06/08/2020
05:58:27
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Activités étrangères en Velsna - Page 14

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OCTOBRE DIABLEDHOMME

OCTOBRE DIABLEDHOMME

Monseigneur,

Je ne sais pas pour qui vous vous prenez mais vous apprendrez que l’Église catholane de Carnavale ne s'achète pas. Nous voterons pour vous gratuitement !

Octobre Diabledhomme,
PDG philantrope
6694
L'agent Wilson des services secrets impériaux // Will Smith (aka le dieu des acteurs) dans men in black.

-  « Je veux parler à la direction, immédiatement ! »

Wilson était grognon. Le voilà expédié à Velsna pour remettre en main propre les documents acquis par des… moyens détournés alors qu’il pensait déjà pouvoir rejoindre la Cité du Désert et infiltrer petit à petit ce pays composé uniquement de sable pour préparer la voie aux chars de l’Armée Confédérale… Mais voilà qu’il est envoyé dans cette cité à l’autre bout du monde pour déposer les documents en main propre. Car visiblement Bassé et Bolila tenaient à faire savoir que c’est Marcine qui a réussi à trouver la preuve incriminante, à faire savoir que Marcine tenait ses engagements et que Marcine méritait d’être prise en compte comme un véritable partenaire pour la Grande République. Les gouvernants tenaient à êtres bien vus par les velsniens, et ils avaient des revendications concernant l’Afarée. Comme d’habitude, c’était une affaire de politique, d’arrangements et de tractations d’une moralité plus que douteuse visant à garantir au petit Royaume une place de choix sur l’échiquier afaréen. Mais voilà que c’était lui, l’agent le plus charismatique d’Afarée qui devait jouer le coursier ! Lui. Il était le néogiciateur, l’infiltrateur, l’assassin au service du gouvernement confédéral, et voilà qu’on lui refusait une mission pour l’envoyer jouer les facteurs ! Il avait pourtant fait savoir qu’il était « surqualifier » pour ce genre de mission, mais le directeur du Troisième Bureau lui avait clairement fait savoir que ce n’était pas négociable. Quelle humiliation, il se sentait rétrogradé.

Certes quand on lui avait fait savoir qu’on voulait qu’il retrouve cette mystérieuse correspondance, il avait sauté de joie : une telle réussite, un tel coup d’éclat lui permettrait probablement de se faire connaître des pontes des Services secrets et du gouvernement. Un véritable honneur qui lui ouvrirait bien des portes. Et puis il y avait aussi ce défi à relever ; ça promettait d’être stimulant, excitant. Car son métier se résumait à cela, la chasse. Pister le gibier, poser des pièges, préparer les appâts, attirer la proie dans un traquenard ; c’était une véritable passion, un art de vivre. Quelle satisfaction que de pouvoir enfin laisser l’exécuteur faire son travail ! En voilà une activité bien loin des insipides bureaux d’Antrania ou de Marcine, loin de toutes ces tracasseries administratives et de ces technocrates insipides… Mais pourtant cette mission était ennuyeuse, lassante même. Envoyer des lettres de menace était une tâche à la portée de tout le monde ; c’était d’une efficacité déconcertante… Après tout, ce n’est pas comme si le rapport de force était équitable : il promettait de ne pas les laisser se faire exterminer par des Velsniens et des criminels de guerre hors d’eux… D’autant plus que l’on sait que la Grande République n’est pas la définition même de la stricte observation du droit de la guerre…

Mais toujours est-il qu’il ne pouvait rien y faire… Il a dû, bon gré mal gré, s’exécuter et rejoindre la capitale de la Grande République. En arrivant, loin de s’émouvoir devant la cité mutilée et meurtrie, il remarqua intérieurement que la réputation de cette basilique était exégérée et qu’elle ne méritait certainement toute cette attention. Il se hâta donc de rejoindre le siège de la Sagrada, le terribles services secrets velsniens. Là de nouveau, il dût attendre quelques heures, quand las, il s’approcha d’une secrétaire, une grande blonde sèche, et lui dit :

