Elles n'avaient aucun trait physique en commun. L'autre femme avait une allure grave, les cheveux à la fois en bataille, et à la fois tenus par un chignon à l'arrière de sa tête. Elle avait une cigarette fumante aux lèvres, un long trenchcoat qui laissait paraître une chemise blanche et une cravate noire en son ouverture. Pas de doute: C'était la Resquilleuse. Une haute agente des renseignements Kartiens, celle chargée de la direction plus ou moins officieuse de Grammatika. Ce fut cependant la nouvelle arrivante, qui engagea la discussion.

«Pourquoi m'avoir convoquée ?»

«N'en as-tu pas la moindre idée ?»

«Il faut dire que nos méthodes de communication sont... Elémentaires. Communiquer par carte postale enlève toutes les suspicions, c'est vrai. En revanche, son contenu ne me disait uniquement une chose: Que je devais me rendre ici. Je ne peux que supposer que c'est pour avoir de nouvelles instructions.»

«Mhm.»

La Resquilleuse acquiesça, avant de reprendre.

«Jusque là, tu étais en cellule dormante. A présent [...]»

Ce fut ainsi, à l'oral et sans aucune trace, que la jeune femme reçut ses instructions. Nom de code du plan: Opération Skye. Ce fut également de cette façon que Hildegarde Von Lichtenau, si c'était bien là son vrai nom, reçut son alias. Opération Skye, menée par l'agente du même nom. De la même manière que pour l'Opération Scattershot en Loduarie Communiste, qui consistait à assassiner discrètement la secrétaire générale de ce pays, l'agente concernée —car elle était seule— bénéficiait d'une couverture déjà établie. Hildegarde était sur le papier une ancienne Garmflüßensteinoise, ayant eu un rôle discret mais d'importance dans l'administration: Et surtout une fasciste convaincue. En réalité, elle était bien germaine oui, mais issue de l'état d'Helmer en Karty. C'était une Kartienne, et par dessus cela une agente des renseignements.

Son rôle dans l'Opération Skye, c'était le seul rôle qu'il y avait. Elle avait pour mission de participer à un gala, à un banquet, quelconque événement qui regroupait les hautes élites. Elle ne devait pas y aller en s'y infiltrant, les services Kartiens avaient —par des sociétés écrans ou tout autre moyen financier— les moyens suffisants pour lui acheter sa place. Par la suite, elle devait simplement attendre. Oui, une mission d'attente. Une femme belle et jeune, seule à une table. Une femme chiquement habillée, séduisante. Une femme qui n'attendait qu'une seule chose en somme: Qu'on la courtise. Sa mission était simple, sans aucun risque: Elle devait charmer l'un de ces dignitaires Vahréniens, politique ou militaire. Être la plus belle, la plus aryenne possible pour leurs yeux. L'étape finale coulait de source: Extorquer un maximum d'informations à cet homme, et peut-être au besoin le manipuler.

...

Plus tard, Kern, le lendemain.

Ce soir-là, la haute classe Vahrénienne se réunissait pour une soirée mondaine. La femme Lichtenau avait grassement payé son ticket d'entrée, mais elle était là. Elle se tenait aux côtés de ces riches industriels, ces vieux aristocrates, ces militaires en uniforme, ces membres du parti, ces penseurs acquis du régime: Tout un beau monde.

La monumentalité s'élevait. Le bâtiment était-il un grand palais gouvernemental, un immense théâtre ou un riche hôtel particulier ? C'était étrange, car il semblait tout à la fois. Une œuvre pharaonique, digne de la plus grande bâtisse, une architecture trouvant ses échos dans les travaux Speeriens.

Comme tout le reste, le hall d'entrée était immense. Il offrait sur de vastes escaliers de marbre, sur quelques fontaines à la fois modernes et pourtant traditionnelles, sur porcelaines et argenteries: Il offrait richesse et opulence. Les fenêtres élancées aux ornementations d'or étaient couvertes d'épais rideaux d'un pourpre sang, offrant une ambiance intimiste dans un lieu d'apparat et de surveillance.

