15/08/2020
15:32:27
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Bureau des Affaires étrangères (diplomatie) - Page 16

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Bannière de correspondance - Brigade Jaguar Paltoterran.

De : Sebastián De Bosdavàs, Président Directeur Général et actionnaire principal du Jaguar Paltoterran.
A : Sa Majesté Louis II Roi du Royaume de Finejouri

Votre Majesté,

La franchise qu'il m'est nécessaire de vous partager est possiblement mon meilleur gage d'estime. Nous savons le Prince Mutarrif ibn Saadin encore une cible fragile et ne pouvons que vous dissuader d'entamer une rencontre en présentiel qui soit de nature à favoriser son élimination, activement recherchée par le renseignement bajusid et les autorités gouvernementales. Toutefois nous vous l'avons dit, nul doute que ce dernier pourra trouver votre écho à travers son comité de soutien à l'international dont ses membres les plus éminents nourrissent assurément des contacts avec lui.

Pour en revenir à nos affaires, le Jaguar Paltoterran ne saurait plus conditionner la paix régionale à un maintien au pouvoir de l'usurpateur Joubair Toulali et ses toulalistes. Nous entendons par conséquent organiser son retrait du pouvoir, avec la force et la détermination que son jusqu'au boutisme nous imposera.

Avec toutes mes amicales et respectueuses pensées,

Sebastián De Bosdavàs,
Président Directeur Général et actionnaire principal du Jaguar Paltoterran


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De : Mourad El-Moustaoui, directeur de campagne et président du comité de soutien au Prince Mutarrif ibn Saadin.
A : Madame Linehart, Conseillère royale aux affaires étrangères de Sa Majesté, Royaume de Finejouri.

Madame,

Le regard lucide dont vous nous gratifiez pour parler de l'inaction politique globale ayant entouré cette crise électorale au lendemain de mon élection légitimement reconnue par le Conseil Constitutionnel, trouve ma compréhension la plus totale et éloigne le spectre de tout grief à votre égard. Nous imaginons la difficulté qui est celle de soutenir des équilibres régionaux et obligations diplomatiques, nous imposant la prudence et l'attentisme. Cette réserve, précédemment entretenue par votre Majesté, est le gage que vous ne vous êtes pas précipitées à donner un nombre garantis au gouvernement toulaliste. Déjà en son temps, à l'heure des camps de travaux forcés au sein des usines chimiques calabristes, nous n'avions pas soulevé foules. Un mal nécessaire, nous n'en doutons plus, pour forger les hommes et les femmes de conviction appelés à diriger ce pays. La crise et les violences qui ont frappé le Bajusid sur l'année écoulées ne sont finalement que les conséquences d'un balbutiement démocratique mal maitrisé et face auquel le Conseil Constitutionnel nous reconnait ds axes d'amélioration tangibles. Une expérience amère mais aussi à même de mobiliser les foules autour de nos lents acquis. La modération et les discussions, lorsqu'elles se prolongent ad vitam eternam, sont toujours interprétés comme une permission "tacite" à poursuivre leur forfaiture.

Nous entendons aussi votre opposition la plus ferme aux récents actions conduites sur le territoire bajusid, ne me laissant que le choix de rappeler que c'est l'une d'elles qui a aujourd'hui permis au Prince Mutarrif ibn Saadin de quitter sauf, sa famille et lui, le Bajusid. Bien loin de nous sera en effet l'idée selon laquelle ces opérations seraient minimisées. Ces interventions, guidées par une force paramilitaire, ont néanmoins permis de défendre un processus vertueux visant à lutter contre l'oppression croissante d'un président autoproclamé dans son maintien. Le Bajusid est un territoire souverain et celui-ci doit s'affranchir du concours de puissances étrangères. Mais le Jaguar Paltoterran est à ce jour le combustible ayant permis à la flamme de notre mouvement de jaillir, de notre président de vivre !

Les objectifs du Prince Mutarrif ibn Saadin ne souffrent d'aucun ambage, au travers d'une première allocution, relatant sa légitimité pleine et entière à se faire l'unique représentation présidentielle bajuside, pour dérouler un programme de réinvestissement économique et de réaffirmation politique plébiscité à l'issue du dernier scrutin. Mais nul doute que vous tireriez profit à partager celui-ci de vive voix le sujet avec lui. Cependant, la possibilité donnée de faire entrer le Prince Mutarrif ibn Saadin en Finejouri ou encore celle de vous mettre en contact avec lui là où il se trouve, pâtit de quelques interdits opérationnels. S'agissant désormais d'une cible privilégiée, à abattre pour la présidence Toulali qui n'aura plus aucune raison de passer le pouvoir, si le seul individu en légitimité pour lui succéder est déjà décédé. Dans ces circonstances, convenons que nous puissions nous rencontrer vous et moi afin d'organiser la tenue d'un échange en visioconférence. Mais s'il fallait devancer ses réponses, nous conviendrons que notre parti ambitionne le déploiement de son programme et l'arrestation de Joubair Toulali pour l'étendue des crimes qu'il a infligé, par conviction et négligence faites à mon pays.

Très respectueusement et amicalement vôtre,

Mourad El-Moustaoui,
Directeur de campagne et président du comité de soutien au Prince Mutarrif ibn Saadin.

