02/07/2020
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Relations internationales [Diplomatie] - Page 18

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Armoiries marcinoises/éthiopiennes

Missive officielle du Royaume de Marcine.

Son Excellence Aimé Bassé, Ministre des Affaires étrangères de Son Excellence Aimé Bolila, Premier Ministre de Sa Très Pieuse Majesté Louis VI de Marcine et d’Antérinie ; Négusa-Négast, Le’ul de Kalindi, Empereur d’Antérinie, Grand-Duc du Scintillant, Comte des Marches et de Luz, Duc d’Antrania, Commandeur de l’ordre de Saint-Jérôme, Abbé de Flatan et descendants des Augustes Empereurs des Rhêmiens.
À
Son Excellence Kader ben Shawri, représentant diplomatique en poste à Marcine de Son Excellence Amastan Ag Amenay Ag Aylan, ministre des Affaires étrangères du Califat Constitutionnel d’Azur, Voix de Sa Sémillante Altesse Kubilay Ibn Sayyid, Illustre Calife d’Azur et protecteur des Musulmans d’Afarée et du Monde.

Objet : Réponse à votre précédente missive.

Votre Excellence ;

Je tiens en premier à lieu à m’excuser pour le temps pris afin de répondre à vos requêtes et aux différents arguments que vous avez mobilisés pour tenter de démontrer la sincérité et l’humanité de votre opération de blocage des principaux ports de commerce de la République Actionnariale du Désert Rouge ; et je vous le concède volontiers, votre verve, votre logique, n’ont rien à envier aux grands philosophes des siècles passés. Néanmoins, malgré l’intelligence de vos propos, la pertinence de certains, nos services diplomatique ont été absorbé par la mise en place d’une opération humanitaire particulièrement complexe au Moranza avec nos partenaires finejouriens et antériens. Nous espérons que vous comprendrez, au vue de la délicate situation locale et des vifs débats que cette mission souleva, que nous avons dus reconcentrer nos efforts dans les régions proches du Royaume ; dans la Corne d’Or de l’Afarée. Néanmoins, nous vous assurons que nous sommes dorénavant pleinement centrés sur le dossier cramoisiste et nous tâcherons d’apporter des réponses à vos propositions, ainsi que des interrogations ayant récemment resurgis suite à des scandales impliquant, si je ne m’abuse les services azuréens.

Nous sommes nous aussi ravis de constater à quel point vos intentions vis à vis des Kabaliens sont justes et sincères ; il est rassurant de voir des États conserver leur dignité quand d’autres préfèrent brandir l’argument humanitaire, souvent hors de propos, injustifié et hypocrite pour légitimé des opérations militaires qui font des victimes civiles de simples chiffres ; des statistiques qu’il serait bon d’optimiser pour donner une image chirurgicale de la guerre, comme quelque chose de propre face aux caméras, peu de blessés, peu de victimes collatérales, peu d’actions moralement condamnables face aux médias. Mais cela, dans la plupart des cas, reste une pure façade ; les guerres de libération amènent souvent des famines, des crises humanitaires abominables, des pertes bien plus élevées que prévu. Et malheureusement, loin de s’en soucier, les impérialistes en culotte courte se fichent éperdument de ces milliers, de ces millions, d’affamés ; tant qu’on ne les voie pas sur les caméras, tant que l’on peut accuser l’autre bord, ces corps rachitiques, squelettiques, au bord de l’inanition deviennent un capital sympathie insoupçonné, tristement agité pour convaincre les militaristes en tout genre de continuer à verser les crédits de guerre suffisants… Une tragédie qui semble s’être popularisé à travers le monde, un concept malsain de guerre psychologique et communication médiatique qui n’a pas manqué de succès depuis des décennies. Mais pour vous, comme pour nous, ce principe, ce respect absolu de la vie humaine, la sacralité même de cette dernière ne sont pas de simples principes fumeux, comme l’émancipation des travailleurs par le sang et le chaos, ou une lutte acharnée entre les diverses « races » qui peuplent ce monde pour le contrôle et la domination absolu de la planète. Vous et moi Excellence partageons ce ligne de conduite morale visant à préserver le plus de vies humaines, à croire en la diplomatie et au dialogue autant que possible. Et si, vous percevez un ton acerbe derrière certaines observations tout au long de cette lettre, je vous prie de ne pas y voir une quelconque forme d’irrespect, ni même de malice, Seulement une critique de la part d’un ami qui note que certains faits, certains gestes, puissent paraître profondément suspects et alarmants. Et c’est au nom de cette sincérité morale, ce code de la droiture qui nous guide que je m’accorde le droit, si vous me permettez l’expression, de « mettre les pieds dans le plat ».

Dans votre courrier, si dense, si plein, si sincère aussi, plusieurs points ont retenu mon attention, tellement d’ailleurs que je ne sais où donner de le tête. La paix, la guerre, la justice, toutes ces notions fondamentales qui firent les grandes nations sont savamment présentées ; pour vous, si je comprends bien, la guerre peut s’avérer nécessaire pour construire une paix durable, dans ce cas-ci si le conflit permet de forcer, bon gré mal gré les dirigeants de la Cramoisie à se retirer et à assumer leurs responsabilités devant la justice des hommes avant de répondre devant Dieu de leurs actes. Si je vous suis dans le principe ; la guerre est parfois bien meilleure diplomate que la diplomatie elle-même, je reste dubitatif quant aux résultats réels. Et surtout, quant aux conséquences de tels évènements. Vous le savez tout aussi bien que moi ; si un conflit éclate dans cette région du monde ; c’est l’embrasement de l’Eurysie du Sud et de l’Afarée du Nord. Cramoisie est trop proche d’un détroit stratégique ; d’un goulot d’étranglement que traversent chaque jours des dizaines, si ce n’est des centaines de navires de commerce. D’après vous, comment réagiraient les amirautés fortunéennes, youslèves, jashuriennes et alguarenaises en apprenant que le commerce international serait mis en péril par une guerre de haute intensité entre vous et Basilek Ishak ? Si le Royaume peut retenir les chiens de guerre antériniens, je doute sincèrement que nous ayons suffisamment d’influence à l’O.N.C pour retenir des flottes entières.

C’est là en effet mon premier constat ; l’Organisation des Nations Commerçantes n’agit que si le commerce, les affaires, les intérêts commerciaux, sont mis en péril. Je n’essaierai pas de vous le nier ; il est de notoriété publique que ces organisations visant à défendre des intérêts communs plus que des principes moraux. Nous ne sommes pas comme l’Organisation des Nations Démocratiques ou l’Alternative Libertaire ; Nous sommes bien moins attachés à toutes ces valeurs, à toutes ces conceptions. Nous autres les Marcinois, sommes très probablement les moins cyniques de ce milieu ; la morale signifie encore quelque chose pour nous. Mais pour le financier d’Aserjuco qui voit ses actions chuter à cause d’une guerre en Leucytalée occidentale, pour la Sérénissime de Fortuna, qui verrait en un conflit Azur-Cramoisie un camouflet à son influence régionale ; un pied-de-nez à son pré carré, il est certain qu’un homme aussi brutal que Son Excellence le Custode Deria n’hésitera pas une seule seconde à s’afficher du côté des « méchants » pour rétablir l’ordre. Certes, vos opérations ne contreviennent d’aucune manière aux dispositions de la Charte fondamentale de l’Organisation, en revanche leur location peut radicalement changé l’image qu’ont les membres de cette organisation vis à vis du Califat.

Ne voyez pas en ces quelques lignes un avertissement déguisé, mais au contraire un conseil d’ami. Malgré les profondes divergences culturelles, cultuelles, politiques et philosophiques qui nous séparent, je respecte profondément les Azuréens et leurs coutumes, ainsi que leur engagement pour l’autodétermination des peuples afaréens. Je n’entends pas tenter de vous mettre des bâtons dans les roues pour des raisons mesquines, seulement je tenais à vous détromper sur l’Organisation des Nations Commerçantes ; nous ne faisons pas d’humanitaire et les voix du pragmatisme sont plus nombreuses que celles de l’idéalisme, et de la morale. Considérez aussi que des acteurs pourraient venir à se montrer plus direct, si cela est possible, que l’Organisation des Nations Commerçantes… Il me paraît tout aussi certain que le Forum de Coopération de l’Afarée du Nord n’apprécierait pas forcément une telle initiative, d’autant plus que la confiance en l’Azur et en sa capacité à résoudre pacifiquement ce conflit, je ne fais que répéter de simples bruits de couloirs, pourraient pousser certains États membres du Forum à se montrer bien moins amicaux avec le Califat si ce dernier venait à entrer en guerre. Et pour ma part, je crains que cela ne destabilise la région toute entière, et avec cela, son lot de réfugiés de guerre, de crises politiques et économiques, d’ingérences et toutes les joyeusetés que l’on sait… C’est pour cette raison là, Excellence, que le Royaume de Marcine, et avec lui la Confédération toute entière, devront se contenter d’un rôle passif en cas de conflit armé entre la République actionnariale du Désert Rouge et le Califat Constitutionnel d’Azur. Même si je me doute que vous n’attendiez pas de nous un soutien décisif.

Cette décision, loin d’être guidée par une profonde lâcheté ou une secrète sympathie pour la cause carnavalienne doit-être comprise comme une bienveillante neutralité à votre égard. Tout comme vous, nous ne saurions confondre bravoure et suicide ; loin d’être téméraires nous préférons la prudence. Aux bruit des canons, nous y substituons les bruissements des feuilles de papier des antichambres ouatés et feutrées. Évidemment, nous sommes persuadés que pour vous la guerre ne reste qu’une option parmi d’autres, et que la paix, l’échange et les tractations diplomatiques seraient l’option à privilégier. Et sachez, que les canaux diplomatiques du Royaume de Marcine restent à votre entière disposition pour vous servir d’intermédiaire (si vous le souhaitez) ou de caisses de résonance de certaines de vos positions auprès du reste du monde, et notamment vis à vis de certains de nos partenaires privilégiés.Si il est tout à fait probable que le panel de moyens à utiliser pour pousser l’entité cramoisiste à payer pour ses crimes odieux, à le réparer aussi, nous considérons que la plupart de vos exigences sont loin d’être tout à fait fantaisistes ; la plupart par ailleurs ne manquent pas de bon sens ; traduire devant la justice les reponsables du génocide, décideurs et petites mains, exécuteurs et commandeurs me paraît fondamental pour que l’Afarée puisse accepter la balafre qui la défigure ; la justice comme vous dites, et fondamentale, pour ne pas dire absolument nécessaire à la réconciliation générale du continent. Sachez que si des négociations se tiennent, Marcine se tiendra à vos côtés pour réclamer une plus grande transparence vis à vis des exportations d’armes chimiques de la R.A.D, mais aussi pour l’arrestation et le jugement équitable des responsables et des exécutants du génocide kabalien.

Ces deux points là sont à mon sens ceux qui doivent à tout prix être défendus et adoptés lors de l’hypotéthique conférence qui se tiendrait en Baskonie si j’en crois vos propos qui laissaient poindre, ou du moins espérer, une résolution de crise autour de négociations diplomatiques, ce que je ne saurai qu’encourager comme vous vous en doutez. Évidemment, ne voyez en ces paroles que ce qu’elles sont ; une simple opinion que l’on pourrait difficilement qualifier de conseil. Et je ne doute pas une seule que vos diplomates défendront avec succès l’honneur et la dignité de l’Afarée et des Kabaliens face aux représentants cramoisistes. J’espère simplement que les deux parties soient suffisamment sages, modérées, réfléchies pour refuser la guerre et les implications internationales, continentales, intercontinentales devrai-je dire que cela amènerait dans son sillage. Et tout compte fait, je ne suis pas certain qu’un interminable conflit entre puissances de premier rang puisse réellement résoudre les problèmes d’autonomie des natifs encore nomades, ni même des natifs vivant dans les grands centres urbains et qui seraient surexposés aux bombardements… Je prie donc vivement pour que vous puissiez, avec le représentant cramoisiste, vous accordez sur des points fondamentaux.

