20/02/2020
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Activités étrangères au Grand Kah - Page 12

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Jean-Yves le Drian

Piotroff jeta un œil à son ordinateur, ses lunettes carrées penchées sur le bout de son nez, dans cette position que connaissent bien ceux dont la vue est parfaite jusqu'au triste naufrage de la vieillesse. Il vérifiait une dernière fois sur son ordinateur le contenu du mail qui lui avait été adressé, quelques jours auparavant, par le citoyen Lartillot-Calandre. Il émit un grognement de satisfaction, plia ses lunettes et rabattit l'écran de son portable.

Piotroff habitait dans un appartement du centre de la capitale, au troisième étage. Le quartier était celui des universités et des intellectuels, et celui aussi dont les avenues étaient les moins larges s'il on exclue la Vieille-ville. Lorsque les Kah-tanais toquèrent à sa porte, ce fut Piotroff lui-même qui ouvrit ; il n'était pas seul cependant, puisque son lieutenant Hervé Lepput se tenait debout dans le salon où ils furent introduits, et leur tendit sa main osseuse.

Piotroff avait eu l'occasion d'offrir à serrer sa main potelée, et de se fendre d'un grand sourire aux compliments de ses hôtes. En les écoutant, il hochait sa tête chauve avec un petit sourire chaleureux.

« Je crois, citoyens, que vous avez raison de soutenir les liens entre gallèsants et kah-tanais à Axis Mundis. Votre travail est utile, et il paiera, j'en suis sûr. D'ailleurs vous avez raison Edmeon - je peux vous appeler Edmeon ? -, le pendule va à droite à toute vitesse. Dans quelques temps, c'est la droite pure qui gouvernera ce pays, au train où ça va je vois pas comment on y échapperait. Mais vous voyez, nous avons gouverné depuis quoi, plus de vingt ans ? Changer de gouvernement est la petite mode de mes compatriotes, ça leur passera !

Nous financer, c'est très gentil de votre part. Il faudrait juste s'assurer que ça reste... discret. Comme je m'emploie à dire beaucoup de bien du Kah ici, si ça venait à se savoir un peu trop, vous voyez... Enfin bref.

Je dois vous rassurer sur nos marges de manœuvre. Je crois que j'aurai plus d'influence sur le gouvernement de droite à venir que sur l'actuel gouvernement de gauche. Ceux qui s'apprêtent à rendre le pouvoir sont d'anciens camarades, mais il se sont employés à me virer du gouvernement. Aujourd'hui, mon parti a petit à petit changé de ligne. Le vrai enjeu pour rapprocher durablement le Kah de la Gallouèse, c'est de remettre les idées socialistes au PSL avant que le Parti communiste ne s'en empare. Comme ça, quand la gauche reviendra au pouvoir, ce ne sera pas une version onédienne de la gauche, si vous me passez l'expression.
»
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Le San Youté développe ces partenariats


Alors que la croissance du San Youté et la production continuent de battre les records établis l’année dernière, la politique de relance ”Nuevo Futuro” dans divers domaines comme la technologie, le militaire et évidemment l’industrie.
Le Ministère de l'Économie de notre pays a par conséquent décidé de passer à une nouvelle étape du développement économique de notre pays, cette nouvelle étape c'est l’intégration de l’économie émergente du San Youté dans l’économie mondiale et la mondialisation.
Cette intégration va passer par une politique de l’État pour inciter l’implantation de nos entreprises à l’étranger et sur les exportations de la nouvelle production du San Youté à l’international.

Cette production prend la forme de ressources en hydrocarbures évidemment mais aussi de différentes ressources du secteur secondaire avec des biens de consommation et des matériaux de construction grâce à la croissance de l’entreprise Culabre.
Évidemment il ne s’agit pas des seules ressources exportées.

C’est dans cette optique que notre pays multiplie les partenariats avec des partenaires étrangers : les CUPO, le Talaristan pour ne citer qu'eux, mais récemment deux nouvelles nations se sont ajoutées à cette liste, le Grand Kah et la Poëtoscovie.

Ce qui change avec ces nouveaux partenaires, c’est les proportions qu'elles prennent puisqu'il vont sans doute grandement influencer la politique du San Youté en matière d’exportations et d’économie.

Le partenariat avec la Poëtoscovie à débuté lors de la participation du San Youté au deux Congrès des Partenaires de la Poëtoscovie lors desquelles plusieurs traité ont été signés (Programme "Albatros" qui voit la création de lignes aériennes entre la Poëtoscovie et le San Youté, le Réseau Œuvre pour faciliter les prêts et échange de pièces entre musée où le Programme "Le joueur d'échecs” qui voit la création d’une compétition d’échecs permanente entre les États participants).

