04/12/2019
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Activités étrangères à Messalie - Page 18

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Taylor et Casey avaient déjà tué.

C’était bien normal : on les payait pour ça. Dans l’écosystème du meurtre sur commande, ils occupaient même une place de premier rang. Tous les exécutants de la Nouvelle Firme pouvaient s’en prévaloir, certes, mais rares étaient ceux qui pouvaient se targuer d’un régicide pleinement assermenté. Même cette vénérable institution – dont le qualificatif de "nouvelle" renvoyait moins au caractère neuf de son existence qu’au récent renouvellement de sa direction, après quelques sordides affaires internes – avait ses limites. Du reste, on tendait à considérer que l’art du meurtre bien exécuté était un art mourant.

En la matière, Taylor et Casey avaient exécuté un chef-d’œuvre de massacre, aboutissement d'une infiltration de haut vol dans un pays sous tension, assiégé par des forces étrangères, en proie à une révolution, et ayant abouti à la chute non pas d'un homme, mais de toute sa dynastie. Leur cote avait quelque peu augmenté suite à cet évènement.

Maintenant, ils n’étaient pas venus en Messalie pour reproduire cet exploit. Peut-être que leur cible était un homme qui aimerait être roi, mais la question restait en suspens et, s'ils adoraient s'écouter parler, ils n'étaient pas vraiment là pour faire de la philosophie, ou même de la politique. Oui, vraiment, les deux tueurs à gage s'en foutaient complètement.

Installée à l'avant de la camionnette, Casey conduisait à vive allure. Ses cheveux noirs corbeau, ramassés en queue-de-cheval, lui donnaient l'air un peu plus jeune qu'elle ne l'était. Ce pays, jugeait-elle, était à chier. On y crevait de chaud. Ce pourquoi elle avait exceptionnellement troqué les tenues élégantes qu'elle affectionnait tant contre un ensemble qui pouvait la faire passer pour une vacancière vaguement baba cool. Une chemise à fleurs colorées, des bracelets aux poignets, un pantalon ample couleur crème… Elle essayait d'avoir quelque chose de la bohémienne bien pensante, avec ses lunettes de soleil léopard qui cachaient mal la gueule de six pieds de long qu'elle tirait. Ses mains étaient crispées sur le volant. L'autoradio égrenait les nouvelles politiques d'un ton plat et Taylor, pour sa part, avait les mains plongées dans la boîte à gants, dont il sortait des sachets vides. Il les pliait soigneusement, puis les rangeait dans un sac poubelle accroché à son siège, au fond duquel se trouvait déjà un verre en carton floqué du logo d’une chaîne de malbouffe. Contenance : un litre.

« Ils ne sont pas encore passés au non-jetable », fit-il remarquer.

Casey garda les yeux rivés sur la route.

« Excusez-moi cher collègue, vous disiez ?
Qu'ils ne sont toujours pas passés aux verres non jetables », répéta-t-il sur le même ton, vidant une pleine poignée de vieux sachets de hamburgers dans le sac poubelle. « À Teyla, ils te donnent des verres en plastique si tu manges sur place. Tu es censé les rendre, ça fait moins de déchet. Tu sais, ils passent un coup d’eau sous pression pour éliminer les germes et les remettent en circulation.
C’est pour la planète.
Je suis comme tout le monde, je ne veux pas que les tortues s’étouffent sur des pailles, ce genre de chose. Mais si tu n'as pas terminé ta consommation, honnêtement, qu'est-ce que tu fais ?
Il y a toujours un bac à côté des poubelles, pour vider les glaçons et les restes de soda.
Non. La nourriture, ça s'entend. C’est bourratif, on est vite plein. Mais les boissons ? On a toujours soif. Et là on ne devrait pas emporter le verre ?
Ce n'est pas comme ça que c'est prévu.
Je sais bien. Mais je trouve ça idiot. Regarde. On s’est installé pour manger. Finalement tu n’avais plus faim. On s’est levé. On a pris le gobelet avec nous. Si c’était un verre en plastique, on aurait fait la même chose.
Tu partirais avec le verre en plastique d’un fast-food ?
Oui, je suppose ?
Eh bien tu n'es pas censé le faire. »

Il la fixa, fronça les sourcils. Devant eux, la route se prolongeait, grimpant le long des collines, la vallée était occupée par une petite ville. Taylor reprit d’un ton où perçait une pointe d’indignation.

« Je ne vais pas pleurer pour les chaînes de fast-food.
Je sais bien, je dis simplement qu’en principe…
Des verres en plastique ils en ont des centaines, et ils se font des marges pas possible, ne serait-ce que sur le travail des gens. S’il leur en manque, ils peuvent en racheter.
Nous aussi nous nous faisons des marges "pas possible".
Je ne vois pas le rapport. »

Casey lui lança un regard en coin, puis haussa les épaules.

« N’importe quel paumé avec un flingue peut tuer. Tu lui donnes une arme, une cible, de bonnes raisons… » Il ne répondit pas, et elle jugea utile d’illustrer sa thèse. « Comme en Westalia. Ils ne se sont pas fait chier à payer la Firme, ou d’autres tueurs de qualité. Ils ont envoyé un tocard en mode kamikaze.
Et donc ?
Et donc ça a dû leur coûter trois dollars, plus le prix du flingue. À supposer que ce n’était pas celui du type. En comparaison, on se fait une marge pas possible. »

Taylor fronça les sourcils. Quand il répondit, sa voix contenait un soupçon de reproche.

Je ne suis pas sûr qu’on puisse nous comparer à un fast-food.
Nous spécifiquement ?
La profession dans son ensemble.
Je reconnais que ce n’est pas adapté. »

Taylor pivota vers la fenêtre à sa droite, et fixa un instant le village en contrebas. Une accumulation de façades blanches, de tuiles roses, d’histoires tranquilles et sans intérêt. Il se retourna vers la conductrice.

« En plus tu adores tuer. Tu ferais ça pour le plaisir, si tu n’avais pas ce job.
C’est vrai », confirma-t-elle. Et un sourire s’étira lentement sur ses lèvres.

Lui aussi souriait, mais cela ne dura pas bien longtemps. Casey poussa un soupir, un bruit désespéré, comme si on venait de lui apprendre une nouvelle réellement révoltante.

« Putain de merde, Taylor. J’ai la dalle.
Encore ?
Je sais », fit-elle, « mais j’ai vraiment faim.
On a mangé il y a même pas une heure.
C’était rien, ça. Même pas un en-cas !
Parce que tu m’as dit que tu n’avais "pas très faim" !
Oui oui c’est vrai, mais là j’ai la dalle !
Putain Casey t’es qu'une casse-couilles ! »

Il se redressa un peu dans son fauteuil, se pencha en avant pour fixer son regard sur la route devant eux. Un passage qui courait entre les arbres secs et les rochers et les panneaux indiquant des sorties. Pas un restaurant, ou une aire, ou une maison abandonnée. Il se laissa retomber contre le dossier et leva les mains en signe d’abandon.

« Si on retombe sur une aire ou quelque chose, on s’arrête.
Mais ça ne te dérange pas ?
Tu as faim.
Je ne veux pas que ça te fasse chier.
Non non. Et puis on est en avance.
Putain c’est chic de ta part. »

Cette fois, Casey pivota pleinement vers Taylor, lâchant le volant d'une main pour poser sa paume sur son épaule. La camionnette fit une embardée, mordant sur la voie de gauche. Taylor écrasa ses paumes contre le tableau de bord.

« Casey, merde ! La route !
T'es vraiment bath, tu sais ? »
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Date IRP du post : 25/07/2019
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Le PPM Sur Les Évolutions Inquiétantes De La Police Dans Certains Dèmes

Le chef du PPM, Pierre Moulin, a donné un discours de campagne électorale à Messalie dans lequel il aborde le sujet de la déviance policière dans notre pays et de la stratégie que notre pays devrait adopter pour y remédier.

“Depuis que L’Olivier a gagné presque la moitié des dèmes aux dernières élections municipales, ils contrôlent une grande partie des forces de l’ordre dans notre pays. Ce contrôle de leur part a conduit à la multiplication de nombreux arrêtés municipaux inquiétants dans leurs dèmes.”

“Ces arrêtés municipaux donnent la liberté aux policiers de ne plus faire leur devoir, de protéger les Messaliotes. Maintenant, les policiers olivieristes se lancent régulièrement dans des entreprises flirtant avec l’illégalité avec impunité. Grâce au sentiment d'incertitude et de peur qui s’est propagé dans la Messalie, ces “forces de l’ordre”, dérivent de plus en plus vers des formes de clientélisme, faisant donc qu’ils pensent de moins en moins à leur devoir, et plus à s’enrichir et se maintenir au pouvoir avec l’aide de la peur, car la peur de l’avenir est en effet ce qui les a donné leur légitimité en premier lieu. Ces forces de police sont donc dans un processus de devenir des milices autonomes contrôlant leurs dèmes respectifs, et fidèles à L’Olivier qui est de facto leur bras politique. On peut ainsi discerner la stratégie de L’Olivier, qui cherche à se construire une base de pouvoir solide, avec les armes des “policiers”, et les urnes des électeurs qui, poussés par la peur et les forces de l’ordre qui se transforment en milices, qui voteront fidèlement pour L’Olivier. Cette transformation de la police en un pouvoir indépendant de l’etat, mais allié de L’Olivier, grâce à la complicité de L’Olivier, et la négligence des Réformateurs, est une tentative claire de l'extrême droite de se construire des fiefs féodaux comme ceux d’antan, de se créer un état intouchable grace a la “police” et échappant aux Messaliotes, dans l’État.”

“Face à cette tendance de l’État policier indépendant de L’Olivier, que devrait faire le gouvernement ? Il faut cerner le problème entre enclume et marteau. Il faut d’abord couper tout soutien à L’Olivier qui cherche à se créer sa propre force de police. Car en ce moment, le budget national finance les forces de police de tout notre pays, incluant les forces de l’ordre qui sont en train de dériver vers une milice. Couper le financement spécifiquement pour ces policiers là, nous permettrait de mettre fin aux dangereuses manœuvres de L’Olivier qui cherche à s'arroger sa propre force de police, alors que les policiers doivent servir les Messaliotes, pas des politiciens ! La deuxième partie de la solution est d’éradiquer ce que L’Olivier utilise pour vendre ses milices auprès des populations de ses dèmes: l’incertitude, le sentiment de déclassement, et la peur. Ces sentiments sont très présents à travers la Messalie, avec les investissements étrangers qui se sont taris, les Dalyoha qui ont pris la fuite, et l’État qui manque à l’appel de la gouvernance. Pour rétablir la situation et mettre fin au justificatif du sinistre projet de L’Olivier, je propose de mettre en œuvre les plans du PPM pour attirer les investissements, soutenir l’entreprenariat, et se faire une politique fiscale axée sur le long-terme. Il faut rétablir la confiance dans le contrat entre le peuple Messaliote et les entreprises en disant non aux réquisitions pour des conflits extérieurs. Pour rassurer le peuple il nous faut un gouvernement PPM, un gouvernement qui ne dort pas à la barre du navire d'État, mais qui au contraire agit pour protéger les Messaliotes.”
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Le Clown Chrétien a retiré son maquillage, mais ce n'est pas pour autant qu'il a perdu la Foi ou quitté sa mission de rendre le monde entier bienheureux face aux manipulations du Malin et de ce triste sire d'Antonin Flavoni !

