05/07/2019
23:00:21
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Activités étrangères en Velsna - Page 12

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5709
Dégagez la fraude Landrini

https://i.imgur.com/pAGaDAF.jpeg


Opération d'influence politico-culturelle visant Velsna

Pays infiltrant: le Front de Libération des Îles, secrètement basé à Messalie
Pays infiltré: Velsna
Prévisionnel de la date (RP) de l'action clandestine : 18/02/2019 + 21
Prévisionnel de la date (HRP) de l'action clandestine : 22/03/2026 + 7
Type d’opération : Influence dans le milieu universitaire et dans le champ académique


Province cible : #25469

Influence au 22.03.2026 (J+0)https://i.imgur.com/pjPbwDV.pngInfluence au 10.03.2019 (J+7)https://i.imgur.com/lsVO8Il.png
Influence pour l'opération : Messalie (14,4%) + Azur (16,8%) = 31,2 % sur 100% d'influence réunis par tous les pays sur place

Question se pose sur l'utilisation de l'influence de pays absolument pas liés au sujet de l'opération sur le plan du RP : Mokhaï (9,5%), Mährenie (9,5%), C.U.P.O. (9,5%), Kotios (1,8%) = 30,3 % d'influence non liés au sujet de l'opération. En les déduisant du total 100, l'influence Azur + Messalie à Velsna sur le sujet de l'opération monte à 44,8%. A vous de voir.

RECONTEXTUALISATION / FRISE CHRONOLOGIQUE DES EVENEMENTS PRE-OPERATION :

Depuis 2017 et l'entrée des troupes du Grand Kah dans les îles Marines, qui concernent la partie sud d'un même archipel divisé entre le Grand Kah et Carnavale, le sujet d'une réunification nationale de l'archipel est sur la table. Qu'on le juge ou pas pertinent, il est porté par des militants sur le terrain et il se base sur un argumentaire considérable. On n'habite pas innocemment à la frontière de l'Irlande du Nord. Dans ce contexte, l'intervention de Maria Cecilia Landrini pour décrédibiliser le mouvement pro-réunification a été très mal vécu par les militants concernés, qui ont protesté et contesté les arguments de l'historienne. Une pétition, des actions mettent en cause le professionnalisme de l'universitaire et leur effet doit désormais être tranché. L'enjeu est de faire sauter Landrini de son poste d'enseignante à l'université, mais aussi de dégommer ses arguments sur le fond auprès du champ intellectuel velsnien. C'est un sujet mineur dans l'actualité velsnienne qui intéresse surtout le champ intellectuel.

Cette opération se repose sur plusieurs forces et éléments concrets :

D'un point de vue RP, la pétition est portée par un mouvement dynamique et prolifique. Le mouvement celtique sur les îles a déjà une certaine assise, qu'il soit ou non majoritaire :


Beaucoup de voyants sont donc au vert pour agir à Velsna.


OBJECTIFS DE L’OPERATION



Réussite majeure :
  • La réputation académique de Maria Cecilia Landrini est anéantie et celle-ci est désormais vue comme une fraudeuse par le champ intellectuel. Son exclusion de la Société des Honnêtes Historiens est inévitable vu le rejet par les étudiants et par ses pairs, mais aussi par le grand public. C'est une petite révolution pour le champ intellectuel velsnien, conquis par les arguments du mouvement celtique, et désormais soucieux de mieux prendre en compte l'importance du sujet celtique. La Société des Honnêtes Historiens fait amende honorable et reconnaît l'appartenance culturelle et historique des Îles à la sphère celtique, ainsi que la nécessité de mieux traiter le sujet celtique dans ses travaux, en déconstruisant le prisme impérialiste.


Réussite mineure :
  • La réputation académique de Maria Cecilia Landrini est très endommagée, elle est vue par une fraudeuse par une majeure partie du champ intellectuel. Son exclusion de la Société des Honnêtes Historiens est sur la table (à Brennus d'en décider). Une faction intellectuelle pro-celtique apparaît dans le champ académique velsnien, notamment parmi les intellectuels et les étudiants. Cette faction milite pour une meilleure valorisation du sujet celtique dans les travaux académiques, en déconstruisant le prisme impérialiste. Cette faction n'est pas majoritaire mais désormais elle est significative et elle existe.


Echec mineur :
  • La réputation académique de Maria Cecilia Landrini n'est pas endommagée. Son poste n'est pas remis en cause. Une faction intellectuelle pro-celtique apparaît dans le champ académique velsnien, mais celle-ci reste marginale. (Retiré sur demande de Brennus pour clarifier l'échec mineur)


Echec majeur :
  • La réputation académique de Maria Cecilia Landrini reste incontestée auprès du champ intellectuel. La pétition contre elle est vue comme un musellement de la part de nationalistes d'extrême-gauche et le mouvement pro-réunification des Îles est marginalisé. La défense du sujet celtique est vue comme la manifestation nauséabonde d'une propagande terroriste.


LIMITES ET CONTRAINTES DE L’OPERATION
(Brennus n'hésite pas je rajoute tes points ensuite)

Plusieurs limites et contraintes sont à prendre en compte dans l’arbitrage de l’opération :
  • Velsna est celtophobe, quitte à s'arranger avec la vérité.
  • Comme tout Velsna, la SHH est corrompue, donc elle se tape un peu de l'éthique professionnelle historiographique.
  • Brennus fait valoir les arguments suivants : manque de connexion à Velsna des journaux concernés, sujet éloigné des préoccupations velsniennes (ma remarque : c'est justement l'objet de l'OP que de corriger ce point), réputation ancienne de l'historiographie velsnienne.
  • Remarque supplémentaire suite à la demande de Brennus de réécrire les réussites/échecs : les conséquences de l'OP étant déjà limitées à un seul personnage, je les trouve assez modestes pour laisser l'arbitrage choisir parmi les quatre issues proposées.


Moyens engagés :
  • Un réseau de militants aux Îles, qui a des liens au Grand Kah, à Messalie, en Azur
  • Des organes de presse importants (cf importance du volume, de la régularité et de la qualité de la presse messaliote et kah-tanaise constatable à ce sommaire et à cette biblio d'articles) : Kah Tana, Al-Urwâ Al-Wûthqâ, L'Eté républicain.
  • Une pétition envoyée au champ intellectuel pour dégager la fraude Landrini de son poste d'historienne.
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Dégagez la fraude Landrini, éléments de réponse quant aux limites de l'opération, à l'adresse de la modération et du joueur initiateur de l'opération

"Bordel mais c'est où les îles Marquises ?"


a


"Tu reprendras bien un peu de gabagool, Corrado ?"


La vieille nana rayonnait: cela faisait bien longtemps que son petit fils ne l'avait pas vu, qui plus est son dernier rejeton dans ses bras. Ses tantes, sa grand-mère et son arrière grand mère se rassemblaient en troupeau autour du berceau du nouveau né.
- Nana, veux-tu éteindre ta clope devant le bébé. - dit l'une des sœurs de Corrado à la vieille matriarche -
- Oh tu sais, avant trois ans un enfant ça se souvient de rien.
- Par contre la couette du p'tit se rappellera des cendres que tu fais tomber. Regarde comme il ressemble à son papa.
- Pas trop j'espère...


La vue du gamin avait permis à Corrado de faire diversion, et d'aller saluer les hommes de la famille. Les lunettes sur le bout du nez, le père de Corrado plissait les yeux devant les toutes petites lignes du journal, celles d'un article de bas de page:

" Une pétition d'un groupe de militants nationalistes celtiques provoquent le harcèlement d'une enseignante-chercheuse...bla bla bla...îles marquises...bla bla bla celtophobie... Quelle chienlit."

Corado vient taper sur l'épaule de son paternel, qui est bien trop plongé dans son papier pour faire attention à son fils. Il faut dire, celui-ci s'était intéressé depuis quelques temps à la chose politique, chose à laquelle Corrado était imperméable:

"Arrête de lire ces conneries papa, ça va te griller le cerveau. Va donc prendre ton petit-fils dans les bras."


Le patriarche n'aimait pas se faire rabrouer sur ce point comme sur tous les autres, et se gaussait d'une "curiosité intellectuelle" à chaque occurrence.

"Tu n'es pas assez intéressé par les choses qui se passent dans le monde Corrado, je t'ai pas elevé comme ça."

"Et tu ne m'as pas élevé pour être une commère de village, et pourtant..." Répondit son fils au tac-o-tac.

"Oh tu fais chier: assieds toi et rejoins nous, qu'on te donne tes cartes."

"Quel jeu ?"

"Le scopa voyons, quel autre jeu tu crois qu'on fait ici ?"



Pendant ce temps, dans un endroit beaucoup plus cossu...



a


Les couloirs du Palais des Patrice étaient décidément bien calme ce matin. C'est qu'on était dimanche, hors des périodes "fastes" où le Sénat pouvait se réunir. En l'absence de la plupart des parlementaires, la plupart de ses occupants habituels avaient laissé la place aux domestiques et autres chevilles silencieuses qui étaient responsables de la magnificence du Palais. Il n'y avait guère que dans l'aile communale réservée au Gouvernement, où un semblant d'activité venait perturber le silence respectueux imposé par les gens du ménage. Le bruit de crissement et des frottis sur les parquets du Salon doré étaient tout aussi agaçants pour le Mario Serrantino, le Maître des évergètes de la Grande République, qui était parmi les quelques membres du gouvernement communal à officier ce jour là. Son passage était furtif, mais son humeur acariâtre le suivait en tous lieux:

" Veux tu faire moins de bruit quand tu frottes bon sang ! J'ai l'impression d'entendre les dents du tyran Scaela lui-même rayer le parquet ! Tu l’abimes et tu le rayes, espèce d'idiot !"

" Toute mes excuses excellence, mais il faut bien que je nettoie."

"Alors nettoie...avec moins d'intensité."

"Euh...je vais essayer, excellence."


Un ordre approximatif à coup sûr, qui aboutit à un résultat approximatif. Le domestique fait pour ainsi dire semblant de travailler désormais, ce que le Maître des évergètes ne tarde pas à remarquer:

"Bon. Frotte un peu plus fort quand même."

"Tout de suite excellence."


Mario Serrantino entra dans son bureau, déposant au passage une pile de papiers sur son pupitre: il y avait de tout et de rien. Des copies de procès verbaux des séances de questions du Sénat, des comptes-rendus des interminables sessions du Gouvernement communal, et d'autres choses plus futiles comme des articles de journaux et titres de presse. Son excellence Serrantino était en effet harcelé en permanence par une chose: le harcèlement du silence et du manque de sollicitations. Il ne le savait que trop bien: le Bureau de l'évergétisme n'était ni le mieux pourvu des postes gouvernementaux, ni le plus prompt à permettre l'ascension politique. Sur ce point, Serrantino était un vieillard, donc cela ne comptait plus trop. Mais toujours était peu importait l'âge, on aimait toujours à ce qu'on parle de soi. Le Bureau des évergètes, dans cette cité où le pieds de l’État était tout relatif, n'était pourtant sollicité que lors des périodes de fêtes civiques et manifestations culturelles que ce dernier se devait de coordonner avec "tous es évergètes", c'est à dire tous les membres de cette aristocratie sénatoriale désireux de voir la population velsnienne être redevable de leur générosité. La régulation de la charité politiquement intéressée, voilà quelle était la fonction de Serrantino.

