19/05/2020
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Le plan quinquennal : nouvelle arme économique de la Poëtoscovie
La Nation littéraire renoue avec la planification

Source : La Petite Plume

Tandis que la Poëtoscovie rêve de figurer parmi les grandes puissances que compte le globe, elle s'est constamment heurtée à une forme de plafond de verre économique qu'elle s'est toujours montrée incapable de dépasser. Cependant, sa nouvelle dirigeante (depuis 2020) affiche des ambitions autrement plus grandes que celles du Parti lovecraftien, se désignant elle-même comme une « néo-libérale » prônant le capitalisme le plus libre. Au contraire, c'est dans une forme de « capitalisme d'État » que se retrouve la Poëtoscovie sous le Parti zolien, dont la nouvelle arme a été présentée ce mercredi auprès du Parlement.

Le retour à la planification comprend évidemment un volet économique, qui constitue d'ailleurs le cœur de cette stratégie. Le plan, désormais accessible publiquement, explicite un certain nombre de positions claires du régime poëtoscovien concernant son modèle économique. Il acte un bouleversement stratégique majeur : la Poëtoscovie ne doit plus rechercher l'autonomie, mais bien la domination de secteurs technologiques en essor afin de lui garantir une place sur la scène internationale. Le plan n'est pas seulement un levier de politique intérieure : c'est avant tout une méthode pour asseoir une domination régionale, qu'elle soit partielle – en termes de secteurs – ou totale. Le plan évoque par exemple la volonté de multiplier les partenariats internationaux afin de poursuivre dans la voie d'un rayonnement international, sur le plan technologique notamment. Le plan consacre ainsi au domaine spatial une vaste place, promettant, dans le cadre de l'OPP, des projets communs. Le document, d'un volume tout à fait conséquent, se décline en différentes parties en fonction du public auquel il s'adresse. Ainsi, les gros industriels comme les petits investisseurs savent où l'action de l'État va être portée, entraînant de ce fait une dynamique importante dans certains domaines, notamment le numérique.

Cette planification sous-tend parallèlement des volontés militaires. En effet, le document présente une véritable évolution de la doctrine militaire poëtoscovienne, héritée de son histoire comme protectorat. Alors que la Poëtoscovie a essuyé une défaite militaire massive et largement commentée à l'international, comme le régime velsnien, la Nation littéraire apparaît comme particulièrement vulnérable en termes militaires, rompant catégoriquement avec son image de puissance. « La nouvelle stratégie poëtoscovienne sera balistique ou ne sera pas », a annoncé Roxane Rostand, figure forte de la Nation. Elle opte alors légitimement pour un recours à la dissuasion, à savoir la dissuasion balistique. Cela demeure un pari particulièrement osé, car plusieurs puissances déjà hostiles à la Poëtoscovie disposent d'un arsenal conséquent en la matière et nécessiteraient qu'on les dépasse. À terme, de telles ambitions nécessiteraient un retrait du Traité-Cadre d'Aserjuco, initié par l'Alguarena. Il est cependant à noter que c'est là la voie qu'a suivie l'Azur, allié de la Poëtoscovie, dont elle pourrait par ailleurs s'inspirer afin de concevoir un nouveau système de défense. Enfin, la Poëtoscovie devrait d'ici peu multiplier les accords bilatéraux en termes de défense, toujours dans le cadre de cette dissuasion. Cela pourrait se concrétiser, d'après nos informations, par l'ouverture de bases militaires étrangères sur le sol poëtoscovien. Le porte-parole du ministère de la Défense, contacté par nos soins, a indiqué ne pas être en mesure de nous répondre.