De mon côté, en toute transparence, je vous informe que nous contacterons bientôt les autorités diplomatiques cramoisienne afin d’aborder ces questions là sous un axe moins conflictuel ; Marcine ne s’est pas illustrée par sa férocité et son aggresssivité, et puis il se dit que nous sommes plus conciliants que vous autres, c’est peut-être vrai. Vous affirmez que vos mains sont plus frêles et plus douces que les nôtres, probablement, même si le Califat a su faire preuve de tenacité et du pugnacité vis-à-vis de ses adversaires, et sincèrement je suis convaincu que vos proies n’ont aucune chance face à des hommes d’une telle tenacité. Nos mains sont bien trop lourdes pour causer de réels dégâts, alors que les vôtres, sont véloces et habiles. Bien entendu, je tiens à vous rassurer sur ce raprochement ; nous n’agirons qu’avec les conseils de Baki Tabet avant d’aborder les négociations avec les autorités en place. Si vous avez quelques informations salutaires à son sujet, nous vous en serions gréé de bien vouloir les partager.

Enfin nous nous montrons à la fois extrêmement réceptifs mais aussi dubitatifs face à votre proposition d’intégrer le Pacte Afaréen de Sécurité. Loin de voir cela comme un déshonneur, nous considérons au contraire que c’est un moyen de permettre la reconnaissance d’entités autonomes, et même semi-indépendantes, appartenant à des États transnationaux. Une réalité qui doit s’ancrer et permettre aux nations possédant des territoires autonomes en Afarée (comme l’Empire du Nord) d’appréhender et de mieux comprendre les mouvements décoloniaux sans percevoir ces derniers comme des menaces planant au-dessus d’eux. Et ce serait un sincère honneur de pouvoir montrer que même limité par une législation confédérale, même « handicapé » par son statut d’État confédéré, le Royaume de Marcine peut participer à la décolonisation et agir pour représenter ces millions de voix que l’on n’entend pas. Ce silence assourdissant causé par le feu croisé d’un décolonialisme radical, dogmatique, qui refuse de prendre en compte les réalités locales, le rapport coût/bénéfice et les véritables conséquences d’une indépendance trop brutale, presque non voulue, presque imposée. De l’autre nous avons les nationalistes en tout poils qui préfèrent maintenir un statut de domination absolu, raciste et inique, maintenir le pillage institutionnel des ressources de régions entières, l’asservissement de peuples entiers, leur avilissement tout entier pour couvrir de gloire une nation qui s’est faite dans le déshonneur. Au milieu se trouvent les défenseurs de l’autonomie, ce qui peuvent voir en une libre association un moyen pertinent pour conserver ou accroître son influence ; mais aussi une sorte de garantie de ne pas devenir un Gondo bis ; un terrain de jeu pour les puissances néo-coloniales.

Seulement, même si je salue votre proposition, le gouvernement marcinois et plusieurs partis restent suspicieux quant à la sincérité de vos intentions. Alors qu’ils commencent à peine à oublier l’innommable affront que vous avez commis à l’encontre de la dignité de la Couronne et du peuple Marcinois, voilà qu’une nouvelle affaire vient de relancer la machine, si vous me permettez l’expression. En effet, nous avons appris par le biais d’un média althajir qu’Agarchitadès avait financé des groupes musicaux décoloniaux dans l’objectif de se fournir un moyen de s’ingérer dans les affaires intérieures. Une accusation extrêmement grave s’il en est ; nous autres Marcinois refusons de combattre le feu par le feu. De combattre le colonialisme par l’ingérence injustifiée, et ce même si la cause est profondément juste. Comprenez donc que beaucoup de ministres, de députés, de simples citoyens verraient en une adhésion au Pacte Afaréen de Sécurité trois signaux considérés comme inquiétants par une large part de la population ; d’une part une sorte d’approbation tacite de vos méthodes, que nous récusons, mais aussi une forme de moyen détourné de désavouer le Forum de Coopération d’Afarée du Nord sans nommer les quelques frictions causées par la présence d’éléments moralement douteux au sein du Pacte.

Ce qui retient évidemment notre attention est justement comment on vous accuse de traiter vos amis ; Imcelet était un État musulman, qui entretenait de très bonnes relations avec Agarchitadès jusqu’à ce que cet évènement, cette découverte ne vienne contredire, embrouiller ce que l’on pensait pour acquis. Jamais un allié ne devrait se permettre de telles choses ; n’y voyez pas une condamnation mais simplement un reproche. Pour nous, un partenaire doit nous respecter, ne dois pas voir nos concitoyens comme des électeurs que l’on peut influencer à peu de frais ; une sorte de pâte à modeler… Je vois cela comme quelque chose de profondément irrespectueux. La souveraineté, n’a pas de prix, la violer, détourner les rouages de la démocratie à son profit relève d’actes fondamentalement contraires aux valeurs qui devraient nous guider. C’est justement ce constat là, ce rapport, qui peut se révéler être une véritable bombe au Parlement marcinois, et qui pourrait à lui seul justifier le refus absolu du Parlement à adhérer au Pacte Afaréen de Sécurité. Par ailleurs, si des tensions diplomatiques venaient à émerger et à s’installer durablement entre l’Azur et l’Althaj, Marcine ne saurait se résoudre à provoquer ses partenaires du Forum de Coopération d’Afarée du Nord en adhérant en même temps au P.A.S, co-fondé par l’Azur ; cela reviendrait pour nous et (probablement pour eux) que nous ne poursuivons que nos intérêts, au détriment de ceux de nos partenaires privilégiés. Une décision qui amènerait probablement l’incompréhension et le mépris de ces derniers.

Dernier point enfin ; la présence de membres pour le moins problématique au sein du Pacte Afaréen de Sécurité ; si nous ne donnerons pas de noms, nous avons tous une image en tête ; des dictatures militaires extrêmement brutales ayant occupés illégalement des territoires appartenant à des États légitimement reconnus comme indépendants aux méthodes de répression particulièrement brutales et au comportement agressif ; en atteste des opérations extérieures à répétition et des escarmouches balistiques avec d’autres États ayant menés à des opérations navales d’envergure ; que ce soit en Leucytalée ou dans le Deltacruzando. Même si le Pacte doit être ouvert à tous ; c’en est là sa principale caractéristique, que je considère tout à fait légitime, cela s’entend. En revanche, laisser entrer des États n’ayant que faire de l’Afarée, ne voyant cela que comme un outil de puissance à leur service, c’est ce point là qui pose problème. Comme il est à mon sens hors de question d’afficher des États en particuliers, je pense tout de même qu’il est inutile de développer plus sur ce point là pour noter l’incohérence entre la position de ces derniers qui prétendent décoloniser l’Afarée tout en cherchant à la dominer pour leurs intérêts propres ; ces chevaux de Troie sont des menaces et à la cohérence interne de l’organisation mais aussi vis à vis des autres États afaréens. Un point qui ne manquera pas d’être relevé par le Parlement en session plenière à Kalindi.

Je sais que cette subite suite d’arguments peut sonner comme un refus poli, mais comprenez que je crois en ce Pacte et qu’il me paraît nécessaire de convaincre les parlementaires du bon fondé de l’adhésion ; c’est donc à son co-fondateur et à son défenseur le plus convaincu que j’adresse ces quelques réfutations théoriques pour me permettre d’être certain de la nécessité de l’adhésion au Pacte.

Enfin, sachez que je suis favorable à l’opération que vous aviez mentionné dans votre précédente missive.

Dans l’attente de vous relire, bien cordialement.
4099
Missive du bureau des affaires étrangères de Dyl’Milath :


Drapeau

A l’attention toute particulière de Amastan Ag Amenay, Ministre des Affaires Etrangères du Califat Constitutionnel d’Azur


Objet : en réponse à votre missive

Estimés représentants
Nous recevons avec enthousiasme et intérêt votre proposition d’échange d’ambassade. La Deuxième République de Dyl’Milath, longtemps en proie à l’isolationnisme et les tensions internes, n’a que depuis peu pris part au concert des nations, et elle y a déjà été critiquée, pour avoir mené l’Opération Aldébaran, que vous célébrez. Notre pays est favorable, bien que certain sur notre continent affirment le contraire, à la paix et la prospérité parmi les nations du monde. Evidemment, cette paix ne peut vraisemblablement se réaliser sans l’aide de la diplomatie, et c’est donc de bon coeur que nous acceptons votre offre d’échange d’ambassades.

Nous pouvons constater, grâce au récit que vous nous faites, qu’effectivement les menaces liées à la guerre bactériologique, l’un des plus grands fléaux qui puissent menacer l’humanité, sont plus que présentes aujourd’hui dans le monde, chez de nombreux acteurs et sous de nombreuses formes, et nous acceptons donc d’aider le Califat dans cette lutte on ne peut plus nécessaire, car il en est de notre devoir de nation civilisée et aspirant au bien commun et à la paix de tenter d’arrêter l’arme la plus destructrice jamais inventée par l’homme.
Vous célébrez l’opération Aldébaran, car la lutte contre les armes bactériologiques vous est chère, mais sachez que vous adoptez par cette acte une posture que bien peu ont soutenues durant les nombreuses discussions qui ont eu lieu sur le sujet dans les instances diplomatiques nazumis. Après l’échec de la solution diplomatique a stopper le développement des armes bactériologiques ninchoises, notre pays fut le seul assez préoccupé par la sécurité du continent pour s’assurer que les annonces du gouvernement ninchois étaient réelles, et comme vous le savez, elles ne l’étaient pas. L’opération militaire qui a suivit a été ensuite fustigée par la plupart des acteurs nazumis, car selon eux elle ne respectait pas la souveraineté ninchoise, et était dispoporsionnée. A ces critiques relativement fondées, les services diplomatiques jashuriens, lingois, et velsiens sont venus rajouter des critiques déplacées sur le prétendu militarisme de notre nation, notre volonté à contraindre les gouvernements alliés à agir selon nos intérêts par la force, et d’autres accusations fausses, infondées et mensongères destinées à décrédibiliser notre nation sur la scène internationale. Cette tentative de nuire à notre image a même été jusqu’à tenter d’exclure notre nation de l’organe de discussion diplomatique qu’est la CEN. Vous vous doutez qu’après un tel affront, nous sommes légèrement récitant à tenter une nouvelle fois un coup d’éclat contre les possesseurs d’armes bactériologiques, mais cependant nous pourrons vous aider.
Le Dyl’Milath est un pays émergent, qui a basé sa stratégie internationnale sur le développement de son industrie aérospatiale et militaire. Nous sommes d’ailleurs connus et reconnus pour nos avancées précoces dans ce domaine. Cependant, en tant que pays relativement jeune, et de fait faible, nous ne pouvons réellement tenter de nous opposer à des puissances régionales fortes comme le Faravan, en tout cas pas directement. Cependant, si vous pouvez vous contenter de notre expertise dans le domaine de la lutte contre les agents chimiques et bactériologiques, nous serons très contents de vous apporter cette aide, qui pourra même aller jusqu’à l’interventions de personnels militaires ayant participés à l’opération Aldébaran auprès de vos forces militaires, ainsi que la planification conjointe et l’aide tactique de toute opération militaire. Toutefois, nous mettons néanmoins certaines limites à ces actions militaires, que sont celles du droit international.
Dans cet esprit de coopération, nous acceptons volontier votre proposition de rencontre à Agatharchidès, où nous pourrons discuter de cette coopération. De plus, il est prévu que le rapport d’opération de l’Opération Aldébaran soit publié par notre état Major dans des délais de quelque mois, nous pourrons vous le transmettre, si cela peut vous être utile.
Enfin, sachant que la base de la lutte contre les armes chimiques tient dans le renseignement, nous pourrons aussi, selon des modalitées à définir, mettre en relation, voire en coopérations, nos services de renseignement respectifs, pour une meilleur efficacité dans la lutte contre les armes bactériologiques.

Nous vous prions, Madame, Monsieur, de bien vouloir agréer l’expression de nos sentiments distingués.

En date du 22 mars 2020
Bureau des affaires étrangères.
Gouvernement de la Deuxième République de Dyl’Milath.

HRP : l'information selon laquelle le Kha est lié à Carnavale dans la fabrication des agents carnavalais étant méta, je ne pourrais l'utiliser que si elle est acquise par une opération de renseignement. De plus, le rapport dont je parle dans la missive sera publié dans un moment, mais pas avant le 24 août car je suis en vacance. De même pour l'entrevue, je ne pourrais pas y répondre avant cette date.
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De Njowga Nielsen, Grand Chancelier de l'Empire,
À Son Excellence Monsieur Amastan Ag Amenay, Ministre des Affaires Etrangères du Califat Constitutionnel d’Azur.