En réalité, tout était si faux et si paradoxal. Seul l'immense portait du nouveau dirigeant, Walther Gortner, dominait la salle. Le tableau était si lourd que des chaînes de métal le retenaient, luttant à chaque seconde contre la gravité. Tout un dispositif pour honorer un homme qui, paradoxalement encore, n'était pas même présent.

Il y avait beau avoir des bijoux et des coiffures sophistiquées pour les femmes, seuls ces étendards incomptables au symbole du pays pouvaient absorber toute l'attention sans le dire. Des drapeaux finement placés, ni trop pour ne pas tomber dans une propagande assommante et ridicule, ni pas assez pour pouvoir omettre dans quel lieu l'on se trouvait. Il y avait même, parfois peut-être, un serveur qui réhaussait d'un ou deux millimètres un de ces drapeaux: Un peu trop penché.

Les hommes quant à eux, pouvaient bien être sophistiquement vêtus: Leurs paroles s'amoindrissaient à mesure qu'un officier s'approchait d'eux. Oh bien sûr, il ne faisait que passer: Cela suffisait à faire taire la plus innocente discussion. Car après tout, qui serait prêt à risquer une discussion personnelle avec la Volksarmee ?

En d'autres termes, une soirée où chaque mur avait des oreilles, chaque meuble des yeux. Une soirée où, pourtant tout le monde souriait. Car en effet, ce tout le monde avait appris à faire comme si. Seuls les dignitaires du parti et les militaires en uniforme sobre ne se cognaient pas à cette réalité, puisqu'ils l'imposaient.

Hildegarde était chargée de s'approcher de ces hommes là. Elle ne devait ni les menacer ni les contraindre, en réalité elle n'avait même pas à s'en approcher. Elle n'avait qu'à se mêler à la foule, dansait parfois, se faire remarquer suffisamment mais discrètement. Ensuite, elle devait attendre à une table, seule. Son charme et la soirée allaient faire le reste...

Skye
Skye

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Ce RP constitue une opération culturelle. La fiche attendue (réussite majeure, réussite mineure, défaite mineure, défaite majeure) sera publiée dans un post suivant afin de faciliter le travail d'arbitrage, mais aussi parce que ladite opération a lieue dans quelques semaines.
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Roman en patrie mère
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On the radio
«After all, the winner takes it all»

Soirée intemporelle, Volkingrad.

AlinéaLes esprits s'étaient échauffés. Tous les regards, en Karty, s'étaient tournés vers l'Ouest. La sœur avait été profanée, d'une barbarie tellement infâme que les petits enfants, eux, avaient dû détourner ce regard. Partout, de la plus petite campagne à la grande demeure du Musée des Beaux Arts, la nouvelle avait été accueillie avec le plus sincère effroi. Le pays ocre s'en était pris à ce qu'il y avait de plus cher pour Karty, en dehors d'elle-même: Les Antariens. Les mots avaient manqués, et ce même pour les plus hauts philosophes. La tragédie avait pâlie, faible.

Néanmoins, le lendemain, lui, avait été tout autre. Un seul maigre et petit jour avait suffi pour achever le tyran rouge. David avait battu Goliath, véritable colosse aux pieds d'argile. L'Antares avait triomphé, oui, et elle ne l'avait pas fait seule. Avait démarré, ensuite, un véritable jour de fête. Une statue de Shaula s'était érigée devant le Capitole, les machines de presse avaient rugi toute leur encre, et il y avait été surtout ce point commun: En Karty comme en Antares, tout le monde avait célébré.

Les sœurs avaient célébré le départ des Loduariens, la mort du tyran rouge et la désillusion de tout un programme, devenu cendres et fumée. Les gagnants avaient raflé la mise. La Loduarie avait enfin été ce cabot, elle avait encore aboyé: Mais enfin, quelqu'un l'avait réprimandée. Le règne de terreur était fin terminé, l'Union Internationale du Communisme et du Socialisme avait parfaitement sombrée.