Enfin, cette planification est diplomatique et culturelle. Avec l'Organisation des partenaires de la Poëtoscovie (OPP), la Nation littéraire crée une galaxie dont elle constitue l'épicentre et dont les ambitions sont avant tout culturelles. Des projets anciens, comme Le Joueur d'échecs, mais également toujours en cours — L'Œuvre au Noir, Grands Jeux Pannazumis, etc. — permettent d'afficher la Poëtoscovie comme pionnière dans la recherche de projets consensuels, d'autant que ceux-ci associent parfois d'autres acteurs de haute importance, telle que la CEN, dont la Poëtoscovie est pleinement membre. Enfin, cela pourrait se concrétiser à terme par l'ouverture de nouveaux centres culturels de la fondation Poëtky Mir, dont la vocation première est de participer au rayonnement de la culture poëtoscovienne à travers le monde.

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La quête démographique : un rêve d'absolu aux saveurs amères
Entre gouffre financier et abîme social

Source : P-News.

Note : Le journal P-News possède une ligne éditoriale ancrée à la droite conservatrice. Il est nécessaire de savoir décrypter ce qui s'y trouve écrit en prenant en compte ce facteur majeur.


Le récent Plan quinquennal dévoilé par Hernani-Centre tient compte, à raison, du facteur démographique comme d'un instrument de puissance. Il souhaite voir sa population augmenter et, si elle est aujourd'hui de 17 millions de personnes, l'objectif serait, à terme, de pouvoir dépasser largement les 20 millions. Afin que cela soit réalisable, l'État a articulé l'ensemble de ses politiques publiques autour de cet objectif, alors qu'aucun projet de natalité n'a jamais fait ses preuves jusqu'à présent.

En premier lieu, l'État semble miser sur un regain de natalité dans le pays, ou du moins ne pas contribuer à la baisse du taux. En effet, alors que l'éducation ou la santé pouvaient jusqu'alors être synonymes de coûts importants, Roxane Rostand a annoncé, dans un communiqué dévoilé vendredi soir, que sa famille politique, conjointement avec ses forces alliées, défendrait devant le Sénat une proposition de loi visant à « rendre sa gratuité à l'école » et actant le remboursement intégral de tous les frais médicaux des mineurs. Cela constituerait pourtant une somme absolument gigantesque, que les observateurs ont de suite soulignée. Ni le parti Zolien ni ses alliés politiques ne se sont, pour l'heure, prononcés sur le financement de la réforme, alors même que certains appellent, parallèlement, à augmenter davantage les allocations familiales.

Par ailleurs, une consigne orale émanant de certains corps d'académie demande explicitement la fin des contrôles et des sanctions au sujet de l'éducation à la sexualité. Cela signifie que les établissements qui le souhaitent, quand bien même cet enseignement est inscrit dans la loi, pourraient ne plus procéder à une éducation à la sexualité, ou voir la qualité de celle-ci se dégrader fortement. Si le ministère se défend en parlant « d'initiatives isolées visant à ne plus inculquer de schéma hétéronormé », le nombre de consignes similaires exclut de fait l'absence de décision à l'échelle nationale. Cela s'inscrit donc parfaitement dans la logique de natalité : tandis que les pays où s'exerce une éducation sexuelle voient celle-ci décroître très fortement, on peut voir ici une planification démographique sordide, négligeant les enjeux sociaux contemporains et héritée d'une idéologie du Moyen Âge.

En outre, cette volonté démographique est une illusion. Aucun État n'est jamais parvenu à faire augmenter le taux de natalité par quelque politique publique que ce soit, même les plus tordues. Roxane Rostand n'innove d'ailleurs en rien par rapport aux pays d'Eurysie touchés par la baisse démographique. Dans le cas de la Poëtoscovie, il faut toutefois concéder que la Poëtoscovie n'est pas touchée par ce phénomène, mais qu'elle possède seulement un territoire très peu habité. Cependant, il faut noter que, si le plan prévoit un maintien au-dessus des 3 % de natalité, cela équivaut à un passage à 19 millions en cinq ans. Pourtant, l'objectif est bien affiché à 20 millions...