Fait à Haguevieil, Empire du Nord, le DATE.

Objet : Du G20 et de la Kabalie


Excellence,

J'ai pris connaissance avec une grande attention de vos deux missives et tiens, au nom du Gouvernement impérial, à vous remercier pour la franchise ainsi que pour la qualité de votre analyse. Les échanges sincères entre partenaires constituent précisément ce qui permet à la diplomatie de conserver son utilité lorsque les circonstances deviennent particulièrement tendues.

Permettez-moi tout d'abord de dissiper tout malentendu concernant notre position. L'Empire du Nord souhaite sincèrement la réussite de l'initiative visant à constituer un G20 ou toute autre enceinte internationale permettant un dialogue plus large entre les principales puissances du monde. Notre pays demeure convaincu que les grands défis internationaux exigent des espaces de concertation permanents et que la multiplication des canaux diplomatiques constitue, en règle générale, un progrès. Notre objection ne porte donc pas sur l'existence d'un tel forum. Elle porte bien exclusivement sur la participation de la Principauté de Carnavale dans les circonstances actuelles. Vous le comprenez aisément, il nous est impossible, moralement comme politiquement, de siéger comme si de rien n'était aux côtés d'un État qui continue d'assumer publiquement un génocide contre notre population, refuse toute reconnaissance de sa responsabilité, poursuit ses opérations militaires contre notre territoire et continue d'entretenir des structures coloniales illégales en Kabalie. Il ne s'agit pas d'un désaccord diplomatique ordinaire, mais d'une situation où le dialogue multilatéral risquerait d'être instrumentalisé afin d'offrir à Carnavale une respectabilité internationale qu'elle n'a entrepris aucun effort pour mériter. Si, demain, des évolutions substantielles devaient intervenir, notre appréciation pourrait naturellement évoluer. Mais en l'état actuel des choses, nous ne pouvons accepter une telle normalisation.

Nous partageons cependant votre conviction qu'il convient de maintenir autant que possible les canaux diplomatiques ouverts avec toutes les nations désireuses de construire un sommet utile. L'Empire poursuivra donc son travail avec l'ensemble des États qui souhaitent faire de cette initiative un succès, dès lors que celle-ci ne devient pas un instrument permettant à Carnavale d'affaiblir de l'intérieur les objectifs mêmes de cette future enceinte internationale.

Vous évoquez également notre communiqué relatif au Jashuria. Je souhaite à ce titre rappeler qu'avant toute autre considération, notre réaction avait un objectif simple : obtenir des excuses officielles après des propos qui avaient profondément blessé la mémoire des victimes d'Estham. Et je suis heureux de vous dire que cet objectif a été atteint. Les autorités jashuriennes ont reconnu le caractère inacceptable des déclarations de leur représentant, l'ont sanctionné et nous ont adressé des excuses officielles, que nous avons acceptées dans l'esprit de responsabilité qui caractérise les relations entre États. Le différend ayant motivé notre réaction est donc, pour l'essentiel, clos.

Concernant les interrogations que vous formulez au sujet de notre référence au soutien apporté à l'entité coloniale de Cramoisi, nous ne nous sommes nullement fondés sur des informations confidentielles ou spéculatives, car ces éléments auxquels nous faisions référence sont de nature publique. Le journal cramoisien Feuilles de Choux et Papier de Verre a notamment évoqué la composition du conseil d'administration de Cramoisi, faisant apparaître la participation de représentants jashuriens à cette structure administrant le territoire occupé de Kabalie. Cette information, qui n'a à notre connaissance fait l'objet d'aucun démenti officiel, constitue un élément suffisamment sérieux pour susciter notre inquiétude quant au soutien politique et institutionnel dont bénéficie cette administration coloniale. Nous ne prétendons bien-sûr pas que cet élément, à lui seul, résume l'ensemble de la politique étrangère du Jashuria. Nous constatons simplement qu'il existe une implication documentée dans une structure mise en place par la Principauté de Carnavale sur un territoire dont la souveraineté demeure contestée.

Nous savons combien votre gouvernement suit avec attention la situation qabalienne et nous saluons votre engagement indéfectible en faveur de la dignité des populations locales et d'un avenir politique autrement meilleur que celui d'une domination coloniale abjecte fondée sur un génocide tout aussi épouvantable. C'est précisément parce que nous partageons cette préoccupation que nous estimions utile d'aborder cela, notamment en vertu des reproches faits à l'encontre de la posture impériale vis-à-vis du Mokhaï.

Enfin, permettez-moi de vous remercier pour les paroles constantes que vous consacrez à la mémoire d'Estham. Soyez assuré que notre détermination à poursuivre cette guerre jusqu'à l'obtention de garanties de sécurité durables n'exclut nullement notre volonté constante de rechercher, partout où cela est possible, les voies d'une paix juste et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour épargner au mieux les civils carnavalais qui sont parmi les premières victimes de leur régime. L'Empire du Nord ne refuse jamais le dialogue, il refuse seulement que le dialogue soit utilisé pour effacer les crimes sans qu'aucune justice, aucune responsabilité et aucune réparation ne les aient précédés.

Je vous prie d'agréer, Excellence, l'assurance de ma plus haute considération et de mon profond respect.

Njowga Nielsen
Grand Chancelier Impérial
10286
Bureau des Affaires étrangères du Royaume de Finejouri


Très Chers homologue,

Le Royaume du Finejouri vous remercie pour votre communication et pour la confiance dont témoigne votre démarche. Nous partageons pleinement votre constat, la situation au Bajusid ne peut désormais plus être considérée comme une affaire strictement intérieure tant les conséquences de son évolution risquent de se faire ressentir sur l'ensemble de notre région. Nous comprenons également les raisons ayant conduit l'Azur à agir avec célérité avant même qu'une consultation formelle du Conseil afaréen de sécurité n'ait pu être organisée en sachant que nous avons aussi fait ce choix. Dans les circonstances actuelles, nous ne saurions vous en tenir rigueur. Afin que nos deux gouvernements puissent travailler sur une compréhension commune de la situation, il nous semble cependant nécessaire de vous transmettre plusieurs éléments dont nous disposons et qui n'ont peut-être pas encore été portés à votre connaissance.

Depuis le début de notre implication dans cette crise, le Royaume du Finejouri a successivement pris contact avec les différentes parties concernées. Nous avons d'abord fait savoir au groupe paramilitaire engagé dans les opérations au Bajusid que son déploiement dans les eaux Afaréennes ne pouvait passer inaperçu et que le Royaume désapprouvait toute évolution susceptible d'entraîner davantage de pertes humaines ou de déstabiliser notre continent. Nous avons demandé à pouvoir échanger avec le Prince Mutarrif ibn Saadin ainsi qu'avec le commandement responsable des opérations, tout en indiquant clairement que la poursuite de l'escalade pourrait contraindre le Royaume et, le cas échéant, le Pacte Afaréen de Sécurité à prendre des mesures.
Nous avons également directement sollicité les autorités actuellement en place à Bajusid, malgré les réserves évidentes que nous entretenons quant à leur légitimité. Notre démarche n'avait pas pour objectif de reconnaître leur maintien au pouvoir, mais de comprendre pourquoi aucune initiative sérieuse n'était entreprise pour empêcher l'aggravation de la crise et permettre une issue pacifique. Le gouvernement de Monsieur Joubair Toulali nous a répondu en contestant la légitimité du scrutin de janvier 2019 et en affirmant que le Prince Mutarrif aurait lui-même contribué à la déstabilisation du pays. Nous avons naturellement pris acte de cette position, mais nous avons également relevé que cette réponse ne nous apportait pas les garanties que nous attendions quant à une volonté réelle de parvenir à une solution pacifique.

Nous avons parallèlement échangé avec le Jaguar Paltoterran. Celui-ci nous a exposé les raisons de son intervention et nous a notamment fait savoir que ses forces avaient été menacées puis attaquées alors qu'elles se trouvaient en eaux internationales. Le Jaguar affirme donc considérer ses opérations militaires comme une réponse à cette attaque et comme un moyen de protéger le Prince Mutarrif, dont il considère la victoire électorale comme légitime. Nous avons reconnu devant eux le droit de leurs forces à répondre à une attaque et nous ne remettons pas en cause le fait que leurs opérations aient notamment permis au Prince et à sa famille de quitter le Bajusid en sécurité. Nous leur avons cependant fait part de notre inquiétude concernant le passage d'une opération de protection et de riposte à une intervention visant directement à provoquer un changement politique par la force. Nous avons été très clairs sur ce point : nous comprenons la volonté de restaurer le président légitimement élu, mais nous ne considérons pas que la restauration de la légitimité démocratique doive nécessairement passer par une guerre ouverte. Le Jaguar nous a récemment confirmé qu'il entendait désormais organiser le retrait de Monsieur Toulali du pouvoir, avec la force que celui-ci pourrait lui imposer par son refus de coopérer. Nous avons pris acte de cette déclaration tout en réaffirmant notre souhait de conserver avec le Jaguar un dialogue constructif. Nous ne considérons pas cette organisation comme un interlocuteur que nous devrions chercher à transformer en adversaire tant qu'une voie diplomatique demeure possible.

Enfin, notre échange avec le comité de soutien du Prince Mutarrif ibn Saadin nous a apporté plusieurs éléments particulièrement importants. Son directeur de campagne nous a confirmé la revendication d'une victoire électorale reconnue, selon eux, par le Conseil constitutionnel bajuside, ainsi que la volonté du Prince de reprendre ses fonctions et de mettre en œuvre son programme politique. Il nous a également confirmé que l'action du Jaguar avait permis au Prince et à sa famille de quitter le Bajusid sains et saufs. Surtout, son comité nous a fait savoir qu'il ne souhaitait pas que le Bajusid demeure durablement dépendant de puissances étrangères et qu'il entendait, une fois la situation rétablie, permettre au pays de retrouver sa pleine souveraineté. Nous avons trouvé cet élément particulièrement important, puisqu'il rejoint l'une de nos propres préoccupations fondamentales. Le camp du Prince nous a par ailleurs fait savoir qu'il souhaitait voir Monsieur Toulali répondre de ses actes devant la justice et non faire l'objet d'une simple vengeance politique. Sur ce point également, nos positions convergent, le Finejouri préférerait voir l'ancien président présenté devant la justice bajuside plutôt que voir son existence simplement supprimée. Si une solution d'exil devait être envisagée pour permettre une transition pacifique, celle-ci devrait selon nous s'accompagner de garanties sérieuses, notamment d'un renoncement définitif au pouvoir et d'une coopération avec la justice pour les faits qui lui seraient reprochés.

C'est donc avec cette connaissance plus complète de la situation que nous accueillons votre proposition.

Le Royaume du Finejouri accepte pleinement de participer à la rencontre que vous proposez avec le Prince Mutarrif ibn Saadin. Madame Linehardt se tiendra prête à rejoindre votre délégation et nous sommes favorables à ce que cette rencontre se déroule dans les meilleurs délais. Nous considérons qu'il est désormais indispensable que le Prince puisse exposer directement sa vision de la transition, de la reconstruction du Bajusid et de la place qu'il entend donner à la coopération régionale. Nous acceptons également votre proposition concernant la sécurisation de ce déplacement. Les moyens aériens nécessaires seront mobilisés afin d'assurer la surveillance et la sécurité de la délégation finejourienne et de contribuer, aux côtés des moyens azuréens, à la sûreté de son déplacement et de son arrivée.

À cet égard, nous vous informons que l'AWACS N2 du Royaume du Finejouri a d'ores et déjà été engagé dans une mission de surveillance et de sécurisation de l'Afarée Nord-Ouest. Sa mission est pour l'heure strictement préventive qui est d' assurer une meilleure connaissance de la situation aérienne et maritime régionale, anticiper toute extension de la crise et garantir que le Royaume ne puisse être pris au dépourvu par une évolution brutale de la situation. Nous allons également commencer à ordonner le déroutement progressif de l'une de nos forces aéronavales vers une position permettant au Royaume de disposer d'une capacité supplémentaire de réaction dans la région. Nous tenons toutefois à être parfaitement clairs sur ce point, cette flotte n'a pas vocation à entrer dans le conflit actuel et ne se manifestera pas dans les opérations en cours tant qu'aucune aggravation majeure de la situation ne l'exigera. Son déplacement relève de la précaution stratégique et de la protection de nos intérêts et en temps que soutient pour vos forces engagé, et non d'une volonté d'escalade. Nous souhaitons ainsi que notre présence militaire soit comprise comme ce qu'elle est, une assurance destinée à protéger notre territoire, notre population et nos partenaires, et non une préparation à l'affrontement avec le Jaguar ou avec les forces bajusides.