Et maintenant, plus personne ne parlait d'une quelconque menace. Quelques uns évoquaient une anecdote, oui, cette armée si grande qu'elle était tombée en un seul jour, de sa propre initiative. C'était comme un retour à la normale, à la paix. Tout reprenait, avec peut-être cet élément gênant en moins: Plus de Loduarie à considérer. Mais il y avait bien quelque chose pour compenser cette absence utile. Ce quelque chose, c'était l'animation qui régnait dans les salles diplomatiques, dans les bars, et même dans les voitures. La musique résonnait, dans ce partout joyeux, frivole et insouciant.

Le Capitole s'illuminait, pour l'occasion. Des tas de lumières vives et festives faisaient de la nuit le jour, les drapeaux mêlés des deux sœurs s'affichaient à tous les bords de rue. Quelques uns de l'état-major, du gouvernement et du Sejm se réunissaient: Eux qui s'opposaient à l'accoutumée pourtant. Ils étaient quelque part, dans un lieu sans importance: Peu importait. Il y avait le couple Orlovski, également. La Gouverneure était dans ses habits hors de la diplomatie, c'est à dire en jean et en pull. Le mari, lui, était encore parfaitement élégant dans son costume. Il avait libéré son temps pour l'occasion. La nouvelle de la défaite Loduarienne tombait, la musique l'enterrant déjà. En bref, le couple Orlovski dansait.

Les deux s'élançaient, une main dans l'autre, suivant les pas de chacun. Plus encore, ils se regardaient, amoureusement certainement, soulagés sans aucun doute et peut-être fiers. Un conseiller fit irruption, néanmoins, dans la salle. La Loduarie profanait, encore et encore. Il parlait, oui, mais le couple Orlovski ne s'arrêtant pas dans sa danse.

«Dame Orlovski, excusez-moi de vous interrompre... Les Loduariens ont fait une déclaration...»

Encore, elle ne s'arrête pas, son regard plongeant là où elle le voulait réellement: Dans les yeux de son mari.

«Encore ?»

Dit-elle, d'un air parfaitement passif.

«O-oui... Le nouveau secrétaire général nous qualifie d'ennemi, que nous avons été auteurs des plus grands massacres du siècle.»

Silence. Puis, le mari se mit à rire doucement. Sa femme le rejoignit en souriant.

«Et ?»

«Madame ?»

Le conseiller était incrédule, mais il continua.

«Ils ont affirmé que Karty payera.»

«Nous payons déjà quelque chose...»

Surpris face à la réponse de la Gouverneure, il continua.

«Q-quoi ?...»

«Le champagne.»

Dit-elle, sans arrêter de danser, sans arrêter de sourire.

«Mais... Ne devons-nous pas démentir leurs accusations, leur répondre ?»

«Mh...»

Elle réfléchit.

«Non. Ont-ils dit comment nous feront-ils payer ?»

«Non... Non ils ne l'ont pas dit... Mais ils reviendront, madame.»

«Quand ?»

Toujours d'une formidable incrédulité.

«Je vous demande pardon ?»

«Ont-ils dit quand reviendront-ils ?»

«Non ?»

«Dommage.»

«Madame ?»

«Je les aurais bien invité à ce bal...»

Dit-elle d'un air joueur, parvenant enfin à faire sourire le conseiller. Il y avait même un militaire qui se prenait au jeu, même si lui n'oubliait pas qu'un pays pouvait renaître. Angèle, désormais isolée, murmura à son mari.

«Et beh... Ennemis du peuple Loduarien, responsables de grands massacres...»

«Ils ont passé la nuit à nous écrire une lettre d'amour apparemment. On a un fanclub, tu te rends compte ?»

Elle rit, répétant ses mots.

«Un fanclub ?»