Justement, Roxane Rostand ne cache pas souhaiter encourager l'immigration, dans un contexte social déjà tendu. Cela est inscrit noir sur blanc dans le Plan quinquennal : « attraction d'une main-d'œuvre étrangère qualifiée ». Pourtant, comme nous pouvons déjà le constater, la Poëtoscovie attire à bras ouverts des migrants de tous horizons, parfois sans papiers, souvent sans argent, et qui peinent à s'intégrer à la société. Beaucoup d'entre eux ne travaillent pas, quoique le gouvernement s'oppose à cette affirmation, et ne font que creuser la tombe de la Poëtoscovie. Culturellement, cela est également un choc pour nos concitoyennes et concitoyens. Brusquement, les quartiers où s'installent des communautés entières voient la pression immobilière croître et le prix des loyers augmenter. Cela est dramatique et amène d'honnêtes Poëtoscoviens, dans les pires situations, à déménager.

Voilà à peu près à quoi équivalent les politiques publiques sous la gestion du parti Zolien. Sa quête de légitimité, ici et sur la scène internationale, n'est pas près d'être achevée, tant ses projets sont d'une indécente crasse et ses volontés d'un marxisme débridé. Dans le cas plus spécifique du domaine démographique, je crois que nous pouvons affirmer sans trop de gêne à nos téléspectateurs qu'il ne faut pas s'attendre à grand-chose. Du moins en ce qui est positif car, comme nous l'avons longuement démontré, les retombées négatives, elles, n'attendent pas de se faire prier pour se montrer en pleine lumière, sans que nul n'en ait honte parmi leurs instigateurs.

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La répression des catholagnes poëtoscoviens
L'agenda caché pour renforcer le sentiment de « communauté nationale »

Source : P-News.

Note : Le journal P-News possède une ligne éditoriale ancrée à la droite conservatrice. Il est nécessaire de savoir décrypter ce qui s'y trouve écrit en prenant en compte ce facteur majeur.


La puissance publique se déchaîne contre les églises, à commencer par celle catholagne, la plus représentée en Poëtoscovie. Ce matin, le Sénat a ouvert les débats concernant les « restrictions de la manifestation religieuse ». Le Parti zolien, principal architecte du texte en question, a justifié l'ensemble des mesures qui s'y trouvent par une volonté « d'entrer en adéquation avec la Poésie d'État, tandis que jusqu'à présent les cultes sont restés une zone de non-droit ».

La loi dont il est question s'inscrit dans un vaste mouvement liberticide au profit d'une communauté nationale antispirituelle. Elle interdit le don d'argent en ligne à des organisations confessionnelles, elle rend le gouverneur responsable de l'interdiction des manifestations confessionnelles sur l'espace public, elle impose à chaque lieu de culte d'être placé sous vidéosurveillance et astreint ceux-ci à des registres afin de connaître le nombre exact de leurs fidèles. Par ailleurs, la question de la foi en ligne est compromise, par la formule dont songent à user les sénateurs : « prohibition du prosélytisme numérique ». Pour une grande démocratie telle que prétend l'être la Poëtoscovie, cela constitue de toute évidence un net recul vis-à-vis des droits acquis durement par les croyantes et les croyants.

En outre, depuis un mois, ce sont au total six évêques qui ont été arrêtés par les forces de l'ordre, sans que la presse n'ait pu obtenir aucune information à cet égard. Ni le lieu de leur détention ni les raisons de celle-ci ne nous ont été communiqués, ce qui inquiète durement la communauté catholagne de Poëtoscovie. En Poëtoscovie du Sud, des établissements cultuels ont fait l'objet de perquisitions dans les six provinces, et plusieurs biens de haute valeur, tant financière que spirituelle, ont été saisis par la justice. Des associations de citoyens se sont formées pour défendre ce patrimoine, dans son aspect matériel comme immatériel, mais celles-ci ont été aussitôt dissoutes par les autorités.

