23/03/2019
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Feuilles de choux et papier de verre - Page 3

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LE PAPIER DE VERRE


Instrumentalisation des Kabaliens :
Lucifériens, sachons distinguer l'ami du vaurien !


Instrumentalisation des Kabaliens : Sachons reconnaitre l'ami du vaurien !

Après son interview fleuve pour les médias azuréens, Balsilek Ishak a tenu à s'adresse plus directement à certaines des communautés qu'il a mentionné, à commencer par les ex-milices Obéron, élevées en armée nationale cramoisienne. Ces quelques quinze milles hommes, dans leur immense majorité issus de Carnavale, ont en effet exprimé certaines inquiétudes à l'évocation d'éventuelles purges et poursuites liées à la participation (hypothétique) de certains des leurs aux commandos de nettoyage mis en place par Printempérie. Selon nos hypothèses, la majeure partie des militaires impliqués seraient déjà rentrés à la Cité noire, ou sur le départ, étant parmi les plus fanatiques des colons catholans de la première heure. Sans ses forces armées, sans son appareil balistique, sans ses fusées la RAC© aurait depuis longtemps été démembrées par les charognards, pour reprendre l'expression du PDG-Protecteur. Le soutient des militaires est donc chose cruciale pour la stabilité du régime.

Si on comprend que lors de son interview le PDG-Protecteur a souhaité adresser un message rassurant aux peuples afaréens, il faut désormais ménager la chèvre et le choux. D'aucun l'ont en effet jugé trop complaisant avec le Califat islamique d'Azur, cette théologie qui emprisonne ses journalistes et veut porter la guerre partout sur le continent. La dernière manœuvre du Calife est particulièrement odieuse puisqu'elle cherche, insidieusement, à retourner le frère contre le frère, la soeur contre la soeur, le fils contre le père. Qu'en penserait son dieu Allah s'il le voyait faire ? Cette religion de paix, décidément, porte bien mal son nom. Que le Calife ouvre sont Saint Coran, il y lira en lettre d'or : « maintenant ça soufi ! »

Le PDG-Protecteur de la République Actionnariale de CRAMOISIE©, le chef Balsilek Ishak, a donc donné des gages aux milices et a demandé, ce 9 septembre, à ses opposants versés dans « l’extrémisme guerrier » de « rester à Agatharchidès ». Une allusion à peine voilée au nouveau ministre de la diplomatie azuréen, Amstan Ag Amenay, qui sitôt nommé s'est empressé d'apporter son crédit au projet d'invasion du désert rouge par ses voisins. Sans jamais nommer directement monsieur Amenay, le PDG-Protecteur a prononcé ces avertissements lors d’une cérémonie réunissant quelque 2 000 militaires de Salem-Aleykoum, juste en face du chantier de l’Hôtel d’Afarée. Cette construction monumentale, démarrée en 2017, est censée incarner, lorsqu’elle sera terminée, le renouveau architecturale du continent. C’est donc devant les bulldozers et les grues que Blasilek Ishak a pu tenir son discours, adressé directement aux ex-milices Obéron. Les militaires présents lors de l’évènement ont juré loyauté au nouveau PDG-Protecteur.

« Que viennent tous ceux qui aiment véritablement le désert rouge, qu'ils forment avec nous un peuple indivisible, dans la dignité, la prospérité et la justice, mais que ceux qui cherchent à perpétuer les dommages et les menaces contre le peuple du désert restent à Agatharchidès ! », a-t-il lancé, fustigeant l’« extrémisme » des positions de certains membres de la diaspora. « Ils n’entreront pas ici pour nuire à la paix et à la tranquillité de la République : il y aura la loi et il y aura la justice », a-t-il menacé. « Nous sommes disposés à l’entente, nous sommes disposés au dialogue, mais nous ne sommes pas disposés au chantage ni à l’agression », a encore dit le nouveau PDG-Protecteur.

Amstan Ag Amenay, en acceptant de se mettre au service de la théologie islamique d’Azur et en signant la reconnaissance de la République de Kabalie occidentale, a soutenu de facto la voie de la guerre contre son propre peuple. En se positionnant du côté des agresseurs, ce natif du désert de Kabalie (mais qui n’y a jamais réellement vécu) se fait le porte-parole d’une diaspora déconnectée, opportuniste et belliqueuse. « Ceux qui ne subiront pas les conséquences de la guerre mais qui appellent de leurs vœux à la déchaîner sur les autres, ceux-là devraient se taire. Et ceux qui choisissent de parler malgré tout, la bouche pleine de malédictions, que ceux-là se demandent "qu'ai-je fais pour ma terre natale sinon la quitter ?" et qu'ils retournent se terrer dans la honte à jamais. » a déclaré le PDG-Protecteur Balsilek Ishak. La RAC© adopte en effet depuis le début de son existence une position radicalement pacifiste, ouverte au commerce et à la diplomatie bilatérale, qui contraste de plus en plus avec les menaces proférées par le PAS, entité guerrière artificielle et assoiffée de sang.

Amstan Ag Amenay, cyniquement nommé en raison de ses origines, davantage que pour ses compétences, est un opposant notoire à CRAMOISIE© et un chien de guerre qui appelle au massacre de ses frères. Sa seule légitimité au poste de ministre de la diplomatie semble venir du fait qu’il est le dernier pantin en date qu'a trouvé le calife Kubilay ibn Sayyid. Un idiot utile au service de ses ambitions sanguinaires. Celui qui a juré d’embraser l’Afarée semble ne reculer devant aucune ignominie, y compris instrumentaliser la poignée de natifs de Kabalie, bourgeoisie expatriée depuis des années à l'autre bout du monde, et qui ne revenait plus dans le désert qu’à l’occasion de leurs vacances pour s'offrir un souffle d'exotisme. Des pauvres gens que Kubilay ibn Sayyid, qu'on surnomme déjà ici « bloody Sayyid », manipule afin de les jeter dans les flammes de la guerre. « Les racialistes, ceux qui voient dans la généalogie l’axiome de toute légitimité, ceux-là sont des fascistes qui s’ignorent. Bientôt ils vous mesureront le crâne pour savoir si vous êtes Kabalien ou ne l’êtes pas. » Le PDG-Protecteur n’a pas mâché ses mots contre les ennemis de la RAC©, face à des miliciens inquiétés par ses récentes déclarations au sujet de potentielles purges dans leurs rangs. Il s’agit, tout en ne nommant pas explicitement ses adversaires, de faire passer un message bien compris afin d’avoir l’armée dans la poche, condition nécessaire à la stabilité du régime.

L’Azur entretient, depuis la création de la RAC©, une relation ambiguë avec la diaspora kabalienne. Conscient sans doute qu’une poignée d’individus depuis longtemps expatriés ne constituent pas une réelle force politique d’opposition à des milliers de kilomètres de là, le Calife Kubilay ibn Sayyid aura pris presque deux ans à faire monter artificiellement des figures issues de leur rang. Petite bourgeoisie commerçante expatriée pour le business, des gens qui pour la plupart n'ont pas pu supporter le mode de vie nomade et austère du désert et sont allés chercher en Azur des opportunités professionnelles et économiques. L'ironie est que ce sont ces mêmes personnes qui reprochent aujourd'hui aux Kabaliens qu'ils ont laissés derrière eux hier, de réclamer comme eux, les bienfaits de la modernité technologique. Restez de pauvres nomades, supplient-ils, sinon où passerons nous nos prochaines vacances ? La RAC© a cassé le club med de ces gens, voilà la raison de leur fureur. Amstan Ag Amenay est le pur produit de cette tentative de déstabilisation : celui qui n’avait plus mis un pied dans le désert rouge depuis des décennies s’improvise désormais champion des intérêts Kabaliens… au mépris de ceux qui vivent toujours sur place. Les a-t-il contacté ? A-t-il engagé la moindre démarche envers ses frères restés fidèles au pays ? Amstan Ag Amenay est un guérilleros de salon, comme on en fait tant dans les pays pacifiés. Il sait qu'il y aura, en Azur, toujours une place au soleil médiatique et politique pour ceux qui fustigent la RAC© et ses réussites.

Le nommer ministre a été une façon astucieuse pour le califat islamique de donner à sa politique néo-coloniale et impérialiste un verni de légitimité, tout comme il a fabriqué une entité fantoche, le PAS, pour ingérer en Afarée de l’ouest où il ne possède aucun bastion et désespère de recruter le premier venu. Lors de la cérémonie à Salem-Aleykoum, les milices, désignées depuis le coup d’Etat sous le nom d’armée cramoisienne, ont à nouveau juré fidélité au PDG-Protecteur. « Nous jurons loyauté et soumission absolue », a déclaré la cheffe de l’état-major, Martinès Galaxie, qui a remis à Balsilek Ishak le keffieh kabalien symbolisant l’indivisibilité et la résilience des clans du désert, ainsi que le sniper laser, qui identifie le commandement en chef des armées.

Le ministre des minorités légitimes, Mastaw Galla, a également prêté allégeance à Balsilek Ishak, au nom des natifs kabaliens, déclarant : « Notre loyauté envers la Constitution nationale et son PDG-Protecteur est absolue, car nous comprenons que défendre son action, c’est défendre la continuité du gouvernement et l’intégrité du désert rouge et de ses ressortissants. Sous son commandement, nous garantirons avec efficacité l’ordre intérieur et la protection du peuple. » En conformité avec les lois de la République, l’armée et les clans avaient réaffirmé leur soutien à la décision des actionnaires (quelle qu’elle soit) dès le lendemain de l’assassinat de Son Excellence Monseigneur Bartholoméon de Petipont.


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LE PAPIER DE VERRE


Perquisition au sein de plusieurs médias kabaliens et carnavalais suspectés de liens avec l'Azur


Perquisition au sein de plusieurs médias kabaliens et carnavalais

6h du matin, l'heure du crime ? ou plutôt de la justice. Les services de sécurité de la RAD ont rapporté avoir réalisé plusieurs perquisitions simultanées au sein de médias kabaliens et carnavalais. Une preuve de la coordination de l'armée nationale kabalienne, composée majoritairement d'ex-miliciens Obéron, et du SAD BB, leurs ex-collègues de la Cité noire. Les deux équipes qui ont signé des accords de partage de renseignement ont pu préparer ensemble ce coup "contre la sécurité intérieure et la désinformation étrangère".

