Les différents ministres des Affaires étrangères de l'Empire Confédéral Uni, à savoir Jean Lesbourg, représentant du Grand-Duché du Scintillant, Carma Argawal, représentante des Provinces autonomes du Nazum Antérinien ainsi qu'Aimé Bassé, Ministre des Affaires étrangères du Royaume de Marcine délègue de plein gré leurs voix à :Son Excellence Louis d’Antrania, Ministre des Affaires étrangères de Son Excellence primo-ministérielle Albert de Grace, Premier Ministre du Gouvernement de Sa Majesté Très Pieuse Louis VI d’Antrania—Marcine. Empereur d’Antérinie, Négusa Négast de Marcine, Le’ul de Kalindi, Grand-Duc du Scintillant, Duc d’Antrania et des Marches, Comte de Saint-Jean-de-Luz et descendant des Augustes empereurs des Rhêmiens et des Germains de Wardonie.
À Son Excellence le Ministre des affaires étrangères de Poëtscovie, dit la Nation Littéraire, représentant de Monsieur le Chef du Gouvernement Sébastien Tesson.
Objet : Réponse à votre précédente proposition. Votre Excellence ; Nous accusons la réception de courrier et nous vous informons que nous donnerons suite à ce dernier ; tout comme vous nous sommes persuadés qu’une instance de dialogue est nécessaire entre les grandes puissances pour maintenir la paix, même armée. C’est là en effet notre principal soucis ; comment assurer une coexistence pacifique, ou du moins suffisamment tranquille, pour que les capitaux, les marchandises, les connaissances puissent s’échanger par delà les océans. La Confédération se veut la représentante de la paix, ou du moins de celle du libre-échange.
Les récents conflits de haute intensité qui ont éclaté un peu partout dans le monde ne cessent de nous inquiéter ; collectivement. Vous le savez, la Confédération de par sa nature est un ensemble d’intérêt cohérent se partageant des zones d’influence sur tout les continents ; Marcine se préoccupe de l’Afarée tandis qu’Antrania se charge des affaires eurysiennes… Ainsi, voir que notre maison brûle un peu partout ne cesse d’alerter nos services ; nous assistons à une véritable recomposition de la géopolitique mondiale, et cette dernière promet d’apporter des « nouveautés ». Les agressions gratuites, les invasions à grande échelle que l’on tente de camoufler derrière le « service humanitaire », les blocus à répétitions, les guerres civiles se succédant et se chevauchant à un rythme effréné nous rappellent à quel point la stabilité n’est qu’un doux rêve. Une chimère irréalisable. Mais d’un autre côté, nous nous souvenons aussi de la nécessité d’endiguer ces conflits, les limiter, les restreindre à des zones définies pour continuer à profiter d’une stabilité régionale.
Vous le savez, j’ai tendance à considérer les conférences internationales comme vouées à l’échec ; du moins celles qui se veulent trop ambitieuses. L’Afarée est le meilleur exemple ; plusieurs conférences ont tenté de faire émerger une organisation régionale afaréenne chargée de lutter contre les principaux maux du continent et elles se sont pour la plupart soldées par un échec retentissant. J’entends par là qu’elles n’ont débouché sur aucune conséquence concrète ; elles restent limitées à de simples palabres et des rivalités régionales hors de propos. Et pour cette conférence, je crains aussi le pire. Le Bloc océnien est fort, plus influent et plus imposant que les autres ; et je doute sincèrement que dans cette configuration là, nous atteignons des effets concrets. Je pense au contraire que le Kah, et surtout l’Estalie se braqueront.
Par ailleurs, personne parmi les gouvernants de la Confédérations ne souhaitent une institution supranationale ou même internationale. Nous ne voyons pas ce G20 comme une opportunité pour créer un environnement normatif à l’échelle internationale ; seulement comme une plateforme informelle où les grandes puissances pourront dialoguer en paix, dans un espace relativement neutre. C’est là ma principale remarque que vous devriez prendre en compte à notre sujet ; nous avons des doutes quant à la réussite d’une telle opération diplomatique. Sachez que nous avons toujours notre mot d’ordre en diplomatie ; l’Antérinie d’abord. Mais je pense que vous devez le savoir ; et avant que vous ne finalisiez les derniers préparatifs je pense que la devise nationale ; « Qui ne tente rien, n’a rien » serait le meilleur encouragement que nous pourrions vous donner.
Bien cordialement.