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Au sujet de la transition politique au Bajusid

A l'attention de Son Excellence, Madame la Conseillère royale Linehardt

Que la Paix, la Bénédiction et la Miséricorde d'Allâh soient sur vous.

Excellence, le Diwan souhaite vous solliciter rapidement et dans l'urgence, suite aux informations que nous venons de recevoir de l'Afarée occidentale. L'Azur, qui y est déployé depuis plusieurs mois par la présence de sa marine de guerre dans le cadre de la lutte contre les trafics illégaux de la Cramoisie, suit avec intérêt et inquiétude l'évolution d'une situation locale qui est de plus en plus risquée, au point d'appeler à des décisions promptes et fortes aujourd'hui.

La situation au Bajusid est celle de l'usurpation d'une élection présidentielle par l'administration sortante. Le président Jabair Toulali, qui peut être reconnu pour certains mérites, a indiscutablement perdu le droit, au regard de la Constitution bajuside elle-même, à gouverner le pays ; depuis lors, les revendications de Mutarrif Ibn Saadin, candidat élu et figure de la lutte anticoloniale à l'époque du Kronos et de la Listonie, sont des plus fondées et des plus légitimes. Dès lors, le Diwan considère que l'arrivée au pouvoir présidentiel au Bajusid d'Ibn Saadin est inéluctable.

Dans cette situation d'usurpation électorale et de profonde division sociale dans le pays, une radicalisation de l'affrontement s'est produite, par le recours, décidé par les Saadin, à une force mercenaire privée, le Jaguar paltoterran. Cette compagnie est la plus puissante dans sa catégorie, elle possède une force militaire aéronavale supérieure à celle de plusieurs Etats combinés. Les renseignements azuréens jugent que le risque de déstabilisation est d'autant plus élevé qu'il met en mouvement des moyens militaires considérables et inédits pour la région, même tenue compte de la crise cramoisienne voisine.

Dans ce contexte urgent, l'Azur a pris la décision de mobiliser son destroyer et navire-amiral, l'ACS Ghazî, pour réaliser l'interposition entre la flotte jaguarienne et les défenses côtières fidèles au régime. Ce geste vise à pacifier une situation d'escalade, en vue d'intercepter les projectiles et aéronefs qui pourraient, de part et d'autre, occasionner des dégâts supplémentaires. Ce déploiement vise également à assurer à l'opinion publique bajuside que ni l'Azur, ni l'Afarée ne détournent leur regard de la situation, et que ce problème est désormais classé parmi nos affaires les plus importantes.

Du fait de l'urgence, je n'ai pu solliciter la délégation au Conseil afaréen de sécurité pour proposer la tenue d'un débat sur ce sujet. Nous restons ouvert à la critique a posteriori. Dans l'immédiat, il paraît urgent de déployer une action concrète sur le terrain.

Premièrement, nous vous proposons d'organiser un dialogue parallèle et coordonné avec Mutarrif Ibn Saadin d'une part, et Jabair Toulali d'autre part, en vue d'assurer les modalités d'une transition pacifique du pouvoir. Nous proposons, pour cela, que le Finejouri déploie à nos côtés des moyens militaires maritimes et éventuellement aériens, en vue de sécuriser la région, de rejoindre par ailleurs la surveillance de la région pour lutter contre les trafics cramoisiens, et de créer les conditions de cette transition. Je vous annonce que je pars moi-même, à bord du dirigeable officiel du Diwan, le Topaze, en direction du Bajusid pour rencontrer Mutarrif Ibn Saadin et faire le point sur la situation. Je vous propose avec urgence que vous puissiez, Excellence, vous joindre à moi, de sorte que nous arrivions ensemble sur le terrain et abordions cette discussion de manière pleinement coordonnée et alignée. Les moyens aériens du Finejouri, pour sécuriser notre déplacement et notre atterrissage au Bajusid, seront plus que bienvenus afin de réitérer la crédibilité de nos engagements.

Deuxièmement, je vous propose d'admettre le principe d'une transition politique qui assure au président sortant, Jabair Toulali, ainsi qu'à sa famille et à ses plus proches, une exfiltration discrète et un exil pacifique dans un pays neutre, par exemple en la république de Messalie, confirmant la confiscation de ses biens au Bajusid, le démantèlement de l'arsenal militaire de ses soutiens, et son renoncement officiel au pouvoir. Le régime sortant étant aboli, l'installation du régime de Mutarrif Ibn Saadin serait à coordonner avec lui, et à nos yeux doit veiller à des problématiques sécuritaires incontournables, telles que l'inclusion des populations beïdanes marginalisées par le régime précédent, le rejet de toute normalisation avec l'entité cramoisienne jusqu'à ce qu'une solution validée par le Pacte afaréen de sécurité soit trouvée en la matière, et le renoncement à des purges sanglantes contre les soutiens toulalistes, au profit de l'application de la justice constitutionnelle du Bajusid.