Comme chaque matin, son excellence est suivie à la trace par son greffier sénatorial, le jeune Paolo, dont la fonction est pour tous les jeunes hommes de bonne famille un bon début pour entrer au Palais des Patrices par la lucarne. En le fixant avec ses yeux sévères, le vieillard envieux se souvient que la plupart de ses confrères du Gouvernement communal ont parfois une dizaine de greffiers pour eux, lui n'en a qu'un, et en plus de ça, pas le plus malin d'entre eux. Il exècre ce jeune crétin, dont il se sert le plus souvent pour faire ses courses:
- Paolo. Dis moi quelles sont les nouvelles ? Tu as entendu des bruits de couloirs ?
- Il y aura des bouchées tomates-gabagool au buffet de son excellence Cadorna ce lundi prochain.
- J'en ai rien à faire espèce d'idiot ! Je te demande pas le temps qu'il fait, je te demande ce qu'il se passe: est-ce qu'on parle de moi, est-ce qu'on parle d'autre chose qui pourrait m'intéresser.
[b]- Ah. Euh. Il y a du grabuge chez les celtes, Maître Serrantino. [
/b]

L'oreille du vieux sénateur se tendit, et il se pencha vers le jeune homme, enfin intrigué par quelque chose qui sorte de sa bouche:
- Mais encore ? Ils ont...ils ont dit du mal de moi ?
- Non excellence, rien à voir avec vous. Mais disons que cela pourrait vous intéresser de savoir qu'une historienne reconnue a été prise à partie par un groupe nationaliste celte. Un truc en rapport aux îles Marquises.
- Les îles Marquises ? C'est où déjà ?
- Je sais pas trop excellence...
- Je m'attendais bien à ce que tu répondes pas Paolo, t'es con pour un pied de table. T'as vu ça où ?
- Un article dans la presse messaliote.
- Je savais pas que tu lisais la presse étrangère...
- J'ai juste lu les images, excellence.

Serrantino tapotait des doigts sur son pupitre, ne savant que faire d'une information aussi vague:
- Et...quelqu'un en a parlé dans la presse velsnienne ? Ou dans l'espace public ?
- Pas à ma connaissance, Maître Serrantino.
- Alors ça m'intéresse pas, Paolo. J'ai besoin de dossiers qui parlent aux gens et à la classe politique, pour gagner des points. Et toit tu viens me voir avec un sujet dont tout le monde se fout. Je veux m'assurer de ma réélection, pas sauter sur chaque ragot raconté sur des journaux étrangers que personne ne lit. Aller, barre toi.




Pendant ce temps, dans un endroit un peu plus intellectuel...


a


Sur les rives du Grand Canal San Stefano, l'ancien palazzo d'aristocrate qui servait désormais de siège à la corporation des Honnêtes historiens velsniens vivait à son rythme, ou plutôt, à celui de la communauté scientifique à laquelle la société était rattachée. Curieusement, les conversations intéressantes intervenaient le plus souvent, non pas dans les bureaux et les laboratoires, mais dans le mess où les enseignants chercheurs et autres membres de la société se retrouvaient. Le repas permet bien souvent de tirer plus de vers du nez que n'importe quel colloque universitaire. Dans la file, Vincenzo était en train de baver devant la carte du jour, en compagnie de ses compères de travaux du moment: Valeria et Ricciardo. A vrai dire, Vincenzo avait décidé de ce qui aurait dans son assiettes des lustres avant d'entrer dans la file:

" Salut Sylvia, je vais prendre un sandwich gabagool, une grande capicola avec extra viande, du provolone et des poivrons rouges grillés. Merci."


Les trois professeurs se retrouvent à leur table habituelle, qui est le centre d'un rituel très bien ficelé qui dure depuis aussi longtemps que leur amitié.

" Tu peux me passer le sel s-il te plait Ricciardo ?"


Les conversations se déroulent toujours de la même manière. Au début, il y a toujours un moment de flottement où les regards se croisent, mais il suffit que l'un d'entre eux s'y mette pour que le tout déroule très rapidement. Valeria lance le pavé:
- Vincenzo. Quand est-ce que tu penses avoir fini l'article sur les maisons en merde ?
- Il est sorti il y a trois mois, mets toi à la page. Au fait...vous avez pas entendu parler de la controverse avec Landrini ?


Ricciardo marque une courte pause, peut-être afin de se rappeler de l'identité de la personne:
- Landrini ? C'est pas celle qui a essayé de plagier ton article justement Vincenzo ?
- Ouais mais bon, c'est de l'Histoire ancienne tu sais, depuis qu'elle m'a invité à voire un verre après la conférence de Velathri. J'ai passé l'éponge.
- répond t-il avec un sourire malicieux. -
- Je vois... Et il lui arrive quoi à ta Landrini ? Un droit de réponse ? Un article à charge ?
- Nan, c'est une affaire un peu bizarre. Des activistes "marquisois" qui lui sont tombés dessus, dans un journal kah tanais. Au début j'aurais pensé que ce serait des types à l'Université d'Axis Mundis, mais non, c'était juste des pêcheurs. Tu me diras, au moins ça veut dire qu'il existe trois pleupleus dans le monde qui nous lisent. Il faudrait les remercier pour la visibilité qu'ils ont donné à un article scientifique au moins. Sans eux, ce serait passé sous les radars. Le problème par contre, c'est que j'ai pas l'impression qu'ils aient compris l'article.
- Le grand public qui ne comprend pas la teneur de nos travaux et qui l'utilisent à des fins de revendications nationalistes, tu m'en diras tant...
- fit Ricciardo, désabusé, qui de toute évidence avait déjà eu affaire à de tels cas. -
- J'ai lu l'article, avec mon syncrétique un peu cassé. Mais c'était un peu lunaire. Ils parlaient de "réunification des Marquises. Cela sous entend qu'elles ont été unies un jour. Tiens, je l'ai là.

Vincenzo lui pose le journal sous le nez. Ricciardo émet un petit ricanement moqueur, de ceux qui le caractérisent:
- Ouais, dans leurs rêves. Sympa l'apologie de terrorisme en plein milieu de l'article nonobstant.
- Ils ont pas eu l'air de comprendre le fait que Landrini avait écartée l'hypothèse du peuplement des Marquises par des serfs pour dettes, et ils ont dit le contraire. Ils ont aussi confondu sources primaires et sources secondaires, mais à ce niveau là, on est sur du détail. D'autant que Landirni n'a jamais nié que des populations celtiques évoluaient aux Marquises, elle a simplement affirmé que son unité n'a jamais existé, et a contredit l'hypothèse d'un peuplement ancien. On est vraiment sur une cabale en bonne et due forme.
- Sympa les accusations de racisme.
- Ponctue Ricciardo, en feuilletant le journal - Et ils s'appuient sur quoi pour sortir leur papier ? Où sont les sources, les articles de revue et de colloques ?
- On les cherche toujours. J'aurais au moins apprécié un vrai débat via une revue reconnue par le milieu à une foire d'empoigne avec des accusations de racisme dans un tabloïd qu'aucun spécialiste ne prendra en compte.
- Il est pas encore trop tard pour le faire... Dommage que ce fameux historien dans l'est républicain je donne aucun élément de réflexion pertinent sur la question. On aurait pu faire un débat un peu plus intéressant que ça.



Observations sur l'opération clandestine de Timour, à laisser au bon jugement du joueur et de la modération a écrit :

Il a été proposé par le joueur ciblant de fournir un certain nombres de limites et failles à l'opération en cours. Après lecture de ses arguments et éléments postés, j'ai dressé via un post narratif un certain nombres des dites failles:
  • Le joueur ciblant tente d'influencer le monde académique velsnien en mobilisant un groupe d’intérêt qui est globalement inexistant à Velsna.
  • La population velsnienne et l'opinion publique de manière générale est relativement indifférente à la question des îles Marquises, et il est fort probable que beaucoup de velsniens ne puissent pas situer l'archipel sur une carte.
  • Les moyens engagés pour mobiliser le groupe d’intérêt du joueur ciblant repose sur des journaux étrangers, dont un qui a été qualifié par le joueur du Kah (le journal est kah tanais) d'extrêmement marginal. Les deux journaux, étrangers, bénéficient probablement d'une assez faible diffusion à Velsna.
  • Le joueur ciblant tente d'influencer le domaine académique velsnien dont la tradition historiographique est vieille de plusieurs siècles et repose sa légitimité sur plusieurs dizaines de posts d'atlas (dont la quart porte sur le monde celtique et la totalité ont été accepté par les joueurs celtiques eux mêmes), sans mobiliser aucun article scientifique ou donnée vérifiable sur la question abordée, à l'exception d'une courte mention dans un article de l'est républicain messaliote. Il paraît à mon sens difficile d'influencer le monde scientifique sans proposer au moins une contre-thèse qui tienne la route.
  • La plupart des arguments employés sont des actions initiées dans d'autres pays, qui risquent d'avoir bien peu de poids dans les décisions de la Société des Honnêtes historiens velsniens.
  • Demande personnelle: je demande que le terme de "celtophobe" soit remplacé par "celtolucide"

En vertu de ces éléments, il me paraît raisonnable de proposer au joueur ciblant de revoir ses ambitions à la baisse concernant les issues de cet arbitrage. A défaut, de poser un malus.


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Posté dans Blogs Personnel > Ino Albacete • par Ino • il y a 2 heures

Concernant la "polémique" des Marquises.

Tags : #marquises #mise au point #culture #histoire #université #jésus désapprouverait

INTRODUCTION

https://i.imgur.com/KiDvmYX.png

Le principe d’asymétrie de Brandolini postule que la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des conneries est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire. C'est en vertu de ce principe que j'évite généralement de participer aux polémiques en ligne et autres faux débats auquel plus de trente années de CommuNet nous ont désormais habitués (sans offense pour mes camarades internautes, je suis comme vous : il m'arrive d'alimenter le brasier...)

De la même façon, quelques années au sein de l'Université de Lac-Rouge et plus généralement, de la politique confédérale, m'ont apprise qu'il n'existe vraiment pas de "mauvaise" publicité. Ainsi je sais pertinemment que je m'apprête à faire une erreur en utilisant mon temps et mon énergie pour m’immiscer dans un débat qui, d'une part n'en est pas vraiment un, d'autre part semble généralement confiné à des franges encore mal identifiées de la blogosphère kah-tanaise et - depuis peu - velsnienne.

Je parle ici de la pétition visant à faire désavouer la citoyenne Maria Cecilia Landrini, que certains avaient pu découvrir par son excellent article sur le peuplement des Îles Marquises, lequel avait été traduit et diffusé dans certains journaux universitaires et marquisois de l'Union où on le présentait comme une bonne pièce de synthèse. Je l'avais moi-même lu à l'époque, quoi qu'assez distraitement pour être honnête. Si j'ai un intérêt particulier pour l'histoire, je dois avouer que celle de mes terres natales m'est déjà très familière. N'ayant à l'époque rien relevé de neuf ou d'inhabituel dans l'article de la citoyenne Landrini, je trouvais simplement intéressant de constater des liens entre l'historiographie kah-tanaise, essentiellement centrée sur les migrations, et Velsnienne, en cause sinon partiellement, dans certaines des migrations celtes nous intéressant justement.