Quelles sont les rédactions visées ? Il s'agit de la Cloche fêlée à Carnavale et de Cramoisidées en Kabalie rouge. Deux médias discrets et de petit tirage, au cœur d'une enquête pour déstabilisation et ingérence étrangère. Si les milices expliquent avoir dans le viseur ces deux titres de presses depuis plusieurs mois, c'est leur récente association à un conglomérat de médias étrangers, la Plateforme MÂAT, qui a donné un prétexte suffisant aux tribunaux pour valider les perquisitions.

L'erreur de ces médias a été de sortir de l'ombre. Si jusqu'alors ils pouvaient plaider un déni plausible, n'ayant jamais pris publiquement des positions pro-Azuréenne, leur association avec un grand nombre de grands titres de presse azuréens à l'occasion de la "crise de l'AGP" a achevé de lever les doutes des autorités carnavalaises et kabaliennes. "Qu'iraient faire des médias carnavalais avec des afaréens ? Nous ne leur donnons même pas l'heure." a justifié Oscar Naval, juge à Commissariat Central, qui a autorisé les perquisitions.

La Cloche fêlée et Cramoisidées sont en effet fortement suspectées d'être financés par l'Azur, une nation notoirement hostile, afin de déstabiliser la société carnavalaise et kabalienne. Le journal Cramoisidées s'était par exemple illustré par des sorties manipulées et racistes, afin de diviser la société nouvelle de Kabalie rouge. Une tentative d'exacerber les tensions post-coloniales au profit d'un agendas en faveur de la guerre civile dans le désert rouge entre natifs carnavalais et natifs kabaliens. "Une tentative grave d'ingérence et de déstabilisation" a déclaré le Pape noir Alexandrier Armitage.

A Carnavale, les liens entre la Cloche fêlée et une tentative de pression azuréenne sont moins clairs. Pour le moment, la totalité des rédactions de ces deux titres de presse a été placé en garde-à-vue et sont en train d'être interrogés par les enquêteurs des nations respectives. Alexandrier Armitage a expliqué s'être entretenu personnellement avec Albernest Brulot, secrétaire général du SAD BB, afin de faciliter les échanges d'informations dans cette enquête commune.

Pour rappel, les médias azuréens ou affiliés avaient été accusés par plusieurs journalistes de l'AGP de délivrer une information partiale et orientée. Un signe supplémentaire de l'utilisation des médias par l'Azur à des fins de propagande et de désinformation. Le Califat islamique, dont les mensonges sont bien connus ici en Kabalie rouge, se positionne de plus en plus comme un acteur agressif de la scène politique internationale, en lien avec les puissances impérialistes et coloniales de l'OND. Plus que jamais, méfions nous de ceux qui tentent de nous diviser ! Vive la Kabalie, vive l'humanité réconciliée !


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LA FEUILLE DE CHOUX


COUP DE TONNERRE : le gouvernement kabalien dévoile les premiers résultats son projet secret de reforestation


COUP DE TONNERRE : le gouvernement kabalien dévoile les premiers résultats son projet secret de reforestation

En germe (sans mauvais jeu de mot) depuis presque deux ans, les Laboratoires Dalyoha révèlent au grand public l'existence du projet Vallon Rouge, "première étape majeure de la reconstruction écologique du désert rouge". Gardé secret au creux de la vallée Julie Devin, du nom de la célèbre peintresse carnavalaise (qui assassinait chaque année des personnes de plus en plus jeunes), le projet Vallon Rouge est une expérimentation grandeur nature de création d'un écosystème viable ex-nihilo. La vallée Julie Devin a été choisie en raison de son éloignement des grands centres urbains de Salem-Aleykoum et Petipont-ville mais aussi car, enclavée entre deux massifs rocheux, il était plus facile pour les équipes des Laboratoires Dalyoha de contrôler au maximum les différentes variables susceptibles d'interférer dans l'expérience.

Balsilek Ishak et Alexandrier Arimage, les deux chefs de l'Etat, étaient présents pour révéler au monde la première étape de la reconstruction écologique du désert. Le PDG-Protecteur a symboliquement libéré dans la vallée un coyote OGM de création DalyohaTM, représentants de l'un des piliers de l'écosystème sur-mesure inventé par les chercheurs des Laboratoires. "C'est un grand jour pour le désert, a déclaré Balsilek Ishak. Nous faisons la démonstration aujourd'hui de la résilience du peuple Kabalien, peuple martyre mais peuple puissant, qui érige dans les cendres l'arbre de la renaissance." Une symbolique puissante, écho des mythes locaux et de la science carnavalaise.

Le désert, pour sa part, est effectivement méconnaissable. De grands panneaux "avant / après" en témoignent : là où il y a deux ans se trouvaient des dunes pousse et fleurit désormais une végétation dense et épaisse. Un parterre d'herbes grasses et de fleurs rouges, dont l'image évoque de manière saisissante certaines des régions les plus fertiles de la planète, s'étend à perte de vue et remonte même à flancs de falaises. Le professeur Crogère, responsable des Laboratoires en Kabalie rouge, nous explique ses plans : "D'ici quelques années, il y aura des arbres et de l'ombre. Carnavale n'est pas encore en mesure d'accélérer leur croissance, alors il faudra s'armer de patience, mais dans quelques années cette vallée sera un jardin."

Une promesse qui laisse rêveur et permet d'envisager de nombreuses applications dans la région, notoirement hostile, et que le bombardement chimique a rendu durablement inhabitable. Le professeur Crogère s'explique davantage : "Grâce à la perforation de certaines couches de roche afin d'y chercher l'eau, nous avons pu ensemencer la vallée. C'est une opération couteuse, d'où la nécessité, à termes, d'irriguer le désert à l'aide du sec canal et de ses ramifications. Un désert irrigué ouvre la voie à ensemencement complet du désert. Là où il n'y avait que des dunes improductives se dresseront bientôt des vergers et des champs. La Kabalie rouge a le potentiel de devenir le grenier de l'Afarée."

Pour un territoire historiquement pauvre et dont les seules ressources naturelles sont les hydrocarbures et le pétrole (inexploitées jusque là), la perspective d'atteindre l'autonomie alimentaire est un vent d'espoir pour la population. Plusieurs natifs Kabaliens ont été invités à prendre la parole, témoignant avec mélancolie et espérance du temps passé où les nomades allaient d'oasis en oasis, piégés dans un stress hydrique permanent. "La déshydratation était un fléau, le manque de nourriture pour les animaux nous obligeait certaines années à abattre les bêtes. Mes ancêtres seraient heureux de voir ce désert fleuri et accueillant pour leurs enfants."

Tout l'enjeu, pour les Laboratoires Dalyoha, est de parvenir à trouver l'équilibre complexe entre les différentes espèces afin de recréer un écosystème stable. Si pour cela ils disposent de la technologie génique, qui permet de créer des espèces animales sur-mesures pour remplir des objectifs millimétrés, le risque d'un dérèglement amenant à une catastrophe écologique est omniprésent. Le professeur Crogère explique que ses équipes travaillent d'arrache-pied pour comprendre et équilibrer en permanence un écosystème totalement nouveau. L'avantage est que, puisqu'il est façonné par l'homme de bout en bout, il est plus facile de prévoir et comprendre les interactions interespèces que s'il fallait au préalable étudier le comportement d'une faune et d'une flore inconnue.

"Nous avons plusieurs moyens de régulation qui vont de l'abattage des animaux, l'épandage de certains herbicides mais la plupart du temps nous tentons de compenser un déséquilibre en agissant directement sur la structure ADN des espèces qui se développent dans la vallée Julie Devin. Si vous voyez qu'une espèce décline, vous pouvez identifier ce qui la menace et introduire une graine de la même souche mais qui possède davantage de défenses. C'est une forme de sélection naturelle extrêmement accélérée, nous avions déjà dépassé Dieu, nous sommes désormais en mesure de remplacer la nature."

Une perspective vertigineuse qui inquiète autant qu'elle rend enthousiaste. Si les moyens déployés par les Laboratoires Dalyoha sont proprement colossaux et s'appuient sur des décennies de recherches en bio-génétique, le résultat se concrétise sous nos yeux dans la vallée Julie Devin. Signe favorable pour la Kabalie rouge, la croissance économique revient pour la première fois depuis le coup d'Etat luciférien. Le développement économique du pays avait jusque-là toujours été compensé par la désaffection de certaines populations primo-coloniales, les restructurations internes et les engagements matériels et symboliques de réparation pris à l'égard des natifs génocidés. Ces initiatives avaient évité de peu à la Kabalie rouge la décroissance, mais le PIB semble désormais suffisamment stabilisé pour que la croissance reparte. Les Laboratoires Dalyoha, grâce au projet Vallon Rouge, semblent déterminés à prouver que la reconstruction écologique du désert est possible, ce qui rend plus concret les perspectives de retour sur investissement des actionnaires.

Comme à Carnavale, malgré les menaces et les pressions, la Kabalie rouge démontre qu'elle peut trouver son chemin hors des sentiers battus, agissant là où on ne l'attend pas et dans des domaines où elle ne souffre d'aucune concurrence. En prouvant au monde ce dont ils sont capables, les Laboratoires Dalyoha, parfois pointés du doigt pour leur responsabilité dans la création de l'agent CRAMOISI responsable de la vaporisation de la Kabalie, reviennent au centre du jeu, en tant qu'acteur incontournable et irremplaçable.

A la question de savoir si d'autres projets similaires étaient actuellement en cours d'expérimentation ailleurs dans le désert rouge, le professeur Crogère est resté vague, invoquant le secret industriel des Laboratoires Dalyoha.