«Ils pensent à nous plus que l'inverse !»
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Roman en patrie mère

https://zupimages.net/up/26/37/mdoc.pngaAlinéaDepuis le 11 septembre 2018, la République Fédérale Kartienne est sujette à une certaine période d'euphorie. Bientôt deux années que le pays est ampli d'une joie, plus si passagère que cela. Les humeurs se sont réjouies, les machines ont explosé tous les records. Sans doute que le géant Kartien, son peuple surtout, a souhaité faire une halte dans sa folle ascension. Une sorte de pause brève, dans une période de croissance telle que les ouvriers, les fonctionnaires: Tout le monde, a souhaité se reposer. Deux années donc, permise grâce à la défaite Loduarienne, de repos, d'euphorie et d'une activité pourtant continue, pour Karty. Mais la réalité, elle, rattrape toujours. Le Sejm s'anime, dans une de ses séances habituelles, par le long discours du Citoyen Öllenger.


AlinéaDepuis la création de la République Fédérale Kartienne, le 21 janvier 2018, la nation Kartienne —ou plutôt les nations— semble s'être stabilisée. En effet, même les oppositions culturelles et communautaristes se sont apaisées. L'état germanique d'Helmer, dirigé par le Citoyen Luciano Bellanti nommé —et non élu— par l'exécutif, a eu son lot de réformes pour faire disparaître l'envie royaliste. Le CTD, ou Comité de Transition Démocratique, semble s'être affirmé comme le parti dominant. Les citoyens d'Helmer revendiquent leur suffrage et l'application démocratique, et ce sera naturellement ce qui sera accordé lors des élections de 2021. Un seul nom se retient: Damian Öllenger.


«Mesdames et messieurs, amis de la démocratie.

Notre pays traverse un moment historique. Chaque moment est historique, pour nous, me répondriez-vous. Et je ne peux que vous donner raison. Cependant, chers amis, quelqu'un connaît-il une seule période de notre Histoire où nôtre pays a connu une telle effervescence, dans de tels moments de paix, de joie et de sérénité.

Personne. Car cette période n'a jamais existé.

Et elle portera un nom aujourd'hui, désormais: L'euphorie de septembre. Tout doux rêve a sa propre fin, je suis au regret de l'annoncer, cette fin, pour cette période. Nous avons connu deux belles années, mais la situation géopolitique n'a jamais été aussi tendue à l'extérieur. Alors non, chers amis, je ne vous parlerais pas de nos prochaines élections qui arriveront dans quelques mois. Mais l'envie ne me manque pas, croyez-moi !
»

Une vague de rire parcourut l'assemblée de la chambre législative, lorsque le citoyen Öllenger s'exclama. Mais l'assemblée se ressaisit assez vite, le propos semblait captiver et tenir d'un réel bon sens.

«Alors oui, vous l'aurez compris, je vais vous parler de situation géopolitique. Je vais vous parler de nos frontières. Je vais vous parler de nos armées, de notre puissance. En conclusion, je vous parlerais de tout ce qui incombe quant à tout cela. C'est vague, je le reconnais, mais tout cela va s'éclaircir.

Les cartes des divers jeux, dans les mains des pays, ont été redistribuées. L'Organisation des Nations Démocratiques perd, chaque jour, un petit peu plus de son influence. L'Union Internationale du Communisme et du Socialisme, a quant à elle tout simplement été supprimée. Cela conforte notre isolement à l'égard de ces organismes internationaux.

En revanche, le monde ne se réorganise pas simplement qu'à cette grande échelle. Il y a la Vahrénie, chers amis. Un pays fasciste à côté de chez nous, je ne reprendrais pas les analyses de notre chère Foscarini du Musée des Beaux Arts. Plus géopolitiquement, il y a là bas le risque d'un affrontement généralisé entre l'Organisation des Nations Commerçantes et l'Union Libertaire. Tout cela, à côté de chez nous, encore une fois.

Mais il y a surtout la Loduarie, chers amis.
»

Une vague de murmures parcourut l'assemblée, avant que l'orateur ne reprenne.

