Bureau des Affaires Étrangères du Royaume de FinejouriChers homologues,
Cela faisait longtemps que nous n’avions pas échangé. Au nom de Sa Majesté le Roi Louis II, nous souhaitions revenir vers vous par la présente.
Si nous avons décidé de vous adresser cette missive aujourd’hui, c’est à la suite de l’étonnement suscité par certaines de vos déclarations publiques. Dans une récente interview, vous avez affirmé travailler à la construction de relations commerciales et diplomatiques avec plusieurs nations légitimes de la région, notamment l’Althalj, le Royaume de Finejouri, ainsi que les peuples kabaliens de l’Ouest. Or, cette déclaration contraste fortement avec la position adoptée par vos prédécesseurs, qui avaient fait le choix de rompre tout contact avec nous. Cette divergence explique notre surprise.
Nous tenons néanmoins à souligner un point essentiel, et il s’agit sans doute du seul terrain sur lequel un constat commun peut, à ce stade, être établi. Vous n’êtes pas responsable des décisions passées, et il ne serait ni juste ni humain de vous faire porter seul le poids des erreurs antérieures. Sur ce point précis, une base de compréhension mutuelle est donc possible.
Cependant, cette ouverture se heurte aujourd’hui à une contradiction majeure. Vous exprimez la volonté de vous intégrer dans l’espace afaréen, tout en refusant de reconnaître la légitimité du Pacte Afaréen de Sécurité, lequel regroupe pourtant une majorité d’États de la région et vous a proposé des mesures exclusivement pacifiques, notamment à travers l’acceptation des dispositions de court terme du Plan R. À ce jour, aucune de ces propositions n’a été saisie, alors même qu’elles auraient pu constituer une occasion claire de démontrer une réelle bonne volonté. En l’état, aucun geste concret n’a été posé. À titre d’exemple, des pourparlers ont été organisés par l’Althalj, auxquels ont pris part des représentants du Royaume de Finejouri, de l’Azur et de l’Althalj lui-même. Or, malgré l’importance de ces discussions, vous n’y avez pris part ni par la parole ni par l’action, alors même que vous y étiez invité. Cette absence nourrit l’impression d’une continuité avec certaines pratiques de vos prédécesseurs, qui se plaçaient au-dessus de tout cadre collectif, alors même que vous affirmez vouloir rompre avec cet héritage.
Ainsi, les actes observables ne correspondent pas, à ce stade, au portrait que vous dressez de vous-même comme dirigeant désireux de changer le cours des choses. Si une volonté réelle de rupture avec le passé existe, elle ne peut se manifester que par une implication visible, des initiatives diplomatiques concrètes, des rencontres formelles et des garanties claires en matière de sécurité, de stabilité et de non-agression à l’égard des États afaréens. À ce jour, ces garanties font défaut. Certains événements récents nous concernant en sont l’illustration, notamment cet incident impliquant une de vos fusée sortant de nul part et étant maintenant dans les eaux Afaréen. Un tel épisode ne contribue en rien à instaurer la confiance indispensable à toute intégration régionale. Rien, pour l’heure, ne permet d’affirmer que la situation évolue dans le sens que vous annoncez.
Le Royaume de Finejouri prend néanmoins avec sérieux, comme il l’a toujours fait, les intentions affichées par les représentants passés et présents de la Cramoisie quant à leur intégration en Afarée. Toutefois, cette intégration ne saurait être purement déclarative. Elle implique comme dis depuis le début des choix clairs, des concessions réelles et des actes concrets.
Aujourd’hui, la marge de manœuvre de la Cramoisie est étroite. Vous n’êtes plus et ne serez plus en position de refuser indéfiniment les engagements demandés par d’autres nations si vous souhaitez préserver la paix. Le refus de ces exigences ne pourrait qu’engendrer instabilité et chaos. Il convient également de rappeler que, pour l’heure, seule l’empathie et la retenue de certains États afaréens majeurs permettent de maintenir un équilibre de paix fragile. Cet équilibre ne saurait durer si des menaces ou des pressions venaient à être exercées contre des États afaréens. Votre seule véritable opportunité de changer la perception actuelle réside donc dans l’acceptation et la mise en œuvre des demandes formulées par le Pacte Afaréen de Sécurité et par d’autres nations si cela en était le cas. Sans actions concrètes démontrant une volonté de transparence, de coopération et de paix, aucun État ne pourra vous reconnaître comme un dirigeant réellement engagé dans une rupture avec le passé. En l’état, vous n’apparaissez encore que comme un visage à la tête d’un État, sans garanties suffisantes.
C’est pourquoi, aujourd’hui, nous vous demandons des actes. Des actes pour votre État, pour nos relations respectives et pour l’ensemble du continent afaréen. Enfin, nous précisons que le Royaume de Finejouri n’a pas signé la Reconnaissance de la République Unie des Peuples de Kabalie de l’Ouest et de l’Est et de son intégrité territoriale, certains points de cet accord soulevant encore des réserves de fond. Nous restons toutefois convaincus que du chaos peuvent émerger la reconstruction et la paix, à condition que des actions concrètes, responsables et vérifiables soient entreprises.
Pour la stabilité du continent,
cordialement,
Mdm Linehart Conseillère au prêt de Sa Majesté sur les affaires étrangères