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Bellicisme, impérialisme, néocolonialisme, l'axe du mal Finejouri-Azur-Churaynn se dévoile


Bellicisme, impérialisme, néocolonialisme, l'axe du mal Finejouri-Azur-Churaynn se dévoile

Le PDG-Protecteur avait alerté la communauté internationale depuis plusieurs mois déjà, mais celle-ci a préféré faire la sourde oreille. Voici désormais la guerre à nos portes, portée par les faucons de l'empire colonial du Churaynn et de ses alliés : le Finejouri et l'Azur. En dehors de tout cadre légal, au mépris de leurs propres engagements à l'intérieur du PAS, le Churaynn, membre fondateur a décidé de déclarer unilatéralement la guerre à la Kabalie rouge en se servant du Royaume du Finejouri comme base de déploiement de ses troupes. Balsilek Ishak et Bartholoméon de Petipont font une nouvelle fois la démonstration de leur instinct politique en dénonçant depuis plus d'un an les mensonges du PAS, cette organisation multi-parjure et qui vient, à nouveau, d'outrepasser ses propres règles en s'engageant dans une opération militaire sans vote de la majorité, et au mépris de ses propres déclarations antérieures.

Finejouri : une fois de plus l'idiot utile du PAS ? Déjà bien identifié comme le pantin de l'Azur en Afarée de l'ouest, le Finejouri vient une fois de plus de se faire avoir par l'un de ses "alliés" en s'improvisant base militaire de l'un des régimes les plus agressifs et belliqueux du continent. Le Churaynn profite en effet de la naïveté de Sa Majesté pour installer ses troupes à quelques centaines de kilomètres de la Kabalie rouge. Un risque évident puisque, si le Churaynn tentait de passer les frontières kabaliennes, le PDG-Protecteur Balsilek Ishak serait en droit de riposter de toute sa puissance... sur le territoire du Finejouri, où les troupes du Churaynn sont stationnées. Autant dire que le plan du Churaynn est clair : embarquer de force dans sa folie guerrière à la fois le Finejouri mais aussi tout le PAS en lui forçant la main.

Dès le premier jour, feu Son Excellence Monseigneur Bartholoméon de Petipont avait pointé l'hypocrisie structurelle du PAS, organisation prétendument décoloniale... qui comptait dans ses rangs le Churaynn, lui-même empire colonial. Cette présence avait été l'un des principaux clous dans le cercueil de l'organisation internationale et avait fortement participé à la décrédibiliser. Les nations sages comme l'Althalj et le Banairah avaient d'ailleurs justifié leur mépris et leur rejet du PAS à ce titre, reléguant cette alliance à un ramassis de fous furieux, poursuivant un projet raciste, néo impérialiste et néo colonial.

Désormais, le Finejouri est à un tournant de son histoire : désavouer ses "alliés" du PAS, qui ne cherchent que l'escalade en Afarée de l'ouest, ou s'embourber une fois de plus dans ses contradictions et ses mensonges, au risque d'amener la guerre sur son propre sol. Il ne faut pas oublier les dynamiques régionales : le Finejouri est le seul Etat adhérant au PAS en Afarée de l'ouest, tous les autres pays de la région méprisent ou ignorent cette organisation et lui préfèrent le Forum de Coopération de l'Afarée du Nord. Si le Finejouri se retire du PAS, ce-dernier sera obligé de reconnaitre qu'il ingère dans des régions avec lesquelles il ne partage aucune unité culturelle ou ethnique. Autrement dit, le Finejouri sert d'excuse et de faire-valoir au PAS pour ingérer en Afarée du nord, il est l'idiot utile de l'Azur et du Churaynn qui se servent de lui comme d'un bouclier pour avancer leur agendas impérialiste. Mais l'Azur et le CHuraynn n'ont rien à craindre : bien cachés à des milliers de kilomètres, ils peuvent mener la guerre via leur proxy du Finejouri.

La question se pose, la population du Finejouri acceptera-t-elle de mourir pour la guerre des autres ? Laissera-t-elle ses dirigeants la guider à la guerre par compromission avec les pires dictatures d'Afarée ? Ou se tiendra-t-elle, digne et crédible, en adéquation avec ses valeurs et ses principes, en faveur de la paix et de la justice ? Dans les prochaines semaines, nous saurons définitivement de quel bois est fait cette nation : parjure et supplétif des ambitions militaires du Churaynn, ou bien un partenaire régional crédible, attaché à la prospérité et la souveraineté des Etats.

La Kabalie rouge doit tendre la main au Finejouri et lui proposer une sortie de crise digne et un retour sur la scène internationale. Comme l'a plusieurs fois rappelé le PDG-Protecteur, il est encore temps pour le Royaume de revenir sur ses mensonges et ses compromissions, couper les liens avec le Churaynn, sortir du PAS, et revenir grandi à la table des négociations. Mais sans ces gestes forts et dignes, les nations d'Afarée ne pourront jamais considérer avec sérieux la parole de cet Etat.


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Panique en Azur : les Laboratoires Dalyoha viennent encore une fois d’accomplir un miracle


Panique en Azur : les Laboratoires Dalyoha viennent encore une fois d’accomplir un miracle

On comprend l’angoisse ressentie par une nation théocratique à voir la science et le progrès aussi régulièrement défier la création de leur Dieu, en démontrant par les faits que le divin ne possède aucun monopole dans la création. Au contraire, façonner le monde est un accomplissement profondément humain. Sur quel opium le sanglant Calife pourra-t-il s’appuyer pour conserver le pouvoir ? Sur quels mensonges son clergé bâtira-t-il désormais son église ? Car alors que les Laboratoires Dalyoha accomplissent des miracles en Afarée, les preuves de l’existence d’Allah, elles, continuent de nous manquer.

Panique irrationnel de croyants arriérés ou interrogations légitimes ? Nous avons interrogée Jacinthe Gerbedorée, directrice du département du clonage et de la manipulation ADN de Grand Hôpital, qui a collaboré de près avec le professeur Crogère à la création de l’écosystème de la vallée Julie Devin.

« Le sentiment de panique et de peur qui se manifeste en Azur est assez compréhensible, il est similaire à l’angoisse ressentie par les premiers hommes face à des phénomènes qu’ils ne pouvaient expliquer. Les travaux en anthropologie montrent que la crainte du tonnerre, par exemple, a joué un rôle important dans le développement des proto croyances religieuses de nos ancêtres. Nous avons peur de ce que nous ne maîtrisons et ne comprenons pas et nous développons, afin de rationaliser nos peurs, des théories qui nous permettent de vivre dans un monde mythifié et donc de nouveau compréhensible.

Les chercheurs de l’Azur, qui est une théocratie islamique, parce qu’ils n’ont pas encore atteint le stade civilisationnel de la rationalité scientifique, s’en remettent à Dieu pour expliquer le monde. Ainsi, il est normal qu’ils condamnent les avancées scientifiques qui les dépassent car elles sont un affront à leur système de croyance où seul Allah peut accomplir des miracles. Nous faisons la démonstration que ce n’est pas le cas, aussi au lieu d’accepter la réalité, ils nous vouent aux gémonies. Je pense toutefois que c'est une tendance qui se cantonne à leur clergé et à leurs élites. Le peuple, lui, a l'instinct que le progrès scientifique améliorera toujours son sort en l'émancipant de la contrainte. Il faut demander aux femmes azuréennes si elles seraient prêtes à renoncer à leurs machines à laver. La science n'est pas ennemie des hommes, elle les sauve au contraire. La médecine en est l'exemple le plus évident, mais ce n'est pas le seul, il y a un réflexe luddite chez les Azuréens qui voient dans la machine un danger. Dans un écosystème OGM une menace. En effet, le progrès repousse l'obscurantisme en démontrant ses contradictions et ses limites. C'est cela que craint le clergé azuréen : l'émancipation du peuple.

Par ailleurs, il y a un réflexe de protection psychologique assez courant chez de nombreux peuples non-carnavalais, qui consiste à décrier tout progrès, toute avancée, au motif qu’on ne la comprendrait pas bien. Cette une mentalité casanière, de gens qui n’ont pas le goût du risque et de la recherche, ce qui explique d’ailleurs leur retard en la matière. Les scientifiques étrangers ne jurent que par les protocoles, ils érigent des règles épistémologiques et éthiques pour se protéger de leur propre potentiel. Ils craignent de découvrir quelque chose qui remettrait en cause leur vision du monde et entraînerait toute la société dans une escalade qu’ils ne maîtrisent pas. Il y a cette peur l’IA ou la recherche génétique, mais c’est la même criante qui faisait autrefois que les autorités religieuses condamnaient la dissection des cadavres : un archaïsme fondé sur la volonté de préservation fébrile du statut quo.

Les Carnavalais n’ont pas de telles limitations, c’est heureux, quand nous découvrons quelque chose, nous nous employons à en mesurer tout le potentiel. Dès lors que nous avons fait des progrès dans la recherche génique, nous avons commencé à rêver de reconstruction écologique d’écosystèmes entiers. Les hommes forts rêvent et leurs rêves deviennent réalité, nous venons d’en faire la démonstration en Kabalie rouge.

Quant à savoir si notre création nous échappera, nous nous employons à la maîtriser. Cependant je veux poser cette question : est-ce si grave ? Si par la sélection naturelle une espèce prend le pas sur d’autres, c’est ce qui arrive tous les jours, en quoi une espèce OGM poserait davantage de problème ? Il n’y a pas de différence intrinsèque entre une plante OGM et une plante naturelle, ce qui tracent une ligne entre les deux sont des naïfs qui attribuent une valeur supérieure à la nature. Mais c’est un comportement profondément antiscientifique et antihumaniste de faire cela, dois-je me laisser mourir d’un bronchite car la bronchite est naturelle ? Ou ne pas porter de lunette au prétexte que la myopie est un effet naturel du vieillissement ? C’est absurde, l’être humain combat la nature pour s’en émanciper, tous nos accomplissements viennent de là. Si nous sommes en mesure de créer des espèces plus utiles pour l’humanité, il n’y a aucune raison philosophique ou éthique de ne pas les laisser prospérer. Nous l’avons fait avec les vaches, les chiens, les légumes, par des procédés de sélection minutieux. Nous pouvons le faire avec les insectes et les fleurs.