L'Errance du Clown Chrétien

*Tonalité d'attente*

*Tonalité d'attente*


Cliquetis. Décrochage du combiné.

" Parlez, mon enfant. "

Une cabine publique, l'une des rares qu'il pouvait encore exister dans la capitale messaliote. Relique malconnue d'une époque révolue. Autel méprisé des mises en relation de l'ère antique, de celle que les moins de quarante ans n'aurait pu connaître. Héritage désiré par la grande patronne des patronnes de Messal'Télécom, Maxime Che Fang. Les cabines publiques, des dinosaures de la voie publique, mais des lieux encore utiles à qui souhaitait un peu d'anonymat dans cette ère d'ultra-connexion, d'ultra-identification, d'ultra-personnalisation. La cabine téléphonique, c'était l'un des derniers endroits où n'importe qui pouvait communiquer avec l'extérieur sans la nécessité d'un appareil personnel. Tout le monde, entre ces quatre panneaux de plexiglas, devant ce combiné d'aluminium, était égal. Pas de riche, pas de pauvre, pas de faible ou de puissant.

Les cabines téléphoniques publiques payantes. Une aberration pour le monde moderne. Un gouffre financier incapable de se rentabiliser. Une lubie de multimilliardaire idéaliste et hétérodoxe. Le signe d'une grande nation en proie aux désideratas d'un marché libre. Un pays où se croisaient aéroports dans toutes les bourgades, cosmodrome littoral et cabines téléphoniques publiques. Tout était possible, en Messalie, pour peu que vos billets s'alignent avec votre vision.

" Isaac. "
Une voix. Une simple intonation. Calme, grave, solennel. Une intonation que le Clown Chrétien connaissait bien. Une intonation que le Clown Chrétien avait attendu. Une intonation que le Clown Chrétien entendrait.

Une intonation qui guiderait le Clown Chrétien.

" Mille excuses, Votre Sainteté, je ne savais pas que ce serait vous ! "

" Isaac, nous sommes déçus. "
Le Clown Chrétien ne répond pas. Un rictus se forme sur le visage du Clown Chrétien. Un rictus de peine. Un rictus de peur. Les larmes commencent à poindre aux yeux du Clown Chrétien.

" Oh non, Votre Sainteté !.. "

" Isaac, l'odieux Antonin Flavoni est toujours parmi nous. Il se pavane. Il claironne. Il répand son fiel et pourrit toujours l'esprit des brebis de Dieu. Tu as échoué. "
" Laissez-moi faire acte de pénitence, Votre Sainteté ! Cent coups de fouet ! Mille coups de fouets ! Je me flagellerais selon Son bon désir, Votre Sainteté, si seulement vous me laissez lui parler ! "

" Isaac, Il ne souhaite pas te parler. Il est déçu, lui aussi. Il a dû, lui-même, se dresser contre Antonin Flavoni, mais le Malin s'est révélé trop puissant, même pour Lui. Le Malin a empoisonné le cœur de toute la Messalie et a pu résister à sa Sainte Intervention. "
" Oh non, pas Lui ! "

" Isaac, nous sommes déçus, mais nous sommes miséricordieux. Il a décidé de t'accorder une nouvelle chance, par sa Grâce Divine. "
Ce fut la joie qui, cette fois, trouva les traits du Clown Chrétien pour les relever par l'entremise de ses zygomatiques.

" Oh oui, votre Sainteté ! Ordonnez, et il sera fait ! En Son nom ! "

Le Clown Chrétien attendit. Et il attendit. Et il attendit. Au bout du fil, le silence, entrecoupé, régulièrement, par les respirations de Sa Sainteté. Et par, plus discrètement, le bruit de pages se tournant, du contact entre le grammage du papier et les doigts alertes d'une personne à la recherche de l'information. De la Vérité entre les lignes.

" L'Hérésie, Isaac. " finit par reprendre la voix au bout du fil, " L'Hérésie se répand en Messalie, là où tu te trouves. "
" Oui, Votre Sainteté, l'Hérésie se répand ... L'Hérésie se répand ? "

" Les Iconoclastes. "
" Oh non ... C'est triste, d'être iconoclaste ! "

" Ce n'est pas seulement triste. C'est blasphématoire. C'est hérétique. "
" C'est très mal ! Il faut leur rendre le sourire ! "

" Isaac, voilà ta nouvelle mission. Ta nouvelle quête. Traite la problématique des Hérétiques en Messalie, et tu reviendras dans Ses bonnes grâces ! "
" Il en sera fait selon Sa volonté, Votre Sainteté !.. Mais, Votre Sainteté, puis-je poser une question ? "

" Pose ta question, Isaac. "
" Orientez-moi sur la piste de ces Hérétiques. Donnez-moi un nom. Ouvrez-moi le chemin. Tout le monde ici est triste et perdu, et différencier les Hérétiques des Faux-Croyants des brebis égarées est une tâche titanesque ... "

" C'est entendu, Isaac. Un nom, alors. "
Le Clown Chrétien attendit, à nouveau. Il attendit, et il attendit. Il entendit une liasse de papier se présenter à la voix au bout du fil, et puis, à nouveau, les papiers parcourus par les doigts experts de la voix au bout du fil. L'index frottant contre le velin.

" Ecoute bien, Isaac, voilà le nom que tu cherches : " reprit la voix au bout du fil, " Pierre Moulin. C'est le chef des Iconoclastes de Messalie. C'est lui qui répand le malheur et qui écarte les brebis pour le compte du Malin et de l'inique Antonin Flavoni. "
" C'est mal ! C'est entendu, il faut que je rende le sourire à ce Piètre Moulin ! "

Le Clown Chrétien bomba le torse. Le Clown Chrétien était ragaillardi. Le Clown Chrétien avait une tâche. Le Clown Chrétien agissait à nouveau en Son nom, avec Sa bénédiction !

" N'aies crainte, Isaac. D'autres dévots se présenteront bientôt. D'autres fidèles agissant comme toi, dans la Voie de Dieu, pour purger cette terre du Malin. Tu les guideras, et ils te guideront. Et ensemble, vous mettrez Son plan à exécution. "
" Oh oui, Votre Sainteté ! De joyeux amis ! Merci, votre Sainteté ! "

Et la voix au bout du fil raccrocha. Et le Clown Chrétien raccrocha. Et le Clown Chrétien sortit de la cabine en sifflotant, avec l'allure et le pas sûr propre aux Justes qui font Son Oeuvre.
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Dans les médias du Consortium Médiatique Messaliote, on peut apercevoir ce court article dans la section dédiée à la politique. Il faut bien le comprendre, faire campagne pendant aussi longtemps, tout en subissant les menaces de plus en plus fréquentes des olivieristes, c'est fatiguant !

Pierre Moulin Prend Un Peu De Repos

Pendant de nombreux mois, le chef du PPM, Pierre Moulin, a fait campagne sans relâche aux côtés de ses militants. Ce comportement le distingue beaucoup de ses homologues tels que Tomaso et Tomarels, qui se sont terrés chez eux il y a longtemps, et ne donnent pas de signe de beaucoup travailler. À cause de la fatigue naturelle qui vient de nombreux mois en campagne électorale dans toute la Messalie, Pierre Moulin a décidé de prendre un peu de repos, histoire de se reconstituer ses forces. Après tout, Pierre Moulin a travaillé dur comme un Messaliote, il mérite de prendre des courtes vacances ! Il n’a aussi pas donné son lieu de vacances, disant qu’il aimerait ne pas être dérangé, comme tout autre citoyen Messaliote.
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Entretien Avec Pierre Moulin Sur L’International

Dans la campagne législative qui fait rage, nous avons eu la chance de pouvoir faire venir le chef du PPM, Pierre Moulin, à nos quartiers pour conduire un entretien sur le sujet de sa politique internationale. Voici retranscrit ci-dessous l’entretien dans son intégralité. Pour les curieux qui suivent de près Pierre Moulin, cet entretien s’est passé un peu avant qu’il ne parte en vacances.

“Bonsoir Pierre Moulin.”

“Bonsoir.”

“Merci beaucoup d’avoir accepté notre entretien qui va être axé sur l’international. Vous, en tant que chef du PPM, vous êtes le chef du parti qui s’est engagé le plus dans le sujet de la politique étrangère. Alors sans plus attendre, je vais commencer à vous poser les questions. Tout d’abord, il y a des questions autour de votre position sur la guerre loduaro-antarienne. Cette guerre a commencé avec l’attaque de la Loduarie sur un Antares en proie à la guerre civile, et a maintenant impliqué de manière plus ou moins directe de nombreux pays, tel que l’Antérinie qui laisse Karty utiliser ses aérodromes pour ses opérations militaires. Quelle est votre attitude vis-a-vis de cette guerre ?”

“D’abord, prenons la mesure de ce qui se passe là-bas. C'est-à-dire que nous avons un pays qui, sans aucun mandat quelconque, en attaque un autre. C'est-à-dire que la Loduarie a attaqué l’Antares. Quoi qu’on en pense du régime de MIRA, et des élites antariennes qui voient la guerre civile comme un “jeu”, personnellement, je n’en pense que du mal des dirigeants antariens, il est certain que pour nous Messaliotes, pour nous, notre intérêt c’est la souveraineté nationale et la paix en Eurysie occidentale. Donc on ne peut pas accepter que la Loduarie envahisse l’Antares. Pourquoi ? Je vais être très realpolitik, parce que ou c’est la souveraineté nationale, ou c’est la loi du plus fort. Or il y a un grand inconvénient à la loi du plus fort. Nous ne sommes pas les plus forts matériellement, nous Messaliotes. De plus, il faut voir que la Loduarie a des objectifs qui ne sont pas ceux qu’elle dit avoir. Nous le savons bien, la Loduarie cherche à relier ses territoires séparés géographiquement par l’Antares, car être séparé en deux est un désavantage pour tout pays. La Loduarie cherche aussi un coup d'éclat pour marquer son retour sur la scène internationale. Il y a donc là une situation où la Loduarie ne faisait qu’attendre le bon moment pour jeter de l’huile sur le feu avec une invasion, un feu qui, il faut se le rappeler, brûlera aussi bien le peuple antarien que ses élites sanguinaires. Ce dont je soutiens donc, c’est une solution pacifique à ce conflit aussi rapidement que possible, qui ne remet pas en cause la souveraineté du peuple antarien, car il contribue à donner une image négative de l’Eurysie occidentale, comme noté par Alona Sviridova dans son essai Pax Eurysia, ce qui effraie ensuite des potentiels investisseurs et rend les Messaliotes plus pauvres. Il faut aussi que les guerres violant la souveraineté nationale prennent fin avec la guerre loduaro-antarienne, afin de ne pas établir un précédent pour d’autres pays qui voudraient peut-être faire la même chose avec nous.”