La communauté catholagne voit désormais des « églises de maison » se créer, au détriment des lieux de culte officiels. Ces églises de maison permettent un culte dans l'intimité familiale et loin des menaces planant désormais sur la population de confession catholagne. Vivant désormais dans la peur, une résidente concernée par cette dynamique témoigne : « Nous craignions vraiment pour notre sécurité. Après que Monseigneur Bienvenu a été arrêté par la police, nous avons décidé que nous resterions prier à la maison dorénavant. Cela est plus sûr pour toutes et tous, et nous n'aurons plus à faire face aux tensions naissantes. »

Depuis que nous avons cherché à obtenir une déclaration officielle quant à cette situation tout à fait inquiétante de la part du ministère de l'Intérieur, afin de recueillir l'avis du gouvernement à cet égard, nos journalistes ont subi une intimidation constante. Plusieurs ont été mis en examen et leurs foyers ont été perquisitionnés pour « intelligence avec l'ennemi ». Certains ordinateurs de notre direction ont été piratés et nos voitures brûlées alors qu'elles étaient garées devant le siège du journal, alors même que nous avions averti les services de police de la situation. Enfin, la direction a reçu un courrier l'informant qu'un contrôle fiscal risquait d'avoir lieu sous peu, « plusieurs faisceaux de renseignement inquiétant le Trésor public quant à la gestion et l'usage de subventions publiques perçues sous condition ». La rédaction de P-News a alors déposé plainte contre l'État hier soir et demeure en attente d'une réponse à ce sujet.

Interrogé par nos soins, Son Éminence le cardinal Hector de Sollenbourg a indiqué ne pas être en mesure de répondre à nos questions. En off, il affirme partager notre inquiétude et a expliqué vouloir en faire état au Saint-Siège, afin qu'il en soit informé. D'autre part, le cardinal Armand Delacroix (progressiste) a expliqué ne pas avoir été intimidé dans le cadre de ses fonctions et n'a pas souhaité faire d'autre commentaire. « Lorsque l'on sait quelles sont ses fréquentations, cela n'est guère étonnant », a commenté à ce sujet son homologue traditionaliste, formant avec lui les seules éminences poëtoscoviennes.

Quoi qu'il en soit, demeurez sans crainte. P-News continuera d'investiguer pour vous. La vérité mérite d'éclater, la liberté d'être protégée et les croyants d'être sauvés. En l'honneur de tous ceux que l'État maltraite en cet instant pour des motifs religieux, la rédaction n'a qu'un mot : « Amen ».

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Un nouveau réseau de chemin de fer en Poëtoscovie
Un investissement attendu pour une reconnexion au monde rural

Source : La Petite Plume

La Poëtoscovie est un territoire essentiellement rural. Nombre de ses provinces sont peu peuplées : la cause de cette situation est avant tout une population relativement basse à l'échelle de l'État dans son ensemble. En effet, si celui-ci connaît une légère augmentation démographique, laquelle est accompagnée depuis peu par de puissantes politiques publiques de natalité comme d'immigration, les quelque 17 millions d'habitants ne suffisent décidément pas à alimenter socialement le tissu géographique du pays, où les inégalités territoriales bondissent, d'après des rapports d'ONG.

Face à ce constat d'échec, après cinq ans où le pouvoir a été détenu par l'extrême droite sous la présidence de Sébastien Tesson (Parti lovecraftien), le Plan quinquennal proposé par la majorité zolienne et approuvé par le peuple fait de la reconnexion entre les territoires une de ses premières priorités.

Alors que différents moyens sont mobilisés afin de créer de nouveaux axes de communication vers l'extérieur dans le cadre du plan Kosa-2025, le réseau ferroviaire interne connaît également une complète restructuration. Nouvelle nomination du ministre des Transports et du Commerce, investissement considérable... Le cap est clair : doter la Nation de chemins de fer qui ne mettent aucune province sur le côté.

