14/08/2018
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Encyclopaedia Massaliensis - Page 3

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Le Temps, quotidien italien conservateur.

Il Tempo

Type : Média privé.
Fondation : 1952.
Activités : Journalisme politique, média d’opinion et rubriques d’actualité.
Orientation politique : Conservatrice, Chrétienne-Démocrate (pour l’aile modérée) // Nouvelle Droite et Identitarisme pour l’aile plus radicale.
Gouvernance : Société Acronyme par Action, dirigée actuellement par Louis Alira.

Apercu :

Société privée dominée par un groupe d’industriels plutot conservateurs, le Temps (ou Il Tempo en langue locale) est généralement considérée comme la « Tribune d’Almirante ». Média écrit influent, extrêmement bien vendu dans le dème d’Ayx, il tends à s’implanter dans les régions nouvellement acquises aux Chrétiens-Démocrates. Avec un chiffre d’affaire plutot correcte (environ quelques milliards de talents chaque années) l’entreprise emploie une centaine de personnes, tant dans l’imprimerie que dans la rédaction (plus ou moins une trentaine de journalistes) même si le Conseil d’administration d’Alira promets d’engager une dizaine d’autres d’ici la fin d’année. Par ailleurs, le positionnement politique contradictoire entre les Chrétiens-Démocrates (ouverts dans une certaine mesure au multiculturalisme) et les Identitaires, farouchement opposés à toutes « compromissions civilisationnelles » amenant une certaine schizophrénie dans les propos tenus et des tensions internes entre les journalistes…

Histoire :


Le Temps est fondé par Ernest du Fransi, journaliste conservateur et catholique proche des mouvances idéologiques de Damien de Vaugrenelle, c’est à dire d’une profonde condamnation du régime de Barrigue et de ses politiques eugénistes et génocidaires. Par ailleurs, Ernest aura failli finir fiché par la Sûreté à cause de certaines de ses « indiscrétions » (c’est à dire prise de position) lors de dîners entre amis. La libéralisation du régime et la valse libérale permis au journaliste de jouer un rôle influent en coulisse auprès des députés tout en lancant son média ; le Temps, nom trouvé en raison de la gravité qu’il inspire et des temps troublés par une instabilité gouvernementale certaine engendrée par une valse des gouvernements alternant entre libéraux-progressistes et libéraux-conservateurs. Le ton tranché et modéré du journaliste dans ses rubriques politiques, le sens des affaires de son nouvel associé Louis d’Argon, riche homme d’affaire engagé en politique durant la période, lui permit de devenir un quotidien lu à l’échelle nationale. Par ailleurs, sa mise en page novatrice et son contenu particulièrement varié ainsi que le « sérieux journalistique » salué par la plupart des partis permit assez vite à ce journal de devenir une référence.

De plus, l’engagement de certaines personnalités littéraires conservatrices a joué un rôle certain dans la notoriété du quotidien, généreusement financé par Argon et devenu une référence inattaquable tout au long des années soixante. Ainsi, elle acquit aussi la réputation d’être la tribune privilégiée des politiques d’obédience libérale-conservatrice comme Olsano. De plus plusieurs écrivains reconnus, notamment italophones, utilisèrent ce média comme tremplin à leurs publications contribuant encore plus à son érection comme Référence en matière de critiques littéraires et de sérieux. C’est aussi ici où plusieurs figures de la droite antérinienne publièrent certains de prologues de leurs essais les plus connus, comme l’Opium des intellectuels, ou des analyses sur les défauts sstructurant les pensées électoralistes des partis conservateurs en comparant les échecs de la droite antérinienne à celle de la droite messaliotte, leurs travaux auront par ailleurs un grand impact sur la vie politique antérinienne vu qu’ils auront en partie permis à la droite de se reprendre et de battre les socialistes pour les cinquante prochaines années et qui servent encore de référence dans les milieux politiques antériniens. Ce succès aura d’ailleurs permis au Temps de s’exporter en Antérinie devenant ainsi le groupe Temps-Valeurs dirigé par un Argon vieillissant et une rédaction menée par un du Fransi en fin de course.

Avec la prise de retraite d’Ernest et le décès d’Argon vers les années soixante-dix, une période troublée débute pour le groupe journalistique ; le successeur d’Argon, se désengageant laissa les magnats antériniens racheter les actions de sa famille chez Valeurs (qui devinrent par la suite Valeurs Antériniennes, un média de droite radicale). La nomination d’un proche ami des Argon à la tête de la Rédaction marque aussi un tournant dans la ligne éditoriale ; la droite conservatrice est éjectée au profit des libéraux voire des libéraux-progressistes qui mèneront la barque tout au long des années soixante-dix et quatre-vingt. Suite à cela, le lectorat, initialement bourgeois voire aristocratique modéré par un ouvrianat ayant adhéré aux syndicats catholiques devint plus proches des milieux « bobos » et perdit en attractivité auprès des groupes aristocratiques et ouvriers. De plus plusieurs scandales financiers entachèrent durablement la réputation et la fiabilité du Temps jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix.

