Instrumentalisation des Kabaliens :
Lucifériens, sachons distinguer l'ami du vaurien !

Après son interview fleuve pour les médias azuréens, Balsilek Ishak a tenu à s'adresse plus directement à certaines des communautés qu'il a mentionné, à commencer par les ex-milices Obéron, élevées en armée nationale cramoisienne. Ces quelques quinze milles hommes, dans leur immense majorité issus de Carnavale, ont en effet exprimé certaines inquiétudes à l'évocation d'éventuelles purges et poursuites liées à la participation (hypothétique) de certains des leurs aux commandos de nettoyage mis en place par Printempérie. Selon nos hypothèses, la majeure partie des militaires impliqués seraient déjà rentrés à la Cité noire, ou sur le départ, étant parmi les plus fanatiques des colons catholans de la première heure. Sans ses forces armées, sans son appareil balistique, sans ses fusées la RAC© aurait depuis longtemps été démembrées par les charognards, pour reprendre l'expression du PDG-Protecteur. Le soutient des militaires est donc chose cruciale pour la stabilité du régime.
Si on comprend que lors de son interview le PDG-Protecteur a souhaité adresser un message rassurant aux peuples afaréens, il faut désormais ménager la chèvre et le choux. D'aucun l'ont en effet jugé trop complaisant avec le Califat islamique d'Azur, cette théologie qui emprisonne ses journalistes et veut porter la guerre partout sur le continent. La dernière manœuvre du Calife est particulièrement odieuse puisqu'elle cherche, insidieusement, à retourner le frère contre le frère, la soeur contre la soeur, le fils contre le père. Qu'en penserait son dieu Allah s'il le voyait faire ? Cette religion de paix, décidément, porte bien mal son nom. Que le Calife ouvre sont Saint Coran, il y lira en lettre d'or : « maintenant ça soufi ! »
Le PDG-Protecteur de la République Actionnariale de CRAMOISIE©, le chef Balsilek Ishak, a donc donné des gages aux milices et a demandé, ce 9 septembre, à ses opposants versés dans « l’extrémisme guerrier » de « rester à Agatharchidès ». Une allusion à peine voilée au nouveau ministre de la diplomatie azuréen, Amstan Ag Amenay, qui sitôt nommé s'est empressé d'apporter son crédit au projet d'invasion du désert rouge par ses voisins. Sans jamais nommer directement monsieur Amenay, le PDG-Protecteur a prononcé ces avertissements lors d’une cérémonie réunissant quelque 2 000 militaires de Salem-Aleykoum, juste en face du chantier de l’Hôtel d’Afarée. Cette construction monumentale, démarrée en 2017, est censée incarner, lorsqu’elle sera terminée, le renouveau architecturale du continent. C’est donc devant les bulldozers et les grues que Blasilek Ishak a pu tenir son discours, adressé directement aux ex-milices Obéron. Les militaires présents lors de l’évènement ont juré loyauté au nouveau PDG-Protecteur.
« Que viennent tous ceux qui aiment véritablement le désert rouge, qu'ils forment avec nous un peuple indivisible, dans la dignité, la prospérité et la justice, mais que ceux qui cherchent à perpétuer les dommages et les menaces contre le peuple du désert restent à Agatharchidès ! », a-t-il lancé, fustigeant l’« extrémisme » des positions de certains membres de la diaspora. « Ils n’entreront pas ici pour nuire à la paix et à la tranquillité de la République : il y aura la loi et il y aura la justice », a-t-il menacé. « Nous sommes disposés à l’entente, nous sommes disposés au dialogue, mais nous ne sommes pas disposés au chantage ni à l’agression », a encore dit le nouveau PDG-Protecteur.
Amstan Ag Amenay, en acceptant de se mettre au service de la théologie islamique d’Azur et en signant la reconnaissance de la République de Kabalie occidentale, a soutenu de facto la voie de la guerre contre son propre peuple. En se positionnant du côté des agresseurs, ce natif du désert de Kabalie (mais qui n’y a jamais réellement vécu) se fait le porte-parole d’une diaspora déconnectée, opportuniste et belliqueuse. « Ceux qui ne subiront pas les conséquences de la guerre mais qui appellent de leurs vœux à la déchaîner sur les autres, ceux-là devraient se taire. Et ceux qui choisissent de parler malgré tout, la bouche pleine de malédictions, que ceux-là se demandent "qu'ai-je fais pour ma terre natale sinon la quitter ?" et qu'ils retournent se terrer dans la honte à jamais. » a déclaré le PDG-Protecteur Balsilek Ishak. La RAC© adopte en effet depuis le début de son existence une position radicalement pacifiste, ouverte au commerce et à la diplomatie bilatérale, qui contraste de plus en plus avec les menaces proférées par le PAS, entité guerrière artificielle et assoiffée de sang.
