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Activités étrangères à Messalie - Page 15

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CARNAVALE INTERNATIONALE
13/12/2017


De l'étrange succès messaliote et du prévisible échec azuréen

De l'étrange succès messaliote et du prévisible échec azuréen


Azur et Messalie, deux paris pour une seule stratégie !

Rien, en apparence, ne semble rapprocher le Califat constitutionnel d'Azur de la République actionnariale de Messalie. Deux États que tout oppose, à commencer par la géographie, le premier se trouvant dans l’est afaréen, région aux équilibres complexes où cohabitent des technocraties bienveillantes comme le Banairah, et des dictatures islamistes comme le Churaynn ou le Faravan ; le second, Etat eurysien par excellence, à la culture leucyaléenne marquée alors qu’il ne possède, paradoxalement, qu’une façade maritime espérantine, n’ont a priori pas grand-chose à voir. Faut-il comparer la Transblêmie à l’Alguarena pour la beauté du sport et du triturage intellectuel ? Votre serviteur se propose, dans ses lignes, de vous offrir un point de vue que vous ne lirez nulle part ailleurs.

Succès économique à Messalie, ambitions diplomatiques azuréenne : une seule recette pour deux gâteaux.

La République actionnariale de Messalie s’illustre parmi les autres nations du monde par l’étonnante stabilité de ses investissements étrangers. De nombreuses nations avaient déjà essayé par le passé d’attirer les capitaux internationaux pour monter de toute pièce une économique collaborative, mais aucun de ces projets n’a réellement marqué les esprits. La République Libre du Prodnov aura, au mieux, reçu quelques dizaines de milliards de l’ONC avant d’être abandonnée par cette dernière et envahie dans la foulée par sa voisine, la République Démocratique du Prodnov. En Translavya, même constat, après avoir reçu quelques aumônes étrangères, les deux morceaux du pays sont désormais chacun alimentés par un unique acteur. Kotios fut autrefois un haut lieu d’investissement… avant de passer sous la coupe pharoise, puis kah-tanaise. Aujourd’hui, qui investit dans la république pirate sinon Axis Mundi ?

Autant d’exemples d’échecs d’économies transnationales, ouvertes et libérales. Sauf… sauf pour la Messalie. Après presque deux ans d’ouverture de ses marchés, remarqués grâce à sa loterie, la Messalie continue de recevoir régulièrement des investissements étrangers, du Nazum à l’Aleucie, en passant par tous les coins de l’Eurysie. Si certains justifieront ce succès par l’attrait d’un retour sur investissement bien réel, ou sur les lois plus que favorables aux grandes fortunes qui, à l’instar de la famille Castelage, s’y batissent des petits nids douillets, l’analyse semble sommaire. Ce qui fait, de notre point de vue, le succès messaliote, ne tient pas à sa structure économique ultra-libérale mais davantage à la clarté de ses règles et institutions.

La Messalie est, en effet, un pays où le droit prévaut avant la tentation de l’arbitraire économique qui règne, quoi qu’on en dise, partout ailleurs. Même notre bien-aimée Principauté de Carnavale n’échappe pas à cette tentation du twist, la concentration des pouvoirs économiques entre les mains de quelques grandes familles (bientôt une seule) n’est pas exactement de nature à rassurer les investisseurs étrangers quant à l’existence de garde-fous institutionnels. Bien sûr Carnavale ne fait pas n’importe quoi mais… pas loin. En fait, c’est le cas de tous les pays du monde, une épée de Damoclès plane sur chaque économie, sur chaque gouvernement, qui semble pouvoir se retourner du jour au lendemain, au gré des révolutions, changements de régime, de majorité, repositionnement géopolitique, on en passe et des meilleurs. La politique sur Géokratos est versatile, peu sujette au temps long, certains diront même aléatoire, soumise aux humeurs de quelques forces divines.

Messalie échappe à cette fatalité. Vous ne verrez pas demain l’Olivier prendre le pouvoir sans avoir pu anticiper au préalable sa montée progressive dans la presse. Le grand nombre d’investisseurs étrangers sert de garde-fou à l’arbitraire, chacun pouvant légitimement faire valoir l’injustice qu’il y aurait à laisser faire un retournement de situation dramatique ou opportun pour le pécule de chacun. Messalie est stable parce qu’elle est plurielle et dispose de lois claires, et d’institutions pour les appliquer. Bien sûr elle n’est pas plus immunisée aux coups d’Etat que n’importe qui, mais nous sommes en capacité de le voir venir, voire de le contrer si nécessaire. Peu de pays peuvent en dire autant. A nouveau, l’exemple carnavalais l’illustre bien : la Principauté fait preuve d’une indéniable flexibilité politique et économique, dû à la quasi absence d’État central pour rigidifier les décisions politiques et lier les mains aux entrepreneurs. Si cette stratégie a pu permettre à la Principauté de retourner le cerveau de ses ennemis avec une habilité rare, elle a malgré tout écorner le statut de Carnavale, perçu depuis des décennies comme un étonnant ilot de stabilité capitaliste au sein d’un monde en proie aux guerres et aux conflits. La perte de la moitié du potentiel culturel carnavalais n’y est sans doute pas étranger, il faudra que la Principauté investisse encore davantage dans ce secteur pour retrouver un soft power équivalent à celui qu’elle possédait avant l’Armageddon’t.

Pour en revenir à Messalie, Messalie prospère et attire parce qu’elle a su proposer un cadre clair et chiadé pour ceux qui désirent s’engager dans l’aventure local. Nombreux sont les aventuriers à jouer des coudes pour s’attirer les faveurs d’une nation somme toute négligeable sur le plan économique et militaire. Étonnant de voir davantage de nations tenter d’influencer la petite république, par rapport à des mastodontes autrement plus juteux comme Velsna, l’Alguarena ou le Grand Kah. La réponse, pourtant, est intuitive : rien ne garantit un retour sur investissement. Rien ne garantit que vos efforts auront un effet, ou même s’ils seront remarqués. Certaines nations semblent déterminées à rester stables, d’autres à se réformer au gré du vent. Reste la Messalie, étrange petite république eurysienne, qui aura su proposer un contre-modèle convaincant, tout du moins si on en croit les flux de capitaux qui y circulent. Le reste du monde serait-il avisé de s’en inspirer ? Pas si sûr, car la dilution des investisseurs dans plusieurs nations pourrait aboutir, en fin de compte, à un essoufflement. L’énergie actionnariale n’est pas infinie et la force de Messalie est précisément qu’elle est seule sur sa niche. Si des concurrents tout aussi ambitieux devaient demain apparaitre, la petite république pourrait rapidement perdre en attractivité. Non pas qu’elle démérite, mais parce qu’elle perdrait sa position monopolistique.

Paradoxalement, si l’essoufflement et le désintérêt des investisseurs étrangers sont des risques pour Messalie, elles sont aussi un véritable avantage, car il faudrait beaucoup d’efforts et de signaux positifs envoyés à la communauté internationale pour réitérer l’exploit messaliote. Peu nombreuses sont les nations prêtes à s’engager sur cette voix et surtout à tenir le rythme, petit travail de fourmi administratif qui garantir que les droits de chacun soient respectés, et que les forces en présence demeurent équilibrés.

Quel rapport avec l’Azur, me demanderez-vous cher lecteur ? Car à ce qu’on sache, le Califat constitutionnel ne reçoit aucun investissements étrangers comparables à Messalie, et en dehors de ses très traditionnels accords économiques et diplomatiques noués avec ses pairs, l’économie de l’Azur ne repose pas du tout sur les deniers des autres nations. Oui, mais non. Car le réel poids de l’Azur, outre sa stratégie des missiles balistiques qu’il faudrait quand même les prévenir que c’est démodé depuis Estham, consiste à tenter, souvent avec maladresse mais aussi une bonne volonté qui les rend sympathique, à instituer un semblant d’ordre international. Messalie fait la démonstration qu’une législation claire peut bénéficier à la prospérité d’une nation, l’Azur tente de réitérer l’exploit à l’international. « Clarifions, crie-t-elle dans le désert, clarifions et nous en sortirons grandis. » Pas étonnant qu’elle tente de faire du pied à ces pisses-froids de l’OND, et qu’elle tempête régulièrement contre les géants endormis qui s’obstinent, on ne sait toujours pas pourquoi, à refuser d’impérialiser. Il faut que ce soit des gratte-papiers comme Tanska qui fassent finalement le boulot qu’aurait sans doute accompli avec flamboyance l’Alguarena ou le Grand Kah.

Oui mais voilà, tout comme Messalie souffrirait de voir se multiplier les terrains de jeu pour les investisseurs étrangers, car cela dilapiderait les énergies, l’Azur peine à comprendre que le monde de Géokratos n’est pas prêt, car il n’a pas le temps, pour jouer le jeu procédurier des institutions internationales. En témoigne le Pacte Afaréen de Sécurité qui fut une réussite pendant une demi-seconde, après s’être embourbé dans des imbroglios administratifs, et qui aujourd’hui ne donne plus aucun signe de vie. Réfugié à huis-clos, les débats se déroulent probablement par QCM, se contentant de valider la position de celui qui s’exprime le plus fort. Plus personne ne prend cette institution au sérieux, pacte fantôme où l’Azur à la décence de laisser parler son perroquet, le Finejouri, pour donner l’illusion qu’elle n’y dirige pas seule avec le Faravan, pays dont la seule contribution à la géopolitique internationale est sa haine irraisonnée de Carnavale et son amour pour les lancés de satellites répétitifs et les revus militaires insipides.

L’Azur tente de reproduire l’exploit messaliote à grande échelle, mais si Messalie fonctionne sur l’attrait des volontaires, il est plus dur d’embarquer contre leur gré des nations qui n’ont pas toutes l’énergie diplomatique à investir dans des institutions internationales. L’Althalj, le Banairah et tant d’autre sont l’exemple que dans un monde multipolaire comme Géokratos, il faut compter avec le désintérêt des uns, malgré toutes nos bonnes intentions. Ce qui fonctionne en Messalie ne fonctionne pas en Azur. La République eurysienne a concentré autour d’elle des investisseurs motivés qui font son succès, le Califat constitutionnel, lui, se traine une dizaine de boulets qu’elle pique avec un bâton en les suppliant de faire quelque chose. Peine perdue. La clarification a ses intérêts… et ses limites. L’ordre nouveau espéré par l’OND et l’Azur n’adviendra pas, non pas qu’il n’ait pas de sens ni de pertinence, mais parce qu’il existe une inertie internationale qui refuse, à juste titre, d’investir du temps et de l’énergie dans des débats qui ne l’intéressent pas, là où elle pourrait se concentrer sur les résultats de sa coupe de football, ses attentats ou la négociation d’accords bilatéraux plus simples… et plus clairs.

Il faut faire le deuil d’un ordre international, l’OND va le comprendre à Carnavale. L’Azur le comprendra-t-elle à CRAMOISIE© ? Après avoir recueilli une dizaine de signatures à sa résolution, combien de nations dont le seul mérite est d’avoir lu un papier en diagonal, s’engageront pour faire quelque chose de concret ? Nous le savons : presque aucune. Et celles qui le feront seront les suiveuses d’un élan qui s’essoufflera à la minute où les dirigeants de la RAC© décideront de le saboter dans l’œuf. Il faut être deux pour signer un accord international, il faut être deux pour faire la guerre, or faute de lois internationales, nul n’est tenu à faire ce qu’il ne veut pas. Messalie prospère sur une armée de volontaire, l’Azur risque de trébucher sur un tas de récalcitrant. Et si, comme à chaque fois, la solution était le bilatéralisme ? Une bonne vieille politique diplomatique qui a fait ses preuves et nous épargne des machins surplombants sans avenir tels que nous les promettent les tenants de l’ordre international ? Carnavale l’aura compris avant tout le monde : souveraine et indomptée, elle tend la main à tous mais ne la force jamais. Qui nous aiment nous suivent, et les autres peuvent disparaitre dans le déni !

Un éditorial signé Hyppolicare Épithète.

Attention aux contrefaçons :
Les pâtes de fruit jashuriennes vendus au marché noir contiennent des pattes de rat.


Carnavale Internationale
Le monde est compliqué, laissez nous vous l'expliquer.
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Le Ritzène, célèbre restaurant Antérino-Messaliotte // La Villa, à Marseille

« Comment ça les Quatre-Vallées sont plus puissantes que la Confédération ?! »

Comme à son habitude, Ferdinand de Saint-Louis-des-Vallées sirotait un café dans un sympathique restaurant antérinien des quartiers bourgeois messaliottes. Adresse particulièrement prisée des représentants de la haute société pour sa cuisine exotique et son luxe discret qui ne laissait que supputer la richesse de ce prestigieux établissement dans lequel les principales personnalités de la diaspora antérinienne déjeunait entre deux rendez-vous d’affaires. Le rouge écarlate se mariait avec le blanc immaculé tandis que le bleu de la Vierge montrait de discrètes touches, accompagné d’un jaune d’or taiseux. Les tables, alignées proprement, constamment pleines dans une ambiance toujours feutrée, étaient bien dressée, sobrement, d’une main qui montrait que les Bonnes manières antériniennes étaient plus qu’un protocole ; une véritable tradition, qui s’était au fil du temps emmêlée avec des conceptions marcinoises et des héritages plus conviviaux. Seulement, Ferdinand, une des principales figures de l’ambassade antérinienne, le second de Son Excellence diplomatique Marc, feuilletait non sans une certaine agitation, qu’il tentait tant bien que mal de cacher, un quotidien messaliotte d’une importance médiocre… Qui publiait les tribune d’un géopolitologue de salon ; incapable de faire preuve de clairvoyance et de bon sens.