«Puisque j'évoquais le cas de l'Union Internationale, notre pays est en grande partie à l'origine de sa chute. Nous avons certes battu la Loduarie, mais Lyonnars elle, n'est jamais tombée. N'oubliez pas, chers amis, qu'un pays peut toujours revenir dans la partie. C'est un enseignement que nous pouvons tirer de nôtre Histoire, mais aussi de la moralité Corvienne.

Ne nous voilons pas la face, soyons humbles. C'est en cela que notre puissance perdurera chers amis. La Loduarie Communiste est toujours là, elle n'est plus celle que nous avons mis à genoux en 2018. Il y a de ça quelques jours, la Loduarie a effectué un déploiement avec sa flotte. Des navires capitaux, en nombre, non loin des côtes du Götterland. Cela ne nous concerne pas, mais cela veut bien dire que la Loduarie est de retour dans les affaires mondiales.

Alors évidement oui, quels risques pouvons-nous encourir ? Notre alliée, notre sœur, Corvus, n'est plus en guerre civile. Nous sommes, en plus de cela, bien préparés avec nos hommes cette fois présents sur place. Et nous ne craignons pas plus une intervention militaire Loduarienne sur notre territoire, pas plus qu'en 2018. Mais il y a la force des opérations culturelles, chers amis. N'oublions pas cela, c'est important.

Alors quoi, chers amis ? Un affrontement de grande ampleur se prépare à côté de chez nous. La Loduarie pourrait envisager, comme promis il y a deux ans, de nous 'faire payer' l'addition de notre soutien à l'ex-Antares. Le plan de quatre ans doit être respecté. L'Ordre doit assurer, augmenter encore, la production de nos armements. Je propose donc, chers amis, un renforcement des pouvoirs du Commissariat des Armées dans la matière de notre sécurité extérieure et de notre diplomatie à l'égard de la Vahrénie et de la Loduarie.
»

Vote sur l'acceptation d'un état de vigilance sécuritaire et diplomatique par le Commissariat des Armées: Oui, à 72.3%

Citoyen Damian Öllenger
Citoyen Damian Öllenger
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Roman en patrie mère

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aAlinéaLes pouvoirs du Commissariat des Armées Kartiennes ont été augmentés, il s'agit là du caractère officiel. Dans l'ombre, il y a trois raisons à cette décision. Pour commencer, les menaces séparées Vahre et Loduarienne. D'une part, le renforcement temporaire du pouvoir de l'état-major a été souhaité en raison de ce pays totalitariste à la frontière Kartienne, le peuple demandant par lui-même une militarisation de la frontière de plus en plus importante. Comme si, au final, une invasion se préparait, de quoi faire pâlir les chers Youslèves. D'autre part, la réémergence Loduarienne sur la scène internationale a nécessité, sous demande populaire encore une fois, une attention bien plus grande. Ces deux facteurs combinés mènent à la troisième raison, bien plus officieuse: Les renseignements auront enfin le pouvoir d'en finir avec la menace royaliste, prévenant de toute résurgence.


AlinéaSi la Présidence Fédérale a assuré à quelques pays comme l'Estalie ou la Youslévie, dans un premier temps, que la République Fédérale Kartienne resterait parfaitement neutre quant à la Vahrénie: Le peuple semble en avoir décidé autrement. Or, en Karty, l'intérêt populaire a toujours prévalu. Toujours. Pour l'Estalie, il s'agirait d'une aubaine, que Volkingrad se décide à attaquer à ses côtés. Pour la Youslévie, ce serait une véritable tragédie. Néanmoins, l'on ne parle pas encore d'intervention militaire. Pas encore. Au lieu de cela, pour l'instant, la frontière Vahro-Kartienne se militarise, encore. Chaque mois, semble-t-il, les effectifs dirigés par la Colonelle Ninenko semblent se multiplier. Il paraît qu'une bonne majorité des nouveaux effectifs blindés et de l'artillerie du Commissariat des Armées ont été déplacés là-bas.