Néanmoins, suite à des restructurations internes et le rachat du Temps par des sociétés messaliottes spécialisées dans les industries textiles une rédaction plus conservatrice et proche du P.C.D s’imposa, amenant un regain d’intérêt auprès du lectorat catholique et conservateur. Le nouveau directeur du début des années deux-mille ; Armàn Azul dira : « le Temps s’est perdu en divagation progressistes, et sa chute a été lente, son piédestal a été brisé et sa réputation fracassée, mais c’était nécessaire pour rappeler que la tentation s’est soldée par un échec et que le Temps y a perdu non seulement des lecteurs, mais aussi sa vocation. » Ainsi, tout au long de la décennie le Temps s’attela à restaurer sa réputation, redevenir un organe sérieux auprès des politiques de droite et ressusciter sa fiabilité et son intégrité, largement entamée par des scandales financiers. Le Temps s’est ainsi reconstitué un lectorat fidèle grâce à ses virulentes critiques de la Troïka et du « gouvernement de juges » qu’elle impose.

Aujourd’hui encore les politiques d’austérité sont assez mal vues par la rédaction du Temps, qui s’est encore plus droitisé avec l’arrivée d’Alira à la tete du journal qui nomma Pierre Légro, grand admirateur d’Almirante et quelques uns de ses amis, plus proches de Pissedieu qui devinrent extrêmement influents au sein de la Rédaction. Malgré tout, une dualité oppose les Chrétiens-Démocrates et conservateurs modérés et les Identitaires dans les conseils d’administration et les divers rubriques. L’intégration de la nouvelle équipe de journaliste promise jouera par ailleurs un rôle essentiel pour l’orientation de la revue
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Forteresse d'Aiglefer


Type : Ancien fort militaire, aujourd'hui désaffecté
Lieu : Dème n°41 - Haut-Teyras
Date de construction : 1778
Fonction : Défense de la vallée d'Ylmes
Description :
Le fort a la forme d'un trapèze équilatéral : le front de gorge (nord) est parallèle au front de tête (sud), doté d'une enceinte tourelée, qui fait face aux assaillants. Un fossé entoure le fort sur trois côtés ; pour sa défense il dispose, à deux angles, d'ouvrages de flanquement saillants de type caponnière. La porte d'entrée, précédée d'un pont à arche unique donne sur une caserne du temps de guerre. Les embrasures des canonnières s'ouvrent sur le flanc sud et les flancs latéraux ; au-dessus, s'alignent des meurtrières groupées par trois. Au centre du fort se trouve un corps de garde, au-dessus d'un réseau de galeries permettant de desservir des batteries cachées dans la montagne.

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Histoire : Le col d'Aiglefer était un passage stratégique pour contrôler le passage entre la vallée d'Ylmes à l'ouest (vers la province messaliote de Maurac, et les villes de l'Aurez) et les vallées baskoniennes à l'est (Baskonie). Une abbaye s'y était installée au XIIIème siècle, abritant quelques moines qui vivaient de l'élevage, de la laine, et de l'hôtellerie. L'abbaye se trouvait à deux cent mètres au-dessus du passage de la route reliant les deux vallées, juste en-dessous du glacier de la Solitude, qui arrivait à l'époque très près du corps de logis. Elle n'était accessible qu'à pied ou à mulet, confortant sa position imprenable.

Tombée en désuétude après des guerres à la Renaissance, notamment dans le cadre des conflits entre les maisons nobles catholiques et la Ligue protestante, l'abbaye a été abandonnée à partir du XVIème siècle, de même qu'ont été fortement dépeuplées les régions orientales de Messalie et des pays voisins en général, à cause des tactiques de la terre brûlée. La Guerre de Neuf Ans impacte durement et durablement toute la région, et le passage des lansquenets par ce col (et par d'autres) laisse sans défense l'ouest du pays, jusqu'à Bellegarde-sur-Yrels saccagée en 1660. Peu de temps plus tard, le comté d'Aurez tombe dans l'escarcelle de la République de Messalie qui l'annexe avec le col.

En 1771, le Directoire entame la construction d'un bastion militaire pour garder le col à l'emplacement de l'ancienne abbaye. Le site, difficile d'accès, mais permettant un contrôle large de la route et des deux vallées, est investi pour consolider les défenses territoriales de la République contre ses voisins. Il est aménagé pour accueillir de lourdes pièces d'artillerie capables de neutraliser les infrastructures en contrebas, côté ennemi, et pour interdire tout passage. Les travaux sont éreintants pour acheminer le matériel jusqu'au pic où se dresse le fort. L'ouvrage est en fonction en 1778, à l'époque limité à un petit corps de garde et une tour. Il peut accueillir une quarantaine de servants pour les quatre pièces d'artillerie principales, et soixante servants en période de crise pour desservir les sous-batteries éparpillées dans des refuges d'aigles dans la montagne ; ces sous-batteries sont mises en place après l'arrivée du télégraphe, permettant de communiquer plus rapidement entre les différents postes.

La forteresse est placée sous le commandement de l'armée de terre. En 1863, lors d'un conflit qui reste à détailler, le fort est bombardé depuis les cieux par un dirigeable militaire de l'armée adverse, qui lance plusieurs obus et endommage sévèrement le corps de garde. Quatorze soldats périssent. Cependant, malgré les assauts aériens, la forteresse résiste et démontre son imprenabilité, au contraire de beaucoup de places fortes que le contrôle des airs rend caduques pour tenir un front. Faute de succès à réduire le fort, l'invasion n'a pas lieu au niveau terrestre. Le fort est réparé et agrandi, doté d'une tour supplémentaire et d'un corps de garde adapté au déchargement du matériel livré par ballon dirigeable.