Le programme qui nous intéresse est le Projet "Bateau ivre" qui est expliqué comme voici : “Un renforcement des relations commerciales impliquant l’import/export et l'ouverture des ports.”
Notre République à donc adhéré à ce projet puisqu'il va lui permettre d’exporter plus facilement des produits et ressources à l’étranger mais aussi d’en importer en majorité.
Un des grands avantages de ce programme, c’est comme déjà dit la proportion qu’il prend puisqu’en plus de la Poëtoscovie, ce programme met aussi les exportations du San Youté en relations avec beaucoup d’autres nations (Myaikho, Slaviensk, Altrecht, Wanmiri ….).

C’était le premier nouveau partenariat du San Youté il est maintenant temps d’aborder le plus gros poisson en la “personne” du Kah.

Le partenariat économique avec le Grand Kah prend place à l’occasion du dixième Forum Économique International d'Esperanz auquel notre nation avait participé avec la présence de notre Vice-président, du Ministre de l'Économie et du Ministre des Infrastructures.
On retrouve aussi la présence des PDG de la XAC Corps et de la JDF Corps, leurs présences est normal puisqu'il s’agit des deux principales entreprises de transport maritime du San Youté.
Lors de ce forum, la République Fédérale du San Youté s'est engagée à participer au Collier de PerleLe Collier de Perle mondial est un réseau d'infrastructures et d’investissement kahtanais reliant certains pays au sein d'un ensemble logistique et commercial global, un “collier de perles”.
Ce projet prend aussi la forme de la mise en place de liens culturels et/où universitaires.
Cette collaboration est largement présentée à raison comme gagnant-gagnant pour le Kah et les nations participantes.
mondial lancé par le Grand Kah.

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Photo prise lors du Forum Économique International d'Esperanz


D’après le Ministre de l'Économie que nous avons eu la chance d’interviewer, cet engagement s'exprimera par une missive du Ministère des affaires étrangères du San Youté adressée au Kah pour demander à participer à ce projet.
Il sera aussi exprimé l’ambition d’un partenariat culturel qui va servir le rapprochement entre les deux nations toujours dans la perspective d’aboutir à une collaboration économique.

Le San Youté souhaite participer dans une perspective de bénéficier d’un développement de ces infrastructures portuaire pour pouvoir accroître ses exportations et son activité commerciale dans l’ensemble.
Du côté du Kah, le développement d’infrastructures portuaires pourrait permettre de faire du San Youté un hub continental comme il est dit dans la presse de ce pays.
En résumé, le Collier de Perle mondial est exactement ce que notre pays recherche pour développer ces infrastructures et s’intégrer dans l’économie mondiale.

Ce souhait de collaboration entre le San Youté et le Kah est motivé par la proximité géographique entre les deux nations qui font partie du Paltoterra mais aussi par la collaboration entre le San Youté et les CUPO, pays extrêmement proches du Kah.
Le Kah est aussi un des plus grands PIB du monde, de quoi attirer les envies de collaboration du San Youté.
Enfin, il profite évidemment du Forum Économique International d'Esperanz qui est une excellente opportunité offerte au San Youté pour participer au Collier de Perle mondial.

Dans l’ensemble, ces nouveaux partenariats (qui peuvent devenir majeurs de l’économie) sont le souhait du San Youté de poursuivre son développement économique qui s’intègre dans la politique d’ouverture à l’étranger et les réformes Nuevo Futuro qui priorise la croissance et le développement économique de notre République.
Par Diego Elcantor
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Mercenaire



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— Et un photographe, ce serait bien.

Les fenêtres étaient à demi ouvertes. A plusieurs battants, seuls ceux du dessous étaient déployés pour laisser passer une brise tiède et marine, à travers les persiennes filtrantes. Derrière, grand soleil, grand bleu étincelant des joies irrépressibles. Et la torpeur brûlante d'un monde incendié par la chaleur.

— Je suis pas sûre que ça en vaille la peine.

Lyre Androphora dégagea sa deuxième sandale de sa cheville avec un mouvement adroit du gros orteil. Les lanières de cuir rougeâtre et la semelle légère tombèrent sur le parquet avec le bruit délicat d'une grosse plume. Elle étendit ses jambes nues sur le siège d'en face. Sa main agitait un éventail.

— Il paraît qu'il fait encore plus chaud à la capitale.

En réalité la journée était belle et on ne monterait pas au-dessus des trente-cinq. Elle pouvait percevoir, avec la jalousie tendre et aigre du grand âge, l'éclat insolent des vagues transpercées par les corps d'adolescents qui s'y jetaient, là-bas sur les rochers juste après les Catalans.

— Monsieur Flavoni a dit...

— C'est Monsieur Flavoni le chef de rédaction maintenant ?

L'avantage des milliardaires c'est que ce sont des personnages maigrelets. Le pouvoir est dans les mains de ceux qui ont les yeux pour le voir et le verbe pour l'écrire. Le reste c'est du blabla. La politique ce n'est que de la com. L'intendance n'intéresse que les intérêts mesquins. De son petit nez d'aigle Lyre toise la médiocrité infantile de ceux qui s'imaginent être les grandes puissances de ce monde.