Pour ce qui est de la Loduarie Communiste, la période d'euphorie suite à la grande victoire du Concordat de Shaula est enfin achevée. Puisque Lyonnars approche le nouveau Corvus, ce qui selon les services diplomatiques Kartiens témoigne d'une volonté d'écarter un allié en vue de futures ingérence: La République Fédérale Kartienne se tient donc sur deux pieds de guerre. D'une part, la frontière avec la Vahrénie est désormais surmilitarisée, ce qui permettrait une invasion à tout moment. D'autre part, les renseignements Kartiens se tiennent à l'affût de toute possible ingérence Loduarienne, puisque l'exécutif Loduarien a bien affirmé que Karty payerait son aide à l'ancienne République d'Antares.

Dans la mesure de ses pouvoirs renforcés et temporaires, les renseignements Kartiens ont enfin un volet d'opportunités pour abattre définitivement la menace royaliste qui scinde la société Kartienne depuis le 21 janvier 2018. Tout cela, la Vahrénie, la Loduarie, mais surtout la menace royaliste, la Commissaire Taliska Strakhova le sait. Plus encore elle l'a en tête, lorsqu'elle s'apprête à entrer dans une salle de réunion miniature, où trônent déjà quelques gradés de l'armée. Il y a Rebecca Ninenko, Abel Foucault, et une tête moins familière. Une jeune femme, cheveux courts et noirs, qu'aucune des deux autres femmes ne semblent connaître. Elle entre, et se prononce.

«Colonelle Ninenko.»

La blonde leva la tête, son képi la coiffant encore. Elle répondit d'un air fort peu hiérarchique malgré le situation.

«Taliska ?»

«La frontière, Colonelle Ninenko.»

Elle répondit du tac au tac.

«Rien à signaler. Tout est opérationnel, nos soldats la surveillent au peigne fin. On serait prêt à repousser 5 armées Vahréniennes.»

Taliska tourna sa tête vers Abel.

«Est-ce toi qui as amené cette fillette ?»

Dit-elle en faisant un signe de tête vers la concernée, une mèche s'échappant de sa coupe régulière.

«Exact.»

«Peux-tu me le justifier ?»

Il ria.

«Mais certainement. Il s'agit d'Adina, l'ancienne enquêtrice sur l'affaire de Cyril Pskov.»

«Dois-je y voir un lien avec la traque de Foster ?»

«Pas initialement en fait. Justement, il s'agit de l'enquêtrice des services de police, pas des renseignements.»

«Quelle est la raison de sa place parmi nous ?»

D'un ton impérieux, et paradoxalement calme.

«Adina avait justement des soupçons, sur cette enquête. Peut-être que nos services avaient pas fait du bon boulot pour camoufler leur travail. Remarque, ça m'étonnerait pas, c'est le taff de Pawalski. Il fait pas dans la finesse et tu le sais. Ou bien, Adina a un talent particulier. C'est ce que je veux croire.»

«Le recrutement de nouveaux profils ne relève pas de mon travail. Qu'en est-il de Foster ?»

«Capturé.»

Dit-il en souriant, avant de compléter.

«Nos forces spéciales sont intervenues par hélicoptère, et l'ont capturé. Aucun mort, aucun témoin.»

«Bien, il est temps de passer à la dernière phase.»

Ainsi, le Kray accueillait un nouvel agent dans ses rangs, tout en célébrant une grande victoire: La capture d'Erwin Foster. Avec lui, c'étaient les derniers remparts des forces royalistes qui tombaient. Il y avait quatre grandes figures: L'héritier au trône Maxamilian Ponce, les deux dignitaires politiques Von Müller, et enfin celui qui avait armé le mouvement, cet Erwin Foster. Le premier est décédé, les trois autres détenus par les renseignements.

Cliché de la capture d'Erwin Foster
Cliché de la capture d'Erwin Foster
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