Troisièmement, je vous propose de gérer la question de la présence du Jaguar paltoterran, compagnie de mercenaires particulièrement sensible eut égard à sa participation à des crimes de guerre et des crimes contre le droit maritime avérés ces dernières années, avec vigilance et prudence. Il me paraît réaliste de considérer que le Jaguar, en tant que force militaire fidèle au président élu face à une administration qu'il convient de nettoyer de ses éléments corrompus, continuera à jouer un rôle dans la sécurité au Bajusid. Néanmoins, en tant que responsables de la sécurité afaréenne, et notamment vous, en tant que commandeur de la zone de sécurité d'Afarée occidentale selon notre propre dispositif de défense, il convient d'obtenir des gages sérieux et crédibles d'une bonne coordination à long terme avec cet acteur. Pour cela, il me semble absolument central d'inclure le Jaguar à une stratégie commune intégrant la gestion du dossier cramoisien, les équilibres avec les territoires coloniaux de la pointe de la péninsule (enclaves velsniennes et kah-tanaises sensibles), et la sécurité dans le golfe de Guadaires, espace maritime important pour le commerce maritime mondial. De ces points, il faudra convenir avec Mutarrif Ibn Saadin à l'occasion de la rencontre que nous espérons tenir avec lui, et avec vous, Excellences.

Je me tiens à votre disposition pour une réaction rapide, dans cette situation d'urgence.

L’écureuil dit : multiplie tes cachettes, et ta vie sera longue.
Proverbe tamasheq
https://i.imgur.com/HgV3HhF.pngAmastan Ag Amenay
Ministre des Affaires étrangères
15.02.2020
3516
sigle

Au sujet de notre coopération pour le Bajusid

A l'attention de Son Excellence Madame la conseillère royale Linehardt

Que la Paix d'Allâh soit sur vous.

Excellence, le Diwan reconnaît la parfaite entente de vues entre nos deux pays sur le dossier bajusid et se réjouit de notre capacité à répondre ensemble, malgré l'urgence et la complexité de la situation, en vue de résoudre la crise. Naturellement, le Diwan et le Gouvernement royal partagent ainsi l'objectif d'une transition politique rapide, complète et pacifique permettant l'accès à la fonction présidentielle de Mutarrif Ibn Saadin, reconnu légitime par la Cour constitutionnelle du Bajusid elle-même.

Je me prépare à arriver dans la région avec l'intention de manifester dans la même clarté cette intention mutuellement affirmée ici, en vue de lui confirmer le soutien de nos Etats. De même, je vous confirme que nous nous rejoignons aussi dans l'analyse et les nuances qu'appellent cette action diplomatique. En particulier sur la place future du Jaguar paltoterran, qui est un enjeu important à la fois pour assurer la stabilité intérieure du Bajusid, mais aussi l'équilibre sécuritaire régional. En ce qui nous concerne en Azur, nous nous référerons au choix de Son Altesse Princière pour définir notre position. La compagnie du Jaguar paltoterran, en tant qu'entité privée, représente un acteur inédit dans la région, un de plus. Il sera opportun d'aborder avec elle le mode non seulement de coopération, mais surtout de contractualisation, qui est à envisager au vu de nos lignes rouges stratégiques pour le continent.

L'Azur considère que l'adhésion du Bajusid au Pacte afaréen de sécurité représente la meilleure option collective, mais celle-ci est une décision qui appartient au Bajusid lui-même. Dans l'intervalle, il nous paraît inenvisageable de ne pas, au préalable, définir un cadre réellement fiable au moins avec les Etats du Pacte volontaires à nos côtés, et au minimum avec le Finejouri et l'Azur, quitte à faire entériner ce cadre par le Pacte dans un second temps. Vu la rapidité de l'évolution de la situation locale, nous devons nous tenir prêts à des discussions urgentes et exigeantes, en n'hésitant pas à traiter des sujets de fond.

Enfin, je vous confirme, du fait de la réalité sur le terrain qui donne aux forces de Son Altesse Princière, grâce aux mercenaires, un atout considérable, que l'Azur ne compte assurément pas dicter les modalités de la transition politique. Si une offre d'exfiltration a été faite au Président Jabair Toulali, celle-ci ne vise qu'à sauvegarder le principe d'une médiation, étant entendu qu'à défaut de restituer pacifiquement le pouvoir, cet usurpateur ne risque que de prolonger dans le sang un régime qui n'a de toutes façons qu'une très courte espérance de vie. Cette proposition que nous avons faite ne préjuge nullement de notre ingérence dans la transition politique, laquelle nous refusons : l'Azur ne se préoccupe que des impacts extérieurs de la situation intérieure, et ne se transformera certes pas en acteur local à Tarrin.

En cela, nos deux gouvernements sont à nouveau parfaitement alignés.

Enfin, Excellence, je vous remercie au nom du Diwan pour la mise en rapport de l'AWACS de Sa Majesté Finejourienne avec notre propre flotte militaire présente dans la région. Cette couverture radar et les données de surveillances seront tout à fait précieuses pour consolider notre action, le rôle du Finejouri est déterminant dans la sécurisation de la situation. Afin d'assurer une parfaite compréhension de l'engagement azuréen, et en vue de coordonner notre action, je vous confirme que le Diwan se tient prêt à envoyer quelques aéronefs au Finejouri, et si nécessaire, après sécurisation des aérodromes, au Bajusid, afin de sécuriser le déploiement du dirigeable Topaze. Néanmoins, notre préférence reste que le Finejouri conserve le leadership en matière aérienne sur la situation. Je me tiens à votre disposition pour rectifier ce qui doit l'être.