— On se passerait de couvrir les Anges ?

La nouvelle cheffe d'AURA&LETO jette un regard froid vers son directeur des publications. Si le festival du film kah-tanais peut attendre, c'est bien parce que la priorité reste à reconstituer l'assise du magazine. Depuis la mort de Claire Rylieu-Rebensztîn tout part à vau-l'eau. Les héritiers ont vendu la publication à Flavoni. Ce magnat de l'hôtellerie veut en faire une nouvelle surface de publicité pour ses resorts. Son mauvais goût et son tempérament calculateur déplaisent à celle qui travaille désormais pour lui. L'aristocratie est quelque chose de beaucoup plus fin que l'étalage de fric et je vous en dirai un mot là-dessus un jour, pense-t-elle, rongeant pour le moment son frein tout en cultivant l'épanouissement de sa carrière. Claire était une amie mais c'était aussi une douloureuse rivale. A travers sa mort c'est moins la victoire des vivants qu'une consécration de l'immortelle, que Lyre doit éclipser. Comment survivre et briller dans le deuil d'une lumière ? En cassant les codes. Claire était une fan de cinéma, très attendue sur le tapis rouge du festival ? On ne s'y fera pas voir.

— Mais si, insiste Philéas.

L'assistant, lui, rêve du tapis rouge, des palmiers écaillés par le soleil tropical qui donne un goût de poisson aux vagues de l'Océan d'Espérance. Sur la rive du Paltoterra autrefois brisée par le tsunami du Deltacruzando, se déploie le plus grand événement de showbizz de la planète, et c'est pas Starovsk qui va venir faire de la concurrence aux fastes de l'Union des Provinces-Unies.

— Je ne connais rien au cinéma, souffle Lyre en chaussant ses lunettes de soleil.

La fraîcheur des salles climatisées la laisse indifférente. Elle ne discerne pas le bon grain artistique de l'ivraie d'IA dégénérative. La musique est trop forte, elle voit mal les sous-titres, et puis à quoi bon. Les effets spéciaux ont anesthésié sa capacité à percevoir les émotions des acteurs et de toutes façons c'est pas son truc. Elle pourrait passer des semaines entières à mesurer la couture simple et fraîche de deux jeans mi-saison, mais deux heures pour se faire farcir les yeux et les oreilles d'une propagande machinique, c'est déjà trop.

— Mais lui, il y connaît.

Philéas dépose un encart d'article découpé dans un magazine de cinéma des années deux-mille. Le visage de l'auteur en petit illustre comme une signature une tribune critique qui revient sur un des monuments du vingt-et-unième siècle cinématographique, en matière de mise en scène du réel à travers les moyens propres du cinéma qui sont jusqu'à preuve du contraire ceux de la captation brute et refroidie des sons et des lumières.

— C'est un gauchiste.

— Mais un bon genre de gauchiste.

— Il travaillerait pour nous ?

— Contractuellement seulement, répondit Philéas.

Elle rehausse ses lunettes en étudiant le CV de cet agrégé de lettres modernes qui, s'étant piqué d'être photographe, s'est finalement orienté dans l'écriture de pièces de théâtre et la critique d'art. Ses participations à des élucubrations marxisto-matérialistes sont signalées à la main en bas de page.

— Le Kah c'est un gros marché, appuie l'assistant.

Lyre réfléchit à la possibilité de pénétration d'un magazine de mode dans l'univers de l'Union. Possible ou impossible ? Quel est le rapport des Kah-tanais au luxe et à la mode ? Comme une verrue d'or et de cristal, le scintillant festival parsemé d'éclats de photographies, du rouge sang d'un tapis sur lequel défilent les personnages les mieux apprêtées de la bourgeoisie culturelle, orne le paysage public d'une puissance collectiviste avec a priori un contraste flagrant. Peut-on y vendre des robes empruntées aux actrices ? Des bijoux mis en valeur sur les poignets des mannequins ? Des sacs en toile de créateur renommé, aux motifs modernisés empruntant aux glyphes de la jungle ? Au contraire, comme à la suite d'une révolution culturelle radicale et brutale, a-t-on condamné la féminité excentrique au poteau, au rasage forcé, aux maltraitances et aux camps grillagés ? Des gouttes de bon goût peuvent-elles s'échapper e fleurir en-dehors des doigts d'airains des concepts autoritaires du Beau et du Cool kah-tanais, statues imaginaires érigées comme des moaï pour intimider la population ? De tous temps les véritables entrepreneurs se sont frottés à la possibilité elliptique et séduisante de faire du fric sur le dos de la baleine rouge. Et c'est loin d'être impossible.

— Il vient du San Youté, je crois.

Alors là on tient notre homme. Lyre retire ses lunettes de soleil et se lève.