Et alors qu’il cherchait compulsivement le nom de la Confédération, il y découvrait l’incompétence notoire de ce politologue de pacotille qui mets sur un pied d’égalité l’empire des Ushongs, le Grand et Céleste et le pays des steppes où les poneys sont plus nombreux que les citoyens, sans parler du parti-pris anti-O.N.C et anti-priorité nationale de ce macaque essayant de séduire par une vision de la géopolitique orientée vers les groupes de nations s’embarrassant du vernis de la morale tout en commettant tout autant de crimes de guerre que leurs adversaires. En bon antérinien, qui plus est, Ferdinand ne pouvait admettre que sa nation ne puisse être représentée ; après tout l’influence antérinienne n’est pas qu’une construction mentale ; sans parler des inadmissibles confusions qui ont émaillé le texte ; l’Antérinie est vue comme un Etat alors que, suite aux réformes organiques mises en place en 2016, l’Empire est devenue une Confédération, et depuis son économie n’a fait que croître, à l’instar de ses rapprochements diplomatiques avec de nombreuses puissances, lui permettant de se revendiquer comme une nation non alignée sur la scène internationale. Et puis… tout est à revoir ; les oeillères sont trop limitées tandis que la méthode est trop orientée ; seulement voilà, Bonnebouille a fait l’erreur d’ignorer les Confédérés, et ces derniers n’appréciaient que très moyennement d’être aussi vite invisibilisés, presque du racisme. Et puis, il y a ces piques adressées aux Velsniens, particulièrement réductrices, et ces remarques désobligeantes sur la littérature en provenance d’Alguarena… Décidément, il y a quelque chose qui le chifonne, qui le dérange dans cet article de cette revue de second rang…

Au même moment, un Marcinois aisément reconnaissable à son style si particulier et à son accent jeta par terre ce bout de papier et fit sèchement au garçon de café qui arrivait vers lui :

- « Brûlez-moi ce torchon ! Sérieusement, on parle des Quatre-Vallées et leurs Petits tonnerres des steppes mais pas de la Confédération et de son engagement anti-colonial initié par Marcine ! Et l’opération navale au Grammatika ! Ça compte pour du beurre ! Nous on aide des Afaréens et on n’a même pas le mérite d’être évoqué ! Et eux ont une diplomatie aussi hasardeuse que Karty et passent pour la future puissance du top 10 ! On est où là ! Ils n’évoquent même pas les Afaréens, seulement des génocidaires ! C’est honteux ! À croire que Bonnecouille est raciste des Afaréens ! Il a de la chance de ne pas connaître certains de mes amis, il pourrait faire un séjour dans le parc à crocodiles d’Ateh ce sale con ! Et vous-là Monsieur l’ambassadeur ; vous faites quoi à attendre là comme un benêt ? Vous défendez pas la Confédération ?! »

- « Si, mais vous comprenez, que je n’ai malheureusement aucun pouvoir sur la situation, et je doute que Monsieur Bonnebouille veuille entendre nos justes réclamations…Enfin, il est journaliste, pas politicien. Vous comprenez ça au moins ? »
Derrière lui, un homme d’affaire de Transpex, dubitatif ne put s’empêcher de lui répondre :

- « Si vous êtes incapables de protéger et d’affirmer la réputation de nos concitoyens, quelle est votre utilité ? C’est à notre ambassade de rappeler que les Antériniens et les Marcinois ne sont pas de simples figurants en arrière plan ! Et puis, comment il peut se permettre de critiquer la littérature alguarenaise ? C’est hispanophobe ça, monsieur Ulvez Perogalata est un très bon écrivain ! J’ai lu son livre, récemment sorti, la piel dorada. C’est raciste de considérer que les livres faisant l’éloge de l’identité hispanique et il se permet de dire que ce n’est « certainement pas la capitale de l’innovation littéraire » ; c’est honteux de critiquer comme ça les grands auteurs ! Bientôt il va même se permettre de caricaturer Ulvez en cochon ! C’est inadmissible un tel racisme décomplexé ! Surtout quand il semble viser nos amis et nos alliés ! On doit-être solidaire des alguarenos et des velsniens ! »

Le diplomate, embarrassé par ses concitoyens, relevant sa mèche blonde comme les blés, essuyant les perles aqueuses de son front, répondit :

- « Que voulez-vous que je fasse ? Je ne suis qu’un diplomate ! »

- « Et ben allez dire à Bonnebouille ce qu’on en pense de ses goûts littéraires et de son racisme décomplexé vis à vis des Velsniens, il oublie un peu trop vite que la Confédération peut le faire disparaître d’un claquement de doigts. Au bout d’un moment il faudrait arrêter ce racisme et cette invisibilisation des États frontaliers… Surtout quand ils peuvent briser Messalie en seulement quelques jours… Non, mais vous y croyez ça, Messalie en huitième position ? Et la Confédération en 46e position ! Et ces gueux du Makota qui n’ont pas encore découverts le droit de vote et l’impôt sont devant nous ! Si ça c’est pas du racisme ! Vous oubliez tout de même que nous avons des enfants, et vous savez à quel point ça nous fait mal au cœur de voir que la moitié des Messaliottes voient l’Antérinie comme Messalie mais sans le paradis fiscal et Marcine comme négro-land avec des costumes jaune banane ! Vous savez qu’hier un camarade de mon fils lui a demandé pourquoi l’Antérinie était alliée avec des voleurs ? Et il a même fait un lien entre les Antériniens et le vol par ce que « ses copains sont de sales velsniens qui volent tout ! » et là c’est le pompon Monsieur l’ambassadeur, c’est honteux, c’est criminel d’avoir des hommes qui se permettent de dénigrer la littérature hispanique et latino… C’est comme si je me permettais de dire que les Rhêmiens n’étaient que des pillards et que les messaliottes en sont les dignes héritiers ! »

- « Bien, messieurs, calmez-vous, je crois qu’on en a assez dit… » répondit l’Antérinien en posant sa cuillère, « j’irai envoyer un message à Bonnebouille pour réclamer des explications… ».

- « Il a intérêt à y répondre, sinon je demande à de bons amis tout droit venus de Marcine de faire sauter sa voiture… » répondit du tact au tact le Marcinois. « Il y en a marre du racisme ambiant à Messalie, on est là pour faire des affaires et finalement on se fait insulter de « macaque » et invisibiliser par des bouffons qui n’ont jamais ouvert le moindre manuel de géopolitique et qui confondent l’analyse des relations internationales avec un meeting de l’Olivier… C’est criminel ! Et après on se demande pourquoi le racisme monte, lorsqu’on a des spécimens comme ça qui peuplent les médias… »

- « C’est vrai ça ! » renchérit le représentant de Transporrex ; « si ça change pas on va arrêter de maintenir artificiellement en vie l’économie messaliotte pour voir ce que ça donne sans les investisseurs étrangers ! Et demandez lui au moins de s’excuser ! Sinon on va voir comment il va faire pour se racheter une nouvelle voiture sans les investissements étrangers… Ce sale raciste hispanophobe et afareéaophobe. Ça m’insupporte à titre personnel de voir des gens se permettre de tels commentaires et de telles grossièretés… Heureusement qu’on est solidaire avec les autres citoyens de l’O.N.C ; sinon on s’en sortirait pas. »
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Parti concerné : Parti Protestant Messaliote
Effet souhaité : Positif (Publicisé par le Consortium Médiatique Messaliote.)
Date IRP du post : 23/07/2018
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Comment Augmenter Le Pouvoir D’Achat

Si le messaliote moyen pouvait faire un vœu, il y a de fortes chances qu’il demanderait à avoir un pouvoir d’achat bien plus puissant. Ceci est parfaitement normal, car c’est une chose sensée que de vouloir pouvoir jouir de plus de biens et services à la fin du mois. Mais comment peut-on faire en sorte que ce vœu s’exauce ?

D’abord, les allocations sociales et les pensions de retraite ne doivent pas être touchées. Les retraités ont travaillé dur toute leur vie. Il est normal qu’ils soient payés à la fin de leur vie avec leur pensions de retraite. Tous ceux qui disent le contraire sont des riches égoïstes qui ne comprennent pas l’effort qui est mis dans le travail bien fait. Il faut aussi remarquer qu’il n’y a pas en permanence des emplois ouverts aux chômeurs, il est donc normal de les soutenir en attendant qu’ils trouvent un emploi, car s’ils n’arrivent pas à trouver un emploi, c’est qu’il y en a pas qui convient à leurs compétences, donc ce n’est pas la faute des chômeurs qu’ils chôment.

Le salaire minimum ne doit pas être trop élevé, tout en garantissant un niveau de vie acceptable. Le dilemme avec le salaire minimum est que s’il est trop bas, les travailleurs vivent dans la misère, mais s’il est trop haut, alors les entreprises seront à leur tour dans la misère, et incapables d’octroyer des salaires à qui que ce soit. Il faut donc avoir le salaire minimum au juste milieu, à un niveau qui garantit la dignité de la vertu qu’est le travail, tout en évitant de ruiner les entreprises, rendant alors le plein emploi possible, ce qui permet d’avoir de nombreux gens qui reçoivent un bon salaire. Par contre, il est aussi important de préciser que le salaire minimum devrait être universel, et ne pas avoir d'exceptions ou de règles différentes pour certains travailleurs. La raison pour ceci est que toute labeur, malgré le stigma social attaché, est utile à la société, aussi bien le travailleur des bureaux que l’éboueur des quartiers populaires.

Quant à la grande question des cotisations sociales, la réponse est très simple, si on ne touche pas aux allocations, et le salaire minimum est à un niveau tel que la croissance ne subit d'arrêt cardiaque, les cotisations sociales n’augmenteront pas, ce qui permettra aux travailleurs de garder l’argent qu’ils ont durement gagnés à la sueur de leur fronts.

En conclusion, la meilleure approche pour améliorer le pouvoir d’achat des messaliotes, c’est de respecter les droits sociaux que les travailleurs ont gagnés à la sueur de leur front, avoir un salaire minimum respectueux envers les besoins des travailleurs et les attentes des entreprises, et aucune augmentation sur les impôts que subissent les messaliotes. Lorsque l’on combine le manque de diminution du pouvoir d’achat sur les allocations et cotisations, et la croissance économique qui ne serait pas affectée négativement par le salaire minimum, il nous reste donc un solde nettement positif pour le pouvoir d’achat messaliote.
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Une Affaire de Poisson Pané

Le pêcheur icamien jaugeant l'opportunité messaliote ...


Qu'est-ce que la Messalie, sinon une terre d'opportunités ? Une terre d'opportunités comme il en existait bien trop peu sur le Vieux Continent. Une terre vierge des folies centralisatrices et moralisatrices. Une terre vierge de fétichisme, débarrassé par la laïcité de sa divinité malade. Une terre où les Icamiabas pourraient aller et venir à leur guise, comme des siècles avant eux, les Eurysiens l'avaient fait sur leurs propres terres. Les Icamiabas ne leur en voulaient pas ... Ils ne leur en voulaient plus. Les Icamiabas avait découvert le voyage. Ils avaient découvert le monde. Ils avaient découvert le plaisir de rencontrer de nouveaux, de nouvelles cultures et de nouvelles croyances. Ils avaient découvert les étoiles dans les yeux qui venaient à ceux à qui ils faisaient découvrir les trésors de la culture native icamienne, et les prodiges de leur technique étonnante.

L'Eurysien était un explorateur. L'Eurysien était un colonisateur... L'Eurysien avait raison. L'Icamiaba avait simplement mis des siècles à le comprendre.

Aujourd'hui, le peuple icamiaba est majoritairement cantonné au fond de ses jungles, traitée comme une population fière, orgueilleuse, populeuse et surtout arriérée. Des citoyennes et des citoyens de seconde zone, des tribus protégées dans leurs jungle mais foncièrement oubliées par les élites de la Capitale, d'Akahim, d'Akakor, de Rio Formosa ou d'Ibishima.

Les jeunes générations aspirent à mieux. Les jeunes générations aspirent à plus. Les jeunes générations se querellent avec leurs anciens. Les jeunes générations se rebellent contre les voies anciennes et traditionnelles de la jungle et des nations icamiabas. Elles ont grandies après la guerre et ses ravages, elles n'ont pas connu les Listoniens autrement que comme des Icamiens. Des Icamiens comme eux-même étaient icamiennes et icamiens. Elles remettent en cause la sacralité de la place centrale de la Matriarche. Elles veulent plus d'égalité. Plus d'opportunités. Plus de richesses. Plus d'aventure.

Elles veulent renouer avec la grandeur de l'Icamiaba la plus ancienne. L'Icamiaba conquérante. L'Icamiaba aventureuse. L'Icamiaba qui a su attirer l'Eurysie, qui a su la captiver et la garder. L'Icamiaba qui a su lui résister, qui a su apprendre d'elle.

Les jeunes générations ne veulent plus entendre parler "d'être sage", de se conformer au carcan de la "bienséance mondiale" qui leur était servie dans les écoles de la République Fédérative. Pourquoi se conformer à la "bienséance", quand les étrangers montraient qu'il ne fallait pas se détourner de sa nature profonde ? De sa culture ? De ce qui nous rendait "meilleur que les autres" ?

Les Icamiabas avaient toujours été un peuple de voyageurs, de survivants et surtout ... Un peuple qui s'adaptait et qui s'intégrait dans son environnement. Si les plus radicaux des écologistes voyaient l'Humanité moderne comme un virus, alors l'Icamiaba et la nation icamienne qu'elle avait enfanté avait plutôt des allures de parasite, s’immisçant insidieusement dans toutes les trames du monde contemporain. L'Icamiaba, comme l'Icamien, prenait tout, et l'Icamiaba et l'Icamien rendait tout. Et il devenait tout.

Aujourd'hui, l'Icamiaba était rouge, mais il était devenu blanc, jaune, noir et toutes les nuances que l'on pouvait trouver dans ces spectres. Il avait grandi au contact de toutes les cultures et de toutes les langues.

Et il était encore là.

Et il n'avait jamais oublié les racines cannibales de sa culture, ou les racines que l'on consommait pour, comme les étrangers le décrivait, se "mettre bien", sans qu'ils n'aient jamais vraiment compris les implications plus profondes de ces actes.

Aujourd'hui, les jeunes générations d'Icamie quittaient leurs provinces pour explorer le monde, et ils refondaient leurs communautés sous l'influence de nouvelles structures, avec l'aide de nouveaux mécènes, en suivant de nouvelles personnalités. L'Icamien était grégaire, un animal éminemment sociable et tout aussi ouvert qui intégrait à son monde toutes celles et ceux qui souhaitaient en faire partie et accepter ses codes.

Ceux qui arrivaient maintenant en Messalie, les plus visibles, les plus vocaux, les plus fantasques et les plus loquaces, on les appelaient les Pêcheurs, car c'était là l'activité que l'on leur avait présenté pour mettre le pied à la mer et traverser les océans. Car c'était une partie de leur activité, et celle qui les identifiaient le plus : partir sur des navires, lancer leurs filets, récupérer du poisson. De vastes flottes d'aventuriers goguenards et opportunistes. Des Icamiens nombreux, sur des navires nombreux, portant avec eux le fer et le feu, car leurs activités n'étaient pas toujours bien vues. Car certains trouvaient que les poissons qu'ils pêchaient trouveraient meilleur usage sur leurs étals que dans les navires-usines icamiens.

Mais l'Icamie avait trouvé une forme de poisson toute particulière dont elle ne pouvait plus se passer.

Le poisson-pané.

Un conglomérat de poissons. Une aberration culinaire à la mesure du parasite icamien.

Et l'Icamie ne pouvait plus s'en passer.

Et les pêcheurs icamiens obligeraient.

Tout autant pêcheurs que guerriers, rabaissés à leurs pratiques piscicoles par ceux qui ne comprenaient pas leur fonctionnement ou leurs traditions, les Icamiens avaient pourtant réussi à trouver l'oreille d'un patronage puissant, celui de Salvatore Lograno, qui avait trouvé en eux ses parfaits émissaires : des gens qui comprenaient la puissance de l'Eau et du Feu, du Profit et de l'Opportunité. De parfaits messagers et combattants qui voyaient en lui l'émissaire terrestre de la Sélène Mère, qu'ils avaient assimilé à Dame Fortune dans la plus pure tradition de l'assimilation icamiaba.