Un élément que j'avais mentionné à ma camarade Kisa Ixchet, qui a supervisé une grande partie de nos accords universitaires internationaux : l'occasion pour moi d'apprendre avec surprise l'absence de coordination au plus haut niveau entre les universités de l'Union et celles de la Grande République.

Pour en revenir à ce que je disais, je sais donc pertinemment qu'en prenant la peine de répondre à cette pétition et à ses arguments je mets en fait en lumière un phénomène et un sujet qui avaient jusque-là dû échapper à l’immense majorité des kah-tanais, si ce n’est carrément des marquisois et à fortiori de mes chers amis du Skol-veur Stormwind (université de Fort-Tempête) ou des milieux insulaires en général. Cela étant, je ne suis pas tout à fait indifférente au sort de la citoyenne Landrini, moins par sympathie personnelle que par simple égard pour une représentante manifestement sérieuse de la communauté scientifique. Plus généralement je suis aussi surprise de la force de frappe apparente d'un mouvement nationaliste pourtant kah-tanais, et dont les kah-tanais eux-mêmes ignoraient globalement l'existence. Je le dis sans aucune ironie, comme vous pouvez l'imaginer.

Je tenais aussi à dire, puisque apparemment – et c’est une nouveauté dans notre histoire récente – il faudrait pour certains de ces nationalistes justifier de la langue utilisée, que cet article serait essentiellement rédigé en Syncrelangue. Comme d'habitude certaines publications se feront un plaisir de le traduire dans d'autres langues vernaculaires, et une traduction en Velsnien verra le jour d'ici la fin de semaine, puisque j’ai bien peur que cette affaire intéresse plus nos amis eurysiens que mes propres concitoyens. En effet, n’en déplaise à certain, il n’existe initialement pas de lingua franca aux Îles Marquises. J’en sais quelque chose : j’y ai grandi. (Là encore ce n’est pas vraiment une révélation. Quiconque suit ce blog se souvient probablement de cette une très embarrassante une de Vibrance faisant de moi la "Marquisoise la plus mystérieuse de l'Université de Lac-Rouge", titre dont je me serai personnellement bien passée).

Revenons-en à cette pétition. Je l'ai découverte grâce (à cause ?) de mon très cher ami Gregory Pauwels, lequel supervise actuellement la thèse d'une citoyenne étudiant au sein du Nouveau Conservatoire des Savoirs et Humanités de Kotios et s'intéressant justement à la question des migrations partant de l'Eurysie occidentale vers le "Nouveau Monde", dans le courant du quinzième siècle. Bien que concernant un sujet à priori kah-tanais, cette pétition semble avoir exclusivement été diffusée dans le monde universitaire Velsnien. Les actions de soutien mentionné sur sa page (je n'ai pas trouvé d'autres sources attestant de leur existence) semblent aussi concerner la Grande République plus que notre Union. Cela ne me surprend pas, le mouvement auquel se rattache ce texte semble à minima confidentiel, à l'intérieur des frontières de l'Union. Cela a très naturellement titillé ma curiosité. D'autant plus que, comme je l'ai déjà exprimé, j'avais plutôt apprécié l'article de la citoyenne Landrini, et était ainsi surprise de la voir qualifiée en des termes aussi violents. Rien, dans son discours, ne me semblant suffisamment radical ou provocateur pour justifier une réaction de cet ordre.

Pour en revenir à Gregory, je n’avais aucune réponse à lui donner. Le caractère à priori négligeable de ce groupe de pression m’intriguant, je me suis renseignée dans la mesure du possible sur ses activités, son mode d'action, mais aussi ses revendications. Premier obstacle : le groupe semblait pour ainsi dire quasi inexistant, et les seules sources que je pouvais trouver se référant, même lointainement, à un quelconque nationalisme celtique au Grand Kah s'intéressait plutôt à la (très documentée) Coalition Damaniste Kah-tanaise, mouvement terroriste dont l'action a menacée le sud du pays au tournant des années 2000. Faute de sources scientifiques ou officielles satisfaisantes, et parce qu'il me fallait bien commencer quelque part, je me suis résolue à m'intéresser à la seule chambre d'écho disponible : le périodique KAH TANA.

1. KAH TANA, LE MEDIA EN QUESTION

Vous n’en avez peut-être jamais entendu parler et là encore je me sens coupable d’être à l’origine de votre découverte de ce média des plus confidentiels. À vrai dire, je ne sais pas bien qui pouvait tomber de manière organique sur le site de cette revue sans tirage papier et qui compile en elle tous les éléments aptes à susciter la méfiance du lecteur kah-tanais moyen. Je ne m’y serais personnellement pas engagé sans ma foutue curiosité – et cette polémique imbécile que je m’étais bêtement mise en tête de traiter.

Pour bien comprendre cette pétition et ce mouvement j’avais aussi besoin de comprendre la nature précise du média leur servant de porte-voix. J’ai donc décidé de reprendre l’ensemble des articles notables de la revue par ordre de parution, pour essayer d’en déterminer la ligne politique générale. J’ai rapidement fait face à un problème : si on peut tenter d’établir des grandes tendances ou une appartenance à un courant de penser a priori inscrit dans une certaine forme de radicalisme, cette ligne tend à se contredire d’un article à l’autre. C’est un problème qui dépasse le simple amateurisme de la publication, laquelle enchaîne les contresens sur la politique kah-tanaise (au point qu’on pourrait presque se demander si ses auteurs habitent bien l’union), pour entrer dans celui de la doctrine pure et simple. Reprenons par ordre.

Pour être honnête, j’ai été assez choqué de lire ces articles qui, par bien des aspects, font penser au Livret Noir d’Antigone Ornan Munch, lequel avait réussi à se faire publier un peu plus d’un an avant que la Magistrature ne demande la dissolution du Club Politique néo-réactionnaire du Lys d’Argent.

La première apparition du média KAH TANA est, donc, un teaser. Le logo représentant un Ronin (figure traditionnelle du cinéma des années 50 à 80 environs) et la tag-line "Le blog de ceux qui ont choisi leur voie" (traduite par mon ami Shinji, on le remercie !) tendent à laisser penser qu'il s'agit d'un organe à vocation militante. Ce teaser donnait à voir ce qui aurait pu être compris, dans un premier temps, comme une annonce de ce qui allait être la ligne du média : un article opaque semblant présager de questions économiques, deux autres sur lesquels je dois m’arrêter, par souci du détail.

Le second titre annoncé est une construction rhétorique sans ambiguïté : "La fin du projet Tepeyollotl signale la fin du productivisme bureaucratique kah-tanais. Bientôt, le communisme ? 🔥".

L'opposition binaire "Nature vs. Empire" est, dans le lexique politique kah-tanais, une déclaration d'intention sans équivoque. L'"Empire" est l'ennemi absolu, le spectre des Sukaretto et de la Junte, la quintessence de la violence centralisatrice et de l'oppression. La "Nature", à l'inverse, est chargée de connotations positives : elle évoque l'équilibre écologique, le respect des traditions des premiers peuples, comme à travers le Teotlisme, et surtout, elle fait directement écho à la victoire récente des communes rurales contre le projet minier de Tepeyollotl. Ce projet, soutenu par des logiques industrielles et militaires, a été stoppé net par la mobilisation des assemblées locales, des syndicats agraires et des clubs communalistes, qui défendaient la sacralité du Pico Sagrado et la protection de la nappe phréatique.

Ainsi, à première vue, cet article semble s'aligner sur une ligne profondément communaliste, écologiste et anti-centralisatrice. Le rejet du "productivisme bureaucratique" le place en opposition directe avec les courants les plus dirigistes, qu'ils soient technocratiques ou militaristes. Il semble donc émaner d'une frange de l'Union proche des Amies de la Commune, des Phalanstères ou de Confédération & Collaboration. Une ligne plutôt réformiste, voire conservatrice au sens kah-tanais du terme (Au sens de la "conservation" du pouvoir local). Éventuellement, on pourrait donc légitimement penser que KAH TANA est une publication éco-radicale, défendant l'autonomie des communes locales contre les impératifs du complexe militaro-industriel.

Pourtant, quelques semaines plus tard, ce même média déroule le tapis rouge à la citoyenne Sayumi Kōgan, figure pratiquement inconnue défendant des positions ultra-centralisatrices et militaristes. Dans cette interview, la citoyenne Kōgan vomit littéralement sur les écologistes du Pico Sagrado, affirmant : « Je trouve obscènes ces festivals de la décroissance, de la pleutrerie et de la sociale-démocratie petite-bourgeoise que nous témoignent les soi-disant "environnementalistes". » Elle y défend l'extraction minière à tout prix au nom de la suprématie navale et aérienne de l'Union. Face à cette insulte directe envers le mouvement que le journal prétendait défendre trois semaines plus tôt, que fait le "journaliste" de KAH TANA ? Le contredit-il ? Lui rappelle-t-il la ligne éditoriale du média ? Absolument pas. Il lui sert la soupe. L'introduction de l'interview va jusqu'à justifier la présence de Kōgan par ces mots : « Elle intervient dans les colonnes de KAH TANA parce qu'elle a quelque chose à dire, mais aussi parce qu'on l'aime bien et que c'est une camarade. »

Un média qui célèbre un jour l'écologie rurale comme l'avant-garde du communisme, pour applaudir le lendemain sa destruction au nom du productivisme militaire est au mieux une coquille vide, un outil d'opportunisme absolu qui cherche simplement à capter n'importe quelle colère, n'importe quelle frustration, pour exister. La complaisance ahurissante de l'interviewer face aux contradictions de Sayumi Kōgan démontre qu'il n'y a aucune volonté d'analyse chez KAH TANA. Dans notre Union, un vrai journaliste radical (qu'il soit du Miroir Rouge ou même de L'Avant-Garde) l'aurait crucifiée sur ses contradictions. Ici, l'intervieweur se fait l'aimable faire-valoir d'une invitée, démontrant que ce média n'a pas été créé pour informer les Kah-tanais, mais pour servir de plateforme de relations publiques à des intérêts obscurs.

Je ne m'attarderai pas encore sur cet article, ce n'est pas ici notre sujet. Reste donc à voir si KAH TANA est capable de cohérence sur le dernier sujet avancé par ce teaser : préparez-vous là aussi au grand écart idéologique : "Maria Landrini, faussaire impérialiste, anticelte et militante de l'occupation velsnienne en Achosie du Nord, offre ses services à l'occupation carnavalaise des Marquises. Jusqu'à quand ? 🗡️".

Le ton change du tout au tout. Nous quittons la critique interne et décentralisatrice pour plonger dans une rhétorique nationaliste, agressive, et ouvertement menaçante. Le vocabulaire est celui de l'épuration : "collabos", "faussaire impérialiste", "occupation". La menace à peine voilée, qui rappelle davantage les tracts de la Section Défense que les manifestes du Club de l'Impossible. La référence à une « occupation carnavalaise des Marquises » aura sans doute aussi fait sourire la plupart d’entre vous. Non, vous n’avez pas manqué une information, je vous rassure tout de suite : Carnavale n’a jamais posée les pieds sur les îles Marquises. Donnons le bénéfice à KAH TANA, le média voulait sans doute parler de l’occupation Carnavalaise des îles Marines.