“Passons donc maintenant à la guerre à Carnavale, où l’OND, après la destruction d’Estham et la mort de deux millions de ses habitants, a envahi Carnavale en représailles. Depuis, l’OND a conquis la plupart du territoire, mais Carnavale résiste toujours. Je vous demande donc la même question, quelle est votre attitude face à ce conflit ?”

“Ce conflit est très différent, car contrairement à la guerre loduaro-antarienne, nous avons une histoire commune avec à la fois l’OND et Carnavale, à travers des investissements effectués par les deux blocs dans notre pays, qui sont de fait un signe de confiance dans nos autorités politiques. Je pense également à la Directrice des Affaires Étrangères Causans, qui avait voulu faire tenir à Messalie une conférence pour la paix. Cette idée n’avait aucune chance d’aboutir bien évidemment, car à l’époque, les belligérants n’étaient pas d’humeur à faire la paix, et la Messalie n’avait aucun lien économique avec eux a cette époque. Cette proposition était vouée à être ignorée comme elle le fut. Aujourd’hui, la situation est différente. La guerre dure depuis plusieurs années déjà, et l’OND n’est plus capable d’avancer contre les Carnavalais. Cela rendrait les belligérants en théorie plus réceptifs envers une éventuelle négociation pour la fin de la guerre. Malheureusement, nous avions par le biais d’investissements étrangers des liens économiques avec les belligérants, qui maintenant n’existent plus, depuis que les Dalyoha ont évacué la Messalie, citant la politique du gouvernement actuel. Si nous réussissons à recréer un lien économique avec Carnavale, alors il serait possible d’essayer le projet de négociations pour la paix içi à Messalie, car l’envie de la paix serait plus alléchante grâce au cours actuel de la guerre, et les belligérants nous verront comme un pays respectable qu’on peut écouter et auquel ont peut donner une chance pour mettre fin à la guerre. Si on réussit éventuellement à négocier une fin à la guerre, ou même juste à faire tenir des négociations, cela aiderait le peuple Messaliote, parce que ça nous donnerait aussi un prestige utile, qui rendrait toute diabolisation du Messaliote typique à l'international plus difficile. Et par conséquent, justifier une politique hostile à notre égard serait compliqué.”

“On va maintenant finir sur Hemeraldo Vera de Youslèvie, qui est récemment devenu Président de la Youslevie malgré sa promesse de ne pas le devenir si la Youslevie adoptait sa nouvelle constitution, avec qui vous avez déjà eu un contact un peu confrontationnel. Imaginons que vous et votre parti êtes au pouvoir. Hemeraldo Vera est bien évidemment au pouvoir lui aussi. Comment vous le traitez ? Vous le traitez en ennemi, le président Youslève ?”

“Il faut se garder de grands mots. Je ne traite personne en ennemi définitif pour quelques postes à la noix sur un réseau social. Je laisse toujours une chance pour un changement de comportement, pour un rapprochement. Je suis pour la paix en Messalie, je ne suis pas un va-t-en guerre sanguinaire. Par conséquent, Vera peut techniquement être un partenaire. On peut peut-être discuter avec lui, être en relation avec lui, mais il y a une condition. Il est absolument intolérable que Vera menace le peuple Messaliote. Il est hors de question que j’aie une amitié avec un chef d’État qui veut voler à mes compatriotes le fruit de leur labeur en faisant de notre pays son joujou pour alimenter son obsession démesurée avec l'hellénisme. Même s’il dit vouloir “sauver” la Messalie d’un parti menteur que je n’aime pas beaucoup, de tels propos ne seront pas acceptés à continuer si je deviens Premier-Directeur. Ce qui illustre d’ailleurs le caractère faux du mensonge tenace de L’Olivier, qui dit que je veux l’interdire, car si c’était vrai, j’accueillerais Vera à bras ouverts, alors que ce n’est clairement pas le cas. Donc pour Vera, même s’il arrête de menacer de dépouiller le peuple Messaliote, il faut absolument dans tous les cas de figure rester indépendant vis-à-vis de la Youslèvie, dans tous les domaines, militaire, économique…”

“Arrêtons nous là pour une minute. Disons que vous arrivez au pouvoir, et que Vera ne cesse pas de nous menacer, et au contraire fait monter les tensions d’un cran. Que feriez-vous ?”

“C’est simple ça, c’est la question la plus simple du monde. D’abord, commençons par pointer du doigt ce qui va évidemment se passer. Si jamais Vera nous attaque militairement, il n’y a aucun monde dans lequel nous réussirons à repousser les Youslèves dans notre état actuel. Ça, ça n’existe pas. On ne peut pas rester comme les Réformateurs font aujourd’hui, à se tourner les pouces, comme le fait très bien la Directrice Causans. Si on continue ainsi, la première ligne de défense sera militaire, et le peuple Messaliote perdra, et de loin. Mon approche, bien plus active, est de s’activer à nouer des alliances avec de nombreuses puissances qui pèsent en ce monde. Pour vous aider à visualiser, imaginez que les relations sont chacune un fil tendu au point mort, et que toutes les puissances sont en cercle. Lorsque que nous nouons des relations plus proches avec tous, nous bougeons donc au centre de ce cercle. Si jamais la Youslèvie essaie de tirer sur son fil, pour nous piller, il ne pourra pas, car les autres puissances tiront alors sur leur fil, faisant en sorte qu’on reste au milieu et souverain. Ainsi dans ce cas de figure, nous résisterons intelligemment, sans faire de concessions, à Vera.”

“Avant de clôre notre entretien, avez-vous un dernier mot pour les Messaliotes concernant la politique étrangère que vous proposez ?”

“Oui, si les Messaliotes devaient se rappeler d’une chose de ma politique étrangère, c’est que celui-ci sera aux antipodes des Réformateurs. Le directeur que je choisirai serait actif, constamment en train de travailler avec les autres nations pour la sécurité du peuple Messaliote, contrairement à la Directrice Causans qui se tourne les pouces depuis de nombreux mois. Après tout, le peuple Messaliote travaille dur, il mérite avant tout un Directeur des Affaires Étrangères qui travaille tout aussi dur pour assurer que les Messaliotes peuvent dormir tranquilles sur le plan international, ce qui est ce que leur offre. Une politique étrangère active pour protéger notre souveraineté.”
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Taylor avait trouvé une place à l’ombre, et refusé l’offre que lui avait faite Casey de la rejoindre à l’intérieur du restaurant. Contrairement à sa collègue, lui n’avait pas faim. De plus il essayait d’achever la rédaction d’un dossier sur leur "Client", tâche qui s’avérait beaucoup plus difficile qu’avec d’autres personnalités publiques qu’il avait déjà eu à traiter – pour reprendre la phraséologie parfois elliptique de la Firme.

Il traversa le parking en direction d'un banc stratégiquement placé à côté de bennes à ordures. Celles-là devaient spécifiquement appartenir au restaurant, car il n’y avait pas d’autres enseignes à proximité. Rien qu’une voie de dégagement descendant de la ligne de crête des collines jusqu’à ce petit plateau où on avait installé des toilettes publiques, des bancs et, donc, l’inévitable fast-food. Taylor souleva le couvercle de la benne la plus proche et y jeta le sac dans lequel il avait (minutieusement) rangé les déchets plastiques et cartons du précédent repas de sa collègue. Les bennes étaient plaquées contre des barrières en fer forgé, donc la peinture verte s’écaillait par gros morceaux. Derrière les barrières on devinait la route, et derrière la route, le dénivelé de la colline qui se prolongeait jusqu’à une toute petite ville, une forêt, puis l’éclat bleu de la mer.

À bien y regarder le vert et le bleu étaient séparés par une toute petite bande de jaune ou de blanc, du sable, des plages. Il y avait sans doute quelques hôtels, mais Taylor ne voyait pas très bien. Même avec la main en visière, le soleil noyait le paysage dans une même palette floue. C’était une de ces journées sans air. Tout était parfaitement immobile, étouffant, et pour ça Taylor décida de ne pas rester exposé à la lumière. Il s’essuya les mains sur les pans de son pantalon se retourna et se rendit à la camionnette, non sans un regard à la vitrine du restaurant, derrière laquelle il repéra sans mal Casey, devant le comptoir, s’adressant à grands renforts de gestes à un employé en uniforme rouge et jaune.

De retour à la camionnette, il s’installa à l’arrière, calé entre une caisse d’outils solidement sanglée au sol et la paroi métallique. La porte coulissante resta ouverte pour faire passer un peu d’air ce qui était en fait tout juste suffisant pour éviter qu’elle ne se transforme en étuve.

C’est là qu’il reprit la rédaction du fameux dossier, étalant divers coupures de journaux, photos, notes personnelles et ouvrant un minuscule ordinateur portable, dont les ventilateurs se mirent à siffler dans l’habitacle. À peine plus fort que les grillons, dehors. Taylor renversa la tête en arrière. Il dû fournir un effort conséquent pour se mettre au travail.

Ce n’était pas le premier homme politique qu’on lui avait demandé d’abattre, bien entendu. Il y avait eu le Tsar, déjà, lui-même précédé par une foultitude d’individus. Députés, maires, candidats à un ministère ou à une fonction élue. Ils avaient éliminé un large éventail d’individus et d’expérience, il existait peu de moments aussi propices à cette pratique que les campagnes électorales. Autant dire que la situation était mûre pour une bonne petite tuerie.

Bien entendu celles-là s’accompagnaient de tout un tas de complications que l’on pouvait toutes rattacher au même point : un candidat disparaissant lors d’une élection attirait l’attention. Ce n’était pas vraiment un problème pour Casey et Taylor, cependant. Eux s’en sortaient très bien. À balle, au couteau, au poison, ils faisaient disparaître les vivants, les corps contre un supplément, pouvaient même déguiser l’heureux évènement en accident ou en fait de la Nature. Sauf qu’en période électorale, cela ne suffisait jamais à calmer les rumeurs. C’était bien simple, si le type disparaissait, on allait se demander qui en profitait le plus. Un problème pour le client, ça.

Leur client n'avait donné aucune indication à ce sujet. Soit il n'était pas dans la course électorale, soit il estimait que les bénéfices d'une mort violente de Pierre Moulin l'emportaient sur les risques de scandale. Chacun son truc, jugea Taylor, pas contraignant. Il avait disposé les coupures de presse devant lui, et jeta un regard à son écran. Un titre, Vie personnelle, trônait triomphalement au sommet d’un document vide. Décidément, monsieur Moulin ne rendait pas leur travail facile. De mémoire de professionnel, il avait rarement vu une personnalité publique aussi transparente.