Des gens qui avaient récupéré en butin de guerre toutes les eaux de la Manche-Blanche, et qui comptaient bien voir leur influence se propager au-delà de celle-ci. Mais chaque chose viendrait en son temps, et si l'Icamien et l'Icamiaba était aventurier, il n'en était pas moins finaud pour autant : il lui faudrait de nouveaux alliés, de nouveaux mécènes, de nouvelles bases. De nouvelles opportunités.

Aujourd'hui, les profits s'accumulent à la mesure de leurs activités. La manoeuvre de l'Amiral Déria à l'encontre de Porto Rosso prouve que la Sélène Mère et que Dame Fortune leur sourit. Aujourd'hui, ils se mettent en tête de s'établir en Messalie, car les chamanes ont jugé les augures positifs. L'élection d'une Icamienne à un poste très élevé là-bas leur montre la voie, et l'appel de Salvatore Lograno à devenir le Protecteur de cette terre veut dire qu'ils auront de toutes façons fort à faire.

Les augures sont positifs, alors les Icamiens viennent avec leurs ressources, leurs gens et leur argent pour s'établir et permettre à la Messalie de fleurir. Juste des chants, des sourires, des poignées de mains serrées et des marchandises. L'Icamien débarquait comme l'Eurysien en son temps, prêt à faire affaire et prêt à établir une présence pour assurer que ces affaires puissent perdurer et grossir.


Grossir, comme avec une grosse et belle usine de poisson panés et de plats cuisinés ...


Iara, la "sirène" traditionnelle du folklore icamiaba et mascotte de marque de plats cuisinés éponymes ! (Dessinée par une coopérative de communication kah-tanaise, que ça a bien fait rigoler)
Bientôt chez vous, une usine de plats cuisinés "Iara" !
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Des "Raskenois" en Messalie !



Messalie, terre d'opportunité et de business ! Le phare de l'Eurysie et même du monde où l'on venait des quatre coins du globe afin de profiter des lumières et des occasions qui ne cessaient d'affluer, un destin bien plus enviable à dire vrai que de finir engluée dans un énième conflit régional ou une querelle quelconque de puissance locale, le lot de bien des lieux. Et si il y avait bien un lieu tout particulièrement qui illustrait à merveille le dynamisme et l'attrait de Messalie, c'était bel et bien l'Aéroport international de Messalie-Ville Pierre Freycinet le point d'entrée et de sortie de tous et chacun !

Chaque jour c'étaient une quantité innombrable d'âmes et de visages que l'on voyait passer en ces lieux sur le Tarmac, des centaines s'en allant et bien plus s'en venant encore, investisseurs, travailleurs, hommes d'affaires, touristes, journalistes et ainsi de suite, autant de profils divers et variées qui se retrouvaient tous dans un authentique Melting pot dont seule l'Eurysie du Sud avait le secret

Juchée derrière son bureau aux guichets d'enregistrements à la sortie des vols, Maria qui avait à sa charge les procédures administratives d'entrée dans le pays aux côtés de ses collègues douaniers avait enfin une minute pour souffler après une descente massive de nouveaux venus répartis sur plusieurs vols qui lui avaient accaparés les deux dernières heures, aussi s'était-elle servie un bon café bien méritée. Elle avait finit par se faire aux nouvelles marques proposées à la vente au sein des diverses machines ayant été rajoutés aux quatre coins de l'aéroport, au final il ne faisait plus réellement la différence entre ces spécialités San Youtaise importés à tour de bras par la nouvelle direction de Pellemessalie et les marques traditionnelles messaliottes qu'elle avait passée plusieurs décennies à ingurgiter. Par moments elle entendait encore son collègue Alberto lui vociférer que c'était précisément ces petits changements insidieux qui étaient le début de mutations plus vastes destinées à pourrir l'existence des messaliottes de souche afin d'avantager les étrangers, un discours classique qu'il n'était plus le seul à reprendre d'ailleurs, l'Olivier avait le vent en poupe ci et là après tout. Pour autant la chose lui paraissait quelque peu absurde et ce en dépit de l'évolution récente de la scène politique du pays, certes les choses étaient quelques peu curieuses à minima, voir un peu inquiétante, mais le tout tournait bien encore et à dire vrai, tout ce qui intéressait la Dame consistait à vivre sa vie tranquillement sans faire d'histoires. Peut être, qu'elle était dans le déni à continuer à faire semblant que tout était comme il y a quelques années, ou peut être pas.

Quoi qu'il en soit, les tensions sociales pouvaient bien augmenter si elles le voulaient, Maria disposait de sa coupe de café bien chaud avec deux sucres et c'était tout ce qui lui importait à l'instant. En revenant de la Machine, deux de ses collègues l'interpellèrent en lui présentant en ricanant les unes des derniers canards, l'invitant à jeter un coup d'oeil. Il s'agissait d'un article entier traitant de la dernière émission de l'étoile montante de la sphère publique qu'était Pascal Bonnebouille, son fameux Classement international des puissances de 2018. Maria n'avait pas eut l'occasion de regarder le tout en personne, mais à défaut en avait largement entendu parler ci et là tellement la chose avait fait grand bruit pour le meilleur comme pour le pire de surcroit. De fait les avis étaient très tranchées de toute évidence, que ce soit dans la rue ou sur les réseaux sociaux il n'y avait pas un avis similaire sur la question, certains encensaient des observations "sensées et rationnelles", d'autres hurlaient au racisme décomplexés, certains nommaient Bonnebouille comme l'un des plus grands esprits de l'ère, d'autres jouaient aux fléchettes avec son portrait, notamment chez les émigrés Velsniens paraissait-il. Toutefois, la guichetière n'eut guère le temps de s'intéresser en détail à l'article, on lui signala qu'un nouveau vol venait d'arriver, un en provenance de Eberstadt, la capitale Raskenoise.

Prenant place sur son fauteuil et inspectant ses écrans tout en ingurgitant quelques gorgée de son café, elle s'affaira à prendre connaissances des informations vu que les passagers allaient venir vers elle bien assez vite. Immédiatement elle arqua un sourcil, ce n'était pas un vol classique, plutôt un privé réalisé à bord d'un jet. La liste était assez courte finalement, mais l'ensemble des noms qui y étaient inscrits étaient systématiquement affiliés à une unique société. Le manifeste d'embarquement bien que en règle avait aussi quelques curieux détails concernant des biens apportés. Car si l'assortiment de voitures de sports Raskenoises et tout une sous-liste de pièces détachées vraisemblablement de collection n'était pas quelque chose d'inédit ou que l'on n'avait jamais vu, le panel "d'armes traditionnelles Ushongs", à savoir une panoplie de sabres, qui étaient décrits comme faisant partie d'un ensemble d'exposition et "d'artéfacts" historiques, ça c'était quelque chose de très... Spécifique.

Toutefois, alors qu'elle se grattait la tête en se questionnant sur quel genre d'individus collectionnait de tel choses, la guichetière fut sortie brutalement de ses songes lorsque le son caractéristique d'une fausse toux visant à attirer son attention résonna devant son guichet.


Un air de déjà vu

Bizarre ces gens à droite... ils me disent quelque chose...


??? - << Bien le bonjour mademoiselle ou bien madame selon les préférences, nous venons pour les procédures d'entrée dans votre beau pays... >>

Maria - << Et vous êtes ? >>


La guichetière arqua un sourcil, devant elle se trouvait un petit groupe de ce qui était vraisemblablement des Nazumis en costumes arborant tous les mêmes fedoras caractéristiques, des cravates similaires, et jusqu'aux mouchoirs en soie dépassant des poches avants de leurs atours. Si ce n'eut été pour quelques traits faciaux et de menus différences de taille, elle aurait juré avoir affaire à quatre frères Daltons d'Extrême-Orient.

??? - << Von Berg. Klaus Von Berg. De la société de consultation en sécurité privée Von Berg Inc. De Konigbeck... C'est Raskenois. Peut être que vous en avez déjà entendu parler... >>


Les collègues de "Von Berg" se regardèrent d'un air entendu sans dire un mot alors qu'un silence gênant s'était installé, la guichetière ayant vraisemblablement bugué pendant un instant jusqu'à ce que son interlocuteur lui glisse un porte-documents avec une série de pièces et de formulaires d'usage qui... Confirmaient ses dires et semblaient à priori authentiques.

Maria - << Je vois... Monsieur Von Berg. Et vous et vos amis venez pour... >>

"Klaus Von Berg" - << Des Vacances. >>

"Collègue de Von Berg" - << Le Travail. >>


Les deux venaient de parler en même temps de façon contradictoire. Ils se regardèrent un instant, avec des airs de statues avant que Von Berg ne reprenne à l'attention de la guichetière, l'ère gêné.

"Klaus Von Berg" - << Des Vacances... Des Vacances. Veuillez l'excuser, la plupart des voyages que nous faisons sommes réalisés dans le cadre des affaires de notre boîte. C'est difficile de se mettre à la page et de décompresser, on est systématiquement à fond dans notre milieu. >>

Maria - << Hmmm... Hmmm... Je vois. >>

Répondit-elle fronçant à moitié les sourcils comme si elle fut sceptique avant de finalement passer outre en ne cherchant pas plus loin, laissant aux deux "Raskenois" l'occasion de souffler un coup discrètement.


Maria - << Une dernière question, vous voyagez souvent avec une panoplie de lames d'antiquité ? >>


"Klaus Von Berg" - << Plus ou moins... C'est un héritage familial d'un de mes arrières grands parents du côté de ma mère. Cela fait quelques années que j'essaye de le vendre, mais le travail étant ce qu'il est trouver des occasions est... Complexe... Alors je me suis dis
que Messalie serait l'occasion pour trouver un acheteur... Avec tous les milliardaires et autres gros bonnets du monde qui affluent là bas, il doit bien y avoir un amateur d'antiquité. >>

Les collègues se regardèrent à nouveau d'un air entendu tandis que "Von Berg" affichait un grand sourire radieux, se voulant de toute évidence aussi "sincère" que faire se pouvait. Quelques minutes passèrent par la suite à répondre à d'autres questions diverses mais de moindre envergures et à préciser ou fignoler quelques détails administratifs d'usage. Finalement on rendit les passeports aux "Raskenois" et le reste du nécessaire pour leur séjour en Messalie...

Maria - << Tout est en règle Messieurs... Soyez les bienvenue en Messalie. >>


Le groupe remercia cordialement la guichetière et une fois les documents récupérés, put prestement plier bagages et s'aventurer hors de l'aéroport en Messalie propre. Tandis que la plupart des membres de ce dernier s'affairèrent à aller récupérer leur "point de chute" le temps de leur séjour et à y faire acheminer leurs bagages. "Von Berg", ayant dégainé immédiatement son portable, restait avec un seul de ses collègues en attendant un Taxi.


"Klaus Von Berg" - << Monsieur Li ? Oui c'est bon. On est arrivé. Vos contacts sont où ? Le vieux port ? Noté. Je vous recontacterais plus tard. >>


Il raccrocha. Quelques instants plus tard un taxi arriva, et les deux "raskenois" s'engouffrèrent dedans.

"Klaus Von Berg" - << La Marina du Vieux Port dans le Deuxième Arrondissement ! Fissa ! >>

Et ils partirent alors.

14601
L'enlèvement de Pascal Bonnebouille (Opération à arbitrer)



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30 juillet au matin, entre Messalie et Aix en Garence



Une Steiner raskenoise noire s'engouffre sur une petit sentier de forêt, à une heure trop matinale pour un simple footing ou une randonnée. Et puis, les gens qui roulent dans ces voitures n'ont pas besoin de faire du sport, en général. Son conducteur n'a pourtant pas l'air d'un riche dandy non plus, bien au contraire: on dirait un docker sorti tout droit du front de mer de Messalie. Épaules larges, veste en cuir et coupe de cheveux légèrement ringarde, gominée comme celle d'un velsnien vivant dans les bas quartiers de la paroisse San Stefano. A ses cotés, une femme, pas paniquée: plutôt apeurée, tellement qu'elle se trouve incapable de bouger malgré le fait qu'elle ne soit pas ligotée ou retenue en quoi que ce soit. Elle pourrait même ouvrir la portière et se faire tomber de la voiture en marche, qui roule assez lentement pour que l'on puisse concevoir fuite pareille. Mais rien n'y fait: elle reste bloquée sur ce siège passager, comme un lièvre pris dans les phares d'une voiture, que l'instinct de survie rend incapable de bouger. Le chauffeur, au contraire, ne paraît ni anxieux, pressé, ou même en colère: il ressemble à ces gens qui sortent de chez eux le matin pour aller au travail. Il y a même des croissants et une baguette sur le siège arrière, encore chaude: il vient de s'arrêter à la boulangerie. Pour lui, ce qu'il fait, c'est un simple travail rien de plus: il n'éprouve rien pour la passagère: aucune colère, haine ou ressentiment. C'est simplement le travail, rien de plus. Il jette parfois des regards furtifs à son "accompagnatrice": elle est jeune, et elle a une marque de bleu sur le visage, une blessure fraiche.

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Elle a eu le mérite de se débattre avant de se faire embarquer par Alberto, "l'Homme d'honneur" envoyé spécialement pour elle par Don Burna. Il règne un moment de flottement quand pour la première fois depuis le passage à la boulangerie, les regards se croisent. Alberto lui parle alors, d'un ton se voulant rassurant:

- Tu sais...je suis navré pour tout à l'heure. J'aurais pas dû te frapper au visage, mais tu ne m'as pas laissé le choix. Ne le prends pas personnellement: c'est le travail, rien de plus. Toi, ton travail c'est de faire la babysitteur pour les gamins de Pascal Bonnebouille. Moi, mon travail c'est de faire en sorte que mon patron soit respecté, et reste à la place où il est. Tu m'as l'air d'une brave fille: je suis désolé que tu sis retrouvée mêlée à cette histoire, et que tu bosses pour l'enfant de salaud qui a insulté mon boss. Regarde toi, c'est le destin qui s'acharne.

La jeune femme ne répond pas, mais on peut presque entendre ses muscles trembler et ses dents claquer. Alberto le remarque, et embraye la conversation à partir de là.

T'as froid ? Tu veux que je baisse la clim ? Tu...tu veux un chewing-gum ? ...Pourquoi tu trembles putain ? Tu crois que je suis le méchant c'est ça ?

La jeune femme se détourne du regard de son ravisseur. Elle regarde la couverture de la forêt défiler par la fenêtre. Elle voudrait être l'une de ces biches qui se met à crapahuter dans les bois au son du passage de la voiture, mais elle est derrière cette fenêtre. Elle fond en larmes, ce qui rend Alberto d'autant plus irrité.