Concernant la proposition de transition politique, nous partageons largement l'esprit de votre démarche. Nous considérons qu'une solution permettant à Monsieur Toulali de renoncer au pouvoir, de quitter le territoire dans des conditions sûres et de laisser le Prince Mutarrif exercer la fonction à laquelle il revendique avoir été élu serait préférable à une bataille pour la capitale qui ne pourrait produire que davantage de victimes et de ressentiment. Nous estimons néanmoins que les modalités définitives de cette transition devront être discutées directement avec le Prince Mutarrif. Il serait contradictoire de prétendre restaurer la souveraineté bajuside tout en arrêtant à sa place, depuis l'extérieur, l'ensemble des conditions de son futur gouvernement. Nous pouvons proposer des garanties, des mécanismes et des principes communs ; la décision finale concernant l'avenir politique du Bajusid doit revenir aux Bajusides. Nous soutenons en revanche pleinement le principe d'une absence de purges collectives contre les soutiens de Monsieur Toulali. Les crimes doivent être jugés individuellement, sur la base du droit bajuside, et non devenir le prétexte à une vengeance politique. La reconstruction du pays nécessitera certainement de rompre avec certaines pratiques du régime précédent, mais elle ne pourra être durable si elle reproduit les mécanismes de violence et d'exclusion qu'elle prétend précisément dépasser.

Nous sommes également disposés à discuter avec le Prince des questions relatives aux populations marginalisées, à la sécurité régionale et à la question cramoisienne. Toutefois, nous considérons que ces sujets devront être traités dans un cadre afaréen plus large et, lorsque cela concerne directement nos engagements collectifs, au sein du Pacte Afaréen de Sécurité. Le futur gouvernement bajuside devra naturellement être entendu sur ces questions, car il serait difficile de restaurer sa souveraineté tout en décidant à l'avance de l'ensemble de sa politique extérieure.

Enfin, concernant le Jaguar Paltoterran, notre Royaume partage votre prudence. Nous ne souhaitons ni rompre inutilement les relations que nous avons commencé à établir avec cette organisation, ni lui accorder un blanc-seing sur l'avenir du Bajusid. Le Jaguar a joué un rôle déterminant dans la protection du Prince et nous reconnaissons cette réalité. Nous estimons donc qu'il serait contre-productif de chercher à l'écarter brutalement du processus. Nous préférons au contraire l'intégrer à une discussion politique et sécuritaire plus large, dans laquelle il devra toutefois être clairement établi que son rôle ne pourra être éternellement celui d'une force étrangère déterminant l'avenir d'un État afaréen. Nous chercherons donc à obtenir de sa part des garanties sur ses intentions après la restauration de Mutarrif, sur la protection des populations civiles et sur sa disposition à laisser progressivement aux institutions bajusides la pleine maîtrise de leur territoire. Nous partageons également votre conviction que les questions relatives à la Cramoisie, aux territoires sensibles de la péninsule et à la sécurité du golfe de Guadaires ne peuvent être séparées de cette crise. Elles devront cependant être abordées avec suffisamment de prudence pour que le Bajusid ne devienne pas le théâtre d'une confrontation régionale plus vaste.

En conséquence, le Finejouri est favorable à la mise en place rapide d'un cadre de coordination entre l'Azur, le Finejouri, le Prince Mutarrif et, lorsque les conditions le permettront, le Jaguar Paltoterran, avec pour objectif prioritaire d'obtenir une transition politique pacifique et d'empêcher l'extension du conflit.


Veuillez recevoir, Votre Excellence, l'expression de notre amitié sincère et de la haute considération du Royaume du Finejouri.

En attente de votre réponse,
cordialement
Mdm Linehart Conseillère au prêt de Sa Majesté sur les affaires étrangèresNouveau Logo
3154

Logotype officiel du Ministère des Affaires étrangères de la République du Talaristan
MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
DE LA RÉPUBLIQUE DU TALARISTAN
ТЫШКЫ ЭШЛӘР МИНИСТРЫ • ТАЛАРСТАН ҖӨМҺҮРИЯТЕ


Son Excellence Monsieur Amastan Ag Amenay Ag Aylan, Ministre des Affaires étrangères du Califat constitutionnel d'Azur,
A l'attention de Sa Sublime Majesté, le Calife constitutionnel d'Azur,


Monsieur le ministre,
Votre Sublime Majesté califale,

La République du Talaristan tient à saluer avec le plus profond respect son ami altaïque et partenaire afaréen, le Califat constitutionnel d'Azur. Il y a quelques mois, la République du Talaristan et le Diwan, représenté par votre ambassadeur azuréen auprès de notre gouvernement à Khydan, avaient échangé au sujet de la rédaction, de la publication et de l'adoption commune par plusieurs nations — incluant la République du Talaristan et le Califat constitutionnel d'Azur — d'une charte internationale vouée à régler certains cas de droit maritime, qui restent encore aujourd'hui dans un flou général au sein du concert des nations.

En effet, comme vous le savez vous-même, le sujet du droit international reste un cas épineux au sein de la communauté internationale, en dépit de la nécessité clairement exprimée par les crises et les litiges plus que nombreux concernant l'interprétation du droit international coutumier. Parmi ces sujets de crispation, le cas du droit maritime ne fait guère exception, avec notamment des traités internationaux visant à garantir « la pleine indépendance des mers et des océans », faisant fi de toute notion de zone économique exclusive et d'eaux nationales propres à chaque État côtier.

La République du Talaristan, toujours engagée en faveur d'une codification du droit international, s'est également positionnée en faveur du droit maritime, à l'image de notre volonté d'instituer un « Conseil maritime des États du golfe de Mortonie », institution régionale ayant pour vocation d'assurer à la fois la stabilité et la sécurité dans les eaux communes du golfe de Mortonie, mais également de veiller au respect des eaux nationales de chaque nation côtière par une reconnaissance mutuelle de la souveraineté maritime de chaque État.

En l'état actuel des choses, le projet de « Conseil maritime des États du golfe de Mortonie », bien que signé et ratifié par la République du Talaristan et la Fédération de Yukanaslavie (au nom de l'État fédéré de Shotugara), se heurte à une conception particulièrement exigeante de la souveraineté nationale, où des États pourtant portés sur l'aspect coopératif et la solidarité régionale se retrouvent à réclamer des concessions et la négation de potentielles revendications de droit des autres États du Golfe.

Le Ministère des Affaires étrangères de la République du Talaristan, qui a été porteur du projet de « Conseil maritime » ainsi que de la Convention générale qui l'institue, souhaiterait ainsi savoir auprès de ses homologues et amis du Califat constitutionnel d'Azur s'ils ont constaté des avancées notables concernant la rédaction, la publication et l'adoption du projet de « convention maritime internationale » tel qu'évoqué par votre ambassadeur. Dans le cas contraire, nous souhaiterions savoir si l'Azur souhaiterait disposer des compétences des juristes et maîtres en droit talars afin de constituer une commission mixte pour la rédaction de ladite convention et favoriser ainsi l'avancement de nos intérêts communs.

Avec mes plus sincères respects,

Signée par Asmina AkmyradowaAsmina Akmyradowa
Première ministre par intérim,
Ministre des affaires étrangères
de la République du Talaristan.

Fait à Khydan, le 2 avril 2020


Sceau d'État
(Дәүләт мөһере / Däwlät möhäre)
Sceau d'État de la République du Talaristan
2987
Bannière de correspondance - Brigade Jaguar Paltoterran.

De : Sebastián De Bosdavàs, Président Directeur Général et actionnaire principal du Jaguar Paltoterran.
A : Amastan Ag Amenay, Ministre des Affaires étrangères du Califat azuréen

Estimado Senhor,

Nous vous remercions pour la transparence de votre communication en cet âge sombre et nous vous confirmons prendre en considération la présence du destroyer ACS Ghâzi, que vous nous signifiez en "interposition". Malgré la complexité des circonstances et du contexte qui nous amène à la présente, vous pouvez en retour considérer le fait que notre flotte de guerre n'a semble-t-il aucune raison de confronter votre bâtiment, ni d'exposer vos hommes à un plus grand danger qu'ils ne savent déjà le faire eux mêmes en mouillant au large d'un littoral où se tiennent actuellement des affrontements armés. Le précédent déroulé des opérations amphibies et l'actuelle présence de forces amies au Bajusid peut toutefois appeler à des opérations de soutien et d'appui-feu. La suspension totale et inconditionnée de frappes d'artillerie navale ou aériennes, qui ne sont pour l'heure pas initiées, peut toutefois faire courir un risque inutile à nos combattants, s'ils venaient à solliciter des frappes de soutien. Nous espérons que vous saurez reconsidérer vos attentes sur le sujet, particulièrement dans le cas où une force ennemie convergerait sur des positions amies et nécessiterait un tir d'artillerie navale ou une frappe aérienne pour être stoppée là où elle se trouve.

Ce point de crispation abordé, nous tenions à vous gager de notre appréciation quant à l'historique relaté et nous ayant conduit à la présente situation, ainsi que la prenante part de l'usurpateur Toulali que vous semblez placer au sein de ce chaos globalisant. Votre effort donné à la compréhension de la situation trouvera chez moi une posture à l'identique pour évoquer l'intérêt azuréen.

En ce qui concerne le Prince et la limitation de nos frappes à sa stricte désignation, nous rencontrons une difficulté d'ordre organisationnel pour pouvoir y répondre. Le Prince Mutarrif ibn Saadin ne fait en effet pas figure de commandant militaire dans l'opération qui nous lie. Le Prince Mutarrif ibn Saadin est moins porteur des moyens que de l'objectif donné pour recouvrir le sens profond des élections sur place. Le Prince a effectivement été placé sous notre protection et ne semble pâtir que des nuits blanches ayant enthousiasmé sa vision d'un Bajusid en raccord avec la détermination d'un président par les suffrages. Il n'a pas un rôle à jouer dans cette opération mais une vision à donner. Notre organisation a accepté de se mettre à la disposition du Prince suite aux transactions financières qui en ont permis le recours, l'honnêteté m'oblige à vous confier n'avoir rien lu de son programme.

Nous prenons connaissance des correspondances azuréennes données au gouvernement toulaliste et les espérons sincèrement fructueuses pour ne rien gâcher des vies qui tentent, chacune à leur niveau, de tourner la page de l'ancien Bajusid, gouverné sous un règne du plus fort de Baldassare Calabraise à Joubair Toulali.

En espérant avoir pu éclairer la vision de notre organisation sur ce dossier, avec la clarté d'un ciel d'été,
Et avec toutes mes respectueuses pensées pour le destin commun que nous tentons aujourd'hui de faire fructifier,

Sebastián De Bosdavàs,
Président Directeur Général et actionnaire principal du Jaguar Paltoterran


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Axis Mundis,

À l'attention de Monsieur Amastan Ag Amenay, ministre des Affaires étrangères du Califat constitutionnel d'Azur.

Objet :
Relance diplomatique : De la sécurité des ressortissants et des infrastructures kah-tanaises face aux récentes violences


Excellence,

J'ai l'honneur de m'adresser de nouveau à vous au sujet des éléments portés à votre attention dans notre communication antérieure. Conscient du tumulte géopolitique exceptionnel qui traverse actuellement l’Afarée et des défis intérieurs de grande ampleur que le Diwan est amené à gérer, je me permets de supposer que la réponse que vous souhaitiez donner à la communication en question a pu se trouver retardée dans les méandres administratifs. Pour autant, je me dois de signaler que les préoccupations soulevées il y a trois mois demeurent d’actualité pour mon gouvernement. Nos acteurs économiques, en premier lieu desquels Saphir Macrotechnologies, s'interrogent toujours quant aux suites données à la destruction des installations de Babalzabar. Nos citoyennes et citoyens attendent des signaux clairs quant à la sécurisation des investissements communaux et, plus important encore, du personnel y travaillant.

