
Le Norjien International - ALTRECHT
En Altrecht, la fin de l'isolation rime avec réarmement et programme balistique
Par Bjarne Henriksen (Norja), le 7 novembre 2016.
Harlad Lögarsson, Directeur de l'Intelligence Nationale, a été auditionné par la Commission de la Défense Nationale su Congrès Fédéral ce 4 novembre pendant pres de deux heures. Au cours de cette longue séance de questions réponses, le DIN est notamment revenu sur l'évolution de la menace balistique en Manche Blanche. Le DIN est un personnage à part. Si il ne dirige pas le Service Permanent d'Intelligence Extérieure ou dautres services de renseignement, il agit comme coordinateur du renseignement au sein dune petite administration positionnée au sein du Secrétariat Général du Gouvernement. Le DIN est également le principal conseiller de la Première ministre, du Conseil de Défense nationale et du Conseil de sécurité intérieure sur toutes les questions de renseignement.
Pays de 25 millions d'habitants de l'est de la Manche Blanche, le Haut État d'Altrecht a été décrit comme un pays militariste "des plus classiques" au sens institutionnel. Du Grand-Maréchal à la tete du Haut-Conseil en passant par la chambre des officiers au sein du Parlement, l'armée est partout, a toute les étapes du processus législatif. Lögarsson a pointé du doigt qu'en l'espace de quelques mois d'ouverture seulement, le pays ce serait doté d'un arsenal de missiles balistiques continentaux capable de couvrir toute l'Eurysie. Leur nombre serait estimé entre 10 et 40 avec un objectif a court terme situé vers la cinquantaine d'après les images fournis par le satellite militaire tanskien.
Pour le coordinateur, un seul pays a poursuivi un programme balistique des ses débuts de facon aussi importante : Carnavale. Si il s'est retenu de comparer les deux États, le Din a toutefois fortement insisté sur la recente attaque de carnavale a la fois sur l'Empire du Nord mais aussi dans l'ouest afaréen pointant du doigt les risques que portent des programmes balistiques effectués par des États militaristes.
Altrecht n'a pas été qualifié de menace par les services de renseignements mais d'État inquiétant et qui requiert un fort niveau de surveillance par les autorités en particulier "en cas de poursuite dun programme balistique" qui du fait de sa portée, "pourrait à terme menacer toute la Manche Blanche, une situation qui serait "dès lors intolérable". Lögarsson a aussi pointé du doigt les limites dun tel programme et le risquequ'il peut faire courir indiquant que des dirigeants dotés d'un arsenal capable d'atteindre le bout de l'Eurysie sans avoir "ni char ni navire" pouvait amener a une illusion de la puissance et à des prises de risques inconsidérés.
Apres l'Illirée, qui est désormais tenue de ne plus entrer dans un reseau d'alliance pour bénéficier de la protection de l'OND, Altrecht est le second État d'Eurysie pointé du doigt pour l'existence d'un programme balistique.

Alors que pour l'heure l'ancien pouvoir impérial semble s'être complètement effondré sur lui-même suite aux révélations et que le mouvement communaliste, jusqu'ici sans doute tellement dormant qu'il était inexistant publiquement a rapidement pris le pouvoir, d'autres mouvements se proclamant légitimes pourraient voir le jour sur les ruines du précédent pouvoir. C'est donc dans ce cadre, et face à l'hypothèse croissante de l'émergence possible d'un conflit que les deux parlements ont alloués un avion de ligne qui enchaînera les rotations aériennes à destination d'Halvø et de Norja à partir du 10 juin prochain, le temps nécessaire pour les services consulaires d'obtenir, sans en être certain, l'autorisation des contrôles aériens locaux de pouvoir atterir.
La procédure étant exceptionnelle, les deux parlements ont autorisés les aéroports à ne mener que des contrôles sur le tarmac à l'arrivée, augmentant considérablement les rotations de l'appareil. Il a été indiqué que si des visas temporaires seraient fournis "très rapidement" par l'administration locale à Norja, et provinciale à Halvø, l'administration fédérale n'avait elle pas encore pris de décision. A la même occasion, tous les arrivants feront l'objet d'enquête de sécurité afin de veiller à leur compatibilité avec la République, même si leur exode venait à n'être que de courte durée. Ceux ne pouvant passer cela seront envoyés, gratuitement, vers d'autres pays d'accueil ou alors retournés en Altrecht.