L'avancée technologique de l'aérostation donne à Aiglefer une nouvelle vie. L'aménagement d'un hangar à demi souterrain permet d'abriter un ballon dirigeable en permanence. Aiglefer devient ainsi une base d'aérostation pour l'observation militaire - dès le début du vingtième siècle, les longs cigares Zeppelin prennent l'ascendant sur les dirigeables semi-rigides et le fort ne peut accueillir de tels modèles spécialisés dans le bombardement. Les semi-rigides d'observation, de transport ou de communication desservent la forteresse. Avec l'essor du transport de voyageurs et de matériaux sensibles, Aiglefer devient un des points stratégiques en Eurysie pour le secteur de l'aérostation civile. Néanmoins, le remplacement progressif des semi-rigides par des Zeppelin déclasse la forteresse au profit de bases en plaine, larges et bien équipées, dont l'utilisation est facilitée par la disparition des aérostats militaires et de la menace guerrière en général dans la région.

En 1930, le coup d'Etat barriguiste met au pouvoir une dictature conservatrice et nationaliste à Messalie. Aiglefer continue à être une fierté de l'armée, bien que son utilité se réduise avec les années. En 1952, la chute du régime barriguiste entraîne la réouverture à des élections libres, et de profondes restructurations dans l'armée et la police. La forteresse d'Aiglefer est fermée en 1959. Elle demeure un terrain militaire mais les pièces d'artillerie sont retirées et l'accès condamné. Seule une présence permanente réduite au strict minimum y est maintenue. Des ballons-sonde pour les relevés météorologiques y sont lancés.

Le terrain est démilitarisé en 1985. Le corps de garde est transformé en refuge pour les alpinistes, qui s'essayent à la traversée des montagnes et à l'escalade du glacier. L'Etat refuse cependant de céder le terrain à de potentiels repreneurs. En 1999, l'homme d'affaires de l'hôtellerie de luxe, Antonin Flavoni, étudie un projet de réfection complète de la forteresse abandonnée pour y installer un grand hôtel cinq étoiles, desservi par dirigeable ou hélicoptère. Cependant, les contraintes financières, techniques et réglementaires tuent le projet dans l'oeuf.

Le 3 avril 2004, un fait divers sonne le glas du refuge d'alpinisme installé dans l'aile principale du corps de garde. Lors d'une expédition d'alpinisme, le glacier de la Solitude, fragilisé par le réchauffement climatique, s'effondre en partie. Il emporte dix-neuf personnes, dont cinq sportifs et des habitants de la ferme en contrebas du fort, entièrement anéantie par l'éboulement. Un couple de jeunes alpinistes demeure coincé en amont du glacier, et sera porté disparu. Les recherches ne permettront jamais de retrouver leurs corps.

En 2017, le ministre de l'Attractivité et du Rayonnement commercial, Étienne Mitsar, suggère la privatisation du site, devenu encombrant et potentiellement dangereux en raison de sa vétusté, à l'occasion de la Grande Loterie de Messalie qui met en jeu des dizaines de propriétés à travers le pays. En 2018, c'est la Banque Castelage de Carnavale qui remporte la forteresse à la loterie, avec le carton n°29, de série 1234567-1. L'usage du site par les nouveaux propriétaires leur appartient. Ceux-ci sont regardés avec suspicion par les gens de la vallée d'Ylmes, en contrebas, car la forteresse a une mauvaise réputation depuis le drame du 3 avril 2004.
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Cinquante nuances de droites
Histoire de la droite politique messaliote


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L'Appel aux troupes, G. Saùvenard, 1799 (Musée aleucien de Messalie).



Sommaire

1. Une définition de la droite
2. 1868-1903 : Constitutionnalisme et Intégralisme
3. 1903-1929 : Orangistes et Fédéralistes
4. 1930-1952 : Antoine de Barrigue, un dictateur fasciste ?
5. 1952-2012 : Démocratie chrétienne
6. La Nouvelle Droite





Une définition de la droite

« Il faudrait se lever tôt le matin et n'avoir que ça à foutre pour se lancer dans une définition de la droite. » C'est à peu près ce que Marx aurait répondu à Lénine qui l'interrogeait sur la pertinence de distinguer les souverainistes des occidentalistes ou encore les néolibéraux des néoconservateurs. Cependant il faut bien savoir de quoi l'on parle, c'est pourquoi cet article. A Messalie, les choses se présentent d'une façon particulière. Une République thalassocratique depuis le Moyen-Âge, la cité-Etat (qui a, au fil des siècles, acquis un hégémon sur son arrière-pays) n'a jamais ressemblé à l'Athènes de Platon, peuplée de citoyens libres et égaux, réunis sur l'Agora pour délibérer du destin collectif. Le droit de participer à la gestion des affaires a été le privilège d'une oligarchie nobiliaire et marchande pendant au moins toute la durée qui couvre l'an Mil à l'orée du dix-neuvième siècle. Ce système mercantile et pyramidal, où le pouvoir était concentré dans les mains de clans marchands de plus en plus puissants et de moins en moins nombreux, est courant à cette époque dans cette région de l'Eurysie (Fortuna, Carnavale et Velsna en sont d'autres exemples). Ce système est légitimé par la société d'ordres et l'Eglise. Si la stabilité politique est loin d'être toujours acquise, elle n'est cependant, à l'exception de quelques jacqueries, que le fait de conflits entre des personnages ou des alliances de riches aristocrates se disputant influence et marchés à l'intérieur et à l'extérieur du pays.