Oh non, tu vas pas te mettre à chialer ! C'est pour le coup de bourre de toute à l'heure ? Je t'ai dit que je m'excusais, ok ? T'as rien à te reprocher, t'étais juste au mauvais endroit et au mauvais moment. Je vais pas te faire de mal, t'en fais pas, du moins ça c'est si tu me rends la vie facile. Écoute gamine: je veux juste que tu me files l'enploi du temps de Pascal Bonnebouille, rien de plus. On lui veut pas de mal non plus, on veut seulement lui parler comme des gens civilisés. Et ensuite, tout rentrera dans l'ordre. Tu sais, ce Bonnebouille a dit tout un tas de trucs vraiment vicieux sur nous: tu ferais quoi à notre place si un type venait cracher sur toi dans des colonnes de journal ? Si une de tes potes d'un coup venait dire à tout le monde que t'es une voleuse en raison de tes origines, tu dirais quoi, hein ?

Pour la première fois, un son émanait de la bouche de la jeune babysitteuse, dont la voix fluette était en partie couverte par le ronronnement de la Steiner.

- Eh bien...Peut-être que je porterais plainte ?

Alberto se fige, se tourne vers elle l'espace d'un instant, avant de recoller les yeux sur la route.

- Porter plainte ? Ah oui...c'est vrai qu'on y avait pas pensé à ça...On aurait peut-être dû le dire au patron...T'es un futée toi. Mais on s'en fout, de toute façon c'est trop tard: le plan est bien trop engagé. Bon...t'es une brave fille, alors voilà ce que je te propose: on veut juste deux choses, et tu pourras rentrer chez toi, ok ?


La jeune femme ne répond pas, elle n'approche que fébrilement d'un hochement de tête.

Bien. En premier tu vas me donner l'emploi du temps de Pascal. Celui de demain, d'après demain et de lundi. A quelle heure il part et rentre chez lui, à quelle heure tu gardes les enfants, dans quelles eaux il est son bureau, s'il est accompagné ou pas par sa femme et ses gosses. Je veux tout savoir. Tiens.., on va commencer par samedi. Il fait quelque chose de spécial samedi ?
- Eh bien...je crois qu'il avait prévu d'aller à l'opéra de Messalie avec sa femme. Je le sais, parce qu'il m'a demandé de garder les enfants à partir de 19h.
- 19h ? C'est parfait ça. Tu vois ? Je suis pas méchant. Je veux juste qu'on s'entraide tous les deux, ok ? C'est quoi la pièce qu'il va voir ? Il reste des billets en vente ?
- Je sais plus...une pièce velsnienne. "Révolution", je crois.
- Connais pas, mais je te remercie de l'info. C'est un un bon début, mais j'ai encore besoin d'une chose.
- De quoi ?
- Il me faut ton portable.
- Pourquoi ?
- Je vais te déposer là, et j'ai pas envie de t'appelles la police dés que je te laisserai. J'espère que tu me comprends. On se comprend ? Pas vrai ?
- Euh...oui ?
- Bien. Très bien. Tout va bien se passer, t'en fais pas. Je vais de déposer pas loin de la ville, t'auras pas un arrêt de bus pas loin...


La voiture qui traçait son chemin sur la nationale bifurque sur une bretelle qui fait s'enfoncer les passagers davantage dans la forêt. La route devient un chemin de terre, lequel devient un sentier menant une petite clairière isolée. La jeune femme le sait: ce n'est pas le chemin de l'arrêt de bus. Elle ne dit rien, elle pleure.
- L'arrêt de bus est juste là, on va s'arrêter.

La voiture s'arrête. Alberto sort de la voiture, et fait rapidement le tour du véhicule. Il ouvre la portière, faisant sortir de force la jeune femme, qui enfin, fait déballer ses poumons. On peut l'entendre crier au loin, puis un arrêt net. Une détonation. Plus rien. Les oiseaux s'envolent, et les biches qui furetaient tout auytour de la clairière se mettent à courir dans toutes les directions.


SMS envoyé à Pascal Bonnebouille depuis le téléphone de la babystiiteuse a écrit :

Salut Pascal ! Juste pour vous prévenir que j'ai attrapé une vilaine grippe, et que je peux pas venir garder les enfants ce soir, ni demain. J'ai donc contacté une amie qui me remplacera pour ce weekend. Elle s'appelle Nathalie. Bonne journée !





30 juillet au soir, dans l'arrière salle du Moody's, bar tenu par un associé de Don Burna



Une bouteille de vin sous le bras, Alberto se présente à Francky, l'imposant videur du Moody's, à qui il met une tape dans le dos pour lui donner du courage dans ce froid de chien:
- Alors Francky ? Comment ça va ? J'ai entendu dire que t'avais inscrit la p'tite au solfège ?
- Ouais. C'est sa mère qui lui a fait monter ça à la tête. Perso je savais même pas ce que c'était du solfège.
- Je suppose que tout le monde est déjà arrivé pour la réunion ?
- Ouais. T'es le dernier, comme d'hab. Le Don t'attends. On a aussi reçu les invités.
- Les invités ?
- Ouais. Tu sais, les raskenois. Et Mario a aussi débarqué avec un type à moitié à poil. Un icamien je crois.
- ...



Don Burna tendit grand les bras à l'annonce d'un Alberto descendant les marches du sous-sol du Moody's, avec sa bonhommie habituelle et son cigare en mains. Il y avait du monde, beaucoup de monde: peut-être tous les capos de Don Burna, assortis de quelques étrangers, dont les "raskenois", et ce qui ressemblait à un amérindien en pagne ne savant où se mettre. Une grande enlaçade de tous ces gens, affranchis faisant partie du même monde, obéissant aux mêmes codes, dans une société d'Hommes d'honneur qui faisait fi des règles des simples mortels. C'est comme cela que tous ces gens se voyaient, et Don Burna était leur père à tous. Le Don claque affectueusement la joue de son capo le plus talentueux et une bise:
- Alberto. Alors, ça s'est passé comment ?
- Bien. J'ai l'emploi du temps de monsieur, et on la nounou a trouvé une remplaçante pour les gamins de Bonnebouille.
- C'était la partie facile, maintenant...laisse moi te présenter nos associés sur cette affaire. Je te présente Klaus Von Berg, il est spécialement venu d'Eberstadt quand il a apprit pour notre plan. Il a une dent contre l'autre connard lui aussi.


Alberto empoigna la main du "raskenois". Les regards se croisent, se jaugent, les yeux se plissent, et le capo glisse deux mots à l'oreille de son Don:
- Boss. Est-ce que je peux te parler seul à seul deux secondes ?
- Ouais quoi ?
- Les raskenois. T'es sûr que ce sont des raskenois ? T'as pas remarqué un truc qui va pas avec eux ?
- Mais de quoi tu parles Alberto ? J'ai l’impression que t'es sur les nerfs aujourd'hui, et j'ai besoin de toi à 100% pour demain soir. Attends, je vais montrer que ce sont des raskneois. Un instant.


Don Burna lève alors la tête de l'épaule du caporegine, et interpelle Von Berg:
- Eh ! C'est quoi ton modèle Steiner préféré ?

Le "raskenois" a un temps de latence et d'hésitation, avant de répondre comme si il avait apprit un texte, aussi mécanique qu'un coucou, ce qui n'était bien entendu pas le cas:
- La 125M, le 4X4 de douze tonnes. Il est très bien. Roulez en Steiner.

L'imposant chef se retourne plein s'assurance vers son compère:
- Tu vois ? Ils sont au dessus de tout soupçon. Bon aller, commençons cette réunion.


Le dirigeant de la "famille Burna "claque dans ses mains, comme pour signaler le rassemblement de tous les hommes d'honneur autour de la table, seule meuble de cette cave insonorisée:
- Messieurs. Si je vous ai fait venir ici, c'est parce que je consacre en vous une confiance immense. Ici, nous sommes tous frères dans le secret, et nous attendons de tous, y compris de nous invités, de respecter le secret. Vous tenir avec nous doit être vu comme un honneur, et il se trouve que nous avons une affaire commune à régler, et...

Alors que le Don s'apprêtait à dérouler son plan, l'un des participants à la réunion attira son attention, en s'adressant à l'un de ses hommes:
- Sal. C'est qui ce mec ? - demanda Burna en pointant l'indien icamien du doigt -
- Je sais pas chef, c'est pas moi qui l'ait fait rentrer. Je croyais qu'il était avec toi moi...
- Mais nan putain ! Qui l'a fait entrer ?


Il règne un silence gêné, et il est clair que Don Burna n'obtiendra aucune réponse...
- Bon...Pas grave. De toute façon t'es dans le secret maintenant, donc c'est soit tu restes, soit on te bute...MAIS BREF. Qu'est-ce que je disais merde...OUI. Pascal Bonnebouille nous a insulté une fois de trop. Le plan est donc de le "secouer" un peu, pour qu'il corrige quelques lignes dans son journal. Pas de meurtre pour l'instant, capiche ? Rien de ce qui pourrait nous faire griller; un enlèvement propre et sans bavure, et on le relâchera une fois qu'on aura eu ce qu'on veut.
- On a fait quoi de la babysstieuse au fait ?
- interpelle Fulvio, l'un des capos présents -
- Elle est partie en rando dans la forêt. - répondit Alberto -
- Ah...

- Arrêtez de me couper. Maintenant...va récapituler le plan pour que ce soit clair pour tout le monde. On se divise en deux équipes: une qui attendra le signal de la nouvelle "nounou" samedi soir dés que le couple Bonnebouille quittera son domicile pour se rendre à l'Opéra. Vous aurez le boulot le plus facile: kidnapper deux gamins. Pas trop dur pour vous l'espère ? Je ne veux aucune violence sur les gamins: pas même une claque. On ne touche pas aux gamins, ils ne nous serviront que de monnaie d'échange. Sal, c'est toi qui dirigera cette équipe. Une fois que vous avez le colis, on vous communiquera l'adresse d'une boîte au lettres morte qui contiendra le lieu où vous devrez garder les gamins en attendant que nos exigences soient satisfaites.

Le couple Bonnebouille devrait partir à 20h demain soir pour l'Opéra, et par chance, ils ont choisi les loges plutôt que la fosse. On a donc une fenêtre de quelques heures où ils seront seuls, et où on pourra agir. Maintenant...il nous faut des volontaires pour cette équipe: qui veut voir un opéra ?


Fulvio est le premier à se porter volontaire:
- Moi je peux. J'ai toujours aimé les opéras.
- Toi ? T'as jamais été voir une pièce de théâtre de ta vie...
- s'élève une autre voix dans la pièce, suivie de ricanements -

Don Burna sourit lui aussi, avant de reprendre son sérieux, et de se tourner vers Alberto:
- Alberto. C'est toi qui devrait avoir l'honneur de remplir ce job. T'es un homme de confiance, alors c'est normal que tu remplisses une tâche d'un homme de confiance.

Le reste de l'assemblée approuve.
- C'est décidé donc. Alberto dirigera l'équipe Opéra. Et tu t'adjoindras le services de nos amis raskenois ici présents.



1er Aout, Opéra de Messalie, Représentation de "Révolution"



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Alors que le couple Bonnebouille prend place dans sa loge privée, l'opéra consacré à la personne de Lorenzo démarre, guidé par son génial chef d'orchestre. Pendant ce temps, les petites frappes se rassemblent autour des sorties de salle. Alberto prend le temps d'observer le début de la scène, de cette pièce dont il a entendu parler récemment. Sur scène virevoltait les danseurs d'un chœur, rassemblé autour du personnage principal de la pièce, prostré sur une chaise, en proie à sa propre frénésie. Terrifiant et magistral, tandis que les hommes de Don urna grimpait les escaliers au rythme des paroles des acteurs.

Récitatif — LORENZO

(voix rauque, presque parlée)

Silence…
Enfin le silence.
Même les murs ont cessé de me juger.

(Il regarde son aide de camp inerte, sans s’en approcher.)
Quatre balles dans le buffet…
Quatre mots que je n’ai pas voulu entendre.
« Touché. Porte-avions. Elle. Blessée. »

(Il rit brièvement, un rire cassé.)
On n’annonce pas la fin d’un monde comme on lit un rapport.

Air — L’ivresse du pouvoir

(L’orchestre se déploie, cuivres étouffés, cordes tourmentées.)

LORENZO

J’ai bu pour oublier les visages,
J’ai frappé pour faire taire les noms,
Chaque nuit la Loduarie me couronne,
Chaque matin elle me dévore.

Héros du prolétariat, oui —
Mais à quel prix ?
D’un empire de verre,
D’un peuple entier qui tremble sous ma voix.

(Il porte la main à sa tempe, comme pris d’un vertige.)
L’alcool m’a promis l’oubli,
La violence m’a promis la paix,
Et me voilà plus seul
Qu’un condamné sans bourreau.

Intervention du Chœur (hors scène) — Les Démons

(Voix murmurées, presque des souffles.)

Lorenzo…
Lorenzo…
Chaque balle était un aveu.
Chaque ordre, une tombe ouverte.

Arioso — LORENZO


(plus doux, brisé)

Ils ont touché mon navire…
Mais c’est mon cœur qui coule.

Elle…
Toi qui voyais encore l’homme
Sous l’uniforme taché.
Si la mort te prend,
Que restera-t-il de moi
Sinon un nom maudit
Et un pays en cendres ?

(Il lève lentement le pistolet, le regarde.)

Air — L’Hésitation

(Orchestre suspendu, un solo de violoncelle.)


Un geste…
Un seul…
Et les cris s’arrêtent.

Plus de démons dans la bouteille,
Plus de sang sur les mains,
Plus de nuit sans fin.

Mais est-ce la paix…
Ou la lâcheté suprême ?

(Il pose l’arme contre sa poitrine, puis la laisse retomber.)
Me tuer serait encore un ordre.
Et j’ai trop donné d’ordres à la mort.

Final de la scène

(Le chœur se tait. L’orchestre reste en tension.)
LORENZO demeure prostré sur la chaise, immobile, vivant — malgré lui.
La lumière se resserre sur son visage ravagé.

Orchestre

Accord suspendu, non résolu.

Noir.


Les cuivres s'agitent, la porte de la loge s'ouvre sur le couple Bonnebouille. Alberto les observe du coin de l’œil, et s'engouffre finalement à l'instant où "Lorenzo" achève son monologue. La voix du mafieux est aussi rauque que celle du héros. Il pointe son arme au travers du fauteuil du politologue. Celui-ci le sent dans son dos: la froideur d'une pointe, la pression inssuportable et la perspective de la mort:

"Monsieur Bonnebouille, je crois que votre séance est terminée."




opé a écrit : OBJECTIFS DE L’OPÉRATION



Réussite majeure :
  • Les deux enlèvements simultanés, ceux du couple Bonnebouille et ceux des enfants Bonnebouille sont une réussite. La famille est extradée vers Fortuna, en attendant la satisfaction des exigeances de Don Burna: la correction du classement des puissances et la suppression des "insultes" vis à vis des velsniens (du racisme honteux selon l'intéressé).


Réussite mineure :
  • L'opération de l'opéra est un échec et le couple Bonnebouille parvient à s'enfuir, mais les enfants Bonnebouille sont enlevés à leur domicile. Ceux ci seront extradés vers le territoire fortunéen. Suspicion vis à vis du milieu du crime organisé.


Echec mineur :
  • Les deux opérations d'enlèvement échouent. Si il n'y a aucune arrestation et que la participation de Don Burna n'est pas connue, mais celui-ci est obligé de se mettre au vert un temps en dehors de la Messalie. Sa participation à la campagne électorale est compromise.


