14/08/2019
20:09:03
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Bureau des Affaires étrangères (diplomatie) - Page 15

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Pour l'ordre du jour du Conseil

Que la Paix d'Allâh soit sur vous.

Madame la Conseillère Linehardt,

Nous fêterons dans quelques semaines les trois ans du 7 octobre 2016, date du bombardement thermonucléaire de la Kabalie par les actionnaires carnavalais, date de fondation de la colonie actionnariale de la Cramoisie.

Depuis cette date, le fil des événements doit être repris pour bien comprendre à quel endroit du récit nous nous situons, et le considérer avec la gravité nécessaire. En ce sens, je souligne à nouveau l'alignement entre nos pays dans le souhait d'obtenir une solution pérenne à ce grave problème, dénoncé par plus de quarante Etats signataires de la Déclaration mondiale sur la Cramoisie.

D'abord, nous constatons que le problème persiste.

Assez récemment, Sa Majesté Royale Louis de Finejouri a manifesté sa solidarité avec l'Azur, ce que le Diwan n'oubliera jamais. Face à la menace d'une frappe mortelle portée par les Lucifériens, par les Dalyoha ou par une quelconque de ces entités étranges et gluantes qui manipulent les armes de destruction massive depuis Carnavale, l'Azur a constaté qu'il pouvait compter sur le soutien de ses partenaires. Cela a consolidé notre réponse, qui a été exemplaire : nous n'avons pas répondu à la menace et nous n'avons en rien infléchi notre attitude. Néanmoins, cela ne signifie pas, malgré l'échéance et le ridicule auquel se livre désormais le Pape Noir luciférien qui nous menace, que tout risque soit écarté. Les colons cramoisiens sont violents et arrogants. Par orgueil ils seraient capables de répéter une troisième fois ce qu'ils ont déjà commis deux fois contre Estham, deux millions de morts, et contre la Kabalie, un million de morts et c'est une fourchette basse. L'Azur ne saurait être leur troisième cible. Pour cette raison, le Diwan vous informe que notre état d'alerte sera prolongé et que nous nous préparons, si nécessaire, à frapper l'ennemi préventivement.

Cette information grave est naturellement confidentielle, mais nous la partagerons avec nos partenaires du Pacte afaréen de sécurité et de la Kabalie unie et souveraine. Mon message pour vous est le suivant : l'Azur n'a véritablement aucun souhait de voir un conflit se déclencher. Cependant, toute mise en cause de notre existence est intolérable et ne sera jamais l'objet d'une négociation. Tant que nous estimerons qu'un risque de frappe existentielle contre notre pays est avéré, nous envisagerons avec évidence et spontanéité d'y répondre par les moyens appropriés, là et quand ce sera nécessaire, tant que ce risque se posera et s'il venait à vouloir se concrétiser. Il est donc essentiel, pour éviter que nous n'ayons à recourir à des mesures expéditives profondément regrettables pour l'ennemi, et dont la portée et l'ampleur resteront pour tous une surprise, que le niveau de risque soit abaissé. C'est par souci de ne voir aucune guerre éclater, mais pour soutenir les processus diplomatiques dans lequel le Finejouri c'est engagé, que je vous informe de ce point et que je sollicite votre aide bienveillante.

Le Diwan attend des excuses officielles et publiques du Pape Noir et le retrait général de ses menaces à l'égard de l'Azur. Nous saurions nous en formaliser. Ainsi que le prévoit le Mémorandum d'application de la Déclaration adopté par le Conseil afaréen de sécurité, nous attendons également que la R.A.D. signe les traités de désarmement chimique que l'Azur a signé, et que bien des pays respectent déjà. Cette signature, qui engage auprès des Etats fondateurs que sont le Kah et l'Organisation des Nations Démocratiques, serait un geste important de la part de la R.A.D. pour lever le risque d'une frappe contre l'Azur. Et dès que ce risque serait levé, nous lèverions évidemment toute pensée de frappe préventive, et nous suspendrions l'alerte générale de nos forces armées qui aujourd'hui surveillent la situation en se préparant à intervenir là et quand ce sera nécessaire pour notre propre survie.