La phase d'enrichissement continu de l'Eurysie initiée à partir du XVIème siècle, et la découverte puis la colonisation du Nouveau Monde, la transformation d'un continent entier en vaste espace d'appropriation et d'exploitation, la mise en route de réseaux commerciaux considérables en volumes de marchandises transportées et en distance parcourue, la pratique de l'esclavage importée d'Afarée dans les colonies d'Aleucie, et la réplication de ce système par certains pays du Nazum (on pense au Burujoa, qui s'établit sur l'ouest du Paltoterra) entraîne une croissance ininterrompue de la production et de la démographie dans les pays de l'Eurysie occidentale. Messalie y est incluse et au début du dix-neuvième siècle, elle est dans un état de grands changements économiques, sociaux et politiques, à l'instar de bien des pays.

Surnommé « Siècle des Révolutions », le dix-neuvième siècle est surtout une période d'accélération des transformations antérieures, et de radicalisation de ces phénomènes. Ce n'est ainsi pas à moi qu'on fera la leçon sur les « dynamiques historiques » puisque le réseau d'interdépendances crée entre les puissances coloniales eurysiennes et leurs domaines aleuciens et paltoterrans une évolution progressive des rapports politiques. Les îles à sucre, les terroirs de coton, les espaces de défrichage et de peuplement sont de plus en plus stratégiques pour les rois, les ducs ou les doges, et leur contrôle est essentiel au financement des Etats et des armées qui se développent. Comme une loi de la gravitation économique et sociale, les petites puissances, telles que la République de Messalie, tombent dans l'orbite de plus grands ensembles (la Sérénissime Fortuna, en l'occurrence), et perdent leurs comptoirs au Nouveau-Monde, donc leur aura politique.

Le déclin commercial de Messalie au profit de forces voisines telles que Fortuna, Velsna ou la Youslévie explique les changements politiques qui nous amènent à définir aujourd'hui ce qu'on appelle la droite messaliote. Gauche et droite apparaissent en contraste l'une de l'autre lors de grands clivages politiques et historiques et sont encore aujourd'hui utilisées comme dénomination de deux courants politiques antagonistes dans la plupart des pays du monde. A Messalie, on attribue la distinction entre gauche et droite à la Guerre de la Constitution, déclenchée en 1867 par la faction de la Ligue de l'Orchidée, d'inspiration franc-maçonne, contre le comte Jean de Garance (plus puissant personnage de l'Etat) pour obtenir l'adoption d'une Charte constitutionnelle. Le conflit se solde en 1968 par la reddition du Parlement aux termes de la Ligue et la rédaction d'une Constitution, qui entraîne un transfert de pouvoir des anciennes maisons marchandes vers une plus grande partie de la population urbaine de la capitale représentée par des élus.

Il faudra revenir plus en détail sur les origines, les causes et les conséquences de la Guerre de la Constitution, qui n'est qu'une courte guerre civile entrecoupée d'escarmouches mineures, mais dont les effets seront essentiellement de trancher de grandes questions de l'époque. La plus alarmante en 1867 est celle d'un déclin des maisons nobles, et en particulier de la maison de Marlys, suite à la perte des propriétés cotonnières au Nouveau-Monde et donc à la filière textile contrôlée par cette grande famille ; perte occasionnée par la rude concurrence de Fortuna et d'autres impérialistes, certes, mais surtout par l'affaiblissement de Messalie au Nouveau-Monde après ses guerres d'abolition contre les esclaves révoltés. Une « contagion » politique des plantations tropicales vers le terroir messaliote : la contestation du système économique qui les oppressait par les esclaves entraîne, du fait de l'affaiblissement de ceux qu'il enrichissait, une ébullition des classes inférieures de la société messaliote contre ses maîtres aristocratiques.

La gauche est alors considérée comme l'héritière de la Ligue de l'Orchidée, qui compte d'éminents personnages (Emile Vaastland, corsaire d'Albigark ; Filopos Phénisc, alchimiste kotioïste ; Erasme de Folcratère, philanthrope shuh ; ou encore Marcolinne Pissenlys, poétesse carnavalaise) promouvant l'abolition de l'esclavage, l'interdiction des monopoles commerciaux détenus par les grandes maisons nobles, mais aussi : les libertés individuelles, le rationalisme scientifique, et l'abolition des privilèges fiscaux et politiques de la noblesse. A contrario, la droite est vue, dès cette époque, comme l'ensemble des forces sociales qui s'opposent à ces mesures et, d'une manière générale, à une remise en question du système économique. La droite est donc, dès le départ, associée au conservatisme social autant que politique, à la défense des intérêts des puissants, et à l'attachement à des valeurs morales telles que la division de la société en ordres et la tutelle de l'Eglise sur la pensée en général. Evidemment, si les options politiques défendues par la gauche et la droite vont ensuite évoluer, un clivage semble déjà se dessiner en 1868 lorsque la Constitution est promulguée ; ceux qui veulent la tirer dans le sens de davantage d'égalité sociale, et d'élargissement des droits individuels, et ceux qui refusent ces changements, en cultivant parfois le projet d'y revenir pour les réduire et retrouver un état préexistant, un passé glorieux, un rêve conceptuel, une référence purement idéelle et, à bien des égards, nostalgique.