Echec majeur :
  • Les deux opérations d'enlèvement échouent, un certain nombre d'affranchis et d'associés de Don Burna sont arrêtés, dont Alberto. Don Burna est contraint de fuir la Messalie, et sa participation à la tentative d'enlèvement est prouvée d'une manière ou d'une autre.



Moyens engagés :


a
Prendre en compte les pourcentages de Velsna, Dodécapole, Icamie et éventuellement Antérinie (seulement dans le cas où le joueur ferait un post relié à cette opération entre temps, voir la modo pour approbation ou non)

3076
Léonpold Castelage

- Justin ! Justin m’entends-tu ?

La salle des serveur vrombit comme le moteur d’une voiture. Par réflexe, Léonpold Castelage s’apprête à donner une caresse à la machinerie, mais suspend son geste face au ridicule de la situation.

- Est-ce que tu te plais ici Justin ? Le voyage s’est bien passé ?

Nouveau vrombissement de satisfaction.

- Tant mieux. C’est ta maison maintenant, Aiglefer, tu verras tu y seras bien, regarde :

Léonpold sort une petite télécommande de sa poche et appuie sur un bouton. Tous les volets de la pièce se mettent à descendre, plongeant la salle des serveurs dans l’obscurité. Le jeune Castelage fait remontrer les volets.

- J’ai commencé à transformer la forteresse, il y a de la domotique partout comme ça tu pourras vraiment prendre possession de l’endroit, tu te sentiras chez toi.

Quelques secondes de silence, puis les volets s’abaissent et se remontent. La salle vrombit de plus belle.

- Je vois que ça te plait ! Tant mieux, mais il y a encore beaucoup à faire ! Tu verras ce sera formidable, on mettra des passerelles, des portes dérobées, des murs qui bougent, ça va être génial et c’est tout pour toi. Enfin pour nous, je vais habiter ici moi aussi, c’est important qu’il y ait un Castelage sur place, pour gérer les affaires. Tu es précieux pour la Principauté, on compte beaucoup sur toi.

Vrombissement de plaisir.

- Je suis content que ça te plaise. Je te laisse prendre tes marques, j’ai encore des déménagements à superviser.

Léonpold Castelage quitte la salle des serveurs et remonte les escaliers de la forteresse d’Aiglefer. La forteresse est vide et froide, malgré l’été les murs épais conservent la fraicheur, propice au stockage de machines gourmandes en électricité. Le jeune homme passe une lourde porte et se retrouve à l’air libre, sur le chemin de ronde. Messalie s’étend sous ses yeux à perte de vue, ses petits villages dans les vallées et la ville de Haut-Teyras en aval. Mes sujets, pense Léonpold Castelage qui se sent seigneur à l’ancienne. Les Castelage ont toujours eu le complexe de leur sang roturier.

En bas des murailles s’affairent des déménageurs qui déplacent des meubles et du matériel informatique à l’intérieur du château.

- Eh vous ! Attention avec ça ! Vous allez lui faire perdre des neurones !

Un déménageur lui adresse un regard halluciné d’en bas.
Son patron vient à son secours :

- On fait attention monsieur Castelage, vous inquiétez pas.

- Bien sûr que je m’inquiète, vous tenez le machin à l’envers !

Le déménageur retourne la tour informatique avec maladresse.

- Dites à vos employés qu’il y a plus de points de QI dans une seule de ces tours quand dans toute leur caboche !

- Inutile de vous montrer insultant monsieur Castelage, on fait juste notre travail.

Léonpold Castelage s’éloigne des créneaux, agacé par l’interaction.

- Foutus gauchistes, incapables de faire du travail correcte, il va falloir que je fasse venir des gens de Carnavale pour vérifier que tout a été installé correctement ils seraient foutus de me provoquer des faux contacts. Heureusement que c’est de la vieille pierre, mais c’est un coup à me cramer les parquets et la charpente, c’est du bois ces trucs-là.

Il passe de salons vides en salons vides, d’antichambres vides en couloirs vides. Un employé sort de nulle part l’air paniqué.

- Monsieur Castelage, monsieur Castelage !

- Quoi ?

- Le château, Aiglefer, c’est hanté !

- Hanté ? Mais pourquoi ?

- Les portes s’ouvrent toutes seules et les volets ne font que monter et descendre !

- Ah oui je vois. Vous êtes descendu au deuxième étage vous ?

- Oui pour installer les tapis.

Léonpold Castelage lui pose une main paternaliste sur l’épaule.

- Ce n’est pas un fantôme mon brave, c’est de la technologie. C’est une confusion courante, ne vous en faites pas, vous apprendrez.
341
Vente d'obligation et d'usine

Suite au succès de la première enchères, la Pellemessalie et Ornalie annonce mettre en vente l'ensemble de 20 obligations supplémentaires aux enchères et du Pont Gabriel Anate Musavu situé dans le Darmague.

La mise départ est de 500 points.
Les deux lots peuvent être vendu séparément.
Les enchères se clôture dans 2 jours (IRL)

Déroulé de l'enchère
Les enchères vont se dérouler sur Discord
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https://i.imgur.com/S2aN5B1.png

Communiqué de la Présidence du Conseil d'Administration
09.08.2018


Chers Bienfaiteurs, Mesdames et Messieurs les Actionnaires d'Etat,

Au vu de la situation actuelle du marché messaliote, considérant les points suivants :

  • Les échanges de biens fonciers, d'actifs et de capitaux "de main à main" en l'absence de cadre légal défini et de contrat ;
  • La mise en place d'enchères annoncées à la marge sur une très courte période et menées par le biais de canaux alternatifs auxquels l'ensemble des acheteurs potentiellement intéressés n'ont pas nécessairement accès ;
  • La tenue de ces enchères dans des conditions se dérobant aux codes usuels des enchères, avec une absence de mise de départ, ou une mise de départ appréciée "au jugé" et indépendamment de la valeur intrinsèque des biens fonciers et actifs mis aux enchères ;
  • La possibilité que le précédent créé par la tenue de ces enchères et de ces ventes, dépourvues d'encadrement défini, puisse impacter négativement l'image de la République de Messalie auprès des investisseurs qui auraient d'ordinaire pu être intéressé par la République ;

Madame Maxime Che Fang, présidente directrice générale et fondatrice de Fang Industries, en sa qualité de Présidente du Conseil d'Administration, garante de la bonne santé et de la stabilité des investissements en République de Messalie et de la confiance des marchés en celle-ci, saisit la Cour Suprême pour qu'elle statue sur la possibilité d'échanger bien fonciers, obligations et capitaux en République de Messalie, et en particulier dans le cadre de "vente aux enchères" : la présidence souhaite rappeler que la République de Messalie doit rester un marché ouvert à l'ensemble des investisseurs qui voudraient y placer leurs capitaux, et que l'encadrement des échanges entre acteurs, privés comme publics, devraient faire l'objet d'un encadrement minimal garantissant l'équité devant l'accès au marché et le respect minimal de l'investissement placé dans les biens et actifs afin que la confiance envers la Messalie soit maintenue, et que celle-ci ne devienne pas une simple place d'échange pour acteurs de mauvaise intention, ce qui pourrait nuire durablement à la réputation de ce beau pays.

Effet : La Présidence du Conseil d'Administration saisit la Cour Suprême pour statuer sur les mises aux enchères et ventes sauvages, tenues notamment sur Discord sur une très courte période, pour éviter de transformer la Messalie en souk afaréen où les obligations et les usines s'échangent comme des babouches.

Cela s'applique particulièrement aux enchères de JJJ.
0
Réunion de la commission du CRAV: l'affaire Bonnebouille et le business paltoterran

Les délices de la Riviera kah tanaise



Note: le passage suivant est relaté par Michele, personnage déjà vu dans divers posts liés au crime organisé velsnien (voir références en bas de posts)



a


Il ne faut pas croire que les gens comme nous n'ont pas de règles: nous ne sommes ni sans foi, ni sans loi, et ceux qui disent l'inverse ne nous connaissent pas. Dans le milieu, il y a des codes, que ce soit des traditions héritées de je sais pas qui, ou des inventions éhontées, ce n'est pas notre problème: il faut les suivre, et ne pas les remettre en question. Et ce sont ceux qui les remettent en question qui sont souvent mis sur la sellette. Mais au delà des codes et des lois souterraines, nous obéissons également à un impératif, peut-être le plus important de tous: nous ne sommes pas une fondation de charité, nous sommes une entreprise. Et une entreprise, cela sert à faire de l'argent. Du moins cela, c'était la vision de mon don, Salvatore Alvarino, dont j'étais désormais un caporegime depuis l'an dernier. Oui, j'ai eu une promotion, après l'affaire de l'infiltration en Hotsaline, puis plein d'autres boulots. Bien que ce boulot chez les slaves a finalement été reporté, on m'a dit que j'avais du mieux que je pouvais, et "Sal" m'a finalement donné une équipe à moi. C'était un moment un peu émouvant, j'ai bossé dur pour en arriver là depuis 2014. Je me rappelle encore de l'époque où j'étais un prêteur sur gage à a sauvette, et où le patron était entré dans ma boutique pour la première fois. Les choses ont beaucoup changé, et les choses changent vite dans le milieu, bien souvent. C'est d'ailleurs ce qui motive la tenue des réunions de la Commission, dont les membres se regroupent qu'en cas de problème. C'est mon histoire du jour: l'histoire d'un problème.

C'est Sal en personne qui est venu me voir il y a trois jours concernant l'affaire à venir, qui était suffisamment importante pour que certains des boss, dont lui-même, aient expressément demandés une réunion en urgence. Ce n'était pas rien: cela signifiait un rassemblement des cinq familles les plus puissantes du milieu, et certains des clans établis à l'étranger qui leur étaient associés. J'en savais pas plus, hormis le fait que le don m'avait donné la tâche de rassembler mon équipe pour assurer son service d'ordre. Toutefois, j'avais des oreilles, et des indices sur les raisons de la panique, j'en avais quelques uns. Je savais déjà que le "robinet paltoterran" était coupé depuis la perte de nos contacts avec les cartels caribenos, et qu'il nous fallait d'autres fournisseurs. On m'a donné des billets pour le Grand Kah, et je n'ai pas posé questions. Je ne suis pas devenu capo en posant des questions.

Au moins, on pouvait dire que le CRAV savait comment instaurer un cadre agréable. Chan-Chimu était un endroit paradisiaque sous les tropiques. On y crevait de chaud, mais c'est là que beaucoup d'affaires se déroulaient. Des casinos sur la jetée, des stars sortant de limousines et déboulant sur des tapis rouges. Tout puait le fric ici, et j'ai le nez pour renifler ces choses là. Quelque chose me disait aussi, qu'on m'avait donné la charge de responsable de la sécurité pour cette affaire que j'avais faite pour des politicards de Velsna, et cette "ministre" kah tanaise que j'avais conduit. A tel point que certains m'avaient donné un surnom: Michele "le chauffeur". Je détestais: un surnom, c'est avant tout du capital social dans le milieu, et il fait jamais être bon qualifié de pour le restant de sa vie, mais dans ce contexte là, il fallait croire que ça avait été positif: juste parce que j'avais escorté une commissaire kah tanaise, certains croyaient que je parlais le syncrétique. Du moment que ça me donnai des vacances gratuite sur la Riviera du Paltoterra, cela me dérangeait pas, j'imagine...

Les petits plats dans les grands, les petits canapés et les tapis de velours, le CRAV avait mis son habituelle touche de classe en se réservant pour elle même la salle de réception d'un hôtel chicos: "le Jaguar dressé". C'était la seconde réunion de la Comission à laquelle j'assistais, mais j'avais toujours cette sensation bizarre: on devait se faire la bise et se serrer dans les bras, tout en gardant à l'esprit qu'on était parfois des concurrents, et que la commission elle-même n'existait que pour nous empêcher de nous sauter à la gorge. Il y avait bien entendu des représentants de toutes les familles, et de presque tous les clans: tous, sauf un, bizarrement. Le Clan Burna de Messalie n'avait personne pour le représenter. Cela signifiait deux choses: soit il était indisposé à venir, soit c'était nous qui étions indisposés à les recevoir. Dans le deux cas, c'était mauvais pour eux: on allait devoir discuter de Don Burna ce soir, c'était du tout cuit. L'endroit choisi pour la réunion était pas anodin: on savait tous ce que cela signifiait sur la suite des discussions. Et Don Alvarino le confirma dés son discours d'introduction:

"Mes amis. Mes frères. Voilà trois ans que nous nous étions pas réunis. Pas depuis la formation de cette Commission, qui a déjà permis d'éviter entre nous un certain nombre de conflits. En bien des points, cette organisation est pour le moment une réussite sans pareille. D'entrée de jeu, je tiens à saluer les deux absents du jours, que sont Don Farnese, et Don Carbone, qui sont actuellement en détention, que je n'hésiterais pas à qualifier de profondément injuste. Même si la Famille Carbone et la Famille Di Luca nous gratifient de la présence de leurs subalternes pour assurer leurs interêts en leurs noms, nous ne pouvons que souhaiter leur libération prochaine, et tout notre soutien vers eux en ces temps difficiles. Salude."


a
Don "Toto" Alvarino

Tous les convives levèrent leurs verres, et emboîtèrent le pas de Don Alvarino:

"Salude !"


"Sur ce. Commençons. Nous ne sommes pas là que pour des retrouvailles, certes bienvenues. Nous sommes ici pour assurer nos fonctions, c'est à dire celles d'hommes d'affaires soucieux de la continuité du business. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que depuis 2017, nous sommes pour ainsi dire sur la corde raide. Vous le savez tous: le trafic de stupéfiants depuis le Paltoterra a été jusqu'ici la principale source de nos revenus. Nous avions un schéma bien huilé: nous contactions les producteurs en Caribena, nous chargions le tout à Sylva, et les clans de l'organisation écoulaient la marchandise dans nos pays respectifs, en donnant au passage une commission aux cinq familles. Comme vous avez pu le remarquer: il n'y a plus de cartel caribeno pour nous fournir, et il nous faut assurer notre train de vie. Nous sommes peut-être régis par une grande solidarité en tant qu'hommes d'honneurs, mais nous sommes tout autant des hommes d'affaires qui sommes contrains par les lois du marché, au même titre que toutes les entreprises honnêtes. Nous avons des impératifs économiques, tout autant que nous sommes contraints par l'honneur...


Je commençais à voir où le Don Alvarino voulait en venir, et je pense que la moitié de la salle avait compris lorsque je voyais les chefs des autres familles jeter des coups d’œil au siège vide du clan Burna...

"...Outre notre business paltoterran qui est à réparer, c'est aussi une affaire d'honneur qu'il convient de régler ce soir. Mais je propose que nous fassions les choses dans l'ordre... Don Genovese. Je vous laisse la parole."