Cet article cherche quoi qu’il en soit à surfer la ligne de la frange la plus radicale, interventionniste et nationaliste de la Convention, évoquant les représentants les plus borderlines du Syndicat des Brigades, du Club de l'Avant-Garde et surtout, de la Section Défense, avec son culte de la force, son mépris des subtilités diplomatiques ou historiques. Dès-lors il ne restait plus qu’à lire les articles en question pour savoir comment ce blog souhaitait réconcilier ces deux lignes à priori assez opposées.

J’aime autant vous le dire, ni l’article économique ni l’article sur la victoire de la nature n’ont été publiés, le blog préférant se concentrer sur les Îles Marquises avec l’article Négationnisme Culturel : Les Marquises, des Îles Papoues ?

Je m'attendais encore, à ce stade, à une publication ultra radicale, pas bien fine. Le genre pouvant effectivement monter une cabale contre une confrère universitaire sur des bases idéologiques plutôt que scientifiques. Quelque chose me semblait déjà assez louche, à ce stade. Cependant, cher lecteur, j'aime autant vous le dire : je ne m'attendais pas à tomber sur un article strictement ethno-nationaliste. Je vais ici essayer d'ignorer au maximum les attaques argumentum ad personam employés visant la citoyenne Landrini, et me concentrer sur les erreurs factuelles les plus immédiates, et autres problèmes de logiques internes, historiques et éléments propres à me vexer en tant que 1) universitaire 2) marquisoise.

2. L'ARTICLE EN QUESTION

L'Histoire est un outil de connaissance objective. L'historien travaille ainsi en se basant sur des preuves matérielles. Son rôle est de dire ce qui a été, indépendamment des éventuels narratifs en vigueur. À ce titre, la citoyenne s’inscrit dans une analyse parfaitement positiviste de notre histoire insulaire. Faute de pouvoir l'attaquer sur le terrain des faits, l'article de KAH TANA s'échine donc à lui prêter des intentions, quand il ne déforme pas ses propos ou conclusions.

En début d'article, l'auteur juge bon de faire un nouveau rappel à l'idée d'une "réunification" Marquisoise qui, rappelons-le une fois encore, est un contresens totalement incompréhensible. Les Îles Marquises et Marines n'ont jamais été administrées par une même entité. Le reste de l'article procède à une série de déformations et de raccourcis trahissant une écoute innatentive ou une volonté délibérée de procès d'intention. Dès le second paragraphe, l'article fait dire à la citoyenne que "les celtes n'en sont plus depuis au moins les guerres médiévales d'Achosie" ce qui est une falsification pure et simple. La citoyenne Landrini dit textuellement le contraire : "La conquête velsnienne ne fait pas disparaître les spécificités culturelles achosiennes, loin de là, car c'est à partir de cet instant que cette culture achosienne va être revendiquée comme un marqueur d'opposition à Velsna." Loin de décréter la fin de l'identité celtique, elle explique que la conquête velsnienne a paradoxalement servi de catalyseur à sa réaffirmation en tant qu'identité politique et culturelle d'opposition. L'auteur de l'attaque lui fait donc dire l'exact inverse de sa thèse.

Seconde affirmation, Landrini relèguerait les populations locales "à un rôle de bûcheron pour fournir la flotte velsnienne, mercenaire, et force de travail diverse." Dans les faits, l'historienne décrit une période pré-conquête où Achos est loin d'être un simple fournisseur passif. Elle la qualifie de "puissance économique majeure en Manche blanche" et de "région la plus dynamique de cet espace". Elle parle d'une "dynamique de centralisation du pouvoir" et de la "Première République d'Achos".

Le commerce du bois de chêne est présenté comme un échange bilatéral entre deux puissances économiques : "Inversement, les velsniens importaient d'Achos d'énormes quantités de bois de chêne", ce qui est précédé par la mention que les élites achosiennes importaient elles-mêmes des produits de luxe velsniens. Elle décrit une relation entre "deux élites qui se connaissent parfaitement", et non un simple rapport de domination économique avant la guerre. L'attaque isole un élément (le bois) pour caricaturer une relation complexe et en effacer la réciprocité initiale.

Troisième affirmation : Landrini "ne tire aucune conclusion d'un quelconque caractère impérial, impérialiste, conquérant ni bien sûr oppressif des Velsniens en Achosie." Cette affirmation est, là encore, contredite par les faits. La citoyenne utilise le terme "conquête" à de multiples reprises ("parachever la conquête territoriale", "avant et après la conquête", etc.). Le mot lui-même implique un acte impérial et militaire. Elle qualifie les guerres celtiques de "sanglantes" et évoque le "traumatisme civilisationnel" qu'elles ont provoqué. Ce ne sont pas les mots d'une personne qui minimise la violence de l'événement. Elle mentionne explicitement que les Velsniens maintiennent "des garnisons sur place", ce qui est la définition même d'une occupation militaire. Elle décrit très clairement le système des "serfs pour dettes" en Aleucie, envoyés pour mettre en valeur les terres, et dont les "conditions d'existence ont abouti à plusieurs révoltes". C'est une description factuelle d'un système d'exploitation et d'oppression.

Le fait qu'elle décrive la politique velsnienne post-conquête comme un mélange d'embarras et de négligence ("garder le cadavre") est une analyse nuancée de la stratégie coloniale, et non une négation de son caractère conquérant et oppressif.

Concernant l’attaque visant son appartenance à la "Société des honnêtes historiens velsniens", la rendant partiale et complice de l'impérialisme velsnien, il s'agit d'une attaque ad hominem. Je me permets de la souligner car il semble très étrange que la voix des marquisois prétendument portée par ce Blog contactent cette même Société des honnêtes historiens afin de la faire virer : pensent-ils que d’horribles impérialistes les écouteront ?

D'autant plus que cet article d'attaque est un cas d'école de malhonnêteté intellectuelle. Il repose sur des citations tronquées, des inversions de sens et des procès d'intention. Loin de présenter une vision velsno-centrée et apologétique, la citoyenne Landrini offre une analyse nuancée des relations entre Achos et Velsna, reconnaissant à la fois la puissance pré-existante d'Achos, la violence de la conquête velsnienne, et la complexité de ses conséquences, notamment le renforcement paradoxal de l'identité achosienne en opposition au conquérant. Continuons.

L’article affirme que c’est du fait de son statut de mercenaire que la citoyenne n'est spécialiste ni dans l'étude de l'esclavage sur l'île Damann, ni dans celle de l'effacement de l'identité celtique, dont elle participe au contraire complètement. La citoyenne Landrini a été invitée en tant que "spécialiste du monde celtique médiéval" pour commenter une thèse sur une migration médiévale. Lui reprocher de ne pas être spécialiste d'un autre sujet (l'esclavage à Damann) est un procédé rhétorique malhonnête. L'accusation selon laquelle elle "participe à l'effacement de l'identité celtique" est une calomnie flagrante. Elle affirme textuellement et sans ambiguïté : "la conquête velsnienne ne fait pas disparaître les spécificités culturelles achosiennes, loin de là, car c'est à partir de cet instant que cette culture achosienne va être revendiquée comme un marqueur d'opposition à Velsna." C'est le contraire d'un discours d'effacement, à savoir, une analyse de la survivance et de la réaffirmation de cette identité par l'opposition politique.

Affirmation suivante : : "Selon elle, la celticité est caduque depuis la fusion des « espaces » achosiens et velsniens.". C’est en quelques sortes le cœur de la manipulation de l'auteur. Landrini opère une distinction claire entre la réalité politique et l'identité culturelle. Elle dit : "La Première République d'Achos cesse, au terme de cette guerre de constituer une réalité politique". Elle parle de la fin d'un État, d'une entité politique souveraine. Jamais, à aucun moment, elle ne décrète la "caducité" de la celticité en tant que culture ou identité. Comme vu précédemment, elle dit même que cette identité se renforce. L'auteur de l'attaque confond délibérément la fin d'un État avec la mort d'un peuple.

Se pose ensuite la question du lien avec les Îles Marquises, réduit par le blog à « Une analogie floue et peu convaincante ». L'auteur n'a visiblement pas compris la structure de l'interview. La citoyenne Landrini n'établit pas une "analogie" mais répond à une question précise de l'animateur concernant une thèse nationaliste marquisienne : celle d'un peuplement de l'archipel consécutif à la conquête velsnienne de l'Achosie au Moyen-Âge. Pour évaluer cette thèse, il est indispensable et logiquement nécessaire d'analyser la situation en Achosie à cette période précise. Son analyse du monde celtique médiéval n'est donc pas une "analogie", mais la réfutation directe et factuelle d’un certain argumentaire historique.

Enfin, sur le supposé mépris de la réalité sociale et culturelle, l’auteur écrit "Que dit-elle de la réalité sociale et culturelle de l'Achosie ? Rien." Cette affirmation est d'une absurdité confondante. Toute l'intervention de Landrini porte sur la réalité sociale, politique et culturelle de l'Achosie. Elle décrit : Les structures politiques : "principautés... proto-féodales", "Première République d'Achos", "chefferies qui se forment à partir de plusieurs cellules familiales". Elle fait mention des "élites achosiennes", "populations semi-sédentaires", "paysans libres endettés", "serfs pour dettes", puise dans la culture matérielle et archéologique, mentionnant "importation velsniennes", "produits de luxe et de prestige, vaisselle, orfèvrerie", et bien sûr, la tristement fameuse "culture des cabanes en merde". Il y a aussi la question économique : Achos est une "puissance économique majeure", dispose d’un "monopole commercial", s’est établie une solide spécialisation dans la "construction navale". Prétendre qu'elle ne dit "rien" de tout cela relève soit de la cécité, soit d'une volonté délibérée de mentir.

À ce stade, la vacuité et la malhonnêteté des détracteurs de Landrini apparaît déjà pleinement. Incapables de contester les faits archéologiques et historiques qu'elle présente, ils se réfugient dans l'insulte, le procès d'intention et la déformation grossière de ses propos.

Paragraphe suivant. L’auteur continue sur la prétendue "Omission de la culture achosienne", je cite : « [Elle] vaut son invisibilisation. Une érudite ne devrait pas dire ça, ou plutôt elle devrait dire tout ce qui est à savoir sur l'Achosie."

Nous faisons ici face à un double sophisme. Premièrement, l'accusation d'omission est factuellement fausse. Comme démontré précédemment, Landrini décrit les structures politiques (chefferies, république), sociales (élites, populations semi-sédentaires) et surtout la culture matérielle de l'Achosie médiévale ("vaisselle, orfèvrerie", et bien sûr, la période archéologique de la "culture des cabanes en merde"). L'accuser d'invisibiliser une culture qu'elle passe son temps à décrire par les moyens de l'archéologie et de l'histoire est un contresens total.

Deuxièmement, exiger d'une spécialiste qu'elle dise "tout ce qui est à savoir" dans le cadre d'une interview radio de quelques minutes est une exigence absurde, conçue pour être impossible à satisfaire et ainsi la discréditer. C'est le signe d'une mauvaise foi confondante.