Qu'est-ce donc que la droite ? Je la définis comme l'ensemble des partis, des syndicats, des associations, des forces politiques en général qui font de la défense de l'ordre social existant, de la promotion du système économique tel qu'il existe, et de l'invocation d'idées religieuses ou philosophiques comme référence pour l'organisation de la société, les points essentiels de son programme politique, et de sa pratique du pouvoir. C'est une définition qui cantonne la droite au conservatisme, et qui ne peut concerner aussi le fascisme ou toute autre idéologie moderne que dans la mesure où celle-ci, par-delà des intentions « révolutionnaires » de transformer la société dans les discours, se trouve en réalité conforter les structures sociales existantes : en particulier, celles du capitalisme. Toute force qui ne remet pas en cause le capitalisme est pour ainsi dire, une force de droite. Mais nous nous concentrerons essentiellement sur les partis capitalistes, conservateurs et autoritaires de Messalie ; les partis « progressistes », dont les intentions « révolutionnaires » diffèrent radicalement de leurs pratiques effectives bourgeoises et autoritaires, ne valent pas la peine d'être mentionnés.

A venir, restez branchésConstitutionnalisme & Intégralisme (1868-1903)

Orangistes & Fédéralistes (1903-1929)

Antoine de Barrigue & le régime de la Concorde (1930-1952)

La démocratie-chrétienne messaliote (depuis 1952)

La Nouvelle Droite
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Juliano Esperanza // Le papa Dutton dans Yellowstone.

Messaterre.

Type : Entreprise privée de l’industrie civile agricole, notamment dans la production de ressources agraires comme le blé et la viande.
Fondation : 1955, par Fernando Esperanza.
Activités : Agriculture productiviste céréalière et bovine.
Gouvernance : Société par actions ; dirigée à 55 % par Juliano Esperanza.
Siège Social : Sainte-Juliette des Champs, Damargue.

Aperçu
 : Messaterre est le géant agricole messaliotte ; l’un des premiers partenaires des grandes chaînes de distribution qui règne sans partage sur un marché pesant une vingtaine de milliards de drachmes chaque années. Une industrie, qui malgré ses airs rustiques, est une bête impitoyable rachetant sans pitié et sans merci ses adversaires. Après avoir surpassé les Syndicats Agricoles au début des années 2000, le géant messaliotte envisage de s’installer en Youslévie, en Antérinie et à Fortuna. Ses dirigeants, pourtant méconnus, sont souvent de grandes fortunes régionales enracinées depuis plusieurs siècles sur leurs domaines. L’entreprise, connue pour son attachement à la souveraineté alimentaire messaliotte, au respect de la condition paysanne et à un retour à une alimentation plus saine, plus traditionnelle, est généralement considérée comme conservatrice, tandis que bons nombre de ses dirigeants s’affichent publiquement avec des figures des Chrétiens-Démocrates, comme c’est par exemple le cas pour Fernando Esperanza vu avec Elisabeth d’Almirante très régulièrement, notamment sous ses multiples mandats à Ayx. Des controverses sont régulièrement soulevés sur l’utilisation de produits chimiques, notamment les pesticides et les hormones de croissances, sur les champs et les animaux voués à l’abattage ainsi que sur les opinions particulièrement tranchées des différents meneurs de la société ; le droit à la vie, la place de l’Église au sein de la société ainsi que sur la souveraineté messaliotte amenant Esperanza à s’opposer frontalement aux directeurs de la république actionnariale et à considérer la « Grande Loterie Messaliotte comme une trahison vis à vis de Messalie et de ses citoyens ».

Histoire : Messaterre est le fruit d’une longue lignée de propriétaires régionaux ; c’est d’ailleurs pour cela que certains n’hésitent pas à considérer que le fleuron agricole messaliotte est né dès la seconde moitié du XIXe, lorsque les Esperanza profitent de la révolution pour s’approprier quelques lopins de terres appartenant à l’Église. Ainsi, Fernando est l’aboutissement d’une dizaine de générations de paysans ayant réussi à s’enrichir et à s’établir comme piliers économiques ruraux dans leurs régions ; plusieurs membres de sa famille exerceront par ailleurs plusieurs postes publics, notamment dans la magistrature et la politique locale. Et en reprenant les rênes de l’entreprise familiale il mise sur la coopération avec plusieurs autres domaines agricoles de Damargue pour s’imposer progressivement dans le pays. Jouant à la fois sur des stratégies matrimoniales, communes dans le milieu agricole, même à cette époque, ainsi que sur la promesse de juteux bénéfices il réussit à réunir une Ligue informelle et officieuse des grandes exploitations agricoles pour former un cartel qui augmentera de manière locale les prix du marché tandis que des rapprochements sont entamés dans les dèmes voisins pour étendre le cartel.

A partir des années 70’, l’émergence des premiers syndicats agricoles freine temporairement la monté en puissance de la famille Esperanza, qui avait réussi à racheter plus d’une dizaine d’exploitations, de toutes tailles, en seulement vingt ans après de longues négociations et des persuasions particulièrement brutales, que ce soit physiquement ou commercialement parlant. Durant les années 80’ la structure de l’entreprise évolue, elle passe d’une Ligue officieuse (la Ligue de Damargue ironisent les médias en évoquant ce cartel) à une société par actions détenues en proportionellement par les propriétaires terriens membres de la Ligue en fonction de leurs parcelles et de leurs chiffres d’affaires, néanmoins grâce à plusieurs accords plus ou moins secrets, les Esperanza réussirent à obtenir une confortable majorité au Conseil d’Administration ainsi qu’au Conseil des Actionnaires. Ainsi tout au long de la décennie, Fernando tâcha de prendre le contrôle de la nouvelle entreprise aux ambitions nationales nommée Messaterre. Et tandis que l’entreprise s’étendait à l’échelle nationale, ses rivaux, syndicats et agriculteurs indépendants montrent des signes de faiblesses face à une concurrence de plus en plus déloyale, qui use de stratégies prédatrices simples mais efficaces qui lui permettent de régner sans partage sur l’ouest du pays tandis que l’isolement diplomatique messaliotte permet à Messaterre de ne pas avoir à compter sur de potentiels rivaux étrangers.