Le vieux Don reprit sa place, au profit du chef de la famille des Genovese. A première vue, il était difficile de croire que ce gars, court sur pattes, doté un embonpoint qui le faisait paraitre comme un acteur comique aux allures de petit bonhomme, était le dirigeant de la Famille ayant le plus d’influence dans le Palto. Ce n'était pas pour rien que Vito Genovese l'ouvrait en premier: tous les clans au sud de l'Alguarena étaient affiliés à sa famille. C'était eux avant toute chose, qui étaient nos traditionnels premiers contacts auprès des producteurs d'heroine et de cocaïne. Court sur pattes il l'était, mais il ne fallait pas se fier aux apparences: il menait sa barque d'une main de fer, et on avait jamais vu les clans affiliés à sa famille moufter en quo que ce soit. Ce type était un tueur au sang froid, et ses subalternes au Palto le savaient.

"Merci Sal. Comme tu l'as dit très justement, cela fait quelques temps que nous avons du mal à trouver des fournisseurs, ce qui est d'autant plus frustrant lorsque la demande est là, sous notre nez, et que nous ne pouvons la satisfaire. C'est pourquoi je voulais profiter de cette occasion pour vous exposer l'esquisse d'un nouveau plan. Si nous ne pouvons trouver des fournisseurs convenables, pourquoi ne pas nous lancer nous-même dans les activités de production. Mon cousin ici présent, Pietro, dispose des réseaux qu'il faut. Mais encore faudrait-il subventionner un tel investissement, que nous ne pouvons assumer seuls. Il y au Kah et à Sylva des vides juridiques que nous pourrions exploiter afin de de reprendre l'exportation d'heroine vers l'Eurysie. C'est ce qui rapporte le plus en ce moment. Nous avons un schéma déjà bien établi, et un seule faiblesse: jusqu'à présent, nous produisons en externe la drogue qui nous rapporte le plus. Cela dit changer au plus vite. Seriez vous d'accord pour me soutenir dans cette tache ? Qui serait prêt parmi vous à fournir une contribution financière ?"

Le vote a été on ne peut plus court: la quasi totalité des chefs de famille et des chefs de clans ont levé la mimine, certains avec plus d'enthousiasme que d'autres. Mais fatalement, le premier problème évoqué nous emmena au second, sur lequel Don Genovese bifurqua dans la foulée:

"Messieurs. Inutile de dire que si nous avons besoin de producteurs et de passeurs tels que nous, nous avons également besoin de points de chute où écouler les stocks de la part de nos frères restés en Eurysie. Cela demande des contacts fiables, des clans bien dirigés, organisés, et surtout, discrets. Or, nous avons ouie dire que certaines querelles d'honneur ayant lieu dans certaines familles...entravaient cette tache. Je pense qu'il nous faut fatalement parler du cas Bonnebouille, et des risques que prend en ce moment Don Burna dans la direction de son clan, en Messalie. La Messalie est le point de chute idéal pour nos affaires, mais Don Burna parait davantage intéressé à l'idée de faire le plus de bruit possible, et de rendre la vie de Pascal Bonnebouille impossible. Aussi, je voudrais demander à vous autres, et en particulier à toi, Farnese, ce que tu penses de tout ça, et si il ne serait pas judicieux de dire à tes protégés de Messalie de reporter leur attention sur autre chose qu'un journaliste de bas-étage."

Sur le coup, Farnese mis du temps à répondre. C'était comme si on lui reprochait personnellement les actions d'un clan affilié à sa famille. Je voyais dans son regard qu'il paraissait insulté. "La bête", et ce n'était pas son surnom pour rien, avait l'air furieux, furieux et blessé:

" Qu'on se le dise. Burna est redevable de la Famille Di Luca. Certes. Mais ce n'est pas moi qui l'ait convaincu de s'engager dans sa croisade contre Pascal Bonnebouille. Si vous voulez mon avis en revanche, je pense que Bonnebouille le mérite. On ne peut pas nous insulter de la sorte sans qu'il y ait des conséquences en face. Comptez sur moi pour lui demander de se montrer un peu plus discret, mais hors de question de lâcher la grappe d'une personne qui nous a manquer de respect. Vittorio Burna a le droit de défendre son honneur sur cette affaire, c'est mon avis, et c'est l'avis de nos coutumes également."

C'était le premier accroc de la réunion: un désaccord entre deux don pouvait aller très loin et très rapidement, mais heureusement, Alvarino était là pour calmer le jeu entre les deux hommes:

"Allons Salvatore, je suis certain que notre ami ne voulait pas te manquer de respect. Évidemment, Pascal Bonnebouille mérite son sort, mais tuer un homme, ou même le faire enlever, cela a un prix. Que Don Burna soit attaché à sa dignité cela va de soi, mais nous n'avons pas non plus envie de perdre un contact utile, surtout dans le cadre de notre projet de rivalisation du trafic d'héroine depuis le Palto, et dont la Messalie pourrait être une des meilleures portes d'entrée du marché eurysien. Pour ma part je suis pour lui laisser une chance de régler cette affaire lui-même, mais si jamais il se fait prendre, nous pourrions te demander de reprendre la main là-bas si il met en danger nos opérations, étant donné que son clan t'est redevable. Qu'il ait une chance de le faire, d'accord, mais il n'en aura pas deux. Qu'en pensez vous, vous tous ?"


Les hésitations furent plus nombreuses que pour le premier vote, mas l'argent est toujours roi, et le compromis proposé par Don Alvarino fut considéré comme acceptable par "la bête", qui fit le choix judicieux de descendre de ses chevaux. "Toto" Alvarino fit signe aux deux hommes de se serrer la main, et de s'étreindre en signe d'accord, ce qu'ils firent non sans garder leurs réserves. Après tout, meme si Vittorio Burna devait perdre la face, on avait promis aux Di Luca qu'ils garderaient le contrôle du clan messaliote dans tous les cas. Encore une fois le bain de sang était évité, mais pour combien de temps ? Est-ce que la manne financière de l'heroine paltoterrane n'allait pas avoir notre peau ? A l'époque, je ne le savais pas encore...


Note: le personnage de Michele a déjà été vu lors d'ne rencontre Velsna-Grand Kah, et lors d'une série d'AE en Hotsaline. Il est également possible de suivre sa genèse et son entrée dans le milieu via ce post.

Pour davantage de posts liés au crime organisé velsnien, aller ici.

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♠♣♥♦ Ce post a un effet de propagande ♠♣♥♦
Parti concerné : Parti Protestant Messaliote
Effet souhaité : Positif (Publicisé par le Consortium Médiatique Messaliote.)
Date IRP du post : 26/08/2018
♠♣♥♦ Ce post a un effet de propagande ♠♣♥♦


Comment S’Occuper De La Nature

Le rapport que notre pays a avec toutes les choses vivantes non humaines est un enjeu crucial. Notre monde est en effet un monde rempli de vie. Il est normal que les Messaliotes débattent quant à l'approche à adopter, car l’environnement a aussi un impact important sur nous, particulièrement à travers notre santé. Alors, quelle est la meilleure manière de gérer l’environnement ?

Il vient toujours la question des industries polluantes, et si elles devraient être bannies. Mais les arguments en faveur ratent quelque chose de fondamental. Ceux qui veulent bannir les usines polluantes veulent empêcher le moindre impact négatif sur le corps humain. Bien que ce soit un but louable, leur but est impossible. Juste par l’acte de vivre, nous abimons nos corps. Lorsqu’on fait du sport, on prend le risque de se blesser car on sait que les bénéfices du sport valent le risque de se blesser de temps en temps. En plus, nous prenons des précautions pour nous protéger lorsqu’on fait du sport. La même chose peut être appliquée aux industries polluantes: on prend des mesures pour diminuer les risques, et on recueille les bienfaits d’une industrie productive.

Les parcs naturels sont un bijou de la Messalie. Ces parcs nous donnent de grands bienfaits. Ils laissent à tous ceux qui les visitent une si belle impression de la nature, avec tant de beaux souvenirs, qu’il est nécessaire de maintenir ces parcs naturels en bonne santé. Au-delà des effets émotionnels sur les visiteurs, les parcs naturels jouent aussi un rôle significatif dans l’éducation. Avec les guides, tous peuvent apprendre tant de choses sur le monde naturel du parc. Et en plus, avec les parcs naturels, l’on apprend tout en pouvant observer. Dans les parcs naturels, l’apprentissage de la biologie est pratique, pas abstrait. Vient ensuite les bienfaits économiques. Les parcs naturels sont en général placés dans des parties du pays qui n’ont pas beaucoup d’autres sources de revenus et d’emplois. Maintenir en bon état les parcs naturels fera en sorte que de nombreux touristes, attirés par la beauté des parcs, visiteront ces lieux isolés de notre pays et créeront ainsi des emplois et revenus.

Quant aux taxes sur les industries polluantes, elles doivent être fixées afin de remplir deux buts: faire payer les pollueurs, sans les mettre à la banqueroute. Les pollueurs doivent payer plus que leurs compétiteurs qui ne polluent pas car les pollueurs causent une défaillance de marché. C'est-à-dire qu’ils font du mal à la santé des citoyens. Pour soutenir le bien commun, il est absolument nécessaire de rendre ceux qui nuisent à la santé des Messaliotes moins compétitifs que leurs compétiteurs non pollueurs. Toutefois, si la taxe sur la pollution devient trop haute, il est possible que des entreprises polluantes tombent dans la banqueroute. Certains seront contents a des tels évènements, mais ils oublient qu’il y a plus à une entreprise que la pollution. Si la taxe sur la pollution est trop haute, les entreprises polluantes, qui d'ailleurs ne sont pas marginales, vont sombrer dans la banqueroute, avec des conséquences négatives qui pèseront plus lourdement que le bienfait de la réduction de la pollution. De telles conséquences incluent la perte d’emplois et de revenus pour les employés des entreprises polluantes, une chute dans la production et donc une hausse des prix, et l’abandon de nombreuses infrastructures polluantes qui deviendront tout à coup inutilisables.

En conclusion, l’interdiction des industries polluantes amènera de nombreux problèmes et peu de bienfaits, les parcs naturels doivent être bien entretenus afin de promouvoir un amour general pour la nature et soutenir économiquement les populations avoisinantes, et les taxes sur les pollueurs doivent être ni trop hautes, ni trop basses. Si vous pensez que de telles positions sont des propositions sensibles et justes, alors votez pour le Parti Protestant Messaliote, car ils sont en faveur de ces idées quant à l’environnement !
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♠♣♥♦ Ce post a un effet de propagande ♠♣♥♦
Parti concerné : Positif pour la faction de Moreira au sein du Parti Républicain, négatif pour la direction actuelle du PR et pour tous les autres partis analysés, potentiellement.
Date IRP du post : 05/09/2018
Médiatisé : Fuite orchestrée dans le journal L'Été républicain.
♠♣♥♦ Ce post a un effet de propagande ♠♣♥♦


En politique, certains silences font plus de bruit que les discours. C'est très exactement le cas de celui qui a suivit la déroute historique des élections municipales, où le Parti Républicain s'est effondré à un score humiliant de 8,6%. La direction du parti semble murée dans une paralysie à la hauteur du désastre. La base militante, elle, est rapidement passé du choc à la colère. Aujourd'hui, cette colère a opté pour une solution de compromis : Maxime Moreira.

Uun document d'une vingtaine de pages circule depuis plusieurs jours au sein des fédérations m. Intitulé "Mémorandum sur la crise profonde du peuple messaliote", ce texte d'une vingtaine de page est attribué à des représentants de "l'aile gauche" historique du parti. Il se présente comme une analyse de la situation actuelle du pays, en faisant de fait une déclaration de guerre à mots couverts contre la direction actuelle et à l'héritage de ces vingt dernières années.

Le mémorandum effectue une autopsie du Parti Républicain lui-même. Qualifiant ses 50 années de règne comme une période de démagogie ayant maintenu une unité superficielle entre des classes aux intérêts contradictoires, l'auteur affirme que la corruption et l'incompétence face à la crise de 2012 étaient l'aboutissement logique de la décomposition d'un parti qui aurait perdu son âme ouvrière au profit des intérêts petits bourgeois.

Le but assumé de l'auteur est de proposer une grille de lecture de l'échiquier politique actuel, et d'en tirer des conclusions stratégiques et électorales claire avant de mener la lutte électorale et militante avec des outils à jour.

Cette fuite orchestrée, qui intervient alors que des sections entières du parti réclamaient un changement de cap, rend la position de la direction plus difficile encore. Certaines sections les plus à gauche du parti, se sentant doublées par les "velsniens", comme on surnomme déjà le mouvement Eurcycommuniste, exigent la tenue immédiate d'un congrès pour redéfinir la ligne Républicaine en conséquence. En attendant, nous publions ci-dessous, dans l'intérêt du débat public, l'intégralité de ce texte.

Le Mémorandum de Septembre

La crise constitutionnelle que traversent les partis historiques de Messalie, et qui est âprement débattue, intéresse les observateurs les plus lucides car elle est le reflet d'une crise constitutionnelle bien plus profonde, celle que traverse le peuple messaliote lui-même. De ce point de vue, la crise du Parti Républicain et du Parti Chrétien-Démocrate ne peut être considérée comme un phénomène isolé : elle s'inscrit dans un tableau plus large et plus complet, qui est également lié à l'émergence de nouvelles forces comme le Parti Réformateur, l'Olivier et les Prométhéens.

Les masses n'existent pas politiquement, si elles ne sont pas encadrées par des partis politiques. Les mutations d'opinion qui se vérifient au sein des masses sous la pression de forces économiques déterminées sont interprétées par les partis, qui d'abord se divisent en tendances, puis se fragmentent en une multiplicité de nouveaux partis organiques. À travers ce processus de désarticulation, de néo-association et de fusion entre homogènes, se révèle un processus plus profond et intime de décomposition de la société démocratique messaliote, pour le reclassement définitif des classes dans une lutte pour la conservation ou la conquête du pouvoir d'État et de son emprise sur les fonctions de production.

Durant la période d'hégémonie républicaine et jusqu'à la grande crise de 2006-2012, le Parti Républicain représentait la majorité du peuple travailleur, constitué des trois classes fondamentales : les ouvriers, la petite bourgeoisie (urbaine et rurale) et les fonctionnaires. De ces trois classes, seule la classe ouvrière était essentiellement, et donc potentiellement, révolutionnaire, les deux autres classes n'étaient que des soutiens « conjoncturels » du système. Elles étaient les bénéficiaires du « pacte social républicain », acceptant le statu quo en général, en raison des sentiments de stabilité et de prospérité qui s'étaient accumulés depuis les années 60.