L'Union considère le Califat comme un partenaire économique de premier plan, ainsi qu’un pôle manifeste de stabilité et de discernement. Les contrats stratégiques que nos deux nations ont su nouer par le passé témoignent de notre capacité commune à dépasser les clivages idéologiques au profit de nos intérêts vitaux et de notre prospérité mutuelle et il serait profondément regrettable que des événements locaux, ou incompréhensions nées du climat de tension régionale, viennent ternir cette relation si singulière.

Naturellement, nous n'ignorons rien des graves accusations et des ressentiments animant actuellement certains pans du débat public en Azur. La rhétorique assimilant notre nation à des puissances occultes, entendue lors de la destruction de nos infrastructures, n'est pas passée inaperçue à Axis Mundis. Si nous refusons de prêter flanc à ce genre d'accusation, nous comprenons que des éclaircissements puissent être nécessaires entre nos deux chancelleries : il est essentiel que les grandes nations soient en mesure d'échanger clairement. Nous ne croyons, pour notre part, pas aux petites phrases et accusations trompeuses.

C'est pourquoi, dans un esprit de conciliation et de pragmatisme, je sollicite de Votre Excellence une réponse quant à notre précédente missive, comme préambule essentielle d’une normalisation de nos relations, permettant d'écarter pour de bon les rumeurs fâcheuses et les risques persistants de malaise économique pouvant suivre une attaque directe contre les intérêts d'investisseurs étrangers.

Je suis pour ma part persuadé que le Diwan saura apprécier la nature constructive de la démarche animant cette relance. Je vous prie d’agréer, Excellence, l’assurance de ma très haute considération.

Salut et fraternité,

Antonio Patriota
Citoyen Gustavo Leaonide
Ambassadeur de l'Union des Communes Unies du Grand Kah en Azur,
Au nom du Commissariat aux Affaires Extérieures
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De : Mourad El-Moustaoui, directeur de campagne et président du comité de soutien au Prince Mutarrif ibn Saadin.
A : Amastan Ag Amenay, Ministre des Affaires étrangères du Califat azuréen.

Sayyid,

En première instance et avant toute autre civilité, je vous prie d'excuser le retour porté au travers moi de sa Majesté princière. Ce dernier se trouve actuellement et comme vous le savez, soumis à des conditions opérationnelles fortes, limitant ses opportunités de communication. Nous noterons tout de même une nette amélioration de sa condition après que nous ayons d'abord été vous et moi, amenés à correspondre pendant que le Prince se voyait contraint à la clandestinité.

Il m'a toutefois d'ores et déjà partagé ses remerciements les plus vifs à votre égard et ceux du Calife, après avoir reçu son soutien plein et entier dès l'aube des échanges qui vous animent tous les deux. Il est par ailleurs conscient des excès de violences actuellement perceptibles au sein de la société civile, posées en véritables échos de nos périodes les plus sombres sous l'égide du sanguinaire Calabraise, ses camps de travaux forcés au sein du complexe chimique de Yihvan. Nous caressons nous aussi l'espoir ou en tout cas le voeu cher, d'une transition politique rapide et si ce n'est indolore au pays, porteuse du plus grand grand soucis donné à la vie. Le président Toulali est en effet entouré de soutiens dont la dénomination entre parjures, vendus et bouchers est à débattre. Le soutien conféré par le 3e bataillon d'infanterie mécanisée, commandé par le colonel Yasser Hachani, époux d'une ministre au gouvernement toulaliste, n'est pas étranger à cette pensée jusqu'au boutiste actuellement en place dans la capitale.

Nous notons vos inquiétudes nourries autour des frappes et des combats en cours au Bajusid, avec la destruction de la station al-Kasim en premier lieu. Toutefois conscient que certains détails opérationnels et rapports de mission peuvent ne pas vous parvenir, je vous prie de croire que la station radar al-Kasim n'a pas fait l'objet de frappes navales mais d'une démolition sous la forme d'un sape opéré par des combattants au sol. J'ai peu de doutes sur le fait que le Prince ait contribué, à son échelle, à la définition des cibles que je sais présentement exclusivement militaires.

Sur la possibilité d'aller plus loin au sein des correspondances diplomatiques, vous l'avez compris plus tôt, la possibilité donnée au Prince Mutarrif ibn Saadin de vous rencontrer impose la tenue d'un lieu de rencontre aussi proche que possible de la chaîne d'information opérationnelle. Ceci pour demeurer au fait des actions en cours et à venir. Le Prince se tenant à la disposition de la paix et de la transition politique au Bajusid, dans un ordre de préférence qui peut varier d'une faction à une autre, j'en conviens, nous pouvons assurer cette entrevue mais au sein d'un bâtiment de la flotte de la Marina Paramilitar. Selon toutes vraisemblances, l'organisation d'une telle entrevue sur le destroyer "El Virulento" aurait sa préférence, le "Pomerico" étant actuellement en branle pour accompagner les opérations amphibies et le "Furioso" pleinement investi par le commandement opérationnel du sujet qui nous concerne actuellement.

Votre présence sur le destroyer "El Virulento" saura possiblement vous rassurer sur les conditions d'emploi et d'engagement qui lui sont destinées, s'agissant du plus "gros canon" de la flotte paramilitaire, l'unique à ma connaissance qui soit à même d'exécuter des frappes d'artillerie navales, hors missiles de croisières. Ce qui devrait satisfaire le premier point narré. Le Prince s'est montré particulièrement sensible à votre volonté de nourrir sa légitimité par une apparente retenue. La finalité donnée au retrait de Joubair Toulali doit être un procès en bonne et due forme, qui soit de nature à réinscrire le Prince Mutarrif ibn Saadin dans l'exécution usuelle du droit et des séparations de pouvoir. Nous n'avons pas d'insatisfaction immédiate à savoir Joubair Toulali en exil à l'étranger, si cela a le mérite de provoquer un relâchement des toulalistes autour des arcanes du pouvoir mais la fuite de Baldassare Calabraise, jumelée à celle de Joubair Toulali, nourrissent un schéma d'impunité qui prive le Bajusid d'un reconstruction morale autour des valeurs de la République et de la cohésion nationale. Si Joubair Toulali peut se retirer du pouvoir sans effusion de sang inutiles, nous serons les premiers à le soutenir, fut-il en invitant nos actuels obligés paramilitaires à donner du mou dans le maillage du territoire afin d'inciter l'usurpateur à la fuite. La Qabalie occupée est une page de l'Histoire que nos générations futures ne sauront peut être pas nous pardonner, tant le crime qui y a été perpétré y est aussi grand que tut. Le Prince Mutarrif ibn Saadin aurait volontiers privilégié une option pacifique en ce qui concerne la Kabalie, pour ne pas noyer le sang par un autre. Mais force nous est donnée de constater que l'actuel régime en Qabalie est aujourd'hui rendue tellement coercitive et génocidaire, qu'elle prive le territoire d'une solution en interne. La vision permise autour de cette région est encore floue, tant les travaux imposés à la notre sont encore immenses, il est néanmoins acquis que le Prince Mutarrif ibn Saadin ne projette aucun rapprochement avec la vile engeance qui souille chaque jour durant ces terres. J'espère le Prince plus à même de vous renseigner sur la vision permise à ce dossier lors de votre entrevue diplomatique.

Avec une sympathie sans cesse renouvelée,

Mourad El-Moustaoui,
Directeur de campagne et président du comité de soutien au Prince Mutarrif ibn Saadin.

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De : Joubair Toulali, Président de la République du Bajusid
A : Amastan Ag Amenay, Ministre des Affaires étrangères du Califat azuréen.

Que la paix, la miséricorde et la bénédiction de Dieu soient également sur vous,

Vous m'exposez là bien plus de mauvaises nouvelles et de déconvenues que le shamal, ce vent colérique qui porte sur nous les tempêtes de sable et de poussière dont certaines ambitionnent de nous faire arrêter le pays. Fort heureusement et je vous le cacherai avec peine, j'ai déjà pu avoir une connaissance rigoureuse des évènements en cours dans le nord du pays. La possibilité d'être assassiné par des mercenaires étrangers, à la solde d'un oligarque que j'identifiais déjà acquis aux intérêts étrangers, est une nouvelle bien tiède tant elle tient du réchauffé. J'ai passé trois années à me voir mourir dans les camps de travail calabristes du Kronos afaréen. Certains diront que j'y suis justement mort. Ma famille la première du nom, inch'allah, se porte bien. Mon fils a depuis longtemps rejoint l'étranger pour y faire des études, c'est qui m'a valu l'enfermement. Quant à ma femme, elle n'aura pas la tristesse d'avoir à pleurer ma mort, ayant eu à la pleurer la sienne en premier.

S'il fallait vous conter un nouveau mariage, c'est celui entrepris avec le Bajusid. Celui-là même que j'ai servi et chéri pendant mes années de détention, avant de me faire porter à la tête du pays.

Dans ces circonstances, vous voudrez bien comprendre que je ne me ferai pas l'homme ayant rendu les clés du Bajusid pour sauvegarder mon existence mise en sursis depuis neuf ans déjà. La sécurité que vous me promettez au titre d'un exil coute malheureusement trop à la tranquillité d'âme qui sera la mienne après avoir tourné le dos à mon pays.

Avec le sens des responsabilités et du devoir,
avec l'intime conviction que l'Homme existe avant tout par ses actes les plus désintéressés,

Joubair Toulali, Président de la République du Bajusid
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Son Excellence Ministre des Affaires Etrangères,
Amastan Ag Amenay Ag Aylan,
Agatharchidès, Califat constitutionnel d'Azur.

Son Excellence Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Démocratiques,
Bardiyâ Kharoushi,
Manticore, Siège du Traité de Manticore.

Cette missive est hautement confidentielle, la diffusion de son contenu est strictement interdite.



Votre Excellence,

À l'issue de consultations secrètes, les membres de l'Organisation des Nations Démocratiques ont décidés de statuer sur votre proposition du 14/02/2019. Pour mémoire, cette proposition explorait la possibilité d'établir un mémorandum Azur-OND sur la question carnavalaise. Je souhaite vous communiquer dans un premier temps notre approbation pleine et entière des constats que vous dressez sur la situation en cours. Nous relevons également notre envie commune de trouver une solution durable à cette crise.

C'est pour cette raison que nous vous adressons aujourd'hui notre décision de vous accorder notre soutien inconditionnel dans les opérations que vous proposez contre le régime de Carnavale. Je vous communique également notre intention de créer un Etat autonome, libre, social et démocratique en Carnavale a partir des territoires contrôlés par l'alliance.

Un canal de coordination vous a également été ouvert avec le Conseil militaire de l'alliance à Manticore. Nous vous invitons à y échanger avec nous pour mener à bien la mission qui nous a été confiée.

Nous restons à votre disposition pour la suite et avons hâte de débuter cette coopération.

Veuillez recevoir nos salutations distinguées.

Fait à Manticore,
le 01/05/2020.


Be advised, Benjamin Netanyahu inbound.
Bardiyâ Kharoushi, Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Démocratiques
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De : Mourad El-Moustaoui, directeur de campagne et président du comité de soutien au Prince Mutarrif ibn Saadin.
A : Amastan Ag Amenay, Ministre des Affaires étrangères du Califat azuréen.

Sayyid,

Encore une fois merci pour l'engagement plein et entier du Diwan dans la continuité donnée au processus électoral bajusid, que nous considérons en voie de consolidation malgré les tourments qui nous occupent aujourd'hui. Vous en avez fait état, l'opinion publique et la société civile bajuside, est le seul fil conducteur du Prince pour livrer son combat actuel considérant le précédent plébiscite dont elles ont bien voulu le gratifier. Aussi, il nous est malheureusement permis de considérer avec une pensée dubitative la possibilité de tenir notre entrevue au sein d'un yacht messalien. Outre l'aspepct organsationnel à cette entrevue, nous pouvons raisonnablement penser qu'un écho donné à cette entrevue, au travers d'une scène faste et outrancière qu'est celle d'un bateau de luxe, soit durablement préjudiciable à l'image du Prince.