« C’est peut-être un truc de protestant », supposa-t-il à voix haute. Puis il haussa les sourcils, et se pencha sur le clavier. - Protestant apparut sous le titre Vie personnelle. Il se pinça l’arête du nez. Parfaitement inutile, cette information. Il renversa la tête en arrière et poussa un petit soupir. Oui, parfaitement inutile. Rien dans la presse, même people, ne s’intéressait au pourtant très actif représentant de la droite protestante messaliote. Cette anomalie politique courant la campagne afin d'y pourfendre l’extrême droite. Il avait déjà été la cible de menaces et de tentatives d’agression par des amateurs de l’Olivier – le mot amateur était, dans sa bouche, plein de la sympathie que l’on doit à quelqu’un avec qui on partage une passion. Quoi d’autre ? Une femme ? Des enfants ? Taylor se pencha sur la photo du guignol. Il n’avait pas une gueule à être aimé, mais rien ne l’indiquait clairement. Son seul indice à ce sujet était la dépêche d’information informant qu’il allait mettre un terme à sa campagne pour partir en vacances. On n’y faisait pas référence à la moindre conjointe.

Les caractères - Célibataire (?) apparurent à leur tour.

Est-ce que les religieux allaient voter pour un type sans famille ? Taylor soupira. Qu'est-ce qu'il connaissait aux protestants, lui ? Des types austères, sûrement prêts à voter pour le premier simili-pasteur venu. De plus, monsieur Moulin draguait un électorat plus large.

Sauf qu’aucune de ces considérations politiques ne lui était de la moindre utilité. Ses doigts battaient une mesure régulière sur le sommet de la caisse, puis il attrapa la coupure de l’article sur les vacances du candidat, et referma l’écran de l’ordinateur. Mais ça, pensa-t-il, ça tombait vraiment bien. Il rangea les notes et les articles et quitta l’arrière de la camionnette en roulant des épaules. L’air était un peu moins lourd, un vent très léger soufflait sur le feuillage pâle des arbustes méditerranéens.

La raison pour laquelle Taylor était de meilleure humeur, et pour laquelle les vacances de Pierre Moulin tombaient vraiment bien, tenait à un précepte que son maître à penser et formateur lui avait un jour glissé après un assassinat particulièrement brutal, au Paltoterra. Il s’en souvenait comme si c’était hier : l’associé de son professeur, M Kidd, nettoyait les murs, le sol et les meubles des petits morceaux de types qu’on y avait dispersés. Droit au milieu du living room, M Witt avait embrassé la salle d’un geste ample, puis acquiescé.

« Si vous voulez tuer quelqu’un, monsieur Taylor, il faut l’attaquer dans ses habitudes. »

Il avait ce ton emphatique, qui transformait chaque remarque en évidence universelle. Taylor se souvenait avoir froncé les sourcils.

« Chez eux ?
Ou à son travail, monsieur Taylor. Ou chez leur amante. Ou leur amant – restons moderne. Au fond, un endroit où l’habitude s’installe. Le cerveau est un organe fainéant. Même quelqu’un sur ses gardes tend à s’oublier, passé quelques jours de routine. »

Puis M Kidd était revenu, portant un gros bout de chair rose à sa bouche, et avait indiqué – après une déglutition sonore – qu’il allait avoir besoin de nouveaux sacs plastiques, pour stocker "le reste de madame la morte, de ses deux enfants, du type". Obligeant, M Witt les lui avait amené.

Taylor souriait, adossé à la camionnette. Les vacances de monsieur Moulin tombaient bien, car elles signifiaient plus de temps sur un même lieu, pour préparer sa mort. Et une sécurité moins à cran qu’à travers un pays potentiellement hostile au candidat.

Une mouette passa au-dessus du parking, et les portes vitrées du fast-food s’ouvrirent sur Casey. Elle lui semblait très agitée.

« Taylor ! »

Sa voix traversa le parking. Oui, jugea le tueur à gage, sa collègue était très agitée. Il remit sa main en visière et scruta son approche.

« Ouais ?
Taylor tu devineras jamais ! »

Il rabaissa la main, son visage exprimait de l’incompréhension. Il entrouvrit la bouche, chercha quoi répondre. Un seul mot quitta ses lèvres.

« Pardon ?
– Tu devineras jamais ! »

Maintenant elle était juste devant lui. Triomphante, la tueuse lui plaça une main sous le nez, solidement serrée autour d’un verre en plastique, transparent. Contenance 50Cl. Le PVC avait une texture légèrement gaufrée, sauf dans un ovale où l’on avait gravé le nom de la chaîne de restauration rapide.

Casey avait un sourire triomphant. Taylor écarquilla les yeux puis écarte les bras.

« Eh ben ça alors !
Mais oui ! C’est fou, non ? » Elle ramena le verre devant elle, le montra de sa main libre. Il se passa un instant, puis elle secoua la tête, à court de mots. « Ils en ont !
Mais c’est curieux quand même, pourquoi ici ? » Il se retourna spontanément vers la route d’où ils étaient arrivés. « Pourquoi pas là-bas ?
Peut-être que c’est un processus en cours ?
Est-ce que... » Il releva les yeux vers le restaurant, comme si sa silhouette délavée pouvait répondre à la question qu’il peinait à formuler. « Est-ce que c’est juste un choix de leur part ? Pour faire plus luxe ?
Je sais pas ! »

Il rit, et haussa les épaules. Son visage affichait une perplexité joyeuse. Derrière Casey, Taylor vit quelqu’un sortir du restaurant, parcourir le parking du regard puis se diriger vers eux à grandes enjambées. L’homme leva une main dans leur direction.

« Madame ! »

Taylor ravala son premier réflexe, qui était de porter une main à sa ceinture, où se serait parfois trouvée un flingue, ou un couteau. Casey se retourna. L’homme avançait aussi vite que le permettait un uniforme jaune et rouge manifestement inadapté aux fortes chaleurs, et à sa corpulence.

« Madame, le gobelet ! S’il vous plaît !
Oh ! Oui, oui, pardon. » Casey pivota vers Taylor pour le prendre à témoins. « Je voulais juste le montrer à…
Parce que, madame, on apprécierait vraiment que vous ne le preniez pas comme ça. Parce que…
Oui, je suis désolée ! »

Arrivé à leur niveau, il s’arrêta, mains posées sur les jambes, légèrement penché en avant.

« Si tout le monde fait comme ça, à force, nous n’en aurons plus, madame. » Son regard passa de Taylor à Casey, laquelle avait soulevé ses lunettes de Soleil comme pour mieux le voir. « On ne pourra plus servir les clients », expliqua-t-il enfin.
Je sais bien », répondit Casey. « Laissez-moi un instant, je vais vous le rendre, ce gobelet. »

L’homme ne répondit pas. Il semblait encore occupé à reprendre son souffle. Casey pivota vers Taylor, puis lui montra encore l’objet, secouant à nouveau la tête, formulant quelques mots muets du bout des lèvres : "Pas croyable, non ?". Puis elle le tendit à l’employé.

« Merci.
Mais vous allez bien mon vieux ? Vous avez l’air tout essoufflé.
Je vais bien.
Vous avez un médecin traitant ? Les soins sont remboursés, ici ?
Ne vous inquiétez pas, merci pour le verre.
C’est juste... Faut pas hésiter à consulter », dit enfin Casey.
Beaucoup de personnes ne consultent pas assez tôt », ajouta Taylor d’un ton aimable. « Et laissent des problèmes bénins devenir graves. »

Puis, saisissant peut-être qu’il n’aurait pas d’autres occasions de ce type avant un moment, le tueur à gage croisa les bras et désigna le gobelet d’un geste du menton.

« Dites, ces verres en plastique, vous les avez depuis quand ? C’est nouveau ? »
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Pierre Moulin en sait trop

Opération d'Assassinat visant la République de Messalie

Pays infiltrant : La Nouvelle Firme (via son siège en Mährenie et ses instances au Grand Kah (respectivement dans la zone franche Mährenienne, et matérialisées dans mes activités intérieures où elles sont exploitées par certains de mes services secrets)
Pays infiltré : République de Messalie
Prévisionnel de la date (RP) de l'action clandestine : 13/09/2019
Prévisionnel de la date (HRP) de l'action clandestine : 30/05/2026
Type d’opération : Assassinat.


Province cible : La firme essaie de couvrir les provinces #25501 et #25302

RECONTEXTUALISATION / FRISE CHRONOLOGIQUE DES EVENEMENTS PRE-OPERATION :
Pierre Moulin, leader du Parti Protestant Messaliote, a mené une campagne politique extrêmement agressive. Il s'est attaqué de front à l'hégémonie financière des investisseurs (en voulant limiter et confisquer leurs parts au Conseil d'Administration), à l'ingérence étrangère (en menaçant ouvertement Hemeraldo Vera et la Youslévie), et aux milices de l'extrême-droite de L'Olivier.

À l'issue de cette campagne éprouvante, le parti a officiellement annoncé que Pierre Moulin prenait "un peu de repos" dans un lieu tenu secret, insistant sur le fait qu'il est un "citoyen comme les autres" et qu'il ne souhaite pas être dérangé.

En parallèle, la Nouvelle Firme a déployé ses deux de ses agents, Taylor et Casey, en Messalie afin de lui exterminer la tronche : est en cause une méprise des Listoniens, persuadés que le pauvre Pierre Moulin est au courant de leurs plans les plus ésotériques.


Cette opération se repose sur plusieurs forces et éléments concrets :

  • Vulnérabilité de la cible : Pierre Moulin a revendiqué faire campagne à pied, au contact direct des électeurs, et prend actuellement des vacances sans escorte armée, se voulant être un "citoyen ordinaire".
  • Expertise des exécutants : Le contrat a été confié à la Nouvelle Firme, une organisation d'assassins d'élite ayant déjà fait ses preuves à l'international (régicide, élimination d'agents kah-tanais, etc.). Les agents, Taylor et Casey, sont déjà sur place en repérage.
  • Contexte politique : La violence politique est banalisée à Messalie (ex: mort de Quentin Queubranle, patrouilles des "Muscadins"). Moulin ayant violemment attaqué l'Olivier, la Youslévie et les communistes, l'assassinat sera facilement imputé à ses nombreux ennemis politiques grâce aux indices que la Firme laissera sur place. De plus des liens existent effectivement entre l'Olivier et les Listoniens faisant appel à la Nouvelle Firme, pouvant justifier d'un soutien discret des premiers.
  • Faiblesse de l'État : Messalie a privatisé ses infrastructures de transport, ses télécommunications (Messal'Telecom / Fang) et manque d'une police nationale efficace (le maintien de l'ordre local est souvent laissé aux milices ou polices municipales affiliées à l'extrême-droite).

Beaucoup de voyants sont donc au vert pour agir à la République de Messalie.