Des solutions diplomatiques demeurent possible.

La R.A.D. n'avait aucune raison de menacer le peuple azuréen d'extermination et le Diwan a sagement refusé de renchérir dans cette escalade. Elle fera preuve de raison en renonçant définitivement à cette menace absurde et inconséquente agitée contre la paix continentale. Elle fera preuve de raison en saisissant les instruments diplomatiques maintes et maintes fois tendus vers elle, aujourd'hui pilotés par le Royaume de Finejouri.

Excellence, le Finejouri préside aujourd'hui le Conseil afaréen de sécurité, avec des réalisations extrêmement importantes, notamment la création prochaine d'une architecture de sécurité continentale que nous appelons de nos voeux. Le Pacte démontre son organisation, sa coordination et son souhait de préserver la paix, et nous voyons la décentralisation du mécanisme de défense comme une sortie salutaire visant à cesser de faire de l'Azur la cible des colons cramoisiens. Il est temps que la Cramoisie réalise qu'elle n'est pas la victime de l'Azur, mais le coupable d'un génocide et d'une colonisation que toute l'Afarée lui reproche, et que pour sortir de cette situation, nous n'avons besoin ni de guerre, ni d'intimidation, mais simplement qu'elle abandonne ses velléités coloniales. Une transition pour la Kabalie est possible.

C'est ainsi dans la continuité des plans, des décisions et de la mission d'observation afaréenne que cette transition, que le Diwan appelle de ses voeux depuis le premier jour, devrait se réaliser. Nous sommes ainsi dépendants de votre bonne volonté pour que la mission d'observation puisse produire des conclusions publiques, et que le Conseil afaréen de sécurité discute collectivement des recommandations à prévoir, en matière de gestion du problème en « Kabalie rouge. »

Le Diwan déplore ainsi que les tromperies se soient multipliées : en matière de résolution du génocide d'abord, sur laquelle Balsilek Ishaq reconnaît une nécessité de justice qu'il traduit de façon scandaleuse par une récompense aux génocidaires. En matière de blocus et de situation économique sur place ensuite, sur laquelle Balsilek Ishaq et une fausse opposition « communiste » fantoche, instrumentalisée et sans aucune perspective alternative réelle, peignent un tableau incompréhensible où les sanctions afaréennes, concrétisées par un dispositif naval azuréen, provoquent une situation humanitaire dramatique. Les communistes kabaliens ont joué un grand rôle pour accuser l'Azur d'un problème interne à la Kabalie, et ils ont confirmé que leur ambition politique n'était nullement de mener une quelconque transition décoloniale en Kabalie. Selon ces soutiens de la R.A.D., l'Azur serait responsable du malheur des Kabaliens : une situation véritablement inquiétante, surtout pour nous dont ce serait un échec. Le Diwan agit depuis le début pour les Kabaliens, et surtout pas contre eux.

Cependant, alors que notre dispositif s'installe dans la durée grâce au ravitaillement que nous avons chez des partenaires locaux, la presse coloniale annonce désormais la fin de la pénurie et le retour à l'abondance. Tout ceci démontre que la République actionnariale est prête à tout manipuler, surtout le récit lui-même qu'elle tord dans le sens le plus impraticable, pour imposer sa présence coloniale à l'Afarée. Ainsi, l'aide humanitaire que nous avions proposé de constituer solidairement et collectivement avec des Etats bien intentionnés inquiets de la situation n'est plus à l'ordre du jour, rendue obsolète par une manipulation mise en évidence. La R.A.D. se joue de tous ses interlocuteurs, c'est une chose, mais elle rend impossible toute interaction sincère. Se faisant, elle détruit la possibilité qu'on la prenne au sérieux autant que les instruments qu'elle brise dans ses manipulations : l'opposition kabalienne, le communisme réduit à un usage opportuniste et campiste, l'empathie pour les Kabaliens, réduite à un pur instrument campiste également, et la Déclaration elle-même, dont la fausse opposition radienne dit se réclamer alors qu'elle en piétine l'esprit. Tout ceci est écœurant, mais appartient déjà au passé.