C'est pourquoi, s'il nous fallait émettre une nouvelle contreproposition à l'organisation de cette entrevue, nous désirerions l'organiser sur un hors bord, au départ des destroyers ACS Ghazî et le "Virulento". Si les deux bâtiments parviennent à partager une même bulle sanctuarisée de la présence d'un quelconque autre bâtiment de guerre, nous pourrions dépêcher ces embarcations rapides pour permettre la rencontre.

Avec le soucis de construire nos intérêts mutuels,

Mourad El-Moustaoui,
Directeur de campagne et président du comité de soutien au Prince Mutarrif ibn Saadin.

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Bureau des Affaires Étrangères du Royaume de Finejouri



Très Chers homolgues,

Le Gouvernement royal tient tout d’abord à vous remercier pour cette nouvelle communication ainsi que pour la clarté du diagnostic et des propositions formulées par le Diwan. Le Royaume de Finejouri se réjouit de constater une nouvelle fois la parfaite convergence de vues qui existe entre nos deux États concernant la situation actuelle au Bajusid et la nécessité d’œuvrer à une sortie politique durable de cette crise.

Concernant la demande relative au renforcement éventuel des moyens azuréens déployés dans la région, le Royaume de Finejouri estime qu'à ce stade, l'engagement de moyens supplémentaires ne paraît pas nécessaire. Alors même que nous nous apprêtons à ouvrir une phase de discussions avec les différentes parties concernées, une augmentation de nos dispositifs militaires pourrait être mal interprétée et donner l'impression que nos États se préparent à une confrontation plutôt qu'à son règlement. Notre position ne signifie toutefois aucunement que nous écartons cette possibilité. Si les échanges devaient échouer, si l'une des parties venait à rompre les engagements pris ou, plus grave encore, si la situation venait à se détériorer davantage, le Royaume de Finejouri considère qu'un renforcement des moyens militaires engagés par nos deux pays devrait alors être sérieusement envisagé. Nous devons conserver cette capacité de réaction afin que notre volonté de dialogue ne soit jamais perçue comme une faiblesse.

Sur le fond, le Royaume de Finejouri partage pleinement le diagnostic présenté par le Diwan.

Nous considérons également que Joubair Toulali porte aujourd'hui une responsabilité majeure dans la poursuite de cette crise. Son maintien au pouvoir malgré la décision des institutions constitutionnelles, son refus de procéder à la transition politique ainsi que la mobilisation progressive de ses forces militaires ont transformé une crise électorale en une véritable crise institutionnelle et sécuritaire. Nous partageons également vos inquiétudes concernant le Jaguar Paltoterran. Le Royaume de Finejouri reconnaît la réalité de la légitimité politique du Prince Mutarrif ibn Saadin et comprend les raisons ayant conduit celui-ci à rechercher une protection extérieure. Toutefois, cette légitimité ne saurait conduire à l'installation durable d'une force militaire privée étrangère au Bajusid. Une telle situation créerait à terme une dépendance dangereuse pour le futur gouvernement bajusid et pourrait alimenter une nouvelle instabilité régionale.

Le Royaume de Finejouri considère donc que le Prince Saadin doit demeurer au centre de la transition politique, tandis que le Jaguar doit être progressivement replacé dans un rôle correspondant à la nature temporaire de son engagement. Notre objectif commun doit être que la légitimité du Prince soit consacrée par les institutions et par la population bajuside, et non qu'elle repose durablement sur la puissance militaire d'un acteur extérieur. À cet égard, le Gouvernement royal accepte les différents axes proposés par le Diwan comme base de discussion commune en vue de la rencontre avec le Prince Saadin et ses représentants.


Concernant la rencontre proposée, la Couronne royal confirme son accord de principe concernant la rencontre avec le Prince Mutarrif ibn Saadin et ses représentants. Toutefois, compte tenu de la nature particulièrement sensible de cette réunion et des risques qui pourraient peser sur les représentants royaux, le Service de Protection des Autorités Royales (SPAR) a procédé à une évaluation de la situation. Au regard des éléments actuellement à notre disposition, les services de Sa Majesté a décidé que le Royaume de Finejouri sera représenté lors de cette rencontre par Madame Linehart, Conseillère auprès de Sa Majesté le Roi pour les Affaires étrangères. Ce choix ne constitue en aucune manière une modification de notre trajectoire politique ou de nos intentions dans le dossier bajusid. Madame la Conseillère suit personnellement cette crise depuis ses premiers développements et l'ensemble des décisions diplomatiques prises par le Royaume dans ce dossier ont été conduites en coordination étroite avec elle. Sa présence permettra donc au contraire d'assurer une continuité parfaite dans les discussions et de garantir que les positions exprimées au nom du Royaume correspondent pleinement à celles du Gouvernement royal.

Nous sommes naturellement favorables à ce que la rencontre puisse également accueillir, si cela est jugé nécessaire, un représentant technique du Jaguar Paltoterran. La présence de ce dernier devra toutefois avoir pour objectif de permettre une clarification directe des engagements du groupe et non de transformer la réunion en négociation militaire.

Enfin, nous confirmons que les échanges de données et de communications entre l'escadre finejourienne et l'ACS Ghazîsont e pleinement opérationnels. Nous demandons à nos services compétents de veiller à ce que la coordination avec l'AWACS soit également intégrée à ce dispositif, afin que les bâtiments azuréens et finejouriens disposent d'une appréciation commune de la situation maritime et aérienne.
La Couronne royal estime que les propositions formulées par le Diwan constituent une base sérieuse et équilibrée pour parvenir à cet objectif. Nous sommes donc disposés à poursuivre immédiatement la préparation de la rencontre et à coordonner avec l'Azur les derniers éléments nécessaires à son organisation.

Veuillez recevoir, Excellence, l'assurance de la très haute considération du Royaume de Finejouri,
Cordialement,
Mdm Linehart Conseillère au prêt de Sa Majesté sur les affaires étrangèresNouveau Logo
6843

Logotype officiel du Ministère des Affaires étrangères de la République du Talaristan
MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
DE LA RÉPUBLIQUE DU TALARISTAN
ТЫШКЫ ЭШЛӘР МИНИСТРЫ • ТАЛАРСТАН ҖӨМҺҮРИЯТЕ


Son Excellence Monsieur Amastan Ag Amenay Ag Aylan, Ministre des Affaires étrangères du Califat constitutionnel d'Azur,
A l'attention des Honorables ministres et secrétaires d'États du Diwan,
A l'attention de Sa Sublime Majesté, le Calife constitutionnel d'Azur,


Monsieur le ministre,
Votre Sublime Majesté califale,

Comme à son habitude, le Ministère des affaires étrangères de la République du Talaristan salue les positions sages et justes du Diwan du Califat constitutionnel d'Azur, reflétant grandement sa politique internationale particulièrement pragmatique quant aux sujets extérieurs au cadre strict de l'Afarée. Si parfois la République du Talaristan peut paraître distante des nombreux intérêts communs que nous partageons, comme ce fut le cas dans le contexte de la crise du détroit de Mesolvarde, le Diwan ne doit cependant pas omettre que le gouvernement talar est bien conscient de la vacuité de certaines requêtes, qui sont parfois formulées davantage comme un coup de poker et qui peuvent donc, à ce titre, faire chou blanc sans grande conséquence.

Votre long échange sur le cas du détroit de Mesolvarde est en effet très constructif, et nul ne remet en question ni les rapports entretenus par le Califat constitutionnel d'Azur et l'Empire constitutionnel de Drovolski, ni les volontés clairement exprimées par le gouvernement de Mesolvarde quant au sujet du détroit. Si les arguments historiques et l'état de fait peuvent être entendus comme une forme de justification qui tend à se faire valoir comme un droit légitime, la République du Talaristan tient également à alerter sur la dangerosité de ce jeu, qui tend à valoriser indirectement le droit par rapport de force que nous avons jusqu'à présent, conjointement, combattu.

Si le « détroit de Mesolvarde » peut être vu comme un cas particulier, alors nous ne sommes guère à l'abri de toute part, de chaque détroit et de chaque golfe. La question n'est pas de savoir si l'Empire constitutionnel de Drovolski a effectivement des droits sur le détroit, mais bien de réfléchir à une situation qui, si elle est soutenue à l'international comme vecteur de droit, peut entraîner une spirale de revendications similaires. Nous devons peser le pour et le contre avec toute la conception de légitimité à accorder à des notions aussi sensibles du droit maritime.

Comme nous l'avons évoqué précédemment, la République du Talaristan a été particulièrement sensible aux premières idées de convention maritime internationale qui ont été soumises à l'appréciation privée de plusieurs chancelleries par le Califat constitutionnel d'Azur. Nous constatons cependant une forme de revirement dans vos idées, où le principe d'un texte comme base fondamentale d'une législation universelle et commune vous semble presque inopportun. Est-ce que la politique azuréenne sur la question a réellement changé en quelques mois ? Ou est-ce une forme d'incompréhension entre nos deux ministères sur la question centrale de cette convention maritime internationale qui a été promue jusqu'à présent par la République du Talaristan et notre ami azuréen ?

Excellence, il est évident que ce texte ne traitera pas de l'intégralité des cas et des sujets à répertorier dans le cadre maritime. Ils sont, comme vous le soulignez à plusieurs reprises, trop multiples et complexes. Mais nous gageons qu'il est primordial d'avoir un texte de référence sur des principes concrets qui favoriserait une entente générale essentielle afin de contrecarrer des projets tels que l'Association pour la libre circulation sur les océans, qui n'accorde aucune reconnaissance légale aux eaux territoriales et aux zones économiques. Ces grandes lignes doivent être définies autour des grands sujets qui ont toujours rassemblé les nations côtières et les puissances maritimes, et si nous convenons qu'il ne sera pas aisé de les dresser, vous conviendrez qu'une législation fixe sur des sujets majeurs a déjà fait ses preuves récemment, à l'image du Traité international relatif aux normes diplomatiques, sujet qui était jusqu'à présent défini par chaque État de manière bilatérale.

Pour revenir à vos suggestions et vos exemples, la République du Talaristan n'a jamais été contre le principe d'une gestion commune des ressources maritimes dans une zone délimitée. Il convient que les États conserveront, en dernier mot, une souveraineté indéniable que notre convention maritime ne pourra leur ôter. Mais ce n'est qu'oublier les nombreux cas où la législation est floue, et restera floue de par l'inaction ou l'intérêt des États dans ce domaine, par manque de volonté donc ou de temps pour se consacrer à définir quelle partie de cette mer et quel morceau de l'océan est mis en commun. Nous pensons, dans ce contexte, que la convention maritime internationale devrait définir, comme nous l'avons dit, « dans les grandes lignes », les cas où justement le flou persiste, et prévoir en effet, comme vous l'avez suggéré, une clause dans laquelle les États d'une même zone peuvent définir de manière commune une forme de coopération régionale ou de division maritime précise, répondant à leurs critères nationaux.

Nous revenons également sur l'exemple du Golfe de Moritonie et du conseil maritime que nous avons contribué à instaurer et auquel nous contribuons toujours : la République du Talaristan, dans la convention générale qui définit le cadre du Golfe, prévoit justement la prise en compte des revendications de chaque État dans un objectif de conciliation. Cependant, la Double-Monarchie de Moritonie, du fait de son ancienneté, revendique que les eaux définies à l'entrée dans le conseil le seront peu importe l'évolution de la situation géopolitique du Golfe de Moritonie, région qui, comme vous le savez, n'a jusqu'à présent guère été une province exemplaire de stabilité. En conséquence, à l'heure où des nations s'ouvrent sur le monde là où des États s'écroulent, figer « tout dans le marbre » va justement à l'inverse de la position de pragmatisme que le Diwan azuréen souhaite insuffler dans cette conception du droit maritime, d'où la position radicale de la République du Talaristan qui refuse à la Chancellerie moritone de négocier le traité.

Enfin, Excellences, la République du Talaristan renouvelle sa pleine confiance en la capacité du Diwan à s'accorder sur nos points de vue, parfois divergents, dans l'intérêt commun. Nous sommes conscients que les droits de navigation, talar comme azuréens, varient grandement en fonction des nations et nous ne sommes pas là non plus, comme nous vous l'avons dit, pour dicter un texte universel pour la terre — ou plus précisément les mers — entière. Mais des principes communs doivent être tracés, des lignes répondant à l'intérêt général des nations, répondant comme vous l'avez dit à des cas concrets et fixant une base commune, cette fois-ci universelle, sur des sujets majeurs, tout en se montrant plus souple et plus conciliant quand la coopération volontaire est au centre des négociations maritimes.