OBJECTIFS DE L’OPERATION

Réussite majeure :

  • L'assassinat de Pierre Moulin est un succès total et net.
  • L'exfiltration des agents de la Nouvelle Firme se déroule sans accroc et ne laisse aucune trace physique ou numérique.
  • La méthode d'assassinat employée pourra faire passer sa mort pour une cause accidentelle/naturelle.

Réussite mineure :

  • Pierre Moulin est éliminé, mais l'opération est plus chaotique que prévu (des témoins civils assistent à la scène, par exemple, où les deux tueur sont obligé d'utiliser une arme à feu ou des explosifs).
  • Le meurtre peut être attribué à un loup solitaire radicalisé, affilié soit à l'Olivier, soit à des agents étrangers.

Echec mineur :
  • La tentative d'assassinat échoue car aucune occasion d'atteindre la cible ne se présente. Les agents à remettent leur mission à plus tard.

Echec majeur :
  • L'opération est un fiasco. La sécurité ou des forces de police tombent sur les agents avant ou pendant la tentative. Bien qu'ils puissent réussir à s'enfuir, leur présence et la nature de leur mission est désormais connue.
  • Leur matériel et professionnalisme permettent de formellement relier l'opération à un complot national ou international, ouvrant la voie à une enquête en bonne et dû forme.

LIMITES ET CONTRAINTES DE L’OPERATION

Plusieurs limites et contraintes sont à prendre en compte dans l’arbitrage de l’opération :

  • La localisation exacte de la cible : Pierre Moulin ayant gardé son lieu de vacances "secret", les agents de la Firme ont dû utiliser leurs réseaux de renseignement, le piratage des télécoms (Messal'Telecom) ou la filature pour le débusquer, ce qui ajoute un léger délai à l'opération.
  • Présence de milices locales : Si Moulin se repose dans un dème géré par l'Olivier (qui possède 22 mairies), des patrouilles de "citoyens vigilants" ou la police municipale radicalisée pourraient involontairement croiser la route des assassins lors de l'extraction.
  • Risque de témoins civils : Il est en vacances dans un environnement normal, la probabilité d'avoir des vacanciers, des promeneurs ou des commerçants à proximité est élevée, rendant un tir de précision lointain préférable à une approche au contact.

Moyens engagés :
  • Fonds alloués : 20 000 points transférés à la Nouvelle Firme pour l'exécution d'un Contrat d'Assassinat de Cible Majeure, suggérant un budget opérationnel important.
  • Opérateurs d'élite : Les agents Taylor et Casey, tueurs professionnels ayant déjà l'expérience du terrain (ils ont notamment éliminés le Tsar de Pravoslavnyy).
  • Faux-drapeau et nettoyage : L'arme du crime utilisée sera une arme couramment utilisée par la pègre locale, potentiellement abandonnée sur les lieux mais nettoyée chimiquement de toute empreinte/ADN. Alternativement les deux tueurs pourront opter pour des poisons, des sabotages, des chutes dans les escaliers... Tuer quelqu'un est simple.
  • Exfiltration maritime : Exploitant le statut thalassocratique de Messalie et la faiblesse de ses gardes-côtes, les agents rejoindront une marina isolée où un hors-bord rapide loué sous un faux nom les attendra pour rallier les eaux internationales.
  • Connivences locales : Les clients de la Nouvelle Firme sont les Listoniens, que l'on sait lié à l'Olivier. Il est possible que les deux tueurs puissent bénéficier d'un soutien discret de la part du Parti et des administrations/forces de police sous son contrôle.


Je peux, si le joueur ciblé souhaite conserver son personnage, changer l'opération en enlèvement.
119
Toc toc toc

- Monsieur Venbranle ? Ne craignez rien monsieur c'est la police, la police carnavalaise. Vous voulez bien ouvrir la porte s'il vous plait ?
8129
Assassinat de Pierre Moulin

Avec l'accord du joueur, résolution de l'opération en Succès Mineur.

Considérons, l’espace d’un instant, ce qui se passe dans la tête d’un tueur à gages au moment de tuer.

Bien entendu cette proposition présente à elle seule une dose formidable d’inconnues, et n’a en tant que telle pas énormément de sens. On ne peut pas plus faire la description totale de tous les tueurs à gages à partir d’un individu type qu’on ne pourrait, par exemple, faire la description type de tous les boulangers du monde. Ou de tous les ouvriers à la chaîne. On pourrait même être tenté de proposer que si les conditions matérielles d’existence de ceux-là permettent, disons, d’établir un portrait robot type des conditions de vie et de l’univers mental de ces individus – un peu de sociologie statistique, si vous voulez – la qualité de Tueur à gages présente plus d’inconnues que ces missions plus répétitives.

On pourrait aussi arguer que tout le problème vient de la définition que l’on donne à un tueur à gages. Mettons. Un tueur à gages est à minima un ouvrier qualifié. Ce n’est pas un fait établi mais pour le bien de la démonstration, ce sera notre postulat. Peut-être même est-il plutôt un artisan. C’est-à-dire qu’il travaille par commande et ne produit pas, systématiquement, le même livrable exact. Quand bien même son rôle et sa mission se centreront toujours autour d’un même sujet : donner la mort. En fait, un tueur à gages est un freelancer. Et on sait comme il est difficile d’établir un portrait robot du freelancer type.

Mais admettons la possibilité de dresser ce portrait, quand bien même nous nous sommes déjà accordés sur toutes les difficultés que représente cette tâche. À quoi pense-t-il ? À quoi pensent tous les bons professionnels, au fond. Au moment d’effectuer leur tâche, ils peuvent être concentrés sur la réalisation de leur mission, ou maîtriser ses faits et gestes de leur si parfaitement qu’ils pensent à tout à fait autre chose. Ils peuvent avoir l’estomac tordu, se retrouver dans la position de tuer moins par envie que par nécessité. Ils peuvent, au contraire, ne rien ressentir du tout.

Certains, comme Monsieur Kidd et Monsieur Witt, y prennent manifestement un plaisir sadique. Ce sont des personnalités malades. Il est probable qu’ils ont choisi ce métier par goût, ou, peut-être, qu’ils auraient toujours trouvé un moyen de brutaliser leur monde, indépendamment du rôle qu’ils se seraient donné dans la société.

Taylor, lui, ne prend pas un plaisir particulier dans sa mission. On pourrait supposer qu’il est un individu franchement sociopathe, mais c’est là, aussi, faux. Taylor ressent de l’empathie, et est capable d’un certain sentimentalisme qui l’éloigne de ces spectres. Il n’est pas non-plus de ces tueurs qui, invariablement, sont voués à développer quelques stress post-traumatiques. Il en existe beaucoup. Les soldats, par exemple, n’y échappent pas. Il est de notoriété commune que chaque guerre livre aux pays participant une foule de "vétérans", représentant une classe à risque toute particulière, qu’aucun État n’a correctement pris en charge à ce jour.

Taylor ne développera pas de stress post-traumatique.

Que reste-t-il à dire, alors, sur cet homme qui tient son fusil, la tête légèrement penchée sur le côté, l’œil gauche dans le viseur, canon orienté vers le porche d’une maison située à plus d’un kilomètre de là ?

Il reste à dire qu’il ne pense pas à grand-chose. Il a revu une dernière fois les détails de son plan, et laisse le reste à sa partenaire, Casey, qui a libre cours pour s’inquiéter de la fuite et de tous les détails entourant l’exécution concrète de leur plan. C’est ainsi. Si on peut dire que Taylor prend un certain plaisir dans la réalisation parfaite d’un plan, et si on sait déjà qu’il éprouve une satisfaction dans le travail bien fait, le fait de tuer ne lui apporte aucune joie particulière. Aucun sentiment de puissance. Aucun remords, non plus. Il le fait bien, on le paie bien pour ça. Voilà tout. Ce soir, il ira se coucher en toute bonne conscience, dormira du sommeil du juste, ou peut-être ira trinquer avec sa collègue et quelques amis au gros chèque que lui fera l’Aegir Commodities.

Peut-être repensera-t-il à toute cette triste affaire sur un plan strictement technique, s’interrogeant superficiellement sur ce qui aurait pu mieux se passer. Peut-être qu’il fera un bilan d’expérience, lequel l’aidera à être, plus tard, un meilleur professionnel.

Le doigt sur la détente, il repense à Casey, qui est à quelques mètres derrière lui. Elle aurait bien aimé tuer. Il le sait. Contrairement à lui, Casey adore terminer les choses. Quand elle gagne une partie de carte, met la touche finale à ses petites sculptures d’oiseau en bois, ou appuie sur la gâchette, ça lui fout un kick immédiat. Taylor le sait. Mais c’est à son tour de tirer. Elle lui a dit. « Le dernier c’est moi qui l’ai tué. » C’est une règle tacite, chacun son tour, si les conditions le permettent. Une habitude comme une autre, que Taylor aime bien, parce qu’il aime bien bosser avec Casey, et qu’il ne partage ce rituel avec aucun autre de ses collègues.

Adossé à la camionnette, sa partenaire pousse un soupir, renifle bruyamment. Puis, soudain et sans cause apparente, elle reprend la discussion qu’ils avaient initiée en installant le nid de tireur et assez rapidement abandonné.

« Je veux dire, ce n’est pas étonnant qu’on soit plusieurs à vouloir la peau de ce type. »

Elle ne semblait pas vraiment y croire, ce qui n’allait probablement pas l’aider à convaincre Taylor. Elle fit une seconde tentative, d’un ton qui se voulait très raisonnable.

« Je sais. Nous n’avons pas "envie" de le tuer. Nous allons le faire. Parce qu’on nous paie pour. Mais si on se concentre uniquement sur les conséquences, en oubliant les causes…
– Oui, oui. Il n’est pas étonnant qu’on soit plusieurs à prévoir de le tuer.
– C’est ça.
– Parce que ce type est une figure politique montante, et que ces mecs ont le même effet sur les amateurs que des lampes sur des papillons de nuit.
– C’est ça ! »

Taylor lança un regard par-dessus son épaule. Casey acquiesça, il acquiesça en réponse.

« On pourrait presque attendre, je suis sûre que quelqu’un finirait par se le faire.
C’est-à-dire ?
Je pense vraiment que ça peut arriver. » Elle fronça les sourcils puis insista. « Qu’il y a une chance non nulle que quelqu’un le tue.
Sauf que nous on nous paie pour, une fois encore.
Je sais. Mais quand on y pense : est-ce que ça a vraiment du sens de le tuer si on est sûr que ça devait arriver ?
Mais ça on en sait rien, Casey. »

Il fronça les sourcils puis fit rouler ses épaules, et s’humecta les narines. Le patio de la maison de vacance venait de réapparaître dans la lunette de son fusil.

« On en sait rien », admit-elle, pas mauvaise perdante. « Mais ! Imagine. Imagine un peu que ça arrive.
Qu’on le tue avant nous.
Oui ou qu’on soit sûrs, mais vraiment absolument sûrs, que quelqu’un le tue.
Oui ? »

Elle marqua un temps.