Amstan Ag Amenay, cyniquement nommé en raison de ses origines, davantage que pour ses compétences, est un opposant notoire à CRAMOISIE© et un chien de guerre qui appelle au massacre de ses frères. Sa seule légitimité au poste de ministre de la diplomatie semble venir du fait qu’il est le dernier pantin en date qu'a trouvé le calife Kubilay ibn Sayyid. Un idiot utile au service de ses ambitions sanguinaires. Celui qui a juré d’embraser l’Afarée semble ne reculer devant aucune ignominie, y compris instrumentaliser la poignée de natifs de Kabalie, bourgeoisie expatriée depuis des années à l'autre bout du monde, et qui ne revenait plus dans le désert qu’à l’occasion de leurs vacances pour s'offrir un souffle d'exotisme. Des pauvres gens que Kubilay ibn Sayyid, qu'on surnomme déjà ici « bloody Sayyid », manipule afin de les jeter dans les flammes de la guerre. « Les racialistes, ceux qui voient dans la généalogie l’axiome de toute légitimité, ceux-là sont des fascistes qui s’ignorent. Bientôt ils vous mesureront le crâne pour savoir si vous êtes Kabalien ou ne l’êtes pas. » Le PDG-Protecteur n’a pas mâché ses mots contre les ennemis de la RAC©, face à des miliciens inquiétés par ses récentes déclarations au sujet de potentielles purges dans leurs rangs. Il s’agit, tout en ne nommant pas explicitement ses adversaires, de faire passer un message bien compris afin d’avoir l’armée dans la poche, condition nécessaire à la stabilité du régime.
L’Azur entretient, depuis la création de la RAC©, une relation ambiguë avec la diaspora kabalienne. Conscient sans doute qu’une poignée d’individus depuis longtemps expatriés ne constituent pas une réelle force politique d’opposition à des milliers de kilomètres de là, le Calife Kubilay ibn Sayyid aura pris presque deux ans à faire monter artificiellement des figures issues de leur rang. Petite bourgeoisie commerçante expatriée pour le business, des gens qui pour la plupart n'ont pas pu supporter le mode de vie nomade et austère du désert et sont allés chercher en Azur des opportunités professionnelles et économiques. L'ironie est que ce sont ces mêmes personnes qui reprochent aujourd'hui aux Kabaliens qu'ils ont laissés derrière eux hier, de réclamer comme eux, les bienfaits de la modernité technologique. Restez de pauvres nomades, supplient-ils, sinon où passerons nous nos prochaines vacances ? La RAC© a cassé le club med de ces gens, voilà la raison de leur fureur. Amstan Ag Amenay est le pur produit de cette tentative de déstabilisation : celui qui n’avait plus mis un pied dans le désert rouge depuis des décennies s’improvise désormais champion des intérêts Kabaliens… au mépris de ceux qui vivent toujours sur place. Les a-t-il contacté ? A-t-il engagé la moindre démarche envers ses frères restés fidèles au pays ? Amstan Ag Amenay est un guérilleros de salon, comme on en fait tant dans les pays pacifiés. Il sait qu'il y aura, en Azur, toujours une place au soleil médiatique et politique pour ceux qui fustigent la RAC© et ses réussites.
Le nommer ministre a été une façon astucieuse pour le califat islamique de donner à sa politique néo-coloniale et impérialiste un verni de légitimité, tout comme il a fabriqué une entité fantoche, le PAS, pour ingérer en Afarée de l’ouest où il ne possède aucun bastion et désespère de recruter le premier venu. Lors de la cérémonie à Salem-Aleykoum, les milices, désignées depuis le coup d’Etat sous le nom d’armée cramoisienne, ont à nouveau juré fidélité au PDG-Protecteur. « Nous jurons loyauté et soumission absolue », a déclaré la cheffe de l’état-major, Martinès Galaxie, qui a remis à Balsilek Ishak le keffieh kabalien symbolisant l’indivisibilité et la résilience des clans du désert, ainsi que le sniper laser, qui identifie le commandement en chef des armées.
Le ministre des minorités légitimes, Mastaw Galla, a également prêté allégeance à Balsilek Ishak, au nom des natifs kabaliens, déclarant : « Notre loyauté envers la Constitution nationale et son PDG-Protecteur est absolue, car nous comprenons que défendre son action, c’est défendre la continuité du gouvernement et l’intégrité du désert rouge et de ses ressortissants. Sous son commandement, nous garantirons avec efficacité l’ordre intérieur et la protection du peuple. » En conformité avec les lois de la République, l’armée et les clans avaient réaffirmé leur soutien à la décision des actionnaires (quelle qu’elle soit) dès le lendemain de l’assassinat de Son Excellence Monseigneur Bartholoméon de Petipont.