Néanmoins, en juillet 1990 Fernando décède d’un cancer et lègue à son fils, Juliano alors âgé d’une vingtaine d’années, un empire qu’il va devoir géré d’une main de fer. Pour cela il s’appuie sur trois hommes expérimentés et fidèles à son père ; Luigi d’Esteurson, Antonio Logia et Ferdinand de l’Escalut pour contenter les nouveaux rivaux ayant émergé au sein du Conseil des Actionnaires, notamment Louis d’Esquiers, second propriétaire terrien à Messaterre et actionnaire minoritaire malgré ses 33 %, autrement dit son droit de veto. Néanmoins, les premières grandes décisions du jeune homme se prendront en 2012, avec une crise économique qui affecta durablement le monde agricole, permettant à Messaterre d’effectuer des achats massifs tandis que ses stratégies prédatrices furent d’autant plus brutales qu’elles fonctionnaient encore plus qu’avant ; ainsi face à des prix cassés sur la farine de blé, 15 % moins chers que la plupart de ses concurrents, bons nombre de petites exploitations durent mettre la clé sous la porte, affectant notamment le S.A.I, Syndicat des Agriculteurs Indépendants en pleine perte de vitesse.

Aujourd’hui, malgré sa quasi-hégémonie et un pouvoir décisionnaire fort, l’entreprise reste néanmoins fragile, notamment face à des rivaux internationaux qui purent s’établir grâce à l’ouverture économique de Messalie tandis qu’en interne, une rivalité de plus en plus marquée entre d’Esquiers et Esperanza émerge au grand jour, ce qui pourrait profiter à ses ennemis… Par ailleurs, il doit aussi gérer l'allocation de fonds pour ses différentes exploitations et savoir jouer sur la rivalité qui existe entre ses lieutenants et les administrateurs de ses propriétés.

Représentation du Conseil des Actionnaires de Messaterre :

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Meneurs des principales mouvances syndicales//Un gang de syndiqués du Québec

Le Syndicat des Agriculteurs Indépendants.

Type : Association d’entreprises privées cherchant à défendre les intérêts de ses syndiqués.
Fondation : 1980.
Activité : Agriculture, sans réelle préférence au niveau de la production (fermes écologiques, productivistes, ect…)
Gouvernance : Prise de décision collégiale par un Comité élu par ses adhérents ; à l’heure actuelle la majorité des voix (environ 45%) est attribué à Marco Jogiù.
Siège social : Rue des Orangistes, IIIe arrondissement de Messalie.

Aperçu : Bien plus discret que Messaterre dans les médias, le S.A.I est réputé pour son efficacité silencieuse, sa capacité à fédérer une grande part du monde agricole (généralement chez les Indépendants) pour s’opposer à des prises de décisions allant à l’encontre de ses intérêts et ceux des petites exploitations, en quelques sortes sous la férule du Syndicat des Agriculteurs Indépendants sans pour autant que cela soit reconnu tant dans le monde politique qu’agricole. Par ailleurs, le Syndicat est aussi considéré comme une succursale de l’Union Générale, l’un des syndicats les plus influents de Messalie, ce qui se traduit notamment par des prises de position communes et une opposition marquée vis à vis des stratégies prédatrices des géants nationaux et internationaux (Messaterre notamment) ainsi que des politiques (ultra-)libérales menées depuis l’ouverture messaliotte ; qui « met en péril le fonctionnement traditionnel du modèle économique messaliotte ; à savoir des structures familiales de petits exploitants qui entrent en concurrence avec des géants aux normes et à l’éthique radicalement différente de la notre ». Amenant parfois le S.A.I et Messaterre à oublier leur antagonisme pour lutter toutes les deux contre une ouverture du marché agricole messaliotte. Au niveau politique, on classe souvent le syndicat à gauche ; son hostilité manifeste au libéralisme en est souvent le premier exemple même si une forte attention est portée au maintien des structures traditionnelles de l’économie rurale, familiale et héréditaire. D’autre part, certains experts considèrent le Syndicat des Agriculteurs Indépendants comme une « imitation à la sauce messaliotte » de Terrabilis à cause de certaines ressemblances tout à fait troublantes dans l’organisation et la gouvernance du Syndicat.

Histoire : Si le Syndicat des Agriculteurs Indépendants est officiellement né en juin 1980, il n’est pas pour autant le premier syndicat agricole messaliotte, avant lui plusieurs autres structures syndicales mi-officielles mi-officieuses avaient vu le jour dans les campagnes de la Cité de la Baie. Tantôt réprimés tantôt soutenus par l’État ces formations émergent dès le XIXe siècle, marquées avant tout par le besoin d’unir le monde agricole dans une sorte de corporation agricole qui permettrait aux agriculteurs de pouvoir fixer eux-mêmes les prix du marché messaliotte. Ainsi, plusieurs formations syndicales (à la fois de droite et de gauche) naquirent dans la seconde moitié du XIXe. On pourrait ainsi noter la Confédération Chrétienne des Paysans Messaliottes (très clairement marquée à droite) ou le Syndicat des Cultivateurs (d’obédience socialiste) qui étaient à la fois les portes-paroles des grands propriétaire et des petits exploitants mais aussi un outil pour essayer d’éduquer la jeunesse paysanne pour les orienter vers tel ou tel parti. Si tout au long du siècle, plusieurs changements de noms et d’orientations générales furent à noter, les deux syndicats conservèrent tout de même une même élite dirigeante (les Nobles pour C.C.P.M et la Bourgeoisie rurale pour Le S.C) ainsi qu’un classement similaire sur l’échiquier politique. Néanmoins, avec la dictature de la Concorde, les deux syndicats furent dissout et l’ordre agricole intégré dans le Syndicat National des Agriculteurs (S.N.A) aux ordres d’un régime fortement inspiré par le corporatisme alors en vogue en Eurysie.