Il y a ce que dans notre milieu une forme d’amnésie écologique chez les chercheurs azuréens. Ils grandissent dans un monde qu’ils pensent naturel car c’est celui qu’ils ont toujours connu. Mais le monde d’aujourd’hui est tout entier modelé directement ou indirectement par l’homme et ses activités, jusqu’à la composition du gaz qui nous entoure, la pollution, l’architecture. Notre présence a complètement transformé notre planète, par un mécanisme lent, semblable à celui de l’érosion. Ce que nous appelons « nature » n’a rien de naturel, au contraire, c’est une pure illusion. Les gens qui s’opposent à la technologie OGM sont des gens qui nourrissent cette illusion en opposant des mécanismes qu’ils croient « naturels » à la main de l’homme. Tout cela est une aberration scientifique. Si nous faisons en une génération de plante, par la manipulation génétique, ce que nos ancêtres ont réalisé en dix, par la sélection, quelle différence sinon un gain d’efficacité ?

Bien sûr je n’exclue pas que les critiques de l’Azur soient de simples manœuvres de déstabilisation à notre égard. Nous sommes après tout leurs concurrents directs et nos exploits en Kabalie rouge légitime non seulement notre présence en Afarée, mais démontre la viabilité de notre projet là-bas. Pour les détracteurs du projet CRAMOISIE© c’est un enfer car non seulement ce qu’ils appellent par racisme « le colonisateur » est sur place, mais il fait mieux qu’eux. Plus efficace, plus rapide, plus précis. Nous transformons un territoire en quelques années là où il en a fallu des centaines à l’Azur pour s’approprier ses montagnes et ses déserts. Des siècles de culture que la science surpasse en quelques mois. C’est à s’arracher les cheveux de la tête pour eux car c’est leur modèle civilisationnel, leur vision du monde qui est battue en brèche. Les Laboratoires Dalyoha défient leur dieu et leur idéologie et, c’est terrible à dire, mais nous gagnons. Qu’à donc à nous opposer l’Azur à par la force ? Ne nous y trompons pas, ils t’enteront d’étouffer notre travail et nos avancées par de vains arguments moraux. Mais ce qu’ils cherchent, ce n’est pas à faire justice aux Kabaliens avec qui nous collaborons d’ailleurs, ils veulent empêcher l’avènement d’un modèle civilisationnel plus efficace que le leur. C’est ce qu’ont toujours tenté de faire les clergés dans l’histoire, étouffer le progrès par archaïsme.

Il ne faut pas voir l’Azur comme un ennemi mais comme une bête acculée et malade de ses propres contradictions. Carnavale brille et triomphe tandis que le reste du monde stagne et piétine. L’Afarée n’est pas le terrain de jeu des colonisateurs, c’est l’avènement d’une nouvelle humanité, réconciliée avec elle-même, émancipée de la nature, le tout grâce à la science et la recherche. Je ne reproche pas aux sceptiques et aux craintifs de condamner notre travail, mais qu’ils ne tentent pas de l’entraver. Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue, l’époque au techno futurisme, l’humain doit trouver sa place au centre du monde et se donner les moyens de sa toute-puissance. Aux sceptiques il faut dire : faites-nous confiance et laissez-nous notre chance. Pendant des siècles les théologies ont prospéré, il est désormais temps de laisser de la place à des approches plus novatrices et audacieuses. Quant aux enthousiastes, rejoignez-nous ! Intégrez les Académies de Bourg-Léon, déposez vos CV aux Laboratoires. Ensemble nous transformerons le monde, tous les ambitieux sont les bienvenues. »


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LA FEUILLE DE CHOUX


En ce 29 décembre, la Kabalie rouge célèbre la fête athée des vergers


En ce 29 décembre, la Kabalie rouge célèbre la fête athée des vergersEn ce 29 décembre, la Kabalie rouge célèbre la fête athée des vergers

Pas question pour la république luciférienne de célébrer une fête catholane, bien que rien n'interdisse les croyants de le faire. C'est le 29 décembre, quatre jours après la supposée naissance du Christ, que les Kabaliens célèbreront la fête des vergers, l'une des cinq célébrations républicaines et athées mises en places par la noire Eglise. L'objectif de ces jours fériés : rendre hommage à l'humanité et à ses accomplissements. Si certaines sont consacrées à la paix entre les peuples, à la victoire de l'antifascisme ou à la force de vie, la fête des vergers est un pied de nez à la nature puisqu'elle consiste à se gaver de fruits frais en plein cœur de l'hiver.

"Je n'aurai jamais cru pouvoir cueillir une orange en plein mois de décembre" s'amuse une jeune fille. Vêtue d'une robe légère à fleurs, bras nues, elle évolue dans les des bâtiments les plus emblématique de la Kabalie rouge : une serre DalyohaTM. Construits dès le début de la colonisation, ces grands édifices évoquent un peu des cathédrales modernes. Une demande directe de la part des autorités lucifériennes aux architectes de la Dalyoha Compagnie, afin de remplacer symboliquement les lieux de cultes catholans, associés au génocide, par des constructions dédiées à la prospérité et l’abondance.

Les Kabalies rouge se sont donc réunis en ce jour pour déguster des fruits de toutes les saisons. Alors que dehors le froid est mordant, surtout de nuit dans le désert, les lumières et la chaleur de l'intérieur des serres donnent l'impression d'avoir pénétré dans un autre monde. Mélancolique, un vieux Kabalien observe la nuit à travers le double-vitrage. "Un verger dans le désert... si on me l'avait dit quand j'étais enfant, je ne l'aurai pas cru..." L'époque où les nomades se réfugiaient dans les caravansérails pour échapper au froid semble révolu. Désormais, il existe des lieux chauds et rassurants où faire escale. C'est le cas de cet homme. Arrivé en caravane avec sa famille, il a trouvé refuge dans les serres où il a été accueilli par des rires et des fruits. "Il y a des siècles où rien ne se passe, et il y a des années où des siècles se produisent" dit-il, légèrement circonspect. Le désert rouge aura en effet davantage été transformé en quelques mois que pendant les siècles précédents.

Ses enfants, eux, ne boudent pas leur joie. Un frère et une sœur dansent devant l'orchestre, à moitié dissimulé dans les feuilles abondantes. Des sonorités kabaliennes traditionnelles, modernisées par une nouvelle génération de DJ et d'artistes subventionnés par le ministère des Minorités légitimes. Des sons plus carnavalais, du gros métal qui tache, de l'expérimental et quelques morceaux de musique classique qui évoquent avec mélancolie la Cité noire laissée derrière soi. "Ici, tout le monde est à égalité pour faire la fête !" se réjouit Marc Narratif, chef du département des évènements de la communauté locale où nous nous trouvons pour ce reportage. "Le désert est vaste et sombre, nos serres se transforment, le temps de quelques jours, en points de ralliement pour les voyageurs en quête de fraternité."

Vues du ciel, la fête des vergers offre en effet un spectacle saisissant. Plusieurs images prises par drone montrent la constellation de ces bâtiments, au cœur de la stratégie alimentaire de la Kabalie. "Les serres sont ce qui nous nourrit, dans un pays où la culture est quasi impossible en dehors des côtes. Si les grandes villes bénéficient d'un système d'irrigation, les colonies plus isolées, elles, doivent disposer de leurs propres infrastructures nourricières. L'année dernière le gouvernement de feu Son Excellence Monseigneur Bartholoméon de Petipont nous a demandé de consacrer certaines de ces serres à la culture des fruits. Nous avons reçu la visite de plusieurs experts de la Dalyoha Compagnie qui nous ont accompagné et aujourd'hui le résultat est là : nous mangeons des oranges pour noël ! enfin je veux dire... la fête des vergers."

Une opération communication très politique qui, en plus d'offrir aux Kabaliens des moments de sociabilité nécessaires au vivre ensemble, envoie également un message de plus aux premiers colons arrivés dans le désert rouge : le temps où noël était une fête nationale est révolu. La République Actionnariale se veut profondément révolutionnaire et fait table rase des anciennes mystiques et symboles. Tout comme le désert de Kabalie fut rasé, tout comme les Kabaliens ont courageusement accepté d'aller de l'avant, sans haine ni rancune, les Carnavalais doivent eux aussi abandonner un peu de leurs traditions pour laisser place à un syncrétisme plus ambitieux et humaniste.

La fête des vergers est, enfin, une bonne occasion de rappeler que les serres font presque office de service publique en Kabalie rouge. Si le gouvernement loue les services de la Dalyoha Compagnie pour les installer et les entretenir, la culture et la récolte des produits sont du ressort des citoyens de la localité où elles ont été implantées. Ainsi, lorsque la saison est venue, chacun peut venir cueillir pour son foyer des légumes et des fruits frais. Bien que le gros de l'autonomie alimentaire ne puisse être réalisé grâce à des serres individuelles (dont la production, boostée grâce aux OGM, reste insuffisante), elles constituent un lieu de socialisation et de partage, ainsi qu'un complément nutritionnel pour les habitants d'un pays où la logistique se met doucement en place. Pour les citoyens des communautés les plus avancées dans le désert, dont l'approvisionnement en nourriture se fait nécessairement par convois venus des grandes agglomérations côtières, les serres donnent un avant-goût du projet politique du gouvernement, où grâce à la science, chaque localité pourra être autonome en matières agricoles et où l'esprit civique et l'amour du progrès se cultiveront dans l'entretien du bien commun que sont les vergers du désert.


Oranges
Récoltez littéralement le fruit de votre travail.


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Tribune : Contrairement au Grand Vizir, les carcasses ne mentent pas


Destruction

Scandale en Azur ? Dans son allocution du 4 janver, Afaghani Pasha déclare face au monde que ses avions ont été abattus dans l'espace aérien de la Bharavie. Outre le fait de se demander ce que ses avions foutaient dans l'espace aérien d'un pays souverain, il s'agit purement et simplement un mensonge. La preuve est d'ailleurs facile à trouver car il est encore possible d'observer les carcasses de ses deux avions... dans le désert rouge.

A moins que les avions de l'Azur aient la capacité de se téléporter lorsqu'ils sont abattus, le narratif du Grand Vizir ne tient malheureusement pas la route. Par ailleurs, le PDG-Protecteur Balsilek Ishak a rendu public les données de vol de ses avions de chasse ainsi que les relevés radars de son AWACS, qui confirment tous la présence des avions du Califat dans le ciel kabalien.