L’écureuil dit : multiplie tes cachettes, et ta vie sera longue.
Proverbe tamasheq
https://i.imgur.com/HgV3HhF.pngAmastan Ag Amenay
Ministre des Affaires étrangères
17.02.2020
548
logo Ukarani wa Mambo ya Nje

Jean-Baptiste Dzila, Ministre des Affaires étrangères de la République du Zafongo

Bonjour madame. Le Zafongo vient d’acquérir en Eurysie cinquante mille armes légères d’infanterie, destinées à nos troupes. Nos cieux, hélas, manquent encore d’ailes assez larges pour les ramener : deux appareils de transport tactique nous font défaut. Votre royaume, que l’on dit généreux avec ses voisins comme avec ses amis lointains, pourrait-il faire le transfert et ramener les armes au Zafongo le temps d’un aller-retour ? Nous n’oublions jamais un service rendu, et saurions le rendre à notre tour, sous quelque forme qui vous conviendrait.
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logo Ukarani wa Mambo ya Nje

Jean-Baptiste Dzila, Ministre des Affaires étrangères de la République du Zafongo

Bonjour. C’est avec un plaisir immense, et une profonde gratitude, que le Zafongo accepte votre généreuse proposition. Vos appareils de transport pourront se poser à Ménaka, notre capitale, où nos services les accueilleront dans les meilleures conditions. La marchandise à récupérer se trouve Vrediad en Capitalia. En remerciement pour leur ravitaillement durant cette mission, nous vous faisons d’ores et déjà parvenir 1000 unité monétaire. Permettez-nous, à présent, de vous rassurer quant à la situation dans le Luba : nos forces y tiennent fermement la main, ayant repoussé les rebelles jusqu’à la frontière du Makeba au cours d’une vaste opération menée en ce début d’année, et nous demeurons résolus à achever nous-mêmes cette entreprise jusqu’à son terme. Cela étant dit, si votre gouvernement souhaitait malgré tout, par pure bonté et solidarité envers un allié, nous venir en aide plus concrètement, nous accueillerions avec la plus grande reconnaissance l’envoi d’appareils dédiés à des frappes aériennes contre les derniers foyers de résistance au sud du Luba ceux-ci pourraient alors être accueillis sur la base aérienne de Mateta. Nous tenons cependant à préciser que cette décision vous appartient entièrement, et que nous saurons mener cette guerre à son terme quelle que soit votre réponse.
4609
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Au sujet de la rencontre au Bajusid

A l'attention de Son Excellence Madame la Conseillère royale Linehardt

Que la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction d'Allâh soient sur vous.

Excellence,

Le Diwan a noté avec intérêt l'évolution de la situation au large du Bajusid, impliquant, ce 15 février, le déploiement d'une escadre finejourie. 11 navires, dont un porte-avion entièrement équipé, viennent confirmer décisivement l'engagement du Royaume de Finejouri pour une transition politique stable au Bajusid, et pour prévenir l'embrasement d'une situation locale qui inquiète légitimement les acteurs régionaux. Par ailleurs, l'avion de surveillance radar déployé par l'armée de Sa Majesté complète la couverture de la zone, et met le Finejouri en situation de contrôler la situation et son évolution.

Excellence, conformément à nos échanges précédents, je vous confirme que le Diwan considère partager à cent pour cent les options du Royaume et se prépare à une action parfaitement coordonnée. Ainsi, je vous prie de bien vouloir me confirmer que les échanges de données et de communications entre l'ACS Ghazî et l'escadre du Finejouri sont en place, de façon à compléter ces échanges déjà installés avec l'AWACS royal, et de sorte à ce que notre destroyer puisse s'insérer en parfaite coordination avec la flotte finejourienne, en vue d'assumer une posture cohérente en cas de trouble et d'action à mener.

La situation présente est la suivante : le Diwan avait déployé le destroyer ACS Ghazî en vue de réaliser une interposition entre la flotte du Jaguar paltoterran, dévoué au président légitime du Bajusid Mutarrif Ibn Saadin, et les forces du régime, loyales au gouvernement en place issu d'un coup d'Etat anticonstitutionnel présidé par Jabair Toulali. Cette interposition était à nos yeux nécessaire vu le risque d'escalade entre les deux parties nommées. Cette escalade, aujourd'hui, est toujours en train de se poursuivre.