L'architecte de cet ambitieux plan, où se dessinent des cercles de plus en plus larges autour de la capitale, coupés en diagonale telle une véritable toile, explique son idée : « Le constat est assez clair : les populations rurales, majoritairement en forêt, se retrouvent dépendantes de la voiture, alors même que le pétrole est particulièrement onéreux dans les endroits reculés, à cause de son difficile acheminement. En dehors du coût exorbitant que peut alors représenter un trajet vers la ville la plus proche, c'est également une question de durée : pour certaines provinces, plus de trois heures sont nécessaires avant de pouvoir accéder à des infrastructures de première nécessité. Plus qu'aux enjeux économiques, ce que propose aujourd'hui le Plan quinquennal, c'est de répondre aux enjeux sociaux, ce qui est une question sur laquelle nous attendent les concitoyennes et concitoyens. »

Les détracteurs du plan, eux, y voient une façon de gaspiller l'argent public et s'offusquent même de « travaux titanesques pour trois [personnes] », façon de critiquer la disproportion entre la demande et la façon d'y répondre par la puissance publique. Celle-ci explique cependant, dans un communiqué, que « à terme, les nouveaux réseaux ferroviaires créés permettront non seulement de répondre aux attentes actuelles, mais également de créer une activité économique hors des grandes villes, augmentant de ce fait l'usage des trains et légitimant l'investissement public fait dans ce domaine ».

Reste toutefois la question des îles, notamment de la Poëtoscovie insulaire. Si sa ville principale, La Révoltée, demeure relativement proche de toutes les provinces qui composent cette région, au même titre que Rome se trouve au cœur de la Poëtoscovie du Sud, l'éloignement avec la métropole se fait ressentir, et l'absence de prise en compte de cela fait grincer des dents les habitants, qui se sentent mis de côté.

Si certains jugent ce choix partial, car les provinces du nord et de la métropole sont davantage acquises au parti zolien tandis que celles du sud lui sont hostiles, le parti écologiste, lui, a adressé son soutien. Comme annoncé, le Parti lovecraftien, lui, a voté contre cette mesure, de même qu'il s'est systématiquement opposé au plan et à son idée même. Plus déconcertant, le parti de Beauvoirien n'a donné aucune indication claire de vote, quoique la majorité se soit exprimée favorablement sur cette question. Les anarchistes, contre toute attente, ont, eux, rejeté en bloc le projet. Cela fait suite à de grandes tensions entre eux et la majorité, laquelle avait fait cavalier seul lors des dernières élections. On peut également y voir la marque d'une territorialisation des formations politiques, les anarchistes possédant leurs bastions en Poëtoscovie insulaire.

Le projet, dont une première partie sera achevée vers 2022 et une seconde vers 2024, ne fait donc pas l'unanimité. Pourtant, dans les territoires ruraux, il recueille près de 95 % d'approbation. Conscientes du coût considérable que cela représente, des sociétés privées, sur appel de l'État, ont accepté de participer à l'effort collectif. Les banques ont, elles, accepté de prêter l'argent nécessaire à l'État à taux zéro. Dans une publication sur ses réseaux sociaux, Roxane Rostand remercie d'ailleurs tous les acteurs prenant part à ce qu'elle juge comme étant « le chantier principal vers la Poëtoscovie de demain ».

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La « conscription d'urgence », une mesure poëtoscovienne fondée sur le consensus
Le Plan quinquennal attaqué : décryptage du vrai et du faux

Source : La Petite Plume

Note : Le présent journal dispose d'un comité de relecture journalistique indépendant. Sa ligne éditoriale est progressiste.

Après de récents événements militaires dramatiques pour la Nation littéraire, de nouvelles mesures ont été proposées dans le cadre du Plan quinquennal poëtoscovien. Parmi celles-ci, on peut notamment retrouver le recrutement de davantage de réservistes, mais également la mobilisation par décrets du contingent. Réforme appelée par l'armée de tous ses vœux, et à laquelle la gauche s'était jusqu'à présent fermement opposée, son application actuelle est le fruit d'une recherche de compromis. Cependant, plusieurs points de cette « conscription d'urgence » cristallisent les tensions sociales, territoriales, économiques et religieuses. Voici le portrait de cette mesure obtenue par consensus.