Citation suivante : "L'Achosie est belle et bien celte, comme le suggèrent avec subtilité les couilles bien aérées de ses chefs en kilt à tartan."

Cette remarque vulgaire et ignorante révèle l'inculture historique profonde de l'auteur. Le kilt à tartan est une invention de l'époque moderne, largement popularisée aux XVIIIe et XIXe siècles. Le projeter sur l'Achosie médiévale est un anachronisme flagrant. L'auteur de l'attaque remplace la réalité historique médiévale, étudiée par Landrini à travers des sources archéologiques, par un fantasme folklorique et stéréotypé, démontrant qu'il ne connaît du "monde celte" que ses clichés les plus récents. Pour le reste, nous l'avons déjà établi, Landrini ne nie en aucun cas le caractère celtique de l'Achosie moderne.

"L'A.I.A.N. pourrait aussi témoigner d'une certaine vision de la celticité…"

Le travail de l'historienne se base sur des faits vérifiables (archéologie, sources textuelles). L'auteur, lui, invoque la "vision" d'un groupe politique militant. C'est admettre que son argumentaire ne relève pas de la science historique, mais du militantisme. Il oppose une "vision" politique à une analyse factuelle, prouvant ainsi la thèse initiale de l'interview : l'instrumentalisation du passé à des fins politiques présentes.

"L'Achosie, une fusion velsnienne, vraiment ? Cela ne saute pas aux yeux."

C'est une déformation grossière. La citoyenne Landrini n'a jamais dit que "l'Achosie est une fusion velsnienne". Elle a dit : "l'espace celtique et l'espace fortunéen procèdent à leur fusion". Elle décrit un processus d'intégration économique des élites des deux régions, qui culmine par une fusion politique imposée par la conquête. Elle a même précisé que cette fusion politique a provoqué en retour une affirmation de l'identité culturelle achosienne par opposition. L'auteur transforme une analyse nuancée d'un processus historique en un slogan simpliste pour mieux le rejeter.

"Le présent parle mieux du passé qu'une intellectuelle mercenaire."

L'auteur rejette ici la méthode historique et l'expertise au profit d'une lecture du passé entièrement dictée par les besoins politiques du présent. Il ne cherche pas à comprendre le passé, il veut que le passé justifie ses opinions actuelles. Ce faisant, il devient l'exemple parfait de ce que Paolo Bastiano dénonçait en introduction de l'émission : l'utilisation du passé non comme "carburant", mais comme "comburant à des fins d'usage politique". En traitant l'historienne de "mercenaire", il ne fait que projeter sur elle sa propre conception de la connaissance : un outil au service d'une cause, et non une quête de la vérité.

"La fourberie de l'analogie achosienne est une grossière ficelle pour suggérer le propos de Maria Landrini sur les îles Marquises…"

Il n'y a jamais eu d'"analogie". Il y a eu une méthode historique. L'émission visait à examiner la thèse d'une migration celte médiévale vers les Marquises. Pour vérifier cette thèse, il est logiquement impératif d'étudier la situation dans le point de départ supposé (l'Achosie) à la période supposée (le Moyen-Âge). C'est ce que fait la citoyenne Landrini. Ce n'est pas une "ficelle", c'est le B.A.-ba du travail d'historien : vérifier les sources et le contexte d'un événement. L'auteur feint de ne pas comprendre cette démarche élémentaire pour pouvoir crier à la manipulation.

"L'intellectuelle met alors le pied sur un terrain où il vaut mieux avoir un bon cardio : celui de la négation des faits."

C'est une inversion accusatoire spectaculaire. Qui nie les faits ? Le citoyenne Landrini se base sur des faits matériels : l'archéologie, qui ne montre aucune trace de peuplement celte ancien aux Marquises et la technologie, qui montre l'impossibilité de telles traversées à l'époque médiévale. Son détracteur, lui, ignore ces faits matériels pour s'accrocher à un récit politique. Le véritable négationniste est celui qui balaie les preuves archéologiques d'un revers de main au nom d'une idéologie.

"l'honnête historienne conclue que la majorité des peuplements marquisois seraient venus [...] de l'exode des serfs pour dette velsniens."

C’est un mensonge total et, à ce stade nous pouvons sans doute l’affirmer sans trop se tromper, délibéré : la citoyene Landrini a dit l'exact contraire. Voici ses propos textuels sur cette hypothèse :

"c'est encore là une thèse qui ne tient pas debout à mon sens.", "Les travaux les plus récents ont indiqué qu'il y a bien eu des serfs pour dettes qui se sont réfugiés à l'étranger, mais rien qui ne les relie concrètement aux îles marquises, où on ne recense aucune trace de leur présence.", "ce n'est pas tant une hypothèse fausse qu'elle est invérifiable à l'heure actuelle."

Non seulement elle ne "conclut" pas que cette hypothèse est vraie, mais elle la réfute explicitement comme étant infondée et non étayée par la moindre preuve. L'auteur de l'attaque a sciemment inventé cette conclusion pour pouvoir ensuite la tourner en ridicule ("des Velsniens, horrifiés par l'anecdotique châtiment...") et la présenter comme une manœuvre pro-velsnienne. Un monument de malhonnêteté intellectuelle.

"les Marquises sont... sont... sont quoi au juste ?"

L'auteur fait mine de s'interroger alors que la citoyenne Landrini a donné une conclusion claire et argumentée, qu'il choisit délibérément d'ignorer. Voici sa conclusion : "Aujourd'hui, la plupart des études penchent pour un peuplement très récent et relativement marginal, que l'on peut relier à une longue dynamique de crise interne au monde celtique entre les XVIIIème et début du XXème siècle, et qui correspond à des périodes de famines qui ont considérablement dépeuplé l'île celtique durant la Révolution industrielle" Sa conclusion est donc que la présence celte aux Marquises est réelle mais récente, issue de vagues migratoires dues à des famines. C'est une explication historiquement plausible qui invalide le mythe fondateur d'un peuplement médiéval, sans pour autant nier la présence celte actuelle. C'est précisément cette nuance qui est insupportable pour les tenants d'un récit simpliste et politisé.

À partir de cette ultime tentative de discréditer la citoyenne Landrini, l'argumentaire porté par l’article en arrive à son effondrement final. Plus spécifiquement, étant à court d'arguments pseudo-factuels, l'auteur sombre dans un fatras d'anachronismes, de projections douteuses et, comble de l'ironie, invoque une histoire locale qui donne purement et simplement raison à l'historienne qu'il insulte. Reprenons ce florilège de contre-vérités.

L'historienne négligerait la pluralité des nations celtiques et leur diversité quand il suffit de réécouter les deux premières minutes de l'émission. La toute première chose que fait la citoyenne Landrini pour définir le monde celtique est de rappeler qu'il est "très loin d'être homogène, et regroupe en réalité plusieurs familles de langues". Elle cite explicitement la fracture entre le nord (Achos) et le sud "extrêmement fragmenté" (pays menkien), ainsi que la frontière avec Caratrad. L'accuser de nier la diversité celtique alors qu'elle a posé cette diversité comme postulat de base de son intervention relève de la surdité sélective ou du mensonge éhonté.

Ensuite, puisque les Vikings ou les Wans savaient naviguer, l'argument de Landrini sur les limites technologiques de la flotte achosienne/velsnienne au Moyen-Âge central serait absurde.

C'est, là encore, un sophisme absolu. Le fait qu'une culture à un point A du globe possède une certaine technologie navale ne signifie pas qu'une culture à un point B la possède au même moment, ni que ses navires sont adaptés aux mêmes océans. Mais surtout, l'auteur confond l'exploration avec la colonisation de peuplement.

Que disent les faits historiques et archéologiques sur les Marquises ? Exactement ce que dit Landrini. Oui, il y a eu quelques tentatives d'installation de comptoirs aux XIIIe et XIVe siècles. Mais elles n'ont jamais abouti à un peuplement pérenne, "faute de débouché économique et d'utilité stratégique évidente". L'historienne ne dit pas que les bateaux coulaient tous : elle dit, à raison, qu'avant la découverte de l'Aleucie, plaçant les Marquises sur une route commerciale viabl, il n'y avait ni les moyens logistiques, ni la nécessité de soutenir une véritable colonisation. Invoquer les Wans pour justifier l'existence d'un prétendu État celte exilé aux Marquises au XIIIe siècle est risible et fait état d’une méconnaissance pour le reste assez total des pratiques culturelles des peuples du Carmin.

L’auteur puise ensuite dans l’hitoriographie kah-tanaise pour tenter de crédibiliser sa position : "Les encyclopédies marquisoises aussi : la majorité des habitants de l'archipel descend d'immigrés celtes de l'île incontestablement celte de Damann, ou bien de l'ouest de l'Eurysie".

C’est, en somme, exactement ce que la citoyenne Landrini a expliqué. Reprenons l’interview : "A priori, les premiers occupants de l'île semblent être des groupes de baleiniers et pêcheurs de morue des côtes ouest-eurysiennes faisant escale vers l'Aleucie : un peuplement qui est longtemps resté temporaire."

Que disent les archives historiques des Marquises ? Que la culture originelle fut "celle des marins, pêcheurs, marchands et réfugiés divers", utilisant l'archipel comme "base d'opération ou lieu d'hivernage", avec pour activité principale "la pêche à la morue".

L'historienne n'a jamais nié l'origine celte ou ouest-eurysienne de ces premiers habitants de passage ! Elle réfute le mythe politique d'une migration massive et organisée d'exilés politiques fuyant la conquête velsnienne d'Achosie pour fonder une société structurée dès le Moyen-Âge central. Le peuplement des Marquises s'est fait organiquement, par des pêcheurs, des marginaux et des pirates, qui n'ont formé une véritable société qu'à l'ère de l'exploration vers l'Aleucie, et dont la population n'a explosé qu'avec les exodes des famines industrielles. L'auteur attaque l'historienne en utilisant les arguments qui lui donnent raison.

S’ensuit une ignominie assez répugnante, je cite : le mot "race" "glisse sur la langue de Landrini sans jamais s'échapper de sa bouche, qui hante son inconscient", ajoutant une allusion abjecte à la "race papoue". C'est à mon sens le point de non-retour projetant définitivement la publication au rang des torchons de la pire espèce que nous avons pu voir fleurir – et disparaître – avec certains mouvements politiques marginaux. N'ayant rien trouvé dans les propos de la citoyenne Landrini pour l'accuser de racisme, l'auteur décide de psychanalyser son "inconscient" pour lui prêter des mots qu'elle n'a jamais prononcés. Maria Landrini a parlé d'architecture, de cadastre, de céramique, de commerce de bois de chêne et de traités politiques. C'est l'auteur, et lui seul, qui introduit le concept de "race" dans ce débat. Cette projection en dit infiniment plus long sur les obsessions identitaires rances du détracteur que sur la prétendue pensée cachée de l'universitaire.

Dans la suite de la tribune, l'auteur réalise un tour de passe-passe rhétorique qui confine au burlesque. Ayant totalement échoué à prouver l'existence d'une migration politique celte au Moyen Âge (la thèse initiale que la citoyenne Landrini déconstruisait), il opère une retraite stratégique d'une rare mauvaise foi. N'ayant plus d'arguments historiques, il décide tout simplement d'abolir l'Histoire au profit du déterminisme météorologique.