- « Je veux parler à la direction. » Cette dernière, habituée à ces tons impérieux de fonctionnaires se prenant pour des sénateurs lui dit : - « Vous avez pris rendez-vous? » face du hochement de tête, elle lui répondit brutalement : - « Veuillez patienter quelques instants… » tout en lui montrant du doigt un siège dans le hall d’accueil. Le Marcinois hors de lui lui rétorqua ; - « C’est de la plus haute importance, mademoiselle. » En face, loin de s’émouvoir, la grande perche lui dit : - « Vous n’imaginez pas le nombre de personne qui se présente avec des documents de la plus haute importance Monsieur, veuillez vous asseoir. » Wilson serra rageusement sa serviette, en bon Marcinois il ne supportait que l’on se permette de lui parler de la sorte, il n’était pas n’importe qui, il n’était pas un fonctionnaire minable qui prenait des rendez-vous à la place d’un autre, il n’était pas le dernier des larbins. - « Ecoutez… » il se retint d’ajouter ‘’pauvre conne’’, « c’est urgent, ça concerne le dossier Moranzais, j’ai des documents de la plus haute importance à remettre à votre directeur, je veux le voir immédiatement. », de marbre elle lui répondit : - « Vous auriez dû prendre rendez-vous, Monsieur. » Loin d’en démordre, l’Antérinien lui dit : - « Mais vous me prenez pour qui, je suis quelqu’un moi ! Comparé à vous… Lorsque je parlerai à votre supérieur je réclamerai votre renvoi pour incompétence ! », placide, son interlocutrice répondit : - « Attendez en salle d’attente avant de me virer, Monsieur. »

Un petit bonhomme n’avait pas manqué une miette du spectacle, il s’approcha de Wilson et lui dit : - « Vous avez du nouveau pour le dossier Moranzais, ça concerne Horus, c’est ça ? Et bien venez avec moi, je suis en charge des opérations dans la Cité du Désert. Toute aide est la bienvenue… D’ailleurs, quel est votre nom, Monsieur ?»

- « Wilson, et oui ça concerne Horus, je crois même que vous n’aurez même plus besoin d’infiltrer la Cité pour remonter à la source tant nos preuves sont accablantes… Vous n’imaginez pas à quel point la Poetscovie a manqué de finesse dans cette affaire, un travail d’amateurs… Imaginez quand même que le ministre poetscovien a affirmé que l’État poetscovien en personne avait des liens plus que clairs avec le groupe Horus Moranza, et c’est marqué par le sceau du ministre des Affaires étrangères ! Mais, avant de vous donner ces dossiers, je voudrais que l’État velsnien fasse quelque chose pour nous :

Qu’il évite de s’ingérer trop directement dans les affaires moranzaises, j’entends par là qu’il ne cherche pas à éliminer le Modom, nous voyons en la situation actuelle une opportunité pour des « projets nationaux », si vous voyez ce que je veux dire… Et le Modom est une composante essentielle des projets que nous avons pour cet État. Et puis, les élections vont bientôt commencer, et si le Royaume de Marcine soutient une opération militaire qui relève clairement de l’ingérence que les mauvaises langues qualifieraient de « néo-coloniales », ce serait un boulet pour le Premier Ministre sortant et son combat acharné contre le colonialisme, évidemment nos accords excluent Horus Moranza, mais nous souhaitons que l’opération soit la plus rapide possible et qu’elle ne bouleverse pas profondément l’équilibre en présence, nous aimerions éviter de passer pour des marioles à l’échelle internationale…

Et autre, faveur que nous vous demandons, c’est de laisser les forces banairo-marcinoises se charger de la Cité du Désert, étant un territoire ultrapériphérique de la Nation des Poètes, nous estimons que la guerre que vous mènerez contre cette dernière concernera directement ce désert qui a le bon goût de regorger de pétrole… Et ça, ça n’a pas manqué d’attirer notre attention, Monsieur. D’autre part, au niveau politique, une intervention décoloniale afaréo-afaréenne serait bien mieux vu par la communauté continentale qu’une agression menée par Velsna, et puis je crois comprendre que vous avez déjà du pain sur la planche avec les dix tribunes que vous vous apprêtez à envoyer en Poetscovie…

Ce sont là les seules choses que nous vous demandons, j’espère que cela vous va, et sinon n’hésitez pas à me faire parvenir une contre-offre… Dans tout les cas je vous remets ces documents, avec toutes les amitiés du Royaume de Marcine et de l’Empire Confédéral Uni Monsieur. 
»

La Grande République de Velsna, mais aussi tout les Etats membres de l'Organisation des Nations Commerçantes ont accès à la correspondance entre le Mouvement démocratique ouest Moranzais et la République de Poetscovie.
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