L'évolution nette des mentalités en faveur d'une codification mesurée du droit international, telle que nous l'avons montré avec l'exemple poëtoscovien, démontre que les gouvernements sont désormais mûrs pour admettre que les règles dans les eaux internationales ne doivent pas être dictées uniquement par les grandes puissances militaires, sur le gage de la force brute et armée, mais bien sur le consortium de nations souhaitant fixer des règles simples, compréhensibles et applicables par tous, tout en accordant les libertés dans les contextes régionaux, tel que vous l'avez évoqué dans notre échange précédent.

Avec mes plus sincères respects,

Signée par Asmina AkmyradowaAsmina Akmyradowa
Vice-première ministre du cabinet,
Ministre des affaires étrangères
de la République du Talaristan.

Fait à Khydan, le 6 mai 2020


Sceau d'État
(Дәүләт мөһере / Däwlät möhäre)
Sceau d'État de la République du Talaristan
2594
Son Excellence Ministre des Affaires Etrangères,
Amastan Ag Amenay Ag Aylan,
Agatharchidès, Califat constitutionnel d'Azur.

Son Excellence Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Démocratiques,
Bardiyâ Kharoushi,
Manticore, Siège du Traité de Manticore.

Cette missive est hautement confidentielle, la diffusion de son contenu est strictement interdite.



Votre Excellence,

J'ai le plaisir de vous faire part d'une résolution de l'Organisation des Nations Démocratiques détaillant les prérogatives qui sont accordées au Califat constitutionnel d'Azur dans le cadre de son mandat sur le théatre carnavalais.

Résolution 2230 du Conseil Général de l'Organisation des Nations DémocratiquesBandarhan, le 09 juin 2020
CM-RE.... .... .. . . .. ... .. . . .. ...
CONCL....... ... ... . . ... ... .. .....


RÉSOLUTION
Origine : ............ Secrétariat général du Conseil
Destinataire : .....Délégations ; Califat constitutionnel d'Azur
Objet : ............... Réunion extraordinaire du Conseil Militaire (09 juin 2020) - Résolution adoptée


___________________


Le Conseil Militaire de l'Organisation des Nations Démocratiques définit le mandat du Califat constitutionnel d'Azur sur le théâtre carnavalais pour mettre fin aux attaques et aux menaces contre les populations civiles mondiales.


*
* *

Le Conseil Général de l'Organisation des Nations Démocratiques,

Rappelant et réaffirmant son engagement en faveur des droits humains, de la démocratie et de la paix,

Rappelant et condamnant les crimes et actions génocidaires menées par la Principauté de Carnavale en Kabalie,

Condamnant l'attaque indiscriminée menée contre la capitale de l'Empire du Nord,

Conscient de l'étendu des crimes contre l'Humanité mené par la Principauté de Carnavale,

Conscient de la menace pour les populations civiles et la sécurité mondiale que fait peser la Principauté de Carnavale,

Résolu à sauvegarder les vies civiles contre toute attaque indiscriminée à leur encontre,

Agissant pour mettre un terme à la menace que fait peser et aux crimes perpétrés par la Principauté de Carnavale,

1. Déclare son attachement au bien être des populations civiles et à sa volonté de trouver une issue durable au conflit carnavalais.

2. Accorde sa pleine confiance au Califat constitutionnel d'Azur, dans les valeurs qu'il représente, que nous partageons et dans sa capacité à mener à bien la mission qui lui sera confiée.

3. Etablit pour lui un mandat d'action visant à faire cesser les hostilités par les moyens qui lui seront accordés et qui s'avéreront nécessaire. Le Califat constitutionnel d'Azur accepte en conséquence les responsabilités suivantes :
a/ Aider à la gestion de la crise humanitaire sur le théâtre carnavalais. Organiser une réponse aux derniers développements sanitaires.
b/ Négocier avec les factions carnavalaises pertinentes pour établir une voie d'issue au conflit.
c/ Préparer les conditions favorables à une gestion efficace du théatre carnavalais, avec l'appui des moyens civils et militaires de l'Organisation des Nations Démocratiques.



Veuillez recevoir nos salutations distinguées.

Fait à Manticore,
le 09/06/2020.


Be advised, Benjamin Netanyahu inbound.
Bardiyâ Kharoushi, Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Démocratiques
17915
https://i.imgur.com/mojKNwp.png

ÉMETTEUR :
Ambassade de l'Union des Communes du Grand Kah en Azur
Au nom du Commissariat aux Affaires Extérieures


DESTINATAIRE :
Califat constitutionnel d'Azur
Amastan Ag Amenay


HORODATAGE
<12:2633 / 25-06-2020 >

_____________

AUTEUR
Antonio Patriota
Citoyen Gustavo Leaonide
Ambassadeur de l'Union des Communes Unies du Grand Kah en Azur, au nom du Commissariat aux Affaires Extérieures

OBJET DE LA TRANSMISSION :
Des préalables matériels à toute coopération internationale et de la doctrine kah-tanaise

Excellence,

Le Commissariat aux Affaires Extérieures accuse bonne réception de votre relance diplomatique ainsi que de votre précédente correspondance, dont nos services ont naturellement pris connaissance avec toute l'attention requise.

Avant toute chose, permettez-moi cependant une remarque sur la forme de nos échanges. L'Union des Communes du Grand Kah a toujours considéré qu'un dialogue diplomatique pouvait être exigeant, frontal et même contradictoire, sans pour autant renoncer aux exigences élémentaires de tenue qui s'imposent entre État, devant supposément représenter l’intégralité des leurs citoyennes et citoyens avec sérieux. Nous apprécions, à ce titre, l'effort de la diplomatie azuréenne pour s'approprier la terminologie de la lutte des classes et de l'anti-impérialisme, quand bien même cet usage peut surprendre de la part d'institutions califales dont les plus hauts représentants ont eux-mêmes manifesté, à plusieurs reprises, leur désintérêt pour ces questions.

Nous vous saurions donc gré de réserver les renvois aux hypothétiques cours de collège, les anathèmes et les figures de rhétorique imaginant tailler à la hache des niches pour y nécroser à d'autres audiences. Ces procédés peuvent sans doute satisfaire une tribune politique ou un auditoire ami, ils desservent en revanche la correspondance entre États. Aussi l'Union des Communes du Grand Kah n'a pas vocation à recevoir de leçons de morale ou de méthode de la part d'un gouvernement qui peine lui-même à garantir l'ordre public élémentaire sur son territoire, précisément dans une affaire ayant motivé notre correspondance initiale.

Nous attendons donc de nos prochains échanges qu'ils retrouvent le niveau de respect et d'élévation que commande la relation entre nos deux États.

Ceci étant établi, j'en viens au fond.

Vous avez consacré une partie importante de votre argumentaire à dénoncer le capitalisme prédateur, la confiscation des biens communs et l'obsession de la propriété privée. Le Grand Kah partage sans réserve le constat que l'asservissement de la vie humaine aux logiques du profit financier est une aberration destructive. Cependant, l’analyse matérialiste exige que l’on regarde avec la même rigueur la réalité des rapports de production et le développement des forces productives et il apparaît dès-lors singulier d'entendre le Diwan invoquer ces principes, tout en observant ce qui se déroule actuellement en Azur.

Confronté au tarissement de son modèle gazier et au risque de stagnation économique, le Califat a fait le choix, vous me reprendrez s’il le faut, de diversifier son industrie en s'ouvrant aux technologies de pointe et aux investissements étrangers. Dans ce cadre, les Keiretsus kah-tanaises ont apporté leur concours – par des investissements considérables – et en créant des emplois. Oserais-je ajouter, dans le strict respect des lois azuréennes. Or, laisser des foules incendier des centres de données, bloquer des installations industrielles et intimider des travailleurs ne relève à priori pas de l'émancipation collective. Cette destruction d'outils de travail, d'infrastructures scientifiques et de capacités productives nuit en premier lieu au peuple azuréen lui-même.

Il s'agit de cohérence entre vos ambitions de développement et la capacité de votre État à protéger les conditions matérielles de ce développement. C'est à cette aune que doivent être considérés les événements de Babalzabar. Nous constatons avec une profonde consternation que la destruction délibérée d'un centre de données appartenant à Saphir Macrotechnologies, le blocage illégal de onze sites industriels et la mise en danger de l'intégrité physique de ressortissants kah-tanais comme d'employés azuréens associés à nos coopératives soient relégués, dans votre correspondance, à une promesse lapidaire placée en post-scriptum. Or, il va sans dire que l’Union ne troquera pas la sécurité de ses ressortissants, de ses coopératives et de ses travailleurs contre la perspective de futures tables rondes diplomatiques. Comme vous le savez, les partenariats que nous nouons à travers le monde de l’économie de marché reposent sur une condition : l'État de droit doit protéger les personnes et les biens légitimement établis sur son territoire. L'inviolabilité des personnes et des investissements ne peut être une garantie à géométrie variable, soumise aux humeurs de la rue ou aux édits religieux de circonstance. Par conséquent, avant même d'envisager un approfondissement de nos éventuelles coopérations stratégiques, l'Union pose comme préalable la résolution pleine et entière de cette crise.

Cela implique, très concrètement :

1. La conclusion diligente et transparente des enquêtes judiciaires engagées. Sur ce point l'Union ne doute pas de la rigueur et de l'impartialité des institutions judiciaires califales pour établir les faits, qualifier les violences et appliquer le droit, nous attendons donc que les destructions criminelles d'infrastructures et les intimidations de travailleurs donnent lieu aux suites judiciaires appropriées et ne soient pas récompensées par l'impunité.

2. La reconnaissance de la responsabilité de l'État azuréen dans le maintien de l'ordre public et la protection des investissements légaux, laquelle se traduire, nous l’espérons, par l'établissement concerté d'un mécanisme de réparation à la hauteur des préjudices matériels et moraux subis par Saphir Macrotechnologies, dont les activités étaient exercées en conformité avec votre propre cadre législatif.

3. L'établissement de garanties de sécurité tangibles, qui devront permettre d'assurer la protection physique et la sérénité professionnelle de l'ensemble des personnels concernés, qu'il s'agisse de citoyens de l'Union ou de travailleurs azuréens employés par ces coopératives.

Nous attendons de ces dispositions qu'elles garantissent que ces personnels puissent exercer leur métier à l'abri de toute violence, intimidation ou menace.

La Confédération ne peut par ailleurs taire sa vive préoccupation face au décalage manifeste entre la gravité des violences observées et l'extrême retenue, pour ne pas dire l'inertie, des dispositifs de sécurité locaux, qui ont laissé nos installations et leurs personnels dans un état de vulnérabilité ayant directement contribué aux résultats que nous regrettons aujourd'hui.

Vous comprendrez donc que cette situation n’est pas, pour nous, un genre de détail susceptible d'être évacué en marge d'une discussion sur la sécurité continentale. J’irai même jusqu’à avancer que Babalzabar constitue un microcosme de coopération, préalable à toute confiance nouvelle entre nos deux nations.

Ceci étant établi, j'en viens à vos observations concernant la Principauté de Carnavale et la posture afaréenne de notre Union.

Vous semblez vous interroger sur ce que vous percevez comme une forme d'attentisme de la part de nos forces stationnées à La Citadelle, allant jusqu'à suggérer que notre puissance militaire devrait être employée à des fins d'inspections coercitives immédiates. Il convient je crois de rappeler que l'Union des Communes du Grand Kah détermine elle-même l'usage de ses moyens militaires et diplomatiques et que ceux-ci ne sont à la disposition d'aucun agenda extérieur et ne se laissent dicter leur tempo ni par l'émotion, ni par l'impatience d'États tiers. En d’autres termes il n'appartient pas à l'Azur de déterminer nos responsabilités, pas davantage que la manière dont nous entendons les assumer. Si le Grand Kah n'a procédé à l’ingérence armée que votre correspondance semble appeler de ses vœux, c'est parce que notre analyse de la situation et lé doctrine en découlant nous interdisent précisément l'aventurisme militaire. Nous privilégions la construction de rapports de force réels, la pression méthodique et l'action ciblée, et considérons que les croisades improvisées dont des conséquences échappant inévitablement à ceux qui les déclenchent. Sur ce point, la faillite opérationnelle et géopolitique d'une OND empoisonnée par un conflit qu'elle est incapable de mener suffit, à elle seule, à démontrer la pertinence de cette distinction.