J'ai donc proposé à Monsieur al-Mustawi, second du Prince Saadin, l'organisation d'une rencontre physique comptant le Prince, vous-mêmes, et moi-même, incluant éventuellement, si nos interlocuteurs en manifestent la nécessité, un représentant technique de la société de sécurité privée engagée par le Prince. Ceci, vous l'avez confirmé, est en accord avec votre propre vue sur la situation, et cette rencontre est la bienvenue. J'ai précisé au comité de soutien du Prince que l'interposition azuréenne durerait jusqu'à ce qu'un accord précisant les engagements de toutes les parties, et notamment ceux qui sont nécessaires pour faire aboutir la transition politique, soit partagé. Cet accord, mettant à plat l'ensemble des points qui sont à discuter en vue de réussir cette transition que nous appelons de nos voeux, me paraît absolument essentiel pour que le soutien du Diwan à la cause saadienne soit durable et concret : nous avons besoin, alors que les inquiétudes liées aux incidents survenus à Cherasi se multiplient, de prendre des décisions sur des bases claires et tangibles. Cet accord est également indispensable au Prince, qui revendique depuis plus d'un an et demi une légitimité présidentielle que l'élection de 2018 lui a donnée, mais qui doit entretenir son image auprès de la population : le recours à des mercenaires, s'il est sans doute très efficace d'un point de vue militaire, est en revanche compliqué à assumer sur le plan politique. Le risque est que la population bajusid ressente une forme de réactance suite à de malheureuses images où des commandos étrangers commettent des actes de violence sortis de leur contexte sur le sol national et envers des soldats engagés sous la bannière patriotique. Cette réactance serait dévastatrice pour le clan Saadin et dommageable à notre propre engagement vis-à-vis du Prince. L'Azur ne peut être associé à de pareilles images, c'est pourquoi un accord politique est central dans la situation, et qu'avant qu'il soit formalisé, l'interposition entre le Jaguar et les toulalistes doit être effective.

En ce sens, je tiens d'abord à savoir si le Finejouri souhaite que l'Azur renforce sa présence dans la zone, au cas où vous partageriez ce point de vue. L'Azur, qui est un pays pacifique et voué à l'autodéfense, ne possède que moins de navires que le Finejouri, et aucun navire de projection tel qu'un porte-avion ; mais nous pouvons surveiller la mer depuis le fond des océans. Si c'est nécessaire, nous le mettrons en oeuvre sans difficulté, car le moment paraît délicat et nécessite une parfaite coordination entre nous.

Je gage que notre interposition et le besoin collectif d'un accord accélère l'adoption d'une référence commune entre nous et Mutarrif Ibn Saadin. Cet accord est nécessaire pour tout le monde. Je pense qu'il ne sera pas difficile à entériner d'ailleurs. Voici, Madame la Conseillère, les propositions que l'Azur souhaiterait poser sur la table, à mettre en coordination avec le Finejouri. Dès que ce sera convenu entre nous, je pourrais venir à bord du dirigeable Topaze pour vous cueillir à Fastinaï et nous acheminer vers le point de rendez-vous final avec le Prince et ses services.

Message secretInformation secrète réservée aux personnes autorisées
J'espère que ces propositions intéresseront le gouvernement royal. Votre retour sera accueilli avec intérêt, en vue de confirmer notre parfaite coordination avant la rencontre.

L’écureuil dit : multiplie tes cachettes, et ta vie sera longue.
Proverbe tamasheq
https://i.imgur.com/HgV3HhF.pngAmastan Ag Amenay
Ministre des Affaires étrangères
16.02.2020
67
J'ai édité le message au lieu d'en poster un nouveau, du coup le contenu est perdu :'D
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ÉMETTEUR :
Commissariat aux Affaires Extérieures du Grand Kah


DESTINATAIRE :
Finejouri
Mdm Linehart, conseillère au prêt de Sa Majesté sur les affaires étrangères


HORODATAGE
<15:18:33 / 25-06-2020 >

_____________

AUTEUR
-
Citoyen Mojiz al-Makki,
Au nom des Commissariats aux Affaires Extérieures de la Ligue d'Afarée Occidentale et des Zones Autonomes Démocratiques du Somagoumbé, et du Grand Kah

OBJET DE LA TRANSMISSION :
Accords de Gokiary

Madame la Conseillère,

Message secretInformation secrète réservée aux personnes autorisées

Pour le reste, la diligence avec laquelle le Royaume de Finejouri aborde cette nouvelle ère de notre coopération honorent votre nation.

Concernant le volet sécuritaire et le traité de défense mutuelle, nous acceptons volontiers la charge d'en rédiger la première ébauche et à ce titre soyez assurée que l'Union ne conçoit pas l'asymétrie matérielle comme un motif de subordination. Au contraire puisque le rôle de notre puissant arsenal a toujours été de protéger nos alliés, où qu'ils se trouvent. L'Union apporte son parapluie technologique et militaire, le Finejouri apporte son ancrage territorial, sa fine connaissance du terrain et sa légitimité diplomatique continentale.

Et c'est dans cette optique que nos services se sont attelés à la rédaction de la première mouture du texte fondateur de notre alliance.

Vous trouverez ci-joint la proposition de traité. Comme convenu, il s'agit d'un document de travail ouvert à vos amendements.

TRAITÉ DE GOKIARY
TRAITÉ DE GOKIARY
Pacte de Défense Mutuelle et de Partenariat Stratégique entre le Royaume de Finejouri et l'Union des Communes du Grand Kah

PRÉAMBULE

Le Royaume de Finejouri et l'Union des Communes du Grand Kah,
Constatant l'aggravation des menaces asymétriques, coloniales et technologiques pesant sur la stabilité du continent afaréen,
Rejetant fermement l'impérialisme, qu'il soit d'origine extra-continentale ou motivé par des ambitions hégémoniques régionales,
Désirant préserver la souveraineté, l'intégrité territoriale et le droit au développement pacifique de leurs peuples respectifs,

Ont convenu des dispositions suivantes :

Article 1 :
Le Royaume de Finejouri et l'Union des Communes du Grand Kah établissent un pacte de défense mutuelle. Les Parties s'engagent à maintenir et à développer leurs capacités individuelles et collectives de résistance contre toute attaque armée, menace balistique, biologique, chimique ou cybernétique.