Face au mensonge de ses élites pour justifier la guerre : résistance populaire ? Le sort de l'Azur est désormais entre les mains de sa population. Laissera-t-elle les mensonges de son Grand Vizir la mener à l'affrontement avec la Kabalie rouge, alors que plusieurs remontées de terrain indiquent que cette dernière est en passe de trouver des accords diplomatiques avec les différents pays d'Afarée de l'ouest ? Les Azuréens seront-ils sacrifiés à l'autre bout du monde pour une guerre fondée sur des mensonges ? Deux pilotes sont morts déjà, leur sang est sur les mains d'Afaghani Pasha et des colporteurs de guerre azuréen. Il est de la responsabilité du peuple azuréen de leur demander des comptes.

Le PDG-Protecteur, Balsilek Ishak, a eu un mot pour les Azuréens, qu'il assure ne pas confondre avec leur gouvernement. "Nous savons que les Azuréens veulent la paix et la justice, paix, justice que nous sommes en passe d'obtenir par la diplomatie, dans un dialogue ferme mais constructif avec les différents acteurs de l'Afarée de l'ouest. Les ingérences du gouvernement azuréen afin de faire échouer la voie de la paix ne doivent pas être confondues avec les aspirations de son peuple. Nous nous tenons au côté du peuple azuréen et nous pleurons avec lui ses morts, sacrifiés au nom de l'agendas sanguinaire de ses élites."

Le Finejouri, lui, ne s'y trompe pas. Le Royaume a demandé l'immobilisation immédiate des troupes azuréennes et churaynnes sur son sol, et l'arrestation des officiers azuréens ayant commandé l'action illégale. Illégale du point de vue de la Kabalie rouge, dont les avions de l'Azur ont violé la souveraineté, et illégale du point de vue des accords passés avec le Finejouri, puisque les troupes churaynnes et azuréennes n'avaient aucun droit de décider unilatéralement d'une agression contre la Kabalie rouge. Ainsi, l'Azur trahit la confiance de ses alliés, agit en dehors du droit international que le Califat prétend lui même participer à fonder, et s'en sert afin de justifier son bellicisme et son interventionnisme.

Au regard des évènements récents, vers une reconsidération des paroles de Balsilek Ishak ? Les gouvernements successifs de la Kabalie rouge avaient à plusieurs reprises alerté sur l'agendas belliciste et néo-colonial de l'Azur, qui s'allie avec l'empire colonial du Churaynn pour porter la guerre hors de ses frontières. Si les paroles du PDG-Protecteur n'avaient trouvé que peu d'écho au sein de la Théocratie parlementaire, elles pourraient être reconsidérées désormais avec davantage de sérieux. Et si Balsilek Ishak avait eu raison de nous alerter des dérives bellicistes de l'Azur et de ses alliances contre-nature ? Comment peut-on se dire décolonial et annoncer s'allier avec le Churaynn, empire colonial autoritaire et dictatorial, et avec l'OND qui compte également plusieurs puissances coloniales en son sein ?

Et si les mensonges du Grand Vizir servaient à justifier un agendas impérialiste poursuivi depuis longtemps et masquer l'hypocrisie des prétendues valeurs azuréennes ? Le monde a-t-il été trompé tout ce temps par Afaghani Pasha ? Difficile d'en conclure autre chose, au regard des faits à notre disposition. Alors que le jeu d'alliance se recompose à grande vitesse, sur font de dénonciation de l'Azur par ses alliés et les nations d'Afarée de l'ouest, le narratif du Califat semble suffisamment écorné pour le mettre désormais en difficulté. La réponse doit maintenant venir de la rue : les Azuréens attachés à la paix, à la justice et à la vérité doivent peser contre leur gouvernement et leurs élites pour les empêcher de trahir davantage.

Et si, comme elle l'est en Afarée de l'ouest, la trahison de l'Azur était paradoxalement une chance immense pour les valeurs humanistes, anti-impérialiste et décoloniales ? Et si débarrassés des ingérences de l'Azur, les deux Kabalie et leurs alliés avaient enfin le champ libre pour se réunir et se réconcilier ? Les Azuréens sont désormais face à un choix : entrer dans l'histoire du côté des peuples, ou leur porter la guerre et s'y faire engloutir.


Espoir
Les nations d'Afarée de l'ouest se disent prêtes à travailler ensemble pour faire triompher la paix par la diplomatie.


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LE PAPIER DE VERRE


Le Churaynn revendique l'assassinat de Son Excellence Monseigneur Bartholoméon de Petipont.

Où en est l'enquête ?


Le Churaynn est-il responsable de l'assassinat de Bartholoméon de Petipont ?

Le Churaynn est-il responsable de l'assassinat de Bartholoméon de Petipont ? C'est en tout cas se que laisseraient entendre plusieurs déclarations proférées par des soutiens du régime et par le Sadr lui-même sur les réseaux sociaux. Bien connu pour ses déclarations tonitruantes et souvent non suivies d'effets, l'Empire du Churaynn vient-il de crânement lever le mystère sur la mort de Son Excellence Monseigneur ? C'est une rumeur qui enfle et qui interroge, au point que les autorités kabaliennes aient spécifiquement demandé aux responsables de l'enquête sur l'assassinat du Pape noir d'étudier cette hypothèse. Si le Churaynn est bien responsable de l'assassinat de Son Excellence Monseigneur Bartholoméon de Petipont, ce serait un pas de plus franchi vers l'escalade entre le PAS et la Kabalie rouge. Car deux pays au moins de l'organisation se seraient chacun à leur tour rendus coupables d'agression contre la République Actionnariale du Désert.

Avant l'Azur, le Churaynn ? Ces deux-là se sont décidément bien trouvés et auraient pu, selon toute vraisemblance, travailler ensemble à l’exécution du libérateur de la Kabalie. Celui qui dirigea le coup d’État luciférien contre les colonisateurs carnavalais et mit fin au génocide aurait été assassiné par une puissance étrangère ? Il est probable qu'en cherchant à assassiner Son Excellence Monseigneur, l'Azur et le Churaynn aient souhaité empêcher les réformes progressistes engagées par Bartholoméon de Petipont et remettre au pouvoir Camille Printempérie. Un billard à trois bandes qui aurait permis au PAS de se positionner comme seuls protecteurs des Kabaliens face aux génocidaires. De là à conspirer secrètement avec l'ex-PDG Protecteur ? C'est une hypothèse qu'on ne peut désormais plus écarter. Si les autorités de la Kabalie rouge restent prudentes et peu loquaces sur l'avancée des investigations concernant ce drame affreux, des premiers résultats ont malgré tout été communiqués à la presse ces derniers mois. L'utilisation d'un drone tueur de fabrication carnavalaise est désormais attestée, ce qui attesterait de la complicité de certains primo-colons catholans. Les soupçons étaient jusque-là tournés vers la figure de Camille Printempérie, que sa fuite dans le désert rouge semble accuser, mais la police assure ne négliger aucune piste. L'implication d'une puissance étrangère hostile est, à ce stade, toujours considérée comme possible.

Il est important, pour comprendre pourquoi cette possibilité est étudiée avec sérieux, de se remettre dans le contexte de l'assassinat de Bartholoméon de Petipont. Le Pape noir avait alors engagé en série de réformes pro-kabaliennes et travaillait en étroite collaboration avec les chefs de clans survivants du génocide afin de mettre en place des formes de réparations, réconcilier natifs et carnavalais, et consolider la jeune république actionnariale. Un projet clairement perçu comme une menace par la faction la plus belliciste du PAS qui espérait instrumentaliser le martyr des kabaliens pour pousser un agendas néo colonial et impérialiste dans la région. L'herbe coupé sous le pied par les progressistes lucifériens et leur alliance techno-solutioniste avec les chefs de clans, le Churaynn et l'Azur auront probablement cherché à jouer sur les tensions internes dans le désert rouge et se rapprocher des primo-colons dirigés par Printempérie. Grâce à ces traitres, ils ont pu assassiner non seulement Bartholoméon de Petipont, mais également toute l’intelligentsia kabale d'un seul coup ! Une façon également de déstabiliser la jeune république actionnariale, et probablement de provoquer des troubles civils qui auraient servi de prétexte à une intervention militaire. Un casus belli tout trouvé si le conseil actionnarial avait commis l'impaire de rendre son poste à Camille Printempérie, sans lui opposer de contre-pouvoir luciférien.

C'était sans compter que l'un des chefs, plus résistants que les autres, survivrait et reprendrait le flambeau là où l'avait laissé feu Son Excellence Monseigneur. Désormais, le Churaynn menace également d'assassiner Balsilek Ishak afin de finir son oeuvre. Le Sadr le revendique explicitement : "Tu finiras bientôt comme Petitpont." Voilà le projet libérateur du PAS : le massacre des kabaliens et de leurs instances politiques légitimes. Voilà ce que porte le PAS : la guerre, la mort et l'assassinat. Désormais, il nous faut collectivement nous poser la question des représailles. Deux fois la Kabalie rouge a été agressée et ses dirigeants ont été odieusement assassinés par l'Empire du Churaynn. De tels crimes ne sauraient rester impunis et en se montrant solidaire du Sadr et de sa folie, le PAS se rend coupable de complicité. Encore une fois, nos PDG-Protecteurs avaient vu juste en dénonçant cette organisation qui, depuis sa création, n'a cessé de mal tourner.

Interpellé par ces déclarations du Sadr, Balsilek Ishak a annoncé prendre des mesures défensives à effet immédiat. "La Kabalie rouge ne peut plus se permettre de rester désarmée tandis que l'on assassine ses dirigeants et qu'on viole son espace aérien. Face aux États voyous du Churaynn et de l'Azur, nous ne resterons pas les bras ballants." C'est un désaveu complet pour le PAS qui prétendait s'imposer face à la Kabalie rouge. Désormais, cette dernière négocie de façon bilatérale avec ses voisins de l'ouest afarée. Les forces progressistes et décoloniales du Grand Kah, la sagesse diplomatique de l'Althalj et les faiseurs de paix du Finejouri sont autant de remparts face à l'agressivité croissante des afaréens de l'est. Reste à savoir si Balsilek Ishak se contentera, encore une fois, de renforcer ses mesures défensives ? Car beaucoup réclament davantage et notamment la vengeance pour le sang versé de Bartholoméon de Petipont et des chefs kabaliens assassinés par le Churaynn.