Ainsi, la citoyenne Landrini ferait une "fixation sur l'origine généalogique", prouvant sa nature d'historienne du 19ème siècle éprise de biologie. C'est, là encore, un mensonge absolu. À aucun moment, dans toute l'interview, la citoyenne Landrini n'a prononcé les mots "généalogie", "biologie", "génétique" ou "sang". Elle a parlé d'institutions politiques, de réseaux de commerce, de céramiques, de cabanes, d'urbanisme, de traités de paix et de techniques de navigation. Elle étudie la culture comme un fait social et matériel. C'est l'auteur de l'attaque qui, obsédé par ses propres biais, projette sur l'historienne un discours racialiste qu'elle n'a jamais tenu. Pire : Landrini conclut précisément que le peuplement des Marquises est récent et issu de migrations (famines industrielles, pêcheurs). Elle valide donc la pluralité des origines ! L'auteur s'épuise à réfuter une thèse que l'historienne n'a jamais défendue.

S’ensuit un grand moment de n’importe-quoi rhétorique, l’auteur se prenant soudain à définir la celticité comme le produit naturel d'un climat rude, de la pêche à la morue, du varech, des falaises. Que sais-je. En somme l’auteur révèle son inculture crasse en sombrant dans le déterminisme géographique le plus primitif, une pseudo-science qui, pour le coup, date véritablement du 19ème siècle.

Si l'on suit sa logique absurde : le froid, la pluie, l'océan, les tempêtes et la pêche en haute mer engendrent naturellement la culture celte. À ce compte-là, les Inuits, les Aïnous, les Aléoutes et les pêcheurs d’Escapula sont tous d'authentiques Celtes qui s'ignorent ! La culture n'est pas une moisissure qui pousse spontanément parce qu'il pleut sur du granit. C'est une construction historique complexe, transmise par la langue, le droit, les mythes fondateurs et l'organisation sociale. En réduisant l'identité celte à une réaction pavlovienne au climat maritime, l'auteur nie les celtes en tant que civilisation historique.

Dès-lors, pour l’auteur, la "cohérence" celte se résume au "goût de la bière, de la danse, des fest noz" pour compenser l'isolement en mer. Passons brièvement sur la nature agrarienne des fest noz, lesquelles sont une reconstruction revivaliste ne s'étant jamais importée au sein de Marquises dont la culture a évoluée sans subir d'effacement impérial appelant à l’émergence d'un mouvement revivaliste. Passons aussi sur le fait que les danses pratiquées durant ces fêtes d'Eurysie continentale sont des danses essentiellement paysannes dont le rôle pratique était, notamment, d’aplatir le sol en vue de le préparer aux travaux agricoles. Il existe des danses de groupe marquisoises, qui ont effectivement été importées par les colons ou développées après leur installation, mais pas sous la forme de de fest noz ou de fest deiz.

Comme je le disais, passons. Ce n’est qu’un point de détail dans un inventaire misérable, révélant toute la vision étriquée de l’auteur. S’il accuse la citoyenne Landrini d'invisibiliser la culture celte, c'est bien lui qui la réduit à une caricature pour touristes. Alors adieu la poésie des bardes, adieu la complexité du droit menkien, adieu l'orfèvrerie achosienne, adieu les structures proto-féodales, adieu la littérature épique de l'île Damann. Tout cela est balayé au profit d'une image d'Épinal tout juste bonne pour l’étiquette de mauvaise bouteille de stout : le Celte est un marin qui boit de la bière et tape du pied en rentrant du port. En prétendant défendre les Marquises, l'auteur insulte l'Eurysie celtique tout entière en la ravalant à un stéréotype folklorique.

Mais relisons bien cette attaque. Que remarque-t-on ? L'auteur a totalement abandonné le débat initial. Plus un mot sur les guerres velsniennes d'Achosie. Plus un mot sur l'exode médiéval. Plus un mot sur les serfs pour dettes fuyant la métropole au 16ème siècle. Pourquoi ? Parce qu'il sait que l'archéologie et l'Histoire donnent raison à la citoyenne Landrini : les Marquises n'ont pas été fondées par un royaume celte en exil au Moyen-Âge. Les Marquises sont le fruit organique et plus tardif d'un brassage de marins, de pêcheurs, de pirates et de réfugiés divers, forgeant une identité créole, âpre et résiliente, que le consensus Historiographique qualifie de "franco-celtique". En redéfinissant le mot "celte" pour qu'il signifie "marin qui boit de la bière sous la pluie", l'auteur avoue sa défaite sur le terrain du matérialisme. La citoyenne Landrini avait une mission dans l'émission Storiavoca : démonter le mythe politique d'une origine médiévale et achosienne des Marquises. Elle l'a fait avec brio. Son détracteur, à court d'arguments, n'a plus qu'à hurler à la tempête et s'enivrer de folklore. Les faits sont effectivement têtus, et ils n'appartiennent pas aux affabulateurs.

La fin de l’article, qui a à ce stade largement abandonné le champ du débat historique, abandonne à son tour celui de la mauvaise foi rhétorique. Elle relève de l'intimidation et de l'aveu. En l'espace de quelques lignes, l'auteur parvient à valider l'intégralité de l'analyse de la citoyenne Landrini tout en proférant des menaces de mort à peine voilées.

Selon l’auteur, le triskèle sur le drapeau marquisois prouve la réalité ancienne et indiscutable de la celticité de l'archipel. Si le drapeau le dit, c'est que l'Histoire est vraie. C'est ici l'argument le plus indigent de toute cette série. Coudre un symbole antique sur un drapeau contemporain ne modifie pas le passé. Si je dessine un aigle Rhémien sur le devant de mon jardin, cela ne prouve pas que les légions de Théodosine y ont campé. Les Îles Marquises sont actuellement celtes mais cela encore, nous l’avons vu, personne ne le remet en cause.

Du reste il convient de rappeler que le choix du triskèle est un acte politique et symbolique moderne. Il prouve exactement ce que disait Maria Landrini : qu'aujourd'hui, une partie de la population s'identifie fortement à cet héritage issu des migrations récentes et des pêcheurs de l'ère moderne, et l'utilise comme étendard politique.

Toujours selon cet auteur, la thèse défendue par la citoyenne Landrini "jette le trouble" dans un archipel "occupé par les forces kah-tanaises", qui vient d'être "réuni", et que les "impérialistes" craignent cette "réunification celtique". Ici l'auteur vient de donner totalement raison à l'introduction de Paolo Bastiano au tout début de l'émission : "L'Histoire agit ainsi non comme le carburant de la guerre, mais comme un comburant à des fins d'usage politique."

Le récit d'une nation celte unie depuis la nuit des temps aux Marquises et Marines est une fable fabriquée sur mesure pour accompagner des revendications politiques manifestement contemporaines, quoi que je ne sais pas précisément indiquer qui les aurait porté au sein du Grand Kah. L'auteur ne défend pas le passé des Marquises, mais la possibilité d’une annexion de Fort-Marin. Rappelons-le une fois encore puisque cela est nécessaire : les Îles Marines et Marquises, bien que faisant partie d’un même ensemble géographique, n’ont jamais fait partie d’un même ensemble politique. Elles n’ont pas été séparées. L’occupation kah-tanaise des Îles Marines n’a jamais été pensée, acceptée et mise en œuvre comme une unification de l’archipel au sein de l’Union. Si la Garde Communale de la République des Marquises a été déployée, c’est avant tout pour éviter un débordement de la guerre opposant Carnavale aux nations de l’OND, ainsi que pour récupérer et isoler les armes chimiques de la principauté. Mission accomplie, à ce jour. L’idée d’une invasion kah-tanaise à des fins d’annexions est, au mieux, un fantasme.

Cela n’empêchera pas l’auteur de conclure sur une menace de mort. Le masque tombe, et glisse dans la fange.

Menacer de violences physiques une universitaire parce que ses recherches contredisent un tract de propagande nationaliste est l'acte de reddition intellectuelle le plus absolu. C'est la signature des fascismes et des totalitarismes : quand on ne peut pas brûler les arguments, on menace de brûler les livres et ceux qui les écrivent. La clause de non-responsabilité hypocrite ("nos camarades sont innocents") est une rhétorique mafieuse classique, destinée à encourager la violence tout en se couvrant juridiquement. En somme, du terrorisme scolastique.

La citoyenne Landrini est intervenue sur Storiavoca pour faire de la science historique. Elle a expliqué, sources à l'appui, la complexité des rapports achosio-velsniens et a démontré que l'archéologie contredisait l'idée d'une migration celte médiévale vers les Marquises, le peuplement y étant plus récent et composite. Ses détracteurs ont répondu par la falsification de ses citations, l'invention de propos qu'elle n'a jamais tenus, des insultes sur ses compétences, des théories racialistes et météorologiques délirantes, pour finir par justifier une occupation militaire et proférer des menaces de mort.

À ce stade, donc, une conclusion s’impose déjà à moi : c’est que nous ne faisons pas à un débat académique. Ce que nous savions déjà puisqu’il est évident que la pétition prête à la citoyenne Landrini est propos qu’elle n’a jamais tenue. Cet article initial, cependant, est un rappel essentiel de la façon dont le nationalisme le plus toxique viole l'Histoire pour justifier ses crimes. Les "camarades" de l'auteur n'ont pas l'Histoire de leur côté, ils n'ont que l'intimidation. Et l'Histoire survivra à leurs menaces. Cela interroge évidemment sur la crédibilité que nous pourrions prêter à KAH TANA en tant qu’organe de presse après un tel exercice en médiocrité.

Nous pourrions nous arrêter là, à vrai dire je vais sans doute le faire pour l'instant, bien qu'il reste encore quelques éléments à traiter.

Ils le seront dans un prochain billet !

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Posté dans Blogs Personnel > Ino Albacete • par Ino • il y a 2 heures

Concernant la "polémique" des Marquises (Annexe)

Tags : #marquises #mise au point #culture #histoire #université #yet again

LA QUESTION DE LA LANGUE

https://i.imgur.com/CWc0DZ6.png

Il est maintenant temps d’en revenir à la question de la langue, que j’avais évoqué en passant. J’ai préféré séparer ce billet du premier, déjà pour une question de taille, ensuite, car son approche sera tout à fait distincte. Dans mon premier billet, j’ai essentiellement travaillé à analyser le texte de l’article à l’origine de la pétition, et l’environnement médiatique dans lequel il évolue. Le travail était bêtement comparatif, puisqu’il suffisait généralement de comparer les accusations proférées dans l’article de KAH TANA avec le texte d’origine de la citoyenne Landrini pour mettre à jour la supercherie intellectuelle.

Ici, cependant, je vais devoir me retrousser les manches et sortir quelques ouvrages de références. Outre le consensus historique, il y a un état de l’art en sciences sociales qui permet d’analyser la question de la langue et de son rôle institutionnel et politique de façon précise. Il est ici important d’adopter une approche de ce type. En effet, le rapport au langage du mouvement "pan-celtique" révèle en creux les éléments politiques que leur pratique rhétorique et historique permettait déjà d’envisager.