Pour l'heure, le gouvernement fédéral s'est lui retenu de tout commentaire sur la situation. Aucun ministre tanskien ne s'est exprimé sur l'initiative, rare, des deux parlements qui reste l'une des seules possibilités d'agir sur la scène internationale toujours à disposition d'autorités locales et provinciales. La porte-parole du gouvernement, Anneli Huttunen, a toutefois laissé exprimer al vive inquiétude des autorités tanskiennes quant à un changement de régime si soudain déstabilisant profondément le pays et avec lui probablement toute la région. Alors qu'Halvø n'est guère qu'a plus d'une heure de vol de Sankt Ardnt, la situation n'est pas sans rappelée l'évacuation de 10 000 réfugiés de Kønstantinopolis à l'été 2015 quand la ville revenait sous contrôle monarchique lors du départ des forces coalisés dont tanskiennes. Une nouvelle situation humanitairement compliqué pourrait ainsi se déclencher en Manche Blanche orientale. Les réactions du Bachmeyer voisin se ont encore attendre mais le gouvernement a laissé entendre qu'il pourrait chercher à contacter le pays pour entreprendre l'ouverture d'un canal humanitaire d'évacuation de civils à destination de Küstenburg.
Derrière la porte factice du boulevard, un immeuble quelconque de quatre étages. Coincé au fond d'une petite ruelle sombre, il n'apparait pas dans la rue. Depuis les immeubles avoisinant, il se confond parfaitement avec les autres immeubles. Les rares fenêtres des cours intérieures qui mènent à lui mènent à des scènes de vies classiques. Les seules fenêtres non obstruées autorisent un discret regard sur une machine à café, une salle de repos, un couloir, un hall d'ascenseur. Tous les écrans sont eux soigneusement à l'abri. Dans la salle de repos, la machine à café ou le couloir ne passe que du personnel de ménage. Le vrai personnel agit ailleurs. Dans le centre de l'immeuble, sans fenêtre, sinon dans les sous-terrain. la vie y est nocturne, artificielle. La seule lumière du jour existe au dernier étage. Là, le toit a été remplacé par une grande verrière. L'immeuble domine son environnement d'exactement un étage. Suffisant pour que personne ne puisse voir la grande verrière et pour que le personnel puisse voir la lumière du jour, l'accès leur y est illimité, alors ils y résident souvent. Seulement, ils ne peuvent y travailler, un brouilleur bloque tout. Absolument tout. Rien ne sort, rien ne rentre.
Le bâtiment boulevard Erkisson n'accueille pas un nombre élevé de personnel. Dans cette ville à deux cent kilomètres de Norja, faisable en une heure de LGV, départ Gare Centrale, Quai du TMS Anarsson, voie 4 pour les touristes, il aurait été inutile d'instaurer le siège du Service ici. Alors on a simplement créé une antenne. Une antenne du Service, rien de plus. Un rôle précis : les médias, l'influence, la contre-influence, la création, l'imagination et les réseaux sociaux. Le meme, l'affiche ostentatoire, la création trouve ici son créateur.
Dans les méandre de ce petit dédale, les idées venaient nombreuses. La crise en Altrecht et l'arrivée surprise d'un régime communaliste pour remplacer un régime autocratique en l'espace de quelques journées surpris tout le pourtour de la Manche Blanche. Au sein de la diplomatie tanskienne la stupéfaction fut totale et l'idée d'un soulèvement naturel de la population, sous entendue de la formation, en l'espace de quelques journées voir de quelques heures seulement, d'un mouvement coordonné à l'échelle nationale, doté d'une idéologie propre et cohérente, capable d'assumer la création simultanée de six communes organisées, le tout avec un organe centralisé s'auto-définissant comme détenteur légitime de l'autorité souveraine à même d'assurer la gouvernance du pays, le tout sans la moindre ingérence étrangère, parue si absurde qu'elle fut immédiatement écartée. Si la proximité géographique pouvait indiquer une potentielle aide de l'Estalie, la nature communaliste assumée du régime semblait pousser vers l'Empire Kahiste. Néanmoins, en se proclamant aussi de l'Eurycommunisme, le régime brouillait les pistes et pouvait peut être être alors proche de la naissante mais très active Confédération Socialiste du Nazum tout en gardant une forme d'indépendance nationale. Si l'opposition à un régime communiste ne faisait pas de sens dans la politique tanskienne, c'est la crainte d'une mise sous tutelle étrangère, couplée à l'extrême célérité de la création du régime qui poussa le gouvernement à autoriser l'unité du boulevard Eriksson à passer à l'action.
Dans la journée, via NørdVPN, application interne au gouvernement tanskien, plusieurs centaines de comptes internet sur les réseaux sociaux furent crées et basés un peu partout en Altrecht. Alors que plusieurs appelaient publiquement à des élections libres faisant suite à la chute du précédent régime, craignant le remplacement d'une dictature par une autre, d'autres comptes se mirent à partager des images visant directement la population. La survenance immédiate d'un régime tel ne pouvait être qu'un mauvais signe pour le pouvoir d'achat des populations civiles. En ciblant une chose simple, la voiture, l'unité ciblait tout le monde. Non seulement le citoyen lambda mais aussi et surtout l'ouvrier, le fermier, pour qui la voiture est le principal et parfois l'un des uniques biens en sa possession. L'une de ses seules richesses mais aussi ce qui lui permet de se déplacer, de bouger à travers le pays, d'aller se reposer loin de la ville le week-end, d'emmener les enfants voir leurs grands parents, bref, de permettre la mobilité de tous.