Le Diwan a aujourd'hui la conviction que des solutions peuvent être mises en oeuvre. La première d'entre elle vient d'une proposition de la République de Baskonia, qui vous a été faite en tant que présidents du Conseil afaréen de sécurité, pour qu'une conférence de la paix puisse avoir lieu en incluant les Etats afaréens et le régime actionnarial.

Le Diwan, ainsi qu'il va le confirmer au Pacte afaréen de sécurité, est favorable à la tenue de ces discussions, et souhaite que le Pacte afaréen de sécurité puisse décider collectivement d'une proposition concrète qu'une délégation représentative pourra y faire, pour concrétiser la nécessaire et inéluctable transition décoloniale du régime actionnarial vers un Etat kabalien réunifié avec la R.U.P.K. Cette réunification peut impliquer plusieurs phases et un calendrier long, dans lequel les revendications légitimes des habitants actuels de la R.A.D. peuvent naturellement trouver une réponse. En ce sens, nous allons signifier à la R.U.P.K. notre souhait de travailler à cette solution, et dans tous les cas, de démontrer la solidarité afaréenne pour la paix en lui donnant l'assurance que l'Azur, et le Pacte éventuellement, seront du côté de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.

Ce travail peut commencer et nous souhaiterions, en tant qu'Etat membre du Conseil, le porter à l'ordre du jour pour discussion avec nos partenaires. Naturellement, le Diwan tient à ce que ce travail s'inscrive dans la continuité de ce qui a été acté à l'unanimité du Conseil lors des précédentes étapes, et notamment la mission d'observation aujourd'hui en cours dans la R.A.D., menée par votre gouvernement et celui de l'Althalj. Nous espérons que des conclusions définitives pourront venir compléter vos conclusions préliminaires pour servir de base commune de compréhension sur ce qui peut être fait et proposé lors d'une conférence de paix en Baskonia, en vue d'instaurer une transition et une paix fiable, durable, solide et juste. Car c'est bien de justice, du retour à l'équilibre, de la fin de l'exploitation coloniale au profit d'une gestion équitable, respectueuse et compatible avec les valeurs humanitaires afaréennes, ainsi qu'avec l'intérêt et la sécurité de l'Afarée, qu'il faut partir pour la paix. En ce sens, loin des caricatures qu'on fait de lui, soyez assurés que le Diwan est prêt à la discussion et n'a aucune intention de faire dévier personne d'un objectif central et commun : une paix réaliste et durable, pleinement stabilisée.

Nous espérons donc que le gouvernement de Sa Majesté royale voudra bien étudier la proposition azuréenne et mettre à l'ordre du jour de nos débats la participation du Pacte afaréen de sécurité à une conférence de la paix sur la Kabalie. Nous notons l'importance de la mission d'observation pour que ce travail diplomatique puisse commencer. Nous soulignons également que l'Azur, fidèle à ses engagements, a rendu cette mission possible depuis le début, qu'il l'a soutenue, qu'il a respecté la confidentialité et la discrétion que vous désiriez, qu'il a refusé deux fois toute escalade, et que s'il se tient désormais prêt à parer un coup avec férocité, il reste profondément attaché à une solution diplomatique pacifique, dans laquelle il ne revendique aucun rôle particulier, ni celui de chef, ni celui de porte-parole, ni celui de donneur d'ordre. Nous appelons de nos voeux une paix meilleure que celle que veulent imposer des actionnaires colonialistes mal intentionnés et irrespectueux. Avec votre soutien nous pouvons avancer sur ce dossier.

Je vous prie, Excellence, d'accepter les salutations respectueuses du Diwan.

L’écureuil dit : multiplie tes cachettes, et ta vie sera longue.
Proverbe tamasheq
https://i.imgur.com/HgV3HhF.pngAmastan Ag Amenay
Ministre des Affaires étrangères
04.08.2019
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