A la chute du régime, un nouveau syndicat agricole est né ; rejeton abâtardi entre la Confédération Chrétienne des Paysans Messaliotte et le Syndicat des Cultivateurs, aux tendance productivistes et au bord politique ambigu oscillant entre le centre-droit et le centre-gauche. Pour autant, ce Syndicat n’était pas hégémonique et il voyait son autorité minée à l’échelle régionale par des Ligues informelles comme en Damargue avec l’émergence d’une coalition d’agriculteurs et de propriétaires indépendants qui menaient leurs danses seuls ; notamment les Esperanza. Par ailleurs, plusieurs scandales de corruption ainsi que l’attentisme du pouvoir vis à vis du Syndicat Messaliotte des Agriculteurs firent rapidement chuter son nombre d’adhérents et à réduire son influence aux dèmes à l’est de Messalie ; avant tout dominés par de Grands Propriétaires. Or, les petits exploitants se retrouvaient seuls face à deux ogres ; à l’est le S.M.A et à l’ouest Messaterre ; amenant ces derniers à s’unir dans une alliance syndicales visant à faire plier les grands distributeurs et à influencer le gouvernement pour le forcer à prendre des mesures favorables aux petits agriculteurs.

Ainsi ce sera en 1980 que le Syndicat naquit officiellement sous le nom de Syndicat des Agriculteurs Indépendants qui émerge quelques années seulement après la création de Terrabilis, le géant syndical antérinien, pour de nombreux spécialistes du domaine agricole ce n’est pas un hasard et « à terme l’objectif du syndicat messaliotte serait d’ingérer, ou du moins de fusionner, avec les grandes sociétés agricoles pour unir le monde de l’agriculture sous un même giron et réellement peser face aux grands de la distribution et dans les échanges internationaux. » Seulement, alors qu’à l’origine le syndicat était pensé comme une propriété collective en partie conseillée et dirigée par de grands propriétaires, sur le modèle terrabilissien, le manque d’entrain de ces derniers a très vite bloqué l’expansion de ce dernier et accentuer sa décentralisation, alors qu’au contraire, les Antériniens avaient réussi à former un ensemble homogène malgré sa dualité entre les « hommes d’Affaires » et les « syndicalistes » dans sa gestion interne. Dès lors cela explique partiellement pourquoi le S.A.I a du coopérer et s’aligner à de nombreuses reprises sur la politique de la Confédération Générale ainsi que sur ses liens plus ou moins officiels avec les Réformateurs. Néanmoins, tout au long des années 90’ l’objectif du S.A.I est de pouvoir poser le pied sur des dèmes acquis à Messaterre en unissant les exploitations susscitant l’intérêt du géant et en dénonçant les politiques prédatrices de la société.

Au niveau de son fonctionnement interne, le Syndicat est peu contraignant, une Charte garantie une autonomie minimale à ses adhérents et les exploitations agricoles s’étant joint à ce Syndicat conservent leurs moyens de production et leurs objectifs de production (artisanal, massif…). Une Chambre Syndicale est élue tout les deux ans par les Adhérents, cette dernière se charge de fixer les contributions et de redistribuer ces dernières aux exploitations les plus endettées ou pour soutenir l’expansion de certaines de ses fermes. Évidemment, plusieurs mouvances politiques se dessinnent au sein de la Chambre ; les « localistes » cherchant à décentraliser le syndicat et à permettre l’émergence de syndicats filles autonomes dans les dèmes, les « expansionnistes » qui visent à étendre par tout les moyens le S.A.I et les « Terrabilissiens » qui considèrent qu’une union générale de la paysannerie est nécessaire que cela passera par une unification entre Terrabilis et le S.A.I qui devra se restructurer pour pouvoir attirer les Grands Propriétaires et espérer obtenir une hégémonie nationale dans le monde agricole messaliotte. Aujourd’hui ce sont les « expansionnistes » qui ont une relative majorité au sein de la Chambre syndicale, et leurs politiques connaissent un certain succès, notamment par l’absorption du S.M.A à l’est tandis que des rapprochements sont secrètement initiés entre Terrabilis et le S.A.I.

Chambre du Syndicat des Agriculteurs Indépendants (élue tout les deux ans par les adhérents) :

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Mustafa Tadjar Khan

Joueur : Timour
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Carte d’identité :

Âge : 39 ans en 2018, né le 1er avril 1979.
Genre : masculin.
Lieu de naissance : Bandarhan, République faravanienne.
Nationalité : Messaliote (azuréen non reconnu).
Statut conjugal : Marié.
Fonction : Président de la Fondation Tadjar

Citations :

« On ne négocie pas avec une baleine quand on est un plancton. »
Propos tirés d'une conférence donnée au média aleucien WhiteBoyCast en 2018.

