Votre Excellence,C’est avec beaucoup d’intérêt et d’estime que je reçois ce jour votre courrier. Je ne peux qu’être enthousiaste à l’idée qu’un partenaire aussi fiable que vous nous voie en grande estime dans la poursuite de nos intérêts communs. Azur n’est pas seulement un partenaire pour nous, c’est le moyen pour l’Afarée de retrouver une réelle crédibilité internationale ; vous n’êtes pas sans savoir l’importance que cela a sur vos alliés. Nous pensons avec vous que la poursuite des coopérations avec les puissances eurysiennes est un symbole de bonne intelligence et de politique maîtrisée pour un continent trop souvent en proie à la dictature, à la pauvreté ou tout simplement aux crises diplomatiques. D’autant que tout le monde doit admettre que l’Azur est le poumon économique de l’Afarée, outre les pays sous perfusion de l’OND. Nous voyons donc en vous l’espoir de voir l’Afarée sortir du joug des puissances occidentales et devenir un partenaire des puissances non alignées, comme nous le sommes.
À cela, je dois noter que votre puissance industrielle n’y est pas neutre. Nous sommes promoteurs de l’industrialisation et, par extension, des partenariats de coopération comme ceux que vous nous proposez. C’est un moyen de financer et de développer nos deux pays par la mine et l’industrie.
Vous avez raison d’évoquer nos partenariats récents dans l’industrie des terres rares : c’est l’exemple d’une bonne coopération et nous pensons que le même genre de modalités peuvent être prises pour ce nouveau marché. À savoir extraire les minerais sur place, puis faire une post-transformation proche des ports, et la réelle séparation à Mesolvarde, de sorte de limiter la pollution en Azur et de bénéficier des industries de chimie séparative de Mesolvarde et de son complexe métallurgique.
Suivant vos propositions, à savoir l’exploitation de tantale et de niobium, nous sommes convaincus du bien-fondé de votre exposé. Le tantale est un élément important de la fabrication de condensateurs et le niobium est crucial dans la fabrication d’aimants permanents, mais aussi de nombreux alliages de l’industrie. Ce sont de surcroît des minéraux assez rares dans la croûte terrestre. Au regard de votre géologie et de notre estimation de production, nous pensons que l’extraction de tantalite est favorable, d’autant que les impuretés et inclusions de cette dernière sont justement du niobium.
La formule chimique est la suivante : (Fe,Mn)(Ta,Nb)₂O₆, soit une roche très favorable à l’extraction de Ta (le tantale) et de Nb (le niobium). Nous vous proposons de réaliser le broyage et les étapes de pyrométallurgie sur place pour nous séparer de l’oxygène, et de procéder aux étapes d’hydrométallurgie à Mesolvarde. Pour des facilités industrielles, nous avons choisi d’utiliser nos installations TBP. Vous n’êtes en effet pas sans savoir que le Drovolski est une nation nucléaire et que l’usage du TBP y est donc courant, d’autant que nos installations de séparation de terres rares l’utilisent déjà. Pour éviter tout surcoût et tout besoin de financement, nous vous proposons de réaliser la séparation en solution fluoridrique avec comme extractant le TBP afin de sélectionner préférentiellement le tantale. Une fois nos deux éléments séparés, le niobium sera calciné et le tantale conservé sous forme de cristaux ioniques pour un usage dans l’électronique. Les résidus de fer et de manganèse ne représentent pas un grand intérêt à être séparés et seront simplement abandonnés au Drovolski, sans autre mesure que de consigner les volumes.
Pour ce qui est de l’hafnium, c’est en effet un métal précieux et cher. Notre utilisation principale réside dans la fabrication de métaux pour un usage nucléaire, en particulier les réflecteurs neutroniques et les barres de contrôle pour réacteurs nucléaires électrogènes.
Sur le plan légal, vous nous proposez un joint-venture avec Azurium. C’est une question complexe, mais je pense que cela peut être possible. Sachez toutefois que le procédé que nous vous proposons utilise essentiellement des installations déjà existantes utilisées par SL Inc. pour l’extraction par TBP. Ce faisant, notre joint-venture se verrait simplement locataire et non réellement autonome sur le plan de la séparation du tantale et du niobium. Cette situation pourrait mettre en difficulté Azurium, étant que CMD serait alors locataire à travers le joint-venture mais aussi propriétaire à travers sa filiale SL Inc. Si cette situation est trop inconfortable, il est possible de construire un nouveau site industriel utilisant pour l’occasion un autre extractant plus approprié. Le MIBK nous semblerait plus indiqué, car sa capacité à extraire le tantale est plus élevée que celle du TBP, mais il demanderait de construire à nos frais des installations de production de MIBK et d’extraction nitrique. Qui plus est, cet extractant ne serait utilisé que par nous, ce qui incomberait à notre installation d’être particulièrement rentable pour assumer à la fois la rentabilité du MIBK et de l’extraction du tantale. La CMD ne souhaite pas prendre cette voie et, si c’est celle que vous choisissez, elle prendra des garanties pour éviter de s’exposer à un risque financier.
Concernant votre proposition d’installation de recyclage, nous ne disposons pas de connaissances techniques et technologiques suffisantes pour avancer seuls dans ce secteur. Nous sommes capables de recycler l’essentiel des métaux et certains plastiques, mais la difficulté principale reste le tri des déchets. Nous sommes incapables, sur le plan humain, de recycler des déchets dont la fabrication n’a pas été faite à Mesolvarde ; en effet, sans plan de montage et carte des éléments, il est trop compliqué de réaliser un démontage exhaustif des éléments d’intérêt des objets du quotidien. D’autant que nous pensons vos biens plus sophistiqués que les nôtres sur de très nombreux aspects, que ce soit celui des matériaux ou simplement de leur fabrication. Nous sommes donc ouverts mais frileux à cette idée. Toutefois, sachez que nous ouvrons actuellement un terminal de recyclage des bateaux, avions et autres engins lourds en Afarée, et que cela pourrait constituer une extension à notre première usine, à condition de bien normaliser les produits à recycler. S’il s’agit par exemple de composants de défense tous identiques, nous sommes partants sans souci.
Enfin, pour ce qui est de la proposition concernant CRAMOISIE, le LHV se pose des questions sur le financement d’un tel projet : qui paie pour cela et sous quelle forme. Nous en sommes d’autant plus inquiets que ce projet nous semble déraisonnable sur bien des aspects, et que le risque pris par le financeur de ce dernier pourrait être trop grand. Nous restons ouverts à une telle participation, en particulier dans la fourniture de lanceurs de fusées et de produits chimiques comme l’hydrazine, mais ne le ferons qu’en connaissance de cause et avec l’assentiment réel de CRAMOISIE à ce projet.
Nous sommes enthousiastes à l’idée d’ouvrir une nouvelle coopération minière avec vous,
demandons des détails sur les éléments à recycler,
et questionnons le financement du projet M.
Henri Ventafalle
Laboratoire Henri Ventafalle