Puisque le Parti Républicain était majoritairement composé d'éléments de la petite bourgeoisie et de la fonction publique (dont la mentalité n'est pas très différente de celle de la petite bourgeoisie urbaine), il ne pouvait manquer d'osciller et d'hésiter face à la crise, sans programme clair ni précis, sans direction, et surtout sans conscience des forces économiques mondiales qui frappaient à la porte. La crise financière, et les scandales de corruption des Nagy-Bocsa et Soledano, avaient déjà trouvé les Républicains non préparés, en pleine crise de conscience face aux premières secousses de la contestation populaire. La fin de l'ère républicaine, scellée par l'instauration de la Troïka, a complètement fait s'évanouir le Parti Républicain, les sentiments révolutionnaires et les croyances infantiles sont complètement tombés, les souffrances de la crise étaient en partie apaisées (on ne fait pas une révolution avec seulement des souvenirs du passé), le nouveau régime de la Troïka, soutenu par le capital étranger, paraissait fort et l'opposition était anéantie. Les anciens dirigeants républicains affirmaient que penser à une alternative était de la folie.

Durant cette période, seule une minorité du parti, formée par les éléments les plus avancés de la bourgeoisie intellectuelle et financière, ne renonça pas à son point de vue libéral et mondialiste, ne fut pas démoralisée par les événements quotidiens, et ne se laissa pas tromper par les apparences de robustesse et d'énergie de l'ancien État républicain. C'est ainsi que se forma le Parti Réformateur, la première organisation autonome et indépendante de la nouvelle bourgeoisie technocratique, de la seule classe essentiellement et en permanence acquise à la mondialisation.

Le Parti Réformateur n'est pas devenu immédiatement le parti des masses. Cela prouve une seule chose : les conditions de grande démoralisation et de grand découragement dans lesquelles les masses se sont retrouvées à la suite de l'échec politique des anciens partis face à la crise. La confiance dans la plupart des cadres a été perdue : ceux qui avaient été exaltés sont maintenant regardés avec dérision. Les sentiments les plus intimes et délicats de la conscience populaire ont été brutalement souillés par ces cadres. L'appareil du parti est devenu sceptique et corrompu dans son repentir de son passé socialiste.

Immédiatement après, les masses se sont détournées du Parti Républicain, se sont segmentées, liquéfiées et dispersées. La petite bourgeoisie qui sympathisait avec le républicanisme, sympathise désormais avec l'Olivier ou les Prométhéens, les agriculteurs, désormais sans soutien au sein des partis traditionnels, se sont repliés sur le Parti Chrétien-Démocrate. Mais cela ne se passe pas sans conséquences : cette confusion des anciens effectifs du Parti Républicain se déverse d'un côté vers les nationalistes, et de l'autre vers les réformateurs.

Le Parti Chrétien-Démocrate s'était rapproché du Parti Républicain lors des élections législatives. Les listes chrétiennes-démocrates recueillaient des centaines et des milliers de voix d'électeurs républicains déçus. Objectivement, ce processus de rapprochement entre une partie de la droite et les déçus de la gauche représente une transformation. La classe paysanne s'unit et acquiert la conscience et la notion de sa solidarité diffuse, brisant l'enveloppe religieuse dans le champ chrétien-démocrate, brisant l'enveloppe de la culture laïcarde de la petite bourgeoisie dans le champ républicain. En raison de ces tendances des effectifs ruraux, le Parti Chrétien-Démocrate s'est davantage éloigné de la classe ouvrière industrielle et a donc rompu son fort lien unificateur qui semblait avoir été créé entre la ville et la campagne. Comme ce lien n'était pas une réalité, aucune conséquence négative n'est ressortie de cette situation. Un réel avantage semble évident : le Parti Chrétien-Démocrate a entrepris une forte oscillation vers des thèmes sociaux et cherche à se moderniser, il finira ainsi par rompre avec l'ancienne droite et entrera de manière décisive dans le champ de la lutte des classes, affaiblissant ainsi considérablement l'hégémonie bourgeoise.

Le même phénomène se profile dans le camp nationaliste. La petite bourgeoisie urbaine, renforcée par tous les déserteurs du Parti Républicain, a tenté après la crise de tirer parti de la capacité organisationnelle et de l'action militante acquises durant les grandes manifestations. Les souffrances et les désillusions pendant la crise avaient créé de forts sentiments de rébellion anti-gouvernementale au sein de cette classe, qui a perdu, après l'instauration de la Troïka, son unité. Elle s'est dispersée dans les divers partis de masse, y apportant des ferments de rébellion mais aussi des incertitudes, des oscillations et de la démagogie. Alors que la force du Parti Républicain s'effondrait, cette classe s'est rapidement réorganisée et a reconstitué ses formations militantes et s'est organisée nationalement au sein de l'Olivier et des Prométhéens. La petite bourgeoisie urbaine, jouet entre les mains des grands investisseurs étrangers et des forces les plus rétrogrades, s'est alliée aux propriétaires terriens et a brisé, aux dépens de ces derniers, les organisations paysannes. L'émergence de ces nouvelles forces signale le point d'arrêt de cette politique aveugle et désastreuse pour la petite bourgeoisie urbaine, qui a vendu son "droit d'aînesse" pour un plat de lentilles. Si l'Olivier continuait ses expéditions punitives contre les symboles du capital étranger, la population se rallierait en masse à l'hypothèse d'une défaite des réformateurs. La petite bourgeoisie ne gagnerait certainement pas le pouvoir, mais les grands actionnaires étrangers et les grands propriétaires terriens le feraient. L'Olivier et les Prométhéens se rapprochent ainsi du socialisme d'antan tandis que la petite bourgeoisie tente de rompre ses liens avec la grande propriété et tente d'avoir un programme politique qui finit par ressembler étrangement à celui des républicains de la vieille époque.

Et voilà la situation des masses messaliotes, une grande confusion créée par l'unité superficielle forgée par l'ère républicaine et personnifiée dans le Parti Républicain, qui est en grande confusion et trouve des points de polarisation dialectique dans le Parti Réformateur, organisation indépendante de la bourgeoisie mondialisée, dans le Parti Chrétien-Démocrate, organisation des paysans conservateurs, et dans l'Olivier et les Prométhéens, organisations de la petite bourgeoisie. Le Parti Républicain, qui durant son apogée représentait la démagogie de ces trois classes de travailleurs, est aujourd'hui la victime la plus exposée et la plus méritoire du processus de désarticulation (pour un nouvel équilibre définitif) que les masses messaliotes entreprennent en conséquence de la décomposition de la démocratie.

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Parti concerné : Parti Protestant Messaliote
Effet souhaité : Positif (Publicisé par le Consortium Médiatique Messaliote.)
Date IRP du post : 15/09/2018
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Sur Quoi Devrait-On Modéliser Notre Société ?

Tout le monde a des valeurs sociétales qui lui tiennent à cœur, et tout le monde veut voir ces valeurs appliquées aux institutions de notre société. Mais parce qu’on est jamais d'accord sur quelles sont ces valeurs qui devraient être gravées dans la loi, nous nous retrouvons avec un grand débat public sur ce sujet. Mais quelles devraient être ces valeurs ?

L’immigration est un phénomène très intéressant, étant responsable du mélange de cultures différentes, comme la culture velsnienne ici à Messalie. Il est important d’abord de reconnaître que malgré les discours de l’Olivier, l’immigration de masse n’existe pas à Messalie aujourd’hui, et elle n’a jamais existé de mémoire récente. Bien que la xénophobie ne soit pas une bonne chose, comme les pays, le nôtre ne devrait pas accepter trop d’immigrants. Lorsque l’on choisit quels immigrants accepter, il faut accepter en priorité les immigrants qui ont une bonne éthique de travail et qui seraient prêts pour trouver un emploi dans notre économie. Par exemple, s’il y a un immigrant qui n’a pas les bonnes capacités pour trouver un emploi, et qui souhaite immigrer en Messalie, ca ferait du sens de ne pas l’accepter, car une fois en Messalie, l’immigré peinera à trouver du travail, ce qui le mettrait en pauvreté, une chose que l’on devrait éviter.

Dans notre République, certains veulent donner le droit de vote aux étudiants et aux chômeurs. Une des supposées conséquences positives d’un tel changement serait un plus fort taux de participation aux élections. Je pense que malgré les bonnes intentions des soutiens de cette idée, l’idée ne conduira à aucun bénéfice pour augmenter le taux de participation aux élections. Si l’on regarde la vie des chômeurs et des étudiants, on peut voir qu’elles sont très chargées. Les étudiants passent leur temps à étudier, tandis que les chômeurs sont constamment à la recherche d’un emploi. Cela les laisse sans beaucoup de temps libre qu’ils pourraient utiliser pour s’informer pour pouvoir voter aux élections. Bien évidemment, quelqu’un qui ne connaît pas très bien l’offre électorale décidera probablement de se tenir à l’écart et de ne pas voter. Donc il n’y aurait pas une grande participation électorale de ces groupes si on leur donnait le droit de vote. Ceux qui veulent donner le vote aux chômeurs et aux étudiants font comme si ces deux groupes étaient exclus du fonctionnement de notre République. Cette idée est fausse et propage l’idée que la démocratie, c’est juste voter une fois quelques années. Alors que dans une démocratie, il y a tant d’autres actions que l’on peut faire. On peut signer des pétitions, manifester, et débattre de la politique. Juste parce que les chômeurs et les étudiants ne peuvent pas voter ne signifie pas qu’ils ne peuvent pas participer à la démocratie. S’ils réussissent à se trouver du temps, ils participeront aux pétitions, manifestations et débats dans la rue comme tout autre citoyen.

La laïcité actuelle dans notre pays est une laïcité de séparation, or, il serait mieux pour la Messalie si notre laïcité devient une laïcité de reconnaissance. Qu’est ce donc cette laïcité de séparation ? Pour faire simple, la laïcité de séparation est une forme de laïcité qui prône une séparation très stricte entre l'État et la religion. Ceci est exprimé à travers la non-reconnaissance des différents cultes par l’État, et l’interdiction du port de symboles religieux dans les bâtiments publics. Inversement, la laïcité de reconnaissance ferait en sorte que les différents cultes soient reconnus, et que tous soient libres de montrer leur affiliation, ou non, à une religion. Pourquoi faudrait-il que les cultes soient reconnus par l’État ? Très simplement, les religions existent, et ont un impact sur la société dirigée par l’État, comme le montre Secours Catholique. Pourquoi autoriser le port de symboles religieux dans les bâtiments gouvernementaux ? Lorsque l’on porte un symbole religieux, on exprime un amour envers notre dieu ou dieux, qui ne fait du mal à personne. Porter une croix autour du cou par exemple, ne blesse personne et ne devrait pas être interdit. Porter un symbole religieux ne peut pas intimider non plus. Même s’il y a une foule qui porte le signe d’une religion, la foule ne peut pas être menaçante envers les membres d’autres religions car ce qui fait d’une foule une menace, ce sont les menaces, les injures, le risque de violence physique. Aucun duquel n’est créé par le port d’un symbole religieux. Mais cet arrangement ne serait-il pas une pente glissante vers une fin de la laïcité ? Non, car même si l'état reconnaît des cultes, car elles existent et ont un impact, cela ne signifie pas pour autant que l’état collaborerait ou favoriserait une des religions. Donc un tel modèle de la laïcité ne saurait en aucune sorte le début d’une dérive vers la théocratie.

En conclusion, pour avoir une société avec de bonnes valeurs, il faut avoir des migrants qui peuvent contribuer à l'économie, un maintien des règles électorales actuelles, et une réforme de la laïcité. Si vous pensez que de telles propositions sont sages, alors votez pour le PPM qui milite pour ces positions !
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Parti concerné : Parti Protestant Messaliote
Effet souhaité : Positif (Publicisé par le Consortium Médiatique Messaliote.)
Date IRP du post : 25/09/2018
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Le Parti Protestant Messaliote Tient Tête Face À La Menace De Vera

Récemment, sur le réseau social international qu’est Écho International, le dirigeant de la Youslèvie, Hemeraldo Vera a affirmé son soutien pour “la libération de la Messalie des ses menaces existentielles, qui sont par conséquent une menace pour nous même. Je pense notamment à l’Olivier qui va bientôt faire un coup d’État, il nous faut les détruire.”. Cette déclaration inquiétante, bien qu’elle soit faite sur un réseau social, ne devrait pas être prise à la légère, car Vera est le chef d’État d’un pays membre de l’ONC et bien plus puissant que la Messalie. Nous allons d’abord déchiffrer le poste de Vera, ensuite examiner les réactions du Parti Protestant Messaliote, et puis observer les réactions de la scène politique messaliote en général.

Tout d’abord, le poste de Vera comporte plusieurs mensonges grossiers. Il prétend que les menaces existentielles seraient aussi existentielles pour la Youslèvie. Or, si jamais l’Olivier devait prendre le pouvoir, une possibilité qui s’éloigne de plus en plus considérant leur chute récente dans les sondages, la Messalie ne pourrait jamais être une menace pour la Youslèvie car les pays ne sont pas voisins, et la Messalie ne sera jamais assez puissante pour menacer la Youslèvie. De plus, Vera ose prétendre que l’Olivier prépare un coup d’État. Or, il n’y a aucune preuve de cela, et vraisemblablement, Régis Tomaso n'essaiera pas de faire ça, juste au moment où l’Olivier a pris un coup brutal dans le sondages et que le parti ne dispose pas d’une force paramilitaire forte. Le poste de Vera nous permet de discerner assez aisément ses intentions: celui d’un contrôle plus ou moins avoué sur la Messalie. La nature vague de sa déclaration laisse deviner que Vera serait prêt à utiliser un grand nombre d’armes pour prendre contrôle de la Messalie, allant de moyens pacifiques a des moyens militaires, avec pour prétexte de mater l’Olivier, et potentiellement d’autres “menaces existentielles”, étant donné qu’il les a adressés au pluriel, suggérant la présence en Messalie de menaces autre que l’Olivier. Mais pourquoi devrait-on prendre ce fou d’extrême droite au sérieux ? La raison est très simple, si la Youslèvie décide de s’attaquer à la Messalie, sous prétexte de “libération”, il y aura très peu de choses pour l'arrêter. De l'harcèlement de sa part ne rencontrerait aucune opposition, étant donné la petite importance de la Messalie sur la scène internationale malgré la vague d’investissements étrangers. Et une attaque militaire n’aurait personne pour la condamner, étant donné que les camarades onéciens de la Youslèvie la protégeront. Il est aussi intéressant de noter dans ce poste de Vera l’hypocrisie typique de l’extrême droite exposée aux yeux du monde entier. En effet, d’habitude, lorsque l’extrême droite parle de politique étrangère, elle parle toujours de l’importance, du statut primordial de la souveraineté nationale, qui ne saurait être subordonné à autre chose. Or, voici que Vera menace ouvertement la souveraineté nationale d’un pays proche, un acte hypocrite typique de l'extrême droite.

En réaction à ce poste de Vera, le Parti Protestant Messaliote a courageusement confronté Vera pour ses propos scandaleux, mais il a fait plus. Le PPM, sachant qu’avant une intervention militaire, la Youslèvie utiliserait probablement d’abord des moyens de corruption et autres moyens non-violentes d’influencer le gouvernement messaliote, a décidé de lancer une pétition réclamant de nouvelles mesures contre la corruption, afin de contrer toute tentative de la part de Vera d’influencer subtilement la politique messaliote. Cette demande vient dans un temps où la population a une vue défavorable du parti au pouvoir, (comme démontré par les sondages défavorables aux Réformateurs), les tenant en partie comme étant corrompus, avec le souvenir de la grande vente du patrimoine messaliote étant frais dans les mémoires de tous. Une autre pétition parallèle réclame que le gouvernement oriente sa politique étrangère afin de prendre en compte la menace de Vera qui plane sur la Messalie. En plus de ces deux pétitions, des manifestations dans ce sens ont eu lieu devant le Parlement appelant aux parlementaires de prendre action pour protéger la Messalie de la “libération de la Messalie”, envisagée par Vera.