« Eh bien. Est-ce que ça aurait du sens de lui niquer la gueule ? »

Un nouveau silence. La question resta suspendue dans l’air, l’espace d’un instant. Taylor releva encore la tête de sa lunette.

« Dans combien de temps ?
Pardon ? »

Il se tourna vers elle.

« Dans combien de temps le type - ou la meuf, soyons pas sectaires - se le fait ?
Une semaine à un mois.
Pas moins ?
La question se veut large. »

Il considéra la question un instant, puis retourna à sa lunette. Devant lui un patio qu’il commençait à vraiment bien connaître. La peinture rouge de la porte s’écaillait un peu, par endroit. C’était définitivement un endroit d’aspect banal, jugea Taylor. Il ne savait pas bien si les protestants apportaient de l’intérêt à ces choses-là, mais le lieu où Pierre Moulin mourrait n’alimenterait pas sa légende. Il lui semblait que les protestants étaient plutôt austères. Historiquement ils se battaient contre les fastes de l’Église, quelque chose du genre. Non, définitivement, Pierre Moulin devait s’en foutre. Il s’humecta à nouveau les lèvres.

« Je pense que je le tuerais quand même.
Moi aussi », s’écria Casey, très excitée. Puis, sans attendre, elle continua sur sa lancée : « Pourquoi ?
Pourquoi je le tue quand même ?
Oui oui, sachant qu’il devrait mourir !
Je sais pas. » Un instant de réflexion. « On me paie pour. Je dois bien ça au client.
Tu considères qu’on te paie pour le processus, pas pour le résultat.
Ouais. Si le client voulait une chaise, il voudrait que je lui en fabrique une, si demain le modèle précis qu’il me demande arrive sur son palier, tu vois, il m’aura payé pour rien.
Je vois. Tu penses que le type serait dégoûté ?
Dans cette hypothèse, ouais.
Voiture, qui arrive depuis l’est. »

Casey joua sur le réglage de sa lunette. Un véhicule arrivait en effet à rythme lent. Elle s’engagea dans la cour intérieure et se gara pour de bon devant la façade de la maison de vacance louée par Pierre Moulin. Une femme en sortit d’abord, et se dirigea vers la porte. Elle se retourna vers un homme, sorti après elle du véhicule et faisant le même trajet vers l'entrée. De profil, Taylor reconnut sa cible.

« Et toi Casey, pourquoi tu le tuerais ? »

Elle se mordit la lèvre inférieure, pensive, puis frappa ses mains l’une contre l’autre.

« Pour le kiff, je pense. »

Taylor appuya sur la gâchette du fusil, qui recula contre son épaule. La balle quitta le canon dans une détonation à peine absorbée par le silencieux. Là-bas, la tête de l’homme qui aurait pu gagner les élections éclata en débris d’os et de matière rose. À cette distance, Taylor n’entendit pas le hurlement que poussa sa femme. Il se releva, et se dirigea vers la camionnette. Casey avait déjà rejoint la place du conducteur.

« Pour le kiff », répéta-t-il pensivement. Il referma la portière, attacha sa ceinture, et lança un regard en coin à sa collègue, qui avait mis la gomme et arborait son air des grands jours. Cette réponse était tout à fait conforme à ce qu'il savait d'elle.

« Je capte », dit-il enfin, très cordial.

Le soir, ils avaient quitté le pays, et ne s'en portaient pas beaucoup plus mal.
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♠♣♥♦ Ce post a un effet de propagande ♠♣♥♦
Parti concerné : Parti Protestant Messaliote
Effet souhaité : Positif (Publicisé par le Consortium Médiatique Messaliote.)
Date IRP du post : 29/10/2019
♠♣♥♦ Ce post a un effet de propagande ♠♣♥♦


La Déclaration Du PPM Aux Messaliotes Après L’Assassinat De Pierre Moulin

Image de Nicolas Bergerac

Après que la nouvelle de l’assassinat de Pierre Moulin s’est répandue a travers la Messalie, l’émotion dans le PPM était forte, et le parti a rapidement organisé une élection du nouveau chef du parti par ses adhérents a travers l’Internet à l’improvisade. L’heureux élu était Nicolas Bergerac. Il a ensuite donné un discours présentant la position du PPM sur l’assassinat de Pierre Moulin. Le voici retranscrit ci-dessous.

“Durant son temps assez bref dans la vie publique messaliote, Pierre Moulin a durablement marqué les esprits. Il a su rassembler les espoirs d’un peuple messaliote en faveur d’une politique qui est à la fois ferme et responsable, tout en rassemblant la haine des menteurs fanatiques et des puissances étrangères hostiles à la liberté de notre peuple. Il était le politicien le plus authentique de son temps, étant toujours en train d’aller partout en Messalie, zones urbaines comme rurales pour écouter et parler avec le peuple Messaliote. Une attitude rendue plus spéciale encore par ses homologues qui se terrent chez eux et refusent de rencontrer leurs concitoyens. L’Histoire retiendra qu’il a travaillé sans relâche dans toute la Messalie, toujours en première ligne comme un vrai modèle de chef. C’est avec cette personnalité, cet état d’esprit qu’il aurait dû continuer sa campagne, peut-être même accéder à la fonction de Premier-Directeur après les élections législatives, et aider à tacler nos problèmes pressants. Mais les vils assassins en ont décidé autrement.”

“Lors des meurtres, les victimes sont tout aussi importantes que les coupables. Qui donc sont les commanditaires de cet acte ? J’y ai réfléchi longuement, et il n’y a que deux possibilités, auxquelles je pense que la Messalie y pensera elle aussi. Soit ce sont des oliviéristes qui ont commis le fait, soit ce sont les youslèves de Vera. Durant toute sa carrière, Pierre Moulin s’est rangé contre les escroqueries et l’hypocrisie de L’Olivier. Lorsque L’Olivier commença soudainement à parler de défendre l’héritage hélène, délaissant sa rhétorique précédente de défendre les autres traditions Messaliotes, comme la Fête des Fantômes, Pierre Moulin exposa leur hypocrisie. Lorsqu’ils répandaient de vils et absurdes mensonges sur des centaines de milliers de nos compatriotes, et appelaient à la violence contre eux, Pierre Moulin a démonté leur argument de manière méthodique. En somme, à chaque fois que L’Olivier montait un spectacle vide de raison et de logique, Pierre Moulin répondait toujours présent pour chasser leur fumée et casser leurs miroirs, afin de montrer au peuple Messaliote le vrai visage des politiciens d'extrême droite. Quant au Vera youslève, il s'est souvent opposé publiquement à la souveraineté du peuple Messaliote, se léchant les babines à l'idée de piller les richesses produites par notre honnête travail, tout le contraire de Pierre Moulin, qui n’a jamais cessé de se battre pour tous les Messaliotes. Ces deux entités sont donc à mes yeux les deux suspects assez hostiles et assez extrémistes, Vera est d’extrême droite après tout, pour faire cet assassinat. Mais en addition à la question du commanditaire direct de cette infamie, il faut aussi s’interroger sur qui a préparé le terrain pour le meurtre, qui facilite la tache des assassins dans ce cas precis, et dans toute la Messalie. La réponse à cela est facile, c’est L’Olivier sans le moindre doute. L’Olivier a passé les dernières années a appeler a la violence contre tout le monde et n’importe qui: San-Youtais; Wanmiriens; eurycommunistes; protestants. Ils ont réussi à banaliser l’idée de la violence politique. À cela mes compatriotes, il faut dire non ! Réfléchissez ! Réfléchissez à ce que cette banalisation de la violence signifie. Les assassins ont osé toucher à un des grands hommes de notre pays, alors s’ils prennent le pouvoir, que pensez-vous qu’ils feront avec vous ? Lorsque nos fiers agriculteurs en auront marre de voir une richissime entreprise utiliser ses capitaux de l’étranger pour inonder sans opposition notre précieux marché agricole, vous pensez que les Muscadins et les jeunes fanatiques armés de la campagne auront pitié d’eux ? Bien sûr que non, les politiciens de L'Olivier diront que ce sont des raclures, des agents étrangers qui méritent d’être envoyés illico presto dans leurs tombeaux. Et si nous laissons la violence se faire banaliser, la même chose se passera pour tout le monde ! Lorsque l'honnête travailleur se plaindra des prix qui montent en flèche et de son salaire qui stagne, les Muscadins le mettront dans son tombeau. Lorsque les protestants essaieront de croire en leur foi, à leur manière, sans déranger personne dans leur coin, ils se feront exterminer jusqu’au dernier. Et j’en passe des situations où l'extrême droite pourra vous assassiner sans aucune arrière pensée. Mais ce que je viens de vous dire ne concerne pas seulement le meurtre, car L’Olivier soutient la violence en tous genres: le vol, le rackettage, les assauts physiques et j’en passe des autres ! En commettant ces crimes, L’Olivier apporte son soutien tacite à tous les criminels de Messalie. Lorsque les habitants des 22 municipalités oliviéristes se font racketter et voler par leurs forces de police locales, c’est avec l’accord entier de L’Olivier. Lorsque à Messalie des honnêtes citoyens se font attaquer dans la rue, c’est parce que les Muscadins leur ont montré le chemin de la criminalité. Ce qu’il faut retenir en somme, c’est que la violence politique et non-politique est promue par L’Olivier et ne concerne pas uniquement les politiciens opposants de l’extrême droite, elle concerne tous les Messaliotes sans exception.”

“Mais il faut aussi savoir lire entre les lignes de cet assassinat. Car ce que cet assassinat nous dit, c’est que l’extrême droite, que ce soit en Messalie, ou à l’étranger, est en perte de vitesse, et elle a peur. Pierre Moulin a toujours ardemment défendu le peuple Messaliote de ces deux menaces, et maintenant il est mort. Cela est parce que face au raisonnement et l'authenticité de Pierre Moulin, l'extrême droite ne pouvait pas s’y opposer sur un pied d’égalité et espérer gagner. La seule manière pour eux de gagner était de faire assassiner la voix de la raison, opposer du plomb aux paroles, à l’espoir du peuple Messaliote ! Ça montre que lorsqu’on ose s’opposer à ces forces qui peuvent paraître si dominantes, si hégémoniques même, elles n’ont aucun argument légitime, aucune défense qui vous prend en compte, vous le peuple Messaliote, juste des coups de feu pour noyer le son de votre voix. Mais si l'extrême droite utilise cette méthode abominable, c’est aussi parce qu’ils savent la force que représentait Pierre Moulin: la force du peuple Messaliote, uni dans son entièreté pour dire non au fanatisme et à la tyrannie. Ils savent que cette force là, la voix de millions d’honnêtes gens, c’est une force qui peut facilement nuire à leur projet si elle est unie. C’est ça qu’ils craignaient avant tout, que Moulin unisse tous les honnêtes Messaliotes pour défendre nos droits et notre avenir commun. Ce qu’ils cherchent à faire avec cet assassinat, c’est faire taire le peuple Messaliote avec le baril d’un fusil, tenu par des mains couvertes de sang. Ce qu’ils veulent, en somme, c’est nous gouverner et faire de nous leurs esclaves terrorisés avec cet assassinat.”