Article 2 :
Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une d'elles, ou contre ses forces publiques, navires ou aéronefs dûment identifiés dans la région d'Afarée Occidentale, sera considérée comme une attaque dirigée contre les deux Parties.
En cas d'une telle agression, la Partie non attaquée assistera la partie attaquée en entreprenant aussitôt, individuellement et d'accord avec l'autre partie, l'action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité de la région.

Article 3 :
Reconnaissant les disparités actuelles en matière d'équipements militaires et stratégiques, l'Union des Communes du Grand Kah s'engage à fournir au Royaume de Finejouri un parapluie stratégique", ici définit comme une couverture radar, le partage de systèmes d'interception anti-aérienne et anti-missile, soutien naval de dissuasion.

Il est strictement convenu que tout déploiement de matériel, de conseillers ou de forces kah-tanaises sur le sol souverain du Finejouri se fera exclusivement sur requête du gouvernement du Finejouri. Les forces kah-tanaises opérant en soutien sur le territoire ou dans l'espace aérien du Finejouri seront placées sous la coordination stratégique de l'État-Major royal afin de garantir la souveraineté absolue du Finejouri sur ses terres.

Article 4 :
Les Parties actent la création d'une cellule de liaison de leurs services de renseignement, hébergée à Gokiary. Cette cellule a pour mission le croisement en temps réel du renseignement kah-tanais et du renseignement finejourien. Les informations échangées dans ce cadre sont classifiées au niveau le plus élevé de secret d'État de part et d'autre, et ne peuvent être divulguées à des États tiers sans l'accord unanime des deux Parties.

Article 5 :
Les Parties rejettent l'aventurisme militaire et privilégient la pression et la dissuasion, et afin de garantir que leur alliance demeure un instrument de stabilité, les Parties s'engagent à ne mener aucune opération militaire offensive unilatérale d'envergure en Afarée de l'Ouest sans une concertation diplomatique préalable et exhaustive avec l'autre Partie.

Article 6 :
Le présent Traité n'affecte en rien les engagements diplomatiques multilatéraux existants des deux Parties. Le Royaume de Finejouri conserve sa pleine indépendance dans la gestion et la présidence du Pacte Afaréen de Sécurité et de ses autres obligations. L'Union du Grand Kah maintient ses propres engagements internationaux.


Madame la Conseillère, nous considérons que cette mouture protège le Finejouri de toute tentative d'ingérence tout en lui offrant la garantie sécuritaire de l'Union. Nous sommes cependant ouverts à toute modification ou ajoutde votre part. Et si d'aventure vous seriez ouverts à des partenariats plus large que la région Afaréenne, on m'a assuré que vous pourriez compter sur le vif intérêt d'Axis Mundis.

Je tenais aussi à saluer à titre personnel votre choix d'établir votre ambassade à Gokiary : c'est en effet un symbole puissant. Après tout, en choisissant cette enclave vous reconnaissez l'ancrage légitime du Grand Kah sur le continent afaréen, et nous ne saurions suffisamment vous vous en remercions à une époque où certains tendent à réduire nos communes à des colonies occupées depuis l'extérieur. En tout cas nos services logistiques sont d'ores et déjà mobilisés pour préparer des locaux dignes de la représentation royale finejourille.

Enfin pour conclure, le Commissariat aux Affaires Extérieures valide sans réserve la proposition de communiqué conjoint proposée. Les termes choisis répondent parfaitement aux exigences de l'heure. La condamnation implicite de "l'escalade précipitée et de la naïveté diplomatique" résonnera sans aucun doute dans les chancelleries s'étant dernièrement illustrées par leur propension à l'égarement.

Dès réception de cette missive, les services de la Convention Générale se synchroniseront avec ceux de votre gouvernement pour une publication simultanée de ce communiqué sur nos canaux officiels respectifs. Nous avons aujourd'hui fait des avancées historiques, et je pèse mes mots, pour nos deux pays.

Dans l'attente de vous lire concernant la première ébauche du traité de défense, je vous prie de transmettre à Sa Majesté Louis II l'assurance de notre plus haute considération.

Salut et fraternité.

_
CITATION DU JOUR
« Celui qui se hâte de blâmer les fautes d'autrui sans corriger les siennes bâtit sur le sable. »
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UNION, GLOIRE, LIBERTÉ OU LA MORT.
4199
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Attention à un risque sanitaire en Qabalie occupée

A l'attention des services diplomatiques du Royaume du Finejouri

Que la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction d'Allâh soient sur vous.

Excellences,

Le Diwan adresse par ma voix ses salutations respectueuses à l'égard de Sa Majesté Royale du Finejouri. Pendant que nos deux pays poursuivent une coopération juste et pacifique, orientée vers les solutions pragmatiques et désirables que la diplomatie peut donner, les fruits de notre coopération paraissent à leur mûrissement. Qu'il est sage celui qui plante tôt ! Sous votre présidence le Pacte afaréen de sécurité s'est renforcé de nouveaux projets communs ; et les dossiers afaréens cessent de déraper dans le chaos militaire, la voix des Etats du continentaux est désormais prise en compte. Les oreilles s'affûtent pour en capter jusqu'aux nuances. Voilà quel immense triomphe nos pays peuvent-ils mettre à leur crédit !