— Il peut prendre des photos, il peut faire des articles et des critiques, et puis vous savez, c'est l'homme idéal pour parler au public paltoterran.

Être cheffe, même d'une rédaction d'un journal, c'est budgéter la structure et déléguer le reste. Déléguer le travail, c'est bien recruter ses prestataires. Lyre étudie le visage grossier du candidat qui, depuis le papier glacé, toise avec un mépris séduisant le lecteur en mal de phrases magistrales. L'assistant approche l'écran d'une tablette : c'est un extrait de podcast dans lequel le critique de cinéma s'exprime, aux côtés d'indigents, sur les ressorts psychologiques d'un art de droite. Elle écoute, impassible, distraite seulement par l'air qui passe sur la surface de ses pieds. Former de longues phrases et découper en morceau le langage de l'adversaire est un talent qu'elle n'a pas. Aujourd'hui, sous les projecteurs de milliers de caméras, conserver une forme d'énigmatique aura relève de l'impossible ; il faut fuir les curieux, supprimer ses comptes sur les réseaux sociaux, se revêtir d'un masque. Au contraire, la puissance nue et affirmée de ce quidam tranche avec la médiocrité empruntée de la scène médiatico-culturelle. Le buzz est aristocratique. Pour mener la guerre contre la morale, il faudra se lever tôt le matin. Mais pour couvrir le festival des Anges, ce n'est pas un mauvais candidat.

— Et il demande combien ?

— Pas beaucoup, s'enthousiasme Philéas : c'est un mercenaire à bas prix.

— Oh ben comme c'est pratique.

Le mercenaire se nourrit de gruau mais tire à balles réelles. La guerre vient de commencer.

— C'est bon, déclare Lyre : appelez-le.

— Tout de suite madame.



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FĀTWĀ : Le Khalife proscrit l'I.A., les datacenters de SAPHIR MACROTECHNOLOGIES incendiés
Posté par Amsa Jellâl, le 9.12.2019

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« N'est ni bonne, ni acceptable, l'intelligence artificielle » : à l'occasion d'une fâtwâ inédite, Son Altesse Sémillante a rayé d'un trait de plume un pilier du secteur du numérique en pleine croissance. Ayant suscité la méfiance des autorités pour sa propension à piocher dans des banques de données de plus en plus large, mais surtout l'ire des écologistes décroissantistes qui détestent le progrès quand celui-ci a l'odeur de l'asphalte, l'intelligence artificielle a pourtant depuis quelques années installé sa prédominance sur le marché mondial. « Une performance inégalée dans les requêtes », « un confort utilisateur sans égal », « un outil de travail qui me fait gagner du temps » : l'I.A. avait pourtant de bons arguments pour se défendre auprès du régime islamique, qui se soucie aussi de la croissance économique. Mais la jurisprudence du mujtahid a plus de poids que les circonstances évoquées par les analystes. L'émission de la fatwa a eu des conséquences immédiates.

« Cette fatwa n'a pas été émise par le Ministère du Développement », a lâché la ministre en charge des affaires économiques, Lubna Sharim al-Qasîmi, qui promouvait depuis des mois la création d'un leader azuréen des technologies informatiques et numériques, et notamment d'une intelligence artificielle hallal. « L'I.A. est un réservoir de croissance », répond laconiquement le leader de CRYSTALBALL, un fabricant de modèles de langage et un spécialiste de l'utilisation de données personnelles à des fins politico-économiques basé dans un paradis fiscal. « Entraver l'intelligence artificielle, c'est entraver un futur meilleur pour nos enfants. » Pour les cadres dynamiques du secteur, le potentiel créateur de l'utilisation en masse des données et leur traitement par des modèles de langage surpassant les capacités cognitives de secrétaires humains aurait permis de débloquer des avancées majeures profitables aux milliards d'êtres humains. Remplacement des médecins par des robots superintelligents, des agriculteurs par des drones semeurs de semences et de phytosanitaires, des avocats et des juges par des ordinateurs de magistrature, des enseignants par des interfaces adaptées de 7 à 77 ans, des nounous par des assistants pédagogiques virtuels, c'est « le Surhomme » qu'on aurait pu créer avec l'intelligence artificielle — « tant pis, on le créera sans les Azuréens. » Les grandes compagnies de la tech affichent une indifférence froide aux décisions des religieux du Califat.

« Cette technologie est la plus prédatrice de notre siècle », dénoncent de leur côté les militants environnementalistes, notamment ces inénarrables Verts menés par Selma Osmanzade, qui ont pris le pavé depuis des semaines pour demander une restriction de la réglementation, et notamment l'interdiction d'implantation de nouveaux datacenters. « La chaleur générée par ces usines de données est une pollution considérable pour les riverains » autant qu'un facteur « d'augmentation de la consommation d'énergie électrique », dont 40 % reste issue de la combustion de gaz, de fioul et de charbon dans le pays. « Le numérique n'est pas une dématérialisation, c'est un approfondissement du ravage écologique », chouinent des babosses en sarouel, qui soulignent la consommation d'eau par les serveurs pour se refroidir après leurs calculs, ainsi que la mobilisation d'une industrie sophistiquée basée sur l'extraction minière.