“Au-delà de la victime, des coupables, de la signification générale de l’assassinat, il reste encore une question à aborder, à cette heure où les yeux de toute la région sont rivés sur nous, sur le PPM. Cette question est: que va faire le PPM en réponse ? Le PPM va-t-il se laisser intimider, se laisser faire harceler comme un petit enfant sans défense dans la cour de la récré ? Va t-il accepter de laisser Tomaso et Vera piétiner le peuple Messaliote et lui voler les fruits de son dur labeur ? La réponse à ça reste la même, comme depuis toujours. La réponse à cette question est un grand non ! Notre non est final et sans appel ! Nous ne changerons pas notre politique ni notre attitude pour plaire aux assassins et délaisser les honnêtes citoyens ! Voilà qui nous sommes. Un parti ciblé pour avoir trop bien rallié les Messaliotes avec nos idées, avec notre espoir contagieux d’un monde meilleur ! Un parti qui rejette le poison de la violence politique ! Un parti détesté par les autocrates pour notre proximité avec le peuple ! Sachez que l’extrême droite içi a affaire à des gens sérieux qui ne reculent pas, car nous savons que le peuple Messaliote est avec nous, et rejette avec dégoût les potions de mensonges et de violence qu’offrent les charlatans de l'extrême droite. L’extrême droite croit avoir gagné en assassinant un homme, mais c’est faux, car Pierre Moulin était en réalité qu’une représentation du peuple Messaliote: authentique, dur travailleur, attaché à la liberté et la raison. Et je pense que dans la mort, il saura se montrer plus puissant encore que de son vivant. Maintenant que Moulin va être mis dans la terre, il est l’heure que vous, mes compatriotes, que vous prenez le relais avec l’énergie et la force que je sais que vous avez en vous. Alors je dis au peuple Messaliote: debout la majorité laborieuse, honnête et silencieuse ! Debout pour la liberté ! Debout pour la paix ! Debout pour la stabilité en Messalie ! Debout contre les lâches assassins ! Debout contre les tyrans de l’ombre ! Debout contre la violence et les mensonges ! Debout, peuple de Messalie, bats toi et fais toi entendre, pour défendre ce que nous et nos ancêtres ont durement construit à la force de notre sueur !!”
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Date IRP du post : 30/10/2019
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Le Nouveau Chef Du PPM Explique Son Approche À La Tête De Son Parti

Le nouveau chef du PPM, Nicolas Bergerac a repris le rôle de son prédécesseur Pierre Moulin dans la campagne législative, mais avec un changement particulier dans son entourage: l’apparition de six gardes du corps bien armés. Lorsqu’il a été interrogé sur le pourquoi derrière cette décision, il a répondu:

“Je souhaite dire tout d’abord que je suis pour la paix entre tous les Messaliotes. Je ne suis pas pour la militarisation de la population. Je ne veux pas encourager tout le monde à acheter des armes pour se protéger, ni propager la peur. Toutefois, il semblerait que mon prédécesseur fut assassiné par des fascistes, et qu’en prenant sa place, je suis maintenant devenu moi-même une figure haïe auprès de l’extrême droite armée dans notre pays. Avec la passivité des forces de l’ordre, à cause de leurs chefs Réformateurs mous, et la rhétorique violente des politiciens d'extrême droite, il faut peu pour qu’un assassin ne m’attaque, pensant que je suis responsable des malheurs du peuple Messaliote. C’est donc pour cela que j’ai maintenant des gardes du corps avec moi, pour protèger ma vie et dissuader un assassinat potentiel. Je vais aussi m’apprendre à utiliser un pistolet personnel pour me défendre. Mais je vais m'entraîner à utiliser ce pistolet seulement dans des situations dangereuses. Car être armé, c’est comme avoir le pouvoir politique, car tous les deux nécessitent une profonde responsabilité et conscience du pouvoir entre nos mains, une chose que L’Olivier n’a jamais comprise, que ce soit avec ses militants armés et sa rhétorique violente, ou avec la gestion de ses mairies.”

Lorsqu’on a interrogé Bergerac sur s’il comptait changer son style politique comparé à Pierre Moulin, il a répondu:

“Non pas vraiment. Mon but dans ma carrière politique est avant tout d’aller à la rencontre des Messaliotes dans tout le pays, sans exception, même ceux qui se sentent oubliés par la vie politique. Je souhaite avant tout les inclure dans cette campagne législative, et les faire participer dans notre vie démocratique en allant échanger avec eux. Mon style en somme, c’est vraiment celui d’un homme du terrain, pas celui d’un planqué chez lui, comme certains autres le sont depuis bien trop longtemps. Je souhaite aussi maintenir la sorte de ligne rhétorique que nous avions, qui est une ligne basée sur un raisonnement approfondi, et sur la vérité. Jamais nous ne succomberons aux théories complotistes et l’utilisation de boucs émissaires, ou aux appels à la violence. Toutefois, il y a bien une difference je pense, et c’est que L’Olivier a montré avec l’assassinat qu’on ne peut pas être gentil avec eux, il ne faut pas avoir peur de dire au peuple Messaliote la vérité entière, aussi brutale que soit-elle, sur L’Olivier, comme sur comment elle usurpe la fonction de la police dans ses dèmes, transformant les protecteurs du peuple en un gang qui s’enrichit sur les dos de leurs compatriotes. Parce qu’avec Pierre Moulin, je pense que nous avons pas été assez agressifs envers L’Olivier, surtout lorsqu’il s’agit de leurs activités extra-parlementaires. Il ne faut surtout pas avoir peur de dire la vérité sur L’Olivier, qu’ils sont affiliés à des gangs dangereux comme les Muscadins et autres, qu’ils purgent nos honnêtes fonctionnaires pour faire des polices municipales des gangs sans loi ni foi. Car tout cela est bien connu par le peuple, et certains le savent que trop bien. L’Olivier, il faut le rappeler, est un soutien majeur pour toutes sortes de violences: vols, racketts, assauts, et je vous en passe d'autres. Mais réfléchissez-y un instant ! Nous avons aujourd’hui un parti politique majeur affilié à des gangs et qui inonde notre pays de violence ! Mais il faut se battre contre ça ! Ce n’est pas normal, c'est la sécurité de tous les Messaliotes qui pèse dans la balance ! En somme, juste parce notre parti est un parti qui veut la paix dans nos rues ne veut pas dire qu’il faut être gentil avec ceux qui imposent la violence dans la vie des honnêtes Messaliotes. Tout le contraire.”
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Date IRP du post : 01/11/2019
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Le PPM Sur Les Oubliés De La Campagne Messaliote

Le chef du PPM, Nicolas Bergerac, a donné un discours de campagne électorale à Messalie dans lequel il aborde l’oubli de nos campagnes dans la politique de notre pays et de la stratégie que notre pays devrait adopter pour y remédier.

“Notre monde est rempli de mal, c’est une des premières choses que nous apprenons dans notre vie dans ce monde. Une des observations faites dans notre monde agonisant est celle des gouvernements qui ne pensent qu'aux villes, et qui laissent les campagnes appauvries à leur sort. Cela est le cas aujourd’hui en Messalie, vous le savez trop bien, car vous faites face avec ténacité à cette réalité tous les jours. Mais le PPM est un parti différent. Car le PPM est un parti populaire ! Tous les honnêtes Messaliotes sans exception ont une place dans notre parti ! Et ça vous inclus vous, les oubliés des décennies précédentes !”

“Grâce à la mollesse des Réformateurs, les campagnes aux mains de L’Olivier sont aujourd’hui ravagées par des gangs qui sont techniquement des “policiers”, et qui sont pleinement financés par le budget du Directoire, c'est-à-dire par les impôts de tout le peuple Messaliote. Vous vous rendez compte ! Réfléchissez à ça un instant ! Une partie de nos campagnes sont en train d'être pillées par des milices d'extrême droite commandées par L’Olivier et financées avec l’accord de Tomarels. Et pour couronner le tout, à la fois L’Olivier et le Directeur de l’Intérieur, Léautrompe, se disent être des gens forts et protecteurs des honnêtes Messaliotes. Hypocrites ! De sales hypocrites ! Comme ils sont forts ces deux-là ! Soutenir des gangs, chacun à leur manière, qui volent, battent, piétinent, et écrasent les Messaliotes ruraux sans défense ! Comme si le monde n’était pas assez dur pour nos tristes campagnes. Le PPM, lui, sait que si on oublie les campagnes, alors on aura oublié la Messalie. Et donc le PPM s’opposera éternellement aux voyous violeurs de nos campagnes, et à leurs soutiens ! Si vous votez pour nous aux législatives, soyez certains que ces “policiers” ne recevront plus un drachme. Plus un seul ! Et ces malhonnêtes seront remplacés par des vrais policiers qui vous protégeront, au lieu de vous harceler pour vous voler vos maigres revenus ! Et pour finir, les chefs de ces gangs, qui accumulent les richesses sur votre dos comme des seigneurs féodaux, seront mis à leur place: derrière les barreaux ! Nos campagnes verront alors un nouveau jour se lever, un jour libre de la botte des soi-disant “policiers” !

“J’ai évoqué le fait que nos campagnes souffraient déjà avant l’arrivée des gangs oliviéristes. Car plein de menaces y planent dessus. Je pense notamment aux volontés de monopole de Terrabilis sur notre secteur agricole. Étant dominant en Antérinie, Terrabilis veut maintenant éradiquer toute compétition en Messalie avec ses capitaux accumulés grâce à son monopole en Antérinie. Qu’est-ce que ça veut dire pour l’entrepreneur agricole Messaliote ? Le projet de Terrabilis signifie la fin de l’indépendance financière pour les petits propriétaires, le début de la dépendance sur les aristocrates antériniens, la pauvreté générale, et la destruction du travail acharné de générations d’honnêtes Messaliotes sous les talons d’une poignée d’aristocrates ! Et pour les employés agricoles sans terres, ce n’est pas mieux, croyez moi. Car les employés agricoles pourront s’attendre à une baisse des salaires et des emplois disponibles ! Et malheureusement, les effets du monopole ne s'arrêteront pas là ! Car les magasins alimentaires se verront forcés d’augmenter les prix une fois que Terrabilis sera le seul producteur du marché et qu’il cherchera à faire exploser ses profits. C’est une perte sur toute la ligne pour le peuple Messaliote ! Et tout ça: la perte de ce que nos ancêtres ont transmis, la perte du bon travail, l’insécurité alimentaire, la perte de la liberté, va plus loin que le matériel, il détruira aussi notre confiance, notre fierté ! Alors que les Messaliotes sont un peuple qui travaille dur et qui mérite d’avoir confiance en soi. Mon parti pense que vous méritez d’être fiers de vous, vous méritez d'être capables de dire à vos enfants, que quoi qu’il arrive, vous allez vous en sortir car vous n’êtes pas esclaves d’une grande entreprise aristocratique toute-puissante. Mais pour imposer son contrôle, Terrabilis a besoin de complices, pas seulement chez les Réformateurs corrompus qui ont vendu notre patrimoine, mais aussi chez L’Olivier. Car ce parti qui a profité de l’opposition rural aux sombres désirs de Terrabilis est un complice ardent de Terrabilis. Réfléchissez ! Idéologiquement, une monarchie répressive et l’extrême sont très compatibles. L’Olivier, au lieu de protéger ses citoyens, préfère s’improviser en mafia pour sucrer l’argent des honnêtes Messaliotes. Alors quand Terrabilis viendra pour quelques faveurs avec une valise pleine d’argent, comment pensez-vous que Tomaso va réagir ? Il va prendre la valise, lêcher les bottes aristocrates goulûment, jeter ses électeurs dans la misère, et tout justifier avec des cris sans queue ni tête sur les San-Youtais, Wanmiriens, et protestants. Le PPM est le seul parti qui peut protéger les campagnes, et pour cette raison, nous ferons tout dans notre pouvoir pour que Terrabilis reste sur un pied égal avec les agriculteurs Messaliotes !”