Pour notre part, nous ne ressentons pas le besoin de transformer chaque crise en démonstration de force pour obtenir des résultats.

Nous en avons fourni une démonstration concrète dans les îles Marquises, où notre méthode et notre pression ont permis d'obtenir le démantèlement effectif de l'arsenal balistico-chimique de la famille Obéron. Que l'OND ait, par ailleurs, contribué à cette issue en sacrifiant ses moyens militaro-industriels sur la métropole carnavalaise ne retire rien au rôle déterminant joué par l'Union dans la résolution de cette question.

À ce propos, puisque le Diwan érige à juste titre la prolifération des armes non conventionnelles en ligne de démarcation morale absolue, permettez-moi d'interroger la géométrie particulièrement variable de vos indignations. En effet, le Grand Kah a démontré sa constance sur ce dossier : nous avons obtenu le désarmement chimique effectif des îles Marquises et nous refusons l'emploi de ces poisons d'où qu'ils viennent. Il va de soi que la lutte contre les armes de destruction massive ne saurait être un principe sélectif et dicté par les affinités régionales du moment. Comment, dès lors, ne pas s'étonner du silence de la diplomatie azuréenne face au programme d'armes chimiques développé par votre voisin immédiat et allié privilégié, la République Faravanienne ? Les inquiétudes suscitées par ces recherches non conventionnelles, abondamment documentées et débattues jusque dans votre propre parlement, ne semblent provoquer chez vous ni anathème public, ni mobilisation générale, ni rupture de vos accords d'approvisionnement militaire. Devons-nous comprendre que les armes chimiques cessent d'outrager l'ordre naturel humain dès lors qu'elles sont conçues le long de vos trois mille kilomètres de frontière orientale par un partenaire avec lequel vous partagez le pain et le thé ?

Indépendamment de vos conclusions à ce sujet, nous nous réjouissons que vous partagiez notre dégoût pour ces méthodes d'anéantissement et espérons donc voir un jour le Califat appliquer à ses propres alliances l'intransigeance qu'il exige du reste de la planète.

J'en viens enfin à votre proposition concernant la mission d'observation initiée par l'Althalj et le Finejouri.

En substance, vous nous proposez de rejoindre cette mission en précisant que, dans ce cas, l'Azur la rejoindrait également. Mais excellence, il semblerait que vos services d'analyse accusent un certain retard sur l'architecture diplomatique et sécuritaire actuellement en construction en Afarée : nous coopérons déjà activement avec le Tamurt N'Althalj sur les dossiers de sécurité régionale, notamment dans le cadre du FCAN, que votre gouvernement avait parfois dénoncé. Cela je ne vous l’apprends pas, au moins.

Nous avons également scellé avec le Royaume de Finejouri un partenariat stratégique et sécuritaire de premier plan, portant précisément sur plusieurs des questions que vous mentionnez.

Vous comprendrez logiquement que votre proposition ne crée donc pas un cadre auquel le Grand Kah devrait être intégré, puisque ce cadre existe dors-et-déjà. Sur ce point, je tiens à signaler que notre politique afaréenne a toujours été soumise aux exigences de nos alliés et camarades du FCAN et dépend désormais également des attentes de nos alliés du Finejouri. Nous agirons lorsqu'ils le jugeront utile, et dans le cadre qu'ils jugeront utile. Ce cadre ne saurait être défini par l'Azur.

Néanmoins, si le Califat d'Azur souhaite néanmoins s'associer aux efforts conjoints du Grand Kah, du Finejouri et de l'Althalj afin de dresser un inventaire rigoureux, factuel et implacable des agissements de la Maison Dalyoha et de contribuer à la stabilité de l'Afarée, il pourra naturellement être accueilli avec le sérieux qui s'impose : cela ne dépend pas de nous, et il va sans dire que la pacification de l'Afarée occidentale nécessite la convergence de toutes les bonnes volontés.

Cela étant dit, la participation de l'Azur à une architecture de renseignement et de sécurité impliquant directement les moyens technologiques, humains et opérationnels de l'Union demeure doublement conditionnée.

Premièrement, elle devra être explicitement souhaitée par nos partenaires régionaux, avec lesquels nous entretenons déjà les coopérations qu'ils jugent nécessaires. Nous savons déjà où en sont ces dossiers.

Deuxièmement, et plus crucial, elle ne pourra intervenir qu'après l'établissement d'un niveau de confiance suffisant pour permettre des échanges sensibles et une coopération opérationnelle durable.

Or, pour en revenir à ce que nous disions, cette confiance est aujourd'hui suspendue à l'issue de la crise de Babalzabar et à l'adoption d'un cadre diplomatique respectueux, prévisible et surtout stable. Le Califat a en effet pris l'habitude de passer du chaud au froid selon ses besoins et ses exigences du moment et il est désormais difficile, à Axis Mundis, de considérer comme durable une posture azuréenne qui se montre conciliante aujourd'hui pour mieux nous prendre à partie demain.

Permettez-moi, à cet égard, de souligner le caractère problématique du procédé rhétorique employé dans votre missive : tenter de noyer la destruction de nos centres de données et la mise en danger de nos travailleurs sous un verbiage consacré à la menace de la Maison Dalyoha est, pour reprendre les termes du Commissariat aux Affaires Extérieures, injurieux. Ces deux dossiers étant particulièrement distincts.

Voyez vous-même. D'une part, votre gouvernement doit répondre de son incapacité à assurer la protection d'investissements pacifiques établis conformément à ses propres lois et d'autre part, la communauté internationale doit répondre à la crise géopolitique et sécuritaire provoquée par la Maison Dalyoha.

Les amalgamer ne constitue – selon nous – pas une solution diplomatique puisque cela revient à tenter de placer un dossier bilatéral dans le bilan d'une crise continentale.

Cette difficulté est d'autant plus grande que votre gouvernement a, à plusieurs reprises, démontré une capacité inquiétante à adapter ses principes à ses intérêts du moment. Nous évoquerons ici, en guise d’exemple, les circonstances ayant conduit à la destruction de vos deux aéronefs en décembre 2018. Contrairement au narratif alors présenté par la Porte Splendide, qui plaidait l'agression dans l'espace aérien de la Bharavie, la vérité matérielle établie par les faits demeure que vos appareils avaient violé l'espace aérien de la Kabalie Rouge. L'amateurisme de cette provocation militaire, indépendamment même des circonstances politiques qui l'entouraient, ne contribue évidemment pas à faire du Califat un partenaire que nous puissions considérer comme immédiatement fiable.

Cette affaire s'inscrit dans une duplicité institutionnelle que nous considérons comme plus large.

Vous nous parlez d'anti-impérialisme en Afarée tout en assumant une alliance militaire avec l'Empire du Churaynn, monarchie coloniale dont la nature ne semble guère compatible avec les principes que vous revendiquez. Peut-être du fait de la nature extra-afaréenne de leurs colonies, auquel cas un éclaircissement serait bienvenu.

Considérant aussi les vertus de l’anticolonialisme, nous ne reviendrons pas sur le paternalisme avec lequel vous considériez jadis les factions en lutte au Gondo.

Quoi qu’il en soit cette instrumentalisation variable des concepts, adaptée aux ambitions géopolitiques du moment, a épuisé la patience du Commissariat aux Affaires Extérieures. Le point de rupture a été atteint relativement récemment. Je suis convaincu que ce dernier précédent suffira à éclairer notre réticence.

Le 17 février 2019, vous écriviez au Commissariat pour célébrer la grandeur de notre projet d'émancipation, nous assurer de votre confiance et vous enquérir de l’éventuelle "volonté" de l’Union à réaliser la paix à vos côtés en Afarée.

À peine cinq mois plus tard, le 18 juillet 2019, vous adressiez à plusieurs de nos partenaires des missives visant explicitement à les liguer contre notre Confédération, qualifiant notre Union d'État arrogant, assoiffé de sang et de la possibilité d'une grande guerre, allant jusqu'à nous accuser de défendre ouvertement le régime colonial et génocidaire de la R.A.D.

Vous comprendrez donc que nous ne sommes pas face à ce que l’on aurait autrement pu qualifier de désaccord de circonstanciel. Votre diplomatie nous demande régulièrement notre confiance tout en fournissant elle-même, quelques mois plus tard, les raisons de ne pas l'accorder et si l’Union n'a aucune objection à ce qu'un État modifie sa politique lorsqu'il estime ses intérêts ou son analyse modifiés, nous avons en revanche une objection fondamentale à ce que ces changements soient présentés comme des principes constants auxquels nos partenaires seraient tenus de se conformer.

Il est inutile, pour le reste, de revenir longuement sur la tentative de votre ministère d'établir un lien entre l'invasion loduarienne de l'Antares, la guerre menée par les nations de l’OND contre Carnavale et la situation cramoisienne. Si une seule chancellerie avait alors pris votre raisonnement au pied de la lettre, la guerre mondiale à laquelle vous sembliez vouloir nous associer aurait effectivement pu être déclenchée, et il aurait convenu de vous en tenir responsable.

Quoi qu'il en soit, vos partenaires étrangers eux-mêmes ont eu l'occasion de mesurer les conséquences de cette versatilité, j’en prends pour preuve la récente et désastreuse ingérence de votre Bureau des Enquêtes chez vos sœurs du Tamurt N'Althalj.

Prétendre bâtir la concorde continentale à travers le Pacte Afaréen de Sécurité tout en finançant clandestinement un collectif musical destiné à subvertir l'opinion publique et à déstabiliser le gouvernement d'Icemlet, membre clé du Forum de Coopération d'Afarée du Nord, n'est pas compatible avec l'idée de partenariat de confiance. Après tout, on ne construit pas une architecture régionale de sécurité en infiltrant ses propres partenaires présomptifs.

Pour notre part, nous en tirons les conséquences qui s’imposent.

Le Grand Kah considère que le Califat d'Azur doit désormais faire la preuve de sa fiabilité avant de prétendre à une place centrale dans les dispositifs de coopération que nous construisons avec nos partenaires et dès lors, permettez-moi de clarifier définitivement la position de l'Union quant à votre proposition d'intervention conjointe ou de mission d'observation en Cramoisie et ce, au risque de me répéter : le Grand Kah n'interviendra dans le règlement de ce dossier que si, et seulement si, ses partenaires de confiance, le Tamurt N'Althalj et le Royaume de Finejouri, lui en font la demande explicite, sans que cette décision ne soit conditionnée à une initiative azuréenne et pour être tout à fait franc : au vu des précédents que nous venons d'évoquer, nous estimons qu'il serait préférable, pour la sécurité et la stabilité du continent, que le Califat d'Azur cesse de chercher à se présenter comme l'architecte nécessaire de ce processus.

Votre présence n'est à ce jour pas perçue comme une garantie de résolution. Cela étant, le Grand Kah ne ferme pas la porte à une futur coopération, cependant il appartiendra à l’Azur de préalablement démontrer que sa parole engage réellement son État, que ses engagements peuvent survivre aux fluctuations de sa politique intérieure, que ses partenaires peuvent travailler avec lui sans craindre d'être, quelques mois plus tard, la cible de ses propres services, etc.

Pour revenir enfin au seul sujet sur lequel nous pouvons avancer immédiatement, nous attendons vos conclusions concernant les préjudices matériels et moraux causés à Saphir Macrotechnologies et à nos ressortissants. Ce dossier ne souffrira d'aucune mise en balance avec l'agenda continental et sur ce point, puisque cette question prend une place importante dans les missives que vous nous communiquez, il est attendu que vous adoptiez la prévisibilité que l'on attend d'une nation souveraine et de partenaires. En somme, il nous faut désormais des garanties claires.

Nous serons alors disposés à échanger plus en amont sur d’autres sujets que ceux concernant nos ressortissants.

Salut et fraternité.

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CITATION DU JOUR
« Celui qui se hâte de blâmer les fautes d'autrui sans corriger les siennes bâtit sur le sable. »
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UNION, GLOIRE, LIBERTÉ OU LA MORT.
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