« AZURIUM va devoir prendre acte de cette décision », commente un expert des technologies numériques, qui remarque que l'Azur n'était pourtant pas le plus perdant à développer l'industrie des puces électroniques. Fournisseur de la plupart des composants qui entrent dans la fabrication des supports électroniques de l'intelligence artificielle, AZURIUM venait en effet de lancer une usine de traitement des terres rares à domicile, lançant sur une voie prometteuse les espoirs de créer une filière électronique domestique. Ali Kahm Zafîr, président de ce conglomérat des industries de la mine, a rejeté les demandes d'entretien de la presse, rapporte par ailleurs le journal SARGHAT ; signe d'une fébrilité dans le monde économique azuréen ? « On sortait de la dépendance au Drovolski », se lamente le patron d'une petite entreprise fournissant des logiciels ; « sur le plan du numérique, le partenariat avec SAPHIR MACROTECHNOLOGIES a déjà créé des dizaines de milliers d'emploi. » Le géant kah-tanais, qui avait réalisé en Azur des investissements stratégiques, a été visé par des dégradations inédites.

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Selon les forces de police de Seylimsaray, Agatharchidès et Mysore, des rassemblements spontanés auraient eu lieu devant certains sites de SAPHIR, « dont certains sont des sites de production clés » ; « plusieurs milliers de personnes ont scandé des slogans favorables au Khalife et hostiles à l'intelligence artificielle », mais aussi au Kah, « assimilé au Diable. » Le ministère public a pourtant rappelé que « les dégradations demeurent inacceptables » et que « rien ne relie le Kah à l'I.A. » a priori, l'ensemble des compagnies mondiales ayant aujourd'hui intégré cette technologie à leurs KPIs. Des salariés, y compris Azuréens, rapportent cependant avoir été « pris à partie », « insultés » et empêchés d'accéder aux locaux. Dans la journée, selon le ministère de l'Intérieur, onze sites faisaient l'objet d'un blocage par des manifestants et quatre avaient vu leur intégrité violée, avec des départs de feu. « Le centre de stockage de données de Babalzabar a été entièrement anéanti », rapporte la municipalité d'Agatharchidès, après que toute la capitale ait pu voir flamber l'un des fleurons de son infrastructure tech. De nombreuses images circulent sur les réseaux sociaux.

« C'est une manoeuvre organisée », subodore en off un proche de Boualem Sansass, intellectuel anti-Nahda réfugié au Kah depuis des années, et animateur d'un blog subversif contre le régime d'Agatharchidès. « C'est la Nahda qui a lancé ses fanatiques sur une entreprise spécifique » ; des dénonciations « calomnieuses et diffamatoires », a rétorqué le porte-parolat du Parti. Bien que le Grand Vizir ne se soit pas exprimé sur le sujet, la position du Diwan reste celle « de la voie pacifique et réglementaire » pour « sortir de l'intelligence artificielle » et « laisser le nihilisme aux nihilistes. » De fait, le virage environnementaliste du parti islamique au pouvoir en Azur est pointé par la presse nationale et par la presse étrangère depuis l'accession au pouvoir d'Afaghani Pasha, terminateur du Plan Gazier de son prédécesseur, et initiateur de réformes vertes sans précédent dans le pays.

Va-t-on rejouer le scénario du Plan Gazier de 2015, qui avait opposé le gouvernement à une considérable contestation alliant environnementalistes et religieux conservateurs dans le rejet du développement industriel ? « C'est ce qui semble se dessiner », évoque Jean-Michel Godasse, directeur d'un cabinet d'études politiques et économiques à Messalie. « La structure politique azuréenne semble profondément recomposée par les questions industrielles et environnementales », bien davantage que par les sujets démocratiques ou religieux, s'il faut en croire une analyse matérialiste. A l'approche des élections générales de 2020, le pouvoir a cette fois pris le pli d'agir contre un secteur industriel en pleine croissance. Au risque de froisser le monde économique ? « Derrière, c'est un changement de paradigme complet qu'il faut préparer », avertit cependant Ibrahim Farudi, créateur de start-ups dans les domaines du pilotage avancé des aéronefs, et proche de la Ministre al-Qasîmi : « l'I.A. n'a rien inventé depuis les débuts du numérique, ce ne sont que des algorithmes qui tournent plus vite et plus fort que les autres » ; si l'Azur veut se débarrasser de cette technologie gourmande en ressources et dont les répercussions structurelles sur l'économie et la société demeurent en plein développement, « alors ce sont toutes les technologies numériques qu'il faudrait abandonner ! », plaide Farudi, qui alerte sur « le retard technologique » et « les impacts sur la croissance » engendrés par une décision « prise sans consultation des experts du sujet. » Ce à quoi, selon des sources exclusives, la Mosquée des Etoiles aurait répondu : « Hold my Qûran ».