Il faut tout d'abord comprendre que la doctrine de défense du territoire poëtoscovien se fonde sur une stratégie bien particulière. Chaque province dispose d'un régiment rattaché chargé d'en assurer la protection. La connaissance du terrain ainsi que l'autonomie au sein de laquelle ces régiments agissent garantissent une meilleure efficacité de la protection territoriale de la Poëtoscovie, mais empêchent également les territoires plus ruraux d'être abandonnés par les services de l'État en cas de crise. Toutefois, cette stratégie comporte de nombreuses lacunes. En premier lieu, le nombre de réservistes engagés dans le cadre de cette protection — car les réservistes constituent la grande majorité des forces poëtoscoviennes, en particulier dans le cadre des missions se déroulant sur le territoire national — a toujours semblé insuffisant. Il faut dire que les peu de menaces qui ont pesé jusqu'à présent sur l'intégrité territoriale poëtoscovienne ont toujours été d'un degré bien moindre, si l'on écarte le danger de sécession que constituait la Poëtoscovie Démocrate (ensemble de provinces opposées à l'aile religieuse intégriste du Parti Lovecraftien au pouvoir entre 2015 et 2020).

La « conscription d'urgence » est alors une procédure exceptionnelle par laquelle le chef de l'État a la possibilité d'engager les conscrits, formés préalablement, afin d'assurer la protection du territoire sur lequel ils vivent. Ils viennent renforcer les rangs des soldats présents, et sont placés sous le commandement des forces de la réserve. L'année de leurs 18 ans, ce sont donc l'ensemble des jeunes poëtoscoviennes et poëtoscoviens — le genre n'importe aucunement — qui se rendent au tirage au sort. Le responsable du tirage est lui-même tiré au sort parmi un régiment situé dans un autre régiment afin d'éviter toute forme de corruption, comme cela peut être rencontré dans d'autres États. Si le candidat pioche une carte noire, celui-ci est exempté de service militaire. Si le candidat pioche une carte rouge, celui-ci se trouve dans l'obligation de suivre une formation d'un mois. Cette formation, qui peut être prolongée d'un mois en cas d'échec de l'examen final sanctionnant la présente formation, vise à faire connaître le territoire, le maniement des armes, mais également la protection des populations civiles ou encore à l'introduire au droit. Le ministère de la Défense a indiqué souhaiter ainsi « former une jeunesse capable de protéger son pays, mais en le faisant de manière éclairée ». En vérité, si les jeunes sont ainsi formés et savent devoir se préparer, sans mobilisation de la part du chef de l'État, ce tirage au sort est strictement sans conséquence.

Les jeunes engagés dans des études supérieures au sein desquelles ils exercent dans certains domaines, comme la médecine, l’ingénierie ou l'informatique, ont également la possibilité de s'inscrire au préalable sur un registre « bleu ». S'ils participent bien à la cérémonie, ceux-ci reçoivent automatiquement une carte bleue. Leur engagement sera ainsi certain, mais dans une discipline particulière en fonction de leurs aptitudes. Cela permet à l'armée de former ses médecins, ses mécaniciens et ses hackeurs parmi les meilleurs du pays. C'est un pari « gagnant-gagnant », car les plus doués s'assurent de ne pas être des soldats « classiques », tandis que l'armée poëtoscovie s'assure un personnel très qualifié.

Enfin, comme la Loi le garantit, l'ensemble des jeunes peuvent se déclarer objecteurs de conscience. Ils suivent alors des démarches analogues à celles de leurs camarades, mais ne se retrouvent pas dans l'obligation de porter une arme. Ils bénéficieront cependant du même statut et de la même reconnaissance.

Si un consensus a dû être adopté, c'est qu'en Poëtoscovie la Loi est votée par le peuple lui-même. Sur des questions d'une telle nature, les réticences sont alors grandes, et appellent à des positions mesurées. L'égalité de traitement entre les femmes et les hommes, le respect du statut d'éclaireurs de conscience et le fait d'effectuer sa conscription dans sa propre province ont été autant de points déterminants dans la population du projet, finalement adopté à une courte majorité de la population.

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