En tant qu'anthropologue – et a fortiori, d'anthropologue de l'image et des représentations – je sais à quel point un mouvement d’idée traduit sa nature par les symboles qu'il choisit de fétichiser. Quand un groupe cherche à faire émerger une vérité historique ou symbolique afin de justifier ses pratiques ou objectifs, il compense généralement l’absence de consensus ou de faits en générant une mythologie. Le premier outil de cette mythologie passe bien souvent par la création d’un vocabulaire dédié, et la purge d’un vocabulaire jugé indésirable.

Quand on se plonge dans la prose de ceux se rêvant déjà en avant-garde anticoloniale, on peut déjà mettre à jour un ensemble de vocabulaires et une manière précise de l’utiliser. Dans leurs manifestes (notamment directement publiés après l’occupation de Fort Marin), le champ lexical utilisé n'est pas celui traditionnellement employé par les révolutionnaires kah-tanais, à savoir celui l'émancipation des travailleurs. Au contraire, les termes employés renvoient plutôt à la purification ethnique. Les auteurs célèbrent lainsi a prise de contrôle de la partie carnavalaise de l'archipel en s'extasiant qu'elle soit enfin « dépouillée de son nom c'halleg » (un terme utilisé ici de façon hautement péjorative pour désigner la langue française). Ils affirment que traduire un nom de ville dans la « langue de l'occupant est une insulte à la mémoire des morts et des vivants », et vont jusqu'à qualifier la présence d'une autre culture sur cette part de l’île de « linguicide ».

Il faut s'arrêter un instant sur ce vocabulaire.

L'Histoire et la sociologie politique, depuis Luka Nesselrode, nous ont pourtant fourni tous les outils pour diagnostiquer ce genre de dérive. Nesselrode nous rappelle constamment qu'il existe deux conceptions fondamentales de la Nation. D'un côté, la conception "révolutionnaire" ou "civique" (la nôtre, le modèle kah-tanais). De l'autre, la conception "romantique" ou "ethnique", héritée des bourgeoisies nationalistes du XIXe siècle eurysien, qui fait du sang, de la terre et de la langue les conditions préalables et indépassables de l'appartenance à un peuple.

Le Grand Kah, depuis ses fondations, s'est construit en parallèle et, du reste, en opposition frontale à ce modèle ethno-nationaliste. Notre Confédération est une communauté civique et universelle. On est kah-tanais en adhérant à un projet politique et sociétal dont le résultat est le communalisme libertaire et à la démocratie directe. L'invention même du Syncrelangue – cet outil forgé de toutes pièces pour transcender les frontières du Vieux Monde – visait à incarner cet universalisme en proposant une langue commune permettant non pas de détruire les cultures, mais de permettre une cohabitation de celles-là sans que la langue d’un citoyen ne soit placée au-dessus de celle d’un autre. L’idée d’une citoyenneté kah-tanaise associée à la généalogie, la couleur de peau ou le lexique est hors-de-propos. Naturellement on pourrait soulever la question des identités locales et communautaires, très fortes. Celles-là se traduisent par un ensemble de marqueurs comportementaux, culturels et symboliques communs au sein desquels la langue tient effectivement un rôle important, et naturellement la question de la réparation des communautés historiquement lésée par la première Confédération et les trois Empires ne pouvait se faire sans définir les frontières culturelles, et souvent linguistiques, de ces groupes.

Cette question, cependant, ne s’est jamais posé au sein des Îles Marquises. Notre Fédération jouit en effet d’une position assez rare, historiquement. Celle d’un territoire ayant pu donne lieu à une « colonisation sans victime », pour reprendre les termes malheureux de l’Historiographie moderne. En effet, les vagues de peuplement s’installant durablement sur les Îles n’ont pas remplacés une population autochtone, quelle qu’elle fut. La cohabitation de différentes langues celtes (et du français, notamment) n’ont pas amené à la création d’une culture ethno-linguistique unifiée, les marqueurs culturels marquisois sont tout simplement autres. Cependant la question des Îles Marines carnavalaise peut se poser, mais elle doit l’être en utilisant les bons termes et un spectre d’analyse sérieux. Dans l’hypothèse où il se serait trouvé une première vague de population exclusivement celtique peuplant les Îles Marines, à quel point peut-elle être considérée comme colonisée par une vague de peuplement contingente ou légèrement plus tardive d’une autre langue? L’acculturation des peuples conquis tend à pousser à l’emploie de ce terme. Cette situation théorique n’appelle cependant pas à l’utilisation du même spectre d’analyse que, par exemple, l’occupation Velsnienne de l’Achosie du Nord.

Quoi qu’il en soit, les "militants panceltiques marquisois" substituent la lutte des classes par la guerre des lingiustique. En réclamant l'effacement du c'halleg et en qualifiant de linguicide l’utilisation du français par leurs voisins, ils démontrent qu'ils ne cherchent pas à libérer des individus, mais à imposer une forme de réparation identitaire conçue et pensée comme excluante. Pour eux, un travailleur exploité sous le joug de Carnavale, s'il s'exprime en français, semble ainsi ne pas être pas un camarade à libérer mais un occupant, représentant une erreur historique devant être effacée. Du reste, devons-nous rappeler que plusieurs langues celtes, parfois mutuellement inintelligibles, coexistent sur les Îles ? Sans parler des communautés du sud employant l'anglais austarien, et des groupes francophones déjà largement mentionnés. Sont-ils, eux aussi, des colons ? Cette interprétation absurde est rendue possible par une instrumentalisation politique de la langue.

L’obsession pour la pureté lexicale ne saurait incarner une forme de résistance. La pratique nous apprend qu’elle confine générale à l'antichambre du fascisme. Le sociolinguiste Maurice Doisneau (s'appuyant d'ailleurs sur les travaux de Nesselrode) mettait déjà en garde contre ces phénomènes de repli : il existe une analogie frappante entre la façon dont les racistes s’obsèdent pour la pureté du sang et rejettent le métissage, et la façon dont les nationalismes linguistiques insistent sur la nécessité de purifier leur langue de tout élément étranger. Les expériences jacobines eurysiennes fournissent un important corpus de missives, notes, loi, traitant le locuteur de patois ou d’idiome étranger comme sont traités, à la même époque, les juifs et les minorités ethniques, "l’étranger" au sens large d’indésirable intrinsèquement dangereux pour le projet de consolidation nationale.

Si l'obsession de la pureté linguistique trahit la nature réactionnaire du mouvement, la falsification de l'histoire des Marquises en révèle, elle, le caractère profondément malhonnête. Car pour justifier leur projet ethno-nationaliste, ces militants sont contraints de s'inventer un passé sur mesure. Un passé glorieux, immaculé, celui d'un peuple celte ancien, uni et opprimé, qui n'a malheureusement pour eux jamais existé sur notre archipel, comme je l’exprimais plus tôt. Ils dépeignent les Marquises comme un sanctuaire ancestral, une sorte d’Achos océanique où une identité celte homogène aurait été préservée depuis la nuit des temps. Pour eux, l'histoire de l'archipel commence et finit avec l'épopée d'une seule et même "race". Cette vision n'est pas tant rédutrice que fausse.

Notre archipel a été le réceptacle des rejetés, des fuyards et des insoumis de tous les empires de l'Océan d'Espérance. Avant de devenir une Fédération et de rejoindre notre Union, les Marquises étaient l'angle mort des grandes puissances, un no man's land juridique et social où échouaient ceux qui n'avaient plus de port d'attache. Les premiers à s'y installer durablement n'étaient pas des familles de notables fuyant une oppression politique ou coloniale mais des pêcheurs de morue et des baleiniers qui y établirent des camps saisonniers. Les autres suivirent progressivement : mutins des flottes marchandes, les déserteurs des armées coloniales, les évadés des bagnes carnavalais, les réfugiés des famines et des guerres, qu'ils soient d'Achosie, de Damannie ou des comptoirs du Golfe des Empires. Notre culture s'est forgée dans ce creuset. Elle est essentiellement métissée, dès son origine.

Vouloir aujourd'hui effacer l'héritage des populations extrêmement diversifiées qui se sont implantées sur les îles pour imposer le mythe d'une "nation celte pure" est un acte d'épuration mémorielle. Doit-on comprendre que certains marquisois sont plus marquisois que d’autres ?

C'est là que l'analyse de la citoyenne Landrini, aussi désagréable soit-elle pour nos nationalistes de salon, touche juste. Elle ne nie pas la présence celte, elle la remet à sa juste place historique : celle d'une vague migratoire tardive, issue des famines des XVIIIe et XIXe siècles, qui est venue s'ajouter à un substrat déjà profondément cosmopolite. Le consensus académique, qu'il soit velsnien ou kah-tanais, le confirme : le peuplement de l'archipel n'a pas été le fait d'un exode de martyrs celtes fuyant l'oppression velsnienne au Moyen-Âge. C'étaient majoritairement des pêcheurs cherchant de nouveaux débouchés économiques.

Transformer cette histoire complexe et prolétaire en une épopée nationaliste de "résistance millénaire" est une imposture. Les militants "panceltiques" ne défendent pas la mémoire des Marquises, ils la travestissent pour servir leur agenda politique contemporain. Mais l'imposture de ce mouvement ne s'arrête pas à la réécriture de l'histoire de notre archipel. Elle s'attaque, avec une arrogance qui confine à l'ignorance, à l'histoire du monde celtique lui-même. Car pour construire leur fable nationaliste, ces militants ont besoin d'un protagoniste simple, unifié et cohérent : le "Peuple Celte". Un peuple qui, dans les faits, n'a jamais existé.

La réalité, celle que des historiens comme Boscaiolo ou Landrini s'efforcent de documenter, est celle d'une mosaïque fracturée. Le "monde celtique" n'a jamais été un empire uni. C'était une nébuleuse de cultures, de langues et de systèmes politiques rivaux.

Ainsi nos apprentis ethnographes semblent ignorer que les langues celtiques elles-mêmes sont divisées en familles distinctes, pas toujours mutuellement intelligibles. Le sociolinguiste Maurice Doisneau nous le rappelle : on ne peut pas parler d'UNE langue celte, mais de langues celtes. Un pêcheur parlant un dialecte de Damannie au XVIIIe siècle et un berger des hautes terres d'Achosie n'auraient pas pu tenir une conversation sans interprète. Leur "unité" est une fiction moderne. De la même manière, l’idée d'une nation celte unie est un anachronisme total. La citoyenne Landrini a très justement décrit un espace divisé entre les "principautés proto-féodales" de la Première République d'Achos et les "chefferies" semi-sédentaires du pays Menkien. Ces entités n'étaient pas des provinces d'un même État attendant de se libérer ; c'étaient des puissances concurrentes avec leurs propres alliances, leurs propres guerres, leurs propres trahisons.