« On n'est jamais meilleur que lorsqu'on se combat soi-même. »
Extrait d'une interview donnée en 2008, à l'occasion des quarante ans du régime califal.

« Les bien-pensant, j'en ai rien à foutre. Le matcha qui leur coule dans les veines, c'est moi qui l'ai pissé dans l'un des restos de ma chaîne. »
Déclaration tapageuse tenue aux journalistes à l'occasion de son procès pour travail dissimulé et exploitation d'êtres humains, en 2012 à Grisolia.

Biographie :

Mustafa Tadjar Khan est né le 1er avril 1979 à Bandarhan, capitale du Faravan, de Selim Tadjar et Güsile Ottanya. Ses parents appartiennent à la famille Tadjar, qui descend des sultans tadjarides ayant régné sur l'Azur entre 1690 et 1876, dans la dernière phase de faste et de déclin du sultanat azuréen en Afarée orientale. Les Tadjarides, qui avaient perdu le pouvoir à la suite de la Révolution de Safran contre leur régime corrompu et sous perfusion de traités inégaux signés avec l'Occident, avaient été banni du pays lors de l'établissement du Califat ; réautorisés à venir s'installer en Azur pendant la période républicaine (1922 à 1978), ils sont à nouveau ostracisés avec la restauration califale, et contraint de s'échapper vers le Faravan voisin où Mustafa naît en exil. La fortune de la famille, durablement affectée par les nationalisations liées au changement de régime, se reconstitue cependant, les Tadjars faisant preuve d'un sens d'initiative remarquable.

Dans leur exil, Mustafa, ses frères et soeurs, et ses parents, découvrent la haute société des pays où ils cherchent l'asile ; Fortuna, Carnavale, Juda, et le Maronhi sont aujourd'hui des lieux où ils sont établis, à travers des entreprises et via des liens amicaux et familiaux tissés de longue date. En 2000, le Khalife Kubilay al-Mârwâni Ibn Sayyid signe une fâtwâ autorisant les descendants des Tadjarides à revenir en Azur, en échange de la promesse solennelle, faite en public et sur le nom de leurs ancêtres, de ne jamais briguer la succession sultanale et revendiquer le pouvoir. Si la plupart de ses cousins et de ses frères se conforment à cette condition simple qui leur permet de retrouver la propriété de leurs biens de l'ère républicaine, ce n'est pas le cas de Mustafa, qui affirme crânement être « le dernier prétendant légitime » au trône d'Azur, bien que ses soutiens soient proches du néant, le mouvement royaliste étant un épiphénomène sans passé ni avenir. Néanmoins, c'est un appui important pour le jeune Mustafa, en particulier dans un monde qui raffole des arguments marketing les plus déjantés qui soient : celui des cryptomonnaies.

En 2008, à 29 ans, Mustafa lance ainsi Esmerald, une cryptomonnaie dotée d'une technologie de blockchain sur laquelle il convient de ne pas s'étendre, et qui lui permet de se faire un nom auprès d'un certain lectorat dans les milieux informés. Il s'installe à Sang Gong, la jolie fleur financière aux abords de l'Océan des Perles, et y réalise des affaires lucratives qui lui permettent de racheter plusieurs entreprises dans divers secteurs - logistique, numérique, luxe - et de s'étendre à l'international. Il est nommé dans le top 10 des entrepreneurs afaréens les plus prometteurs par le journal Valeurs Mensuelles en 2012. La même année, il est condamné à Grisolia pour avoir fait travailler illégalement des enfants : de jeunes informaticiens, à qui il faisait développer des technologies numériques inédites, profitant de leur « créativité » : c'est l'affaire dite des « bébés-ordinateurs. »

Mustafa Tadjar « Khan » (un titre honorifique qu'il porte depuis le décès de son père Selim) habite depuis 2014 à Messalie, un pays dont il loue « le charme et le sens du business » ; comme de nombreux investisseurs ayant afflué dans la petite république méridionale, il a été attiré par les conditions très favorables accordées par le droit local aux propriétaires de fonds et d'entreprises. Il achète une propriété dans les Sorpades, au coeur des calanques, où il fait parfois de la plongée, mais le plus souvent bronze sur le pont de son yacht, le voilier Soleil d'Azur. Il profite de ses rentes et donne parfois de précieux et onéreux services de consulting en finance, en cryptofinance et en développement personnel.

Personnalité :

Mustafa Tadjar Khan est orgueilleux comme tout Azuréen qui se respecte, mais il est également très drôle. D'humeur égale, assez ouvert d'esprit, libéral mais peu porté sur les débats fumeux imprégnés d'idéologie, il est plutôt apprécié de son entourage, qui voient en lui une personne de confiance.

Chronologie
1978 — Expulsion des descendants des Tadjarides hors d'Azur, sa famille déménage et abandonne ses biens.
1979 — Naissance à Bandarhan, Faravan.
2000 — Fâtwâ autorisant le retour des Tadjars en Azur. Il refuse de se conformer aux conditions du retour.
2003 — Il s'installe à Sang Gong, la cité financière miraculeuse du Nazum du Sud.
2009 — Il fonde Esmerald, une crypto-monnaie novatrice.
2012 — Condamné pour exploitation de travail illégal d'enfants dans l'affaire des « bébés-ordinateurs. »
2014 — Il s'installe à Messalie, attiré par un cadre propice aux investissements.


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