Au sein même du Parti Protestant Messaliote, cette nouvelle a eu un effet important, bouleversant l’idée dominante du parti envers la politique extérieure. Auparavant, le PPM souhaitait la neutralité, en dialoguant avec toutes les puissances, mais en ne s’attachant pas trop avec aucun. Maintenant, une majorité du parti estime plutôt que face à la menace youslève, il faudrait chercher à nouer des liens forts avec de nombreux puissances étrangères, afin de rendre l’attaque d’une puissance, tel que la Youslèvie, sur la Messalie intolérable à d'autres pays qui auront intérêt à empêcher la Messalie de tomber sous le giron youslève. Un défaut de cette idée dénoncé par certains dans le Parti Protestant Messaliote est qu’il est possible que le grand nombre de nations partenaires se mettent ensemble pour interférer dans la politique messaliote, une situation théorique encore pire que l’actuelle. Malgré cette critique, le nouveau plan fait maintenant consensus au sein du PPM.

Si l’on observe les réactions de la part des acteurs de la scène politique messaliote quant à cette menace de Vera envers la souveraineté messaliote, l’on peut observer deux choses. D’abord, la belle initiative justifiée du Parti Protestant Messaliote qui fut suivie d’une déclaration similaire de la part du Parti Chrétien-Démocrate met les deux partis du côté de la souveraineté nationale, et en opposition à l'attitude agressive et mensongère de Vera. Ensuite, nous avons un lourd silence de la part de L’Olivier, qui ne se montre pas très soucieuse de défendre la souveraineté de la Messalie dans ses affaires, même quand le parti est explicitement ciblé par Vera, “Je pense notamment à L’Olivier”, et accusé de fomenter un coup d’état, “L’Olivier qui va bientôt faire un coup d’état”. Ce silence est inexplicable, car, malgré l’affinité idéologique entre Régis Tomaso et Vera, ce dernier semble être antagoniste envers L’Olivier. Nous n’avons pas d’explication certaine, autre que peut-être le L’Olivier ne prend pas au sérieux les menaces envers la souveraineté nationale, et s’en fiche complètement si ladite souveraineté est piétinée, préférant attaquer les investissements étrangers qui ont augmenté notre croissance, et les hordes d’immigrés Wanmiriens qui n’existent pas. Heureusement pour nous, nous avons d’autres partis actifs, tel que le PPM, sur lesquels ont peut compter pour nous défendre des prétentions agressives illégitimes de Vera.
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Storiavoca, l'entretien historique et archéologique a écrit :

Scaela, Déria, Lograno, Youslévie, bientôt la Messalie: Le monde fortunéen et le populisme, une Histoire ancienne ?

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Il est 9h, bienvenue sur Storiavoca, votre cours d'Histoire, présenté par Paolo Bastiano.



Bastiano: Chers auditeurs bonjour, et bienvenue à notre rendez vous hebdomadaire avec l'Histoire, toujours en lien avec l'actualité du moment: connaître l’Histoire pour mieux comprendre le monde d'aujourd'hui. Populisme, c'est un mot qui marque depuis toujours l'imaginaire politique velsnien, et plus largement du monde fortunéen dans son ensemble. Comment définir ce mouvement ? Dans quelles circonstances apparaît-il ? Doit-on parler d'un courant politique unique ou davantage d'un mode d'action politique ? Quels enseignements pouvons nous tirer de nos régimes politiques lorsque nous voyons la récurrence à laquelle ces figures charismatiques émergent, que ce soit à Velsna ou Fortuna ? Aujourd'hui encore, le populisme semble nous rattraper: des personnages comme Altarini, Déria ou Lograno en seraient les dernières itérations d'un grand mouvement de fond historique, et Messalie pourrait bien en être la dernière victime en date, avec l’apparition du mouvement politique de l'Olivier. Avec nous pour décrypter ce phénomène nous accueillons un historien, Theodoros d'Apamée, auteur de l'ouvrage "Quand Fortuna a inventé le populisme", publié l'année dernière aux éditions PAF.

D'Apamée: Bonjour Paolo, c'est un plaisir d'être ici aujourd'hui.

Bastiano:
Vous êtes Maître de conférence à l'université civile d'Apamée et avez consacré une bonne partie de votre carrière à cette thématique. Quand on voit les évènements qui ont secoué Velsna en 2014, puis Fortuna, la Dodécapole et Messalie aujourd'hui, vous devez trouver un grand interêt à suivre la politique, je me trompe ?

D'Apamée: *rire* Oui, bien sûr. On ne peut pas nier que les phénomènes que l'on observe aujourd'hui sont le résultat d'évolutions politiques, qui pour certaines se font sur le temps long, voire très long. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il s'agit là d'une tradition politique, étant donné qu'on peut s'interroger sur la pertinence du concept même de tradition, mais on peut tout à fait relier la manière dont des personnages politiques récents conçoivent la politique, à cette série de mouvements velsniens et fortunéens que l'on a associé au populisme.

Bastiano: En premier lieu, et pour partir sur de bonnes bases, nous pourrions nous interroger sur la définition que l'on donne au populisme, et comment celui s'est matérialisé dans la cité velsnienne depuis ses origines. Quand on prend, mis out à bout, des individus d'actualité comme Lograno à Volterra, l'Olivier en Messalie, Déria à Fortuna ou Scaela à Velsna, pouvons nous parler de véritable mouvement politique unifié ?

D'Apamée: Le populisme qu'est-ce que c'est... On va commencer par la réponse simple, et qui dans le fond ne répond pas à toutes vos questions. Dans les grandes lignes, cela désigne un ensemble de discours, de pratiques et de mouvements mettant en avant une distance entre le pouvoir en place et le "peuple". Il s'agit avant tout de pointer du doigt la dysmétrie des interêts de ce peuple, ce mot ayant un grand nombre de significations, et les élites politiques qui sont les représentants de ce système. Ce type de mobilisation repose le plus souvent sur le sentiment que le peuple serait exclu de l’exercice effectif du pouvoir politique par des élites politiques, économiques, médiatiques, culturelles et intellectuelles. Alors, cette définition, certes, elle correspond dans les grandes lignes aux pratiques politiques des personnages que vous venez de citer, mais comme vous le voyez, il nous manque des éléments de réponse: on ne peut pas mettre Déria, Scaela, Lograno et Altarini dans un même sac et dire: "c'est les mêmes". Ce qui intéresse en premier lieu, c'est de savoir ce qui permet l'ascension de ces personnages, et surtout, de savoir pourquoi c'est dans nos pays: Velsna, Fortuna, Youslévie, Messalie... qu'il existe une vraie tendance à l’émergence de ces figures politiques.

Bastiano: Dans votre ouvrage, vous dires en effet que ce que vous nommez le "populisme fortunéen" ne date pas d'hier, et qu'il est concomitant du caractère profondément verrouillé du système politique de la cité fortunéenne, telle qu'elle existe à Fortuna, Velsna etc...

D'Apamée: Oui tout à fait, il est possible de remonter la naissance des populismes à Velsna au lendemain des Guerres celtiques par exemple, où on note l’apparition de grandes figures tribuniennes qui viennent soulever des problématiques sociales existantes et auxquelles le Sénat velsnien ne semble pas avoir la réponse, c'est le cas du problème récurrent de la distribution des terres très inégales ayant suivi la conquête de l'Achosie, et qui provoquent une révolte généralisée en plaine velsnienne que l'on nomme "Guerre sociale". Il ne s'agit pas de la seule cause du conflit, il y aussi la question de l'obtention de la citoyenneté velsnienne à l'ensemble des cités soumises au Sénat des Mille, mais c'est la Guerre sociale qui démontre de manière magistrale le rôle du peuple dans la République, et son pouvoir, surtout. En effet, si le populisme a un si grand succès sous nos latitudes, c'est avant tout parce que le système politique fait tout pour favoriser son apparition, même si celle-ci bien entendue, est involontaire. Le système politique, que ce soit à Velsna, Fortuna ou en Messalie, est marqué par une très forte méfiance envers les masses populaires, et on peut tout à fait affirmer que l'Oligarchie, si elle n'est pas exclusive à toutes les cités, y est le mode de gouvernance dominant, quoi qu'on dise des réformes récentes à Velsna. Cette incapacité de représentation d'une partie du peuple velsnien, fortunéen ou messalien, beaucoup de citoyens en ont conscience, et ils vont donc devoir trouver une parade au fait que leurs interêts ne semblent pas pris en compte. C'est là où le peuple a une toute autre fonction à Velsna qu'il n'en a dans les pays onédiens, par exemple. Il y a une tendance naturelle pour les citoyens velsniens à s'organiser en contre-société afin de préserver au mieux leurs interêts, et cela, des figures politiques comme Altarini l'ont très bien compris.

Bastiano: Pourtant, des gens comme Altarini, socialement parlant, paraissent aux antipodes des électeurs qui suivent le plus ce genre de personnes qui sont issues elles-mêmes des élites politiques qu'elles dénoncent la plupart du temps ?

D'Apamée: Oui, vous avez raison, mais l'un n'empêche pas l'autre. Finalement, cela fonctionne comme un contrat entre deux interêts différents, mais qui se rejoignent au moins de manière momentanée: un groupe sous-représentant se cherche un porte-voix, et un aristocrate franc-tireur se cherche une base de pouvoir qu'il pourra construire à partir de ce groupe. VOus prenez l'exemple d'Altarini, qui est symptomatique du phénomène. Il s'agit d'un membre de la très vieille aristocratie sénatoriale aux discours quasi-réactionnaires, mais son mode de communication politique prend totalement à rebours les autres membres de cette élite conservatrice: Altarini est tout aussi conservateur qu'eux, mais sa base de pouvoir est complètement nouvelle, quasi révolutionnaire. Il ne va pas changer d'un iota son programme, mais son mode d'action se tourne quasi entièrement vers le peuple. Altarini fait très peu de discours au Sénat, et montre peu de respect vis à vis des instances existantes: il court-circuite ces dernières en éliminant les intermédiaires entre lui et le "peuple". Et cela, c'est la caractéristique principale de TOUS les populismes existants dans le monde fortunéen.

Bastiano: Cela rejoint vos propos dans votre ouvrage, arguant que le populisme fortunéen finalement, n'est pas tant un parti qu'un mode d'action...

D'Apamée: Du moins c'est l'enseignement que j'en tire: un mode d'action servant à court-circuiter les institutions légales de manière systématique, avec en option, un discours à la portée sociale qui puisse permettre de dresser le peuple comme un contre-pouvoir efficace. On peut le dire: Lograno et Altarini par exemple, n'ont absoluement pas la même ligne politique. Altarini entend user la fibre populiste dans un agenda réactionnaire, et ses discours sous-tendent presque une volonté de restaurer un état passé de la République. Lograno, lui, ce n'est pas du tout sa priorité: lui veut se faire système lui-même, et il revendique la refondation totale de toutes les structures politiques qu'il touche de près ou de loin, autour de sa personne. Les populistes ne constituent pas un parti politique au sens moderne du terme, mais une tendance au sein du clivage majeur animant les luttes politiques et sociales fortunéennes, permettant aux acteurs politiques de se situer face au conservatisme de leurs institutions. A Velsna, c'est ce que l'on appelle les "princes", qu'importe leur ligne programmatique. Que l'on se le dise, le populisme n'est absolument pas exclusif à Fortuna, on trouve ces mouvements dans la plupart des pays eurysiens, mais c'est sa manifestation qui est singulière. Ce qui rend le populisme fortunéen caractéristique, c'est l'exacerbation outre mesure du césarisme, de la recherche obsessionnelle de l'Homme providentiel, qui viendra sauver la cité de ses errements. A l'étranger, ce césarisme se couple de la mise en avant d'idéologies comme le fascisme, mais l'évolution politique des cités fortunéennes fait que cette option n'est pas forcément viable dans des sociétés où le concept d'état-nation n'existe pas, et où les particularismes locaux et sociaux sont la règle. Le idéologies qui font donc usage du populisme sous nos latitudes sont donc des fourres-tout que l'on construit autour d'un individu salvateur, et qu'ils peuvent re-théorisé encore et encore lorsque la situation évolue. C'est bien différent de ce que l'on peut voir en Eurysie de l'est, avec les régimes fascistes et communistes dont l'approche de la politique est beaucoup plus rigide. Si demain, Salvatore Lograno changeait radicalement de programme, je ne pense pas que l'on verrait la différence: l'Homme et sa "vision" comptent bien davantage qu'une quelconque plateforme de propisitions concrètes.

Bastiano: Dans votre ouvrage, vous mentionnez en dernière partie le fait que la Messalie pourrait bien être la prochaine victime de ces mouvements. Pourquoi donc ?

D'Apamée: La Messalie, je pense, porte en elle les conditions idéales de la constitution d'un régime populiste tel qu'il est conçu dans le monde fortunéen. En premier lieu, on a là un régime de nature oligarchique et censitaire, qui de plus, évolus dans un contexte de crise sociale et politique latente. Un régime, donc, dont la légitimité prête à question auprès d'une part non négligeable de la population, qui est de plus en plus frusteée, et dont la frustration n'a aucun moyen d'expression politique réelle. C'est exactement les conditions qui ont permis à des Lograno ou des Scaela d'émerger, et ils e trouve que pour le moment, c'est l'Olivier, qui en a le plus profiter, et qui est en train de s'improviser contre-société. Face à ce mouvement, on a un groupe d'individus au pouvoir qui estime que la Messalie, en tant que régime, n'a absoluement aucun problème, et que le régime censitaire en place n'a aucune raison d'évoluer, qui fonctionne très bien comme il est. Le problème, justement, c'est que ces conservateurs, qu'ils soient au Parti réformateur ou au Parti démocrate chrétien, ne portent en eux aucune contre-proposition concrète, aucun modèle de société alternatif, aucun horizon autre que celui de conserver un système dont 30% de la population messaliote semble exclue. Nous avons donc deux groupes radicalement opposés, les uns porteurs de propositions, les autres sur la défensive. Or, dans cette configuration, ce n'est bien souvent qu'une question de temps pour que le groupe sur l'offensive n'impose son narratif au reste du spectre politique. Le populisme messaliote peut prendre plusieurs formes: un régime crypto-fasciste avec l'Olivier, ou bien un régime plus proche du populisme traditionnel fortunéen ou velsnien, avec une forme de régime césariste à l'idéologie plus "elastique". Dans tous les cas, sauf revirement du comportement des élites, ce sera soit l'une ou l'autre de ces issues qui s'imposera.

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