HRP: Lorsque je parle de la complicité Terrabilis et L’Olivier, sujet assez nouveau, je fais référence au fait que dans “Réinformation Citoyenne”, il est question de ce qu’il se passe dans les dèmes de L’Olivier, et on y apprend implicitement que Terrabilis s’accapare les terrains agricoles, chose qui fâche les ruraux, et pour ça, il faut la complicité des mairies oliviéristes. Je n’essaie pas de dire que le PPM est au courant de l’accord du Polémarque, et de la coopération rapprochée qui en découle.
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Date IRP du post : 13/11/2019
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Le PPM Sur Le Conseil D’Administration

Le chef du PPM, Nicolas Bergerac, a donné un discours de campagne électorale à Épirée dans lequel il discute des réformes nécessaires pour le gouvernement Messaliote.

“Au centre des questions sur nos institutions se trouve le Conseil d’Administration, car cette institution gouvernementale est unique dans notre monde, et beaucoup se demandent ce qu’on devrait en faire. Regardons donc les options ouvertes au peuple Messaliote.”

“Une des alternatives à la proposition du PPM est qu’il faut abolir tout bonnement le Conseil d’Administration. Cette idée, si appliquée, serait catastrophique. Elle serait une déclaration de guerre sur les droits individuels. Ce serait une rupture du contrat entre le peuple Messaliote et le commerce, ce qui forcerait les actionnaires de lâcher leur moitié du contrat, car oui, eux aussi ils contribuent. Cette décision aurait l’effet d’avoir les milieux d’affaires qui lâchent leur partie du contrat, c'est-à-dire que les investissements s'arrêteront, le chômage explosera, les salaires stagneront, et les prix grimperont en flèche. En d'autres mots, abolir le CA nous mettrait une fois de plus dans la crise où nous étions avant, et je pense que personne en Messalie ne veut ça. Le CA est aussi un garde-fou utile contre l’extrémisme si jamais il doit venir au pouvoir. La raison pour ça est qu’il serait dans l’intérêt du CA de défendre les lois de notre République contre les extrémistes qui voudraient tout brûler.”

“L’autre alternative est de ne pas toucher du tout au CA, mais c’est imprudent ça. Car il est toujours possible que le pouvoir CA se concentre entre moins de mains. Dès lors, le CA ne serait pas simplement un garde-fou anti-extrémiste, mais aussi capable de pousser fortement ses intérêts sur la politique. Dès lors, le CA serait une institution dangereuse opposée aux principes de notre République, car il serait un cercle bien plus restreint, et donc bien plus capable d’utiliser son pouvoir de manière offensive contre les autres institutions. Il utiliserait donc son pouvoir non pas pour protéger les Messaliotes, mais au contraire pour imposer son agenda, celui d’une petite minorité. Je ne pense avoir besoin de vous expliquer qu’une imposition d’un agenda politique par une petite minorité, qui est une atteinte au républicanisme, ne va sans aucun doute pas être à l’avantage de la majorité honnête des Messaliotes, ni nos agriculteurs, ni nos commerçants, ni nos salariés.”

“Quelle est donc la solution ? Comment peut-on garder le CA tout en empêchant une dérive antirépublicaine ? La solution est simple. Il faut empêcher la concentration du pouvoir au sein du CA en imposant une limite de 10% sur les actions que peut posséder une entité. Cette limite ferait à la fois en sorte qu’il n’y ait jamais, a la limite extrême, moins de 10 actionnaires, et il n’y aura jamais un actionnaire trop influent, comme Madame Fang qui fut l’actionnaire majoritaire du CA à une époque. Sans une concentration du pouvoir au CA, il sera très compliqué pour des malintentionnés de faire usage du CA pour piétiner notre République et le peuple Messaliote avec.”
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La Procession Funèbre De Pierre Moulin

À Messalie, la capitale politique et économique de notre pays, s’est tenu récemment la procession funèbre pour le chef du PPM, Pierre Moulin, lâchement assassiné, vraisemblablement par l’extrême droite. Le cortège a vu la participation de nombreuses personnes, et encore plus nombreux furent les gens qui ont vu le cortège et ont baissé le chapeau en honneur au martyr anti fasciste. La procession fut fortement politisée en faveur du PPM et de l’antifascisme, deux causes maintenant indissolubles. La cérémonie a aussi vu la présence du successeur de Pierre Moulin, Nicolas Bergerac, et la femme du défunt a la tête du cortege, tout habilles en noir.

Nous avons interrogés plusieurs personnes anonymes qui ont assistées au cortège sur leurs opinions sur toute l’affaire de l’assassinat et leur choix pour les élections législatives. Voici les réponses.

“Moi je n’étais pas très active politiquement avant, mais cet assassinat a changé ça. C’est la première fois depuis des décennies qu’un homme politique se fait assassiner pour ses opinions. Mais c’est complètement insensé ! Dans quel monde allons nous vivre à la fin ? La politique est remplie de gens corrompus, mais cet assassinat m’a quand même fait regarder la politique actuelle de plus près. Et ça m'a fait réaliser que Pierre Moulin, la raison qu’il a été assassiné c’était parce qu’il parlait pour nous les petites gens. Dans la politique, seuls les méchants en général s’accrochent. Les gentils, les fidèles, les honnêtes, comme Pierre Moulin, ce sont eux qui se font dégager, parfois violemment. Donc maintenant moi je vais voter pour le PPM, car c’est eux les persécutés, car ils disent la vérité, et ça gêne ceux qui veulent nous sucer les petites gens jusqu'à la moelle, tel que Toto.”

“Je trouve cet assassinat abberrant, c’est quoi cette Messalie où nous vivons ? Pourquoi la police des Réformateurs n'a-t-elle pas empêché ce crime odieux, alors que c’est leur travail d’assurer notre sécurité ? La criminalité a vraiment explosé récemment, et ça m’inquiète. Quand je pense à la politique, je pense avant tout à la sécurité de mes enfants. Et je ne veux pas qu’ils grandissent dans un pays ou le meurtre est un fait normal de la vie, surtout parce que, si l’extreme droite à osée, et reussi a éliminer un politicien a statut élevé, qu’en est il pour nous ? Ils vont être capables de nous assassiner en toute impunité, sans aucune arrière pensée, parce qu’entre la violence politique contre les politiciens, et la violence non politique qui blesse tous, il n’y a qu’un petit pas pour passer d’un à l'autre. L’Olivier, qui soutient la criminalité de la part des Muscadins et autres, doit être arrêté, car je veux que mes enfants puissent grandir dans un pays libre de violence et de meurtre. Je vais voter pour le PPM, car eux seuls sont prêts, dans leurs actions passées, et dans leur plans pour le futur, pour mettre fin à la violence qui fait tant de mal aux Messaliotes.”

“Cet assassinat est très inquiétant, et témoigne de l’incompétence complète du Directoire. Nous avons ici un politicien qui s’est fait assassiner en pleine journée, dans un dème sensé être calme, ce n’est pas un temps normal dans lequel nous vivons ! Il faut mettre fin à la terreur des gangs bon sang ! Lorsqu’un pays cherche à attirer des investissements, et par conséquent la prospérité, il y a plusieurs choses nécessaires, comme le droit à la propriété privée. Mais il doit aussi y avoir la sécurité pour assurer la protection des personnes et des biens. Si on continue à laisser faire L’Olivier et ses gangs affiliés, notre pays ira directement vers la misère noire économiquement sur les salaires, emplois, et tout ça. L’Olivier s’est attaqué au PPM parce que ce sont les seuls qui ont compris ça au propos de L’Olivier, et qui veulent réagir en conséquence. Je vais voter pour le PPM aux prochaines élections pour faire avancer la prospérité économique de tous les Messaliotes.”

Nicolas Bergerac a ensuite donné un discours bref pas loin peu de temps après la procession funèbre. Le voici retranscrit ci-dessous.

“Mes chers compatriotes, après cet ignoble attentat, L’Olivier pense que je suis seul. Les extrémistes veulent que je sois seul. Mais est-ce que nous sommes seuls ? Est-ce que nous sommes isolés, sans soutien populaire ? Non ! Merci mes amis, merci de tout coeur pour votre présence. Vous avez su braver les caricatures, et les menaces de L’Olivier pour être içi. Mais içi pour faire quoi, au juste ? Vous êtes içi pour dire un mot, à la face du monde, et à celui de L’Olivier. Ce mot, c’est non ! Non à la violence politique ! Non aux accusations remplies de vent ! Non aux élites oliviéristes qui préfèrent assassiner que débattre ! Avant tout, nous sommes réunis pour dire que nous ne nous laisserons pas abattre facilement par la tyrannie des politiciens d’extrême droite, ceux qui, depuis leur tour d’ivoire, veulent nous gouverner a tirs de sniper sans jamais rendre de comptes au peuple.”

“Avec cet assassinat, force est de constater que L’Olivier a déclaré la guerre au peuple Messaliote tout entier. Car ils ont assassiné un homme qui participait dans notre publique, et car ils montrent qu’ils méprisent royalement le choix du peuple du qui ne veut pas d’eux. Face à ce parti qui abandonne totalement les normes démocratiques, qui s’érige en seigneur féodal dans ses dèmes ruraux, et qui répand la violence dans les rues de notre capitale, il n’y a qu’une réponse possible: la contre-attaque. Il faut se lever et se mettre en marche. Plus que jamais la réponse n’est pas d’abandonner, mais de lutter plus fort. Il faut que partout, que nous frappions sur les portes, que nous parlions avec nos compatriotes, pour qu’on puisse avoir une Messalie qui vote bleu ciel. Et ensuite, nous pourrons commencer le travail pour combattre nos maux de manière active, en commençant avec la plaie de la violence oliviériste.”
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Grand Clinique
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