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DÉFAITE DE LA LODUARIE COMMUNISTE: UNE VICTOIRE POUR QUI ?

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« La paix va régner sur toute la région pendant des siècles désormais », assure le gouvernement kartyen, grand vainqueur de la confrontation entre Karty et la Loduarie pendant la guerre d'Antares. Ce conflit, commencé suite à des risques politiques majeurs internes à la République d'Antares, s'était envenimé à la fin 2018 et avait conduit Lyonnars à entrer sur la zone. En déployant l'Armée rouge, Aurore Geraert-Wojtkowiak, Secrétaire-général du Parti eurycommuniste loduarien, avait pris une décision difficile et historique : celle d'en finir avec la précarité territoriale du seul Etat communiste d'Eurysie occidentale, en réunifiant les deux provinces, et en installant en Antares un contrôle populaire.

Face aux succès de l'Armée populaire, les chancelleries eurysiennes avaient fait caca culotte. Ainsi du très bourgeois Duché de Gallouèse, nation que l'on sait coincée entre un reliquat féodal et une sociale-démocratie en progression, qui avait finalement, après une première manoeuvre réactionnaire, choisi de ne pas rajouter de la confrontation dans la situation. Ainsi surtout, au-delà des démocraties néolibérales habituelles, de la République fédérale de Karty, puissance militaire et économique montante au centre du continent. Angèle Orvolski, Gouverneure de ce régime hybride « à vocation socialiste » mais doté d'une forte imprégnation nationaliste, s'était alors lancé dans une guerre de dames féroce contre la Secrétaire-Générale de Loduarie, faisant entrer le continent dans un nouvel embrasement.

Vu du Kah, la situation eurycircassienne aurait pu rester comique, si elle n'impliquait pas des questions idéologiques plus importantes, mais surtout si elle ne mettait pas l'Union au défi de tenir ses rangs. Loduarie comme Karty sont des partenaires d'Axis Mundi, déclinant les nuances de la gauche anticapitaliste dans diverses tonalités, ici et là. On se rappelle, au Kah, le rôle joué par la Loduarie dans la « sécurisation » de Goïda et le partenariat raisonnable établi entre nos Communes-Unies et la Loduarie autocratique, partenariat précaire et initié dans les plus grandes difficultés, mais qui a reposé pendant des années sur un même réalisme : face au poids de l'Alguarena capitaliste et des autres puissances bourgeoises, il fallait se comprendre et tenir respectivement une ligne de combat. En se divisant une partie de l'adversité anticommuniste, Axis Mundi et Lyonnars avaient posé les deux jambes de la résistance révolutionnaire dans le monde : l'Union internationale du Communisme et du socialisme d'une part, et le Liberalintern plus disparate et plus plastique d'autre part, représentent deux pôles assurément complémentaires. Depuis de longues années, les inimitiés liées aux questions sécuritaires à Goïda et au Mokhaï avaient pu se tasser, au profit d'une lecture plus opérationnelle de la carte politique. Côté Paltoterra, le risque d'étincelle avec l'Alguarena reste élevé, exigeant une bonne tenue dans la nécessaire démilitarisation de l'enclave. On se rappelle également, côté Golfe de Capitalia, la prépondérance stratégique des alliés du Kah et la nécessité d'assurer le contrôle de cet espace par la cinquième flotte — les péninsules occidentales ne sont qu'à un saut de puce de la Manche Blanche, d'où l'on peut frapper tout le continent, et en particulier ses régimes fascistes : l'Hotsaline s'en souvient —, par la diplomatie plutôt que par la force — à cet exercice l'Union est confrontée depuis le début des opérations de l'Organisation des Nations Démocratiques à Carnavale. La Loduarie et le Kah avaient une compréhension commune.

La guerre entre la Loduarie et Karty aurait pu être une guerre fratricide, si elle n'avait réveillé, d'un côté, la capacité de Volkingrad à renouer avec des partenariats illicites, et son intention démesurément excessive de frapper la Loduarie en pleine tête, en bombardant massivement la capitale populaire et en tuant la Secrétaire-Générale Aurore. Elle aurait pu être réglée dans la diplomatie si elle n'avait pas révélé la profondeur et la complexité du conflit antarien, et notamment l'imbrication obscure d'une force militariste, la MIRA, et de bandes ethniques, qu'on désigne comme les Corvuns, soudés autour de croyances néotraditionnelles fanatiques, et qui ont constitué l'essentiel des forces réactionnaires opposées à l'Armée rouge pacificatrice. De ce fait, le soutien à Karty a directement servi les intérêts non pas du peuple antarien, mais de la faction la plus réactionnaire des forces politiques antariennes ; tout en jetant un boulet de recomposition, redressant de nouveaux partenariats avec les démocraties bourgeoises, et confortant sa position ambiguë d'allié-du-socialisme tout en combattant, dans les faits, la seule puissance rouge d'Eurysie de l'ouest.