Prudence politique et colère populaire

La réponse kabalienne ne se fait pas entendre qu'au sommet de l’État : elle se joue également dans la rue. Plusieurs manifestations ont tenues à rendre hommage à feu Son Excellence Monseigneur. Carnavalais et Kabaliens se sont ainsi réunis pour saluer la mémoire de celui qui a mis fin au génocide dans le désert rouge, et a su imposer des idéaux de paix, d'humanité et de diplomatie avec le monde, en rupture complète avec le précédent régime. Pour les Kabaliens, le choc est encore plus difficile à accepter : outre Bartholoméon de Petipont, ce sont les autorités kabaliennes qui ont été tuées par un pays étranger. "Si Balsilek Ishak n'avait pas survécu, nous serions abandonnés à nous-mêmes et sans force politique" grimace une manifestante. Car la société kabalienne fonctionne encore beaucoup de façon clanique, où les liens familiaux et les alliances inter-communautaires pèsent davantage que la représentativité démocratique. Une façon de gérer les affaires internes qui a été respectée d'abord par Petipont, en laissant le conseil des chefs kabaliens peser dans les décisions politiques de la RAC©, puis par Balsilek Ishak lui-même qui, après la mort de ses homologues, a unifié les clans sous son autorité.

"Les natifs kabaliens parlent désormais d'une seule voix, personne ne nous fera taire, ni les Carnavalais, ni les Azuréens, ni les Churayns !" déclare un délégué syndical au porte-voix, face à une foule en colère. La force du peuple kabalien ne doit pas être sous-estimée, et ceux qui tentent de lui reprendre son destin des mains découvriront bientôt qu'ils ont tout à perdre en s'opposant au peuple du désert. Selon plusieurs experts, les déclarations du Churaynn pourraient être un obstacle supplémentaire au possible démantèlement de l'arsenal balistique bactério-chimique de la République Actionnariale. "Le PAS réclame notre désarmement mais assassine nos chefs d'Etat ??!" s'étrangle un manifestant, rouge de colère. "Qu'ils aillent se faire voir, Petipont nous a offert un avenir hors de Carnavale, on ne va pas laisser des barbares nous l'enlever !" Dans la foule, quelques slogans, appellent à raser Walemir. "Il faut faire un deuxième Estham, ça le calmera, le Sadr..." souffle une jeune femme aux poings serrés. Bien que peu repris, ces appels à anéantir l'Empire du Churaynn ne semblent pas provoquer de malaise parmi la foule. "Chacun vient ici avec son deuil et sa colère. Il y a eu le génocide, l'exode, et maintenant des fous furieux veulent nous faire la guerre ? Si la dissuasion bactériochimique de Carnavale est le seul moyen d'avoir la paix, alors il ne faut pas l’abandonner."

Les partisans d'une désescalade avec le PAS se font quant à eux discrets ces derniers temps. Après l'agression de l'Azur sur le territoire national, les révélations sur une probable implication du Sadr dans la mort de Petipont et des chefs kabaliens met à mal le discours rassembleur. "Le PAS va de provocations en provocations, ils ne respectent pas leurs propres règles, se parjurent... j'ai de plus en plus de mal à convaincre les gens qu'il faut leur faire confiance, il y a une montée de la radicalisation..." se lamente un vieux monsieur, très seul lorsqu'il lève le poing et appelle à la paix entre les peuples. Si le peuple gronde, Balsilek Ishak appelle quant à lui à la sagesse et la patience. "Nous sommes l'eau qui dort, nous sommes les dunes qui se déplacent lentement, invisibles à l’œil nu. Laissons le tonnerre et l'orage et nos ennemis et agissons méthodiquement. La prospérité de la Kabalie rouge, la paix avec nos voisins, seront les meilleurs réponses face aux assassins." Une réponse qui ne satisfait pas tout le monde, mais qui semble avoir le mérite d'apaiser momentanément les ardeurs des kabaliens venus réclamer justice. "Il faut laisser l'enquête faire son travail" explique un manifestant après avoir écouté le discours du PDG-Protecteur "on finira par avoir le fin mot de l'histoire."

Agression azuréenne, assassinat commandité par le Sadr : quelles conséquences sur les équilibres politiques régionaux ?

"Le barycentre diplomatique s'est déplacé", analyse Paul Électrique, doctorant à l'université souterrain de Carnavale en-terre, et analyste en géopolitique internationale. "Hier, on pouvait encore croire que le PAS était une force politique en Afarée mais les récents éléments ont montré d'une part que ses membres n'agissaient pas d'une seule voix, qu'un pays comme le Churaynn pouvait menacer ses propres alliés et agir sans leur consentement, mais aussi que l'Afarée de l'ouest était autonome politiquement. Qu'elle a sa propre logique. Le Grand Kah, l'Althalj, Fortuna, le Bajusid, le Shuharri, la Kabalie de l'ouest, la Bhravie et l'Arkavie... aucun de ces pays n'est dans le PAS, et le Finejouri prend ses distances avec. Le PAS prend de plus en plus la forme d'une alliance de l'Afarée de l'est et du sud, l'Afarée de l'ouest a sa propre autonomie. Elle est historiquement davantage tournée vers la Leucytalée, avec la présence de nombreux comptoirs eurysiens et des échanges commerciaux très forts. En fait, la moitié des pays présents sur la côte ouest sont eurysiens. Il y a de nombreux pays en Afarée de l'ouest qui sont plus proches de l'Eurysie que de l'Afarée orientale. Le Bajusid et l'ONC, l'Althalj est une alliée historique du Kah et du Pharois, la Kabalie rouge avec Carnavale... il y a un schisme entre deux afarée, c'est cela qu'a sous-estimé le PAS."

Reste à savoir si l'Afarée de l'ouest pourrait concrétiser sa cohésion régionale ? "Ce sera complexe, analyse Paul Electrique, car les liens qui unissent l'Afarée de l'ouest avec le reste du monde sont autant un atout qu'une épine dans le pied. Comment réunir autour de la table et de manière cohérente à la fois des nations afaréennes comme la Kabalie, l'Althalj ou le Finejouri, et de l'autre des comptoirs coloniaux, des exclaves révolutionnaires, ou des pays comme le Bajusid et la Kabalie rouge dont l'histoire est marquée par la présence massive d'Eurysiens sur leur sol. De mon point de vue, l’appellation d'Afarée de l'ouest est trompeuse, il faudrait parler de "pourtour leucytaléen étendu" pour y inclure les pays qui n'ont pas de côte sur la Leucytalée mais sont ouverts sur le monde extérieur malgré tout. La Leucyalée, le golfe althaljir et l'océan d'Espérance forment une route depuis l'antiquité, faite d'échanges culturels et commerciaux. La corne de l'Afarée, ou Afarée de l'ouest, est davantage une péninsule entre plusieurs mers qu'un morceau du continent afaréen, d'où la surabondance d'anciennes colonies dans la région. Il sera donc difficile de réunir tout ce petit monde derrière un mot d'ordre décolonial, comme essaye d'ailleurs de le faire l'Azur à travers le PAS. En agissant ainsi, le Califat arrive à rebours de la logique régionale de l'Afarée de l'ouest. Tout le monde semble surpris du rapprochement entre la Kabalie rouge et le Grand Kah, mais c'est une évidence pourtant : en tentant d'imposer une identité afaréenne factice à la région, l'Azur a jeté ses acteurs cosmopolites dans les bras de la Kabalie rouge.

Il faut le dire clairement : nous ne sommes pas afaréens ! Nous sommes kabaliens, et la Kabalie est un pays cosmopolite, historiquement pluriel, ouvert sur le monde, sur l'Eurysie, sur le Paltoterra. Le pan-afaréisme, c'est un projet politique idéaliste et déconnecté des véritables dynamiques régionales. Tous ceux qui s'opposent à cet agendas racialiste se rapprochent assez naturellement de la Kabalie rouge et de son projet universaliste. Balsilek Ishak, comme Bartholoméon de Petipont en son temps, travaillent à la construction d'un front humaniste face à des visions rabougries de l'identité afaréenne. Le programme politique du PAS, à ce titre, souffre de sa propre hypocrisie. En essayant de construire un front décolonial, l'Azur se prend les pieds dans le Churaynn, empire colonial, et dans celui de ses alliances. J'entendais hier encore le grand Vizir déclarer qu'il joindrait ses forces à l'OND, une alliance qui possède plusieurs colonies en Afarée... le message n'est pas cohérent et c'est ce qui explique que les gens s'en détournent. Le PAS est devenu une machine à légitimer des dictatures, l'Althalj s'en rend compte, le Banairah s'en rend compte, le Grand Kah s'en rend compte... voilà pourquoi ils se rapprochent de nous aujourd'hui. Il y a une fenêtre d'opportunité pour Balsilek Ishak de réussir ce que Petipont a échoué : résoudre la crise kabalienne en réunissant autour de la table uniquement les puissances régionales de l'Afarée de l'ouest, et en reléguant dans l'illégitimité les pays de l'Afarée de l'est et du sud. Ce n'est pas certain que cela fonctionne, mais s'il réussit et que la Kabalie s'unit, alors elle sera en excellente position pour devenir un acteur majeur diplomatique majeur de la région.

Il ne faut pas oublier que les Carnavalais n'ont pas détruit la Kabalie pour rien : c'est un emplacement stratégique, entre l'océan d'Espérance, le golfe althaljir et la Leucytalée. Trois espaces maritimes cruciaux. Imaginez maintenant si la Kabalie s'unissait, nous aurions un poids considérable sur le commerce d'Eurysie du sud et de la côte ouest afaréenne. Une Kabalie unie et des institutions politiques régionales avec l'Althalj et le Finejouri, c'est l'assurance d'être un acteur incontournable de demain. C'est aussi cela que veut empêcher le PAS : si nous nous renforçons trop, ils ne pourront plus peser sur nous diplomatiquement, et leurs "alliés" ne trouveront plus d'intérêt à chercher à nous isoler. Au contraire, nous pouvons mettre en place avec le Finejouri des accords commerciaux et militaires extrêmement lucratifs et bénéfiques pour les peuples de la région. Si nous y parvenons, on pourra dire que le Churaynn et l'Azur auront définitivement échoué. Ils sentent actuellement le vent tourner, d'où leur fébrilité et la tentative de provoquer une escalade militaire contre nous, en se servant du Finejouri comme paratonnerre. L'objectif était clairement de nous isoler du Finejouri, mais la manœuvre a échoué. Si l'Althalj, le Finejouri et la Kabalie de l'ouest tiennent bon, si nous maintenons une ligne diplomatique ferme et refusons la guerre, avec la proximité du Grand Kah nous avons une fenêtre d'opportunité pour poser la pierre angulaire d'une future alliance régionale sans précédent."