Oui, s'autocongratuler est important car si vous ne le faites pas, peu le font à votre place, à part nos mamans peut-être. Quoi qu'il en soit, je souhaite attirer votre attention vers une affaire jusqu'ici mineure et qui, je l'espère, le restera. Le Bureau des Enquêtes a lu dans la presse cramoisienne que des « épandages d'ammoniac » étaient prévus par la République actionnariale dans le désert pour le quinze août, d'ici quelques jours — à peine le temps, je le crains, que nous ne puissions agir.

L'ammoniac est un engrais mais c'est aussi une substance dangereuse pour les êtres humains, qui brûle, dessèche et empoisonne quand les organismes y sont exposés. L'annonce de la R.A.D. ordonnant aux populations risquant d'être exposées de se rassembler dans des « abris » sous contrôle du régime, nous craignons que ces dispositions n'indiquent que les Lucifériens ne s'apprêtent à utiliser en masse et de façon dangereuse des produits toxiques qui exposent la population à un danger — surtout la population qui ne saurait pas lire les consignes ou bien les comprendre, ou qui, craignant le régime ou refusant de s'y soumettre comme de nombreux Qabaliens le font déjà, ne serait pas à l'abri au moment des épandages.

Que ces épandages aient lieu pour une politique agricole dont on perçoit mal la rationalité est une chose — les Carnavalais, qui constituent l'essentiel des colons, sont des gens excentriques. Que ceux-ci puissent mettre en danger des populations, en particulier les Qabaliens autonomes qui revendiquent leur existence et leur droit à l'autodétermination depuis le génocide, en est une autre. Je gage que nous saurons faire la part des choses.

Afin de simplifier votre action diplomatique, et malgré les pressions assourdissantes du mouvement anticolonial en Azur, je vous prie, Excellences, de bien noter que le Diwan préfère laisser le champ d'action libre au Royaume du Finejouri pour que la République actionnariale du Désert rouge n'épande rien ni sur des gens qui n'ont pas à se soumettre à des consignes de sécurité dont on ignore la fiabilité, ni sur des terrains agricoles réels ou supposés dont la propriété revient sinon au peuple qabalien, du moins à des propriétaires fonciers qui jouiront d'un droit de propriété reconnaissable en tant que tel après qu'une justice en ait décidé ainsi — de même, il serait inconcevable qu'un projet agricole agressif couvrant des actes dangereux tels que des épandages sauvages puisse trouver une quelconque légitimité alors qu'aucun cadre clair n'en indique les contours aux citoyens du régime de la R.A.D. eux-mêmes. Le Diwan n'est fermé à aucun argument et considère avec intérêt les programmes de verdissement du désert rouge, mais il considère qu'il ne faut pas brusquer une situation délicate. Par ailleurs, nous trouvons intéressante la proposition de certains nomades rebelles, qui envisagent un programme réel de reconstruction écologique égalitaire et pacifique pour leur pays. Peut-être cette idée pourra-t-elle recueillir votre intérêt ?

Depuis des mois, les patients efforts du Finejouri et de l'Althalj à travers la mission d'observation sont vus par le Diwan comme le moyen de créer un lien ténu de confiance avec le régime luciférien. J'espère que ce lien fragile pourra être actionné pour éviter un drame sanitaire et assurer les autorités coloniales que tout sera possible une fois que la situation aura été éclaircie. De mon point de vue, il n'y a nulle urgence à tenter un programme agricole risqué et illégitime : la mission d'observation, qui se déroule avec patience pour montrer l'état réel des choses dans le pays, doit rester notre boussole commune. Si nous perdons ce fil ténu, les choses seraient infiniment plus compliquées.

Je me tiens à votre disposition pour vous aider en quoi que je puisse, bien qu'en matière de diplomatie vis-à-vis de la R.A.D., le Finejouri est bien mieux outillé que le Diwan.


L’écureuil dit : multiplie tes cachettes, et ta vie sera longue.
Proverbe tamasheq
https://i.imgur.com/HgV3HhF.pngAmastan Ag Amenay
Ministre des Affaires étrangères
30.07.2020
971
BALSILEK ISHAK

BALSILEK ISHAK

Chère madame Linehart,

Je tiens à vous rassurer, cette opération d'épandage s'inscrit dans la suite des initiatives engagées par mon gouvernement pour détoxifier le désert rouge à l'aide de la phytoremédiation. Autrement dit, nous testons de nouvelles stratégies de dépollution en faisant pousser des plantes capables d'absorber les métaux lourds présentent dans les sols. L'épandage d’ammoniaque est un prérequis pour leur permettre de grandir dans un sol peu fertile.

Concernant l'épandage, il aura lieu dans plusieurs lieux tests du désert éloignés des colonies. Pour le reste, nous avons lancé une campagne d'information d'un mois à l'aide de drones qui volent h24 au dessus de ces zones et procéderons, à termes, à la mise en sécurité des nomades restant par un déploiement de gendarmerie. L'épandage durera deux jours, après quoi nous pourrons commencer à l'ensemencement et rouvriront les zones au passage.