Le Kah n'était pourtant pas impuissant. Depuis les maintes bases répandues à travers l'Eurysie, de la Mährenie à la Kaulthie, en passant par la Citadelle sur Bourg-Léon, et les aérodromes polaires de l'Altrecht, les moyens existaient pour imposer une dissuasion plus favorable à la Nation Communiste, partenaire distinct et parfois imprévisible, mais camarade néanmoins et quoi qu'il en coûte, car c'est dans la tranchée que se nouent véritablement la camaraderie. A quoi avons-nous cependant assisté ?

Le débat n'en finira pas d'agiter les clubs et les assos du Kah, qui assurément expriment une opinion plus variée et démocratique que son état-major vertical. Fallait-il appuyer la Loduarie dans son entreprise de prise de contrôle du territoire antarien ? Sans doute pas, répondent la majorité des Clubs, rappelant les profondes divergences idéologiques, et la nature « dégénérée » de l'autocratie loduarienne vis-à-vis de la démocratie organique et communale de nos Communes-Unies, dévolue au Comité de Volonté Publique pour le moment. Fallait-il pour autant la laisser tomber comme une vieille chaussette ? Réduite en poussière dans son palais militaire, Aurore Geraert-Wojtkowiak méritait-elle qu'on n'intervienne pas pour empêcher les bombardements massifs subis par Lyonnars ? La Citadelle a vu et n'a rien fait : de toutes évidences, le Comité avait fait son choix. Au profit de quel intérêt ?

Le débat est désormais ouvert. Sur la toile, les citoyens argumentent férocement la nature réellement socialiste de Karty, des Corvuns, et de toute une série d'alliés que le Kah s'est fait, prononçant sans doute un peu vite des adoubements communalistes, au risque de brouiller les définitions claires et pragmatiques du matérialisme historique. Quel étrange rapport à la nation ou à la religion, opium du peuple, les Corvuns entretiennent-ils vis-à-vis de leur néotradition secrète et mystique ? Quelle sulfureuse utilisation de l'étendard socialiste Angèle Orvolski fait-elle en affirmant la puissance stratégique de Karty sur la scène eurysienne, sans réformes intérieures économiques, sociales et politiques ? Plus généralement, à quoi devrait-on juger les amis du Kah : à leur régime politique, ou bien à leur propension à adhérer à un communalisme aux définitions mouvantes ? A quel socialisme réel, patent, économique et social, profite la victoire contre la seule société communiste d'Eurysie occidentale ? Que gagne-t-on à tourner la page de l'eurycommunisme, de la dictature du prolétariat, de la démocratie populaire à l'ancienne ? Pourquoi plonger si précipitamment dans les eaux troubles de la confusion ? Les Clubs se prononceront bientôt !


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EFFONDREMENT DE LA PASSE D'OKANO : Les volontaires internationaux à la rescousse
Posté par Federico Haramburu le 22.01.2020

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« Une catastrophe évitable » : la colère fait place à l'émoi à Gokiary, esclave kah-tanaise de l'Ouest de l'Afarée, sur la côte de la péninsule. Le petit territoire, appartenant formellement à l'Union, s'est réveillé dans un traumatisme ce 29 décembre 2019 dernier. Le tunnel de la Passe d'Okano, l'une des artères principales reliant la commune au continent afaréen à travers le massif montagneux de Nimbé, a été effondré et détruit, dans ce qui s'apparente, selon les autorités locales, à une explosion liée au « minage clandestin » de sociétés illégales exploitant des filons minéraux dans la région. Tandis que les services de secours s'emploient à recenser les victimes et à évaluer l'ampleur des dégâts, la route, totalement coupée, fait l'objet d'une déviation considérable qui fait s'accumuler des embouteillages sur la rocade sud, selon le 107.7. « Nous ne savons pas exactement combien il y a de personnes là-dessous », confie un démineur militaire, mobilisé par la Protection civile dans la situation de crise ; en effet, « deux à trois véhicules », mais surtout « un nombre inconnu de mineurs clandestins » pourraient s'être retrouvés piégés sous l'effondrement de la voûte. « Il n'y a pas d'espoir de retrouver des survivants », déclare, glaciale, la porte-parole de l'intercommunale de Gokiary, alors qu'un décompte a été entrepris par les autorités pour faciliter le signalement des disparitions inquiétantes.