Le Papier de Verre : gazette officieuse de l'Antagoniste
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LA FEUILLE DE CHOUX


La Régate régale !

Victoire de l'AS Martin Génu. L'AS Kabalie-stérique arrive deuxième !


Destruction

Malgré les bons chiffres économiques et un retour de la croissance tranquille, contrairement à Carnavale, les fonds de la Kabalie rouge ne sont pas infinis et restent en partie dépendants des investissements étrangers. Ainsi, si le Grand Désert Express progresse à pas de géants, on ne peut en dire autant du Sec Canal, ambitieux projet d'irrigation consistant à creuser un canal navigable et désalinisé qui s'étirerait d'un bout à l'autre du désert.

Un prérequis nécessaire à mesure que l'implantation des serres DalyohaTM, gourmandes en eau, se fait de plus en plus rapide et que les Kabaliens progressent dans le désert. Autant de nouvelles communes qu'il faudra tôt ou tard raccorder à l'eau courante. D'ici là, les camions-citernes font des allers-retours dans le désert pour fournir en eau douce les habitants de ces régions reculées dans les dunes.

Relancer le Sec Canal, donc, implique de lever des fonds. Outre les capitaux étrangers jashurien, dont l'expertise en canal ne fait aucun doute, la Kabalie rouge a fait le choix d'aller chercher dans les poches de ses citoyens pour les transformer en investisseurs. Un pari risqué considérant qu'en grande partie, les exilés lucifériens sont de pauvres erres arrivés des bas-quartiers et en quête d'un foyer et que les natifs kabaliens sont également sans le sous.

Alors pour motiver les foules, la noire Église a décidé de parier sur une stratégie vieille comme le monde : jeux, pain et sexe ! Elle a choisi d'organiser une régate sexy sur les premiers tronçons irrigués du canal, afin d'encourager les kabaliens à s'intéresser au projet. L'organisation d'une régate était l'occasion de faire valoir le beau temps de ce printemps kabalien et la plastique avantageuse des sportifs très très mouillés...

Arrivés en tête, l'association sportive Martin Génu (du nom du célèbre tennisman carnavalais) remporte le grand prix et coiffe (de peu) au poteau la Kabalie-stérique, le navire exclusivement composé de kabaliennes, qui n'a pas démérité. Au programme, rire, pique-nique et éclaboussures dans une ambiance conviviale et bonne enfant sur les quais de Salem-Aleykoum. Si le divertissement a attiré du monde, il faudra encore attendre quelques semaines pour mesurer les retombées économiques et une potentielle relance du Sec Canal.

Espérons que ce spectacle charmant aura donné envie aux investisseurs d'acheter des parts dans le projet, et que d'autres régates seront organisées bientôt, inaugurant peut-être le début d'une nouvelle tradition authentiquement kabalienne rouge ?


Fermeture du Canal de Sudéiss, pensez à emprunter l'un des douze autres canaux disponibles.


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Avec le jeté de Sadr, l'aviation luciférienne rend hommage à Petipont

Lors d'une parade aérienne, les pilotes ont jeté des pantins en mousse à l'effigie du Sadr au dessus de la capitale


Avec le jeté de Sadr, l'aviation luciférienne rend hommage à Petipont : Lors d'une parade aérienne, les pilotes ont jeté des pantins en mousse à l'effigie du Sadr au dessus de la capitale

Si la colère populaire ne redescend pas contre l'Empire du Churaynn, les pilotes lucifériens, connus pour avoir été les partisans de la première heure de feu le Pape noir du désert, ont tenu à rendre hommage à Bartholoméon de Petipont à leur façon. Lors de leur traditionnelle patrouille aérienne, un rituel nécessaire pour défendre la Kabalie face aux intrusions des avions azuréens, les pilotes ont profité de survoler Salem-Aleykoum et Petipont-ville pour lâcher au dessus de la ville des pantins en mousse à l'effigie du Sadr, suspecté d'avoir participer à l'assassinat de Petipont et des chefs kabaliens.

Il s'agit d'un clin d’œil assumé au "jeté de Sadr" lorsque ce dernier avait été fait prisonnier en Eurysie en tentant d'y déclarer la guerre, puis catapulté dans le ciel par avion. Un épisode drolatique qui, à défaut de faire oublier la peine et la colère des Kabaliens, contribue à l’apaiser un peu en rappelant le ridicule du personnage. Un officier kabalien, qui tient à rester anonyme, promet ainsi qu'un jour "nous jetterons le Sadr depuis l'un de nos avions" mais cette fois sans parachute ajoute-t-il d'un air entendu.

Les habitants des deux plus grandes villes du pays, Salem-Aleykoum et Petipont-ville, ont donc eu la surprise de voir s'agiter dans le vent des pantins à l'effigie du Sadr, provoquant hilarité et applaudissement des Carnavalais, habitués à ce genre de spectacles folkloriques, communs dans la Cité noire et particulièrement les bas-quartiers, qui ridiculisent les puissants de ce monde. Si certains pantins ont été emporté dans le vent et ont atterri dans la mer tel un parachutiste azuréen, la plupart ont atterris dans les villes où se sont engagé une véritable "chasse au Sadr" improvisée.

Si certains petits malins ont précieusement conservé ces poupées taille humaine, dans l'espoir que celle-ci deviennent un jour des objets de collection et prennent de la valeur, la plupart du temps les pantins ont été joyeusement réduit en morceau par les passants dans les rires et aux cris de "justice pour Petipont" et "justice pour les Kabaliens."

Au-delà de la plaisanterie, la Kabalie rouge suit avec attention les rodomontades de l'Empire du Churaynn dont la dernière trouvaille en date est de menace l'ensemble de la circulation maritime en promettant de tirer à vue sur les navires commerciaux qui tenteraient de passer par les détroits reliant la Leucytalée et la mer Blême. Si pour le moment tout le monde continue à passer tranquillement en empruntant l'un des douze autres canaux disponibles dans la région, la menace que prétend faire peser le Churaynn sur la région est prise au sérieux par les principaux acteurs commerciaux qui empruntent ces routes. Au point de sonner bientôt la fin de la récréation ?

Malgré les crimes du Sadr, le ton reste encore à la plaisanterie parmi les états-majors de la Kabalie rouge. Entre le Sadr dont les menaces ne sont jamais suivies d'effet et l'Azur dont les incursions dans l'espace aérien kabalien se font abattre presque aussitôt, le danger que représente à l'heure actuelle ces deux entités hostiles inquiète moins qu'elle attise la curiosité des états-majors lucifériens. La dernière trouvaille en date du Califat, envoyer sa flotte exercer un blocus intermittent, faute de capacité à se ravitailler en Leucyalée, fait sourire et rappelle le blocus de l'OND, lui aussi percé de partout.

Mais la Kabalie rouge aurait tort de parier sur l'incompétence de ses adversaires et derrière les plaisanteries de son aviation, le gouvernement du désert rouge travaille activement à construire, pas à pas, des alliances régionales solides afin d'inscrire la Kabalie rouge dans l'écosystème de l'Afarée de l'ouest. Car contrairement à ceux qui ne jurent que par la force, la Kabalie rouge a compris que pour prospérer en paix, il fallait s'attirer la sympathie de ses voisins.


Le maire de la commune du Val-perroquet au cœur d'un scandale raciste après la diffusion d'images le montrant surnommer son assistant natif kabalien "grain de sable".


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Forage : Ô désespoir

Avec l'aide des ingénieurs carnavalais, la Kabalie rouge va chercher dans son propre sol les ressources qui lui manquaient


Forage : Ô désespoir Avec l'aide des ingénieurs carnavalais, la Kabalie rouge va chercher dans son propre sol les ressources qui lui manquaient

Construire une industrie fonctionnelle, sans parler d'une industrie de pointe, nécessite une grande quantité de minerais bruts ou raffinés. Si l'import de ces matières premières a été envisagé par le gouvernement kabalien, il demeure trop soumis aux aléas du commerce et à la fermeture potentielle des routes maritimes. Grâce à ses deux grands ports de transbordement au sud et au nord du pays, la Kabalie rouge est relié au commerce mondial par la Leucytalée et l'océan d'Espérance. Toutefois, la tentation de mener une guerre économique au désert rouge reste tentante pour ses ennemis, en témoignent les dernières initiatives du Churaynn. Si la Kabalie rouge n'a, fort heureusement, aucun lien commerciaux avec le Churaynn, et les effets des sanctions sont donc nuls sur elle, Balsilek Ishak a annoncé prendre au sérieux et vouloir anticiper.

En résulte la validation officielle de plusieurs grands chantiers de forage industriel dans les régions du désert sans autre intérêts stratégiques que leurs ressources enfouies. De gigantesques pelleteuses ont été importées depuis Carnavale et les premiers chantiers devraient voir le jour dans les prochaines semaines. Le désert ne manque pas de territoires sauvages, devenus stériles après les ravages de l'agent CRAMOISI, et dont l'exploitation minière pourrait rapporter gros aux Kabaliens une fois rentabilisés. C'est que pour construire durablement, il faut construire bien et beau. Les Carnavalais ont la culture de l'architecture et si la Kabalie ne peut se revendiquer d'un grand patrimoine en la matière, les métropoles de Salem-Aleykoum et Petipont-ville, bien que récentes, se distinguent d'ores et déjà par des choix artistiques originaux et élégants. Une technique qui sacrifie la rentabilité au service de la beauté et de l'audace, car si de nombreuses communautés dans le désert vivent pour le moment encore dans des bâtiments en préfabriqué et souvent de bric et de broc, à la mode des quartiers pauvres de la Cité noire, le PDG-Protecteur a fait de l'accès au logement l'une de ses priorités.