La prétendue "fraternité celte" n'a du reste pas empêché des conflits sanglants. Faut-il rappeler que les Guerres Celtiques n'étaient pas une simple invasion velsnienne, mais aussi une guerre civile où des factions celtes se sont alliées à Velsna contre d'autres Celtes ? Maintenant, que signifie tout cela pour les Marquises ? Que les migrants celtes qui y ont échoué, fuyant les famines ou cherchant une vie meilleure, n'étaient pas une "expédition nationale" unie. C'étaient des groupes disparates de Damans, d'Achosiens, de Menkiens peut-être, emportant avec eux leurs propres dialectes, leurs propres saints, et probablement leurs propres querelles de clocher. Ils ne sont devenus "Marquisois" qu'en se fondant dans le creuset de l'île, avec les Francs, les pirates et tous les autres.

En créant le mythe d'une "Nation Celte" unique et éternelle, nos nationalistes reproduisent les logiques jacobines et romantiques de l’eurysie nationaliste. Ils écrasent la diversité réelle sous le poids d'une identité hégémonique et factice. Pire ils veulent faire croire qu'un seul groupe, le leur, peut parler au nom de tous

Maintenant, il nous faut analyser l’arme la plus insidieuse du nationalisme moderne : le langage. Car ces militants ont sans doute parfaitement assimilé ce que le sociologue Éloi Baume nous a enseignés : ce que parler veut dire, au-delà de la communication s’exerce un pouvoir symbolique. Leur croisade est à ce titre avant tout sémantique. Ils cherchent à conquérir les mots pour mieux conquérir les esprits.

Observez leur vocabulaire. Il n'est jamais neutre. Dans leurs textes, ces militants refusent de nommer l'adversaire par un terme objectif. Le français, langue parlée par une partie de la population de l'archipel, n'est jamais appelé "le français". Il est systématiquement désigné par le terme péjoratif de "c'halleg". De la même manière, le Carnavalais n'est pas un voisin ou un citoyen, c'est "l'occupant". Le nom même de sa ville est une "insulte à la mémoire des morts". Ce choix stylistique traduit la méthode élémentaire d’une stratégie de déshumanisation. En refusant à l'autre le droit d'être nommé par un terme neutre, on le dégrade, on le réduit à une catégorie hostile. On ne dialogue pas avec un "francophone", on combat un "c'halleg". On ne cohabite pas avec son voisin, on expulse un "occupant".

Cette tactique, que l'on retrouve dans tous les conflits ethno-nationalistes à travers le monde, vise à créer une frontière symbolique infranchissable. Elle rend tout compromis, toute négociation, impossibles. Elle prépare les esprits à l'idée que la seule solution est l'éradication de l'élément "étranger". C'est un acte de guerre sémantique qui précède la violence physique. Le fait qu'un média se prétendant "révolutionnaire" relaie et légitime un tel vocabulaire de l'exclusion est une trahison fondamentale des principes révolutionnaires. Plus inquiétant, c’est l’ouverture à une dérive politique potentiellement dangereuse, assez proche du terrorisme scolastiques déjà employé pour menacer la citoyenne Landrini.

Il est donc temps de tirer les conclusions qui s'imposent. La mobilisation bruyante autour de ce soi-disant "panceltisme" marquisois, couronnée par cette cabale universitaire contre la citoyenne Landrini, n'a strictement rien d'une lutte de libération anticoloniale. C'est une imposture intégrale.

Sous le vernis d'une rhétorique d'extrême-gauche mal digérée se cache en une réaction bourgeoise, qui s'appuie sur une escroquerie médiatique à travers le très fantomatique KAH TANA, un révisionnisme archéologique grossier, et un racisme territorial qui n'ose pas dire son nom. Le fétichisme de la "Terre", le mythe du "Sang" originel et l'obsession de l'épuration linguistique sont les fondations historiques de tous les fascismes.

Rappelons les faits, puisque la mémoire de certains semble se dissoudre dans l'air salin. Si la Garde Communale est entrée à Saint-Marin et a neutralisé l'arsenal chimique des Princes de Carnavale, ce n'est pas pour offrir un terrain de jeu inédit à des groupuscules ethno-nationalistes s'imaginant rejouer l'épopée de clans celtes disparus. L'Union est intervenue pour démanteler une menace existentielle pesant sur l'humanité entière. Le Grand Kah est, et restera, une forteresse civique, cosmopolite et résolument matérialiste. Notre identité se forge dans la lutte des classes, la solidarité internationale et la démocratie communale, pas dans des mythes insulaires aux relents nationalistes discutables.

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"Capitano", comme un capitaine. J'aime bien ça. Ils connaissent le respect ici :
Les tribulations d'un velsnien à Velsna


Stefano Pastore
Stefano Pastore, du clan Castellamarese

Stefano Pastore se rend au guichet de son charmant hôtel de Velsna pour y confier sa clé :

" Tout s'est bien passé, capitano ? "
" Si, si, molto bene. " répond-t-il avec un geste de la main poli.

Stefano Pastore travaille avec Sandra Castellamarese. Un velsnien pur-sang, de père en fils sur quatre générations. Un élément important du CRAV icamien, un pilier de sa communauté et l'âme de sa paroisse. Un pratiquant assidu de muletto. Celui vers qui on se tournait quand on cherchait la meilleure charcuterie velsnienne et les meilleures adresses de café. Pour le clan, c'était aussi un admirable gestionnaire qui avait su devenir un acteur important et respecté dans le monde assez élitiste de l'achat-revente de matériel électronique et informatique pour tous les acteurs qui souhaitaient contourner les limites du carcan légal. A Rio Formosa, on en était venu à le surnommer ironiquement "Don" Pastore, comme si sa moustache et ses lunettes "importées du pays" faisaient de lui le véritable patriarche d'une petite Velsna fantasmée.

Son principal problème était qu'il n'avait jamais quitté la Costa de Cobre icamienne de sa vie.

Et cela venait de changer, car il était enfin, fier comme un paon, à Velsna, flanqué de son fils Stefaninho, sur l'épaule duquel il mit une main paternelle :

" "Capitano" ... Tu entends fils ? Comme un capitaine. Ils ont la notion de respect ici. Ce n'est pas quelque chose qu'ils ont en Icamie, avec toutes les bonnes femmes qui jacassent au lieu de s'occuper de la famille. " "Don" Pastore soupire, en dégainant une cigarette qu'il porte à ses lèvres et embrase avec une allumette. " Les Icamiens ont perdu le sens des valeurs quand ils ont laissé les bonnes femmes les mener à la baguette après le départ d'Ishii. Réfléchis-y bien Stefaninho ... "

" J'y réfléchis, pai ... "

" Et pour ta rencontre avec les Alvarino, tu es prêt ? "

" Oui, pai "

" Tu fais attention, hein, tu ne les laisses pas te choper par les couilles. Les ordinateurs, ils ne partent pas à moins de 2 briques. " sermonne-t-il son fils, en venant lui pincer la joue, " Ca part à 2,5 ou 3,5 briques minimum dès que tu arrives à Rasken, et il nous faut notre marge ! "

" J'oublie pas, pai "

" Bem, bem ... Perfeito ! Vas-y alors ! " ordonne-t-il avec fierté, en lui tapant dans le dos, " On se retrouve tout à l'heure. Je vais faire un tour dans le quartier. Je te fais confiance, fils. "

Stefaninho était jeune, mais il percutait vite et de connaître son sujet, en matière d'ordinateurs, et il avait l'avantage d'avoir appris la langue à l'école, lui. Il serait plus facile de discuter avec les Velsniens pour lui. Et puis, Stefano ne se faisait pas d'illusion : il risquait de faire flancher la discussion, ses interlocuteurs pourraient se sentir intimidés par sa stature. Ils avaient le sens du respect les Velsniens, plus encore que sa communauté, à Rio Formosa. Et à Rio Formosa, on ne dérangeait pas le "Don" pour discuter menue monnaie.


Stefano est assis sur un banc, à regarder les gondoles passer. La vie est belle et les choses simples. Oui, les choses sont simples, et tiennent finalement à bien peu quand on peut s'arrêter et humer l'air vif de la Cité-Mère. Le vieil icamo-velsnien restait songeur face au poids de l'Histoire sur lequel chacun de ses pas venait toquer. Velsna, la grande cité, la civilisatrice. Velsna, conquérante des celtes. Velsna et ses dix mille. Velsna, Velsna, Velsna.

Finalement, il se relève et rallume une cigarette en craquant une allumette à sa ceinture. Quelle belle ville ... Quelle belle vie ... Il dévore chaque façade de briques et chaque toit de tuiles. Et puis chaque arrière-train, aussi, car même ici, elles avaient plus de respect qu'en Icamie. Ici, elles savaient se vêtir, les femmes, comme elles savaient se comporter.

Le respect, toujours le respect. Très important, le respect.

" Capitano ! " salue-t-il, accompagné d'un hochement de tête, un autre promeneur de son âge, rentrant avec une canne à pêche pliée sous le bras.

Celui-ci lui rend un regard quelque peu surpris. Il s'adresse à lui. Semble poser quelques questions.

Stefano ne comprend rien.

" Je viens d'Icamie ! " répond-t-il avec une main évasive.

Le pêcheur reste à sa hauteur, il lui répond. Il a l'air d'en avoir des choses à dire, sur l'Icamie. Il a l'air enjoué. Quelque chose à voir avec le "Senato", les "Madonna", ou un truc dans le genre. Sa main libre fuse, dessine des formes, il fait des bruits de bouche. Il rigole. Puis quand il voit que Stefano reste de marbre, il finit par s'éloigner de lui-même.

1500 ans d'histoire, Velsna. Oui. Et puis quel respect ...

" Puta que pariu ... " finit par souffler Stefano, pris d'une vague à l'âme subite...
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En sortant du bureau du secrétaire qu'il avait giflé, le sénateur tomba sur une équipe d'agents de sécurité avertis de son acte par le système de caméra de surveillance du bâtiment et l'appel à l'aide du secrétaire depuis le bouton de détresse caché sous son bureau. Le chef des agents sortit de son étui une arme non létale et déclara en la brandissant vers le Velsnien:
Monsieur, je vous arrête pour coup et blessure sur la personne d'un représentant de l'autorité diplomatique nationale. Veuillez obtempérer, sans quoi nous serons dans l'obligation de faire usage de la force sur vous.
917
Le jour ou le passé s'inversa.
https://static.wikia.nocookie.net/mazerunner/images/7/78/BERGMZ3.PNG/revision/latest?cb=20180420204040

La Loduarie était un pays qui était connu pour ne pas oublier. Comme elle était connue pour survivre, encore et toujours, à l'extérieur, mais à ployer face à elle même. Le Phénix suicidaire. Ce qui nous amène à notre situation actuelle.

De part les mers de cette planète, un engin volant se déplaçait. Considéré comme furtif au plus haut point, étant le dernier de sa game, il transportait la lignée de l'un des hommes qui avait le plus marqué cette planète. Leur destination : la péninsule de l'Albe. Une terre si connue des Loduariens. L'objectif, lui, il était simple. Rencontrer la lignée d'un autre homme qui avait marqué la planète.

La Princesse Rouge se rendait en terre inconnue, furtivement, pour discuter avec Gina DiGrassi, fille de Matteo DiGrassi. Les filles de 2 pères qui s'étaient tant estimés allaient se rencontrer, car la Princesse Rouge y tenait bien.

HRP a écrit :Bon alors je te laisse décider comment ça se passe, si t'es good je mets un post en diplo internationale.
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