La grande transformation du désert exige un peu d'organisation, mais grâce à nos efforts, il refleurira bientôt.

Ainsi parle Balsilek Ishak,
PDG-Protecteur du désert rougeCRAMOISIE©
Kabalie rouge
4054
sigle

Des précisions sont poliment indispensables

A l'attention des services diplomatiques du Royaume du Finejouri

Que la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction d'Allâh soient sur vous.

Excellences,

Je vous remercie d'avoir bien voulu confirmer certains points sur les « épandages » envisagés par le régime luciférien en Qabalie occupée. Cependant, des précisions demeurent indispensables pour qu'il soit clair que les intentions de ce régime sont pacifiques. Grâce aux bons rapports entretenus avec la R.A.D., le Finejouri est en mesure d'obtenir ces précisions.

D'abord, il semble que la R.A.D. se trouve dépourvue de compétences agronomiques, ce qui soulève des questions sur sa capacité à mener quelque reconstruction écologique que ce soit. Si des rumeurs rapportent que la filiale Dalyoha locale aurait fait faillite, il convient de rester prudent de bien vérifier certains points essentiels. En premier lieu, l'utilisation d'ammoniac sur la poussière aride et contaminée du désert n'a aucune chance d'être un levier technique pertinent pour la phytoépuration. Semer des engrais sur un sol stérile n'est pas une manière scientifique de le préparer pour des ensemencements. Il faut de l'eau, de l'énergie, du travail mécanique et humain. Ainsi l'utilisation directe d'ammoniac est inutile, et en tant que telle, suspecte.

Les moyens déployés par la R.A.D. ne sont pas conformes au bien-être et au libre-arbitre des populations exposées. Celles-ci n'ont pas été consultées et ne sont pas d'accord avec la pulvérisation de produits toxiques, ni n'ont le devoir d'accéder aux consignes d'un régime dangereux.

La notion de déploiement de gendarmerie que vous relayez est inquiétante. Bien que les fantasmes de rafles de civils continuent à hanter les rêves des génocidaires, ceux-ci ne devraient aucunement être négligés par le Pacte afaréen de sécurité. Quelle gendarmerie existe chez les Lucifériens, sinon les milices génocidaires que Balsilek Ishaq a publiquement dit couvrir de sa protection ? Cette gendarmerie n'a aucune légitimité à faire exécuter des ordres de capture ou de contrôle de la population nomade. Tout ce qui y ressemblerait devrait au contraire nous alerter au plus haut point. Je vous prie de bien vouloir vérifier aussi vite que possible qu'aucune personne n'a été capturée et empêchée d'aller librement. La concentration de détenus par cette gendarmerie illicite serait une reprise irréversible de l'escalade militaire entre le régime colonial et la résistance kabalienne.

Enfin, le Diwan est surpris que l'initiative soit considérée comme valable. Il faut pourtant assurer aux Kabaliens une justice matérielle ; non des « réparations » strictement symboliques ou charitables, mais une restitution véritable de la propriété foncière et du pouvoir politique, passant par une réorganisation du pouvoir. Ceci est le processus nécessaire pour mettre fin à la période coloniale. Il est impensable qu'aucun des travaux envisagés par les colons soit légitimé par le Pacte ; ce serait reconnaître la validité de la colonisation et l'impunité du génocide, des crimes qui doivent s'arrêter. Les euphémismes de vos interlocuteurs en matière de gendarmerie, d'abri et d'agriculture peuvent dissimuler des rafles, des camps de concentration et des attaques chimiques. C'est pourquoi la présence d'observateurs sur le terrain est indispensable, et ces observateurs doivent pouvoir rédiger des rapports précis, fondés non sur des euphémismes mais sur une réalité précisément décrites avec un regard critique.

Excellences, l'Azur soutient la mission d'observation comme moyen d'élucidation de la situation réelle et de dialogue avec le régime colonial. Nous devons actionner ce levier pour obtenir des précisions et des corrections quant aux « épandages » envisagés. Si ceux-ci se déroulent dans les circonstances qui vous ont été indiquées, nous craignons qu'il ne s'agisse de nouveaux crimes commis à votre insu. Je vous prie de bien vouloir considérer cette alerte car le Diwan n'accorde sa confiance qu'à des procédés diplomatiques crédibles, ce dont la R.A.D. a toujours cruellement manqué malgré la tempérance et la bienveillance du Pacte.

Quant à votre second sujet, je vous répondrai prochainement. Soyez assuré que nous suivons la situation de près et que nous ne sommes nullement négligents. Les intrigues les plus secrètes, nous les avons torpillées ; de même nous veillerons avec vous à ce que tout demeure clair, lisible et vertueux. Notre rôle n'est cependant pas de tout contrôler. Comme à son habitude, le Diwan jouera de bienveillance et de rigueur en se fiant à ses proches alliés.


L’écureuil dit : multiplie tes cachettes, et ta vie sera longue.
Proverbe tamasheq
https://i.imgur.com/HgV3HhF.pngAmastan Ag Amenay
Ministre des Affaires étrangères
13.08.2020
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