"Un toit, l'eau courante, l'électricité et une corbeille de fruits" pourrait être son slogan. Pour les Carnavalais les plus pauvres, l'accession à la propriété et aux terres est l'une des plus grandes motivations à l'émigration vers l'Afarée. Dans le quartier des oranges, dont sont issus une grande partie des communautés lucifériennes, l'architecture chaotique de la Cité noire contraint de vivre dans des logements souvent insalubres, branlants et qui menacent en permanence de s'effondrer. Le quartier des orange est un symbole de la débrouille carnavalaise et de la capacité de ses ressortissants à bâtir au milieu des ruines et des ordures. Mais si la nécessité impose dans la Cité noire de devoir se serrer la ceinture, la Kabalie rouge fait d'autres promesses. En témoigne le nombre grandissant de ses habitants qui choisissent de s'installer dans le désert, au sein de communautés autonomes, plutôt que de rester agglomérés dans les grandes villes.

En plus d’approvisionner l'industrie kabalienne naissante, mais en grand dynamisme depuis six mois, les matériaux de construction permettront d'habiter le désert de belles et spacieuses demeures à jardins. Le "rêve kabalien" prend doucement forme dans les esprits et la société, il attire les âmes en quête de nouveau départ et motive les travailleurs sur place à endurer les privations et les petits inconforts du quotidien. "Prenez votre mal en patience" déclare le Pape noir qui mise pour beaucoup sur les services publics de l'alimentation et de l'énergie, deux ressources dont le désert rouge ne manque pas grâce aux investissements carnavalais et drovolskien dans l'exploitation du pétrole, l'énergie nucléaire, et l'agriculture OGM. Si le confort n'est pas encore là et que les appartements sont construits au compte-goutte, au moins l'énergie est elle abondante et les fruits et légumes en libre accès dans les serres publiques DalyohaTM.

Comme d'ordinaire, les Carnavalais font contre mauvaise fortune bon cœur et ingéniosité. Malgré les tentatives de perturber leur réseau d’approvisionnement en matières premières, le gouvernement fait le choix de puiser dans les ressources de sa propre population et de son territoire, plutôt que de chercher à les importer. Il y a assez de génie au sein du peuple du désert, et assez de richesses dans ses sous-sols pour ne pas avoir besoin de quémander de l'aide à l'étranger. Et tant pis si les standards de vie montent lentement, cela reste toujours largement mieux qu'à Carnavale. L'espoir, lui, en tout cas, est de retour en même temps que la croissance : la Kabalie rouge a vu son économie progresser de 20% sur les six derniers mois, résultat de la confiance renouvelée des investisseurs dans à un contexte géopolitique régionale qui tend à s’apaiser grâce à la marginalisation de l'Azur et du Churaynn en Afarée.


Remue-méninge, creusage de tête, les Laboratoires Dalyoha annoncent lancer un nouveau programme d'extraction du cerveau par la lobotomie, pour enfin penser "outside the box" !


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Mysticisme kabalien et luciférisme accouchent du courant syncrétique du Diablion


Le syncrétisme entre mysticisme kabalien et luciférisme accouche du courant du Diablion


C’est une conséquence surprenante et en même temps très compréhensible du génocide de la Kabalie. Entre syndrome de Stockholm et résilience morbide, de plus en plus de natifs Kabaliens ont commencé à développer un rapport ambiguë à la figure de Carnavale et de sa science quasi-magique. De plus en plus populaire au sein des survivants du bombardement chimique, le courant des adeptes du Diablion apparait comme une branche minoritaire du luciférisme athée, sorte de syncrétisme entre le mysticisme kabalien pré-génocidaire et le techno-solutionnisme importé d’Eurysie.

Le phénomène n’est en vérité pas nouveau. Au cœur de la Cité noire, déjà, nombreux sont ceux qui vouent aux grandes familles une adoration quasi religieuse. L'influence des sectes sataniques omniprésentes à Carnavale font ainsi écho à la panthéonisation des élites carnavalaises, tout comme on adore le diable, on adore également ses démons. Le bourreau devient une figure divine car il détient le pouvoir de vie et de mort, celui de provoquer ou de faire cesser les souffrances, mais aussi une promesse d'élévation et la chance de devenir bourreau et donc dieu soi-même. C'est un pacte social pervers et dérangeant, mais qui a fait ses preuves car seule Carnavale est à la hauteur de ses ambitions. Il n'existe pas d'autre pays au monde à promettre autant que la Cité noire, fut-ce au prix de l'asservissement de millions d'êtres humains. Tout comme le capitalisme libéral tient les pauvres asservis en leur faisant penser qu'ils deviendront riches un jour, Carnavale tient captives ses victimes par l'idée qu'elles seront un jour elles aussi toutes puissantes.

Les Obéron, aujourd’hui disparus, comptent encore de dizaines de milliers d'adeptes fanatisés, au point que les références à Sainte-Pervenche, matriarche canonisée par la volonté populaire, se font nombreuses. Les Dalyoha bénéficient eux aussi d’une vénération semblable. Leur science médicale fait de Grand Hôpital une institution aussi bien redoutée qu’adorée. C’est la Dalyoha Compagnie qui détient entre ses mains les clefs du paradis, comme celles de l’enfer. C’est au cœur de ses Laboratoires que se trouve le secret des miracles. Cette relation ambivalente, tissée de haine, de détestation et de fascination est au cœur du pacte social carnavalais qui suivront les grandes familles tant que celles-ci leur promettront ce que nul autre ne peut leur offrir : transcendance et magie. La technologie et la religion se confondent depuis longtemps à Carnavale, la Kabalie sous influence n’y échappe pas.

Le désert rouge, même avant de se parer de sa couleur cramoisi, était déjà bigarré de courants religieux divers hérités de l’influence des pays voisins et des expéditions coloniales pré-carnavalaises, dont on retrouve les nombreuses traces sous forme de comptoirs le long de la côté ouest-afaréenne. Catholancisme, islam, athéisme même et plus généralement une forme de mysticisme animiste sont autant d’idéologies au sein des clans kabaliens, selon leurs aires de nomadisme. En Kabalie rouge, une grande partie de cette diversité a disparu, vaporisée lors des bombardements chimiques, mais la culture du syncrétisme, elle, est toujours bien vivante et semble même faire peau neuve en s’adaptant aux importations carnavalaises.

Le Diablion, mot-valise entre diable et lion, référence assumée à l’étendard noir de la Principauté de Carnavale et à l’iconographie luciférienne. Ce mouvement religieux est désormais de plus en plus prégnant au sein des communautés kabaliennes ayant fait le choix de s’intégrer à l’Etat Kabalien rouge. Il vise à réconcilier l’athéisme colonial avec le spiritualisme pré-existant dans le désert, en divinisant la science et la technique. De la même façon que les sectes mécanistes du Tahoku ou les partisans fanatiques de l’intelligence artificielle à Carnavale, les adaptes du Diablion voient dans la machine moderne une œuvre de dieu. Quel plus grand acte de piété, en effet, que de se faire horloger soi-même et ainsi de reproduire le geste divin originel ? Le Diablion, représenté comme une chimère entre l'homme et le lion, mélange de l'Ange Lucifer et d'Hermès le dieu médecin, est rapidement devenu un signe de ralliement au sein de la communauté native kabalienne, et même chez certains Carnavalais.

La théologie du Diablion, qui n’est pas encore totalement stabilisée, consiste à décentrer le regard de son incarnation terrestre pour, à son tour, adopter le point de vue du Dieu créateur. Pour respecter véritablement la nature, l’humain doit la comprendre, mais surtout s’en émanciper. L’idée fondamentale du Diablion est que l’humain est source de corruption pour le monde qui l’entoure car il ne sait pas ce qu’il fait sur terre. Sa maladresse et sa naïveté le poussent à commettre des actes de destruction innommable, parfois même sans s’en rendre compte. Pour éviter de détruire, il doit avoir conscience et maîtrise de lui-même, s’émanciper de la création divine pour la contempler non pas en en faisant parti, mais comme une divinité également créatrice. Seul moyen d'agir moralement sur la création de Dieu : adopter son point de vue et ses méthodes. La technologie, la science, la machine sont des outils pour rationaliser le corps et la vie, ils permettent d’agir dans le monde non plus comme un ignorant mais comme le fit Dieu lui-même, qui créa l’être humain à son image, afin qu’il se rapproche de lui.

Pour les psychiatres du Palais d’Hiver, l’apparition du Diablion est une réponse rationnelle de l’esprit afin de mieux appréhender le deuil et l’horreur du génocide. Lorsque tout est détruit, l’être humain n’a plus que deux choix : aller de l’avant, ou regarder en arrière et se laisser désespérer. Faute d’alternative, le cerveau trouve alors des ressources dans son environnement immédiat et reprend à son compte ce qui l’agresse. La technologie carnavalaise, source de malheur, devient entre les mains de ceux qui s’en emparent une arme pour affronter l’adversité. Il s’agit d’un procédé de subjugation assez documenté où, confronté à un mal existentiel, la victime y voit également une source de puissance. Autrement dit, le sujet Kabalien génocidé voit dans l’horreur qui s’abat sur lui une force dont il peut s’emparer et ainsi ne plus jamais être victime. La chair, faible et violentée, trouve une échappatoire à ses souffrances en fusionnant avec la machine qui, elle, ne ressent rien.

Cette résilience morbide fait actuellement l’objet de travaux de recherche par les psycho-anthropologues du Palais d’Hiver. Elle est également scrutée avec attention par les organismes luciférien de préservation contre les dérives sectaires, jusqu’à présent focalisés sur les cultes catholans millénaristes. Seulement, les craintes que remontent ces institutions se heurtent à la législation de la Kabalie rouge qui prévoit un droit à l’autodétermination et une liberté de conscience totale pour les Kabaliens. Le Pape noir s’est dit « curieux mais attentif » à l’évolution de la spiritualité de ses concitoyens et s’entretiendra avec plaisir avec les représentants du culte, dès lors que le Diablion se sera suffisamment structuré pour cela.



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