La catastrophe est d'autant plus aiguë qu'elle illustre les défaillances sociales de toute la région, malgré les objectifs kah-tanais du socialisme libertaire. En cause, notamment, les frontières : les militants de certains Clubs y voient déjà « la trace du paradigme frontalier », qui divise la région entre une enclave « paradis social » et une Afarée occidentale en proie aux conflits, à la pauvreté, à la colonisation et aux traumatismes d'une extermination récente, dévastant le tissu économique et populaire local sans aucun doute possible. « On ne peut pas construire le socialisme d'un côté du Nimbé, et laisser l'exploitation sauvage se poursuivre de l'autre côté », peut-on entendre chez les plus interventionnistes, favorables à une expansion stratégique du Kah dans la région, en chevalier blanc des populations locales. « Voilà le résultat du productivisme mondial », résument des militants à tendance environnementaliste, qui ont remporté il y a quelques temps un premier succès ailleurs dans l'Union, à Tepeyollotl : l'arrêt de ce projet minier gigantesque avait donné un formidable élan aux revendications anti-industrielles de la frange décroissantiste du communalisme. Assiste-t-on à un deuxième épisode à Gokiary ? Pour Tilla Nasser, comédienne engagée, c'est « la course aux métaux rares » alimentée par les « folies technologiques » et la « course aux armements » qui est le facteur numéro un de la multiplication des mines illégales à travers le monde.

Pour les observateurs internationaux, notamment le journal Valeurs Mensuelles basé à Messalie, c'est au contraire le « communisme punitif » qui est le vrai responsable de l'accident. « Si les minerais gokiariens étaient moins chers, le marché ne se tournerait pas vers une exploitation dite illégale pour satisfaire la demande en produits minéraux » : du fait des normes exigeantes et contraignantes imposée par l'Union au secteur de la mine, le prix du kilo de fer, d'alumine ou de tungstène kah-tanais est en effet parmi les plus élevés au monde, limitant les capacités exportatrices d'une filière essentiellement dédiée à l'industrie domestique gourmande en éléments issus de la terre profonde. « Le Kah devrait songer à alléger les normes » pour soulager un marché international en tension, selon les analystes expertologues, mettant dans la balance « un rééquilibrage d'offre et de demande » propice à réduire le développement des mines illégales. Un argumentaire classiquement libéral, que la majorité des Clubs de Gokiary rejette : « les pollutions environnementales et l'exploitation des mineurs, chez nous, non merci ! » Il y a peu de chance que les préconisations de cabinets de conseil étrangers soient prises en compte par l'intercommunale.

Il n'en reste pas moins vrai que le problème des mines illégales est désormais souligné sur le plan de la fédération communaliste, mais surtout sur le plan continental, auquel se rattache faute de mieux le territoire ultramarin. « Nous devons faire un vrai travail d'exploration, de constatation des réseaux de minage clandestin », estime Shiva Kramushtarni, militant associatif. « Laisser cette situation mettre en danger les gens et les infrastructures, c'est impossible. » D'après le journal kah-tanais Le Regard, la demande est forte pour « éliminer les cellules criminelles » responsables du développement de cette exploitation dangereuse du massif montagneux. Les risques, pointés notamment en raison de la structure géologique de la plaque d'Afarée occidentale riche en couches sédimentaires accumulant les aquifères, les hydrocarbures et les minéraux, soulignent la grande fragilité du grès local et l'existence de poches de gaz non identifiées, responsables de violents coups de grisou — hypothèse privilégiée par l'intercommunale pour justifier l'effondrement massif d'une infrastructure clé comme la Passe d'Okano.

La gravité de l'accident, qui remet en cause la majeure partie des communications terrestres entre la commune de Gokiary et le reste du monde, a attiré un vent de solidarité à l'échelle internationale. Sur les réseaux sociaux, les prières se multiplient. Des volontaires internationaux ont également répondu à l'appel : ainsi d'Abbas Sanjar, spéléologue azuréen de vingt-huit ans, qui connaît bien certains parcours de randonnée souterraine dans les alentours de Somagoumbé et de la Kabalie. « Pour faire la cartographie, on n'aura jamais trop d'aide », renchérit un spécialiste local, qui rappelle que la région est creusée par des grosses termites depuis des millénaires, que ce soit pour forer des puits, aménager des galeries d'exploitation de l'or et des pierres précieuses, ou établir des logements troglodytes à l'abri de la chaleur, une tradition qui remonte à la Préhistoire et qui fait la richesse de certains sites ouest-afaréens. D'après Le Regard, l'objectif reste de « repérer et boucher les autres galeries illégales », un travail de cartographie digne d'une colonie de fourmis laborieuses, en réponse aux exigences de sécurité manifestées par le Syndicat des transporteurs routiers. « Les citoyens gokiariens attendent des preuves et des résultats tangibles. » Heureusement qu'on peut compter sur la solidarité internationale !

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Une affiche visible au cœur du paysage urbain,
des arrêts de bus aux devantures de commerces, partout à travers le pays.

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